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 Quand sonne l'heure d'une dispute

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MessageSujet: Quand sonne l'heure d'une dispute   Jeu 31 Mar 2011 - 0:19

*Fin mars 1644*


Ils avaient quitté cet endroit comme si la mort était à leur trousse. C’était un peu le cas. Les inquisiteurs avaient pouvoir de vie ou bien de mort sur ce village. Le couple Zimmerman devenait momentanément fugitif. L’aura mortelle se dissipait le long des couloirs. Cette petite entrevue allait avoir beaucoup plus de conséquences que prévues.
Elle avait eu un moment d’arrêt en passant devant la conciergerie. Vivianne, était encore là, enfermée quelque part. Et Louisa, même dans son état, voulait l’aider. Parce que cette femme était sa plus précieuse amie ici. Mais la présence des religieux avait coupé court à son élan de solidarité. Elle devait d’abord s’éloigner de la sœur et de ses acolytes.
Dés l’instant, où la bâtisse avait été dans leur dos, Louisa s’était libéré de la main de son époux. Elle était en colère et elle n’avait pas oublié que Romain n’était pas sensé être à ses côtés. Elle marchait d’un pas vif alimenté par ses sombres pensées. Elle remarquait la monture, mais l’ignorait, tout bonnement. Romain était doué pour voler à tire d’ailes. Elle n’allait pas rentrer à Rosbruck maintenant. Elle ne voulait surtout pas que les enfants la voit comme ça.


-« Ils ont aussi convoqué Vivianne. Vivianne ! Je ne comprends pas comment sa sœur a put laisser faire ça ! Elle fait partie de leur bande ! »


Dire qu’ils venaient d’accepter d’aller chez madame de Saint-Loup tous ensembles. Quelle belle ironie que cette vie ! La pauvre Narcissa allait être bien malheureuse de savoir sa tante traitée comme une hors la loi. La couturière se moquait du sort des deux autres femmes. Elle ne les connaissait presque pas. Mais pourquoi diable, avaient-ils sauté dans le piège de cette comtesse de malheur ! Le pape n’engagerait pas pour aider le royaume plutôt que ce fichu Jésus ! Lou blasphémait et écumait de tout son être en rejoignant sa boutique.
Elle ne pouvait pas et ne voulait pas se calmer. Son cœur battait à la chamade tandis que les mots de Béatrice revenaient à son oreille. Cette sale gamine avait fort bien réussi son affaire. Grâce à elle la baronne s’était comportée comme une sorcière. La dame s’arrêtait, sur cette petite place, avant la grande rue. Elle sentait le soleil printanier de la fin de matinée. Il faisait bon aujourd’hui. Mais elle avait les mains glacée à force de les contracter. Elle changeait d’avis sans prévenir. Elle ne pourrait de toute façon pas gérer le Fil Blanc pour l’instant.
Son demi-tour la forçait cependant à faire face au baron. Lui, celui qui était son ange gardien, qui l’avait espionné. Lou ne savait pas laquelle de la colère, ou bien de la déception, était la plus grande. Mais à rencontrer ses yeux gris, dont elle était si éprise, une autre digue céda. Elle avait comprit. Il n’y avait qu’une personne qui savait où elle se rendait ce matin. Une personne en qui elle avait donné sa confiance. Ces deux hommes s’étaient joués d’elle. C’était une idée qu’elle n’aimait pas. Indifférente à cette église, au gens, elle le fusillait du regard.


-« Tu crois que ton désir de me protéger te donnes tous les droits Romain ? Tu n’avais pas le droit, tu n’as pas le droit, de me surveiller, comme une enfant. Toi, plus que n’importe qui devrait me faire confiance. »


Elle n’avait pas besoin d’hausser le ton. Ils se connaissaient assez bien tous les deux. Ils étaient fâchés. D'une de ces disputes rares et dangereuses pour leur sérénité. Pour ne pas empirer la situation ils devaient parler. Midi sonnait non loin au clocher. Lou ne bougeait pas d’un cil. Elle attendait une explication. Madame Zimmerman obtenait toujours ce qu’elle voulait. Son regard brillait d’un avertissement qui en disait long. S’il y avait bien une chose de sacré dans cette famille c’était la confiance.
Si Viviane pouvait être une sorcière alors tout était possible. Cette épreuve l’avait mise dans un état peu propice aux contrariétés. Elle était à fleur de peau. La maternité, compliquait un peu plus les choses, par le subtile jeu des hormones et autres effets secondaires. Lou se rendait compte qu’il pouvait exister des secrets. Cela la terrifiait. Si celui qu'elle aimait pouvait agir ainsi où demeurait la sécurité ?
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MessageSujet: Re: Quand sonne l'heure d'une dispute   Jeu 31 Mar 2011 - 10:19

Doté d'un bon sens de l'orientation, Romain avait su retrouver son chemin dans les dédales de la Collégiale pour sortir sa femme de cet endroit. Plus concentré sur les couloirs et l'embranchement suivant, il ne réfléchissait plus vraiment à ce qu'il avait vu dans cette pièce où s'étaient « empoignée » Louisa et la sœur. Il leur fallu quelques minutes pour parvenir à la grande porte où le garde attendait encore avec les rennes du cheval de Romain. Ce dernier l'en déchargea dans un regard foudroyant et vérifia rapidement que son étalon n'avait rien. Pas de signes inhabituels. Apaisé, il se retourna vers son épouse qui marchait déjà d'un pas vif. A cet instant, tout ce qui s'était passé en bas lui revint en tête. Il savait qu'elle avait été sous le coup d'une grande colère – du moins c'est ce qu'il supposait en la surprenant entrain d'étrangler une jeune femme – et, la connaissant, cette colère n'était pas encore retombée. Romain avait pensé qu'ils rentreraient, mais visiblement ce n'était pas pour tout de suite. Il rattrapa son épouse, son cheval sur les talons, la bride dans une main. Il l'entendit parler de Viviane, qu'elle aussi avait été convoquée. Le baron connaissait cette femme qui était venue avec Narcissa. Il la connaissait un peu moins bien la tante que la nièce, mais il savait qu'elle était une grande amie de Louisa. Décidément les choses ne tournaient véritablement pas rond dans cette ville par moment. Quelle mouche pouvait bien avoir piqué les Inquisiteurs de Forbach pour qu'ils arrêtent ainsi des commerçantes respectées et reconnues ? La prospérité était-elle donc un signe de sorcellerie ? Dans ce cas, il devrait faire attention, car lui même était alors un puissant Sorcier ! Il sourit intérieurement puis se ravisa. S'ils savaient... Ce n'était pas la baronne Zimmerman qu'il fallait suspecter, mais bel et bien son époux. Car s'il n'était pas Sorcier, il savait des choses et assistait pleinement un Clan de Sorcières. Heureusement, Romain, sa tante et les autres avaient toujours été forts discrets aussi il était confiant quant au fait que rien ne filtrerait, ou du moins que rien n'avait filtré pour le moment, sinon il se serait aussi trouvé dans ce bureau. Finalement peut-être que cela aurait mieux valu, car comme cela il n'aurait pas eu besoin de faire suivre son épouse. Il ne l'avait pas fait car il ne lui faisait pas confiance, mais simplement parce qu'il s'inquiétait pour elle.

Légèrement en retrait, il observait son épouse qui bouillait littéralement de rage. Il ne savait pas quand elle s'arrêterait, mais il savait qu'elle finirait par se retourner, que viendrait un moment où son regard croiserait le sien et que les mots commenceraient à fuser. Ce moment ne se fit pas attendre. En prévision d'ailleurs, il avait attaché la bride de son cheval un peu plus tôt, ainsi ce dernier ne prendrait – éventuellement – pas peur devant la colère de Madame Zimmerman. Lorsqu'elle se retourna, Romain eut un subtil mouvement de surprise. Il s'était attendu à ce que son regard soit dur, mais pas autant. Il ne broncha néanmoins pas davantage et attendit que le couperet tombe. C'est ainsi qu'elle commença, lui reprochant le fait de l'avoir fait suivre, de ne pas lui avoir fait confiance, de l'avoir surveillée comme une enfant dont on sait qu'elle ne fera que des bêtises. Son regard était terrifiant et si le Baron n'en avait pas eu l'habitude, il n'aurait surement pas pu y faire face comme il le fit. Romain ne démordrait rien, elle voulait une dispute sur cette petite place ? Elle l'aurait. Oui, ils parleraient maintenant car il faudrait de toute façon qu'ils parlent, il aurait préféré le faire ailleurs, mais le faire ici ne le dérangeait pas, il se fichait royalement du regard des autres.

Sa voix ne fut pas beaucoup plus forte que d'habitude, juste suffisamment pour signifier qu'il n'était pas aussi calme que d'ordinaire. Le ton, lui par contre, n'était pas au bonheur:


« - Tu crois peut-être que cela m'a fait plaisir de demander à David de me dire où tu te rendais, tu crois peut-être que cela lui faisait plaisir à lui aussi ? Je t'ai toujours fait confiance Lou, toujours et je te ferai toujours confiance, mais c'est toi la première qui a voulu garder un secret en ne daignant pas me dire où tu allais ce matin. Toi qui parle de confiance, pourquoi ne m'as-tu pas dit qu'ils te convoquaient ce matin ? »

Il marqua une pause infime et reprit:

« - Tu cries à la trahison ?! Que devrais-je dire ? Tu te rends secrètement à ce rendez-vous alors que nous aurions du y aller tout les deux ! Qu'as-tu encore à prouver Lou ?! »
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MessageSujet: Re: Quand sonne l'heure d'une dispute   Jeu 31 Mar 2011 - 16:41

Chacun savait comment fonctionnait l’autre. C’était la force du mariage, de leur union, en particulier. Ils avaient été assez patients, pour s’apprendre, avant de se lier. Ou plutôt elle avait attendu pour eux d’eux. Même la naissance de leur fille n’avait pas put la pousser devant l’hôtel. Parce que bien au delà des sacrements de l’Eglise, c’était une promesse, faite pour la vie. Cet engagement aurait dû suffire. Quand on connaissait assez bien son partenaire pour le laisser agir. Du moins était-ce que pensait madame Zimmerman. C’était la première fois que Romain s’était obligé d’aller à l’encontre de la liberté individuel. C’était grave.
L’esprit cartésien de son époux trouvait toujours le moyen de faire vaciller ses meilleures défenses. C’était en parti grâce à cela que leur relation ne s’envenimait pas. C’était aussi pour cela que parfois il lui était plus simple de ne rien dire. Quand une décision de pouvait pas supporter des contradictions raisonnables. Louisa était un esprit indépendant. Elle avait besoin de faire ses choix, de se tromper, d’être égoïste oui. Mais jamais elle n’aurait fait quelque chose qui mette son foyer, leur vie, en danger. Alors pourquoi, pourquoi l’avoir suivie ?


-« Je n’ais jamais dis que tu aimais le rôle d’espion. Si ta conscience n’était pas tranquille je n’y peux rien. A toi de régler ça avec toi-même. Vous n’avez pas intérêt à refaire ce genre de chose tous les deux.
Oui j’ai éludé. Oui ! Mais qu’à je sache je suis encore une femme libre. J’ai agis comme il m’a semblé que je devais agir. Je ne voulais pas t’impliquer dans cette histoire. Je veux vous préserver de ces ignobles crapules.

J’étais la seule convoquée. Je suis la seule accusée. Tu n’avais pas à être là Romain. Je suis ta femme. Je suis la mère de nos enfants. Mais je suis aussi un individu qui doit s’assumer.
Ta présence aurait été interprétée comme une preuve de faiblesse de ma part. Si j’avais usé de notre force, pour les affronter, ils auraient crus que j’ai quelque chose à me reprocher. Que je doute assez pour faire appel au Baron Zimmerman. Tu sais comme moi que Forbach en aurait fait une rumeur de plus.
Cette comtesse avait besoin de chair à canon.
Mais je ne crains rien. C’est une accusation sans fondement. Je ne suis que la couturière. Je n’ai rien à voir avec ces femmes de prés comme de loin. Ils ne pouvaient rien faire contre moi. Rien du tout ! »



Comment aurait-elle put savoir qu’en ce moment même elle mentait ? Que tant de personne lui cachait leur attachement à la sorcellerie. Qu’en fouillant un peu l’Inquisition risquait de savoir ce qu’elle ignorait depuis quinze ans. Gabrielle, celle qui remplaçait Nastasia, sans le vouloir, Viviane qui lui était si chère, jusqu’à la jeune Narcissa, toutes sorcières. C’était inconcevable pour une naïve femme. La stratégie de la fugitive était excellait en fourberie. Elle faisait chavirer des années de secrets.
Louisa avait l’âme encore tremblante. Sœur Béatrice l’avait mise face à un mur dont elle ne soupçonnait pas la résistance.


-« Je refuses que notre famille soit mise en danger ou salie par leurs mensonges. Ils ne s’en prendront plus jamais à mon sang ! »


Lou n’avait jamais effacé la peur. L’angoisse était éloignée, étouffée, par l’amour. Mais les séquelles de sa jeunesse ne pourraient jamais disparaître. Telle cette jeune fille perdue qui avait vu sa famille partir en lambeaux. Elle ne pouvait pas laisser l’Inquisition revenir dans sa vie. Cette fois elle ne les regarderait pas lui arracher son bonheur sans rien faire. C’était un combat qu’elle ne pouvait pas éviter. C’était son combat ! Elle était trop engagée. Elle avait trop souffert. Elle s’était promit de les protéger. Elle s’était promit.
Son esprit se nourrissait de culpabilité et d’inquiétude. Dans son regard apparaissait cette horrible appréhension. C’était aussi simple que cela. Avoir dû mettre son âme à nue avait éveillé des fantômes. Comment ces gens pouvaient réellement envisager qu’elle soit de ces meurtrières là ? L’ombre de l’Eglise l’appelait vers le recueillement. Elle n’avait pas été se confesser depuis des années. Elle n’avait pas été les voir tous les cinq depuis plus longtemps encore.
Mais son corps, son bébé la rappelait à l’ordre. Lou était perturbé, énervée et puisait sur ses réserves sans s’en rendre compte. Elle devait penser au bébé. Il lui fallait un endroit calme où se reposer. Ils n’étaient pas très loin du quartier résidentiel. Lou n’y avait pas mit les pieds depuis des semaines. Cela lui ferait du bien de retourner un peu chez elle. Voir son univers, les affaires de sa mère, tout ce qui pouvait lui rappelé qu’elle n’était pas cette vipère ensorceleuse.


-« Il faut que je me calme. Je vais aller chez maman. Tu peux rentrer si tu veux. J’irais à la boutique un peu plus tard. Je veux rester en ville tant que Viviane est avec eux. Il faut que je lui parle.
Je sais pourquoi la Maestriani a cité mon nom. Mais je veux savoir pourquoi elle a pensé à Viviane
Tu vois… Pas de secret. »



Son ton n'avait rien d'encourageant. Lou lui en voulait. Elle était fâchée. Elle n'était pas prête à faire la paix. Mais au moins elle pouvait parler sans avoir envie de tuer.
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MessageSujet: Re: Quand sonne l'heure d'une dispute   Jeu 31 Mar 2011 - 19:49

Romain n’avait jamais pu s’emporter comme le faisait généralement Louisa. Son arme à lui n’était pas tant les sentiments que la raison, la logique et les faits. Il ne forçait pas l’autre à fléchir en s’imposant de lui-même, mais bel et bien en imposant la réalité, rien de plus, rien de moins. Pour apaiser quelqu’un, il fallait le ramener à la raison, lui montrer que sa colère n’avait rien de rationnelle et qu’il ne faisait que de mal à lui-même en s’emportant. Mais face à Louisa, il était parfois difficile de lui faire entendre raison. Parce qu’il savait qu’elle avait été dans son bon droit. En l’écoutant répondre, il comprenait que ce serait très difficile de clore cette dispute facilement et sans encombre. Oui, il avait outrepassé ses droits, oui il avait fait suivre son épouse, mais ce n’était pas un manque de confiance. Il s’était senti mal en demandant cela à David, et même ce dernier n’avait pas été très partant pour cela, mais ils avaient convenus que l’état de Louisa était très soucieux. Romain avait confiance en elle pour gérer les situations difficiles mais lorsqu’il avait appris qu’elle avait à faire à l’Inquisition son sang n’avait fait qu’un tour. Qu’elle ait pu lui cacher quelque chose de cette envergure ne lui avait pas plus. Pour lui, l’Inquisition n’était pas quelque chose qu’on affrontait seule, surtout car leurs manières étaient parfois trop expéditives, Louisa aurait très bien pu ne pas sortir du tout de ce bâtiment ! Il savait qu’elle était fière, que c’était une femme indépendante et que malgré tout ce qu’elle était pour la famille Zimmerman, elle restait la Louisa Maulne des débuts, farouche et indépendante. Mais avait-elle conscience de ce qu’elle disait ? Croyait-elle sincèrement que ces gens avaient besoin de preuves pour enfermer et bruler les gens ?

« - Te souviens-tu seulement de qui on parle Louisa ?! On parle de l’Inquisition. C’est gens n’ont pas besoin de preuves pour enfermer et brûler des gens. Il leur suffit une dénonciation, des mots envoyés en l’air et je suis certain qu’ils n’ont même pas besoin de cela pour mettre des gens sous les verrous. Alors tu étais peut-être la seule convoquée, peut-être que c’était ton droit d’éluder mes questions, mais j’étais beaucoup trop inquiet pour ne rien faire. Et, d’un certain point de vue, même si je ne suis pas fier de mes actes, je suis content d’être venu te chercher. Te souviens-tu même dans quel état tu étais lorsque je t’ai séparée de la religieuse ?! On aurait dit, pour le coup, que le diable courrait dans tes veines. »

Il marqua une petite pause et reprit :

« - Tu crois avoir suffisamment fait effet, que tu as montré que tu es suffisamment forte pour leur faire comprendre que tu ne crains rien ? Tu crois sincèrement que cela aurait changé quelque chose si j’étais venu avec toi ? Je ne demandais même pas de t’accompagner dans la salle, mais simplement de savoir où tu allais, voir même juste de t’accompagner et t’attendre à l’extérieur, pour être certain qu’il ne t’arriverait rien, car tu ne peux pas m’affirmer que tu ne risquais rien. »

Quelle pouvait être orgueilleuse lorsqu’elle s’y mettait ! Il aimait le fait qu’elle ait gardé son indépendance, son sens farouche, mais parfois elle oubliait peut-être trop rapidement qu’ils avaient l’un et l’autre des devoirs. Voir seule l’Inquisition ? Avait-elle vraiment pensé qu’il ne lui arriverait rien, qu’elle ne risquait pas de ne pas pouvoir rentrer ? Lorsqu’elle lui avoua qu’elle allait chez sa mère, il eut l’effet d’une douche froide. Si elle s’y rendait, elle y découvrirait surement les traces de la présence d’Owen. En effet, Romain ne l’avait pas encore dit à son épouse. Il avait choisi la maison de la famille Maulne car elle était légèrement en retrait et surtout non habitée. Il attrapa la main de son épouse et répondit immédiatement :

« - Je ne rentrerais pas sans toi, secret ou non secret. Si tu veux attendre Viviane, nous l’attendrons tous les deux. Qui plus est, notre discussion n’est pas terminée et j’aimerais bien qu’on rende visite à Gabrielle, elle n’arrête pas de me demander de tes nouvelles maintenant qu’elle sait que tu es enceinte. »
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MessageSujet: Re: Quand sonne l'heure d'une dispute   Ven 1 Avr 2011 - 18:48

-« Oui je sais très bien de qui on parle. Je n’ai pas peur d’eux. Ils peuvent travestir les faits autant qu’ils le veulent. Je ne suis PAS une sorcière. Personne ne les croirait. Personne ! Je suis là depuis toujours. On me connait. S’ils veulent me mettre derrière des barreaux, il leur faudra autre chose. Je ne me laisserai pas faire.
Tu étais inquiets, c’est bien pour ça, que je n’ai pas parlé de ce rendez-vous. Qu’aurais-tu fait, de plus, que tu fais à présent ? Te ronger les sangs en criant au monde entier que je suis innocente ? Romain. »

Ses yeux étincelaient de la colère déclenchée par la nonne. C’était un fait. Elle était allée trop loin. Mais jamais elle n’aurait put aller jusqu’à tuer quelqu’un… n’est-ce pas ? C’était ce qu’elle préférait croire. Peut être qu’il avait raison. Elle ne voulait pas lui donner raison. Surtout quand il s’amusait à lui rappeler les paroles prophétiques d’un malade mentale.

« Elle l’avait cherché. Elle m’a provoquée. Elle a dit des choses qu’elle n’avait pas dire.
Sous prétexte qu’ils ont l’accord de Rome ils se croient tout permit. Eh bien je ne suis pas d’accord. J’aime cette ville. J’en ai assez de les voir nous traiter comme des criminels ! Tu entends !
Je voudrais que notre bébé grandisse sans être entouré par ces pourritures. Si personne ne leur oppose de résistance ils ne s’en iront jamais ! »



Lou était convaincu par ce qu’elle disait. Depuis qu’elle était adolescente elle n’avait vue personne contredire –un tant soi peu- un inquisiteur. Jeune elle devait obéir à ses parents. Amoureuse elle écoutait la sagesse de Romain. Mais à présent il y avait ce danger de mort qui planait sur la ville. Un autre danger qui éclairait leurs vies d’une autre manière. Ces soldats ne faisaient strictement rien. Ils n’étaient que des parasites. La commerçante rêvait de les voir partir. Un rêve, qui devenait de plus en plus palpable, à mesure que les ennuis envahissaient son quotidien. Etait-ce si compliqué à comprendre ? Eux partis leur terre pourrait peut être se liguer contre le –les- tueur démonique. Peu lui importait de devoir aider une sorcière si cela les libérait !
Elle jouait la civile indifférente depuis des années. Mais Jean Maulne lui avait apprit à combattre ce qui devait être combattu. Le statuquo n’était plus possible aujourd’hui. Lou était l’une des personnes -des rares personnes- qui pouvait élever le ton. Elle était, de cette génération, victime du zèle ecclésiastique. Tout ceux qui avaient vécu sous l’ère inquisitrice, savaient, qu’elle avait raison de dire « non ». Elle n’était pas la seule à penser ainsi ! Profiter de la sécurité de Rosbruck était facile. Son foyer n’était plus une excuse valable pour se protéger. Béatrice avait eu raison sur une chose. La couturière n’avait encore rien fait pour aider Forbach. Elle se contentait d’imprécations colériques. La tyrannie continuait.
S’en était terminé. Il était temps de se rebeller. Ils avaient voulus révéler des sorcières ? Soit ! Ils auraient des guerrières.


-« Eh bien parfois il faut prendre des risques. Ils vont trop loin. Je ne fermerais plus les yeux. »


Elle n’avait pas cherché à se mettre en danger. Elle ne s’était pas jetée dans la gueule du loup sans réfléchir. Personne n’aurait put prévoir que cette entrevue tournerait à la catastrophe. Non personne. Mais il avait au moins réussi à rappeler à madame Zimmerman d’où elle venait et surtout qui elle voulait être. Elle ne serait plus cette noble indifférente. Romain avait aidé Owen. Louisa aiderait sa ville natale. Quand cette femme prenait une décision rien ne pouvait l’en détourner. C’était en effet son devoir d’agir.
Le geste de Romain l’agaçait instantanément. D’un mouvement son bras se dégageait de cette emprise. Elle pensait que c’était pour tenter de faire la paix. C’était toujours lui qui essayait de résoudre leurs disputes. Lou ne pouvait jamais lui résister bien longtemps. Mais pour une fois elle voulait lui ternir tête. Il le méritait. Alors elle le fusillait du regard en ne l’écoutant qu’à moitié.


-« Alors viens avec moi…
Romain crois-tu vraiment que c’est le moment d’aller voir ta tante ? Je suis ne suis pas d’humeur à l’écouter me dire les mêmes choses que toi. J’irais la voir dans la semaine c’est promis. »



Sa voix s’était un tout petit peu radoucie. Sa chère Gabrielle n’était pas responsable de toute cette histoire. C’était bien pour ça que Lou n’allait pas lui faire subir sa mauvaise humeur. Elle se remettait donc à marcher sur le pavé de la place. La faim commençait à se faire sentir. Les réserves de la maison seraient les bienvenues ! Elle était encore plus teigneuse quand elle n’avait pas mangé.


-« Vous vous alliez toujours contre moi quand nous ne sommes pas d'accord.»
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MessageSujet: Re: Quand sonne l'heure d'une dispute   Ven 1 Avr 2011 - 21:44

« - Mais peut-être crois-tu que la Comtesse n’est là que depuis quelques années ? Ils ont que faire de ton ancienneté dans cette ville, ni du fait que personne ne le croient. Penses-tu sincèrement que toutes les personnes qui ont été brulées vives sur le bûché l’ont été avec le consentement explicite de la population ? Louisa, réfléchis un peu bon sang ! S’ils t’avaient déclarée coupable, même si la ville entière se serait soulevée contre cela, cela n’aurait rien changé ! Je ne sais même pas si j’aurai assez d’influence pour te sauver de cela ! »

Il marqua une pause. Qu’elle pouvait être têtue comme une mule quand elle s’y mettait !

« - Si j’avais su, nous aurions pu comprendre pourquoi, bâtir une défense solide plutôt que de foncer tête baissée comme tu l’as fait, assurée que tu ne risquais rien alors que c’était tout le contraire. Tu me donnes l’impression d’avoir joué quelque chose d’aussi important sur un coup de chance, comprends-tu cela ? Comprends-tu que tu as été insouciante ? »

Comment pouvait-elle penser que cela était réglée d’office alors qu’elle n’avait pas encore franchi le bureau de celui ou celle qui allait l’interroger ? Pensait-elle sincèrement que simplement parce qu’elle haïssait l’Inquisition, parce qu’elle ne voulait plus courber l’échine alors tout se passerait bien ? Mais depuis quand avait-elle ainsi perdu la raison ? Romain n’en revenait pas. Lorsqu’elle lui avoua que la sœur avait cherché ce qui lui était arrivé, il fut encore plus surpris. Certes elle s’était peut-être permise des propos qui n’avaient pas lieu d’être, mais quand même…

« - Parce que tu crois peut-être qu’en te dressant face à eux ils s’en iront plus facilement ? Crois-tu sincèrement que notre enfant aura une chance de vivre si tu persistes à défier les autorités qui peuvent te tuer, et tuer notre enfant, d’un claquement de doigts ? Crois-tu réellement qu’ils hésiteraient un instant à te supprimer et à supprimer notre enfant s’ils l’estimaient nécessaires ? Louisa, réfléchis un peu. Oui tout le monde désirerait les voir partir, oui tout le monde est contre leurs méthodes, mais, si nous avons notre mot à dire, ce n’est pas en tentant de les étrangler que nous parviendrons à nous faire entendre, tu n’arriveras qu’à leur donner des raisons de te tuer si tu continues ainsi. »

Il termina sur un note plus sombre :

« - Si tu veux prendre ces risques, tu n’es qu’une égoïste. »

C’était dur, mais vrai. Si elle se jetait dans la gueule du loup, si elle lui tirait la queue, elle finirait par être mangée, et que feraient-ils, eux, sans elle ? Que ferait-il, lui, sans elle ? Elle voulait défendre le monde entier, certes, mais n’étaient-ils pas plus importants ?

Lorsqu’elle s’était dégagée, il n’avait pas insisté, néanmoins il l’avait plutôt mal prit. Cette dispute s’étirait en longueur et il n’était pas dit qu’elle soit terminée. Surtout s’il ne parvenait pas à la diriger ailleurs que chez la demeure des Maulnes.


« - Tu connais ma tante, une fois qu’elle a une idée en tête, on ne peut pas l’en déloger. Allons manger chez elle, elle te fera ce gâteau qu’elle aime tant, et je te promets que nous n’évoquerons pas le sujet avec elle. Elle veut juste te voir, parler un peu, puis nous reviendrons nous enquérir du sort de Viviane, ensuite nous rentrerons, Dimitri veut te voir. »
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MessageSujet: Re: Quand sonne l'heure d'une dispute   Sam 2 Avr 2011 - 2:00

-« Tu vois ! C’est parce qu’on raisonne comme ça depuis vingt ans qu’ils sont encore là.
Mais ce ne sont que des hommes. Ils sont moins peu. Si Forbach décidait de les chasser elle le pourrait. Ils ne peuvent rien contre une ville. Il suffirait d’une fois Romain. »



Une seule petite fois pour tout changer. Pourquoi pas ? Le pape n’allait pas envoyer une armée sainte pour contrecarrer la rébellion d’un petit village de campagne. Ils n’avaient pas à être spolier sans rien faire. Après tout –eux- ils n’étaient pas des esclaves. Ils étaient nés libres. Une guerre civile ni plus ni moins pour épurée les rues. Si c’était LE prix.


-« Avec quoi ? Avec quoi Romain ? Comment veux-tu prouver quelque chose qui n’est pas ? Une déclaration de bonne foi ?
Et toi tu te rends compte que tu es entrain de me traiter d’irresponsable ? C’est ce que tu penses ? Que j’ai agis sans réfléchir ? Tu crois une seconde que j’aurais pus jouer mon avenir sur un jet de dé ? »



En temps normal Louisa avait déjà du mal qu’on mette ses capacités en doute. Quand elle était en colère c’était pire que tout. Quand en plus il s’agissait de son mari, celui qui la voyait vivre chaque jour, cela devenait vexant. Cette discussion était entrain de mal tourné. Elle ne ferait aucun effort pour l’arranger. Il venait tout simplement de a traiter d’idiote. Son travail à la boutique ne montrait-il pas qu’elle était une bonne négociante ? Il doutait d’elle parce qu’elle avait eu le malheur de s’emporter. Oui. Oui ! Elle avait eu tort d’en arriver aux mains. En effet ce n’était pas la solution. Mais il y avait des choses sacrées pour elle. Même le meilleur argumentaire du monde ne l’aurait pas empêcher de frapper une mijaurée si prompte à la prendre de haut.
La raison, toujours, la raison. Elle ne voulait pas entendre parler de la raison. Elle voulait juste que pour une fois il y croit avec elle. Mais bien sûr il trouvait un moyen de réduire l’espoir à néant. Avec prodigieux talent qui lui permettait de tout mettre en perspective. Lou était sans aucun doute la plus naïve des deux. Il y avait au fond d’elle cet élan de plus en plus ténu. Cette croyance fragilisée que rien n’était prédéterminé. Avec un peu de bravoure on faisait parfois des grandes choses. Elle préférait se taire maintenant. Ils étaient trop butés. Romain n’irait jamais dans son sens sur ce sujet.
Il réussissait même à faire naître cet affreux sentiment de culpabilité. Cela lui donnait encore plus envie de se défendre. Elle lui en voulait de faire d’elle la coupable. C’était blessant de se faire juger comme mauvaise alors qu’elle ne songeait qu’à eux. A l’avenir de cette famille qu’elle adorait. Le mot fatidique tombait entre eux. Le visage de la dame se ferma instantanément. Certains mots avaient un effet mordant. Surtout au regard de leur histoire.


-« Alors je suis une égoïste. »


Que pouvait-elle lui répondre d’autre ? Voilà qui mettait le holà à cette houleuse conversation. Le baron insistait pour aller chez madame de Roquebourg. Ce qui provoquait un petit soupir excédé. Lou s’arrêtait. Elle n’avait pas envie d’aller là bas. Mais si cela permettait à Romain de voir sa tante. Même revancharde elle ne luttait pas contre d’appel de la famille. Il avait beau dire, Louisa n’était pas entièrement, égoïste. Et puis la maison serait toujours là ce soir.
Evoquer Dimitri permettait aussi de se souvenir de l’une de ses promesses. Sa silhouette s’apaisait un peu. Penser à ses enfants fonctionnait comme un baume réparateur. Même les méchantes paroles du papa ne pouvaient gâter cela. Un fugace sourire exposait sa pensée. Avant qu’elle dévie vers la droite en signe de capitulation.


-« Allons la voir dans ce cas.
J’y passerai tout à l’heure. J’ai promis à Dimi de lui ramener un des livres de maman. Ça tombe bien. »



Au moins quelque chose de positif pour cette infernale journée.
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MessageSujet: Re: Quand sonne l'heure d'une dispute   Dim 3 Avr 2011 - 18:20

[color=cyan] « - Non ce n’est pas pour cela qu’ils sont là depuis vingt ans. La preuve en est qu’ils allaient partir lorsque l’on a retrouvé cette pauvre Laura de Montfort morte. Tout était bien plus calme et ils n’avaient plus de sorcières à se mettre sous la dent. Quelqu’un a réveillé le loup et ils sont restés. Voilà pourquoi ils sont encore là. Ce n’est pas parce que des gens se dresseront contre eux qu’ils partiront ou alors ils partiront pour mieux revenir avec une armée et raser la ville pour hérésie. Ils l’ont déjà fait Louisa, je ne vois pas pourquoi ils s’empêcheraient de le faire à nouveau. Ils n’ont que faire de gens comme nous. La seule chose qui peut les faire partir, c’est l’absence de raisons de rester. Te dresser contre eux ne fera qu’envenimer la situation Louisa. »[color]

Quelle peste ! Dieu qu’elle pouvait être têtue ! Comment avait-il pu épouser une femme comme elle ? Des fois, il se demandait vraiment si c’était vraiment la femme qu’il avait côtoyé depuis si longtemps qui se trouvait devant lui. Etait-ce vraiment elle ? L’espace d’un instant, il la trouva changée depuis qu’elle était rentrée dans ce bureau avec cette nonne. Y avait-elle rencontré le diable ou quoi ? Elle avait toujours été farouche, mais à ce point-là… Romain ne la reconnaissait plus, elle semblait changée, irrémédiablement.

« - Avec des relations, de l’influence, voire même de l’argent Louisa. On ne discute pas avec ces gens-là, on s’arrange pour leur faire lâcher prise. Crois-tu sincèrement que les pauvres femmes qui ont fini sur le bûcher n’ont pas essayé de discuter, de leur montrer qu’elles étaient fortes et qu’elles étaient innocentes ? Réfléchis seulement à ce que nous aurions fait, Anna, Dimitri et moi, s’il avait fallu que nous te regardions brûler vive sur un tas de bois recouvert d’huile ? As-tu seulement songé à cette possibilité lorsque tu t’es rendue ici ? Réponds-moi Louisa, as-tu seulement pensé que, malgré ton innocence et ta détermination, tu ne finirais pas immolée ? »

Romain était fatigué, fatigué d’essayer de la convaincre. Il était énervé, lui aussi, et aucun des deux ne bougerait de sa position. Autant essayer de convaincre une porte fermée de s’ouvrir pour vous à la seule force des mots. C’était peut-être pour cela qu’il avait lâché cette phrase, ce mot injuste. La force de sa colère avait cédé. Il savait qu’il ne pensait pas ce qu’il avait dit mais cela avait été dit et les effets de sa phrase se ressentaient déjà. Elle mit un terme définitif à cette discussion. Ils y reviendraient surement plus tard, quand, il ne le savait pas, mais il faudrait y revenir, sinon cela risquait de finir vraiment mal.

Concernant la maison des Maulne, Romain jouait serré, très serré. Mais quoiqu’il puisse faire, il ne parvenait pas à la détourner d’un passage là-bas. Il avait même évoqué Dimitri pour y parvenir mais elle l’avait utilisé pour détruire tout espoir. Il n’avait aucune chance de gagner. Ce n’était peut-être pas le meilleur moment pour cela mais il ne pouvait plus le lui cacher, plus maintenant. Il ignorait quelle serait sa réaction, mais elle ne serait probablement pas heureuse de l’apprendre. Peut-être même que cela risquait de tout mettre en pièces, mais entre le lui avouer maintenant et la laisser découvrir la vérité, il préférait encore le lui annoncer.


« - Louisa… »

Il s’était arrêté et l’avait interpelé pour qu’elle s’arrête également.

« - Il… Il faut que je t’avoue quelque chose. Je ne t’en ai pas parlé jusqu’à maintenant car je savais que ça ne te plairait pas, mais je ne pouvais pas faire autrement. »

Romain avait honte de lui et cela se voyait, mais cela ne changerait rien.

« - Lorsque tu as voulu que l’on mette Owen à la porte, j’ai décidé de lui permettre de loger dans la maison de ta famille… »
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MessageSujet: Re: Quand sonne l'heure d'une dispute   Mer 6 Avr 2011 - 1:21

-« Ils ne peuvent plus faire une chose pareille. Les choses ont changées ! La régente ne permettrait pas une chose pareille. Non. Tu as peur c’est tout. Tu veux profiter de notre cocon. Je comprends ça. »


Son ton avait prit un accent presque compatissant. Elle le savait au fond. Romain n’était pas un aventurier. Il aimait tant leur vie à quatre. C’était la chose la plus précieuse. C’était normal qu’il ne veuille pas perturber leur univers. C’était bien normal oui. Il était sage. Il l’avait apaisée, rendue sage, aussi. Peut être pas assez pour supporter ce genre de chose. C’était le problème. La passion prenait le dessus sur cette femme. Elle était faible. La proie de ses plus égoïstes raisonnements. Toute cette force qu’on lui connaissait ne valait rien sans le regard des siens.
Mais ils avaient des valeurs communes, n’est-ce pas ? Ce goût de la justice n’était pas une hallucination ? Est-ce que l’amour, l’idolâtrie, aurait rendue Lou aveugle à ce point… Non. Impossible. Cet homme était aussi noble de cœur que d’âme. Il était son modèle. Alors pourquoi n’entendait-il pas ?


Il essayait de la faire culpabiliser ! En imaginant les conséquences de sa propre mort son visage se fermait. Une lueur sombre passait dans son regard. Louisa n’avait pas peur de la mort. Mais pas un instant elle n’avait pensé disparaître avant l’heure. Pas une seconde elle n’avait songé à finir sur le bucher. Cela lui semblait si absurde. L’orgueil la soutenait dans une stupide croyance. Cette terre ne connaissait déjà que top bien le goût de son sang. Forbach avait eu son dû.
Sa main allait amoureusement caresser son bébé en gestation. Ils le désiraient cet enfant. Ils la voulaient cette vie. Pourquoi était-ce toujours elle la fautive dans leurs disputes ? Elle avait envie de le dire. De dire simplement qu’on pouvait surmonter n’importe quel deuil. Il était orphelin lui-même. Mais une petite voix dans son esprit lui soufflait de ne pas aller si loin. La méchanceté gratuite ne résoudrait absolument rien. Ce n’était qu’un défouloir sans issu. Malgré sa colère madame Zimmerman ne voulait pas faire de la peine à son époux.


-« Non. Non je ne pense pas à mourir ! C’est bien la dernière chose que je veux. Je veux voir notre petit bébé. »


Une formidable lueur d’amour égayait son regard en disant cela. Elle pensait déjà à des prénoms. Ses doigts frémissaient parfois à la simple idée de sentir –de nouveau- la peau de son nourrisson. Cette grossesse était nourrit par un véritable désir. C’était ce qui l’entrainait à luter contre sa peur de l’Agent. C’était ce qui lui donnait une raison de se battre. Mais puisque elle avait touts les torts. Romain la connaissait par cœur. S’il la pensait égoïste c’était que quelque chose venait de changer. Etait-ce elle ? La dame n’était pas en état d’y réfléchir. On l’avait assez bousculée pour ce matin. La remise en question attendrait un peu. Résolue à passer un bon moment avec madame de Roquebourg elle fit de son mieux pour chasser la mauvaise humeur.
Cependant… la voix de Romain déclencha un son d’alarme. Elle n’aimait pas quand il prenait de telles précautions oratoires. Après tout ce qu’ils venaient de lancer à la figure, qu’allait-il ajouter ? Avouer. Le début d’apaisement la quittait d’un seul coup. Plus son interlocuteur avançait dans sa confession et plus ses entrailles se serraient. Il y avait peu de choses qui pouvaient lui déplaire dans la gérance du foyer. Du moins était-ce son argument intime pour rassurer ses émotions.


Owen… quoi ? S’il voulait lui dire qu’il avait gardé…


-« Quoi ? »
Louisa avait rêvé. Il ne venait pas de lui dire que l’Inspecteur de la reine s’était réfugié chez elle. C’était absurde. Pourtant cet air piteux ne pouvait signifier qu’une chose.
« Et tu oses me parler de confiance ? »
Après son grand discours sur la confiance et la sécurité. Elle avait mit ce loup à la porte au début du mois de décembre. Qui sait combien de personnes avaient put entrer dans sa maison. Combien d’individus avaient put faire le lien entre Maulne et Mansholther ? Une montée de chaleur la faisait se détourner de lui. Dans son esprit se disputait l’indignation et la déception.
« Tu m’as caché ça pendant des semaines. »



Le ton était dur, le reproche était clair. Il s’était moqué d’elle pendant tout ce temps ! Comment avait-elle put manquer ça ? Certes, la boutique l’avait beaucoup occupée aux périodes de fêtes, comme chaque année. Mais il n’y avait eu aucun indice pour déclencher un soupçon. Il évitait souvent le sujet. Elle avait crut que c’était pour éloigner le souvenir de l’effraction. Le fourbe. La colère remontait en pique tandis que la femme se rendait compte de tout ce que cette révélation impliquait. Le baron lui avait délibérément mentit pendant des mois. Il avait été… pleutre. C’était juste cela ? Avoir eu peur de sa réaction, justifiait, de lui dissimuler un élément de cet ordre ? Il avait mit toute sa famille en danger. Il avait fait passer un inconnu avant sa chair. Cet acte de bravoure pouvait donner raison à représailles !


-« Tu te rend compte de ce que ça implique ? L’Agent est venu me trouver parce qu’on aidait son adversaire. Est-ce que tu te rends compte du risque que tu prends ? Tu peux me reprocher mon égoïsme ! »
Cette fois elle était tout simplement atterrée. Son seul –petit- secret avait été l’affaire de quelques jours. Elle avait menti pour les préserver. Mais lui… il avait évité de lui parler. Il était donc aussi chevaleresque que d'ordinaire envers les autres. Mais depuis quand cela impliquait d'agir en solitaire ? Ses yeux noirs se voilaient de tristesse. Elle secouait lentement la tête pour nier ses propres conclusions.
-« Tu as bien joué la comédie. Pour un peu de… tranquillité. »
Un sourire désabusé s’installait à ses lèvres. Elle l’observait avec de la déception. Comment avait-il put croire que son amour n’aurait pas aidé au compromis ? A partir de quand la crainte avait surpassé le reste ? A être trop entière elle en était devenue terrifiante. C’était un véritable choque. C’était plus dur que les mots d’une petite nonne mal placée. C’était l’homme de sa vie qui venait de mettre au gibet la base de leur relation. C'était les Enfers qui s'était ouverts pour elle ce matin.
-« Je pensais pas, que tu aurais un jour peur, de m’affronter. »
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MessageSujet: Re: Quand sonne l'heure d'une dispute   Mer 6 Avr 2011 - 11:20

Peur ? Peur ?! Si Romain avait peur d'une chose c'était bel et bien de perdre ce qu'il y avait de plus cher à ses yeux, rien de plus. Le reste du monde pouvait bien finir en Enfer si sa famille et ses amis proches en sortaient indemnes, c'était le plus important. Voilà à quoi il avait pensé. Surement avait-il eu tort, certainement même, de la faire suivre par David pour connaître sa destination, mais cela avait été plus fort que lui. Il avait deviné que sa femme lui cachait quelque chose de grave. Pouvait-on réellement le blâmer pour avoir voulu simplement lui porter secours ? La fin justifiait les moyens disait-on. Il n'en était pas tout à fait convaincu, mais on devait bien admettre que ce qu'il avait vu dans la pièce de la Collégiale justifiait un peu son acte, même si cela ne le « légalisait » pas. Romain pensait aux siens tout d'abord, aussi à ses idéaux bien entendu comme la Justice, mais s'il devait choisir une personne sur Terre, sur ce monde, pour la garder à jamais près de lui, envers et contre tout, ce serait sa femme, ce serait elle, elle pour qui il soulèverait des montagnes, elle pour qui il renverserait le temps et le monde, elle pour qui il découvrirait l'infini et l'impossible. Il n'y avait qu'elle qui comptait dans son monde, mais le savait-elle vraiment ? Oh elle devait comprendre qu'il l'aimait énormément, plus que tout au monde, mais était-elle consciente de la profondeur réelle de son attachement à elle ? Ne pouvait-elle pas comprendre l'entièreté de son ressenti ? L'espace d'un instant, il se demandait si elle éprouvait vraiment la même chose pour lui... Pouvait-elle ne pas s'en rendre compte alors qu'elle ressentait la même chose ? Et si ce n'était pas le cas ? Peut-être ne l'aimait-elle plus autant... Il sentit son cœur défaillir à cette idée puis préféra la rejeter en bloc.

La discussion s'était un peu apaisée. Ils auraient surement l'occasion d'y revenir, mais si elle s'était calmée, c'était pour mieux repartir de plus belle. Romain devait jeter de l'huile sur le feu, il n'avait plus le choix maintenant. Il aurait voulu ne jamais arriver à cette extrémité là, mais il n'avait plus aucune autre possibilité et il préférait qu'elle l'apprenne de sa bouche. Une fois sa confession avouée, il s'était contenté de fixer son épouse, le regard droit, comme une personne qui accepterait la sentence entièrement justifiée. Ce fut d'abord la surprise, l'incompréhension, mais elle comprit très vite qu'elle avait très bien entendu ce qu'il venait de dire. Oui, après le discours qu'il venait de lui tenir, Romain semblait bien à même de montrer l'exemple... Et lui le premier n'était pas fier de ce qu'il avait fait, mais il ne pourrait pas lui expliquer que le remords le rongeait jour et nuit. L'espace d'un instant, il se rappela toutes leurs disputes, les mots qui volaient en éclat contre les murs du Manoir, et pourtant, là, sur cette place, il savait que ce n'était pas une de ces vulgaires disputes qui se préparait. Cela n'en avait même pas vraiment été une il y a quelques instants... Non, c'était bien plus grave maintenant.

Il ressentait le ton chargé de reproches de son épouse et savait que c'était pleinement justifié. Romain n'avait pas de mots pour se défendre, aucun, il était entièrement en tort et rien ne pourrait justifier une telle chose, même pas à des yeux extérieurs et surement encore moins à son épouse. Jouer la comédie ? Non, Romain avait simplement éludé les questions concernant l'Enquêteur, répondant de manière détournée. Il lui avait affirmé qu'il ne viendrait plus au Manoir, mais aucune autre promesse n'avait été faite. Bien entendu, ce n'était pas un argument valable, loin de là, et Romain le savait pertinemment, mais il n'avait pas envie de se défendre de toute façon. Cette fois, il avait tort, ce n'était pas à lui de convaincre, et, pire encore, il n'y avait pas besoin de convaincre qu'il avait tort. Avait-il eu peur de l'affronter ? Non, après tout il se tenait devant elle, il était venue la chercher dans la Collégiale en sachant qu'ils devraient « s'affronter ». Était-il un lâche ? Non...


« - Je n'ai pas peur de « t'affronter » Louisa. »

Sa voix semblait lasse, on y ressentait la peine, la fatigue et les remords.

« - Si j'avais peur de t'affronter, je ne serai pas venu t'arracher des griffes de l'Inquisition sachant que je subirai ton ire. Si je ne te l'ai pas dit c'est qu'après l'incident du Manoir, tu n'aurais jamais été ouverte à la discussion et je ne pouvais pas délaisser l'Enquêteur, j'aurai trahi tout ce que je suis. »

Il marqua une pause. Son épouse ne le regardait même plus.

« - Je ne chercherai pas à me défendre. J'ai conscience de ce que j'ai fait, j'ai moi-même souffert de mes propres actes et je sais que, cette fois, c'est moi qui ait tous les torts, tu n'as pas besoin de me convaincre pour cela. »

Il porta son regard vers le clocher de l'Eglise.

« - Quel Homme est exempt d'erreurs ? Je ne suis pas parfait et j'ai sans doute fait des erreurs dans ma vie, mais s'il y a une chose dont je suis certain, une chose qui n'est pas une erreur dans ma vie, c'est bien toi Louisa, toi, nos enfants, notre vie. Je suis ce que je suis. J'ai aidé l'Enquêteur sans t'en parler tout de suite, c'est vrai. J'ai voulu attendre un peu et, face au ressentiment que tu lui vouais, je n'ai jamais eu l'envie de t'en parler. Tu me trouves certainement lâche, mais ce n'est pas parce que j'avais peur de t'affronter. »

Il jeta un regard en arrière vers son étalon qui semblait trépigner un peu d'impatience puis revint sur son épouse.

« - Je suis sincèrement désolé Louisa. Je n'ai pas d'explications, je n'ai que des excuses et des remords à te présenter. Tu es seule juge de mes erreurs. »
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MessageSujet: Re: Quand sonne l'heure d'une dispute   Lun 11 Avr 2011 - 10:19


Il avait le droit d’être las. Cette discussion n’avait rien d’agréable ni pour l’un ni pour l’autre. Ils n’étaient pas fais pour les cris. Ils étaient fais pour l’amour. Romain lui avait apprit que l’amour était le plus fort. Il lui avait donné confiance en l’avenir. Pourquoi avait-il fait ça ? Pourquoi avait-il créé ces cachoteries entre eux ?

-« Et si je n’avais pas voulu aller chercher ce livre, combien de temps m’aurais-tu caché la vérité ? »

Cette situation aurait put s’étendre sur une durée beaucoup plus longue. Owen avançait lentement dans son investigation. Il devait pourchasser plusieurs tueurs que rien ne pouvait dissocier du reste de la population. Lou aurait obligatoirement découvert cette stratégie ! Cette dispute était inévitable. Il avait seulement repoussé l’ultimatum. C’était peut être bien cela le pire. Ils savaient tous deux de quoi il en retournait…

-« Là c’est « seulement » un serment envers moi que tu as trahis. »

Sa voix était horriblement ironique. Elle ne comprenait toujours pas. Ils étaient mariés. Ils étaient unis devant l’éternel. Bien plus qu’une promesse à Dieu c’était une promesse mutuelle qu’ils s’étaient faite. Lou n’était peut être pas la plus pratiquante des femmes. Mais il y avait des principes auquel on ne dérogeait pas dans la vie.


Il faisait pénitence. Toujours aussi sage. Il était au pied d’un mur. En fin de compte il était aussi fou qu’elle. Ils avaient leur propre combat à mener. Cela était compréhensible. Elle ne lui reprochait pas tant le fond que la forme. Dans sa situation la dame aurait probablement agit de même. Il y a des choses qui dépassent parfois la raison. Il y des combats que l’on doit mener à bien. Ce sens de la justice, chez lui, Lou en était fière. Mais il avait brisé sa confiance pour celle-ci. C’était comme avec les enfants.

-« … Qu’est-ce qui me dit que tu ne vas pas recommencer ? »

Où était la sécurité à présent ? Ses sombres pupilles étaient emplies de questions. Louisa n’avait jamais imaginé une telle chose possible. Elle était un cœur si loyal. Il était tout son monde. C’était comme si un ouragan venait de détruire le plus belle édifice qu’ils avaient construit à deux. Maintenant elle avait peur que cela puisse recommencer. S’il on pouvait mentir une fois…



Elle avait envie de le croire quand il lui disait ces choses là.

-« Mais j’aurais essayé de t’écouter Romain. Tu le sais bon sang ! Si c’était si important pour toi j’aurais fais des efforts. Je peux être dure c’est vrai. Mais si nous ne pouvons pas parler de ces choses là… où est le « nous ».
Si ce n’était pas pour m’éviter alors pourquoi me l’avoir cacher ? Dis-moi. Parce que je ne vois pas. Je ne comprends pas. On a caché cet homme aux yeux de tous pendant des semaines. Tu avais bien la preuve que je ne trahirais pas le subterfuge. Moi aussi je veux éradiquer cette menace. C’est « notre » vie que je voulais protéger. »



C’était à elle d’être lasse. Elle entendait qu’il était désolé. Ce n’était pas la question. Cela se voyait. Elle le sentait. Le baron n’était pas fait pour les cachoteries. Ils n’étaient pas faits pour ça. Au fond Lou ne cherchait pas la guerre. Il lui était trop précieux. C’était avec lui qu’elle vivait. Pardonner, on pouvait, tout pardonner en amour. Elle y croyait oui. Parce qu’elle savait qu’il n’avait pas cherché à mal. Cependant elle avait besoin d’un garde-fou. Besoin de l’entendre la rassurer sur la suite de leur histoire.

-« Je ne te demande qu’une chose. Promet moi qu’il n’y aura pas d’autres secrets. Jure-moi que tu me diras tout. »
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MessageSujet: Re: Quand sonne l'heure d'une dispute   Lun 11 Avr 2011 - 14:59

Romain n'avait aucune arme pour se défendre face aux propos, fondés, qui pourraient sortir des lèvres de son épouse. Il était en tort et il en avait conscience, néanmoins, cela ne l'empêchait pas de pouvoir s'insurger contre des paroles qui n'étaient pas justes ou même de pouvoir répondre à quelques interrogations. Au fond de lui, il aurait probablement préféré que cela s'arrête là. Ou, il lui avait menti, ou, plus exactement, il lui avait caché la vérité, sans jamais lui mentir au sens propre du terme. Il n'allait pas pinailler sur cette utilisation du termes car cela aurait été inutile, lui-même était conscient de son mensonge, littéral ou figuré. Quand elle lui demanda combien de temps il lui aurait caché la vérité davantage, si elle n'avait pas désirée impérativement retourner dans la maison des Maulnes, il soutint son regard.

« - A chaque fois que tu évoquais l'Enquêteur, il était évident que tu gardais encore rancœur de sa mésaventure dans le petit salon. Je ne voulais pas mettre ce sujet sur la table. Tu m'aurais alors reproché de ne pas t'en avoir fait part immédiatement, dès le départ – alors que nous savons, toi et moi, que si je l'avais fait, tu n'aurais jamais voulu, à cause de la menace de l'Agent du Diable, et nous aurions eu la même discussion que maintenant. Peut-être nourrissais-je un peu l'espoir que l'Enquêteur ait fini sa tâche avant que tu n'aies envie d'y retourner. J'ai conscience de ma stupidité, mais je ne voulais pas que nous nous disputions, pas parce que j'ai peur de toi, mais simplement parce que je t'aime. »

Aucune véritable logique ne pouvait réellement soutenir ses paroles, pourtant, il était évident que l'Amour ne suivait pas de réelles logiques. Romain voulait fuir les disputes, non pas parce qu'il avait peur de Louisa, non, il n'avait aucune raison d'avoir peur d'elle, après tout n'était-ce pas lui qui parvenait à désamorcer ses colères noires ? Mais simplement parce qu'il ne voulait pas qu'ils se déchirent pour cela. Hélas, bien souvent, c'est en voulant empêcher de tomber dans un mal que l'on finit dans un autre, bien pire. Le baron soupira en silence. Si seulement cette discussion pouvait se terminer ici et maintenant... Hélas, ce ne serait pas le cas. Oui, Romain avait probablement trahi un serment et bien qu'il respectait les autres scrupuleusement, cela ne donnait qu'encore plus d'envergure à celui qu'il venait de rompre. Oui, il était conscient de tout cela. Toutefois, lorsqu'elle lui demanda quelle preuve il avait pour lui prouver qu'il ne recommencerait plus, il ne put s'empêcher de ressentir une prompte colère qui s'embrasa comme un fétu de pailles et retomba.

« - Si ton cœur ne répond pas à cette question de lui-même, alors je n'ai aucune preuve à t'apporter. »

On ne pouvait fournir aucune preuve qu'on ne recommencerait plus. Car si l'autre demandait des preuves pour croire la parole, on ne pouvait lui en donner par celle-ci. C'était un peu comme le serpent qui se mord la queue...

« - Tu me demandes de te donner des preuves justifiant ta confiance en moi. Comment pourrais-je t'en donner par moi-même, moi qui vient de te trahir ? Si tu ne me fait plus confiance, je ne peux pas t'avancer de preuves. »

Romain s'était fait un peu plus distant encore. Il n'aimait pas la tournure de cette discussion, vraiment pas. Mais s'ils devaient passer par là... C'était de sa faute après tout.

« - Tu n'es pas « dure », tu es entière. Entière et têtue. Lorsque tu as une idée en tête, il est très difficile de te faire faire des compromis. Je n'avais pas envie de lutter, alors que tu étais remontée contre cet homme, pour te faire faire ses compromis. J'avais des obligations, des choses en tête, il m'arrivait même parfois d'oublier qu'il logeait chez nous. »

Il soupira.

« - Tu penses peut-être que je ne pense pas à « nous » ? Crois-tu seulement que je n'en fais que pour « moi » ? Louisa... Tu es là seule chose importante à mes yeux avec Anna et Dimitri, j'ai depuis longtemps oublié le « moi » dans l'équation qui régit ma vie. J'aimerais seulement que tu le comprennes. »

Lorsqu'elle lui demanda une promesse, il la regarda profondément pendant quelques instants, puis il répondit:

« - Et toi Louisa ? Promettrais-tu de tout me dire ? Alors que tu en avais fait la promesse aussi et que pourtant tu m'as caché ce rendez-vous à la Collégiale ? »

Son ton n'était pas à la réprimande, ni au reproche. Mais s'il promettait de tout dire, alors il faudrait que cela soit réciproque.
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MessageSujet: Re: Quand sonne l'heure d'une dispute   Lun 11 Avr 2011 - 16:01


Ils s’aimaient. C’était la seule certitude de cette femme. Ils étaient sur la même longueur d’onde pour beaucoup de chose. La réussite de leur mariage n’avait pas de secret. Ils s’étaient trouvés. Ils avaient cette chance –inouïe- de se trouver. Mais … la perfection n’était pas possible. Ils étaient deux êtres distincts. Ils ne pouvaient pas être d’accord sur tout.

-« Mais les disputes ça fait parti de la vie d’un couple Romain. »

Louisa avait presque sourit devant ce pacifisme qu’elle connaissait bien. La paix n’avait de valeur qu’après la guerre. Mais c’était un raisonnement bien à elle. Il était sain de pouvoir se confronter à l’autre. Cela permettait de le connaître mieux, de grandir, d’évoluer sans fin. C’était ce qu’elle disait à leurs enfants quand ils se chamaillaient. Tout le monde apprenait de ses erreurs. Le couple avait fait des erreurs. Mais tout pouvait s’arranger.
Voilà qu’il se mettait en colère à son tour. Alors qu’il lui donnait raison sur toute la ligne à l’instant. Il faisait un amalgame. Les doutes de sa femme n’étaient-ils pas légitimes ? Qu’il s’offusque maintenant était quelque peu agaçant. L’art et la manière d’inverser les choses. Autant Lou pouvait reconnaître ses torts autant elle n’acceptait pas de passer pour la mauvaise. L’Amour n’était pas en question. Ce n’avait jamais été un sujet de discorde pour eux.

-« Tu peux entendre que je suis surprise, non ? J’ai besoin de toi. Mon cœur m’hurle, que l’homme que j’aime, n’aurait jamais fait une chose pareille. Sans toi je n’ai plus de repère. »

C’était aussi simple que cela. Cette phrase résumait tout. La belle couturière était une femme forgée dans la passion. Romain en était la source. Il mettait en péril son équilibre. C’était injuste. Mais c’était ainsi depuis des années. Il avait une responsabilité. La vie et leur histoire l’avaient imposée. Si Lou était aussi indépendante, c’était uniquement parce qu’ils étaient les plus forts. Parce que quoi qu’il se passe dans cette vie, il était là. Romain était le pilier.


Il était entrain de lui donner raison sans même s’en rendre compte. Il avait évité le conflit par commodité. Un air furibond passait sur ses traits. Elle en avait assez de cette discussion sans fin. Il ne voulait pas admettre certaines choses. Bien. Ils avaient tout le temps d’y revenir. Oui Lou y reviendrait. Cette mésaventure révélait des choses qu’elle n’avait pas vue jusque là. Ils n’arriveraient plus à rien ce matin.
Inutile de dire qu’oublier que l’ennemi d’un tueur oublié dans sa maison la révoltait. Mais la dame fatiguait. Elle n’avait plus vingt ans. Alors elle taisait son avis à son tour. Elle mettait en sourdine son désaccord pour la paix commune. Ils étaient si têtus. Son cher amour était si chevaleresque. De quoi faire sourire son interlocutrice. Elle n’y arriverait pas.

-« J’aimerai que tu comprennes que je fonctionne de la même manière. Comment aurais-tu réagis à ma place ? »


Naturellement il lui retournait la demande. C’était logique. C’était même prévisible. Son regard était un peu moins enflammé. La chaleur commençait à lui peser. Elle n’avait plus l’énergie au combat. D’ailleurs elle ne voulait pas le combattre, lui son seul, unique, allié. Louisa voulait juste que tout redevienne normal. Elle fouillait son regard. Il ne le ferait plus. C’était le premier et dernier secret. Lentement Louisa s’approchait de lui. Le papillon à jamais attiré vers sa flamme.

-« Je te le promet. »


Une main douce allaient effleurer la sienne calmement.
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MessageSujet: Re: Quand sonne l'heure d'une dispute   Mer 13 Avr 2011 - 9:57

« - Je sais que les disputes font partie de la vie de couple Louisa. Mais ce n'est pas parce que les tempêtes font partie de la vie d'un marin que ce dernier a envie des les affronter à chaque sortie en mer. »

L'image était le seul moyen qu'il avait trouvé pour parfaitement dire ce qu'il pensait. Après tout, qui pourrait vouloir la dispute ? Romain ne la désirait pas, il ne la fuyait pas car si elle pointait à l'horizon, il ne la fuyait pas. Après tout, il aurait très bien pu fuir cette discussion, puis une autre, et encore une autre, mais ce n'était pas la façon d'être du Baron Zimmerman. Il aurait fait face, même si cela avait du conduire à bien pire que cette « petite » dispute. Il y avait eu de la casse, assurément, mais ils s'en sortaient bien. C'était évident.

Le ton de la dispute avait fait place à celui d'une calme discussion. Le sujet était toujours plus ou moins le même, mais la colère n'y était plus, ou alors elle était sourde et muette. Romain préférait penser que c'était la première solution, car lui n'était plus en colère et il préférait savoir que son épouse avait laissé passer sa colère aussi. Il comprenait sa réaction, à sa place, il serait surement tombé des nues lui aussi, mais il ne se connaissait que trop bien, il aurait cherché à comprendre par tous les moyens et il aurait compris.


« - Bien sur que je comprends que tu sois surprise. Bien sur que je peux comprendre que tu te sentes trahie. Tu es ma force comme je suis la tienne, et aujourd'hui j'ai failli, à tes dépends. J'en suis extrêmement désolé Louisa. »

Il préféra ne pas remettre le tapis sur ce qu'il s'était passé avec l'Inquisition, sur le fait qu'elle ne lui avait rien dit, qu'elle était partie toute seule à la Collégiale et qu'elle avait bien failli tuer une sœur... L'espace d'un instant, à l'évocation de cette pensée, il revit le regard qu'avait sa femme en cet instant présent. Quelle fureur dans ses yeux ! La nonne devait l'avoir poussé dans ses derniers retranchements, c'était évident. Il n'y a que lorsqu'elle était acculée que Louisa déployait sa fureur de tigresse. Plus farouche qu'un félin en colère, elle pouvait être dangereuse, il n'en doutait pas. Était-ce cela ses vraies fureurs ? Se retenait-elle pour lui ? Il eut un léger doute pendant un instant.

La dispute s'était désamorcée d'elle-même. Il y aurait surement des choses à remettre sur la table, peut-être lorsqu'ils seraient seuls, à la tombée de la nuit, dans l'intimité de leur chambre ou de la bibliothèque. C'était évident, même si tout semblait aller mieux, ils ne pouvaient en rester là, il faudrait discuter encore, plus posément, plus calmement, plus logiquement qu'en cet instant. Car ce n'était plus tant la logique qui déterminait leurs paroles et leurs actes en cet instant, mais plus la passion des sentiments, quels qu'ils soient. Lorsqu'elle se rapprocha doucement de lui, Romain resta interdit quelques instants, jusqu'à ce qu'elle lui promette ce qu'il avait demandé. Lorsque la main de son épouse effleura sa main, ce fut comme si un barrage cédait en lui. Sentiments et passions déferlaient, libres, charriant les restes bétonnés de l'édifice de retenue. Il prit alors Louisa dans ses bras, comme s'il l'enlaçait pour la première fois, comme si c'était leur première étreinte d'amants, comme si rien entre eux n'avait existé jusqu'à maintenant. La chaleur de Louisa réveilla un brasier qui avait sans doute légèrement faibli. Cherchant son regard, il promit à son tour:


« - Je te le promet Louisa. »

Sur ces mots, il la serra davantage contre lui. Il avait l'impression de retrouver quelque chose, comme s'il l'avait perdu pendant un temps horriblement long.

« - Je t'aime tant Lou... Pardonne-moi. »
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MessageSujet: Re: Quand sonne l'heure d'une dispute   Ven 15 Avr 2011 - 17:18

Louisa se demandait si elle n’était pas trop entière. Si ce sang slave ne l’avait pas rendue trop hargneuse pour ce royaume. Elle avait souvent l’impression d’aller trop loin. Pourtant tout en elle lui disait qu’elle avait raison. Romain était le marin. Elle était la sirène qui l‘entrainait vers les récifs. Elle n’aimait pas cela. Il ne méritait pas cela. Il était patient avec elle. Bien plus que n’importe qui d’autre. Lou ne pouvait pas oublier tout ce qu’il avait apporté à son existence.
Maintenant que la tornade s’apaisait Louisa ouvrait les yeux. L’esprit de nouvelle alerte se rendait compte. Comme à chaque fois… elle s’en voulait. C’était cet environnement qui exacerbait tout ces plus noirs côtés. N’est-ce pas ? La couturière n’avait pas dérivée ainsi depuis la mort de monsieur Maulne. Cet Agent qui leur empoisonnait l’existence. Cela devait jouer. Son regard s’apaisait quelque peu.


-« Je sais que tu l’es. J’ai mes torts aussi. Je regrette. Je ne voulais faire de mal à personne. »


Ou si elle avait voulu en faire ce n’était qu’à coup de mots et non de poings. Ses démons avaient pris le dessus. Tant que cette ville ne serait pas libérée Lou serait fragile. Elle n’y pouvait rien. C’était sa nature de protéger sa meute. Pour eux elle pouvait faire du mal. Elle pouvait tuer. C’était une certitude encrée dans son cœur. Le patriarche de Silvianov l’avait comprit dés qu’il l’avait vue. Le sang ne faisait pas peur à celle qui se piquait les doigts. Il était clair que si la dame avait eu le poignard dans sa main cette nuit là…
Il ne fallait plus y penser. Elle n’était plus en état de faire la guerrière. Lou devait être l’épouse et la mère dont ils avaient besoin. Pendant une seconde elle avait craint qu’il refuse son geste. C’était peut être la plus grande de toutes ses peurs intimes. Que Romain la repousse. Il avait pouvoir sur son bonheur. Se retrouver contre lui était un soulagement inexplicable. Ses bras l’enlaçaient avec une force presque désespérée.


A la face du Dieu Louisa retrouvait sa place. Là, contre cet homme, elle était elle. Oui c’était elle cette femme qui aimait à en perdre la raison. C’était fini. Ils ne se mentiraient plus jamais. Il n’y avait plus rien à craindre. L’amour triomphait. Les lois naturelles reprenaient les commandes. En lâchant prise madame Zimmerman payait le prix de son emportement. Une chute de tentions lui faisait perdre un peu d’équilibre. Alors elle se serrait elle aussi plus contre sa moitié. Le visage niché contre sa gorge elle fermait un peu les yeux.


-« Je t’aime… plus que tout le reste. »


Son ventre gros s’imposait entre eux. A l’écoute de leur communion Louisa sentait un mouvement. C’était aussi étrange que les autres fois. C’était comme si le bébé bougeait de deux endroits à la fois. Cela l’intriguait un peu. D’ailleurs elle devait aller voir l’une des sages femmes de Rosbruck dans quelques jours. Pour le moment elle se conterait d’un bon déjeuner et un doux sommeil dans ces bras. Sa bouche chaude embrassait doucement la joue blanche. Elle s’éloignait un tout petit peu pour plonger dans son regard.


-« Je crois que Lucile ce serait parfait en fin de compte. Je suis sûre qu’elle apportera la lumière. »


Depuis le début Louisa était persuadée d’attendre une petite fille. L’idée du prénom prenait tout son sens ce matin. Le futur papa avait bien choisi. Le nouveau membre de cette famille allait soutenir leurs désirs de pays et d’harmonie. Ils survivraient à tout ce mal. Narguant tous les dangers l'épouse capturait les lèvres de son aimé sans retenir ni tendresse, ni soulagement et encore moins la passion.
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Quand sonne l'heure d'une dispute

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