Les flux déréglés n'étaient pas seulement un empêchement à l'enfantement, ils étaient aussi le symptôme d'une affectation parfois plus grave. Mais Joan ne connaissait pas tous les secrets permettant de régler un tel problème. Elle savait que la sauge était un excellent remède pour augmenter la fécondité des femmes, mais est-ce que cela était vraiment efficace devant un tel problème? Elle n'en savait trop rien. Mais lorsque la jeune bourgeoise pris ses mains dans les siennes en la suppliant, elle sursauta. Elle ne s'était pas attendue à un contact physique. Les yeux de la femmes étaient remplis d'un désespoir qui sema le doute dans l'esprit de Joan. Peut-être était-elle bien sincère?! Mais comment le savoir : elle était une nouvelle venue bourgeoise de plus, qui avait accroché une paysanne dans la rue à tout hasard... Des femmes capables de concocter des potions guérisseuses, il y en avait partout, même à Paris. Il était donc curieux que cette jolie demoiselle ait attendu jusqu'ici pour demander de l'aide. Quoique, peut-être que de cette façon elle se cachait de sa famille. C'était une possibilité.
«Je ne voulais pas vous insulter. Mais ce que vous me dites, normalement, on le sait seulement après expérimentation. Vous savez, cela ne veut pas forcément dire que vous ne pourrez pas avoir d'enfants. Même que parfois, les femmes qui ont ce genre de dérèglements et qui veulent empêcher la famille ont plus de difficultés, ne reconnaissant plus les temps féconds des temps stériles.»Mais les yeux de l'inconnu curieuse étaient de plus en plus désespérés et insistants et ses mains serraient celles de Joan davantage. Évidemment, la paysanne ne pouvait savoir qu'en fait la jeune femme s'accrochait à une quelconque révélation qui pourrait la condamner. Elle avait joué la comédie depuis quelques heures déjà et elle voulait sa récompense.
«Mais je peux comprendre que vous soyez inquiète... Ces choses-là sont imprévisibles.»Joan allait prendre un risque. Un risque énorme. Peut-être cette femme disait-elle la vérité, peut-être pas... Mais si il s'agissait de la première option, la rouquine se sentirait coupable de ne pas l'avoir aidée. Voilà pourquoi elle pris un risque. Elle se leva tranquillement. Ramassant son panier et replaçant son châle d'une façon assurée, elle se pencha ensuite vers la blanchâtre femme, faisant mine de ramasser ses baies restées sur la tables, elle murmura à son interlocutrice :
«Si rien ne fait au moment où il le faudra... Des bruits courent que la sauge aiderait bien des femmes. Je ne veux rien recevoir de vous.»Puis Joan se redressa, elle salua gentimment la damoiselle qu'elle ne souhaitait plus jamais revoir. Elle sorti de l'établissement, en direction de chez elle. Elle avait même laissé les fruits sur la table. Il serait faux de dire que, sur le chemin du retour, Joan ne regretta pas le risque qu'elle avait couru.
[J'ai fait un lien avec ce RP et le scénario Insiquitio. Athénaïs la rouge est venu perquisitionner chez mon personnage et l'inquisition tient mon personnage à l'oeil... alors c'est 1 à 0 pour Prae lol!]