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 Quand les fantômes dansent (Joan Witham)

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Nicholas De Saintcroix
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MessageSujet: Quand les fantômes dansent (Joan Witham)   Jeu 4 Déc 2008 - 16:12

Le vent de l’hiver soufflait doucement entre les branches mises à nues, mais ce n’est pas ce qui rendait l’endroit si froid… ce n’est pas l’hiver qui frigorifie les hommes le plus, mais l’absence de vie. Les gens bien vêtus, gros manteaux et bottes, chaque être vogue dans le dessein qui leur fut donné. Sa crinière ce laissait tendrement caresser par la brise hivernale. Cette même brise qui caressait aussi les faces des établissements est la même qui effleure sa jeunesse. Bien que ses lèvres restent immobiles, tout comme le reste de sa personne d’ailleurs, l’oreille attentive peut entendre notre protagoniste chantonné doucement. Ses prunelles rivés vers… vers quoi on ne serait vraiment le dire… l’espoir, le future, demain peut-être… mais elles sont rivés sur ce qui semble être a priori rien. Il les voient passer devant lui tel des spectres de chair et de sang. Ils sont pour la plupart que des visages sans noms, que des êtres avec une histoire qu’il ignore… et pour eux… il est la même chose.

Alors que fait-il tel un spectre près du marché de Forbach? Il songe tout simplement, comme tout hommes en ce monde il songe. Son regard vide et absent est signe des réminiscences. Mais qui n’a jamais ce genre de songe, les gens sont-ils trop pris par leurs besognes pour songer au passé… ou bien est-il qu’un simple fou trop sensible? Ah les artistes… un jour ils sont des génies et le lendemain des fous. Alors que hier certains disaient « Mais cet artiste fait preuve d’une si grande sensibilité, c’est magnifique », aujourd’hui les mêmes gens seraient sans doute capable de dire « Ce n’est pas de l’art, mais de la pure folie! ».

Forbach t’a changé Nicholas, tu le sais… et tu l’acceptes. Qu’aurait été ta vie sans les incidents du passé? Nul ne le sait, mais parfois alors que tu es seul tu t’amuses encore à t’imaginer ce que cette vie aurait pu être. Quel homme serais-tu devenu… peut être un grand violoncelliste… auras-tu donc cette chance ici? Tes frères et sœurs ont sans doute un autre dessein en tête pour toi que celui de musicien… mais au moins tu as toujours la chance de jouer par plaisir. C’est sans doute ce qui te tien en vie le plus, être capable de jouer de ton violoncelle par plaisir. Il s’agit là de ton plus grand échappatoire… d’ailleurs devrais-tu pas être en route pour aller le chercher au lieu d’être là à contempler l’infini du temps.

Un pied devant l’autre, il se remis en marche tout comme si ce moment d’arrête n’eut jamais eu réellement lieu. Son regard est toujours le même, ses sombres prunelles sont si vide. Son esprit est ailleurs alors que son corps lui est bien présent. Où est tu donc jeune Nicholas? Si ce n’était pas de cette dame qui laissa accidentellement tomber quelque chose devant toi serais-tu sorti de ton monde? Allez sors Nicholas!

Notre musicien revenait alors à la réalité lorsque cette dame qui lui semblait si étrangement familière échappa sur le sol un panier après avoir éviter de justesse une voiture tiré par des chevaux. Elle aurait jurée en brandissant le poing si ce n’était pas que notre jeune personnage eut intervenu en lui demandant si elle allait bien. Un doux sourire sur le visage de notre musicien… c’est si rare de nos jours de le voir ainsi. Il lui tendit ce qu’elle avait laissé tomber. Un peu étonnée, la dame le regarda dans les yeux comme si elle venait de voir un fantôme. Naturellement voyant l’étrange expression sur le visage de la femme mur… notre protagoniste ce questionna.

La femme s’apprêtait à prononcer un mot, un prénom… un prénom quasi maudit par notre cher Nicholas… celui commençant en A. Il ne put entendre que la première syllabe « Ar » avant qu’un autre jeune homme, le petit fils de cette dernière de toute évidence, vienne les rejoindre en criant le doux titre qu’il donnait affectueusement à la vieille dame. Entendant la voix du jeune garçon, la dame détourna immédiatement son attention de notre musicien et la porta sur le jeune garçon.


-Ah Peter! Dit-elle

Il eu un échange de courtoisie entre les trois personnages, mais le tout fut bref car Nicholas ce remis immédiatement en route. L’avait-elle pris pour un Arthur, un Arnault… un autre Armand que celui connu par notre protagoniste. Plus le temps passait, plus celui-ci semblait ressembler à ce démon, du moins physiquement. Qui sait, peut-être que sa folie finira par le gagner lui aussi…
Non, il ne faut pas… il ne faut pas que la folie de son père le gagne… il ne veut pas, il ne veut pas être lui!

L’idée de ressembler à son père le rendait digne à un point tel qu’il quitta rapidement la rue pour aller s’effondrer dans la neige entre deux établissement, là où il ne serait point perçu à moins qu’un être particulier ait suivis ses mouvements jusqu’à cet instant… mais quel serait les probabilités? Il n’est pas normalement le genre à attirer l’attention sur lui lorsqu’il ce balade… alors pourquoi un quelconque protagoniste le trouverait suffisamment intriguant pour épier ce dernier?

Les doigts entres les cheveux, la tête appuyée contre ses mains et le derrière bien trempant dans la neige froide, Nicholas était presque immobile si ce n’était de ce tremblement qu’on pourrait confondre avec celui d’un homme frigorifié. Devenait-il fou, est-ce qu’il avait réellement croisé cette dame. Si elle a pu le prendre pour Armand, son père… serais-ce parce qu’elle le connaissait? Il n’en sait rien… il ne sait même pas si il ne s’agit pas d’une simple erreur… d’une ressemblance avec un autre homme dont le prénom commence par « Ar ». Pauvre musicien… il devient sans doute fou…

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Joan Witham
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MessageSujet: Re: Quand les fantômes dansent (Joan Witham)   Jeu 4 Déc 2008 - 18:07

Le temps était glacial en cette matinée, malgré tout, ensoleillée par quelques trous dans les nuages. Déterminée à braver tout de même le vent, vêtue de plusieurs morceaux de linge, une jeune femme avançait le corps penché par en avant, tenant un panier près de son corps. Bien que ce fut une jeune sorcière qui agissait de la sorte, son paquet ne renfermait aucune herbe ou ingrédient incriminant. Si quelqu'un avait voulu l'accuser en cette journée, ç'aurait été d'excessive couture dans le but de survivre... Ce qui aurait été tout à fait ridicule. En effet, la raison pour laquel Joan Witham traversait les rues de Forbach cette fois était pour établir un petit étalage duquel elle offrirait ses services de couturière. Oui, même en une aussi froide journée, il ne fallait pas paresser. Prendre un jour de congé peut être agréable pour le temps que durera cette journée uniquement, mais le lendemain ne se fera que plus misérable et il faudra alors travailler pour deux. Parfois, Joan regrettait de ne pas être mariée. En femme mariée, elle n'aurait jamais à sortir pour marcher de la ferme à la ville les deux pieds dans la neige. Oui, bien sûr, elle serait soumise à un mari, mais elle demeurerait au chaud pendant que l'homme sortirais travailler à on ignore quelle besogne, mais l'important serait qu'il ramène l'argent et la nourriture sur la table. Ainsi Joan n'aurait qu'à la cuisiner. Cette perspective était complètement dépourvue de romantisme comme Joan en rêvait tant, mais à ce moment exact où ces pensées traversaient son esprit, elle n'avait que faire du romantisme, seule la satisfaction d'un besoin comptait. Bien entendu, si la scène s'était déroulée au printemps, au moment où les fleurs nouvelles sont encore jeunes et épanouies, par un beau soleil chalareux, elle aurait rêvé au prince charmant, pour qui ses mains habiles auraient servies à confectionner un habit neuf plutôt qu'à repriser les ourlets de parfaits inconnus.

Ah, qu'il est beau de rêver. Sa défunte Catherine lui disait de ne jamais arrêter de rêver, cela gardait en vie. C'est pour cela qu'elle avait réussi à survivre après les mort innoportunes de son mari et son bébé. Combien de femmes se seraient enfermées dans le silence d'un couvent lugubre pour pleurer, taciturnes, leur vie ratée. On ne parlait jamais de ces choses, oui, il arrivait qu'au bord du désespoir, certaines veuves, sans enfants, trop amoureuses de leur défunt époux étaient retrouvées sans vie, d'une façon bien mystérieuse. C'est ce qu'on disait, mais tout le monde savait pertinement que cette vie, elles en avait disposé elles-mêmes. Mais Catherine avait eu le goût de vivre, et elle en avait trouvé la raison en la personne de cette petite si peu appréciée par sa propre mère. Ainsi Joan en concluait qu'il ne fallait jamais être trop amoureuse... Le jour où l'on est rejetée, le jour où cet amour se meurt, alors la vie ne vaut plus rien. Dans cette optique, elle se demanda si sa propre mère avait réellement aimé son père. Dans les souvenirs qu'elle avait, cette femme semblait incapable d'amour. Mais elle se demanda tout de même si son choix de se cloîtrer avait été pour mieux canaliser la perte de son mari ou si c'était simplement pour ne pas finir dans la misère. En dehors du fait de ne pas être mariée, Joan regrettait aussi la distance qui séparait sa maison de la place du marché... Ce trajet était trop souvent propice à des réflexions qui la faisait souffrir.

Dans le centre de Forbach, Joan avait l'habitude de couper les rues en passant entre les bâtiments. Cela lui permettait d'éviter les foules et les regards... Ainsi, elle pouvait regarder droit devant elle, sans avoir peur de foncer dans qui que ce soit. De plus, elle préférait se faire discrète dorénavant. Elle croyait avoir enfin été oubliée par l'inquisition, et elle ne voulait pas leur rafraîchir la mémoire.

Mais alors qu'elle allait sortir d'entre deux bâtisses plutôt collé l'une sur l'autre, il lui sembla avoir vu quelque chose, ou plutôt quelqu'un bien installé dans la neige comme dans un fauteuil. L'endroit où elle présentait ses services de couturière n'était qu'à quelques mètres, elle aurait pu passer sa route sans faire attention, mais cette situation était si singulière. Il s'agissait d'un jeune homme... Il n'était pas désagréable à regarder. Vêtu noblement, il portait de longs cheveux bruns et avait les yeux fermés comme s'il semblait méditer. Ou bien était-il en malaise... C'est cette pensée qui convaincu Joan de ne pas passer son chemin aussi vite.

S'approchant tranquillement, elle éclairci légèrement sa voix qui n'avait plus personne à qui parler depuis la mort de Catherine. D'une voix douce, pour ne pas effrayer l'homme s'il était simplement perdu dans ses pensées, Joan l'interpella :


«Monsieur?!»

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Nicholas De Saintcroix
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MessageSujet: Re: Quand les fantômes dansent (Joan Witham)   Ven 5 Déc 2008 - 15:39

Ignore-t-il donc qu’il fait si froid ou bien en est-il pleinement conscient et demeure dans cette position qui finira par le frigorifier? S’étant effondré dans la neige loin des passants, notre aristocrate essayait de ce calmer, de dicter à son esprit qu’il est impossible, improbable que ce soit vrai. C’est une erreur sans doute, de toute façon notre cher protagoniste possède un visage très commun n’est-ce pas? Il peut facilement ressembler à n’importe quel autre homme… surtout à Armand. Que ferait-il si s’était vrai? Le dirait-il à dame Alicia? Sans doute… car sa tête sera sans doute mise à pris par l’inquisition si elle apprendre que le jeune De Malenfant est toujours bel et bien vivant que qu’il n’a pas subit le même triste sors que ses parents il y a de cela quelques années. Il s’agirait sans doute d’un geste d’une grande sagesse que d’en discuter avec la meneuse dès son retour au château. Avec un peu de chance, ce n’est qu’une erreur, mais doit-il vraiment prendre le risque? Certes ses sœurs connaissent plus ou moins l’histoire de notre ami, cependant elles ne connaissent que sa vie à partir de son existence à Forbach… les détails les plus ténébreux de sa vie sont sous les décombres et les cendres du passé… du moins ils semblaient l’être.

Le voilà qu’il tremble, mais est-ce par peur ou bien commence t-il à ressentir l’effet frigorifiant de la neige? Certes ici entre deux bâtiments il est à l’abri des douces brises, mais ce n’est pas pour autant qu’il ne fait point frisquet. Malgré son manteau, notre jeune homme a tout de même une partie de son corps dans la neige et non que ses pieds. Il est toujours là depuis qu’il c’est effondré, dans cette même pitoyable position. Ses longs doigts d’artistes entre sa noble crinière qui cache son tendre visage. Un si jeune visage et si doux visage ne devrait sans doute pas être masqué ainsi, mais il fit ce geste tel un réflexe afin de s’isoler temporairement du monde. Espérant que le temps autour de lui fasse comme la vie, qu’elle se gèle, qu’elle s’arrête afin qu’il puisse songer.

Une balade qui eu semblé être très singulière au départ s’est à présent transformé en tourments. Il ne pensait plus à rien, son esprit en était incapable. Il ne songeait à rien, sauf au visage de la vieille dame lorsqu’elle eu croiser les prunelles de notre musicien. L’expression sur son visage, ses lèvres, ce regard… ce maudit regard! Elle n’avait que prononcé une seule syllabe, mais notre protagoniste avait l’impression d’être capable d’entendre le nom tout entier. C’est cette même voix de vieille femme qui résonnait dans sa tête, cette fois-ci elle prononçait le prénom maudit au complet.

Est-ce que toutes ses années à éviter le passé ont fini par rendre notre musicien paranoïaque, peut-être… ont dit que les fantômes du passé, lorsqu’ils s’amusent à danser autour des mortelles possède le pouvoir de les rendre complètement fou. C’est sans doute ce qui arrive en ce moment… les fantômes danses. Ni sa mère, ni sa tant ne peuvent rien faire… car eux aussi sont à présent des fantômes, mais ce n’est point eux qui tourmente notre protagoniste. Ce diabolique spectre… ou plutôt l’idée folle de ce spectre vient le tourmenter. Il pouvait toujours voir le visage de la vieille dame lui murmurer Armand… Armand… monsieur…

Quoi monsieur? Quelqu’un l’interpellait, car cette voix n’avait rien à voir avec celle de la femme plus âgée. Il s’agissait d’une voix plus jeune, plus mélodieuse… une voix ravissante, rassurante. Au son de cette interpellation, Nicholas leva la tête et détourna son regard vers la source de cette mélodie d’un mot. D’abord des jambes… sous les vêtements du moins, car il ne pouvait point réellement voir les jambes de cette dernière… puis un peu plus haut le ventre, la poitrine et ensuite le visage et les yeux. Cette voix, elle provient d’elle n’est-ce pas? Cette femme, c’est elle qui a interpeller notre musicien? Oh il serait sans doute mort gelé si ce n’était pas qu’elle eu su le sortir de ce cauchemar éveillé.

Ses prunelles croisèrent les siennes. Devant cette jeune et ravissante inconnue, notre musicien ce sentit gêné lorsqu’il réalisa dans quel état elle l’avait trouvé. Il ce redressa et puis baissa les yeux vers le sol. Naturellement, elle n’était pas une noble comme lui, mais ce retrouver ainsi devant une paysanne n’était pas vraiment ce qui le gênait le plus… c’est plutôt le fait qu’il s’agissait d’une si jolie jeune demoiselle. C’est un peu embêtant pour n’importe quel homme ça non? Certes normalement il peut s’ouvrir et dévoiler son état d’âme devant une femme sans problème, mais via sa musique. Doucement il murmura :


-Pardonnez-moi… je bloque sans doute sur votre route…

Toujours aussi courtois, peut importe la personne qui ce trouve devant lui. C’est ainsi que sa mère l’a élevé et sa tante aussi… juste à l’idée de cette courtoisie qui lui est si naturel, Nicholas ce sentit un peu mieux… car il voyait qu’il n’était pas encore entièrement tout comme le monstre au nom damné.

Suite à ses mots, il osa relever le regard afin de croiser à nouveau les prunelles de la jeune femme. Il remarqua un peu plus les détails de son visage, ce visage qu’il n’avait jamais vu auparavant. Un physique très singulier, mais c’est sa singularité qui en fait sa réel beauté…

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Joan Witham
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MessageSujet: Re: Quand les fantômes dansent (Joan Witham)   Dim 7 Déc 2008 - 2:58

«... je bloque sans doute sur votre route...» avait-il dit d'une voix si douce, un murmure agréable mais tout de même audible.

Joan sourit à ce propos. L'espace était assez grand pour laisser passer une charette, ainsi, comment un simple jeune homme avachit dans la neige aurait-il pu gêner sa marche. En fait, Joan se souciait trop des autres, c'est pour cette raison qu'elle s'était arrêtée. N'importe qui aurait pu passer son chemin sans sourciller devant une personne peut-être en détresse, peut-être en malaise en train de s'éteindre dans la neige. Mais elle avait choisi de s'arrêter. Elle fut soulagée de constater que le jeune homme sembla en parfaite santé. Sa voix n'avait rien qui aurait pu laisser présumer qu'il fut malade. Quand il repoussa son épaisse chevelure longue et sans noeuds, elle put constater qu'il était réellement charmant. Il parut étonné comme sortant d'un quelconque rêve. Joan avait probablement eu raison dans sa première hypothèse, à savoir que le jeune homme n'était peut-être que perdu dans ses pensée. Mais tout de même, quel étrange endroit pour méditer! Enfin, chacun trouve le sien.

Puis il se redressa. Joan n'était pas difficile à dépasser et cela l'impressionnait toujours. Elle se sentit un peu gênée, le jeune homme lui avait semblé moins intimidant alors qu'il était assis dans le banc de neige. Mais bien vite, elle reprit un peu de confiance, remarquand que ce noble venait de se faire trouver dans une position qui sucitait bien des interrogations. Mais Joan n'en avait que faire en réalité. Elle était si souvent victime de jugements hatifs qu'elle se refusait à les perpétrer elle-même. Après tout, la jeune femme aurait pu être l'à peu près égale de cet homme. Les gens l'oubliait, mais jadis, son père avait eu une affaire florissante avec la ferme. On pourrait même dire qu'ils avaient été de petits bourgeois. Sa mère n'avait jamais eu à travailler, elle avait possédé de jolies toilettes et c'est elle qui se promenait dans les rues sous son ombrelle regardant les petites paysannes, comme Joan était devenue, de haut. Oui, si son père avait vécu, la jeune femme rousse ne porterait pas cette vieille robe pour marcher en plein hiver jusqu'au marché afin de se faire un peu d'argent. Elle aurait une penderie garnie de robes comme celle qu'elle avait portée au bal des noces de la Comtesse et qui était un héritage de Catherine.

Joan ne savait pas si le jeune homme la jugeait. À vrai dire, il ne semblait pas. Étonnement, il ne fut pas arrogant comme elle s'était attendu d'une personne de sa condition. Il fut même très courtois, allant jusqu'à baisser le regard devant. Il y avait longtemps qu'on lui avait démontré autant de respect. À partir de ce moment, le jeune homme l'intriga. D'autant plus que juste avant de fuir son regard en faveur du sol, leurs regards se croisèrent et Joan sentit que, chacun de leurs côtés, ils furent gênés. Joan sourit à cette perspective. Elle se rappela que lors de sa rencontre avec Adrien d'Hasbauer le sage de son clan, ce noble s'était montré aussi très courtois et gentil, mais il émanait la confiance. Alors que dans le présent cas, Joan sentit qu'elle venait de rencontrer une personne qui lui ressemblait. La preuve était qu'il s'était excusé pour quelque chose qui n'était en tous points pas de son ressort. Joan excellait dans ce domaine. Toujours persuadée qu'elle était en faute...

Cette scène était quasi ridicule. Tous deux étaient là et rien ne se passait. Le jeune homme les yeux au sol, et Joan ne sachant pas si elle devait parler. Jusqu'à que ce qu'il relève les yeux à nouveau vers elle. Il détailla son visage, et oui... elle détailla le sien. Il avait de jolies yeux. Il faut dire qu'elle eut le temps de le remarquer jusqu'à ce qu'elle se souvienne qu'elle devait répondre quelque chose. Ne le quittant pas des yeux elle, elle répondit simplement :


«Vous me voyez soulagée, j'avais cru vous voir en détresse.»

Elle gratifia sa réponse d'un sourire radieux et pourvu de l'innocence d'un enfant qui se voulait réconfortant. Sur son visage blanc, picoté de tâches de rousseur, et aux traits encore légèrement enfantin malgré les épreuves qu'elle avait subies depuis quelques temps, elle avait l'air d'une fillette dans un corps de femme. Elle demeura sur place, attendant la réponse du jeune homme pour s'assurer qu'il se portait bien comme elle le croyait à ce moment.

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Nicholas De Saintcroix
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MessageSujet: Re: Quand les fantômes dansent (Joan Witham)   Jeu 11 Déc 2008 - 14:58

Plus il y pensait, plus il se trouvait ridicule et absurde. Elle avait suffisamment d’espace pour passer sans se soucier de lui, mais ce ne fut pas le cas, elle s’était arrêtée! Sans doute avait-elle sauvé notre musicien d’un trépas à cause du froid intense qu’il semblait avoir complètement oublié. Quelle idée, s’installer ainsi dans la neige, mais ce fut par réflexe. Tel un animal, il c’était replier sur lui-même dû à la peur. La peur de quoi? La peur d’être reconnu, généralement les gens s’en moqueraient… mais pas lorsqu’on possède son passé. Si une personne arrive à l’identifier après toute ses années… il sera facile pour l’inquisition de remonter jusqu’à lui et soit de faire valoir des droits religieux sur lui et l’apporter loin de sa nouvelle famille… le forcer à devenir un des leurs… ou bien dans le pire des cas… le torturer jusqu’à ce qu’il parle ou bien jusqu’à ce qu’il trépasse.

Cependant, celle qu’il ce trouvait devant ses yeux, il ne la craignait point. Oh certes il ne la connaît pas, mais il possède ce pressentiment, sont instinct ne lui dit pas de fuir tel un lapin devant un prédateur. Ce n’est pas vraiment dans ses habitudes d’être un poltron, un fuyard qui se cache ainsi dès qu’on l’aperçoit, mais cette dame, cette vielle dame qui est-elle. Il essayait toujours de ce persuader que c’était une erreur et rien de plus, une femme qui délire à cause du froid. Mieux valait pour lui de ce concentrer sur celle qui ce trouvait à présent devant ses yeux. Cette jeune femme sur qui il avait osé poser son regard et qu’il ne connaissait point. Il avait cru lui avoir bloquer la route, mais sombre fou qu’il est… il aurait du voir qu’elle aurait pu facilement passer sans même lui écraser une orteil.

Vous croirez sans doute qu’il s’agit là d’orgueil lorsqu’il dit ne point désirer qu’on lui tende la main, mais vous avez tord. Il n’agit pas ainsi par orgueil, c’est plutôt par peur. Nicholas craint de ressentir l’affection d’autrui, de se rapprocher jusqu’à aimer d’une quelconque manière un autre. Vous direz que nul ne peut vivre sans amour… alors qu’il meurt notre Nicholas, qu’il meurt en jouant la mélodie de sa fin, car tout ceux qu’il a osé porter dans son cœur ont trépassé. Enfin… un jour, il aimera une femme qui sera sa seule et unique. Qui sait, ce jour là sera un jour heureux, le violoncelle ne chantera pas la démence et la mélancolie, mais les folies de l’amour et l’extase du bonheur.

Bref, il se sentit bête lorsqu’il remarqua l’espace entre les bâtiments et encore plus gênée. Elle avait donc tout simplement eu peur pour lui? Du moins c’est ce qui lui fut confirmer lorsqu’il pu entendre à nouveau la voix de la jeune femme. Cette même voix féminine, douce et magnifique telle les plus hautes cordes d’un instruments contrastant avec la voix basse de notre musicien. Et son sourire, jeune et si innocent, quasi celui d’un enfant. Oubliant tout, Nicholas sourit à son tour, toujours un peu embarrassé, il observa la charrette et puis regarda à nouveau la jeune femme. Doucement il pris la parole à son tour.

-Oh cela… ce n’était rien… cependant gente dame je vous suis fort reconnaissant pour votre geste…

Il fit une pause et tendit la main vers elle. Ses doigts d’artistes n’avaient jamais vraiment connu le dur labeur, cela paraissait.

-Si vous me le permettez… j’aimerais vous aider avec votre charrette…

Allait-elle refuser, croire qu’il en faisait un peu trop. Disons qu’il n’est pas exactement le plus grand tombeur de dame en ce monde… de toute façon il n’essai pas de la séduire, mais tout simplement de l’aider pour la remercier. Il croit en la réciprocité et puis a ses yeux, une femme ne devrait pas avoir à faire ce genre de travaille. Ce n’est pas qu’il ne croit pas qu’elle ne peut pas le faire, mais en tant que bon gentilhomme, il ce propose naturellement. Ce n’est pas parce qu’il est un noble qu’il ne peut point accomplir ce genre de tache. Enfin, les paroles étaient déjà envoyées, il ne restait plus qu’à attendre.

Les prunelles de notre musicien se croisaient aux yeux de la jeune femme, certes il appartenait à deux mondes différents, lui un noble et elle de toute évidence une paysanne, mais rien en ce monde disait qu’il est contre nature pour un noble de se mettre à genoux devant une paysanne, de lui venir en aide encore moins lorsque cette dernière a déjà commis une si bonne action envers lui. Un truand aurait pu lui couper la gorge et le laisser se vider de son sang dans la neige pour les quelques pièces qu’il possède sur lui. Il eut donc de la chance que le destin en a décidé autrement.

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Joan Witham
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MessageSujet: Re: Quand les fantômes dansent (Joan Witham)   Jeu 11 Déc 2008 - 18:26

[oups... confusion, elle n'a pas de charette, mais un panier. J'ai parlé d'une charette pour dire que la ruelle aurait été assez large pour en laisser passer une... Que dirais-tu de l'aider à porter son panier à la place?! On dit que c'est un gros panier...]

Cette main devant elle... Une main tendue pour l'aider, de la part d'un noble. Joan fut surprise. Non vraiment, ce jeune homme n'était pas comme les autres, il semblait humble et honnête. Elle ne pu s'empêcher de remarquer sa main blanche et délicate, de longs doigts qui n'avaient pas connu le labeur. Malgré tout, elle décela sur le bout de ses doigts, une petite couche de corne... un musicien peut-être. Elle baissa les yeux sur sa propre main, une main à la peau gercée et le bout des doigts craquelés par les piqûres des aiguilles. Pour la première fois, elle remarqua qu'on pouvait voir la classe sociale des gens par leurs mains. Elle aurait voulut, elle aussi avoir les mains douces. Il lui sembla qu'elle aurait fait une très bonne bourgeoise. Si cela avait été le cas, peut-être aurait-elle déjà connu ce jeune homme. Elle n'aurait sans doute pas été gênée de se trouver en sa présence. Que devait-elle faire? Lui tendre son panier, qui il est vrai, était un peu lourd avec tout ce matériel de couture? Mais Joan était du genre à se débrouiller toute seule... Malgré tout, la proposition était tentante. Elle essaya d'oublier qu'il s'agissait là d'un noble. Mais elle ne tendit pas tout de suite son panier.

«Je m'apelle Joan Witham.»

À ce moment, il avait semblé que la politesse exigeait d'abord de se présenter avant d'accepter un service.

«Mon panier est un peu lourd, mais je n'accepte de l'aide seulement si cela ne vous incommode pas. Vous me verriez gênée si cela ne vous tentait pas réellement.»

«Je ne vais pas loin, j'ai un petit étal un peu par là-bas... Si vous avez besoin d'un reprisage quelconque, ça me ferait plaisir de vous l'offrir.»


Joan ne voyait pas là un retour de service, elle l'avait offert seulement par gentillesse. Ce jeune homme lui inspirait confiance, elle avait envie de lui offrir la seule chose qu'elle avait à offrir : son talent de couturière. Soudain, il parut à Joan qu'elle ne semblait être qu'une roturière. Elle se trouva immédiatement misérable. Habillée de vieux châles reprisés à mainte reprises, marchant presque une heure dans la neige pour vendre ses services au marché, la faisait paraître, à ses yeux comme une pauvresse, sans le sou et seule. Ce genre de personnes pour qui on ne peut ressentir que de la pitié. Mais elle n'avait pas besoin de pitié. Elle savait pertinement que son tempérament timide lui réservait ce genre de sentiment de la part des autres, mais à l'intérieur, elle était plus forte qu'elle n'y semblait, elle n'était pas simplette. Ainsi elle se pressa d'ajouter :

«Enfin, si vous avez besoin de mes services, profitez-en : j'entrerai bientôt au service du Vicomte et de la Vicomtesse d'Hasbauer en tant que gouvernante.»

Ce prochain emploi lui rendait un peu le sourire. Elle n'aurait plus à marcher dans le froid pour gagner son argent. Elle n'aurait plus à vivre dans cette maison défraîchie et difficile à chauffer. Tout s'arrangerait du moment où elle revêtirait la robe de gouvernante. Elle serait logée et nourrie. Jamais elle n'aurait pensé pouvoir enfin sortir de son isolement. Bien qu'elle serait là pour travailler, elle pensa que peut-être la famille d'Hasbauer pourrait devenir en quelque sorte, une deuxième famille pour elle.

Puis elle se décida enfin. Le jeune homme était beau, gentil et il était là. Pourquoi ne pas profiter d'une compagnie, elle qui était seule depuis si longtemps. D'autant que c'était la première fois qu'elle se sentait aussi à l'aise en présence d'un homme. Elle décida donc de laisser aller son imaginaire romantique le temps d'un promenade. Elle avait bien le droit de rêver.


«Ainsi, vous feriez quelques pas avec moi?!» dit-elle en souriant.

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Nicholas De Saintcroix
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MessageSujet: Re: Quand les fantômes dansent (Joan Witham)   Jeu 18 Déc 2008 - 15:06

(Désolé, mon erreur, quand on poste et fait la lecture alors qu’on manque de sommeille XD)

En faisait-il trop? Selon lui il s’agit de la moindre des choses d’être galant avec une dame, mais peut-être que son vis-à-vis voyait le tout autrement. En espérant qu’elle ne voit point ce noble geste comme étant une offense, car notre pauvre Nicholas se sentirait très mal. Lui qui ne cherche point à offenser cette dernière, mais qu’à l’aider. Ce geste est non seulement pour la remercier de l’avoir sans doute sauver d’une mort dû au froid, à vrai dire ce n’était sans doute point lié à cela. Il appréciait tout simplement la compagnie de la dame à présent et se dit qu’en tant que gentilhomme il se devait d’être galant et de l’aider. Oh que dirait les nobles si ils le voyaient avec une paysanne! Certains seraient outrés, mais il s’en moque complètement. D’autres seraient sans doute portés à croire qu’il fait là un geste de charité car il a pitié d’elle, ce qui n’est point le cas. La pitié, notre musicien ne connaît point le sens de ce misérable mot qui habite sa langue maternelle.

Et puis elle se présenta à lui, ce qui rappela notre musicien qu’en étant galant il en avait quasi oublié certaines manières! Il se senti un peu plus embêté, ayant encore plus peur de l’avoir offensé. Alors cette charmante demoiselle se nommait donc Joan Witham, sa famille venait-elle de l’extérieur de la France? Écossaise peut-être, du moins c’est ce qu’il croit. Le visage de cette dernière, elle avait effectivement quelque chose de l’extérieur, ce qui n’était pas pour déplaire à notre aristocrate. Un magnifique prénom, Joan, il se le répéta intérieurement afin de ne pas l’oublier. À vrai dire, il n’avait point envie d’oublier cette jeune femme. Ne décrochant point son regard de son visage, il l’écouta sans répliquer.

Elle craignait l’importuner, le tout fit un peu sourire notre protagoniste qui s’empêcha de rire un peu par crainte qu’elle croit qu’il se moque d’elle. Il doit l’avouer, il trouvait cela très charmant de sa part. La voilà qu’elle lui offrait de ses services, ce qui permit à notre musicien d’en apprendre un peu plus sur cette dernière. Elle est couturière, il saura donc qui aller voir si ses doigts ne sont pas suffisamment habiles pour effectuer certaines réparations sur ses vêtements. Ses doigts d’artistes sont certes doués, mais comme vous le savez, ils ne le sont pas suffisamment pour réparer son violoncelle. Toute fois, si il a envi de la revoir, non pour une réparation, mais pour le plaisir, il devra sans doute faire vite… ou bien ce faire ami avec le vicomte et la vicomtesse.


-Il me fait plaisir de poursuivre la route avec vous dame Witham… il me fera un plaisir de porter le tout pour vous…

Il fit donc une pause, se prosterna un peu et se présenta à son tour.

-Pardonnez moi de ne pas m’être présenté un peu plus tôt, je suis Nicholas de Saintcroix, mais dame Witham peut simplement m’appeler Nicholas…

Il lui sourit. Cela semble peut-être un peu étrange, car il lui demande de l’appeler par son prénom alors que lui emploie le nom de famille de cette dernière. Se redressant alors, il se déplaça un peu plus à ses côtés, faisant à présent face à la même direction que celle-ci, tendant une fois de plus sa main.

En cet instant, ce dernier se posa un tas de question. À quoi ressemblaient-ils tous les deux ensembles? À un couple ou bien simplement à un noble et sa servante? Il préférerait nettement avoir l’air d’un couple que des gens croient qu’elle est à son service. Il faut dire qu’il est rare qu’il soit avec une dame qui a environ le même âge que ce dernier, mais connaissant le monde même si il s’intéressait à cette jeune dame un peu plus, quelque chose viendrait s’y opposer. Qui sait, peut-être possède-t-elle déjà un homme dans sa vie… oh mais Nicholas pourquoi songe-tu à tout cela. Tu viens à peine de la rencontrer. Porte donc son panier, soit simplement galant et discute avec elle comme n’importe autre jeune homme de ton âge ferait! C’est ce qu’il fit.


-Dite moi dame Witham… vous allez où exactement comme ça… serais-ce non loin du luthier? Car si c’est le cas, peut-être, si mon violoncelle est réparé… peut-être pourrais-je vous jouer un morceau afin de vous remercier…

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Joan Witham
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MessageSujet: Re: Quand les fantômes dansent (Joan Witham)   Jeu 18 Déc 2008 - 19:43

Les deux compagnons se mirent en route. Le noble portant le panier, et la paysanne à ses côtés. Quel étrange tableau cela devait faire. Mais Joan ne put qu'en sourire intérieurement. Elle se sentait bien à ce moment-là. Mieux qu'elle ne s'était sentie depuis bien longtemps. Sa vie n'avait été que misérable, accumulant malheur sur malheur depuis le départ de sa mère, il y avait de cela déjà plusieurs années. Catherine et elle avaient tranquillement sombré dans la pauvreté alors que cette première devenait de plus en plus malade, puis il y avait eu les soupçons de l'Inquisition, et puis la mort de Catherine... Joan avait bien cru que sa vie ne valait plus rien. Mais maintenant, elle avait le coeur léger, elle deviendrait bientôt gouvernante pour une noble famille, une promotion inespérée pour une personne de sa condition ( il faut dire que les liens de la tribu d'Olrun qu'elle entretenait avec la famille d'Hasbauer l'avait aidée), et il y avait cette agréable rencontre qu'elle venait de faire et qui lui faisait simplement apprécier le moment présent. C'est pour cette raison qu'elle n'avait que faire de l'image qu'ils projetaient tous les deux. Peut-être que les gens s'en moquaient de toute façon... Et puis, s'il y en avait, les mauvaises langues pourraient bien dire ce qu'elles voulaient, le jugement, Joan le connaissait déjà.

Le jeune homme s'était présenté : Nicholas de Saintcroix. Ce nom avait une consonnance certes noble, mais également poétique. Il coulait comme une chanson aux oreilles de Joan. Chaque syllabe lui semblait être une note de musique. Nicholas de Saintcroix était un nom qu'on aimait entendre, ce nom devrait être célèbre. Oui, bien sûr, il avait aussi une consonnance religieuse, mais pas dans la bouche du jeune homme. Elle élimina l'idée qu'il puisse être de l'Inquisition. Elle ne ressentais rien de mauvais en lui. Saintcroix était un fort joli nom. Il évoquait tant de choses, contrairement à Witham. Ce nom lui semblait ordinaire, il n'avait rien à voir avec l'endroit où elle vivait. Bien qu'elle fut née en ces lieux, Witham restait un nom étranger bien malgré elle. Il s'agissait du nom de son père et elle en était fière, mais il faisait dresser quelques sourcils parfois quand elle le mentionnait. Mais qu'importait son nom, ce qui faisait sourire Joan à ce moment c'est que le jeune homme, en se présentant l'avait priée de ne l'appeler que Nicholas, alors que lui-même se dépensait en formalités, en s'entêtant à l'appeler «Dame Witham». Peut-être était-ce par manque d'habitude ou parce que personne ne lui avait jamais porté autant de respect, mais Joan ne pouvait que s'empêcher de grimacer en entendant cela. La rime contenue dans «Dame Witham» lui semblait fausse.


«Svp, appelez-moi seulement Joan, je ne suis pas encore une dame.»

Elle faisait référence en disant cela, au fait qu'elle n'était pas mariée et que, par conséquent, ce titre ne lui revenait pas. Elle dit le tout avec politesse et sans une once d'arrogance. Nicholas parla du luthier, en demandant si l'étal de Joan se trouvait non loin de là. Il lui proposa de lui jouer un morceau de violoncelle. Elle avait eu raison, il s'agissait bien là d'un musicien. Et c'était une chance car elle savait de quel luthier Nicholas parlait.

«Oui, on peut appercevoir le luthier d'où je m'installe.»

Elle songea quelques instant : un morceau joué pour elle seule, c'était un égard qu'elle n'avait jamais reçu.

«J'adorerais vous entendre jouer de votre instrument.»

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Nicholas De Saintcroix
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MessageSujet: Re: Quand les fantômes dansent (Joan Witham)   Sam 20 Déc 2008 - 1:43

Sans doute en avait-il fait un peu trop en lui donnant le titre de Dame Witham, quelle maladresse de sa part, toute fois dans toute sa gaucherie il put en apprendre un peu plus sur elle. Enfin, il ne fut pas si maladroit que ça tout de même, peut-être est-il légèrement nerveux en la présence de cette ravissante jeune demoiselle. Il apprit qu’elle n’était point marié, mais peut-être possédait-elle un petit ami? Un amoureux secret peut-être? Mais pourquoi tant de question de la part de notre musicien au sujet de la vie privée et amoureuse de Joan? Il vient à peine de la rencontrer, il ne connaît que son nom et son métier c’est tout. Toute fois, peut-être est-ce un peu de folie de s’amuser à s’imaginer qu’elle puisse être un peu plus qu’une connaissance. Folle jeunesse, jeune fou qu’est notre Nicholas. Oser s’imaginer qu’ils puissent être perçu comme un couple.

D’abord il ignorait ce qu’elle pensait de lui. Oh sans doute le voyait-elle comme étant un personnage maladroitement galant, ce qui est un peu étonnant lorsqu’on sait qu’il a principalement grandit avec des femmes. Il serait facile de croire qu’il possède une certaine habitudes de côtoyer la gente féminine, mais cependant il a l’habitude, justement, de côtoyer la gente féminine qu’il côtoie depuis quelques années! Et encore là, notre jeune rêveur fait parfois preuve de certaines maladresses, mais rien de bien grave. Heureusement qu’il possède un certain charisme naturelle, sinon il n’aurait rien en sa personnalité pour plaire à une gente demoiselle. Généralement ce qui choque le plus souvent ses consoeurs est son nom de famille, De Saintcroix! Oh certes cela sonne très noble, mais aussi très religieux. Avec un tel nom, il serait facile de croire qu’il fait parti de l’inquisition… ce qui peut jouer en son avantage, car l’inquisition n’a point tendance à soupçonner un homme portant un nom pareil de pratiquer la magie.

Enfin, il fit un bout de chemin avec Joan, portant le panier de celle-ci comme tout bon gentilhomme l’aurait sans doute fait pour sa noble dame. Ce qui était parfait c’est que le luthier était tout près de l’endroit où Joan sera, donc il lui sera facile de passer chercher son violoncelle et de jouer un morceau pour celle-ci! Lorsqu’elle lui dit qu’elle adorerait l’entendre jouer, Nicholas ne put s’empêcher de faire un beau, grand et franc sourire
.

-Alors pour vous Joan, les cordes de mon violoncelle chanterons!

Très expressif, ce dernier aimait jouer pour les autres, encore plus pour une si charmante personne. Il était bien avec cette jeune femme et savoir qu’il passerait un peu plus de temps en sa compagnie lui faisait nettement plaisir. D’ailleurs, durant un moment leur chemin devront se séparer, car voyez vous, l’endroit où elle va est juste là et le luthier… en face. Il lui redonna son panier doucement et puis la regarda.

-Je vais donc chercher mon instrument… et puis je vous reviens

Sur ce, Nicholas fit demi tours et se rendit chez le luthier. Dès qu’il vit le visage de notre aristocrate, ce dernier dit haut et fort le prénom de celui-ci et ouvrant les bras pour le serrer contre lui, Nicholas fit de même, sans mentionner le prénom du luthier évidemment. Il s’était tout simplement contenter de lui sourire.

Le regardant de la tête au pied, l’homme mûr pris la parole.

-Mais dis moi mon cher Nicholas, qu’a tu fais pour être aussi mouillé, t’est tombé dans la neige?

-Oh, c’est quasi ça, alors mon cher Normand, comment ce porte mon violoncelle?

Normand fit quelques pas pour se rendre derrière son comptoir et sortir la caisse contenant l’instrument de notre protagoniste.

-Comme neuf!

Nicholas pris donc sa caisse et paya Normand tout en le remercier gracieusement. Il s’agissait d’un bon ami de notre protagoniste, ce qui explique les familiarités lors de leurs dialectes. Ce dernier est a vrai dire le frère d’une personne qui fut au service de sa tante lorsqu’il était plus jeune, donc il a plus ou moins vu notre musicien grandir et nombreuse fois il a vu le violoncelle de ce dernier. Une cordes cassé la plupart du temps ou un problème au niveau d’une clef. Bref alors qu’il s’appétait à sortir, celui-ci l’interrogea sur la jeune fille, car ils les avaient bien vu ensemble. Ah ce cher Normand, il s’amusait à dire qu’il s’agissait de la fiancée de notre musicien bien qu’il eut affirmé le contraire et avoué qu’il la connaissait à peine. Toute fois, le tout fit tout de même rougir un peu Nicholas.

Il sortit donc et se dirigea vers l’établissement dans lequel Joan se trouvait. Ouvrant la porte, il balaya l’endroit des yeux pour finalement poser ses prunelles sur la jeune femme. L’apercevant, il rougit une fois de plus… avec un peu de chance cela passerait pour le froid. Il songeait toujours à ce que Normand lui avait dit, lui et ses sottises.


-Désolé si j’ai mis du temps… où puis m’installer pour ne pas vous déranger…

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Joan Witham
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MessageSujet: Re: Quand les fantômes dansent (Joan Witham)   Lun 29 Déc 2008 - 3:24

L'endroit où Joan s'affairait à la tâche était petit et misérable, il y faisait froid et la porte qui aurait dû être réparée il y a longtemps claquait dans le vent. Autrefois, cet endroit avait servi à son père. C'est là qu'il y faisait ses affaires et qu'il vendait les produits de son labeurs. Une époque malheureusement révolue. Joan n'avait pu le garder en état, mais au moins, cela lui permettait de coudre plus où moins à l'abris des intempéries. Mais tout cela serait bientôt terminé et elle en remerciait le ciel. La rouquine avait déjà déballé ces affaires : une nappe était dépliée sur laquelle se trouvaient d'un côté des mouchoirs brôdés qui, avec un peu de chance, prendraient bientôt propriétaires, des retailles de tissus, et d'un autre côté, des bobines de fil, une pelote à épingle, une paire de ciseaux, un découseur et un dé. Après avoir parti un petit feu dans l'âtre, Joan se départi de quelques couches de vêtements un peu trop incommodants pour travailler. Elle conserva néanmoins son bonnet, sa protection, par habitude plus que par froid. Elle entendit dans sa tête le souvenir de la voix de Catherine lui répétant de laisser ses cheveux à l'air, surtout pour un beau jeune homme. La jeune femme sourit à cette perspective, elle allait tirer cette voilette, quand la porte claqua. Nicholas était de retour, son violoncelle en main. Joan stoppa son geste, faisant mine de seulement replacer le bonnet.

Les yeux de son nouvel ami s'étaient illuminés quand elle lui avait dit qu'elle serait enchantée d'entendre quelque mélodie de sa part. D'un pas gambadeur, il s'était précipité chez le luthier. Joan était aussi excitée à l'idée qu'on joue d'un instrument aussi noble juste pour elle. Lors des noces de la Comtesse et du regretté Comte de Frauenberg, elle avait bien vu une horde de musiciens jouant des mélodies plus hamornieuses les que les autres, mais ils avaient joué pour le couple à l'honneur, uniquement pour eux. La populasse n'avait été là que pour remplir la salle. Mais en cette journée froide d'hiver, Joan Witham avait un musicien qui ne jouait que pour elle. Même toutes les comtesses, baronnes, marquises ou courtisanes de ce monde ne pouvaient en dire autant. Elles payaient pour avoir l'exclusivité d'une musique, alors que pour elle, elle était offerte par simple bonté. Son coeur palpitait encore de cette rencontre innoportune, mais qui s'était avérée si agréable et magique. Depuis si longtemps, ses allés et venues étaient si routiniers. Pour une fois que quelque chose différait et que ce n'était pas à cause d'un pseudo chasseur de sorcières ou d'un inquisiteur suspicieux.

Nicholas demanda où il pourrait s'installer pour ne pas la gêner. C'était amusant vue la taille de l'échoppe. Si Joan avait été de nature à plaisanter de façon familière devant des inconnus, elle aurait répondu «Au plafond!». Non pas par moquerie ou effronterie, elle avait réellement envie d'entendre le jeune homme jouer, et elle avait envie qu'il reste avec elle. Cette pensée, elle ne l'avait eue que parce que, comme elle, Nicholas était gêné et ne souhaitait pas déranger.


«Dans cet endroit restreint, installez-vous où vous pouvez, dit-elle en souriant, Peu importe l'endroit, je suis sûre que vous ne me gênerez jamais. Prenez tout l'espace qui vous est nécéssaire, je tarde de vous entendre.»

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MessageSujet: Re: Quand les fantômes dansent (Joan Witham)   Ven 9 Jan 2009 - 5:23

Un noble musicien privé d’une paysanne, on aura tout vu! En plus, vous savez quoi, elle ne le paie pas, il n’est point payé par qui que ce soit. Cet honneur qui est généralement réservé qu’aux riches et nobles que grâce au fait qu’ils ont la possibilité d’en engager un ou des musiciens est maintenant à la portée de la charmante rencontre qu’a faite Nicholas, Joan. D’ailleurs, pourquoi une paysanne n’aurait pas droit à un concerto privé, la musique est une chose qui devrait être accessible pour tous! Il s’agit là d’un art si magnifique, d’une forme d’expression si universel avec laquelle les mots deviennent superficiels. À travers la musique, Nicholas est capable de s’ouvrir entièrement, car ce dernier ne semble point posséder une plume poétique lorsqu’il souhaite démontrer verbalement l’état de son âme.

Non seulement il aurait la chance de vérifier le son que possède son instrument après les quelques réparations du luthier, ce dernier le fera devant une charmante demoiselle. Oh sans doute que pour la plupart des nobles protagonistes de ce monde, elle ne possède aucun charme, car elle est d’une classe inférieure, mais aux yeux de notre musicien elle n’est point une paysanne, elle est une femme, elle est Joan Witham et rien de moins. Sans doute se ferait-il juger si d’autres membres de sa caste le voyaient, mais il s’en moque complètement. Depuis sa rencontre, bien que cela date de très peu, il a su apprécier la compagnie de cette jeune femme. Et qui sait, il s’agira sans doute des derniers instants qu’il passera avec elle. Peut-être que cette rencontre sera la seule pour nos deux êtres, car bientôt elle sera au service de nobles. Plus il y pense, plus il trouve le tout triste.

Enfin, il n’est point le temps de sombrer dans la mélancolie, il est dans l’atelier de Joan pour lui jouer un morceau au violoncelle. Cherchant un endroit pour s’installer malgré la petitesse de l’atelier, Nicholas trouva tout de même une petite chaise en bois, certes vieille, mais elle paraissait être toujours solide. Prenant alors siège sur celle-ci, il sorti ensuite sont instrument pour le placer confortablement entre ses cuisses. Regardant avec un léger sourire aux lèvres la jeune femme, Nicholas ferma les yeux après un bref instant de contemplation. Doucement, progressivement, le silence ce laissa envahir par le chant grave de la première note. Peu à peu, le silence se transforma en une mélodie. Les notes hautes et basses vibraient magistralement dans le piteux endroit… enfin cela dépend de vos prunelles. Ici notre musicien n’y voyait pas la misère, il n’y trouvait pas les lambeaux, mais plutôt des souvenirs. Il ne serait vraiment dire d’où provenait tout ses souvenirs, l’endroit lui semblait familier.

Bref, jouant pour une muse, Nicholas caressait les cordes de son instrument à l’aide de son archet. Une mélodie douce et romantique. Malgré une certaine mélancolie dans la première partie du morceau, une lumière semblait progressivement apparaître alors que les notes devenaient de plus en plus hautes et vibrante. Il jouait à présent plus fort qu’au début et n’avait toujours pas ouvert les yeux pour regarder la réaction, à savoir connaître son appréciation du morceau par l’expression qui se dessinerait sur son visage, par le reflet de son regard.

Toute fois, comme tout morceau musical possède une fin, celui-ci ce termina sur une note s’étirant de plus en plus dans un long et gracieux vibrato. Une longue note, une fin gracieuse digne d’une mélodie jouée pour une femme. Sans doute est-ce trop cliché romantique de jouer une chanson à une muse, mais pourtant il s’agit là souvent des plus belles mélodies. Ses paupières se séparant finalement, les sombres prunelles de notre violoncelliste se déposèrent sur Joan. Avait-elle aimée, avait-elle détestée? Quelle sera sa critique. Il s’agit là d’une douce torture pour ce très cher Nicholas d’attendre une réponse de sa part. Peut-être n’aura-t-elle aucune réaction ne sachant point quoi dire ou faire. Tant de possibilité et pourtant seul le temps finira par lui donner la bonne réponse. Alors il attend que le temps passe, qu’il coule. Il la regarde, sans rien dire, car déjà bien qu’il n’ai prononcé aucune parole, il a beaucoup parlé en musique.

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MessageSujet: Re: Quand les fantômes dansent (Joan Witham)   Sam 10 Jan 2009 - 3:36

Nicholas joua de son violoncelle. Il joua les yeux fermés, emporté par la passion qu'il avait pour la musique. Les sons qui s'échappaient de la caisse de raisonnance étaient envoûtants, les graves étaient si doux, les aiguës, si passionnées. Et dans le tourbillon du chant des cordes si bien dressées par leur maître, Joan ne put que fermer les yeux à son tour. Elle n'avait jamais rien entendu de tel. Il était arrivé qu'elle entende des musiques d'orchestres, des musiciens ambulants jouant plus souvent de la guitare et des percussions que des instruments nobles tel que le violoncelle. Non, la musique qui avait été payée aux noces de la comtesse ne valait jamais celle qui lui était présentée en cette journée. Non seulement elle représentait plus d'un côté sentimental et émotionnel, mais elle était d'une qualité supérieure. Elle était jouée avec entrain et passion, aucune obligation ne commendait les notes qui se jouaient dans la modeste échoppe, et cela ne les rendait que plus belle. N'importe qui serait entré à ce moment aurait été subjugué. Oui même ceux pour qui la musique n'a d'ordinaire aucun effet. Il était simplement impossible de demeurer insensible à ce coeur mis à nu, parce que c'est bien ce que c'était.

Un sourire s'afficha sur la mouche de Joan, elle se sentait si bien à cet instant. C'était comme si plus rien n'existait au monde, qu'elle et Nicholas. Comme elle aurait voulu que ce moment ne finisse jamais. Elle se plut à penser qu'elle pourrait s'endormir pour toujours si seulement on lui promettait que les cordes du violoncelle chanteraient sans cesse pour elle en rêve, avec pour seul maître d'orchestre, Nicholas. Elle ne put songer à ce que quelqu'un d'autre ne joue pour elle. La complainte se termina dans une longue note que Joan ne pourrait jamais nommer. C'était d'ailleurs ce qui la séduisait tant dans la musique, le mystère. Tout cela, comment un bruit pouvait devenir si agréable à l'ouïe, pourquoi telles notes s'agençaient-elles bien et d'autres non, Joan l'ignorait, et elle ne voulait pas savoir, elle préférait apprécier sans se poser de questions. La musique était un plaisir dispendieux, où l'on apprenait à jouer, où l'on était à jamais dépendant de quelqu'un d'autre pour s'en délecter. Et Joan voulait en dépendre. Une idée traversa son esprit le temps d'une fraction de seconde : elle voulait dépendre de Nicholas, de sa musique. Elle eut honte de cette pensée... comme si cela pouvait arriver. Suivant cette idée, elle entendit le rire blessant de sa mère, se moquant de ses idées romantiques, et raillant toujours qu'une fille aux cheveux roux, si elle ne les cachait pas, n'était qu'une putain ou pire une sorcière... Pour la première fois, Joan réalisa à quel point elle avait eut tort toutes ces années de cacher ses cheveux. Parce qu'une sorcière, c'était bien ce qu'elle était. Mais cette fois, c'était elle qui était ensorcellée.

Joan ouvrit les yeux quand elle n'entendit plus un son. Nicholas avait déjà ouvert les siens, mais elle ne se senti pas gênée.


«Je n'ai jamais rien entendu de tel... Je ne connais pas beaucoup de choses à la musique; quelle était donc cette pièce que vous venez de me jouer? C'était si beau, j'ai adoré... Mais ne vous remettez pas à jouer, je ne pourrais plus vous laisser partir.»

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MessageSujet: Re: Quand les fantômes dansent (Joan Witham)   Dim 11 Jan 2009 - 1:22

La musique n’est pas aussi éphémère qu’on le pense, car l’écho de sa mélodie vibre toujours. Certes elle n’est point audible pour un publique nouveau, toute fois elle vie toujours dans l’esprit de ceux ayant entendu les cordes du violoncelle chanter sous la douce torture de l’archet. Le regard posé sur sa seule auditrice, qui d’ailleurs est plus importante aux yeux de Nicholas qu’un auditorium bien rempli, il se laissa bercer dans le silence en quête d’une réponse sans question. Certes, une réponse sans question semble être une chose bien étrange, mais cela devient compréhensible quand on sait que le musicien n’a point adressé le moindre mot à la dame à la crinière de feu depuis la fin de son solo. Donc, aucune question posé, toute fois il attend la réponse, la réplique, l’opinion, le jugement, appelez ce qu’il attend comme bon vous semble rien ne change le fait qu’il attend. Dans son moment de patience, il se rendit compte qu’il avait conquérait par sa musique l’attention de la couturière. Elle n’avait point progressé physiquement depuis la première note. En fait, oui, elle a fermée les yeux afin de porter toute son attention sur la musique.

L’avait-il charmé? Peut-être pas lui, mais que dire de sa musique? Le chant passionné de son violoncelle avait-il su teinter l’âme et le cœur de cette jeune femme? Il ne su rien de cela jusqu’à ce que les douces lèvres féminines ont prononcé la première syllabe. Elle fut tout à lui durant un instant, à présent alors qu’elle s’adresse à notre musicien, c’est lui qui devient tout à elle. Chaque mot qu’elle prononça, sa douce critique de sa musique, il y portait attention comme si il s’agissait d’une information vitale. Mais la critique de l’auditoire n’est-elle pas toujours importante pour les artistes? Oh sans doute, mais pourtant aucune critique ne lui a semblé plus importante que celle-ci. Elle n’a jamais rien entendu de tel lui a dit la muse tout en confessant ses faibles connaissances musicales. Elle a aimé, non adoré, car tel est le terme qui fut utilisé pour définir son appréciation. Elle eu même chercher à connaître le nom du morceau. Ce n’est pas qu’il ne veut pas lui dévoiler le titre, c’est que cette pièce est une improvisation et ne possède aucun nom.

Sans avoir compris les derniers mots prononcés par celle-ci le priant de ne pas jouer une seule autre note de peur de point pouvoir le laisser partir. Que voulait-elle dire par là? Notre sorcier l’avait-elle ensorcelé grâce à sa musique? Il s’agit d’une chose un peu ironique à dire tout bêtement comme ça. Toute fois, il devait tout de même lui répondre à présent, car elle lui avait tout de même posé une question et il est donc naturel par courtoisie de répondre à une question, non? Doucement, son regard perdu dans un tout autre univers où rien d’autre ne semblait exister hormis Joan, il sépara tranquillement ses lèvres.


-Elle ne possède pas de nom… malheureusement… car il s’agit d’une improvisation…

Il aurait voulu y ajouter « pour vous », car ce n’est que pour elle qu’il eut joué sa mélodie sans nom. Il aurait même pu lui donner pour nom « Joan », mais il eu peur de tomber dans un cliché romantique plutôt ridicule. D’ailleurs, qu’aurait-elle pensé de lui si il avait nommé sa pièce avec le prénom de la rousse? D’ailleurs, pourquoi cachait-elle sans cesse cette crinière? Toute fois, il n’osera pas demander, pas pour l’instant.

Déposant son violoncelle dans sa caisse avec son archet, il se leva et fit les quelques pas qui le séparaient de la paysanne. Bien qu’il ait détaché son regard d’elle durant l’instant où il déposa son instrument, il le replongea aussi tôt dans son univers perdu et isolé dès qu’il revit le visage de la rousse. Toute fois, craignant de se perdre dans une folie romantique, il détourna son regard vers les œuvres de son amie. Si lui-même ne comprend point ce qui le pousserait à embrasser cette folie, alors comment espéré qu’autrui puisse comprendre, qu’elle puisse comprendre. Il aurait sans doute rougis si il n’avait point trouvé un sujet à aborder.


-Alors… ceci sont vos créations?

Audacieux peut-être, il osa laisser ses doigts glisser sur le matériel de couture de Joan. Fasciné de voir à quel point des mains peuvent être habille de différentes manières. Alors que ses doigts possèdent le don de la musique, ceux de la jeune femme sont tout aussi créatifs à travers sa couture.

Plongé dans le silence depuis sa question, il contempla le tout et c’est alors qu’une idée folle lui est venue à l’esprit.

-Créez quelque chose pour moi!

Très soudain, très expressif, son regard alla se replonger dans les traits de la couturière. Il voulait quelque chose d’elle, quelque chose qui lui rappellerait cette rencontre à chaque instant où il le portera.

-N’importe quoi, un foulard, un pantalon, une veste, je veux une de vos confection Joan! Je veux acheter une de vos confections!

Sans doute est-ce une chose soudaine et surprenante pour elle, mais c’est qu’il s’agit d’une réaction qui déstabilise Nicholas lui-même. Il n’aurait sans doute jamais osé exiger quoi que ce soit normalement, car il n’est point un enfant gâté ayant été habitué à ce que ses moindres caprices soient exécutés. Il est normalement très silencieux et nullement capricieux, ce contentant de très peu, mais pourtant là c’est différent. Il ne s’agit point de haute couture, des vêtements les plus luxueux et élégant qu’il pourrait ce procurer, mais il le désir.

Il est un étrange fou notre Nicholas, être si soudain, il se surprend lui-même. Serais-ce la vieille dame plus tôt ayant tellement déstabilisé notre musicien qui serait la cause de tant de changement chez lui? Non, cela est bien ridicule, mais n’est-il pas déjà bien ridicule déjà notre Nicholas? A désirer une romance avec une paysanne, on pourrait croire qu’il s’agit d’un cliché romantique d’un amour impossible. D’ailleurs, il ne sait point ce qui le pousse à posséder en ce moment un si haute monté de romance et de fantaisie en lui. Certes, il rêve de trouver l’amour, mais tout de même. Il la connaît à peine. Quel genre d’homme pourrait être capable de tomber amoureux en un seul regard? Ce très cher Nicholas peut-être? D’ailleurs est-il vraiment amoureux ou tout simplement fou? Songer à tout cela le gêne, surtout lorsqu’il ce rend finalement compte de ses gestes depuis sa rencontre avec elle… ah ce fou de Nicholas…

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Joan Witham
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MessageSujet: Re: Quand les fantômes dansent (Joan Witham)   Dim 11 Jan 2009 - 4:01

Une improvisation?! Créer comme ça une mélodie aussi belle, en laissant seulement aller ses émotions, cela était très impressionnant. Ce moment resterait toujours dans sa mémoire. Il le faudrait bien, puisqu'une improvisation est l'affaire d'un instant, c'est un moment magique et il faut y être car même si on nous le racontait avec les plus beaux mots du monde, cela ne représenterait jamais exactement ce que c'était. Joan fut davantage touchée d'apprendre qu'elle serait la seule pour qui il avait joué ce morceau, que plus jamais quelqu'un d'autre ne l'entendrait. Et même si elle s'imaginait des fioritures romantiques en ce moment, même si tout cela ne subsisterait pas, s'il venait à jouer pour quelqu'un d'autre... une autre femme, peut-être... ce cadeau resterait le sien pour toujours. Mais Nicholas ne semblait pas être un charmeur jouant le numéro du garçon timide au violoncelle généreux.

Il y avait quelque chose en lui d'étonnament attirant. Oui, il dégageait du charisme, mais ce n'était pas ce qui suffisait à Joan pour être fascinée par quelqu'un. Non, vraiment, son aura avait quelque chose de particulier, tant qu'elle aurait voulu y toucher pour savoir enfin ce que c'était. Peut-être avaient-ils un point commun qui leur échappait mais qui les rapprochait sans le savoir. Une idée un peu saugrenue traversa l'esprit de la rouquine : et s'il était un sorcier?! Ce n'était pas complètement exclu. Par contre, elle n'avait jamais vu son visage dans une réunion de son clan... Ils étaient nombreux, elle ne pouvait tous les connaître. Mais les possibilités étaient nombreuses, s'il était sorcier, il pouvait aussi être du clan du Lys Noir. Mais la probabilité était bien plus grande qu'il ne soit rien de tout cela, simplement un noble, un habitant, quelqu'un qui vivait sa vie sans les complications liées au fait d'être sorcier. Peut-être que ce qui l'attirait chez lui était tout simplement le fait qu'elle le sentait seul comme elle l'était elle-même. Mais il était tout de même normal qu'en tant que sorcière, elle puisse se demander si un interlocuteur qu'elle ne connaissait pas puisse être un sorcier, même si cela impliquait le fait qu'il puisse également être sorcier du Lys Noir. Après tout, contrairement à plusieurs sociers et sorcières de son clan ou de l'autre, elle ne nourrissait pas de mépris ou de rancoeur pour le clan rival. Elle trouvait cela en fait, plutôt malheureux, car les sorciers et sorcières étaient divisés au moment où ils avaient le plus besoin d'être ensemble. Mais Joan décida de ne plus y songer. Pour le moment, elle n'était qu'une femme face à un homme, et chacun se faisait du charme à tour de rôle. En se détachant de la situation, celle-ci semblait plutôt amusante.

Puis il posa les yeux sur son matériel de couture, comme si cela avait quelque chose de vraiment intéressant. Joan fut surprise de l'empressement avec lequel il demanda à ce qu'elle lui créé quelque chose, promettant qu'il la paierait. Foulard, pantalon, veste... Tout cela était bien beau et Joan avait évidemment la capacité de le faire, mais ces suggestions lui semblait superficielles. Combien de personnes porteraient ces même pantalons, vestes et foulards. Pas exactement les mêmes, évidemment, mais le même modèle préconçu, sans personnalité. Comme il lui avait commandé une création quelconque, n'importe laquelle, Joan avait carte blanche et elle espéra que son idée lui plairait.


«Je vais vous broder quelque chose.»

La broderie, il n'y avait que ça qui pouvait rendre quelque chose de bien personnel. Joan fouilla dans le fond de son panier. Enveloppés dans un morceau de tissus blanc se trouvaient trois mouchoirs dans la forme d'un carré parfait et faits de soie. Ils étaient les morceaux les plus précieux que Joan possédait. L'un était rose, l'autre bleu pâle et le dernier était blanc. Elle choisit celui-là.

«Si vous voulez bien patienter, cela prendra un peu de temps et ce sera sans doute bien moins intéressant de me regarder broder que cela l'a été de vous entendre jouer, mais j'espère que cela vous plaira.»

Sur ce, Joan coinça le mouchoir dans son anneau à broder et se mit à la tâche. Elle ignora combien de temps cela lui prit, mais le résultat s'afficha : un violoncelle et une note de musique, ainsi que deux lettres, rondes, personnalisées, artistiques, JW, sa signature. Quand tout fut terminé, elle tendit le mouchoir à Nicholas en espérant que cela lui plairait.

«Si vous l'aimez, je vous l'offre.»

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Nicholas De Saintcroix
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MessageSujet: Re: Quand les fantômes dansent (Joan Witham)   Mer 14 Jan 2009 - 4:08


Il ne peut s’empêcher de sourire lorsqu’elle accepta de lui créer quelque chose de ses mains. Nicholas désirait absolument quelque chose fait par elle pour lui, cela aurait pu être n’importe quoi, car l’objet en question n’avait point d’importance comparativement à la signification qu’il aurait pour notre violoncelliste. Il agissait sans doute tel un enfant gâté, un capricieux et il en avait un peu honte en réalisant tout cela. Toute fois, d’un tout autre côté, il souhaitait absolument l’avoir et il aurait un peu idiot de sa part de ne pas saisir ce qui est sans doute sa seule et unique chance de convoiter un œuvre de Joan! Alors qu’il aurait aimé n’importe quoi, elle lui proposa de lui broder quelque chose. La broderie, l’art de rendre un morceau de tissue unique, de personnaliser le tout. Notre musicien ne pouvait qu’être ravis de cela et pu sentir son âme se remplir d’une étrange joie qu’il n’avait ressentit depuis bien longtemps.

Notre protagoniste n’aurait su exprimer le tout autrement que par le chant de son violoncelle, toute fois, Joan lui avait prié de ne pas jouer un autre morceau. Alors comment exprimer ce sentiment? Il ce contenta de garder le tout pour lui et d’afficher qu’un très banal sourire et rien de plus. Bien qu’il trouvait cela très peu suffisant, que pouvait-il bien faire de plus, il n’est point suffisamment poète pour lui dire en parole. Bien qu’il soit un aristocrate, cela ne signifie aucunement qu’il possède la plume littéraire de ceux-ci. D’ailleurs, cela est un peu un cliché, voir même un préjugé de dire que la noblesse possède tous un sens de la poésie, car sans doute la plupart des grands poètes ne sont nullement de cette caste! Enfin, les préjugés hantent bien ce monde comme des spectres voyageant d’une bouche à l’autre, d’une génération à une autre.

Heureusement pour lui, il avait échappé à ceux sur les sorcières… enfin… disons plutôt qu’il n’est point devenu comme les hommes de l’Église avec leur philosophie que les sorcières sont des créatures démoniques venu de l’enfer, des monstres, fils de Lilith! Car si Nicholas devait penser ça des sorcières, c’est qu’il ce considère comme étant un monstre et non un Homme. D’ailleurs son amie, son vis-à-vis, que pensait-elle des sorcières? Connaît-elle leur existence ou même a-t-elle déjà entendu parlé d’elle. Il est même peut-être fort probable que pour elle le mot sorcière n’est qu’une fantaisie, une histoire que l’on raconte aux enfants pour leur faire peur la nuit et rien de plus. Mais il ne peut omettre la possibilité qu’elle en soit une elle aussi, peut-être pas suivante de la meneuse du Lys Noir, mais d’Olrun. Certes cela était tout de même peu probable puisque la population de sorcière en cette cité, même en générale, est plutôt très minoritaire comparativement au reste de la populace. Nicholas ne pouvait déterminer avec certitude le tout, car étant qu’un apprenti, il ne possède nullement l’expérience et la sagesse d’une aguerrie.

Ne pouvant écarter aucune possibilité, il préférait ne pas vraiment y songer. Si elle devait une sorcière, alors cela leur ferait un point en commun, cependant si elle était d’Olrun… peut-être sa perception du Lys Noir n’est point positive. Si ça ce trouve, peut-être leur relation ne sera plus la même si cela fini par ce faire savoir, mais bon… notre musicien n’en dira rien. De plus, il est naturel pour lui de ne point en parler, cela n’est pas uniquement dû au fait que la meneuse du Lys, le Lys tout simplement, ne tient pas à ce qu’on en parle publiquement à des étrangers. Certes, bien qu’il se sente parfaitement bien à ses côtés, il la connaît que très peu. Alors afin d’éviter toutes ennuies, silence est le mot d’ordre.

De plus, dès qu’elle eu débuté la conception de sa broderie, celui-ci fut tellement fasciné de voir ses doigts habilles de la couturière broder magiquement. Elle est une véritable artiste, elle possède les doigts les doigts de Pénélope, épouse d’Ulysse de l’Odyssée. Magnifique broderie qui se créer devant les yeux brillant et attentif de notre musicien. Toute fois, il souhaite ne point la voir détruire son œuvre une fois la nuit tomber pour recommencer le lendemain… sauf si cela signifie qu’il a le droit de venir dans l’atelier la voir broder encore et encore. Étrange image romantique, notre noble ne put s’empêcher d’imaginer un demain où elle ferait sa couture et ses broderies et où il serait là non loin d’elle à jouer de son violoncelle. Toute fois cela n’est rien de plus qu’un instant de folie romantique que l’on retrouve uniquement dans la littérature la plus romanesque. Magnifiques histoires, amour éternel dès le premier regard… est-ce que cela existe réellement?

Jeune fou sans expérience, musicien à l’esprit voyageur, pourquoi rêve t-il d’une histoire romantique avec elle? Certes elle est magnifique, il se sens naturellement attiré par elle sans pouvoir expliquer pourquoi. Il y a quelque chose de bien plus profond que son doux visage que si Dieu existe, lui seul sait le nombre de magnifique visage que tu as rencontré au cours de ton existence mon ami. D’ailleurs, chez une femme ce n’est point l’enveloppe charnelle qui séduit notre musicien, mais l’âme de celle-ci. Et son âme, a elle, Joan Witham, elle possède ce fameux « je ne sais quoi ». Il est probable qu’elle soit, à regret, que de passage dans l’existence de notre musicien, un protagoniste éphémère présent que durant deux scènes des trois actes de leur histoire. Après aujourd’hui, qu’adviendra-t-il d’eux? Lorsqu’elle aura fini son œuvre et qu’il la prendra, que ce passera-t-il par la suite?

Brusque sortie de son univers par la douce voix de Joan lui disant que la broderie est terminé, il releva le regard afin de regarder les prunelles de la jeune femme. Le temps avait bien passé… il faisait un peu plus sombre dans l’atelier… l’heure exacte, il en avait pas la moindre idée, cependant il n’avait vu aucune personne entrer dans l’établissement depuis qu’il c’est installé ici avec la couturière... à croire que l’atelier est quasi devenu un lieu à fantômes.

Tien voilà ses souvenirs! Il est déjà venu ici avec sa tante étant plus jeune! Cela a sans doute du faire un peu marré le bon vieux Normand voyant que notre violoncelliste allait là. Comme par le passé, alors que sa tante venait chercher le violoncelle de Nicholas et ensuite allait chez la couturière sans doute pour faire réparer des vêtements. Alors il était donc déjà venu ici… avait-il déjà vu Joan? C’est tout en prenant l’œuvre de celle-ci, sa magnifique broderie qui ne pu que faire sourire notre musicien, qu’il la regarda et s’adressa à elle.

-Dite moi… si ce n’est pas indiscret… seriez vous la fille de l’homme qui avait cette atelier il y a de cela environ une dizaine d’année? Je sais que cela peut vous sembler un peu fou… mais je suis certain d’avoir déjà vu votre visage… avant aujourd’hui…

Si c’était le cas, il espérait tout simplement ne pas avoir éveillé de mauvais souvenir chez Joan, il s’en voudrait tellement si c’était le cas… mais il souhaite tellement en avoir le cœur nette. Sans doute est-ce cela, ou en partie, la cause de la chimie entre nos deux protagonistes.

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Quand les fantômes dansent (Joan Witham)

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