

Nom : De Belmort.
Prénom : Clothô.
Surnom : Proscrit.
Âge : Vingt-et-une années fiévreusement consumées.
Titre : Marquise de Belmort.
Métier : Lorsque le sang est bleu, métier il ne saurait y avoir.
Lieu de Résidence : Là où la fuite l'aura menée.
Relations particulières : Aucune.
Sentiments vis-à-vis de l’Inquisition : Son ingénuité la conduisait à y voir des juges cruels.
Sentiments vis-à-vis des Sorcières : Sa candeur l'incitait à voir en elles de pâles démons.
Signe distinctif : Une charmante innocence si rare que sa beauté, inhumaine. On pourrait croire cette fragilité affectée, tant elle est parfaite.
Description physique : La fantasque beauté fut-elle prise du caprice de l'incarnation lorsque la petite Clothô vit le jour ? Cela eût semblé indéniable à celui qui posât son regard sur l'enfant au nom de moire.
Elle avait le teint d'une pâleur rosée constante, et ses prunelles hyalines brillaient de feux magnétiques, lacs profond aux eaux diaphanes dans lesquels il paraissait plaisant de se noyer. Sa toison était de ténèbres et roulait en des flots sinueux jusqu'au creux de ses reins, ses amples ondulations se répandaient sur l'ensemble de son buste avec mollesse, embrasant sa gorge voluptueuse, contournant la finesse de sa taille, agonisant sur la rondeur modeste de ses hanches. Son minois était celui d'un ange, son regard d'azur, sa bouche émaillée de nacre, tendre et bombée, son nez discret et d'une délicatesse tout à fait noble. Souvent, un peu d'incarnat venait s'étendre sur le satin de ses joues, par pudeur ou par modestie, et jamais aucune fureur ne perturbait la sérénité de cette face angélique.
Clothô se mouvait avec grâce et élégance et tout en elle respirait la jeunesse et la pureté, elle exhalait un paradoxal mélange : joie de vivre entremêlée de douce mélancolie.
Description psychologique : Clothô était aussi énigmatique que belle -et ce n'est, hélas, pas peu dire. Elle était, à première vue, une créature docile et dévote, soumise aux contraintes de son rang et à l'avenir tout tracé qu'on lui imposait. Certainement l'était-elle un peu -Il n'eût pu en être autrement- mais il y avait en elle une singulière sauvagerie, une soif insatiable de liberté que ni les chevauchées sylvestres sur le dos de son palefroi, ni les sages balades au bourg voisin ne savaient apaiser. A cela s'ajoutait la terrible malédiction de l'innocence, qui pousse aux pires fautes les êtres les plus purs.
Parfois, cependant, elle faisait preuve, singulièrement, de génie, et paraissait plus sage que ne le montraient les apparences. Peut-être était-elle une talentueuse comédienne. Peut-être était-elle simplement livrée à une intelligence qui dépassait sa naïveté...
C'était une demoiselle bien éduquée et qui s'intéressait à tout, curieuse et avide de connaissances. Elle avait lu de nombreux romans, et était une adepte du mouvement précieux. Ce fut, sans aucun doute, ce qui lui monta à l'esprit, et l'encouragea, à vivre ses propres folles aventures, en fuyant la vie bien rangée qui lui était promise...
Autre(s) : Elle ne se séparait jamais du premier tome de l'
Astrée, ouvrage luxueux soigneusement relié et unique bagage.


"Si l'on ôtait de la vie tout ce qu'il y a de vain et de frivole, il y resterait si peu de choses, que cela ne vaudrait pas la peine de le regretter." (Madeleine de Scudéry)Musique d'ambianceUne enfance fabuleuse, tissée de rêves et d'utopies incertaines, un avenir finement dessiné et enviable. Une jeune marquise qui avait la beauté d'un ange, aimée et chérie, enfant unique d'une noble lignée désargentée, promise à un riche duc, qui vivait dans l'opulence, non loin de Paris. Que conter d'autre ? Les cavalcades enjouées dans les forêts verdoyantes, les ris et les jeux, dans les champ peinturés d'or, les litanies dans l'humide chapelle du domaine, les lectures religieuses, les romans enjôleurs ? Le fossé qui se creusait entre la réalité et les fictions, la rencontre avec un futur époux qui n'avait rien des charmants bergers dont parlaient les contes pastoraux ? Les larmes cachées, les chapelets brisés, les sanglots étouffés, les courses loin du monde, dans les sous-bois, les songes qui se veulent réalité, les psaumes, les prières encore et encore ? Puis le couvent, les marches dans le cloître, l'esprit qui se torture, le cœur meurtri, les larmes, encore les larmes, intarissable fleuve ? L'espoir, la déchéance, l'attente du mariage, les chimères opprimantes, les baisers saphiques à la dérobée, la peur de Dieu ?
Puis, ce fut la chute.
C'était à la sorgue. La pénombre baignait le couvent dans un halo de ténèbres impénétrables. Les étoiles et la lune dansaient dans les cieux paisibles. Son cœur battait la chamade, en son sein, ébranlé par l'excitation, tourmenté par la peur, chamboulé par l'espoir. La dernière porte venait de s'ouvrir. Elle lâcha la clé. Un tintement métallique, à terre, rompit le silence nocturne. Dehors, quelques chats-huants hululaient, si sinistres... Elle s'était emparée de ses quelques économies, qui reposaient dans une petite bourse de velours nacarat, accrochée à sa ceinture. Elle pressait, contre sa poitrine, le premier tome de l'Astrée, et se sentait devenir une héroïne elle-même.
Puis, soulevant ses épais jupons à pleines mains, elle commença à courir le long du chemin boueux, crottant ses bottines, souillant ses bas de laine blanche. Le vent froid fouettait son visage, quelques larmes ruisselaient sur ses joues, son souffle s'affolait, sa chevelure dansait, irrégulière, autour d'elle, en un voile sombre, se noyant dans l'obscurité ambiante.
Elle ne savait guère, où elle allait, ce qu'elle ferait et comment elle vivrait. Elle ne réfléchissait plus. Elle agissait.
Pour la première fois de son existence, Clothô allait tirer les fils de son propre destin.Et la folle enfant, après de longues heures de marche éreintantes parvint aux portes de la ville de Forbach, alors que l'astre solaire s'éveillait, évaporant la rosée de ses tièdes luisants.
Comment avez-vous entendu parler de The Witch Slay ?Par un ami.
Qu'est ce qui vous à le plus plu sur ce forum ?La qualité de l'écriture.
Disponibilité :Variable.
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