
|
| | |
| Auteur | Message |
|---|
Christian Stue Homme de main


Nombre de messages: 130 Age: 21 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 25 ans Titre: Bourgeois
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Sam 11 Oct 2008 - 18:11 | |
| Quel ne fut pas son embarras après pareille mésaventure ! Heureusement pour lui, de nature observatrice, Monsieur Stue remarqua que ce monstre suceur de sang n’était pas sorti indemne de leur étreinte passionnée. Et alors qu’encore une fois, Constance Edelgard se jouait de lui par des mots choisis et provocants, Christian se risqua à faire de même et s’exclama, toujours sous le poids d’une vive émotion.
« Eh bien, Madame, allez vous bien ? J’ai peur de vous avoir brusqué par ma maladresse et je m’en voudrai de savoir que vous souffrez de quelques maux par ma faute ? Voulez vous que je demande au cocher de faire une halte ? »
L’inquisiteur emprisonnait toujours de ses mains la taille de l’épouse du duc, poupée fine et délicate que voilà ; néanmoins, son visage n’était plus à même la gorge de la belle, il n’était plus cet enfant presque couché sur le sein de sa mère, encore légèrement accroupi, voilà qu’il se redressait pour venir s’installer aux côtés de la belle, rompant par la même occasion, la pression et la chaleur de ses mains. N’attendant pas à ce qu’elle avoue ses faiblesses, l’inquisiteur ne donna aucune instruction à Bernard le cocher sur un rythme de voyage à adopter. La promenade se poursuivait donc sans accrocs ou presque depuis qu’ils avaient délaissé la demeure familiale pour lui préférer tout d’abords des bois denses et sombres, puis la ville. La calèche ne sinuait plus sur des chaussées sinueuses et caillouteuses mais à présent sur des pavés discontinues d’une chaussé brinquebalante mais avait retrouvé les joies d’une course tranquille sur des lignes droites ou presque. Le chauffeur, Bernard, se permettait de pester contre le couple, et, surtout sur cette stupide lubie de partir de si bonne heure… Il faisait froid et après quelques hésitations… Monsieur Stue osa lui demander…
« N’avez-vous pas froid, Madame ? » Le carrosse filant dans la fraîcheur de cette belle journée, une idylle pourrait-elle avoir lieu, avait-elle déjà lieu ? Avait-elle noté que le pauvre garçon était pourvu d'une multitude de frissons extatiques qui se permettait de galoper le long de son dos, de sa nuque aux pieds depuis leur étreinte, il était victime de cette maladie que l’on nomme la chair de poule…. Et comme pour éviter qu'elle ne s'en rende compte, il ajouta...
« Mais dites moi, parlez moi de la ville, Miss Edelgard. » _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
|
|  | | Constance Edelgard Duchesse


Nombre de messages: 957 Age: 25 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 24ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Sam 11 Oct 2008 - 18:58 | |
| Christian à son côté, assez proche mais pas encore collé à elle, Constance pouvait apprécier le voyage avec plus de sourires. Déjà, l'Inquisiteur se montrait plus agréable : il avait laissé derrière lui une attitude tellement frustrante de froideur, et avait même l'intention de discuter avec elle avec quelques notes de courage dans la voix. Comme si le jeu reprenait là où il s'était achevé, avant que le jeune homme ne déclare vouloir partir.
« Je n'ai pas froid, je vous remercie. » Fit-elle simplement, alors qu'il se montrait prévenant, mais qu'elle le soupçonnait de vouloir meubler un moment trop long en silence.
Constance aurait bien apprécier quelques mots mieux choisis, une nouvelle joute lancée, mais il semblait vouloir converser de façon sérieuse, et la questionna sur Forbach. Pourrait-elle détourner ce sujet, comme elle le faisait souvent avec les autres tentatives de l'homme de conserver une discussion neutre et cordiale ? Ce défi fit sourire la Duchesse, qui reprit la parole en haussant les épaules dans une mimique peu élégante pour une femme de son rang.
« Je me rend peu à Forbach, car Monsieur le Duc n'apprécie pas que je sorte seule. Et je n'ai pas énormément de choses à y faire... Mon époux fait venir de la ville les marchandises dont nous avons besoin. »
Elle tira les rideaux épais devant les vitres de la calèche, pour observer au dehors la route devenue droite et tranquille. L'ennui de ce paysage la fit revenir vite sur le visage de son interlocuteur, pour reprendre là où elle s'était arrêtée.
« A vrai dire, mon Mari dit qu'il se passe des choses surnaturelles à Forbach, que le froid qui y réside n'est pas normal, et qu'il est le fruit d'une malédiction. »
Elle avait dit cela comme si elle lui avait indiqué l'heure, car ses yeux examinaient attentivement les expressions sur le visage de Christian, comme pour déceler s'il savait quelque chose de plus qu'elle. Le Duc ne lui disait pas tout, elle en était persuadée, et le fait que toute l'Inquisition soit passée dans le bureau de son mari lui indiquait qu'il y avait plus que quelques rumeurs étranges...
Malgré une grande curiosité, elle hésitait entre l'envie de questionner l'Inquisiteur à ce sujet, et son souhait de ne pas briser ce nouvel instant qu'ils passaient tous les deux, et où il se montrait plus détendu.
|
|  | | Christian Stue Homme de main


Nombre de messages: 130 Age: 21 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 25 ans Titre: Bourgeois
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Sam 11 Oct 2008 - 19:27 | |
| Une légère grimace de dédain s’esquissa sur le visage de monsieur Stue, elle était apparue selon le même procédé que lors de leur première rencontre. Ses yeux complètement noirs s’étaient faits plus perçants, son regard plus acéré, sa bouche n’était plus que deux lèvres droites, crispées, alors que son sourcil droit marquait un agacement manifeste. La « jeune fille » se transformant d’un coup de baguette en un monstre d’assurance, il répondit aux interrogations de cette « sotte » de duchesse.
« Ma chère, tout ceci n’est que racontar, je vous prie de ne pas y croire. Les superstitions, les croyances aveugles sont les premiers maux de l’esprit, il ne faut accorder crédit à tout ceci. Je suis déterminé à prouver que les troubles qui agitent cette bonne Forbach ne sont nullement d’origine . . . surnaturelle, Mademoiselle Constance. »
Et, désireux de l’impressionner, il s’était légèrement penché vers elle, en prononçant ces derniers mots pour donner plus d’ardeur, plus de ferveur à ses paroles. Le pauvre homme ne s’était pas rendu compte, par la même occasion, qu’il avait manqué à deux de ses règles d’or tacite à savoir de ne plus appeler Madame Edelgard par son prénom et de ne pas se tromper vis-à-vis de sa position envers la maîtresse de maison. Mais poursuivant le fil de son flamboyant discours, il ajouta alors…
« Il paraîtrait qu’il s’agit d’une cause humaine, de sorcières plus exactement. Certains leurs prétendent des pouvoirs occultes ou de pouvoir corrompre le cœur des hommes. Mais je ne crois pas à tout ceci, je ne crois pas en les livres de magie et autres breloques mais à la raison et à la foi. »
Puis soucieux de ne pas plus l’ennuyer avec ce genre de détails, Christian reprit son souffle, inspirant une bouffée d’air frais avant d’ajouter.
« Où allons nous, Madame Edelgard ? Pouvons nous passer chez le tailleur, j’ai quelques commandes à passer. Pouvez vous m’y conduire ? » _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
|
|  | | Constance Edelgard Duchesse


Nombre de messages: 957 Age: 25 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 24ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Sam 11 Oct 2008 - 20:17 | |
| Constance était piquée par la curiosité, mais l'affront que lui faisait le jeune homme en prenant tant d'assurance la rendait presque combattive. Comme l'envie d'entrer en compétition, alors qu'elle ne voulait pas se laisser dominer. Comme une enfant aurait renchéri immédiatement, elle répliqua derechef d'un ton vif :
« Mon Epoux vous a donc fait venir à Forbach en tant qu'Enquêteur ? »
Elle avait les prunelles brillantes, intriguée et captive des réponses qu'il pourrait apporter, sans pour autant perdre de vue qu'elle avait à rependre l'avantage dans cet échange. Cependant, elle devait avouer que constater son assurance lorsqu'il parlait ainsi le rendait attirant, différent de celui qui rougissait sous ses regards trop pesants, certes, mais tout de même charmant. Elle s'étonnait d'avoir autant de facette dans un seul Inquisiteur.
« Pensez-vous pourtant que la Foi et la Raison puisse faire perdurer un hiver aussi longtemps ? »
Constance avait apprécié qu'il l'appelle de nouveau par son prénom. C'était inespéré après l'échange qu'ils avaient eu la veille. Voilà donc qu'il ne souhaitait plus partir, elle en était persuadée, et s'il venait à changer d'avis, la Duchesse se promettait de le convaincre qu'il faisait une erreur. Et puis, il paraissait passionné par ce qu'il racontait : ces étrangetés et le mystère semblaient l'attirer, ce qui faisait dire à la jeune femme qu'il ne partirait pas sans en savoir plus... C'était toujours ça.
« Nous nous rendions sur la Place du Marché, justement. Je demanderai à Bernard qu'il veuille bien nous déposer devant le Tailleur. Mais ne souhaitez-vous pas aller à l'Eglise ? Il me semble que les Inquisiteur s'y sentent comme chez eux... »
Elle eut un léger sourire, plutôt taquin, comme un petit pic vers le jeune homme, qui semblait désormais trop sérieux. Constance l'appréciait ainsi, mais le déstabiliser était tellement passionnant... Elle entreprit donc de s'approcher de l'Inquisiteur. Subtilement, pour qu'il s'en trouve sans doute surpris, la Duchesse observait le visage de Christian qui avait repris cette affreuse appellation de « Madame Edelgard » qui l'ennuyait grandement.
« Lorsque je parlais de Confession, j'étais sérieuse, Monsieur. Je ne me rends à l'Eglise que rarement, Dieu me le pardonne, mais le Duc craint que je ne sois ébranlée par cette Malédiction si je quitte le Manoir trop de fois dans la semaine. »
Impossible de dire si elle se montrait réellement sérieuse ou non. L'Eglise était-elle un prétexte ou une réelle volonté de la jeune femme, à se faire confesser ? |
|  | | Christian Stue Homme de main


Nombre de messages: 130 Age: 21 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 25 ans Titre: Bourgeois
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Sam 11 Oct 2008 - 20:35 | |
| Surpris de la nouvelle proximité établie par cette vamp aux allures d’ange, Christian se résolut à ne lui céder en rien, ainsi ses joues ne prirent pas cet adorable teinte carmin, signe de son émoi. Prestance et assurance étaient toujours ses deux mots d’ordre et alors qu’elle lui avouait le besoin de se confesser, il ajouta alors.
« Madame, je comprends parfaitement votre désir de vous rendre dans la maison de Dieu pour vous confesser. Je crois qu’il serait inopportun de me rendre en votre compagnie dans un tel lieu, je ne suis pas habilité à écouter les confessions comme vous vous en doutez. Je me rendrai donc au tailleur pendant le temps de votre confession. L’église n’est-elle pas à deux pas du tailleur, Constance ? »
L’utilisation de son prénom ne fut pas sans objet, espérant ainsi la faire céder sur son petit caprice, il comprenait à présent tout l’intérêt de l’appeler par son prénom et la rareté du fait ne donnait que plus de poids à son utilisation. Et comme pour l’achever, il ramena sa main comme pour faire signe qu’il désirer quitter la voiture, frôlant au passage la cuisse de la duchesse.
« Quant à cet hiver éternel, la nature sait se faire incertaine, ne vous inquiétez pas, tout ira bien. Puis-je vous confier aux bons soins de Bernard, avec lui, vous ne risquez rien, soyez sans crainte ? »
La laisserait-il ici en plan, la voiture s’était arrêtée sous ses ordres et lui offrant un sourire, il disparut pour se diriger vers la boutique du tailleur lui lançant…
« J’aimerai faire plaisir à ma jeune sœur, il me faut donc lui trouver quelque chose, je vous abandonne donc pour quelques instants, ma chère. »
Silencieux comme une ombre, il se trouva bientôt à l’intérieur de l’échoppe, une sonnerie se fit entendre sous son passage et bientôt un vendeur au crâne dégarni accourut à son chevet, le même que lorsqu’il était venu avec Suède Gauche. Les bonhomies étaient monnaie courante pour ce vieillard mais, dans sa bouche, elles sonnaient faux ; D’une fausseté sans nom qui aurait pu provoqué le rire tant elles étaient d’un ridicule. De ses petits yeux de fouine, il salua l’homme le considérant d’ors et déjà comme un de ses meilleurs clients.. La duchesse le suivrait-elle ? _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
|
|  | | Constance Edelgard Duchesse


Nombre de messages: 957 Age: 25 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 24ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Sam 11 Oct 2008 - 21:28 | |
| Elle n'avait eu le temps de rien : ni d'émettre une objection, ni de donner son simple avis, pas même de répondre quoi que ce fut. Il lui donnait du « Constance » et effleurait le tissus qui recouvrait sa cuisse, mais se faisait hautain et prenait les devants. Le voilà qui partait, la laissant « aux bons soins de Bernard ». Avait-elle eu l'intention de partir en balade dans toute la ville avec Bernard ? Avait-elle couru dans les escaliers afin de rattraper Bernard ? Avait-elle provoqué Bernard ? Non !
Constance était furieuse. La silhouette de l'Inquisiteur disparaissait déjà derrière la porte de la petite boutique du Tailleur, qu'elle demeurait là, assise dans la voiture, croisant les bras sur sa poitrine comme une enfant mécontente, et qu'elle grognait des injures que le fameux Bernard faisait mine de ne pas entendre, tant cela était choquant.
La Duchesse ne lui suivrait pas. Et elle n'irait pas non plus à l'Eglise, seul prétexte pour qu'ils prolongent leur entrevue, lui qui ne parlait que d'écourter les peu de fois où ils se trouvaient réunis. Et cette sœur qu'il devait choyer... Constance pesta de nouveau, resserra le col de son bustier et prit soin d'enrouler correctement l'étole de tissus autour de son cou, de sorte qu'aucune parcelle de peau ne puisse désormais être vue. Il n'aurait ni sourire, ni provocation cette fois, la Duchesse était mécontente des tournures que prenaient cette affaire.
Il osait la délaisser ainsi ?
Elle se demandait ce qui la retenait de ne pas ordonner à Bernard de rentrer sur le champ... Sans doute la perspective de se montrer odieuse, voire d'avoir à répondre de ses actes devant son époux, Dieu et pire : Christian, lorsqu'il aurait eu à faire toute la route à pied.
Elle soupira : qu'il était long ! La jalousie la rongeait ; voilà qu'il cherchait un présent pour sa sœur durant des heures ! Constance resta immobile sur cette banquette sans émettre d'autres sons que de soudains murmures peu gracieux, pestant qu'il ne soit pas encore de retour, et s'impatientant chaque seconde un peu plus.
Enfin, lorsqu'elle le vit revenir, elle tourna la tête avec dédain. La Duchesse n'était plus d'humeur à jouer les jeunes femmes audacieuses et vives qui semblaient avoir un certain effet sur l'Inquisiteur, elle lui offrit un profil au menton relevé, et ses bras croisés sur sa poitrine n'auguraient qu'une attitude glaciale et amère.
« Vous voilà déjà ? » Souffla-t-elle entre ses dents.
|
|  | | Christian Stue Homme de main


Nombre de messages: 130 Age: 21 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 25 ans Titre: Bourgeois
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Sam 11 Oct 2008 - 21:51 | |
| Le choix d’une toilette pour une dame est une question des plus délicates et il fallut reconnaître que Monsieur Stue fut agréablement surpris d’obtenir l’aide d’un vendeur un peu trop affable mais averti. Combien de temps resta-t-il dans la boutique à contempler étoffes, tissus et autres coquetteries qui plaisent aux femmes ? Une éternité selon certains ! La satisfaction se dessinant sur son visage, il ressortit de l’échoppe le sourire aux lèvres. Bon client, il portait sous le bras deux paquets de belle taille. Encore enchanté d’entrevoir le bonheur qu’aurait la benjamine, il s’avançait à grandes enjambées de la voiture qui n’avait bougé d’un pouce durant ses longues minutes d’absence. Ne se doutant de rien, il prit place dans le carrosse, s’installant sur la banquette où elle se trouvait, tout près d’elle.
« Madame Edelgard, je vous remercie pour ce petit tour en ville. Ma jeune sœur vous en sera gré, je puis vous l’assurer, peut-être même deviendrez vous amies, qui sait ? Elle a le projet de venir séjourner quelques jours à Forbach. »
Puis découvrant un peu plus l’humeur de la duchesse, il ajouta avec plus de réserves, agrémenté d’un soupçon de politesse.
« Mais ne vous inquiétez pas, je la ferai loger à l’auberge en ville. Comment s’est déroulée votre visite à l’église ? »Un étouffement se fit entendre à l’avant de la voiture, un bruit sourd annonciateur d’une moquerie ou du danger qui guettait l’inquisiteur. Etait-ce Bernard ? Se permettrait-il ce genre d’impolitesses ?! Non et puis quoi encore ?! S’éclaircissant la gorge, le bel ange reprit avec un peu moins d’assurance.
« Etes vous contrariée, madame ? Quelque chose s’est-il produit ? » _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
|
|  | | Constance Edelgard Duchesse


Nombre de messages: 957 Age: 25 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 24ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Sam 11 Oct 2008 - 22:09 | |
| C'en était trop. Non content de prétendre qu'elle pourrait devenir l'amie de sa cadette, voilà que Christian demandait allègrement si tout s'était passé à merveille au sujet de sa Confession à l'Eglise. La fureur lui faisait mal aux dents, mais peut être était-ce simplement de trop serrer les mâchoires qui rendait son visage crispé et endolori ? La Duchesse dut largement se contenir pour ne pas lui lancer au visage que, non, elle n'était pas allée à l'Eglise, qu'elle l'avait attendu ici durant de longues minutes !
Mais elle réussit à ne rien paraître, du moins, ne rien dire car son visage était figé dans une expression gelée et tirée par l'amertume. De cette terrible face qui la faisait vieillir de dix ans en quelques secondes, lui donnant des allures de mégères.
Elle prit une inspiration discrète pour pouvoir lui répondre d'une voix neutre :
« Fort bien, je vous remercie, l'Eglise est toujours un lieu d'apaisement pour les âmes. »
Mais déjà, il semblait comprendre que tout n'était pas si exact dans ses paroles, il parut douter de la véracité des mots qu'avaient prononcés Constance, et le soubresaut de Bernard à son discours ne fit que le conforter. Si bien que l'Inquisiteur crut bon de s'inquiéter de l'humeur de la jeune femme. Celle-ci, naturellement, mit un temps certain avant d'apporter sa réponse : il lui fallait respirer plus calmement, pour éviter de trop montrer son mécontentement, et pouvoir maîtriser ses émotions pour paraître froide, ce qu'elle avait du mal à faire...
« Il ne s'est rien produit, Monsieur. » Affirma-t-elle avec talent. Rien du tout d'ailleurs, c'était hélas vrai.
« Si vous le voulez, Bernard vous conduira où bon vous semble. Aubergiste, Cordonnier, Tisseur, Confiseur, Joaillier pour votre Sœur... Cependant, il me déposera avant tout au Manoir. »
Elle avait changé du tout au tout. Elle qui savait se montrer si touchante, si canaille avec l'Homme de Dieu, désormais, attestait d'une odieuse façon de lui répondre, d'une méprisante mélodie dans sa voix, et d'un regard qui n'était posé que sur le décor par la fenêtre. A aucun moment, même lorsqu'elle lui parla, elle ne croisa son regard, l'ignorant de ses prunelles noisettes avec une impolitesse audacieuse. Peu importait que cela soit indigne d'une Duchesse, Constance n'était plus d'humeur à se faire mener par le bout du nez.
|
|  | | Christian Stue Homme de main


Nombre de messages: 130 Age: 21 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 25 ans Titre: Bourgeois
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Dim 12 Oct 2008 - 11:00 | |
| Souvent femme varie. Cet adage n’est-il pas d’une vérité affligeante ? De toute évidence, il faut en convenir. Stupéfait de la voir se métamorphoser du tout au tout, Monsieur Stue ne céda pas aux caprices de cette duchesse qui n’était rien de plus qu’une enfant au corps de femme. Elle désirait rentrer, soit elle partirait et sans lui ! Qui serait le plus fort à ce jeu de froideur ?! Le tempérament de l’homme se refroidissait de ses dernières découvertes et comme pour couper court à la conversation, il appuya ses dires en ajoutant avec la neutralité la plus parfaite, art du paraître dans lequel il excellait !
« Bien, Madame, vous avez parfaitement raison. Vous n’auriez pas du m’attendre, je m’en voudrai de vous retarder pour ce retour dans votre demeure. Je continuerai à pieds. Ne vous inquiétez pas, je trouverai le chemin sur le retour et s’il fait trop froid ou que les fantômes surgissent, nuls doutes que je me réfugierai à l’auberge de Forbach. »
Qui s’y frotte, s’y pique ! Ces mots étaient enrobés de la plus parfaite cordialité, agrémenté de quelques pics bien placés. Se levant de la banquette, il récupéra dans un geste de possession, les paquets déposés sur l’assise avant de s’engouffrer au dehors du carrosse pour subir la morsure du froid. Saluant d’un signe de tête Bernard, l’homme se dirigerait d’ors et déjà vers l’auberge du coin, prévoyant visiblement de ne pas rentrer ni dans l’après-midi et encore moins dans la soirée…Le suivrait-elle du regard dans sa marche jusqu'au coin de la rue où prenait place l'une des petites auberges de la ville de Forbach ? Viendrait-elle à sa suite ? Ferait-elle la fière ? La capricieuse ? L'odieuse ? La taquine ? _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
|
|  | | Constance Edelgard Duchesse


Nombre de messages: 957 Age: 25 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 24ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Dim 12 Oct 2008 - 13:53 | |
| Il s'enfuyait encore, n'ayant visiblement rien à lui répondre de plus que cet éternelle froideur, affreuse attitude qu'il avait adopté depuis trop de temps. Constance le vit refermer la porte de la calèche, s'éloigner de la voiture et elle s'élança jusqu'à la petite fenêtre pour le voir marcher à pas vifs vers l'Auberge. Bernard pourtant ne donnait aucun ordre à ses chevaux, et la Duchesse n'irait pas jusqu'à rattraper l'Inquisiteur.
Elle avait sa fierté, et la haine que lui soufflait ses caprices, le voir aussi opaque à son changement d'humeur ne la poussait qu'à enrager bien plus encore. Il était indifférent, préférait l'Auberge au Manoir. Soit ! La Duchesse ne courrait pas derrière lui en espérant lui décrocher un rougissement ! Il la voulait loin d'elle, il serait exhaussé.
Elle gronda un ordre à Bernard qui essuya ses tempêtes pleines de jalousies, et le fiacre se remit en route, alors qu'elle suivait simplement du regard le Représentant de l'Eglise, par la petite fenêtre de la voiture, les mains collées contre la paroi recouverte de tissus duveteux. Elle craignait qu'il ne rentre pas jusqu'au lendemain, pire encore, qu'il trouve à l'Auberge meilleure compagnie que la sienne... Les remords n'étaient pas loin, mais la Duchesse ne pouvait se permettre de courir après un homme, alors qu'elle ne le faisait pas pour son époux.
« Accélère, Bernard ! » Lança-t-elle d'une voix nette, alors qu'elle revenait se caler contre la banquette, s'enfonçant dans son siège en portant une moue boudeuse sur le visage. Convaincue qu'il était en tord plus qu'elle, Constance bougonnait quelques horribles phrases, des souhaits de vengeance qui n'iraient pas loin... Déjà, alors que la route se faisait chaotique, signe qu'elle approchait du Manoir, elle soupirait.
Il aurait tellement plus agréable de poursuivre leur visite de Forbach, de courir le long des allées alors que le froid aurait cherché à les mordre et qu'ils se seraient réfugié à l'Auberge pour prendre un chocolat chaud... Le Diable emporte l'Inquisiteur ! Et qu'il dorme où bon lui semble ! La Duchesse enfouit son visage dans ses mains, alors que la voiture stoppait devant l'entrée.
Bernard ouvrit la porte, l'aida à sortir, et elle balbutia quelques mots envers le cochet. Quelques minutes après, le fiacre Edelgard était posté devant l'Auberge, et la jeune Lison pénétrait dans l'établissement, cherchant des yeux l'Homme de Dieu. Une fois trouvé, elle bredouilla quelques mots, intimidée comme elle l'était toujours.
- Ma Maîtresse m'envoie vous chercher, Monsieur Stue. »
|
|  | | Christian Stue Homme de main


Nombre de messages: 130 Age: 21 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 25 ans Titre: Bourgeois
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Dim 12 Oct 2008 - 16:08 | |
| L’auberge de Forbach se faisait d’une rusticité sans nom, le bois sombre et les pierres s’y mélangeaient pour donner à l’endroit authenticité et intimité. Au centre du rez-de-chaussée, une cheminée des plus imposantes, foyer qui brûlait nuit et jour pour affronter le froid, son bel amour. Au dessus de l’âtre des décorations, jugées sans goût par Monsieur Stue, s’amassaient, cela allait du fusil de chasse au dernier trophée en date à savoir la tête fière d’un cerf. Voilà que l’inquisiteur mettait les pieds dans ce qui serait sans doute sa nouvelle demeure, son arrivée accompagna le lourd grincement de la porte et s’ensuivirent quelques messes basses. S’installant à l’une des tables proche d’une fenêtre, le bel ange commanda un chocolat chaud qu’il sirota tout en observant les ruelles désertes de Forbach, on aurait dit une ville fantôme, une chimère de bourgade qui apparaissait dans un décor de buée. Mais bientôt, sa contemplation fut interrompue par l’entrée d’un nouvel arrivant, la petite Lison. Elle accourut vers lui, pourvue de son zèle habituelle pour satisfaire aux désirs de la duchesse. Ses yeux s’écarquillèrent, manifestation de sa surprise et de son étonnement, il s’exclama même d’un « Lison ?! Mais…que faites vous ici ?! ». La soubrette s’expliqua, alors qu’il l’invitait à s’installer ce qu’elle fit à contrecœur de peur d’être par la suite réprimandée.
« Monsieur Stue, je…je vous assure, je ne veux pas d’un chocolat chaud.. ! Je… Il vaudrait mieux rentrer maintenant, je…Madame Edelgard avait l’air… je…je veux dire, rentrons s’il vous plaît. »
« Soit. »
Flatté d’être précieux aux yeux de la vamp mais désireux de la blesser quelque peu, il l’avait fait attendre en obligeant la jeune soubrette à avaler un chocolat chaud, jouant de son charisme pour arriver à ses fins. Il n’arriva à la demeure des Edelgard qu’en début d’après-midi et ne donna pas signe de vie de sa personne, il s’était enfermé dans sa chambre. Dans quel but ? Les domestiques murmuraient qu’il travaillait. A la vérité, l’homme écrivait une lettre à sa sœur, la priant de repousser un éventuel voyage à la ville de Forbach et l’informant qu’il serait de retour pour quelques jours d’ici peu. Pas un mot ne fut mentionné sur son séjour chez les Edelgard, et surtout pas sur Constance ; en effet, le garçon redoutait que ses lettres ne furent lues par les domestiques, par le duc ou pire par la vamp… _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
|
|  | | Constance Edelgard Duchesse


Nombre de messages: 957 Age: 25 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 24ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Lun 13 Oct 2008 - 20:33 | |
| Elle était à le fenêtre lorsque la voiture était revenue, avec à son bord, Bernard et Lison, qui avaient exécuté ses ordres avec brio, puis Christian, qui cependant n'avait pas réellement été très satisfaisant pour sa part. Ils avaient du retard, elle avait patienté devant cette fenêtre durant des heures. Les servantes étaient venues lui demander si tout allait bien, et elles étaient reparties avec dans les oreilles les injures de la Duchesse... Elle ne voulait voir personne, pas même le vieil Arthur, qui lui apportait une collation.
Enfin, lorsqu'elle les avait vu revenir, elle se senti soulagée : enfin, il avait accepté de suivre la jeune Lison, et il allait monté les marches pour venir lui demander pourquoi elle l'avait fait demandé. Elle n'avait pas encore réussi à définir une stratégie pour la suite : lorsqu'il serait devant elle, Constance se montrait-elle de miel afin de lui faire oublier ses sautes d'humeur, ou lui réserverait-elle un dédain qui grondait encore en elle, pour voir sa réaction ?
A bien y réfléchir, elle ignorait ce qu'il convenait de faire désormais. Mais s'il était revenu, n'était-ce pas une victoire pour elle ? Elle eut un sourire, qui s'éternisa... Elle attendait les pas dans le couloir, puis le bruit de sa frappe contre le bois de la porte de sa chambre. Elle attendait ceci pour cesser de sourire et se concentrer sur sa réaction. Mais rien ne vint. Elle entendit bien des bruits, mais rien qui venait vers elle, personne ne s'arrêta devant sa porte pour l'appeler.
Constance fronça les sourcils et effaça de son visage l'expression impatiente qu'elle gardait, pour imposer à ses lèvres une grimace. Elle songea alors qu'il viendrait bientôt la rejoindre... Qu'il laissait quelques instants pour ne pas paraître trop obéissant. Elle lui laissa une heure...
En fin de soirée, Lison pénétra dans sa chambre pour lui apporter son repas. Elle n'était pas descendue, et la jeune servante lui apprit que Christian n'était pas descendu prendre son dîner non plus. D'ailleurs, du Duc avait pris le sien dans son Bureau, et les mets préparés étaient donc froids. Mais Lison apportait une énorme tartine de pain sur lequel trônait un épais beurre et du sucre. Constance eut un sourire devant cette attention : c'était sans doute la Gouvernante qui y avait pensé, elle savait que chaque petite fille sait se laisser tenter par une tartine au sucre.
En croquant dans le pain sucré, les idées de la Duchesse furent adoucies, comme par un étrange miracle. Sans finir sa gourmandise, la jeune femme se saisit du plateau que tenait Lison, la congédia et quelques secondes plus tard, elle était à la porte de l'Inquisiteur, un plateau dans une main, un chandelier posé sur le cercle de métal l'éclairait faiblement.
« Monsieur Stue... Vous devez avoir faim, je vous apporte une douceur. » Souffla-t-elle en prenant soin de rendre sa voix ni trop mielleuse, ni trop froide. Elle ne souhaitait pas avouer ses fautes en une seule phrase, ni lui indiquer qu'elle était toujours fâchée. Comme il ne répondait d'abord pas, Constance crut qu'il dormait déjà. Toquant à la porte doucement, de trois petits coups légers, elle réitéra son appel.
« Christian... ? Dormez-vous ? » |
|  | | Christian Stue Homme de main


Nombre de messages: 130 Age: 21 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 25 ans Titre: Bourgeois
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Mar 14 Oct 2008 - 16:53 | |
| Qu’avait-il fait de son après-midi ? A quoi avait-il passé tout son temps ? Ou plutôt à qui avait-il dédié ces moments ? A qui ? Sinon à sa très chère sœur, Agnès. Ne l’avait-il pas, après tout, abandonné à son sort dans la demeure familiale, n’était-il pas normal qu’il donne de ses nouvelles ? Quelques pages noircies de son écriture s’étalaient à présent sur le bureau de la petite chambrette alors qu’on frappait à la porte, le sortant de sa rêverie, l’extirpant de ce monde de souvenirs. Ce ne fut que les appels répétés de la duchesse qui eurent complètement raison de cette nostalgie inopportune. Sa voix marqua la surprise et l’étonnement, il répondit aussitôt à la maîtresse de la demeure.
« Je…J’arrive ! »
Et, se précipitant vers la porte, il en oublia les lettres à découvert qu’il venait d’écrire. La porte glissa rapidement, dans un grincement sinistre, la tête du jeune homme apparut dans l’entrebâillement puis la totalité de sa silhouette. Il faisait sombre et les faibles bougies qui étaient disposées ne suffisaient pas à les éclairer totalement, cela contribuait à conférer à leur entretien une intimité sans nom.
« Oh Madame Edelgard, je.. Non, non, je ne dormais pas, je…voulez vous entrer un moment ? Il se fait tard, je ne voudrai vous retenir mais entrez un moment, je vous en prie. Attendez…Laissez moi porter cela ! »
L’inquisiteur attrapa le plateau pourvu d’énormes tartines beurrées et sucrées et invita sa visiteuse du soir à pénétrer dans son antre. Refermant la porte sur son entrée, la surprise étant passée et ses esprits se rassemblant, il fut épouvanté du désordre qu’il présentait à la duchesse. Déposant le plateau sur le lit, il s’appliqua à faire un tas informe de la lettre destinée à sa sœur avant d’offrir en guise d’excuse un sourire à Constance. Plus désireux de détourner le sujet de cet affairement, il s’exclama.
« Madame, je… je suis comblé de voir que vous vous êtes déplacée pour un simple serviteur de l’Eglise comme moi. Qui suis-je donc pour mériter pareil traitement ? Dans tout les cas, je vous remercie de vos attentions. Je suis votre obligé. »
La lumière était faible, son aura se propageait avec difficulté dans la pièce, jetant son voile réconfortant sur le visage des deux jeunes gens. La flamme tournoyait, dansait, hypnotisait les occupants de la chambre.
« Avez-vous, monsieur le duc ? Je ne l’ai pas croisé depuis quelques jours. Comment se porte-t-il ? Pensez vous qu’il pourra me recevoir demain ? J’ai à m’entretenir de quelques affaires importantes en sa compagnie. »
Il expulsa un soupir, synonyme de pardon, et ajouta alors….
« Je suis là à vous parler de ceci… Pardonnez moi, laissez moi goûter à ces tartines… »
Et déjà, se dirigeant pour aller s’asseoir sur le bord du lit, il en croquait une. La faisant disparaître et s’étonnant de la composition simpliste d’un tel mélange. _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
|
|  | | Constance Edelgard Duchesse


Nombre de messages: 957 Age: 25 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 24ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Mar 14 Oct 2008 - 20:50 | |
| Les nombreuses feuilles teintées de l'encre de l'Inquisiteur n'avaient pas échappées à l'oeil de Constance, qui, en pénétrant dans la chambre du jeune homme, avait immédiatement parcouru l'ensemble de la pièce afin d'observer ce qu'il avait pu faire durant plusieurs heures, toute l'après midi. S'interrogeant déjà sur le destinataire de ces longues écritures -elle avait visualisé l'enveloppe-, la Duchesse crut voir alors un prénom, pendant que Christian rangeait à la hâte ces courriers, comme s'il avait quelque chose à cacher...
Agnès... Elle avait lu ce prénom... Etait-ce un proche, une parente... Une amante ? Elle sembla blêmir et eut un éclair rongea sa pupille. Cependant, dès que le Représentant de Dieu sur Terre parla, et surtout qu'il parut égal à celui qu'elle appréciait tant, déjà, Constance répondit à ses sourires. Ne songeant plus aux lettres -du moins pour le moment-, elle vint s'installer en face de l'homme qui mordait déjà dans la tartine qu'elle avait apporté. Comme il semblait satisfait de cette collation, elle s'amusa :
« Être notre invité au Manoir n'est-elle pas une raison suffisante pour que je vienne à vous à une heure tardive pour éviter que vous n'ayez faim jusqu'au demain ? »
Elle plissa les yeux, et l'espace d'une conversation, on put penser que rien n'avait opposer les deux jeunes gens quelques heures au paravent. Alors qu'il évoquait l'absence continuelle de son époux, Constance dut cependant se montrer plus sérieuse, bien qu'elle n'affichait pas une mine aussi déçue que ce que ses mots prétendaient.
« Hélas, le Duc est très occupé depuis plusieurs mois. Enfin, je dis hélas, mais cela servira à toute la population de Forbach, s'il réussit à percer le mystère de ces lieux, n'est-ce pas ? Vous devriez frapper à la porte de son Bureau, il y est enfermé nuit et jour.»
Elle cherchait sans doute à faire parler l'Inquisiteur sur les raisons de sa venue, les véritables raisons, elle s'entendait. Pas l'officielle note qui indiquait que, comme souvent, le Duc Edelgard remerciait l'Eglise de ses bienfaits en logeant un jeune Homme de Foi gracieusement... Néanmoins, rapidement, elle changea de sujet, volontairement cette fois, puisqu'elle craignait qu'une telle discussion ne les opposent encore, se doutant qu'il ne voudrait rien lui révéler de ses réelles affaires, comme le faisait le Duc depuis qu'ils étaient mariés.
« Pardonnez ma curiosité, mais... Qui est Agnès ? » Demanda-t-elle alors, pendant que dans son oeil, ce même éclair luisait. Celui qui indiquait une jalousie, Christian saurait-il le voir ?
Constance ne semblait pas honteuse d'avoir à poser des questions sur les indiscrétions qu'elle s'était permise de lire, malgré qu'elle soit déçue de n'avoir pu tout visualiser. Aucune gêne sur son visage, comme si toutes ses réponses lui étaient dues, ou qu'elle eut le droit de poser toutes les questions qui lui passaient pas la tête. A réellement observer l'Inquisiteur, elle sentait gronder en elle une flamme qui lui interdisait d'écrire à quiconque, à n'importe qu'elle femme, fut-ce-t-elle sa mère. Comme une appartenance qu'elle lui avait imposé, un devoir qu'il avait à observer consciencieusement.
La jeune femme croisa le regard de Christian, sans qu'elle ne cille, et l'examen de ce visage la rendait de plus en plus convaincue qu'elle détesterait cette Agnès, même s'il s'agissait de la Mère Supérieure. Un prénom de femme était une rivale, un mot tendre une injure s'il ne lui était destiné. Comme si elle avait intimement conscience que l'Inquisiteur, désormais, lui devait l'exclusivité... Et sans oser songer au pourquoi de ces convictions. |
|  | | Christian Stue Homme de main


Nombre de messages: 130 Age: 21 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 25 ans Titre: Bourgeois
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Jeu 16 Oct 2008 - 19:22 | |
| Comment aurait-on pu qualifié cette entrevue ? Un rendez-vous ? Il aurait fallu qu’ils soient amants. Une discussion ? Que nenni, après tout, n’étaient-ils pas attirés l’un vers l’autre comme deux papillons vers la flamme ? Une faveur ? Mais alors, qui rendait la politesse à qui ?!
« N’auriez vous pas pu confier cette tâche à Lison ou à l’un des domestiques, madame ? »
Le ton employé n’était nullement le reproche mais plutôt la flatterie, remerciement tacite de sa présence dans la chambrette. Elle était là, magnifiée sous ce nouveau jour ; ses traits se faisaient plus gracieux, mieux ciselés, son regard plus vivant, pétillant même à la lueur des bougies. Si bien que le pauvre homme n’avait dieu que pour elle, il ne se gênait pas pour détailler son visage avec le même zèle que lorsqu’il avait fait son portrait, buvait ses paroles et acquiesçait à ses dires. La duchesse, à vrai dire, le sortit de sa contemplation lorsqu’elle évoqua le nom d’Agnès. Rougissant, non pas par l’évocation de ce nom, mais par le fait de l’avoir autant dévisagé, il bredouilla faiblement…
« Il…Il s’agit de ma sœur bien aimée. C’est une jeune fille, que dis-je, une jeune femme maintenant. Elle est …très attachée à moi, elle peut même se montrer jalouse ! Ah, ah ! C’est plutôt drôle, non ? Mais vous la rencontrerez sûrement, elle a pour projet de venir sous peu à Forbach. J'ose croire que vous deviendrez bonnes amies.»
Et ponctuant ses dires d’un léger rire, il se leva de son assise pour aller tout près de l’unique fenêtre donnant sur les jardins, l’invitant à le suivre du regard, il murmura subitement, ne croisant plus le regard de la belle Constance.
« Vous m’êtes précieuse…Constance… »
Avait-il seulement prononcé ces mots ? N’était-ce pas tout simplement une vue de l’esprit ?
« Vous n’avez pas froid ? »
Et, sans attendre sa réponse, se servant de ce prétexte, l’inquisiteur passa avec insistance sa veste autour des épaules de la maîtresse des lieux et l’attira à lui pour qu’elle s’appuie sur son flanc, tout en profitant de cette voûte étoilée… _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
|
|  | | |
| Page 4 sur 7 | Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|