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 Retour d'un pique-nique

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MessageSujet: Retour d'un pique-nique   Dim 8 Mai 2011 - 13:12

Elena avait vu d'une de ces larges fenêtres Luc et Soeur Béatrice partir au petit matin. Avec un sourire en coin et une malice certaine dans les yeux, la jeune sorcière avait presque jubilé en pensant qu'elle pourrait charrier son apprenti. En effet, depuis leur duel, Luc n'avait pas précisé si oui ou non il était du côté de son Aguerrie pour tenter de montrer à cette jeune et douce religieuse la vérité sur le monde actuel en dehors des dogmes carmélites qu'elle avait eu pour enseignements.

C'était donc le coeur léger qu'elle débuta cette douce matinée. Elle passa voir sa couturière en ville rapidement pour lui parler de ce que la Baronne Zimmerman lui avait proposé. Une adresse d'un fournisseur de tissu de très hautes gammes pour des créations encore plus chère et plus belle. Elena débordait de joie en annonçant cette nouvelle à sa couturière. Cette femme était sa favorite car elle alliait simplicité et talent tout en restant très modeste et très fermé. La vieille dame décrocha un sourire, signe d'un profond enchantement. Elle resta légèrement muette à cette annonce et sentait que son petit commercer pourrait prendre un peu d'ampleur avec la nouvelle cliente que la cadette des Mirova lui avait présenté. Cette jeune none cherchait dans la simplicité certes, mais rien ne lui empêchait de porter de riche tissu.

Comme une enfant, Lena pris le soin de faire une commande un peu excentrique pour son habitude et demanda une robe avec l'un de ces rares tissus qui fait pâlir n'importe qui. Elle voulait une robe avec de nombreux volants, une robe large mais pas trop imposante, discrète et pourtant recherchée et fouillée dans les détails. Des dentelles le long d'un décolleté léger, des fines perles en verre, quelques volants transparents, noir, et bleu. Des touches de velours. Elle ne compta pas son argent sur cette robe et la sortirait dans de grandes occasions, comme son anniversaire qui approchait à grand pas.

Elle quitta ensuite Forbach pour rejoindre à grand galop sa maisonnée et aperçu un cheval au loin avec Soeur Béatrice.

*Déjà?*

Elena n'avait pas traîné dans ces affaires, elle était à peine partit une heure et voilà que ce pique-nique se terminait? Luc avait été mauvais dans la préparation de cette journée. Ou alors quelque chose était arrivé? Elle s'interrogea longuement sur cette raison qui poussait la jeune Sœur et son apprenti à revenir si vite et laissa son cheval aux soins de ses valets tout en ayant l'air distraite. Quelques minutes plus tard Flèche pénétra dans l’Écurie et on prit soin de lui. Elena attendait de pied ferme son apprenti dans son Bureau et demanda à un de ces valets de faire venir le fils du Duc au plus vite dans ses appartements dés qu'il mettrait un pied au Manoir.

Elena avait donné cet ordre avec un ton qui ne laissait rien présager de bon. Luc devait impérativement se rendre dans les appartements de son Aguerrie. Il n'aurait ni le temps de se changer, ni le temps de faire quoi que ce soit d'autre.

Elle s'assit sur son siège et se prépara à voir entrer Luc.
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MessageSujet: Re: Retour d'un pique-nique   Dim 8 Mai 2011 - 20:04

Le serviteur qui était venu le chercher alors qu’il venait de quitter la sœur et qu’il allait rentrer Flèche dans son box était venu le prévenir que son Aguerrie désirait le voir immédiatement dans son bureau. Que lui voulait-elle encore ? Le ton qu’avait utilisé le domestique n’augurait rien de bon mais l’humeur de Luc était désormais massacrante et affronter Eléna ne lui disait vraiment rien de bon. En plus, il avait très bien précisé qu’elle n’attendrait pas et ne souffrirait donc aucun retard, impossible donc de pouvoir se changer. Etait-elle au courant de la promenade avec sœur Béatrice ? Peut-être que quelqu’un avait vendu la mèche alors qu’elle s’inquiétait de ne pas voir son apprenti dans le Manoir. Non, elle n’était pas du genre à se faire du souci pour lui. Elle connaissait parfaitement sa nature cavalière et le fait qu’il aimait disparaitre à toute heure du jour et de la nuit, non pas pour faire le mur, mais simplement pour explorer. Luc faisait partie des aventuriers, de ces personnes qui avaient besoin de voyager, de ne pas rester enfermer trop longtemps sous peine de s’ennuyer ferme, voire de déprimer. Puis il nourrissait avec Flèche une relation bien trop forte pour ne pas profiter de son étalon à chaque fois qu’il le pouvait.

Un regard en arrière vers l’écurie lui permit de comprendre que l’étalon était déjà dans sa stalle dessellé. Luc veillerait à venir lui apporter quelques pommes et quelques carottes pour la ballade et lui brosser le poil, ce qu’aurait surement déjà fait le palefrenier mais ce serait surement un excellent moyen pour le jeune homme de se changer les idées, surtout que la discussion à venir n’allait pas vraiment être plaisante. Le jeune homme rentra dans la bâtisse et prit la direction du bureau de son Aguerrie. Il essayait déjà de comprendre de quoi elle voulait impérativement lui parler, mais l’arrivée du domestique si tôt après leur arrivée signifiait probablement qu’elle avait du remarquer qu’il était parti avec Sœur Béatrice. Mais n’était-ce pas elle qui avait justement songé à l’idée de lui faire découvrir la vie ? N’était-ce pas là ce qu’elle voulait ? Luc commençait à s’en vouloir d’avoir eu cette idée. Il aurait mieux valu qu’il continue de simplement rêver de la jeune nonne et qu’il reste dans son coin, sans chercher à l’approcher une fois encore. Il ne l’aurait pas embrassée, elle ne l’aurait pas giflé, et rien de tout cela ne se serait passé. Oh et puis zut ! Il avait fait ce qu’il avait envie de faire et quoi qu’il arrive, il ne le regrettait pas plus que ça. Certes les conséquences étaient dommageables, mais ce n’était pas le plus important.

Sans frapper, il entra dans la pièce, trouvant son Aguerrie. Comme il le supposait, la discussion n’allait probablement pas être des plus joyeuses. Il referma la porte et ne prit même pas la peine de s’approcher.


« - Tu me convoques comme un domestique maintenant Eléna ? Je ne suis pas un chien qui accourt près de son maître lorsqu’il siffle. Je peux savoir ce qui justifie de telles manières ? »

Le ton était donné. Il n’était pas d’humeur à faire dans les fioritures. Depuis son retour, vérité abrupte était son crédo et il ne changerait pas face à son Aguerrie.
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MessageSujet: Re: Retour d'un pique-nique   Lun 9 Mai 2011 - 16:14

Alors qu'Elena avait ordonné qu'on fasse venir son apprenti, celui-ci était bien loin de se douter de la raison de cette demande un peu cavalière. La jeune noble en était consciente mais ne s'attendait pas à une réaction aussi vive. Lorsque Luc pénétra dans le bureau, elle fit face à un Luc peu avenant. Elena avait le visage fermé mais ce n'était que théâtrale, et là tout à coup elle subit la mauvaise humeur de Luc.

*Plait-il*

Lorsqu'il déclamait qu'il n'était pas un chien et qu'on ne le convoquait pas comme ça Elena fut piqué au vif. Elle ne l'avait pas convoqué comme un domestique, il se trompait mais cette réponse virulente pris le dessus sur quelconque raisonnement et la jeune sorcière, passionnée dans l'âme jeta au visage de Luc une remarque ferme sur un ton qui n'appelait pas une quelconque réponse.

"Fils de Duc ou non je te prie de garder ta langue. En tant qu' Aguerrie et Ainée j'ai le droit de te convoquer!"

Elle se leva et tenta de retrouver le moral qu'elle avait avant cette arrivée pour le moins désagréable.

"Si je t'ai fait mandé en urgence ce n'est pas pour que tu t'en prennes à moi jeune homme. Je comptais te taquiner mais je t'avoue que cette réaction de ta part me contrit!"

C'était vrai, son humeur était fortement contrariée et elle ne semblait plus enjouée. Donc cela c'était mal passé. Au moins ce point était clair, mais pareil comportement n'avait pas de justification. Luc n'avait jamais réagit de cette façon et Elena en était choquée car non habituée.

"Assied-toi je te prie."

Elena ajouta à sa parole un geste de la main qui guidait son apprenti vers le siège face au bureau de bois d'acajou. Et maintenant qu'elle était contrariée, son corps n'était pas en paix et nécessitait une marche en rond dans la pièce. Elle s'éloigna de son élève en rejoignant la baie vitrée.

Inspirant profondément elle décida d'attaquer, sur ce sujet pour le moins épineux, semblait-il.


"Je t'ai vu partir au petit matin avec la religieuse. J'en étais heureuse. Je pensais que tu voulais m'aider dans ma quête. Et je te vois avec ce visage défait et tes bonnes manières envolées."

Elle se retourna vers lui en un geste vif.

"Que c'est-il passé Luc?"

Elle planta ses prunelles noisettes dans celle du fils du Duc et se fit plus douce dans son comportement. A son tour de tirer les vers du nez de son apprenti. Et qu'il n'essaye pas de lui cacher quoi que ce fut. Car il n'était pas en position de faire des enfantillages. Elle n'oublierait pas de sitôt cette impolitesse, car si Elena était réputée pour quelque chose c'était cette rancune parfois un peu trop tenace. Surtout venant de sa part. Il ne fallait pas qu'il oublie sa place! Dans le monde de l'occulte il était son sous-fifre, futur Duc ou pas, cette place de la vie de tout les jours n'avait pas de place dans les connaissances.

Ne lui avait-elle pas assez appris cette règle primordial? Déçue et toujours face à Luc, le fixant dans le profond de ses prunelles elle attendit une réponse. Et il avait intérêt à répondre de façon satisfaisante, sinon les jeunes gens vivraient leur première dispute. A cette pensée, Elena tenta de se rassurer et se calmer pour éviter tout débordement. Cependant, elle ne pouvait pas laissé passé toutes les humeurs de son jeune apprenti.
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MessageSujet: Re: Retour d'un pique-nique   Mar 10 Mai 2011 - 10:35

Luc savait qu'il y avait été un peu fort. Ses paroles avaient de toute façon dépassé sa pensée dès qu'elles étaient sorties de sa bouche, toutefois il ne les regrettait pas. Cette manière de le convoquer sans même lui laisser une seconde pour se changer n'était pas quelque chose qu'il appréciait. Et ce n'était pas parce qu'elle était son Aguerrie que cela justifiait de telles manières. Certes elle en avait le droit, mais il y avait la manière de le faire. Fils de Duc ou pas, ce n'était pas ça qui jouait dans cette équation. Luc était un homme entier, prompt à la passion. Il ne se mettait pas en rogne souvent, mais la fin de ce pique-nique arrangé l'avait profondément contrarié. Non pas, comme certains pourraient le penser, car il n'avait pas obtenu ce qu'il voulait, mais simplement parce que le comportement de la jeune sœur l'exaspérait. Cette sainte nitouche se retranchait derrière Dieu pour ne pas s'assumer d'elle-même. Elle préférait tourner le dos à sa propre vie, sans ouvrir les yeux sur l'existence, croyant que son Dieu ne pardonnerait pas le fait de vivre en tant qu'Homme. Le futur Duc n'était pas contre la Religion, ou plus exactement contre l'idée de l'existence de Dieu, mais c'était l'interprétation faite par les Hommes qui le révulsait. Cette manière de dépeindre quelqu'un et de forcer les autres à suivre des voies qui ne sont pas les leurs simplement pour Ses beaux yeux. Quel est l'intérêt ? Si Dieu est aussi compatissant et miséricordieux, si nous sommes ses fils et filles, pourquoi ne nous accepterait-il pas comme nous sommes ? Si cette femme préférait se murer dans son couvent et bien soit, de toute façon, il l'oublierait bien vite. Elle ne voulait plus le revoir, et bien lui non plus !

« - Je n'ai pas besoin d'être fils de Duc pour parler comme il me sied. Si ma franchise te déplait, je ne mentirais pas pour toi. »

Cela ne lui plaisait pas ? Peu importe. Il n'en avait que faire. Aguerrie ou pas. Il la toisa tandis qu'elle essayait de se défendre de son invitation forcée. Pour Luc cela ne faisait aucune différence pour lui. Aussi lorsqu'elle l'invita à s'asseoir, il ne bougea pas d'un cil :

« - Je préfère rester debout. Qu'est-ce que tu me veux ? »

Les bras croisés, il l'observa faire les cent pas. Luc connaissait suffisamment Eléna pour savoir que lorsqu'elle faisait cela, c'est qu'elle ne tenait pas en place intérieurement. Son entrée en scène théâtrale l'avait probablement déstabilisée et contrariée. Qu'importe de toute façon... Qu'est-ce que cela pouvait lui faire ? Il désirait simplement qu'on en finisse rapidement. Il l'écouta parler, lui exprimer qu'elle l'avait vu partir avec la religieuse, qu'elle pensait qu'il voulait l'aider. Mais que visiblement elle avait une idée sur comment cela c'était terminé. Alors qu'elle s'était retournée vers lui pour lui demander sa version des faits, il la toisa du regard. Si elle s'était adoucie, ce n'était pas son cas.

« - Elle n'a pas apprécié la balade, que veux-tu que je te dise ?Tu peux peut-être le lui demander directement ! »

[i]Luc n'était pas prêt de dénouer sa langue. Il n'avait pas envie d'en parler. Si elle désirait connaître ce qu'il s'était passé cette matinée, il faudrait qu'elle fasse mieux que cela ou qu'elle aille convoquer, comme elle venait de le faire avec lui, avec son invitée. Les bras croisés, il fixa son Aguerrie en silence. Il n'allait pas lui faire le plaisir d'en dire davantage.
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MessageSujet: Re: Retour d'un pique-nique   Mar 10 Mai 2011 - 22:07

Luc abusait honteusement de la patience de son Aguerrie et il refusa de s'assoir et de parler avec plus de politesse. Si Elena c'était radoucie ce n'était pas pour se faire rabrouer de la sorte et ce ton impérieux ne lui plaisait pas du tout. Il faisait l'enfant à ne pas répondre à sa question et à la provoquer en lui disant qu'elle n'avait qu'à demandé à Sœur Béatrice.

Mais Soeur Béatrice n'avait rien à faire dans cette discussion, Luc n'était pas un pauvre gamin martyrisé qui devait se planquer dans les jupes de sa nonne préférée. Le visage de la jeune femme se ferma à l'heure montrant lentement mais sûrement des signes d'un agacement qui grandissait.

Il voulait joué à l'idiot? Parfait! Qu'il y joue mais Elena n'avait pas de temps à perdre avec ce genre de chose.


"Je t'ai demandé une réponse claire nette et précise, pas une phrase inutile. Et que ça te plaise ou non mon cher tu répondras!"

Elle passa de l'autre côté du bureau pour faire face à Luc. Si il avait sur une chaise, elle l'aurait pris entre quatre yeux, les mains fermement ancrées sur les accoudoirs. Malheureusement leur position debout l'empêchait une pareille confrontation. Elle ne pouvait que s'approcher de lui.

Elle tournait autour de lui comme un vautour autour de sa proie. Pour qui se prenait-il tout à coup. Ce n'était pas la balade qui avait provoqué ce comportement. Quelque chose de grave, très grave avait eu lieu pour que Luc soit aussi effronté et Elena s'en trouva fort irritée, prête à endolorir l'autre joue si il continuait se moquer d'elle. Elle réitéra sa question en demandant ce qui c'était passé. Mais Luc avait toujours le visage fermé et ne semblait pas prêt à répondre. Alors, comme pour combler le vide hypothétique, elle laissa sa colère monter progressivement.

"Je ne t'ai pas choisit pour que tu sois un pénible boulet, une grosse pierre qui nous encombre!"

Elle laissa des silences, pour que les paroles martèlent bien le crâne de Luc et qu'il comprenne.

"Je t'ai choisit parce que je pensais que tu avais l'intelligence, en plus de la capacité."

Elle parlait évidement de son choix de le prendre sous son aile en tant qu'Apprenti. Avant lui, elle avait déjà été face à des gens capables de manier la magie. Pour autant elle ne les avait pas pris avec elle. Sa relation avec le jeune homme était par contre plus profonde. Du moins elle le croyait. Elle le pensait un allié de choix. Mais cette idée subit l'assaut du doute en voyant cette scène.

Elle était profondément déçue par son attitude et cela la rendait encore plus en colère contre cet homme qui ne comprenait pas l'essence de cette convocation. Elle avait été au départ joyeuse, puis en voyant son visage, elle avait comprit que son apprenti avec pris un bleu un l'âme. Mais manifestement il prenait très très mal ce choc et n'arrivait pas à rester calme même face à quelqu'un qui n'était pas concerné.

Elena se sentit inutile à l'instant pour Luc. Elle voyait qu'il n'allait pas bien et la seule chose qu'il lui offrait c'était son venin. L'avait-elle mérité? Certes sa convocation était un peu raide mais rien de tant inconvenant. Du moins, elle ne le pensa pas. Par ailleurs elle avait l'impression qu'il ne lui faisait pas confiance. Pourtant ils se confiaient bien des choses et cette religieuse bousculait tout? Pourquoi ne lui laissait-il pas le droit de l'aider alors qu'elle s'inquiétait pour lui?

"C'est ainsi que tu prouves ta reconnaissance. Je te demande d'ouvrir ton cœur pour apaiser ta douleur et tu continues de faire cette tête..."

Elle ne termina pas sa phrase par l'insulte auquel elle pensait. Elle voulait le traiter de cochon. Mais elle n'en fit rien. Elle le fusilla du regard à présent face à lui.

"Je m'inquiète pour toi espèce d'idiot! Mais puisque ça ne t'atteint pas, PARFAIT! Monsieur n'a qu'à partir se terrer dans sa chambre!"

Elle était très en colère et le ton monta.

"Va chevaucher là où personne ne viendra t'ennuyer avec sa sensibilité!"

Elle continuait de s'énerver contre ce jeune homme qui lui faisait tête. Elle avait envie de l'insulter de tout les noms, de lui taper dessus pour qu'il se réveille et comprenne la situation. Mais ce n'était pas gagner, le fils du Duc de Rohan semblait enfermer dans sa carapace de sale torture boudeuse. Et Elena avait un visage rouge de colère et les poings serrés, laissant la peau se teinté de blanc au niveaux des jointures apparentes.
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MessageSujet: Re: Retour d'un pique-nique   Mer 11 Mai 2011 - 9:40

En cet instant, Luc n'avait que faire de la patience de son Aguerrie. Si elle les avait observé au départ et au retour, elle aurait très bien pu remarquer qu'ils ne s'étaient pas quittés en bons termes et elle aurait parfaitement pu éviter cette discussion houleuse. Le jeune Duc n'avait aspiré qu'à la tranquillité mais, au lieu de cela, Eléna lui avait imposé ce face à face et cela ne lui plaisait guère. Il n'avait pas envie de parler, pas envie d'en parler. Qui plus est, il savait qu'il était trop énervé pour cela. Cette pimbêche de nonne voulait faire la sainte nitouche ? Et bien tant mieux pour elle, qu'elle pourrisse au fond d'un couvent et se morfonde nuit après nuit sur son sort lorsque Dieu ne sera pas venu à elle malgré sa fidélité. Qu'elle pouvait être têtue ! Et Eléna ! Pourquoi fallait-elle qu'elle se mêle de tout aussi ? Ne pouvait-elle pas se contenter d'hypothèse, au moins le temps de laisser reposer tout cela ? Non, bien entendu ! Il fallait qu'elle attise les braises encore brûlantes et jette de l'huile sur le feu. Qu'elle ne s'étonne pas, alors, de se brûler. Ce n'était d'ailleurs pas l'opposition de force qui allait faire peur au jeune homme. Les colères d'Eléna n'était pas une mince affaire mais il était bien trop énervé pour en avoir quelque chose à faire. Depuis tout ce temps, c'était probablement leur première dispute, mais il fallait bien que cela arrive, n'est-ce pas ? Lorsqu'elle lui fit bien comprendre qu'elle attendait une réponse et qu'elle l'obtiendrait, Luc se contenta d'un froid :

« - Il ne me sied guère d'accéder à ta requête. »

Il rajouta :

« - Ça veut dire non. Si tu veux tirer les vers du nez à quelqu'un va le faire avec Sœur Béatrice, je ne m'étendrais pas davantage sur le sujet, « que ça te plaise ou non ». »

Il avait insisté sur les derniers mots, pour bien rappeler cette manière qu'elle avait eu de lui parler à l'instant. Alors qu'elle tournait autour de lui, il se contentait de regarder droit devant, sans même faire attention à elle. Cela ne l'intéressait pas, il ne désirait que partir, trouver un endroit calme et se poser. Mais voilà qu'Eléna tournait comme un lion en cage autour d'un morceau de viande, et cette situation là n'arrangerait rien à son état d'esprit actuel, pire encore, cela l'énervait davantage. Il ne releva pas davantage la comparaison avec les boulets et se contenta de hausser les épaules et de répondre.

« - Et bien alors ne t'encombre plus d'un boulet, que veux-tu que je te dise ? »

Après tout, s'il ne lui plaisait plus elle n'avait qu'à changer d'Apprenti comme de chemise. Et puis zut enfin ! Voilà qu'il passait pour le méchant et elle pour la gentille qui désirait aider. Qu'en avait-il à faire d'ouvrir son cœur ? Il avait eu l'exemple parfait lui démontrant que cela ne servait à rien.

« - Tête de quoi ? Finis tes phrases Eléna, je t'en prie. Va au bout de tes pensées. »

Elle s'inquiétait pour lui ? Et alors ? Il n'avait pas besoin qu'on s'occupe de lui, il allait très bien. Lorsqu'elle monta le ton et lui proposa de partir, il sut qu'il avait poussé son Aguerrie à bout mais cela ne lui donna aucun remord, elle l'avait cherché.

« - Qu'est-ce que j'en ai à faire que tu t'inquiètes pour moi ? Est-ce que j'ai besoin que l'on s'inquiète pour moi ? Que je sache, je suis un homme et je me débrouille très bien tout seul. Que je te respecte en tant qu'Aguerrie pour nos affaires, je le conçois, mais cela n'a rien à voir, et je me contenterais de me débrouiller seul. Merci. Sur ce, vu que tu me la proposé si gentiment. »

Luc tourna les talons sans un mot de plus et posa la poignée sur la porte avant de la presser.

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MessageSujet: Re: Retour d'un pique-nique   Mer 11 Mai 2011 - 14:39

Elena était à bout, et si jusque là cette colère aussi houleuse c'était faite sentir rarement, elle n'en restait pas moins ébouriffante. Pourtant Luc se comporta en homme de mauvais caractère et elle ne supporta pas cette réaction on ne peut plus cavalière et désagréable. Les dents serrées et les mains fermées elle l'entendait répondre avec une arrogance qui lui donnait des envies de le gifler à chaque fois. Et il s'offrait le luxe d'être insolent par dessus le marché?

Mais si Luc avait cessé d'affronter Elena à ce moment, elle aurait peut-être pu se calmer un peu. Pourtant Luc décida d'achever la ridicule parcelle de patience qui restait. A présent il se moquait ouvertement d'elle. et ses dernières paroles arrachèrent les dernières particules de mansuétude qu'elle gardait, l'achevant d'un même coup dans son égo.

« - Qu'est-ce que j'en ai à faire que tu t'inquiètes pour moi ? Est-ce que j'ai besoin que l'on s'inquiète pour moi ? Que je sache, je suis un homme et je me débrouille très bien tout seul. Que je te respecte en tant qu'Aguerrie pour nos affaires, je le conçois, mais cela n'a rien à voir, et je me contenterais de me débrouiller seul. Merci. Sur ce, vu que tu me la proposé si gentiment. »

Ainsi elle ne comptait pas plus qu'un vulgaire pion sur la toile des connaissances de Luc. Une personne qu'il connaissait mais dont il n'avait rien à faire au final? Et elle se confiait à un individu si froid et vide! Contrairement à ce que Monsieur le fils du Duc pensait, il fallait qu'on s'inquiète pour lui, c'était une preuve de proximité, d'attention. Mais puisqu'il se fichait qu'on s'inquiète pour lui.

Et en plus il jouait la carte de l'homme macho. Il se débrouillait seul, parfait, il n'avait donc pas besoin de toit, ni de la résidence qui l'accueillait et tout ce confort. Puisqu'il se débrouillait si bien! Et en plus il partait. Elena devint furibonde et le rattrapa alors qu'il avait cette main sur la poignée. Elle posa une main sur son épaule pour le forcer à se retourner, se servant de l'effet de surprise et lorsqu'elle l'eut face à elle, elle le fusilla une dernière fois du regard avant de lui administrer une gifle monumentale.

Le silence se fit court mais la gifle raisonna encore un peu, endolorissant la main d'Elena. Elle n'y avait pas été de main morte mais sa colère était aveuglante et elle ne regretta rien.


"Et bien puisque tu te débrouilles si bien seul, je t'ordonne de quitter mes terres sur le champ et ne plus jamais revenir. Puisque JE NE COMPTE PAS A TES YEUX!"


Elle ouvrit la porte passant devant Luc et indiqua sur un ton rageur à un domestique que ce soir il n'y aurait que Vincent et Sœur Béatrice à dîner. Elle pris son cheval et partit dans la forêt. Le vent fouettait son visage et elle ne refusait de ralentir l'allure, se prenant au passage les branches basses des arbres. Tout en voyageant elle se remémorait cette dispute.


"Pour qui se prend t'il? Je ne suis rien qu'une pauvre logeuse en fait."


Elle parlait de façon décousu mais sa voix être grave et semblait se noué de plus en plus.

"Il n'a qu'à apprendre les sorts tout seul aussi."

Elle sentait le larmes de cette rage folle monté aux yeux et dans peu de temps elle le savait, elle pleurerait pour évacuer toute ce qu'elle pouvait.

"Il n'a qu'à crever seul aussi! Il ne mérite même pas que je parle de lui."


Cette phrase acheva sa retenue et elle laissa les larmes couler en maugréant contre cet homme qu'elle avait pris pour un ami plus que pour un simple apprenti. Les yeux rougis et perdant la vue à cause des déformations qu'offraient les larmes devant ses yeux, elle perdit le contrôle de son cheval. Celui-ci fonçait droit sur un arbre et freina des quatre fers pour éviter le choc. Elena ne s'attendait pas à ce revirement de situation et tomba par terre dans un choc sourd, amortie légèrement pas les quelques feuilles mortes. Elle se releva, encore énervée.


"QUOI? Toi non plus tu n'en a rien à faire de moi?"

Elle hurla à son cheval qui se cabra, surpris par cette réaction de la part de sa propriétaire. Le cheval remis les pieds au sol en boitillant tout à coup. Il avait certes freiner mais surtout il c'était blesser avec une ronce énorme qui lui avait lacérée l'une des pattes. A la vue du sang Elena fut électrocutée et oublia Luc pour se faire pardonner auprès de sa jument.


"Pardonne moi ma belle."


Elle murmurait lentement et vint caresser l'animal. Elle même avait subit l'assaut de quelques ronces sur le visage et une partie de sa robe avait souffert. Elle arracha une partie de son jupon et tenta se s'occuper de l'animal en lui laissant en premier lieu le temps de se poser à terre. La journée avança et Elena était à présent activement recherchée par la moitié du personnel du Manoir. Sa course effrénée l'avait menée loin dans la forêt et elle rentrait très lentement, aidant sa jument, la laissant se reposer. Finalement, une heure avant la tombée de la nuit noire, elle rentra et s'affala de fatigue. Elle avait tenté de soigner sa bête par la magie, mais celle-ci s'affolait sans cesse et Elena rata plusieurs fois sa cible.

Effondrée dans le box de sa jument, on la retrouva quelques minutes plus tard et on la porta à sa chambre pour s'occuper d'elle. Elle ne quitta plus son lit de la soirée et ne se réveilla que le lendemain.
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MessageSujet: Re: Retour d'un pique-nique   Mer 11 Mai 2011 - 16:01

Méritée ? Probablement. Cherchée ? Pas vraiment. Luc était sorti de ses gonds après les évènements qui s'étaient déroulés avec Sœur Béatrice. Sur le moment, il n'avait plus aucune différence entre elle et Eléna. Non pas qu'il les confondait, mais simplement que son Aguerrie avait eu le malheur de vouloir discuter avec lui au mauvais moment. D'habitude, le jeune homme savait se contenir et s'il s'était agi d'autre chose, il aurait probablement réagi autrement, cherchant du réconfort auprès d'elle, mais le refus qu'il venait d'essuyer était réellement cuisant et l'avait complètement désarçonné, le sortant des sentiers habituels. Alors il s'était effectivement comporté comme un rustre avec son Aguerrie mais il ne s'en était pas réellement rendu compte. Il avait conscience de la colère dans ses paroles, mais à cause de celle-ci, il ne parvenait pas à déceler la peine qu'elles pouvaient infliger. Aussi, lorsqu'Eléna posa une main sur son épaule, alors qu'il allait répliquer qu'il n'était pas la peine qu'elle tente de le retenir, il prit une magistrale gifle de la part de cette dernière. Sidéré, la joue encore douloureuse de ce deuxième contact brutal, bien plus que le premier, il resta quoi suffisamment longtemps pour observer la jeune femme lui cingler ses conclusions en pleine figure. Sans cette gifle, il aurait surement répondu tout aussi sèchement que ce n'était que mieux ainsi, qu'il partirait dans l'heure et qu'ils ne se verraient plus jamais, mais il y avait eu cette gifle, ce geste marqué et marquant qui avait littéralement douché sa colère, comme un choc qui vous réveille subitement d'un rêve. Alors qu'il réalisait cela, Eléna était déjà partie de la couloir, rugissante. Penaud, il sortit du bureau et referma la porte derrière lui en silence, alors qu'à peine quelques instants plus tôt, il allait la claquait violemment.

En silence, il regagna sa chambre et, presque comme un zombie, alla s'installer au fauteuil de son bureau sur lequel reposait plusieurs papiers sur certains desquels étaient couchés des vers destinées à Soeur Béatrice. Le regard vide, il prit l'ensemble des morceaux de papier et les déposa dans la cheminée où quelques braises rougeoyaient encore. Il observa les flammes commencer à se raviver et consumer rapidement le papier avant de s'installer sur le lit, la joue encore douloureuse, probablement encore un peu rouge, de la couleur de la honte. Car s'il ne regrettait pas sa colère envers la jeune nonne, il regrettait maintenant amèrement celle dont il avait fait preuve envers son Aguerrie. Ce n'était pas de sa faute si cette religieuse était aussi bête. Non rien ne justifiait le comportement qu'il avait eu dans le bureau quelques minutes plus tôt. En silence, le regard fixé au plafond, il réfléchissait à tout ce qu'il venait de se passer. Il se remémorait les évènements encore et encore sans pouvoir y modifier quoique ce soit. Finissant par s'assoupir, il fut réveillé quelques heures plus tard par un domestique qui venait lui demander s'il avait des nouvelles de la maîtresse de maison, car l'on s'inquiétait de son absence alors que la nuit n'allait pas tarder à tomber. Luc répondit négativement, encore plus honteux de ne pas avoir tenté de la rattraper alors qu'elle était sortie comme une furie de son bureau. Il ne doutait pas qu'elle avait sorti sa jument pour prendre l'air. Il avait failli le faire aussi, mais il était finalement resté dans sa chambre. On lui apprit peu avant la nuit noire qu'Eléna était rentrée mais qu'elle était exténuée et qu'elle s'était couchée. Le jeune homme prit alors sur lui d'attendre jusqu'au matin.

Alors que la matinée s'annonçait, Luc, qui n'avait pas beaucoup dormi, s'apprêta et sortit de sa chambre avant de prendre la direction de la chambre d'Eléna. Ce n'était pas très convenable, mais il ne voulait pas attendre pour lui parler, ni le faire en public. Les rumeurs avaient surement circulé rapidement et le Duc fut, un instant, curieux des excuses qu'avait pu produire Vincent pour justifier l'absence de sa sœur et de Luc au dîner. Il stoppa sa réflexion lorsqu'il parvint à la porte de la chambre de son Aguerrie. Doucement, il frappa à la porte de quelques coups assurés mais feutrés.


« - Eléna... Eléna, c'est... c'est Luc. »
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MessageSujet: Re: Retour d'un pique-nique   Jeu 12 Mai 2011 - 14:47

La nuit avait été quelques peu agitée pour la maisonnée. Vincent avait longuement veillée sa soeur pour pouvoir lui parler de ce qui c'était passé. Le visage inquiet, il laissait son regard soucieux se perdre dans le vague en attendant qu'elle donne un signe d'éveil. Mais puisque la nuit avait bien avancée, il compris que celle-ci ne se réveillerait que le lendemain. Il rejoignit donc sa chambre en refermant la porte de sa sœur le plus délicatement possible. Laissant un soupir s'échapper, il ne pouvait cesser de se questionner sur cette dispute violente qui avait éclaté entre les deux individus. Sa cadette faisait rarement montre d'une telle colère et il sentait qu'elle avait été profondément blessée.

La jeune femme quand à elle ouvrit les yeux au moment ou la porte se referma. Elle se tut, ne rattrapant pas son ainé pour sombrer à nouveau dans le sommeil. Elle n'avait pas envie de parler de ce qu'il c'était passé pour le moment, demain matin peut-être, elle résumerait la situation à son frère.

Malgré ses cauchemars qui suivirent, elle réussi à dormir assez pour être en forme le lendemain matin. Elle ouvrit les yeux sur le petit jour et remercia une de ces servantes qui venait lui apporter un peu d'eau et voir si elle allait bien. La jeune servante ouvrit la porte, quitta la pièce et on frappa. Croyant que c'était la servante elle lui permis d'entrer. Mais à la place ce fut son apprenti qui se trouvait dans l'encadrement de la porte. Il restait sur le pallier pour le moment et elle lui jeta un regard peu avenant avant de décider de regarder droit devant elle.

Elle n'avait pas oublié les moindres paroles de celui-ci et était profondément meurtri pars les propos qu'il avait tenu. Elle ne comptait pas. Voilà le raccourci qu'elle faisait et elle l'ignora purement et simplement. Elle ne décrocha pas un mot, ne désirant pas lui adresser la parole.

Que faisait-il encore ici? N'avait-il pas saisit l'ordre de quitter le Manoir de façon express? Les mâchoires serrées, elle ruminait dans son coin. Venait-il s'excuser? Peut-être, mais cela ne suffirait pas. Elena avait été touché dans son égo et sa rancœur envers quelqu'un qu'elle croyait très proche d'elle était plus grande qu'une simple rancune pour une broutille. Les mots avaient été très fort le jour d'avant et elle entendait encore Luc dire qu'il n'avait pas besoin qu'elle s'occupe de lui, qu'il était se débrouillait très bien seul.

Elena brula d'envie de lui jeter des méchancetés au visage mais n'engagea toujours pas la conversation. Elle lui en voulait furieusement et se sentait trahie. Le jeune homme devait donc faire plus que de simples et plates excuses. Il fallait qu'il recolle les morceaux qu'il avait arraché à l'âme d'Elena. Elle voulait se le cacher, mais quelque part elle était heureuse de voir qu'il n'était pas partit. Elle ne pensait pas tout ce qu'elle disait elle non plus et avait été un peu injuste. Elle aurait du comprendre que Luc était chamboulé et aurait du remettre l'entretien plus tard? Et puis, elle ne voulait pas d'autre apprenti. Il était doué et quelqu'un de bien.

Pourtant, elle ne pouvait plus s'en convaincre. Ses blessures reprenaient le dessus et elle resta ainsi, assise dans son lit, dans une tenue à la limite de la décence couverte par les draps et couvertures. Elle fixait le fond de sa chambre, se moquant éperdument du jeune homme qui venait se répandre en excuses pour avoir été trop emporté.
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MessageSujet: Re: Retour d'un pique-nique   Ven 13 Mai 2011 - 9:38

Luc avait eu tout le temps de réfléchir à ce qu'il avait fait la veille, à peine rentré du pique-nique. Il s'était comporté comme un goujat, surement bien pire aux yeux d'Eléna. Ses paroles avaient dépassé ses pensées, inexistantes à ce moment où il s'était complètement emporté, entièrement désorienté par les réactions de la religieuse et pas vraiment remis de cette gifle qu'elle lui avait donnée. Il savait que son Aguerrie avait eu parfaitement raison de le gifler également. Il s'était vraiment mal conduit, surtout avec elle, alors qu'ils partageaient quasiment tout ensembles, il s'était fermé comme une huitre alors qu'elle tentait de lui tendre la main. Toutefois, il n'avait rien préparé, rien à dire de particulier, pensant que ce qu'il devait avant tout à Eléna, c'était des paroles sincères et justes qui venaient de lui et non d'une quelconque inspiration littéraire préparée pendant la nuit. Il avait vu la servante quitter la chambre de son mentor mais fut accueilli par un silence glacial lorsqu'il ouvrit la porte et se tint sur le palier. Elle lui avait dit d'entrer, mais au vu de son regard, elle regrettait probablement cela en comprenant à qui elle avait « ouvert ». Plusieurs secondes s'écoulèrent probablement alors qu'elle le fusillait du regard, silencieuse. S'il était des colères dangereuses, c'était bien celles, muettes, dont on ne devinait pas grand chose. Il savait qu'elle lui en voulait mais il aurait préféré un accueil froid comme la glace plutôt qu'un silence de tombe. Préférant ne pas ameuter tout le Château si cela devait se gâter, il fit quelques pas en avant et ferma la porte derrière lui avant de se retourner vers son Aguerrie.

« - Eléna, je ne voulais pas partir avant de te dire ceci. Je... Je suis désolé. »

C'était un peu maigre, pour le moment, c'était évident, mais il fallait bien commencer quelque part. Son regard plongé dans celui d'Eléna, s'il était une chose d'évidente c'était qu'il était réellement sincère.

« - Je ne sais pas ce qui m'a prit hier. Je me rend compte de l'absurdité de mon comportement et de la douleur qu'on put causer mes propres mots à ton encontre. Même si cela ne les efface pas, sache que je ne les pense pas. »

Il hésita à s'avancer vers elle, puis prit la décision de le faire, rapidement, et posa un genoux au sol, sans la quitter des yeux.

« - Tu comptes bien plus pour moi que n'importe qui dans ce Royaume. J'ai toujours pu avoir confiance en toi et tu as toujours été là pour m'écouter, sans compter l'enseignement que tu as bien voulu partager avec moi. Ce que j'ai dit hier sous la colère est un mensonge, j'ai toujours eu besoin de toi Eléna. Si je sais que je peux me débrouiller seul, c'est parce que je sais que si je devais me tromper, tu serais toujours là pour me rattraper. »

Il soupira.

« - Je t'aime trop pour pouvoir te traiter ainsi dans mon état normal. Je ne cherche pas d'excuses, mais la balade avec Soeur Béatrice ne s'est pas passée comme prévue, et je suis rentré hors de moi. Je n'ai pas su me contrôler, je sais que tu cherchais à bien faire, à m'aider, mais je me suis entêté et j'ai probablement commis la plus grande erreur de toute ma vie. Sache juste que je le regrette sincèrement et que si, malgré tout, tu désires que je parte, alors je le ferai sur le champ. Mais je ne voulais pas partir avant de te dire réellement à quel point tu comptais pour moi. »
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MessageSujet: Re: Retour d'un pique-nique   Ven 13 Mai 2011 - 17:48

Alors que le silence glacial et désagréable s'installait en maître, Luc ouvrit la bouche et cela fit comme un léger électrochoc à son Aguerrie qui finissait presque par oublier sa présence. Comme si il avait lu dans ses pensées, il s'excusait de ne pas être encore parti. La raison? Monsieur était désolé. Ce n'était pas que de simples excuses qu'il fallait pour calmer Elena et elle manqua de lui dire dans une cinglante remarque. Cependant son apprenti, par ces excuses banales c'était donné du courage pour affronter le regard noir et haineux d'Elena.

Elle fut perturbée par ce regard qu'elle fixait, car le visage de Luc lui rappelait ô combien elle l'appréciait. Ses traits et cette attitude sincère l'adoucissait quelque peu. Mais elle se ressaisit mentalement pour ne pas faillir à la parade du jeune homme et détourna le regard.

« - Je ne sais pas ce qui m'a prit hier. Je me rend compte de l'absurdité de mon comportement et de la douleur qu'on put causer mes propres mots à ton encontre. Même si cela ne les efface pas, sache que je ne les pense pas. »

Comment osait-il croire la douleur qu'avait engendrés ses paroles. Ces excuses ne les effaçaient effectivement pas et Elena se sentait toujours profondément blessée. Puis un genou au sol il se mit au chevet d'Elena tel un chevalier prêt à se faire adouber, ou un enfant désirant se faire pardonner en se rabaissant physiquement. Par ailleurs Luc savait ce qui avait réellement détruit Elena, c'était cette idée de dire qu'il pouvait être seul et ne nécessitait pas son aide.

Les véritables excuses de Luc arrivèrent enfin et Elena fut bouleversées par de pareilles révélations. Lui en voulait-en vraiment? Oui tout de même, mais il n'était pas obligé de croire que c'était la pire erreur de sa vie. Elena était touché par son discours, il était sincère et sûrement très honteux de son comportement. Il acceptait même de partir si elle refusait de changer sa décision. Elle le regarda à nouveau alors, les yeux légèrement rougit.


"Tu as été le plus odieux de tout les futurs Ducs hier!"

Elle se fit plus douce et tourna le visage vers lui.

"Et je serais toujours là pour te gifler si tu voulais recommencer."

Elle laissa un fin sourire se dessiner sur ses lèvres. Elle amena sa main à la joue de Luc, qui était à proximité de lui et lui administra une gifle légère, qui tenait plus d'une tape sur la joue sans violence.

"Je sais que tu avais la mine défaite hier et j'ai moi aussi agit comme une idiote. Te forcer à parler n'était pas la solution pour que tu te confies. Aussi je te dois également des excuses. Nous avons été deux idiots hier et je crois que le mieux sera de reparler de cette balade quand tu le souhaiteras."

Il se confierait, elle en était quasiment certaine. Et si il ne le faisait pas, elle ne lui en tiendrait pas rigueur. Elle reconnaissait sa réaction virulente et tous deux mettaient leur honte de côté. Ils avaient eu tord, ils le savaient. C'était à présent terminé. Il ne fallait pas cherché plus loin et remuer le couteau dans la plaie.

La servant revint sans frapper et trouva Luc et Elena en entrant. Elle manqua de perdre la coupelle d'eau qu'elle tenait et se répandit en excuses. Elena la rassura et lui demanda poliment si elle pouvait terminé cet entretien. La jeune servant quitta la pièce toute rose. Les rumeurs sur la dispute des deux jeunes gens avaient fait bon train, et la jeune servante fut choquée de voir pareille scène, craignant que la maîtresse de maison se remette à hurler.


"Bon, maintenant que tu as repris tes esprits, tiens-tu à me conter cette triste balade à présent, ou désires-tu plus de temps pour que ta colère s'apaise?"

Elle lui laissait un sourire. Elena ne perdait décidément pas le nord et voulait toujours savoir ce qui c'était passé, mais maintenant, elle serait plus prudente sur le sujet houleux et ne se moquerait pas se son apprenti. Elle le lui jura d'ailleurs en lui indiquant qu'elle ne commenterait pas de vilaine manière le déroulement de cette balade. Même si ce n'était sûrement pas ce qui retenait Luc, cela permettait de le remettre un peu en confiance. Du moins, elle l'espéra.
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MessageSujet: Re: Retour d'un pique-nique   Lun 16 Mai 2011 - 13:04

Elle ne l'avait pas regardé tout du long. Il savait qu'il avait fort à faire pour s'excuser et il avait mis dans son pardon toute sa sincérité, tout son amitié et peut-être un peu plus encore, pour la jeune femme. Il aimait Eléna, comme un Apprenti aime son Aguerrie, comme un petit frère aime sa grande sœur, comme un ami aime une amie, peut-être davantage même. C'était tout cela qu'il avait voulu dire, tout cela qui devait transparaître de ses paroles. Les actes de la veille n'avaient rien à voir avec cela, il avait été stupide, idiot, incroyablement buté et borné, sanguin. Mais cela venait un peu de son sang. Les De Rohan n'étaient pas forcément réputés pour leur calme olympien et le père de Luc avait lui aussi fait quelques erreurs dues à son tempérament. Les choses étaient ainsi, la bêtise absolue aurait été de ne pas faire amende honorable et de se complaire dans cette attitude absolument et incroyablement stupide, de quitter le Manoir Mirova sur une dispute aussi infantile. Mais cela, il ne l'avait pas fait, il s'était calmé, il avait réfléchi, il avait regretté et il voulait se faire pardonner. Il aurait parfaitement compris que ce qu'il avait dit à la jeune femme soit inexcusable. Il n'aurait pas protesté si elle l'avait renvoyé de sa demeure sans accepter ses excuses car il le méritait. Aussi attendait-il le verdict en silence. Il aurait préféré qu'elle l'excuse, qu'elle lui permette de lui montrer combien ce qu'il avait dit la veille n'était que mensonge, mais c'était elle qui avait le pouvoir de décision, pas lui.

Lorsqu'elle lui lança qu'il avait été le plus odieux des Ducs, il ne répondit pas et conserva la tête basse, acquiesçant en silence. Oui, il avait conscience de cela, parfaitement. Mais alors qu'elle rajouta qu'elle serait toujours là pour le gifler s'il devait recommencer, sa voix subitement plus douce le fit relever la tête. Il put alors la voir doucement sourire et se permit également de sourire légèrement à Eléna. Il ferma doucement les yeux, soupirant de soulagement mais les rouvrit, surpris, alors qu'elle venait de lui donner une petite tape sur la joue, pour l'écouter lui présenter des excuses également.


« - De nous deux l'idiot ici, c'est moi. Je n'ai pas su voir l'opportunité que tu m'offrais et j'ai claqué comme un malpropre la porte que tu m'avais ouverte. Je suis content de voir que tu me l'ouvres à nouveau. »

Luc se releva doucement et s'installa au pied du lit, comme la décence le demandait. Soudain, il se retourna alors que des bruits se faisaient entendre sur le pas de la porte. A la mine de la domestique, déconfite, Luc crut soudain qu'elle ne s'imagine des choses dont les futures rumeurs allaient peut-être être dérangeantes. Le jeune homme, assis sur le lit d'Eléna, leur dispute n'était-elle qu'une des nombreuses disputes que les amants peuvent avoir ? Le jeune homme espérait seulement que ce n'était pas ce qui avait traversé l'esprit de la jeune femme. Il se retourna vers son Aguerrie quand celle-ci eut fini de congédié son employée. Elle ne perdait pas le Nord, et même si elle lui avait promis de lui laisser le choix quand au moment où il désirait parler de ce qui s'était passé entre Sœur Béatrice et lui, elle essayait tout de même de le savoir au plus vite. Luc eut un sourire amusé et répondit :

« - Tu sais ce que tu veux toi, n'est-ce pas ? Bien... Avec une nuit passée sur les évènements, ce sera surement plus facile d'en parler. »

Il sembla chercher ses mots puis reprit :

« - Autant te raconter l'histoire depuis le début. Lorsque tu m'as présenté Sœur Béatrice, au petit-déjeuner, nous nous étions déjà rencontrés. Je l'ai croisée à la bibliothèque alors que je revenais de chez l'ami de mon père. J'étais rentré par la porte du petit bureau où je lis souvent et, en passant par la bibliothèque, je l'ai aperçue. Nous avons alors discuté simplement, rien de bien méchant. »

Il marqua une pause et poursuivit :

« - Mais lorsqu'elle s'est levée, elle a trébuchée. J'ai tenté de la rattraper, mais, complètement déséquilibré par mon mouvement brusque, je suis tombé sitôt que je l'avais rattrapée. Je pense que je n'ai pas besoin de te faire un dessin de notre proximité. Elle a fini par se relever et m'a quittée précipitamment. Pour éviter d'ébruiter l'affaire, j'ai fait comme si je venais de la rencontrer alors que tu me la présentais. »
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MessageSujet: Re: Retour d'un pique-nique   Lun 16 Mai 2011 - 14:46

Luc insistait. Il était l'idiot du soir. Mais il était heureux de voir qu'Elena avait beau avoir une rancœur tenace, elle avait l'intelligence de comprendre la situation. Et puis, en vérité, elle se sentait un peu coupable de tout ce qui c'était passé le jour d'avant. Luc avait agit mal, mais elle ne l'avait pas non plus aider et aurait du le laisser ruminer dans son coin jusqu'à ce qu'il cède enfin et vienne voir son Aguerrie.

"Tu sais ce que tu veux toi, n'est-ce pas ?"

Oui, évidemment qu'elle le savait. L'un des plus gros défaut d'Elena était sa curiosité perpétuelles. Les livres ne parvenaient pas à étancher sa soif de connaissances et si elle devait tout savoir de la ville de Forbach, elle en serait heureuse, comblée. Bien évidemment, pareilles connaissances auraient été impossible à retenir pour un seul être vivant, mais connaître au moins les recoins de la vie de son frère et de son apprenti lui donnait déjà satisfaction et fil à retordre. Au départ Luc avait mis du temps à se confier à Elena, et encore aujourd'hui, expliquer des choses peu amusantes n'était pas de tout repos ni de toute simplicité, pour l'un, comme pour l'autre. Luc se donnait du courage et Elena attendait tranquillement. Puis le récit commença. Depuis le tout début.

Elena sourcilla, pourquoi lui parlait-il de cette première rencontre au petit déjeuner? Ainsi, ils se connaissaient déjà. Ou du moins, les présentations avaient été faites. Elena n'avait rien vu et s'en étonna. Mais à vrai dire la fatigue avait eu raison d'elle et les regards que lançaient la jeune religieuse était à n'en point douté autre chose que ce que la sorcière avait imaginé. Les regards qu'ils se lançaient était donc parce qu'ils se connaissaient déjà. Mais! Pourquoi avoir caché cela? Quel mal y avait-il a ... Elena aurait posé la question si Luc ne continuait pas de s'expliquer. Ainsi donc, la jeune soeur avait appliqué la proposition d'Elena à aller à la bibliothèque quand elle le désirait.

Sauf qu'elle était tombée sur Luc et que cet entretien avait drôlement tourné. Luc expliqua qu'ils étaient tombés l'un sur l'autre. Elena ne put s'empêcher d'avoir un sourire tendre et des yeux pétillants. Elle se retint d'applaudir d'excitation. Ainsi donc, voilà la véritable rencontre qui avait eu lieu. Ce n'était pas de simples regards, ils c'étaient mis d'accord pour dire qu'ils ne se connaissaient pas.

Elena acquieça avec ce sourire d'une gamine qui préparait quelque chose.


"J'imagine bien que tu as fais cela pour éviter les rumeurs."

Elle sourit encore.

"Et je suis fort heureuse d'être dans le secret. Mais continue je t'en prie. Quelque chose me dis que cette rencontre à scellé quelque chose entre vous, n'est-ce pas? C'est pour ça que tu étais furieux..."

Elena comprenait un peu mieux la situation et attendait que Luc lui donne les arguments qu'elle cherchait pour justifier ces pensées. Le jeune homme était un parti intéressant et un garçon attirant. La toute jeune sœur aussi ingénue soit elle avait du être bouleversé par ce contact rapproché.

*Intéressant*

C'était peut-être lui la clé de tout ceci. Peut-être que si, comme Elena le pensait, Luc tenait à Sœur Béatrice, et que la réciproque était juste, alooors... Il pourrait lui permettre d'ouvrir les yeux. Elena se choqua d'avoir cette pensée. Elle arrachait une fille de Dieu, à Lui-même. Était-ce un péché? Elena s'interrogea. Peut-être que oui, était donné qu'elle faisait des vœux pour chérir Dieu toute sa vie.

Elle se confesserait sûrement pour avoir eu une pensée pareille et tenta de la chassé. L'idée première d'Elena était de sortir Béatrice des griffes de l'Inquisition mais pas forcément de sa place de nonne, bien que cette place l'enfermait dans un couloir sans autre issue que la fin.


Elena attendait avec envie, la suite de cette histoire qui s'annonçait assez croustillantes et même si d'habitude elle ne prêtait pas trop attention aux ragots, là elle était toute ouïe, surtout que Luc était le cachet qui prouvait que ces faits étaient véridiques. Comme une enfant, le soir de Noël, elle attendait cette clémentine et ce petit morceau de chocolat, délice de l'année qui s'achevait. A la limite de l'impatience, elle le fixait avec des yeux doux et remplis de curiosité.
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MessageSujet: Re: Retour d'un pique-nique   Mar 17 Mai 2011 - 9:40

Pourquoi s'était-il tu ? Oui, probablement pour éviter les rumeurs, ne pas éveiller les soupçons. Si Luc avait fait comprendre qu'il connaissait déjà Soeur Béatrice alors qu'il venait à peine de rentrer la nuit précédente, on aurait facilement pu jaser et extrapoler des conclusions assez peu décentes. Le jeune Duc ne s'en serait pas formalisé, mais pour la sœur cela aurait été beaucoup plus choquant et désagréable. En jouant la carte de l'inconnue, ils pouvaient oublier ce qu'il venait de se passer dans la bibliothèque, ou du moins, l'enfuir suffisamment profondément pour éviter que des gens puissent l'apprendre. Parce que si cacher la vérité aux yeux du monde était facile, se cacher la vérité à soi-même est un exercice bien plus complexe que ne l'aurait imaginé le jeune homme. Il suffisait de voir à quel point il avait pensé à ce moment et à la nonne. Il savait que ce n'était pas « catholique ». Il ne pouvait décemment éprouver des sentiments pour une religieuse qui avait voué sa vie à Dieu, mais pourtant, il avait eu beau tourner tout cela dans tous les sens, c'était la seule conclusion qui s'était imposée à lui. Mais peut-être n'était-ce que ce contact soudain et rapproché dans la bibliothèque qui l'avait mis sans dessus dessous et faussé ses sentiments, voilà pourquoi il avait emmené Béatrice en ballade, pour en être certain, et ça n'avait pas manqué...

« - Je ne sais pas si cette rencontre a scellé quelque chose entre nous, mais je sais que je n'ai pas pu m'empêcher de penser à elle à chaque fois que j'avais du temps libre. C'est idiot, je sais, de tomber amoureux d'une religieuse, alors j'ai pensé que ce n'était que le fait de s'être retrouvé si proches qui m'avait retourné l'esprit, et pour en être certain, je me suis dit, quoi de mieux qu'une ballade. »

Oui, quoi de mieux... Elle s'était merveilleusement bien passé cette promenade...

« - J'avais alors prévu un petit pique-nique dans l'un des endroits que j'ai pu dénicher dans la forêt, je crois que je t'en ai déjà parlé d'ailleurs, une clairière perdue, très calme et enchanteresse. Bref, peu importe. Elle semblait heureuse, on a commencé à discuter et puis... »

Tout a dérapé... En fait, il ne savait pas vraiment ce qui lui avait prit, mais il l'avait embrassé, parce qu'il le voulait peut-être, parce qu'il voulait lui montrer ce qu'il ressentait pour elle et ce qui s'était confirmé par cette ballade... En fait il ne savait plus, et pour ainsi dire, il s'en fichait royalement maintenant.

« - Nous étions allongé dans l'herbe. Elle s'était tournée vers mois pour me parler, et alors que je lui répondais, je me suis retourné également mais je ne pensais pas que nous étions si proches. Je ne sais pas ce qui ma prit alors, mais... »

Il hésita. Roulements de tambours...

« - Je l'ai embrassée. »

Tadaaaa ! Incroyable n'est-ce pas ? Mais le regard de Luc s'était légèrement assombri.

« - Elle m'a giflée et elle est repartie à pieds. J'ai pu finalement la rattraper et la convaincre de monter à cheval. Et tu connais la suite. »

Raconter n'était pas tellement difficile, à la rigueur, maintenant qu'une nuit de sommeil était passée sur cette histoire, elle était plus facile à conter. Le plus dur restait à venir, les questions, car il y en aurait. Et il connaissait déjà l'une d'entre elles : pourquoi l'avait-il embrassée ?
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MessageSujet: Re: Retour d'un pique-nique   Mar 17 Mai 2011 - 12:52

Alors qu'Elena attendait la suite de cette histoire un peu surprenante, Luc reprit son récit. Il avouait avoir été troublé et penser sans arrêt à elle. Même si Elena n'avait jamais vraiment été amoureuse de façon très sérieuse, elle savait bien que cette façon d'agir n'était pas simplement une douce coïncidence à leur proximité provoquée.

Luc se pensait idiot de tomber amoureux d'une religieuse. C'était fort dommage de penser de cette façon, il ne serait pas le premier. Et sa tactique de vouloir faire cette balade avait été une idée formidable. Luc était un réel délice en amour, Elena en était à présent certaine et si la clairière où Luc l'avait mené était bien celle dont Elena avait entendu parlé, elle avait dû être charmé par un endroit et une attention pareils. Qui ne pouvait pas l'être? La Soeur avait aimé cette ambiance proche de la nature et Elena en fut heureuse, cette jeune fille était pleine de richesse.

Mais là où Elena se disait qu'elle divaguait, Luc continua son récit, laissant le trouble évident manipuler sa voix et le rendre un peu plus hésitant. Plus il se rapprochait de l'instant fatal, plus il ralentissait son rythme et puis lorsque le suspens devient tenace il avoua ce qu'Elena s'attendait à entendre sans vraiment le croire.

Il l'avait EMBRASSER? Si cela avait été dans d'autres termes qu'ils c'étaient quitté, Elena aurait sauté partout dans sa chambre, faisant fit de sa bonne conduite et aurait ri de joie avant de faire danser Luc. Elle aurait été heureuse de cette nouvelle. Son petit apprenti devenait amoureux. C'était tellement beau.

Éperdument romantique, Elena aurait été voir Soeur Béatrice et lui aurait tirer les vers du nez. Mais la vérité avait été plus cinglante et la jeune religieuse avait retourné au carton d'invitation une réponse peu engageante. Une gifle. L'exaltation quitta Elena et elle comprit la gravité de la situation, mais Luc omettait une partie importante de cette balade. Soeur Béatrice n'était pas restée insensible et cette gifle, il ne l'a méritait qu'à moitié.

Elena le regarda et quitta son lit en demandant à Luc de se détourner d'elle le temps qu'elle rejoigne son paravent.

Derrière ce joli paravent de bois décoré, elle récupéra une robe de chambre épaisse et revient voir Luc toujours en train de fixé le sol d'accablement. Il s'en voulait indéniablement. Elena se rapprocha et d'un main releva le menton de son apprenti.


"Allons, Luc. Ne faites pas cette mine. J'imagine que votre âme à essuyé un vilain refus et qu'il vous ait difficile d'y repenser mais c'est bien que je sois au courant."

Elle le fixait dans les yeux, les cheveux un peu ébouriffé, lui donnant un petit air sauvage.


"Lui as-tu dis autre chose? Sous la colère?"


Elle voulait tout savoir avant de décider d'aller voir la jeune religieuse pour avoir sa version des faits. Car c'était là l'intention qui animait la noble. Ce matin même, une fois que Luc aurait finit, elle rejoindrait la jeune religieuse pour lui parler, l'imaginant tout aussi bouleversée qu'on pouvait l'être. Imaginé que vous n'avez jamais connu l'amour et que votre esprit est tiraillé entre le péché de désir et Dieu. Difficile pour une jolie jeune fille de faire face, seule, à cet évènement. Elle informa Luc de son intention de parler à la nonne.

"Je lui parlerais, quoi qu'il ce soit passé, et même si vous vous êtes disputez à la fin du trajet, je veux pouvoir l'aider à surmonter ça. Quand à toi, ne fait pas cette petite mine et va te reposer en attendant l'heure du petit déjeuner. Essaye de ne pas trop lui en vouloir."


Elle sourit en remettant le col de la veste de son apprenti.


"Tu es un bel homme, imagine cette prude jeune fille se battre face à un pareil parti."


Son sourire s'élargit ensuite et elle pria Luc de la laisser. A présent, elle savait tout et pouvait aller sereinement parler à la jeune Sœur pour essayer de la calmer. Elle se changea et enfila une robe sobre et simple beige. Elle mettait peu souvent des couleurs clairs, mais cela lui illuminait le teint et la rendait encore plus chaleureuse et souriante. Une fois prête elle quitta sa chambre et rejoint la jeune religieuse alors que le matin s'avançait encore doucement. Elle arriva à la porte de la chambre de la nonne et frappa doucement.
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MessageSujet: Re: Retour d'un pique-nique   Mar 17 Mai 2011 - 14:37

[HRP : évite de sur-jouer les émotions de Luc s'il te plait, a priori il n'a pas vraiment de raison de fixer le sol d'accablement hein ^^']

Luc n'était pas tellement fier de ce qu'il s'était passé. Mais, à dire vrai, il s'en fichait maintenant. C'était du passé. De toute façon, après les propos qu'ils avaient échangés avant de se quitter, le fils du Duc de Rohan n'était pas prêt à rompre la promesse qu'il lui avait faite de ne plus jamais la revoir. C'était ce qu'elle avait voulu et elle serait exaucée. Même s'il n'éprouvait plus vraiment de colère envers elle, il s'était muselé et se contenterait maintenant de jouer la carte de l'indifférence parfaite. Plus un regard, plus un sourire, plus rien. Ainsi donc ce serait fait et elle pourrait très bien l'oublier. Quant à lui et bien, il l'avait déjà oublié, même s'il revoyait encore la gifle qu'elle lui avait administré avant de se rhabiller et de se retourner vers la forêt pour rentrer au Manoir. Sur le moment, il aurait pu la laisser s'y perdre dans cette verdure, rentrer seul au Manoir avec Flèche, se contenter de la dépasser au trot sans lui adresser un regard ou une parole. Mais cela aurait été encore plus grossier et fort peu galant. Son père lui avait dit un jour, même envers ton ennemi, respecte son honneur et le tien. C'est à cause de cela qu'il avait tout de même rattrapé Sœur Béatrice pour la ramener au Manoir, car il se serait trahi lui-même en ne le faisant pas.

Il détourna le regard lorsque son Aguerrie le lui demanda pour qu'elle puisse se lever du lit et aller se changer derrière un paravent. Tandis qu'elle s'habillait, il en profita pour observer l'intérieur de la chambre, les détails de décoration, histoire de s'occuper. Il observait le sol quand elle revint et releva son menton d'un geste de la main. Sa manière de le vouvoyer le surpris. Pourquoi était-elle passé au vouvoiement de la sorte ?


« - Tu me vouvoies maintenant ? »

Il répondit ensuite à sa question.

« - J'ai tenté de lui faire comprendre mon point de vue. Que si les religieux vantaient le fait que Dieu était miséricordieux et prônait le partage, alors pourquoi devrait-il lui en vouloir pour cela, et, surtout, pourquoi ne comprendrait-il pas qu'elle voue sa vie à Lui, et son cœur pour un homme ? Elle n'a rien voulu savoir, allant même jusqu'à me targuer d'égoïste. »

Il n'y avait rien à dire de plus, de toute façon, Luc ne voulait pas poursuivre la discussion, il n'y avait rien à commenter, rien à répondre. Les choses s'étaient passés et les deux parties ne voulaient plus y revenir, du moins ensembles. Béatrice avait choisi sa voix, Luc aussi, elles étaient toutes les deux séparées par un immense mur de pierres et cela lui convenait parfaitement. Quand Eléna lui avoua son intention d'aller parler à Béatrice, Luc fit un effort pour ne pas sortir de ses gonds. Qu'est-ce que cela pouvait bien faire ? Il n'y avait rien à dire, rien à évoquer.

« - Je n'ai pas besoin que tu ailles lui parler pour moi. Elle ne veut plus me revoir, et cela tombe bien, je n'en ai pas envie non plus. J'irai prendre le petit déjeuner dans la cuisine avec la cuisinière, je l'aime bien et je sais que c'est réciproque aussi. Je n'imposerai ma présence qu'à ceux qui daigne bien la vouloir, si elle ne veut pas me voir, elle ne me verra plus. »

Congédié, il se retourna avant de fermer la porte.

« - Ne cherche pas à recoller des morceaux, il n'y a rien à recoller. Vraiment. C'était une erreur, une regrettable erreur. »

--- FIN ---
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