« C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière » (Edmond Rostand)
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Douceur de Cendres [Pv. Christian]

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Christian Stue
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MessageSujet: Re: Douceur de Cendres [Pv. Christian]   Mar 24 Juin 2008 - 22:07

Le contact fut doux et léger, rassurant toucher que voilà pour ces deux êtres, mais cette fragile chimère s’envola et son apparition ne fut qu’éphémère. Cette fugitive étreinte marquerait-il le destin de ce duo improbable ? Le premier pas vers la confiance et l’appréciation mutuelle ?
Le regard de Christian posé sur son serviteur avait changé, ses nuances en avaient été altérées comme par enchantement, moins austère, plus accueillant quoique toujours distant… Elle accepta sa demande, manifestant par la suite de la pudeur à être aussi découverte, faisant valoir, malgré elle, le satin rosé de sa peau à la vue du séduisant enquêteur, heureusement son honneur était sauf via l’accumulation de bandages torsadant sa poitrine. Bientôt elle brandit en étendard la chemise de lin apporté et en fut rapidement revêtue, il se retourna, murmurant sur ce même ton d’intimité qu’ils avaient adopté…

« Excusez moi, Mademois…, jeune Suède. Dépêchons nous d’en finir et partons ensuite visiter la ville. Je suis encore désolé..d’avoir troublé…votre quiétude.. »

Elle n’eut plus à subir ce regard sombre qui pénétrait les gens avec une facilité et put profiter d’une sphère d’intimité pour se changer, « ses affaires » étaient disposées sur une autre pile de tissus et d’étoffes et bientôt elle n’eut plus le droit à la présence de Christian qui était retourné auprès du marchand. Pouvait-elle entendre leur conversation ? Non, elle se trouvait trop loin… Mais put-elle noter les paquets sous les bras de Christian lorsqu’elle le rejoignit ? Il régla le commerçant pour les affaires de la petite Gauche et bientôt, tout deux quittèrent la boutique.

« Tout vous va ? Ces vêtements ne sont-ils pas un peu trop grands pour vous ? »

La communication n’était-elle pas difficile, après cette découverte ? Il s’était permis ces quelques mots de sorte à pouvoir engager plus amplement la conversation avec elle, puis il reprit.

« Parlez donc moi de la ville….Après tout, ne devons nous pas la visiter ? En ce qui concerne le logement, je n’ai pas encore pu en parler aux Edelgard, en attendant, nous nous rendrons à l’auberge pour vous louer une chambre et vous vous exercerez à reproduire le visage du commerçant en cette soirée. Oui, je sais, je te confie beaucoup de tâches, jeune Gauche, mais il faudra t’y habituer. Tu as ma confiance à présent…. »

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Suède Gauche
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MessageSujet: Re: Douceur de Cendres [Pv. Christian]   Mar 24 Juin 2008 - 22:55

Suède se changea rapidement, enfilant les derniers vêtements ordonnés à son intention. Le tissu était étrangement doux au vu de ce qu’elle portait habituellement, et elle se sentit bien aise de se changer, en profitant pour mettre au calme un esprit empourpré. Remettant ordre dans sa courte chevelure également, elle finit par sortir de l’arrière boutique. S’ils avaient discutés en son absence, Suède n’y avait prêtée aucune attention, quant aux paquets que maintenait Christian… Il s’agissait certainement de quelques extras qu’il s’était offert pour sa personne ou qui que ce soit d’autre. La jeune femme avait retrouvé le calme intérieur bien qu’il persista dans l’air un étrange sentiment d’hésitation. En fait, seul le vendeur baragouina quelques phrases dont personne ne se souciait, un flot inutile de paroles qui se perdit parmi les étoffes et fils de couture. Suède déposa sur le comptoir le mètre qu’elle avait précédemment emprunté. Monnaie fut échangée, porte fut franchie.

Le soleil matinal dardait le duo de sa chaleur agréable, et leurs pas sonnèrent en direction du centre ville. Le long silence fut bientôt rompu par un Christian qui souhaitait de toute évidence rétablir le dialogue. Suède nota le ton qu’il employait ; il y avait définitivement quelque chose de changé. Ce qui n’était pas forcément une mauvaise chose.


« Non non, je suis habitué à porter des vêtements assez amples. Ce me semble permettre une plus grande facilité de mouvement. » Répondit-elle aussi normalement qu’elle le put, malgré la constante présence de ce brouillard d’hésitation.

Ils marchaient côte à côte, mais la jeune femme décida de prendre l’initiative et, imperceptiblement, elle se posta juste une demi foulée plus haut que son compagnon, l’incitant à la suivre alors qu’elle virait à droite. Ce fut un tour tout en délicatesse, une invitation plutôt qu’une réclamation, avec toute l’adresse dont elle savait faire preuve dans les rues de la ville.


« Ne vous tracassez pas au sujet de mon logement, je possède une chambre de bonne, ainsi que des connaissances qui pourraient m’aider si besoin est. Quant au travail, je ne suis pas du genre fainéant alors la masse ne me dérange pas. » Elle se tourna vers lui pour lui décocher un sourire rassurant, qui se voulait peut-être dissolvant du voile qui les gênait à présent tous deux.

Un silence pensa marquer la fin de la phrase, notable et pourtant si habituel.
« Si vous le souhaitez, nous pourrions faire le tour des grands axes de la ville, mais il me faut vous avertir que le chemin sera long, Forbach n’en a pas l’air, mais c’est une ville relativement grande… Je trouve »

Elle marqua son dernier mot d’un ton plus bas. Sur ce point, elle ne pouvait être très objective, n’ayant connu de comparatif qu’avec son petit village d’enfance. Elle se sentit bête, presque à parler pour ne rien dire, alors qu'il aurait mieux valu se taire plutôt que de raconter de bêtises.
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Christian Stue
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MessageSujet: Re: Douceur de Cendres [Pv. Christian]   Mer 25 Juin 2008 - 10:02

Dans sa globalité, le tour se passa plutôt bien. Ce petit voyage dans la cité de Forbach ne dura qu’une heure, tout au plus deux. A la vérité, Christian Stue écourta le circuit qu’elle lui proposait, refusant son offre généreuse de découvrir les grands axes, ce déni fut poli comme à son habitude et sa voix se fit charmante et charmeuse. Voulait-il la quitter à cause le malaise les imprégnant depuis la visite du tailleur ? Ne devait-il pas après tout se montrer chez les Edelgard, pour leur rappeler, voir signaler, sa présence dans les murs du manoir ? D’une main leste, il lui tendit l’un des paquets qu’il avait conservé précieusement sous son bras. Une boite toute simple à la blancheur immaculée portant le nom du vendeur de la petite boutique. Pourquoi lui confiait à elle cette boite trop grande ? Voulait-il donner plus de crédit sur la masculinité de Gauche ? Peut-être. Après tout, s’il était un noble pourquoi s’encombrerait-il de bagages alors qu’on pouvait les lui porter ?

«Jeune Gauche, conduis moi là où tu loges, ainsi je pourrai te trouver quand j’aurai besoin de tes services. Je te suis. »

Et la suivant dans un dédale de rues qui défilaient, ils furent bientôt dans cette petite chambre de bonne, seuls… Demeurant sur le seuil, l’homme n’osa entrer. Ses orbes ténèbres jetèrent quelques coups d’œil avec dédain sur l’endroit où elle vivait…Il ne pouvait d’ailleurs que difficilement cacher ses impressions sur l’endroit, sa figure parlait d’elle-même.
La poussière s’accumulait par endroits, se tassant par légères couches pour revêtir l’endroit d’une poussière diaphane ; dans des coins sombres, des monstres à huit pattes avaient élu domicile comme pour terroriser les éventuels pensionnaires de l’endroit… Comble du comble, le plafond était par endroits trop bas pour la haute stature de Monsieur Stue. Puis marquant d’une enjambée le franchissement de l’entrée, ils se retrouvèrent proches un instant, il coupa cette proximité avec aisance…

« Le paquet est pour vous…Vous irez vous acheter une plume de bonne qualité, de l’encre noire, et dessinerez le visage du commerçant et une carte de la cité de Forbach en y indiquant les noms des lieux susceptibles de m’intéresser. »

La première phrase avait été prononcée sur un ton des plus doux, celles qui suivirent repris cette même distance qui caractérisait son ton lorsqu’il la croyait encore garçon, c’était une façon pour lui de ne pas se laisser aller à trop de complaisance avec la jeune Gauche.

« Puis-je voir certains de vos dessins ? Vous sentez vous de faire un cours maintenant ?... »

Lui remettant quelques pièces, il détourna soigneusement le regard. Le contenu du paquet serait-il dévoilé alors qu’il était encore là, il espérait que non. Dans celui-ci, une robe à la blancheur immaculée qui mettrait à coup sûre les formes de la jeune femme en valeur, trancherait avec sa chevelure de jais et épouserait le galbe de son corps.

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MessageSujet: Re: Douceur de Cendres [Pv. Christian]   Mer 25 Juin 2008 - 14:12

Une boîte fut confiée à la jeune femme… Elle ne s’en formalisa d’aucune manière, et si elle n’avait pas proposé à Monsieur Stue de lui porter ses paquets, c’est bien qu’elle n’y avait pas pensé. Ce genre de relation lui était totalement inconnu, et l’Inquisiteur ne fit d’ailleurs aucun commentaire à ce sujet.
Lorsque l’homme demanda à voir le logement de Suède, cette dernière l’y conduisit, s’excusant par avance de la simplicité qu’il y trouverait. Il était délicat de faire entrer une personne du rang de Christian Stue dans une chambre miteuse, et une fois la porte ouverte, la jeune femme s’excusa une nouvelle fois, remarquant l’air désapprobateur qui régnait sur le visage masculin. Elle fut la première à entrer puis déposa le paquet sur un coin propre du petit bureau, laissant le temps à son hôte d’examiner les lieux avant de passer le pas de la porte. La petite fenêtre sale laissait entrer la lumière matinale, qui se voyait alors happée par les petits grains de poussière, les changeant par endroit en une fine poudre d’or.

Pour sûr, Suède n’était pas une fée du ménage, mais c’aurait été tellement inutile de frotter chaque recoin… Ce genre d’endroit finissait toujours par accumuler humidité et petites bêtes. Mais un coup de chiffon n’aurait pas été de trop. Les petites mains se saisirent d’un tissu grisâtre pour épousseter les deux uniques chaises de la chambre. Finalement, il n’y avait pas grand-chose… Un petit lit qu’elle avait rafistolé, un vieux bout de bureau dans un coin ainsi qu’une armoire perdue dans le recoin le plus sombre de la pièce. Sobriété presque caricaturale, mais Suède ne passait que peu de temps ici.
Il lui fut expliqué que le paquet lui était destiné, et elle hocha simplement la tête en prononçant quelques mots de remerciement. Christian dériva son discours sur tout autre sujet. Suède ne chercha donc pas à développer ses pensées en direction des achats qu’ils avaient précédemment opérés. Elle nota intérieurement ce que lui annonçait Christian avant de venir s’asseoir sur la chaise la plus proche du bureau, invitant du regard son hôte à se mettre à l’aise… Autant que possible.


« Je suis désolé mais je n’ai gardé aucun de mes dessins… Il faut dire que je ne les trouve généralement pas bien réussis. Mais si vous le désirez, je suis capable de reproduire de mémoire le portrait de l’aubergiste ou autre. Je les ai vus bien souvent, et vous pourriez ainsi me donner quelques conseils… »

Suède se détourna pour ouvrir l’un des seuls tiroirs de son bureau. Elle y trouva un vieux pot d’encre entamé que lui avait offert un ami, ainsi qu’un morceau de bois taillé à la manière d’une plume. Une rainure sillonnait la moitié du bout de branche, afin de retenir l’encre et permettre une meilleure utilisation. Elle ne les sortit pourtant pas de leur cachette précaire, attendant une réponse de la part de l’Inquisiteur sur lequel elle revint poser son regard.
Elle était bien plus à l’aise, car il s’agissait ici de son propre univers ; Elle pouvait souffler tout en se sentant naturellement calme. Elle connaissait la poussière qui régnait ici, elle connaissait le vieux bois du bureau ainsi que la douce lumière qui filtrait dans la pièce.

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Christian Stue
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MessageSujet: Re: Douceur de Cendres [Pv. Christian]   Mer 25 Juin 2008 - 15:37

Cette petite chambre de bonne, cette mansarde était l’univers de l’enfant, n’était-il pas normal qu’elle s’y sente à l’aise et en sécurité ? Ce n’était pas le cas de Monsieur Stue qui trouvait la pièce trop étroite et des plus sales. Il fallait dire que ce cher Christian était habitué à mieux. C’est avec appréhension qu’il s’engouffra dans cette grotte de poussière à l’humidité présente et aux monstres arachnides ; il avala même sa salive pour effectuer cet acte de bravoure ! Heureusement que la petite Suède ne le remarqua point. Il s’avança jusqu’à son bureau, se postant auprès d’elle, raide comme un piquet, lançant des regards à droite et à gauche, mais ne s’installant pas sur la chaise préparée.
Balayant par la suite son regard inquisiteur sur le matériel à moitié sorti, il acquiesça à ses dires et la pria de lui montrer ses dons de dessinatrice.

« Montrez moi donc cela, Mademoiselle Gauche. Le portrait de l’aubergiste par exemple. »

Les traits fusèrent sur ce simulacre de toile, le crissement de la plume se faisait entendre, cette dernière était maniée avec souplesse et légèreté, il l’admirait alors qu’elle continuait de tracer, sentait-elle son doux regard posé sur elle ? Et alors, que l’ensemble du dessin était effectué, la main de Christian rejoignit la menotte plus délicate de Gauche, le contact de leurs peaux se faisait moite, d’une tiède douceur alors que la main rassurante de l’homme venait affiner la précision et le tracé des traits déjà effectués. Il était posté derrière le dossier de sa chaise et n’avait conscience de la sensualité qu’il pouvait tout ainsi dégager dans son entreprise d’apprentissage. Ses doigts se prolongeaient et s’amourachaient de ceux plus fins de sa jeune élève, ceux-ci rendus experts par un usage régulier de la plume, s’activaient avec ardeur et bientôt le portrait fut complété. Il se recula brusquement, s’installant sur le bord du lit, s’excusant de sa conduite…

« Vous dessinez remarquablement bien, Mademoiselle Gauche. Je m’excuse de mon comportement, j’espère que vous ne l’avez pas mal pris. Je…ferai mieux d’y aller à présent.. »

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MessageSujet: Re: Douceur de Cendres [Pv. Christian]   Mer 25 Juin 2008 - 16:47

L’encre s’étirait en de fins traits sous la tutelle des doigts féminins. Son poignet était libre et mobile. Son propre caractère ressortait dans sa façon de dessiner, marquant des angles nets, des lignes droites se multipliant en un ensemble bien plus léger qu’il n’y paraissait au premier abord. Suède se sentait hésitante sous le regard étranger, mais bien vite elle oublia la présence de Christian pour se donner au dessin. Sa main devint plus rapide, peut-être précipitée. Elle n’aimait pas ce menton, ces ombres frêles qu’elle avait entamé, et comme à son habitude, elle entreprit de noircir progressivement le trait. Ce fut à ce point de non retour qui généralement marquait la disparition de son dessin qu’elle sentit une poigne sûre s’emparer de sa main mobile. Sa surprise laissa glisser son poignet au rythme des directives inconnues, alors que Christian Stue réapparaissait à ses cotés. Une mèche douce chatouilla l’oreille de la jeune femme, alors qu’un parfum délicat se mêlait à l’ambiance de la chambre. Décidément, cet homme avait le don de perturber le jeune garçon fier qu’avait toujours été Suède Gauche.

Le contact fut rompu. A peine sentit-elle son hôte s’éloigner qu’elle en profita pour se retourner vers lui, le visage toujours légèrement brouillé d’une surprise vaporeuse. Son regard passa sur le dessin, puis revint sur un Christian assit sur le bord du petit lit. Suède, en bon garçon, ne se formalisa pas de cette attitude qui seule aurait pu blesser une femme, et certes d’un rang supérieur au sien.
La voix masculine s’éleva dans la pièce. La jeunette lui sourit pour toute réponse, avant d’ajouter :


« Mes dessins sont loin d’être parfaits. Très loin. Je vous suis reconnaissant d’être intervenu. »

Elle pensa se lever de sa chaise, mais n’en fit rien. La dernière hésitation de Christian sur son intention de quitter les lieux ne s’était accompagnée d’aucun geste en ce sens. Voulait-il réellement se retirer ? En cause était-elle la précarité de la chambre, ou l’intention de s’occuper d’autre chose ? N’était-ce qu’une manière détournée d’annoncer quelque chose ? Suède ne comprenait pas véritablement, et chercha la meilleure façon d’agir.
Une chose lui revint à l’esprit, tournant son attention sur le bureau. Au bord de celui-ci attendait patiemment la large boîte que lui avait confié l’Inquisiteur.
L’épisode du tailleur lui revint en mémoire ; il l’avait découverte… Une idée traversa la jeune femme, mais la crainte que ses doutes ne soient justifiés la poussa à rejeter l’hypothèse. Pourtant… Elle posa la main sur le couvercle, faisant mine de vouloir le soulever.


« Serait-ce une seconde tenue que vous m’auriez choisi ? »

La banalité de la question aurait pu déconcerter n’importe qui… Mais Suède aurait voulu effacer entièrement l’idée saugrenue qu’il pourrait se trouver, cachée dans cette boîte, autre chose qu’une chemise et un pantalon.
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Christian Stue
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MessageSujet: Re: Douceur de Cendres [Pv. Christian]   Sam 28 Juin 2008 - 19:34

Voulait-il se soustraire à ce parfum de sensualité magique qui régnait dans la pièce ? Ignorait-elle que derrière cette apparence garçonne, elle pouvait se montrer désirable, attirante, envoûtante ? La courbe délicate de ses lèvres menues et rosées, sa plaisante naïveté, son espiègle douceur ? Mais Monsieur Stue pouvait-il être la victime de ces armes propres aux femmes ? Oh que non ! Il fallait s’en protéger et ça à tout prix ! C’était ainsi qu’il avait manifesté le désir de s’éclipser. Il se redressa, musique mécanique des ressorts du vieux lit, se releva dans toute sa hauteur pour lui faire face, se cognant la tête légèrement contre l’une des poutres de la mansarde. Se massant douloureusement le crâne, il manifesta une légère exclamation et sa figure adopta une petite moue, grimace de douleur pour ce personnage étrange.
Cependant, il s’interrompit, interloqué par cette question aussi simple soit-elle qu’elle venait de prononcer, ces mots emplis de candeur, d’une douceur certaine, d’une fugace inquiétude…
Il se racla la gorge avant de reprendre le fil de ses mots qui savaient se mêler au registre de la confiance et de l’assurance…

« Oui, il s’agit d’une …robe, elle vous est destinée, j’aimerai beaucoup vous la voir porter, me ferez vous l’honneur de la mettre ? Je crois qu’il y a des attaches dans le dos par contre, je ne suis pas expert, mais je crois que c’est difficile à enfiler… Acceptez vous de la mettre avant mon départ ? »


Et, Monsieur Stue commença à s’éloigner comme pour lui laisser l’intimité nécessaire pour qu’elle se change, il se retourna et marcha en direction de la porte, ne faisant marche arrière à nul moment..

« Cela ne fait rien… Je..Je ferai mieux de vous laisser, vous avez du travail, jeune Gauche…

Avait-elle remarque ces légères perles écarlates qui s’échappèrent de sa tignasse sombre, était-il blessé de sa mésaventure avec la poutre ? Déjà, sa main se posait sur la poignée de la chambrette…

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Suède Gauche
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MessageSujet: Re: Douceur de Cendres [Pv. Christian]   Dim 29 Juin 2008 - 12:00

Sa douce hésitation, intimement féminine, gênait Suède qui ne se trouvait pas tant habituée à accepter cette part de sa personne. Elle avait déposé les mains sur le couvercle de la boîte et commencé à le faire jouer lorsqu’elle entendit un bruit sec qui la fit sursauter. Son regard se tourna alors vers la source de sa surprise, et découvrit Christian qui massait son crâne douloureux. La jeune femme pensa proférer quelque nouvelle excuse, mais aucun son ne voulu sortir de sa bouche. Délaissant immédiatement le paquet, elle se releva à ses cotés pour constater l’étendue des dégâts. C’est en se mettant sur ses deux jambes qu’elle remarqua la position de l’homme, assez proche du bureau pour qu’une distance raisonnable ne puisse être tenus entre eux… Aussi se recula-t-elle légèrement, faisant grogner la chaise derrière elle qui se frottait à un sol imparfait.

Son esprit embrumé reprit consistance à l’appel d’une voix masculine. Les mots tintèrent à ses oreilles comme autant de clochettes. Le temps sembla s’arrêter l’espace d’un instant, et Suède se maudit d’avoir vu juste. Elle restait figée, alors qu’un petit sourire nerveux se dessinait malgré elle sur ses petites lèvres. Elle cherchait soudain à se rappeler des jolies robes paysannes que lui avait offert son père, celles-ci même qu’elle enfilait avec habitude et facilité. Ce lui semblait si lointain, presque étranger… Le vieil homme souriait toujours en lui voyant une nouvelle robe qu’il lui avait acheté, alors que leurs revenus étaient si maigres. Plus d’une fois elle se souvenait s’être mise en colère face à ces dépenses insensées… Mais même à cette époque il lui arrivait régulièrement de troquer sa féminité pour un pantalon, vêtement plus aisé pour quelques mauvaises tâches.

Christian fit mine de s’éloigner. Si des gouttes pourpres brillaient de son crâne, Suède était bien trop retirée dans son propre monde intérieur pour les noter. Elle avait attrapé la boîte pour l’ouvrir, suite de geste mécaniques presque inconscients. Le couvercle posé de coté émit un léger bruit tandis que la jeune femme attrapait à deux mains le tissu immaculées de l’océan blanc. Elle souleva le vêtement pour le sortir de son contenant, tenant haut les mains au dessus de sa tête.
Les jupes, bien que relativement simples, se tortillaient de vagues innombrables, frissonnantes sous les gestes de la jeune femme. Christian avait-il remarqué les sons caractéristiques du bois et du tissu ? Suède posa délicatement le vêtement tout contre la chaise, s’arrangeant pour pas qu’elle ne se salisse de la poussière. L’homme était-il seulement tourné vers la porte ou était-il sorti ? La question ne se posa même pas que la jeune femme déboutonna les boutons de sa chemise. Elle tournait le dos à l’entrée de la petite chambre… Et se souvint alors qu’il lui faudrait également retirer ses bandages, chose insolite pour une matinée si avancée.

Sa peau nue se trouva bientôt toute entière à la vue de la petite chambre, et elle se saisit rapidement de la robe de tissu. La tournant en tout sens, elle souleva les jupes vagues.


*C’est… Une tente !*

Il y avait tant de matière qu’elle s’y perdait à en chercher le sens. Il lui fallu quelques petites minutes pour se faufiler, assimiler la taille avec la taille. Elle en vint à s’occuper du corset. Il était lourd et rigide, entrelacé de lianes blanches dans ce qu’elle nota être le dos. Suède réussit à enfiler ce qui correspondait à l’emplacement des manches, tubes blancs sans épaules. Elle remonta le corset au plus haut, ce dernier laissant nue une bonne partie de la jeune gorge fraîche. Elle le tint d’une main pour attraper les lacets dans son dos. Ce ne serait pas évident… Suède se tortilla, accroupie au pied du petit lit, pour nouer au mieux un arrêt qui se défit presque aussitôt. Après plusieurs minutes à se contorsionner, elle cessa tout mouvement. Rien ne ferait cette chose se nouer…
Elle se demanda soudain ce qu’elle fichait là, perdue parmi les vagues d’un océan blanc ; nul doute qu’elle finirait par s’y noyer ! Jamais elle ne se serait imaginée enfiler une robe au centre même de Forbach. Elle ne comprenait pas ce qui se passait ni pourquoi elle se retrouvait dans cette situation pour le moins… Embarrassante.
Sa gorge se serra, alors qu’elle retenait quelques larmes de panique. Elle voulait sa juste simplicité, celle-ci même qu’elle avait pu s’offrir aux portes de la ville… Elle respira un grand, calmant son angoisse du mieux qu’elle le put. Elle n’était qu’une petite forme blanche accroupie dans la précarité de l’espace, ses mains retenant du mieux possible le corset rebelle, lorsqu’elle saisi la dernière alternative possible.


« Monsieur Stue ? » Elle avait hésité, prononçant son nom d’une petite voix.
« Monsieur Stue ? » Reprit-elle avec autant de courage que d’angoisse.
« Monsieur Stue, s’il-vous-plaît… Je n’arrive pas à… » Sa voix s’intensifiait toujours un peu plus…

Que ferait-elle s’il n’était pas tout proche ? Elle ne bougeait plus, redoutant tout à la fois son entrée que son absence totale. Allait-il la laisser là, ou bien se mettre en colère ? Les petites mains se crispèrent contre la coque du corset. Trop faible, elle se sentait trop faible et fragile…

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Christian Stue
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MessageSujet: Re: Douceur de Cendres [Pv. Christian]   Lun 30 Juin 2008 - 19:17

Noyée dans cette océan blanc, survivrait-elle ? Ou se confondrait-elle avec cette pureté, deviendrait-elle inconsistance pour se dissoudre dans cette nacre de satin, ce velours d’ivoire ? La petite Gauche avait entrepris de se changer, voulait-elle devenir femme ? Etait-ce simplement pour obéir à l’ordre de cet homme ? Pour lui faire plaisir ? Pour l’envoûter ? De façon consciente ou non ? Malheureusement, son aventure pour transformer le bourgeon qu’elle était, en fleur audacieuse se révéla être un cuisant échec, la belle nageait certes dans sa robe et ses autres fanfreluches mais la pauvre, malgré tout ses efforts, ne put armer ce corset avec l’aplomb que toute femme habituée aurait du. Miss Suède l’appela d’une voix faible, presque chevrotante, se ferait-elle capricieuse, pleurnicheuse ? Renouer avec sa féminité, l’avait-elle affaiblie ?
Monsieur Stue avait quitté la chambre et ne revint qu’à la perception de ses appels, il accourut, la trouvant au sol, sur ce plancher où fourmillaient la poussière d’or et les monstres tentaculaires, un vrai tapis d’aventures en perspective. La saisissant comme une poupée de porcelaine, au niveau de la taille, il l’installa sur le rebord du lit, lui offrant sa présence rassurante qui savait se faire aimable, ne fut-elle pas l’espace d’un instant dans les bras de cet homme séduisant ?
Le souffle de sa voix flirta avec ses épaules dénudées, elle lui tournait le dos pour qu’il puisse s’occuper des attaches de son corset, roulant, tournicotant avec espièglerie, presque indécence sur la naissance de ses formes d’habitude couvertes par des bandages soigneusement appliqués.

« Je vois quel est le problème, Miss Suède. Je m’en occupe, ne vous en faites pas ! Ne bougez pas et n’hésitez pas à me dire si je sers trop fort ou si c’est trop lâche. »
L’enchevêtrement de ses fils débuta, l’enfant dut et put subir le contact de ses mains, la pression de ses doigts habiles qui laissaient leurs traces sur le satin blanc, touches de chaleur, sensualité ambiguë, labeur ardue ! L’inquisiteur faisait de son mieux pour mettre fin au supplice du garçon, mais dans ces jeux de chiffon, il n’avait pas de grandes compétences ; Malheureusement, il noua les dernières attaches avec trop d’ardeur dans sa hâte de finir et la demoiselle fut la victime de cette rapidité, vélocité masculine. Ses formes épousaient avec une volupté indécente le tissu blanc, et alors qu’elle aurait pu paraître ange, accoutrée ainsi, elle s’était transformée en démon.

« Tout va bien ? »

Le couturier amateur se rendit compte de ses malheurs et de peur qu’elle n’étouffe, rectifia son erreur en délassant les liens pour reprendre sa besogne, une heure passa au final dans ces touchers incessants, cette assurance, cette timidité qui le caractérisaient…

« Je…Désolé, il m’a fallu un peu de temps. Mais, j’ai enfin fini, me montrez vous le résultat ? Ou avez-vous fini par être étouffée par ma maladresse, Miss Suède ? »


Il lui ébouriffa sa crinière d’ébène et se montra plus taquin tel un frère fier d’avoir embelli sa parente…

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MessageSujet: Re: Douceur de Cendres [Pv. Christian]   Lun 30 Juin 2008 - 22:39

Lorsqu’il entra dans la chambre, Suède vit son esprit exploser d’une gratitude débordante. Pas un seul instant il ne se montra mauvais à son égard. Et tandis qu’elle s’agrippait fermement au vêtement qui dissimulait sa peau nue, Christian la saisit pour la porter jusque sur le lit. La jeune femme ne s’était pas crue si légère, et la fermeté de la prise sur sa taille lui semblait apaisante bien que troublante.
L’homme se mit en tête de nouer les serpents qui avaient échappés à la belle. Son premier toucher, au bas du dos féminin, fit l’effet d’une brûlure sur la peau qui se tendit aussitôt. Ce fut une torture pour Suède qui tentait de calmer le rythme de son cœur, alors qu’elle ne voyait pas même les doigts qui la touchaient. Progressivement pourtant, elle prit habitude de cette chaleur étrangère, douce et consolatrice. Les nœuds les plus bas furent bientôt serrés. Une petite surprise attendait Suède pour la suite. Plus Christian remontait dans son entreprise, plus le corset descendait sur la gorge de la demoiselle pour en épouser les formes. Celle-ci voyait le ferme vêtement glisser de ses petits poings pour découvrir des contrées féminines.
Suède expira brutalement tout l’air de ses poumons lorsque l’Inquisiteur hâta ses gestes, mais n’en souffla pas un mot. D’ailleurs, il nota rapidement sa petite erreur et la corrigea rapidement.

Les serpents s’étaient tus, leurs langues étaient nouées avec obéissance afin de dévoiler Eve dans sa tenue banche. La jeune femme, tête baissée vers les vieux draps de son lit, se demanda avec appréhension ce qui allait lui arriver.


« Je suis désolée, Monsieur Stue. Merci d’être venu m’aider. » Répondit-elle à Christian, d’une voix qui se voulait la plus consistante possible. Pourtant, le timbre en était plus doux, plus féminin qu’auparavant. « Je suis bien ignorante de ces choses, moi aussi. »

Une main délicate vint familièrement se glisser dans la chevelure sombre, tirant un sourire éphémère des lèvres de Suède. Elle aurait eu hésité à se montrer ainsi vêtue, mais ce simple geste lui ôta cette inquiétude de la tête. Il avait été bon avec elle et le serait encore, semblait-il. Ses mains étaient chaudes, son regard calme.

*Ca va, si c’est lui.*

La pensée la traversa sans qu’elle ne s’en surprenne, de façon bien naturelle, alors qu’elle commençait à bouger. Ses pieds trouvèrent le sol, et elle fit quelques pas afin que la totalité du vêtement reprenne place autour d’elle. Son regard trouva immédiatement le visage de Christian. La curiosité la poussait à connaître sa prochaine réaction…
Les deux manches légèrement transparentes ajoutaient un petit halo au contour de ses bras. Le corset épousait son corps jusqu’à affiner sa taille, cette dernière étant mise en valeur par la bouffée des jupes qui se gonflaient légèrement jusqu’au sol. Une multitude de flatteries de soie froissaient par endroits le tissu afin compliquer quelque peu la tenue et l’embellir. La petite poitrine bougeait au rythme des respirations de la jeune femme, qui ne quittait pas des yeux le visage du spectateur. Elle sourit brièvement, avant de souffler :


« Je ne dois pas ressembler à grand-chose, perdue dans tout ce blanc »
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MessageSujet: Re: Douceur de Cendres [Pv. Christian]   Mar 1 Juil 2008 - 9:30

Belle Eve qu’elle était ! De ses petits pas, la poupée d’ivoire se plaça dans le halo de lumière formé par la large et unique fenêtre. Régissait-elle les particules d’or flottant autour de sa troublante personne ou s’amusait-elle à danser autour de l’avalanche incessante de poussière avec insouciance et légèreté ? Avait-elle conscience seulement du reflet qu’elle laissait miroiter dans sa robe étincelante ? Sa chevelure sombre n’en ressortait qu’avec plus de vigueur, accentuant son allure d’ange déchue, elle attirait alors l’attention sur son regard tempête, sur son nez mutin, sur ses lèvres délicieusement féminines, luisantes d’un rose bonbon et appétissantes d’une sucrerie sans nom.
Quant à lui, son teint pâle céda le pas à des couleurs plus chaudes, une expression de surprise figea sa fière figure, ses orbes sombres rencontrèrent dans une joute d’œillades les prunelles plus claires de l’enfant et il préféra détourner le regard, reprenant par la même occasion sa respiration. Ce n’est qu’après quelques minutes qu’il se leva du bord du lit, précipice qui mentait tout droite à la tanière des veuves noires. Sa bouche masculine se para d’un sourire de satisfaction, laissant entrevoir par la même occasion ses dents de porcelaine, il vint auprès d’elle avant de s’exclamer.

« Vous êtes splendide, Miss Suède. Avez-vous été touché par la Grâce ? »

Les mains de l’homme atterrirent sur ses épaules nues, ces mains troublantes qui n’avaient encore réellement eu un contact direct avec sa peau, diffusant cette chaleur bienfaisante, cette assurance des plus enivrantes. Est-ce que le corps de la jeune femme s’était raidi ? Ses jambes se faisaient-elles cotonneuses ? Déjà, il approchait son visage du sien. Elle pouvait sentir de nouveau son souffle ! Que faire ?! Quelle rapidité ! Il serait bientôt là ! D’une pression tiède et moite, ses lèvres s’appliquèrent sur le front de l’enfant, balayant des mèches rebelles sur son passage. Il gagna en distance après ce chaste baiser aux accents de stupre.

« Vous allez faire des victimes, Mademoiselle Gauche. Les femmes ont d’autres atouts que les hommes et sont bien plus douées dans bien des domaines. Je ne regrette pas de vous avoir acheté cette robe… »

Passant alors une main négligente dans sa chevelure d’ébène, il contempla alors sa main maculée de tâches pourpres…

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MessageSujet: Re: Douceur de Cendres [Pv. Christian]   Mar 1 Juil 2008 - 14:14

Elle aimait sentir le vieux parquet sous ses pieds nus. L’homme semblait bien heureux de découvrir cette nouvelle Suède qui le fixait de son regard curieux. Il s’était levé pour la gratifier d’un sourire charmant, qui vit bientôt un semblable amusé teinter les lèvres de la demoiselle.

« C’était alors une Grâce bien maladroite. »

Elle ne put en dire plus qu’elle vit se rapprocher Christian. Elle aurait instinctivement reculé d’un pas si elle ne commençait pas à lui faire confiance. Deux mains larges atterrirent sur ses épaules jeunes. Elle se sentait moins embrumée par ces gestes, elle finissait par apprécier ce contact délicat et masculin, mais ne put retenir sa surprise lorsque l’homme plongea sur elle pour lui baiser le front. Aussi le regarda-t-elle de ses grands yeux grisâtres lorsqu’il s’éloigna, toute emprunte d’une stupeur innocente. Il lui était étrange de se voir soudain traitée comme une femme-enfant alors que ce ne lui était pas arrivé depuis son petit village de campagne.
Christian fit une remarque que la jeune femme n’oublia pas de noter. Certes son apparence garçonne lui serait très utile pour la réalisation de ses desseins, mais le fait d’être une femme pourrait bien un jour la sauver également. Il lui faudrait user de toutes les cartes qu’elle avait en main. Elle se demanda soudain si elle n’avait pas trouvé la raison pour laquelle elle se retrouvait entourée de blanc. Peut-être pour se montrer à elle-même qu’elle était encore femme, quelque part, sous ses pantalons et ses manières masculines. Pas de doute, les formes qu’épousait le corset étaient bien celles d’une jeunette.

Son attention revint sur Christian qui fit glisser ses doigts au sein de ses longs cheveux soyeux. Suède admirait les reflets qui jouaient sur l’ébène. La main se retira de la masse brune, teintée de taches sombres. La jeune femme tiqua aussitôt, ayant l’habitude de voir telle couleur au creux de sa propre paume. Elle avança d’un pas pour attraper le poignet de Christian avec la jeune vivacité qui la caractérisait. Un coup d’œil lui suffit pour confirmer qu’il s’agissait bien du fluide vital, et ses doigts libres se retrouvèrent instantanément à se faufiler dans la tignasse élégante. Elle dût se mettre sur la pointe des pieds pour y parvenir, mais peu importait. Sur l’instant, elle ne pensait plus du tout en termes de hiérarchie ou toute autre bêtise. Elle s’était rapprochée bien plus qu’elle ne l’avait jamais fait avec l’inquisiteur, son petit visage tourné vers lui comme il l’avait déjà fait pour elle.
Blessure méritait soin.
Tandis qu’elle recherchait de ses jeunes doigts la source de sang, elle souffla comme pour elle-même :


« Je dois avoir des linges propres quelque part, pour nettoyer ça. »
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MessageSujet: Re: Douceur de Cendres [Pv. Christian]   Mar 1 Juil 2008 - 21:53

Quel lien unissait ces deux êtres ?! Etaient-ils réellement dans leur rôle d’assistance et de représentation financière respectif ? N’était-ce pas là qu’une vaste supercherie, un simulacre de pièce qu’ils se plaisaient à jouer en duo ? L’Eve se plut à venir lui prêter aide et secours avec une célérité toute particulière, lui avait manifesté en réponse surprise ; son expression s’était figée sur le moment, lui laissant le champ libre pour jouer avec le mannequin qu’il était, étonnement dû peut-être à cette occupation ou la proximité de ce contact incessant qu’ils réclamaient. Puis, Monsieur Stue se fit plus bourru telle une bête sauvage qui montre les dents lorsqu’elle est blessée. Il détourna le visage en rougissant légèrement alors qu’elle cherchait à l’examiner et recula pour sortir de son champ d’investigation. Si bien qu’une chute se produisit…
Dans une position compromettante, Adam et Eve se retrouvèrent… Elle était étendue au dessus de lui…
Avalant difficilement sa salive, un torrent de sang serpentait sous ses joues pour venir les teinter de cette couleur coquelicot, inhabituelle chez lui.
Quelque chose de tiède, rassurant, se posa sur son buste. Cette présence l'apaisa légèrement, repoussant de manière illusoire la douleur de son crâne. Leurs lèvres s’étaient presque frôlées…
Frissonnant au simple contact de sa couverture de chair juteuse et appétissante qui l’abritait, il ne put s’empêcher de pousser un léger soupir de contentement, ce baiser bon enfant lui causa de nombreuses rougeurs ainsi que la production d’une musique tonitruante, son cœur battait la chamade, la mesure, le rythme avec entrain et frénésie, entendait-elle son cœur chanter pour elle ? Entendait-elle ces tambours qui l’appelaient, et, cette propagation en écho de ces tressaillements engendraient-ils le même effet sur sa personne ?
N’était-ce pas simplement une divagation de son corps sur sa raison !? Il ne bougea pas, détournant le regard pour couper l’échange qui les liait, lui manifestant un exquis dédain bien que…


« Ce n’est rien, je n’ai rien… Ne vous en faites pas, Mademoiselle Suède. Ce n’est qu’une égratignure… Je m’en remettrai, ne pensez vous pas ? Je ferai mieux de vous laisser, l’on m’attend et vous avez du travail plus important, quelque chose de plus important que de vous occupez de moi, non ? »

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MessageSujet: Re: Douceur de Cendres [Pv. Christian]   Mar 1 Juil 2008 - 23:01

La ‘bête blessée’ avait rechigné de l’attention que l’on portait à son sang répandu. Il avait reculé d’un pas, mais Suède en suivant son geste avait emmêlé ses petits pieds dans l’océan de tissu qui la vêtait. Une exclamation de surprise l’avait mené à ce dernier pas de danse exécuté avec une maladresse toute naturelle. Ils se retrouvèrent à heurter le sol de concert, bien que la chute de la demoiselle ait été retenue par le corps même de son partenaire. La poussière voleta en un nuage d’or comme pour un tour de magie réussi. Le spectacle prenait place, la jeune fille reprit ses esprit pour se relever au plus vite, tenant en appuie ses mains sur le tissu sombre du vêtement masculin. Ses joues avaient brusquement virées au rouge vif, et plus encore ses couleurs se distinguaient à la lumière qui lui frappait le dos. Elle se rappelait de leurs visages trop proches durant la chute, du souffle de l’homme dans ses cheveux.
Sous son petit corps, Christian avait détourné le regard. Elle nota le sang qui montait également à son visage, et ce la mit plus en confiance. Après tout, il était homme, bourgeois et inquisiteur, mais il était avant tout aussi humain qu’elle. Peut-être même son cœur battait-il aussi vite que le sien. Elle eut un sourire intérieur, et inspira un grand coup afin de se reprendre.

Profitant du fait qu’il regardait ailleurs, Suède repartit à l’attaque, ses doigts fondirent dans la chevelure brune. Il ne lui fallu cette fois-ci que peu de temps avant de trouver le point sensible. Retirant sa main, elle en nota les taches qui étaient apparues, plus larges qu’elle ne l’aurait cru.

« Une blessure à la tête peut être bien mauvaise, vous savez. Le sang peut couler encore longtemps, si on ne fait rien. » Répondit-elle sans ciller, bien que ses joues aient gardées une adorable couleur framboise.

Sa douce réprimande se perdit dans le silence, avant qu’elle ne cherche à se relever. Un pied, un autre, et… Echec. Elle retomba sur lui après s’être de nouveau emmêlée dans sa robe. Sa chance dans son malheur fut de se rattraper au sol, sans maculer de sang aucun vêtement. La petite maladroite poussa un soupir quasi inaudible, cherchant de sa main propre à remonter les jupes sur ses chevilles voire à mi jambes. Elle put ainsi se remettre sur ses pieds, de façon certes originale, mais efficace, dans l’innocence même de la portée de son geste. Car les femmes de bonne société jamais ne montraient leurs jambes, geste grossier bien mal vu.

L’action était un bon remède à son cœur affolé, se détourner lui permit de dissimuler au mieux ses joues framboise. Aussitôt debout, elle partit ouvrir la vieille armoire de laquelle elle sortit un morceau de tissu propre, un mouchoir aussi pâle et sobre que le reste de la pièce. Elle le trempa dans sa cruche d’eau avant de revenir après de Christian le plus vite possible. La jeune femme le lui tendit sans plus de précisions,en un geste simple et explicite, l’embarras de ses couleurs remplaçant toute parole.

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Christian Stue
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MessageSujet: Re: Douceur de Cendres [Pv. Christian]   Mer 2 Juil 2008 - 10:04

L’ombre ne se releva que pour s’installer sur son perchoir, guettant de l’œil la fée virevoltante qui s’agitait pour lui porter secours. N’était-il pas porteur de la marque de l’effroi, du signe de la peur, de ce mot qui savait pétrifier les foules : la Sainte Inquisition ? Pourquoi lui faisait-elle confiance alors ? Etait-elle tombée dans le principe d’équivalence, d’action réaction, mécanisme fragile utopiste mais tellement humain qui s’effilochait au fil du temps ? Comptait-elle l’apprivoiser ? Etait-ce possible seulement ? Au rapprocheemnt de leurs corps, il avait marqué un grognement, la réprimandant légèrement de manière à lui faire sentir sa nature d’enfant.
La bête ne siffla mot à la suite de ce geste de l’enfant, tendant sa patte griffue, il accueillit ce pâle morceau de tissu imbibé d’eau qu’il appliqua par à-coups sur sa plaie, ce mouchoir de fortune hébergea en son sein le fluide à la robe pourpre tandis qu’il arracha quelques grimaces de douleur à ce monstre de beauté. Les mèches ténébreuses dansaient devant les yeux du séduisant Christian, les découvrant par moments pour les dévoiler au monde.
Monsieur Stue la gratifia d’un aimable sourire avant de se remémorer les troublants contacts que leurs deux corps avaient subi auparavant, ce qui tâcha ses joues de rouge. Ce silence gênant qui s’était établi, fut rompu par l’homme qui murmura quelques mots à l’attention de la poupée de porcelaine.

« ..Merci… Vous êtes bien têtue, Mademoiselle Suède. N’en faites pas tant, voyons, ce n’était pas nécessaire. Je ne vous rends pas votre mouchoir, je doute que vous vouliez le conserver. Je n’ai pas tâché votre robe par ma bêtise ? »

Les ressorts du lit grincèrent une nouvelle fois, petite habitude, coutume qu’ils avaient pris suite au passage du ténébreux. Il se rapprocha d’elle, se permit, après une hésitation, un autre baiser sur son front, lui ébouriffa sa tignasse sombre de sa main libre et blanche et débutait sa sortie. Ajoutant alors qu’i l ouvrait la porte pour s’enfuir de ce lieu…

« Miss Suède, ne montrez plus vos jambes ! C’est impudique chez une femme telle que vous…N’êtes vous pas un ange ? »

Déjà, il se reprochait sa trop grande sympathie pour l’enfant, il fallait s’en éloigner au plus vite et lui témoigner sa froideur habituelle ! Ce n’était ni une parente, ni une amie, ni…une amante…Pourtant…. La question si elle arriverait à sortir de sa robe ne lui effleura pas l’esprit et déjà il commençait à descendre les marches qui l’avaient mené jusqu’ici…

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