AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Premiers pas en terre inconnue

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Soldat de l'Inquisition
Soldat de l'Inquisition
avatar


MessageSujet: Premiers pas en terre inconnue   Mar 15 Mar 2011 - 0:07

Enfin, sa première "mission" ! Lorsque la religieuse avait été appelée chez la Mère Supérieure, elle n'avait d'abord pas compris la raison de cette convocation. Mais lorsque celle-ci lui expliqua qu'elle avait été choisie parmi les autres soeurs (grâce à ses talents en dessin) pour rejoindre le village de Forbach, fief de sorcières d'après le Vatican, elle avait presque sauté de joie.
La jeune femme voilée de blanc sauta au bas du fiacre, le coeur léger. Le trajet lui avait paru une éternité, depuis le couvent Carmélite où elle vivait depuis maintenant deux années. Son impatience à arriver avait même réussi à lui faire oublier le froid ambiant dans l'habitacle du véhicule. Elle allait pouvoir confondre des sorcières, les faire condamner aux flammes éternelles pour leur amour du Malin ! Le rêve pour notre demoiselle !

Mère Justine lui avait dit que quelqu'un l'attendrait sur la place du marché à l'heure de son arrivée. Aussi, lorsqu'elle mit pied à terre sur la dite place en cette froide matinée, elle ne put retenir une moue désappointée devant la foule qui envahissait les lieux. Comment allait-elle retrouver son "contact" ? Elle ne savait même pas à quoi il ressemblait ! Etait-il jeune ? Vieux ? Un prêtre ? Un moine ? Un "civil", peut-être... Si c'était bien un homme...

Après quelques minutes debout près du fiacre, elle avisa finalement un banc non loin, sur lequel elle s'assit pour attendre. Peut-être que la personne qui devait venir la chercher n'était pas encore arrivée ? Qu'importe, elle était un peu en avance...

Pour faire passer le temps, elle prit sa sacoche de bure, fouillant quelques secondes dedans avant d'en sortir un carnet de croquis et un fusain. Elle reposa ensuite sa bandoulière près d'elle, installa le carnet sur ses genoux, et commença à dessiner les passants.
Personne ne semblait remarquer ce petit bout de femme tout de noir vêtu, excepté un léger voile blanc sur la tête, symbole de son appartenance au Seigneur.
Les minutes passèrent, mais Soeur Béatrice ne les vit pas s'envoler, toute occuper à "croquer" les personnes proches d'elle. Mais alors qu'un clocher sonnait les douze coups de midi, elle fut tirée de ses dessins par une ombre au-dessus de son carnet. Sans même relever la tête, elle lança :


"Vous êtes en retard."

Simple constatation. Elle détestait les retards. Pourtant, elle avait décidé de ne pas en faire tout un fromage, aujourd'hui. Rien ne pourrait gâcher sa bonne humeur...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1084-presentation-d-une-apprent
Sergent
Sergent
avatar


MessageSujet: Re: Premiers pas en terre inconnue   Mar 15 Mar 2011 - 21:14

David parcourait Forbach d’un pas régulier, dressant de temps à autre la tête pour observer le ciel menaçant au-dessus de lui. C’était encore une journée d’hiver et l’éther était lourd, plombé, uniformément sale; avec un peu de la poisse légendaire qui semblait le caractériser en ce moment, David était certain que Dieu serait assez malin pour balancer sur ce monde aussi sec qu’un morceau de viande séchée une bonne averse délétère, histoire qu’il s’enlise un peu plus dans cette tourbe dégueulasse dans laquelle il pataugeait présentement… rien ne parvenait à le mettre de bonne humeur en ce moment, et sûrement pas la perspective d’un hiver qui était appelé à durer encore des semaines et des semaines, étendant un ciel à l’image de son humeur: sombre et gris.

En cette froide matinée, le centre de Forbach s’animait comme de coutume, David voguant au milieu de flots mouvants et ininterrompus de passants, de marchands, de colporteurs, de filles de joie du lupanar d’à côté auxquelles il coula un regard suave, d’ivrognes indécrottables, de bourgeois perchés sur leurs chevaux; bref, la monotonie habituelle. Le cour de la vie reprenait comme si nul ne se souciait qu’une sorcière avait été découverte et était maintenant en cavale. Une sorcière qui n’était pas n’importe qui: la Comtesse en personne, Alicia Maestriani, la femme et l’engeance du démon… Qu’elle soit une sorcière froissait déjà en soi David. Qu’elle soit une sorcière en plus d’une haute dignitaire de Forbach était encore pire. Mais qu’elle soit une sorcière, haute dignitaire ET hôte de Narcissa de Saint-Loup était tout bonnement… intolérable.

Dire que son adorable (oulaaa… il ne faudrait pas qu’il prononce un tel qualificatif devant elle, sinon on n’aurait pas fini de le charrier!), frangine avait été logée sous le toit d’une fille du diable, et qu’elle n’aurait eu qu’à tendre le bras pour lui faire du mal, si l’envie lui avait pris… peut-être la famille de Saint-Loup était-elle même déjà ensorcelée, victime d’une malédiction qui ne tarderait pas à se manifester au grand jour.
A force de ruminer de sombres pensées, David en avait presque oublié ce qui l’avait amené là: sa mission du jour. Aller chercher une nouvelle recrue sur la place du marché et lui faire faire le tour de propriétaire. A vrai dire, il n’avait aucune envie (et c’était un euphémisme) de se coltiner une dinde surexcitée n’ayant jamais mis les pieds en ces terres de malheur, surtout si la nouvelle recrue en question s’avérait effectivement être une femelle. Pour une raison inconnue, David semblait attirer comme un aimant toutes les donzelles plus jeunes que lui (Narcissa, cette blondinette rencontrée dans l’Eglise, la nouvelle recrue,…) qui gravitaient autour de lui; un fait qui ne lui servait qu’à se faire charrier à longueur de journée par ses collèges Inquisiteurs, lesquels voyaient de plus en plus en lui un pervers qui s’ignore.

Ce manque de motivation expliquait en grande partie son retard conséquent –d’ailleurs, il aurait même souhaité que la nouvelle recrue, ne voyant pas son contact arriver, s’en aille toute seule, le dispensant de faire le travail. Et cette attitude morose n’aurait sans doute pas été de mise si il savait quelle personne il s’apprêtait à rencontrer –d’ailleurs, il n’aurait pas du tout eu la même réaction si on lui avait dit que la demoiselle venait de Rodez…

Le jeune homme arriva donc sur la place du marché, tâchant de se frayer un chemin au milieu de la foule mouvante en traçant un sillon entre eux. Il jeta un coup d’œil autour de lui et sut instantanément que c’était elle, même si il ne l’avait jamais vue: la fille voilée assise sur le banc public, qui dessinait sur un carnet de croquis. Lorsqu’il s’approcha, il ne put s’empêcher de se demander ce qui pouvait bien requérir les services d’une adolescente comme elle.
David s’apprêta à ouvrir la bouche et à maugréer une réplique digne des plus grands vétérans Inquisiteurs, tels que « bouge tes fesses, on va à la Collégiale », quand la religieuse lui coupa la chique en lui lançant une réflexion sur son retard. Le ton était neutre, signe que ce n’était pas un reproche, pourtant David était déjà de mauvaise humeur et il le prit mal. Croisant les bras en se retenant de planter là la nonne, il lança d’un ton acide, passant directement au tutoiement:

Je peux revenir quand tu seras de bonne humeur aussi..."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/inquisiteurs-f50/david-geisler-t
Soldat de l'Inquisition
Soldat de l'Inquisition
avatar


MessageSujet: Re: Premiers pas en terre inconnue   Mar 15 Mar 2011 - 21:58

Lorsque la personne qui devait la récupérer arriva enfin, et que la nonne lui fit une remarque sur son retard, ce fut une voix masculine qui répondit. Une réponse des plus étonnantes, d'ailleurs. Empreinte de la fougue de la jeunesse. Intriguée, Soeur Béatrice leva son regard bleu sombre sur l'homme et le détailla un instant, interdite. Elle n'aurait jamais pensé qu'un Inquisiteur puisse parler sur ce ton à une de ses consoeurs. Aux chiennes du Diable, peut-être, mais à une religieuse... Quel manque de respect total !
Fronçant les sourcils, elle se mit debout afin de pouvoir regarder son interlocuteur dans les yeux sans avoir à se tordre le cou. Il devait avoir environ son âge, peut-être à peine plus. Et il se permettait déjà d'être si familier ! La jeune femme ne dit mot et se baissa pour ranger ses affaires dans sa sacoche, qu'elle passa en bandoulière avant d'enfin adresser la parole à ce malotru.


"Etre désagréable avec moi n’abrégera pas plus vite votre journée... D'après ce que j'ai compris c'est vous qui me ferez découvrir les lieux ? Quelle chance..."

La dernière réplique avait été dite avec bien plus d'ironie qu'il était coutume d'entendre de la bouche d'une religieuse. Mais après tout, Soeur Béatrice n'était nonne que depuis deux années, elle n'avait pas encore perdu tout ce qui faisait d'elle l'adolescente d'autre fois...
Replaçant rapidement l'épingle qui retenait son voile pour éviter qu'il ne s'envole, elle poursuivit :


"Je suppose qu'on ne vous a pas dit qui vous veniez chercher... Je me présente : Soeur Béatrice. Et vous êtes ?"

Non, vraiment, elle n'aurait jamais pu reconnaître celui avec qui elle avait tissé une amitié étant enfant. Qui aurait pu d'ailleurs deviner qu'adultes ils combattraient dans le même camp.
D'un côté, la jeune femme était heureuse qu'on ne lui ait pas assigné Cassandra de Saint-Loup comme guide. Elle aurait été bien mal à l'aise... Et puis, au moins, elle aurait le temps de se préparer à la rencontre avec celle que sa mère abhorrait...

Mais pour l'instant, sa curiosité l'emportait; Elle voulait tout savoir sur la ville, ses habitants et les fameuses sorcières qui y vivaient...


"Pardonnez mon impatience, mais j'aimerais en savoir plus sur Forbach. Comment un si charmant village peut-il abriter tant d'âmes démoniaques ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1084-presentation-d-une-apprent
Sergent
Sergent
avatar


MessageSujet: Re: Premiers pas en terre inconnue   Mer 16 Mar 2011 - 20:01

Ce fut bien une fille que David eut à récupérer ce jour là, assise innocemment sur son banc avec son carnet à croquis; cependant, quelle fille! En général, les nonnes étaient laides, vieilles et fripées; même celles qui étaient encore dans la force de l’âge présentaient des traits physiques assez peu attirants, rapport à leur mine sombre et au tissu abyssal qui masquait leurs cheveux. Celle-là en revanche donnait dans l’original, arborant un voile d’un étincelante couleur immaculée, et des traits aussi fins que des ciselures sur une statue; elle était très belle, le teint opalin, son visage expressif porteur de deux grands yeux bleus sombres. Aussitôt qu’il put l’avoir en face de lui, David fut traversé par le curieux sentiment d’être en présence de quelqu’un qui vous est familier, sans cependant parvenir à mettre le doigt dessus. Avait-il déjà rencontré cette fille auparavant? Et si tel était le cas, où, et dans quelles circonstances? A chaque fois qu’il tentait de mettre le doigt sur cette sensation de déjà vu, elle se dérobait, plus agaçante que jamais.

Il fut tellement obnubilé par cette sensation qu’il n’entendit presque pas les propos de la jeune nonne –mais elle semblait avoir de la répartie et la volonté de ne pas se laisser marcher sur les pieds, ce qui était là aussi étonnant, en comparaison des religieuses fades et soumises auxquelles il avait l’habitude de faire face. Elle ne céda d’ailleurs pas à la facilité, conservant son vouvoiement et une élocution polie.

"Oui, quelle chance inouïe…" maugréa-t-il d’un ton bien entendu ironique, avant de se tourner de l’autre côté et de recommencer à marcher. Tant mieux si elle avait la présence d’esprit de le suivre, tant pis dans le cas contraire; il n’était pas là pour jouer les nourrisses. Tandis qu’il fendait de nouveau la foule, occuper à regarder où il mettait les pieds et observer les alentours par réflexe, David entendit vaguement la nonne se présenter, à quelques centimètres derrière lui.

"Ah" acquiesça-t-il sans conviction. Il était évident qu’il se foutait de l’identité de la jeune femme comme de sa dernière chemise et… quoi? Sœur Béatrice? Il se retourna, ayant enfin compris la provenance de cette sensation de déjà vu. Béatrice de la Roseraie! Mais oui, comment avait-il pu l’oublier? Un petit brin de femme qu’il n’avait rencontré qu’une ou deux fois, plusieurs années auparavant lors de ses rares séjours à Rodez, mais qui lui avait fait forte impression. Maintenant qu’il connaissait son nom, David se souvenait de plus en plus de la belle adolescente rencontrée sous le soleil du sud, cette cadette d’une famille de nobles du comté qui visiblement, avait dû rentrer dans les ordres, comme beaucoup de jeunes femmes de sa condition. Elle avait beaucoup changé et il ne l’aurait probablement pas reconnue tout seul. Elle s’était embellie, avait laissé derrière elle sa joliesse juvénile au profit d’une beauté beaucoup plus mature, emprunte de sérénité. Adolescent, il ne s’était pas caché l’avoir désirée, elle et ses mystères; depuis, il n’avait plus vraiment eu le loisir d’y repenser.

C’était donc elle, la nouvelle recrue de l’Inquisition à Forbach! Le monde était très, très petit. Ce sera Narcissa qui serait contente de la voir –à sa connaissance, les deux jeunes filles étaient des amies, du moins était-ce encore le cas la dernière fois qu’il l’avait croisée. Visiblement, elle ne l’avait pas reconnu, elle non plus. Il prit donc la liberté de la saisir par l’épaule afin qu’elle ne fuit pas plus avant, la retourner vers lui et lui adresser un large sourire.

"Hé bien, quelle impolitesse! Ça fait longtemps, d’accord. Mais tu pourrais tu souvenir de moi tout de même!" plaisanta-t-il en laissant le mystère planer. Il aurait voulu lui dire tout de suite qui il était, mais David trouva amusant de la laisser chercher, peut-être s’embourber.

En attendant sa réaction, il se focalisa sur les derniers propos de Béatrice et dût mobiliser sa volonté pour ne pas laisser échapper un rire sardonique. Forbach, un charmant village?!? Avait-elle les yeux en face des trous, ou laissait-elle parler son ingénuité nonnesque tout juste acquise? Même en ignorant tout de Forbach, des vices et des démons qui y régnaient, on ne pouvait décemment pas trouver la bourgade charmante. David jeta d’ailleurs un œil autour de lui, aux maraîchers et aux vendeurs à la criée, à la foule de gueux sales, aux fermiers pataugeant dans la bouillasse avec leur animaux; si par « charmant », Béatrice entendait « anodin, banal, monotone, insipide, vulgaire », alors là oui, Forbach était très charmant…

"Oh, tu ne vas pas tarder à le découvrir" se contenta-t-il donc de répondre avec un sourire en coin, l’invitant derechef à le suivre parmi la foule.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/inquisiteurs-f50/david-geisler-t
Soldat de l'Inquisition
Soldat de l'Inquisition
avatar


MessageSujet: Re: Premiers pas en terre inconnue   Mer 16 Mar 2011 - 21:47

[HRP : C'est Aphrodite de la Roseraie, pas Béatrice... Elle a changé de nom en entrant dans les Ordres. XD]

Ils se mirent à marcher dans les rues de Forbach, et les premiers temps le jeune homme sembla complètement se moquer de la religieuse. Il ne répondit à sa présentation que par un "Ah" dénué de tout intérêt, et alors qu'elle ouvrait la bouche pour lui faire remarquer son impolitesse flagrante, il se tourna vers elle et sans cérémonie la saisit par l'épaule. Elle ne put s'empêcher de sursauter, peu habituée aux contacts physiques depuis quelques années, et choquée par cette familiarité soudaine. Là, il planta son regard dans celui de la nonne, lui reprochant de ne pas le reconnaître. Elle haussa d'abord les sourcils, surprise, puis les fronça légèrement, tentant de mettre un nom sur ce visage qui était censé lui être familier...
Elle mit quelques minutes avant de le reconnaître. Mais oui, ce regard malicieux, cette impertinence dans ses propos ! Elle s'en souvenait à présent !


"Seigneur, David ! David Geisler, c'est bien toi ?"

Oubliant tout protocole, elle le serra dans ses bras.

"C'est inouï de te retrouver ici ! Le monde est vraiment petit !"

Elle le serra une seconde fois contre elle avant de reprendre la contenance qui était de mise pour une religieuse et défroissa machinalement sa robe. Sa bonne humeur avait à présent redoublé. Elle connaitrait quelqu'un, finalement.

"Raconte-moi, qu'à-tu fait ces dernières années ? Ça fait si longtemps que ça me semble une éternité... La dernière fois que l'on s'est vu, tu avais encore de l'acné sur le visage ! Tu es devenu un beau jeune homme..."

Reprenant ses habitudes d'antan, elle s'amusait à le titiller pour l'embêter. A cet instant, elle n'était plus Sœur Béatrice mais bel et bien la jeune Aphrodite de la Roseraie, le petit brin de fille qu'il avait connu des années plus tôt, à Rodez.

"Bon, et si tu me faisais un peu visiter ?"

Elle se retint de le saisir par le bras et commença à se diriger au hasard à travers la foule, sachant qu'il la suivrait de près.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1084-presentation-d-une-apprent
Sergent
Sergent
avatar


MessageSujet: Re: Premiers pas en terre inconnue   Mer 16 Mar 2011 - 23:21

La religieuse avait fouillé un instant dans sa mémoire, ayant visiblement du mal à replacer dans le décor ce grand dadet de vingt ans, qui avait bien grandi depuis l’époque. Il n’était pas le seul à avoir changé, mais ce genre de commentaires, David préférait le garder pour plus tard, en attendant qu’elle se soit souvenue de son identité. Il patienta donc, se demandant si elle allait vraiment le reconnaître. Ses fins sourcils s’étaient froncés au dessus de ses yeux en une amusant mimique de réflexion, qui la fit presque ressembler à un petit écureuil. Il retint un rire tandis qu’enfin, la jeune femme sembla se souvenir de lui; son visage blanc s’éclaira d’un sourire et elle eut soudain l’air deux fois plus heureuse que précédemment.

"Oui" se contenta-t-il de dire à l’annonce de son nom, satisfait d’avoir laissé au moins une réminiscence de lui dans l’esprit de la nonne. Il s’apprêta à reprendre la route, bavardant de tout et de rien avec cette amie qu’il n’avait pas vu depuis des années, quand cédant à une impulsion elle l’enlaça de façon tout à fait impudique, se moquant des convenances. Très surpris, David ne bougea pas et resta raide comme un piquet; cette étreinte ne le gênait pas outre mesure mais sœur Béatrice était une religieuse, qui plus est remarquable dans cette foule terne avec son voile immaculé; d’ailleurs, quelques secondes suffirent pour que tous les regards inquisiteurs ne se tournent vers eux.

"Je vais avoir du mal à ne pas t’appeler Aphrodite" fit-il en lui rendant finalement son étreinte –après tout, au diable les convenances. Serrer Narcissa dans ses bras par exemple, l’aurait discréditée auprès des autres nobles, mais sœur Béatrice, elle, ne risquait pas grand chose. Lorsqu’elle se recula, il put de nouveau détailler son visage rayonnant, emprunt d’une grande beauté. Elle semblait sincèrement heureuse de le revoir et c’était un sentiment partagé. Ils se mirent en route, bavardant naturellement comme de vieux amis –entre eux, le dialogue avait toujours été facile, et apparemment rien n’avait changé depuis cette époque.

"Je suis rentré dans l’Inquisition quand j’ai eu 14 ans. Si tu es venue ici pour chasser de la sorcière, tu as toqué à la bonne porte… (Il lui jeta un coup d’œil). Et toi, je vois que tu as fait ton entrée dans la guilde des mégères…"

David se gratta l’arrière du crâne et manqua d’éclater de rire quand elle invoqua un souvenir de lui, encore adolescent gringalet et boutonneux. Ah, c’était comme ça? Il ne serait pas dit qu’il baisserait les bras sans riposter à une attaque déloyale de ce genre! Leurs petites guerres amicales pourraient reprendre de plus belle, à présent que Béatrice était à Forbach.

"Tu peux parler! Tu n’avais même pas de seins" la provoqua-t-il avec malice et impertinence, en pensant que ce n’était sans doute qu’avec elle qu’il pourrait tenir de tels propos. Un beau jeune homme? Le compliment était inattendu et lui plut; très content de lui, David accéléra le pas.

Ils se frayèrent un chemin dans la foule, fendant les flots de roturiers et bourgeois qui s’activaient sur le marché déclinant; le soleil, pour l’essentiel dissimulé derrière une épaisse couche de nuages sombres, était à son zénith. Pour l’instant, il n’y avait pas grand-chose à voir dans Forbach, mais leur ballade les ferait passer devant le château de Frauenberg, les quartiers résidentiels des nobles avec leurs somptueux manoirs, sans oublier l’Eglise de Zetting.

"Où loges-tu? On t’as sans doute prévenue: la Collégiale n’est pas un lieu de résidence" fit David en omettant soigneusement de mentionner que sa mère et lui pouvaient y habiter car ils étaient des exceptions à la règle. Mais Béatrice ne savait pas qu’il était le fils du Second de l’Inquisition, du moins pas encore.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/inquisiteurs-f50/david-geisler-t
Soldat de l'Inquisition
Soldat de l'Inquisition
avatar


MessageSujet: Re: Premiers pas en terre inconnue   Mer 16 Mar 2011 - 23:48

Il lui rendit son étreinte la seconde fois, sans doute trop surpris la première fois qu'elle le serra contre elle. Il lui avoua qu'il aurait sans doute du mal à ne pas l'appeler par son véritable prénom. Elle lui lança un regard malicieux.

"En privé tu pourras m'appeler Aphrodite, si tu veux. Mais pas devant d'autres personnes."

David lui raconta ensuite qu'il était entré dans l'Inquisition à quatorze ans. Ce que c'était jeune ! Elle resta un bref instant abasourdie par cette réponse, avant de finalement reprendre ses esprits lorsqu'il parla de la "guilde des mégères". Elle ne put s'empêcher de rire.

"Oui, tu as raison, de véritables mégères... Mais tu ne m'inclus pas dans le lot, j'espère ?"

Elle ne répondit pas lorsqu'il insinua qu'autrefois elle était aussi plate d'une limande, préférant ne pas engager les hostilités, même pour plaisanter. pas tout de suite... Puis, reprenant son sérieux, elle poursuivit :

"Je suis entrée au couvent à seize ans, et l'an dernier j'ai pris le voile de manière officielle... J'aurais préféré faire un bon mariage, mais ce n'était pas moi qui décidait..."

Sa voix s'était teintée d'une légère mélancolie, bien vite chassée par la question suivante de l'Inquisiteur. Où allait-elle se loger ? Elle n'en avait aucune idée, personne ne lui avait rien dit à ce propos. Elle avait pensé dormir à la Collégiale, mais d'après son guide personne n'était autorisé à y dormir...

"Je t'avoue que je ne sais pas où je vais dormir... Je pensais naïvement que tout était prévu pour mon arrivée... Je vois que ce n'est pas le cas."

Elle reprit son sourire.

"Mais tu m'aideras à trouver où dormir, n'est-ce pas ?"

Elle lança un clin d'œil à son ami alors qu'ils passaient devant l'église. Elle s'arrêta quelques secondes devant, fit le signe de croix en guise de salut au Seigneur et s'apprêta à reprendre la route.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1084-presentation-d-une-apprent
Sergent
Sergent
avatar


MessageSujet: Re: Premiers pas en terre inconnue   Jeu 17 Mar 2011 - 20:48

Compressés par la foule, ils avaient du mal à voir où ils mettaient les pieds et à se parler, leurs voix se perdant parfois dans le brouhaha ambiant; mais bientôt, le duo laissa derrière lui la grande artère animée pour gagner des zones de Forbach presque désertes sous le soleil de midi. Ils s’engagèrent sur une route pavée qui traversait un bout de campagne, passant devant les quartiers résidentiels et les fastueux manoirs de nobles non moins fastueux.

David eut un rire quand Béatrice –ou Aphrodite, le nom sous lequel il l’avait connue jadis- lui demanda si il l’incluait dans les mégères:

"Je réserve mon jugement" se contenta-t-il de dire sur un ton espiègle, affichant un parfait air de tête à baffes.

Son plaisir de charrier Béatrice était revenu en force, faisant monter en lui d’agréables réminiscences. Ils continuèrent à progresser sur le chemin de pierrailles, les rares passants croisés à cette heure jetant des regards curieux à la nonne et son voile opalin. Celle-ci s’arrêta devant l’Eglise de Zetting pour faire un signe de croix et ils reprirent la route, voyant déjà se profiler au loin les sombres silhouettes de nombreux bâtiments.

"Oui, c’est comme Narcissa" répondit David d’un air songeur, en repensant aux paroles de Béatrice. A l’instar de sa petite rouquine de sœur, les gens décidaient de sa vie sans qu’elle n’ait son mot à dire. De ce point de vue là, David s’était toujours senti reconnaissant d’être né roturier, un statut qui ne faisait pas peser sur lui les charges de la noblesse. Certes, sa mère et lui devaient travailler tous les jours pour manger à leur faim, mais au moins, il était libre.

"Narcissa de Saint-Loup" précisa-t-il en ne sachant si les deux adolescentes avaient gardé contact, et si Béatrice était au courant de la présence à Forbach de la fille de Cassandra. "Tu te souviens d’elle, je suppose?"

Il garda tout d’abord le silence à sa question –décidément, elle ne manquait pas d’audace, cette petite religieuse tout juste débarquée! Lui mâcher tout le travail pour lui trouver un logement? Il fut un instant tenté de lui faire croire qu’il ne l’aiderait pas, la plantant là avec ses espoirs déçus; c’était typiquement le genre de farces, parfois de mauvais goût, qu’ils aimaient se faire mutuellement.

"Je peux t’héberger quelques nuits à la Collégiale, le temps que tu trouves un endroit. Je suis le fils du Second alors, ils feront une exception" déclara David avec un insupportable air suffisant –mais pour une fois qu’il avait l’occasion de faire jouer ses privilèges, il n’allait pas s’en priver. Bien que ce fut plutôt un prétexte pour frimer devant la jeune demoiselle. Ils continuaient tranquillement leur route, se rapprochant de leur destination quand David avisa la sacoche de bure de Béatrice; il se souvenait de l’avoir vu avec un carnet de croquis, en train d’esquisser il ne savait quoi en attendant son contact. Cela avait-il un lien avec son arrivée ici? La curiosité le prit:

"Mais au fait, pourquoi l’Inquisition t’a-t-elle fait venir à Forbach?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/inquisiteurs-f50/david-geisler-t
Soldat de l'Inquisition
Soldat de l'Inquisition
avatar


MessageSujet: Re: Premiers pas en terre inconnue   Jeu 17 Mar 2011 - 21:06

Alors qu'ils marchaient dans les rues de Forbach et qu'elle exprimait à haute voix son regret de ne pas avoir pu choisir sa vie, David évoqua soudain Narcissa, demandant à la religieuse si elle se souvenait de son ancienne amie.
Comment aurait-elle pu l'oublier , sa mère lui avait tellement rabâché de méchancetés sur la rouquine et sa mère qu'elle ne pouvait que s'en souvenir...
Alors qu'elle aurait dû s'enquérir des nouvelles de la jeune femme, Soeur Béatrice se contenta de répondre sur un ton un peu trop froid :


"Oui, je me souviens d'elle."

Puis il lui proposa de l'héberger quelques nuits à la Collégiale, le temps qu'elle se trouve un endroit à elle pour dormir. Elle se demanda alors comment elle ferait... Après tout, les religieuses n'étaient pas connues pour crouler sous l'or... Elle pourrait certainement demander à un membre de l'Eglise de la loger le temps de son séjour ici ?

"Merci, j'accepte ta proposition avec plaisir."

Son sourire revint, et avec lui sa bonne humeur. Enfin, David lui posa une question importante : la raison pour laquelle le Vatican l'avait envoyée ici, elle et pas une autre. Elle ne répondit pas tout de suite, se contentant de sortir son carnet de sa bandoulière pour lui montrer.

Spoiler:
 

"Ils m'ont envoyée ici afin que je dessine les scènes importantes. Par exemple des procès de sorcières, le bûcher, les interrogatoires... Bref ce genre de choses..."

Elle rangea ensuite son carnet avant de poser à son tour une question à son ami.

"Alors comme ça tu es le fils du Second de l'Inquisition ? Décidément, la vie est pleine de surprises...

Un long silence suivit cette réplique, puis elle finit par poursuivre d'un ton plus neutre :

"Mais au fait, tu me parlais de Narcissa tout à l'heure... Tu as donc des nouvelles d'elle ? Je suppose qu'elle vit toujours à Rodez..."

Même si ses sentiments envers la jeune fille avaient changés à cause de sa mère, elle ne put s'empêcher de s'enquérir de ses nouvelles quand même. Après tout, elles avaient été amies, par le passé...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1084-presentation-d-une-apprent
Sergent
Sergent
avatar


MessageSujet: Re: Premiers pas en terre inconnue   Sam 19 Mar 2011 - 0:27

Tout en marchant, David remarqua que le ton de sœur Béatrice s’était fait un peu plus froid, distant, ses propos plus laconiques et son regard évasif; puisqu’ils parlèrent ensuite de son futur logement, il ne fit pas le corollaire avec Narcissa de Saint-Loup et pensa tout simplement que son amie s’inquiétait de ne pas savoir où dormir. Il lui lança donc d’une voix rassurante:

"Ne t’inquiètes pas, je t’aiderais à chercher."

C’était cela, le comble des familles nobles et de leurs coutumes stupides: ils possédaient plus de ressources pécuniaires qu’il ne leur en faudrait jamais, mais les seuls investissements de la famille allaient globalement à l’aîné, la cadette étant franchement mise en retrait et devant choisir la voix de l’ascétisme, quand elle ne gagnait pas son pain toute seule.

A sa question, Aphrodite ne répondit pas immédiatement et se contenta de sortir son carnet de croquis de sa sacoche de bure, afin de lui montrer un crayonné. C’était une jeune fille de dos, et il se dégageait de l’image une impression de tristesse et de mélancolie qui lui apparut comme la preuve évidente d’un message sous-jacent. David n’y connaissait rien en dessin; cependant, il devait admettre que l’auteur de celui-ci avait un talent certain. Alors le fait que l’Inquisition ait mandé Béatrice pour l’archivage visuel de ses activités lui paraissait un choix judicieux. Il n’était cependant pas très doué pour les compliments et se contenta de lui sourire; elle comprendrait que par ce simple geste, il lui signifiait qu’il estimait son travail.

"Oh, ils ont eu bon nez de t’envoyer" répondit-il avec un geste vague de la main, comme pour englober un tout. "En ce moment, c’est la folie à Forbach. Après dix années de calme plat, tout repart comme avant."

Les Sorcières, l’Agent du Diable, la Comtesse… depuis 1640, les activités occultes avaient repris et la ville restait en ébullition; à chaque fois qu’elle croyait avoir laissé derrière elle un événement malheureux, le suivant venait prendre la place de l’ancien et tout recommençait, comme dans une boucle infinie. Le seul héros de Forbach serait non pas l’Inquisiteur moyen, mais celui qui arriverait à rompre une bonne fois pour toutes ce cercle infernal.

L’atmosphère régnant sur leur petit duo était détendue et sereine, comme elle l’avait été plusieurs années auparavant; cependant, David vit encore une fois Béatrice se raidir et essayer de changer de sujet d’un ton neutre, l’air de ne pas y toucher. Si il pouvait voir dans la jeune femme comme dans un livre ouvert, ce n’était pas parce qu’elle était transparente, au contraire –mais parce qu’il pensait plutôt se regarder dans un miroir, lui qui avait à peu de choses près les mêmes réactions dans ce genre de situations. Ce qui expliquait entre autres pourquoi il s’entendait bien avec la jeune nonne. Le problème concernait donc Narcissa de Saint-Loup…

"A Rodez? Non, non, elle est ici, à Forbach. Ça fait un bon bout de temps maintenant –presque dix mois."

Que Béatrice ne soit pas au courant de ça était curieux. David ne savait pas ce qu’il s’était passé entre les deux adolescentes mais visiblement, ce souvenir était source de troubles ou de tension. Il pointa du doigt une direction presque derrière eux:

"Elle loge à Frauenberg pour le moment. Tu veux qu’on aille lui rendre une visite? Elle sera heureuse de te voir" proposa-t-il avec enthousiasme sans se rendre compte qu’il mettait les pieds en plein dans le plat…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/inquisiteurs-f50/david-geisler-t
Soldat de l'Inquisition
Soldat de l'Inquisition
avatar


MessageSujet: Re: Premiers pas en terre inconnue   Sam 19 Mar 2011 - 12:36

Soeur Béatrice était vraiment heureuse d'avoir retrouvé en ces lieux insolites un visage connu. Non, David était plus que ça. Il avait été un véritable ami pour elle, pendant leur enfance, le trait-d'union entre Narcissa et elle, d'ailleurs. Il connaissait pas coeur les réactions d'Aphrodite, aussi comprit-il rapidement que quelque chose clochait lorsqu'elle parla de la jeune rouquine. Mais au lieu de poser la question directement, il se contenta de proposer d'aller lui rendre visite. La religieuse esquissa un léger sourire avant de répondre :

"Si elle est ici, j'aurai toujours l'occasion de passer lui rendre visite... La priorité pour moi est avant tout de m'installer..."

Elle fouilla quelques secondes dans sa sacoche et en sortit une petite bourse dans laquelle elle gardait ses maigres économies.

"Il faudra certainement que je trouve un travail d'appoint, parce que le Vatican a décidé de ne pas me payer - du moins pas tout de suite - et je dois avoir à peine de quoi me payer trois nuits dans une auberge..."

Elle fit un rapide calcul. Si David l'hébergeait, disons... trois soirs à la Collégiale, puis qu'elle se rendait à l'auberge pour y établir sa chambre... Elle pourrait au maximum rester une semaine... Non, décidément, il lui fallait trouver de l'argent, ou à défaut une maison qui accepterait de loger une religieuse de l'Inquisition... Oui, cette solution n'était pas une si mauvaise idée...
Elle se tourna vers son ami, s'arrêtant alors de marcher, et lui demanda :


"Quels sont les sentiments des villageois par rapport à l'Inquisition ? Sont-ils disposés à nous aider ou bien au contraire sont-ils méfiants ?"

Elle n'était pas bête et savait que des dizaines d'innocentes avaient dû être envoyées au bûcher en même temps que les véritables sorcières, et tout cela n'était pas très bon pour l'image de l'Inquisition, mais que voulez-vous ? On ne faisait pas d'omelette sans casser des oeufs, comme se plaisait à lui répéter sa nourrice quand elle était enfant.
Ils se remirent en route en direction de la Collégiale, où elle pourrait enfin rencontrer les autres envoyés de Dieu présents à Forbach. Sur le chemin, la jeune femme poursuivit ses questions.


"On m'a dit qu'en plus des sorcières il y avait en ce moment un meurtrier à Forbach... Il se fait appeler l'Agent du Diable, c'est bien ça ? J'aimerais en savoir plus... Si le Démon l'a réellement envoyé pour pervertir les âmes des villageois, il nous faut l'arrêter..."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1084-presentation-d-une-apprent
Sergent
Sergent
avatar


MessageSujet: Re: Premiers pas en terre inconnue   Mar 22 Mar 2011 - 17:25

La question de soeur Béatrice donna matière à réfléchir à David. Après avoir décliné la proposition de visite à Narcissa de Saint-Loup, la jeune nonne l'interrogea en effet sur la réputation de l'Inquisition dans l'opinion publique. Le jeune homme fut sur le point de lui dire sans hésitation qu'il ne fallait pas s'attendre à de l'admiration et de la reconnaissance; généralement, les Inquisiteurs étaient vus plus comme des parasites que des sauveurs. Surtout dans les quinze dernières années, où leur activité -et par corollaire leur utilité- frôlaient le zéro absolu, du fait des calmes plats des sorcières. Mais ils avaient connu un regain, en 1640. Et à présent, la présence de l'Agent du Diable justifiait plus que largement leur présence sur le sol du comté. Certes, la populace ne les aimait guère, surtout depuis les exactions de Touchedieu: mais dans la peur de l'assassin, ils n'avaient plus que les Inquisiteurs vers qui se tourner.

"On... est en train de regagner du crédit" fit David, se disant qu'il expliquerait tout cela plus en détail à Béatrice une autre fois, lorsqu'ils seraient au calme. "Mais n'hésite pas à faire preuve d'autorité pour t'assurer leur collaboration".

D'un autre côté, il paraissait normal que les villageois soient méfiant, après la... mésaventure... avec l'Oracle.
La conversation sur les Inquisiteurs et les sorcières s'orienta ensuite vers son corollaire direct: l'Agent du Diable. David sentait son sang bouillonner rien qu'en évoquant le sujet. Il fallait le capturer, c'était une certitude; mais l'absence de pistes probantes lui donner envie de grimper au mur. En désespoir de cause, les Inquisiteurs se jetaient sur le moindre indice que cet homme daignait leur laisser en pâture, à savoir les témoignages de pauvres victimes la plupart du temps trop effrayer pour s'exprimer à travers des propos cohérents.

"C'est bien ça... malheureusement, on n'en sait pas beaucoup plus. Il a agressé beaucoup de personnes, toujours aléatoirement". Le visage de David s'éclaira légèrement. "Tes talents pourraient nous être utiles. Pour essayer de dresser un portrait de l'Agent du Diable, grâce au témoignage des victimes".

Ils marchèrent encore un instant avant que David ne songe à la récente capture de la sorcière Alicia de Sarrebourg. Découvrir la véritable identité de la Comtesse l'avait révolté; dans cette optique, les interrogatoires se poursuivaient toujours. Pourquoi ne pas intégrer Béatrice à ce scénario? Cela lui permettrait de prendre très rapidement ses marques, grâce à une mission de terrain. Il lui expliqua la situation en quelques mots et lui demanda si elle souhaitait participer, proposant du même coup de se porter garant de son efficacité au sein de l'Inquisition -car les anciens éprouveraient peut-être de la méfiance devant une si jeune fille...

Après quoi, se remémorant qu'elle avait regardé sa bourse d'un air blasé et spéculé sur le nombre de nuits possibles à l'auberge, David pointa du doigt la direction de Frauenberg par dessus son épaule:

"Tu sais, je pense que tu devrais demander un financement à Cassandra de Saint-Loup. Ce serait le meilleur moyen: tu la connais, vos familles se connaissaient, elle pourrait être ton parrain le temps que le Vatican où l'Inquisition te rémunèrent indépendamment. Elle loge au château, alors peut-être même qu'elle aura une place pour toi".

Encore une fois, il était content de retrouver Béatrice; la perspective de l'accompagner pour sa première chasse de sorcière avait de quoi réjouir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/inquisiteurs-f50/david-geisler-t
Soldat de l'Inquisition
Soldat de l'Inquisition
avatar


MessageSujet: Re: Premiers pas en terre inconnue   Mar 22 Mar 2011 - 22:48

Faire preuve d'autorité auprès des villageois ? Voilà qui n'était guère dans les habitudes de la jeune femme, ni même dans son éducation. Elle hocha pourtant la tête. Si elle devait asseoir l'autorité divine de cette manière, elle n'hésiterait pas.
David eut ensuite une idée brillante : elle pourrait effectivement réaliser un portrait de l'assassin en se basant sur les descriptions des victimes... Mais cela impliquerait que certaines soient encore en vie... Était-ce donc le cas ? Elle décida de demander directement à son ami.


"Ce que tu dis signifie-t-il que l'on aurait retrouvé une de ces victimes en vie ? Plusieurs peut-être... S'il y en a, il me faudra les rencontrer au plus vite. La mémoire est un sens fugace..."

Puis il lui raconta l'arrestation - visiblement ratée - d'une femme soupçonnée d'être une puissante sorcière. Il semblerait qu'avant de s'enfuir, elle ait donné des noms. Les noms d'autres sorcières... David expliqua à la religieuse que l'Inquisition allait interroger ces personnes afin de démêler le vrai du faux. Fallait-il croire les paroles de cette vipère d'Alicia ? Soeur Béatrice l'ignorait. Mais ce fut avec plaisir qu'elle accepta la proposition du jeune homme de participer aux interrogatoires.

"Je n'ai jamais interrogé personne, donc je pense que je me tiendrai en retrait pour dessiner tout ça..."

Elle cessa soudain de marcher pour s'exclamer en sautillant comme une gamine :

"Oh ! J'aurai le droit de poser une question si quelque chose m'interpelle ?"

Enfin, David lui conseilla de demander de l'aide à Cassandra. La jeune femme haussa les sourcils sous la surprise. Certes, elle connaissait la Comtesse depuis sa plus tendre enfance, mais elle hésitait fortement à demander de l'aide à cette femme que sa mère lui avait toujours conseillé d'éviter... Cependant, la solution proposée par son ami lui sembla judicieuse.

"Oui, c'est une bonne idée. Je demanderai de l'aide à Cassandra. j'espère simplement qu'elle acceptera de m'aider..."

Mi-inquiète, mi-sceptique, elle reprit sa marche en direction de... D'où exactement ? Elle s'arrêta pour laisser passer David, avant de se remettre en marche et le suivre. Bientôt, ils arrivèrent en vue de la Collégiale...

[HRP : Je me suis permise d'envoyer nos persos là-bas... Si ça te va, on continue directement à la Collégiale ?]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1084-presentation-d-une-apprent
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Premiers pas en terre inconnue   

Revenir en haut Aller en bas
 

Premiers pas en terre inconnue

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Witch Slay :: Sur les Pavés - Ville :: La Place du Marché :: La Grande Rue-