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 Fleurets et vers [terminé]

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MessageSujet: Fleurets et vers [terminé]   Mar 5 Avr 2011 - 13:26

Une fois qu'Elena avait accompagné Sœur Béatrice chez sa couturière personnelle, Elena rentra au galop pour rentré au manoir. Elle profiterait de l'absence de la none pour parler à son apprenti sans avoir à s'inquiéter. Une fois le cheval arrêté devant l'écurie, elle le confia à un domestique, voulant retrouver rapidement son élève. Elle aurait aimé de s'occuper du bel étalon, mais il fallait qu'elle parle de toute urgence au fils du Duc. Elle entra donc avec une certaine vivacité dans le manoir par la petite porte cachée à côté de l'escalier. Elle fit mandé Luc dans la salle d'entraînement, salle que notre cher none n'avait pas visité. Situé au premier étage derrière une des portes du couloir où résidait Luc. La jeune femme passa d'abord se changer dans sa chambre pour s'adonner à son passe temps favoris, le fleuret. Elle enfila un pantalon, ce qui n'était pas bien accepté à l'époque si on l'avait vu, une chemise à jabot, que son frère lui avait offert et rejoignis la salle.

Elle était la première et décida d'attendre son apprenti. Elle se saisit d'un fleuret et alla devant une des fenêtres contemplé l'extérieur en attendant que Luc arrive. Elle écoutait chaque son, le bruit sourd des pas qui s'approchait ne lui échapperait en aucun cas.

Elle inspira un grand coup pour effacer toute nervosité, mais elle ne put s'en débarrasser pleinement. Luc devait savoir que Sœur Béatrice était inquisitrice et qu'elle resterait quelques temps. Et ils devraient du même coup sûrement ralentir la cadence des apprentissages de sorts. Or de question de se faire bêtement avoir. Même si, pour Elena, cette femme n'avait rien à faire là dedans. La cadette des Mirova était persuadée de plus en plus que cette jeune donzelle méritait une vie normale et non celle de none aux services des chiens galeux de l'Inquisition.

Du coup Luc continuerait sa maîtrise du fleuret, ce qui n'était pas pour lui déplaire puisqu'il aimait fort bien se battre et que son niveau était quasi égal à celui de son aguérrie. Mais, ce qui plaisait par dessus tout aux deux sorciers c'était de faire des vers. Amoureux de la connaissance, de la poésie et du combat, Elena avait trouvé un moyen ingénieux de corser la tâche. Le combat de fleuret se déroulait de la manière suivante. Il fallait déclamer un vers, connu ou non, en portant un coup. La concentration s'en trouvait donc mise à rude épreuve ce qui permettait tout autant à la jeune femme de s'améliorer puisqu'elle avait parfois quelques difficultés à ce sujet.

Mais pour le moment, là, elle était bel et bien concentrée. Elle veillait, sachant qu'il ne tarderait pas. Le dos tourné à la porte, elle guettait tel un animal attendant sa proie comme une évidence. Une proie qui viendrait forcément, et qui viendrait de son plein gré, soumise à la hiérarchie. Une proie qui n'en était pas vraiment une puisqu'elle ne lui voulait pas de mal. Elle ne retiendrait jamais ses coups, il était trop bon pour cela. Se retenir n'aurait pas été lui faire honneur.


[un peu court mais bon c'est un simple intro Smile j'espère que ça te plait]


Dernière édition par Elena Mirova le Mar 26 Avr 2011 - 15:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fleurets et vers [terminé]   Mar 5 Avr 2011 - 20:59

Passé le petit déjeuner, Luc s’était retiré dans le petit bureau par lequel il passait le soir de ses virées nocturnes pour ne pas réveiller la maisonnée. Lorsqu’il était arrivé dans la bibliothèque, il ne put s’empêcher de resonger à l’épisode de la matinée. Il se revoyait parfaitement par terre, la jeune sœur sur lui. C’était assez incroyable la manière dont son esprit se souvenait précisément de tous les détails. Il revoyait l’ondulation du tapis provoquée par la chute, le livre de la jeune femme déposait sur la petite table ronde à côté du fauteuil où elle s’était assise. Il y jeta un regard avant de choisir un autre livre pour lui. Luc préférait le romanesque à la philosophie, même s’il en lisait de temps en temps, mais il avait besoin de s’évader dans un autre monde, une autre réalité avec d’autres personnages. Son esprit était trop occupé par la jeune Béatrice et il lui fallait une autre activité. Il reprit un roman qu’il avait commencé quelques jours plus tôt et qu’il avait interrompu pour quelques activités en plein air. Cela racontait l’histoire d’un homme-lige d’un Roi qui se retrouvait injustement associé à un complot visant à assassiner le Roi et qui menait lui-même son enquête, traqué par les forces royales, pour prouver son innocence, mais avant tout, pour protéger l’homme qu’il avait juré et jamais cessé de servir. C’était assez banal, comme la plupart des histoires une fois qu’on en avait suffisamment lues, mais cela eut le mérite de plonger Luc dans un monde où Béatrice n’existait plus.

Un serviteur vint le chercher une heure ou deux plus tard. Eléna le demandait dans la salle d’entrainement. Si c’était le cas, elle désirait faire de l’escrime. Leurs fameux exercices d’escrime poétique. En effet, il était devenu trop facile de jouer simplement du fleuret entre eux deux. Comme il apprenait vite en sorcellerie, elle apprenait vite à l’escrime. Si Luc avait pu suivre de très nombreux cours, son aguerrie avait également fait montre de beaucoup d’habileté. Aussi, pour compliquer la tâche, elle avait eu l’idée d’ajouter la déclamation de vers lors des assauts. Il fallait donc se concentrer davantage pour être capable d’aligner des rimes et contrer les attaques adverses qui n’étaient pas gentilettes. Luc et Eléna avaient cessés depuis longtemps de se faire des cadeaux. Le fils du Duc était encore un peu gentleman mais il savait qu’il n’était plus nécessaire de tendre la perche à la jeune femme pour qu’elle puisse le défaire. Il n’avait pas honte de cela car elle était une redoutable escrimeuse et lui-même savait que son niveau en ferait pâlir plus d’un s’il devait s’en servir dans la vie réelle.

Fermant son livre et le laissant sur le bureau, il prit la direction de sa chambre où il défit le haut de sa tunique et se mit dans une tenue un peu plus décontractée pour pouvoir combattre correctement. Il sortit ensuite, traversa le couloir et parvint dans la grande salle d’entrainement. Eléna se trouvait face à la fenêtre. Il savait qu’elle n’avait pas loupé son arrivée, elle était ainsi dans ses moments, toujours très concentrées. Son seul point faible était la durée, avec le temps et la fatigue, elle ne tenait plus correctement sa garde. Aussi cet exercice était excellent pour elle, mais aussi pour lui. Il saisit un des fleurets avec lequel il fendit l’air de deux ou trois mouvements pour s’amuser.


« - Mon aguerrie, stoïque, semble être aux aguets,
Se peut-il que son esprit soit fort occupé,
Par un de ces sujets importants et sacrés,
Ou ne serait-ce qu’une façade créée ?

Vous sembliez, tout à l’heure, fort préoccupée,
Serait-ce à cause de ta nouvelle invitée ?
Tu sais qu’à moi, tu peux complètement te livrer,
Car comme une tombe, je sais rester muet. »


Il arbora un sourire amusé. Parler en vers était quelque chose qu’il affectionnait particulièrement, car cela avait un don de mettre l’emphase sur les propos que l’on formulait, un certain relief assez agréable.
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MessageSujet: Re: Fleurets et vers [terminé]   Mer 6 Avr 2011 - 10:40

Il était étonnant de voir comme le temps passait lentement lorsqu'on attendait quelqu'un ou quelque chose? Tout semblait passer au ralenti, comme pour laisser le bénéfice du doute s'installer lentement, s'insinuer dans le moindre recoins de l'esprit.

Ce n'était rien qui s'apparente au doute qui rongeait Elena, c'était un cauchemar et une méchante nouvelle. D'abord elle devait annoncer à son apprenti que Sœur Béatrice n'était pas une simple femme mais plutôt une sorte de traîtresse à la religion pour la famille Mirova et pour les sorcières. Ensuite elle n'arrivait pas complètement à se dépêtrer de ces visions horribles qui l'avait hantées plus tôt dans la nuit, détruisant le restant de sommeil qu'elle aurait voulu avoir. par chance son attente n'était pas vaine puisqu'enfin on entendait les signes d'une approche.

Un pas, deux pas, trois pas... Le bruit sourd se rapprocha de la large porte de la salle d'entraînement. A ce moment, Elena fixait un couple d'oiseaux virevoltant dans les branchages face à la fenêtre. Elle ne cessait de veiller la venue de son élève. Lu entra dans la salle, il avait sûrement le sourire aux lèvres en passant l'encadrement. Il avait ensuite prit un fleuret et fouetté l'air trois fois, des précis, net, sans pitié. Nul doute qu'avec une arme tranchante il aurait fait des malheurs. Alors qu'il s'approchait de sa maîtresse il déclama le premier quelques vers. Luc préférait créer de la poésie et il y était doué.


« - Mon aguerrie, stoïque, semble être aux aguets,
Se peut-il que son esprit soit fort occupé,
Par un de ces sujets importants et sacrés,
Ou ne serait-ce qu’une façade créée ?

Vous sembliez, tout à l’heure, fort préoccupée,
Serait-ce à cause de ta nouvelle invitée ?
Tu sais qu’à moi, tu peux complètement te livrer,
Car comme une tombe, je sais rester muet. »


Elle se retourna lentement au premier couplet, le visage plus ferme qu'a l'accoutumé. Le comportement d'Elena n'était pas feint. Elle n'avait guère d'intérêt à le faire puisque Luc avait sa confiance et que celui-ci était fort doué pour déceler quand son aguerrie n'était pas dans son état normal. Légèrement lasse, elle avait reprit plus de vivacité qu'au petit déjeuner. Mais elle ne pouvait s'empêcher d'entendre encore quelques fois les cris de violence, le crépitement des flammes.

Elle redressa son fleuret pour se mettre en garde. Et elle déclama à son tour comme pour lancer les hostilités.


"On ne peut, effectivement, rien vous cacher
Mais il me faut vous avertir d'un chose sur notre invitée
La jeune femme pourrait nous pousser vers les abysses
Car en effet, c'est une servante inquisitrice

Ainsi donc nous devrons peut-être cesser
Certains apprentissages et magiques activités
Si l'on ne veut payer le prix
Réservés à tous les impies."


Elle avait lâché la nouvelle et s'attendait à présent à ce que Luc la questionne sur la décision de son hôtesse. Elle n'avait pas pour habitude de fricoter avec l'inquisition, c'est donc qu'elle avait un très bonne raison. Elle jeta le fleuret vers son adversaire, faisant une cercle parfait dans l'air avant de s'avancer vers le bars droit de son apprenti. Elle attendit une réplique de son élève qui ne tarderait pas. Espérons juste qu'elle reste suffisamment concentrée pour ne pas se faire perturbée par ses cauchemars de la veille.
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MessageSujet: Re: Fleurets et vers [terminé]   Jeu 7 Avr 2011 - 9:57

Les préludes étaient toujours importants, qu'ils soient pour la littérature, la musique ou même l'amour. Ce n'était pas un prélude amoureux qu'ils créaient mais un prélude à leur duel. On ne pouvait décemment se lancer dans un combat sans même dire un mot pour son adversaire. Après tout, ils n'étaient pas que là pour s'affronter à grands renforts de fentes, de feintes, de parades et d'estocs. Du moins pas que. La mine aussi soucieuse d'Eléna cachait quelque chose qu'il tenterait de déterminer. L'esprit, occupé à l'escrime, oubliait parfois que certaines choses étaient à cacher, c'était ainsi. Luc ne voulait pas subtiliser des informations à son Aguerrie, mais simplement comprendre pourquoi elle semblait si soucieuse, si tourmentée. Il avait d'ailleurs espéré que ses premiers vers seraient accueillis avec plus de douceur et un peu plus de temps de répit, mais ce ne fut pas le cas. Elle s'était retournée face à lui, le visage tendu et fermé, beaucoup plus que d'habitude, beaucoup plus que toutes les fois où ils s'étaient vus. Luc et Eléna n'étaient pas amants, encore moins amoureux, simplement amis – et un peu plus de part la sorcellerie – mais pourtant, ils avaient rarement de secrets l'un pour l'autre car ils pouvaient toujours parler, déballer ce qui leur pesait sur le cœur. On réfléchissait parfois mieux à deux. Pourtant elle restait inaccessible. Ce n'était pas la première fois, mais cela inquiétait toujours Luc qui, finalement, alors qu'Eléna semblait passer à autre chose, oubliait pour s'en souvenir la fois suivante.

* Tu sais que tu peux me faire confiance, Léna. Dis moi ce qui te ronge ainsi. *

Elle commença à son tour à déclamer plusieurs vers, s'avançant doucement vers lui. Son fleuret se mit en garde comme celui de Luc. Elle ne tarderait pas à frapper, tout en continuant de parler. Leur jeu était ainsi, point de pause pour parler, si l'on avait quelque chose à dire, il fallait le faire en combattant. Pire encore, pour combattre, on devait avoir quelque chose à dire. Elle lui avoua poétiquement que Sœur Béatrice était une Inquisitrice, chose qu'il savait déjà mais dont il avait feint de connaître la réalité. Autant les révélations n'en étaient pas vraiment, ce qui lui permit sans doute de se défendre avec beaucoup de facilité face à l'assaut de la jeune femme, autant ce qui le tracassait réellement était la raison pour laquelle elle avait tenue à héberger une personne travaillant pour l'Inquisition. Ils échangèrent deux trois passes que Luc fit pour les mettre en jambes et chauffer leurs muscles.


« - Ainsi donc... voilà le secret très bien gardé,
Qui concerne notre chaleureuse... invitée.
Il serait... effectivement... plus que sage,
D'être... prudents concernant... l'apprentissage. »


Et oui, parler en jouant du fleuret n'était pas évident, d'autant qu'il fallait penser également à respirer pour ne pas s'essouffler trop rapidement. Leur escrime était un sport de longueur, où le plus concentré et le plus endurant finissait par l'emporter.

« - Néanmoins,... une question me chiffonne,
Pourquoi donc... ici... inviter une nonne ?
Vous aurait-elle... subjuguée à ce point... Léna ?
Ou n'est-ce que le fruit... du hasard.. qui... frappa ? »


Son Aguerrie se défendait bien pourtant Luc tentait des coups particuliers car il savait que lorsqu'il parlait, il était forcément plus vulnérable, alors il fallait prendre l'ascendant lorsque l'on faisait un petit discours. Cela permettait de ne pas avoir à se défendre de trop, ce qui demandait plus de concentration.
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MessageSujet: Re: Fleurets et vers [terminé]   Lun 11 Avr 2011 - 10:42

Luc sentait qu'il ne serait pas aussi simple que cela de faire avouer à la jeune femme ce qui la tourmentait. Elena se cachait derrière un masque trop fin et trop fragile devant son apprenti mais suffisant pour ne pas laisser l'information si facile à obtenir. Le jeune élève ne semblait pas trop perturber sous le poids de l'annonce d'Elena et para de manière un peu trop parfaite l'attaque qu'on lui servait. En tant normal, la jeune femme aurait réagit en se demandant la raison de cette perfection dans son mouvement, qui aurait du être un peu fracassé, moins précis.

L'exercice prenait forme de manière plus soutenu, le souffle s'écourtait pour chacun et il fallait en même temps essayer d'accorder les mots. C'était un peu de l'improvisation car il fallait laisser le moins de temps possible son esprit occupé par les rimes.

"Inviter une femme de son rang
Aurait été pur folie et plutôt déroutant
Mais quelque chose en elle vit encore
Son innocence ... tapit au fond de son esprit dort."


Elena avait pris une petite pause pour reprendre un peu de souffle. Elle avait eu du mal à trouver la fin de son dernier vers. Son cerveau commençait à prendre un peu trop de temps à penser à la poésie et pas assez au combat. Le fleuret fouetta la peau d'Elena tailladant légèrement le tissu à l'épaule. La peau rougit avec le choc et subit le même sort que le coton blanc de la chemise. La chemise rougit légèrement et Elena comprit qu'elle devait se ressaisir. Les hurlements vibraient à nouveau dans sa tête et ses yeux perdirent l'espace d'une micro second la vision de la réalité pour voir dans ce cauchemar qui l'avait secoué. Elle haleta sans pour autant s'arrêter de combattre. Les cris stridents finissaient par la déconcentrer plus que de raison, comme si tout cela s'intensifiait.

"La garder tout près de nous
Sera plus sage que lui tourner le dos
La rallierai-je peut-être avec mes mots
Et elle nous libérerai de notre joug"


En effet Soeur Béatrice était capable de devenir un bouclier imparable à l'Inquisition si Elena parvenait à en faire une alliée plutôt qu'une ennemie. Ainsi elle deviendrait leur parole salvatrice en cas d'accusations ou de doute. Elle pourrait témoigner de la force pieuse qui régissait le manoir et de la normalité des mœurs des Mirova. Elena fendit l'air avec un peu plus de vigueur pour tenter de rendre le coup que Luc lui avait porté. En tant normal, Elena ne faiblissait pas aussi tôt et cette erreur eu sûrement pour effet d'accroître l'inquiétude de Luc vis à vis de ce qui paralysait une partie de la concentration de son Maître. La sorcière avançait rapidement sur la piste d'entraînement vers son adversaire et tenta une manœuvre pour le dérouter et le repousser en arrière avec une petite pointe d'agressivité peu commune. Son attitude n'était vraiment pas habituelle et ce déséquilibre était notoire. Elena bataillait plus à l'intérieur d'elle même et cela la rendait plus vive et plus sensible en réalité, du coup cela se ressentait dans son jeu et son combat.

Elle ne voulait pas parler de suite, pourtant les mots étaient proches de jaillir. Un coup de vent dehors plaqua violemment une branche d'arbre sur la vitre et déconcentra à nouveau Elena qui sursauta démesurément et bondit en arrière maladroitement, manquant de perdre l'équilibre. Cette fois-ci elle fronça les sourcils. Elle n'était vraiment pas à ce qu'elle faisait! Ce n'était plus de la perte de concentration à ce stade là, c'était l'absence totale de réaction rationnelle vis à vis du combat présent.

*Allons, reprend toi Elena. Tu inquiètes ton protégé!*

Elle reprit son équilibre et sa contenance et repartit à porter de fleuret pour que Luc fasse ces déclamations. Son front peinait à se dérider et reprendre une attitude décontractée.
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MessageSujet: Re: Fleurets et vers [terminé]   Mer 13 Avr 2011 - 17:48

L'escrime... L'une des passions de Luc. Celle inspirée par son père. Ce dernier, grand duelliste lui aussi, aimait à raconter que les de Rohan étaient une famille de nobles à la pointe effilée. Il n'hésitait d'ailleurs pas à rappeler, à chaque occasion, que le titre de la famille avait été conquis lors d'un duel à l'épée par son arrière-arrière-grand-père. Luc devait admettre qu'il connaissait l'histoire presque par cœur, avec le temps, mais son père la racontait avec une telle ferveur qu'il était presque inconcevable de l'arrêter avant qu'il n'ait terminé. Le fils restait plus discret sur cette histoire « exemplaire » de famille et se contentait d'apprécier le sport et ses qualités, autant morales que physiques. Escrimer était un sport complet et l'on sortait rarement indemne d'une confrontation amicale avec quelqu'un dont le niveau était similaire au sien. C'était une manière très noble de se dépenser, en soignant notamment quelques notions d'honneur et de politesse. C'était avant tout cela l'escrime : des valeurs. Le père de Luc s'était acharné à les lui faire apprendre avant même le maniement du fleuret et le fils devait admettre qu'il était bien content d'avoir appris ces valeurs, car elles étaient tout autant utiles dans la vie que dans l'escrime. L'honneur était une chose importante, car l'homme qui n'en possédait aucun ne pouvait jouir d'un statut d'homme. On ne vouait du respect qu'aux gens aussi voir plus honorables que soi, ou alors à ceux que l'on craignait, mais ce n'était plus vraiment du respect dans ce cas-là.

Les premières passes avec Eléna furent relativement simples, même si elle semblait s'ingénier à essayer des nouveautés dans ses mouvements. Le problème n'était évidemment pas dans sa technique, mais elle semblait véritablement ailleurs. Elle n'avait pas entièrement son esprit tourné vers l'instant présent, vers la confrontation. Dans une situation réelle cela aurait pu lui coûter la vie mais ils n'en étaient pas là. Luc se contentait de maintenir un niveau équivalent à celui de son Aguerrie pour ne pas la brusquer. Il savait que quelque chose n'allait pas, mais pour savoir quoi, il lui faudrait tirer les vers du nez et pour pouvoir y parvenir, il lui faudrait déclamer quelques vers supplémentaires.

* Parler en vers pour tirer des vers d'un nez dont ils sortiront en vers. Voilà finir vert. *

Luc eut un sourire amusé à cette réflexion et para un peu maladroitement un assaut de son Aguerrie. Il l'écouta parler de la nonne, alors qu'elle lui expliquait qu'elle ne l'avait accueillie dans son Manoir que parce qu'il lui semblait que cette jeune femme n'était pas une fanatique religieuse. Oui, c'est ce que Luc pensait aussi. Cette pauvre Béatrice avait été vouée à quelque chose dont elle espérait peut-être secrètement s'enfuir. Qui plus est, garder une Inquisitrice sous son toit était effectivement un dangereux moyen, mais très utile s'il fallait un alibi. Ils devraient jouer le jeu mais après tout ce n'était pas bien difficile.


« - Ce point de vue, tel qu'il est énoncé, me plait.
Mais pensez-vous vraiment pouvoir réaliser,
Ce jeu dangereusement serré et risqué,
Qui est, de ses ordres, ainsi la détacher ? »


La question était de taille. Faire rompre des voeux n'est pas une mince affaire, Eléna se rendait-elle compte de ce qu'elle essayait de faire ? Cela pourrait lui valoir des ennuis, il faudrait qu'elle reste subtile dans ses déclarations. Pousser quelqu'un dans une direction sans lui montrer la voie directement n'était pas évident. Toutefois, Luc n'attendait qu'une chose, passer au vif du sujet.

« - Eléna, peut-être s'agit-il d'un secret,
Mais comprendre ce que vous ronge, j'aimerais.
Vous n'avez dit un mot au petit-déjeuner,
Et, avouez-le, vous n'avez pas l'air en paix. »


A la fin de l'envoi... On touche.
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MessageSujet: Re: Fleurets et vers [terminé]   Dim 17 Avr 2011 - 15:19

Luc comprit le point de vue qu'offrait son Aguerrie mais par ailleurs il soulignait la complexité de l'affaire quand à la faire sortir des ordres. En réalité, Elena ne cherchait pas à la faire sortir des ordres, mais plutôt à lui faire voir peut-être un jour la possibilité de savoir qui était réellement les sorcières. Lui faire comprendre qu'elle n'était pas d'horribles démons jouant avec un pouvoir dont elles ignoraient tout. Mais ce n'était pas non plus une mince affaire. Après tout ils verraient bien comment se profilerait l'avenir et comme la jeune Sœur réagirait au contact de cet environnement. Pourtant Elena voulait tenter l'impossible et sortir cette femme du trou dans lequel on l'avait poussé violemment deux années auparavant. Elle méritait une autre vie et le voulait plus sûrement que ce qu'elle pensait. Sœur Béatrice regrettait le choix de ces parents et même si elle s'y était résigné, elle avait une farouche envie de pouvoir faire ce que personne ne faisait. Si elle trouvait moyen de quitté les ordres elle le ferait! Elena en était plus que convaincue.

Mais Luc disait vrai, c'était un pari bien risqué qu'elle faisait là et elle devrait jouer dans la subtilité la plus totale. Mais avant de faire quoique ce soit il faudrait gagner sa confiance, devenir un réceptacle amicale, un écho dont la jeune sœur aurait besoin pour trouver des repères solides. Elena voulait donné une chance à une amitié possible qui débutait sa naissance timidement. Qui sait, peut-être riraient-elles plus tard de la façon dont Elena avait plus ou moins enguirlandé Sœur Béatrice à sa venue au manoir? Cette pensée était réconfortante et la jeune noble ne chercha même pas à trouver une réaction négative, une impossibilité de la prendre comme amie.

"Il est vrai que je ne peux que l'inspirer
Je respecte ses profondes convictions
Mais je désire, en tant que sorcière, bien lui montrer
Notre identité et non celle qui lui offre l'inquisition"


Luc attaqua enfin, une attaque verbale bien plus que physique au départ. Elena esquivait ses coups, plus concentrée mais elle sentit que son apprenti s'inquiétait beaucoup de la voir ainsi tourmenté. L'arrivée de la nonne n'avait pas que nourrit des espoirs auprès de la jeune femme, elle avait aussi ramener au conscient des souvenirs peu agréables sur la mort de sa mère. Le sourire carnassier de la religieuse dans son cauchemar la frappa à nouveau, pourtant elle resta concentrée, le visage toujours marqué par la contrariété. La crainte d'Elena s'éveilla quand elle su qu'elle devait lui répondre. Elle craignait de revoir ces images encore et encore pour ne plus les voir disparaître. Mais Luc était plus qu'un simple jeune homme à qui elle enseignait. Il était un ami, très proche, il était un peu son second frère car elle retrouvait parfois une proximité semblable. Pourtant son grand frère était différent car encore plus protecteur avec elle que Luc ne le serait jamais. Dans leur relation, c'était Elena qui protégeait Luc plus que l'inverse. Elle le protégeait parfois de son trop grand goût pour l'aventure et l'inconnu car il lui jouait parfois des tours.

Effectuant une pirouette pour éviter un assaut un peu plus vindicatif elle s'écarta de Luc un instant. Et alors qu'elle venait enfin de reprendre l'équilibre, son cœur subit les assauts des cris d'horreur venant du monde des rêves. Le regard vide elle se perdit une nouvelle fois dans sa macabre vision de sa mère brulée vive. Son âme se serra un peu plus dans l'alcôve créer par la douleur incessante et désormais insupportable. Elle devait vite lui répondre sous peine de ne plus retenir aucun des cris qu'elle voulait pousser lorsqu'elle revoyait ces images.

Elle inspira longuement pour se calmer et retenait des hauts le cœur grandissant.

"L'arrivée de notre invité m'a semble t-il affecté
Car le sommeil de cette nuit a été fort secoué
Cette fille de l'Inquisition aurait ravivé la douleur passé
De la mort de ma tendre mère sur cet ardent bûcher"


Elle n'avait pas encore tout dit de son cauchemar qu'elle en avait déjà la tête qui tournait. En effet elle avait cessé de respirer sans même s'en rendre compte et manqua d'air. Elle lança un assaut bien maladroit qui trahissait la faiblesse de son esprit à l'heure actuelle. Elle n'avait aucune capacité à garder sa concentration mais pourtant elle tenait à continuer. L'ennemi n'attend pas qu'on est une bonne nuit de sommeil pour venir vous rendre visite, sinon ce serait bien trop simple de se défendre. Au contraire il attaquerait dans les pires moments mettant le doigt sur le talon d'Achille et appuierait avec force et rage pour accomplir ces noirs desseins.

Elena devait donné un second vers mais sa gorge semblait nouée par une boule imaginaire. Elle semblait étranglée, incapable de prononcer quoique ce soit, et pourtant ce n'était pas faute de chercher des vers à dire. Elle voulut se donner un répit en attaquant une nouvelle fois mais se vit fort bien parer. Elle s’essoufflait de plus en plus et fixa Luc pendant un moment sans agir plus. Elle haletait cherchant à détruire mentalement tous ces râles qui lui faisait tourner la tête.

"Dans cette horreur, Soeur Béatrice figurait
L'accomplissement dans l'âme et le sourire carnassier
Elle savait que contre moi elle avait gagné
Et alors que je hurlais, elle se satisfaisait "


Elena n'alla pas plus loin, elle fixait le sol, dans l'incapacité de soutenir le regard de Luc. Elle cherchait son air et la paix dans son encéphale. Pourtant l'un et l'autre semblait s'être soudainement raréfié. Et elle avait cessé de bougé, courbé en deux, prenant appuis sur ces cuisses tout en respirant très fort. Elle n'en pouvait clairement plus mais pourtant en parler l'aiderait peut-être à exorcisé ce qui la tourmentait. Ce cauchemar signifiait plus que cela, la mort de sa mère avait été une atrocité et elle craignait de le revivre à travers Luc. Évidemment celui-ci n'était pas sa mère, mais il était quelque part un peu son enfant, une personne qui se sentait en sécurité en sa présence, qui lui enseignait les savoirs de la sorcellerie. Et elle n'aurait pas supporter le voir mourir. Cela l'aurait, croyait-elle, conduite à la folie démesurée.


[j'ai fait trois versets pour que Luc ait enfin le fin mot de l'histoire, bon même si c'est que le début Razz]
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MessageSujet: Re: Fleurets et vers [terminé]   Dim 17 Avr 2011 - 16:36

La volonté d’Eléna de montrer un autre visage des Sorcières à Sœur Béatrice était une entreprise louable mais bel et bien risquée. Après tout, si la jeune femme avait été forcée à rentrer dans les ordres, elle servait presque volontairement l’Inquisition. Bien entendu, il semblait y avoir en elle une volonté propre que la religion n’avait pas totalement bridée. Il suffisait de voir la façon avec laquelle ils avaient échangés quelques mots dans la bibliothèque. Mais était-ce sa personnalité dominante ? Des années de couvent et d’informations erronées pouvaient-elles être repoussées ainsi aussi facilement, il en doutait. Cela ne l’empêchait pas, néanmoins, d’espérer que son Aguerrie ait raison. Une femme comme Sœur Béatrice était d’une valeur que l’on ne pouvait nier et il était dommage qu’une telle femme soit utilisée comme un vulgaire pion par la plus terrible et horrible organisation qu’il soit donné à l’Humanité de faire exister.

« - Je partage également votre volonté,
Cette jeune femme mérite bien mieux,
Qu’un choix, qu’on lui a, dès son enfance, imposé,
Pour l’amour des traditions et du bon Dieu. »


Le sujet de Sœur Béatrice était clos, du moins pour le moment. Peut-être y reviendraient-ils plus tard. De toute façon, il n’y avait pas grand-chose à dire de plus. Eléna n’avait pas besoin de savoir ce qu’il s’était passé entre les deux jeunes gens dans la bibliothèque avant même qu’ils ne soient présentés. De toute façon, comment aurait-elle pu le deviner ? Luc était rompu à l’escrime et il ne lui était pas difficile de dissimuler ce fait à son Aguerrie, surtout préoccupée qu’elle était par ce qui la tourmentait. Il eut d’ailleurs rapidement les informations qu’il recherchait. Ainsi donc la jeune femme avait revécu, avec l’arrivée de la nonne, un épisode douloureux de son passé. Luc comprenait aisément que ce ne soit pas facile pour elle et compatissait allègrement à son chagrin. Néanmoins, le choc semblait rude pour elle. Ses coups perdaient en précision et en force. Elle semblait entièrement préoccupée par ses souvenirs qui semblaient ressurgir. Elle évoqua un cauchemar dont Sœur Béatrice était la protagoniste, une horrible créature fière du supplice qu’elle infligeait à Eléna. Cette dernière semblait à bout de forces, épuisée par la rudesse de ses souvenirs.

Luc parut ne pas avoir de pitié, d’un geste habile, il envoya voler le fleuret de son adversaire avec le sien mais jeta le sien également en direction d’un coin de la salle. Sans crier gare, il saisit les mains d’Elena et l’emmena, dans un sourire, sur le rythme d’une valse.


« - Pardonnez cet entrain qui parait soudain,
Mais l’escrime ne me parait plus opportun.
Laissez-moi vous porter d’un pas plus que certain,
Et parlez moi sans retenue de ce chagrin.

N’y voyez rien qui ne soit réellement malsain,
Vous savez qu’envers vous je suis tout comme un saint,
Je ne désire seulement que votre bien,
Parlez maintenant, Vous serez mieux demain. »


Il n’y avait aucune musique pourtant Luc gardait le tempo, entrainant avec lui Elena. Ce n’était pas une danse pour séduire ou plaire. Mais c’était simplement une manière de la garder avec lui, de ne pas rompre le contact, de la forcer à rester avec lui, par le corps et par l’esprit. Il fallait qu’elle parle, mais elle ne devait pas se laisser distraire, elle ne devait pas se faire engloutir par ses cauchemars.
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MessageSujet: Re: Fleurets et vers [terminé]   Mar 19 Avr 2011 - 21:32

A chaque pas supplémentaire, Elena sombrait dans les abysses infernales de l'effrayante vision. Elle devait choisir à présent de dévoiler ses angoisses à son apprenti sans paraître cependant une folle paranoïaque. Elle se rongeait les sangs démesurément face à ce cauchemar un peu trop réaliste et Luc lui tendit la main dans les ténèbres. Une main, puis une autre pour la tenir près de lui. Elle sentait une douce chaleur provenant de son apprenti irradié vers elle pour colorer son monde gris. Doucement cette prise sur la réalité lui permettait de revenir lentement vers le monde réel.

Elle devait se reprendre rapidement et Luc lui offrit la possibilité de sourire légèrement lorsqu'il dit qu'il était tel un saint face à elle. Il n'essayerait pas de la séduire, l'idée était juste hilarante à souhaits. Leur relation était réellement fraternelle et très forte, mais jamais il ne chercherait à l'amadouer pour obtenir d'elle plus de choses. Ils étaient proches, ils s'entendaient à merveille, mais ils ne seraient pas plus et cela leur convenaient à la perfection. Dans une douce valse berçante, son apprenti l'emmena pour qu'elle puisse s'ouvrir à lui. Elle se laissa guidé par son cavalier et releva le visage, les yeux moins vides qu'auparavant. Sa gorge se libéra pour laisser les explications passées.

"Le jour où ma mère fut brûlée, je n'étais pas là."

Deux pas de danse supplémentaire. Son cœur se serrait par moment.

"Mais je l'ai vu comme s'y j'y étais. Et c'était Soeur Béatrice était en lieu et place de l'Inquisiteur responsable, avec cette... satisfaction."

Elle inspira, manqua de faire un faux pas et fut maintenu en bonne marche par son savant cavalier. Elle continua ses explications.


"Il vous faut vous méfiez. J'ai un mauvais pressentiment. La religieuse n'est pas forcément responsable de mes inquiétudes mais sa venue à raviver des choses que j'ai encore du mal d'accepter. Et je me suis jurer que la mort de ma mère serait le dernier acte de barbarie de l'Inquisition auprès de mes proches."


Elle ne pouvait s'empêcher de souhaiter cet avenir pour toute sorcière, mais hélas c'était impossible de pouvoir protéger tout le monde. Même Dieu n'y parvenait pas, alors comment une simple mortel, même avec les capacités de sorcière pouvait faire quelque chose de mieux?

"Luc, vous êtes un Sorcier, mais vous êtes surtout jeune, curieux et il m'arrive d'avoir peur pour votre vie."


C'était dit, elle ne pouvait plus reculer, mais cette information n'était pas non plus démente, il devait sûrement le savoir. Cependant, cela soulageait légèrement Ely, qui pouvait sentir sa gorge se libérer un peu plus. Elle soutenait le regard du fils du Duc, patiente, cherchant une quelconque réaction de sa part. Une moquerie sans grande méchanceté, pour la rassurer, un sourire qui en disait long? Quelque chose.

Elle avait abandonner les vers, n'ayant plus le courage de chercher ces mots, mais au moins elle avait livré ses inquiétudes à son apprenti et espérait qu'il n'en fut pas encombrer par celles-ci.


*Elena où comment rassurer son apprenti... Idiote!*

Elle se racla la gorge et rebaissa les yeux, ne trouvant pas encore la réaction de Luc. Elle avait peut-être eu tord en fin de compte d'avouer qu'elle craignait pour lui?
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MessageSujet: Re: Fleurets et vers [terminé]   Mer 20 Avr 2011 - 10:14

1..2..3..1..2..3..
Voilà un petit moment que Luc comptait mentalement et presque inconsciemment. Il fallait admettre que ce valseur confirmait n'était pas vraiment habitué à valser sans musique, il fallait donc s'imposer un rythme constant, et d'une certaine manière, il n'avait pas trouvé plus rapide et moins dérangeant que de compter les temps dans son esprit à la manière d'un métronome. Ce n'était pas contraignant, et depuis les nombreuses leçons de danse qu'il avait prise avec la jeune femme chargée par sa mère de lui enseigner la danse, il s'était astreint à le faire en silence tout en faisant autre chose si nécessaire. Ainsi, il pouvait s'évertuer à faire danser Eléna tout en l'écoutant parler, car il faisait cela pour ça. Danser pour se changer les idées pour pouvoir faire face, pour se sentir soutenue et qu'on ne vous laissera pas tomber. C'était cela la danse, mener son Aguerrie, qu'elle ne se soucie plus de rien si ce n'était d'elle, de ce qu'elle ressentait, pour pouvoir se confier, parler.

1..2..3..1..2..3..
Ils occupaient tout l'espace, pas une planche du somptueux parquet n'était épargnée. A grands cercles, Luc valsait d'un pas léger mais décidé. Enfin Eléna se décida à parler. Elle lui confia qu'elle n'avait pas été là lorsque sa mère avait été brûlée par l'Inquisition, puis lui avoua que dans ce cauchemar il lui avait semblé être tout de même présente et que l'Inquisiteur qui avait procédé à la crémation avait été remplacé, dans son rêve, par Soeur Béatrice. Luc continuait de valser tout en écoutant, tout en regardant son Aguerrie sans afficher une quelconque émotion de pitié ou autre, il se contentait de l'écouter, d'être une oreille attentive, peut-être se permettrait-il quelques mots une fois que tout serait en place. Il sentit Eléna faiblir et la rattrapa d'un mouvement léger de son corps tout en la ramenant dans le rythme, ce n'était pas le moment de tomber.

1..2..3..1..2..3..
Venaient maintenant les explications. Comment Soeur Béatrice troublait la jeune femme en lui évoquant d'anciens souvenirs douloureux, mais surtout comment cela ravivait la flamme d'une promesse concernant l'impact de l'Inquisition sur les proches de l'Aguerrie. Oui, il comprenait parfaitement qu'elle puisse douter des évènements à venir, surtout avec une nonne sous leur toit. Peut-être devraient-ils faire attention, évidemment, mais Luc ne pouvait s'empêcher de repenser à l'évènement de la bibliothèque et de se dire que finalement cette jeune femme là ne pouvait pas être si dangereuse, non ? Il fut touché par la sollicitude de son Aguerrie. Elle s'inquiétait pour lui et surement pour son frère au-delà de son propre danger. Après quelques pas, il se rendit compte du silence qui s'était installé hormis les pas qui glissaient sur le parquet.


« - Ne t'en fais pas pour moi Eléna. Jeunesse et curiosité ne font pas forcément bon ménage, j'en conviens, mais je suis loin d'être un niais et encore moins un imbécile, enfin du moins me plais-je à le croire. »

C'était un fait, même si Luc aimait l'aventure, il ne se lançait pas non plus dans des choses impossibles à faire ou à réaliser. Il n'excellait pas dans la prudence, mais ne forçait pas non plus la chance.

« - Puis dois-je te rappeler que tu n'es que de deux ans mon ainée ? L'argument de la jeunesse n'est pas trop adéquate venant de toi. »

Il eut un large sourire.

« - Quelque chose me dit que nous devrons jouer serré peut-être, mais nous ne risquons pas davantage si nous faisons attention. »

1..2..3..1..2..3..
La vie était une valse, une grande valse où il ne fallait simplement pas faire de faux-pas et rester dans le rythme...


Dernière édition par Luc de Rohan le Mer 20 Avr 2011 - 13:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Fleurets et vers [terminé]   Mer 20 Avr 2011 - 11:32

Dans leur danse silencieuse, la musique muette était remplacée par un silence un peu pesant après l'annonce des craintes que gardait Ely. Luc ne réagit pas tout de suite, semblant être accroché par la musique inexistante pour continuer de rythmer cette valse avec une main de maître. Elle aurait sûrement sourit, si elle avait su qu'il compta les pas pour jouer les métronomes. Et puis il finit par répondre à ses inquiétudes. Il n'était pas sot disait-il pour se laisser avoir bêtement. Elle n'en douta point, elle n'aurait jamais pris ce jeune homme comme élève si il faut aussi idiot que cela pour n'être pas capable de se tenir un peu et de mesurer le danger face à lui. Elle acquiesça à ses dires. Évidemment qu'il était attentif, mais quand bien même. Même Alicia, leur meneuse avait finit par être découverte par l'Inquisition, et même si elle avait pu leur échappée, elle n'avait plus de vie ici. C'était impossible de songer à récupérer son quotidien quand on venait d'être démasquée comme Sorcière. Elle avait fuit de plus pour leur donné raison, mais ce n'était plus l'important. L'important c'est qu'elle demeura en sécurité et en vie pour diriger leur clan de plus loin.

L'apprenti la taquina ensuite en ajoutant qu'il n'y avait que deux ridicules années entre eux. C'était vrai, mais au niveau de la mentalité, elle l'avait à sa responsabilité et avait connu la mort de ses parents ce qui l'avait fait vieillir un pu plus prématurément que ce cher Luc qui, jusque là, avait jouit d'une vie plutôt agréable et sans trop de remouds désagréable. Elle aurait voulut lui dire, mais ce n'était pas nécessaire. Il voulait la faire sourire. Elle s'exécuta sans trop y réfléchir. Son corps se relâchait de cette tension qui l'avait maintenu tendue et triste pendant leur entraînement. Et Luc finit par cherché à la rassuré en lui disant que même si Sœur Béatrice était là, il n'aurait qu'à être plus prudent, cela n'irait pas forcément cherché plus loin.


"Oui, tu as raison."


Elle abandonna enfin son vouvoiement pour le tutoiement qu'elle avait l'habitude d'employer avec lui. Sa prise panique lui avait volé son aisance avec son apprenti et maintenant qu'elle se libérait des chaînes de ses inquiétudes, elle reprit un peu plus de contenance et un visage plus habituel, bien qu'encore marqué par la fatigue.


"Nous nous entrainerons au château, dans les sous-sols au cas où Sœur Béatrice resterait ici."

Elle releva à nouveau les yeux, toujours bercée dans cette valse improvisée sur cette musique silencieuse.


"Merci."

Elle sourit, et rougit légèrement de honte d'avoir à remercier son apprenti de la remettre sur pied. Elle lui en était reconnaissant. Il avait su écouté, et cela avait permis à Ely de se libérer lentement de ses angoisses pour ne pas leurs céder. Elle avait gravit les falaises de sa peur à l'aide d'un valseur expérimenté. Ils continuèrent de valser encore un peu lorsqu'ils se rapprochèrent à nouveau d'un des fleurets. Elena se libéra de l'étreinte de soin protégé et du pied ramena le fleuret dans sa main par une pirouette. Elle le dégaina vers son apprenti.


"Touché!"


Elle venait de poser la pointe du fleuret sur le point de jointure entre l'épaule et le buste et rebaissa le fleuret. Elle lança un petit sourire satisfait, montrant qu'elle était mieux qu'au début de leur séance.

"Bien, il suffit, que penses-tu d'une pause pour se reposer. Je suis encore un peu fatiguée. L'entraînement d'aujourd'hui n'aura pas été bien productif, mais ce n'est que partie remise."


Au même instant, un domestique se présenta à la porte et pénétra dans la pièce déposant sur le large rebord de la fenêtre un plateau contenant deux verres remplis d'un breuvage rafraîchissant et une grande carafe d'eau pure. Elena se rapprocha de la fenêtre et s'assit sur l'un des coussins trônant sur ce même rebord de fenêtre et invita Luc à la rejoindre.

"Si tu veux qu'on ouvre les yeux de notre chère religieuse, je serais heureuse de faire équipe avec toi, sinon je me pencherais sur son cas toute seule. Mais... quelque chose me dit que tu m'aideras."


Elle laissa un sourire malicieux se peindre sur son visage. Ely avait murmurer la fin de sa phrase alors que le domestique venait de quitter la pièce et lança un regard entendu à Luc.
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MessageSujet: Re: Fleurets et vers [terminé]   Mer 20 Avr 2011 - 14:33

Un sourire, enfin ! Il était temps. Après plusieurs dizaines de minutes, voilà enfin qu'Eléna acceptait finalement de sourire à son apprenti. Venait-il enfin de venir à bout de ce qui hantait la jeune femme ? Impossible à dire, mais elle avait visiblement décidé d'au moins mettre de côté tout cela pour passer à autre chose. S'enfermer dans le passé n'apportait rien de bon, vraiment rien. On avait tous des choses à regretter, des choses pour nous hanter. Certains plus que d'autres. Pourtant, pour les privilégiés, comme Luc, ou les victimes d'un passé chargé, comme Eléna, une seule constante : tourner la page, aller de l'avant. Voilà pourquoi le futur Duc ne s'embarrassait jamais trop du passé. Les choses arrivaient, les choses partaient. Bien entendu, on pouvait se rappeler d'un événement heureux, d'un événement malheureux aussi, car ils forgent l'expérience et le caractère, mais on ne peut s'y attarder. On peut se les remémorer quelques instants, face à une situation donnée, mais pour aussitôt les laisser dans leur royaume : le passé. Nous vivons au présent et écrivons le futur. Ceci ne peut être accompli que sans le poids du passé. C'est ainsi. Il n'en sera jamais autrement car les gens qui s'enferment dans leurs regrets et leur passé ne se tournent jamais complètement vers l'avenir et finissent par regretter davantage ce qui leur arrive.

« - Comme toujours. »Fit-il malicieusement alors qu'elle lui avouait qu'il avait raison. Ce n'était pas du tout vrai bien entendu et il le savait mais l'heure était maintenant à la légèreté et quoi de mieux qu'un peu d'humour pour cela ?

Elle évoqua la possibilité de s'entrainer dans les sous-sols du Château si besoin était et que Soeur Béatrice continuait à vivre au Manoir. Cela ne dérangeait pas du tout Luc, bien qu'il n'ait jamais vraiment apprécié la compagnie des murs de pierre de ce sanctuaire pour les sorcières du Lys. Il aurait préféré se retrouver à l'extérieur. Un tel endroit, confiné, n'était pas fait pour le jeune homme qui avait besoin d'espace, d'horizon, d'infini. Voilà ce qui le rendait imaginatif, heureux... L'infini de l'horizon, du champ des possibles. Tout ce qui permet d'enlever les limites à l'imagination, à l'envie. Vivre sans frontières, autant physiques que mentales, voilà ce qu'est être libre.


« - Je t'en prie, Léna. »Répondit-il dans un sourire, les yeux clos, menant la danse. Il n'avait alors pas pu voir qu'ils s'étaient rapprochés des fleurets. Aussi, même lorsqu'il entendit le bruit métallique caractéristique, il ne put faire grand chose pour esquiver « l'attaque » de son Aguerrie contre son épaule. Sous son air satisfait, Luc prit un faux air offusqué avant de répondre.

« - Vile tricheuse ! »Il eut un large sourire et lança: « Mais bon, je ne dirais rien, nous savons que sans la tricherie tu ne parviendrais pas à me toucher. »

Et Vlan ! Chacun son tour ! Petite pique amicale et absolument fausse, du moins en partie. Il répondit néanmoins positivement à son invitation repos. L'entrainement et la valse n'avaient pas été très productifs certes, mais ils avaient eu le mérite de le fatiguer un peu tout de même. Il observa la jeune femme s'installer sur le rebord de la fenêtre où un domestique avait déposé un plateau avec des rafraichissements. Elle l'invita à la rejoindre ce qu'il fit, avant de s'interrompre lorsqu'elle lui avoua être certaine qu'il l'aiderait à ouvrir les yeux de Soeur Béatrice. Reprenant son mouvement pour s'asseoir, il fixa son Aguerrie et répondit:

 « - Et qu'est ce qui te rend si sûre de toi ? Aurais-tu un don de voyance maintenant ? »
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MessageSujet: Re: Fleurets et vers [terminé]   Sam 23 Avr 2011 - 22:16

Même si il faisait l’homme fier, Luc, malgré ses paroles n’en pensait pas moins et protégeait aussi un peu son Aguerrie. Et il fut, en plus, bon perdant alors que Ely avait triché honteusement et il ajouta qu’elle n’avait pas l’occasion de le faire en conditions réelles. Si elle avait été un peu plus jeune et n’avait pas eu une éducation assez stricte sur la politesse elle lui aurait volontiers tirer la langue pour désapprouver ses paroles. Mais elle n’en fit rien, se contentant d’élever un sourcil pour signifier qu’elle le défierait plus tard de redire cela. Enfin, elle ne le prenait pas au sérieux et savait ses capacités et ses limites. Il était dans ses cordes de toucher Luc, mais il était bon escrimeur et c’était avec ruse et longueur temps que cela arrivait.

Après qu’elle eu dévoilé son désir d’atteindre le cœur de la femme en Sœur Béatrice pour tenter de lui montrer une vision nouvelle du monde, il s’arrêta quand elle lui proposa de faire équipe. Il finit son mouvement et s’assit face à Elena sur le rebord de fenêtre et lui répondit posément avec un air légèrement interrogateur .

« - Et qu'est ce qui te rend si sûre de toi ? Aurais-tu un don de voyance maintenant ? »

Un don de voyance ? Oh que non, mais par ailleurs elle avait un don en tant que femme qu’on appelait l’instinct féminin. C’était une façon de donner un nom à ce qui ne s’expliquait pas vraiment, mais si elle avait su ce qui c’était déroulé dans la bibliothèque, elle en aurait donné ces deux mains à couper que ces deux là filaient un mauvais coton. Car si Elena ne cherchait qu’à montrer à Béatrice que les sorcières n’étaient peut-être pas des êtres cruels, ce qui n’était pas déjà une mince affaire, Luc aurait faire pire.

Mais Ely ignorait les conditions de la première rencontre des deux jeunes gens, par contre, même si elle avait paru absente au petit déjeuner elle avait vu les yeux de Sœur Béatrice et les petits regards qu’elle lançait à son apprenti. Elena lâcha alors, comme une bombe, son opinion.


« Non, je n’ai pas de sort de voyance, par contre, je sais que tu sembles l’intéresser. D’un point de vue purement humain je suppose mais, … elle t’a regardé à plusieurs reprises au petit déjeuner ce matin. »

Vlan, c’était à Ely de lancer une pique sévère à son apprenti. Elle profitait de l’effet de sa phrase pour rajouter un petit sourire satisfait et légèrement supérieur.

*Ah Ah ! Tu ne t’y attendait pas à celle là mon petiot ! *

Quoi ! Elle était son aînée après tout et surtout elle adorait taquiner son apprenti, et voilà que la nonne lui offrait une occasion en or à cause de ces coups d’œil. Il était possible que ce ne fut que de la curiosité mais qu’importait, c’était une façon de répondre quelque chose de concret au fils du Duc sans répondre un vague « j’en ai le sentiment et c’est tout ! » qui ne faisait pas très crédible.

Elle attendit patiemment la réplique de son apprenti en buvant avec élégance son verre d’eau citronnée. C’était rafraîchissant et vivifiant. Cela faisait l’effet d’une vague dans le cerveau, pour laver toutes ces mauvaises idées, ces mauvais souvenirs et retrouver le monde coloré qui était le sien. Même si Forbach était une de ces villes grises, abîmées par des évènements lugubres, on pouvait réussir à garder un peu de sourire de temps en temps pour essayer de savourer sa vie.

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MessageSujet: Re: Fleurets et vers [terminé]   Dim 24 Avr 2011 - 11:35

L'heure était aux taquineries et aux petites piques subtilement placées. C'était évident. Toutefois, la surprise de se rendre compte que, malgré son état, son Aguerrie n'avait pas loupé les regards que lui jetait la jeune nonne lors du petit-déjeuner, prit légèrement le pas sur le côté taquin du jeu. Lui-même en avait forcément vu et suscité plus d'un de par ses propres regards, mais l'avait-elle autant regardé ? Toutefois, il était hors de question qu'il se laisse embarqué dans ce petit jeu là. Même si elle ne savait pas qu'ils entraient sur un terrain glissant, compte-tenu de l'évènement de la bibliothèque, il valait mieux la diriger habilement vers ailleurs. Aussi, il se permit un sourire convaincu.

« - Elle me jetais des regards, dis-tu ? »Il avait l'air réellement surpris. « Après tout c'est une nonne, elle n'a surement pas vu beaucoup d'hommes dans sa vie, mais... »

Non pas pour tout de suite, un peu de patience. Il prit le verre et en but une gorgée, non sans un regard amusé pour son Aguerrie qui patientait, avant de le reposer et de reprendre:

« - Ce n'est pas la seule de toute façon. »

Il s'approcha d'Eléna, son attitude avait subtilement changée, plus lascive, plus sensuelle, non?

« - Tu crois peut-être que je n'ai pas remarqué tous les petits regards que tu portes sur moi quand tu penses que je ne te vois pas ? »

Ils étaient maintenant assez proches et Luc devait admettre qu'avec ce petit jeu, il venait de découvrir une nouvelle facette de son Aguerrie. Elle était terriblement belle, elle aussi. Il n'avait jamais véritablement songé de cette façon avec elle, peut-être à cause de cette relation de maître à élève, peut-être à cause de cet accord tacite entre eux depuis le début, depuis qu'elle lui avait révélé que la sorcellerie existait, mais à ne pas en douter, Eléna Mirova n'avait rien à envier aux plus belles femmes de France. Il s'étonna d'ailleurs que personne ne partage sa vie. N'avait-elle donc pas pu trouver un homme compte-tenu de son statut social ? Oh à ne pas en douter il devait forcément y avoir des prétendants. Que pouvait bien cacher son célibat ?

Luc observait son Aguerrie avec un regard nouveau, un regard qu'il n'aurait jamais songé imaginé, même quelques minutes plus tôt alors qu'ils dansaient si proches l'un de l'autre. Certes, il y avait eu l'évènement avec soeur Béatrice, mais peut-être n'était-ce qu'une coïncidence. Était-ce le cas avec Eléna aussi ? Le futur Duc n'en avait aucune idée, pourtant, en cet instant, s'il n'y avait pas eu cette relation entre eux, peut-être n'aurait-il pas hésité à lui faire la cour. Après tout, il la connaissait maintenant bien, ses centres d'intérêts, ses passions. Ils en partageaient un certain nombre et ils tenaient l'un à l'autre. Certes en tant qu'Aguerrie et Apprenti, mais était-ce seulement cela ? A cet instant, juste en face d'elle, il n'aurait pu le jurer solennellement devant un juge ou Dieu, s'il existait. Luc avait le sentiment de glisser dans un tourbillon de sentiments passionnés et rudement dangereux.
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MessageSujet: Re: Fleurets et vers [terminé]   Lun 25 Avr 2011 - 21:50

Alors qu'Elena faisait la fanfaronne pour avoir sortie une pique munit d'un argument délicieux, elle pensait que son apprenti serait pris au piège. Pourtant elle le connaissait bien! Et voilà que celui-ci était tout à fait semblable à lui même, nullement bouleversé par pareille révélation et répondit posément que le fait que Sœur Béatrice soit une religieuse venant d'un couvent et qu'elle n'avait sûrement pas vu beaucoup d'hommes, expliquait ces regards. Il fallait bien avouer qu'il n'avait pas tord. C'était une explication possible, mais elle brisait entièrement sa façon d'amener ses raisons à penser que Luc l'aiderait.

Et il ne s'arrêta pas là, laissant sa phrase en suspens et fit son faciès d'homme conquérant et vainqueur. Qu'insinuait-il par là? Qui d'autre que Sœur Béatrice jetait des coups d’œil à son protégé? Alors qu'Elena cherchait dans ses connaissances, Luc se rapprocha et il joua le rôle du séducteur. Elena bu une gorgée de son verre comme si de rien était, et alors qu'elle allait avalé, il finit de dévoiler sa pensée.

« - Tu crois peut-être que je n'ai pas remarqué tous les petits regards que tu portes sur moi quand tu penses que je ne te vois pas ? »

Elena manqua d'avaler de travers mais préféra cela plutôt que d'asperger son interlocuteur. Elle toussota et commença à rire de bon cœur. Elle ne pouvait pas s'en empêcher!


"Dieu me pardonne, mais Luc!..."

Elle riait encore, tellement amusée et en même temps elle eut peur qu'il se vexe et se reconcentra pour garder son sérieux le plus possible. Elle bu à nouveau une gorgée et repris.

"Pardonne moi de cette hilarité mais, je crois mon ami que tu ne comprends pas à quel point cette remarque est amusante. Sans vouloir t'offenser, ces regards sont ceux de ton Aguerrie. Ce sont des regards protecteurs comme un mère pour son enfant, pas des regards intéressés et séducteurs."


Elle s'arrêta là. Puis décida de continuer le petit jeu que proposait Luc, car il fallait l'avouer cette idée saugrenue que Luc la courtise la faisait rire. Elle se fit légèrement féline et parla plus bas en regardant son apprenti d'un œil plus doux, désireux et fit sa voix langoureuse.

"Mon cher, vous croyez-vous seulement à la hauteur pour me séduire? Hum?"


Elle haussa un sourcil et sourit doucement, fière. Elle se redressa et se releva marchant trois pas en lui tournant le dos. Elle reprit son visage habituel et sourit largement lorsqu'elle se retourna vers Luc.

Elle était satisfaite d'elle. Mais l'espace d'un instant elle s’inquiéta tout de même. Luc ne pensait tout de même pas qu'Elena fut intéressée par lui? Elle se serait sentit gênée de devoir le faire souffrir, si effectivement il la désirait. Parce que ce n'était et ne serait jamais réciproque. Il était comme son second frère, un peu comme son enfant. Elle l'aimait mais d'une manière différente, plus fraternelle. Luc était un garçon adorable et charmant, voilà tout, cela n'allait pas plus loin de ce côté là. Il était probablement un amant dévouée, romantique, mais peu importait. Elena ne songerait jamais à une autre relation que celle qu'il partageait là.

Elle reprit alors son sérieux et décida tout de même de poser la question.

"Tu n'es pas sérieux, rassure moi?"

Elle espérait que non, mais plus elle se posait la question, plus elle craignait d'entendre la réponse. Son visage se tendit d'un façon peu perceptible. Elle attendait sa réponse légèrement impatiente, histoire de se libérer de son inquiétude.

*Non c'est idiot, sinon il aurait tenter quelque chose depuis fort longtemps. Pendant notre valse par exemple!*

Elle sourit à nouveau, se moquant d'elle-même et de craindre cette idée fantasque et idiote.
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MessageSujet: Re: Fleurets et vers [terminé]   Mar 26 Avr 2011 - 9:55

De toutes les réactions possibles, le rire fut surement celle qu’il avait imaginé la moins probable. Il avait senti sa réaction lorsque ses mots étaient sortis de sa bouche mais les conséquences furent… inattendues. Incrédule, il la regarda rire comme elle ne l’avait jamais fait d’aussi loin qu’il s’en souvienne. Ce n’était pas vraiment l’effet espéré, mais au moins cela avait eu une vertu, il fallait le reconnaitre. Coupé dans son élan, il continuait de regarder son Aguerrie rire avant qu’elle ne daigne reprendre contrôle d’elle-même pour enfin se ressaisir. Il l’écouta s’excuser de son éclat de dire mais elle n’avait pu s’en empêcher. Apparemment sa remarque était vraiment décalée par rapport à la réalité. En même temps, il devait admettre qu’il s’en doutait réellement. Si l’espace d’un instant il avait pensé que la jeune femme éprouvait quelque chose pour lui, elle l’aurait probablement montré, à un moment ou à un autre. Se serait-elle gardée de sentiments n’étant pas certaine de la réciprocité de ceux de Luc ? Il en doutait. Puis il avait la preuve maintenant qu’elle n’était pas intéressée. C’était peut-être mieux ainsi.

Pourtant, au-delà des mots et du jeu, il y avait eu pour Luc de véritables interrogations, des choses que n’avaient peut-être pas sentie Eléna. Mais ce n’était pas bien grave, non, et il valait surement mieux que rien ne se passe entre eux. Ils s’entendaient bien en tant qu’amis, en tant qu’Apprenti-Aguerrie, en tant que presque frère et sœur, mais rien n’indiquaient que se serait encore le cas s’ils étaient amants. Il aurait été dommage de mettre tout cela en péril juste pour ça. Lorsqu’elle abandonna le rire pour la sensualité, se faisant féline pour le provoquer, pour lui demander s’il s’estimait capable de la séduire, il haussa un sourcil de surprise. Que faisait-elle ? Jouait-elle seulement ? Ou venait-elle de réaliser quelque chose ? Luc comprit que cette Aguerrie qu’il connaissait presque par cœur, du moins le pensait-il, était à mille lieues d’avoir livrée tous ses secrets. Il se retint néanmoins de répondre en se laissant glisser plus en avant dans ce jeu dangereux. S’il avait fait mouche, elle n’aurait probablement pas réagi comme cela, non, tout ceci n’était pas important. Elle était son Aguerrie, sa sœur, rien de plus et c’était très bien comme cela.

* Oui, c’est bien mieux comme ça, autant ne plus y penser. *

Convaincu, Luc allait changer de sujet lorsqu’Eléna lui demanda de la rassurer en lui disant qu’il n’était pas sérieux. Oui mieux valait faire penser à un jeu, une tentative de la déstabiliser qui avait apparemment réussie. Il eut un petit sourire :


« - Comment pourrais-je tomber amoureux de toi ? Tu es comme ma sœur ! Et puis Vincent ne me le pardonnerait jamais… »

Ce n’était pas nécessairement vrai, mais bon, l’humour le sortirait probablement de cette impasse. D’ailleurs il était probablement temps de mettre un terme à cet entrainement, c’était peut-être ce qu’il y avait de mieux à faire. Toutefois, il y avait une dernière chose à faire.

« - Je ne vois vraiment pas pourquoi tu t’es imaginée cela, je ne faisais que te taquiner ! »

Il fit demi-tour pour prendre la direction de la porte de sortie, mais il se retourna subitement, un sourire taquin sur son visage.

« - Mais, pour répondre à ta question, oui je crois que si j’en avais eu la volonté, j’aurais parfaitement pu te séduire Eléna. J’en suis convaincu, pas toi ? »
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MessageSujet: Re: Fleurets et vers [terminé]   Mar 26 Avr 2011 - 15:28

« - Comment pourrais-je tomber amoureux de toi ? Tu es comme ma sœur ! Et puis Vincent ne me le pardonnerait jamais… »

La réponse tomba comme un vif soulagement et Elena reprit une respiration et un visage apaisés. Comment ça il ne pourrait jamais! C'était vexant non? N'était-elle pas assez bien pour lui? Elle manqua de lui répondre sa pour paraître faussement vexée, mais n'en fit rien. Quand à Vincent, elle douta franchement qu'il en veuille à Luc de vouloir se rapprocher de sa sœur. Luc ne savait pas ce que les deux enfants Mirova se disaient à sa venue au départ et Vincent aimait fortement taquiner sa cadette en disant qu'il était beau jeune homme et qu'il pourrait faire un parfait époux. La douceur et la gentillesse de son frère n'empêchait pas Elena de le fusiller du regard quand il allait trop loin dans cette direction. Elena était un cœur à prendre, mais elle n'avait pas trouvé l'âme qui la complèterait et c'était un sujet sensible si il revenait un peu trop à la longue. Vincent l'avait appris à ces dépends et à présent il glissait parfois une petite taquinerie sans en rajouter de trop, et surtout il ne le faisait pas devant Luc.

Luc expliqua qu'il taquinait, Elena marmonna de façon inaudible que ce n'était pas très malin de faire peur aux gens comme ça. Luc se releva et décida que l'entraînement était terminé. C'était juste, il fallait pouvoir continuer à s'occuper à autre chose. Il l'a dépassa et marchait d'un pas décidé vers la porte. Elena lui tourna le dos retournant à la fenêtre pour prendre le plateau et avant même qu'elle eut le temps de se retourner à nouveau son apprenti lança comme une petite revanche :

« - Mais, pour répondre à ta question, oui je crois que si j’en avais eu la volonté, j’aurais parfaitement pu te séduire Eléna. J’en suis convaincu, pas toi ? »

Elena sourit doucement avec une certaine malice. Pourtant cette réponse était quelque peu inattendue. En vérité elle ne s'était pas posé la question puisqu'il n'y avait pas à tergiverser quand à sa relation avec son apprenti. Aurait-il été capable de la séduire? Difficile à dire, tout ceux qui avaient essayé s'étaient lamentablement plantés mais ils n'étaient pas raffinés et fin d'esprit comme Luc.

Sincèrement? Si il avait voulu la séduire? Et bien elle ignorait tout de sa réaction, elle ne l'avait pas vu en tant que séducteur et charmeur. Elle ne savait donc pas de quoi il était capable et elle ignorait réellement sa réaction devant d'hypothétiques tentatives de la part de son apprenti. Elle laissa un peu d’amertume teindre sa voix.

"Je l'ignore, mais je doute mériter autant d'attention."


C'était sincèrement penser. Tout ceux qui l'a courtisait le faisaient pour l'argent et parce qu'elle était dans les bons partis à prendre, mais on ne la courtisait pas pour sa personne, une femme qui savait était mal venue et elle s'ennuyait de les voir raconter leurs mensonges pour faire croire qu'ils savaient eux aussi! Elle était fatiguée de devoir s'éclipser sans arrêt et trouver une excuse polie pour éviter d'aller envoyer paître ses stupides moutons avides dans ces moments là.

Mais Luc n'aurait pas été un de ses gros balourds, sûrement. Il aurait peut-être pu la conquérir, qui sait, mais peu importe, elle ne voulait pas se poser la question, car elle ne désirait pas qu'il essaye quoi que ce fut, c'était bien plus simple ainsi.


"Et de toute manière, à quoi ça sert de savoir ce qui ne seras jamais."

Elle finit à nouveau avec un sourire et quitta la pièce, descendant dans les cuisines pour remettre le plateau. Elle repensa à tout cela, le fait qu'elle soit toujours seule et inspira. Parfois elle se demandait pourquoi Dieu l'avait faite en femme et retira bien vite cette idée. Il ne fallait pas à nouveau qu'elle se tracasse inutilement. Autant se laisser bercer tranquillement par cette fin d'après-midi toute à fait délicieuse et ensoleillée. Elle rejoignit Vincent sur la terrasse du petit parc avec un livre et termina sa journée à lire sans plus de mots que cela.

On parla rapidement de son cauchemar et du fait qu'elle était fatiguée. Vincent était inquiet à propos de cette jeune religieuse et il voyait sa présence d'un oeil légèrement suspicieux. Il chercha à comprend pourquoi Elena voulait absolument faire changer d'avis cette nonne. Elena ne s'expliquait pas, cette femme semblait être différente et elle appréciait cela tout en pensant que c'était un moyen de lui faire ouvrir les yeux sur le monde avec un regard autre que celui si corruptible et détourné par certaines interprétations.
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Fleurets et vers [terminé]

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