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 Charme champêtre

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MessageSujet: Charme champêtre   Mer 6 Avr 2011 - 19:19

La messe venait de se terminer. Cassandra et Narcissa étaient rentrées en toute hâte au Château, sans vraiment saluer les autres fidèles, afin que tout soit prêt pour l'accueil de la famille Zimmerman. Finalement, sur la suggestion de Narcissa, Cassandra avait accepté de rendre la rencontre moins formelle et de les recevoir dans les magnifiques jardins du Château de Frauenberg. Le temps était radieux, et il aurait été dommage de ne pas en profiter. La Veuve avait donc fait dresser la table à l'extérieur, et laissé sa fille adapter la décoration aux fleurs qui poussaient le long du chemin emprunté par les promeneurs.

Cassandra vérifia le menu une dernière fois avec l'intendant, pour s'assurer que tout était en ordre et qu'il n'y avait pas d'imprévus. Elle avait choisi quelque chose de facile à apprécier pour les enfants, afin d'éviter toute gêne. Salade assaisonnée, pommes de terre au beurre, faisan rôti et légumes fondus à petit feu. Elle remonta ensuite dans leurs appartements, entendit de loin Narcissa entamer un féroce combat avec sa gouvernante sur la couleur du nœud qu'il convenait de glisser dans ses cheveux, sourit tendrement et se dirigea vers sa chambre pour rendre sa mise moins austère. La Veuve portait toujours du noir, mais elle voulait tenter d'égayer un peu son apparence. Elle glissa quelques pierres précieuses dans le lourd édifice de son chignon et agrafa une broche du même jeu sur sa poitrine. Et puis, la robe qu'elle avait choisie n'avait de sévère que sa couleur, la coupe était à la mode et drapait flatteusement sa silhouette. Cassandra retourna ensuite assister à la fin de la préparation de Narcissa, qui avait choisi une superbe robe bleue envoyée par Oncle Nicolas. La Veuve sourit en regardant le ruban bleu glissé dans sa chevelure de feu : sa fille avait fini par l'emporter.

La mère et la fille descendirent ensuite attendre les Zimmerman. Leur attente ne fut guère longue, et la joie de Narcissa en accueillant la petite Anna conforta Cassandra dans l'idée qu'elle avait fait le bon choix. Alors, c'était à ça qu'ils ressemblaient, de près ! Elle détailla un instant le couple, tout en se portant à leur rencontre. Le Baron était imposant, mais son attitude détendue lui donnait une aura de force tranquille. La Baronne, elle, avait le teint pâle, accentué par la blancheur immaculée de sa robe – superbe, mais pouvait-on attendre autre chose de la part d'une couturière de renom ? Ses yeux étaient noirs comme la nuit, mais recelaient une vivacité qui plut à la Veuve. Viviane lui avait dit qu'elle avait des origines russes, et Cassandra eut un sourire : là résidait l'explication du charme exotique de son invitée. Elle n'eut pas le temps de détailler les enfants : ils avaient déjà filé vers le jardin avec Narcissa, après les salutations formelles exigées par le protocole au début de ce genre de rencontres. Elle continua chaleureusement :

- Bienvenue à Frauenberg !

Elle attendit qu'ils soient débarrassés de leur affaires, puis les conduisit vers l'extérieur. Juste à côté de la table, plusieurs chaises de jardin avaient été disposées, afin de leur permettre de prendre un apéritif. Afin de prévenir toute insolation, une jolie tonnelle rouge et blanche avait été dressée pour faire écran. Une fois qu'ils furent installés, alors que le rire de leurs enfants résonnait déjà, Cassandra demanda :

- Voulez-vous un rafraîchissement ?

Son intendant avait de quoi satisfaire tout le monde, et après l'avoir remercié, Cassandra continua, avec un petit sourire :

- Je suis contente d'enfin faire votre connaissance. Et malgré tous les imprévus qui nous sont arrivés, je suis heureuse que nous soyons parvenus à trouver une date pour nous rencontrer. Pour une fois qu'il y a du soleil à Forbach, ce serait dommage de ne pas en profiter !

Elle était l'hôte : c'était à elle d'initier la conversation... Aussi continua-t-elle :

- Viviane m'a dit que vous aviez des origines russes... Retournez-vous parfois là-bas ? Comment est-ce, la Russie ?
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MessageSujet: Re: Charme champêtre   Lun 11 Avr 2011 - 11:53

*10 avril 1644*


Malgré les funestes événements la rencontre avait été maintenue. C’était l’occasion pour madame Zimmerman de préalablement remplir son devoir de « catholique ». Elle préférait l’Eglise de Rosbruck. Un édifice moins austère et qui n’avait pas tout un passé à porter. Mais elle écouta sans mot la messe et obéissait aux rites. Ils croisaient même Gabrielle sur le parvis. Elle venait en douceur voir comment se passait la trêve des Zimmerman. Tout allait bien. Louisa et Romain étaient deux adultes, n’est-ce pas ?
La tante les laissait donc rejoindre le château Frauenberg sans insister. L’appel du beau temps avait gagné. C’était à pied que la famille faisait le trajet. Lou ne jetait pas un regard à sa boutique, fermée, pour le jour de repos hebdomadaire. C’était assez rare qu’ils se retrouvent ainsi en ville tous les quatre. Alors la dame en profitait. Elle écoutait Anna lui démontrer le bien fondé d’un petit séjour à Paris. Pendant que Dimitri s’arrêtait devant chaque vitrine où un semblant de saint Graal pouvait apparaître. L’un de ces petits moments –précieux- qui allégeait cet étrange période.


Le nombre de ses visites dans ce château pouvait se compter sur les doigts d’une main. C’était avec un certain plaisir qu’elle retrouvait l’écho d’une vie de cour. C’était la fin de matinée et tout le monde était habillé avec une certaine élégance comme de coutume. Le petit garçon avait déjà prit les devants pour aller à la rencontre d’un garde en armure. Narcissa lui avait bien dit que la sécurité du site avait été renforcée après l’attaque.
Lou avait d’ailleurs amené un petit cadeau pour la demoiselle. Il n’était certes pas très original venant d’une couturière. Mais avec les beaux jours le noir de ses robes protectrices allaient vraisemblablement attirer le regard. Grâce à un peu de triche et un joli textile une nouvelle tenue était prête à être portée. Où en étaient les cours de l’héroïne ? Elles n’avaient pas eu l’occasion de beaucoup se croiser ces dernières semaines.


Les de Saint-Loup les attendaient à l’entrée du jardin. Louisa souriait discrètement en apercevant à silhouette de l’adolescente. Cette couleur lui allait à merveille. Qu’en à la mère… sa beauté était de celle des femmes autoritaires et dignes. Elles étaient belles. Belles et pleines de retenues tandis que le sort s’acharnait contre elles.
Dimitri le premier exécutait son devoir de politesse. Il avait ce ton vif qui ne dissimulait en rien sa joie d’être là. Il était charmant avec ses très fins et son air doux. Dire qu’il aurait dix ans dans quelques jours. Sa sœur se retenait de courir dans les bras de son amie. Elle était aussi sage qu’on eu put l’espérer. Sa robe mauve mettait en valeur une beauté métissée. Il n’y avait, que cette coupe de cheveux masculine, pour l’empêcher de représenter la jeunesse de ce siècle. Les enfants éclipsés Louisa confiait ses affaires à un employé. Impossible de manquer ce ventre arrondis qui courbait sa silhouette. Elle approchait des six mois déjà. Elle prenait du poids sans qu’ils ne puissent chasser ses traits slaves.


-« Volontiers oui. Merci. Ce cadre est charmant. Nous n’allons plus voir les enfants de l’après midi avec un tel terrain de jeu. »

La baronne acceptait un grand verre d’eau citronnée. Elle sourirait en entendant leurs rires. Son hôtesse avait raison. Il aurait été dommage de ne pas savourer ces heures de soleil. Lou sentait les différentes fragrances printanières. Ses sens étaient exacerbés par la grossesse. Il y avait de quoi donner le tournis. Lentement sa silhouette, maintenue par la convenance, gagnait en détente. C’étaient d’infimes détails qui étaient dés plus encourageants.


-« Je crois que nous venons de faire une belle joie à nos filles. Je suis désolée que cela n’est put se faire plus avant. Je vous remercie d’avoir réalisé ce projet. J’avoue être particulièrement curieuse de vous connaître. »


En cela elle était sincère. Louisa découvrait enfin la sœur de son amie. Depuis tant d’années elle avait entendu parler de Cassandra. La vague de convocation de l’Inquisition l’avait un peu refroidie. Mais, si on était capable d’accuser madame Zimmerman de sorcellerie, alors tout devenait possible. Peut être que cette inquisitrice méritait d’être connue. Même sans cela, l’amour qu’elle portait à Anna et même à Narcissa, la rendait plus douce. Elle accueilli donc le sujet de ses origines avec un subtile amusement.


-« Par ma mère oui. Malheureusement je ne m’y suis rendue qu’une fois quand Anna était petite. J’aimerai faire découvrir cet endroit au reste de la fratrie un jour.
La Russie est… blanche, noble et pleine de … d’honneur je dirais. C’est différent d’ici. Il y fait si froid que son peuple l’est aussi. Pourtant avec une flamme on peut déclencher un vrai brasier. »



Cette petite description était tout à fait romanesque. Irina aimait entretenir le fantasme européen. Il y avait cependant une lueur dans ses yeux noirs. Cette lueur que l’on a en parlant d’un sujet de passion. Elle avait tant voulu aimé la terre de sa mère.
Avec élégance la dame écartait le sujet.

-« Comment est l'Italie ? »


Dernière édition par Louisa Zimmerman le Mar 12 Avr 2011 - 14:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Charme champêtre   Mar 12 Avr 2011 - 9:47

La tempête sur les époux Zimmerman s'étaient calmés. Louisa lui avait pardonné son mensonge à propos de l'Enquêteur et ils avaient pu reprendre une existence normale, presque comme si rien ne s'était passé. Encore un peu honteux des évènements récents, Romain était tout de même resté fidèle à lui-même dans les jours qui suivirent. Il avait même souri lorsque Gabrielle, sa tante, était venue leurs rendre visite alors qu'ils sortaient de l'Eglise de Rosbruck. Romain lui avait fait part de cette dispute et elle était restée neutre sur le conflit, même s'il avait pu sentir un petit ton de reproche dans les mots qu'elle lui avait adressé dans son dernier courrier. Oui, pour une fois l'époux Zimmerman avait eu tort, cela n'arrivait pas souvent mais cela arrivait. Les Hommes étaient loin d'être parfaits et il n'était surement pas le plus parfait des Hommes. Ils garantirent à Gabrielle que tout allait pour le mieux, ce qui n'était pas faux. Ils s'aimaient toujours autant et cette dispute n'était qu'un accident de parcours comme il pouvait y en avoir de temps en temps dans la vie d'un couple. C'était probablement la dispute la plus sérieuse qu'il y avait eu entre eux mais le bateau avait finalement tenu le cap dans la tempête et il n'avait subi que de légers dommages mineurs rapidement fixés. C'était un nouveau chemin qu'ils arpentaient, encore plus droit et plus praticable qu'avant. Cette dispute, même si elle avait ébranlé les bases même de leur couple, avait eu le mérite de les repositionner peut-être plus correctement qu'avant. Romain avait également fait le nécessaire pour que cet événement soit déjà loin. Ils devaient penser à l'avenir, à eux, à Dimitri, à Anna et à l'enfant qui naîtrait dans quelques mois. Non pas qu'ils ne pouvaient pas être égoïstes, car Romain ne se privait jamais de subtiliser Louisa quelques doux instants à leur famille, mais qu'ils s'aimaient et que, finalement, c'était probablement ce qui comptait le plus.

Tandis qu'ils traversaient Forbach, Romain suivait des yeux Dimitri tandis qu'Anna et Louisa discutaient tous les deux, discussion qu'il suivait d'une oreille discrète mais avisée. Le Baron observait son fils détaillant chaque vitrine, semblant à la recherche d'un quelconque trésor. Amusé, il s'arrêtait toujours derrière lui pour regarder à son tour ce qui pouvait le motiver ainsi. Alors, Dimitri reprenait son chemin vers une autre vitrine où son père le rejoignait, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'ils arrivent sur le chemin du Château. Fidèle à lui-même, Dimitri était parti en éclaireur, probablement à la rencontre du garde qui faisait le pied de grue à l'entrée. Il n'était pas difficile de comprendre que le jeune homme harcelait le factionnaire de questions diverses et variées. Son père le reprit gentiment à l'ordre, l'intimant de ne pas le déranger davantage et s'excusa pour lui alors qu'il se présentait et prenaient la direction des jardins après avoir reçu l'aval et les indications du garde.

Arrivés aux jardins, les de Saint-Loups, Narcissa et probablement sa mère, comme il était convenu, les attendaient. Très enjoué, Dimitri eut à peine le temps de songer aux politesses d'usage avant de suivre les deux filles qui partaient déjà jouer dans les jardins. Il glissa un clin d'oeil discret et complice à l'attention de Narcissa avant de se glisser dans la conversation d'adulte. Si cela n'avait tenu qu'à lui, Romain aurait préféré partir avec les enfants. Sans se l'avouer vraiment, il préférait leur compagnie, plus franche, plus directe, moins superflue, et, par dessus-tout, il aimait jouer. Et oui, Romain Zimmerman était un adulte, mais il était aussi resté un enfant par moment.

Le Baron laissa son épouse engager la discussion. Il s'était contenté de saluer Cassandra de Saint-Loup et avait prit place aux côtés de son épouse après s'être débarrassé d'un manteau léger sans aucun doute confectionné par son épouse comme la majeure partie de ses habits. Il écouta Louisa évoquer la Russie. Il se souvint de l'accueil que l'on lui avait fait, effectivement un peu froid au début. Mais le reste avait été tellement beau qu'il n'en avait pas gardé ombrage. Après tout, il avait épousé sa femme, pas sa famille, même si l'un n'allait généralement pas sans l'autre. Il prit volontiers le jus de fruits qu'un serviteur lui avait ramené et continua à suivre la discussion, un peu en retrait.
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MessageSujet: Re: Charme champêtre   Dim 8 Mai 2011 - 16:53

Louisa Zimmerman avait tout à fait raison de parler du bonheur offert à leurs filles. Leur complicité était évidente. Cassandra laissa son regard courir sur l’herbe tendre dans laquelle s’amusaient les trois enfants. Le petit garçon ne semblait pas en reste, heureusement. Elle avait surpris un étonnant moment de connivence entre le Baron et sa fille. Voilà qui était insolite, mais plus rien n’étonnait vraiment la Veuve, venant de Narcissa. Un sourire bienveillant - et les Zimmerman ne réaliseraient sans doute jamais à quel point c’était rare - détendit ses traits, et elle reporta son attention sur la Baronne. Ses remerciements apaisèrent le cœur de Cassandra. Leur rencontre aurait tout aussi bien pu ne jamais avoir lieu, effectivement. Et elle savait que plusieurs désaccords étaient en suspens entre elles, comme d’invisibles épées de Damoclès suspendues au-dessus de leurs têtes, mais que, par amour pour leurs filles, elles ne déterreraient sans doute pas. Alors, entendre que Louisa Zimmerman était sincèrement curieuse de la connaître avait quelque chose de surprenant. Cassandra ne serait pas en reste, c’était promis.

La description de la Russie arracha à la Veuve un sourire entendu. En quelques mots, Louisa Zimmerman entretenait le mythe. Toutefois, elle venait de lui apprendre quelque chose d’intéressant : malgré ses origines, elle n’avait mis qu’une seule fois les pieds en Russie. Voilà qui était singulier... Ayant elle-même tout fait pour retrouver le lieu dont elle était native, Cassandra se demanda quelle était l’histoire de la Baronne. Peut-être n’avait-elle plus de famille là-bas ? Elle ne lui poserait pas la question, en tout cas : c’était beaucoup trop indiscret. Mais peut-être qu’elle demanderait à Viviane, un jour.

Elle s’attendait à beaucoup de choses, mais certainement pas à ce que Louisa Zimmerman lui demande de plein fouet si elle avait aimé l’Italie. Que lui voulait donc la Baronne, avec une telle question ? Revenir sur son passé en tant que mère Carmélite ? Rodez était son foyer, maintenant. Rome était loin derrière elle. Mais avec humeur, en se souvenant que Viviane avait une excellente opinion de la dame, elle répondit courtoisement :

- L’Italie ? Cela fait bien longtemps que je n’y ai plus été. Toutefois, j’en garde un souvenir... singulier. Rome est majestueuse. Après tout, c’est le berceau de notre civilisation. Pour vous faire une idée, le temps est radicalement différent de celui de Forbach. Le soleil brille avec force, presque avec violence. Sans vouloir reprendre vos mots, cette chaleur est sans doute celle qui déclenche tant de fascination et d’ardeur, comme si les rayons pouvaient à eux seuls embraser toute la ville.

Comment évoquer l’Italie en termes positifs ? Il lui était soudainement difficile de retracer un portrait fidèle de Rome sans y mêler sa vie. Ses souvenirs heureux n’étaient pas liés à l’endroit, mais aux rares personnes qui étaient devenues ses amis. Elle se souvenait de la froideur du Carmel, des intrigues de palais, des jeux de pouvoir et des luttes constantes. Ce n’étaient pas des souvenirs heureux, même s’il lui avait fallu du temps pour l’admettre. Elle n’ajouta rien. Le compromis lui paraissait acceptable. Elle glissa sur un nouveau sujet sans hésiter.

- Je sais que vous avez sûrement entendu la question un millier de fois, mais pour quand attendez-vous cet heureux événement ? Ce sera votre troisième enfant, si j’ai bien compris ? Narcissa est terriblement excitée à l’idée de voir enfin votre nouveau-né.

Tout de même, difficile de passer à côté de l’état de la Baronne. Tout dans son attitude, que ce soit cette petite lueur dans ses yeux ou sa main distraitement posée sur son ventre, révélait à quel point elle était heureuse de sa grossesse. Un enfant, quel rêve... Cassandra espérait que tout se passerait bien. La délivrance était toujours une étape difficile dans la vie d’une femme, spécialement depuis que les chances d’y survivre étaient peu élevées. Toutefois, ce n’était pas un grand pas dans l’inconnu... Pour peu que Louisa Zimmerman soit aussi forte que les deux premières fois et que sa sage-femme soit de qualité, tout se passerait bien.
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MessageSujet: Re: Charme champêtre   Dim 22 Mai 2011 - 15:33

Lou sentait Romain près d’elle. Il se mettait en retrait. C’était le désir d’Anna qui les avait tous les quatre amenés ici. L’homme de la maison n’avait peut être pas un très grand intérêt pour cette rencontre. Pourtant la complicité qu’il démontrait avec la jeune de Saint Loup prouvait qu’il était attaché à cette famille. Qu’est-ce qui pouvait bien relier ces deux personnes ?
La conversation avait plutôt bien commencé. Si ce n’est qu’en deux phrases ces dames abordaient chacune un sujet trop sensible chez l’autre. Si les armes restaient dans leurs fourreaux cela n’arrêtait pas les vexations inopportunes. Mais c’était avec une véritable volonté pacifique que la baronne avançait sur un terrain glissant. Elle n’était jamais allée dans ce royaume. Mais la curiosité était parfois un très vilain défaut.


-« Ce genre d’endroit à au moins le mérite de nous préparer… »


Il valait mieux en rester là, n’est-ce pas ? La dame laissa un court silence planer sur leurs réflexions personnelles. Elle n’était pas ici pour se faire une ennemie. Madame Zimmerman ne voulait plus blesser personne ! Elle fût donc reconnaissante à son hôtesse d’aller vers quelque chose de plus léger.
La grossesse était bien entendu un thème prédominant dans la vie de cette petite famille. Elle répondait aux mêmes questions avec le même bonheur. Elle attendait cet enfant avec impatience. Au delà de la délivrance du corps s’était tout son amour qui rêvait de s’exprimer à nouveau.


-« Elle sera là pour début septembre… ce qui me semble une éternité ! Un beau sourire détendait sa bouche fine. Ce serait une fille elle n’arrêtait pas de le dire. Intimement convaincue par les élans de son cœur. A quarante ans l’épreuve était plus pesante. Elle bénissait Romain d’être plus présent cette fois-ci pour l’aider et la soutenir. Sans lui elle n’aurait pas eu le même courage. Sa main allait innocemment à la sienne. C’était un rêve commun.
En effet le troisième… Si elle n’avait pas attendue si longtemps peut être cette enfant aurait-t-elle été la quatrième. Lou regrettait d’avoir été raisonnable. Elle allait vivre chaque instant avec joie. Son unique inquiétude allait à l’encontre de son propre métabolisme. Elle avait toute confiance en madame Delacroix pour toute l’opération.
Votre fille est adorable. Sa bienveillance est un véritable trésor. Je lui ai d’or et déjà proposé de venir nous voir. Je suis convaincue qu’elle serait merveilleuse avec un nourrisson. »


C’était en effet une façon –délicate- d’aborder l’une des principales questions les concernant. Louisa n’était pas une femme au foyer. Ce statut de ne lu irait jamais. Mais elle était une véritable mère de famille. Elle aimait avoir des enfants dans sa maison. Quand en plus elle s’y attachait il lui semblait encore plus normal de les intégrer dans son univers. Narcissa avait séduit les Zimmerman depuis un bout de temps. Il serait dommage de priver ces jeunes filles de leurs présences mutuelles.


-« Vous a-t-elle dit, que nous ne résidons pas à Forbach même, mais dans un village voisin à Rosburck ? C’est une belle propriété, qui à l’avantage de ne pas pâtir, de l’atmosphère de cette ville ci. »


Elle avait une voix veloutée avec laquelle le phrasé français avait quelque chose de spécial. C’était si infime qu’on ne pouvait l’accuser d’avoir un accent. Le bourdonnement des abeilles ajoutait un peu de musique. La dame était déterminée à obtenir un droit de visite de la demoiselle. Elle savait quels arguments avancer pour rassurer une mère. Ses motivations étaient doubles. Parce qu’elle savait qu’Anna et Narcissa s’adorait. Parce qu’elle savait que ce manoir offrait à celle-ci un lieu où exister d’une autre façon.


-« Votre sœur est une femme que j’aime énormément. Votre fille est une perle. Je souhaiterai sincèrement qu’il en soit de même avec vous. Si je puis faire la moindre chose pour vous convaincre de ma bonne fois je le ferai madame. »


La couturière était entrain de remettre les clés entre les mains de l’Inquisitrice. Quand on connaissait cette femme on comprenait à quel point ce geste était lourd de sens.
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MessageSujet: Re: Charme champêtre   Dim 22 Mai 2011 - 20:57

Romain était resté silencieux depuis le début de la discussion. Il ne voyait pas réellement l’intérêt de se jeter à corps perdu dans le dialogue étant donné qu’il n’avait pas été interpelé directement, et, plus encore, qu’il n’avait rien à rajouter ou dire de particulier. Il était venu, non pas pour faire illusion, mais simplement pour accompagner son épouse et ses enfants, et, aussi, pour voir Narcissa, même s’il savait qu’ils ne passeraient pas beaucoup de temps ensembles. Si Romain s’était écouté, il aurait laissé son épouse discuter et serait aller jouer avec les enfants. Néanmoins, cela n’aurait peut-être pas été vu d’un bon œil par la mère de la petite sorcière, aussi avait-il préféré rester comme soutien pour son épouse. Qui plus est, il faisait aussi office, en quelque sorte, d’arbitre si jamais la discussion venait à mal tourner. Il savait que son épouse pouvait démarrer au quart de tour et il savait également que lui seul était capable de la maîtriser ou de la ramener au calme. Qui plus est, sa grossesse la mettait parfois à fleur de peau, et là où certaines femmes auraient cherché à se dominer pour éviter des complications, ce n’était pas le cas de Louisa.

Il les écouta évoquer l’Italie et la Russie. Romain avait pu un peu goûter à l’un comme à l’autre, même si la belle-famille lui avait réservé un accueil assez froid, il avait beaucoup aimé la Russie. Son épouse en était une demi-incarnation parfaite et la Russie qu’il y avait en elle était un paradis qu’il était ravi d’avoir rencontré. C’était un peu comme si Louisa était un condensé de tout ce qu’il y avait de meilleur dans la Russie. Quant à l’Italie, Romain y avait fait un voyage très rapide pour affaires et entretenait une relation commerciale avec un marchand de là-bas. Elle était plus cordiale que profitable, mais il s’agissait d’un ami de longue date qui s’était expatrié là-bas, aussi Romain ne l’avait pas délaissé. Toutefois, il n’en avait pas vu grand-chose. Ce dernier habitait dans le Nord du pays, non loin du Royaume de France. Aussi, il était relativement étranger à la ville de Rome. Il n’était toutefois pas dupe et était conscient que l’orage semblait s’installer à l’horizon si la discussion continuerait à s’orienter sur les pays respectifs des deux mamans.

Heureusement, Madame de Saint-Loup embraya sur le fait que Louisa était enceinte. C’était effectivement quelque chose que le couple avait entendu des centaines de fois, mais Romain afficha un léger sourire lorsque le sujet fut abordé. Louisa adorait parler de cela. Il savait qu’elle avait été très enjouée à l’idée de faire un troisième enfant. Romain avait même découvert qu’elle le désirait depuis longtemps. S’il l’avait su, il le lui aurait offert depuis longtemps. Peut-être pourraient-ils encore se rattraper, même si ce n’était pas très raisonnable. Déjà que cet accouchement serait probablement plus difficile que les autres, Romain ne voulait pas risquer la vie de son épouse. Elle avait partagé avec lui sa certitude que leur enfant à naître serait une fille, de son côté, son époux ne désirait pas tellement se prononcer. Néanmoins, il avait déjà réfléchi aux deux alternatives. Si l’enfant devait être une fille, elle s’appellerait Lucile, si c’était un garçon, il se prénommerait David. Louisa avait tenu à ce qu’il choisisse le prénom de l’enfant cette fois-ci, puisque, selon elle, il avait plus ou moins subit les volontés de son épouse lors de la naissance d’Anna et de Dimitri. Même si ce n’était pas le cas, et qu’il adorait les prénoms de ses enfants, il n’avait pas désiré en rajouter sur la polémique et s’était contenté de proposer deux prénoms dont il était fier.

Main dans la main avec son épouse, Romain était apaisé. Il espérait réellement que la mère de Narcissa serait convaincue de laisser son enfant entre les mains des Zimmerman pour quelques jours. De toute façon, il voyait mal pourquoi elle ne le ferait pas, n’avaient-ils pas deux enfants traités avec soin ? Que pourrait-il arriver à la jeune fille à Rosbruck ?

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MessageSujet: Re: Charme champêtre   Jeu 22 Déc 2011 - 23:47

La réponse de la baronne à ces deux descriptions aussi rapides qu'efficaces de leurs contrées plut à Cassandra. Nul besoin de pousser plus avant les douleurs passées, surtout quand son interlocutrice avait trouvé un point final qui convenait parfaitement. Oui, Rome l'avait préparée à faire face à la vie, et sur cette conclusion qui sonnait juste, Cassandra se promit de ne plus s'aventurer sur ce sujet. C'est que la liste des sujets tabou s'allongeait... La Veuve reporta son regard sur les enfants. Les cheveux rouges de sa Narcissa flottaient dans le vent tandis qu'elle coursait la jeune Anna. Pourquoi penser à ce qu'elle ne pouvait pas dire au lieu de penser aux milliers de sujets qui demeuraient possibles ?

La maternité allait bien à Louisa Zimmerman. Cependant, Cassandra nota avec surprise l'assurance dans le ton de la baronne. Une fille ? Mais... qu'est-ce qui la rendait si certaine du sexe de son prochain enfant ? Aussitôt, mille suspicions plus folles les unes que les autres l'assaillirent. Où donc puisait-elle un tel savoir ? Une amie de Viviane... un peu sorcière, elle aussi ? Les yeux de la Veuve s'agrandirent. Avait-elle invité sans le savoir une autre Olrun sous son toit ? Une sorcière blanche, qui se servait de sa magie afin de protéger le nourrisson et d'en apprendre plus sur lui avant le terme ? La Veuve préféra ne pas trop y penser. Ne pas y penser tout court. Elle venait précisément de retomber dans le sujet tabou. Elle préféra en sortir. Que disait-elle, déjà ? Ah oui, que Narcissa devait venir les voir. Cassandra réagit poliment :

- Narcissa s'en fera une véritable joie. Je vous remercie pour l'invitation et je suis certaine que ma fille apprendra beaucoup auprès de vous, surtout dans un environnement plus lumineux que Forbach.

Elle-même n'avait jamais été à Rosbruck. En comptant avec la passion naturelle de Narcissa pour les curiosités, un bébé à venir devait être au premier rang de son intérêt. Voir comment s'occuper d'un nourrisson et pouvoir le dorloter... voilà un programme qui allait la transformer en puce surexcitée, elle n'en doutait pas. Et puis, après ce brin de discussion avec le couple, Cassandra ne voyait aucune raison d'empêcher sa fille d'y aller. En outre, les Zimmerman représentaient la noblesse de Forbach et elle préférait voir Narcissa les fréquenter plutôt que de traîner avec David ou d'autres petites canailles de la Collégiale.

S'ensuivit une tirade absolument inattendue de la part de la baronne. La Veuve eut la présence d'esprit de ne pas ouvrir des yeux ronds, mais elle ne pensait pas entendre une telle franchise dans leur discussion. Elle considéra un instant Louisa Zimmerman, un léger sourire aux lèvres. Cette fois-ci, elle répliqua aussitôt :

- Mais ne vous inquiétez pas, baronne. Votre sincérité est tout à votre honneur, tout comme je serais heureuse si ce jour pouvait marquer le début d'une amitié. Et je serais bien en peine de vous demander une preuve quelconque... Votre présence ici me suffit amplement.

Est-ce que ça suffirait à enterrer la hache de guerre ? Voilà que les événements prenaient une tournure presque bouleversante. Louisa Zimmerman avait toujours été l'amie de Viviane, et voilà que peut-être... elles le deviendraient à leur tour.

- Je crois que nous pouvons dire que quand le ciel a accordé une amitié aussi éclatante que celles de nos enfants, c'est qu'il a béni la fraternisation des parents.

Dans leurs différences comme dans leurs points communs. La Veuve était prête à tenter ce que lui proposait la baronne. Elle observa un instant le père d'Anna. Son silence n'était pas gênant, puisqu'il s'agissait essentiellement de la rencontre des deux mères, mais elle se demandait sincèrement s'il s'ennuyait profondément ou s'il était tout simplement dans sa nature de ne rien dire. Estimant qu'elle serait une bien piètre hôte si elle ne faisait pas au moins une tentative pour l'intégrer à la conversation, Cassandra continua :

- Vous me semblez bien pensif, baron. Vous me permettrez certainement de vous poser une question un peu indiscrète ? Qu'est-ce que vous préférez à Forbach ?

C'était toujours mieux que de lui proposer une charade. Et puis après tout, la Veuve était sincèrement curieuse de mieux cerner le fameux baron dont lui avait parlé Narcissa. Elle but lentement une gorgée, puis tenta d'oublier la sensation de manque qui lui mettait le cœur au bord des lèvres. Tandis que Romain et Louisa Zimmerman vivaient leur bonheur à deux, elle ressentait cruellement l'absence d'Amaël...
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