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Constance Edelgard Duchesse


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Mar 8 Juil 2008 - 18:26 | |
| Quelle petite mijaurée de Lison ! Le nuage capricieux où naviguait Constance c'était lamentablement transformé en une immonde averse froide lorsque cette souillon de domestique avait osé détruire la perspective aimable d'un moment haut en couleurs, pour notre cher Christian et la Duchesse. Sa main se leva déjà, dans un geste si vif qu'elle s'étonna d'avoir autant de réflexe. Cependant, elle eut la lucidité presque surréaliste de ne pas prolonger son intention : frapper cette gourde aussi fort qu'il le fallait pour qu'elle fasse glisser ses horribles fesses de moins que rien hors de sa vue !
D'inavouables envies brutales la poussaient à fusiller la pauvre petite d'un regard noisette devenu flamboyant. Put-elle ressentir la tension et la haine sans nom qu'éprouvait sa Maîtresse à son égard ? Ou peut-être que le pâle visage de l'Inquisiteur, comme décomposé d'avoir ainsi été surpris dans une position fort éloquente, put-il la renseigner sur l'erreur qu'elle venait de faire.
Le bougre s'enfuyait déjà, non sans avoir le temps de glisser quelques mots à l'oreille de la Duchesse. Elle s'étonna encore des frissons que produisaient les sifflements à ses tympans, douce mélodie... Gâchée par l'attitude de sa servante. Une fois le Représentant de l'Eglise sortit de sa chambre, c'en fut trop, Constance désigna le petit visage de souris de la petite Lison et la prévint d'une voix menaçant :
« Entre encore une fois dans une pièce sans frapper et je te promets que les mains te manqueront pour à jamais toquer les portes. »
Par la faible lumière qui traversait les fenêtres, accentuant les traits tirés par la colère de la jeune femme, Constance paraissait dix ans de plus, et avait le visage d'une mégère impitoyable. Caricaturale, elle montra alors la porte du petit Bureau d'un violent signe de main, qui fit voler les cheveux de la toute jeune domestique.
« Apporte-moi la robe pivoine. » L'ordre était donné. Lison courut si vite qu'elle se prit les pieds dans le tapis. Ce soir, et toute la nuit, on grognerait de ces mots-là dans les appartements du Personnel Edelgard, et l' « Impératrice de mes fesses » aurait les oreilles qui siffleraient.
En quelques minutes, Constance avait arboré les ramages rubis d'une nouvelle tenue, apportée par une Lison tremblante, qui ne se fit pas prier lorsque la jeune femme la congédia. Comme soulager de quitter les lieux, la petite bonne poussa un soupir en se retrouvant dans le couloir, et elle ne put s'empêcher de porter son regard sur la porte de la chambre qu'occupait l'Inquisiteur. Malgré ce qu'elle pouvait avoir interprété, Lison était une demoiselle bien sotte, qui retiendrait de cette leçon qu'il ne faut pas déranger Madame Edelgard. Rien d'autre...
Constance attendit qu'elle s'en aille avant d'ouvrir la porte. Quel étrange sentiment s'emparait de ses jambes, qui se firent fébriles, lorsqu'elle parcourut les petits pas qui la séparaient de l'autre porte. Cette sensation d'interdit – infondé, n'est ce pas ? - la rendait follement impatiente, et elle frappa trois petits coups sur le bois vernis, si peu fort, de peur d'être entendue par on se sait qui, qu'il avait dû tendre l'oreille pour les entendre...
L'attendait-il réellement ? |
|  | | Christian Stue Homme de main


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Dim 20 Juil 2008 - 22:18 | |
| Attente fébrile dévore ces incessantes aiguilles ! Flot habituel, insaisissable, universel qui se perd et se mêle et se conjugue en trois temps, on y retrouve, passé, futur, présent. Trois émissaires de l’enfer qui se plaisent à torturer les pauvres gens ; le passé nous tourmente, le futur nous inquiète, le présent nous échappe… Danse éternelle dans sa chambrette, patience futile et inutile, il ressassait les aventures de son jour pour leur offrir la valeur de souvenirs et lui accordait des qualificatifs comme « charmant, agréable, délicieux ». Comme un lion en cage, le brave « inspecteur » Stue tournait en rond dans la petite pièce. A l’affût du moindre bruit, il s’armait de courage pour guetter son éventuelle venue ! Daignerait-elle se montrer ? N’avait-il pas après tout assez profité de sa présence ? En pensant à la belle duchesse, ses joues se peignaient d’un rose délicat, un sourire qu’il aurait lui-même qualifié de « niaiseux », ornait ses lèvres, que lui arrivait-il ? Lui, sous l’effet d’un sort ? Quelle stupide transformation pouvait bien s’opérer en ce gentleman émérite ? Non, il ne changerait pas et mettrait un point d’honneur dorénavant à se montrer le plus désagréable possible en la compagnie de Constance, c’était une femme mariée ! Il fallait s’y résoudre ! Les pensées qui le tiraillaient, n’avaient pas lieu d’être ! Et, c’est ce sentiment de honte, enflant, gonflant en lui, qui se permettait de lui dicter la conduite à adopter.
Mais contre toute attente, voilà que ses prières furent exaucées ! Oubliées les bonnes résolutions, il accourut à la porte, la prit avec une certaine fougue par la main, lui donna même du Constance.
« Je.. Ma chère, entrez donc…Je vous en prie, Constance… »
Légère hésitation qui disparut bien vite, il la fit s’asseoir sur le bord du lit, la complimenta avec art et délicatesse. Remarqua-t-elle ses regards pleins d’ardeur, qu’il avait effleuré de ses mains, ses épaules, sa gorge presque, qu’il s’était même permis le comble de sentir son parfum ?
« Vous voilà à moi, bien en beauté… Je suis touché… »
Instant de bonheur propice à d’autres jeux, qu’attendait-il pour l’embrasser dans cette pièce vide d’intrus, pour prendre ses lèvres encore et encore ? Non, il ne fit rien, se recula en silence. Changeant du tout au tout, lunatique au possible ? Ses pensées lui revinrent pour le hanter, il décida d’y céder et afficha à son hôte un visage de marbre des plus froids. Petite fille que voilà !
« Finissons en rapidement, je prépare mon matériel, Madame. Désirez vous un portrait au fusain, à l’encre peut-être ? » _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
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|  | | Constance Edelgard Duchesse


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Lun 21 Juil 2008 - 10:52 | |
| Rien n'était plus excitant que cette attente, qui lui sembla interminable, entre le moment où Constance frappa ses petits coups à la porte, et l'instant où, précipitamment, elle vit la figure aux joues rougies de Christian lui ouvrir, la faire venir à lui comme on entraine une partenaire dans une valse pour tournoyer, faire quelques pas aériens et immodérés vers son lit, et l'inviter à s'y asseoir sans attendre. Tout était rapide et trop lent à la fois, ses cheveux volaient en tous sens dès que l'Inquisiteur la faisait valser encore, et une fois assise, voilà que déjà elle s'attendait à sentir plus de présence de la part du jeune homme, qu'il s'approche peut être, plus près qu'il ne l'avait jamais été, ou qu'il se montre intimidé, et qu'elle doive faire en sorte qu'il ne se retienne pas plus ...
Mais au lieu de cela, alors que tout laissait penser qu'ils allaient s'étreindre, le visage de Christian se fit plus fermé, comme s'il avait eu un moment d'égarement, en lui ouvrant la porte et en l'invitant ainsi à danser jusqu'à son lit, et que, désormais, il était tout à fait conscient. Ses yeux ne brillaient plus autant, car ils avaient été si intensément flamboyant que Constance aurait pu s'y mirer. Au lieu de cela, plus rien, d'une neutralité presque trop courtoise, si bien que la Duchesse douta sérieusement de l'émoi qu'elle était capable de créer en lui. Se pourrait-il qu'il ne ressente rien, devant cette toilette pivoine ou ses œillades appuyées ?
Même lorsqu'elle chercha à poser sa main contre la sienne, Christian s'était levé pour reprendre la parole sans « Constance », sans « Ma Chère » ou sans bafouillage, preuve de l'émotion qui résidait en lui. Faudrait-il qu'elle le provoquer bien plus, pour qu'enfin il abdique ? Une légère moue se fit connaître sur ses lèvres, qu'elle tordit discrètement, et qu'elle ne voulut point trop exposer. Une moue d'enfant gâtée, auquel on refusait une sucrerie. Qu'il était frustrant de ne pas mordre dans une douceur lorsqu'on lui a présenter sous de charmantes dimensions, durant tout ce temps ?
« Rapidement ? » Fit-elle comme outrée. « Eh bien, Monsieur, vous voilà bien prompt à me quitter, alors que vous avez été si pressant, à mon oreille, tout à l'heure, à m'inviter à vous rejoindre. »
Elle se redressa pour le suivre, alors qu'il s'apprêtait à fouiller dans ses mallettes, pour en sortir le matériel nécessaire à son portrait. Elle plongea ses mains dans la sacoche, où étaient enfouies celles de Christian, et alla à leur rencontre pour le forcer à les remonter à la surface. Ses yeux observèrent ses paumes puis elle souffla, d'une voix à la fois faussement fâchée et complice :
« Vous êtes donc Inquisiteur et Dessinateur. Consentirez-vous à me dire ce qu'il convient de faire pour entrer dans l'Inquisition ? Faut-il des talents de Maître ? » Avec un petit sourire, quoi que ses yeux encore exprimaient une fervente volonté qu'il ne refuse plus ses demandes, la Duchesse s'éloigna, vint s'asseoir de nouveau sur le lit du jeune homme, et s'y allongea.
Son regard observait les voilages des baldaquins pendant qu'elle continuait de parler, les bras en croix.
« Faîtes-vous de nombreux portraits de femmes ? Il semble étonnant qu'on vous en laisse le droit, comme l'Eglise est si rigide sur ces principes-là. Et des Nus ? Oh, Monsieur, ne me dites pas que vous peignez de jeunes femmes nues ?! » Elle se redressa, faussement choquée, mais, clairement, il y avait sur son visage une expression malicieuse, peut être même malsaine.
« N'ayez pas peur de me dire tout ceci, s'il vous plait, nous voici seuls dans votre chambre, et je puis vous assurer que Lison jamais ne viendra nous déranger. »
Constance avant un sourire aux lèvres, et s'appuya sur ses bras pour se tenir assise. Si Christian avait besoin de provocations pour ne plus laisser son visage de marbre, sans doute Constance était-elle toute disposée à accéder à cette nécessité.
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|  | | Christian Stue Homme de main


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Mar 19 Aoû 2008 - 20:14 | |
| Réunis pour le meilleur et pour le pire, il en était ainsi pour ce couple improbable. Et si le meilleur semblait passé, le pire était à venir… Décor planté, acteurs en places, le premier assaut avait été lancé par Monsieur Stue ; quelle ne fut pas la réplique ! A un coup de semence, Constance avait répondu d’un boulet de canon à l’aide d’armes diverses et variées ! Quelle était la plus terrible ? Son indécente insolence, ses manières osées, son aura de séduction ?! Pauvre de lui, l’inquisiteur deviendrait-il le jouet particulier de Madame Edelgard ? N…on, oh que non ! Il ne s’y résoudrait qu’en dernier recours ! Esquive impossible, pitoyable tentative, Christian fut touché… Ses joues prirent des teintes coquelicot, son regard devint fuyant, il dut même pour rompre l’incessante cadence des battements de son cœur s’appuyer sur son bureau, cherchant à faire bonne stature et lui cacher son émoi. Cette provocation ouverte que cette fleur manifestait avec tant d’ardeur, eut bientôt complètement raison de son calme. Ses yeux se firent plus sombres, plus brûlants, pétillants d’une sourde colère alors qu’elle lui « reprochait » sa précédente demande, il n’y répliqua que par un exquis dédain. Ses mots se firent vibrants allumés de la lueur de reproche, il retrouvait cette fougue dont elle avait eu un avant-goût dans les jardins.
« Je suis navré d’avoir pu vous laisser croire de telles choses, Madame. Je m’en excuse, je ne pensais pas vous voir accourir, dois-je me faire plus distant à l’avenir ? »
Réplique assassine pour froideur fatale, doté et enorgueilli d’une assurance folle et d’une fierté sans nom, il ne tremblait plus et dardait ses prunelles noires et vives sur sa personne. Se retournant, drapé dans sa dignité, pour chercher le matériel de dessin approprié, Madame Edelgard effectua son troublant numéro ! Avait-elle toujours sur sa personne une longueur d’avance ?! Agitation extrême, fureur insidieuse, taquineries folles, il en demeurait bouche bée… Allongée sur son lit, ainsi vêtue, cette femme avait-elle seulement conscience de l’image offerte ? Devait-il céder et la chérir, ce qui signifierait se compromettre ?! L’enlacer et la couvrir de baisers ?! Sa poitrine s’emballa, son corps se raidit, il se sentait fébrile. Et, par la même occasion, une voix intérieure lui dictait de faire taire cette capricieuse ! Bafouillant légèrement, rassemblement de ses esprits, il parvint enfin à donner réponse à cette superposition d’interrogations… Les modulations de sa voix se plurent à jouer de l’accordéon, épouvanté comme une petite fille…
Je.. Je ne consens en rien. N’avons-nous pas déjà parlé de cela, il y a peu ?! Je..je vous demande par…pardon… ?*Avalant avec difficulté sa salive alors qu’il osait s’approcher de cette démone* Des…des nus ?!.
Il avait éludé ses précédentes paroles… La cause du choc et de la surprise de ce dernier pic sûrement ! Puis se ressaisissant et bien décidé à la mettre mal à l’aise, il tenta le jeu de la comédie et de la séduction, Christian gagna la distance qui les séparait, vint s’asseoir à ses côtés, tout près d’elle… Puis sur un ton plus feutré, plus grave…
« C’est d’accord, ma chère. Je vous parlerai en toute confiance, n’êtes vous pas ma bonne amie, après tout ? Ne puis-je pas vous offrir mon cœur ? Mais promettez moi de ne pas mal me juger ! »
Parfaite ironie ? Christian frémissait de la frôler et ses propos devenaient plus confus en sa présence, attrapant sa main en signe d’intérêt, il poursuivit…
« Oh…J’ai fait quelques portraits mais pas de nus. Vous voilà rassasié d’informations, ma chère ? Ce n’est qu’un passe-temps et rien d’autre, l’Eglise n’est pas au courant et n’a pas à l’être. »
Serrant un peu plus cette main tout contre la sienne, ses doigts englobaient les siens, promesse de lendemain ? Cependant, la volonté de l’effrayer et la mettre dans le même état de surprise et de colère, d’être odieux persistait, gonflait en lui. Mais il lui avait offert la vérité… Dans un susurrement extrême, il poursuivit son effroyable plan…
« Mais voulez vous un nu, Constance ? Voulez vous que je vous dessine, toute entière ? »
Grave inspiration, il espérait qu’elle ne remarquerait pas de suite la supercherie. Il avait fallu à ce bon Monsieur Stue un courage monstre pour prononcer ces deux phrases mais il n’en avait pas fini avec elle, non ! Cerise sur le gâteau, il ajouta…
« Si c’est oui, laissez moi…vous découvrir que je saisisse le galbe de votre être… »
Et fier de sa plaisanterie et de sa vengeance qu’il trouvait des plus habiles, il lâcha sa main avant d’ajouter sur le ton le plus neutre possible, détournant le regard pour cacher les quelques rougeurs que ses mots avaient eu sur lui…
« Pardonnez moi, je ne voulais pas vous effrayer, Madame Edelgard. J’ai été indigne de vous et ai trahi votre confiance… Laissez moi un peu seul, s’il vous plaît. Il me faut…Je ne me sens pas bien. Je quitterai la demeure dès demain. Je me suis conduit de manière intolérable. »
Se levant, il se détourna d’elle, faisant mine de ranger les quelques documents éparpillées au quatre coins du bureau _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
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|  | | Constance Edelgard Duchesse


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Mer 20 Aoû 2008 - 19:06 | |
| Les cils de Constance n'avaient cessé une course éperdue et vive, elle battait des paupières comme s'éveillant d'un rêve sans savoir désormais, où se plaçait la réalité, et où s'achevait cet étrange bulle. Les différentes phases qu'avaient eu Christian l'avaient en effet bien surprise, sans doute l'effet escompté était-il satisfaisant pour l'Inquisiteur, car la Duchesse cillait, incrédule.
Il s'était emporté, il avait bafouillé, il s'était empourpré, il avait chuchoté et ensuite, ce ton digne avait sournoisement clos toute tentative de réponse à ces quelques mots au ton si grave. Elle prenait peine à comprendre réellement les intentions du Représentant de Dieu. Avait-il cherché à la mettre mal à l'aise ? Certainement, cela avait pour peu fonctionné, puisqu'elle était restée bouche bée lorsqu'il avait gardé sa main si fermement dans la sienne, en lui susurrant à l'oreille des mots qui résonnaient encore dans sa mémoire.
Avait-il espéré qu'elle s'offusque devant une proposition si indécente ? Certainement, cela n'avait pas été le cas. Certes, choquée, elle l'avait été, puisqu'elle doutait avoir à l'entendre faire une phrase aussi osée devant elle, main dans la main. Mais c'était une surprise qui avait été plutôt agréable, de constater qu'avec un peu d'attaque, il ripostait parfaitement.
Hélas, le voici qui déjà s'élançait derrière ses principes ou ses dignités idiotes. Jouait-il un rôle désormais, en annonçant qu'il souhaitait quitter le Manoir dès le lendemain ? Elle ne put le tolérer, se leva d'un bond en faisant voler sa mousseline dans une aura pivoine et grogna comme une bête enragée. Ses sourcils étaient froncés et son ton fut celui d'une mégère qui ordonne.
" Cessez vos enfantillages, Christian ! " Lança-t-elle comme elle l'aurait dit à son fils. " Vous ne m'avez en rien offensée, ni sali mon nom, et vous n'avez aucune raison de délaisser le Manoir Edelgard. "
C'était un timbre plus sincère qui s'était fait entendre pour la fin de sa phrase, comme si elle craignait qu'il mette à exécution ses menaces. Ne désirant pas le voir partir, elle eut une moue mécontente et sa voix avait été plaintive.
" Vous semblez avoir quelques problèmes de santé, pour ainsi vous sentir indisposé chaque seconde, pour être parfaitement en forme la minute d'après. Voulez-vous que je demande au Docteur Lorrentz de vous ausculter ? "
Mais cette fois, son œil trahissait comme des sourires. Des sourires de nouveau candides, comme brillants de malice. Elle affichait cependant un visage assez sérieux, bien qu'on lise quelques notes ironiques. Comme une jeune fille, il rougissait, et comme une jeune fille, il se trouvait mal dès que la situation lui échappait un peu.
Pourtant, il avait su faire preuve d'audace. Cet effort lui avait-il donné des suées et le malaise le gagnait sans doute de s'être montré aussi osé. Elle le trouvait charmant, ainsi, à l'encourager pour ensuite s'enfuir, sans oser être constant dans ses propos.
" Vous renoncez donc à mon Portrait, Christian, encore une fois alors que vous me l'aviez promis. Est-ce une pratique que celle d'un Inquisiteur, de ne pas tenir ses engagements ? " Elle glissa ses yeux vers le matériel du jeune homme.
" Je n'oserai jamais vous offrir un nu, mais commencez-donc par mon visage. Je vous laisserai ensuite. "
Affirma-t-elle, sans qu'on puisse savoir si elle disait la vérité. |
|  | | Christian Stue Homme de main


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Mer 8 Oct 2008 - 17:02 | |
| L’étonnement est une condition nécessaire et suffisante pour le bon fonctionnement d’une relation ? Cet ingrédient magique et surprenant n’est finalement peut-être qu’un condiment d’une recette secrète ? L’ambiguïté des rapports entre sexes opposés joue-t-il un rôle dans le piment de la vie ? Fallait-il le croire en les observant, en épiant cet adorable couple ? Pleine de surprises la maîtresse des lieux savait se faire, aussi odieuse que douce, belle et insupportable, terrible et séduisante, mais, peut-être, la nature même de ces faits était en rapport avec sa condition de femme. Les battements de son cœur ne se taisaient pas, un martèlement sourd et certain s’était emparé de lui, faisant vibrer son corps de terribles et incessantes secousses, Monsieur Stue peinait à présent à lui faire face, envahi de remords ou peut-être pris à son propre jeu ? Ses orbes sombres et vifs cherchaient à se dérober du regard chocolat de Madame Edelgard, ses lèvres n’avaient plus le plaisir de s’ouvrir pour lui répliquer du tac o tac quelques propos taquins. Etat de faiblesse extrême pour un homme encore si confiant quelques instants auparavant, la maladie qui s’était emparée de lui, était réputée pour sa longueur et pour la douleur qu’elle invoquait, car propre au cœur et aux nerfs. L’inquisiteur se sentait mal, affreusement à l’étroit dans cette pièce en compagnie de la duchesse, prenant son courage à deux mains, il se rembrunit pour tenir tête à ce monstre à jupons. Ses prunelles ténébreuses se firent plus opaques, lanceuses de mauvais sorts, son regard se posait avec plus de dureté sur elle, l’enquêteur se permettait même de l’ignorer par moments. Sa bouche s’ouvrit finalement pour répandre quelques froides palabres.
« Je vous l’ai promis, soit, je ferai ce portrait de vous… Installez vous sur cette chaise, s’il vous plaît, Madame Edelgard. »
Lui indiquant d’une main polie la chaise de son bureau toute proche de la fenêtre, Christian s’échappa de la vision de Constance pour aller chercher un fusain et du papier. En son fort intérieur, il était encore soumis aux tremblements de sa personne et il se faisait violence pour afficher une « image forte » de lui-même. Déposant sur le lit de la petite chambre son attirail d’artiste, il s’approcha de son modèle, faisant glisser une main tremblante tout près de l’oreille de la jeune femme pour écarter une mèche avant de s’installer sur son perchoir. Ses doigts fins et allongés se saisirent avec une habilité déconcertante du fusain, ses membres rendus experts par l’usage de la plume, firent voguer la mine de carbone dans des arabesques espiègles, des volutes délicates, des soubresauts habiles. Son regard ténèbres se posait par alternance sur elle, la dévisageant avec pudeur, faisant courir ses yeux intelligents sur le minois de cette belle personne, tout en traçant des traits sous la maîtrise d’une main presque totalement calmée des émotions qui auraient pu l’affaiblir. Des minutes s’écoulèrent, il n’ajoutait mot, concentré à l’extrême, minutie et rigueur dans son travail, y trouverait-on le mot passion ? Peut-être bien. Se levant, il lui tendit son œuvre, dans un calme d’apparence olympien alors que terreur des profondeurs se faisait entendre en lui-même…
"Qu'en pensez vous ?.." _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
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|  | | Constance Edelgard Duchesse


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Mer 8 Oct 2008 - 17:45 | |
| Constance n'avait pas été calme une seconde. A l'instar de son interlocuteur artiste, elle avait été touchée par l'échange précédent, bien qu'il semblait qu'elle soit plus apte à gérer ces situations, voire à les produire volontairement, par jeu, peut être. S'il avait été simple de lui obéir, le voir se transformer de nouveau en cet austère Inquisiteur à l'oeil sombre et neutre la rendait grognon. Ces changements soudains lui paraissaient infantiles, cela l'exaspérait de ne savoir le cerner à tout instant, le voyant se dérober de manière vive dès qu'elle réussissait à l'attraper. Mais elle avouait sans doute par cette obéissance, en s'installant en effet sur cette chaise désignée, qu'elle appréciait, un peu du moins, cette spirale démesurée.
Assise, elle n'en demeura pas moins immobile, et cette mèche qu'il avait repoussé pudiquement -et en prenant soin de ne pas effleurer sa peau- ne cessa de revenir se placer sur sa joue. Non par un mouvement naturel de ses cheveux, incontrôlables, mais bien par une provocation espiègle qu'elle imposait à son visage, le penchant légèrement dès qu'elle jugeait bon de le déstabiliser dans son ouvrage. A vrai dire, peu importait que le résultat soit plaisant ou non, la situation, déjà, était bien palpitante, et s'amuser à le déconcentrer était une occupation bien plus attrayante que jouer les Mona Lisa.
Cependant, lorsqu'il se leva enfin, pour lui exposé son oeuvre, la Duchesse ne put nier le talent de l'Homme d'Eglise. Elle se redressa à son tour, prit des mains redevenues stables le portrait ainsi tendu, et l'observa durant plusieurs secondes. Un instant plus tard, elle souriait, de ces expressions de petites filles ravies devant une poupée de porcelaine aux anglaises blondes et aux dentelles trop volumineuses.
« Quel incroyable flatteur vous faîtes, Christian ! » Fit-elle en riant, en tournant l'ouvrage de sorte qu'il puisse avoir son travail et le visage de la Duchesse côte à côte.
« Vous rendez-vous compte que vous avez écourté mon nez trop long, maigri mes joues trop rondes, et éclairci mes yeux trop sombres ? Me voilà une Vénus sous vos traits. Quel nu cela aurait été ! » S'esclaffa-t-elle en s'approchant de lui comme pour lui prouver ses dires.
Elle trouvait la toile magnifique, et se sentait déjà l'envie d'une vie de Muse pour cet artiste Inquisiteur. Mais ce Christian qui ne la nommait que pas des 'Madame Edelgard' l'ennuyait, surtout alors qu'elle avait entrevu celui qui se montrait si charmant.
« Me permettez-vous de l'encadrer, pour le mettre dans ma chambre ? Je penserai à vous en l'admirant, chaque jour, après votre départ... » Souligna-t-elle d'un ton sarcastique, lui rappelant les mots qu'il avait eus, et son désir de quitter le Manoir dès le lendemain. Naturellement, elle ne le laisserait pas ainsi la délaisser, mais elle n'était pas disposée à lui rendre la tâche facile.
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|  | | Christian Stue Homme de main


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Mer 8 Oct 2008 - 18:41 | |
| Reconnaissance est mère de satisfaction, et, Monsieur Stue ne put réprimer un léger sourire qui se dessina sur ses lèvres alors que la belle Constance admirait son portrait, visiblement ravie. Le poids qui pesait sur son cœur, appréhension réelle mais dérisoire, s’envola aussitôt. Le ténébreux inquisiteur se voyait rassurer que le résultat la satisfasse. Mais se maudissant de se laisser aller à quelques bons sentiments, il répondit d’une voix claire et dénuée d’émotions à ses dires.
« Je vous ai dessiné telle que je vous vois et vous vous trompez l’original est bien plus beau que ce sordide portrait. »
Se détournant d’elle alors qu’elle s’approchait pour minauder et le déstabiliser, la toisant de son superbe, conforme aux coutumes établies entre eux, l’homme à la crinière d’ébène faisait les cent pas, il rangea le fusain, acquiesça aux dires du nu d’une voix des plus mollassonnes et n’ajouta rien. Mais voilà que la démoniaque Constance échafaudait un nouveau plan pour se jouer de l’homme d’Eglise, les femmes ne sont-elles pas après tout des menteuses et des joueuses habiles ? Ce ne fut pas l’évocation de son départ qui trouva le plus splendide des échos mais ces autres mots, des paroles simples, sincères ? Et, en ascète médiocre, le bel enquêteur se figea sur place. Ses joues virèrent au cramoisi, se moquait-elle de lui ? Oui, sans aucun doute… « Je penserai à vous, chaque jour… » Pourrait-il parvenir à chasser cette idée saugrenue ? Le regard perdu dans le vague, son cœur adoptait un rythme des plus soutenus. Entre espoir…et désuétude …Secouant la tête, terrible tentative pour rassembler ses esprits, il lui fit face de nouveau. Son ton se faisait le témoin des émotions qui le traversait..
« Je ne peux…Je…je ne peux accéder à votre requête, Madame Edelgard. Que penserez votre époux ? Vous moquez vous de moi ?! Je ne suis pas un artiste, juste un homme de Dieu. Rendez moi ce portrait s’il vous plait, je le garderai précieusement. Quant à mon départ, je partirai demain de bonne heure, je ne souhaite pas plus vous déranger. »
Et s’exécutant comme si elle avait répliqué, ce qui ne s’était pas encore produit, Christian s’empara dans un mouvement leste du portrait, pliant la feuille avec vélocité avant de la faire disparaître dans la poche intérieure de sa veste. _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
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|  | | Constance Edelgard Duchesse


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Mer 8 Oct 2008 - 21:11 | |
| L'Inquisiteur avait visiblement revêtu sa sombre toge de neutralité hautaine, qui mettait une distance entre la Duchesse et lui, se drapant dans une vertu qu'il avait peine à restreindre, cependant. De toute évidence, ce fut les mots qu'elle prononça qui le firent changer derechef d'attitude, comme s'il ne pouvait résister aux appels naturels d'un trouble insurmontable. Ses joues étaient encore rouges, et Constance s'en ému rapidement, bien qu'elle changea du tout au tout à mesure que son discours avançait.
Voilà que ses idées de départ étaient bien réelles, et qu'il paraissait plus certain que jamais. Pire encore, puisqu'il annonçait qu'il la quitterait prestement, dans la seconde, pour ne plus la déranger. Mais quelle affreuse mouche pouvait piquer le Représentant de l'Eglise, se vantant d'être Homme de Dieu et faisant appel au nom du Duc pour justifier une lâcheté évidente. Elle trépigna, se saisit du tissus de la veste de Christian, l'écarta sans ménagement et enserra le dessin qu'il y avait rangé.
D'un geste brusque et capricieux, elle le cacha derrière son dos et lui lança un regard haineux.
« Il est hors de question que je vous laisse ce portrait ! Il est à moi ! Vous l'avez fait pour moi. » Gronda-t-elle, avant de plisser son nez en une moue congestionnée.
« Et je ne vous laisserai pas repartir non plus. Si ma compagnie vous déplait tant, ne cherchez plus à me rencontrer, ne me proposez plus d'ouvrage ou de balade, ni même de visite de Forbach ! Vous êtes inconstant, Christian, vous me ravissez un instant, et me faites enrager l'autre. »
Elle eut le temps de reprendre son souffle et enchérit :
« Et laissez mon mari là où il se trouve !Il ne verra même pas ce portrait, il ne vient jamais dans ma chambre ! N'est-il pas loin de celle qu'il devrait chérir ?! Ne serait-il pas juste qu'il soit à mon côté, plutôt qu'à travailler, enfermé dans un sordide bureau, ou à s'entretenir avec des Hommes d'Eglise ? Vous êtes la seule compagnie à laquelle je puis prétendre et toujours vous vous dérobez par les plus affreux prétextes, invoquant mon dérangement. N'ai-je pas l'air d'apprécier votre présence ? »
Finit-elle par souffler, sans que l'on puisse savoir s'il s'agissait d'une tirage de tragédie ou d'une sincère plainte. A vrai dire, on avait tant l'habitude de la voir se jouer de tout et tout jouer, qu'on peinait à croire aux mots qu'elle prononçaient, même lorsqu'ils sonnaient justes. La mélodie, pourtant, était peinte sur son visage, malgré que son regard noisette ne reflète pas que ces interrogations, ayant une large part d'agacement capricieux.
« Laissez-moi votre dessin, s'il-vous plait, Monsieur, et ne partez point demain. Repoussez ce qui pourrait vous forcer à me quitter, vous m'avez promis d'être mon guide, demain, tenez votre engagement, Monsieur, s'il vous plait. »
Constance implorait encore, comme une fillette qui supplie son père de ne pas éteindre la chandelle par peur du noir.
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|  | | Christian Stue Homme de main


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Jeu 9 Oct 2008 - 13:23 | |
| Bouche bée, il avait demeuré durant les tirades de la belle. Affreuses suppliques, terribles piques, quelle était la dominante de ce monologue jouée à la perfection ? Le temps semblait s’être suspendu tout autour de sa personne, Christian était resté dans une apnée assumée et terrible. Ses méninges avaient-ils subi quelques dommages durant cette noyade ? Lorsqu’il reprit ses esprits, le temps avait rattrapé son retard, offrant durant cet intervalle un silence imposant à la maîtresse des lieux. Blessé et par la même occasion flatté par ses propos, que devait-il dire, faire ? La prendre dans ses bras ? Vivre pour et dans l’orgueil et la laisser seule dans cette chambre ? Acquiescer bêtement à ses dires ? La plaindre ? La critiquer ? La haïr ?... L’aimer ? Une inspiration fut nécessaire, bouffée d’oxygène, en vue de nouvelles intempéries pour qu’il puisse s’exprimer de nouveau. Ses mots coupèrent la pesante quiétude.
« Madame, gardez donc ce portrait et faites en l’usage qu’il vous plaira, vous avez raison, il est à vous, je ne peux que m’incliner sur vos dires. Je vous remercie pour l’hospitalité que vous m’accordez. Je suis votre obligé mais je ne tiendrai pas le second engagement que j’ai pris envers vous, Duchesse Edelgard. Je vous prie de ne pas le prendre mal, vous avez raison, il m’arrive d’être inconstant dans mes humeurs, mais il me faut tenir mon rang tout comme vous tenez le vôtre. Je ne vous inviterai plus pour des ballades ou autres discussions ; non, car vous m’indisposez mais parce que vous ne me laissez pas indifférent Madame Edelgard et que je ne crois pas à l’amitié entre les deux sexes. »
Les mots s’étaient extirpés hors de sa bouche, maladroits peut-être ? Honnêtes sûrement ! Son sang ne faisait plus qu’un tour en lui-même, suspendu à la réaction de la belle. Comment réagirait-elle ? Christian Stue envisageait les possibilités, imaginant la pire avec appréhension, celle de la voir quitter la pièce…Cracherait-elle un venin ? Le maudirait-elle ? Affirmerait-elle ses dires ? La pire des options était peut-être la meilleure, à la réflexion. Il serait débarrassé de ses tourments, oh pas tout de suite, mais le temps ferait son office, cet ami des amants malheureux sait se faire complaisant et panse les blessures avec bien plus de soins que bandages et autres décorations…. _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
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|  | | Constance Edelgard Duchesse


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Jeu 9 Oct 2008 - 21:22 | |
| Ce furent de grands yeux ronds, une noisette entière, qui accueilli les paroles surprenantes du jeune homme. Il était pourtant des signes annonciateurs qui laissaient prétendre qu'il disait juste, mais Constance supposait les hommes tous aussi friands de jolies demoiselles, et estimait qu'ils étaient tous, dans une certaine mesure, loin d'être indifférents aux charmes qu'elle s'amusait à exposer. Cependant, la sincérité avec laquelle Christian avait parlé était flagrante, si visible qu'elle s'en trouvait troublée, étonnée même.
N'exprimait-il pas uniquement un simple attrait, égal à celui de beaucoup de messieurs ? Son époux était lui même bien incapable de résister aux allures des femmes, et ne lui refusait rien du moment qu'elle se déhanchait innocemment... Mais il y avait une autre dimension, plus grande peut être que celle qu'imposaient les tendres souffles de son mari lorsqu'il se faisait amoureux.
Il y avait à la fois cette gourmandise qu'elle connaissait des mâles, et une attendrissante honnêteté qu'elle ignorait encore. Touchée, elle se sentit également coupable d'avoir ainsi trop poussé son interlocuteur à la faille, jusqu'à avouer des mots qui peut être lui vaudraient cher. Car elle n'était pas si naïve, et connaissait de l'amour quelques notions. Aussi, fut-elle muette durant quelques instants, sans doute parurent-ils interminables pour l'Inquisiteur, en attente d'une réponse, qu'elle qu'elle fut. Elle vint alors, saisit la main du jeune homme sans théâtralité et la porta à ses lèvres. Sa paume était chaude et on pouvait y déceler les prémisses d'une angoissante situation, mais elle l'embrassa sans crainte, pour la lui rendre sans lourdeur, sans pesanteur dans son mouvement.
« Quittez-vous le Manoir afin de ne plus me revoir, Christian ? » Souffla-t-elle avec une faible voix. « Je ne peux vous forcer à rester, ni vous empêcher de briser votre promesse. »
Cependant, alors qu'elle semblait avoir fait montre d'une sensibilité adulte et d'une lucidité mâture, Constance parut froncer les sourcils et se redresser, en plongeant ses yeux décidés dans le regard de l'Inquisiteur. Son ton changea également, pour se faire plus sévère.
« Et malgré que vous refusiez de jouer le rôle d'accompagnateur, ne doutez pas que vous devez respect et obéissance à mon époux, et que d'un mot sorti de ma bouche, il saura vous ordonner de me suivre comme mon ombre. Faut-il que je me montre odieuse devant vous... » Elle se tut, paraissant se renfermer, tourna les yeux, comme consciente des affreuses paroles qu'elle prononçait, comme si ses caprices allaient trop loin.
Serait-elle capable de forcer Christian à rester, par n'importe quels moyens, juste parce qu'elle le souhaitait proche d'elle ? La Duchesse frémit. Mais là encore, elle se changea en une jeune fille, se détourna, fit quelques pas dans la chambrée, déplia le portrait pour l'observer encore, le replia calmement, puis ses pas la conduisirent vers la porte.
« Votre présence m'est précieuse, Christian, réfléchissez donc et prenez la décision que vous souhaitez. Vous obtiendrez de moi ce que vos choix auront dictés. »
Elle tourna son visage vers lui, dans un silence, puis referma derrière elle la porte de cette chambre, source d'émotions diverses et contraires. |
|  | | Christian Stue Homme de main


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Ven 10 Oct 2008 - 18:12 | |
| « Vous obtiendrez de moi ce que vos choix auront dictés. » Terrible phrase que voilà, cette juxtaposition de mots, bien que prononcée selon Monsieur Stue, par le plus charmant des minois, n’était-elle point au final une épée de Damoclès prête à sévir au dessus de la tête du jeune homme ? L’inquisiteur deviendrait-il le jouet de la maîtresse de maison, son bouffon qu’elle s’amuserait à sonner pour la divertir et lui faire la cour ? Et pire encore, quel serait son châtiment quand sonnerait la disgrâce ? Et, en même temps, Constance ne s’était-elle pas découverte a cours de la fin de cet entretien ? Ne lui avait-elle pas offert un baiser sur sa main, quelques belles paroles ? A la vérité, ce n’était rien en comparaison de sa sortie des plus théâtrales. Les femmes ont-elles toutes le goût du spectacle ?
Etourdi encore de la situation présente, engourdi par une liqueur douce amère, Christian demeurait immobile dans sa chambre, le regard rivé sur l’unique entrée, synonyme de sortie, de l’austère pièce. Les flots de son esprit étaient si tumultueux que l’homme se tourna donc vers le repos, reposant même sur ce lit où « elle » s’était étendue avec une dose de sensualité ambiguë. Occultant la lumière de la pièce, ses paupières se fermèrent, mais il ne trouva pas le repos durant la nuit, cogitant en vain sur une stratégie à adopter. Se résoudrait-elle à mettre ses menaces à exécution ? Devait-il lui céder, lui résister ? C’est en ces bien sinistres pensées que le garçon se réveilla. Après sa toilette terminée, il se rendit dans le hall d’entrée, là même où l’improbable duo s’était rencontré. Il fit demander Lison, petite soubrette de la maison, la somma d’aller chercher sa maîtresse et attendit patiemment dans le hall, faisant les cent pas, tournant comme un lion en cage. Pestant intérieurement sur le temps mis par la jeune femme pour parvenir dans le hall, il vit bientôt revenir la petite Lison…
« Mo…Monnsieur Stue, patientez un moment je vous prie… »
L’adolescente, pareille à une midinette, rougissait à outrance en présence de l’inquisiteur, baissant les yeux de peur de croiser les perles ténébreuses qui sévissaient à l’encontre de ses interlocuteurs. Bredouillante, elle était face à lui sans oser mot…
« Mademoiselle Lison, pouvez vous transmettre le message suivant à Madame Edelgard , dites lui qu’elle me trouve à l’Eglise en ville, je pars devant, je ne vais pas attendre toute la matinée… »Lançant une fausse plainte qui lui permettrait d’éviter la duchesse pour la matinée, il ferait en sorte de ne la retrouver que l’après-midi pour la visite de Forbach. Mais déjà des bruits de pas se faisaient entendre dans les escaliers… La petite Lison, elle, avait disparu… _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
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|  | | Constance Edelgard Duchesse


Nombre de messages: 957 Age: 25 Date d'inscription: 31/05/2008
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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Ven 10 Oct 2008 - 21:20 | |
| Lison avait déjà filé, loin dans les corridors dont elle connaissait beaucoup des secrets. C'était une femme qui s'avançait, à grands pas dans l'escalier central, menant aux chambres et aux boudoirs. La Duchesse avait une démarche rapide, soulevant à peine ses jupons pour ne pas trébucher dans les marches, et déjà, elle hélait :
« Monsieur ! Monsieur, attendez. »
Elle arrivait déjà au bas des escaliers, essoufflée par cette course. Avait-elle été avertie par un tiers de la sortie immédiate de l'Inquisiteur ? Avait-on soufflé à la jeune femme qu'il serait bientôt loin du Manoir, et qu'elle aurait alors à se plier aux souhaits qu'il avait soufflé à Lison, sans possibilité de mener elle même la course qu'elle avait engagé avec lui ?
« Voudriez-vous m'éviter en vous absentant si tôt de ma demeure ? » Elle eut un petit sourire, fin et discret, mais présent un instant, avant de vêtir un masque plutôt neutre. Malgré tout, ses yeux, eux, exprimaient beaucoup de choses indistinctes : un légère fatigue -ses cernes avaient été cachées par un habile maquillage-, un soupçon d'impatience mêlé à une volonté de se montrer froide. Constance craignait cependant que Christian ait déjà pris une décision qui lui déplairait. Néanmoins, il semblait que son souhait de la voir dans l'après midi lui souffle que l'Inquisiteur ne désirait pas la quitter sur l'instant.
« Vous êtes si matinal... » Avait-elle soufflé en reprenant sa respiration et en repositionnant de petites mèches qui s'étaient enfuies de ce chignon bas qu'elle portait. Sa toilette était d'un tissus épais, du velours pourpre, afin de supporter le froid de l'extérieur. Une large étole entourait son cou, déjà masqué partiellement par une dentelle sombre qui empêcherait le vent de chatouiller la peau de son décolleté. L'ensemble n'était ni chaste ni provoquant ; elle avait adopté cette tenue afin qu'il puisse apprécier ses charmes sans paraître vulgaire... Une attention pour lui plaire ?
« Vous désirez me mener à l'Eglise ? Voudriez-vous m'entendre en confession ? »
Elle avait pris soin de ne pas l'observer durant ses mots, avança jusqu'à la lourde porte d'entrée, alors que Lison revenait avec un épais manteau de fourrure brun. En ouvrant la porte, le vent s'engouffra déjà dans le hall et elle tourna son visage vers Christian.
« Avez-vous changé d'avis, Christian ? »
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|  | | Christian Stue Homme de main


Nombre de messages: 130 Age: 21 Date d'inscription: 31/05/2008
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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Sam 11 Oct 2008 - 15:54 | |
| Le beau membre de l’Inquisition s’apprêtait à partir que, déjà, la vamp apparaissait dans ses habits pourpres, robe tâchée d’un sang sombre ; l’une de ses précédentes victimes ? Lui réservait-elle le même sort selon ses décisions et divers choix ? Son regard aussi noir que le charbon se posta sur elle alors qu’elle faisait son entrée dans le hall, suivant cette étoile dans sa course, l’observant à la dérobée avec une légère gêne. Impeccablement dépourvu d’originalité dans ses habits, Monsieur Stue était à l’image des autres jours, froid, hautain mais séduisant. Son costume ne changeait point, il était en partie couvert de ténèbres de tissus, seule sa chemise de coton se faisait lumière dans cet amoncellement de distinction.
« Madame, je me réjouis de vous voir. Moi qui allais partir sans vous de peur de vous importuner de si bonne heure ! »
S’exclama-t-il sans joie d’une voix des plus neutres qui ne prédisait rien de bon. Se drapant de courage, il lui fit face sans même tenir compte de l’incident de la veille, pauvre fou que voilà ! Sa langue se mit de nouveau en marche pour répliquer à la dernière provocation de cette capricieuse.
« Pourquoi donc ? Auriez vous des choses à confesser, madame Edelgard ? »
La suivant jusqu’au dehors de la luxueuse demeure, toujours armé de sa froideur et du plus exquis des dédains pour ne pas souffrir de troubles en sa présence, sa voix s’éleva encore en ce bon matin. Quel bavard, ce Christian…
« Combien de temps prendra cette visite, Madame ? Il fait froid, nous ferions mieux de l’écourter et de ne faire qu’un simple tour en voiture… »
Et, comme si la duchesse avait donné son accord, il se mit en marche jusqu’à la voiture, l’attendit, lui offrit sa main par politesse pour l’aider à monter avant de s’engouffrer à son tour dans l’étroite cabine qui s’offrait à eux. Chacun des deux protagonistes possédait sa propre banquette, ils se faisaient face…Fuyant les perles noisette, il s’offrit pour seule vision le paysage… Bientôt la calèche se mit en marche…La route menant à la ville étant sinueuse, le voyage était animé de soubresauts et autres désagréments et bientôt une secousse plus importante qu’une autre fit atterrir le pauvre infortuné dans les bras de cette mante… Les mèches brunes de l’homme titillèrent une gorge blanche et gracile alors que son visage se perdait dans ce cou, laissant se faufiler un souffle dans le creux de ce décolleté, les mains de l’artiste s’étaient retrouvées à présent au niveau de sa taille dans un mouvement réflexe… Le rouge aux joues, le souffle court, les palpitations de son être, que venait-il de se passer ?! N’étaient-ils pas charmants ces deux « amants » ? _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
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|  | | Constance Edelgard Duchesse


Nombre de messages: 957 Age: 25 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 24ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Sam 11 Oct 2008 - 17:06 | |
| Si le début du voyage avait été des plus désastreux, Constance trouva vite un intérêt certain à cette petite visite de la ville. Car lorsqu'elle était monté en voiture, assise sur cette banquette que Christian ne partageait même pas, devant un profil de l'Inquisiteur, plus absorbé par le paysage qui défilait que par son visage, la Duchesse était restée figée dans une attitude lasse, s'était même permis un soupir discret : en effet, elle n'appréciait pas réellement qu'on choisisse pour elle. Et l'Homme d'Eglise avait tout ordonné : la balade écourtée, la voiture dans l'immédiat, bref, exactement ce qui pouvait rendre une sortie en ville d'un ennui épouvantable.
Fort heureusement, le sort devait être de son côté. D'abord, les soubresauts de la voiture la firent enrager : ce cochet ne pouvait-il pas emprunter de meilleures routes, plutôt que de leur faire subir cet affreux roulis, plus étourdissant qu'un voyage en mer ?
Mais lorsque l'Inquisiteur se trouva dans cette situation fort gênante -pour lui sans doute plus que pour elle- voilà que Constance eut un délicat sourire. Finalement, malgré tout ce qu'il pouvait mettre en œuvre pour paraître froid, Christian rougissait comme une garçonnet à son contact, preuve qu'il jouait ce rôle de neutralité sans grande consistance dès qu'il dépassait le mètre qui les séparait. La Duchesse frémit. Car malgré que cette surprenante situation lui soit plaisante, les mains de l'Inquisiteur étaient bien contre elle, son souffle caressait sa peau, et elle respirait le parfum de ses cheveux comme jamais.
Consciente que cet instant pouvait les mener vers quelques aggravations, Constance pencha son regard vers les pommettes flamboyantes du jeune homme et chuchota d'une voix malicieuse.
« Il semblerait que malgré vos efforts, vos joues apprécient cette teinte carmin. »
Mais elle ne s'apesantit pas sur ce fait, ne voulant pas trop le gêner. Avant qu'il n'ait changé de couleur, elle posa son doigt sur le rouge qu'arborait Christian, et eut un sourire enfantin. Son autre main tapota la banquette, tout près d'elle.
« Installez-vous plutôt sur ce côté, à moins que vous ne préfériez sans cesse que j'aie à vous relever... » Fit-elle, avec ce ton toujours entre la taquinerie et l'ambitieuse provocation dont elle faisait preuve souvent.
Sa poitrine se soulevait cependant bien vite, pour quelqu'un qui paraissait si amusée de la situation. A réellement s'y attacher, on pouvait constater sans peine que la Duchesse avait plus chaud qu'à l'accoutumée, malgré une température extérieure bien fraiche en ce matin. Il semblerait que la proximité surprenante de l'Inquisiteur n'y soit pas étrangère.
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