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Constance Edelgard Duchesse


Nombre de messages: 957 Age: 25 Date d'inscription: 31/05/2008
Informations Personnage Âge: 24ans Titre: Noble
 | Sujet: Manoir Edelgard Mer 4 Juin 2008 - 17:32 | |
| Le Manoir Edelgard est de ces grandes bâtisses, anciennes mais nobles, qui semblent perdues dans une froideur improbable, sans vie. Pourtant entretenu, il donne l'impression d'être figé dans une époque révolue. Il est caché à la vue des passants par de hautes grilles ouvragées terminées par des pointes fatales, aux haies taillées avec une impeccable rigueur, et où serpente une longue et large allée de pavés gris. Se dresse alors le Manoir, triste et on l'entend presque soupirer d'ennui... Mais à l'intérieur, lorsqu'on monte le perron, c'est l'effervescence. Les domestiques sont nombreux, certains courent pour accomplir leur tache, sous peine de représailles virulentes.
Les femmes de chambres ouvrent et ferment des fenêtres, multiples, attestant d'un grand nombre de pièces, souvent inhabitées. La famille Edelgard a toujours vécu ici, et depuis peu, seuls deux personnes en profitent. Le Duc s'étonne d'ailleurs souvent que son épouse ait choisi des appartements si loin des siens, mais la fréquence de ses visites sont telles qu'il ne conteste pas. Constance, quant à elle, se félicite d'avoir aussi bien fait son choix. Les fenêtres de sa chambre donnent sur le petit jardin, coquet et à la française, et l'été, jadis quand le soleil se faisait trop chaud, elle entendait le chant aquatique et frais de la fontaine.
La fourmilière semble redoubler d'efforts à mesure que les heures défilent, et soudain, sonnent minuit. Oui, il est tard, si tard qu'on s'étonne de voir beaucoup de pièces allumées, la lueur des chandeliers, des lustres et des bougies illuminent royalement trois chambres, une cuisine, un petit salon et le hall d'entrée. Sur le seuil des deux épaisse portes de bois sculpté, un valet et une servante attendent dans le froid, la femme replète et trop maquillée grelottent et son souffle entraine une épaisse fumée grise. L'autre est plus jeune, droit et solennel et ne semble pas blessé par le vent gelé. Ils attendent, immobiles, alors qu'à l'intérieur, tout est rapide, bruyant. Des majordomes passent dans le Hall, en direction de la cuisine, puis du petit Salon, à gauche de l'entrée... Ils transportent des plats, fumant et odorants. Dans l'allée, des bruits... Des bruits de pas, le trot de quatre chevaux les suivent. Un tout jeune gamin court avant la calèche, haletant, et annonce à la grosse servant qu'Il est arrivé. Comme si cela était inutile, le fiacre arrive enfin, les chevaux stoppent leur course devant le perron.
Comme une impeccable horloge, les deux portes s'ouvrent, et, enroulée d'une épaisse fourrure de renard blanc, la silhouette de Constance passe le seuil pour s'approcher, laissant échapper un claquement de langue en direction du jeune valet, qui s'écarte pour la laisser passer, sans broncher. Les yeux de Constance brillent... Son visage est pourtant neutre, loin d'être froid, plutôt d'une curieuse absence, laissant sous entendre qu'elle n'attend qu'un mouvement pour afficher une figure aimable.
Le Duc est resté à l'intérieur, évidemment, il n'irait pas sortir avec ce froid de mort... Constance observe la calèche et s'impatiente, elle n'aime pas attendre, et cela devient trop long. Elle tourna la tête vers sa grosse Servante et fronce les sourcils.
« Qu'attends-tu Jeanne, vas le chercher enfin ! »
Quelle idiote celle-là... Empotée, trop grosse pour se déplacer peut être ? La dénommée Jeanne esquisse un sourire qui veut clairement signifier l'hypocrisie de la haine qu'elle peut ressentir pour sa Maîtresse. Mais elle s'exécute, descend les quelques marches et fait quelques pas sur le pavé, avant d'arriver à hauteur du cochet. Elle se hisse sur le monte-pied et actionne la petite clenche en sifflant d'une voix gelée mais solennelle :
- Nous vous souhaitons la bienvenue au Manoir Edelgard, Monseigneur.
Les yeux de Constance se mirent à briller bien plus encore, alors que le fiacre tanguait, signe qu'Il sortirait bientôt de sa cachette. |
|  | | Christian Stue Homme de main


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Mer 4 Juin 2008 - 18:39 | |
| Le départ s’était montré difficile pourtant il avait fallu se résoudre à partir, laissant derrière lui l’image d’une sœur en pleurs. Rejoignant la voiture dans la cour, il avait gravi le monte pied d’une enjambée, gagnant en hauteur sur les quelques domestiques présents pour l’occasion, il resta un instant sur celui-ci, guettant l’apparition d’Agnès, en vain. Elle n’avait donné signe de vie. A peine s’était-il installé dans la cabine du fiacre que le carrosse se mit en marche, le cocher Bernard qui se devait d’affronter la morsure du froid et l’obscurité oppressante héla ses bêtes, monstres de locomotion qui exprimèrent leur joie de quitter cet état d’attente dans lequel on les avait enfermé. Des hennissements vigoureux se firent entendre puis la musique des roues sur le gravier sonna le point de commencement de ce voyage. Périple aux longues heures interminables, calvaire d’attente pour ce passager qui affrontait d’un regard hésitant les ombres formées au travers de la vitre par ces arbres difformes et fantasques ; la nuit leurs conférait une toute autre dimension, ils gagnaient en densité, s’épaississait pour se changer en monstres, serviteurs de Mère Nature. Pour y mettre un terme et trouver le repos, Monsieur Stue fit taire cette vision en tirant d’une main leste le rideau aux teintes pourpres. Dans son fort intérieur, il s’en voulait d’avoir un instant laisser placer à une imagination trop productive qui aurait pu lui causer moult frayeurs. Après tout, il n’était pas de ces gens du peuple qui croient reconnaître en la Lune l’expression d’un visage de par la géométrie de l’astre. Non, non ! C’était un homme de raison et empli de certitudes ! Profitant de la monotonie de ce voyage, il occulta ses prunelles sombres s’enfermant dans le sommeil du juste, parant ses yeux de la poudre de Morphée, se laissant bercer par le balancement de la voiture, par cette cadence rythmée sous les coups des sabots, par cet enivrant ballet. Christian ne se réveilla que bien plus tard. Les paupières du jeune homme frémirent. Quand il tenta de faire apparaître ses orbes noirs, il ne put réprimer le froissement de ses sourcils suite à la douleur que lui provoqua une rencontre avec la lumière directe, l’un des dards d’Apollon qui avait su se faufiler, contournant l’opacité du rideau. Instinctivement, il passa sa main sur son front, massant avec effort ses yeux meurtris. Puis, douloureusement, il fit une nouvelle tentative. Cette fois, bien que péniblement Monsieur Stue y réussit, dévoilant ses yeux ombrageux. Statique, il perdura dans son immobilité pendant un long moment. Quelle heure était-il ? Se redressant pour retrouver de sa folle raideur, il se calla dans son siège, ses pensées allaient vers Agnès et vers ce lieu qui lui servirait de demeure durant ses investigations à Forbach. Sortant de sa valise, posée sur la banquette face à lui, un carnet, il y inscrivit quelques mots y fit quelques dessins et le délaissa… Les longues heures que compta cette aventure, ne méritent pas d’être contées.
Enfin, ils arrivèrent… De nuit… Il s’était endormi, l’arrêt brutal de la voiture le réveilla en sursaut, puis une apparition, celle d’une domestique à la figure peinturlurée et aux manières faussement aimables. L’étonnement lui arracha un léger éclat de voix. Il se redressa, avec un léger empressement, vérifia l’état de son costume avant de sortir de la cabine. Vaincu dans sa dignité par la frayeur de cette surprise, il gratifia l’humble servante d’un parfait dédain, la remerciant à demi-mot. Valise à la main, élégant dans sa distance vis-à-vis des autres, il gagna rapidement la distance qui la séparait de la maîtresse de maison. Ils étaient face à face. Ses yeux vifs et noirs détaillèrent ce minois qui lui faisait face, la jaugeant peut-être sur cette première impression, puis ils se détournèrent de peur de causer à celle-ci un quelconque désagrément. Jugeant d’une impolitesse folle le baisemain, il lui adressa un signe de tête qu’il agrémenta de quelques paroles qui se firent plus douces.
« Madame, je suis honoré de faire votre connaissance. Vous devez être l’épouse du duc. Je suis quant à moi, Christian Stue. Je ne peux qu’admirer votre courage pour m’avoir attendu et d’avoir subi la morsure du froid. Monsieur, est-il également au manoir ? » _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
Dernière édition par Christian Stue le Jeu 5 Juin 2008 - 19:09, édité 1 fois |
|  | | Constance Edelgard Duchesse


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Mer 4 Juin 2008 - 19:24 | |
| Le renard à la fourrure épaisse et soyeuse se resserra autour du cou de Constance, alors qu'elle esquissait une simple révérence, sans se baisser plus que de raison, sans autre protocole qu'un geste courtois et poli. La Duchesse acquiesça aux mots prononcés par l'Inquisiteur, reportant son regard sur sa silhouette, un point indéfinissable, sans qu'on puisse dire que ce soit de la gêne, face aux yeux de Christian, posés sur elle un instant avant. En effet, malgré de coquette attitudes, Constance ne semblait en rien intimidée par les allures de l'homme, comme l'aurait sans doute souhaité la traditionnelle gêne des femmes qui avaient à subir les pupilles insistantes.
Au contraire, il semblait que le regard de la jeune femme se soit fait plus brillant, sans doute flattée, sans doute, également, plus curieuse encore. Satisfaite, aussi, du visage et de la stature qu'offraient l'Inquisiteur. C'était elle qui avait insisté pour que mon époux consente à proposer à l'Eglise d'héberger l'un des Grands Hommes de l'Inquisition, non par convictions religieuses, mais par envie de changement. Il lui tardait d'avoir à accueillir un nouvel arrivant, et avait fait un autre caprice : elle le voulait jeune, alors que le Duc tenait à ce que ce soit un éminent Inquisiteur espagnol, d'au moins 50 ans ! Quelle horreur... Constance l'avait fait penché de son côté sans mal, et attendre quelques secondes dans le froid n'était rien face à l'impatience dont elle avait fait preuve toute la journée. Ne pouvait-il pas arriver plus tôt ?!
Elle en voulait à ce jeune homme, d'avoir été si long à venir. Mais en découvrant son allure, elle avait pardonné ce tord, et un sourire agréable se dessina sur ses lèvres, à demi cachées sous la fourrure du renard blanc. Aussitôt, le valet se saisit de la valise de l'Inquisiteur, et Constance répondit :
« Je suis la Duchesse, en effet, Constance Edelgard. » Elle eut un mouvement de main afin de l'inviter à entrer. Si elle avait été assez curieuse pour attendre sur le perron avec ce vent glacé, elle n'était pas sotte au point de rester attraper quelques maux dans la nuit.
« Je n'ai que peu attendu, rassurez-vous. » Elle eut comme une moue, discrète mais présente, en abordant le dernier sujet. « Monsieur le Duc est à l'intérieur, il vous a fait préparer une collation. »
Hélas... oui. Le Duc était présent. Il y avait toute sorte d'hommes qui se faisaient plaisants aux yeux de Constance, mais il y avait quelque chose entre le mystère et la simplicité qui piquait la curiosité de la Duchesse, chez ce Christian. Elle laissa Jeanne ouvrir la porte d'entrée -pensiez vous qu'elle l'aurait fait ?- et passa en premier. Tout laissait à penser que si elle avait tenu à le laisser pénétrer dans le manoir avant elle, il se serait fait un devoir d'être galant, et d'insister pour qu'elle le précède. Autant ne pas passer par ces idioties pleines de mensonges, non ?
Quitte à paraître, chez certains vieux Nobles, très impolies, elle entra dans le Hall, illuminé de milles chandelles, alors qu'un serviteur proposait déjà ses mains à la Duchesse, la débarrassant de son épaisse cape de renard d'un blanc immaculé, et qu'un second proposait de même à l'Inquisiteur. Dans la lueur moins feutrée, Constance put apprécier le visage du jeune homme, qu'elle jugeait plus âgé qu'elle. Elle eut un sourire, non dissimulé, presque gourmand. Alors, le majordome qui était venu chercher son manteau revint, et lui chuchota quelques mots à l'oreille. Constance sembla euphorique.
« Veuillez excuser mon époux, il n'a pu vous attendre si tard, et est allé se coucher. Il a demandé à ce que je vous tienne compagnie en son absence. Si vous voulez bien passer au Petit Salon ... » Elle indiqua d'un geste de main courtois l'entrée d'une salle qui était loin d'être petite, où trônait une table, pleine de victuailles odorantes.
« Vous devez avoir faim après ce long voyage. A-t-il été bon, d'ailleurs ? » Engager la conversation, malgré les bienséances demandant qu'une femme ne fasse qu'y répondre, semblait aussi facile pour Constance que de respirer. Sans en éprouver la moindre gêne, elle s'infiltra dans le Petit Salon indiqué, et présenta une chaise à Christian. Son visage semblait plus enthousiaste qu'avant, et étrangement, elle était moins droite, moins solennelle, depuis que le valet lui avait annoncé l'absence de son mari. Quel soulagement de ne pas l'avoir dans les pattes... |
|  | | Christian Stue Homme de main


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Jeu 5 Juin 2008 - 18:56 | |
| C’est ainsi que d’une enjambée calme et décidée Monsieur Stue s’engouffra à la suite de la duchesse dans l’antre des Edelgard, manoir qui allait être sa demeure durant quelques semaines, peut-être même des mois. Inspectant le hall de son regard inquisiteur, il laissa glisser ses puits sombres sur cette première salle, jetant un coup d’œil à droite puis à gauche, semblant en déduire la personnalité de ses occupants. Etaient-elles le reflet de cette pièce agréable et lumineuse qui savait se faire accueillante après un séjour au cœur des ténèbres ? Ce hall ne constituait-il pas après tout le phare qui avait su attirer le cocher Bernard jusqu’à ces lieux oubliés telle la flamme attire inlassablement le papillon ? Néanmoins, la contemplation méticuleuse de l’endroit s’interrompit suite à la visite impromptue du majordome de la famille. Le domestique informa l’épouse Edelgard de détails qui n’avaient guère d’importance à ces yeux, Christian reporta son attention sur la maîtresse de maison qui lui faisait face, la distinguant à présent avec plus de netteté et de précision qu’il ne l’avait pu lors de leur tout premier « face à face ». Il soutint, non sans peine, son regard mais son œil ne se perdit pas dans les méandres de ceux noisettes de la belle, habitude qu’avait prise le duc lorsqu’il avait le loisir d’avoir sa femme toute à lui. N’était-elle pas des plus charmantes ? Constance Edelgard devait susciter bien des convoitises mais pour le moment elle n’avait guère d’emprise sur cet homme qui se montrait aussi froid que la pierre et restait statique dans une infinie distance. Cependant, son sourire lui arracha un léger teint de rose et lui valut un détournement de regard, l’interpréterait-elle comme une petite victoire sur son cœur de glace ? En réalité, ce sourire presque moqueur l’avait tout autant intimidé qu’enorgueilli ; il l’avait perçu de bien mauvaise manière, l’ayant pris pour une marque de dérision à son encontre. Des paroles s’extirpèrent de ses lèvres tentantes et désirables pour résonner sur un ton poli, cordial bien que légèrement empreint d’un ersatz d’amertume.
« Je comprends parfaitement, Madame Edelgard. Votre mari doit être très occupé…Je suppose. »
Il laissa planer ces quelques mots avant de reprendre son discours, s’avançant d’un pas vers elle avant de la suivre vers ce « petit » salon.
« Vous avez une bien belle demeure, Madame. Je ne puis que me réjouir d’être accueilli si bien. Le voyage fut bon, je vous remercie. »
Il ne donna pas d’autres détails, fatigue, rancune de ce sourire qui l’avait légèrement troublé ? Restant debout dans cette nouvelle pièce, d’autres palabres s’envolèrent pour venir tinter aux oreilles de la belle, les modulations de sa voix étaient en parfait accord avec sa physionomie, agréable et plaisante, légèrement grave.
« Madame, vous êtes trop bonne, je ne peux que vous louer mais qui suis-je pour vous demander de veiller ? Je ne voudrai m’imposer à vos yeux comme une personne impolie et déplacée, ne le suis-je pas déjà assez, après vous avoir fait attendre ma venue dans le froid ? »
Dans la pièce aux proportions importantes, des fantômes du passé jalonnaient les murs, hautains portraits d’ancêtres de la famille Edelgard, ces visages aux mines blafardes scrutaient le duo qui était à présent seul de leurs regards perfides. Etrangement proche l’un de l’autre, la lumière tamisée produite par les flammes dansantes dans l’âtre de la cheminée les éclairaient de sa bienveillante lueur, les baignant dans une atmosphère d’intimité…. _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
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|  | | Constance Edelgard Duchesse


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Jeu 5 Juin 2008 - 21:10 | |
| La compagnie de l'Inquisiteur se faisait toujours plus agréable. Constance semblait largement apprécié d'avoir veiller jusqu'à sa venue, malgré qu'elle puisse être fatiguée. Cependant, se levant aux heures les plus tardives, faisant fi des convenances -l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ?- la Duchesse n'aurait pas de mal à rattraper quelques heures de sommeil. Et elle passait le plus strict de son temps à ne rien faire... alors la fatigue harassante n'était pas réellement connue de cette femme. Plaisant était le jeune homme, et plaisante serait sans doute la soirée, bien entamée pourtant... Constance l'invita à s'installer, sans doute pour qu'il puisse ainsi manger un peu, et qu'elle ait le loisir de le questionner.
Car déjà plusieurs interrogations lui venaient en tête, et à voir comme il s'efforçait de ne pas s'appesantir sur les réponses, la Duchesse estimait qu'elle aurait toutes les peines du monde à le faire parler. S'installant à son tour sur l'une des chaises qui lui faisait face, séparés par la table pleines de plats fumant, Constance sembla avoir une idée. Du moins, l'éclair brillant dans son regard, durant une seconde à peine, le laissa supposer, et elle tendit la main pour s'emparer du broc de vin, et en servir un verre à son invité. Avec un sourire toujours aussi direct, la jeune femme fit un signe de tête courtois, semblant paradoxale par rapport à ses manières, tantôt familière, tantôt parfaitement éduquées.
« La demeure de mon époux est en effet un bien agréable foyer. Ce bien est dans sa famille depuis des générations innombrables... » On eut crut qu'elle eut un soupire, comme si malgré le faste de cette bâtisse, elle la trouve ennuyeuse. « Ne tardez pas, votre souper va refroidir. » Elle semblait attendre avec impatience qu'il mange, comme si ce geste avait une chance de le rendre plus bavard, sans doute moins avare d'expressions.
Car Constance appréciait avoir quelqu'un avec qui converser, mais les balivernes sans intérêt la rendaient vite lasse. Déjà, elle insistait pour qu'il boive le contenu de son verre, l'appuyant d'un sourire.
« Nous sommes honorés que l'Eglise nous confie l'un de ses éminents Représentant, et je peux vous assurer que le Duc vous remerciera mille fois d'être venu. Rassurez-vous encore, je n'ai pas pris froid, je ne suis sortie que peu de temps avant votre arrivée. Et vous n'avez pas idée à quel point le renard polaire est chaud. »
Ce personnage énigmatique et élégant avait toute son attention. Légèrement penchée pour mieux le voir, comme on observe un fin tableau de Maître, Constance pouvait largement paraître impolie. Pourtant, ce n'était que la curiosité et l'impatience, l'euphorie d'être accompagnée, qui la rendait aussi naturelle. Loin de s'en gêner, elle semblait même très heureuse de cette liberté qu'elle prenait. Son époux lui aurait sans doute fait remarquer, à juste titre, qu'elle risquait d'entacher leur Nom, avec de telles attitudes, loin de l'étiquette noble qu'elle se devait d'avoir. Mais il dormait, le Bougre, et Constance s'en réjouissait !
« Ne vous inquiétiez plus pour mon sommeil, Monsieur, je suis tant aise d'avoir un peu de compagnie. »
Elle paraissait en effet très souriante, insistante même, peut être même trop. Mais la Duchesse était ainsi, et elle semblait par moment, aller jusqu'à l'observer d'un regard bien peu naïf, tout en restant d'une aimable attention. |
|  | | Christian Stue Homme de main


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Ven 6 Juin 2008 - 16:32 | |
| Christian venait de pénétrer dans ce « petit salon », s’enfonçant toujours plus loin dans la demeure des Edelgard, se familiarisant avec ces lieux qui se faisaient plus accueillants qu’il ne l’aurait à priori pensé. L’inquisiteur concéda à s’installer sur la chaise indiquée, sous les regards des portraits et de celui de la duchesse, posant ses menottes sur ses genoux tel un élève trop zélé que l’on venait de réprimander ; La troublante Constance resterait donc en sa compagnie, mais allons donc, n’osait-il commencer son repas ? Les domestiques avaient redoublé d’efforts, tellement que le jeune homme se questionna intérieurement sur l’accueil réservé au maître de maison après une longue absence ; devant lui s’étalaient toutes sortes de mets aux saveurs goûteuses et aux odeurs enivrantes, disposés dans des plats en argents, une légère brume voilait encore les viandes en sauces et autres garnitures de légumes créant par la même un effet d’attente et d’étonnement à chaque fois qu’un de ses nuages disparaissait pour en dévoiler son contenu ; aurait-il été difficile qu’il aurait trouvé son bonheur, ce festin digne de Gargantua n’était destiné qu’à sa seule personne. Mais à peine, s’émerveilla-t-il sur ces plats que son hôtesse emplit son verre de cristal d’un liquide à la robe pourpre, le priant de ne pas se gêner, l’invitant implicitement à prendre ses aises en sa compagnie ? Se saisissant de son verre de cette main précise et habile aux doigts longs et effilés rendus experts par l’usage de la plume, il la remercia avec beaucoup d’amabilité avant d’ajouter…
« Madame Edelgard, tout l’honneur me revient, je ne peux que célébrer votre accueil, je vous suis gré votre époux et vous de m’offrir hospitalité en la ville de Forbach. Ce manoir est ainsi dans la famille de votre époux depuis des générations ? Elle est donc originaire de Forbach, tout comme vous, je suppose ? »
Portant le verre à pied à ses lèvres de manière distinguée, le liquide pourpre vint flatter sa bouche gourmande, l’humidifiant avant de venir flatter son gosier ; il ne but que très peu et toujours par petites gorgées. L’une des domestiques servit le jeune homme avec une réception toute aussi avenante que la maîtresse de maison, lui offrant quelques œillades discrètes qu’il ne remarqua pas ou dédaigna de son superbe. Ses yeux vifs s’allumèrent de ces mêmes flammes qui les éclairaient, se plissèrent légèrement avant de reprendre son discours, se faisant plus loquace, la question sur diverses affaires.
« Mais dites moi, madame, aurai-je l’audace de vous parler de toutes ces rumeurs qui circulent à propos de la ville de Forbach, sont-elles fondées ? Il ne m’a semblé voir ni spectre, ni goule en ces lieux. On évoque des cas de sorcellerie, y aurait-il d’éventuels suspects ? »
Il se stoppa un instant dans le fil de son discours qui s’était fait plus passionné avec l’intention déclarée d’être impressionnant, il venait de remarquer cette légère posture de la maîtresse qui laissait entrevoir un décolleté des plus affriolants, ses joues se colorièrent pour adopter un teint de rose alors qu’il détourna son attention sur le feu qui crépitait dans la cheminée, les berçant d’une douce musique.
« Puis-je avoir une autre requête à vous soumettre ? Pourriez vous dépêcher quelqu’un pour me faire visiter la ville demain matin de bonne heure ? J’ai besoin d’un guide en ces lieux… »
Puis pour lui laisser le temps de répondre à tout ce verbiage, il découpa avec minutie son morceau de viande, en dévorant quelques bouchées, agrémentant le tout de ce vin qu’elle lui avait généreusement offert… Il termina son verre. _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
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|  | | Constance Edelgard Duchesse


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Ven 6 Juin 2008 - 20:46 | |
| Plus elle l'observait, avec toute l'attention d'une fine bouche pour un plat de Grand Chef, et plus Constance trouvait les détournements de regards, les légers rougissements de ses joues, ou ses manières élégantes, tout à fait charmant. Il fallait avouer que malgré les qualités du Duc, il restait son mari, et par conséquence, un bien fade enjeu... Plus besoin de le conquérir, sa dot avait déjà fait l'affaire avant, et il était trop baba devant ses courbes pour avoir besoin de frivoles courtoisies de la part de la Duchesse.
Pourtant, rien n'était plus piquant que les jeux incessants des regards ou des sous entendus, et après les années de Couvent, elle aurait aimé pouvoir s'y exercer enfin. Quelle déception d'avoir été immédiatement mariée, alors qu'elle avait soif de liberté et de absence de contraintes. Maintenant qu'elle avait pour loisir, un Inquisiteur très au fait des bonnes tenues, du savoir vivre et des œillades exquises, Constance se prenait à désiré le troubler. Ils étaient peu nombreux, ceux qui osaient être trop agréables avec la femme du Duc, et elle le déplorait largement.
Il semblait accéder à ses volontés de discours, et fut bavard, au grand plaisir de la Duchesse, la jeune femme buvant ses paroles comme il se délectait du bon vin. Elle même ne mangerait pas, ni n'aurait à boire. Sa principal activité resterait l'examen minutieux de l'Inquisiteur, et les réponses à ses paroles.
« La Famille Edelgard est en effet résidente de Forbach depuis plusieurs décennies. Je ne saurais vous dire combien cependant... Mon tendre époux me l'a certainement dit, mais ma mémoire me fait défaut. » En réalité, il lui avait souvent exposé l'histoire de sa famille, mais cela la rendait somnolente, elle trouvait ses vieux contes totalement inutile et d'une longueur toujours beaucoup trop surréaliste.
« Cependant je n'y suis pas née. Ma famille réside à Cocheren, et je ne suis à Forbach que depuis quelques années. » A vrai dire, elle sortait peu, et fréquentait surtout les jardins du Manoir. Non qu'elle n'apprécie pas les sorties en ville, au contraire, mais son mari n'aimait pas la savoir au dehors. D'ailleurs, ses inquiétudes se liaient aux mots que prononcèrent alors le jeune homme, alors qu'il lui exposait sans détour ce qui était sans doute les raisons de sa venue à l'Est.
« Il est clairement dit ici que nos maux ont pour source des puissances surnaturelles » Elle se figea un peu, comme légèrement frissonnante. « Les habitants de Forbach préfèrent ne pas évoquer ces démons, de peur de les attirer dans leur demeure, et je fais partie de ceux-là. » Même si bien des histoires touchant des Sorciers et Sorcières l'intriguaient, elle gardait une certaine crainte quant aux pouvoirs que ces créatures pouvaient avoir.
« Il est peu recommandé d'aborder ces sujets lorsque la nuit est tombée. »
Constance sembla vouloir reprendre le fil de la conversation, mais n'eut pas le temps de trouver d'autres choses moins désagréable à dire, que déjà Christian ouvrait de nouveau la bouche, ses mots accueillis par un sourire peu farouche, alors qu'elle remplissait encore son verre de vin. Souhaitait-elle voir ses bonnes manières tomber ?
« Je peux demander à Otto, notre cochet, de vous conduire en ville et de vous servir de guide. » En prononçant ce discours d'une voix plus neutre, Constance exprimait clairement quelle déception ses propres sons procuraient en elle. Certes, le Duc refusait qu'elle sorte seule, par sécurité, mais si elle insistait vraiment, elle avait l'espoir qu'il accepte qu'elle accompagne l'Inquisiteur... Auprès de qui serait-elle plus protégée contre toutes ces étrangetés ou les violences de la ville, qu'en compagnie d'un représentant de l'Eglise ? Déjà, elle désirait être son guide, comme ce caprice naissait en elle, elle calculait les sacrifices et les crises de larmes qu'elle serait obligée de faire pour faire céder son mari... Cette perspective, cet enjeu et le défis la rendait souriante, d'un rictus presque malsain tant qu'elle espérait que son visage ne reflète pas trop ses émotions.
« Me permettrez-vous de vous accompagner ? Ne refusez pas, je vous en prie... » Elle avait planté son regard fauve dans celui de son interlocuteur. |
|  | | Christian Stue Homme de main


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Lun 16 Juin 2008 - 17:19 | |
| Les jeux de la découverte et de la conquête s’offraient à cette fausse ingénue qui n’avait pu en profiter de pleins droits à cause de l’accord consensuel unissant deux familles. Et quelle victime que voilà ! N’y avait-il pas plus beau défi que cet homme à l’allure impressionnante, imprégnée du manteau de mystère ? Non, vraiment aucun. Quel stratagème emploierait-elle pour l’attraper, pour l’attirer à elle ? Jouerait-elle de ses charmes ? De la fausse faiblesse de son sexe pour l’attendrir ? De son intelligence ? Se plairait-elle à faire l’indifférente ? Ou oh combien même déciderait-elle d’adopter toutes ces ruses à la fois pour être sûre de ne pas laisser s’échapper un être aussi plaisant ? Leurs regards tantôt se pourchassaient, se fuyaient, s’embrasant pour mieux s’étouffer ; le dîner se poursuivait dans le plus grand calme mais alors qu’elle tressaillait à l’évocation même de ces croyances idiotes et d’un vulgaire commun, lui, Christian Stue en exprimait le plus exquis dédain et la plus grande herméticité. Son sourcil droit se suréleva aux propos de la délicate Constance, se révoltant peut-être qu’elle attache de la foi à tout ceci, réaction d’orgueil et d’estime pour sa propre personne peut-être. Ses mots ne tardèrent pas à fuser à l’encontre de la maîtresse de maison, sur un léger ton de reproche, agrémenté de quelques notes de se montrer savant et de lui plaire…
« Madame, ne portez pas crédit à tout ceci. Je suis déterminé à prouver que s’il y a des actes de sorcellerie à Forbach, ce ne sont là que des crimes perpétrés par des personnes faites de chair et de sang, tout comme vous et moi. Il n’y a nul besoin de goules, de vampires ou d’autres monstres pour effectuer un meurtre par exemple. Ne pas en discuter ne ferait qu’attiser notre peur et pire peut-être nous ferait croire à de tels mensonges. »
Ses orbes sombres, vides de toutes lumières mais brillants d’éclat se plissèrent sur cette jeune personne comme pour l’observer, pour mieux sonder les tréfonds de son être, comprendre les rouages de sa pensée. Son regard noisette serait-il prisonnier de ces puits sans fonds ? Mais déjà, elle le resservait en vin, son attention se dérouta sur le liquide pourpre qui coulait à flot dans son verre. Réagissant avec un léger retard, il voulut retirer son verre, animé par un réflexe coutumier, éclaboussant ainsi légèrement le satin rosé de sa main de tâches écarlates. S’empressant de se saisir de sa serviette, il essuya sa blanche main, faisant disparaître les perles rouges qui s’étaient hasardées sur sa menotte. Trahissant une vive surprise, ses yeux s’étaient enflammées, l’homme s’excusant de sa bêtise et justifiant sa conduite dans ce refus d’alcool…
« Oh Madame, j’espère ne pas trop vous avoir surpris… Je..Je ne supporte guère l’alcool. Il vaut mieux que je n’en boive point trop. Je ne voudrai vous apparaître comme déplaisant. »
Détournant le regard, vaincu dans sa dignité de lui avoir révélé cette faiblesse propre à sa personne, il se terra dans un mutisme et n’en ressortit que pour manifester un certain étonnement à la dernière proposition de la duchesse. L’appréciant, flatté de cette faveur qu’il sollicitait, il parla avec cette même distinction et clarté quoique sur un ton plus feutré…
« Puis-je réellement vous le refuser, Madame Edelgard ? Vos mots m’insufflent courage dans ma quête de vérité et vos intentions sont louables… »
Se levant soudainement pour venir dresser son image juste aux côtés de la duchesse, il captura un instant sa main dans les siennes, menotte qui fut enfermée dans un carcan de chaleur et de douceur.
« Néanmoins, je ne sais si je ne peux accepter, je ne voudrai vous mettre en danger inutilement avec de telles histoires et que dira monsieur le Duc ? Voulez vous donc me faire passer pour un invité si indésirable ? Est-ce là votre dessein ? …. Mais…. vous tremblez.. ! Qu’y a-t-il madame, vous ai-je effrayé avec mes mots ?... »
Le flamboyant inquisiteur s’était emparé de sa main avec une telle facilité et ne l’avait prise que pour lui manifester une certaine obligeance envers les actions de madame. Se rendant compte de ses actes, il la libéra avec autant de légèreté que sa capture et s’excusa poliment de ce fait, s’en voulant intérieurement de sa propre bêtise et se jurant de n’être plus que marbre et glace envers cette belle duchesse.
« Je vous prie d’excuser ma conduite, Madame. Il se fait tard, pourriez vous me faire conduire à ma chambre ? » _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
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|  | | Constance Edelgard Duchesse


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Lun 16 Juin 2008 - 18:33 | |
| Il était tard. Certes. Mais Constance avait oublié le sommeil ou la fatigue. Maintenant qu'il avait soufflé, même d'un ton qui laissait peu de place aux imaginations de la jeune femme, qu'il ne pouvait sans doute pas refuser ce qu'elle voulait bien demander, la Duchesse sentait que quoi qu'il advienne, elle aurait le loisir d'user de son rôle d'hôtesse à tout va. Et qu'il émette l'idée du désaccord de son époux n'entacha pas encore le sourire radieux qu'elle affichait encore. C'était comme lorsque le Duc cédait, qu'il avouait, même silencieusement ou avec de regrets, qu'il n'était rien face à elle, et qu'il dirait Amen à chacune de ses demandes, dut-il aller chercher la Lune pour la lui offrir sur un plateau, si telle était sa volonté. Qu'il était doux, ce sentiment de puissance, malgré la frêle constitution d'une femme...
Les iris de ténèbres de l'Inquisiteur avaient quelque chose de palpitant, de tellement profond ou insaisissable, accentué par son allure courtoise et sa voix de gentilhomme, qui laissait en Constance, la sensation agréable d'intrigues et de tentations. Elle garda ses lèvres étirées encore quelques instants, l'observant encore avec curiosité et soudain, il se dressa devant elle. C'était la seconde fois qu'il faisait preuve d'une grande vivacité, la première étant lorsqu'il avait réagit alors qu'elle avait souhaité lui servir de nouveau du vin. Constance s'imagina qu'il était nécessaire d'être vif et d'avoir une grande capacité dans ce domaine, lorsqu'il était question de Sorcières... Après tout, ces Démons n'étaient-ils pas connus pour être insaisissables et véloces ? A y penser encore, la Duchesse éprouvait quelque chose qui s'apparentait à de la curiosité, mêlée à une légère crainte, elle devait l'avouer. Mais imaginer Christian Stue en chasseur de Démons pieux et pics en main la faisait sourire d'un air malicieux.
Ce fut alors qu'elle se rendit compte que son expression pouvait paraître déplacée. En effet, le jeune homme lui tenait la main, et elle esquissait des sourires taquins... Sursautant, l'étrangeté de la situation la fit frissonner, ainsi que l'Inquisiteur lui annonçait. En s'éloignant, il s'excusa encore, et Constance plissa les yeux, loin de paraître vexée, gênée ou outrée par sa conduite.
« Ne vous inquiétez plus pour ceci, Monsieur. » Fit-elle d'un ton presque fluet, comme on récite une comptine anodine. Elle se redressa ensuite pour accéder à sa demande, puisqu'il semblait vouloir prendre congé. Bien qu'affichant une plaisante façade, Constance était déçue de devoir si vite écourter leur entrevue. Il était si rare que le Duc soit absent lorsqu'il y avait du monde, la laissant libre de ses mots ou de ses gestes, que la petite fille capricieuse n'appréciait pas d'avoir à effacer cette soirée trop courte. En faisant quelques pas, elle eut quelques mots.
« Il est inutile de déranger Jeanne pour si peu de choses, je vais vous mener jusqu'à votre chambre. Vos bagages y ont été conduites tout à l'heure. Vous n'emportez que peu d'effets, Monsieur. » Elle parlait d'une voix un peu plus neutre, mais une certaine curiosité se faisait sentir. Pourquoi n'avait-il que peu de bagages, ou qu'avait-il dans ses valides, voilà des questions indiscrètes qu'elle aurait aimé pouvoir poser. Mais découvrir était aussi attrayant que d'interroger, et Constance savait, parfois, être patiente. Aussi, avait-elle hâte de faire quelques pas, invitant l'Inquisiteur à la suivre, et sachant désormais qu'il ne saurait refuser qu'elle même soit son guide, du moins dans le Manoir Edelgard.
Tout en quittant la pièce, gardant sur sa main la chaleur absente de celle de Christian comme une fabuleuse promesse, la Duchesse s'efforçait de toujours garder la conversation à elle, espérant ainsi qu'il soit trop poli pour lui couper la parole, et lui dire bonne nuit, en profitant pour la quitter.
« Sachez que vous ne m'avez pas effrayée, par vos propos. Vous devez être exténué après ce long voyage, désormais que la faim ne vous tiraille plus. J'ai demandé à mon époux de bien vouloir vous loger au plus proche de mes appartements. Il semble croire qu'une personne telle que vous sache repousser les Démons, si par mégarde ils pénétraient jusqu'à ma chambre. » Elle eut un rire, léger sans vouloir réveillée la maisonnée, mais presque enfantin de complicité. Alors que tout le corridor était plongé dans la pénombre, elle se saisit d'un chandelier sur une commode pour montrer le chemin à le jeune homme. Et, comme prétextant sa lenteur, elle l'invita à la suivre de plus près en cherchant sa main, puis en tirant son bras à elle. Certes, ce geste était très impoli, quelle femme de Duc chercherait la proximité indécente d'un Inquisiteur ? Constance cependant, ne semblait ni honteuse ni gênée, même, presque fière de tant d'audace.
Les ombres jouaient sur les murs et sur son visage, accentuant parfois son expression ravie. Elle serra l'avant bras de Christian, et souffla :
« Ne vous éloignez pas, je ne souhaite pas vous perdre en pleine nuit, dans ce grand Manoir. » Elle eut un encore un petit rire, espiègle et tourna les yeux vers lui. |
|  | | Christian Stue Homme de main


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Mer 18 Juin 2008 - 13:38 | |
| Malgré cet emportement involontaire et insouciant du garçon, l’avenante hôtesse continuait de se montrer agréable avec son invité. Mais là, où il aurait pu louer tant de sollicitude, il n’y vit que pitié et compassion envers sa propre personne et un orgueil des plus importants chez la maîtresse des lieux ; après tout pourquoi ne pas afficher une gène compréhensible et lui témoigner plus de froideur ? Mais déjà, le couple quittait le « petit salon » pour se diriger vers une succession de corridors ; Constance Edelgard engageait la conversation, pensait-elle qu’elle pourrait le dérider comme au cours du repas ? Il n’en fut rien, et, le ténébreux Christian Stue fut bien avare en mots, il avançait à ses côtés, son visage fermé à l’extérieur, ses traits ne trahissant nulle émotion, il avait revêtu cette même froideur déplaisante que lors de son entrée dans la demeure, ce manteau dont il ne se séparait qu’en de rares occasions. Ainsi, suite aux interrogations tacites de la duchesse envers ses effets personnels, il ne daigna répondre que par quelques mots convenus, les expressions lâchées avaient-elles un poids si lourd pour qu’il ne poursuive pas son discours ? Il se montrait poli mais remerciait la belle de la plus insupportable ingratitude et d’une démonstration du plus fier dédain.
« Si par mégarde ces bêtes pénétraient jusqu’à votre chambre, je ne peux douter que votre mari, madame, vous protège corps et âmes de ces spectres d’outre-tombe. Mais sachez que s’il est en mon pouvoir de vous protéger des maux qui atteignent la région, je le ferai. N’est-ce pas après tout mon but en ces lieux ? »
D’un calme olympien, placide et frigide, il était d’une beauté démoniaque ; ses yeux noirs et vifs, tour à tour, pénétrants, dardaient maintenant à l’encontre de la duchesse par intervalles. Le chandelier brandi par cette femme les éclairait tout deux, de sa vive lumière, repoussant l’horizon obscur du manoir, découvrant le paysage qui défilait sous leurs pas. La musique de leur petite promenade ne s’entendait pas, le déplacement était silencieux, couvert par le simulacre de conversation qui avait lieu. Les flammes de chaque bougie, réceptrices de ce mouvement, s’agitaient pour exécuter leur danse hypnotique, se transcendant en des phares de lumière, les découvrant l’un et l’autre sur la lueur de l’intimité. Mais soudain, oui, subitement, subrepticement, Constance Edelgard happa le bras de cet homme, enrobant cette prise d’artifices et de prétextes qui passèrent sur le coup pour parole de vérité, attendrissant cet homme par ce contact charnel de leurs personnes. Sentit-elle la crispation de son être, la contraction de son avant-bras, l’emballement de son cœur ? Vit-elle le coloriage de ses adorables joues, l’étincelle de stupeur dans son regard ? Il lui proposa par la suite de porter ce chandelier, s’excusant de ne pas lui avoir proposé avant… N’était-il pas bien ainsi ? Pourtant… Sa raison lui dictait de la quitter… Son pas se fit plus vif dans une direction illusoire de sa chambre…
« Votre demeure est bien vaste, est-ce encore loin, madame ? »
Puis ajoutant de surcroît… Une nouvelle idée lui serait-il venu ? Des phrases sortient de sa bouche exquise avec une vélocité imposante... Son regard ne se portait d'ors et déjà plus sur elle, il errait à l'opposé de Constance depuis qu'elle s'était emparée de son bras...
« Je repense à notre conversation sur la visite de la ville… Je ne voudrai vous arracher à vos occupations… Il me faut solliciter plutôt votre époux, ne pensez vous pas ? » _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
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|  | | Constance Edelgard Duchesse


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Jeu 19 Juin 2008 - 21:57 | |
| Il y avait certainement beaucoup d'interrogations en cet instant, qui tournaient dans la tête de Constance, en apparaissant parfois au hasard, souvent en nombre, et toujours avec pour seul point central l'énigmatique et froid Inquisiteur Christian Stue. Malgré qu'il soit derrière elle, et qu'elle ne puisse le voir que par intermittence à la lueur vive de la bougie, la Duchesse savait désormais qu'il serait plus aisé de convaincre son mari de la laisser quitter les lieux pour jouer les guides, que de rendre ce jeune homme loquace. Loin d'être pourtant inintéressant, au contraire, aux yeux de la demoiselle, ce Christian était passé de cet homme charmant de par sa sympathique compagnie, au dîner, à un mystérieux inconnu, silencieux et gelé, avec tous les attraits d'insaisissable amant qui l'entouraient. Autant dire que cette attitude distante ne viendrait pas à bout de la soif d'imprévus et de curiosité de la jeune Constance, et qu'elle ne se suffirait pas d'un recul pour abandonner une proie aussi alléchante. A vrai dire, c'était justement bien plus attirant d'avoir des difficultés, et le Baron, lui, craquait toujours beaucoup trop tôt pour qu'elle s'en amuse vraiment. Aussi ne changea-t-elle en aucune façon son comportement, restant aussi bavarde qu'enthousiaste, lui lançant de temps à autres quelques regards indiscrets, heureuse de constater que son élan, ce contact, fasse briser un peu cette glace apparente. Cependant, cet instant très plaisant, où elle sentait pouvoir le questionner de nouveau, peut être rire de quelques anecdotes qu'il aurait, ou simplement lui faire comprendre que son sourire fut plus séduisant ainsi que lorsqu'il fermait son visage, ne dura que peu de temps. Déjà, l'Inquisiteur semblait vouloir prendre congé d'elle, et lança alors cette remarque sur la taille, imposante, de la bâtisse Edelgard. Elle afficha alors, très clairement, une moue disgracieuse, qui tordit sa bouche en une grimace et elle haussa les épaules dans un geste impoli : « Nous ne tarderons pas à être devant votre chambre. » Visiblement, il s'impatientait, et lui faire ainsi remarquer que sa compagnie n'était pas des plus agréables, et qu'un lit serait mieux accueilli -le fait qu'un long voyage ait pu l'éreinter et que la seule chose qu'il puisse désirer soit de dormir enfin sur un vrai sommier ne lui venant plus à l'esprit- n'enchantait pas la Duchesse. Et comme si l'horrible fatalité s'abattait sur sa personne, bientôt, plus aucun corridor ne pourrait lui permettre de prolonger cette conversation... Déjà, elle voyait le bout du couloir, celui qui ne possédait que trois portes : celle droit devant menait à sa propre chambre, celle de droite à celle destinée à l'Inquisiteur, et celle de gauche demeurait un petit boudoir, tenant lieu de dressing. Quelle ignoble architecte avait bâti ainsi ce manoir, le rendant encore trop petit ? « Vous voilà exhaussé, Monsieur. » Souligna-t-elle, sans doute avec une once d'amertume. « Oui, certainement. Mon époux sera assurément celui qui pourra juger s'il m'est possible d'agir comme je le souhaite ou non. » Elle plissa les yeux, et d'un geste de main, lâchant de ce fait son avant bras, Constance indiqua la porte close. « Je m'en voudrais de plus encore vous ennuyer. Vous avez sans doute besoin de sommeil et vous avez devant vous votre chambre. Jeanne se tiendra à votre disposition, cette nuit, si vous avez besoin de quoi que ce soit. Elle sera ravie de vous servir. » Elle étira ses lèvres en un rictus obligé et pincé, très visiblement amer, car il n'est rien de plus terrible qu'une femme se sentant repoussée. Il faut avouer également que Constance était une femme orgueilleuse, et, certes, qu'on lui impose des obstacles lui plaisait, mais elle ne supportait que peu que Christian puisse préférer une nuit de sommeil aux sourires qu'elle était prête à offrir. |
|  | | Christian Stue Homme de main


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Ven 20 Juin 2008 - 10:48 | |
| Madame Edelgard était-elle partagée entre ce sentiment de défi et cette envie d’orgueil ? N’était-il pas après tout un simple inquisiteur qui ne devait sa présence entre ces murs qu’au bon vouloir de Madame, s’il en avait été de la mécanique de son très cher époux, un vieil homme aurait pris la place de cet austère garçon, oubliant les attraits alors de la jeunesse pour se concentrer sur l’expérience et une foi dévote ? N’aurait ce pas été mieux pour la sécurité et la préservation de sa sphère de confort ? Le couple venait de se poster devant ce jalonnement d’entrées, la promenade était finie. L’entrenouement de leurs avant-bras fut rompu, le tout avec une pointe d’amertume et de déception du côté de Constance alors qu’il s’agissait d’un soulagement pour l’homme d’échapper à ces contacts troublants. Cet apparent soulagement s’exprima par une légère inspiration, bouffée d’oxygène après tant d’émotions, marque d’un ego important et d’une farouche insolence. Pourtant, la duchesse avait-elle noté ce regard porté à sa main, ces prunelles sombres qui erraient sans but apparent sur cette délicate menotte qui s’était posée sur la sienne et l’avait emmitouflée de sa chaleur ?
« Certes, Madame, nous y voilà. J’ose croire ne pas vous avoir importuné par ma présence, je vous ai fait veiller tard, vous devez être fatiguée et vous accaparer serait grand mal. Je vous suis redevable de m’avoir si bien accueilli et j’espère pouvoir vous payer cette dette. »
Il poursuivit lui prêtant enfin un regard digne de ce nom, lui manifestant un peu d’intérêt, se dépouillant légèrement de ses préjugés et de son attitude fière. Brandissant le chandelier dans sa direction, l’éclairant de cette douce lueur, lumière qui affinait et servait le galbe de son cou et la finesse de son visage, elle en était magnifiée. Il bredouilla quelques mots…
« Encore une fois, vous êtes trop bonne avec moi. Je… Je vous re..mercie pour cette agréable soirée, j’ai app…beaucoup apprécié votre compagnie, Madame Edelgard. Vous ne m’avez nullement ennuyé… Sachez le… »
Souffla-t-il sur un ton de confidence, donnant à la scène un léger côté théâtral. Puis il se renfrogna d’avoir prononcé ces quelques mots, lui offrant ce chandelier. Il inclina poliment sa figure en guise de salut et se dirigea vers la pièce indiquée. Chose amusante, nul doute qu’il se serait trompé et aurait atterri dans la chambre de la duchesse si elle ne lui avait rien dit. Mais déjà la porte se refermait, dans un léger grincement, il disparut de son champ de vision…[SUJET TERMINE] _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
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|  | | Constance Edelgard Duchesse


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Dim 22 Juin 2008 - 20:59 | |
| [ N'ayant qu'un seul sujet pour le Manoir, je reprends ici ]
Cela faisait deux jours qu'un Inquisiteur avait fait son apparition au Manoir Edelgard. On ne pouvait cependant pas dire que la vie des Barons s'en était trouvée chamboulée. Certes, ils étaient désormais trois sous le toit de Forbach, mais Constance n'eut pas le loisir de trouver une grande nouveauté dans cette arrivée, malgré les milles perspectives qu'avaient offertes leur première rencontre. Et pourtant, elle l'avait cherché, durant cette journée entière, jusque dans les allées ombragées du jardins, et jusqu'au pigeonnier, sans qu'elle ne réussisse à savoir où se cachait l'Inquisiteur.
Ces enquêtes insatisfaites l'avaient redue grognon, et elle s'était donc montrée d'une humeur ô combien endiablée le soir-même. Elle soupa seule en compagnie du Baron, qui souffla que Christian avait certainement à aller rendre visiter à ses congénères, et qu'ils ne devraient pas prendre ombrage de son absence. Malgré cela, et bien qu'elle avait acquiescer à cela, Constance ne s'était pas rassasiée de cette explication. Quel était ce personnage qui se permettait de se soustraire à sa compagnie, non plus une seule et unique fois pour cause de sommeil, mais toute une journée entière une seconde fois, pour soit-disant des affaires plus importantes. Le Baron avait eu à converser seul, et la jeune femme avait gardé le silence, affichant une mine bougon.
Enfin, quand vint le moment de se coucher, l'homme conclut visiblement qu'un peu de consolation plairait sans doute à la Baronne, et il exprima par bien des baisers, son intention de faire passer cette mauvaise humeur. Rien n'y fit, elle le repoussa d'un geste brusque et souffla cependant, comme pour se faire pardonner, qu'elle se sentait trop fatiguée... Il lui serait impossible de se concentrer sur quoi que ce soit d'autre que l'affront de l'Inquisiteur, et malgré toutes les bonnes volontés du Baron, c'était inutile. Plus têtue qu'une mule ... Il dut donc dormir seul.
Ce ne fut que le surlendemain, lorsqu'elle ouvrit les yeux, que Constance consentit à afficher un petit sourire, léger mais présent, qui rendit le sien au Baron. Ils ne déjeunèrent cependant pas ensemble, puisqu'il était appelé en ville : Songeant que sa tendre épouse serait consolée par un présent, il avait à choisir l'une des plus belles broches qu'il trouverait sur les étales, pour la lui offrir. Cette perspective finit par rendre définitivement sa bonne humeur à Constance, qui l'embrassa avant qu'il ne parte.
Puis en entreprit de se laisser coiffer par Lison, une petite servante chétive et à la mine d'épagneul, toujours triste et démoralisée, d'une lenteur abominable. La petite, qui n'avait pas plus de quinze ans, rougissait au moindre mot, qu'il soit aimable ou non, à en devenir lassant. Au cinquième « Si tu ne tires pas un peu plus dessus, ils ne seront jamais lisses ! », Lison se prosterna pour s'excuser, et ce fut la goûte d'eau :
« Pourquoi faut-il toujours que tu sois si empotée ? Lève-toi donc, tu es ridicule. » Comme elle s'exécutait, la domestique reprit son travail, tremblante et toujours aussi molle.
« Les Van Tallen ne voulaient pas de toi, on peut se douter des raisons. Ma pauvre Lison, soit un peu plus énergique, je vais m'endormir. »
La petite bredouilla des excuses mais Constance n'écoutait pas. Elle venait d'entendre des bruits dans l'escalier, puis dans le couloir et elle se leva d'un coup. Malheureusement, Lison, suivant les conseils de sa maîtresse, avait fermement attrapé les mèches de cheveux de la Baronne, et en se relevant, elle eut le droit à une douleur imposante, la servante lui tirant les cheveux avec force.
« IMBÉCILE ! » Hurlait Constance « Sale petite incapable !! Lâche moi tout de suite ! » Ses cris iraient, à coups sûrs, jusque dans le corridors, où déjà les bruits reprenaient. |
|  | | Christian Stue Homme de main


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Lun 23 Juin 2008 - 14:07 | |
| Les marches de l’escalier crièrent sous ces pas, grincement du parquet, écho du bois qui avait décidé de pousser la voix pour signaler la présence de l’invité dans les murs du Manoir Edelgard. Après tout, l’enquêteur s’était fait rare et désiré, en avait-il conscience seulement ? Oh que oui ! Il avait délibérément choisi d’adopter profil bas et de se faire discret vis-à-vis des occupants de la maisonnée. En effet, après la soirée mouvementée avec la dame des lieux qui lui avait causé bien des frayeurs et des quantités d’émotions, le jeune homme avait préféré sombrer dans la clandestinité, peut-être redoutait-il que la duchesse ait parlé de ses mésaventures de la nuit avec son mari ? Cependant, il avait croisé son époux le lendemain et l’avait salué avec sa dignité habituelle, sa froideur apparente et sa modestie de paroles lui valurent quelques qualificatifs élogieux de la part de cet homme des plus remarquables. Enfin, il se savait détesté des domestiques qui voyaient en lui un profiteur et un inopportun. « Le mal serait attiré sur la maison » disait-on ! « »Les sorcières se vengeront sur nous, la prochaine fois ! »
Mais déjà, le bel inquisiteur grimpait quatre à quatre les marches d’enjambées lestes, voilà qu’il était à présent dans les corridors de la demeure, faisant tinter le sol de ses pas qui sonnaient l’élégance et la fierté de sa démarche, ce martèlement était caractéristique, fougueux et tenu… Le bout du tunnel se rapprochait et il avait entendu ce cri venir de l’une des pièces, était-ce la maîtresse de maison ? Souffrait-elle de quelque chose, quelqu’un était-il entré ? N’écoutant que son courage, le téméraire Monsieur Stue hâta son pas, il gagna avec une vélocité étonnante cette porte, se calmant devant la frontière de celle-ci ! Mais bien sûr, quelle attitude adoptée ? Taper à la chambre de cette femme ? Y entrer avec fracas ? Et enfin, l’option qu’il détestait le plus, car plus physique, enfoncer la porte ? Avalant difficilement sa salive, battant des paupières un court instant alors que son cœur n’arrêtait pas de carillonner, il tapota de coups légers à la porte de Mme Edelgard.
« Madame, ici Chris… Monsieur Stue, êtes vous là ? J’ai…j’ai entendu un cri, est-ce que tout va bien ? Vous sentez vous mal, est-il arrivé quelque chose ? Dois-je entrer ? »
La main posée sur la poignée reluisante de l’entrée, il se préparait à s’engouffrer dans cette pièce si intime, si elle ne donnait signe de vie ! Bon sang, qu’aurait-il pu lui arriver ?! _________________ [i:b009][right:b009]« La noirceur revête bien des masques mais nul n’est plus dangereux que celui de la vertu… »[/right:b009][/i:b009]
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|  | | Constance Edelgard Duchesse


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 | Sujet: Re: Manoir Edelgard Mer 25 Juin 2008 - 20:09 | |
| Lison avait mis tellement de temps à interpréter les paroles de sa Maîtresse, que Constance n'avait cessé de hurler que lorsqu'une voix se fit entendre, et la Duchesse reconnut immédiatement le timbre caractéristique de l'Inquisiteur. Au fond d'elle, déjà, la douleur n'était plus ! Il était revenu au Manoir, et voilà qu'il venait à son secours... Quelle délicate intention. Mais sa venue ne serait certainement pas l'occasion de se montrer correcte et aimable, et il était hors de question qu'elle cache son charmant visage. Aussi, au lieu de se calmer derechef, et d'excuser cette pauvre Lison de son inaptitude, Constance reprit de plus belle :
« Oh ! Monsieur Stue ! Comme je suis heureuse de vous entendre, entrez-donc sans attendre. »
Il n'était pas encore utile de lui signifier qu'il ne s'agissait que d'un vulgaire accident de coiffure, commis par une servante un peu limitée. D'ailleurs, la domestique comprit enfin, et lâcha les mèches de cheveux de la jeune femme, laissant la légère douleur, lancinante, parcourir son cuir chevelu. Soulagée de cette étreinte fort contrariante, la Duchesse put enfin reprendre possession de ses moyens, et, au moment où, sans doute, entrait Christian, elle envoya sur la joue de sa suivante, une gifle monumentale.
On put s'étonner qu'une petite femme comme elle puisse posséder autant de force dans les bras. La joue de la petite devint immédiatement d'un rouge carmin et elle se retint de pleurer, frottant la partie de son visage endolori ne baissant les yeux. Ne l'avait-elle pas mérité ? De plus, il était certain qu'elle risquait bien pire, si Constance allait à se plaindre à son cher époux, elle avait donc, dans son malheur, à louer la clémence de sa Maîtresse, n'est-il pas ?
Un regard noir fut adressé à Lison, qui ne le vit pas d'ailleurs, puisqu'elle s'obstinait à fixer le sol d'un air honteux, au bord des larmes. Par contre, lorsque ses yeux vinrent à l'Inquisiteur, ce fut avec bien des sourires qu'elle l'accueillit. Cependant, on pouvait largement s'apercevoir qu'entre le visage affiché l'avant veille, et celui qu'elle arborait ce jour, une différence était présente ; Constance n'était plus aussi charmeuse, disons, forcément aimable. Certes, elle avait un sourire délicieux, mais dans son regard, un petit quelque chose laissait présager qu'une rancœur sommeillait, amertume qui saurait refaire surface le moment venu.
« Vous arrivez à temps, ou Lison allait me rendre chauve à force de tirer sur mes cheveux. » Souligna-t-elle, comme pour justifier l'entrée du jeune homme.
Il fallait également noter que Constance était encore vêtue d'une tenue qu'on n'affiche pas devant un invité. Une toilette ordinaire, bien que faite d'un tissus soyeux et aux dentelles volantes autour de son décolleté, qui était de ces tenues qui sont réservées au domicile, et qu'on ne mettrait pas pour sortir en ville. Il n'y avait ni armature pour renforcer son bassin, ni balconnets pour anoblir sa poitrine, et le tout était d'une simplicité qui n'allait pas en société. Il s'agissait à vrai dire, d'une tenue réservée entre sa toilette de nuit et celle qu'elle mettait pour se montrer à son époux, dans la journée. Elle préférait cette tenue lorsque le Duc n'était plus dans la maison, et qu'elle pouvait se faire dorloter par les domestiques : des cheveux aux ongles, en passant par des crèmes de beauté, elle appréciait à se faire coquette lorsque son temps libre le lui permettait. C'était moins risqué d'être habillée ainsi, que de salir l'une des soies de Chine que son mari lui faisait porter.
« Je me sens bien mieux depuis que vous êtes là. » Souffla la Duchesse, avec une sorte de sourire en coin, comme ironique voire moqueur d'une légère amertume. Mais rien n'indiquait qu'elle était fâchée, juste qu'on ne fait pas oublié une faute masculine à une femme, si petite soit sa mémoire.
« Lison, sors donc, et apporte un rafraichissement à notre invité. » Ce que fit immédiatement la petite demoiselle, se courbant devant le jeune homme sans oser regarder autre chose que ses pieds. |
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