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 L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...

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Aguerri(e)
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MessageSujet: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Ven 18 Fév 2011 - 23:42

Un mois… Un mois tout entier qu’il n’avait plus eu aucune nouvelle d’elle. Il avait bien essayé de lui faire parvenir des lettres, comme à chaque fois, sauf que dorénavant il signait ses lettres, d’un anagramme subtil, certes, mais elle aurait du reconnaître l’écriture, c’était évident. Après tout qui aurait pu être ce Noelin Waedestal ne pouvait pas être quelqu’un d’autre, pas avec ce style d’écriture, pas avec cette flamme qui allumait chacun de ses mots. Ne désirait-elle plus le voir ? Avait-il vraiment perdu la seule femme qu’il aurait pu aimer de sa vie ? Avait-il eu tort de se montrer à découvert ? Avait-elle été rebutée pour avoir fait face au fils de l’ennemie de son clan ? Mettait-elle sur ses épaules les mêmes préjugés que sur les autres membres du Clan du Lys Noir ? Adal n’en savait rien. Il était en proie au doute depuis ces quatre semaines… Il ne mangeait que très peu, ne dormait que peu, lorsque son sommeil n’était pas hanté par quelque cauchemar concernant la jeune femme. Même Francis ne parvenait pas à l’apaiser ni à lui changer les idées. Non rien au monde n’aurait pu lui changer les idées… Depuis qu’elle gardait le silence, il ne l’avait même pas entrevue dans les couloirs du Château… Il n’avait d’elle qu’un souvenir, celui de la jeune femme s’éloignant sur son cheval et il n’avait rien d’autre que cela… Le vague souvenir d’un parfum doux et sucré, rien que des souvenirs, rien de plus… Des souvenirs qui peu à peu se transformaient en remords, en amers remords, en douloureux remords…

Cette journée avait été longue et monotone… Adal était resté cloîtré dans sa chambre, dédaignant même son chevalet… Il n’avait plus envie de peindre, pas maintenant, plus maintenant… Son cœur s’était asséché, criait sa soif d’amour inextinguible que son propriétaire était maintenant certain de ne plus pouvoir jamais combler. Il avait pensé à ne pas vivre davantage, à mourir alors que le souvenir d’Alexandrine était encore fort dans son esprit. Chaque jour il s’accrochait davantage à lui, chaque jour il essayait de s’en rappeler, pour ne pas l’oublier, pour ne jamais l’oublier. Comment le pourrait-il ? Pourtant il ne pourrait continuer à aimer un souvenir, non… L’espace d’un instant, il avait envisagé d’aller la voir en personne, envers et contre tout, quoique puissent dire les éventuels sorciers et sorcières présents en cet instant, mais il avait refusé. Il préférait souffrir seul et silencieusement que d’exposer la jeune femme aux foudres de son clan… Non il ne pouvait pas lui faire ça, même si cela lui déchirait le cœur d’être sans nouvelles, même s’il aurait préféré mille fois recevoir un refus, un mot, ne serait-ce qu’un « non » de sa part. Mais il n’avait rien eu… La vie était cruelle avec lui, encore une fois. D’abord sa mère, qui se refusait à lui, qui ne reconnaissait même pas l’existence de son fils, puis Alexandrine qui se détournait de lui sans un mot, sans un au-revoir…

Et, alors que l’espoir semblait s’envoler, quelque chose sortit le jeune Adal de ses sombres pensées. Un bruissement, presque imperceptible mais qu’il avait entendu. Il se leva du lit sur lequel il était assis, regardant fixement par la fenêtre, puis il se dirigea vers la porte de son appartement, d’où venait le bruit. Tout de suite le blanc de la feuille jura avec la couleur du parquet à ses yeux. Non sans se précipiter comme un dératé, mais ne parvenant pas à simplement marcher pour atteindre son but. Il récupéra le papier posé au sol et le déplia. Son cœur cessa presque de battre au moment où ses yeux se posèrent sur le papier…


Citation :


A l’intention de Monsieur Adal LOEWENSTEIN.

Par ce message, je vous demande de m’accorder une entrevue et vous invite à vous rendre dans les jardins du Château, au bosquet de Lys à l’aube du troisième jour.

Une ennemie que vous avez soutenue jusqu’à sa monture.

PS : Je vous saurais gré de détruire ce message.

Cela ne pouvait venir que d’une personne, que d’une seule. Son cœur battait la chamade pendant que son cerveau interprétait enfin les mots. Dans trois jours ? Nous serions mercredi. Soit, il attendrait.

Les jours passèrent lentement, trop lentement. Mais la nuit de mardi finit par arriver. Nerveusement, il s’habilla puis sortit de son petit appartement, un petit salon annexé d’une chambre, puis prit la direction des Jardins. Le Château était désert, ou presque, et la plupart des nobles dormaient. Il ne lui fut pas très difficile d’éviter les gardes, plus pour éviter les questions que pour être invisible, et il se faufila à l’extérieur, empruntant une porte utilisée par les domestiques pour s’éclipser. Lorsqu’il fut dans les jardins, il chercha le bosquet de Lys qui ne fut pas difficile à trouver. Alors, doucement il s’en approcha. L’aube était encore loin, une heure, peut-être deux, mais il patienterait, il ne voulait pas manquer ce rendez-vous, pour rien au monde, même si c’était pour s’entendre dire qu’elle ne désirait plus jamais le revoir. Même s’il devait admettre que cette idée le briserait, si elle devait se réaliser.

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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Lun 21 Fév 2011 - 0:32

Alexandrine avait repoussé cette rencontre aussi longtemps qu’elle avait pu. L’Agent du Diable lui avait en quelque sorte permis de faire diversion et Europe l’avait un peu oubliée. Mais l’épée de Damoclès que la Grande Prêtresse tenait au-dessus de de sa tête était néanmoins toujours présente. Finalement, elle s’était décidée à écrire quelques mots sur un morceau de papier pour demander au jeune homme de venir.

Le lieu du rendez-vous n’avait rien à voir avec une quelconque allusion à l’appartenance à un clan ou à l’autre, c’était juste que cet endroit était à couvert et qu’ils auraient moins de chance d’être surpris par quelqu’un. Naturellement la jeune femme était consciente que de toute façon, elle devait surement être surveillée.

Elle faillit décider de ne pas se rendre à ce rendez-vous tant les récits d’attaque de ce fou se multipliait. Un sentiment de terreur régnait dans tout la ville, y compris au Château, il avait fait en sorte que tout le monde sache que personne n’était en sécurité, que nul place n’était hors de sa portée. Même si elle n’était pas de nature à être impressionnée, elle fut tout de même heureuse que sa mère l’accompagne jusque dans les jardins. Celle-ci la laissa à l’entrée de l’allée qui conduisait au bosquet de lys. Elisabeth était naturellement au courant de ce rendez-vous et sa fille savait qu’elle espérait que ce soit le dernier qu’il y aurait entre les deux jeunes gens.

Alexandrine arriva à l’heure, les premiers rayons du soleil commençaient à venir éclairer la ville en grande partie endormie à cette heure. A son grand dam, Adal était là, heureusement son capuchon était rabattu sur ses yeux et le jeune homme ne put sans doute pas voir qu’elle était déçue de le voir là.

Elle soupira et dévoila son visage, elle était inquiète, non pas pour elle, mais bel et bien pour le jeune homme. Ce qu’elle avait à lui dire n’était pas facile et si sa mère avait voulu qu’elle lui fasse une lettre, Alexandrine quand elle avait décidé lui dire de vive voix. Toute cette situation était entièrement de sa faute à elle, la demoiselle n’en rejetait la faute sur personne d’autre et espérait qu’Adal. Il avait eu l’air d’un jeune homme censé, du moins c’était l’impression qu’il avait donné à la jeune femme, même si sur le moment elle s’était plutôt évertuée à le voir comme un ennemie et un assassin en puissance.

Maintenant qu'il se tenait de nouveau devant elle, cette idée lui semblait quelque peu ridicule et ce même si elle avait promis à sa mère de rester sur ses gardes car on ne pouvait pas savoir ce qui se tramait dans l’esprit dément d’Alicia. C’était naturellement les mots de sa mère, c’était plutôt rare qu’elle parle de quelqu’un de cette façon, mais lorsqu’on évoquait la Comtesse, Elisabeth ne pouvait pourtant pas s’empêcher d’avoir du dédain dans la voix… quel que soit ses efforts pour le cacher.

Comme, elle regrettait qu’il soit venu, parce que s’il ne s’était trouvé en face d’elle à cet instant cela aurait voulu dire que la précédente rencontre ne signifiait rien. Dans ce cas, la situation aurait été réglée d’elle-même et tout aurait été tellement plus facile. Maintenant, il allait falloir qu’elle fasse preuve de diplomatie et qu’elle pèse ses mots, dans la mesure du possible.

"J’avais espéré que vous ne viendriez pas ! Pourquoi êtes-vous là ?"

Elle manquait de politesse en commençant l’entrevue de cette manière, mais elle ne pouvait cacher qu’elle était dépitée ou peut-être était-ce le fait qu’elle savait pertinemment que ses mots allaient blessés le jeune quel que soit la façon dont elle tourne la chose.

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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Lun 21 Fév 2011 - 10:50

Combien de temps avait-il attendu ? Il n'aurait su le dire. L'impatience, teintée de crainte, l'avait forcé à rejoindre le point de rendez-vous plus tôt que nécessaire, de par la crainte d'être en retard et d'éventuellement faire penser à Alexandrine qu'il ne viendrait pas. Car même si c'était pour entendre qu'elle ne désirait plus jamais le revoir, plus jamais recevoir une de ses lettres, il lui faudrait être présent, simplement parce qu'elle daignait le revoir, même si c'était pour lui annoncer une horrible nouvelle. Mais il n'y avait pas que cela, non, car si une partie de son esprit, voir la grande majorité, était persuadée que ce rendez-vous n'augurait pas de bonnes nouvelles, mais plutôt des mauvaises, l'autre partie de lui, la plus optimiste, la plus petite depuis ce mois entier qui s'était écoulé, songeait que peut-être, oui peut-être, l'aboutissant de ce rendez-vous ne serait pas si catastrophique qu'il le pensait, et, tandis qu'il attendait au point de rencontre fixée par la jeune noble, son esprit s'imaginait déjà l'impossible, l'incroyable, l'improbable. Dans les rêves tout devenait possible, il le savait. Et pour cause ! La moitié, et même plus, de ses songes étaient consacrés à l'impossible, à tout ce qui avait été inaccessible dans sa vie : l'amour. Il y avait sa mère, bien entendu, mais aussi Alexandrine. Ne vous emballez pas, rien d'inconvenant... L'amour d'Adal est pur avant tout, un amour dénué d'intérêt hormis celui d'être aimé en retour, mais jamais il n'a songé à l'idée de vendre ses sentiments. Dès le début il a confié son coeur à deux personnes : sa mère et l'héritière des d'Hasbauer. Il n'y avait que ces deux femmes dans sa vie, il n'y en avait pas d'autres, il n'y en aurait jamais d'autre. Sa mère avait décidé de le rejeter, pour son plus grand malheur. Enfin, si cela avait été aussi clair... Mais non, elle le rejetait sans le dire, sans le montrer vraiment. Il n'existait simplement pas pour elle, elle ne daignait même pas lui montrer qu'il ne l'intéressait pas, qu'il n'y en avait que pour Amaël... Alors il ne lui restait que l'espoir d'Alexandrine. Si elle aussi le rejetait, alors il serait condamné à vivre sans amour, pouvait-il le supporter ? Il ne le savait pas, mais ce mois qu'il avait vécu était un enfer, un véritable enfer. Était-ce sa punition ? Mais pourquoi ? Pour être l'enfant d'Alicia ? Avait-il seulement choisi d'être ce fils mal-aimé ? Oh s'il avait pu choisir... Serait-il né l'enfant de cette femme ou d'une autre ? Hélas, on ne change pas le passé, mais il ne pouvait se résoudre à vivre un présent imposé par ce passé.

Soudain les premiers rayons du soleil vinrent lécher la peau du noble et comme issue de l'astre solaire, la jeune femme apparut. Dans la lumière du levant, malgré sa capuche, elle resplendissait déjà. Le cœur d'Adal battait à tout rompre, il anticipait déjà le moment où il croiserait son regard, où la vérité éclaterait sur les intentions de la jeune femme. On peut mentir avec les mots mais pas avec le regard. Elle s'immobilisa à quelques mètres et sembla le regarder pendant un instant qui lui parut une éternité. Elle baissa finalement son capuchon et le jeune noble se figea un instant. L'inquiétude transparaissait dans son regard, dans son si beau regard... Pourquoi était-elle inquiète ? Avait-elle peur qu'il l'ait trahie ? Pensait-elle encore vraiment qu'il n'était qu'un appât ou pire encore un vil manipulateur ? Cette idée transperça son cœur comme une flèche. La douleur était importante, mais il se reprit en se disant qu'il partait en supposition et qu'il saurait le fin mot de tout cela très bientôt, que peut-être ce n'était pas le cas, que c'était tout autre chose qui rendait la jeune femme inquiète. Mais alors qu'il parvenait à reprendre le dessus, elle prit la parole et il faillit défaillir... Pourquoi était-il là ? Mais... Parce qu'elle le lui avait demandé bien sûr!

Il prit la parole, moins sûr qu'il ne l'aurait voulu:


« - Mais... Vous me l'avez demandé, pourquoi ne serais-je pas venu alors que je n'aspirai qu'à vous revoir ? »

Son ton et son regard trahissait une incompréhension naïve. Il ne comprenait pas les premiers mots de la jeune femme... Que voulait-elle dire ? S'était-elle attendue à ce qu'il ne vienne pas en lui donnant ce rendez-vous ?
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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Jeu 3 Mar 2011 - 22:13

L’air dépité du jeune homme eut au moins le mérite de faire apparaître un sourire sur son visage. Elle s’amusait d’une telle réponse, il avait dû dire la première pensée qui lui était venu à l’esprit. Toutefois, les mots qu’il avait utilisés laissé présager à Alexandrine que sa tâche serait sans doute plus difficile que prévue.

L’idée lui avait parue tellement bien lorsqu’elle en avait parlé avec sa mère. Cette solution avait l’avantage de satisfaire toute les parties. Ce n’était pas elle qui mettrait fin à tout cela, ce serait Adal !

Seulement, maintenant qu’il était en face d’elle, Alexandrine se rendait compte qu’elle ne pourrait décider de ce qu’il ferait. C’était le seul paramètre qu’elle ne maîtrisait pas et cela n’était guère rassurant pour la demoiselle.

"Oui, j’en conviens, c’est bien moi qui vous ai sollicité pour cette entrevue. Vous me voyez désolée de cet accueil."

Elle indiqua un banc un peu plus loin, se disant que s’ils étaient assis peut-être que la réaction d’Adal serait moins emportée. Il fallait dire que la demoiselle avait eu tout le temps de pensé à ce qui pourrait se passé. Elle avait mainte fois vu la scène se dérouler comme si elle y était. Dans son esprit, le jeune homme ne pouvait être qu’outré par les propos qu’elle allait tenir et ne voir en elle qu’une vile personne, il s’emporterait et tournerait le talon sans jeter un regard en arrière. Et tout s’arrêtait là !

"Alors que je n'aspirai qu'à vous revoir" Les mots résonnaient dans son esprit. C’était eux qui laissaient présager à la demoiselle que cela serait loin de se passer comme elle se l’était imaginé.

Qu’importe, il fallait qu’elle le fasse ! Elle prit place sur le banc de pierre sentant le froid transpercer ses vêtements pour atteindre sa chair, qu’importe, elle avait d’autres préoccupations. Elle laissa Adal s’installer à son tour avant de reprendre la parole.

"Quelqu’un nous a vu lors de notre dernière rencontre. Quelqu'un de mon clan."

Son air était grave et sa voix moins assurée qu’elle ne l’aurait souhaité. Ces mots, elle les avait pourtant répéter et la demoiselle savait ce qu’elle devait dire par cœur. Pourtant maintenant que le moment était venu, elle hésitait à les dire.

Alexandrine se demandait encore pourquoi elle avait pris la défense du jeune homme face à sa mère. Naturellement, elle se disait que c’était uniquement parce qu’il n’avait pas à être jugé pour les mauvaises actions de sa mère. Peut-être qu’au fond elle voulait juste le connaître un peu… juste pour savoir si sa mère avait raison et s’il était l’héritier de la Meneuse – quitte à y laisser quelques plumes au passage.

L’inquiétude était revenue sur son visage d’ailleurs ses premiers mots ne laissaient guère entrevoir une conversation plaisante.

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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Ven 4 Mar 2011 - 1:20

Adal était un peu perdu. Le mot qu’il avait reçu avait laissé présager beaucoup de choses comme tout simplement la possibilité pour qu’Alexandrine ait voulu le revoir car elle le désirait. Toutefois, sa première phrase avait presque réussi à doucher l’enthousiasme du jeune homme. Que pouvait-il bien se passer en cet instant ? Le jeune cadet des Loewenstein ne comprenait plus très bien, cela se lisait surement dans son regard. Etait-il naïf ? Un peu surement, mais aurait-il pu imaginer une seconde qu’elle le fasse venir en s’attendant qu’il ne répondrait pas ? Comment pouvait-elle penser comme cela ? Que se passait-il ? Il ne le savait pas et il espérait pouvoir comprendre, pouvoir boire ses prochaines paroles pour se rassurer, pour reprendre appui alors qu’il lui semblait glisser une sur pente douce mais extrêmement savonneuse. Mais il n’en fut hélas rien, ou très peu. Elle lui fit doucement des excuses concernant ses propos d’accueil, comme si elle n’avait pu les retenir à l’instant précédent et qu’elle les regrettait maintenant. Quelque chose la tracassait-elle ? Il ne savait rien mais il n’osait poser de question de peur de la pousser, de l’oppresser et ainsi abréger cette rencontre qui, malgré tout, restait un instant privilégié pour Adal. Dans le jour naissant, il regrettait presque de ne pas avoir emmené ses pinceaux et une toile. Elle aurait été si parfaite à dessiner dans l’astre solaire ! Sa beauté éclipsant presque les plus farouches des rayons.

Au lieu de cela, il la laissa indiquer un banc de pierre situé un peu plus loin. Il la suivit, légèrement en retrait, la laissant s’installer d’abord avant de prendre place à son tour, un peu à l’écart. Peu entreprenant, Adal ne voulait pas paraître irrespectueux. Il ne savait pas encore pourquoi ils étaient ici, mais inconsciemment il savait que ce n’était pas nécessairement pour discuter de choses légères ou pour évoquer la passion du jeune homme qu’il lui portait. Et il fut rapidement mis au courant de ce autour de quoi leur discussion allait tourner. Il fut néanmoins très surpris d’apprendre que quelqu’un les avait aperçus. Ils avaient fait relativement attention, surtout lui, mais apparemment un membre d’Olrun avait réussi à les surprendre. L’espace d’un instant, il se sentit extrêmement coupable, il voulait lui crier qu’il était désolé, que cela n’avait pas été son but et qu’il s’en voulait énormément mais ce n’était pas le moment de crier et d’hurler, même à bon escient. Il sembla essayer de se calmer puis finit par dire :


« - Cela vous a-t-il porté préjudice ? J’avais pourtant vérifié les environs… Je suis navré de cela, j’imagine parfaitement ce qu’Olrun, dans sa généralité, doit bien pouvoir penser du fils de la Meneuse. »

Oui, il ne se faisait pas d’idées là-dessus… Il était forcément catalogué. Le fils de la pire engeance du monde, le fils du diable lui-même s’il devait exister. Olrun devait considérer Adal comme une menace terrible, peut-être pire même que sa mère, monté par cette dernière dans la haine du clan adverse, poussé à piéger ses sorcières, manipulé pour découvrir leurs secrets. Mais il n’en était rien… Adal n’avait – à son plus grand dépit – aucun rapport avec sa mère et fomentait encore moins de complots envers Olrun. Non, pour beaucoup il n’était que le fils du Comte de Forbach, peu de personnes y voyaient un quelconque héritage d’Alicia, hormis peut-être un détail physique, et pour d’autres, plus au secret, un pouvoir surprenant et puissant. Néanmoins il attendait qu’Alexandrine poursuive. Elle était la maîtresse de cérémonie de cette discussion, il savait qu’elle n’avait surement pas terminée et qu’elle ne serait pas venue simplement pour lui dire cela. Y avait-il des représailles d’entreprises contre lui ? Serait-il traqué par le clan ? Venait-elle le prévenir de cela ? Il n’en savait rien, mais il était presque littéralement pendu à ses lèvres…
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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Lun 7 Mar 2011 - 14:28

Était-il en colère par ce qu’elle venait de lui annoncer ? Alexandrine le pensa l’espace d’un instant juste avant qu’il ne prenne la parole, n’avait-il pas essayer de se calmer ? Mais la demoiselle se méfiait de ses impressions sur le gens, elle n’était pas assez expérimentée pour affirmer que ce qu’elle croyait percevoir chez les autres était la vérité. Pour sa part, elle pensait qu’on ne pouvait de toute façon jamais vraiment connaître une personne !

Que les premiers mots d’Adal soit de l’inquiétude pour elle la toucha, cela avait été spontané et la demoiselle y vit un signe comme quoi le jeune homme faisait passer les autres avant lui-même. L’autre phrase qu’il prononça la laissa quelque peu perplexe.

"Et bien, je dois vous dire, les choses ont pris une tournure bien inattendue."

Il était vrai que son Clan n’avait pas considéré Adal comme l'héritier d’Alicia mais bel et bien comme une opportunité de récupérer leur précieux livre. Après tout, si on n’avait vu en ce jeune homme qu’un être du Diable – façon de parler – cela aurait été plus simple, il aurait suffit à la jeune femme de ne plus jamais le voir et cette histoire se serait arrêtée là.

"Je pense effectivement qu’ils ne vous portent pas dans leur cœur. Sans nullement vous connaître d’ailleurs, je trouve cela regrettable, croyez-le bien."

Même si elle se devait d’avoir le sérieux qu’exigeait cette conversation, elle ne pu s’empêcher de sourire en prononçant ces paroles. Elle n’avait jamais essayé d’imaginer comment était les enfants de la Meneuse, elle savait qu’elle devait juste éviter de les côtoyer et par conséquent ne leur avait jamais porter la moindre attention lors des mondanité ou autres cérémonies. A présent tout était différent, elle se rendait compte que finalement elle était capable de pas juger les gens sur des rumeurs et elle avait réellement envie de donner une chance Adal afin qu’il lui montre qu’il n’était pas comme sa mère… enfin comme ce qu’on lui avait dit d’Alicia.

C’était bien dommage qu’ils ne doivent pas se revoir après cette matinée.

"Cette rencontre n’a pas été ébruitée. Seules quelques membres sont au courant..."

Elle faillit préciser que sa mère n’était pour rien dans ce qui arrivait, mais à quoi bon ? Elle s’était abstenue de nommer les gens, naturellement, n’avait même pas fait allusion à leur grade au sein du Clan de peur d’être une nouvelle fois surprise… mais par l’Inquisition cette fois.

Lorsque Adal avait parlé, il l’avait fait ouvertement. Prononçant le nom de son clan, mais il s’était également compromis puisqu’il avait citer le terme de "Meneuse" pour qualifier sa mère, non ? En tout cas, c’était de cette façon qu’Alexandrine voyait la situation !

"Contre toute attente, on ne m’a pas demandé de ne plus vous revoir, c’est même le contraire, pour tout vous dire. "

Elle détourna son regard, l’espace d’un instant pour éviter de voir un quelconque espoir dans les yeux du jeune homme… mais peut-être se faisait-elle des idées, une fois de plus.

"En réalité, on m’a demander de vous manipuler afin de pouvoir récupérer le Livre de Lumière. "

Voilà tout était dit, maintenant Adal savait. C’était à ça qu’Alexandrine avait pensé. Tout autre moyen d’éloigner aurait du faire appel à un quelconque mensonge… il ne restait donc plus que la vérité. Et si elle lui disait maintenant, c'était naturellement pour qu'elle n'ait pas à trahir ses principes... à présent, tout était dit, c'était à Adal de lui dire qu'ils devraient ne plus se revoir et tout cette mascarade - d'Olrun - serait fini.

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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Mar 8 Mar 2011 - 11:14

Oui il avait été inquiet, inquiet de la réaction que pouvaient avoir les « anciens », ceux qui ne comprenaient plus que la sorcellerie n'était pas une affaire de clan. Un seul homme avait prôné cela, un homme qu'Adal n'avait pas connu personnellement mais dont il avait beaucoup entendu parler, non pas, par sa mère – elle ne lui adressait même pas la parole – ni par sa nourrice, car parler d'Olrun était un sujet tabou, mais par le monde lui-même. Bien entendu, la majorité du monde ne savait pas qu'il s'agissait d'un puissant sorcier, mais ses idées, sa mentalité, qu'il prônait dans la vie de tous les jours étaient les mêmes, pour sa vie d'homme et pour sa vie de sorcier. Adal avait réussi à convaincre quelques anciens du Lys de lui parler d'Adrien d'Hasbauer. Il avait été ardu d'être réellement objectif aussi lui avait-il fallu faire le tri entre la vérité et la lie voir le mensonge. Mais il avait fini par se faire une idée sur le Vicomte, sur sa vie, sur ses objectifs. Oui, le jeune fils de la Meneuse ne connaissait pas son père, le Comte de Forbach, mais il ne doutait pas qu'il avait du être de la même trempe que son cousin, le Vicomte d'Hasbauer. On lui avait même rapporté qu'à l'époque où ils étaient tous les deux en vie, ils avaient été très proche, le Vicomte avisant énormément le Comte dans la gestion de la ville, et que peu y avaient trouvé à y redire. Adal s'était aussi renseigné sur son père, connaître sa façon d'être, de se comporter avec les gens. Lorsqu'il pensait à ces deux hommes, il était fier d'en être les descendants, il voulait être digne de ces personnes, véritables phares dans ce monde de ténèbres. Oui, c'était à un Adrien d'Hasbauer qu'il voulait ressembler. Il aimait sa mère, mais rejeté comme il était, il avait fini par prendre un peu de recul sur elle, et, définitivement, elle n'était pas un modèle. Il ne la haïssait pas, non bien au contraire, il l'aimait, presque éperdument comme un enfant aime sa mère. Mais il devait l'admettre, elle ne lui rendait même pas une once – ce dont il se serait contenté – de l'amour qu'il lui portait. Voilà peut-être pourquoi il s'était un peu détaché d'elle, pourquoi il désirait suivre le modèle de deux hommes différents de sa mère.

Le jeune noble était presque suspendu aux lèvres d'Alexandrine. Savoir qu'elle avait été peut-être victime des réprimandes de son Clan l'avait rendu plus qu'inquiet. Elle ne devait souffrir de ce qu'on pensait de lui au sein d'Olrun. Néanmoins les informations vinrent au compte-goutte. Il accepta la surprise d'apprendre que les « choses aient prit une tournure bien inattendue ». Qu'entendait-elle par là ? Il ne comprenait pas, il ne saisissait pas et chaque silence entre chaque phrase laissait son imagination fertile partir dans toutes les directions avant de s'arrêter dès que la jeune femme reprenait la parole. Elle lui confirma qu'il n'était guère apprécié dans Olrun, ce dont il se serait bien entendu douté, mais il fut surpris de la phrase qui suivit. Faisait-elle preuve de compassion ? L'appréciait-elle ne serait-ce qu'un peu ? Son cœur s'emballa un peu, son regard ne quittait pas celui de la jeune femme. Il la sentait déterminée mais y avait-il une once de doute dans ses yeux ? Il n'aurait su le dire réellement. Lorsqu'elle évoqua le fait que seuls quelques membres étaient au courant, il ne fut pas très difficile pour lui de comprendre qu'il s'agissait des hautes sphères. Une rencontre entre un membre d'Olrun et du Lys, surprise par un membre quelconque d'Olrun, finirait surement dans l'oreille d'une prêtresse ou de la grande prêtresse elle-même. Le cercle restreint des prêtresses serait alors mis au courant et déciderait de la marche à suivre. Il était inutile que d'autres personnes soient mises au courant.

Le fil de sa réflexion fut interrompu lorsqu'elle brisa à nouveau le silence, indiquant qu'il ne lui avait pas été interdit de le revoir, bien au contraire. Il fut très étonné de cette décision. Olrun pensait donc qu'Adal n'était pas dangereux ? C'était improbable et assez impensable, mais l'espoir était toujours de mise que des gens aient pu prendre conscience de quelque chose. Peut-être avaient-ils enfin compris le message laissé par cet homme qui avait marqué les consciences, surement comme il avait marqué son propre Clan... Néanmoins, cette lueur d'espoir fut soufflée lorsqu'elle acheva son explication. Il fut sidéré par le poids des mots qui furent prononcés. Ainsi on lui avait ordonné de le manipuler pour récupérer un livre – pas n'importe lequel, il en était conscient – mais tout de même ! Elle avait détourné le regard, surement pour ne pas avoir à affronter sa réaction. Comment avait-il pu croire qu'Olrun serait compréhensif ? Quel idiot... Bien entendu que sans une raison aussi... logique, le Clan se serait contenté d'interdire à Alexandrine de revoir Adal. Quoi d'autre aurait pu motivé l'idée de la repousser vers lui ? Il n'en revenait toujours pas.

Des pensées revenaient dans son esprit, des pensées concernant le livre de Lumière. Sa nourrice lui en avait parlé, de comment il était arrivé en leur possession, de comment le Lys avait privé Olrun de sa relique la plus précieuse. Avec la mort d'Adrien, c'était sans doute là le coup le plus puissant porté contre le Clan, elle avait d'ailleurs cru que le Clan ne s'en relèverait jamais, mais s'en était-il relevé ? Adal n'en savait rien. S'ils œuvraient secrètement pour le récupérer, allant jusqu'à tenter de l'utiliser pour le récupérer, c'est qu'ils n'avaient pas réussi à s'en passer... Revenant à la réalité, il observa la jeune femme qui regardait toujours ailleurs. Il posa une main sur son épaule, pour attirer son attention, pour qu'il puisse replonger son regard dans le sien, avant de la retirer de nouveau. Cautionnait-elle cela ? Non évidemment que non, sinon elle ne le lui aurait pas dit ouvertement, pas de cette manière... Elle lui avait avoué la vérité, envers et contre son Clan, prête à anéantir cette opportunité que voyait le Clan, au nom de valeurs puissantes. Elle était la digne fille de son père, du moins c'est ce qu'il pensait à cet instant. Le silence s'était posé sur eux comme un voile de soie, Adal le brisa.


« - Merci. »

Il la regarda intensément avant de reprendre.

« - Merci de m'avoir dit la vérité. Je suis conscient de ce que cela induit. Vous n'admettez pas que l'on me manipule, pas même pour le bien de votre Clan. Je ne connais pas beaucoup d'Hommes qui avaient de telles valeurs et vous êtes bien la digne fille de votre père, un homme que, croyez-le ou non, j'admire. »

Il prit un instant comme pour réfléchir ou trouver ses mots, puis il reprit, replongeant son regard dans celui de la jeune femme après l'avoir quitté quelques instants:

« - Ramener le livre de Lumière à vos amis ne m'attirerait surement pas leur sympathie pour autant je pense, étant donné qu'ils aspirent à me manipuler, mais si je dois entreprendre une action ce n'est pas pour eux. »

Bref silence.

« - Alexandrine... C'est la sincérité que j'attends de vos paroles et je sais que vous n'y manquerez pas, mais j'ai besoin de savoir. Pensez-vous que si je vous ramène le Livre, que j'y consens volontairement, que l'on puisse avoir une meilleure opinion de moi ? »

Il chercha ses mots.

« - Comprenez moi bien, je ne le ferais ni pour vos amis, ni contre les miens, mais si je le fais c'est pour vous. Je vous aime Alexandrine, je vous ai toujours aimé, depuis le premier jour où je vous ai vu. Si ramener le livre de Lumière permet à vos amis d'accepter que je puisse vous aimer, alors je le ferai, délibérément et volontairement. Mais je ne le ferai que si vous désirez répondre à mes sentiments. Je ne veux pas courir après des Chimères, et je sais maintenant que vous n'êtes pas manipulatrice comme le sont la plupart des hommes. Voilà pourquoi je vous demande si votre cœur répond à l'appel du mien, si l'amour que je vous porte trouve un écho dans votre corps, dans votre esprit. Si vous m'estimez digne dépositaire de votre amour, alors je m'en montrerai digne, auprès de vous en vous aimant comme un homme se doit d'aimer sa femme, et auprès de vos amis en leur ramenant le livre de Lumière. »
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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Mer 9 Mar 2011 - 23:28

Elle s’était attendue à ce qu’il s’emporte, mais finalement, au bout d’un moment qui lui sembla relativement long, elle sentit un léger contact sur son épaule. Alexandrine se tourna de nouveau vers le jeune homme. Cela ne dura pas et la main d’Adal quitta bien vite l’endroit où elle s'était posée, étrangement, cela lui fit penser à un papillon, délicat et éphémère. Pourtant l’heure n’était pas à ces pensées.

La réponse de son interlocuteur la surprit… là où elle s’attendait à de la colère, il y avait en fait de la gratitude pour avoir dit la vérité ? Elle se demanda si elle comprenait bien les propos qu’on lui tenait, jusqu’à ce que vienne le compliment.

Oui, elle était comme son père, sa mère lui avait déjà dit lorsqu’elle s’était opposée à ses juges et elle ne s’était jamais sentie aussi proche de lui que maintenant qu’elle devait gérer cette situation. Elle fut étonnée que son père soit un des modèles d’Adal, cela contrastait tellement avec le comportement égoïste d’Alicia. Mais elle s’abstint de tout commentaire et l’étonnement passa vite, maintenant qu’elle commençait à connaître le jeune homme, cela lui ressemblait bien au final.

Elle était entièrement d’accord sur le fait que ramener le livre n’attirerait pas les bonnes grâces du clan sur lui. Rien ne le pourrait de son point de vue, surtout maintenant qu’elle s’était réellement rendu compte que les siens pouvaient également être manipulateurs et manigancer de sombres plans. Elle allait répondre à sa question, après avoir réfléchi quelque peu aux mots qu’elle devrait employés, mais au final Adal reprit la parole. Sa réaction fut spontanée, elle se leva, comme révoltée par les propos du jeune homme.

"Je vous l’interdis ! Je vous interdis d’aller récupérer ce livre !"


Comprenant que sa réaction avait été excessive, elle revint doucement vers le banc sans pour autant s’asseoir, prenant le temps de se calmer avant de reprendre la parole.

"Vous avez raison, ramener le livre ne vous amènera pas les faveurs des miens. Ils croiront toujours que je vous ai manipulé quoique vous en disiez. Et puis, je ne veux pas que vous vous trouviez impliqué dans cette histoire, trop de gens sont déjà morts pour ça et ne serait-ce qu’une seule vie humaine c’est bien trop cher payer pour avoir ce fichu livre ! Aussi ne vous mettez pas en danger pour cela."

Si les membres du Lys découvraient que Adal avait récupéré le livre et l’avait rendu à leurs ennemis alors il ne serait sans doute en sécurité nul part. Alexandrine gardait à l’esprit ses sœurs qui étaient mortes, découvertes par l’Inquisition alors que sa mère et elle étaient en Bourgogne… Les morts dues aux tentatives pour mettre la main sur leur précieux ouvrage devaient cessées ! Et surtout Adal ne devait pas faire ça pour elle !

*Est-ce que mon cœur répond à l’appel du sien ? … Non, ce n’est pas de l’amour, c’est juste un peu d’inquiétude.*

Elle se rassit enfin à ses côtés, avant de reprendre la parole d’une voix qui se voulait apaisante.

"Je pense bien que vous ne pouvez trahir votre famille sans certitude, mais cette certitude je ne peux vous la donner. Il est certain que si vous rameniez leur ouvrage, on nous laisserait nous voir. Mais je ne peux prétendre être certaine que la situation évoluera comme vous l’espérer."

Elle ne s'aperçut même pas qu'elle avait une nuance de regret en prononçant ces mots. Et elle avait bien dit "leur" et non pas "notre" car elle avait bel et bien fait de la magie sans cet ouvrage, c'était donc bien que son clan pouvait s'en passer, non ?

De toute façon, peu importait, tout allait s’arrêter là, Adal allait rejoindre les siens et ils seraient en sécurité... chacun de leur côté.

Sans savoir trop comment, le fil de ses pensées la ramena aux lettres qu’elle avait conservées. Elle se dit que tout dans ses lettres, des mots à la calligraphie, reflétait le Adal dont elle avait commencé à faire connaissance.

"Je ne peux vous laisser quitter les vôtres pour moi. Votre mère, votre frère et j’imagine le Lys tout entier à plus besoin de vous que moi."

Alexandrine regrettait presque ses propos, pourquoi était-ce aussi difficile de penser que de ne plus le revoir était la meilleure des solutions ? Et n’avait-elle laissé une certaine tristesse transparaître dans cette dernière phrase ?

Elle se força à reprendre ses esprits, elle était là dans un seul but : faire en sorte que Adal comprenne qu’ils ne devaient plus se revoir… mais sans pour autant lui mentir !

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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Jeu 10 Mar 2011 - 11:07

Il s'était livré à sa conscience, livré à ses sentiments et la colère n'en avait pas fait partie, tout comme la haine ou quel qu'autre sentiment brutal. Adal n'avait jamais été un colérique. Il aurait pu se sentir trahi, il se serait senti trahi si Alexandrine avait abusé de lui, faisant naître en lui de faux espoirs pour récupérer le livre puis le rejeter comme on abandonne un vêtement devenu guenille. Elle avait pourtant joué la carte de la franchise, elle s'était surement dressée contre son Clan tout entier – même si cela restait secret – pour faire en sorte qu'il sache. Pourquoi ? Voilà la question à laquelle il avait réfléchi pendant qu'il parlait. Pourquoi lui aurait-elle dit la vérité, quitte à faire perdre cette opportunité à son Clan qui lui avait surement ordonné d'utiliser Adal par tous les moyens possibles ? N'acceptait-elle pas ces méthodes ? Ne croyait-elle pas dans le bien fondé des directives de ses supérieurs ? Il fallait être franc, il n'y avait aucun bien fondé à manipuler l'amour que vous porte autrui. Était-elle révulsée par cela ? C'était bien possible. Avait-elle songé que la vérité puisse le déstabiliser, le révulser au point qu'il aurait confondu Alexandrine et son Clan et les aurait haïs tous les deux pour ne plus jamais les revoir ? Dans quel but ? Le préserver d'Olrun ou s'en débarrasser à jamais ? Ne désirait-elle donc jamais le revoir ? Il était arrivé à cette conclusion hypothétique lorsqu'il avait terminé sa déclaration, car s'en était bien une, même si elle mêlait un sujet d'importance...

La réaction de la jeune femme, lorsqu'elle se leva avec puissance, spontanée et passionnée, lui invectivant de ne pas récupérer ce livre le surpris. Désirait-elle réellement qu'il n'aille pas récupérer le livre que désirait autant son Clan ? Adal savait où il se trouvait, il n'aurait d'ailleurs aucun mal à y avoir accès, c'était juste une affaire de prudence et de discrétion, il le savait. Bien entendu, il y avait toujours un risque, le risque de se faire prendre par une Sorcière du Lys, ou bien par sa Mère. Comment réagirait-elle ? Mal sans aucun doute. Mais apprendrait-elle enfin qu'elle avait eu un fils cadet ? Comprendrait-elle ses erreurs ? Les regretterait-elle ? Il n'en savait rien, mais cela n'avait plus beaucoup d'importance à ses yeux... Il aimait sa Mère, comme le plus aimant des fils aime sa mère, mais Alexandrine était la clef d'un amour plus profond, plus passionné, plus indispensable au bonheur du jeune homme. S'il fallait faire un choix entre Alicia et Alexandrine, Adal choisirait – non sans amertume et regret – d'aimer la jeune femme d'Olrun. C'était ainsi. Était-ce parce que sa Mère avait passé seize années à le dédaigner ? Surement. Mais ce choix ne serait pas un acte de vengeance, un acte de sanction. Non, en son âme et conscience, même si les deux femmes devaient être aussi belles, aussi aimantes, avec un passé relationnel avec lui aussi vierge que la première neige de l'hiver qui vient à peine de tomber dans la nuit, il aurait fait le choix de l'amour de la jeune femme, car l'amour maternel, même très important, ne saurait être l'équivalent de ce à quoi l'on pouvait aspirer en aimant une femme et non une mère.

Il l'écouta confirmer ses craintes. Ramener le Livre n'effacerait sans doute jamais l'ardoise. Mais outre ce fait là, elle s'inquiétait pour lui. Cela confortait le jeune homme dans ses opinions. Cette jeune femme n'était pas comme ceux de son Clan, elle n'acceptait pas d'envoyer à la mort une personne qui ne le méritait pas, surtout pour quelque chose de moins important qu'une vie humaine. Son père devait être fier d'elle, à ne pas en douter. Elle continua en lui faisant comprendre qu'elle ne pouvait le laisser quitter famille et Clan pour quelque chose qu'elle ne pourrait lui promettre. Il baissa le regard un instant. Ainsi donc elle ne l'aimait pas. A cette pensée, il se sentit s'enfoncer dans les méandres profonds et noirs de la tristesse mais une étincelle le maintint à la réalité et à l'espoir : elle n'avait pas été absolue, il n'y avait pas de certitude. On avait jamais de certitude dans ce domaine, c'était bien connu. Il releva les yeux vers elle. Elle était de nouveau assise face à lui. Ses dernières phrases s'étaient répercutées dans son esprit. Le Lys tout entier, besoin de lui ? Son frère, besoin de lui ? Sa Mère, besoin de lui ? Il eut un petit rire qui n'avait rien de joyeux, un rire nerveux, mélancolique, triste. Il regarda Alexandrine un instant et reprit la parole:


« - Ma mère m'ignore, je crois même pour elle que je n'existe simplement pas. Mon frère, à l'égal de ma mère, ne me donne pas l'impression d'exister. Quant à mon... Clan... Il n'a de « clan » que le nom. Je n'ai rien qui m'attache aux personnes que vous citez, si ce n'est un amour, fraternel ou maternel, qui ne sera jamais réciproque. Je suis prêt à tout quitter pour vous car rien de ma vie actuelle ne m'est suffisamment précieux comparé à l'amour que je vous porte Alexandrine. »

Il marqua une pause, prit une profonde respiration et reprit:

« - Vous ne pouvez rien m'assurer quant à l'évolution de notre relation, et croyez-moi que je le conçois parfaitement. Néanmoins vous n'avez pas été absolue, ainsi donc il me reste un espoir, un espoir indicible et merveilleux. Je ne m'attendais pas à ce que vous répondiez immédiatement à mes sentiments, même si j'en nourrissais surement le désir un peu fou, toutefois... »

Il sembla hésiter un instant, chassa le doute de son esprit et reprit:

« - Toutefois, si ramener ce Livre me permet de pouvoir vous revoir, alors il me permettra surement déjà plus que je n'aurai pu l'espérer. Alexandrine... Si je décide de ne pas ramener ce livre alors nous ne pourrons plus nous revoir. Je ne pourrai plus vous revoir. Et cela m'est déjà insupportable, rien que d'en évoquer la possibilité. Si je ramène ce livre, alors j'aurai peut-être l'occasion de vous montrer l'étendue de mon amour pour vous, de vous séduire comme on le fait courtoisement et galamment. Nous pourrons simplement nous revoir, je pourrai vous revoir. »

Il se leva silencieusement, regarda l'horizon quelque temps, alors que le soleil se levait, puis se retourna vers la jeune femme et s'agenouilla devant elle:

« - A défaut de me certifier que votre cœur trouve un écho dans le mien, pouvez-vous, si je ramène ce Livre, me promettre de me laisser une chance de vous montrer à quel point mon être n'est fait que d'un amour véritable et sincère envers vous, un amour vrai, passionné, attentionné et fidèle ? »
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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Sam 12 Mar 2011 - 2:49

Adal avait prouvé à la demoiselle qu’il savait porter un regard objectif sur ce qu’était sa vie. Alexandrine ne l’aurait pas cru capable d’une si grande maturité, encore une chose qui prouvait combien elle connaissait mal son interlocuteur. Ce qui laissait également planer le doute sur le fait qu’il pouvait se retourner – un jour – contre le clan d’Olrun s’il venait à le rejoindre. Et pourtant, si elle n’avait eu qu’une seule certitude en cet instant, c’était celle que jamais Adal ne se retournerait contre elle. C’était un peu prétentieux de penser cela, de croire qu’une personne peut tout faire pour vous, simplement si vous lui demander. Mais n’était-ce pas les propos qu'on lui tenait ?

Sans éprouver de la pitié pour le jeune homme, elle regrettait qu’il ne sache pas ce que c’était d’être une famille. Pour sa part, elle avait des liens très forts avec sa mère et même avec son frère qui était bien éloigné de Forbach. A l’inverse, Adal qui était dans la même ville n’avait d’attention de personne visiblement. Le fait qu’il puisse tout quitter sans rien regretter de cette vie qu’il avait actuellement faisait frémir la jeune femme.

Qu’adviendrait-il si les choses ne tournaient pas comme l’espérait celui qui lui tenait ce joli discour ? Visiblement, il voulait récupérer le Livre pour qu’ils puissent se revoir, mais si derrière cela, Olrun le désavouait et qu’il le tienne à l’écart de tout, même d’Alexandrine ? La demoiselle n’était plus sûre que les décisions de son clan correspondent au choix de sa conscience après le procès.

"Mais ce n’est pas dit qu’une fois le livre rendu, on nous laisse nous voir…"

De nouveau le regret avait empli ses paroles. Même si les Prêtresses acceptaient Adal, sa mère la laisserait-elle poursuivre ses rencontres avec le jeune homme ? Elle en doutait. Quoi qu'il fasse, Elisabeth le considérerait sûrement comme une menace.

"Nous pouvons gagner du temps, nous pouvons nous revoir. Je leur demanderais plus de temps et on pourrait trouver une autre solution… Après tout une seule autre personne, à part vous et moi, est au courant de ce que je vous ai dit, les autres pensent que je manipule."

Ses mots lui firent mal, savoir que d’autres la croyaient capables de telles choses la rendaient presque malade.

Quant aux autres solutions, elle avait déjà essayé d’y penser, mais peu étaient celles qui étaient vraisemblables et aucunes n’étaient réalisable de toute façon. Elle soupira continuant de penser que c’était une mauvaise idée que Adal aille récupérer le livre.

Les mots de son interlocuteur étaient quelque peu effrayants. Mais peut-être était-ce là le vocabulaire des personnes amoureuses. Pour sa part, cela n’était encore jamais arriver à Alexandrine. Elle s’était imaginée des centaines de fois comment elle allait rencontrer celui dont elle tomberait éperdument amoureuse et ce qu’elle ressentirait… Si un jour son cœur choisissait Adal, on pourrait bien dire que la réalité aurait été complétement différente du rêve !

Mettant sa main délicatement sur l’épaule du jeune homme et plongeant un regard plein d’une détermination nouvelle dans le sien, elle finit par dire presque à demi-mot.

"Je vous promets de vous donner une chance, avec ou sans ce livre. Mais je pense que l’amour, doit être un acte de confiance réciproque et qu’il n’ait nul besoin de le prouver de quelque manière que ce soit."


Elle ajouta, même si elle savait que ses mots blesseraient peut-être le jeune homme ou même le détournerait d’elle.

"Même si elle ne vous le prouve pas, vous ne pouvez être certain que vous êtes indifférent à votre mère. Aussi, il serait préférable je pense que vous ne preniez pas ce livre, ni pour moi, ni pour personne d’autre."


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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Sam 12 Mar 2011 - 13:15

Adal était peut-être un peu trop idéaliste. Peut-être que sa nature d'artiste essayait de toujours voir le sublime, le plus beau, pour oublier que la nature humaine est viciée et loin d'être belle. Beaucoup de gens trahissaient les gens avec qui ils passaient un marché une fois la part de l'autre effectuée. Pourquoi en aurait-il été autrement ? Pourquoi des gens qui ne supportaient la vision d'Adal parviendraient-ils à accepter quoique ce soit pour lui même s'il devait leur ramener le livre de Lumière ? Comment avait-il pu penser que des personnes, prêtes à le manipuler, témoignent un peu de tolérance vis à vis de lui, même s'il montrait patte blanche ? Alors que ses pensées faisaient échos aux paroles d'Alexandrine, il se mit à se haïr quelques instants, à haïr sa personnalité, à haïr se qu'il était : un pauvre hère naïf et peut-être même inconscient. Olrun et le Lys désiraient la perte du clan opposé, pourquoi Olrun accepterait-il de faire confiance à un membre du Lys ? Ne chercherait-il pas à s'en débarrasser une fois le travail accompli ? Les hommes étaient profondément mauvais, il suffisait de voir ce qu'il se passait à Forbach en ce moment pour s'en convaincre, car même si l'on assurait que le Diable était à l'œuvre, Adal n'y voyait que l'esprit tordu d'un homme au cœur de cendres. Pourquoi les prêtresses d'Olrun échapperaient à cette règle ? La réalité montre qu'il n'y a que deux destins possibles... Soit l'on meurt en héros, soit l'on vit suffisamment longtemps pour s'avilir. Adrien d'Hasbauer était mort en héros. Ceux qui étaient encore en vie étaient-ils conscients de cela ? Avaient-ils conscience du sacrifice de cet homme ? Ne comprenaient-ils pas qu'ils allaient contre tous ses préceptes ? Car non, le Vicomte n'aurait jamais accepté qu'on le manipule lui. Adal connaissait sa volonté d'unir les clans, ou au moins d'instaurer une paix durable, peut-être même aurait-il prit le jeune Adal sous son aile, au moins en secret ? Et si Adal lui avait confié les sentiments qu'il portait à sa fille, le Vicomte aurait-il accepté ? C'était difficile à dire, mais le jeune noble était convaincu qu'Adrien aurait laissé faire les choses, lui répondant simplement que c'était à sa fille de décider, non lui. Ainsi, il ne se serait pas déchargé de cette responsabilité, éludant la question, mais il aurait bel et bien répondu à celle-ci, confirmant que l'amour de sa fille était une affaire qui ne la concernait qu'elle, et non son père.

Se revoir ? Oui, il en mourrait d'envie... Il ne pourrait se convaincre de pouvoir continuer à vivre sans pouvoir lui écrire, sans pouvoir lui parler. Si on lui refusait ce droit, il refuserait simplement de vivre. Ce n'était pas du chantage, non, loin de là, car jamais il ne le dirait ouvertement. Mais il préférait de loin la tranquillité de la mort à la vie d'un cœur déchiré. Comment aurait-il pu supporter cela ? En s'exilant loin des gens, du monde peut-être. Se remettant à la Fortune. Trouvant ou construisant une masure dans la forêt, ou quel qu'autre endroit retiré du monde. Un endroit connu de lui seul ou il passerait ses journées à ne penser à personne, à peindre tout ce qui l'entourait. Peut-être valait-il mieux qui reste nomade, pour pouvoir avoir chaque jour un tableau différent à peindre. Il pourrait même vivre de cela, il le savait. Il peindrait un ou deux tableaux, s'arrangerait pour les vendre puis continuerait sa route avec l'argent ainsi obtenu. Après tout, il n'allait pas s'encombrer de dizaines de tableaux s'il devait voyager, et les pièces étaient beaucoup plus faciles à transporter. Et il fallait rester réaliste, s'il renonçait à tout, il lui faudrait trouver un moyen de subvenir à ses besoin. Il s'imagina partir sur la route, bravant le soleil, la pluie, la neige, le vent, l'orage, la douleur, la faim peut-être même la soif... Serait-ce alors un expiatoire pour quelconque erreur de son passé ? Avait-il commis quelque chose de mal ? Il n'en savait rien, mais si la vie ne devait nous offrir que ce que l'on méritait, alors il ne méritait visiblement rien.

Ce fut la main de la jeune femme qui le ramena à la réalité. Il releva les yeux vers elle. Son cœur fit un bond dans sa poitrine lorsqu'elle lui avoua penser lui donner une chance. Était-ce possible ? Il n'en savait rien. L'espace d'un instant, il pensa avoir rêvé, avoir rêvé ce qu'elle venait de lui dire. Lorsqu'elle acheva ses derniers mots, il eut un instant de réflexion. Pourquoi sa mère ne serait-elle pas indifférent à lui ? Pourquoi ne lui montrerait-elle pas alors ? Quelle mère ferait-elle semblant d'être indifférente à son enfant ? Non... Adal savait qu'il ne comptait pas pour sa mère, c'était évident. L'ensemble de son amour était porté vers Amaël, rien de plus. Il n'y avait plus rien pour lui, même pas quelques miettes, rien.


« - Si ma mère était indifférente à mon frère, je pourrais concevoir qu'elle ne sache éventuellement pas nous montrer son affection. Mais il faut être aveugle pour ne pas avoir à quel point elle aime Amaël. C'est vers lui que se porte tout son amour. Pour moi, il n'y a plus rien, simplement le vide. Comprenez-moi bien, je ne la hais pas, bien au contraire, mais la réalité est là, elle ne m'aime pas, peut-être même pire encore, elle n'a pas conscience de mon existence, sauf peut-être lorsque je me rappelle à elle d'une manière ou d'une autre, mais c'est pour mieux m'oublier dans les instants qui suivent. »

Il détourna le regard un instant, visiblement lui même touché par ses propres mots, puis revint croiser celui d'Alexandrine.

« - Je vous aime Alexandrine et si je ramène ce Livre ce n'est pas pour le prouver ou chercher à obtenir votre confiance, croyez-le bien, mais bel et bien pour obtenir la confiance de ceux qui ne croient pas en moi et ne désireraient peut-être que me voir mort. Si je dois m'attirer les faveurs de votre cœur ce ne sera que par la douceur de mes mots, la tendresse de mes actes et la fidélité de mon âme. Je ne suis rien de ce qu'ils m'étiquettent, vous le savez, je ne suis pas un sorcier au service de mon Clan, je ne suis pas un homme qui fraye avec l'ennemi pour obtenir des renseignements, je ne suis pas de ces hommes là. Je ne suis qu'un artiste un peu utopiste qui croit à la force de l'amour et à la bonté des Hommes, car même confronté à la noirceur absolue, il est toujours des âmes étincelantes, comme vous, pour lui montrer que l'espoir est de mise, pour lui montrer que les choses peuvent changer. Voilà ce que je suis, voilà ce que je vous offre. »
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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Dim 13 Mar 2011 - 0:02

Oui Adal avait raison, face à chaque noirceur il y avait la lumière, et le jeune homme en était une, la demoiselle en était persuadée. Et même si c’était utopique et qu’il devait se jouer d’elle en cet instant pour mieux la trahir après, elle avait envie d’y croire ; de croire que la valeur d’une personne se juge par rapport à ses actes et non à ce qui se dit ou à ce qu’on put faire ses aïeuls. Adal n’avait rien en commun avec Alicia de Sarrebourg, ni même avec la femme qu’elle était devenue, tout au plus un peu de sang qu’ils partageaient. Finalement, en cet instant elle était plus proche de lui que sa mère ne l’avait été durant toutes ces années.

Et pourtant, ses mots qu’il lui avait écrit et ce talent de peintre, il avait dû les mettre en œuvre pour faire en sorte que sa mère le remarque, alors pourquoi n’avait-elle pas ouvert les yeux ? Si cela n’avait tenu qu’à elle, elle aurait essayé de rencontrer la Comtesse pour lui ouvrir les yeux sur le fait qu’elle avait le plus talentueux des fils et que pourtant elle était en train de le perdre !

La demoiselle ne pourrait sans doute jamais comprendre comment la Meneuse en était arrivé là, sa mère lui avait dit que le pouvoir l’avait corrompu et lui avait fait perdre la tête… mais de là à oublier qu’elle avait mis monde deux enfants ! Elisabeth aimait ses deux enfants, certes parfois de manière un peu différente, mais n’étaient-ils pas deux personnes différentes ? Elle se montrait un peu plus protectrice envers Alexandrine, surement à cause de ce qui s’était passé avec l’Oracle. Mais Léonce avait tout autant sa place dans le cœur de sa mère et si demain celui-ci la demandait, la Vicomtesse n’hésiterait pas une seule seconde et partirait sur le champ pour la Bourgogne !

Alexandrine ne savait plus quoi faire, elle savait qu’elle avait eu raison de dire la vérité au jeune homme et pourtant lui mentir n’aurait-il pas permis de le protéger. Un léger doute passa dans son regard, il était resté sourd à ses demandes de ne pas aller récupérer le livre… Alors que devait-elle faire ? Le laisser récupérer le livre seul, au péril de sa vie ?

"Très bien, soit, allez récupérer ce livre."


Le regret ne semblait pas vouloir quitter sa voix lorsqu’elle parlait et effectivement, elle regrettait tellement d’en être arrivée là, là où un jeune homme innocent risque sa vie pour une cause qui n’est pas la sienne, pas plus que celle de la demoiselle d’ailleurs. Elle en vint à en vouloir à Olrun tout entier et à maudire ces clans qui se déchiraient, pour rien quand on y pensait.

"Mais je pose deux conditions ! La première c’est que vous aillez une solution de repli, après tout, que vous réussissiez ou pas, ceux de votre clan vous en voudrons, n’est-ce pas. Où irez-vous ensuite ?"

Naturellement, Alexandrine avait déjà un semblant de réponse à cette question… encore faudrait-il convaincre sa mère.

"La seconde, c’est que je vous accompagne !"

L’effet de surprise encaissé par le jeune homme, elle poursuivit sans lui laisser le temps de lui opposer un quelconque argument.

"Sous une cape personne ne pourra me reconnaître, ce n’est pas à vous de prendre les risques. J’ai confiance en vous, je n’aurais qu’à vous suivre… et cela n’est pas sujet à conversation, ma décision est prise !"

Si la demoiselle devait le menacer de ne plus le revoir pour qu’il cède, elle n’hésiterait pas ! Mais avant d’en arriver là, elle souhaitait déjà entendre la réponse d’Adal.

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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Lun 14 Mar 2011 - 0:08

Pour Adal, il s'agissait un peu de l'espoir de la dernière chance. Il avait vite compris que cette rencontre avec Alexandrine pouvait être la dernière, l'ultime possibilité de pouvoir la convaincre de le revoir, l'opportunité finale de pouvoir lui montrer l'amour qu'il lui portait ou trouver un moyen de pouvoir la revoir ne serait-ce encore qu'une fois. Savoir que son Clan s'était dressé entre eux deux ne l'avait pas étonné. Après tout, il en aurait surement été de même avec le Lys et Alexandrine si leurs rôles avaient été inversés. Néanmoins, le fait qu'elle l'avertisse de cette décision, de ce que désirait faire son clan avec lui, était la preuve évidente qu'elle n'y adhérait pas, qu'elle ne pouvait accepter cette décision, qu'elle ne voulait pas que le jeune homme se sacrifie pour une cause qu'elle considérait certainement comme perdue. Adal connaissait les entrailles du Lys, il connaissait également l'endroit où était caché le Livre de Lumière. On le lui avait déjà montré, signe évident du triomphe du Lys face à Olrun, relique incroyable de la suprématie du Clan auquel il appartenait. Mais cela n'avait pas vraiment eu de sens pour lui. Il s'était contenté de hocher la tête, faisant semblant de comprendre, de croire, ce qu'on lui enseignait. Le jeune noble ressassait déjà des pensées d'égalité, des pensées de vie commune avec ceux qui étaient dépeints comme des adversaires sans foi ni loi. Alors certes, Alexandrine venait d'abonder dans la direction de cette idée, mais elle était la preuve évidente que les jeunes générations étaient lasses de ce conflit incessant dont elles ne connaissaient même plus l'origine, perdue à travers le temps et l'oubli. Les anciens devaient comprendre que l'heure n'était plus à la guerre, mais à la réconciliation. Adal voulait croire en cela, comme l'avait cru plusieurs années plus tôt, le Vicomte d'Hasbauer. Il avait été l'avant-gardiste, le pionnier. Personne ne l'avait écouté, car on n'écoute jamais ces personnes-là, alors que tout le monde devrait suivre leur exemple. Mais les jeunes générations marchaient dans ses traces. Peut-être restait-il un espoir, peut-être existait-il une solution. Il n'en savait rien, c'était trop tôt pour affirmer quoique ce soit, mais il savait qu'à eux deux, ils représentaient peut-être le futur de ce que seraient Olrun et le Lys. Peut-être pas de l'amour, comme il l'espérait, mais au moins une puissante amitié, ou une profonde sincérité échangée.

La jeune femme abdiqua finalement, l'autorisant à aller récupérer le livre. Mais le ton qu'elle avait utilisé effraya quelque peu Adal. Elle avait prononcée ces mots avec regret. Pensait-elle le dissuader de le faire pour éviter de le revoir ? Tous ces mots n'avaient-ils été que prétextes ? Lui avait-elle menti ? Il était en proie au doute et presque au désespoir lorsqu'elle rajouta ses conditions. Des conditions ? Pourquoi rajouterait-elle des conditions si elle voulait simplement se débarrasser de lui ? Il écouta ce que la jeune femme comptait lui imposer. Un plan de sortie ? Il n'y avait effectivement pas réfléchi. Il ne pourrait pas se représenter chez lui, il devrait chercher un autre endroit où loger c'est évident, mais il ne se faisait pas de soucis. Au pire, il pourrait trouver un lit chez son ami Francis. Mais la première condition ne fut rien face à la seconde... L'accompagner ?! Mais avait-elle conscience du danger ? Même camouflée, elle pourrait courir un grand risque ! Que se passerait-il s'ils devaient être reconnus et stoppés par les sorcières du Lys ? Lui encore pourrait justifier sa présence, mais elle ?! Non non, c'était définitivement beaucoup trop dangereux... Beaucoup trop. Comment pouvait-elle poser une condition pareille ? Il ne pourrait jamais se pardonner de la perdre dans un moment tel que celui-là. Il pouvait accepter de mourir pendant cette tentative, mais il ne pouvait accepter qu’elle soit blessée ou alors de la perdre.


« - J’admets que je n’ai pas encore de porte de sortie. J’imagine que je devrais trouver un logement temporaire, à l’écart du Lys Noir. Mais cela sera relativement facile à trouver, ne vous inquiétez pas pour moi, je connais quelques personnes qui pourraient peut-être me loger en attendant de trouver une solution concrète. »

Il marqua une petite pause mais ne laissa pas beaucoup de répit.

« - Mais vous emmener avec moi… Comment voulez-vous que je puisse accepter une telle folie ? Pourquoi courir ce risque avec moi ? N’avez-vous pas confiance en moi ? Je ne peux pas vous laisser courir le moindre risque. Après tout, je pourrais me déplacer librement en ces lieux, mais pas vous. »

Il lui jeta un regard implorant. Il lui fallait jouer des cartes pour l’empêche de venir, non pas pour lui, mais pour elle.

« - Contrairement à moi, il y a surement des personnes qui tiennent à vous. Votre mère n’accepterait surement pas cette folie Alexandrine. Je vous en conjure, resongez à cette folie. »
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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Jeu 17 Mar 2011 - 14:00

[HRP : Désolée, pour le délai de réponse XD]

Alexandrine ferma les yeux et tendit quelque peu son visage au soleil. Un sourire se dessina lorsque son interlocuteur reprit la parole. Il était naturel qu’il ne veuille pas l’emmener, quel genre d’homme serait-il s’il laissait celle qu’il aimait courir un risque quelconque. Mais le risque importait peu pour la demoiselle et elle savait comment le contrer. Pour une fois dans sa vie, elle était certaine du chemin qu’elle devait prendre et personne ne pourrait la faire changer d’avis.

"Il est certain, que ma mère désapprouverait. Mais je pense – peut-être à tord – qu’elle me juge suffisamment responsable pour mener ma vie comme je l’entends."

Il était vrai qu’Elisabeth avait eu une vie mouvementée et on pouvait considérer que celle de sa fille avait été bien paisible à côté. Après tout, ces dernières années, hormis la guerre entre les deux clans de sorcières de Forbach, tout avait été tranquille. Même les Inquisiteurs n’avaient pas eu grand-chose à se mettre sous la dent. Il ne fallait pas se méprendre, Alexandrine ne voyait pas là son ultime chance de pimenter sa vie avec un peu d’aventure, mais bien le fait de ne pas laisser Adal courir seul ce risque.

Ses yeux s’ouvrir et elle mit quelques secondes à se réhabituer à la douce lumière de cette matinée. Les yeux toujours tournés vers le ciel, regardant les nuages blancs qui y flottaient sereinement, elle reprit la parole.

"Je ne voudrais pas qu’il y ait d’incompréhension. Si je vous accompagne, c’est uniquement parce que je refuse de vous laissez prendre seul ce risque et aucunement parce que je n’ai pas confiance en vous ! Maintenant, croyez vous que vous serez plus en sécurité une fois que vous aurez le livre en votre possession ?"

C’était une question rhétorique qui n’avait nul besoin de réponse. Il était certain qu’il aurait pu avancer l’excuse de vouloir étudier le manuscrit, mais qu’adviendrait-il si on lui refusait ce droit ?

Non, il était clair dans l’esprit de la jeune femme, qu’elle serait de la partie ! Avec une cape noire et aux côtés d’Adal, elle ne risquerait rien. La demoiselle se tourna de nouveau vers son interlocuteur avant de l’affirmer à haute voix.

"Je serais à vos côtés, je n’aurais à craindre."


Elle se rendit compte une fois ces paroles prononcées qu’elle avait tourné cela comme si elle remettait sa vie entre les mains du jeune homme, alors que c’était à tout prix ce qu’elle voulait éviter.

"Enfin, je pense, à deux il y aura moins de risque quoiqu’il se passe, on peut toujours l’affronter. Très bien trêve de discutions, je viens avec vous ce point n’est pas négociable."

Son ton était à mi chemin entre l’énervement et la certitude. S’était naturellement le signe qu’elle avait épuisé tous ses arguments et que les choses devraient aller en son sens sinon, on subirait son courroux ! Elle savait que si le sorcier du Lys y allait seul, cela serait égal à une trahison pour elle.

Elle reprit un ton de voix plus neutre, où pointait presque une pointe de défi.

"Vous qui semblez si bien me connaître, vous devez donc savoir que je peux avoir la rancune tenace."

Et puis, il y avait un dernier point à aborder… mais devait-elle d’abord voir cela avec sa mère ? Après tout, la jeune fille se dit qu’elle avait le droit d’avoir des invités et se lança donc.

"Pour ce qui est du repli, je vous arrache aux vôtres, je m’en voudrais qu’en plus, vous en perdiez votre condition. Aussi, vous pouvez prendre quartier dans l’une des chambres réservées aux invités … dans nos appartements."

Les images qu’elle avait d’Adal après le vol du manuscrit étaient semblables à celle d’un mendiant, rejeter de toute part par chacun des deux clans… Alexandrine était loin de se douter que le jeune homme avait des connaissances en dehors du Lys qui pourraient éventuellement l’aider.

Contrairement à ses précédents discours qui étaient assurés et emprunt de conviction, celui-ci avait été plus hésitant et laissait entrevoir qu’elle laissait la décision finale à Adal… pour le choix de l’hébergement.

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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Mar 22 Mar 2011 - 19:32

[HRP : Pas de soucis, tu n’es pas la seule Smile]

Il était évident, pour le peu qu’il la connaissait, qu’elle ne se résignerait pas facilement. Il pensait néanmoins qu’elle pourrait revenir sur sa décision s’il parvenait à être suffisamment convainquant pour cela. Bien entendu ce n’était pas gagné, car même si les arguments abondaient en son sens, ils n’étaient que de simples dérivations d’un autre, principal, qui était le danger. Hélas, il savait que cela ne suffirait pas, après tout n’avait-elle pas bravé le danger en passant plus d’un instant avec lui ? Ne venait-elle pas de le braver à nouveau pour l’avertir de ce qui se tramait contre lui ? Quelle femme, renonçant à faire face au danger, aurait fait ce genre de choses sinon une personne qui n’avait pas peur de se mouiller ? Néanmoins Adal ne pouvait tout de même pas accepter qu’elle l’accompagne jusque dans les sous-sols du Lys Noir. Même bien emmitouflée dans un vêtement, il était certain que la jeune femme était bien connue des sorcières du Lys Noir et elle courrait un risque certain d’être reconnue parmi les lieux sacro-saints du clan ennemi. Suite à cela, et devant l’importance de la jeune femme, car il était bien connu qu’Elisabeth d’Hasbauer avait reprit la place de son mari dans le clan d’Olrun, elle pourrait surement servir de monnaie d’échange très utile, ou de moyen de pression plus qu’efficace. Et cela, c’était tout bonnement inimaginable. Que ferait-il si elle devait être faite prisonnière ? Il ne s’en remettrait surement pas. Il risquerait probablement sa vie pour la faire évader, mais elle serait surement enfermée sous bonne garde… Et il était beaucoup plus facile de sortir un livre qu’une personne des sous-sols du Lys, cela il le savait.

Alors que la jeune femme reprenait la parole, il pensait avoir réussi à toucher une corde sensible, hélas, ses espoirs furent vite réduits à néant. Comment pouvait-elle risquer tout cela pour ce livre ? Peut-être pourrait-il directement convaincre la mère d’Alexandrine, mais serait-ce une bonne idée ? Après tout, la noble était maître de ses actes dorénavant, une grande fille comme certains le disent si bien. Peut-être qu’elle n’avait plus à répondre de ses actes devant sa mère, même en ce qui concernait les histoires du Clan, qui plus est, Elisabeth n’avait surement pas envie de le voir, ni même de discuter avec lui, surtout si cela était contraire aux directives de la grande prêtresse d’Olrun. Une prêtresse défierait-elle l’autorité de sa supérieure ? Il n’en savait rien, mais il savait qu’il n’avait pas à chercher de soutien du côté d’autres personnes que lui-même. Il devait convaincre Alexandrine lui-même ou trouver au moins un compromis qui ne l’expose pas trop. Mais au vu de ce qu’elle lui disait, cela ne serait réellement pas simple. Il ne doutait pas du fait qu’elle lui fasse réellement confiance pour ramener ce livre, mais de là à apprendre qu’elle voulait s’assurer qu’il ne lui arrive rien, il y avait un pas qu’il n’aurait jamais voulu franchir. Pourtant c’était bien le cas ! Qu’elle craigne quelque chose pour lui, voilà qui était normal, surtout considérant sa démarche visant à le prévenir, mais de là à insister pour venir avec lui pour l’aider à s’en sortir… Cette jeune femme était décidément très étonnante et il ne regrettait pas que son cœur l’ait choisie elle et non une autre.


« - Je connais votre détermination et j’ai conscience qu’aucun de mes mots ni de mes arguments n’aura raison de votre décision. Mais permettez-moi de poser certaines conditions quant à notre expédition sur le domaine du Lys Noir. Vous savez que vous avez une importance relative vis-à-vis de votre parenté et je ne pourrais laisser quoique ce soit vous arriver. Aussi, si nous allons ensemble récupérer ce livre, j’apprécierais que vous acceptiez de rester en dehors des couloirs du Lys, à une position qui vous permettrait encore de vous échapper si la menace se fait trop grande. »

Adal marqua une petite pause puis reprit :

« - Vous savez que je ferais n’importe quoi pour vous, y compris vous sortir des griffes du Lys si nécessaire, mais nous n’avons pour le moment qu’un livre à aller chercher, ce qui est bien plus facile à faire sortir qu’une personne très bien gardée. Qui plus est, je ne voudrais pas donner de nouvelles raisons à votre Clan pour se défier de moi. »

Il tourna un regard vers l’aube, il faudrait faire vite, bientôt il serait possible de les surprendre ensemble, ce qui bien sûr, n’était pas envisageable.

« - Je suis honoré de votre proposition Alexandrine, mais je ne voudrais ni abuser, ni vous mettre dans une situation délicate avec les vôtres. Il n’est pas nécessaire de vous exposer ainsi, je saurai très bien me débrouiller sans vous mettre dans l’embarras. »
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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Ven 25 Mar 2011 - 12:00

Elle savait que le jeune homme avait raison, et pourtant, en son fort intérieur, elle avait envie de l’accompagner jusqu’au bout. Juste pour ne pas qu’il ait à affronter ça tout seul… que pour une fois, il ait quelqu’un à ses côtés.
Les arguments d’Adal étaient valables, très valables même, et il était certain qu’elle serait une prisonnière de choix pour le Lys si elle se faisait prendre. Ses pensées allèrent vers ce que sa mère endurerait si ces funestes paroles se réalisaient. Elle se dit que son interlocuteur était peut-être encore un peu trop optimiste et que son clan prendrait simplement la vie de la demoiselle pour anéantir sa mère, la lignée des D’Hasbauer et affaiblir considérablement le Clan d’Olrun.

Cette idée la fit frissonner, finalement, peut-être valait-il mieux que tout s’arrête là ! Elle n’avait qu’à partir, mentir aux siens, leur dire que c’était le jeune homme qui avait mis fin à leur discussion… voir même qu’il n’était pas venu au rendez-vous.

L’espace d’un moment, elle se sentit perdre pied. Sa mère était au courant de ce qu’elle comptait dire à Adal. Mais devait-elle avoir la même franchise envers ses pairs ? Alexandrine avait beau se répéter qu’elles l’avaient piégée et qu’elle ne leur devait plus rien ; Sa conscience lui disait qu’elle devait assumer ses choix, quitte à devoir en perdre la mémoire.

Les derniers mots de son interlocuteur résonnèrent comme une voix lointaine dans sa tête… pourtant en entendant cela, un léger sourire revint sur son visage.

"Je vous laisse maître de ce choix. Mais sachez que si je vous le propose, ce n’est nullement par politesse mais bel et bien parce que c’est une possibilité que vous pouvez envisager."

Elle savait qu’elle devait voir pour les conditions données par Adal et alors même qu’elle prenait la parole sur ce sujet, elle ne savait rien de ce qu’elle allait décider…

"Pour ce qui est de vos conditions, êtes-vous certains d’être en position de négocier ?"

Le regard qu’elle lui adressa se fit espiègle. L’heure n’était pas aux plaisanteries, mais tant pis, détendre la conversation ne pouvait pas faire de mal.

Un sourire amuser plus tard, elle reprit.

"Certes, ma sécurité sera à rude épreuve, mais qu’importe, quoiqu’il en coûte je vous accompagne !"

Elle était très déterminée, peut-être que si elle s’expliquait il voudrait bien qu’elle aille plus loin que les couloirs qu’elle connaissait déjà et qu’elle l’accompagne dans l’antre du Lys.

"Comme je l’ai déjà dit, cela est plus facile à deux. Je souhaiterais, que vous sachiez que s’il vous arrive quoique ce soit, moi je serais là pour vous aider et vous prêter main forte et non pas que vous fassiez cela tout seul, comme à votre habitude."

Elle se mordit la lèvre, ces derniers mots avaient franchi sa bouche avant qu’elle n’ait pensé à l’impact qu’ils auraient sur son interlocuteur. Alexandrine s’en voulut d’avoir sous entendu qu’il avait toujours été seul dans sa vie, après tous il devait bien y avoir quelqu’un qui était prêt à risquer sa vie pour lui, non ? En tout cas, Alexandrine, elle, pensait qu’il faisait des personnes pour lesquelles, elle était prête à se battre, peu lui importait l’adversaire !

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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Ven 25 Mar 2011 - 16:32

Adal lui aussi était intimement convaincu, à y réfléchir un peu, que le Lys Noir ne s'encombrerait peut-être pas d'un prisonnier, aussi intéressant soit-il. Après tout, conserver un livre au secret était une chose, une personne en était une autre. Tout le monde remarquerait l'absence d'Alexandrine. On finirait certainement par vouloir la chercher n'importe où et le Lys devrait faire face à la fois à Olrun et en plus aux autorités plus... classiques. La situation serait alors légèrement tendue, amenant une vague de danger qui ne valait peut-être pas le fait de conserver la jeune femme en vie. Après tout, la tuer et la rendre morte à sa mère serait un coup de poignard féroce porté au cœur d'Olrun. Elisabeth s'en remettrait-elle ? Après avoir perdu son mari et sa fille, arriverait-elle à se redresser une fois encore ? Pourrait-elle être à la hauteur de son rôle de Prêtresse au sein du Clan ? Et le Clan ? Pourrait-il supporter un nouvel affront de ce genre ? Son moral serait au plus bas, c'est évident, il faudrait prendre des mesures, peut-être même tenter de contre-attaquer, d'une manière ou d'une autre. Peut-être même s'en prendrait-on à lui, croyant qu'il l'avait livrée au Lys pour un peu de reconnaissance. On s'arrangerait surement pour le capturer lui aussi et lui faire subir un sort encore pire qu'à Alexandrine, pour l'exemple. Toutefois, Olrun ne comprendrait pas que cette tentative n'effleurerait même pas la Meneuse... Adal accepterait-il d'être ainsi sacrifié si la jeune femme devait être tuée dans cette tentative ? Certainement. Si Alexandrine devait mourir, il n'aurait pas de raisons de vivre. Au contraire, peut-être que trépasser lui permettrait de la rejoindre. Mais, dans cette histoire, c'était elle qui avait le plus à perdre si elle se joignait à lui alors qu'elle avait tout à gagner si elle en restait en dehors. Pourquoi s'obstinait-elle ?

Il fut interrompu dans ses pensées tandis qu'elle lui assurait que cela ne la dérangeait pas s'il acceptait sa proposition, car elle ne le lui offrait pas par pitié, ni politesse – l'autre nom de la pitié en ce bas monde -, mais bel et bien comme une possibilité, rien de plus, rien de moins. Il en fut touché et se contenta de répondre:


« - Je vous remercie Alexandrine, mais pour songer à cette éventualité, il faudra d'abord récupérer le livre. »

Un moyen comme un autre de remettre à un peu plus tard la décision. C'était très tentant de vivre encore plus près d'elle, mais il ne voulait pas s'imposer à elle, même si elle le lui proposait d'elle-même. Toutefois, il ne se leurrait pas, c'était par sympathie, et rien de plus, qu'elle lui proposait de loger chez les d'Hasbauer. Lorsqu'elle lui rétorqua sur un ton presque espiègle s'il pensait vraiment être en position de négocier, Adal eut un visage interdit quelques secondes. Surpris par le brusque changement de ton. Il se détendit rapidement toutefois, se laissant même aller à un sourire pour répondre à celui, amusé, de la jeune femme. Il resta néanmoins stupéfait lorsqu'elle lui avoua qu'elle était prête à lui prêter main forte s'il devait lui arriver quoique ce soit. Il tenta de se redonner une certaine contenance avant de reprendre:

« - Je ne tente pas de négocier avec vous, simplement de concilier votre sécurité, apparemment ma priorité, et la mienne, qui est apparemment la votre. Je sais qu'à deux nous pourrions veiller l'un sur l'autre, mais l'idée de vous jeter dans la gueule du loup me répugne. Vous rapprocher de la tanière est déjà suffisamment dangereux de mon point de vue... »

Il marqua une pause, sembla réfléchir, puis finit par reprendre:

« - Je vous propose ceci. Je vous emmène avec moi, nous allons chercher le livre ensemble, mais si nous sommes en difficulté et que je vous demande de fuir, promettez moi que vous ne chercherez pas à protester et que vous prendrez la poudre d'escampette tandis que je m'assurerais que personne ne vous suive. »

Allait-elle rétorquer ? Surement. Voilà pourquoi il rajouta ces mots:

« - C'est tout ce que je peux accepter, Alexandrine. Si vous refusez, j'irai chercher ce livre seul, quoiqu'il m'en coute. »

Le ton n'avait rien de celui des menaces, ni des ultimatums, mais peut-être plus de la prière ou de la supplique. Adal désirait plus que tout qu'il n'arrive rien à Alexandrine, et à choisir, il valait mieux qu'il lui arrive quelque chose à lui, qu'à elle. Aussi, il pouvait accepter qu'elle l'accompagne, mais seulement si elle promettait de ne pas s'exposer inutilement au danger et de se mettre à l'abri si cela devait s'avérer nécessaire.
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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Lun 28 Mar 2011 - 14:32

Alexandrine se demanda si son interlocuteur était quelqu’un d’impulsif, en tout cas il n’en avait pas l’air. Sa mère lui avait appris très tôt que dans la vie comme aux échecs, il fallait au moins voir trois coups plus loin. Si cela avait été laborieux dans un premier temps, son esprit s’était facilement fait à cet exercice. Elle se demandait parfois si la Vicomtesse ne faisait que cela, envisager l’avenir comme une partie d’échec ? Après tout, si cela lui permettait d’être debout, la demoiselle se disait qu’il n’y avait pas de mal. Même dans le cas très improbable d’une réconciliation entre les deux clans, il y aurait toujours des jeux de pouvoirs qui tiendraient Elisabeth.

Son attention se reporta sur le jeune homme à ses côtés. Soit, il avait le temps de voir venir, elle pensait sans arrogance, qu’il fallait qu’Adal reste au château. Après tout quelqu’un de son rang allait forcement être en danger s’il se cachait autre part, sans parler de la différence de culture… Mais c’était à lui de choisir, après tout, une vie de bohème serait peut-être tout aussi bien pour un artiste, non ? D’un autre côté, cela serait renier ses responsabilités en tant que fils du Comte… même s’il était assurément dans l’ombre de son frère, il devait tout de même en avoir, non ? Son père, le Vicomte, n’aidait-il pas continuellement son cousin de son vivant.

Les mots d’Adal vinrent tout de même faire naître le doute dans l’esprit d’Alexandrine, « s’ils récupéraient le livre ? » Se pouvaient-il qu’il pense qu’ils n’y arriveraient pas ? Ou peut-être n’avait-il jamais eu l’intention d’aller le cherche et qu’il ne voulait qu’un prétexte pour être avec elle ? Alexandrine sentit un léger pincement au cœur, si tel était le cas, il n’avait qu’à lui dire. Elle avait d’ailleurs insisté pour qu’il n’y aille pas…

Le temps qu’elle prit pour réfléchir sur ces paroles, Adal avait continué de parler, essayant une nouvelle fois de l’écarté comme il pouvait du danger.

"Comme je l’ai déjà dit, je mène ma vie comme je l’entends. Et s’il m’arrive quelque chose je ne pourrais m’en prendre qu’à moi-même ! Vous n’en seriez en rien responsable."

Alexandrine affichait toujours cette certitude et ses yeux reflétaient d’ailleurs sa détermination. Pourtant son regard s’adoucit, elle – peut-être mieux que personne – savait ce que c’était que de vivre avec le fantôme de quelqu’un qu’on aimait par-dessus tout. Se sentant responsable de sa mort à chaque instant, même si quoi qu’il arrive, elle n’aurait rien pu faire pour empêcher cela et que c’était bel et bien le choix de la personne… de son père.

Elle ne doutait pas des paroles d’Adal et aurait aimé n’être jamais rentrer dans sa vie. Elle avait l’impression de lui demander l’impossible. Il lui avait dit que pour lui tout ce qu’il avait importait peu, mais on n’avait conscience de la valeur des choses que lorsqu’on les perdait, n’était-ce pas ce que disait ce vieil adage ? Une légère peur l’envahit de nouveau face au fait que quelqu’un soit près à faire cela pour elle, c’était un geste très noble et la demoiselle était touchée – peut-être même plus qu’elle ne l’aurait voulu.

"J’accepte, je partirais s’il y a du danger. Seulement, je ne veux pas que vous restiez, si nous devons fuir, ce sera ensemble ! On sortira de là avec ou sans ce livre – peu m’importe – tous les deux."

Même si la détermination était toujours là, une tendresse s’était mêlée à ses paroles. Elle fit une courte pose avant d’ajouter, en plongeant dans le regard du jeune ses yeux légèrement triste.

"Je sais que si vous me dites de fuir, vous resterez tout de même pour me donner du temps. Mais sachez que s’il vous arrive quelque chose, je m’en tiendrais pour responsable, et que je suis prête à me battre à vos côtés."

Se rendant que ses propos étaient sans doute un peu vifs, le ton de sa voix se radoucit.

"Et ne doutez pas que si vous êtes fait prisonnier, je viendrais vous rendre votre liberté. Tout comme si vous étiez amené à être blessé, je prendrais soin de vous."

Très bien, ils étaient finalement tombés d’accord, non ? Alexandrine l’accompagnerait pour veiller sur lui et de son côté, Adal serait garant de sa sécurité. Ne restait plus qu’à convenir des modalités de l’opération, mais peut-être faudrait-il remettre cela à plus tard, avant que quelqu’un ne les surprennent ensemble dans les Jardins, demain ? La demoiselle souhaitait vivement en finir avec cette mission et puis Adal était vraiment de bonne compagnie. Se dire qu’après tout cela, ils pourraient ensemble se promener dans ces mêmes Jardins sans crainte d’être vu était une pensée bien agréable pour Alexandrine. Un sourire serein s'afficha sur son visage, comme pour annoncer que tant qu'ils seraient ensemble tout irait bien.

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MessageSujet: Re: L'aube : lorsque le soleil a rendez-vous avec la lune...   Mar 29 Mar 2011 - 10:38

D'impulsif ? Non. Adal était quelqu'un de mesuré, presque d'effacé. Il savait néanmoins prendre des décisions à la volée, ou si vous préférez, dans le feu de l'action, mais il n'agissait presque jamais sur un coup de tête, préférant réfléchir à l'éventualité d'une autre possibilité plus séduisante, plus efficace, moins dangereuse éventuellement, en fonction du sujet concerné. La seule impulsivité qu'il connaissait était probablement celle de l'art, quand il se mettait instantanément à peindre s'il en ressentait le désir et l'envie, si un paysage ou un visage le prenait. En dehors de cela, le jeune sorcier restait maître de ses actes, ne cédant pas facilement à la violence – loin de là – et préférant de loin la parole et l'esprit que les actes irréfléchis. Pourtant, il devait l'admettre, s'il allait récupérer ce livre, il lui faudrait songer à comment ils s'y prendraient. Bien entendu, ils avaient un peu de temps devant eux, mais d'un certain point de vue, le plus tôt serait le mieux. Pourtant, ils ne pouvaient s'y rendre sans un minimum de préparation, sans au moins une ombre de plan. Adal connaissait l'endroit où était entreposé le Livre de Lumière, néanmoins, il fallait s'y rendre, et avec la jeune femme ce ne serait pas évident. Ils ne pourraient compter que sur eux-mêmes, car personne des connaissances du jeune noble ne pouvait l'aider dans cette affaire et Olrun ne lèverait pas le petit doigt. Déjà Alexandrine outrepassait ses prérogatives et son Clan ne le verrait surement pas d'un bon œil si cela devait s'apprendre. Mais qu'importe, il savait qu'il ne pourrait la convaincre de rester. Il savait que ce nouvel argument sur son Clan ne la ferait pas changer d'avis. Si elle avait sciemment outrepassé ses ordres, c'est qu'elle attachait moins d'importance à son Clan qu'au reste, comme lui d'un certain côté.

Alexandrine paraissait être une jeune femme qui savait ce qu'elle voulait. Était-ce pour cela qu'elle n'était pas encore mariée ? Alors qu'il était tombé amoureux d'elle, Adal s'était posé cette question : pourquoi n'était-elle pas encore au bras d'un autre homme ? Les mariages arrangés étaient monnaie courante en cette époque et de nombreuses jeunes femmes étaient promises dès leurs seize ans, voire plus tôt, à des hommes, pas forcément de leur âge. Passé la vingtaine, il était très rare qu'une femme ne soit pas encore mariée, surtout lorsqu'on était la fille d'un Vicomte, et même si l'on héritait pas du titre de son père, le jeune noble ne doutait pas qu'elle était ce que beaucoup appellerait un « très bon parti ». Avait-elle déjà des soupirants ? Si oui, étaient-ils nombreux, charmants, attentionnés ? Le moment de penser à cela était légèrement incongru, il fallait l'admettre, néanmoins il ne put s'en empêcher. Après tout, c'était peut-être sa pire crainte. Si elle trouvait un mari... La porte serait définitivement close. Que ferait-il ? Ce serait comme la perdre, comme si elle mourrait, elle resterait définitivement hors d'atteinte de sa portée. Il se sentit faillir et se reprit avant de sombrer sans retour dans ces pensées inconvenantes. Non ce n'était pas le moment de penser à cela. Il se convainquit que la jeune femme avait surement bénéficié d'un traitement de faveur de ses parents, songeant qu'ils ne désiraient pas la marier de force, et qu'elle n'avait pas encore trouvé l'homme qu'il lui fallait. Il se répéta cela deux ou trois fois avant de porter son attention toute entière sur la jeune femme qui, après avoir avoir renouvelé son intention de faire les choses à sa manière, sans qu'il ne doive s'inquiéter de son sort, acceptait néanmoins sa proposition, non sans négocier, au grand dam d'Adal.

Les derniers mots d'Alexandrine firent battre le cœur du jeune noble un peu plus vite. Venait-elle de dire qu'elle viendrait le libérer si nécessaire, qu'elle le soignerait si nécessaire ? Il en était resté coi pendant un moment avant de se reprendre.


« - Je vous implore de ne pas risquer votre sécurité pour venir me libérer si je venais à être fait prisonnier, ne leur laissez pas cette chance. Ils n'auront rien de moi, alors qu'ils pourraient obtenir beaucoup plus de vous. »

Il savait qu'elle ne discuterait pas cette partie-là, aussi il rajouta :

« - Je ne peux, en âme et conscience, vous contraindre et entraver votre liberté, je vous aime trop pour cela, aussi, mes paroles n'étaient qu'une prière, rien de plus. »

L'aube les pressait, le château commençait à se réveiller, ils ne pouvaient plus tarder.

« - Je vais réfléchir à comment nous allons nous y prendre. Je vous ferai parvenir une lettre dans laquelle je vous donnerai les détails et l'heure à laquelle nous nous rejoindrons. »

Il jeta un regard aux alentours, s'approcha un peu de la jeune femme, juste assez pour saisir sa main et y déposer un baiser, avant de se relever et de plonger son regard dans le sien:

« - Faites attention à vous Alexandrine. »

Dans un sourire, son regard illuminé d'étoiles, il se détourna et s'enfonça dans les jardins, visiblement vers l'autre sortie, pour brouiller les pistes.
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