AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Tout commence par un viol...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Assassin
Assassin
avatar


MessageSujet: Tout commence par un viol...   Jeu 6 Jan 2011 - 20:28

[Précédent = Tout commence par un corps sans vie]


Certaines choses sont évidentes. Nos gestes se font en fonction d’innombrables facteurs, cherchant à rendre l’action facile et pratique. C’est aussi une question de bon sens. Par exemple, les hommes construisent des routes où il est plus rapide de voyager qu’à travers bois et champs. Ils mangent car leur corps ne sourient pas sans nourriture. Ils travaillent le jour, car ils y voient clair, et dorment la nuit. Les voleurs profitent donc de la nuit, des gens endormis et des villes désertes pour commettre leurs forfaits.
Ce qui n’expliquait absolument pas pourquoi l’Agent du Diable s’apprêtait à cambrioler une boutique en plein jour, alors que son effraction risquait de se faire au vu et su de tout le monde.

La bougresse… cette petite catin de Viviane Valdemar l’avait bien eue. Il avait enquêté sur elle comme sur tous les autres, découvrant moultes informations utiles, mais sans jamais savoir qu’elle était en fait une Sorcière –une sorcière dont le pouvoir n’avait rien de décoratif puisqu’au moment de la prendre de force, au paroxysme du désir, elle l’avait rendu assez somnolent pour lui faire perdre toute l’ardeur dûement gagnée. Il se remémorait encore ce sentiment, cette sensation de n’être qu’un homme normal qui venait de se lever, complètement engourdi par le sommeil, l’esprit hébété. Comme si il s’était trouvé dans un épais brouillard, il lui semblait impossible, dès qu’il essayait, de se souvenir de ce qu’il voulait faire et de comment il en était arrivé là. Puis ses yeux s’étaient posés sur Viviane Valdemar et alors, une puissante angoisse était montée en bouffées amères jusqu’à son cerveau –lui qui d’ordinaire, ne connaissait que la sérénité et avait définitivement banni la peur… Comme si la belle rousse s’était soudain transformée en quelque chose de très effrayant et très dangereux. Même si son corps, ses réflexes, ses instincts n’avaient aucune conscience d’un potentiel danger, son esprit et sa raison eux, lui criaient que la silhouette nue devant lui était une menace et qu’il fallait s’en écarter fissa. Cette désagréable sensation que quelqu’un viole votre intimité, pénètre vos pensées, s’était faite plus insistante et l’Agent du Diable avait reculé, redoutant un danger de nature indéterminée. A son grand soulagement, la femme était partie sans demander son reste.

Il avait fallu de nombreuses minutes à l’Agent du Diable pour recouvrer ses esprits et s’apercevoir que la confusion mentale dans laquelle l’avait plongé Viviane n’était qu’un artifice, destiné à soutenir son évasion. Il avait alors poussé un cri de rage et donné de grands coups salvateurs dans les bancs de l’Eglise afin de calmer son ire. Cette petite dinde! Elle lui avait échappé de peu. Sa seule consolation était qu’elle courait maintenant sous la pluie avec l’énergie du désespoir, persuadée que sa sœur et sa nièce reposaient maintenant sur le sol en l’état de cadavres, souillé pour l’un deux. Mais elle ne tarderait sûrement pas à comprendre la supercherie et prévenir les autorités. Il fallait quitter l’Eglise.

Plus facile à dire qu’à faire cependant… car si l’illusion de peur insufflée dans son esprit par Viviane avait disparu, du fait de l’éloignement sans doute, le sortilège de sommeil qu’elle avait lancé sur lui faisait encore majoritairement son effet. Il se sentait gourd, complètement idiot. L’Agent sortit de l’Eglise par la porte de derrière sous une pluie battante, trempé comme une soupe avant d’avoir fait trois pas. Le principal était pour l’instant de se mettre à l’abri de cette averse diluvienne. Il gagna la forêt, pataugeant de plus en plus lourdement dans les flaques sans réussir à garder sa détermination. Tous ses mouvements lui coûtaient tant il était fatigué, le sortilège agissant sur lui plus efficacement de minute en minute. Sans même s’en apercevoir, il s’écroula au milieu des fougères et des ronces détrempées, ronflant près d’un arbre couvert de mousse.

Lorsqu’il se réveilla, de nombreuses heures plus tard, un mal de tête tenace lui vrillait les tempes. Il était toujours extrêmement hagard, comme un lendemain de cuite, et surtout mouillé jusqu’aux os. Couvert de boue et de plaques rouges, là où les orties avaient produit leur effet urticant sur sa peau, il se leva et se remit en marche. L’aube venait visiblement de se lever, répandant une lumière bleutée et diffuse alentour. Etrangement, malgré les vestiges du sortilège qui lui embrouillaient encore subrepticement les sens, il savait où aller. Il avait mené son enquête sur les habitants de cette ville et la commerçante près d’ici, dont le nom lui échappait présentement, ne faisait pas exception. Une vingtaine de minutes plus tard, l’Agent émergea de la forêt, débouchant sur l’espace agricole de Forbach. Il longea les vergers, les exploitations vinicoles, marcha de champ en champ jusqu’à arriver en vue de la chaumière désirée. L’herboristerie était visiblement encore fermée, sans doute à cause de l’heure très matinale. Tant mieux. Sans se départir de sa haine –car malgré son engourdissement il se sentait de fort méchante humeur- l’Agent du Diable explosa sans ménagement une fenêtre d’un coup de coude bien placé et pénétra dans le local silencieux. Aussitôt, il se mit à fouiller, cherchant ce dont il avait besoin sur les étagères et les présentoirs…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Prêtresse
Prêtresse
avatar


MessageSujet: Re: Tout commence par un viol...   Jeu 6 Jan 2011 - 23:28

S'endormir. Rêver. Cauchemarder. Se réveiller en sursaut, puis se rendormir de nouveau. Puis se lever, ouvrir la boutique, travailler, manger, fermer l'échoppe. Puis manger de nouveau, et s'endormir. Voilà quel était devenu le quotidien de la jeune Inès depuis le procès - enfin, s'il l'on pouvait qualifier ainsi cette mascarade - qui avait été tenu dans la forêt. Elle ne savait plus vraiment quoi penser de toute cette histoire.

D'ailleurs, la veille elle s'était endormie très tard à cause de toutes ses réflexions. Ce fut la raison pour laquelle elle ne fut pas immédiatement réveillée malgré les bruits de verre brisé. Elle l'avait certes entendu, mais il lui était parvenu très lointain, dans son cauchemar. Ce ne fut que le tintement des bocaux sur les étagères de l'herboristerie qui la réveilla en sursaut. Elle se redressa dans le lit, à l'affût. Ce n'était pas un rêve, quelqu'un était vraiment chez elle...

Mais qui pouvait donc bien avoir envie de cambrioler une boutique de plantes ? Elle se leva en essayant de faire le moins de bruit possible, même si le vacarme dans l'herboristerie couvrait tout craquement de latte, et sortit de la chambre, encore en chemise de nuit, le bonnet de nuit sur la tête pour ne pas emmêlé ses cheveux. Pour atteindre l'herboristerie, il fallait passer par la cuisine. Elle en profita pour récupérer un couteau dans l'évier et avança vers l'échoppe sur la pointe des pieds.

Heureusement, il n'y avait pas de porte pour séparer les deux pièces. En sortant de la cuisine, on tombait derrière le comptoir, lui-même à droite de l'entrée fracturée. Le cambrioleur lui tournait le dos, sans doute ne l'avait-il même pas entendue.
Avançant à pas prudents, Inès leva maladroitement le couteau, se voulant menaçante.


"Sortez tout de suite de chez moi !"

Elle ne pouvait pas distinguer le visage de l'intrus, mais à sa carrure elle pouvait aisément deviner qu'il s'agissait d'un homme. Et bien plus costaud qu'elle... Elle avait intérêt à lui faire vraiment peur si elle voulait qu'il parte...

"Allez-vous en avant que mon mari ne se lève !"

Bien entendu, ce n'était que pur mensonge. Tout le monde parmi les paysans savaient que la petite herboriste était encore célibataire à vingt-six ans... Tout ce qu'elle espérait, c'était que le voleur ne le sache pas...

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/sorcieres-d-olrun-f48/ines-gallo
Assassin
Assassin
avatar


MessageSujet: Re: Tout commence par un viol...   Dim 9 Jan 2011 - 1:54

Des onguents, des cataplasmes, des feuilles, des poudres, des baies séchées… l’Agent, dans sa mauvaise humeur, trouva que l’endroit ressemblait plus à la boutique d’un apothicaire qu’à une herboristerie. Ses mains fouillaient frénétiquement parmi les entrelacs de bocaux, de récipients en terre cuite ou en porcelaine, arrachant parfois les tiroirs pour répandre leur contenu sur le sol. De temps en temps, il suspendait sa fouille frénétique pour saisir une herbe et en humer la senteur, afin de déterminer de quelle plante elle provenait et quels seraient ses effets, thérapeutiques ou non. Il y avait de tout ici, et peut-être même un peu trop selon l’assassin qui, tout à sa colère, ne considérait l’abondance des stocks ambiants que comme un obstacle supplémentaire, un foutoir qui l’empêchait de mener à bien rapidement son ravitaillement.

Fort heureusement, le jour s’était levé depuis assez longtemps pour dispenser une lumière suffisante à l’intérieur du local. Concentré sur sa tâche, l’Agent du Diable entendit clairement le parquet craquer à l’étage de la maison et des pas se déplacer, hésitants, provenant du plafond; cependant, il n’y prit pas la moindre attention. Il était l’Agent du Diable: même affaibli et somnolent, aucune situation ayant trait à la seule force physique ne pourrait lui porter préjudice. Ce qui le gênait, c’était l’improvisation totale de ce cambriolage. En tant normal, il préparait toujours soigneusement ses forfaits, pour que ceux-ci acquièrent une dimension mystique plus percutante –renvoyant l’image d’une sorte de vautour noir qui planait sans cesse au-dessus de Forbach, choisissant consciencieusement sa proie.

Il lui fallait quelque chose contre le mal de tête, quelque chose pour se réveiller, quelque chose pour les blessures physiques… un tas de choses en réalité. Sa main gauche, qui continuait de parcourir frénétiquement les articles exposés sur les différents meubles, renversa soudain plusieurs petits récipients en verre qui explosèrent, les morceaux coupants entaillant aussitôt le cuir de ses gants. De la déchirure ainsi formée, du sang perla et tomba sur le sol.

L’assassin poussa un juron. Quelle affligeante maladresse! Bien évidemment, il ne prit pas la peine de ramasser les morceaux de verre coupé. Derrière lui, les pas descendaient maintenant l’escalier, d’une manière prudente si l’on en jugeait par leur fréquence et le faible bruit qu’ils provoquaient. L’homme continua de n’y prêter pas la moindre attention; il savait que cette échoppe était tenue par une femelle et aucune femelle ne représentait un danger pour lui, du moins dans l’immédiat.

Cette fois, une voix retentit derrière son dos, proférant une menace. Fidèle à son caractère confiant et machiste, l’Agent du Diable ne se retourna pas, même à la deuxième injonction. A vrai dire, ses pensées étaient occupées par un petit fagot d’herbes qu’il avait identifié comme étant ce qu’il cherchait. Il les fourra aussitôt dans l’une des poches de son grand manteau noir et poursuivit sa recherche, ignorant royalement les avertissements et même, la présence, de l’herboriste derrière lui. En jetant un petit coup d’œil distrait par dessus son épaule, il s’aperçut tout de même qu’elle tenait un imposant couteau de cuisine à la main; le genre d’ustensile avec lequel on ne découpe pas de la viande humaine, même lorsqu’on était un fin bretteur et un meurtrier, ce qui visiblement était loin d’être le cas de la femme terrorisée qui se tenait à deux mètres de lui.

« Ah? Qu’il vienne » bougonna-t-il en parlant du mari de l’herboriste. Son grognement avait été à peine audible, lancée plus pour lui-même que pour la femme. Ayant fini d’explorer cette face de la boutique, il décida de passer au mur opposé. Lorsqu’il se releva et fit volte-face cependant, il s’aperçut que les derniers effets du sortilège demeuraient en lui; la tête lui tourna, ses sens s’embrouillèrent l’espace de deux secondes, sa coupure au doigt le démangeait de façon très désagréable. L’Agent eut vite fait de reprendre ses esprits et se dirigea vers le mur opposé, traversant la pièce en trois enjambées. Le seul problème étant que l’herboriste se trouvait entre lui et son objectif.

« Dégage de mon chemin, traînée! » cria-t-il tandis que, passant à côté d’elle, il posa une main massif sur son corps et appuya de toutes ses forces, projetant violemment la femme contre un mur. Sur le moment, il ne sentit pas si elle avait eu le temps de le frapper avec son couteau de cuisine, et à vrai dire il s’en fichait. Comme si de rien n’était, comme si il était le seul présent dans la pièce et qu’il avait tous droits sur les objets de la boutique, l’Agent du Diable tourna négligemment le dos à la femme et continua sa recherche sur les étagères.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Prêtresse
Prêtresse
avatar


MessageSujet: Re: Tout commence par un viol...   Sam 15 Jan 2011 - 23:04

Inès ne comprenait pas quel était ce sentiment qui envahissait son esprit. La colère s'emparait d'elle, sournoise et vicieuse. En son fort intérieur, quelque chose céda. D'une, le casseur ne semblait pas plus inquiet que ça d'avoir été découvert. Et de deux, il ne prit même pas la peine de se tourner vers elle lorsqu'elle l'interpella. Alors qu'elle esquissait un pas vers l'homme pour lui faire comprendre qu'elle ne plaisantait pas, elle le vit enfoncer un petit ballot d'herbes médicinales dans sa poche, se servant comme si de rien n'était. C'en était trop pour la jeune femme qui, sans vraiment réfléchir à ce qu'elle faisait, lança au voleur :

"Si vous ne sortez pas tout de suite d'ici, je vous préviens, je vous tue de mes mains !"

La pacifiste jeune femme ne faisait que proférer une menace qu'elle se savait véritablement incapable de mettre à exécution. L'autre se retourna alors brusquement, et elle crut avoir réussi son coup... Au début. Puis, alors qu'il se mit à avancer vers elle avec l'aplomb d'un taureau enragé, elle leva machinalement son couteau, au moment-même où il l'écartait sans ménagement, l'envoyant valser contre le mur et les bocaux brisés tout en l'insultant.
Elle se sentit projetée en arrière avec la force d'une bête sauvage. Le temps sembla ralenti jusqu'à ce qu'elle se cogne avec violence contre le mur de droite avant de retomber mollement sur le sol, une douleur vrillant ses tempes et le coeur battant la chamade.
L'herboriste resta sonnée quelques secondes, sa tête ayant heurté une étagère dans sa chute, puis elle se releva tant bien que mal.
Sa cheville gauche, sur laquelle elle s'était réceptionnée, se déroba sous elle. Dans la chute, elle avait dû se fouler. Pourtant, cela n'arrêta pas la demoiselle qui, non contente d'avoir volé contre un mur et d'avoir une cheville blessée, décida de se battre comme une diablesse pour protéger son domicile, et surtout ses précieuses plantes, du sauvage qui saccageait les lieux.

"Espèce de rustre !" beugla-t-elle en se jetant sur lui avec la force du désespoir pour le rouer de coups avec ses petites mains.
La jeune femme frappait à l'aveuglette, son bonnet était tombé sur le sol et ses longs cheveux lui venaient dans la figure alors qu'elle luttait de toutes ses forces, tel David contre Goliath.
Elle avait perdu le couteau en tombant, mais elle pouvait voir le sang couler le long du bras de la brute ; elle avait réussi à le toucher au-dessus du coude. C'était une blessure peu profonde, mais qui devait toutefois être douloureuse...


"Je vous ai dit de partir !" continua-t-elle à crier tout en le frappant.

Malheureusement pour elle, on aurait dit que son adversaire était de marbre tant les coups maladroits ne semblait rien lui faire. On aurait dit une mouche en train de combattre un titan, mais la pauvre Inès semblait ne pas s'en être aperçue. Elle continuait à le frapper de ses poings menus, espérant le blesser assez pour qu'il s'en aille sans faire plus de casse... Ce qui semblait peine perdue, puisque cette petite lutte sembla plus l'agacer qu'autre chose... Sans le savoir, Inès venait de se mettre dans de beaux draps, car elle ne savait pas encore que l'inconnu qu'elle martelait n'était autre qu'un redoutable meurtrier doublé d'un violeur...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/sorcieres-d-olrun-f48/ines-gallo
Assassin
Assassin
avatar


MessageSujet: Re: Tout commence par un viol...   Mar 18 Jan 2011 - 1:26

La menace de mort proférée par la jeune femme n’eut, à l’instar de ses précédentes sommations, aucun effet notable sur l’Agent du Diable qui continua ses frénétiques recherches comme si de rien n’était. Il avait senti son corps, si frêle à côté de sa propre silhouette musculeuse, s’envoler comme un fétu de paille lorsqu’il l’avait poussée avant qu’elle n’aille s’écraser contre un mur, au milieu de bocaux et dans un fracas de verre brisé. Par cette puissante charge, l’assassin avait enfin espéré avoir la paix; il lui fallait encore trouver plusieurs ingrédients aux vertus médicinales avérées avant de pouvoir songer à quitter ce lieu. Cependant, son action n’avait pas eu l’effet escompté, constata-t-il en voyant plusieurs filets de sang écarlate couler de son bras entaillé.

La catin! Elle avait donc réussi à le toucher. Enfin, vu la taille du couteau, même un aveugle aurait réussi à le toucher, pensa l’Agent en râlant intérieurement contre cette tigresse si vindicative. Elle tentait de lui mettre des bâtons dans les roues avec l’insistance désagréable et horripilante d’un moustique qui vous tournait sans cesse autour et qu’on ne pouvait chasser. A cet agacement déjà impérieux venait se coupler l’irritation désagréable de la douleur, dans son bras, ainsi que la frustration de commettre des erreurs grossières depuis la veille au soir. Une colère froide et terrible envahit l’esprit de l’Agent, détournant toute pensée rationnelle. Si il eut assez de contrôle de soi pour ne pas se retourner, ramasser le couteau de cuisine et éviscérer la femme avec, la fureur ne disparut cependant pas, et il ne put ignorer plus longtemps son agaçante manie de le marteler à l’aide de ses poings.

« RAAAHH » hurla-t-il à son tour, au comble de l’énervement. Laissant tomber tout ce qu’il avait dans les mains, l’Agent envoya promener, de rage, tout ce qu’il y avait sur l’étagère d’un seul coup de son énorme paluche. Les bocaux, les récipients en verre, en métal, en terre cuite, les balances, les sachets, les poudres; tout alla se fracasser sur le sol dans un vacarme de fin du monde. L’assassin était aveuglé par sa colère, n’ayant même plus assez de lucidité pour se rendre compte que tout envoyer promener ne lui faciliterait pas la tâche. Mais avec un peu de chance, peut-être n’aurait-il même pas à le faire. Dans un second cri de rage, l’homme se retourna, saisit le poignet gauche de la femme qui s’apprêtait à lui porter un nouveau coup et tourna de toutes ses forces dans le sens opposé à l’articulation. Le bras se brisa avec un craquement si sec et sinistre qu’on eut dit qu’une coup de tonnerre miniature était tombé sur la maison. Ne tenant aucun compte de la réaction de sa victime –elle pourrait tout autant hurler ou se taire courageusement, il n’en avait cure- l’Agent n’en resta pas là et la saisit brutalement à la gorge, la plaquant contre le mur.

« Maintenant, écoute-moi bien » murmura-t-il d’un ton glacial, qui ne souffrait aucune réplique.

« Tu sembles ignorer à qui tu t’adresses alors, je vais te le dire. Je suis l’Agent du Diable, le seul dont vous parlez tous avec effroi –un effroi justifié. Si tu m’obéis, tu ne garderas de cette journée qu’un bras en écharpe et un mauvais souvenir. Mais par contre… si tu continue ta ridicule rébellion… la mort te semblera si désirable à côté de tes souffrances, que tu me supplieras de mettre fin à tes jours. C’est compris ? »

Un grand silence, après les fracas de la lutte et du verre brisé, tomba sur la maison. Si l’Herboriste avait vraiment eût un époux, il serait venu à son secours depuis longtemps, pensa l’Agent du Diable en fixant la femme dans les yeux pour lui mettre plus de pression encore. Il s’avisa soudain que l’étreinte maintenue sur la trachée de sa victime était terriblement forte, et qu’il valait mieux la relâcher si il ne voulait pas qu’elle lui claque entre les doigts. Il se recula donc en rompant le contact physique, laissant la femme s’effondrer au sol. Il lui accorda quelques instants, le temps qu’elle reprenne ses esprits, puis désigna son bras blessé dont la douleur continuait de l’agacer souverainement.

« Soigne ça correctement, et donne-moi les ingrédients dont j’ai besoin ».

L’Agent lui dicta la liste des herbes qu’il était venu chercher en entrant par effraction dans l’Herboristerie. Par là, il s’épargnait la peine de fouiller parmi les débris, mais surtout il faisait voir à la femme qu’il possédait tout de même des connaissances minimales en bontanique –ainsi, toute tentative de l’empoisonner ou de l’endormir en soignant son bras ne passerait pas inaperçue. Ayant le bras cassé, il lui faudrait sans doute du temps et des efforts pour accomplir ce qu’il lui demandait, mais il était patient…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Prêtresse
Prêtresse
avatar


MessageSujet: Re: Tout commence par un viol...   Dim 23 Jan 2011 - 13:14

C'en était assez pour l'intrus, qui poussa un cri de colère avant d'envoyer au sol le contenu des étagères devant lui. La jeune femme sursauta, ne s'attendant pas à cette réaction. Elle aurait préféré qu'il parte, mais que voulez-vous, rien ne fonctionnait comme on le souhaitait, n'est-ce pas ?
Inès recula vivement au moment où l'homme se tournait vers elle, mais elle ne fut pas assez rapide... Il l'attrapa par le poignet gauche, et déjà sa poigne de fer lui arracha une grimace. Avant qu'elle n'ait pu réagir, elle sentit son bras se tordre et, dans d'affreuses souffrances, ses os craquer et ses ligaments se briser. Elle hurla, comme si crier pouvait expulser hors de son corps toute cette douleur, et tomba à genoux sur le sol, des larmes coulant le long de ses joues blanchies par le choc.

Mais l'homme n'en avait visiblement pas terminé avec elle. Alors qu'elle était en état de choc, il la saisit à la gorge et la plaqua avec violence contre le mur. Les yeux écarquillés par la terreur, elle n'osa plus bouger. Ses larmes faisaient comme un voile sur ses yeux, elle ne parvenait même pas à identifier l'homme qui lui faisait face tant sa vue était brouillée... Sans compter l'air qui ne parvenait plus à accéder à ses poumons. Allait-elle donc mourir ici, dans ces circonstances ? Qui allait la retrouver ? Et comment ses soeurs réagiraient-elles ? Serait-elle vengée ?

Visiblement, l'inconnu ne comptait pas la tuer. Du moins pas tout de suite. Il lui dit qui il était, sans doute histoire de l'effrayer encore plus que ce qu'elle ne l'était déjà, puis il lui... ordonna de le soigner. Il la regardait droit dans les yeux, aussi la jeune herboriste eut-elle l'idée de tenter la manipulation mentale... Hélas, sa terreur était si grande qu'elle ne pouvait se concentrer. Elle était encore jeune, ses pouvoirs n'étaient pas à leur paroxysme...

Il finit par la lâcher, et elle retomba mollement sur le sol, suffocant pour chercher l'air qui lui avait manqué jusqu'alors. Son bras meurtri la faisait atrocement souffrir, d'autant qu'elle était tombée dessus lorsqu'il l'avait lâchée, mais elle était bien trop occupée à reprendre son souffle pour y prêter une quelconque attention.
Pendant qu'elle se remettait péniblement de cette strangulation, une main autour de sa gorge comme pour vérifier qu'elle était toujours entière, l'Agent du Diable lui donnait la liste de ce qu'il voulait, et il avait exigé qu'elle le soigne.
Inès leva les yeux vers lui, toujours assise sur le sol. Elle tentait maladroitement de déchirer un morceau de sa chemise de nuit pour passer son bras en écharpe.


"Vous av..."

Sa voix était rauque, elle tenta de l'éclaircir en se raclant la gorge, puis reprit :

"Vous avez mis la pagaille dans mes bocaux ! Comment pourrais-je retrouver quoi que ce soit, maintenant ?!" s'indigna-t-elle avant de tousser.

Ces quelques mots avaient usé le peu de cordes vocales qu'il lui restait.
Elle parvint enfin à déchirer un pan de sa chemise de nuit, dévoilant ainsi ses jambes à l'homme face à elle. C'était très mal vu de dévoiler ses jambes ainsi, mais elle n'avait guère le choix si elle voulait se soigner...
Après quelques instants de lutte avec le tissu, elle parvint à le nouer et à le passer en écharpe autour de son cou. Une fois son bras à peu près stable dans l'écharpe, elle se releva et se dirigea en boitillant - n'oublions pas sa cheville foulée - vers le comptoir. Qu'allait-elle donc chercher, là derrière ? Des plantes qui n'étaient pas sur les étagères et qui avaient donc été épargnées ? Ou autre chose...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/sorcieres-d-olrun-f48/ines-gallo
Assassin
Assassin
avatar


MessageSujet: Re: Tout commence par un viol...   Jeu 27 Jan 2011 - 0:39

La douleur dans son bras commençait à être suprêmement agaçante. Généralement, si les grandes et grosses plaies occasionnent une douleur lourde et diffuse, les plaies plus fines et profondes sont porteuses de souffrances bien plus pointues, désagréables, horripilantes. C’était le cas de l’estafilade sanguinolente qui courait au-dessus de son coude, ourlée de sang écarlate, dévoilant les bords de la chair déchirée. La garce… elle ne l’avait pas raté. Une blessure au bras, c’était très embêtant, surtout quand on avait une profession très manuelle d’assassin, qui exigeait recours à de l’habileté… Elle avait intérêt à soigner tout ça correctement et en vitesse, pensa l’Agent en bouillonnant de colère, sinon il le lui ferait payer au centuple de ce qu’elle éprouvait maintenant.

La jeune femme semblait d’ailleurs franchement mal en point après le déferlement de violence qui avait précédé. La cheville tordue, le bras cassé, la gorge écrasée, il ne faisait aucun doute qu’elle était à bout. Physiquement du moins car mentalement, elle semblait encore avoir de la verve et la force de se rebeller. Elle répliqua d’ailleurs avec une fureur non dissimulée, disant qu’elle aurait du mal à retrouver ce qu’elle cherchait au milieu du foutoir ambiant. L’assassin haussa un sourcil dédaigneux et l’observa qui tentait de recouvrer sa respiration, la voix rauque au milieu d’une toux difficile. Les épreuves de la fille ne le concernaient pas, elle devrait faire un effort si elle tenait à la vie.

« Démerde-toi. Tu es herboriste non? »

Oui, en tant que botaniste, elle aurait sans doute le talent nécessaire pour reconnaître les herbes au moindre coup d’œil. Ses paroles ne révélaient que de la mauvaise foi à s’exécuter –ce qu’il comprenait fort bien, après qu’il lui eût cassé un membre et à moitié étranglée. L’Agent du Diable laissa son regard balayer le contour de la pièce; au milieu du capharnaüm indescriptible que constituait maintenant la boutique avec les étagères dont le contenu était répandu au sol, se tenait une petite chaise de bois frêle, sans doute pour les clients. Il entreprit de s’asseoir dessus avec moultes précautions et parut soulagé qu’elle ne s’effondre pas sous son poids ou sa carrure imposante. Après quoi, il laissa de nouveau son regard balayer la pièce. La commerçante avait réussi à se lever, et déchirer le bas de sa chemise de nuit pour en faire un garrot qu’elle noua autour de son cou. Les yeux de l’assassin glissèrent sur les mollets et les cuisses maintenant à moitié nues de la jeune femme, qui offraient leurs courbes longues et sinueuses à ses instincts lubriques. Malgré lui, il sentit ses hormones se manifester en ce moment incongru, et un sourire monta à son visage.

Tendant la main, il attendit que l’herboriste fut penchée sur le comptoir pour poser ses grands doigts à l’intérieur de la cuisse chaude, délicieusement veloutée. Si elle se penchait un peu plus en avant, il pourrait même voir la courbe de ses fesses, ce qui ne manquerait pas de lui procurer une certaine satisfaction. Des dommages et intérêts, en quelque sorte… Ses grands doigts calleux remontèrent avec une lenteur calculée vers son intimité et il murmura d’une voix mielleuse:

« Tu n’es un boudin que de visage, ma grande… les femmes ont vraiment des atouts cachés. Dis-moi, est-ce que ton mari apprécierait que je te touche? Oh… tu n’as pas d’époux, n’est-ce pas. Ta menace de tout à l’heure était un mensonge. Dis-moi, ma petite chérie… as-tu déjà eu un homme en toi? Est-ce que vivre sans amour ne te manque pas?….. veux-tu que je sois ce premier homme? »

L’Agent sourit de ses propres manœuvres. Lui aussi avait menti; la femme n’était pas laide, loin de là, juste d’une joliesse quelconque et d’une jeunesse rafraîchissante. Bien qu’elle commençât à être âgée pour tenter de trouver un époux… Son sourire accentué, l’assassin laissa ses paroles terribles planer dans l’air quelque secondes et remonta brusquement sa main entre ses cuisses de la femme, qui sentit le toucher rêche de ses doigts sur son intimité, à travers sa lingerie. Il se retira aussitôt après, croisant les bras sur son giron en dissimulant un rire. Puis toute trace d’hilarité disparut sur son visage et il toisa l’herboriste avec froideur. C’était juste un coup de pression, histoire de lui faire peur; maintenant qu’il s’était amusé, il fallait passer aux choses sérieuses.

« Aller, grouille-toi, maintenant. »

Il faisait maintenant grand jour et l’heure avançait vite. Plus le temps passait, et plus il prenait le risque d’être découvert.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Prêtresse
Prêtresse
avatar


MessageSujet: Re: Tout commence par un viol...   Jeu 27 Jan 2011 - 1:35

Alors que l'herboriste se dirigeait vers le comptoir, elle put voir du coin de l'oeil l'assassin se diriger vers la chaise qu'elle réservait habituellement à sa clientèle. Elle songea brièvement qu'il lui faudrait la jeter. Elle ne voulait pas que quelqu'un s'assoit dessus alors qu'elle avait accueilli le postérieur d'un être immonde. Les pensées pouvaient véritablement être hors contexte, surtout dans les pires moments d'une vie, n'est-ce pas ?

Elle se pencha par-dessus le comptoir pour récupérer quelque chose, mais au moment où elle se penchait en avant, se mettant malgré la douleur de sa cheville sur la pointe des pieds, elle sentit une main rugueuse s'insinuer entre ses cuisses. Un sursaut lui échappa, mais elle ne réagit pas, se mordant la lèvre inférieure pour ne pas crier. Ne pas lui faire ce plaisir, surtout pas ! Inès eut beaucoup de mal à attraper ce qu'elle cherchait, mais elle fit tout ce qu'elle pouvait pour ne pas se pencher un peu plus, ne voulant pas dévoiler le reste de son corps à la vue de ce fou lubrique. Ce fut au moment où les doigts vicieux de l'homme venaient titiller son intimité qu'elle put enfin mettre la main sur ce qu'elle cherchait. Elle serra l'objet dans sa main avant de se retourner. Elle n'avait même pas écouté les babillages de l'Agent du Diable sur la beauté - ou l'absence de beauté - de son visage.

Il lui intima l'ordre de se dépêcher. La tête baissée, comme en signe de soumission, elle se dirigea vers l'amoncellement de bocaux brisés, restant dans le dos de l'homme. L'objet qu'elle avait récupéré derrière le comptoir était à présent dissimulé dans les morceaux de tissu qui formaient l'écharpe dans laquelle elle avait glissé son bras cassé. Elle espérait qu'il n'avait rien remarqué.
En passant dans le dos de l'Agent, elle espérait ainsi pouvoir le surprendre. Elle se baissa pour ramasser quelques plantes au sol, certaines faisant partie de la liste dressée par l'assassin, puis se releva comme pour venir les poser sur le comptoir. Mais une fois juste derrière l'homme, la demoiselle laissa tomber les plantes au sol pour prendre le plus rapidement possible l'objet jusqu'alors dissimulé : une petite serpe avec laquelle elle faisait sa cueillette. Elle tenta de passer l'arme sous la gorge du tueur, non pour le tuer mais pour le menacer. Pacifiste dans l'âme, elle ne pouvait se résoudre à l'égorger comme un vulgaire goret.


"Allez-vous en, je ne le répèterai pas", murmura-t-elle à son oreille.

Bien sûr, il pouvait encore se défendre, et nul doute qu'il aurait aisément le dessus sur elle. Mais c'était dans la nature d'Inès de chercher à se défendre sans véritablement faire de mal, de chercher la négociation même lorsque sa vie en dépendait...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/sorcieres-d-olrun-f48/ines-gallo
Assassin
Assassin
avatar


MessageSujet: Re: Tout commence par un viol...   Ven 28 Jan 2011 - 1:55

Même en prenant en considération le fait que la femme était blessée et très affaiblie, l’Agent du Diable commençait sérieusement à penser qu’elle était d’une lenteur exécrable à la tâche. De nouveau, il se fit la réflexion qu’il était pressé et qu’il lui fallait déguerpir au plus vite. Avoir passé une nuit dans les bois n’était déjà pas prudent. A cette heure-ci, le corps du moine dans l’Eglise de Zetting avait sans doute déjà été retrouvé depuis plusieurs heures, et sans doute les clients même épisodiques ne tarderaient-ils pas eux aussi à venir à l’Herboristerie. Il fallait faire vite… mais la commerçante semblait retarder le plus possible le moment de l’échéance.

Au moment où elle se penchait derrière le comptoir pour y cherchait un objet, il crut ne pas en croire ses yeux. Il les écarquilla d’ailleurs, certain d’avoir mal vu, cependant les indices ne pouvaient l’induire en erreur. Cette garde fomentait une rébellion! Elle jouait la comédie si parfaitement que toute autre que l'assassin ne l'aurait pas remarqué. Cependant, lui était si rompu à la tâche qu’il ne pouvait ignorer ce qu’il avait sous les yeux. Cette tension extrême des muscles, cette étincelle dissimulée dans le regard, la discrétion et le naturel feint avec lequel elle fouillait derrière le comptoir; tout était simulé à la perfection… et pourtant.

Ah, la salope. Elle ne s’était donc pas résignée! Il avait connu peu de femmes avec autant de verve, d’audace, ou même de folie suivant les différents points de vue. Même avec une cheville et un bras en moins, même après être passé à un cheveu de la strangulation, elle trouvait encore la force de se rebeller… et bien, tant pis pour elle. L’Agent du Diable sut à cet instant précis qu’il allait la tuer; il lui avait donné une chance de vivre, elle l’avait refusée, il lui faudrait en assumer les conséquences. Tant pis pour son bras, même si il devrait se le soigner lui-même.
Plutôt que de se lever pour se ruer sur l’herboriste, et lui prendre des mains l’objet qu’elle avait caché (avec efficacité d’ailleurs, car il admettait ne pas avoir la moindre possibilité de le voir), il la laissa jouer la comédie et tourner autour de lui. Etait-elle donc cruche au point de penser qu’il la laisserait dans son dos, si ce n’était sciemment? Un sourire entendu se peignit sur le visage de l’homme quand il sentit la fraîcheur d’une lame se poser sur sa jugulaire. Sourire bien vite remplacé par une moue de mépris lorsqu’il s’aperçut qu’elle n’avait aucune intention de l’égorger… quelle greluche! Après tout ce qu’il lui avait fait, elle demeurait faible au point de ne pas avoir le cran de passer à l’acte? Tsss… la race humaine était parfois pitoyable.

« D’accord… je m’en vais » mentit-il en levant les mains en signe de rédition. Il s’éloigna avec une lenteur extrême de la jeune femme, rompant doucement le contact avec la serpe, évitant tout geste brusque pour ne pas provoquer de mouvement insensé de sa part. L’Agent recula jusqu’au mur du fond et, plus vif que l’éclair, saisit un des derniers bocaux encore en place sur l’étagère pour le projeter au visage de la commerçante. Une attaque qu’elle aurait sûrement anticipé un minimum, et insuffisante pour la tuer et même la blesser; cependant l’offensive lui fournit les quelques secondes de distraction nécessaire pour se ruer sur elle, lui arracher son arme des mains et la jeter au fond de l’atelier. Après quoi, pour faire bonne mesure, l’homme brandit son poing et l’envoya de toutes ses forces dans le visage de l’herboriste qui put sentir son nez se briser avec un craquement sinistre.

Haletant, il la saisit par l’épaule, la retourna brusquement et immobilisa son bras valide dans son dos, la poussant sans ménagement en direction de la sortie. Du fait de ses blessures et de leur différence de poids, l’assassin n’avait aucun mal à la trimballer comme un fétu de paille. La porte étant fermé à clé, il se rua sur le battant avec la femme toujours dans les bras, mettant assez de force dans l’offensive pour qu’elle s’arrache de ses gonds. Ils manquèrent tous deux de tomber sur le sol, puis l’assassin prit la femme par le dos de sa chemise de nuit pour la traîner à l’extérieur, l’étranglant à moitié.

« Tant pis pour toi. Je vais te noyer dans l’étang de Diefenbach, afin de punir ton manque de coopération ».
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Prêtresse
Prêtresse
avatar


MessageSujet: Re: Tout commence par un viol...   Ven 28 Jan 2011 - 12:11

L'espace d'un instant, elle crut avoir réussi à le convaincre de partir. L'assassin s'était levé et éloigné d'elle, ce qu'elle avait prit alors pour fait, mais lorsqu'elle le vit attraper un bocal et esquisser un mouvement de bras pour lui lancer en pleine figure, elle se baissa aussi vivement qu'elle put, et l'arme improvisée ne fit que lui frôler la tempe. Mais son soulagement ne fut que de courte durée, puisqu'avant qu'elle ait eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait, il se retrouva sur elle.
En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, le poing de la brute vint s'écraser sur le nez de la pauvre Inès, qui entendit un craquement avant de ressentir une douleur qui irradiait du milieu de son visage jusqu'à ses tempes, lui vrillant le crâne et l'assommant à moitié par la même.

Elle ne put retenir un cri de souffrance, cri qui s'intensifia alors qu'il lui tordait son bras valide dans le dos tout en la poussant violemment en direction de la sortie. Elle ne comptait pas se laisser faire. Au Diable le pacifisme, au Diable son habituelle gentillesse ! Elle se défendit comme une belle tigresse, faisant tout son possible pour se libérer, mais en vain, de la poigne de fer de l'Agent.
Puis vint l'impact avec la porte. L'homme l'envoya voler, la sortant alors de ses gonds, et Inès crut un instant pouvoir s'en sortir. Elle se tortilla pour s'échapper, mais il raffermit sa prise sur elle, l'attrapant par le col de la chemise de nuit pour la traîner à l'extérieur.


"Tant pis pour toi. Je vais te noyer dans l’étang de Diefenbach, afin de punir ton manque de coopération "

Inès écarquilla les yeux d'horreur. Non, tout mais pas ça ! Elle qui avait une peur phobique de l'eau à cause d'un accident d'enfance allait donc terminer ainsi, noyée dans l'étang comme un vulgaire chaton indésirable ? Plutôt mourir en tentant de survivre !
Il la traîna ainsi sur quelques mètres avant qu'elle ne parvienne à déchirer sa chemise de nuit avec sa main libre. Une fois libérée du carcan de tissu, elle se releva avec l'énergie du désespoir et s'enfuit en direction de la forêt. Dans sa précipitation, elle ne pensa pas à aller chercher de l'aide dans l'une des fermes avoisinantes.
Malgré sa cheville foulée, elle courait plutôt vite, préférant subir la douleur plutôt que de risquer d'être tuée.

Courir, courir pour lui échapper. Cela lui rappela le cauchemar qu'elle faisait régulièrement, depuis la mort de son père. Elle s'enfonça dans la forêt sans un regard en arrière, son sixième sens lui intimant l'ordre de ne surtout pas se retourner. Elle savait qu'il la poursuivait.
Courir, encore, courir malgré son corps qui n'était plus qu'une boule de douleur. Sans ralentir, elle passa la main sous son nez pour essuyer le sang qui en coulait abondamment et grimaça. Il l'avait vraiment amochée.
Les branches griffaient son corps nu, exposé aux éléments, pourtant elle continuait à courir. Courir pour lui échapper...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/sorcieres-d-olrun-f48/ines-gallo
Assassin
Assassin
avatar


MessageSujet: Re: Tout commence par un viol...   Sam 29 Jan 2011 - 2:43

La petite bougresse se débattait avec l’énergie du désespoir, battant des mains et des pieds, se tortillant pour se soustraire à l’étreinte de l’Agent du Diable qui, malgré sa force et son poids, avait de plus en plus de mal à maintenir sa prise pour la traîner sur le sol. Elle était déjà dans un état de crise avancée lorsqu’ils étaient sortis de l’Herboristerie, mais ce ne fut rien comparé à l’hystérie qui suivit la menace de l’assassin à propos d’une potentielle noyade dans l’étang. En lui promettant cette torture, l’homme ne s’était pas douté qu’il avait mis le doigt sur une phobie ancienne et particulièrement bien ancrée chez la commerçante; il avait juste besoin d’un point d’eau pour soigner ses plaies et tenait à procurer à la commerçante une longue et douloureuse agonie. Ce serait sa punition, pour avoir tenté de lui désobéir…

La diablesse réussit cependant à s’échapper en déchirant le col de sa chemise de nuit, s’enfuyant à moitié nue en direction des bois. L’Agent n’avait pas oublié sa cheville foulée, mais la peur semblait donner des ailes à la jeune femme. Il poussa un grognement de bête faute et s’élança à sa poursuite, se délectant du sillage de peur qu’elle répandait derrière elle, captant fugitivement son souffle haché, la silhouette claire de son vêtement qui bondissait dans les bois telle une biche sur le point d’être dévorée par un fauve. Par moment, ses bonds faisaient voler la chemise de nuit et dévoilaient ses formes attirantes, ce qui excitait la vaillance de l’assassin. Il retrouva de primes instincts de chasseur et s’abandonna tout entier à la traque physique de sa proie, laissant au loin la raison et les pensées cohérentes. Il aurait pu la rattraper en une dizaine de secondes, mais ce n’était pas intéressant, il préférait faire durer le suspens, faire lentement monter chez elle le baromètre de la peur… Peur qui atteindrait son paroxysme au moment où il la rattraperait.

Ne résistant pas à l’exaltation et l’adrénaline procurée par la chasse, il éclata d’un rire sonore et terrifiant qui résonna dans les bois. Et dire qu’elle s’enfonçait dans la forêt, croyant s’y mettre à l’abri… pourquoi la rattraper maintenant et devoir la traîner lui-même jusqu’à l’étang? Autant la laisser continuer un peu à courir, puisque de toute façon, elle allait grosso modo dans cette direction! Elle lui mâchait le travail! L’Agent du Diable attendit donc le moment opportun et, lorsqu’il estima leur position suffisamment près du lac, se lança dans une charge enragée de taureau. Le bruit de sa cavalcade résonna avec force et, faisant abstraction de ses blessures, il se jeta en avant sur la fugitive, l’enserrant à la taille pour aller s’écraser au sol avec elle. Tous deux roulèrent quelques secondes dans les mousses froides et puantes d’humidité, puis l’assassin entreprit de reprendre rapidement le contrôle de la situation. Se redressant sur un bras, il utilisa l’autre main pour porter plusieurs coups à la tempe de la jeune femme. Non pour la tuer, mais pour la neutraliser suffisamment afin qu’elle ne se débatte plus autant… Après quoi, il se releva et lui asséna méthodiquement un coup de pied dans le ventre –ça, c’était juste une vengeance, une punition pour l’avoir contraint à lui courir après. Enfin, l’homme saisit l’herboriste par les cheveux et la releva en tirant d’un coup sec, pour placer son visage à quelques centimètres du sien et lui souffler de son haleine chaude:

« Là, tu n’aurais pas dû… tu vas morfler, sale catin. »

La saisissant cette fois-ci par son bras cassé pour éviter de réitérer l’épisode de la chemise de nuit, et lui causant par conséquent une souffrance insupportable, l’Agent entreprit de poursuivre sa tâche comme aucun incident ne l’avait interrompu. Soufflant et grognant sur l’effort, il traîna la jeune femme couverte de sang, terrorisée et hystérique vers l’étang.

[Suivant = Tout commence par la mort… ou presque]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Tout commence par un viol...   

Revenir en haut Aller en bas
 

Tout commence par un viol...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Witch Slay :: Parmi les Sylves - Alentours :: Les Cultures :: L'Herboristerie-