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 Embrasse moi si tu peux...

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MessageSujet: Embrasse moi si tu peux...   Jeu 21 Avr 2011 - 15:29

Voilà plusieurs jours que Soeur Béatrice était présente au Manoir des Mirova. Luc ne l'avait pas croisée depuis l'incident de la bibliothèque, hormis lors de leurs rencontres habituelles lors des différents repas qui rythmaient la vie de la maisonnée. Personnellement, il n'osait pas l'aborder, ne serait-ce que pour évoquer l'incident qui les avait séparé la première fois. Pourtant il aurait voulu discuter avec elle, parler encore comme ils avaient parlés. Elle semblait être d'excellente compagnie et il devait admettre qu'elle était fort jolie. Certes ce n'était pas très « saint » d'être enamouré d'une nonne, mais pouvait-il vraiment y faire quelque chose ? De loin, il observait d'un oeil les tentatives d'Eléna pour atteindre la jeune femme mais Luc était convaincu qu'il n'y avait pas que Soeur Béatrice dans ce corps. Non pas qu'il pensait qu'il existait deux esprits, mais simplement qu'il lui avait semblé faire la connaissance d'une autre femme lors de cette matinée à la bibliothèque. Une jeune femme ouverte d'esprit, intéressante, étonnante. Voilà ce qu'il avait vu et qu'il ne voyait plus depuis quelques jours. Il n'avait pas complétement vu une religieuse cette nuit, non il avait vu autre chose, il en était certain.

Aujourd'hui serait peut-être l'occasion de voir s'il avait rêvé ou non. Il avait demandé l'accord à Eléna pour inviter la jeune femme à un déjeuner dans l'herbe dans l'une des clairières de la forêt Noire à proximité. Luc connaissait certains coins très sympathiques qu'il serait surement intéressant de profiter avec l'arrivée des beaux jours. Il avait ensuite demandé le matin même à un domestique de préparer un panier pour deux personnes avec suffisamment de quoi manger pour un déjeuner léger et rafraichissant. Le Duc connaissait l'endroit parfait pour profiter du soleil qui pointait à l'horizon. Alors, quand ils arrivèrent au petit-déjeuner, c'est sur un ton léger qu'il proposa à la jeune soeur de visiter un peu les environs et de prendre un déjeuner en pleine nature avec lui. Une manière de lui faire découvrir les environs du Manoir sous le doux soleil du printemps. Cela avait été une invitation cordiale et nullement intéressée. Si Luc aimait la jeune femme, cela ne se voyait pas. C'était seulement une proposition amicale de la part d'un jeune homme qui passait beaucoup de temps à vadrouiller et qui connaissait sans nul doute les meilleurs coins à visiter ou revisiter.

Après qu'elle eut accepté et qu'ils eurent terminés le petit-déjeuner, il avait regagné sans chambre pour se préparer non sans avoir avisé la nonne de passer des affaires pratiques pour un trajet à cheval et forestier, il serait malvenu d'abimer de belles robes alors qu'il lui assurait que même la plus pratique des tenues lui irait à ravir et ferait d'elle une très belle femme. Habillé, il avait gagné les écuries pour sortir son étalon et le préparer. Une fois sellé, il le sortit dans la cour au petit trot avant de descendre devant le perron pour attendre la jeune femme. Un domestique vint lui apporter le dit repas qu'il avait placé dans des sacoches qu'il serait plus aisé de placer sur le cheval. Luc le remercia pour ce judicieux choix et entreprit d'attacher les dites sacoches sur la selle de son étalon en veillant à l'équilibre des poids et à ce qu'elles soient bien arrimées. Il aurait été malvenu de se perdre les victuailles en route... Lorsqu'il eut fini, il fit le tour de son étalon et entreprit de le cajoler un peu en attendant que Soeur Béatrice ait fini de se préparer et se présente sur le perron du manoir.


Dernière édition par Luc de Rohan le Sam 23 Avr 2011 - 20:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Ven 22 Avr 2011 - 10:10

Avec les beaux jours qui commençaient à pointer le bout de leur nez, Béatrice ne restait guère enfermée chez les Mirova. Bien qu'elle eut préféré pouvoir visiter les environs de Forbach à sa guise, elle était retenue en ville par les contraintes de son travail. Les journées n'étaient pas bien longue, mais psychologiquement épuisantes. Aussi, ce matin-là, c'était en traînant un peu des pieds qu'elle s'était rendue dans la salle à manger pour partager le petit déjeuner avec ses hôtes.
Luc était présent, comme à chaque repas. Elle ne l'avait pas encore revu seul à seule depuis l'incident dans la bibliothèque, et de son point de vue (surtout du point de vue du Père Ethan, en fait) c'était plutôt une bonne chose.

Ce matin-là, pourtant, quelque chose était différent. Avait-il remarqué la lassitude de la religieuse ? Avait-il envie d'être de nouveau seul avec elle ? Ou alors voulait-il simplement pouvoir discuter plus tranquillement, comme l'autre matin dans la bibliothèque ? Toujours était-il qu'au petit déjeuner il proposa à Béatrice de l'emmener découvrir les environs lors d'une balade à cheval, puis de pique-niquer avant de rentrer.
La jeune femme avait d'abord été surprise de cette invitation, et avait failli refuser. Sortir seule avec Luc, sans chaperon, après ce qui s'était passé dans la bibliothèque ne lui semblait pas une très bonne idée. Pourtant, elle avait véritablement besoin de changer d'air. Aussi, après avoir hésité un petit moment, elle avait fini par accepter l'invitation.

Une fois le petit déjeuner terminé, il monta se changer, non sans avoir au préalable conseillé à la jeune femme de faire de même, pour mettre une tenue plus adaptée à une balade à cheval. Elle s'était alors tournée vers Elena, qui lui avait prêté avec enthousiasme un pantalon d'équitation (qu'elle avait un moment hésité à mettre, les pantalons étant faits pour les hommes et non pour les femmes) et une tunique féminine. Une fois la tenue passée, Elena lui ajouta une ceinture de cuir et des bottes d'équitation, ainsi qu'une cape au cas où il ferait froid. Béatrice, pour une fois, n'avait pas pris son voile Carmélite, préférant laisser sa chevelure flotter librement sur ses épaules.

Ce fut ainsi qu'elle se présenta sur le perron, un sourire franc sur les lèvres. Luc avait déjà préparé le cheval. Lorsqu'elle sortit du manoir, elle sourit au jeune homme, un peu mal à l'aise qu'il la voit vêtue "comme un homme", bien que sur elle la tenue soit tout à fait féminine.


"Je suis prête à partir..."
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Ven 22 Avr 2011 - 10:36

La matinée commençait à être bien avancée mais il faisait encore frais. Il serait agréable de se promener avec cette température. Le soleil ne frapperait pas trop fort et ils ne seraient pas martyrisé par la transpiration et les désagréments d'un voyage sous un soleil et une chaleur de plomb. Oui, la journée serait agréable au possible, un bon moyen d'essayer de renouer la discussion avec la jeune femme. Après tout que c'était-il passé cette matinée là ? N'avaient-ils pas discutés comme de bons amis jusqu'à ce qu'elle ne glisse malencontreusement ? L'incident n'était qu'un hasard malencontreux. Luc n'avait pas réussi à se tenir sur ses pieds pour la rattraper et ils étaient tombés l'un sur l'autre. Certes ce n'avait pas été très « décent » et pourtant ce n'était pas comme si l'un avait surpris l'autre en tenue d'Adam ou d'Eve au détour d'une porte. Cela arrivait à tout le monde, n'est-ce pas ? Et puis les enfants ne se collaient-ils pas ainsi ? Certes il s'agissait encore d'enfant, certes ils avaient encore l'innocence due à cet âge insouciant ou l'on n'a pas encore conscience des interactions entre les hommes et les femmes, pourtant est-ce un crime de se trouver aussi près d'une jeune femme ? Voyait-on le mal partout pour se formaliser ainsi ?

Bien entendu Luc essayait de se convaincre du contraire. Mais ce n'était pas tant le fait de s'être retrouvé sous la jeune nonne qui l'avait troublé, car si cela n'avait été que cela, il aurait pu être troublé plusieurs fois. Le jeune duc s'était déjà retrouvé dans les bras de beaucoup de jeunes filles charmantes, pour des situations diverses et variées comme des bals par exemple. Béatrice n'était pas la première qu'il rattrapait dans ses bras suite à un faux-pas, même si c'était la première où il tombait à la renverse également. Toutefois, c'était la première avec qui il savait qu'il s'était passé « quelque chose » à ce moment-là. Il n'aurait su dire quoi, mais son cœur n'aurait pas pu mentir. Adrénaline, choc de la chute ou présence de la jeune femme ? Il n'en savait rien, hormis qu'il était profondément préoccupé par cet événement.

Allant même jusqu'à rêver à nouveau de cet événement, il n'en était pas obnubilé, mais presque. En fait, il voulait chercher à comprendre ce qui lui arrivait et surtout comprendre si c'était la jeune femme qui le troublait ou juste ce concours de circonstances. Pour cela, il n'avait trouvé mieux que de se confronter à elle, de nouveau. Non pas pour un duel au soleil, mais bel et bien pour discuter, parler, reprendre ce qu'ils avaient interrompus cette matinée là par un acte de maladresse impromptue. Peut-être comprendrait-il alors. Etait-ce la personne ou les évènements ? Peut-être était-ce seulement la proximité d'une jeune femme inconnue qui ne le laissait plus indifférent ? Avait-il à ce point changé ? Après tout, pourquoi pas ?

Il fut coupé de sa réflexion lorsque la jeune femme apparu sur le perron, un sourire sur les lèvres. Elle semblait légèrement mal à l'aise. Il l'accueillit comme on accueille une jeune dame et prit sa main qu'il baisa prudemment:


« - Vous êtes sublime, Béatrice. »

Il était revenu au vouvoiement, par politesse, même si l'envie de la tutoyer le démangeait énormément. Approchant de son étalon, il fit à son attention:

« - Je vous présente Flèche. Vous pouvez avoir confiance en lui, il est aussi galant, si ce n'est plus, que moi. »

Il eut un large sourire avant de regarder la selle et d'avoir une interrogation qu'il partagea avec la jeune femme:

« - Préférez-vous monter devant ou derrière ? »

Et oui, ils partageraient le même cheval... Ce n'était pas dérangeant, Flèche porterait bien le poids plume de la jeune femme, mais surtout, cela serait plus pratique pour la ballade.
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Ven 22 Avr 2011 - 11:41

Les joues de Béatrice rosirent alors qu'il la complimentait, et elle descendit les marches du perron à ses côtés pendant qu'il lui présentait Flèche. Elle le regarda, interrogative. Un seul cheval pour deux ? Elle avait pensé qu'ils seraient chacun sur un cheval, marchant côte à côte mais pas aussi proches qu'ils allaient devoir l'être à cet instant...

Luc lui demanda si elle préférait être devant ou derrière. Elle hésita quelques secondes. Fallait-il vraiment qu'ils montent ensemble sur le même cheval ? Qu'ils partagent une telle proximité ? Cela lui rappela la bibliothèque, et la chute qui les avait rapprochés. S'était-il réellement passé quelque chose entre eux à cet instant, ou bien n'avait-ce été que le produit de son imagination ? Il n'y avait en réalité qu'un seul moyen de le savoir : partager de nouveau une proximité. Et quoi de mieux pour cela qu'une balade à cheval ?

Elle finit par lui répondre :


"Et bien, si ça ne vous dérange pas, je me sentirai plus en sécurité à l'avant..."

Imaginez que le cheval cabre subitement ! Derrière, elle serait tout de suite envoyée à terre. Alors que si Luc était derrière elle, tenant les rênes en passant les bras autour d'elle, elle se sentirait certainement plus protégée.
Il l'aida à monter, et après qu'elle se fut installée, il monta derrière elle. Elle se raidit légèrement lorsqu'il passa ses bras autour d'elle pour récupérer les rênes, mais elle ne dit rien. Il faudrait bien qu'elle s'y habitue, la promenade n'avait pas encore commencé...
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Sam 23 Avr 2011 - 19:32

« - Si je vous le demande, c'est que cela ne me dérange pas. Vos désirs sont des ordres. »Fit-il dans une révérence qui n'avait rien d'exagérée mais qui était plus du domaine de la galanterie que de la politesse.

Suite aux préférences de la jeune nonne, il lui servit d'appui pour grimper sur Flèche et mis ensuite pied à l'étrier avant de se hisser derrière la jeune femme. La selle avait été choisie pour pouvoir accueillir deux personnes, aussi il n'y avait aucun problème de ce côté-là. Néanmoins, pour pouvoir conduire, il lui fallait les rênes du cheval. Il se pencha donc en avant, se collant à la sœur, la tête au-dessus de son épaule pour pouvoir récupérer l'objet en cuir qu'il convoitait. Il sentit le contact de leur deux corps et se redressa rapidement sur la selle pour ne pas éterniser cette sensation, au demeurant très agréable. Néanmoins, il se devait, pour tenir les rênes, d'encadrer la jeune femme de ses deux bras. Des personnes qui ne les connaissaient pas auraient pu se figurer qu'ils étaient ensembles, mais ce n'était pas le cas. Luc préférait simplement n'utiliser qu'un seul cheval car ce serait plus pratique pour voyager à travers la Forêt Noire et ainsi atteindre l'endroit qu'il avait choisi pour ce pique-nique printanier.

D'une petite série de claquements de langue, il « ordonna » à Flèche de se mettre au pas. Au démarrage, la jeune femme fut repoussée contre lui par l'accélération et il fut lui-même surpris par ce nouveau contact avant qu'elle ne reprenne sa position sur la selle et ne se tienne probablement davantage au pommeau de tête. Tandis qu'ils quittaient l'enceinte du Manoir Mirova, Luc se dit qu'il était probablement temps d'expliquer à la jeune femme le plan de route de la journée. Tout en continuant de diriger son étalon de quelques mouvements de bottes doux et précis, il prit la parole:


« - Vous trouvez peut-être déplacé de n'avoir prit qu'un seul cheval et de vous forcer à voyager à mon contact, mais je vous prie de bien croire que ce n'est pas pour vous obliger, mais bel et bien car le chemin sera un peu difficile et que seul Flèche est habitué à traverser la forêt hors des sentiers. Et puis... Je ne désire pas vous perdre. »

Il avait dit cette dernière phrase sur un ton amusé, mais elle était également lourde d'un sens qui ne sonnait pas faux pour le jeune homme. Il aurait surement passé toute la journée et la nuit à ratisser la Forêt Noire si la jeune nonne devait s'y être perdue pour une raison ou pour une autre, et pas seulement à cause d'un sentiment de culpabilité.

« - Je vous conduis à un endroit qui je suis certain vous ravira. On y retrouve un calme bienfaisant et apaisant, un contact étroit avec la nature agréable et surprenant. Tous vos sens seront mis à contribution devant une telle merveille, croyez-moi. »

Oui, elle devrait lui faire confiance jusqu'à ce qu'ils arrivent à destination. Il espérait simplement que ce ne soit pas trop pour elle. Il aimait faire des surprises, et celle-ci en était une, plus ou moins. Luc fit prendre un petit sentier à Flèche qui pénétrait au cœur de la forêt. Bientôt ils quitteraient la route pour glisser à travers bois directement...
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Sam 23 Avr 2011 - 20:12

Elle n'avait pas pensé à se tenir au pommeau de la selle, aussi lorsque Flèche commença à avancer, elle fut envoyée en arrière et son dos se colla contre le torse de Luc. Aussitôt, elle rougit et bredouilla une excuse avant de se redresser et de s'accrocher au pommeau pour éviter que cela se reproduise. Elle remercia le Ciel d'avoir eu la présence d'esprit de détacher ses cheveux, ainsi le jeune homme ne pouvait voir ses joues écarlates.

Alors qu'ils quittaient le domaine des Mirova, il lui expliqua la raison pour laquelle il n'avait pris qu'un seul cheval pour deux. Ainsi donc, il comptait l'emmener dans la forêt, hors des sentiers battus ? Elle trouva l'idée un peu dérangeante sur le coup. Seuls, sans chaperon, perdus au milieu de la forêt... Non ! Elle chassa bien vite cette idée de sa tête. Luc était un gentilhomme. Il voulait simplement lui faire découvrir les environs, rien d'autre. Et puis il avait trouvé plus pratique de ne prendre qu'un seul cheval afin d'éviter qu'ils soient séparés en pleine forêt. Il déclara sur un ton amusé - mais dans lequel elle décela aussi autre chose - qu'il ne voulait surtout pas la perdre. Elle eut un doux sourire, qu'il ne put voir puisqu'elle lui tournait le dos, et lui répondit sur le même ton, mi-amusé mi-sérieux :


"Je vous remercie de votre sollicitude."

Puis il lui expliqua le programme du jour. Il comptait lui faire découvrir un endroit à ses dires magnifiques, où ils pourraient pique-niquer tranquilles. Elle trouva cette idée excellente, bien que l'idée de quitter les sentiers battus l'angoissait un peu. Elle avait toujours eu peur de la forêt et des bêtes sauvages qui y rôdaient. D'ailleurs, elle demanda à son compagnon de voyage :

"Luc, savez-vous s'il y a des loups, dans cette forêt ?"

Elle avait dit cela sur un ton un peu inquiet alors qu'ils quittaient la route principale pour s'engager sur un petit sentier. Bien entendu, le jeune homme la rassura sur ce point. Ils embrayèrent sur un sujet plus joyeux que les bêtes sauvages : le dessin. C'était la passion de la jeune femme, qui avait pour la sortie pensé à prendre son carnet de croquis et quelques fusains dans sa sacoche. Elle montra à Luc quelques uns de ses dessins, principalement des portraits de gens croisés dans les rues de Forbach, et il fallait reconnaître qu'elle avait un talent certain pour "croquer" les individus... D'ailleurs, elle se tourna légèrement vers Luc pour lui proposer quelque chose :

"J'aimerais beaucoup profiter de la journée pour faire votre portrait, si vous êtes d'accord, bien sûr..."

Puis elle se rendit compte de la proximité du visage du jeune homme, et se retourna en rougissant. Non, décidément, ils étaient bien trop proches à son goût. Non pas qu'elle n'aimait pas la compagnie du noble, bien au contraire, mais la décence aurait voulu qu'ils aient un cheval chacun, chemin difficile ou non. Qu'avait-il donc eu en tête lorsqu'il avait fait seller Flèche ?
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Dim 24 Avr 2011 - 12:16

La voir de dos n'était pas vraiment le meilleur moyen de discuter avec elle, c'était évident, puisqu'il ne pouvait voir son visage correctement, pour ainsi dire, pas du tout. Néanmoins il appréciait la proximité de la jeune femme, même si cela faisait battre son cœur un peu plus vite. Il fallait admettre qu'il était agréable de voyager ainsi en sa compagnie, en la tenant comme un chevalier-servant tiendrait sa dulcinée pour éviter qu'il ne lui arrive quelconque maladresse. Il se surprit à imaginer une telle situation pendant un moment puis secoua la tête doucement, pour chasser de son esprit de telles images. Il fut à la fois surpris et amusé par la manière dont elle le remercia de sa sollicitude et ils commencèrent à parler du programme de la journée. Lorsqu'elle lui fit part de ses craintes concernant la présence de loups dans cette forêt, Luc sembla réfléchir quelques instants puis répondit posément:

« - Certaines rumeurs semblent faire état de leur présence oui, néanmoins, je n'en ai jamais rencontré personnellement. Ne soyez pas inquiète, je suis persuadé que nous n'aurons pas à souffrir de mauvaises rencontres. Ce n'est pas la première fois que je vais à cet endroit et je n'ai jamais été inquiété par quelque créature que ce soit. Et puis, si cela devait être le cas, je vous protègerais. »

D'un mouvement agile du talon, il fit tourner Flèche à travers bois. Ils quittaient enfin le sentier. Luc aurait du admettre qu'il avait trouvé ce chemin par hasard une matinée, mais à quoi bon ? Il le connaissait maintenant comme sa poche et s'était même amusé à le baliser « naturellement » pour pouvoir le retrouver encore plus facilement. Sur certains tronc se trouvent quelques signes taillés au couteau. Discrets mais visibles pour celui qui sait où les chercher, ils lui permettaient de corriger un peu sa trajectoire, toujours un peu aléatoire lorsqu'elle zigzaguait entre les différents arbres de la forêts.

« - Mais... En parlant de loups, n'aimeriez-vous pas les dessiner ? J'ai vu quelques illustrations à leur sujet, je suis certain qu'ils devraient être magnifique sous votre trait. »

Le changement de sujet n'était pas vraiment subtil, et surement encore moins la façon de le faire, mais Luc ne se formalisait pas pour si peu. Il voulait seulement éviter de parler de choses qui pouvaient effrayer la jeune nonne. Après tout, il n'était pas là pour lui faire peur mais bel et bien pour lui montrer la beauté d'un territoire entièrement sauvage, car c'est ce qu'était cette clairière qu'il désirait lui montrer. Ils discutèrent un peu de cette passion qui l'animait. Elle avait d'ailleurs sorti son carnet à dessins pour en montrer quelques uns à Luc qui devait admettre qu'elle possédait un véritable talent. Même s'il s'agissait principalement de scènes de vie de Forbach, elles semblaient irrémédiablement vivantes, comme si on s'attendait à ce que les dessins se mettent à prendre vie sous le regard. Elle lui demanda subitement, en se tournant vers lui, si elle pourrait faire son portrait au cours de cette journée. Lui aussi fut surprit d'une telle proximité entre elle et lui, d'autant que le pas du cheval ajoutait une certaine mobilité des corps qui les rapprochait et les éloignait constamment. Elle se retourna vers la route et il sembla reprendre conscience.

« - Je ne suis pas certain de mériter votre coup de crayon, car, là où je vous emmène, vous aurez plus à voir et à dessiner que ma personne. Mais si vous le désirez, je me prêterais au jeu bien volontiers. Bien que je n'ai aucune expérience en termes de « modèle ». »
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Lun 25 Avr 2011 - 1:16

Luc lui déclara qu'elle aurait sûrement mieux que lui à dessiner une fois arrivés, et ajouta qu'il n'était même pas certain d'être un bon modèle, n'ayant aucune expérience en la matière. Elle sourit, même s'il ne la voyait pas, et passa une mèche de cheveux derrière ses oreilles.

"Ne vous sous-estimez pas, je suis certaine que vous apprendrez vite."

Elle rangea son carnet dans sa sacoche et le silence s'installa un moment. Le chemin se faisait plus difficile, les arbres étant assez dense à cet endroit de la forêt, et elle dut se retenir plusieurs fois pour ne pas tomber sur le jeune homme et conserver une certaine distance entre eux... Si l'on pouvait encore parler de distance dans ces circonstances...
Elle jeta un coup d'oeil à Luc par dessus son épaule.


"Et puis, si je fais un croquis de vous, vous me devrez un morceau de flûte..."

Elle ponctua sa phrase par un clin d'oeil complice avant de se remettre à regarder le paysage qui défilait lentement devant elle. Comment le noble parvenait-il à se repérer parmi les arbres ? Elle observa attentivement les environs et remarqua que certains arbres étaient marqués. Les traces n'étaient guère visibles, mais elle avait toujours eu une excellente vue, et son sens de l'observation faisait partie intégrante de ses dons en dessin.

Au bout d'un long moment de silence - elle ne savait pas vraiment de quoi parler à cet instant - ils arrivèrent en vue d'une petite clairière au milieu des bois... Etaient-ils enfin arrivés ? Si tel était le cas, ils ne tarderaient pas à mettre pied à terre, et enfin leur proximité disparaîtrait...
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Lun 25 Avr 2011 - 15:55

Apprendre vite ? Oui, certainement. Néanmoins, Luc se voyait mal prendre la pose. Enfin, il se voyait surtout mal dessiné. Toutefois, entre les doigts de la jeune nonne, le crayon arriverait surement à en tirer quelque chose de bien. Il l’avait observé remettre une de ses mèches de cheveux en place puis s’était concentré sur le trajet. Ils étaient bientôt arrivés, il le savait. Il suivait dorénavant les marquages de tête, sans même y faire attention. La clairière était encore à quelques minutes, ils pourraient ensuite s’installer tranquillement et profiter du calme et de la sérénité de l’endroit. Sœur Béatrice pourrait le dessiner si elle en avait envie, il ne voyait pas pourquoi il devrait s’y opposer. Surtout qu’elle lui rappela qu’effectivement ils avaient passé un marché cette matinée là. Un marché dans lequel il s’engageait à lui jouer de la flûte traversière si elle le croquait. Il devait admettre, un peu honteusement, qu’avec l’évènement majeur de cette rencontre, il avait complètement oublié cette promesse. Heureusement, elle s’était rappelée à lui et il en rit :

« - Aimeriez-vous qu’on vous doive quelque chose Sœur Béatrice. En tout cas, soyez assuré que je paierais ma dette comme convenu. »

Et pour cause ! Sa flûte traversière était rangée dans l’une des sacoches. Alors oui, peut-être lui jouerait-il un morceau comme convenu. Du moins, il attendrait certainement qu’elle le croque d’abord. Il avait prévu d’en jouer de toute façon, mais autant se faire désirer un peu, n’est-ce pas ? Ce serait la surprise de la journée, peut-être.

Flèche serpentait entre les arbres de la forêt. Leur feuillage dense capturait presque tous les rayons lumineux mais cela gardait la fraicheur. Oui, il faisait bon marcher sous ces arbres, l’ombre étant la bienvenue car le soleil n’épargnait surement pas ceux qui s’abritaient sous ses rayons. Toutefois, la clairière rompit presque brutalement l’atmosphère tranquille que la présence des arbres avait créée. L’étalon glissa entre la dernière rangée d’arbres avant d’attendre un parterre d’herbe sauvage. La clairière était relativement grande, mais ce n’était pas son charme principal non.


« - Bienvenue en Eden, Sœur Béatrice. »

Oui, ce coin avait tout de l’Eden. Une rivière serpentait, féline et douce, au milieu de cette dernière, la coupant en deux. L’eau y était claire et surement fraiche, assez profonde pour pouvoir s’y retrouvé baigné jusqu’à mi-torse, et elle devait également être habitée par quelques poissons enchanteurs. Quelques arbres avaient élu domicile dans un petit bosquet au centre de la clairière procurant ainsi un abri d’ombres à tous les invités qui auraient trouvés leur chemin jusqu’ici. Quelques rochers trônaient également près du lit de la rivière, comme des trônes pour ceux qui désireraient se prélasser sous les rayons du soleil, bercé par le rythme de l’eau.

Luc amena Flèche près du bosquet. Le fit arrêter à l’ombre de ce dernier puis descendit. Il aida ensuite la sœur à descendre et attacha son cheval à un arbre en veillant à lui laisser la bride suffisamment longue pour qu’il puisse aller se rafraichir à la rivière si l’envie lui prenait. Il se tourna ensuite vers la jeune femme, son sempiternel sourire sur le visage :


« - Alors ? Ma surprise vous plait-elle ? »
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Mar 26 Avr 2011 - 0:29

Alors que la distance les séparant de la clairière était enfin franchie, les yeux de la jeune femme durent se réhabituer à la lumière vive qui illuminait les lieux. Quelques secondes, plus tard, un véritable chef-d'oeuvre de la nature s'offrait à son regard ébahi. Luc lui souhaita la bienvenue en Eden, et la demoiselle ne releva même pas le blasphème. A cet instant, Béatrice n'était plus, la jeune Aphrodite avait repris sa place. Elle admira la beauté du lieu en silence. L'herbe était couleur émeraude, le ruisseau qui séparait la clairière en deux bruissait agréablement, et le petit coin d'ombre offert par les arbres était tout simplement... Paradisiaque, il n'y avait aucun autre mot pour décrire cela. Elle se serait presque crue dans un rêve si Luc ne l'avait pas ramenée à la réalité en l'aidant à descendre de cheval avant de lui demandait si la surprise lui plaisait.

Elle se tourna vers lui, les yeux brillants de joie. Oui, elle n'avait même pas besoin de parler, la réponse se lisait sur son visage, elle était ravie. Pourtant, elle répondit tout de même, même si les mots étaient alors inutiles.


"C'est tout simplement incroyable... Luc, je trouve cet endroit magnifique !"

Elle fit quelques pas avant de s'arrêter... Pour ôter ses bottes d'équitation. Elle enfonça ses pieds nus dans l'herbe verte, appréciant le contact de la terre humide et des brindilles sous ses pieds. Elle ferma les yeux et respira profondément, savourant alors pleinement l'instant présent. Quelques secondes passèrent lentement, puis elle ouvrit les yeux et s'avança vers Luc pour déposer un baiser sur sa joue avant de reculer, remettant ainsi une distance convenable entre eux.

"Merci de m'avoir fait partager cet endroit avec vous."

A cet instant, le noble pouvait comprendre que, comme l'autre matin dans la bibliothèque, la jeune femme avait tombé le masque de la religieuse pour redevenir pleinement Aphrodite de la Roseraie, cette jeune femme libre et passionnée qu'elle était avant d'entrer dans les ordres...
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Mar 26 Avr 2011 - 11:10

Blasphémer… Voilà un bien grand mot. Luc s’était contenté de décrire ce lieu. Après tout, si Dieu avait créé la Terre et la vie sur celle-ci, il avait forcément créé des endroits à l’image de l’Eden et du Paradis comme il avait créé des lieux à l’image de ce que devaient être les Enfers. Luc ne croyait pas vraiment en Dieu, mais si c’était le cas, il y avait surement beaucoup de choses à redire sur la manière des les ecclésiastiques dispensaient sa parole. Beaucoup de choses étaient proclamées blasphèmes ou péchés, alors que ce n’étaient que des actes de la nature. L’acte sexuel par exemple était quelque chose de décrit comme profondément mauvais sauf dans le cadre de la perpétuation de la vie, pourtant Luc ne l’entendait pas de cette manière. Même s’il n’était pas particulièrement expérimenté dans ce domaine, sa mère avait toujours été très pédagogue et il avait adopté son point de vue sur la question. Faire l’amour n’était pas malsain, bien au contraire, c’était montrer sans mots, sans mensonge, l’affection et la passion que l’on vouait à l’autre. Comment un acte d’une telle pureté d’esprit pouvait-il être mauvais et rejeté par Dieu ? S’il ne le souhaitait pas, pourquoi aurait-il permis aux hommes et aux femmes d’éprouver autant de plaisir par ce biais juste pour la procréation ? Non il y avait quelque chose d’illogique dans cette histoire.

Mais oui, pour Luc cet endroit était un petit paradis. Un coin de verdure calme et paisible que personne, à sa connaissance, ne venait fouler. Ici, ils seraient tranquilles, loin de tous, loin des gens. Il fut ravi de voir que l’endroit lui plaisait véritablement. Son regard d’ailleurs en disait long sur ce qu’elle pensait vraiment et ses paroles, passionnées, ne rendaient pas la juste valeur de ce qu’elle voulait dire. Le jeune duc le comprenait bien. La première fois il était resté sans mot devant ce spectacle. Il avait passé plusieurs heures à l’ombre du bosquet, couché dans l’herbe, à admirer la procession des petits nuages blancs flottant dans un océan azur. Il avait ensuite sorti sa flute traversière et s’était imprégné des lieux pour improviser une petite balade aux notes forestières. Oui, cet endroit était magnifique, et bien plus encore. Avec lui, Béatrice était maintenant la seule autre personne au courant de l’existence d’un tel endroit. Tandis qu’il dessellait Flèche, lui permettant de profiter également du lieu, Luc observa la jeune femme retirer ses bottes pour profiter du matelas d’herbe qui reposait sous ses pieds. Alors qu’il déposait le barda au sol, la jeune femme s’avança vers lui et déposa un chaste baiser sur sa joue avant de s’écarter un peu de le remercier de ce qu’il partageait avec elle.

Avait-il rosi ? Peut-être, difficile à dire. Il eut un large sourire et contempla la jeune nonne, car il avait reconnu la jeune fille de la matinée à la bibliothèque. Toutefois, il ne dit rien.


« - Ne me remerciez pas, c’est normal. Et j’avoue avoir fait cela un peu égoïstement. Il manquait à cet écrin la perle qui lui va si bien. »

Il eut un large sourire et s’adossa à l’un des plus gros rochers qui se trouvaient entre le bosquet et la rivière. Il inspira un grand coup et expira lentement, comme s’il se ressourçait pleinement.

« - J’aime venir ici. J’ai l’impression d’être seul au monde, libre de mes pensées, de mes paroles et de mes actes. Rien de ce que je ne fais n’a une influence nulle part. Je peux faire tout ce qu’il me plait. Voilà pourquoi je vous ai montré cet endroit, pour que vous appreniez à vivre pour vous Béatrice. Ici, aucune conséquence, soyez vous-même, personne ne vous le reprochera et surement pas Lui. »

Il avait terminé sa phrase en pointant son index vers le ciel avant de rabaisser son bras et de poser son regard sur la rivière…
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Mar 26 Avr 2011 - 11:41

La jeune femme, devant tant de beauté, ne savait plus où donner de la tête. En fin de compte, Luc avait raison, elle aurait de nombreux sujets de croquis, ici. Elle rougit lorsqu'il la compara à une perle, qu'il venait de mettre dans son écrin - en l'occurrence la clairière - et songea sans pour autant le dire à haute voix que sa beauté était bien moindre en comparaison avec celle de la nature qui les entourait. Cependant, elle appréciait le compliment.
Luc était-il naturel ou bien lui faisait-il la cour ? Elle n'aurait su le dire à cet instant, mais à chaque fois qu'ils se voyaient, il lui glissait un compliment sur sa beauté. Non, il ne pouvait quand même pas croire que... Après tout, elle était mariée à Dieu, et le Père Ethan lui avait dit de faire attention, de ne pas succomber à la tentation. Plus facile à dire qu'à faire...

Elle observa son guide s'adosser contre un rocher et lui expliquer les raisons qui faisaient qu'il aimait cet endroit. Oui, il avait raison, il y régnait un vent de liberté qui pourrait presque lui faire oublier qu'Il veillait toujours, là-haut. Luc lui expliqua qu'il l'avait conduite ici afin qu'elle puisse être elle-même, sans aucune restriction. Elle appréciait cette attention, c'était certain, mais elle ne comprenait pas vraiment. Insinuait-il qu'elle n'était pas tout à fait elle-même d'habitude ? Tout ça parce qu'elle portait son voile et qu'elle devait respecter ce qui en découlait ?
Elle ne releva pourtant pas, gardant ses interrogations pour plus tard, et vint s'installer à côté du jeune homme, assise sur le sol et le dos contre la pierre. Ses orteils fourrageaient dans l'herbe à la recherche de fraicheur, et ses yeux fixaient le cours d'eau qui semblait fait de mille diamants sous la lumière du soleil.


"Je suis moi-même, Luc. Simplement, je ne peux plus être seulement Aphrodite de la Roseraie, Soeur Béatrice fait pleinement partie de moi, que je le veille ou non..."

Elle avait parlé à voix basse, comme si elle craignait de troubler la quiétude des lieux, ou bien de rompre la magie de l'instant.
La jeune femme tentait de faire comprendre à son nouvel ami qu'elle était entière ainsi, à la fois attachée à Dieu et libre comme une jeune adulte.


"Une partie de moi rêve d'évasion et de liberté, je ne le nie pas. Pourtant, l'autre me rappelle régulièrement à mes devoirs, à mes engagements. Ce n'est pas chose aisée que d'être une religieuse de dix-huit ans..."

Elle avait baissé les yeux à la fin de sa phrase, consciente qu'elle n'était pas aussi heureuse dans sa vie qu'elle voulait bien le faire croire. C'était une vie qu'elle n'avait pas choisi, et au moment où elle commençait à s'y adapter, son arrivée en ville chamboulait toute sa raison...
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Mar 26 Avr 2011 - 12:47

Non Luc ne faisait pas la cour. Le trajet lui avait montré qu’il ne ressentait pas forcément quelque chose pour la jeune femme. Peut-être était-ce simplement le fait qu’elle soit tombée dans ses bras et qu’ils se soient retrouvés si proches l’un de l’autre, leurs souffles emmêlés, qui avait fait que le jeune homme s’était retrouvé troublé plus qu’il ne l’aurait voulu. Mais alors qu’il avait passé l’ensemble du voyage derrière elle, la frôlant à chaque mouvement, il n’avait pas ressenti davantage que cette proximité. Oui, il ne devait y avoir rien de plus, comment en aurait-il pu être autrement ? Elle était promise au Seigneur. Pouvait-il décemment penser tomber amoureux d’une sœur ? Impensable et pourtant… Pourtant là, en la voyant aussi différente dans cette clairière, en ne pensant à rien, à aucune de leurs obligations communes, à aucune de leurs appartenances opposées, s’il devait l’avoir rencontré en cet endroit et nulle part ailleurs, si elle devait lui être apparue ici et disparaître à son départ, alors oui, il aurait probablement tenté de la séduire. Mais il savait que s’il pouvait tout faire ici lorsqu’il était seul, il y avait des choses, aujourd’hui, qu’il ne pourrait faire sans que cela n’ait de conséquences plus tard, ailleurs. Mais pourtant…

Il l’observa s’installer à ses pieds, également adossée contre le rocher, ses orteils nus cherchant la fraicheur dans l’herbe légèrement humide d’un reste de rosée matinale. Assise comme cela, elle avait l’air d’une nymphe tout droit sortie de la rivière, essayant d’envouter le jeune sorcier, mais là, on nageait complètement dans ce que le commun des mortels pourrait appeler un conte de fées. Car si Béatrice avait tout d’une nymphe, elle n’essaierait surement pas de l’envoûter, il le savait, parce qu’elle ne le pouvait pas. Même si elle le désirait, elle ne renoncerait certainement pas à ce qu’elle était. Elle le lui prouva en lui expliquant qu’elle était elle-même, à la fois cette jeune sœur à laquelle on avait imposée la religion et cette jeune femme de dix-huit ans qui désirait être libre et s’évader. Oui, Luc comprenait parfaitement qu’il ne soit pas facile de vivre ce qu’elle vivait. Pourtant, on avait toujours le choix. Pourquoi ne pas renoncer ? Pourquoi ne pas vivre comme elle le désirait ? Voilà ce que Luc ne comprenait pas.


« - Je comprends que cette dualité fait de vous une personne entière mais je vous offre la possibilité de vous évader, d’être libre pendant un instant sans que cela n’aille à l’encontre de ce que vous êtes. »

Il se redressa et fit quelques pas dans l’herbe, se rapprochant du lit de la rivière puis se retourna vers la jeune femme.

« - Pourquoi ne pas céder à vos envies de liberté ? Pourquoi ne pas renoncer à une vie qui vous a été imposée et qui n’est peut-être pas faite pour vous ? Pourquoi vous enfermer pour le Seigneur ? Serait-il content de faire de vous son esclave alors que vous aspirez à la liberté ? Je ne crois pas que Dieu accepterait que vous vous emprisonniez pour lui, ne le pensez vous pas ? »

Après tout pourquoi pas ? Pourquoi ne pas abandonner cette vie qu’elle n’avait pas choisie pour être ce qu’elle désirait être ? C’était une jeune femme, adulte, qui pouvait parfaitement faire ce qu’elle voulait, pourquoi continuer à subir et ne pas commencer à vivre, simplement ?
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Mer 27 Avr 2011 - 10:29

De tout son coeur, elle aurait aimé pouvoir faire ce que Luc proposait, se libérer des chaînes de la religion pour vivre enfin pleinement libre. Mais elle savait que cela ne pourrait se faire sans d'affreuses conséquences, pour elle mais surtout pour sa famille. Elle ne voulait pas apporter le déshonneur sur eux.
Et puis, il n'y avait pas que cette raison. Luc avait dit qu'elle pouvait être libre, lorsqu'elle était ici. Mais elle savait pertinemment que le Bon Dieu la surveillait, peu importe où elle se trouvait.

Cependant, elle voulait surtout faire comprendre au jeune homme que, religion ou pas, elle savait s'amuser et profiter de la vie. Elle se leva et fit quelques pas vers l'eau tout en parlant au sorcier.


"Le Seigneur a un plan pour chacun d'entre nous. Et entrer dans les ordres faisait partie du mien. Ceci dit, si je pars de ce point de vue, notre rencontre était elle aussi inévitable."

Elle se retourna vers Luc après avoir relevé le bas de son pantalon jusqu'au genoux, un sourire en coin sur les lèvres.

"Peut-être Dieu attend-il de moi que je vous montre que même liée à lui, je suis toujours capable de m'amuser. Je profite de chaque jour qui passe, Carpe Diem !"

Et, avec un sourire taquin, elle entra dans l'eau fraîche et envoya de l'eau vers le jeune homme en riant.

"Cessons de parler de Lui maintenant, s'il vous plaît."

Il était bien assez présent dans l'esprit de la jeune femme, pas besoin de parler de lui encore et encore. Et puis, les deux jeunes gens ayant un point de vue très différent sur la religion, Béatrice préférait passer à autre chose, dans le but d'éviter une éventuelle dispute d'opinion...
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Mer 27 Avr 2011 - 12:40

Luc ne comprenait pas ce qui pouvait retenir la jeune femme. On ne pouvait pas réellement lui en vouloir, s'il connaissait les codes familiaux en termes de l'orientation des différents enfants en fonction de leur arrivée dans les familles, il n'imaginait pas que ces dernières puissent s'offusquer de la volonté propre de leurs enfants. Après tout, à quoi bon vouer un fils ou une fille à l'Église si ce ou cette dernière n'apporterait rien de bon à celle-ci ? C'était un peu comme faire don d'un gâteau empoisonné à un orphelinat des environs. Quel déshonneur y avait-il à préférer marier sa fille à un bon parti et ainsi espérer la rendre heureuse plutôt que de la forcer à rentrer dans les Ordres où elle ne parviendrait pas à gagner la Foi et s'en retrouverait enfermée jusqu'à la fin de ses jours sans ne serait-ce être heureuse une seconde ? Comment pouvait-on infliger cela à une personne en connaissance de cause, mais surtout, comment en vouloir à quelqu'un de s'échapper d'un trou à rats dans lequel on l'a plongé pour vivre dans un meilleur endroit ? Alors oui, peut-être perdrait-elle la reconnaissance de sa famille mais serait-ce vraiment important ? On ne vivait pas pour ses parents, on vivait pour soi. Était-ce vraiment difficile de quitter les sentiers battus pour tracer sa propre route ? Apparemment.

Et ce n'est pas l'idée comme quoi le Seigneur était omniscient et décidait du Destin de chacun d'entre eux qui allait faire plaisir à Luc... Si Dieu était maître de la destinée de chaque Homme sur Terre, alors pourquoi aurait-il permis des massacres ? N'était-il pas le Miséricordieux ? Celui qui pardonnait tout à ses Enfants ? Non, décidément, ni rentrer dans les ordres, ni rencontrer Luc ne faisait partie du Destin. Il n'y avait pas de Destin. Seuls ceux qui ne voulaient pas prendre leur vie en main croyaient à cette chimère. Chacun était libre de faire ce qu'il voulait de sa vie, rien de plus, rien de moins. Luc était libre d'étudier la Sorcellerie, de rentrer en Bretagne et de ne jamais plus revoir Forbach, de partir même de cette clairière en y abandonnant la jeune femme s'il le désirait. Et ce ne serait certainement pas Dieu qui déciderait de cela. Comment pourrait-il décider de faire partir le jeune homme en laissant sa propre Fille dans la clairière au milieu de la forêt ? Quel Père serait-il pour décider cela ?

Luc bouillait intérieurement. Ce n'était pas tant le fait de s'amuser liée à Dieu ou non qui était important. C'était de vivre selon ses propres choix et pas ceux des autres. Comment pouvait-elle...

Il fut interrompu par quelques éclaboussures qui provenaient de la rivière où la jeune femme s'était un peu avancée. Douché, autant extérieurement qu'intérieurement, il arrêta de penser à cela comme elle le désirait. Il savait que cela pouvait mal finir s'il continuait à tenter de lui faire comprendre son point de vue et ce n'était pas le but de la journée. Avec le sourire retrouvé, il répondit:


« - Vous me payerez cet affront, foi d'un de Rohan. »

Joignant le geste à la parole, il se mit torse nu, peu importent les convenances, et rentra à son tour dans la rivière, rejoignant son centre où la profondeur était plus importante. Il s'immergea complètement et ressortit non sans égoutter un petit peu sa tignasse chevelue. Il se rapprocha ensuite du bord, sortant petit à petit de l'eau. Lorsqu'il arriva à hauteur de Béatrice, il la fixa du regard et dit :

« - Heureusement pour vous, la décence et mon code de l'honneur m'interdisent de riposter à la juste mesure contre une jeune femme. Néanmoins, vous ne perdez rien pour attendre. »

Il eut un petit sourire et sortit complètement de l'eau avant de s'allonger dans l'herbe, les mains passées derrière la tête, le regard tourné vers le ciel bleu.
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Sam 30 Avr 2011 - 11:39

Après qu'elle l'eut arrosé, un sourire taquin sur les lèvres, il se mit torse nu, au Diable les convenances, et Béatrice ne put s'empêcher de rougir et de détourner le regard. Elle se surprit à penser qu'il était vraiment beau, et que son corps était musclé juste comme il le fallait. Non, elle ne devait pas penser à ça ! Elle secoua la tête et le regarda approcher d'elle en souriant largement et lui déclarer qu'elle payerait cet affront. Amusée, elle ne dit mot en le voyant entrer dans l'eau à son tour. Il s'était rendu vers le milieu de la rivière et s'était complètement immergé avant de ressortir en passant près d'elle. Il lui déclara dans un sourire que la décence, ainsi que son code d'honneur, l'empêchaient de se venger comme il le souhaitait, mais il ajouta qu'elle ne perdait rien pour attendre.
Aphrodite éclata de rire.

"Voilà de quoi m'effrayer au point de m'empêcher de dormir cette nuit..."

Elle avait lancé cela sur un ton ironique, et son visage entier souriait largement, ses yeux pétillant de malice. Elle resta quelques instants encore les pieds dans l'eau, hésitant à s'immerger comme il l'avait fait. Mais non, elle savait que si elle le faisait, sa tunique claire deviendrait transparente. Quelle indécence ce serait ! Tant pis, il faudrait qu'elle prévoit quelque chose de plus approprié, la prochaine fois... Si prochaine fois il y avait.

La jeune femme sortit finalement de l'eau et rejoignit Luc, s'allongeant à côté de lui, les yeux sur les nuages. D'un air rêveur, elle lui demanda :


"Qu'avez-vous vu de plus merveilleux durant vos voyages ?"

Certes, il avait été envoyé par son père chez les Mirova, mais il était souvent en vadrouille... Il avait certainement dû voir des choses magnifiques... Elle était simplement curieuse de savoir de quoi il s'agissait... Elle caressait l'espoir de voir le monde elle aussi, un jour ou l'autre...
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Sam 30 Avr 2011 - 19:31

La fraicheur de la rivière lui avait fait un bien fou. L’eau claire et limpide avait littéralement nettoyé Luc, lavant au passage la légère transpiration qui s’était formée sur sa peau suite à leur trajet. Rafraichi, son esprit s’était apaisé. Adieu Dieu et ses ouailles, au revoir l’abandon de certaines vies pour la Foi. Luc ne comprenait toujours pas comment on pouvait sacrifier sa vie pour un Dieu qui se disait miséricordieux et qui prônait le partage. Si un tel Dieu existait vraiment, alors il n’y avait pas de raison pour que les gens qui croient en lui soient obligés de vouer entièrement leur vie pour lui. S’il prônait le partage, il devait pouvoir accepter de partager ses plus fidèles serviteurs. Néanmoins, il n’en dit rien, elle lui avait demandé de ne plus parler de Dieu, il n’en parlerait plus. Ce n’était pas une promesse qu’il avait à tenir mais il ne voulait pas gâcher l’ambiance. Il se retint également de noyer la nonne lorsqu’il sortit de la rivière, notamment parce qu’il avait remarqué que sa tunique était blanche. Il aurait été malvenu de lui imposer une trempette forcée car Luc n’était pas assez stupide pour ne pas savoir que le blanc devenait fortement transparent une fois trempé, sans oublier que le vêtement deviendrait « collant ». S’il n’avait aucun scrupule à s’afficher torse-nu car il n’y avait aucun mal à voir un torse d’homme, il n’allait pas imposer cela à la jeune femme. Voilà pourquoi il n’avait pas riposté et qu’il ne riposterait pas de cette manière. Néanmoins, lorsqu’elle fit mine d’avoir peur, il répondit le sourire aux lèvres sans s’arrêter :

« - Voyons Sœur Béatrice, il est très inconvenant d’ainsi m’annoncer que je hanterais vos rêves. C’est embarrassant. »

Pourtant ça ne le dérangerait pas, enfin seulement si cela ne causait pas de sueurs froides à la jeune femme. Il voulut rajouter qu’elle occupait bien ses rêves de temps en temps mais il se retint pour éviter de la troubler davantage car il savait pertinemment l’effet qu’auraient ces paroles si elles devaient être prononcées. Regardant le ciel, il l’entendit quitter la rivière et le rejoindre avant de s’allonger non loin de lui. D’un regard sur le côté, il l’observa quelques secondes tandis que son regard semblait se perdre dans les nuages, puis fit de même. Soudain, elle lui demanda ce qu’il avait vu de merveilleux dans ses voyages.

* Vous… *

C’était la chose qui lui était venue immédiatement mais il ne pouvait pas répondre cela… Il réfléchit un instant. Il avait vu beaucoup de choses. Des animaux, des personnes, des lieux, des moments… Pourtant, il lui semblait impossible de décrire, en leur faisant honneur, toutes ses choses qu’il avait pu voir durant ses voyages et ses « expéditions ». Pour comprendre leur beauté, il fallait les voir de ses propres yeux, il n’y avait qu’ainsi que l’on pouvait prendre pleine mesure de leur beauté. Il se tourna alors sur le côté, vers elle et finit par dire :


« - Je pourrais vous le raconter mais vous ne comprendriez pas. Vous ne saisiriez pas l’essence. C’est comme cette clairière. Même en vous en faisant une description précise aux travers de mots, même avec ma passion pour elle, vous n’auriez pas saisi l’entièreté de sa beauté comme vous le faites maintenant. Si vous voulez savoir ce que j’ai vu de merveilleux, il faudra me laisser vous le montrer. »

Sous le couvert de ses mots, il parlait non seulement de ce qu’il avait vu, mais aussi d’elle. Et c’était vrai. Pour comprendre qu’il avait rencontré quelqu’un de merveilleux au travers d’elle, elle devait le suivre pour qu’il lui montre ce qu’il avait vu en elle… Mais peu importait. Il restait toujours Dieu…
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Ven 6 Mai 2011 - 20:54

"Voyons Sœur Béatrice, il est très inconvenant d’ainsi m’annoncer que je hanterais vos rêves. C’est embarrassant."

Elle avait rosi mais sans pour autant lui répondre. Il la taquinait simplement, et elle le savait. Mais l'allusion - simple réaction à ses propos, d'ailleurs - n'était pas passée inaperçue. Puis, après qu'elle se fut installée à ses côtés, elle lui avait demandé ce qu'il avait vu de plus merveilleux depuis qu'il avait commencé à "voir le monde".
Si elle s'était simplement douté de ce qu'il avait d'abord pensé, elle aurait viré à l'écarlate. Mais tel n'avait pas été le cas. Il lui expliqua que tous les mots du monde ne sauraient exprimer avec justesse les choses magnifiques qu'il lui avait été donné de voir, et que pour mieux les découvrir, il fallait qu'il les lui montre, tout simplement. Elle se tourna vers lui, abandonnant sa position allongée sur le dos pour s'installer sur le côté, la tête appuyée sur son bras, et posa son regard glacier sur le jeune homme à côté d'elle.


"Alors montrez-moi."

Elle lui sourit, véritablement ravie.

"Après tout, j'ose espérer que cette promenade ne sera pas la dernière, et que vous accepterez de me montrer ce qui ne peut être décrit par de simples mots."

Elle semblait véritablement sincère. Envolée la petite Carmélite sainte-nitouche, seule Aphrodite, la curieuse et pleine d'entrain petite demoiselle de Rodez, restait à présent. Luc avait piqué sa curiosité, c'était certain. Et à présent elle voulait voir le monde à son tour, malgré son devoir religieux. Peut-être parviendrait-elle à concilier les deux ? Elle l'espérait, en tout cas...
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Sam 7 Mai 2011 - 19:19

Luc de Rohan était un jeune homme rompu aux jeux de la Cour, aux apparences, aux codes divers et variés qui peuplaient la vie de la Noblesse. C'était également un garçon qui avait pleinement conscience de son charme. Il n'avait pourtant jamais essayé d'en jouer, persuadé que séduire n'était l'apanage que des Dom Juan, de ceux qui ne désiraient que s'amuser avec leurs « proies ». En tant que fils d'une famille noble de forte influence, sa mère avait déjà sous-entendu l'hypothèse d'un mariage arrangé avec lui, tentant de lui faire comprendre qu'il ne pouvait décemment épouser qui il voulait, qu'il fallait respecter des codes, presque similaires à des lois. C'était probablement la première et la seule dispute entre le fils et sa mère. Luc n'acceptait pas cette idée d'être marié à une personne qu'il ne connaissait pas, ni d'Ève, ni d'Adam, et qu'il découvrirait le jour du mariage. Mais il n'avait pas réussi à faire entendre raison à ses parents.

D'ailleurs, le jeune homme soupçonnait son père d'avoir accepté son envie de voyage pour pouvoir mettre de la distance entre eux le temps que cette tempête ce calme, voire, pire encore, le temps de pouvoir trouver cette femme qu'il voulait tant lui faire épouser. Luc repensait à cette possibilité de temps en temps mais préférait ne pas aller plus avant en ce sens. De toute façon, tant qu'il se trouvait ici, à Forbach, il ne pourrait être décemment marié. Et si ses parents lui annonçaient la nouvelle par une lettre, ce dont ils seraient mal avisés, il aurait tout le temps de quitter la région, quitte à montrer son opposition par la fuite. Si son père désirait un mariage forcé, il lui faudrait enchaîner et traîner son fils jusque devant l'autel et parler en son nom, après tout, on ne pouvait le forcer à dire « oui » de son propre chef lorsqu'on attendrait sa réponse...

Le futur Duc se faisait une haute opinion de l'amour. Un peu comme un fruit que l'on ne peut cueillir que lorsqu'il est mûr mais qui ne pousse sur un arbre que l'on ne peut découvrir que par hasard. C'est un peu comme si vous marchiez dans un immense parc, sans pouvoir vous repérer, vous diriger, sans savoir où vous allez, puis, à un moment, vous tombez nez à nez avec ce fameux arbre, sorti de nulle part, probablement au moment où vous vous y attendiez le moins, et, là, vous apercevez ce fruit, mais il n'est pas encore mûr. Alors on veille sur lui, on s'en occupe, et, un jour, enfin, le fruit tombe de sa branche et c'est à vous de le récupérer pour en savourer le plaisir ou sinon il tombe par terre et se gâte, inévitablement.

C'était un peu ce qu'il vivait avec la jeune femme qui se trouvait à côté de lui en cet instant. Il avait découvert le fruit par une matinée, dans une bibliothèque, entièrement par hasard, et maintenant il voulait simplement en prendre soin, pour pouvoir espérer le cueillir un jour peut-être. Mais serait-ce seulement possible ? Il ne le savait pas, il ne pouvait qu'espérer, oui espérer, c'était bien tout ce qu'il pouvait faire pour le moment. Il entendit l'herbe bruisser lorsqu'elle bougea avant de lui dire qu'il devait lui montrer ces merveilles. Qu'elle espérait qu'il lui montrerait d'autres horizons indescriptibles et qu'on ne pouvait que partager.

D'autres promenades... Il serait inconvenant pourtant de lui montrer ce qu'il désirait tant lui montrer. Se préparant à faire quelque phrases pour effectivement lui assurer qu'il veillerait à lui montrer ces paysages, il se retourna lui aussi sur le côté mais ne s'attendit pas à ce qu'elle soit si près. Son regard croisa l'azur de ses prunelles et le temps se suspendit à nouveau, comme lorsqu'elle avait trébuché dans le bibliothèque et qu'elle s'était retrouvé sur lui. Sans réfléchir, il rompit cette fois-ci la distance qui les séparait et déposa un baiser sur ses lèvres... Voilà le voyage qu'il voulait lui faire découvrir.
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Sam 7 Mai 2011 - 19:44

C'était avec une innocence toute virginale qu'elle lui avait demandé à ce qu'il lui montre les merveilles de ce monde. Jamais elle n'aurait pu penser que les évènements allaient s'enchaîner de la sorte. Alors que Luc se tournait vers elle, ouvrant la bouche comme pour lui répondre, il s'était figé et le temps suspendit lui aussi sa course, comme ce matin-là dans la bibliothèque. Mais, à la différence de leur première rencontre, cette fois-ci Luc franchit un pas qu'il aurait sans doute dû ne jamais franchir... Il brisa la courte distance qui les séparait et posa ses lèvres sur celles de la religieuse... Rompant ainsi tout le charme du moment.

Que ? Quoi ? Pourquoi ? Comment ? Un tourbillon de pensées plus contradictoires les unes que les autres venaient d'un seul coup de remplir la tête de la jeune femme, qui se sentit alors totalement perdue. Le baiser était agréable, bien entendu, mais jamais elle n'avait embrassé un garçon, et il avait fallu attendre qu'elle soit mariée au Seigneur pour que cela arrive ?! Après le contact électrisant du baiser de Luc, elle n'eut qu'une seule réaction : elle recula vivement le visage, et sa main entra violemment en contact avec la joue du jeune homme en une gifle retentissante.

Le silence suivit ce geste de la nonne, qui ne bougea pas tout de suite, choquée. Elle aurait sans doute dû lui présenter ses excuses pour l'avoir giflé, mais elle savait qu'elle était parfaitement dans son droit. Alors, afin de lui signifier son indignation, elle décida de remettre ses bottes et de couper court au pique-nique en rentrant directement au manoir.


"Qu'est-ce qui vous a pris, enfin ?! Vous n'avez pas honte, d'abuser ainsi d'une religieuse ? Je vous pensais différent des autres, mais visiblement je me suis trompée..."

Elle termina rapidement de chausser ses bottes et se releva en essuyant d'un geste rageur une larme qui perlait à ses yeux. Elle avait pris ce simple baiser comme une véritable agression, elle qui commençait à peine à se sentir à l'aise auprès de lui - en toute amitié, bien sûr - venait de se faire voler un baiser ! Elle avait de quoi être toute chamboulée, non ?

Elle commença à se diriger vers la lisière de la forêt, préférant affronter seule les bêtes sauvages que de rester ici avec Luc. Au fond d'elle-même, elle voulait fuir pour deux raisons : parce qu'elle n'avait plus confiance en lui, mais surtout parce qu'elle n'avait pas confiance en elle-même. Car oui, au plus profond d'elle-même, elle avait apprécié ce bref baiser, et elle était en colère contre elle-même pour cette raison.
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Dim 8 Mai 2011 - 0:28

Pourquoi avait-il fait cela ? La question avait le mérite d'être posé. Peut-être parce qu'il n'avait pas réfléchi. Peut-être parce que cela ne méritait pas d'être réfléchi. Peut-être parce qu'il ne pouvait pas continuer à tenir sous silence les multiples sous-entendus qui avaient été faits, notamment aujourd'hui. Peut-être parce que Sœur Béatrice, toute religieuse qu'elle était, l'avait mis sans dessus dessous en son esprit. Était-ce justement le fait qu'elle soit vouée aux Ordres qui la rendait plus désirable encore ? Tant de questions auxquelles il n'avait aucune réponse. Il ne se justifiait même pas son acte, pourtant lorsque ses lèvres caressèrent celles de la jeune femme, il savait qu'il avait fait le bon choix. Un bon choix qu'il allait devoir regretter fort rapidement. Alors qu'il rouvrait les yeux après qu'elle ait rompu le contact entre eux deux, une main percuta violemment sa joue gauche. La sœur était probablement plus faible que lui, mais elle avait eu le bénéfice de l'élan et de la surprise. Le visage tourné vers l'herbe, Luc resta de marbre pendant un instant, médusé par cette réaction de la jeune femme. C'était la première fois qu'une personne, autre que son père, lui mettait une gifle. Le choc était bien entendu moins rude, mais cela n'était pas pour autant moins désagréable. Immobile tandis qu'il réalisait ce qu'il venait de recevoir en échange de la vérité, il ne releva le visage que lorsque la jeune nonne commença à remettre ses bottes tandis qu'il portait sa main à la zone échaudée de son visage.

« Abuser » n'était pas le terme qu'il aurait choisi concernant ce qu'il venait de faire néanmoins il préférait garder le silence pour ne pas aggraver les choses. Inconsciemment, il savait que quoiqu'il aurait pu dire en cet instant n'aurait pas aidé pour son plaidoyer, aussi bon fut-il. Les idées se bousculaient encore un peu dans l'esprit de Luc pour pouvoir avancer des arguments ordonnés et puissants. « Différent » des autres ? Oui, il avait su voir sous la jeune femme vouée aux ordres pour y découvrir une fleur magnifique qu'il aurait été extrêmement honteux de ne vouer qu'au Seigneur. Même lui ne pouvait faire ainsi perdre sa vie à une jeune femme pareille uniquement pour Son bon vouloir ! Il la regarda se détourner et partir en direction de la lisière de la clairière, probablement pour retourner au Manoir des Mirova sans lui. En la regardant partir, il attrapa le haut de sa tunique et la remit avant de retourner près du bosquet où se trouvait Flèche. Il ramassa les affaires et sella à nouveau le cheval.


« - Et bien mon grand, je crois que j'ai tout gagné. »

Il gratifia son étalon d'une caresse sur le flanc tandis qu'il terminait de l'arnacher. Un rapide coup d'œil lui permit de voir qu'elle s'était déjà engagée à travers les arbres. Apparemment, elle avait remarqué les marquages du jeune homme. Flèche hennit.

« - Je sais, je sais. »

Luc sauta sur son cheval et, au petit galop, rejoint l'extrémité de la clairière avant de s'engager à la suite de Béatrice, à travers les arbres, au petit trot. Lorsqu'il la rattrapa, il s'écria :

« - Sœur Béatrice ! »

A sa hauteur, il sauta de selle, et face à elle il rajouta :

« - Je suis profondément désolé pour ce qu'il s'est passé à l'instant, je ne sais pas ce qui m'a prit. Je pourrai me répandre en excuses que cela ne suffirait probablement pas, mais, si vous ne consentez pas à pardonner mon geste, accordez au moins à Flèche le privilège de vous ramener au Manoir. Je sais qu'il appréciera vous savoir au confort de sa selle et qu'il ne vous arrive rien pendant le trajet. Qui plus est, il n'a rien à se faire pardonner, lui. »
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Dim 8 Mai 2011 - 16:32

Alors qu'elle commençait à s'enfoncer dans la forêt, ses yeux ne quittant pas les marques sur les troncs, elle ne put s'empêcher de repenser à ce qui venait de se passer.
Avait-elle dit, ou bien fait quelque chose qui aurait pu laisser penser qu'elle attendait ce baiser ? Elle tenta de faire appel à sa mémoire, mais les quelques secondes de contact avec Luc avaient visiblement effacé ses souvenirs à court terme. Pourquoi avait-il fait ça ? de quel droit ? Et pourquoi avait-elle tant apprécié ce baiser ? Etait-elle donc à ce point influençable ?

Bien sûr, elle en voulait à Luc pour ce qu'il avait fait. Mais elle s'en voulait encore plus de ne pas avoir anticipé la chose, et surtout elle ne comprenait pas ce qu'elle avait ressenti alors, et ce qu'elle ressentait toujours en présence du jeune homme. Cette étrange chaleur qui l'envahissait lorsqu'il se trouvait à proximité d'elle, qu'était-ce vraiment ? De l'affection ? Un simple désir charnel ? Elle ne savait rien des choses de l'amour, enfin rien de plus que ce que sa mère lui avait dit lorsqu'elle était plus jeune. Et à l'en croire, la chaleur dans son ventre était à proscrire, surtout lorsque l'on était, comme elle, dévouée au Seigneur.

Elle était perdue dans ses pensées, et fut ramenée à la réalité par Luc, qui commençait à la rattraper et l'avait interpellée. Elle avait décidé de ne pas se retourner vers lui. Le boudait-elle ? Possible. En tout cas, une chose était certaine, elle ne lui pardonnerait pas de sitôt son geste inconsidéré.
Il finit par arriver à sa hauteur et mit pied à terre devant elle, la forçant à s'arrêter. Elle leva vers lui un regard furibond alors qu'il commençait à lui présenter ses excuses.


"Je ne veux pas de vos excuses, Luc."

Elle détourna le regard avant de poursuivre.

"Je me dois d'être sincère. Si je suis en colère, ce n'est pas seulement contre vous, mais aussi et surtout contre moi. Je n'ai pas su empêcher cela d'arriver, tout est de ma faute. Ce que je vous reproche, c'est de me tenter."

Elle reporta sur lui son regard bleu sombre. Il pouvait aisément se rendre compte du malaise de la jeune femme au rouge qui était apparu sur ses joues.

"Lorsque je suis avec vous, j'en arrive à oublier les voeux que j'ai prononcé. J'ai l'impression de me détourner du Seigneur, et c'est mal."

Elle caressa l'encolure de Flèche tout en baissant les yeux vers le sol, terminant d'une voix triste :

"Je crois qu'il vaut mieux que nous évitions de nous revoir, du moins pour quelques temps..."

Ces simples paroles lui faisaient mal au coeur, pourtant c'était la seule solution qui s'était présentée à elle. Il lui fallait éviter toute tentation, c'était bien ce que lui avait dit Père Ethan, non ? Ainsi, si elle rompait clairement le contact avec le jeune de Rohan, la douleur de la séparation serait brève et bien vite la jeune femme rentrerait sur le droit chemin...

Elle mit le pied à l'étrier et s'installa sur le cheval avant de reprendre la route au pas, en silence, Luc marchand à côté d'elle.
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Dim 8 Mai 2011 - 19:39

Sa colère était légitime. Il était lui-même conscient d’être allé trop loin. Mais même s’il ne pouvait pas justifier réellement son acte, il savait pourtant qu’il aurait regretté de ne pas le faire comme il aurait du le faire le soir de la bibliothèque. Il avait conscience de ce que cela représentait mais rien pourtant ne le faisait regretter ce qu’il venait de faire. Il fit face à sa colère stoïquement sans chercher à se répandre en excuses comme elle le souhaitait. Si elle ne désirait pas lui pardonner, c’était son droit et il ne lui ferait pas l’affront de la supplier à genoux, de toute façon, il ne s’agissait pas de quelque chose qu’il faisait. Il pouvait reconnaitre ses erreurs et présenter des excuses, mais il n’allait pas non plus se faire prier pour se faire pardonner. Qu’elle n’accepte pas ce qu’il venait de se passer était un fait, qu’elle n’accepte pas ses excuses en était un autre, mais Luc avait encore un honneur et ramper pour supplier n’était pas dans son domaine de compétence. Elle pouvait être en colère contre lui, contre elle, contre le monde entier, c’était son affaire dorénavant. Il avait été sincère lui, certes la vérité crue avait eu une forme particulière mais elle avait le mérite d’être claire. Alors peut-être que tout était de sa faute, peut-être pas, mais le jeune noble avait eu un enseignement tout particulier sur la vérité. Comme on le lui avait dit, parfois elle causait plus de tort qu’un mensonge, mais il n’aurait pas tenu plus longtemps sans révéler ce qu’il pensait vraiment de la jeune nonne. Il l’appréciait énormément et elle ne le laissait pas indifférent. Il venait de le lui dire et elle venait de clairement lui faire comprendre que ce n’était pas réciproque, soit, il n’irait pas plus loin. Quoiqu’elle puisse penser d’elle, il n’était pas du genre à abuser de quelqu’un et encore moins à harceler. Elle désirait rester loin de lui ? Bien. Il s’arrangerait pour prendre ses repas seuls et passer le plus clair de son temps à l’extérieur, bien loin de la sœur. Le fruit ne s’était pas laissé attraper, tant pis.

Luc attrapa les rennes de Flèche une fois qu’elle fut montée en selle et ils reprirent silencieusement le chemin du Manoir. Le jeune noble ne risqua même pas un regard en arrière vers Béatrice. Fixé sur le chemin, le pas volontaire, il avançait, presque comme si tout cela n’était jamais arrivé. Ils atteignirent le sentier qu’ils avaient quitté un peu plus tôt et continua en direction de leur but. Son esprit bouillait de réflexions en tout genre, et même s’il tentait de faire le vide dans son esprit, il mourrait d’envie de dire quelque chose. Le Manoir fut bientôt en vue. Ils traversèrent le domaine en direction du parvis de la maison où le jeune noble allait déposer la jeune femme. Arrivés, il la laissa descendre sans la regarder et une fois qu’elle eut touché le sol, finissant par réaliser qu’il ne pourrait pas se contenir davantage, Luc finit par prendre la parole, sans même se retourner :


« - Tous les hommes d’Eglise vantent à toutes et à tous les valeurs du partage et de la bienveillance du Seigneur. Pensez vous sincèrement qu’il est mal de vous consacrer à Sa grandeur et d’éprouver l’Amour qu’il prône également ? Croyez-vous que le Tout-Puissant ne consentirait pas à vous partager, si je puis-dire, acceptant que vous ayez Foi et Amour pour lui ainsi que pour une autre personne ? Le Dieu dont l’on nous assomme ne comprendrait-il pas votre dualité et ne l’accepterait-il pas ? Si votre Dieu ne vous comprend pas, alors tout ce que l’Eglise raconte n’est que des mensonges. Maintenant vous êtes libre de vos choix ma Sœur, vous avez émit le souhait de ne plus me revoir, je veillerai à ce que vous soyez satisfaite. Adieu. »

Luc tira sur les rennes de Flèche et se dirigea vers les écuries, le dos toujours tourné vers la jeune femme. Un domestique vint à sa rencontre alors qu’il allait rentrer son étalon dans l’écurie. Il acquiesça d’un air grave et laissa le serviteur s’occuper de Flèche avant de prendre la direction du Manoir veillant à ne pas prendre la même entrée que Sœur Béatrice.
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MessageSujet: Re: Embrasse moi si tu peux...   Lun 9 Mai 2011 - 13:39

Le silence s'était fait écrasant tout au long du trajet de retour. Chacun était dans ses propres pensées, et Béatrice se sentait particulièrement mal après tout ce qui venait de se passer. Si seulement Luc n'avait pas franchis le pas ! S'il ne l'avait pas embrassée ! Alors ils seraient encore en train de discuter, de rire et de s'amuser en toute amitié, dans cette clairière paradisiaque. Mais non, il avait choisi de rompre le charme. Peut-être avait-il vraiment exprimé ce qu'il ressentait pour elle ? Elle-même n'était pas indifférente à son charme, à son côté aventurier, mais elle n'avait pas le droit de penser à lui autrement que comme à un ami. Si elle avait coupé court de la sorte, ce n'était pas parce que les sentiments du jeune hommes n'étaient pas partagés, bien au contraire, c'était parce qu'ils étaient réciproques. Mais cela, elle n'oserait pas le lui avouer. De toute façon, à quoi bon ? Elle n'était pas en mesure de rompre ses voeux sans que cela ne jette le déshonneur sur sa famille, et cela, elle ne le permettrait pas.

Elle avait gardé les yeux baissés tout le long du trajet, retenant les larmes amères qui menaçaient de rouler sur ses joues à tout moment. Elle ne voulait pas qu'il la voit ainsi. Ils finirent par arriver au manoir, et elle mit pied à terre. Alors qu'elle allait s'éloigner pour tenter de réfléchir à tout ça, il lui adressa soudain la parole, exprimant tout haut ce que visiblement il avait ruminé tout du long. Elle se tourna vers lui, surprise.


"Etes-vous donc aussi naïf ? Tout n'est pas aussi simple que vous aimeriez le croire, Luc ! Peut-être que le Seigneur accepterait de me "partager", comme vous dites, mais il n'est pas le seul à avoir son mot à dire sur ma vie ! C'est cela que vous ne pouvez comprendre ! Vous ne cherchez pas à comprendre, vous êtes bien trop égoïste pour cela !"

Sur ces mots, elle s'éloigna vers le manoir. Les mots avaient dépassé sa pensée, mais son esprit était bien trop échaudé pour le concevoir. Une fois la porte passée, elle monta à sa chambre et se jeta sur son lit, laissant à présent libre court à ses larmes.

[FIN]
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