
« C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière » (Edmond Rostand) |
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| Auteur | Message |
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Constance Edelgard Duchesse


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Sam 6 Déc 2008 - 15:10 | |
| Constance avait une victoire à son palmarès. Car, savoir souffler ce qu'il fallait afin que ses alliés, puissants, puissent ainsi imposer une décision qu'elle avait déjà prise, était, en amour comme en bataille, une précieuse qualité. Et il fallait avouer que la Duchesse avait eu tout à loisir de peaufiner ses stratégies, alors qu'elle se trouvait seule au Couvent, imaginant de preux chevaliers pour la servir, ou même au Manoir, alors que son époux semblait plus occupé par les divins mystères que par ceux qu'elle pouvait renfermer.
La lecture, bien que n'étant pas réellement un passe temps apprécié, lui avait permis d'aiguiser cet aspect de sa personnalité, en évoquant d'autres hypothèses amoureuses, des intrigues diverses et des rêves de petites filles gâtées. Enfin, lorsque Christian obéit aux paroles des Epoux Edelgard, la jeune femme ne put savourer sa victoire. L'Inquisiteur était redevenu cet iceberg déplorable, d'une froideur excessive qui glaçait sa petite satisfaction personnelle. Quel égoïsme de sa part, que de lui gâcher sa récompense, quel mauvais joueur, songea-t-elle, en évitant cependant de contorsionner ses lèvres en une grimace. Il fallait savoir perdre enfin...
Mais, déjà, elle se prenait à penser à l'avenir. Un avenir très, très proche, puisqu'elle s'imaginait laissant courir la jeune Agnès -court-on encore à 17 ans ?- dans les Jardins, pendant qu'elle chercherait dans les bras de Christian, mille découvertes extraordinaires... Hélas, encore ses rêveries furent éteintes par le souffle gelé de l'homme : il partait ! Ah, l'affreux couard, qui déjà esquivait quelques regards, et la suite de leur joute se trouvait effacée par sa fuite.
Pourtant, alors que l'Inquisiteur leur tournait le dos, marchant d'un pas vif et semble-t-il, décidé, Constance répondit une politesse, qui était, sans doute, la promesse que la seconde bataille aurait prochainement lieu :
« Nous vous attendrons avec plaisir, vous et votre soeur. A bientôt, Monsieur l'Inquisiteur. »
Elle ornait ses lèvres d'un sourire, très courtois, en parfaite hôtesse. Il y avait à la fois le plaisir de retrouver son mari, la déception de l'entendre lui avouer que ce n'était que pour quelques heures, avant un départ pour on ne sait quelle Eglise (elle s'attendait toujours à ces paroles-ci, y étant habituée), la victorieuse allégresse d'une bataille rondement menée, et la colère sourde de constater que Christian reprenait ses aspects hivernaux avec elle.
C'était confus mais contrôlable, tous ces sentiments, et la jeune femme s'assura que l'Inquisiteur avait quitté leur propriété pour retourner s'assoir dans le grand fauteuil, saisissant sa tasse de thé et soufflant dessus malgré qu'il soit certainement froid depuis un moment. Son air était à la fois enthousiaste et boudeur, dans une indistincte attitude,
« J'ai hâte de rencontrer la soeur de Monsieur Stue. Cela me fera une compagnie féminine un peu plus élevée que Lison... »
Ce n'était pas vrai. Agnès n'était rien d'autre qu'un danger supplémentaire dans une exaltation déjà houleuse par les caractères différents des deux êtres, et Constance but une gorgée de thé, le trouva bien évidemment froid, et grogna de façon impolie.
« Quand repartez-vous ? » Demanda-t-elle alors, persuadée que le Duc n'était revenu au Manoir que pour s'entretenir avec Christian, et qu'il s'éloignerait comme à son habitude, dès le rendez-vous achevé. _________________  Constance, la Bien-Nommée.  |
|  | | Octave Edelgard Duc


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Jeu 11 Déc 2008 - 2:18 | |
| Octave ne cessa pas de toiser Christian, lui lançant un regard où la sévérité avait repris la pleine puissance. Il sut bien détecter la froideur des paroles de l'Inquisiteur, mais leur politesse formelle lui suffit : elles montraient que le jeune homme ressentait la pression qu'exerçait le Duc, et qu'il élevait ses défenses en réponse. Par sa courtoisie, il se soumettait, et Octave en fut satisfait. Toutefois il le fut jusqu'à ce que Christian opère sa sortie, s'éclipsant avec une rudesse à peine voilée, sur un pas agressif. Le Duc et la Duchesse se retournèrent pour le voir passer la porte, sans jeter un regard au vieux domestique qui attendait dans la pièce suivante. Les sourcils d'Octave étaient de nouveau froncés et sa bouche pincée : quelque chose l'intriguait. Le jeune homme était à fleur de peau et parvenait à peine à maintenir une façade de politesse ; ce ne pouvait être à cause d'une remarque mal placée de sa part, ou du reproche sous-entendu qui lui avait été adressé en retour. Secouant lentement la tête, le Duc murmura d'une voix pensive. Quelque chose ne va pas chez ce garçon...Octave connaissait suffisamment son invité pour voir qu'il était troublé : le jeune homme lui ressemblait suffisamment. Pour une certaine raison, il laissait ses passions l'atteindre, le gouverner presque. Une chose à laquelle Christian n'était absolument pas habitué, et qui le laissait donc vulnérable, agressif. Voilà qui était inconvenant et malpratique, voilà qui ne seyait absolument pas à un membre de la Sainte Inquisition. Octave résolut de ne pas laisser ce problème sans attention. Mais un autre problème, qui réclamait plus d'attention encore, se rappela à son esprit. Constance se laissait glisser dans le confort des habitudes, et son expression férocement lassée exprimait tout le charme de sa personne. Octave ne releva pas la remarque qu'elle fit sur la soeur de Christian : la jeune Agnès l'intriguait, il se garderait donc bien d'en parler. En revanche, à sa pique à l'encontre de Lison, là encore bien habituelle, et à son grognement fruste, il réagit comme il se devait. Le Duc eut un léger soupir : le coin de sa bouche se pinça et l'autre se releva, formant cette expression de désapprobation indulgente qui n'appartenait qu'à son épouse. Puis, de sa démarche impérieuse, il franchit les quelques mètres qui le séparaient d'elle ; d'une main ferme, il lui prit la tasse de thé, à présent froid, et termina son mouvement dans son dos. Vous ne devriez pas être si dure avec Lison...Friedrich.Le vieux domestique se présenta à la porte, une expression de sollicitude servile sur son visage ridé. Octave lui intima ses instructions d'une voix absente. Faites revenir du thé, celui-ci est froid.Une fois le plateau remporté et la porte fermée, Octave daigna enfin répondre à la dernière question de Constance, cette demande si commune qui cette fois attira sur ses lèvres un doux sourire. Sa main effleura délicatement le cou de sa jeune épouse, et il murmura de nouveau. Je n'ai pas l'intention de partir... |
|  | | Constance Edelgard Duchesse


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Jeu 11 Déc 2008 - 19:09 | |
| La profonde joie qu'insufflait la simple réponse de son époux la rendit souriante. Cette moue boudeuse dont elle se paraît si souvent n'était plus, désormais qu'une attitude enthousiasmée, comme une enfant à qui on annonce une surprise. Elle se leva donc, se fichant désormais éperdument du thé froid, ou du chaud qui viendrait prochainement, et offrant à son mari un visage rayonnant. Ainsi, il ne la quitterait pas dans la minute, après quelques paroles concises et un petit mot d'excuse, pour se murer dans son bureau d'étude, et n'en plus sortir durant des jours.
Constance avait le regard pétillant de ces émotions plaisantes, serrant alors la taille du Duc entre ses bras fins. S'en détâchant, pourtant, assez vite sous l'effet de l'empressement, la jeune femme ne cessa alors de sourire, en exprimant cet état de fait.
« Vous ne repartez pas ?! Ah, Comme j'en suis heureuse, moi qui songeait avoir épousé un fantôme ! » Plaisanta-t-elle, en poursuivant son discours.
« Vous voilà donc durant quelques temps en congés, avec l'interdiction de vous occuper d'une manière qui ne m'y implique pas... ! »
Sa voix était euphorique. Il semblait à la Duchesse qu'un tel événement méritait largement quelques célébrations, et Octave méritait également quelques élégantes piques, taquines mais tendres, qu'elle aimait à lancer de ci de là.
Cependant, son visage devint pâle, devenant une porcelaine égale à une jolie poupée aux atours soyeux, alors qu'elle mesurait là tout ce que ceci signifiait. Si le Duc ne quittait le Manoir, ou, du moins, ne s'enfermait pas dans son Bureau, alors que l'Inquisiteur revenait s'installer dans leur demeure... comment parviendrait-elle à s'accorder quelques instants avec Christian ?
Il y avait là un épineux problème, à la fois frénésie de retrouver son époux, et l'angoisse panique que cela supposait. Quel dilemme disgracieux, que d'avoir désormais à reconnaître que cette situation était à la fois plaisante et désagréable. Elle qui se faisait une joie profonde d'enfin pouvoir passer quelques temps avec Octave, afin de retrouver cette vie maritale dont elle avait été privée depuis longtemps, Constance devait avouer qu'elle était également impatiente de retrouver les fougueux baisers de Christian.
Se rendant compte des affreuses complications que tout ceci impliquait, la Duchesse Edelgard reprit contenance, et s'efforça désormais de bloquer dans son esprit, les mauvais sentiments, telle la panique, la crainte et une certaine forme de déception -le sort s'acharnait-il ?!-, pour désormais pouvoir paraître comme elle l'était, quelques secondes au paravent.
Etirant ses lèvres de nouveau, Constance vint serrer la main de son époux, celle-là même qui avait effleurer son cou et plissa les yeux de façon malicieuse.
« A moins que vous n'ayez découvert la finalité de vos travaux, et que, désormais, vous ne serez plus qu'un simple châtelain, époux docile et âgé, à ne vous occuper que des affaires du Manoir, au lieu de chercher quelques mystères surnaturels... ? »
Elle y réfléchissait, et songeait que son ironie serait sans doute qu'il réponde par l'affirmative, en la mettant dans une situation mille fois plus périlleuse, qui la forcerait à redoubler d'effort pour concilier le mari et l'amant. Mais elle ne pouvait nier comme le retour de son Epoux la rendait heureuse, elle qui souffrait de solitude.
_________________  Constance, la Bien-Nommée.  |
|  | | Octave Edelgard Duc


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Lun 2 Fév 2009 - 4:49 | |
| Octave eut un nouveau sourire songeur. Laissant Constance enserrer sa taille, se saisir de sa main, il ne bougea pas d'un cil et la couvrit d'un regard tendrement attentif. Il avait observé et savouré son épouse passant de l'indifférence superbe à la moue boudeuse, qui devenait joie capricieuse après quelques mots. Quelle enfant que cette femme ! Dans cette petite danse, virevoltant d'humeur en humeur, le Duc revoyait l'innocence impérieuse dont il était tombé amoureux, et qu'il était venu retrouver ici. Une insouciance pleine de vie qu'il gardait jalousement : il faudrait qu'il demande aux serviteurs ce que son épouse avait fait en son absence. Aucune sombre vérité, aucune vil chose du dehors, rien ne devait venir gâter les beautés de son trésor. Devant les piques de la Duchesse, son visage resta figé, encore piégé entre sa sévérité coutumière et la douceur de l'intimité. Octave avait encore à l'esprit les sombres affaires qui agitaient Forbach, les rumeurs d'esprits et de fantômes auxquelles il s'efforçait de ne pas accorder de crédit...et peut-être aussi le comportement inhabituel de Christian, et enfin l'arrivée prochaine de sa jeune sœur au prénom si familier. Il se cachait tant de choses sous son air revêche, des soucis qu'il ne partageait avec personne et auxquels il ne voulait surtout pas mêler son épouse. Et malgré le désir de s'abandonner au réconfort du foyer, et de partager ouvertement la joie de son épouse, le Duc conservait sa réserve...tant bien que mal. Du dos de la main, il caressa la joue d'albâtre de la Duchesse avec une délicatesse extrême. Le sourire s'était effacé de ses lèvres et son regard devenait plus intense à mesure qu'il scrutait le visage harmonieux de son épouse. Sa mâchoire se serra tandis qu'il contenait à grand peine l'ardeur que lui inspiraient ces retrouvailles. Raidi comme un pilier, il la regarda droit dans les yeux et murmura, d'une voix lourde d'affection. Comme vous m'avez manqué, Constance...Puis vint la remarque pleine d'espoir plaisantin, qui calma bien vite son agitation naissante. Non, il n'avait pas fini de courir après sorcières, pêcheurs et mystères sinistres. Non, il n'avait pas fini de rester loin des attraits et tentations de la vie de château, d'abandonner son épouse pour ne pas rester piégé à ses côtés. Non, il n'avait pas fini de chercher la rédemption, et n'aurait peut-être jamais fini. Mais c'était quelque chose qu'il ne pouvait confier à l'enfant qui lui faisait face. Avec un visage impassible et une voix douce, il lui répondit des paroles plus agréables que ses pensées. Limitons l'avenir à cette journée, voulez-vous ? Que pourrais-je vous offrir pour agrémenter votre humeur ?Ce disant, il promena un regard expert sur la silhouette élégante de Constance ; quel cadeau pourrait rehausser la beauté de cette figure si précieuse ? Peut-être une nouvelle robe irait-elle à cette humeur si enjouée ? |
|  | | Constance Edelgard Duchesse


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Mar 3 Fév 2009 - 22:06 | |
| S'il y avait une chose que Constance Edelgard appréciait dans l'attitude froide de son époux -attitude glaciale qui l'agaçait chez l'Inquisiteur-, c'était sans nul doute le regard digne d'un lion de marbre, de ceux qui ornent les fastueux Hôtels particuliers des Capitales, royaux, majestueux et nobles, que portait Octave sur elle. Ce genre de regard était comme un appel de défi pour la jeune femme, encore parcourue de mille orgueil de demoiselle. Et rien ne pouvait plus détourner son attention, cet irrépressible sentiment qui la poussait à le provoquer plus encore, que les mots, magiques, qu'avaient prononcés le Duc.
Un présent ? Constance frémit, il put le sentir, et elle leva le visage vers son époux. Rien de plus excitant qu'un cadeau, et le choix illimité qu'on lui laissait pour cette offrande. Une rivière de diamants ? Une toilette venue d'Italie ? Des éventails de Siam ... Elle rayonna dans l'immédiat, se serra contre son mari. Il n'était jamais plus beau que lorsqu'il lui murmurait ces mots-là, à moins que leurs dernières retrouvailles, ardentes, ne soit trop éloignées pour qu'elle ne se souvienne de la beauté dont il avait été serti.
" Un cadeau ?! " Répéta-t-elle, sans qu'elle ait besoin de réellement le faire. Malicieuse, la Duchesse se mordit la lèvre, comme elle l'aurait fait face à des paroles plus osées.
" Voudriez-vous m'offrir un chien ? Un petit, tout petit chien, qui me tiendrait compagnie. Pas l'un de ceux qui sont au chenil, ils sont gros, laids et bavent ! Je veux un chien qui rentrerait dans une bourse de soie. "
Elle n'avait pas vraiment réfléchi à cette demande, et avait parlé très vite. Comme toujours lorsqu'elle avait une envie subite, Constance n'avait pas pris le temps d'estimer les avantages et les inconvénients d'une telle demande. Car, elle, à première vue, un chien pouvait être affectueux et docile, il apparut alors dans son esprit qu'il serait peut être pénible d'avoir à entendre les jappements de l'animal si On venait la voir pour une chaste discussion nocturne...
Mais dans l'immédiat, il n'y avait que la vision d'un présent qui attirait son attention. Un petit chien, minuscule, un Carlin !
" Mais si d'aventure, il vous prenait l'envie de me rendre visite dans ma chambre, en plein nuit, nous pourrions enfermer ce petit chien dans mon boudoir... " Souffla la jeune femme, dont l'évocation d'un cadeau suffisait à l'aguicher. Ses bras serrèrent plus encore la taille de son époux, et ses lèvres, qui n'arrivait pas au visage d'Octave, se contentaient de se poser sur la chemise du Duc._________________  Constance, la Bien-Nommée.  |
|  | | Piotre Klausson Exorciste


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Ven 24 Avr 2009 - 17:21 | |
| - Nouveau sujet - Les Exorcistes avaient bel et bien posé leurs bagages en Forbach, et il était temps pour les disciples du Père Marcus de faire leurs preuves. Trop de gens se méfiaient d'eux, et il fallait à tout prix qu'ils réussissent là où l'Inquisition échouait depuis trop longtemps. Ils seraient l'élite qui offrirait au bourg lorrain la tranquillité qu'il avait perdu. Le problème, c'était que la partie ne s'annonçait pas gagné d'avance. Après le repas en compagnie des personnalités du coin, Piotre avait compris que Forbach était le théâtre de bien étranges manigances. Avant de se jeter tête baissée dans l'action, le groupuscule d'Exorcistes se devait d'en savoir plus sur tout ce qui avait amené à l'installation de la stupeur qui mena à des morts. Si des membres de l'Inquisition avaient été exécutés, c'est qu'il y avait entre les murs de Forbach des imposteurs qui se prenaient trop au sérieux, et plus que leur nom, c'est leur vie qu'allaient défendre Jonas et ses frères. Ainsi, il fallait que chacun y mette du sien pour en savoir plus sur l'origine même des rumeurs de Forbach. Piotre adopta donc une technique relativement simple pour savoir où commencer : Vêtu le plus sombrement possible, il s'installa au comptoir de l'Auberge de la Croix Rousse, commanda une choppe qu'il n'entama même pas et laissa les choses suivre leur cours. Après un quart d'heure relativement long, les deux hommes à la gauche de Piotre commencèrent à baisser le ton, et arborèrent un regard inquiet. Ils étaient sur la bonne voie. Quand ils eurent fini, le franco-suédois fut capable de récapituler la situation. Les domestiques du Manoir Edelgard se plaignaient de l'apparition de phénomènes étranges frappant la demeure. Octave Edelgard, maitre des lieux, ne semblait pas y accorder d'importance et sa main-d'œuvre commençait à s'inquiéter. Personne ne s'aperçut du départ de Piotre. Dans la rue, il croisa un mendiant qui, en échange d'une belle pièce, lui indiqua la direction du Manoir Edelgard. Lorsque Piotre aperçut l'imposante bâtisse, au loin, il s'arrêta net. Il vérifia que son livre d'incantations était bien attaché à sa ceinture, enroula rapidement, comme à chaque fois, son chapelet autour de ses doigts et murmura : " Bon, les gars, j'espère que j'vais pas me planter. "Un bref sourire en pensant à ses camarades, et le robuste était reparti. Arrivé devant l'inquiétant portail du Manoir, son air s'aggravit : C'était désormais l'Oracle qui attendait qu'on vienne lui ouvrir. Ce fut un jeune valet qui, rapidement, vint aborder Piotre. " Monsieur, vous êtes attendus ? "Piotre baissa lentement sa capuche, et fusilla d'un regard noir le jeune garçon. Il avança la main qui tenait fermement le chapelet en sa direction et annonça : " Les Esprits me redoutent, mais jamais ne m'attendent. Mène moi à ton maitre. "A voir l'expression que prit le valet, la partie semblait bien engagée. Tout en ouvrant le grillage, il répondit, hésitant. " Je vais voir si Monsieur Edelgard est disposé à vous recevoir. "Alors qu'il n'y était pas invité, Piotre suivit le garçon, aussi perturbé soit-il. D'ailleurs, le brave valet n'osa reprocher le geste de l'Exorciste, même si la perspective de rester plus longtemps en compagnie de cet étrange personnage ne l'enchantait guère. La lourde porte claqua, et Piotre s'arrêta. Tout en commençant d'observer l'environnement intérieur de ce "Manoir hanté", il attendit, espérant que la prochaine personne qu'il verrait serait Octave Edelgard, maitre des lieux. |
|  | | Octave Edelgard Duc


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Dim 26 Avr 2009 - 1:18 | |
| Lequel maître des lieux n'était pas d'humeur. Octave s'était terré dans son étude et laissait ses pensées s'assombrir. La nouvelle du départ d'Agnès ne l'avait que peu dérangé : le début de curiosité qu'il avait éprouvé envers la jeune fille lui semblait inapproprié de toute manière. Le fait que Christian refuse à nouveau de se joindre à eux était bien plus contrariant. L'attitude du jeune homme allait de mal en pis, devenant plus irrationnelle à chaque occasion ; le duc ne comprenait pas, et n'avait pas eu le temps de se pencher sur ce problème. Il s'inquiétait des troubles qui devaient agiter l'âme de son invité, et qui risquaient d'entraver son devoir d'Inquisiteur. Mais il ne pouvait consacrer toutes ses pensées et son temps à une telle affaire : s'il était revenu en sa demeure, c'était pour prendre soin de son épouse. Laquelle épouse s'était éclipsée peu de temps après le repas, disant être incommodée et voulant se livrer à une promenade digestive. Seule. Octave connaissait bien les caprices de sa femme et les lui avait toujours pardonnés ; mais pourquoi ce revirement soudain, alors qu'elle semblait si joyeuse à l'idée d'avoir son époux tout à elle ? Tout ceci aurait pu n'être que légers désagréments, mais Forbach semblait décidé à ne pas laisser les Edelgard en paix. Le duc avait déjà entendu les rumeurs d'esprits et de fantômes ; il avait commencé par les traiter avec une incrédulité superbe, mais les murmures s'étaient répandus, jusqu'à ce que l'inquiétude le prenne. Lorsque l'on connaissait de première main les légendes de la région, l'idée de revenants ne paraissait pas si ridicule. Octave ne sut que penser de tout ceci, et puis les hantises vinrent envahir sa demeure. Les gens de la maisonnée commencèrent à parler de chuchotements nocturnes et de lumières étranges. Le duc avait ses propres fantômes, qu'il avait choisi d'ignorer, mais la rumeur était maintenant à sa porte, et elle enflait au fil des jours... Lorsque le jeune serviteur vint le trouver alors que l'après-midi déclinait, annonçant qu'un individu inquiétait s'était présenté à la grille, parlant d'esprits, le duc commença donc par aller chercher son épée. Suivant le domestique vers le vestibule, il songea aux nouveaux arrivants à Forbach. Il avait consulté ses amis de l'Inquisition au sujet de ces Exorcistes ; le tableau n'était pas flatteur : rumeurs de fumisteries, une réputation de flambeurs extravagants, des manières de comédiens...Le front impérieux du duc se plissa et son regard se durcit. Le hall d'entrée était à l'image de son propriétaire. Ce grand vestibule était aussi impressionnant qu'austère : les invités étaient accueillis par un vide intimidant, agrémenté çà et là de décorations sobres. Il y avait malgré tout quelques œuvres d'arts et objets de beauté, tous discrets ; un œil avisé pouvait voir là de subtils indices du bon goût du duc. Les pas du duc résonnèrent sans ménagement sur le sol dallé de noir ; le jeune servant ouvrit la bouche pour annoncer son maître. Sa Grâce, le duc Edelgard. Votre Grâce, voici...Mais le jeune homme se tut, l'air contrit, sans achever de présenter cet intrus. Octave lui jeta un regard noir : ainsi donc, ce visiteur aux allures d'ours encapuchonné n'avait même pas daigné donner son nom. Le duc posa la main sur le pommeau de son épée et se planta face à l'Exorciste, rivalisant de taille avec lui et le jaugeant de son regard acéré. Octave était légèrement voûté et ses sourcils couvraient dangereusement ses yeux maussades ; la moue qui ornait son visage n'avait rien d'accueillant. Il regarda Piotre avec mépris, comme on considère un malandrin à chasser vite et bien. Sa voix résonna dans le vestibule, froide et pleine de morgue. Je ne sais sur quel élan d'idiotie Johann vous a laissé entrer, mais je vous conseille de vous présenter sans tarder, si vous ne voulez pas être jeté dehors. |
|  | | Piotre Klausson Exorciste


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Dim 26 Avr 2009 - 23:34 | |
| Piotre avait tout le loisir d'admirer le hall d'entrée du Manoir Edelgard. Une pièce bien trop grande, peu décorée et finalement assez inutile. Elle était froide, et ce qu'elle dégageait ne plaisait pas trop au franco-suédois. Il aurait préféré un petit vestibule coloré et invitant à s'enfoncer un peu plus dans l'habitation, mais il allait se contenter de ce qu'on lui proposait ... Puis, dans le fond, il n'était pas là pour redéfinir l'espace de vie des Edelgard, mais pour imposer la légitimité de la venue des Exorcistes à Forbach, une mission délicate qu'il avait bien l'intention de mener à terme. Il y avait eu cette période de doute, à n'en pas douter, mais Jonas avait donné le ton : Il était hors de question d'échouer maintenant. Maintenant qu'il était entré à l'intérieur du manoir, il fallait réussir à ne plus en sortir. La tâche s'annonçait ardue, et Piotre le comprit quand Octave Edelgard daigna enfin venir à sa rencontre, accompagné du valet qui de toute évidence n'aimait pas trop la présence de l'Exorciste. Le duc toisait clairement son hôte qui semblait plutôt indésirable. Ok, un riche duc, ça n'apprécie pas forcément qu'un étranger vienne chez lui, surtout pour prétendre qu'il est capable de rendre la sérénité d'un lieu hanté. Si l'épée qu'il avait était sensé effrayé le jeune homme, c'était loupé. Piotre avait toujours eu une bonne étoile, et il ne craignait pas les menaces, plus ou moins directes, qu'on lui adressait. L'Edelgard était un notable de Forbach, il n'allait pas se salir les mains d'un sang que protège le pape. Le pape, c'était sur ce vieux bonhomme que Piotre comptait. Octave était, cela se voyait, un homme cultivé. La pieuté du quadragénaire était lisible sur son visage, et c'était un très bon point. Malgré son air un peu rude, le duc allait peut-être déserrer les fesses quand il entendrait l'argument d'autorité que se réservait Piotre. Pour le moment, c'était l'heure des présentations. La valet annonça son maitre avant que celui-ci ne soit au niveau de Piotre. Physiquement, ils s'équivalaient, mais le contraste entre le noble et le religieux était plus que perceptible. Le problème vint au moment de présenter Piotre à Octave. Oui, d'accord, il avait omis de suivre le protocole. Et alors ? En tout cas, ça ne semblait pas plaire à Edelgard, qui offrit à Piotre un regard semblant signifier "Casse-toi de là, t'es pas le bienvenue". Piotre aurait aimé riposter, mais l'Oracle n'en avait pas le droit. " Monseigneur, je connais l'étiquette. Il est certain qu'elle s'applique aux hommes de votre Rang, et que je faute en restant dans l'ombre. Mais, en pareille situation, pensez-vous bien utile de connaitre un nom qui, de toutes les manières, ne vous marquera pas ? "Ouais, l'hypocrisie de la noblesse était plutôt harassante. Prendre la peine de parler des trois générations avant la notre pour se présenter, ça n'a pas grand intérêt. Tout en restant le plus humble et courtois possible, Piotre évita donc la question. Il reprit de suite, posant lui sa main libre sur son livre d'incantations, montrant qu'il était armé à sa façon. " Ne nous arrêtons sur ce début d'entrevue qui aurait pu être, je vous l'accorde, plus concluant. Vous et moi savons, plus que les autres, qu'il y a en votre demeure un mal qui doit être jaugé et combattu. Si je ne m'étais présenté à vous, vous auriez d'ici peu fait appel à mes services, vous le savez tout comme moi. "Bien, espérons qu'Octave retrouve le sourire, car Piotre n'était pas encore sur d'être autorisé à fouler le plancher du manoir plus longtemps. |
|  | | Octave Edelgard Duc


Nombre de messages: 25 Date d'inscription: 12/11/2008
Informations Personnage Âge: 41 ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Lun 27 Avr 2009 - 1:11 | |
| Au moment où Piotre se mit à parler, le jeune domestique eut une très discrète mimique de soulagement, qui était tout autant provoquée par l'Exorciste que par son maître. En effet, le visiteur et son aura de mystère avaient fait forte impression sur lui, pauvre jouvenceau perdu dans une région étrange ; mais si l'inconnu le mettait mal à l'aise, ce qu'il connaissait ne manquait pas de l'inquiéter également. Il savait que si l'Exorciste avait employé avec le duc le ton qui l'avait fait entrer, son seigneur aurait mis l'intrus dehors manu militari, voire l'aurait embroché sur le champ. En voyant le noble prendre son épée, le jeune homme avait su que le duc était prêt à se livrer à une autre de ses tristement célèbres sautes d'humeur. Aussi fut-il rassuré lorsqu'il entendit le visiteur s'adresser à son maître d'une manière plus adéquate. Le duc était un homme juste et bon, mais il ne fallait pas essayer de lui faire passer la plume par le bec. La colère d'Octave s'était en effet un peu atténuée, mais elle ne manqua pas d'être entretenue par les propos de l'Exorciste. Il eut un reniflement de mépris lorsque le mot "utile" parvint à ses oreilles. Le jeune ours avait beau esquiver courtoisement le sujet, il n'en continuait pas moins de défier le duc en gardant son nom secret. Son regard devint de plus en plus aigu devant l'arrogance que son vis-à-vis affichait ; à quoi servait de connaître l'étiquette si c'était pour la violer ? Cependant, les paroles qui suivirent eurent le mérite de piquer l'intérêt du duc ; le seul signe en fut un froncement des traits de son visage, qui prenait une expression de plus en plus maussade. Octave jeta un bref coup d'oeil luisant de reproche à Johann, et à travers lui à toute sa maisonnée : il n'était pas difficile de comprendre comment cet individu était au courant des étranges évènements qui affligeaient le manoir. "Vous et moi savons plus que les autres" ? L'espace d'un instant, Octave se demanda ce que savait l'Exorciste : pourquoi le duc en saurait-il plus que d'autres sur cette hantise ? S'il y avait bien un revenant dans le domaine, rien n'indiquait qu'il vienne pour lui plutôt que pour un autre. Le visiteur avait-il découvert quelque chose ? Avait-il monté les hantises de toute pièces pour faire chanter le duc ? Alors qu'il examinait la situation en son for intérieur, Octave dut supporter le poids renouvelé de son crime, qui venait de lui être rappelé. L'inquiétude, les soupçons, la culpabilité...autant de charbons pour alimenter le brasier de son ressentiment. Comme pour accompagner la dureté de son humeur, la pièce devint soudain glaciale, tandis qu'un souffle imperceptible de vent la traversait, effleurant chacun des trois hommes de sa subtile influence. Le seigneur, semblant poussé par cette sensation spectrale, s'approcha de l'Exorciste jusqu'à être presque nez-à-nez avec lui, et siffla entre ses dents. Ne jouez pas avec moi, mon garçon. Je ne ferais pas appel à un homme qui se présente à visage couvert, qui refuse de révéler son nom et qui intimide mes gens pour venir faire intrusion chez moi.Sa main était toujours sur la poignée de son épée. Derrière la dignité ducale, c'était la férocité qui poignait, celle d'un prédateur qu'on aurait dérangé devant sa tanière. Sa voix était un feulement rauque, dangereux, dans ses yeux couvait une lueur amère qui menaçait de consumer l'homme d'Eglise. Mais à la source de cette violence, il y avait la peur ; Octave avait entendu les chuchotements aux détour des couloirs, à la nuit tombée, ces souffles qui se confondent avec le vent et vous font croire que votre esprit s'égare. Il avait entrevu les lumières, à la limite de la conscience, où l'œil croit distinguer une silhouette familière surgie du passé. La vérité était que le duc avait ressenti ces choses tout autant que ses serviteurs, si ce n'est plus. Et si ferme soit son incrédulité, il ne savait que trop bien quelle âme pouvait revenir des ombres pour le hanter. Octave éleva la voix avec un geste brusque. Hors de ma vue !Le jeune domestique eut un regard effrayé pour son maître, et pour l'atmosphère sinistre qui planait au-dessus de son front assombri. L'esprit du duc était trop fier pour y croire vraiment, mais les signes étaient bien là. Son hostilité envers l'Exorciste était aussi réelle que l'acier qui pendait à sa ceinture, mais il y avait une raison pour laquelle il ne l'avait pas encore jeté dehors... |
|  | | Piotre Klausson Exorciste


Nombre de messages: 65 Date d'inscription: 22/03/2009
Informations Personnage Âge: 23 ans Titre: Membre du Clergé
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Lun 27 Avr 2009 - 15:54 | |
| S'attirer les faveurs d'un duc n'avait jamais été aussi difficile. Piotre en avait côtoyé, et jamais ils ne s'étaient montrés méfiants. Pareil à un messie, l'Exorciste était celui qui sauvait brillamment leur contrée des forces démoniaques qui y régnaient. Octave semblait malheureusement un brin plus cartésien, et il tenait dur comme fer à ne pas laisser son hôte capuchonné prendre le dessus dans l'échange. Bon, Piotre était un homme de défi, et il n'allait pas s'arrêter au premier heurt rencontré. Il devait continuer à tenter de s'octroyer la confiance du noble, et la partie n'était pas gagnée. Il fallait alors tenter le tout pour le tout, et en s'obstinant, le jeune homme espérait intimider l'homme à l'épée. Octave avait du caractère et de l'esprit, et c'était vraiment embêtant. Les gens intelligents se méfiaient de tout, et offraient une trop grande importance à l'insignifiant. En l'occurrence, il s'agissait du fait que Piotre ose ne pas se présenter. La conversation n'avançait pas vraiment, et s'il ne voulait pas vite faire demi-tour, le compagnon de Jonas allait devoir redoubler d'arguments et d'imagination. Étrangement, la lourde cape de Piotre se mouva. Elle sembla suivre un courant d'air, mais il aurait été bien difficile au vent de passer la porte qui était bel et bien fermée. Passons, ce n'était pas là un détail sur lequel on devait s'arrêter. A vrai dire, Piotre sentit plus le souffle d'Octave qui était nez-à-nez avec lui plus que le courant d'air. Il avait agacé le propriétaire du manoir, et bien que celui-ci reste digne de son rang, on sentait qu'il se retenait de relâcher sa colère. Bien, il fallait invoquer celui qui raisonnerait peut-être le duc. Alors que le duc pesta contre Piotre, lui ordonnant de quitter les lieux, ce dernier baissa sa capuche, et ses yeux. " Il y a quelques années, le Père Marcus se rendit dans un monastère suédois et prit plusieurs jeunes sous son aile. Il sentait sa fin approcher et voulut leur enseigner le fruit de toute une vie. Ce Sage en savait plus sur les esprits et démons que tous les autres, et son apprentissage était précieux. Nous, Disciples de Marcus, avons été formés à prendre la suite d'un Maitre parmi les Maitres. Lorsqu'il partit rejoindre ses aïeux, le Père Marcus laissa ses élèves qui étaient prêts à lui rendre hommage. Grâce à son précieux Savoir, nous avons pu redonner le sourire et la foi aux populations qui depuis trop longtemps les avaient perdus. "Tout en parlant, Piotre n'avait pas adressé un seul regard à Octave. Bien sûr, ce qu'il racontait ressemblait à un beau tableau qui s'éloignait énormément de la réalité, mais ce mensonge était utilisé depuis tellement longtemps qu'on ne pouvait avoir l'idée d'en douter. Il avait traversé l'Europe, et aujourd'hui, il ne serait pas remis en cause. Reprenant son souffle et marquant une légère pause, Piotre reprit, d'un calme et d'une sérénité qui contrastait avec les paroles qu'avaient eu le duc quelques minutes auparavant. " Monseigneur Edelgard, sachez que la présence des Exorcistes en votre bourg résulte de la volonté de notre guide, le pape. Je suis Piotre Klausson, et je ne suis pas venu en votre demeure pour vous importuner mais pour que la volonté de l'Eglise soit faite, et que ce manoir retrouve la quiétude à laquelle il aspire. "Bien, si maintenant Octave décidait de renvoyer Piotre, ce dernier n'aurait surement plus grand-chose à dire pour sa défense. |
|  | | Octave Edelgard Duc


Nombre de messages: 25 Date d'inscription: 12/11/2008
Informations Personnage Âge: 41 ans Titre: Noble
 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Sam 16 Mai 2009 - 15:18 | |
| [désolé, désolé, désolé pour le retard...je suis très occupé à me taper la tête contre mon ordinateur pour me punir ; j'ai eu un blanc complet au moment de répondre, et à force d'attendre j'ai fini par me laisser distraire ; mais bon, ça n'excuse rien...] Sitôt après lui avoir ordonné de partir, Octave avait tourné le dos à l'Exorciste. Les mains croisées dans son dos, crispées, il ruminait sa colère et sous ses sourcils sombres, il tournait un regard aigu vers les couloirs et salles de sa demeure. Il avait pu sentir, lorsque son attention s'égarait, que quelque chose y rôdait, quelque chose qui dénaturait la bâtisse, lui rendait étrangère sa propre maison. La demeure était-elle aussi sombre que ses pensées, dans les heures amères de la nuit ? S'il y avait bien un revenant, si c'était bien l'âme dont il craignait les visites, serait-ce la haine du duc ou sa culpabilité qui l'emporterait ? Il tourna la tête en direction de Piotre, qui ne voulait toujours pas obéir. L'Exorciste s'employait à présent à raconter ses origines et celles de sa cabale, d'une voix mélancolique et sans accorder un regard à son hôte. La mise en scène ne faisait que confirmer les premières impressions du duc : le visiteur aimait se donner le beau rôle et refusait de se soumettre. Il était plus habile qu'il n'y paraissait, Octave pouvait l'admettre : ce genre d'éloquence se manifestait parfois, dans les sermons de prêtres passionnés...ou dans les ritournelles de charlatans fieffés. Toutefois, le duc finit par admettre, en son for intérieur, qu'il devait accepter cette aide. Si toutefois elle était authentique, et si elle acceptait enfin de se présenter correctement. Puis le nom fut donné. Octave se retourna complètement et adressa un signe de tête à l'Exorciste. Il était toujours un peu voûté, et son regard ne s'était pas débarrassé de cette lueur amère. Soit. Vous avez mon attention.Le duc faisait un effort visible pour se contenir : sa voix avait des accents brusques et expéditifs, et il toisait toujours le visiteur comme un intrus. A son sens, Piotre était un mal nécessaire, et il accepta de fermer les yeux sur l'impolitesse de son arrivée. Mais il continuait à montrer les crocs, à signifier à l'Exorciste qu'il ne fallait pas compter sur sa patience. Tournant les talons, il quitta le hall et s'enfonça dans les couloirs du manoir, sans autre forme de procès. A peine surpris, le jeune domestique invita Piotre à le suivre d'un geste. Après quelques secondes de marche, ils arrivèrent dans un petit salon tout aussi sobre et austère. Octave s'assit et se remit à dévisager l'Exorciste, s'efforçant de percer les façades et les faux-semblants. Le serviteur, qui les avait suivi, désigna poliment un fauteuil au visiteur. Je sais d'où vous et votre groupe venez. Mes amis de l'Inquisition m'ont appris votre venue, et m'ont déjà donné leur opinion, qui n'est pas très flatteuse. Il y a des rumeurs, mon père, selon lesquelles votre groupe serait une bande de charlatans, débarrassant les gens crédules de spectres imaginaires, et de leur nourriture, pécule et hospitalité, par la même occasion. J'espère, dans votre intérêt, qu'elles sont infondées...Le duc laissa le sujet ouvert, invitant l'Exorciste à présentant sa défense. Ce disant, il eut un rictus ironique, qu'on ne pouvait pas vraiment qualifier de sourire. Détournant les yeux de son interlocuteur, il jeta un regard sombre vers une fenêtre, qui donnait sur les bois environnants. Aviez-vous déjà entendu parler de Forbach auparavant, mon père ? Saviez-vous ce qui s'y tramait ? |
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