Nom : Plattz
Prénom : Laszlo
Pseudonyme au sein de la Guilde : Le troubadour, en référence à ma tendance à raconter des histoires.
Âge : 30 ans
Titre : Ecclésiastique
Métier : Exorciste
Lieu de Résidence : Château de Frauenberg
Sentiment vis-à-vis des autres disciples du Père Marcus : Comme dans tout groupe réuni par hasard : j'ai noué des liens avec certains, d'autres me sont indifférents. Mais nous sommes actuellement dans une situation impossible et la solidarité n'est plus une option : c'est une nécessité.
Sentiments vis-à-vis de l’Inquisition : Tentons la métaphore, si vous n'y voyez pas d'inconvénient... Imaginez-vous qu'un jour, quelqu'un - disons une sorcière, il me semble que c'est la mode - vienne vous trouver et vous dire que si votre voix dépasse un certain volume, votre tête explosera.
... Mon opinion d'eux se résume à peu près à ça.
D'un autre côté, je ne pense pas qu'ils soient très différents du citoyen moyen. On doit trouver parmi eux des consciencieux, des paresseux ou des... gens comme moi. Et beaucoup font leur boulot correctement. C'est bien là le problème...
Sentiments vis-à-vis de l’existence possible de Sorcières : Beaucoup de curiosité. Cette congrégation, si elle existe, me semble très proche de la mienne, tissant la vérité de fiction. Le tout est de savoir à quel point elles se prennent au jeu du surnaturel. Car il existe tout de même des limites à ne pas dépasser...
Objectif éventuel de développement : Il serait agréable que l'insupportable aplomb de Laszlo et son côté je-sais-tout se trouvent un peu ébranlés. Beaucoup, même.
Signe distinctif : cf la description physique
Description physique : Voilà qui promet d'être amusant... Commençons donc par le commencement. Suis-je l'un de ces êtres diaphanes sur le passage duquel tous se retournent ? Non. Suis-je de ceux que l'on regrette de ne pas avoir retenu car leur poignante beauté ne se révèle qu'après un attentif examen ? Non plus. Je suis un homme tout ce qu'il y a de plus banal... enfin, peut-être par à Forbach. Mon ascendance paternelle m'a fait brun de chevelure et assez mat de peau. Mes yeux sont carrément noirs. Pas de ce marron foncé que l'on trouve partout, à ce qu'il paraît. Franchement et totalement noirs. Ce qui a souvent tendance à mettre les gens mal à l'aise, apparemment. Dans mes jours mutins, il m'arrive d'expliquer que ce regard est celui des élus, marqués par les esprits, ce qui explique ma compétence toute particulière en domaine d'exorcismes.
Pour le reste, mon enfance et mon adolescence m'ont affublés d'une carrure que l'on attribuerait plus à un travailleur manuel qu'à l'érudit chasseur d'esprits que je suis devenu. "On" aurait d'ailleurs pas tort mais "on" intervient mal à propos et devra attendre un peu avant de voir sa curiosité satisfaite.
Ma tignasse perpétuellement en désordre - j'ai toujours du mal à me résoudre à la tailler - jure un peu avec une apparence autrement fort sage.
Mais à vrai dire, peu importe.
Parce que l'apparence est comme la farine de blé, les enfants ou la morale : ce que l'on veut bien en faire. Et je suis prêt à parier que tous les êtres dont on vante la beauté seront d'accord avec moi, même s'ils se refuseront toujours à l'avouer.
Et cette coquille terriblement banale ne m'empêche pas d'apparaître aux yeux du monde tel que je veux bien me montrer : une personne ouverte, sympathique, enjouée mais terriblement sérieuse et efficace.
D'abord, il y a les vêtements, bien sûr. Sévères, trop sévères, vous comprendrez pourquoi. Des pantalons et vestes noires, impeccablement coupées, des chemises blanches, et un manteau -noir également - qui m'a coûté les yeux de la tête, mais qui fait toujours sa petite impression dans les milieux modestes.
Ensuite, le matériel. Vous me verrez rarement sans ma panoplie, plus ou moins étalée, suivant l'endroit : livres, montres diverses, objets insolites, dont on peine à deviner l'usage... mais que je consulte toujours avec le plus grand sérieux.
Et puis, bien sûr, la façon de s'exprimer : les yeux toujours grand ouverts, les mains également, et la voix assurée... Ca, c'est le plus dur... Mais le petit bègue crasseux d'il y a quelques années a bien surmonté son handicap. Bien sûr, lorsque la situation m'échappe, il arrive que les mots s'envolent également, me laissant balbutier des syllabes sans fin... sans...
s
s
s
sans
Assez !
De qui parlions-nous, déjà ? Ah oui ! Des tenues trop sévères. Il ne s'agit pas d'un choix. Mes pupilles noyées dans mes iris, ne peuvent pas faire autrement.
Je ne distingue pas ce que vous appelez couleurs.
Ma vue est parfaite. Celle d'un prédateur. Mais je traque dans un monde en nuance de gris uniquement. La pitié n'est pas de mise, jamais cette pathologie ne m'a posé problème. La seule chose qu'elle affecte, c'est ma vision du monde, mais là, nous débordons du cadre. Alors rejoignez-moi juste un peu plus bas. Je rassemble mes mots, mes idées, et je vous rejoins.
Description psychologique : Si je vous disais que vous n'êtes que des personnages de fiction, me traitriez-vous de mégalomane ? Ne vous formalisez pas, j'en suis un également. La Création toute entière est le roman chaotique et désordonné d'un auteur aussi dément que génial. Dieu, le Diable, Odin ou je ne sais qui. Nous sommes les enfants de l'imagination. Alors comment se fait-il que nous répugnions si souvent à le reconnaître ?
Je l'accepte. Je l'accepte et considère le monde ainsi. C'est pourquoi je suis convaincu que chaque cause à sa conséquence, que tout fait est rattaché à un autre... Et si l'articulation est impossible à trouver... Alors on peut - que dis-je, on peut - il faut l'inventer.
Prenez mon domaine professionnel, l'occulte... Pour certain, il s'agit d'une réalité, pour d'autre, un moyen d'influencer les esprits naïfs.
Même si cel ne doit jamais arriver aux oreilles de mes collègues, je me situe dans l'entre deux. Cette puissance au-delà des âges, certains la reconnaissent comme élément fondateur du monde. Ce qui n'est pas mon cas. Peut-être la magie est-elle parmi nous peut-être - sans doute - pas. Mais cela ne m'empêche pas de jouer de ce que je pense être une fiction. Il n'est pas de vérité totale, dans ce chaos que nous nommons pompeusement "l'univers".
N'allez pas croire pour autant que le mensonge est ma religion, loin de là. Certes, mes compagnons et moi forçons un public souvent désemparé à assister à nos représentation de théâtre surnaturel, et à nous payer pour cela.
Mais...
Croyez-moi ou non, ce que nous faisons est bénéfique. Chaque esprit abrite son fantôme, chacun est possédé d'un démon. Le sien, intime, toujours présent. Et si, l'espace d'une soirée, quelqu'un est mis en présence de ce qu'il croit être le surnaturel... peut-être parviendra-t-il à exorciser les parts les plus sombres de sa personne. Peut-on, dans ce cas, refuser le salaire que l'on nous octroît ?
Mon idéal ? Un monde dans lequel chacun accepterai ce simple fait : nous nous racontons des histoires, en permanence. Vouloir s'en priver est aussi absurde que de souhaiter cesser de respirer. Ce monde n'adviendra jamais. Alors j'accepte volontiers les titres dont on m'affuble lorsque j'échoue : menteur, charlatan, manipulateur. Certes certes... Mais, de tous les joueurs de mots, je me targue d'être le prince !
Et, dans un avenir beaucoup plus proche, trouver la sortie du guêpier dans lequel on m'a fourré...
Autre(s) : /
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On raconte que, cachés dans des villages côtiers, des pêcheurs rendent grâce à une ancienne déesse païenne, peut-être la plus ancienne : l'eau, source de toute vie, amie de toute conscience.
Les imbéciles.
Ceux-là ne connaissent que les étendues délirantes de l'océan et son réservoir de vie. Mais ont-ils déjà voyagé jusque dans les régions marécageuses où, l'on maudit l'humidité, l'humidité qui empoisonne, qui rend fou, qui assassine ? Après avoir passé deux nuits dans un lit dont les couvertures noircissent, après avoir senti le grouillement d'une vie infecte dans leur nourriture, peut-être verraient-ils leur divinité pour ce qu'elle est : un monstre aux bras lascifs, qui enserre jusqu'à étouffer.
Je le sais, car je suis l'un des enfants de cette maudite humidité. La preuve ? Le jour de ma naissance était le troisième durant lequel la pluie tombait sans discontinuer. La cabane dans laquelle mes parents ont du finir leurs jours pourrissait sur pied. Trop de bois et de paille, pas assez de pierre. Bien entendu, le conte voudrait qu'à ce moment, ma mère meure en couches. Navré, cher égaré entre ces lignes, de te décevoir, mais, après quelques heures passées à recouvrer un semblant de forces, ma génitrice se contenta de se relever pour aller prêter main-forte à mon père et empêcher notre toit de nous tomber sur la tête. La nuit passa, la pluie se lassa. Ne resta derrière elles que le bruit de mes pleurs.
Mon premier souvenir n'est pas une image fanée, un portrait délavé. C'est cette odeur preignante de la terre saturée d'eau, juste avant que les pieds ne s'enfoncent dans la boue. Les couleurs doivent aider la mémoire. Sans elles, la pupille devient amnésique. De fait, il n'y a dans mon passé que peu d'images, mais tant de sons, de saveurs et de senteurs... Le bois à charrier, branchages d'abord, puis branches porteuses, et enfin troncs, la tourbe et son infect fumet lorsqu'elle brulait les soirs d'hiver. La voix traînante de ma mère m'appelant par ce qui était autrefois mon nom.
Et ce même nom, défiguré, démembré par le timbre rocailleux du père Freidrich Plattz. Pourtant, il parlait peu aux autre, le père Plattz. Dans ces terres ravagées par la maladie, il marmonnait les offices, indifférent de ce qu'on l'écoutait ou pas. D'ailleurs, cela l'arrangeait. Il négociait sa tranquillité contre le salut éternel de ses ouailles. Un marché équitable. Cependant, depuis que, dans un élan de dévotion aussi louable qu'incompréhensible, mon père lui avait fait parvenir du combustible pour tout l'hiver par mon intermédiaire, le vieil ecclésiastique s'était pris d'affection pour moi. De temps à autres, il évoquait pour moi son pays natal, la Pologne, avec une emphase et une émotion bouleversantes. Je l'écoutais de toutes mes oreilles, mon ennui étant largement neutralisé par ma joie de ne pas avoir à travailler durant ces quelques minutes. Et puis, petit à petit, le bon père se mit en tête de m'apprendre à lire. Mes parents n'y voyaient pas d'inconvénient, bien au contraire. Bien trop souvent, des paysans s'étaient vu déposséder de leurs terres ou de leurs bien du fait d'un bout de papier qu'ils n'avaient pas pu déchiffrer. Et puis, je ne rechignais pas à la besogne et cette charge de travail supplémentaire ne les lésa pas.
J'appris vite. Il y avait tant à lire, tant d'histoires à découvrir ! Les lettres me donnaient accès aux histoires bibliques. A travers ces récits de prodiges, quelque chose guérissait en moi, séchait. Ce devait être ça, la couleur.
Ca et le sourire d'Antonin. Il était gentil, Antonin, il semblait toujours savoir quand j'avais quelques minutes de libres. Il m'attendait, on marchait parfois en parlant de tout, parfois - souvent - en ne disant rien. C'était ça, les meilleurs moments.
Les années ont passé. Ma vie s'écrivait sans que j'y pense. Je savais lire, mais cette connaissance était en friche. De moins en moins souvent, le quelque chose séchait.
Un jour, je décidai de m'enfoncer un peu plus loin dans les marais, dans l'espoir d'y trouver des arbres plus robustes. Enfin, c'est ce que je dis au père. Et je parlais assez fort pour que quiconque passant devant les planches mal jointes de la cabane puisse nous entendre. Et puis je suis parti.
C'a été la seule après-midi qui a vraiment compté. On s'est dit à bientôt en souriant encore plus que d'habitude avec Antonin.
Je ne sais pas qui nous a suivi, qui a pensé que ce serait vertueux, ou drôle de le raconter à ma famille. Hurlements, coups. Visage écrasé contre la terre mouillée. Rancoeur. Contre eux, contre lui, contre tous. Vision. Ma vie. Pages tachée, raturées... Aucune des gravures sereines des livres du père Plattz. Il serait si déçu, le père Plattz.
On arrache !
J'ai marché durant des jours, le sens de l'orientation anéanti par une sensation de liberté trop belle pour moi. Pourtant, elle m'a accompagnée, jusqu'à des rivages plus secs. Elle m'a tellement accompagnée que, lorsque je suis arrivé à Bordeaux, je l'ai rencontrée pour de vrai. Elle s'appelait Tara, elle était de toutes les nuances de gris, et elle fuyait devant trois ou quatre abrutis qui trouvaient scandaleux qu'une femme joue à la comédienne. Elle s'est jetée derrière moi en m'appelant Lancelot.
Je n'avais jamais entendu le nom de Lancelot, mais c'était sûrement quelqu'un de mieux que le pauvre type dont j'avais laissé les pages derrière moi. Alors, pour elle, je suis devenu un presque-Lancelot. Et c'est presque-Lancelot, Laszlo, qui a levé sur les poursuivants de la belle un regard moqueur. C'est ce moins que paysan, plus vêtu de crasse que de tissu qui les a intimidé. Ce sont ses mots uniquement qui les ont fait abandonner. Et c'est lui qui a parlé lorsque Tara m'a remercié.