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 Rendez-vous arrangé

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Oblivius
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MessageSujet: Rendez-vous arrangé   Mer 20 Avr 2011 - 23:40

"Pas question !"

BAM !

La porte de la chambre à coucher avait été claquée avec violence, et bientôt des pleurs et de lourds sanglots se firent entendre à travers la cloison. Le cinquantenaire frappa doucement quelques coups.

"Titi, ma puce, fais un effort... Il n'est peut-être pas si mal..."

"Va-t-en !"

"Allons, s'il-te-plaît, fais-le pour ton vieux père..."

"Non !"

L'homme jura entre ses dents et frappa plus fort cette fois, haussant le ton par la même occasion.

"Bon, maintenant ça suffit, tu sors immédiatement de cette chambre et tu obéis, Laetitia !"

"J'ai dit non !"

Le ton était sans appel. Exaspéré, le commerçant poussa un soupir et abandonna momentanément. Il se rendit dans son bureau pour réfléchir à tout ça. Depuis quelques temps, il tentait par tous les moyens de trouver un bon parti à sa fille unique. La jeune femme était très belle - elle tenait de sa mère - mais refusait catégoriquement tous ses prétendants, peu importait leur rang. La tête pleine d'histoires d'amour romancées, elle voulait à tout prix épouser un homme dont elle serait éperdument amoureuse. Hors, Monsieur Gaumont le savait, l'amour dans un couple naissait le plus souvent après le mariage, avec le temps. Aussi, malgré les réticences de sa fille, il ne renonçait pas. La dot était plus que conséquente, et avait attiré de nombreux soupirants, qu'elle avait refusé à chaque fois. Mais cette fois-ci, il ne s'agissait pas d'un simple bourgeois. Non, un ami à lui lui avait parlé d'un Vicomte autrichien de passage en ville, un excellent parti lui avait-on dit. Aussi, il ne pouvait laisser passer une aubaine comme celle-là et devait tout tenter pour que sa fille l'épouse.
Après une bonne dizaine de minutes, il remonta devant la porte de la chambre de Titia et frappa doucement.

"Ma chérie, si tu acceptes de le rencontrer et qu'il ne te convient pas, je te promets d'arrêter de vouloir à tout prix te marier."

Seul le silence lui répondit.

"Tu as ma parole d'honneur."

Pas un bruit. Boudait-elle ? Alors qu'il s'apprêtait à repartir, des bruits de pas lents approchèrent de la porte.

"Laisse-moi dix minutes et je descends."

Il sourit, satisfait.

"Tu as pris une sage décision. Je t'attends dans la boutique, c'est là qu'il arrive."

-----------------

De l'autre côté de la porte, Laetitia entendit les pas de son père s'éloigner pour descendre les escaliers. Elle poussa un long soupir en s'adossant à la porte. Cette lubie de vouloir la caser l'avait pris juste après qu'il eut décidé de partir en voyage aux colonies. Il savait que son voyage serait long, et il ne voulait pas laisser son unique enfant seule pendant une année, voire plus. Aussi avait-il décidé de la marier au plus vite, avec un bon parti de préférence, pour avoir l'esprit tranquille à son départ.
Le seule problème, c'était que la jeune femme ne le voyait pas de cet oeil là. Aussi, pour témoigner son mécontentement, elle avait au départ joué le jeu, acceptant de rencontrer ses prétendants mais en se débrouillant toujours pour donner une mauvaise image d'elle-même dès que son père avait le dos tourné. Ainsi, elle avait toujours réussi à faire fuir ses prétendants. Sauf que cette fois-ci, son père s'était mis en tête de lui présenter un noble étranger au nom imprononçable. Avec la chance qu'elle avait, ce serait encore un gros tas de lard aux cheveux gras, ou un vieillard décrépit au regard lubrique...
Elle avait tout d'abord refusé de le rencontrer. Mais finalement elle avait décidé d'accepter le marché de son père. C'était le dernier, après il lui ficherait la paix.

Il devait arriver séance tenante. Aussi, elle revêtit sa plus belle robe - une magnifique robe de soie vert émeraude plutôt décolletée dont les manches, le col et le bas étaient brodés de fils d'or - s'attacha les cheveux en un chignon simple dont quelques mèches de cheveux blonds vénitiens s'échappaient, enfila quelques bijoux et des bottines à boucles et se décida enfin à sortir de sa chambre. Elle était vraiment magnifique, et n'avait besoin d'aucun maquillage pour venir rehausser sa beauté naturelle.
Elle avait mis un peu plus de temps que prévu, aussi le Vicomte venait-il d'arriver lorsqu'elle entra dans la pièce...
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Jeu 21 Avr 2011 - 10:44

Forbach... Voilà un peu plus d'une semaine qu'il était arrivé dans cette ville. La première semaine, il s'était fait engagé comme aide aux champs pour la merveilleuse famille Byche. Il fallait admettre que cela lui avait un peu rappelé le temps où lui aussi avait une famille, mais il n'en avait plus. Fini le temps où il pouvait embrasser sa mère sur la joue lorsqu'il allait se coucher, et même s'il n'avait jamais été proche de ses frères et de son père, il les regrettait aussi amèrement. A son retour des champs, il avait réussi à réintégrer sa chambre discrètement. Il s'était alors ingénié à se dépoussiérer convenablement et prit un long bain dans lequel il s'était même assoupi jusqu'à ce qu'une domestique, venu nettoyer la chambre comme d'habitude, et habituée à son absence, ne le découvre dans un petit cri de surprise. Réveille en sursaut, Mathieu avait essayé de se lever sans succès, hormis celui de retomber dans la baignoire en se cognant la tête contre le cuivre de cette dernière. Étourdi, il mit un petit moment pour se rendre compte que la jeune femme était extrêmement confuse et se répandait en excuses. Le jeune homme se massa les tempes et prit la peine de lui expliquer qu'il n'y avait rien de grave et que c'était de sa faute, vu qu'il s'était assoupi dans son bain. Il lui demanda de lui apporter une serviette pour qu'il puisse décemment sortir du bain et ainsi lui permettre de faire ce pourquoi elle était venue.

Il prit la serviette qu'elle lui tendit et, tandis qu'elle se retournait, il sortit de la baignoire, couvrant une bonne partie de son corps, incluant son intimité, de la serviette après s'être séché un minimum pour ne pas mettre de l'eau partout. Il prit la direction de sa chambre où il s'habilla, revêtant des vêtements qui feraient de lui ce qu'il n'était pas : Alexander Von Voegelberg. Il ajusta les accessoires et se regarda dans un miroir. De Mathieu, il n'avait plus que les traits, et encore... Seuls ses yeux bleus restaient véritablement inchangés, même s'ils semblaient différents, ancrés dans ce corps revêtu d'une carapace de fils de soie et d'or. Le jeune homme soupira et sortit de la chambre, croisant de nouveau la jeune domestique dans le petit salon qui piqua un fard en le revoyant à nouveau. Il lui adressa un sourire et déposa une petite bourse de cuir dans laquelle il avait mis quelques pièces d'or sur une petite commode en lui indiquant de la prendre lorsqu'elle aurait fini. Il quitta ses appartements avec les remerciements de la jeune femme et prit la direction de la Grande Salle.

En chemin il rencontra la jeune femme avec qui il était arrivé dans cette ville. Elle s'enquit de ses nouvelles même si elle lui reprochait visiblement de s'être esquivé dès son arrivée. Il lui expliqua gentiment qu'il faisait cela pour son père, qui lui demandait des descriptions détaillées des endroits qu'il visitait et qu'il devrait probablement s'échapper de temps en temps pour pousser l'exploration dans d'autres villages voisins. Il lui parla alors de sa province natale, des grands domaines, de la mondanité qui ressemble à celle d'ici. Elle sembla s'en ravir et ne lui en tint pas plus rigueur. La jeune femme l'emmena d'ailleurs rencontrer des amis à elle à qui elle avait parlé de lui. Attablés, ils discutèrent de tout et de rien, allant même jusqu'à évoquer les amours d'Alexander. Gêné, le jeune homme avoua ne jamais avoir pensé à cela. L'un des convives avança alors qu'il devait rencontrer quelqu'un. Le jeune homme acquiesça plus pour ne pas froisser la personne qu'autre chose, mais ainsi, il se retrouva avec une invitation pour aller rencontrer Monsieur Gaumont. Un homme exceptionnel qui pouvait dénicher des objets plus rares les uns que les autres.

Obligé par cette lettre, Mathieu fit tout de même honneur à cette invitation et se rendit en ville, monté sur son cheval, en direction de l'adresse que lui avait indiqué un jeune palefrenier qui s'était occupé de son étalon. Le jeune homme n'eut pas trop de mal à trouver le magasin dudit Monsieur Gaumont. Toutefois, Alexander ne savait pas trop à quoi s'attendre ni à quoi rimait cette invitation. Enfin, autant jouer le jeu. Il descendit de son cheval et l'attacha par la bride à un montant de bois prévu à cet effet. Devant la boutique, il admira la vitrine quelques instants, décelant effectivement des objets de toutes sortes, notamment exotiques qui devaient venir de loin, et donc, valoir une fortune. Quelques instants plus tard, il poussa la porte de la boutique...


« - Bonjour... »
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Oblivius
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Jeu 21 Avr 2011 - 11:24

Lucien Gaumont était un homme bedonnant d'une cinquantaine d'années. Le visage souriant, il affichait toujours un air parfaitement jovial, surtout lorsqu'il recevait des clients de marque. Et ce jour-là, un Vicomte devait lui rendre visite ! Et sa fille avait accepté de le rencontrer, quelle aubaine ! Lui qui avait perdu tout espoir de marier un jour son enfant à un bon parti avait repris confiance.
D'ailleurs, la clochette accrochée au-dessus de la porte de la boutique tinta, et l'homme se tourna en souriant vers son client.


"Bonjour jeune homme, que puis-je faire pour vous ?"

Avant que ce dernier ne puisse répondre, Lucien haussa les sourcils.

"Pardon, mais vous ne seriez pas le Vicomte Von Voegelberg ?"

L'ami qui lui avait arrangé ce rendez-vous lui avait fait une brève description du noble. Un jeune homme toujours très propre sur lui et richement vêtu, une tignasse brune et de grands yeux couleur glacier. Oui, à ne pas en douter, c'était bien lui.
Le commerçant fit bien vite le tour du comptoir et s'empêtra dans un morceau de tissu qui traînait sur la table avant de venir exécuter mille et une courbettes devant le jeune homme.


"C'est un immense honneur pour moi, enfin pour nous, ma fille va bientôt arriver. Mais je vous en prie, ne restez pas debout..."

Il lui tira une chaise de style rococo et lui indiqua qu'il pouvait s'asseoir. Pendant ce temps, il se dirigea vers la porte et ferma la boutique avant de mettre ses commis dehors pour le reste de la journée. Pendant qu'il s'affairait ainsi, aux petits soins pour son invité, un voile se leva derrière le comptoir et Laetitia entra dans la pièce, rayonnante de beauté.
Lorsque ses yeux se posèrent sur Mathieu / Alexander, elle eut un charmant sourire. Rien à dire, elle était une excellente comédienne. Bien sûr, il était mignon, et jeune, ce qui était plutôt positif. Mais elle ne le connaissait pas, et son père voulait qu'il devienne son époux. Hors de question. Elle avait décidé de jouer le jeu devant son père, mais d'être ignoble dès qu'il avait le dos tourné.
Aussi, elle s'approcha avec un grand sourire, qui semblait alors franc, vers le jeune homme tandis que son père la présentait au nobliau.


"Vicomte Alexander Von Voegelberg, permettez-moi de vous présenter mon petit ange, ma fille Laetitia."

La jeune femme exécuta une révérence parfaite.

"Enchantée de faire votre connaissance, Monsieur le Vicomte."

Deux autres chaises furent tirées, et Laetitia prit place en face de Mathieu. Monsieur Gaumont, lui, se dirigea vers un petit buffet où il cachait ses meilleurs alcools, et sortit une bouteille contenant un liquide jaune très clair, presque transparent. Il expliqua à son hôte qu'il s'agissait de limoncello, une liqueur venue tout droit d'Italie. Il servit deux verres, un qu'il tendit au jeune homme et le second pour lui. Laetitia lança un regard interrogateur à son père, qui lui fit "non" de la tête. Hors de question qu'une femme boive de l'alcool ! Surtout sa propre fille. Elle croisa les bras et fit la moue, boudeuse.

"Alors, Vicomte, que pensez-vous de Forbach ? C'est une ville charmante, n'est-ce pas ?"

Lucien avait lancé la conversation avec politesse, espérant pouvoir ensuite embrayer sur la question du mariage, si Alexander n'en parlait pas avant...
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Jeu 21 Avr 2011 - 14:27

Dès son entrée dans la boutique, précédée par le tintement de la petite cloche habituelle, Alexander fut accueillit par un homme d'environ la cinquantaine. Le temps semblait avoir marqué quelque peu son visage, néanmoins il semblait dominé par la joie. Peut-être avait-il reçu une bonne nouvelle dans la matinée. Son sourire et son ton enjoué mirent néanmoins le jeune noble en confiance, vis-à-vis de ce qui l'attendait. Alors qu'il allait se présenter et expliquer qu'on lui avait donné rendez-vous ici, l'homme sembla le reconnaître. Lui avait-on donné une description de lui ? Probablement. Lorsqu'il lui demanda s'il était bien le Vicomte Von Voegelberg, Alexander eut un hochement de tête approbateur et rajouta:

« - Alexander, pour vous servir. »

Le jeune Vicomte avait un léger accent, atténué par des années passées en France à parler comme la faune locale pour passer inaperçu. Bien entendu, il n'y parvenait pas tout le temps. Son nom n'était pas invisible lui. Alexander regarda en silence le tenancier passer derrière son comptoir non s'en s'empêtrer dans ce qui semblait être un morceau de tissu. Il eut un sourire intérieur avant de le voir s'incliner devant lui et expliquer que c'était un honneur pour lui de l'accueillir. Non attendez. Venait-il de parler de sa fille ? Il n'eut pas le loisir d'y réfléchir davantage, le père de famille tirant une chaise pour son invité tout en lui indiquant qu'il pouvait prendre place tandis qu'il ferma la boutique et renvoya ses commis pour être tranquille. Le Vicomte, légèrement décontenancé, s'installa tranquillement et, alors qu'il contemplait le comptoir, une fort jolie jeune femme sortit de derrière un voile qui masquait probablement l'accès à la demeure. Il lui rendit son sourire sans la quitter des yeux observant son regard gris-vert.

Il fut néanmoins interrompu par le père qui lui présenta sa fille « Laetitia ». Il observa la jeune femme faire une révérence puis il prit délicatement sa main et la baisa avec déférence:


« - Le plaisir est pour moi, mademoiselle. »

C'était sincère et surtout très courtois. En fait, Alexander commençait à comprendre pourquoi il était ici et, à vrai dire, il n'appréciait pas vraiment cela, mais bon, il ne pouvait pas reculer dès maintenant. Le paternel sortit deux nouvelles chaises et installa sa fille en face du Vicomte. Ce dernier observa l'homme sortir un alcool jaune et lui verser un verre de Limoncello, une liqueur italienne. N'allant pas jusqu'à refuser son verre sous prétexte qu'il ne buvait pas, il accepta le verre et le garda dans les mains. La réaction de la jeune femme ne lui avait pas échappé et il avait sourit légèrement. Son père commença la discussion sur un sujet très banal.

« - Il est vrai qu'elle possède un charme que beaucoup d'autres n'ont pas, mais je ne saurai vous dire exactement pourquoi. Peut-être le découvrirais-je avec un peu de patience. »

Alexander se demanda s'il devait de lui-même se lancer sur le sujet ou non. La piste serait probablement glissante surtout en présence de la jeune femme. Il devait admettre qu'elle était fort jolie et la boutique du père marchait apparemment bien. Cette fille valait probablement de l'or au sens littéral du termes mais le Vicomte n'était pas dupe. Elle avait probablement le même âge que lui et une fille, à cet âge, était souvent déjà mariée, surtout lorsqu'elle était un bon parti. Il y avait donc surement anguille sous roche.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Jeu 21 Avr 2011 - 23:44

Son ami ne lui avait pas menti. Non seulement le jeune homme était très bien sur lui, mais en plus il était poli et courtois, ce qui était loin des nobles qu'il rencontrait habituellement. Au contraire de ceux-ci, il ne se présentait pas comme Dieu tout puissant.
Monsieur Gaumont allait aborder le sujet crucial lorsque des coups répétés à la porte de l'échoppe le coupèrent dans son élan. Il jeta vivement un coup d'oeil, prêt à aller dire deux mots au forcené qui frappait alors, mais se retint en voyant qu'il s'agissait de l'un de ses meilleurs clients. Aussitôt, il se leva en présentant ses excuses à Mathieu.


"Pardonnez-moi, mais c'est un très bon client, je suis obligée d'aller voir ce dont il a besoin. Je reviens tout de suite." Il eut un sourire crispé en s'adressant ensuite à sa fille. "Faites un peu connaissance en attendant."

Et le voilà parti à l'autre bout du magasin.

Aussitôt qu'il fut hors de portée pour l'entendre, la jeune femme se tourna vers son "futur époux", les sourcils froncés.


"Vicomte, que ce soit clair : je ne souhaite absolument pas vous épouser."

Elle eut un regard furtif vers son père avant de poursuivre, devant un Mathieu plus que surpris :


"Comprenez-moi bien. Vous êtes sans doute un excellent parti, mais je désire épouser l'homme que j'aurai auparavant appris à aimer. Personne d'autre."

Le ton était sans appel. Peu importait ce qu'il allait lui dire à cet instant, ses idées étaient parfaitement arrêtées. Jamais, au grand jamais, elle n'épouserait un parfait inconnu, aussi riche et charmant soit-il. S'il devait l'amener devant l'autel, il allait devoir prouver qu'il était digne de son coeur...
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Ven 22 Avr 2011 - 9:36

Non, une chose était certaine, Alexander n'était pas un noble comme les autres, assurément, c'était probablement ce qui faisait sa popularité chez les femmes. Même si les hommes ne l'appréciaient guère, le voyant plus comme un parvenu qu'un véritable noble – s'ils savaient – mais le jeune Vicomte n'avait que faire de ces personnes-là. Oui, il s'intéressait davantage aux jeunes femmes qui pouvaient faire sa richesse ou lui prodiguer des avantages non-négligeables. Oui, il avait déjà séduit une jeune femme juste pour son parti, juste pour obtenir des faveurs d'elle. Courtiser et devenir inaccessible, un excellent moyen pour que la demoiselle séduite vous court après et tente, par tous les moyens de vous conquérir. Cela ne marchait pas avec toutes les femmes, il fallait l'admettre mais certaines tombaient dans le panneau et ce n'était qu'un avantage pour lui. Pourtant, voilà maintenant qu'il se retrouvait dans cette échoppe, avec ce riche marchand, car c'est ce qu'il semblait indéniablement, il suffisait de voir les atours de sa – magnifique au demeurant – fille, pour le comprendre. Il croyait s'être mépris sur cette invitation et n'être là que pour une raison amicale, pour un « élargissement » des amis du marchand, peut-être pour de futures affaires commerciales, mais lorsqu'il se leva pour prendre congé et s'occuper de l'un de ses meilleurs clients, le doute tomba comme le rideau tombe sur la scène lorsque le spectacle est fini.

Laetitia maintenant tranquille et sans son père dans les pattes lui révélait de but en blanc qu'elle ne désirait pas être son épouse. Le ton et le visage fermé évoquait une certitude non négligeable. La surprise d'Alexander ne fut pas feinte. Non pas qu'il ne s'attendait pas à un refus, vu qu'il n'était pas là pour l'épouser, mais bel et bien par la détermination de la jeune fille. Maintenant il la comprenait un peu mieux. Belle, riche et déjà proche des dix-huit printemps, si elle n'avait pas déjà d'époux, c'était qu'elle avait une idée très arrêtée sur ce sujet et que son pauvre père ne devait pas en mener large avec elle. Une belle guerrière, sauvage et indomptée, qui tenait à choisir elle-même son époux. Un choix appréciable, pour elle. Mais Alexander désirait mettre directement les choses au point. Sans changer de ton par rapport au début de la discussion, il répondit:


« - Pardonnez-moi mademoiselle mais je ne connaissais même pas les enjeux de cette discussion jusqu'à ce que vous me le révéliez vous même. Je suis ici par les entrefaite d'un ami qui connait votre père. Soyez assurée que mon but n'est pas de vous épouser contre votre gré. »

Il regarda son verre de Limoncello, tourna le regard vers le père de la jeune femme qui était fort occupé et tendit le verre à Laeticia:

« - J'ai cru voir que vous désiriez en boire un peu. Pour ma part, je ne bois pas d'alcool. Peut-être pourrions-nous nous aider l'un l'autre. »

Il avait dit cela dans un sourire, non pas charmeur mais amical, simplement.

« - Je comprends votre désir de vouloir épouser l'homme que vous aimez, c'est un choix courageux, je le respecte. Loin de moi d'épouser une femme qui ne m'aime pas. Mais, puisque je suis ici, peut-être pourrions-nous commencer par devenir des amis. Qu'en pensez-vous ? »

Alexander devait admettre que la jeune femme lui plaisait beaucoup. Son tempérament, sa fougue, sa beauté... Elle semblait tel un animal sauvage qui ne se laisse pas capturer sans combattre. Toutefois, il savait d'ores et déjà qu'il ne pouvait l'atteindre facilement. Il faudrait surement ruser... Mais ruser était son domaine d'expertise depuis plusieurs années maintenant.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Ven 22 Avr 2011 - 10:48

Après qu'elle lui eut expliqué qu'elle ne comptait pas l'épouser, il lui révéla avec étonnement qu'il venait juste de découvrir la raison de sa présence ici. Elle leva un sourcil, étonnée. Ainsi, il n'avait pas envie de se marier avec elle ? Lui-même était l'autre victime du coup monté réalisé par son père et ce mystérieux ami ? Le ton de sa voix se radoucit quelque peu. Elle avait bien vu que sa surprise n'était pas feinte, et donc elle ne pouvait lui en vouloir.

"Très bien, je vous crois. Vous semblez véritablement étonné de la raison de votre présence ici."

Puis, après avoir jeté un regard vers Lucien Gaumont, il tendit son verre de liqueur à la jeune femme, qui ouvrit de grands yeux surpris alors qu'il lui proposait de le boire à sa place, en cachette. Après avoir eu une brève hésitation, elle saisit le verre en remerciant le jeune homme et, tout en regardant son verre pour vérifier qu'il lui tournait toujours le dos, elle vida le verre d'une traite avant de le rendre, vide, à Mathieu / Alexander, accompagné d'un regard complice.

Il déclara tout à fait comprendre - et partager - son point de vue sur le mariage, et puisqu'aucun des deux ne souhaitait expressément épouser l'autre, il proposa qu'ils deviennent simplement amis. La demoiselle sourit plus largement alors que le client de son père prenait congé, visiblement satisfait.


"Nous pourrions effectivement faire connaissance, en tout amitié. J'avoue que vous êtes différents de ceux qui se sont présentés jusque là."

C'était un compliment, mais elle n'eut pas le temps d'expliquer ce qu'elle voulait dire car son père revenait déjà, les rouges rougies et les yeux brillants.

"Pardonnez-moi, mais je vais devoir vous laisser seuls tous les deux pour une heure environ, une livraison urgente et mes commis sont tous rentrés chez eux. Vicomte, si vous préférez que l'on remette cette entrevue à demain..."

La jeune femme fit alors quelque chose qui surprit son père. Elle se leva et déclara :

"Ça ira, Papa, ne t'en fais pas. Je me comporterai bien avec notre invité."

Elle prit un air de petit enfant demandant un bonbon et poursuivit :

"Puis-je l'emmener discuter dans l'arrière-cour ?"

Monsieur Gaumont sembla agréablement surpris. Il avait comme l'impression que la jeune femme appréciait le Vicomte, ce qui était une bonne chose. En bon père aimant, il tira immédiatement des plans sur la comète, sans pour autant en parler à sa fille, de peur qu'elle ne change d'avis. Il acquiesça donc, les autorisant à s'installer dans l'arrière cour sans chaperon. Après tout, Alexander avait l'air d'être un jeune homme droit et fiable, donc il pouvait lui faire confiance. Surtout qu'il le voyait d'ores et déjà comme son gendre...

Il prit congé après avoir chargé le colis dans son fiacre, laissant ainsi seuls les deux "tourtereaux".
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Ven 22 Avr 2011 - 14:25

Il y avait quelque chose chez cette Laetitia qui la rendait différente des autres femmes. Sa franchise, son caractère impétueux peut-être, Alexander n'aurait pu réellement le dire en cet instant. S'il avait bien réfléchi à la question, peut-être aurait-il estimé qu'il valait mieux en rester là, partir maintenant et ne plus jamais la revoir, si ce n'était inopinément au détour d'une rue ou, éventuellement, d'un dîner. Pourtant il avait décidé de rester. Peut-être était-ce l'occasion de commencer à changer un peu, de se fixer. Pourquoi ne pas rester dans cette ville maintenant ? Pourquoi ne pas arrêter de parcourir la France qu'il avait presque découvert dans son intégralité ? Mais pour se fixer, il lui fallait de quoi le faire et même si la famille Byche lui avait rappelé le bonheur d'être une personne simple et sans chichis, il ne pouvait trahir sa promesse de ne plus jamais être pauvre. Plus encore, il ne pouvait s'installer avec ce qu'il avait amassé jusqu'à maintenant à moins de trouver un moyen de le faire fructifier et Alexander savait qu'il n'avait pas l'âme d'un commerçant, qui plus est, c'était un noble et un noble ne travaillait pas ! Aussi, l'opportunité de séduire la fille d'un riche marchand était une issue plus qu'envisageable. Le seul problème étant de parvenir à se faire aimer d'elle compte-tenu qu'elle semblait être extrêmement décidée à n'épouser qu'un homme dont elle connaîtrait la valeur de l'âme. Ôtait-ce une difficulté ? Le jeune noble ne doutait pas de sa capacité à la séduire, cela prendrait juste un peu plus de temps qu'avec les autres femmes, voilà tout.

Il eut un sourire cordial lorsqu'elle exprima le fait qu'elle le croyait. Pour le coup, il n'avait effectivement pas eu besoin de mentir, car il ne songeait pas véritablement, lorsqu'il avait poussé la porte du magasin, qu'on l'avait invité pour un mariage arrangé. Mais, maintenant, Alexander devait admettre que cela pouvait faire ses affaires. Il échangea le même regard complice lorsqu'il récupéra le verre d'alcool vide. Le jeune Vicomte l'aidait à aller un peu à l'encontre de son père, c'était un moyen de gagner des points, bien évidemment. Elle l'aimait, sans nul doute, mais il lui interdisait des choses qu'elle aimait faire et peut-être même finissait-elle par les faire en cachette car c'était ce que tous les enfants faisaient lorsque leurs parents leur interdisaient quelque chose. Voilà comment il pourrait se rapprocher d'elle, en jouant la carte du compagnon, de l'ami qui l'aide dans ses entreprises. Il aurait ainsi le loisir de lui servir d'alibi pour son père et si la surveillance n'était pas trop forte, il pourrait lui permettre de faire des choses qu'elle n'aurait pas eu le loisir de faire autrement. Toutefois, c'était un jeu risqué, il le savait et il n'aurait probablement pas le droit à l'erreur. Mais peu importait, vu l'aisance de la famille, le jeu en valait probablement plus que la chandelle.

Il apprécia le compliment qu'elle lui fit avec un sourire mais n'eut pas le temps de lui répondre, son père revenant, visiblement accaparé à une toute nouvelle affaire. Il s'excusa de devoir s'absenter pour environ une heure, ayant renvoyé les commis pour s'occuper de son hôte, il était confronté à une commande d'un de ses meilleurs clients qu'il devait donc exécuter par lui-même. Il demanda à Alexander s'il désirait remettre cette entrevue au lendemain mais avant même que ce dernier ne puisse répondre, la jeune femme prit les devants, lui assurant qu'elle s'occuperait de leur invité. Le Vicomte observa l'enfant et son père, ce dernier semblant apparemment très content de la tournure des évènements, qui accepta la demande de Laetitia. Alexander se leva à son tour et salua le marchand qui prit congé une fois sa commande chargée dans le fiacre.


« - Seriez-vous pressée de faire connaissance, mademoiselle ? »

Il avait dit cela sur un ton amusé avec un regard sans équivoque. Ce n'était pas méchant, juste une petite taquinerie. Elle voulait surement en apprendre plus sur lui, c'était compréhensible. Il avait apparemment piqué sa curiosité et il s'en félicitait. Il suivit la jeune femme là où elle désirait l'emmener et lui permit ensuite de faire le premier mouvement:

« - Je ne serais pas discourtois au point de vous demander de me parler de vous sans que vous n'en sachiez plus sur moi. Je vous laisse seule maîtresse à bord pour me demander ce que vous désirez et ensuite décider si je suis digne d'en savoir un peu plus sur la merveilleuse jeune femme que vous êtes. »
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Ven 22 Avr 2011 - 23:47

Une fois Monsieur Gaumont parti, Alexander demanda à la jeune femme si elle était donc pressée de faire sa connaissance. Elle avait bien compris qu'il ne s'agissait que d'une taquinerie, à laquelle elle répondit sur le même ton :

"Et vous, vous êtes toujours là, que je sache..."

En effet, si elle ne l'avait vraiment pas intéressé, il aurait très bien pu partir, lui aussi. Donc s'il était resté, cela ne pouvait signifier qu'une chose aux yeux de Laetitia : elle avait piqué sa curiosité autant qu'il avait titillé la sienne.

Après lui avoir indiqué de la suivre, elle se dirigea vers le rideau par lequel elle était passée pour arriver, le franchit et ouvrit une petite porte qui donnait sur la cour. Celle-ci n'était pas bien grande, mais avait le mérite d'être très fleurie et agréablement décorée. Au centre trônait la statue d'une quelconque divinité Hindoue représentée par un éléphant - Ganesh si elle avait retenu ce que son père lui avait dit en la rapportant - qui semblait tendre les bras vers les deux arrivants, le long du mur face à la porte grimpait un lierre, et ça et là dans des bacs poussaient des fleurs diverses et variées communes à la Lorraine. Bref, un décor sans équivalent dans les environs. Elle désigna la cour d'un geste ample.


"Bienvenue dans mon petit coin de Paradis."

Ils s'installèrent côte à côte sur un banc de pierre, gardant toutefois une distance respectable, et le Vicomte lui proposa de répondre à toutes ses questions, ainsi elle pourrait juger s'il était digne ou non d'intérêt. Elle sourit malicieusement avant de lui proposer autre chose :

"J'ai mieux. Une question pour un autre. C'est un petit jeu que j'affectionne avec mes amis. Si vous êtes d'accord, je commence."

Elle enleva les épingles qui lui retenaient les cheveux, laissant ses derniers tomber en une magnifique cascade blond vénitien sur ses épaules. Les chignons lui donnaient toujours mal à la tête. Pour éviter une migraine, elle avait préféré les détacher avant les premières douleurs. Après avoir passé sa main dans les cheveux pour les discipliner, elle commença les "hostilités".

"Pourquoi n'êtes-vous pas comme les autres nobles, Vicomte ?"

Par "comme les autres nobles", il fallait comprendre "trop sûr de lui, hautain, méprisant même, caractériel, mysogine et pédant".
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Sam 23 Avr 2011 - 19:04

« - Touché. »Fit-il dans un clin d'œil amusé.

Oui, elle suscitait sa curiosité. Une telle jeune femme semblait pleine de surprises et il était bien rare de trouver telle personne, aussi ne pouvait-il pas passer à côté, surtout compte-tenu de ce qu'elle représentait réellement. Il la suivit, passant ainsi le rideau par lequel elle avait fait son apparition, et prit ensuite, à sa suite, la petite porte qui avait été ouverte et qui donnait sur une petite cour intérieure. Elle n'avait rien de démesurée mais y flottait pourtant une impression agréable. Tout dans cet espace était fleuri et ordonné avec un soin particulier. Pierre et végétation se mariaient parfaitement bien dans une cohésion toute étonnante. On abandonnait la notion de contraste entre le naturel et ce qui était créé par l'homme pour se plonger dans une symbiose surprenante. Accompagnant son geste du regard, Alexander découvrit effectivement un petit coin de paradis comme il ne lui en avait pas été donné d'en découvrir de par ses voyages pourtant nombreux.


« - Vous avez un très bon goût, mademoiselle. Cet endroit est splendide. »

Il le pensait sincèrement. A quoi bon mentir de toute façon ? Viendrait surement le moment où il devrait le faire, et bien plus rapidement qu'on ne pouvait le penser. Dès l'instant où elle voudrait en apprendre davantage sur lui, il se devrait de détourner la réalité et de lui donner une véracité véritable. Heureusement, son mensonge était rôdé depuis ces deux années, pour lui, c'était devenu une véritable vérité, comme si sa vie paysanne n'était qu'un mensonge finalement. Il prit place avec la jeune femme sur un banc de pierre, bien entendu, la bienséance les sépara suffisamment. Alexander ne voulait pas se fâcher tout de suite avec le père de la jeune femme. Il ne voyait pourtant pas ce qu'il y avait de choquant à se retrouver côte à côte, enfin peu étaient qui partageaient ce même point de vue.

Lorsqu'elle répondit positivement à son offre, la modifiant même en rendant un peu davantage au Vicomte, ce dernier ne put bien entendu refuser. Il opta donc pour cet échange cordial de questions, chacun une, tour à tour. Cela lui faisait penser un peu à ce jeu auquel il avait joué avec une jeune femme au détour d'un voyage où chacun posait à l'autre une question à laquelle il devait répondre ou subir un gage. Il accepta d'un signe poli de tête et attendit la première question de la jeune femme. Il la regarda défaire son chignon et laisser cascader ses – magnifiques il fallait le préciser – cheveux longs. Il les observa se déverser autour de son visage avant d'être disciplinés d'un geste ample. Sa première question fut surprenante, mais fort logique. Il comprenait beaucoup sa différence avec les autres nobles et c'était bien une carte sur laquelle il jouait souvent.


« - La différence est ce qui permet de nous distinguer de la masse. Je suis sincèrement ravi que vous me trouviez différent des autres nobles, car j'admets que j'ai beaucoup d'aversion pour leurs méthodes méprisables. Je préfère cultiver le respect et l'amitié plutôt que le mépris et la peur. »

Il attendit d'être certain que la jeune femme accepte cette réponse comme « suffisante » puis demanda à son tour.

« - Qu'attendez-vous d'un homme, mademoiselle Gaumont ? Car, à ne pas en douter, je ne suis pas le premier que votre père essaie de marier avec vous. »
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Sam 23 Avr 2011 - 20:39

Il sembla d'abord surpris par sa question, puis il lui répondit dans un grand sourire qu'il était heureux qu'elle le trouve différent des autres. Il lui expliqua abhorrer le comportement ignoble de certaines personnes de noble naissance, préférant être ouvert et amical plutôt que narcissique et hautain. Elle hocha la tête, tout à fait d'accord avec lui.

Ce fut ensuite à son tour de lui poser une question. En toute logique, il lui demanda ce qu'elle attendait d'un homme, puisque visiblement il n'était pas le premier que son père voulait lui faire épouser. Elle rit avec légèreté à cette question. En effet, il n'était pas le premier que son père lui présentait, mais il était le premier qui ne savait pas en arrivant ici la raison pour laquelle il était là. Elle se pencha légèrement vers lui pour lui murmurer sur le ton de la confidence :


"Ce que je cherche, c'est simplement un homme qui saura m'aimer et me rendre heureuse."

Elle reprit sa place, lissa un peu sa robe et poursuivit :


"Je n'attends pas LE prince charmant, je ne suis pas assez stupide pour croire qu'il existe réellement. Et la beauté physique, bien qu'importante, n'est pas tout à mes yeux. Je désires épouser un homme qui me respectera, m'aimera, répondra à mes besoins, et surtout je désire un époux qui accepte de me laisser assez de liberté pour faire ce que je veux. Je ne veux absolument pas être une simple femme au foyer, j'ai envie d'apprendre des choses, de voyager, de visiter le monde comme le fait mon père..."

Son regard se perdit dans le vague un instant, alors qu'elle rêvait à d'autres horizons que Forbach. Puis elle se souvint que c'était à son tour de poser une question. Elle ancra ses yeux gris-verts dans le bleu glacier de ceux d'Alexander et lui demanda :

"D'où venez-vous ? Vous avez un léger accent étranger, et votre nom a des sonorités allemandes, ou autrichiennes..."
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Dim 24 Avr 2011 - 13:42

Son rire le surprit. Venait-il de dire quelque chose de particulièrement drôle qu'il ne s'en rende pas compte de lui-même ? La possibilité était envisageable, bien entendu. Se riait-elle de lui ? N'était-il pas de la liste des innombrables prétendants qu'elle avait du voir circuler ? Alexander était un peu perdu et s'imaginait déjà des possibles interprétations de ce rire soudain, franc et cristallin. Il lui fallut se faire violence pour se dire que finalement il avait réussi à la faire rire et, qu'importe la raison, c'était ce qu'il y avait de plus important dans l'histoire. Sa surprise se poursuivit lorsqu'elle se pencha un peu vers lui, se rapprochant davantage. Brisait-elle les convenances ? Non elle ne le fit pas. Elle s'était contentée de lui murmurer qu'elle cherchait simplement un homme qui sache l'aimer et la rendre heureuse. Effectivement, c'était un désir compréhensible. Et pourtant peu d'hommes comprenaient cela. Beaucoup épousaient une femme pour ce qu'elle représentait et non par amour. Du coup, ils avaient principalement des maîtresses avec qui ils passaient du bon temps, au détriment de leur épouse qu'ils délaissaient. Bien entendu, ils prenaient sur eux pour se faire un héritier, mais généralement, « l'amour » n'allait pas plus loin pour elles.

Néanmoins la jeune femme n'avait pas fini de répondre à la question. Elle se redressa et reprit la parole, expliquant qu'elle ne cherchait pas le prince charmant, s'expliquant suffisamment intelligente pour ne pas y croire. Elle rajouta qu'elle cherchait simplement un homme respectueux de sa personne, un homme qui saura répondre à ses besoins, même si elle n'expliqua pas ce qu'étaient justement ces besoins-là. Peut-être seraient-ils l'objet d'une future question. Elle voulait vivre libre et non recluse chez elle comme une simple femme au foyer. Alexander comprenait cela, il y adhérait même. Laetitia semblait entreprenante, volontaire. Elle savait ce qu'elle voulait et c'était bien. Rares étaient les femmes qui s'affirmaient ainsi, sachant concrètement ce qu'elles voulaient. C'était notamment pour cela que le Vicomte lui avait posé cette question pour connaître ses motivations, pour voir si elle faisait simplement la difficile sans savoir ce qu'elle recherchait ou si, au contraire, elle n'avait simplement pas trouvé l'homme qui répondait à des critères stricts qu'elle s'était fixée.

Il observa ses iris gris-vert tandis qu'elle lui demandait d'où il venait. Elle avait deviné juste, il avait un léger accent étranger, affaibli par quelques années de vie en France mais son nom trahissait la mascarade. Oui, Alexander était un étranger.


« - En effet, mademoiselle. Je suis originaire d'Autriche. Ma famille vit près de Vienne au Château de Schönbrunn. Mon père a voulu que je voyage pour parfaire mon éducation. Ainsi, depuis un peu plus de deux ans, j'ai fait escale dans certaines des Cours de France. Je suis fraichement arrivé à Forbach depuis quelques jours et voilà qu'un connaissance d'une amie cherche déjà à me trouver une compagne. »

Il eut un sourire amusé, mais rajouta:

« - Néanmoins, je peux saluer son extrême obligeance, étant donné que cela m'a permis de rencontrer une jeune femme aussi, puissiez-vous me le permettre, belle et étonnante que vous. »

Il marqua une pause puis reprit:

« - Vous disiez qu'un homme devait savoir répondre à vos besoin, mais quels sont-ils, mademoiselle ? »
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Lun 25 Avr 2011 - 1:35

Elle ne s'était pas trompée sur les origines étrangères du jeune homme. Il lui expliqua en effet être originaire d'Autriche, du château de Shönbrunn plus exactement. Apparemment, son père voulait qu'il voit du pays pour parfaire son éducation. Il avait vraiment de la chance. Elle aurait aimé pouvoir, comme lui voyager selon ses envies... Il ajouta qu'il était tout de même heureux d'avoir écouté son ami et d'être venu ici en ce jour, glissant par la même occasion un compliment qui fit sourire la jeune femme. Elle ne rougit pourtant pas. Etait-elle habituée à ce genre de flatteries ? Oui, un peu, il fallait bien l'avouer. Enfin, on la complimentait souvent sur sa beauté, mais c'était tout de même la première fois qu'on la qualifiait d'étonnante en la complimentant. En général, c'était plutôt dit sur un ton de reproche...

Il lui demanda ensuite quels étaient les fameux besoins auxquels elle voulait que son prétendant réponde. Là, elle tourna son regard sur la statue au milieu de la cour, les yeux comme perdus dans le vague, un léger sourire sur les lèvres.


"Vous allez sans doute me prendre pour l'une de ces femmes frivoles et matérialistes, mais mon péché mignon est la mode. J'aime porter les robes dernier cri, et j'attends d'un homme qu'il ne me refuse pas ce plaisir simple. Je ne demande pas d'argent, j'en ai bien assez moi-même, mais les petites attentions de ce genre me font craquer..."

Elle reporta ses yeux sur Mathieu / Alexander.

"Qu'avez-vous ressenti à l'instant où vous avez compris la raison de votre présence ici ?"

Elle voulait savoir s'il avait eu envie de partir, ou bien au contraire s'il avait été immédiatement satisfait de l'aubaine qui se présentait à lui. Après tout, il était le premier qui ne venait pas la rencontrer de sa propre initiative, et cela avait eu le mérite de piquer au vif la curiosité de la demoiselle...
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Lun 25 Avr 2011 - 15:18

Oui, Laetitia de Gaumont était une jeune femme étonnante. Si différente des autres femmes bourgeoises qu’il avait été amené à rencontrer. La plupart étaient imbues d’elles-mêmes, assurées d’être le meilleur parti pour un homme, quel qu’il soit. Elles tombaient d’ailleurs généralement de haut lorsqu’on refusait leurs avances, car oui, elles étaient tellement sûres d’elles qu’elles allaient jusqu’à séduire les hommes. Ce qu’elles ne comprenaient pas, c’est que la plupart d’entre eux iraient jusqu’à leurs couches uniquement pour profiter d’elle avant de les jeter comme on jette un mouchoir après l’avoir utilisé. Ces femmes superficielles n’intéressaient personnes, ou alors des hommes tout aussi superficiels. Remarque il fallait bien que de telles personnes puissent se retrouver, mais il était rare de voir une personne entière et intéressante parmi ces femmes récemment riches de par l’activité lucrative de leurs pères ou, parfois même, de leurs maris ! Car oui, certaines femmes mariées n’hésitaient pas à courir l’amant pour égayer leurs soirées trop mornes à leur goût. Ces femmes-là n’étaient pas au goût d’Alexander.

Non, il cherchait plus une femme comme Laetitia. Entière, passionnée, sachant ce qu’elle voulait. Ces femmes-là étaient rares, réellement, et parfois elles n’étaient pas aussi belles qu’elle. Cette demoiselle Gaumont semblait être une des perles rares qu’il n’est pas donné de rencontrer à tout le monde. C’est d’ailleurs étonnant qu’aucun autre prétendant n’ait su voir la qualité de la fleur qu’ils avaient l’opportunité de cueillir s’ils y mettaient un peu du leur. Certes, composer avec une femme aussi libre n’était pas nécessairement évident, pourtant il semblait clair que seules ces femmes-là étaient capables d’aimer véritablement sans vous tromper avec le premier noble venu. Si l’on cherchait de la passion, un amour véritable et sincère, il ne fallait pas chercher dans les petites femmes superficielles mais bel et bien chez des personnes comme la jeune femme qui se tenait devant Alexander.

L’entendre ainsi parler de ses goûts pour les belles robes n’entacha pas la vision que le Vicomte se faisait d’elle. A chacun sa passion, les robes avaient le mérite de ne pas nécessaire vous ruiner et il pouvait comprendre l’intérêt d’une femme à paraître la plus belle parmi ses pairs. Oui tout cela était compréhensible. Il eut un sourire quand elle lui demanda ce qu’il avait ressenti lorsqu’il avait compris qu’il était ici en tant que prétendant pour la belle. Il sembla hésiter un instant puis finit par simplement dire la vérité.


« - Pour être totalement franc, je crois que si le bon client de votre père ne nous avait pas interrompu et que vous ne vous seriez pas montrée aussi franche avec moi, j’aurai tourné les talons dès que la discussion me l’eut permis courtoisement. »

Oui, il aurait mieux voulu partir à ce moment-là, mais la jeune femme avait éveillé sa curiosité et le hasard de la vie en avait décidé autrement.

« - Mais je ne regrette pas d’être finalement resté et je suis même honteux d’avoir pensé tourner dos à une jeune femme comme vous. Mais, comme vous, je n’aime pas qu’on décide à ma place en matière d’amour et nous partageons également les mêmes désirs concernant les critères de nos époux respectifs. Amour, Confiance et Liberté. »

Il écouta le chant d’un petit oiseau au loin et reprit après un léger silence.

« - Seriez-vous une épouse fidèle, Mademoiselle Gaumont ? »
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Mar 26 Avr 2011 - 0:04

Laetitia sembla heureuse de l'honnêteté du jeune homme. Il lui avoua en effet avoir eu une furieuse envie de tourner les talons en apprenant la raison de sa présence dans la boutique. Pourtant, il avait bien vite révisé son jugement devant la franchise de la demoiselle. Par son refus de l'épouser, elle lui avait visiblement donné envie de la connaître. La plupart de ses prétendants, à cette étape, auraient déjà pris la fuite. Ce qui lui avait plu chez Alexander, c'était qu'il avait au contraire semblé apprécier cette sincérité. C'était pour cette raison qu'elle s'était montrée finalement raisonnable et avait proposé de converser avec lui.

Il lui avoua partager les mêmes ambitions qu'elle concernant la recherche de la personne parfaite - bien que personne ne soit véritablement parfait - et lui demanda ensuite si elle serait une épouse fidèle.
Pourquoi lui posait-il cette question ? Elle ancra son regard dans celui du noble avant de lui répondre sur un ton tout à fait sérieux :


"Si mon époux l'est également, alors oui, je serai la plus fidèle et la plus aimante des femmes."

Il allait sans dire que si elle épousait un homme qui lui disait l'aimer, et qui au final allait compter fleurette à une autre, elle ne se priverait certainement pas pour aller voir ailleurs elle aussi. En revanche, si son mari l'aimait vraiment, il n'aurait pas d'autres femmes dans ses pensées et lui serait entièrement fidèle. Et à ce compte mériterait sa fidélité aussi.

Intriguée par les raisons qui avaient motivé cette question, elle demanda :


"Vous intéresserai-je, finalement, pour que vous me demandiez ca ?"

Non pas que l'idée la dérange en soi, comme toute femme elle aimait être appréciée, mais elle ne comprenait pas cet étonnant revirement de situation...Enfin, peut-être était-il simplement curieux... Bien que la curiosité n'amène en général pas ce genre de questions...
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Mar 26 Avr 2011 - 16:59

La sincérité… Un bien grand mot pour désigner l’action de ne pas mentir ou de ne pas occulter la vérité et de se confier corps et âme sans l’ombre d’un soupçon. Mais qui était encore sincère de nos jours ? Chacun avait son petit jardin secret, son terrain inaccessible où il était impensable d’emmener les autres. Pour empêcher cela, on ne pouvait être complètement sincère, c’était impossible. La sincérité était un idéal impossible, une chimère. L’homme qui se disait sincère était, par définition, un parjure et ne pouvait donc pas remplir la qualité par laquelle il se définissait. Tout comme on brise le silence en l’évoquant, la sincérité est une qualité que l’on ne peut décemment évoquer sans en briser le fragile chemin de verre qui mène à son obtention. Le moindre faux-pas et il se brise, nous provoquant, sans retour possible, vers les méandres du mensonge. Bien entendu, briser la route de la sincérité n’empêchait pas de dire la vérité et de ne pas user de la duplicité pour couvrir des actes de mauvaise foi. Toutefois, le mensonge était-il réellement mal ? N’y avait-il pas possibilité de faire du bien en mentant ? La vérité elle-même n’était pas plus mauvaise par moment ? N’existait-il pas des mensonges acceptables ? Le sujet de réflexion était sans fin car à la fois les pires et les meilleurs hommes sur cette terre l’utilisaient, et pour quelles fins ? Toutes. Bonnes ou mauvaises. C’était bien là le problème. Comment faire la différence entre un mensonge utilisé pour faire de bonnes choses et un autre destiné à faire du mal ? Y avait-il seulement une différence ? Pour leurs utilisateurs forcément, puisqu’il faut bien qu’ils se justifient…

Alexander contemplait Laetitia. Elle était tout simplement adorable. Certes il ne voulait pas qu’on le marie de force, loin de lui cette horrible idée, par contre, un mariage consentit par les deux parties pourrait être des plus intéressants. Cette jeune femme était de bonne famille, possédait d’indéniables qualités pour le peu qu’il avait parlé avec elle jusqu’à maintenant et elle était belle. Des qualités qu’il était souvent improbable de trouver réunies dans une seule et même personne. Alors peut-être que sa question se trouvait légèrement déplacée et pourtant elle n’était qu’une suite logique. Il avait dit qu’il avait désiré partir dès lors qu’il avait compris qu’on désirait le marier de force, mais cela ne voulait pas forcément dire qu’il l’avait trouvé déplaisante et préférait mourir plutôt que l’épouser elle, en tant que femme et non en tant que titre de richesse comme certains nobles s’aiment à voir leurs femmes. Et Alexander dut admettre que la réponse de la jeune femme lui convint parfaitement. Une fidélité réciproque. C’est tout à fait logique et fair-play. Après tout, peut-on demander à une femme d’être fidèle alors que son époux est volage et court la petite nobliotte sotte qu’il couchera sur son lit pendant quelques heures avant d’en prendre une autre pour cible ? Non, décemment, on ne peut faire cela.

Il soutint son regard sans ciller. Son bleu glacier avait l’avantage de ne trahir que peu d’émotions quand il le désirait.


« - Je vous ai dit qu’effectivement lorsque j’avais compris que votre père désirait vous marier à moi, j’ai pensé tourner les talons et repartir, pour la simple et bonne raison que j’abhorre l’idée d’être marié de force, tout comme celle de forcer une femme à m’épouser. »

Son regard se fit un peu plus insistant :

« - Toutefois, cela m’empêche-t-il de vous trouver remarquable et de penser que peut-être nous pourrions nous apprivoiser l’un l’autre, apprendre à nous connaître, voire peut-être davantage… »
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Mer 27 Avr 2011 - 10:48

Finalement, il avait changé d'avis ? Elle l'écouta avec une certaine appréhension lui répéter qu'au début, il avait certes voulu partir, mais que maintenant il ne regrettait absolument pas d'être resté. Cette simple réponse aurait dû lui mettre la puce à l'oreille, mais non, elle avait attendu la suite. Là, il lui avait avoué penser qu'ils pourraient tout à fait s'apprivoiser mutuellement, apprendre à se connaître et pourquoi pas aller plus loin qu'une simple relation amicale...
C'était bien ce qu'elle pensait, il avait finalement envie de l'épouser... Mais il fallait avouer qu'il avait mis les formes pour le dire. Alors, elle allait faire de même pour refuser poliment.


"Vicomte, je ne suis pas née de la dernière pluie. Malgré mon jeune âge, j'ai certainement fait plus de bêtises que vous, et bien que ma virginité puisse toujours être confirmée, je ne suis pas une débutante en matière de relation amoureuse."

Elle se leva et fit quelques pas vers la statue de Ganesh.

"Je vois clair dans votre jeu. Avec vos compliments et vos gentillesses, vous tentez de m'amadouer. Est-ce une stratégie de mon père ou bien avez-vous trouvé ça tout seul ?"

Elle reporta son regard vers lui. Elle n'était pas vraiment en colère, mais le revirement de décision aussi rapide d'Alexander lui faisait penser qu'en réalité, il avait toujours voulu qu'elle soit sienne, et qu'il attendait simplement le bon moment pour en parler, jouant les amis pour mieux l'approcher...

Elle s'approcha de nouveau de lui, d'un pas rapide, et s'accroupit juste devant lui pour que leurs visages soient à la même hauteur. Elle planta son regard dans celui de son interlocuteur et lui demanda simplement, d'un ton légèrement fougueux :


"Qu'est-ce qui me prouve que vous êtes sincère ? Que je vous plais réellement ?"

Après tout, c'était peut-être simplement sa dot, qui l'attirait...
Elle était à peine à quelques centimètres de lui, leurs souffles se mêlaient, mais elle ne bougea pas. La demoiselle s'était toujours moquée des convenances...
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Mer 27 Avr 2011 - 11:42

Changer d'avis est un bien grand mot. Réfléchir à la situation est l'expression qui conviendrait probablement le mieux à ce que venait de faire Alexander. Quel mal y avait-il à trouver une jeune femme séduisante et lui proposer de lui faire la cour ? Il était évident que son statut social et sa dot encourageait fortement à cette envie, mais cela n'était pas la principale motivation. Fallait-il donc toujours penser que les hommes étaient à ce point manipulateurs et tournés vers l'argent ? Le Vicomte aurait pu s'en vexer, assurément, pourtant il n'en fit rien. S'il avait toujours voulu la prendre pour femme, il lui aurait suffit d'un mot à son père pour que le mariage soit arrangé, avec ou sans l'accord de sa fille. Pourtant, il avait décidé de respecter la jeune femme, de commencer par faire connaissance et non lui imposer un homme qu'elle n'aimerait peut-être pas. Alors oui, peut-être n'était-elle pas née de la dernière pluie, néanmoins elle se fourvoyait beaucoup sur ses intentions, et cela pouvait en être réellement blessant. Pourtant il préféra garder le silence tandis qu'elle s'évertuait à lui montrer sa connaissance en matière d'amour. Quelle femme n'avait pas déjà flirté avec un homme ? Lui-même s'était amouraché de certaines jeunes filles sans pour autant aller plus loin que quelques baisers échangés dans l'intimité d'une chambre ou d'une pièce à l'écart. Croyait-elle sincèrement être la seule à avoir outrepassé l'autorité paternelle sans que ce dernier le sache ? Alexander était en France, bien loin de l'autorité paternelle qui ne recevait de ses nouvelles que quand bon lui semblait et, surtout, de ce que bon lui semblait. Avait-il fait part de ses amours ? Surement pas, son père n'aurait certainement pas beaucoup apprécié le comportement de son fils. Mais peu importait.

Alexander ne broncha pas d'un cil, observant la jeune femme se lever et faire quelques pas dans la direction de la statue. Sans la quitter du regard, il l'écouta lui expliquer sa vision des choses. Qu'il n'était probablement qu'un beau-parleur, allant même jusqu'à ironiser sur l'origine de cette stratégie. Le pensait-elle vraiment aussi peu intelligent ? Il y avait de quoi être blessé, sincèrement. Comment cette jeune femme osait-elle ? Il eut un petit sourire. Voilà le comportement qu'il avait décelé chez elle dès sa première tirade lorsque son père avait le dos tourné. C'était une femme entière et remplie de convictions. Cela ne la rendait que plus attirante encore. Il répondit:


« - Ni l'une, ni l'autre. Il n'y a nulle stratégie dans mes paroles. Je complimente les personnes qui le mérite et je dénie les autres. C'est un comportement habituel, généralement. »

Entièrement stoïque, il n'avait pas élevé la voix. Il avait même fait le choix de ne pas lui faire remarquer qu'elle devenait profondément outrageante de par les sous-entendus de ses propos. Mais ce n'était pas la peine, c'était ainsi qu'il l'appréciait déjà, pourquoi la changer ? Il la regarda s'approcher, son regard glacier impassible. Tentait-elle de l'impressionner ? Lorsqu'elle lui demanda une preuve de sa sincérité, le temps se figea. Ils étaient l'un en face de l'autre, si près qu'il sentait son souffle chaud contre ses lèvres. Une preuve ? Voulait-elle vraiment une preuve ?

Fut-ce un sourire amusé qui se dessina furtivement sur les lèvres du jeune homme ? Nul n'aurait su le dire. En un instant, il rompit la distance qui les séparait. Sa main effleura doucement la joue de la jeune femme tandis que ses lèvres se posaient sur les siennes en une douceur infinie. Si elle désirait une preuve de sa sincérité, il n'y avait rien de mieux à lui offrir, car oui, peut-être était-il intéressé par sa dot, mais avant tout et surtout, il était intéressé par la personne, par ce qu'elle était en elle, dans son esprit, et aussi, un peu, dans son corps. C'était Laetitia qui le passionnait, pas sa dot. Et cela peut-être le comprendrait-elle en cet instant.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Sam 30 Avr 2011 - 12:01

Il lui assura être parfaitement sincère dans ses propos, et ne pas la flatter dans l'unique but de la séduire. Elle restait assez dubitative, mais lorsqu'il rompit la faible distance qui séparait leurs visages pour déposer un doux baiser sur ses lèvres, elle dû bien reconnaître qu'elle était surprise...
La première surprise passée, elle ferma les yeux et approfondit le baiser, passant ses bras autour du cou d'Alexander. Le temps sembla suspendu, et ce fut un bruit non loin qui la fit sursauter.

Son père était-il déjà de retour ? Le bruit se fit plus proche... Et un miaulement outré retentit juste à côté du banc. Lâchant le jeune homme, elle saisit un chaton roux - son chaton - et le montra à Mathieu.


"Je crois que Cannelle est jaloux..."

Elle lança un regard complice au noble avant de reposer le petit chat et de se relever pour s'installer de nouveau sur le banc.
Elle regarda Alexander droit dans les yeux, le regard sérieux.


"Bon... Admettons que vous soyez sincère... Il ne faut pas que mon père sache que je vous intéresse vraiment, ni que vous me plaisez également, sinon il serait bien capable d'arranger le mariage pour demain..."

Oui, elle venait de glisser que le jeune homme aussi avait piqué la curiosité de Laetitia, et peut-être même un peu plus que ça. Après tout, le baiser qu'ils avaient échangé n'était peut-être rien, mais peut-être qu'au contraire il venait de sceller leurs destins... Qui sait ?

"Nous lui dirons donc que nous souhaiterions mieux nous connaître avant de décider de quoi que ce soit - ce qui est la vérité - mais je vous préviens, je refuse que l'on sorte accompagnés d'un chaperon."

Elle croisa les bras sur sa poitrine, l'air décidé. Mais avait-elle réellement besoin de préciser ce point ? Visiblement, le jeune homme partageait son opinion sur de nombreux points, donc très certainement aussi sur la présence - ou plutôt l'absence - de chaperon.
Ainsi, ils pourraient discuter librement, sans craindre d'être ramenés à la bienséance par un(e) rabat-joie toutes les deux minutes...
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Sam 30 Avr 2011 - 13:00

Le baiser, probablement la seule preuve unique et sincère que l’on pouvait donner. Pourquoi ? Simplement parce qu’on faisait très rapidement la différence entre un baiser sincère et un baiser donné juste pour faire illusion. Le vrai baiser vient toujours de l’intérieur de l’âme. On ne donne un véritable baiser qu’à une personne qui nous plait et que l’on sait aimer. C’est ce baiser qu’il offrit à la jeune femme, un baiser sincère et vrai. Il s’était d’ailleurs attendu à ce qu’elle le gifle pour son audace insensée, mais pourtant ce ne fut pas le cas, bien au contraire. Alors qu’il pensait être repoussé, plutôt violemment, la jeune femme resserra leur étreinte en l’enlaçant et lui rendit son baiser – fort agréable, il fallait bien l’admettre. Alexander fut néanmoins impossible de dire combien de temps cela dura. Ce moment intemporel et agréable eut néanmoins une fin lorsqu’un bruit surprit la jeune femme qui rompit leur étreinte assez vivement, certainement de peur que son père les surprenne. C’était compréhensible. Le jeune Vicomte se redonna une contenance qu’il n’avait pas tellement perdue et jeta un regard étonné dans la direction d’où venait un miaulement. Il observa la jeune Laetitia se baisser pour prendre un petit chaton au pelage roux dans ses bras pour le lui montrer. Elle ajouta malicieusement qu’il semblait que « Canelle » - un prénom justement choisi pour l’animal – était jaloux. Alexander ébouriffa la petite frimousse de la fripouille et répondit :

« - Que Canelle soit rassuré, je ne compte pas prendre sa place. »

Il eut un léger sourire à l’image de la malice de Laetitia. Alexander n’avait aucune raison de jalouser un chat, et l’inverse était tout aussi vrai. Après tout, les liens d’animaux à hommes étaient bien différents des liens entre humains, du moins, en règle générale. Une fois, relâché, le chaton s’éloigna un peu mais resta dans les environs, comme pour surveiller les deux jeunes gens. Etait-il réellement jaloux ? L’idée semblait improbable mais amusante. Son attention se reporta sur la jeune femme qui s’était installée à nouveau sur le banc et qui lui faisait comprendre que son père ne devait pas être au courant de leur intéressement réciproque, capable qu’il était de les marier dès le lendemain. Une telle réaction était amusante, mais il se contenta d’acquiescer de la tête avant d’écouter la proposition de la jeune femme pour ainsi se permettre de se revoir sans risquer l’Eglise dans les jours à venir. Elle insista néanmoins pour que les rencontres se déroulent sans chaperon. Il était vrai que ce genre de compagnie n’était pas très agréable.

« - Je n’ai de compte à rendre à personne ici, si un chaperon doit nous être imposé, il le sera par votre père, à moins que vous ne parveniez à l’en dissuader. Néanmoins, si chaperon nous devons avoir, je suis certain que nous parviendrons à nous arranger pour lui fausser compagnie, n’est-ce pas ? »

Il eut un clin d’œil amusé et rajouta :

« - Etant donné votre père et votre caractère, j’imagine que vous avez du apprendre à filer en douce lorsque c’était nécessaire, me trompe-je ? Pour ma part, j’ai également de l’expérience en ce domaine. »

Oui, Alexander n’était pas un noble comme les autres, et apparemment il n’y avait pas que sa manière de penser qui était différente.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Sam 7 Mai 2011 - 16:58

Le chaton avait poussé un bref ronron de satisfaction alors que le jeune homme lui avait grattouillé le museau, puis lorsque Laetitia l'avait reposé au sol, il s'était allègrement frotté aux jambes d'Alexander avant de filer vers la maison.
Après qu'elle eut exprimé son souhait de revoir le jeune homme sans chaperon, il la rassura en lui disant que, de son côté, il n'y avait rien à craindre. C'était donc à elle de s'arranger avec son père. Bien sûr, il insisterait lourdement pour qu'ils prennent un chaperon, mais elle savait parfaitement comment déjouer la vigilance de n'importe qui. Elle sourit alors qu'il avançait l'hypothèse qu'elle sache tout à fait comment fausser compagnie à un éventuel chaperon.


"Oui, vous m'avez assez bien cernée..."

Elle eut un léger rire avant de poursuivre :

"Mon père n'est pas au courant, mais il n'est pas rare que je sorte le soir en cachette pour aller retrouver quelques amis en ville..."

En tout bien, tout honneur, bien entendu. Autrefois, elle s'esquivait pour retrouver ses petits amis de l'époque, mais ce temps était à présent bien révolu. Elle savait que si elle le souhaitait, elle pourrait très bien voir Alexander sans avoir à le cacher à son père. Elle était même convaincue de pouvoir le persuader d'abandonner l'idée du chaperon. Pourtant, les sorties en cachette avaient un petit goût d'interdit dont elle raffolait.

"Je dois vous avouer que j'aime l'interdit. Le risque de me faire surprendre me grise, et c'est uniquement pour cette raison que je ne tiens pas à ce que mon père soit au courant pour l'instant."

Sincère, directe, voilà le caractère de notre demoiselle. Elle se pencha un peu plus vers Alexander et l'embrassa de nouveau, ignorant toute convenance. Cependant, un nouveau bruit l'interrompit, et cette fois-ci elle fit bien de s'écarter, car c'était son père qui revenait.

"Oh, pardon, je ne voulais pas vous déranger..."

La jeune fille rougit jusqu'aux oreilles. Les avait-il vu s'embrasser ? Elle espérait bien que non, sinon Monsieur Gaumont aurait tôt fait de préparer le trousseau de mariage de sa fille..
Enfin, s'il les avait surpris, il ne le fit pas remarquer. A la place, il se contenta de s'approcher des jeunes gens, un large sourire flottant sur ses grosses lippes.


"Alors, Vicomte, j'espère que ma fille se comporte bien avec vous..."

Il n'était pas dupe et savait pertinemment que son unique enfant pouvait avoir un véritable caractère de cochon quand elle s'y mettait. Pourtant, il était heureux de voir que le jeune noble n'avait pas encore pris la poudre d'escampette, c'était très bon signe...
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Sam 7 Mai 2011 - 19:49

Il n'était pas difficile de cerner le personnage de la jeune Laetitia Gaumont. Il suffisait de voir son père pour comprendre allègrement le besoin de liberté que cette jeune femme devait posséder en elle. C'était un sentiment qui animait beaucoup de femmes de la Noblesse, même si elles ne l'évoquaient que rarement. Après tout, pour la plupart d'entre elles, il n'y avait aucun choix. Leurs vies étaient dictées par leurs familles presque dès leurs naissances. Pour les plus chanceuses de ces dames, il y aurait à la clef un époux aimant et fidèle, mais peu seraient veinardes à ce point là. Les autres finiraient par se contenter d'un mariage arrangé et absolument sans passion, d'un mari volage préférant des femmes plus jeunes et plus belles. Il y aurait un enfant pour la forme, peut-être deux. Elles aussi tenteraient de séduire quelques jeunes hommes mais elles ne seront probablement pas pleinement satisfaites de cette vie. Certaines de part leurs naissances seraient expédiées dans des Couvents, devant vouer leurs vies à Dieu et à personne d'autres sous peine d'entacher le nom de leur famille et de subir le déshonneur toutes leurs vies... La vie d'une noble n'avait rien d'envieux, le pire étant probablement pour les bourgeoises, dont les parents essayaient toujours d'arranger des mariages avec de forts partis de la noblesse. A cette situation, on ne pouvait réagir que de deux façons différentes, subir ou agir, et Laetitia ne semblait pas femme à subir, la preuve en était le comportement qu'elle avait eu jusqu'à maintenant.

Quant à aimer l'interdit ? Tous les enfants qui ne suivaient pas les ordres de leurs parents le possédaient. C'était le même désir qui les animait, même Alexander appréciait également l'interdit. Cela rehaussait le goût de tout ce que l'on faisait. Ce sentiment de se sentir vivant était inégalée lorsque l'on manquait de peu de se faire surprendre. Lui-même était assez proche de ce danger, mais il avait appris à vivre avec depuis plusieurs années et, même si la sensation s'était atténuée avec le temps et l'habitude, il ne manquait pas d'en profiter à chaque instant. Tout comme il profita de ce second baiser qu'elle lui offrit jusqu'à ce qu'un nouveau bruit l'interrompit et qu'elle ne s'écarte de lui quelques instants avant que son père n'apparaisse, s'excusant de les déranger. Le Vicomte resta droit dans ses bottes, impassible. Après tout, qu'avait-il à se reprocher, s'était-il passé quelque chose entre les deux jeunes gens ? Absolument pas.


« - Ne vous excusez point Monsieur Gaumont, vous êtes ici chez vous et vous ne nous dérangez pas. »

Son interlocuteur lui demanda alors si Laetitia se comportait bien avec lui. Visiblement son père avait conscience de son caractère difficile et certains prétendants n'avaient pas été traités avec autant d'égards que lui par la jeune femme. Il se tourna vers la jeune femme, et lui adressa un clin d'oeil discret dans un sourire avant de se retourner vers son père :

« - Votre fille est... Surprenante. Je comprends que son comportement singulier ait fait fuir d'autres prétendants et je crois que je ne dérogerais pas à la règle, même si je ne compte pas fuir. Je pense sincèrement que votre fille et moi ne pourrions nous entendre pleinement. Je suis navré, Monsieur. »

Alexander se tourna vers Laetitia, prit sa main dans un regard complice et lui baisa la main élégamment.

« - Mademoiselle, croyez bien que ce fut un honneur pour moi de faire votre rencontre quelque fut la fin de celle-ci. »

Il se releva non sans que ses yeux ne parlent bien autrement en son nom, puis se fit un nouveau masque en se retournant vers son père.

« - Ce fut un plaisir et je vous remercie de m'avoir accueilli chez vous. Peut-être aurons-nous le plaisir de nous fréquenter à nouveau, en tout cas je l'espère. Je vous souhaite la bonne journée, Monsieur Gaumont. »

Voilà comment éviter de donner des soupçons à son père et comment lui permettre de le rejoindre sans chaperon, car il n'y avait aucun doute, elle parviendrait surement à le retrouver, après tout, il ne se cacherait pas.
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MessageSujet: Re: Rendez-vous arrangé   Lun 9 Mai 2011 - 14:45

Les paroles du jeune homme firent l'effet d'une douche froide au pauvre Lucien Gaumont. Lui qui s'attendait déjà à l'annonce de prochaines fiançailles se retrouva déconfit en apprenant que le Vicomte ne souhaitait pas convoler en justes noces avec sa fille. Son sourire disparut rapidement, et il tenta de faire changer Alexander d'avis.

"Mais... Mais... Je pensais que vous vous entendiez pourtant plutôt bien, et avant que je ne parte, ma fille m'a semblé très intéressée... N'est-ce pas, Titi ?"

Il se tourna vers la demoiselle, plein d'espoir. Mais celle-ci secoua négativement la tête.

"Désolée, Papa. Nous avons fait connaissance, certes, mais nos points de vue divergent sur bien trop de choses pour que nous puissions être heureux en ménage..."

Elle se leva et vint se placer à côté de son père, lançant un regard entendu à son soupirant. Elle espérait pouvoir le revoir le soir même, mais comment le lui faire savoir sans éveiller les soupçons de son paternel ? Elle décida de le raccompagner à la porte, par politesse, ainsi elle serait en mesure de lui exprimer ses pensées. De plus, après cette nouvelle, son père serait obligé de la laisser mener sa vie comme elle l'entendait, il le lui avait promis !

"Papa, va donc te changer, tu es tout crotté... Je m'occupe de reconduire le Vicomte."

Et, sans même attendre la réponse de Monsieur Gaumont, elle prit le bras du jeune homme et le mena vers la boutique pour pouvoir échanger quelques mots seule à seul avec lui. Une fois hors de portée de l'ouïe de son père, Laetitia glissa à l'oreille de Mathieu :

"Rendez-vous à la tombée de la nuit derrière l'église."

Puis elle déposa un baiser furtif sur ses lèvres après avoir vérifié que Lucien n'espionnait pas, et lança à haute voix, pour qu'il puisse entendre :

"Vraiment navrée que cette rencontre n'ait pas abouti. Je vous souhaite tout de même une bonne fin de journée, Vicomte..."

Elle fit un clin d'oeil complice au jeune noble et referma la porte après qu'il se fut éloigné. ils auraient tout le loisir de discuter ce soir, s'il venait au rendez-vous...

[FIN]
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