
« C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière » (Edmond Rostand) |
| | Appartement d'Alicia - L'Alcôve de Glace | |
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| Auteur | Message |
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Alicia Meneuse du Lys Noir


Inscrit le : 18 Nov 2006 Messages : 1448 Informations Personnage Âge: 26 ans Titre: Noble
 | Sujet: Appartement d'Alicia - L'Alcôve de Glace Ven 13 Juin 2008 - 23:56 | |
| La pâleur uniforme du ciel, lividité réfléchissant le linceul immaculé d’une âme si pure, se plissait des froissements de l’honneur de l’âme sœur, s’épaississant d’ombres, s’emplissant de rage et de mélancolie. La noirceur des yeux meurtris s’imprégnait dans les volutes célestes tournoyantes, y laissant de ci de là des larmes glisser le long des feuilles encore tendres du grand saule, avant de venir s’éclater froidement sur le rebord de la fenêtre. Derrière les carreaux luisait le teint blafard de la Belle Ombre, ses yeux humides rivés sur le dôme éternel, de nébuleuses circonvolutions s’échappant en de las soupires de ses douces lèvres légèrement tremblantes. Son porte-cigare argenté pendait entre ses doigts gantés de velours noir au bout d’un bras ballant d’épuisement.
Oui, Alicia ce jour là était fatiguée, mentalement exténuée. Cette querelle avec la tribu d’Olrun prenait plus que jamais un tour funeste, la guerre était désormais sans aucune pitié ! Alicia aurait pu regretter ce tournant qui lui coûtait si cher à présent, mais la vérité était qu’elle avait trop de foi en le Lys Noir, trop d’honneur en ces sœurs et de dignité en elle-même pour faire le moindres pas en arrière. Peu importait à présent jusqu’où irait le combat, le Lys Noir était l’avenir.
Le retour de l’enterrement s’était fait dans un silence de mort. Les mots du prêtre, comme ceux du Vicomte et d’Alicia résonnaient encore dans les esprits. Mais l’esprit lattant le plus malheureux à l’heure actuelle devait sûrement être celui du Comte. L’image de son visage croisant son regard était gravée sur la rétine d’Alicia, elle en était sûre, il s’était passé quelque chose de très fort à cet instant, et ça lui faisait très peur. Une flamme insolente et infiniment brûlante avait étincelé si fort en elle, elle se demandait s’il en était de même pour le Comte… Non sûrement pas ! Il ne fallait pas…
L’alcôve brumeuse voyait sa luminosité tamisée de la fine ombre projetée par la silhouette d’Alicia à sa fenêtre, il y régnait un calme prenant, on pouvait entendre chaque goutte de pluie s’écrasant contre le carreau, ainsi que des prières catholiques en l’honneur de la Comtesse s’élevant discrètement d’une chambre voisine. Puis, brisant le silence lourd d’un Château endeuillé, des bruits de pas se rapprochèrent... Au claquement au sol, il s'agissait de bottes, à l’allure gracieuse et assurée elle le savait grand et Noble, compte tenu de la situation et de la fonction de cette aile du château il s’agissait à coup sûr… On toqua à la porte :
"La porte est ouverte Vicomte…" _________________
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|  | | Adrien D'Hasbauer Sage d'Olrun


Inscrit le : 02 Juil 2007 Messages : 403 Informations Personnage Âge: 31 ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Appartement d'Alicia - L'Alcôve de Glace Lun 16 Juin 2008 - 19:42 | |
| La cérémonie s’était déroulée comme devait se dérouler une cérémonie de cette sorte, dans un silence mortuaire, dans un immense respect pour la défunte et pour ses proches. Les mots qui avaient été prononcés furent justes et d’une banalité relative à tous évènements de cette sorte… Pourtant, au-delà de l’enterrement lui-même, Adrien avait reporté son attention sur une personne en particulier. Cette personne était la principale victime de ce décès prématuré de la Comtesse, et elle n’était autre qu’Alicia de Sarrebourg. Le Vicomte n’avait plus à s’occuper de quoique ce soit pour la fin de cette cérémonie et quelque chose l’avait interpelé, quelque chose lui avait mis en tête d’aller parler à cette jeune femme lorsque l’enterrement serait terminé. Pourquoi, il ne le savait pas. Par contre, il se doutait fortement que c’était lié à son caractère parfois trop avenant… Il savait également que nombre des personnes du Lys Noir pensaient qu’Olrun était derrière cette infamie mais ce n’était pas le cas, quoiqu’il en soit, ce n’était pas de cela qu’il allait parler avec elle, même si cela serait un prétexte pour elle pour ne pas le voir.
La cérémonie s’acheva et tout le monde regagna en silence le château endeuillé. Rien ne serait fait aujourd’hui, ni à l’intérieur, ni à l’extérieur, car si les esprits étaient marqués du deuil, le ciel, lui-même semblait vouloir pleurer la perte de la Comtesse et interdisait toute idée de promenade sous peine de revenir sous une averse imprévue mais pourtant menaçante. Mais peu importait pour Adrien, après tout sa destination n’était pas à l’extérieur du château et comme le deuil le libérait de quelques affaires remises au lendemain, il s’occupa de quelques menues tâches avant de prendre la direction de l’aile de l’édifice qui abritait les appartements du Comte et de ses proches. Aile dans laquelle il résidait personnellement mais à l’heure actuelle, il ne se dirigeait pas chez lui. Non, ses pas le conduisirent directement aux Appartements de la Meneuse, une ennemie, mais dans le cas présent, une simple jeune femme qui venait de perdre sa sœur.
Alors qu’il frappa quelques coups légers, une voix résonna dans la pièce attenante. Ainsi donc elle l’avait reconnu. Légèrement surpris, il ouvrit la porte doucement et fit un petit pas à l’intérieur du domaine d’Alicia.
« - Je ne voudrais pas vous déranger mais je voulais vous présenter personnellement mes sincères condoléances pour la mort de votre sœur. »
Si l’on considérait leurs camps respectifs, ces propos pouvaient paraître extrêmement surprenants, surtout si Alicia pensait dur comme fer qu’Olrun était derrière tout cela. Mais il y avait quelque chose dans la voix et dans le regard du Vicomte qui rendait ses paroles aussi sincères qu’elles l’étaient vraiment. Après tout, à la connaissance d’Adrien, le Clan d’Olrun n’était derrière aucun meurtre. _________________
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|  | | Alicia Meneuse du Lys Noir


Inscrit le : 18 Nov 2006 Messages : 1448 Informations Personnage Âge: 26 ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Appartement d'Alicia - L'Alcôve de Glace Lun 16 Juin 2008 - 21:53 | |
| Le regard toujours figé sur un ciel en révolution, Alicia n’était que de moitié présente dans le plan de réalité qu’Adrien D’Hasabauer mandait. Elle entendait la porte s’ouvrir, elle entendait son léger grincement lent et avenant, un bruit de pas léger peut-être méfiant ? Elle n'entendait pas la porte se refermer. Elle percevait la voix qu’elle avait déjà entendue quelques heures auparavant…
« Pour ma sœur ? Oui biensûr ma sœur… Merci... »
Son souffle apposait une buée éphémère sur le carreau. Elle ferma lentement les yeux, comme pour se recentrer sur la présence exceptionnelle qui avait investi le lieu, laissant couler une fine et délicate perle glissant le long de sa joue avant d’être bue par le velours de sa main replaçant convenablement une mèche capricieuse.
« Je vous en prie Vicomte, approchez. Mais avant n’oubliez pas de fermer la porte, je vous en serais grée… Certains courants d’air passe si vite, vous coupant le souffle aux poumons… »
La belle jeune femme se retourna enfin, fixant son regard émeraude, un peu fatigué, sur celui vert d’eau d’Adrien. Son sentiment était présentement mitigé… Un Sorcier, de la tribu qui causerait probablement la perte d’Alicia et qui venait déjà de lui prendre sa sœur, se permettait de se présenter aux appartements de la Meneuse pour lui présenter ses « sincères condoléances » ? C’était pour le moins cocasse non ? Pas pour Alicia.
Mais paradoxalement, Alicia ne trouvait chez Adrien aucun air de provocation, il semblait même assez franc, voir compatissant. Comme il l’avait été durant la mise en tombeau de la Comtesse… Oui comme il l’avait en vérité toujours été. Il semblait si différent de ses frères et sœurs de tribu. Lui ne semblait pas vouloir juger. Alicia l’avait en fait toujours évité de par sa relation légitimement fusionnelle avec sa femme Elizabeth qui, elle, était la quintessence même de la pensée de la tribu d’Olrun et qu’Alicia ne pouvait désormais plus supporter. Adrien lui semblait distant de tout ça, les yeux sur le seul groupe auquel il semblait vouloir réellement appartenir : l’Humanité. Son regard rassurait Alicia, car elle n’y voyait alors plus l’hypocrisie dans laquelle tous ici devaient nager, son regard sur elle était un répit. Sa sagesse émanait de sa stature, Alicia sentait subitement qu’elle pourrait peut-être ouvrir un peu plus son âme à cet être à part.
Elle se déplaça de quelques pas pour indiquer à Adrien la petite table basse autour de la quelle deux modestes fauteuils de bois et de velours se faisaient face. Elle s’installa gracieusement sur un, rallument l’une des trois bougies éteinte alignées sur la table avec une seconde.
« Vous… Vous savez ce que cet acte impardonnable me laisse supposer quant à ses acteurs ? Je ne voudrais en aucun cas paraître désobligeante Vicomte, mais comprenez que votre visite peut sembler déplacée vis-à-vis de certains codes de votre propre tribu. »
Alicia voulait implicitement connaître les motivations du Vicomte pour qu’il vienne jusqu’ici pour lui présenter une nouvelle fois ses condoléances. Non pas qu’elle l’eut cru particulièrement intéressé mais elle s’interrogeait... _________________
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|  | | Adrien D'Hasbauer Sage d'Olrun


Inscrit le : 02 Juil 2007 Messages : 403 Informations Personnage Âge: 31 ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Appartement d'Alicia - L'Alcôve de Glace Mar 17 Juin 2008 - 20:42 | |
| La situation était étonnamment surprenante, du moins, pour un certain type de personnes. Beaucoup y verraient seulement un homme venir présenter ses condoléances à une jeune femme rongée par le chagrin, mais ceux qui connaissaient l’existence des Sorciers et des Sorcières pouvaient y voir quelque chose d’incroyable… La Meneuse et un Sage d’Olrun, face à face, dans la même pièce, s’adressant la parole. Bien sur, l’aile du château était déserte, ce qui favorisait grandement le secret de cette rencontre. Adrien n’attendait rien de cette entrevue, si ce n’est d’en apprendre un peu plus sur cette femme qu’il connaissait mais qui, paradoxalement, était une inconnue pour lui. Il savait que si cela se savait, sa femme lui en voudrait énormément de ne pas lui en avoir parlé, mais il avait décidé cela sur un coup de tête, jugeant le moment opportun, et bien décidé à ne pas le laisser passer. Alors qu’il regardait Alicia qui lui faisait dos, il s’était contenté de rester droit, stoïque, prêt à partir si elle le lui demandait sur le champ. Pourtant, ce ne fut pas le cas. Elle le pria d’approcher, tout en lui rappelant de fermer la porte à cause de mauvais courants d’air. S’exécutant, il ferma doucement la porte, de la même manière qu’il l’avait ouverte et s’approcha lentement vers la jeune femme aux yeux vert émeraude.
Cela venait maintenant de commencer… Quoi ? Une sorte de conflit verbal dont l’issue permettrait peut-être au Vicomte de faire comprendre à la Meneuse que les apparences étaient bel et bien trompeuses et qu’Olrun n’avait rien à voir dans l’assassinat de sa sœur. Indéniablement, il était évident que la Tribu avait du trouver une réponse à fournir pour la mort d’Elena, mais en y réfléchissant bien, elle n’était pas capable de tuer même pour la vengeance.…. Voila de quoi était capable le Lys, mais pas Olrun. Quoi qu’il en fût, il n’y avait pas de raisons de ne pas jouer franc-jeu en ce moment et Adrien suivait ce principe à la lettre. Dénué de faux semblants, laissant de côté les mensonges qu’il haïssait avec véhémence.
Voila pourquoi il s’était livré sans sourciller au regard de la Meneuse. Après tout, lorsque l’on n’a rien à cacher ou à se reprocher, il n’y a aucune raison de craindre le regard de l’autre. Et s’il s’écoutait, il en aurait même pensé que le regard émeraude d’Alicia avait une teinte très agréable à l’œil, un regard charmant mais qui comme l’océan peut devenir noir et dangereux en un instant. Et comme un marin averti, Adrien devrait manœuvrer avec prudence pour ne pas chavirer et boire la tasse, une tasse qui pourrait lui être fatale. Et alors que la jeune femme se déplaçait vers une table basse avant de s’installer sur un fauteuil, il s’avança lui aussi prenant place alors qu’elle rallumait une bougie. Les paroles qui éclatèrent le silence de la pièce étaient celles qu’il attendait, munies de leur propre logique… Adrien continua à poser son regard sur Alicia, son regard vert d’eau plongé dans l’émeraude du regard de son interlocutrice.
« - Je suis ici avant tout en tant qu’homme de ce château, et non comme l’homme de cette Tribu dont vous parlez. Je voulais m’assurer que vous supportiez le poids de cette nouvelle, et n’y voyez là aucun plaisir malsain, je suis également affecté par la mort de votre sœur. Mais je viens également dans un but secondaire bien précis. Et c’est celui-là même qui fait que ma rencontre n’est pas si déplacée qu’elle n’y parait. »
Il marqua une pause, puis reprit, sans quitter Alicia du regard. Il allait jouer franc-jeu.
« - Malgré les apparences, je ne crois pas qu’Olrun soit impliqué dans l’acte impardonnable qui a été commis. Personne n’a le droit de vie ou de mort sur personne et nous sommes surement les derniers à penser avoir recours à une telle infamie. »
Il n’y avait là qu’une petite allusion à la mort d’Elena, mais rien de bien méchant. _________________
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|  | | Alicia Meneuse du Lys Noir


Inscrit le : 18 Nov 2006 Messages : 1448 Informations Personnage Âge: 26 ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Appartement d'Alicia - L'Alcôve de Glace Mer 18 Juin 2008 - 10:40 | |
| Les Cendres du tabac d’Alicia tombaient dans le cendrier de pierre taillée, au bout de la tige scintillante qu’elle tapotait légèrement d’un doigt de la même main, poudre de feu fumante, dispersant des filets nébuleux et alambiqués entre Adrien et la jeune femme. Adrien se disait ici comme homme du château et non homme de tribu, mais Alicia, tout comme lui, savaient parfaitement qu’aux yeux de la tribu d’Olrun, cette différence était infime si ce n’est inexistante, surtout dans le cas présent. Il s’exposait à des représailles bien singulières mais ne semblait en avoir froid ! Alicia pouvait en vérité s’y retrouver un petit peu et ça la fit gentiment sourire. Elle entendait même un rythme étrange débuter en son esprit, une mélodie aux paroles encore indistinctes qui allait se jouer de plus en plus fort…
« Pour ce qui est de la Mort de ma sœur ce n’est qu’un coup de plus, un peu plus fort, mais les yeux toujours plus asséchés, je me relèverais, non pas uniquement par et pour moi. Voilà à présent plusieurs années que le Lys Noir a commencé sa quête, il faut la continuer, et mes sœurs seront là pour moi comme je me dois d’être là pour elles… »
Adrien annonça alors qu’il y avait bel et bien un second objet à sa visite comme le lui avait suggéré Alicia. Il marqua alors une pause qui agit comme un puissant intensificateur, leurs regards plongés l’un dans l’autre s’assurant d’une véracité qui semblait à présent certaine. Et évidemment il s’agissait de ce qu’Alicia redoutait le plus : assurer l’innocence de sa tribu. L’objectif était louable mais l’argumentation risquait fort d’être peu convaincante pour la Meneuse qui se raidit très légèrement… Puis lorsqu’il évoqua ce « droit de Vie ou de Mort » Alicia sentit un pincement au cœur qui s’intensifia encore alors qu’il évoquait implicitement la Mort de l’une d’entre eux. Alors lui aussi désirait la juger finalement ? Personne n’avait la capacité de comprendre ? Biensûr cette perte était horrible, mais elle était une réponse qu’Alicia comme tout son clan avaient considérée comme à la hauteur de l’insulte directe lancée, et c’est dans ce sentiment d’avoir agit avec la totale ratification de son clan et en son nom, que la Meneuse ne sentait aucunement le poids de la culpabilité. Malgré tout, Alicia ne se sentait que peu offensée, car au moins il en allait d’une pensée franche.
« Vicomte, ce que je vais vous dire, prenez le comme les paroles d’une folle mystique pensant pathétiquement avoir trouvé une révélation sacrée dans les chemins de la folie – et c’était hélas là pour beaucoup de sorcières d’Olrun la pensée suivie, Alicia espérait que ce n’était pas celle d’Adrien – ou bien ceux d’une femme ayant simplement détourné son chemin de celui de sa tribu initiale après y avoir connu des secrets lourdement fermés et ô combien révoltant : »
Le vacillement des petites dames de feu faisait danser des lueurs plus vives encore à présent que le ciel était d’un noir d’encre.
« Vous ‘‘croyez’’ que la tribu d’Olrun est innocente et ‘‘surement’’ incapable de tels actes… Et c’est là tout son pouvoir. De tout temps, toutes les tribus ont due, généralement par nécessité, avoir recours à des actes sombres, très très sombres… Croyez-moi pour y avoir siégée parmi ses hautes dignitaires (et il ne m’en revient aucune gloire), la tribu d’Olrun aussi a ses secrets. Mais alors que le Lys a convoqué tout ses membres pour prendre une décision en son nom, Olrun préfèrera une réunion à quatre sièges en prenant une décision non signée si vous suivez ma pensée… Je ne souhaite pas vous faire renier tout votre honneur à l’appartenance de votre clan. Juste, peut-être, vous ouvrir un peu plus les yeux sur le fait qu’il ne suffit pas de s’orner d’une colombe aussi blanche qu’un ciel d’hiver pour n’être que pureté sans vice. »
Sa pensée véritable était avouée, de façon très calme et en rien agressive ni méprisante mais elle était dite, puisqu’il fallait jouer franc jeu… Sûrement perdrait-elle toute crédibilité à présent, mais elle se devait de répondre comme son cœur le lui dictait alors qu’Adrien venait de faire de même. _________________
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|  | | Adrien D'Hasbauer Sage d'Olrun


Inscrit le : 02 Juil 2007 Messages : 403 Informations Personnage Âge: 31 ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Appartement d'Alicia - L'Alcôve de Glace Mar 24 Juin 2008 - 12:52 | |
| Cette discussion était de par sa simple nature, ou plutôt celles de ses protagonistes, une conversation plus que tendue. L’heure était venue de jouer de la diplomatie et de la rhétorique avec une agilité hors du commun, la moindre erreur ou maladresse étant plus que sanctionnée. Même pour Adrien qui avait pourtant l’habitude de ce genre de situation où l’erreur n’était pas permise, le cas présent n’avait rien de commun aux autres et restait une exception qu’il n’avait jamais vécue. Voila pourquoi il restait calme, et avait opté pour une sincérité sans détour, une manière de ne pas avoir à se soucier de l’invention et du maintien de mensonges avancés de ça et là dans la discussion. Toutefois, s’il y avait moins à réfléchir sur ce plan, la vérité avait une fâcheuse tendance à être parfois âpre et douloureuse lorsqu’elle était utilisée telle quelle, brute et sans coffrage. Là résidait la difficulté de cette entrevue, parler sincèrement, avec des mots reflétant la réalité mais assortit d’atours qui les rendaient moins agressifs, ou plutôt avec des mots dont on ne pouvait pas faire l’erreur de croire qu’ils étaient dotés d’un sens mesquin.
Toutefois, cette agitation sous-jacente ne se reflétait pas sur le visage serein d’Adrien. Avec les années, il avait su se faire une sorte de masque qui reflétait ce que tout le monde disait de lui, un homme calme, au sang-froid incroyable et à la patience infinie. Ils se trompaient, tous autant qu’ils étaient, mais ça, ils n’avaient pas à le savoir. Car si Adrien était doué pour maîtriser ses émotions, il ne ressentait pas moins colère, rage et fureur. Aucun homme n’était exempt d’émotions, tous ressentaient, la seule différence était que certains apprenaient à les dompter et à faire illusion d’un calme intérieur.
Et le calme ne devait pas lui faire défaut à présent. Alors qu’il écoutait les paroles d’Alicia, il put la voir légèrement se raidir alors qu’il prononçait la raison sous-jacente à sa venue. Il était évident que tout cela était perdu d’avance mais qu’importe, si on ne faisait pas, on n’obtenait rien. Alors perdu pour perdu… Pourtant, la réponse eut un impact violent bien qu’invisible sur le Vicomte. A dire vrai, il ne s’attendait pas à une franchise telle qu’elle venait de lui être exposée. Il savait qu’Alicia n’avait rien d’une folle et qu’Olrun avait surement de sombres actes derrière elle, pourtant, ces phrases prononcées eurent autant d’effets que s’il n’en avait jamais eu connaissance… Sans quitter Alicia des yeux, il répondit d’une voix calme, elle ne l’avait pas encore ébranlé.
« - Je ne ferai pas l’erreur de vous croire folle, je vous estime beaucoup trop pour cela. Mais je vous en conjure, ne me prenez pas pour un homme tombé de la dernière pluie. Je suis peut-être ignorant des secrets d’Olrun, mais je n’en ai pas moins conscience. Je sais quels peuvent être les actes sombres qui peuplent le passé de chaque personne, ou de chaque clan, nous sommes tous plus ou moins passés par là. Ne pas connaître ne signifie pas ignorer, et il est de mon habitude de toujours prévoir et de compter sur le pire... Je me fourvoie peut-être dans mon jugement mais le passé n’explique pas l’avenir, qui plus est, nous n’avons aucun gain, aucune satisfaction à commettre ce crime. Du moins, je n’en ai aucune. Je ne voue aucune haine, aucune rancune envers vous, Alicia, ou même l’une de vos sœurs. Pour la simple et bonne raison que nous étions et nous sommes toujours liés par ce secret qui fait d’entre nous des personnes à part. »
Ses yeux se perdirent dans les flammes dansant devant lui.
« - Vous me mépriserez peut-être pour ces mots et libre à vous de me rire au nez, mais qu’importe… Après tout, je ne demande pas à tout le monde d’épouser ma vision des choses. Je suis fidèle à mon Clan, mais je suis avant tout fidèle à l’Humanité, le plus grand de tous les clans, celui auquel nous appartenons tous et toutes. »
*Hormis certains Inquisiteurs, peut-être…* continua-t-il au fond de ses pensées. Puis il regarda à nouveau la Meneuse.
« - Je ne peux pas vous affirmer qu’Olrun est innocente, et, quand bien même j’en aurais une argumentation solide comme le roc, je suis convaincu que votre scepticisme resterait entier. Pourtant, je pense que la condamner d’entrée ne serait pas un jugement très objectif. Notez bien que je ne vous en voudrais en rien pour cela… J’ai appris à vivre en étant haï et méprisé. Je ne voudrais simplement pas l’être injustement. Le jugement est une chose à prononcer avec parcimonie, sachez juste que je ne vous ai jamais condamnée. »
Et ceci était bel et bien vrai. En effet, Adrien n’avait jamais reproché quoique ce soit à Alicia, il ne lui en avait jamais voulu, et, à bien y repenser, il devait bien être le seul… Même pour Elena, aussi bizarre que cela puisse paraître, il ne lui en voulait pas… _________________
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|  | | Alicia Meneuse du Lys Noir


Inscrit le : 18 Nov 2006 Messages : 1448 Informations Personnage Âge: 26 ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Appartement d'Alicia - L'Alcôve de Glace Mer 25 Juin 2008 - 11:32 | |
| La joute verbale était l’une des spécialités d’Alicia, même sans forcément avoir pour objectif de déstabiliser l’adversaire et de « remporter la partie », comme elle avait dû s’y atteler à l’Auberge avec Avatar et ce victorieusement… Ici elle devait réussir à exprimer simplement sa pensée et la faire peut-être partager à Adrien, seulement ce que l’un comme l’autre ils redoutaient c’était le mauvais mot, celui qui les discréditerait aux yeux de l’autre. De plus, la mélodie dans l’esprit d’Alicia se jouait plus fort encore les violons séducteurs accompagnaient une voix invocatrice, le tout dans une musique avide et hypnotique. Tout deux restaient dans une attitude de pleine attention à leurs dires et à ceux de l’autre, le regard net et fixe.
C’est ce regard franc que tenait immuablement le Vicomte qui perturbait un peu Alicia, ce masque des sentiments, certes présent chez tout les individus de leur classe, mais celui d’Adrien semblait imperturbable, or Alicia avait pour habitude lors de ces dialogues à objet de se reposer sur les réactions de son interlocuteur afin de trouver les failles par où s’infiltrer… Adrien avait ce masque si réaliste qu’on aurait pu jurer qu’Alicia avait en face d’elle un homme sain de toute passion. Mais tout le monde portait en soi des passions éternelles, brûlantes et resurgissant parfois, appelées par une idée, une évocation, une image, Alicia le savait, Alicia comptait en jouer.
Lorsqu’Adrien affirma avoir de l’estime pour Alicia, celle-ci, impassible, scrutait intensément le regard d’Adrien car ce terme si commun puisse-t-il paraître à certain, n’était pour Alicia de la part d’un Homme, d’un Vicomte, d’un Sage de la tribu d’Olrun, en rien anodin. Et c’est pourquoi elle était à l’affut du moindre signe pouvant trahir une hypocrisie, elle ne devait alors pas encore avoir bien compris les règles du jeu… C’était tout de même étrange d’entendre ça d’une personne ayant toutes les excuses imaginables pour haïr la Belle, car la jeune femme avait toujours eu réputation d’être froide et cruelle envers les hommes auxquels elle ne cédait jamais et qui se faisaient alors passer en victime rependant un venin éloignant d’elle tout les individus masculins ou presque, et après le sacrifice d’Elena, Alicia s’attendait à bien des ressentiments…
« Personne en ces murs comme en dehors n’oserait vous croire ‘‘tombé de la dernière pluie’’, quant à votre sagesse vous avez fait vos preuves, et je ne veux pas m’octroyer le rôle d’un maître apprenant le monde à son élève. Non je n’ai rien à vous apprendre, mon seul souhait est de vous éclairer dans l’obscurantisme dont les dirigeants de la tribu d’Olrun savent endormir leurs membres. Je ne vous dis pas naïf ou conformé, pas vous, j’ai moi-même trop d’estime pour vous Vicomte… Pour ce qui est de votre jugement je le conçois tout à fait mais le nuance en ma pensée : L’avenir ne peut être indépendant du Passé, ce serait selon moi reniement et donc avancée inutile, cependant, nous devons vivre et évoluer avec le Passé, non pas dans le Passé. C’est là la principale raison qui m’a fait quitter la tribu d’Olrun, celle que vos sœur ne comprenne pas, le Lys Noir a créé son propre chemin pour l’avenir, le progrès, l’avancée, certes le pouvoir, mais tout en convergence pour la Liberté. C’est là notre but premier, nous avançons dans l’inconnu, vous savez Vicomte, cet inconnu qui peut faire peur car on ne sait pas ce qu’il y a dedans, moi comme mes sœurs avons peur évidemment, mais nous nous soutenons toutes et tous pour illuminer le chemin de notre propre lumière, nous avons déjà fait des découvertes magnifiques qui sont souvent même des redécouvertes, car le temps est à présent à la Renaissance… Je peux vous paraître passionnée, je le suis. Je crois en cette aventure, et ce même si la tribu d’Olrun en quelque sorte enfermée, bridée dans un conformisme spirituel traditionnel n’y voit que la déperdition de l’âme. »
Alicia respira profondément comme pour se tirer de cette face d’ombre de sa vie pour continuer :
« Pour en revenir au Passé, pour ce qui est des actes sombres de la tribu d’Olrun, je ne vous en parle pas comme de faits datant de deux siècles mais de deux ans tout au plus, et y sont toujours actuellement les même dirigeantes… Je dois vous sembler vindicative au plus haut point, mais comprenez moi, de toutes les possibilités qui peuvent défiler face à moi celle-ci reste la plus plausible, la plus probable, j’ai peine à le dire mais… la plus juste… Car si vous-même Vicomte d’Hasbauer vous n’y tirez point de satisfaction particulière, tout le monde n’a pas le don d’être touché par votre vertu. »
Les bougies pleuraient la cire que la convenance empêchait à Alicia de faire fondre.
« Je n’ai pas non plus de rancœur particulière pour toutes les sorcières d’Olrun, simplement, je l’avoue car je ne suis pas non plus douée de votre admirable vertu, contre celle qui ne cessent de me dénigrer mais surtout celles qui maudissent la quête du Lys… »
Alicia se rendit compte qu’elle parlait entre autre d’Elizabeth et espérait ne pas provoquer de sentiments d’Adrien qui pourrait être nuisible à la mélodie.
« Par pitié Vicomte, ne me regardez pas comme celle qui juge sans savoir, réservez ce visage à l’Inquisition, ne pensez pas ma pensée figée, une juste argumentation a tout pouvoirs sur mon tranchement… Je ne décrète pas ce genre de choses pour m’excuser d’une vengeance à venir, vous auriez alors cette vision du dragon assoiffé de sang ? Non… comme vous le dîtes et croyez-moi je le ressens bien : vous ne m’avez pas condamné. Votre pensé non plus n’est pas figée, votre foi est en premier ordre dans l’Humanité, et c’est tout à fait normal l’Humanisme est le temps de notre siècle…»
Alicia sans même s’en rendre compte, par association subconsciente d’idées écrivait les paroles de la mélopée : c’était une invitation ! Légère à peine perceptible, ce n’était pas Alicia qui la posait, c’était l’évidence… Un homme d’avancée ne pourrait pas rester encré dans un traditionalisme décadent. _________________
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|  | | Adrien D'Hasbauer Sage d'Olrun


Inscrit le : 02 Juil 2007 Messages : 403 Informations Personnage Âge: 31 ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Appartement d'Alicia - L'Alcôve de Glace Sam 5 Juil 2008 - 18:03 | |
| Adrien n’était pas du genre à mobiliser les foules, à les exulter. Il avait certaines qualités d’un meneur certes, comme le charisme et la prestance, mais il n’en avait pas la Volonté. Du moins, tant que cela ne se révélait pas nécessaire. Il laissait volontiers cette place à ceux qui la désiraient vraiment. Il préférait de loin agir dans l’ombre discuter en face à face, convaincre des personnes sensées non motivées par l’effet de la masse, des personnes qui n’étaient pas des vulgaires moutons de Panurge. Pourtant, il ne se considérait pas comme un « parleur » hors-pair. Il possédait ses failles comme la plupart des gens et n’était pas souvent capable de déceler celles des autres pour en jouer. Il savait qu’à ce jeu, la Meneuse était bien meilleure que lui, mais il ne s’était pas borné à l’idée de « perdre » cette joute. Il n’y avait là qu’une volonté de dialogue, cette dernière chose ayant subitement et malheureusement disparu du vocabulaire de beaucoup de personnes.
Toutefois, il jouait sur une corde relativement surprenante, la franchise. Une chose à laquelle personne dans le château n’était habitué à part lui. Et c’était bien là son point fort, une habileté relativement troublante à savoir si les personnes en face de lui n’étaient que des hypocrites révolus ou bel et bien des gens qui assumaient leurs pensées et leurs dires. Il savait que la franchise était un bon moyen pour surprendre son interlocuteur, surtout dans la mesure où celui-ci va s’obstiner à chercher une quelconque marque d’hypocrisie là où il n’y en a pas une seule once. Une manière de détourner l’attention, mais hélas, de courte durée. Le Vicomte connaissait la « réputation » d’Alicia au Château, mais il n’était pas du genre à se baser sur des « on-dit » et préférait se forger sa propre opinion lui-même. Voilà pourquoi il n’avait pas de ressentiments à son égard, voila pourquoi il était ici à présent, sans animosité, sans haine. L’échange verbal qu’ils avaient, était plus que courtoise car personne ne désirait envenimer une situation qui l’était bien assez.
Les paroles d’Alicia, ses réponses, étaient brossées pour « caresser dans le sens du poil » mais il ne devait pas y avoir de faux-semblants, aussi pensait-elle vraiment ce qu’elle disait, du moins, c’est ce qu’il espérait croire. Non pas pour se rengorger d’un quelconque égo, non il était décidément bien au dessus de tout cela, mais bien parce qu’il lui semblait alors qu’elle avait compris sur quoi reposait ce dialogue. La logique qui s’en suivit était plus que fondée et il ne pouvait lui donner tort car il cautionnait parfaitement ce genre de motivation. Cette évidence le frappa immédiatement et il une évidence lui apparaissait maintenant clairement à l’esprit. Dans quel camp se situait-il vraiment ? Comment cautionner les fondements du Lys ? Son état d’esprit avait-il changé ? Ou était-ce simplement cette idée de détachement, de recul, qui lui faisait adhérer à ce qu’il croyait et non à ce que croyaient ceux à qui il était lié ? Cette incertitude pesait déjà lourdement sur son esprit. Mais la suite allait rajouter un poids sur sa réflexion.
Les paroles d’Alicia étaient un flux ininterrompu de vérités impossible à contredire. L’idée même qu’elle se considère comme humaine, éprouvant ainsi une amertume profonde envers celles qui ne l’appréciaient pas, était naturelle pour quelqu’un comme le Vicomte, même si ce dernier savait faire fi de tout cela, il savait que ce n’était pas le cas de tout le monde, un manque qui n’était en rien péjoratif pour ceux qui le possédait. Le plus attristant à ce moment était peut-être le fait qu’Alicia parlait surement de sa propre femme, Elisabeth, dont il savait qu’elle ne l’appréciait pas particulièrement. A cette idée, Adrien se demanda ce que sa femme dirait si elle venait à apprendre qu’il avait discuté avec la Meneuse dans ses propres appartements… Cette idée le fit à la fois tressaillir et sourire intérieurement, après tout, il s’était sorti de situations autrement plus périlleuses, même si celles-ci seraient on ne peut plus dangereuses.
Les derniers propos de son interlocutrice furent les plus pesants. Et malgré son impassibilité, l’évocation du mot « Inquisition » ne put empêcher de réveiller en lui la colère sourde et grondante qu’il avait au préalable endormie avant de rentrer dans cette pièce, et même depuis la matinée.
« - Il ne me serait pas venu à l’idée de venir vous voir si vous étiez, pour moi, dotée du même sens de jugement que l’Inquisition. L’Humanisme est une chose importante que peu de personnes ne possèdent pas encore. Leur faire ouvrir les yeux est impossible, malgré toutes les tentatives. Après tout, peut-être que les Hommes ne comprendront une fois qu’ils se seront tous entretués. En tout cas, cela me semble bien parti… »
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|  | | Alicia Meneuse du Lys Noir


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 | Sujet: Re: Appartement d'Alicia - L'Alcôve de Glace Sam 5 Juil 2008 - 23:22 | |
| Les violons, d’abord lancinants, peu à peu prenaient toute leur ampleur, traçant le fin chemin de la pensée d’Alicia qui trouvait en les méandres de son esprit des courbes séduisantes. Trois violoncelles en pizzicato encadraient gracieusement les lignes violines qui se tressaient pour assurer la trace de pensée. Et la voix… vocalise suave et mystérieuse, appel discret et énigmatique, indiquait le sens et la direction de balade qui s’articulait autour d’un nom paisiblement scandé : Adrien. La mélodie ainsi trouvait écho en la Meneuse qui savait à présent la comprendre et l’interpréter.
Alicia ne trouvait pas en cette entrevue un objectif exécrable et maléfique, mais bel et bien une idée louable et magnifique. Certes l’arrivée d’Adrien dans la tribu d’Alicia serait vécue comme un coup dur par les sorcières d’Olrun, une trahison même, mais enfin peut-être comprendrait-elle que le but du Lys Noir est admirable même par les plus grands et les plus sages ! Cependant, Alicia voyait avant tout le renforcement du Lys par l’arrivée d’une puissance certaine et d’une sagesse bien appréciable… De plus Adrien y serait assurément dans son élément, Homme baroque et humain par excellence, en recherche de nouveauté, non pas embourbé dans la neige de l’ignorance et figé dans le gel de la peur, le Vicomte de Forbach était en quête de mouvement ! Alicia lisait de mieux en mieux en Adrien…
Oui, et pour lire ces paragraphes de vérité, Alicia devait glisser entre les pages de garde, et les dieux savent qu’elles étaient finement serrées… Pourtant des évidences logiques étaient soudainement perceptibles… Comment Alicia avait-elle pu ne pas penser à cette ardeur contre l’inquisition ! Un homme prônant un humanisme grandissant ne pouvait qu’être choqué des agissements inhumains d’une association d’hommes sans plus nul sens moral que le jugement divin qui se traduisait par une intolérance dévastatrice. L’inquisition, fruit d’un fanatisme meurtrier, semblait être l’antithèse de l’humanité, Alicia comme toute les sorcières le ressentait, mais Adrien lui en avait une perception plus forte et douloureuse encore, il le souffrait ! Car dans tout cet Amour de l’Humanité, une faille résidait : l’Inquisition, des hommes pourtant… Non des inquisiteurs ! Cette fêlure devait probablement être infiniment frustrante pour l’admirateur de l’Homme qui en parfait humaniste devait probablement avoir pour seule foi absolue : l’Homme, et qui à l’évidence avait nettement abandonné tout espoir d’éclairer le jugement des inquisiteurs.
Cette affection touchait Alicia qui enfin décelait une passion à cet homme, et loin de l’en faire descendre en son estime, elle l’admirait plus encore ! Car cette haine palpable contre l’inquisition, Alicia aussi la connaissait et exécrait ce tribunal maudit :
« Croyez Vicomte que j’en suis infiniment navré également. Ces hommes sont voués à une cause détruisant en tout premier lieu leur propre humanité. Cette cause, ce Dieu, il semble leur poser un doigt sur chaque œil, sur chaque oreille, sur le cœur… Nonobstant, je me refuse à laisser agir ce prieuré sanglant, de regarder mes sœurs brûler vives dans les lueurs folles de leur démence ! Non, ça ne m’est pas supportable, ni à moi ni à mes sœurs, ni à mes frères…
Alicia faisait alors bien sûr référence à sa chère Gabrielle, que tous, sorcières et sorciers d’Olrun comme du Lys Noir avaient vu s’embraser, Adrien n’était pas présent durant le bûcher, mais sûrement sa femme lui avait-elle tout raconté…
Nous ne sommes pas désireux de nous laisser torturer ! Déjà nos âmes ont trop soufferts et nous nous sommes vues contraintes de prévenir l’inquisition que cette ingression ne se ferait pas sans résistance. Peut-être cet acte vous a-t-il semblé barbare, cruel, inhumain… Mais l’inaction est le pire ensevelissement que nous puissions souffrir, comme vous l’avez dit Vicomte, leur faire ouvrir les yeux par toutes les manières douces est absolument impossible, l’heure est à l’offensive, il faut les empêcher d’agir, et le Lys Noir y est prêt, il manque simplement à présent d’autorité... »
Le fameux avertissement faisait référence à ces trois inquisiteurs énigmatiquement pendus dans la Schwarzwald. La précieuse autorité dont faisait allusion la Meneuse visait bien entendu une personne bien placée dans la hiérarchie sociale du comté, et Adrien était certainement le plus haut placé auprès du Comte. En effet, la proposition même implicite d’Alicia était déjà plus clairement énoncée. Tout son discours était droit et sorti d’un cœur sans ornement supplémentaire que la grâce de la passion qui l’animait elle-même. Alicia, accompagnée intérieurement de sa symphonie alors presque audible, proposait donc très silencieusement à Adrien de rejoindre ce clan du progrès et de l’avancée, ce clan prêt à répondre aux agressions criminelles d’une chimère affamée, au nom de son idée maîtresse : la Liberté… _________________
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|  | | Adrien D'Hasbauer Sage d'Olrun


Inscrit le : 02 Juil 2007 Messages : 403 Informations Personnage Âge: 31 ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Appartement d'Alicia - L'Alcôve de Glace Mer 9 Juil 2008 - 20:28 | |
| Il y avait de nombreuses choses à prendre en compte lors de cette entrevue, et le facteur déterminant était bien sur de ne faire aucun faux-pas. Pourtant, si Adrien avait eu l’effet de surprise, ou du moins, l’avait-il espéré, il n’avait plus vraiment d’atout dans sa manche, mis à part la carte de la franchise qu’il avait déjà jouée et qui se trouvait depuis un petit moment sur la table. Et si cette franchise avait su jouer en sa faveur depuis le début, il redoutait qu’elle ne se retourne, à un moment donné, contre lui. Il savait que bon nombre de personnes observaient leurs interlocuteurs lors d’une discussion, pour en déceler les points faibles, les cordes sensibles, pour savoir sur lesquelles jouer pour désamorcer les problèmes éventuels ou bien simplement pour les mettre de leur côté. Et là résidait tout le nœud de la situation, chacun des deux protagonistes essayait, de son côté, de tourner la situation à son avantage, de convaincre l’autre d’une manière ou d’une autre, pour une raison ou pour une autre.
Lorsqu’Alicia l’avait entrainée sur la pente de l’Inquisition, Adrien savait qu’il s’engageait sur un sentier extrêmement dangereux car c’était là l’unique faille qui résidait au centre de ses passions, du moins la seule faille invisible car tout le monde savait qu’il était très attaché à sa femme et ses deux enfants. Il n’avait pourtant pas rechigné à s’y engager ouvertement, simplement pour ne pas laisser planer le doute. Eviter le sujet était le meilleur moyen de mettre la puce à l’oreille, s’y engager, c’était laisser une chance de laisser l’ombre sur tout cela. Pourtant, à la mesure où il parlait, il savait, et c’était là légèrement frustrant, mais au combien fascinant, que la jeune femme lisait presque parfaitement entre les lignes. A dire vrai, peu de personnes étaient capables de faire cela, du moins pas aussi vite. La situation risquait de devenir venimeuse, voir sérieusement dangereuse, il allait falloir redoubler de prudence…
La réponse de la jeune femme se fit à la hauteur de ce que pensait Adrien. Elle avait bien sur tout deviné, que ce soit sa haine envers l’Inquisition, attisée par un sentiment d’impuissance… C’était la première fois qu’on lisait en lui comme dans un livre ouvert, ou presque… La situation était troublante, autant par sa nouveauté, que par son caractère unique. La sensation était désagréable mais au combien troublante. Se trouvait-il en face d’une jeune femme savamment manipulatrice ou bel et bien en face d’une personne qui le comprenait et par là donc était guidée par une sorte de synergie spirituelle ? Le doute planait énormément, même si les paroles d’Alicia faisaient penser au Vicomte que le sentiment de haine était présent chez elle aussi.
Ce qui suivit fut une véritable surprise. D’abord l’aveu, camouflé, mais bel et bien présent, que le Lys Noir était derrière l’exécution des trois Inquisiteurs. Une chose énigmatique, mais à laquelle Adrien n’avait pas consacré beaucoup de temps. Après tout, il ne pouvait qu’approuver cet acte, car même s’il était d’une extrême violence, il n’y avait que ce genre d’actes qui pouvaient atteindre l’intellect corrompu des Inquisiteurs au point de leur faire comprendre que les Sorcières ne se laisseraient pas faire sans combattre, voir même que leur combat était peine perdue ! Mais le plus surprenant dans tout cela furent les derniers mots d’Alicia, une véritable invitation à la rejoindre. Il aurait fallu être sourd et muet pour ne pas comprendre ce que la Meneuse essayait de faire lors de cette entrevue qui devenait, dès lors, providentielle pour elle…
« - Il est intéressant de voir que nous partageons un sentiment identique vis-à-vis de ces personnes, mais je pense que c’est le cas pour beaucoup de personnes. Vos manières d’agir ne me concernent pas, même si je dois admettre que je n’ai pu qu’approuver celles-ci concernant les trois brebis égarées qui ont finies par rencontrer le loup de nos forêts. »
Il posa son regard sur l’extérieur, au-delà de la fenêtre qui se situait derrière la jeune femme. Il fallait trouver les mots justes ou ignorer l’invitation, mais le plus difficile était de faire taire le combat qui venait de débuter en lui, le combat qui opposait sa raison, à sa passion…
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|  | | Alicia Meneuse du Lys Noir


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 | Sujet: Re: Appartement d'Alicia - L'Alcôve de Glace Jeu 10 Juil 2008 - 23:06 | |
| La Meneuse avait trouvé la faille par laquelle entrer pour mieux se faire entendre de l’intérieur même ! Et elle n’y manquait pas… L’appel implicite de la jeune femme à Adrien résonnait encore dans son esprit comme en celui de son interlocuteur, elle en était certaine. Ce dernier cependant ne se laissait pas entraîner par cette habileté prenant alors un ton presque désinvolte, contournant avec technique l’invitation muette. Adrien comme il le disait très bien lui-même n’était pas né de la dernière pluie, pourtant comme chacun il avait vu le jour sous une averse dont au moins une goutte de passion l’avait touché, celle de l’humanisme dont il était pleinement question à contrario par le filigrane de l’inquisition… Cependant du haut de sa sagesse, une supputation détournée ne valait pas comme grand argument pour pareille décision. Et cette pudeur, cette méfiance, Alicia la trouvait très aimable, sophistiquée, digne, digne de lui ! Décidément cet homme était un atout indispensable à la quête du Lys, et plus Alicia avançait dans sa pensée, plus la musique se jouait, plus elle trouvait aberrant qu’Adrien soit encore au sein de la tribu d’Olrun. Était-ce pour sa chère femme, sa seconde source de passion avec ses enfants ? Alicia ne voyait que cette possibilité…
C’est donc avec cette timidité que cette haine contre les assassins de droit divins devenait l’euphémisme d’un simple sentiment contre des gens, Adrien banalisait leur pensée en l’étendant à celle de beaucoup de personnes, se désintéressait respectueusement des actes du Lys, mais… Mais il les appuyait. Alicia sentait une chaleur l’envahir, une colère mesurée, non pas directement contre Adrien mais contre sa vision volontairement légère. La conversation devenait plus directe, le jeu était originalement la franchise, or actuellement cette franchise était encore à cartes masquées, Alicia devait être plus provocante, pas agressive mais il lui fallait à tout pris susciter des réactions nettes et claires chez Adrien, le sujet n’était pas aisé pour lui, elle s’en rendait compte, mais la situation actuelle des choses sonnait d’une telle clameur qu’il fallait retourner clairement les arcanes à présent.
Après les deux phrases d’Adrien, Alicia soupira légèrement, et posa son regard sur celui comme distrait du Vicomte. Elle ferma alors les yeux quelques secondes, rassemblant le plus clairement possible ses idées, la lourde pluie qui martelait brillamment les carreaux devient alors un bruine plus légère mais toujours abondante. Lorsqu’Alicia prit la parole, les yeux qu’elle ouvrait étaient plus brillants encore, comme son âme qu’elle découvrait peu à peu…
"Vicomte, nous parlons de la sainte inquisition, une armée à l’ambition et au pouvoir infinis… Je vous parle d’offensive, d’action. Il ne s’agit plus aujourd’hui de se sentir concerner, ou d’appuyer les actions faites, il s’agit d’entrer dans la lutte, de se faire entendre par tout les moyens. Si ce soir vous n’agissez pas en bordant vos enfants, comment leur faire la promesse qu’ils reverront l’Aube se refléter dans vos yeux, et ceux de votre femme ? Oui Vicomte, il ne s’agit pas que de nous... et c’est en influant dans le présent que nous préserverons l’Avenir. Vous êtes un homme d’action, c’est indéniable, ne restez pas figé, c’est contre votre nature et contre vos idéaux."
Alicia était désireuse de lui prouver le fait qu’il ne s’agissait pas uniquement du choix de tel ou tel clan, que ce choix n’était qu’une étape transitoire naturelle pour atteindre un but absolu. Bien sûr l’évocation de ses enfants n’était pas véritablement innocente, non pas que la Meneuse se permette le moindre « chantage affectif » ou abomination de même registre, mais Adrien devait absolument se rendre compte de l’enjeu très étendu de cette affaire, et s’il venait à arriver quelque chose à sa famille à cause d’une passivité dictée par des mœurs de la tribu d’Olrun, il s’en voudrait à mort. Alicia imaginait bien qu’Adrien souhaitait éviter pareille catastrophe. Le ton d’Alicia pouvait sembler embrasé, belliqueux peut-être, mais cette dernière n’oubliait pas de qui elle descendait contrairement à beaucoup de sorcières appartenant à la tribu portant le nom de leur mère spirituelle à toute ! La symphonie dans sa tête touchait bientôt son paroxysme… _________________
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|  | | Adrien D'Hasbauer Sage d'Olrun


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 | Sujet: Re: Appartement d'Alicia - L'Alcôve de Glace Ven 11 Juil 2008 - 14:55 | |
| La pluie heurtant les carreaux de la fenêtre contemplée par Adrien s’harmonisait sans fausses notes avec son esprit. Tout commençait doucement mais surement à échapper au contrôle du Vicomte. Ce qui devait se dérouler comme une discussion classique sur le thème de la défunte sœur d’Alicia prenait lentement l’allure d’une tentative de conversion dont il était la cible. La situation aurait pu être totalement déplacée mais, contrairement à tout ce qu’il aurait pu penser s’il avait songé à pareille chose, il n’éprouvait que le sentiment gênant que la Meneuse avait peut-être raison… Ce sentiment naissant, qui n’aurait jamais du naître dans son esprit, rencontrait heureusement de nombreuses résistances dans son esprit. D’abord la raison la plus évidente, il avait des responsabilités vis-à-vis du Clan Olrun et il était impensable qu’il retourne sa veste comme cela, sans raison sur un coup de tête apparent. Mais d’autres raisons s’ajoutaient à ce plaidoyer, et parmi elles, la plus importante, sa famille. Car si sa femme restait fidèle aux ambitions d’Olrun, il était impensable, même avec toute la bonne volonté du monde qu’il ne se passe pas un drame entre eux s’il partait pour le Lys Noir. Il pourrait bien sûr s’expliquer face à Elisabeth, voir même tenter de l’amener avec lui, mais il doutait d’y parvenir. Et si une chose passait avant tout, c’était bien son amour pour Lou.
Pourtant il ne pouvait pas nier que la Meneuse ne déblatérait que des idioties. Non pas que le Clan l’avait déçu ces derniers temps, mais simplement qu’il ne se trouvait pas spécialement à sa place, bloqué dans un abstentionnisme chronique… Même sa petite mise en scène climatique lors du bûcher de la Messe de Cendres avait été un simple choix personnel, un écart vis-à-vis de la politique globale du Clan. Avait-il vraiment sa place dans ce dernier ? Ne préférait-il pas de loin l’action ? Faire payer aux Inquisiteurs le fruit de leur audace ? Comment ne pas se laisser tenter par cette idée si séductrice ? Pourtant Adrien était une personne qui savait qu’il ne fallait pas trop décider dans l’instant, surtout lorsque l’on était soumis à des passions fortes et intenses, embrasées par des paroles justement choisies, ce qui était assurément le cas d’Alicia. Peut-être y réfléchirait-il au calme de son bureau ou de ses appartements, la question méritait peut-être de s’y pencher ouvertement… Peut-être…
Puis vint le moment d’affronter à nouveau la situation, de réagir, correctement, ne pas fermer le dialogue, ne pas envenimer les choses, tout en se protégeant de manière subtile, tenter de ne pas attiser le feu ardent du combat intérieur, tenter de calmer le jeu, de se laisser une paix intérieure relative, le temps de se mettre au calme et de remettre les choses à plat. Pourtant, s’il recentrait son regard sur la jeune femme assise non loin de lui, il ne parvenait pas à concentrer son esprit sur autre chose que les milles et une questions qui hantaient son esprit. Bien sur, cela ne transparaissait pas, fort heureusement, il savait encore garder son masque même si Alicia avait découvert la faille. Justement, cette dernière reprit la parole, et si ces dires ne faisaient que raviver la flamme du combat, ils étaient également un moyen de recentrer son attention sur ce qui ce disait à l’extérieur et non à l’intérieur de lui.
« - Aussi grande que soit une armée, aussi puissante soit-elle, aussi important que son pouvoir, il existe toujours quelque chose que celle-ci néglige et qui causera sa perte. Pour l’Inquisition, aussi Sainte soit-elle, je considère qu’elle néglige de trop notre pouvoir et nos potentiels. Je n’irai pas à dire que cette lignée de guerriers est imbécile mais elle n’en est pas loin, sa négligence de la connaissance causera sa perte. L’information est un pouvoir indispensable, connaître son ennemi c’est s’assurer la victoire dans beaucoup de cas. Se contenter de traquer et de tuer sans récolter informations et savoir, c’est se priver d’une occasion énorme. »
Reprenant sa respiration dans une pause volontaire, il replongea son regard dans celui d’Alicia, et remarqua qu’il brillait peut-être un peu trop…
« - Quant à la lutte, vous savez ce que j’en pense. Beaucoup luttent à leurs façons, de manière parfois insignifiante certes, mais luttent. Nous avons les moyens de les mettre à mal mais beaucoup parmi nous ne font rien. Cette abstention me lasse certes, mais je ne peux pas impliquer des personnes qui ne désirent pas se battre ouvertement. Je désire me battre, montrer à l’Inquisition qu’elle ne possède pas le monopole de la terreur, certes, mais j’ai des obligations dont vous êtes exempte, et il y a matière à réfléchir avant de m’engager sur cette voie. » _________________
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|  | | Alicia Meneuse du Lys Noir


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 | Sujet: Re: Appartement d'Alicia - L'Alcôve de Glace Ven 11 Juil 2008 - 22:46 | |
| Cruel dilemme que devait se poser Adrien… Rejoindre le Lys Noir, voilà une ambition qu’il n’avait jamais dû développer en son esprit, et pour cause, présent depuis le commencement, sa femme était le gel l’immobilisant dans sa tribu. Car si Alicia trouvait en Adrien mille qualités, il faut l’avouer, elle ne trouvait rien de bien intéressant chez la Vicomtesse, son esprit était plus que formaté par les craintes primitives de la tribu d’Olrun, et pire encore, cette femme était formatrice par son rang délibérément fixe d’Aguerrie, elle transmettait ces idées motrices ou plutôt contre-motrice, oui cette femme s’asséchant vite et confortée dans cette idée porteuse que « tout changement est qu’un pas de plus vers le chaos ».
Elisabeth était le boulet tirant la chaîne à la cheville du Vicomte. Un boulet que ce dernier tenait précieusement près de son cœur, la clef du verrou avait été refondue pour former cette alliance à son doigt. Alicia observait presque tendrement les reflets dansant des flammèches des bougies dans le scintillant métal arrondi… Cette douce lueur éloignant obligeamment les ombres alentours, cette lueur chaleureuse qui touchait les cœurs, qui pouvait devenir éternelle en un serment. Celle qu’Alicia, elle, ne connaissait pas. Serait-ce de la jalousie qu’elle éprouvait ainsi ? Cet homme tant admirable avec cette femme si détestable aux yeux du cœur de glace. Adrien devait voir en ce dilemme une véritable lutte des passions : se battre pour l’humanité, la liberté, des valeurs qui à l’évidence lui étaient fort chères, mais en contrepartie il craignait le renoncement à sa famille, l’amour de sa femme. Des biens bien trop précieux pour penser à les abandonner si soudainement. Alicia était consciente de tout ça, elle n’attendait pas à vrai dire de réponse dans la seconde, Adrien était un homme réfléchi. Cependant, elle craignait que si son argumentation n’était pas suffisamment persuasive et convaincante, car elle faisait alors appel à la passion tant qu’à la raison ! Elle craignait qu’alors, le Vicomte une fois de retour dans sa bulle de quotidien ne perde ces idées de vue, il lui fallait garder les pensées au clair, il fallait que les mots d’Alicia résonnent longuement et sûrement…
« Bien sûr qu’ils ignorent notre potentiel, et les dieux savent que le Lys Noir le voit croître par de précieuses découvertes chaque jour… Mais ce potentiel ne doit pas être gaspillé, les petits forfaits isolés suffisent à présent, nous sommes tous désireux de passer à des actions plus conséquentes, et pour ça comme je vous l’ais dit Vicomte, il nous reste à trouver l’autorité suffisante… »
Le regard d’Alicia se fit plus intense et plus doux à la fois. La compréhension d’Alicia face à la délicate situation d’Adrien se faisait clairement visible.
« Vicomte… Il y a bien évidemment matière à réfléchir… Cette exemption de ces obligations dont vous vous sentez chargé serait un grand saut dans l’Inconnu, mais la conjoncture d’urgence actuelle appelle à ce genre d’actes… Peut-être vous froisseriez vous avec la Vicomtesse, votre femme, mais elle devrait pouvoir comprendre vos motivations, des motivations des plus honorables, je crois sentir votre Amour au-dessus de ces questions. Ce pour quoi vous vous battriez Vicomte, serait la Liberté : celle des sorcières du Lys, d’Olrun, de tout les innocents persécutés, la liberté des générations qui grandissent sous vos yeux… »
Au dehors des cris d’enfants amusés par les flaques annoncèrent l’arrivée au château des petits d’Hasbauer et de la Vicomtesse. Alicia regarda furtivement les branchages au dehors, ces branches vertes et humides qui demain pourraient être sombres et sèches pour un grand brasier… Ses yeux d’un vert profond se retournèrent vers le Vicomte :
« Adrien, pensez y bien... Nous rejoindre peut sembler effrayant et étrange, mais je peux vous l’assurer, le Lys a grand besoin de vous comme vous pourriez trouver l’éclosion de vos idées en lui. Cette décision vous appartient, ne laissez que votre propre raison et votre propre passion vous dicter la réponse, car j’ai foi en elles et en l’idée qu’elles pourraient se trouver toutes deux satisfaites. Prenez le temps qu’il vous faudra mais n’oubliez pas qu’il presse, les augures de cette saison de sont pas bonnes, croyez moi...»
Ainsi Alicia acheva-t-elle leur entretien, indiquant gracieusement la porte de sortie d’un délicat mouvement de main afin qu’Adrien n’ait pas a créer une première confrontation avec sa femme le trouvant à sortir de l’Appartement de l’une de ses rivales. La Meneuse avait joué ses cartes, à Adrien de faire son Jeu. Et la musique se terminait ainsi pleine d’une mélodie d’espoir. _________________
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|  | | Adrien D'Hasbauer Sage d'Olrun


Inscrit le : 02 Juil 2007 Messages : 403 Informations Personnage Âge: 31 ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Appartement d'Alicia - L'Alcôve de Glace Sam 12 Juil 2008 - 1:52 | |
| Ce qui tourmentait Adrien n’était plus un dilemme, cela allait bien au-delà de cette notion d’opposition entre deux choix, il s’agissait ni plus ni moins qu’une décision qui changerait à jamais sa façon d’être, de vivre, sa façon de concevoir son entourage, sa propre façon de penser, d’agir… Enormément de paramètres rentraient en ligne de mire et le choix n’en était que plus difficile encore. Un être sensé comme le Vicomte ne pouvait se résigner à choisir en quelques secondes, les deux choix avaient leurs avantages, leurs inconvénients et certaines choses pesaient plus que d’autres. Comme l’amour d’Elisabeth, l’amour qu’il portait à ses enfants ? Comment pourrait-il se regarder dans la glace s’il trahissait sa femme, même dans le but d’accorder un futur meilleur à ses enfants ? Elisabeth comprendrait-elle ce qu’il ferait ? Pourrait-il continuer à avancer sans elle ? Il en doutait fortement… Lou avait été sa première apprentie, il l’avait formée, et en plus du lien qu’étaient leur amour et leur mariage, il y avait entre eux une complicité de maitre à élève, une complicité qui ne s’était jamais effacée et qui ressortait de temps en temps. Adrien apprenait de son côté, progressait toujours, mais parfois il lui arrivait de partager ses avancées avec sa femme, lui montrer la voie qu’il poursuivait.
Pourrait-il vraiment renoncer à toutes ses choses ? Comment se concentrer sur un combat lorsque votre cœur est soumis un déchirement intense ? Il doutait pouvoir réellement réfléchir en cette situation et avait déjà songé à l’éventualité de la mort d’Elisabeth… Un scénario catastrophe qu’il préférait oublier, pour la simple et bonne raison qu’il n’imaginait pas sa vie sans elle. Tant d’années s’étaient écoulées à présent, des années qu’ils avaient passées côté à côté, main dans la main, marchant dans la même direction, regardant le même horizon…. Pourtant… Pourtant… La perspective de pouvoir enfin laisser libre cours à sa passion… Comme le disait Alicia, il était temps de passer à des actions plus conséquentes, et il le pensait également, ou plutôt, il l’espérait également. Son intellect, sa raison, étaient tournés vers la sagesse, la patience, tandis que ses passions étaient tournées vers l’action, la vengeance…
Il y avait tant de choses qui se bousculaient à présent dans l’esprit d’Adrien… Et cette « berceuse » que scandait Alicia d’une voix douce et compréhensive apaisait la raison, l’endormait, pour que le Vicomte cède et accepte de la rejoindre… Au loin des cris d’enfants… Il s’agissait assurément de Léonce et Alexandrine, il les reconnaitrait entre mille. Il fallait partir, Alicia le savait et ses dernières paroles ne furent qu’une invitation de plus, un coup de marteau supplémentaire sur le burin pour fissurer encore plus les convictions d’Adrien, une manière de s’assurer que le message qu’elle voulait faire passer était bel et bien rentré et que le Vicomte réfléchirait beaucoup cette nuit-là. Et nulle ne pouvait douter qu’elle avait échouée dans sa tâche. L’Homme d’apparence si calme était troublé intérieurement, déchiré par un duel sans merci. Le combat serait rude, et surement long, mais une issue était obligatoire, et un seul des combattants pouvaient l’emporter.
Alors qu’il se levait pour se diriger vers la sortie, il s’inclina en signe de politesse et se dirigea vers la porte. Tandis que sa main se posait sur la poignée, il se retourna tout en ouvrant la porte. Son regard tourné vers la jeune femme traduisait quelque chose d’inhabituel. Ses yeux vert d’eau étaient animés d’une flamme nouvelle, une flamme décidément tournée vers la passion et l’assouvissement de cette dernière…
« - Nous nous reverrons… Surement… »
Et sur ses mots, il sortit en silence, refermant la porte sans un bruit… _________________
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|  | | | Appartement d'Alicia - L'Alcôve de Glace | |
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