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 Oui... Mais non.

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Oblivius
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MessageSujet: Oui... Mais non.   Sam 11 Juin 2011 - 16:39

"Laetitia, arrête immédiatement de bouder, je te prie, et sors de cette chambre !"

"Non ! J'en ai assez d'être considérée comme un objet, Papa !"

Monsieur Gaumont haussa les épaules, désespéré. Sa fille finissait par le rendre complètement fou. La dernière fois qu'il lui avait fait rencontrer un prétendant, elle avait fait semblant d'avoir une affreuse colique pour lui échapper. Cette fois-ci, elle avait à peine regarder l'homme qui l'attendait que déjà elle faisait demi tour. Son père l'avait poursuivie pour lui demander ce qui n'allait pas, et elle avait éclaté, criant haut et fort que jamais elle ne pourrait penser à épouser un homme qui avait de si gros sourcils qu'on ne voyait même pas ses yeux.

Le pauvre Lucien Gaumont ne savait plus quoi faire pour trouver un époux à sa fille. Il voulait lui trouver un homme respectable, riche, si possible de notre famille... Hors non, elle préférait la compagnie de ce jeune Geisler, un petit imbécile trop sûr de lui qui devait forcément avoir de mauvaises intentions envers sa fille. Lucien l'avait déjà croisé, et il avait cru pouvoir analyser le personnage après une simple et brève rencontre. Il l'avait analysé, et il le détestait. Il n'aimait pas l'idée que sa fille puisse le voir et fricoter avec lui. Non, il ne devait pas penser à ça. Il secoua la tête pour en chasser la vision de sa fille en train d'embrasser cet avorton, et s'adressa à Laetitia à travers la porte de bois fermée à clef de l'intérieur.


"Sache que pour ton comportement, et pour m'avoir répondu, tu as l'interdiction de sortir de ta chambre jusqu'à demain matin !"

Laetitia poussa un long soupir d'exaspération et fourra sa tête sous son oreiller en poussant un cri rageur, réaction typique d'une adolescente qui trouve qu'elle a été injustement punie.
Pourquoi son père ne comprenait-il pas qu'elle ne voulait pas être mariée de force ?! Bon sang ! Elle était jeune, elle méritait de vivre avec insouciante, de faire des bêtises de son âge, elle en avait assez d'être surprotégée par son géniteur.
Oui, elle était en colère contre lui, c'était certain. Et ce soir-là, elle lui en voulait énormément. Mais alors qu'elle ruminait sa colère, allongée face contre le lit, un bruit à sa fenêtre la fit sursauter. Elle releva la tête de sous le coussin, aux aguets. Le bruit retentit de nouveau, comme un grattement. Se tournant vers la fenêtre, elle vit un visage qui la fit instantanément sourire. David.

Il avait dû grimper à l'échelle qu'elle avait laissé pour lui sous la fenêtre. A présent, il semblait lui faire signe d'ouvrir. Elle sauta au bas du lit et se précipita pour ouvrir la fenêtre, le laissant alors entrer. Lui faisant signe de parler à voix basse, au cas où Lucien ne serait pas loin, elle lui chuchota :


"Mon père m'a interdit de sortir..."

Elle sourit et l'enlaça, un sourire espiègle flottant sur ses lèvres.

"Mais ma chambre est fermée à clef de l'intérieur, et il croit que je boude..."

Elle lui signifiait par là qu'elle pouvait donc facilement faire le mur, ce soir...
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Sergent
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Sam 11 Juin 2011 - 21:46

La nuit était tombée depuis quelques dizaines de minutes, laissant encore subsister la faible lumière agonisante du crépuscule. David avait attendu patiemment que l'obscurité environne Forbach, caché dans les hautes herbes du jardin des Gaumont; de temps en temps, il entendait des éclats de voix inintelligibles au travers des épaisses cloisons. Cependant, il n'avait pas besoin d'être un génie pour deviner ce qui se disait... un sourire amusé naquit sur son visage. A coup sûr, le vieux Lucien Gaumont avait encore présenté un prétendant gras et pervers à la splendide Laetitia. Celle-là même sur laquelle David avait jeté son dévolu, sa conquête du moment; et forcément, la magnifique adolescente préférait cette amourette intrigante avec un roturier, qu'un mariage forcé avec un dignitaire vieux et repoussant du Comté.

Il alla taper à sa fenêtre ce soi-là, prenant un peu de temps auparavant pour l'observer à travers la vitre. Laetita était allongée sur le ventre, la tête enfouie dans son oreiller telle une gamine qui vient de se voir refuser son dernier caprice. Ce côté-là de sa personnalité le faisait beaucoup rire. Il laissa un regard concupiscent glisser sur la courbure de ses fesses, puis se décida à taper au carreau et entra prestement lorsqu'elle lui ouvrit. L'adolescente ne semblait guère surprise de le voir. Et pour cause: il s'était appliqué à apparaître comme par magie dans les moments de détresse, entretenant un certain charme mystérieux autour de lui.

"A qui il a voulu te marier cette fois? Un vieux dignitaire plein aux as, alcoolique et qui a l'âge d'être ton grand-père? (Lorsqu'elle énonça cette phrase pleine de sous-entendus sur sa possibilité d'une petite virée nocturne, il se retint de rire) Tu es sûre? Il va faire une syncope lorsqu'il verra que tu es partie. Je n'ai pas trop envie d'avoir sur la conscience la mort d'un vioque excentrique!"

C'était bien sûr une question rhétorique pleine d'humour; il ne la laisserait pas toute seule dans sa chambre ce soir. La nuit leur appartenait.
Inutile de préciser de préciser que son paternel ne voyait pas franchement d'un très bon oeil l'éventualité de leur relation. En vrai, il avait même déjà explicitement fait savoir à David qu'il ne voulait plus jamais voir traîner le jeune Inquisiteur près de chez lui et encore moins en compagnie de sa fille. Si cela devait arriver, avait-il ajouté, le vieux bourgeois veillerait à ce qu'il soit simplement radié des rangs de l'Inquisition. David doutait que ce soit si simple car Sébastien Garin était officiellement son père. Cependant, il n'avait pas l'intention de prendre le risque. Ce qui signifiait non pas arrêter de fréquenter la jeune et jolie demoiselle, mais plutôt la fréquenter sans se faire prendre.
David rendit son étreinte à Laetitia et déposa un fugitif baiser dans son cou. Puis il la prit par la main et l'entraîna vers la fenêtre.

"Viens, on va plutôt sortir par là" dit-il en désignant l'échelle. C'était une échelle de corde et il était fastidieux d'y monter et d'y descendre; du moins David doutait que Laetitia veuille s'y risquer seule et il ne l'aurait pas laissée le faire. Mais il avait un plan.

"Tu n'as qu'à t'accrocher très fort à moi. Passe tes mains autour de mon cou et tes jambes autour de ma taille." L'homme épuré de pensées lubriques qui n'aurait pas profité de cette situation aurait été un idiot. Et David était bien des choses, mais il n'était pas idiot: il savait qu'il s'amuserait du corps de Laetitia contre le sien. Par contre, il craignait que l'adolescente ne prenne peur ou refuse de se coller à lui comme ça. C'est pourquoi il l'a provoqua délibérément:

"Bah quoi? Tu as peur? Je le savais!" Avec son sens de la rébellion, elle ne manquerait pas de relever le défi! Et c'était justement ça qu'il aimait chez elle. Cet esprit un peu insoumis, aventureux. N'attendant pas sa réponse, il prit les devants et l'enlaça de lui-même. Il vérifia ensuite que Laetitia était bien accrochée à lui pour descendre à l'échelle, bandant ses muscles sous le poids conjugué de leurs deux corps.

Il sentait le contact de la généreuse poitrine de l'adolescente contre lui, et son souffle dans son cou... et la réaction hormonale évidente qui s'en suivit. Heureusement, son amusement et son contrôle sur la situation lui permirent de ne pas se trahir.
Ils étaient encore haut mais tandis qu'ils descendaient, l'échelle tangua un peu plus. David tenta de la rassurer en lui murmurant à l'oreille:

"Prépare-toi. Tu vas passer une nuit inoubliable..."

...surtout qu'il ne lui avait pas dit où il l'emmenait pour cette escapade nocturne...
Ils finirent par poser pied à terre; mais il restait encore à sortir du jardin, escalader l'enceinte, et surtout ne pas se faire prendre par l'officier de surveillance qui patrouillait parfois avec un chien.
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Oblivius
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Sam 11 Juin 2011 - 22:25

Laetitia était vraiment ravie de voir David. Il avait le don de débarquer toujours au moment où elle avait le plus besoin de lui. C'était l'une des choses qu'elle appréciait le plus chez lui, d'ailleurs. Ça, et le fait qu'il était terriblement craquant.
Il avait dû entendre la dispute entre son père et elle car il lui demanda qui Lucien lui avait présenté, cette fois. Elle rit doucement et lui répondit, amusée :


"Encore un vieux pervers qui n'en a qu'après ma jeunesse et ma beauté."

Elle sourit lorsqu'il lui dit ne pas vouloir avoir la mort de son père sur la conscience si celui-ci apprenait qu'elle sortait en douce avec lui, mais ne répondit pas. Elle savait qu'il n'attendait pas de réponse. Il lui rendit son étreinte et l'embrassa doucement dans le cou avant de l'entraîner vers la fenêtre. Elle le suivit sans hésiter. Les échelles ne l'effrayaient pas vraiment, mais celle-ci était faite de corde et il fallait bien avouer que porter une robe n'aidait pas pour utiliser une telle échelle. Il dut sentir sa gêne car il lui proposa de s'accrocher à lui pour descendre. Elle esquissa une moue boudeuse.

"Je suis assez grande pour me débrouiller seule, Monsieur Geisler." répondit-elle en souriant largement.

Mais le jeune homme décida de la provoquer, affirmant qu'elle avait certainement peur pour refuser. Il l'avait piquée, mais avant qu'elle n'ait eu le temps de réagir, il la prenait déjà dans ses bras. Elle sourit et passa ses jambes autour de la taille de David, déposant un furtif baiser sur ses lèvres au passage. Elle était prête à descendre.

Et ainsi commença la descente de l'échelle. Celle-ci était d'ailleurs tendue sous le poids de leurs deux corps, et elle tangua même à un moment. Laetitia, un peu plus effrayée que ce qu'elle voulait bien le reconnaître, se serra un peu plus fort contre le jeune homme, réprimant un léger cri de frayeur. Il dut sentir sa peur car il la rassura aussitôt, lui promettant une soirée inoubliable. Elle sourit et, d'une voix un peu tremblante, lui demanda :


"Où as-tu donc prévu de m'emmener, ce soir ?"

Ils finirent par atteindre le sol, et la demoiselle, une fois les deux pieds posés sur la terre ferme, s'écarta d'un pas de son compagnon de soirée pour lisser sa robe, qui avait été froissée lors de la descente. Puis elle jeta un regard espiègle à David.

"Le premier à la palissade !"

Et elle retroussa ses jupons en retenant un fou rire, commençant à courir sans même attendre qu'il l'imite. Elle savait qu'il la rejoindrait, voire même qu'il la dépasserait. Si elle ne prenait pas les précautions habituelles pour se déplacer dans la propriété, c'était simplement parce qu'elle savait que le gardien et son chien n'étaient pas là ce soir-là, la fille du vieil homme venant d'accoucher dans la journée, il était à son chevet. Pour une fois, Laetitia et David étaient tranquilles...
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Dim 12 Juin 2011 - 0:13

Depuis Manon, son premier amour, David n’avait plus jamais voulu s’engager durablement dans une relation amoureuse. Il se contentait de flirter, de coucher, de rester tout au plus une poignée de semaines avec une fille avant de la jeter inexorablement –si toutefois elle n’était pas partie avant de son propre chef parce qu’il l’avait trompé à l’une de ses amies. En l’occurrence, il aimait particulièrement l’insouciance, la fraîcheur de Laetitia qui, une fois à terre, retroussa ses jupes et se mit à courir en retenant un rire espiègle.

"Attends!" David se lança à sa poursuite, inquiet de la présence éventuelle du gardien et de son chien. Mais la demoiselle semblait savoir ce qu’elle faisait; pourquoi ne pas lui laisser les rênes après tout? Il lui emboîta le pas, et ils parcoururent le jardin au pas de course en sentant les herbes bruisser dans la brise au rythme de leur course.
Le mur d’enceinte se dressait à quelques distances de là. David aida Laetitia à monter; il n’était pas bien haut et il connaissait le côté casse-cou de la jeune fille, mais la robe qu’elle portait n’était pas franchement… adéquate à ce genre d’exercice.

Ils sautèrent au bas de la palissade et se dissimulèrent un instant dans les broussailles qui la bordaient. David scruta la rue en silence; si Lucien Gaumont et son officier de surveillance flanqué d’un limier n’étaient désormais plus une menace, il ne fallait pas qu’un passant de Forbach les voit ensemble. David lui, s’en fichait, mais cela jetterait le discrédit sur Laetitia. Cela lui arrivait souvent: fréquenter des jeunes femmes de bonne famille voire des nobles, et être obligé de se cacher pour ça, de se voir sans cesse en secret…

"Tu verras par toi-même" répondit David lorsque l’adolescente lui demanda où il comptait bien l’emmener. "Maintenant, silence."

Ah, le sexe féminin ne pouvait pas s’empêcher de piailler et de déblatérer!
Après avoir vérifié que la voix était libre, David se releva, fit signe à Laetitia de le suivre et ils partirent de nouveau au pas de course.

Ils dépassèrent les quartiers résidentiels, les maisons plus disparates, les rares chaumières au coin des ruelles, pour enfin se retrouver dans de vastes espaces dégagés: les domaines agricoles. La brise qui soufflait faisait voltiger leurs cheveux en tous sens et un intense sentiment de liberté les envahit alors qu’ils couraient dans ce vaste horizon, la nuit d’encre stellaire distillant au-dessus d’eux un infini d’obscurité. David prit de nouveau la main de Laetitia et tournoya avec elle, admirant comment la lune et les étoiles faisant chatoyer sa longue chevelure blonde en la nimbant de reflets d’argents. Elle était extrêmement belle et désirable. Oui, la nuit leur appartenait, et à eux seuls qui plus est.
Ils purent enfin marcher tranquillement, essoufflés mais excités comme des gamins. Les deux jeunes gens longèrent un verger, et cueillirent quelques fruits déjà murs; l’air tiède de cette nuit d’été portait jusqu’à eux des senteurs estivales.

"Tiens, je t’ai apporté ça" dit David en sortant de sa poche, pour se faire pardonner son ton un peu sec de tout à l’heure, une fleur d’un jaune presque blanc –assorti bien entendu avec les cheveux de sa compagne. Il s’agissait d’un glaïeul, même si le jeune homme n’en avait aucune idée puisqu’il était un parfait profane en matière de fleurs.
"Les filles aiment ce genre de trucs, non? Mais bon. Tu n'es pas comme les autres."

La fleur en question avait été un peu écrasée du fait de son séjour dans la poche de David, mais elle était globalement en bonne santé.
David sentit un profond sentiment de bien-être monter en lui. C’étaient dans ces moments là, en flânant et flirtant avec légèreté, sans qu’on exige de lui autre chose que de l’affection, qu’il se sentait le mieux. Cela faisait déjà quelques temps qu’il voyait Laetitia et il sentait que l’heure était venue d’approfondir leur relation.

"Au fait, je ne te fréquente que pour ton argent, on est d’accords?" plaisanta-t-il avec un rire insouciant –et son amie saurait pertinemment qu’il n’était pas sérieux.
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Dim 12 Juin 2011 - 0:33

Lorsqu'ils arrivèrent au petit mur d'enceinte, David fit la courte échelle à la jeune fille, qui lui lança un regard signifiant "N'en profite pas pour regarder sous ma robe" avant d'escalader la palissade et atterrir de l'autre côté. Bientôt, elle fut imitée par le jeune homme, et ils restèrent quelques secondes cachés dans les fourrés.
Réalisant qu'elle lui avait posé une question, il lui répondit qu'elle verrait bien, puis il lui intima le silence. Ne sachant si elle devait prendre ça pour un ordre ou pour une plaisanterie, elle se renfrogna un peu et obéit.
David vérifia que la voie était libre, puis ils repartirent au pas de course pour s'éloigner au plus vite des coins les plus fréquentés de la ville, ne s'arrêtant de courir que lorsqu'ils dépassèrent les dernières maisons pour arriver dans les champs.

La jeune femme, grisée par l'interdit de cette soirée avec David, se laissa prendre la main et tournoya avec lui en riant aux éclats, heureuse de partager ce moment avec lui. Enfin, essoufflés mais contents, ils se mirent à marcher tranquillement, côte à côte, cueillant quelques fruits en passant devant un verger, puis David sortit une fleur de sa poche avant de la tendre à Laetitia, qui sourit à cette attention.


"Merci, David."

Oui, elle n'était pas comme les autres filles, mais ce genre de petite attention la faisait craquer. Pour le remercier, elle glissa sa main dans celle du jeune homme et déposa un baiser sur ses lèvres. Puis il lui dit en riant qu'il ne la fréquentait que pour son argent. Elle rit de concert avec lui, lui répondit sur le même ton amusé :

"Bien sûr, tout comme moi qui ne suis ici avec toi que pour faire enrager mon vieux père..."

Elle jeta un coup d'oeil alentours, le décord commençait à changer. On s'éloignait de plus en plus des fermes. Mais où l'emmenait-il donc ?
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Dim 12 Juin 2011 - 1:35

La fleur offerte semblait avoir eu l’effet escompté; tant mieux, car David était loin d’être un expert en la matière. Il rendit avec plaisir son baiser à Laetitia en savourant le parfum de ses lèvres et l’odeur d’aphrodisiaque émanant de la chevelure de la jeune fille. Puis il la prit par la main et ils s’éloignèrent tous deux en silence, laissant le champ derrière eux, éclairé sporadiquement par une pleine lune légèrement mangée par les nuages. Les alentours étaient complètement déserts. On aurait dit un jeune couple d’oiseaux nocturnes s’ébattant librement dans les premières brises de l’été.

"Tu as entendu les histoires sordides que les vieux pères racontent à leurs filles pour les empêcher de sortir? Il paraît que lorsqu’elles se rendent dans un bois isolé avec leur amant, celui-ci en profite pour les déflorer et les égorger dans la Schwarzwald." David lui sourit d’un air énigmatique, essayant de se donner l’air inquiétant; au même instant le vent fit grincer les arbres d’une façon un peu sinistre. "Tu veux toujours venir?" fit-il en se retenant d’éclater de rire.

En général, ce genre d’anecdotes ou d’histoires horrifiques n’avaient aucun effet sur Laetitia et son caractère bravache. L’adolescente n’avait pas peur de grand-chose. Peut-être qu’elle aurait dû… il l’entraîna par la taille et ils pénétrèrent sous le couvert des arbres, se retrouvant soudainement dans l’obscurité la plus totale car la canopée occultait la lueur de la lune et des étoiles. Il en profita pour faire glisser sa main plus bas que les hanches de la demoiselle, et l’entraîna sans hésitation parmi les fougères en dépit de la visibilité quasi-inexistante.

"Ne t’en fais pas, je connais le chemin les yeux fermés." La nuit, le bois bruissait de mille sons d’animaux nocturnes en pleines activités quotidiennes. C’était à la fois excitant et effrayant. Après une longue marche, un peu fastidieuse lorsqu’il s’agit de passer des grosses roches ou des troncs d’arbre renversés, le jeune couple parvint finalement à destination.
David s’arrêta à l’orée des arbres et montra à Laetitia le grand espace dégagé qui s’étalait devant eux. L’adolescente avait sans doute déjà vu l’étang de Diefenbach, mais pas comme ça, pas en pleine nuit, où l’eau brillait de l’éclat argenté du mercure et s’ouvrait à eux deux uniquement tel un écrin secret… les environs étaient d’une telle beauté paisible que David, qui n’était pourtant pas un poète, éprouva le besoin de les contempler quelques secondes en silence. Puis il s’avança avec sa compagne sur les berges qui descendaient en pente douce jusqu’à l’eau immobile.

"Viens te baigner! L'eau est opaque, on ne verra rien du tout. Sais-tu que je n’amène ici que les privilégiées?" Le jeune homme n’attendit pas la réaction de Laetitia –la jeune fille était casse-cou mais peut-être prendrait-elle peur devant cette proposition. Comment savoir? Peu importe; si elle ne venait pas de son propre chef, il la jetterait dans le lac! En attendant, il se déshabilla lui-même entièrement et accrocha ses vêtements à des branches basses, près de la surface de l’eau. Après quoi, nu et sans fausse pudeur, le jeune homme pénétra dans l’étang.
L’eau fraîche calma immédiatement la chaleur de son corps, jusqu’à geler un instant l’air dans ses poumons et lui couper le souffle. Mais après quelques brasses, David put de nouveau respirer normalement et il se laissa flotter, comme en suspension. Ses pieds frôlaient le fond sablonneux et ses cheveux trop long s’éparpillaient mollement à la surface tel un halo.

"Si ton père nous voyait, il tomberait raide mort, là c’est certain" ricana David. Mais il savait qu’en cet instant, même si le roi de France lui-même les surprenait, cela lui serait égal. Il avait juste envie de flotter, de sentir que le temps était suspendu… C'était cela, la liberté. Braver les interdits y ressemblait drôlement.
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Dim 12 Juin 2011 - 2:12

Alors qu'ils s'approchaient de l'orée de la forêt, David se tourna vers elle, lui rappelant ce que Lucien lui répétait souvent, même encore maintenant, pour l'empêcher de sortir en cachette. Comme si ça allait fonctionner. Elle sourit à l'évocation de cette histoire farfelue, même si le bruit sinistre du vent dans les arbres au même instant aurait pu l'effrayer.
Elle le regarda avec un air amusé avant de répondre, sûre d'elle.


"Et bien, tu me connais, je ne crois pas à ces histoires de bonnes femmes..."

Elle s'approcha de lui, certainement beaucoup trop près que les convenances ne l'auraient voulu, et lui susurra à l'oreille :

"Je me moque pas mal du danger, contre toi je saurais toujours me défendre..."

Elle rit avec malice et se laissa attraper par la hanche... En fait même un peu plus bas. Tant qu'il ne dépassait pas les limites, ça ne la dérangeait pas que les mains du jeune homme soient un peu baladeuses. Un peu, mais pas trop. Elle se laissa guider parmi les arbres, la lumière de la lune ne parvenait pas jusqu'à eux, mais elle se sentait en sécurité avec David. Après tout, il était un Inquisiteur, il n'allait pas tenter d'abuser d'elle ou de la tuer, n'est-ce pas ?
Le chemin n'était pas facilement praticable, en pleine nuit, et si David ne l'avait pas retenue elle aurait chuté plus d'une fois malgré son agilité. Ne presque rien y voir était déstabilisant, mais aussi terriblement amusant, presque euphorisant.

Enfin, après de longues minutes de marche, ils arrivèrent aux abords de l'étang. La jeune femme laissa son regard glisser le long de la surface lisse de l'eau, admirant le paysage avant que son petit ami ne la ramène à la réalité en lui proposant de venir se baigner avec lui. Qu'elle se déshabille ? Quoi, il voulait qu'elle se mette nue devant lui ? Elle hésitait fortement.
Après tout, elle ne s'était encore jamais déshabillée devant un homme, et même si la timidité lui était habituellement étrangère, il fallait bien admettre qu'elle n'en menait pas large...
Lui même n'attendit pas qu'elle se décide et, une fois nu comme un ver - Laetitia avait rougi et détourné le regard pendant qu'il se déshabillait - plongea dans l'eau sombre. Toujours sur la berge, Laetitia lui lança :


"Très bien, je viens, mais s'il te plaît, ne me regarde pas."

Par précaution, elle se mit dos à l'étang et défit les lacets de son corsage avant de laisser sa robe glisser lentement au sol, la dévoilant dans toute sa nudité. Ses mains venant masquer les parties stratégiques de son anatomie, elle se tourna vers David pour vérifier qu'il ne regardait pas et se dirigea rapidement vers l'eau, où elle se laissa glisser pour cacher son corps au jeune homme.
Au départ, il fallait bien avouer qu'elle était un peu mal à l'aise. Mais finalement, après quelques brassées, elle finit par se détendre et retrouver son entrain naturel. Elle se risqua même à venir éclabousser David en riant avant de repartir un peu plus loin pour ne pas qu'il l'attrape et se venge.

Effectivement, si son père les avait vu batifoler ainsi, tous les deux nus dans l'étang, il serait probablement mort de honte et de colère.
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Dim 12 Juin 2011 - 2:53

La timidité de Laetitia arracha un grand rire franc à David. Il était conscient qu’il lui en demandait beaucoup –après tout, la bienséance exigeait que les filles couvrent jusqu’à leurs bras, leurs chevilles et autres détails pourtant banals de leur anatomie… alors se baigner nue avec un homme, il n’y avait pas pire débauchage! Le jeune homme en était conscient, pourtant il ne pouvait s’empêcher de rire au souvenir de sa petite amie détournant promptement le regard et rougissant comme une pivoine tandis qu’il se dénudait.

"Si ta pudeur doit souffrir à ce point, dépêche-toi de t’immerger complètement!" lui cria-t-il hilare. "Non, je ne regarderai pas, promis."

Cette promesse fut oubliée à peine prononcée et David ne se gêna pas pour se rincer l’œil tandis que Laetitia se dénudait à son tour. Waouh, elle avait du cran la petite. Du cran et… des formes. Une petite brise souffla au moment où elle dévoilait son dos lactescent, la courbure échancrée de sa taille, et les formes hypnotisantes de ses jambes. Sa silhouette fine et élancée luisait dans l’obscurité, avec un éclat d’ivoire.
David se retourna promptement de l’autre côté lorsque la demoiselle entra dans l’eau, faisant mine de toujours être resté dans cette position. Puis il s’immergea complètement car une intense chaleur lui était montée aux joues. Heureusement que l’eau était opaque. Car il sentait le désir prendre une forme très… concrète.

L’adolescente nagea jusqu’à lui, enfin un peu détendue. Ses cheveux trempés plaqués contre son crâne luisaient sous la lune, lui donnant l’air d’une sirène de comtes. Puis elle l’éclaboussa et David l’observa d’un air malicieux.

"Ah, tu veux jouer à ça?" Ils se lancèrent aussitôt dans une bataille d’eau effrénée, leurs rires emplissant l’air en même temps que des bruits d’éclaboussure. David profita d’une Laetitia un instant aveuglée par l’eau pour plonger et disparaître sous la surface. Il fila en nageant vers elle et l’attrapa par la taille pour l’attirer vers le fond; dans l’obscurité sous-marine, il distingua les longs cheveux opalescents de la jeune fille qui ondoyaient. Plus il l’embrassa langoureusement, sous l’eau; pas un simple contact des lèvres, un véritable baiser d’adulte.

Après une longue apnée, si longue qu’ils faillirent suffoquer, ils remontèrent à la surface. David profita d’une zone où il avait pied pour se dresser debout au fond du lac. L’eau lui arrivait à la taille, masquant son intimité, mais il exhiba sans se gêner son torse devant Laetitia, faisant rouler ses muscles.

"Tu sais que si tu refuses tes prétendants jusqu’à la fin de tes jours, tu finiras comme ces vieilles filles amères aux dents gâtées qui prêchent le christ dans les couvents?" David ricana avec irrespect.

"Il paraît que les nonnes sont sapphiques, à force de rester entre elles. Et si on était pas ensemble, je croirais que tu l’es aussi, à refuser un par un tes maris comme ça…" Son ton était espiègle. Il était évident qu’il ne proférait pas de tels propos pour être méchant, mais il adorait taquiner Laetitia et provoquer chez elle ces réactions pleines de vies qu’il aimait tant.

"Ne t’en fais pas, ton père finira par trouver le bon. Un grand père bien gras avec un pied-bot et une douzaine de gosses, tous plus vieux que toi!" Il éclata de rire de nouveau et saisit la jeune fille pour la chatouiller. L’attaque imparable… Puis il retomba lentement dans les flots, prêt à subir la vengeance et de délicieux courroux de l’adolescente pour ce qu’il avait pu faire ou dire. Ce qui était follement amusant, c’est qu’elle relâchait sa vigilance à mesure que les minutes passaient, et qu’il pouvait par moment voir, au gré de ses mouvements, les parties secrètes de son corps fier dans toute sa nudité.
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Dim 12 Juin 2011 - 11:13

Il répondit à l'attaque de la jeune femme en l'éclaboussant à son tour, malicieux, et une belle bataille d'eau commença, le bruit des éclaboussures et leur rire franc emplissant l'air pour s'élever jusqu'aux cieux. Ici, ils étaient libres de faire ce qu'ils voulaient, il n'y avait aucune règle, aucune bienséance à respecter, ils pouvaient faire tout ce qu'ils voulaient. Laetitia se sentait bien, elle était heureuse.

Soudain, alors qu'elle était aveuglée par un peu d'eau qui lui était rentrée dans les yeux, elle se sentit agrippée par la taille et entraînée vers le fond. Elle prit une grande inspiration avant que sa tête ne passe sous la surface et ouvrit les yeux sous l'eau, cherchant David du regard. A travers l'eau opaque, elle le distinguait à peine, même s'il était tout près. Il vint l'embrasser sous l'eau, mais ce baiser était différent de ceux qu'ils échangeaient d'habitude. Il ne l'embrassa pas simplement en posant ses lèvres sur les siennes, c'était un véritable baiser, profond, langoureux, sensuel, le genre de baiser qu'échangeaient deux adultes, et non deux adolescents en plein batifolage. Loin de s'en plaindre, elle lui rendit son baiser, et ils restèrent ainsi sous l'eau à s'embrasser jusqu'à ce que leurs poumons leur crient de remonter prendre une bouffée d'air frais.

Ils finirent donc par remonter à la surface, et David se mit debout dans l'eau qui lui arrivait à la taille, son torse nu luisant au clair de lune. La jeune femme, quand à elle, préféra laisser son corps caché dans l'eau, qui lui arrivait à la naissance de la poitrine. Le baiser échangé avec le jeune homme ne l'avait pas laissée de marbre, et il pouvait s'en rendre compte alors qu'elle posait sur lui ses yeux brillants, les joues rougies sous l'émotion.

Il lui envoya quelques piques, histoire de la taquiner un peu. Elle sourit lorsqu'il lui déclara que s'ils n'avaient pas été ensemble, il l'aurait pensée saphique vu qu'elle repoussait tous ses prétendants avec la même détermination. Espiègle, elle lui répondit :


"Peut-être que les plaisirs saphiques sont plus à mon goût, qui sait ?"

Elle rougit de plus belle à cette bêtise qu'elle venait d'énoncer, se rendant compte de ce que cela impliquait. Elle ne put prévoir qu'il allait se jeter sur elle pour la chatouiller, aussi s'enfonça-t-elle complètement sous l'eau avant de remonter à la surface, riant aux éclats sous les chatouilles du jeune homme. Il ne perdait rien pour attendre...
Alors qu'il retombait dans l'eau, elle se jeta sur lui pour lui rendre la pareille, dévoilant sans le vouloir ses formes délicates à la lueur de la Lune.


"Attends un peu, toi..."

Elle éclata de nouveau de rire, se sentant véritablement libre, tel un oiseau dont on aurait ouvert la cage pour lui permettre de s'envoler vers de nouveaux horizons.
Laetitia ne s'en rendant pas encore compte, dans son insouciance d'adolescente, mais ces jeux avec David risquaient de la mener bien plus loin qu'elle ne l'aurait voulu...
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Dim 12 Juin 2011 - 15:54

David rit derechef aux paroles de Laetitia, et cela n’avait rien à voir avec les chatouilles; mais la phrase lancée par l’adolescente sur un ton malicieux l’amusait. Elle, préférer les plaisirs sapphiques? Il était avec elle depuis suffisamment longtemps pour savoir que c’était impossible! Même si belle demoiselle avait rougi de sa propre audace, mais c’était tellement bon de braver les interdits et la bienséance…

Alors qu’elle se jetait sur lui, il eut le loisir de contempler ses délicieuses formes qui brillaient sous la lune avec une clarté blafarde, virginale. Laetitia était encore une jeune fille, surtout dans sa tête, mais elle avait déjà un corps d’adulte… et David voulait plus. Il ne faisait pas que l’apprécier; il la désirait. Tandis qu’ils se retrouvaient une nouvelle fois immergés, le jeune homme l’attira contre lui et l’embrassa de plus belle en lui produisant de langoureuses caresses dans le dos.

Les deux jeunes gens se baignèrent encore un long moment, tour à tour chahutant ou faisant la planche dans l’onde calme, se contentant de flotter tels des morceaux de bois. Leur soirée avait ceci de formidable qu’ils pouvaient rester dans le lac autant qu’il leur plaisait; personne ne viendrait les déranger. Après une longue et agréable baignade, ils finirent par ressortir de l’étang trempés et dans le plus simple appareil, tels adam et ève. David se laissa sécher au clair de lune. Il se retourna du côté des arbres afin de laisser un peu d’intimité à Laetitia.

Malgré sa décontraction apparente, il bouillonnait. Le plaisir de la liberté s’était fait supplanter par quelque chose de plus grand et d’impérieux encore: l’envie de passer à l’acte. Ils étaient seuls, et sa petite amie était là, tout près, à moitié nue ou presque.

Ils n’eurent pas vraiment besoin de se rhabiller, se contentant de s’étendre côte à côte sur le lit de feuilles sèches et tièdes qui couvraient la berge, à moitié couverts par leurs vêtements posés sur eux. Là, David sortit une petite fiole contenant un liquide au teint automnal, dont il s’enfila une gorgée, faisant ensuite passer le récipient à Laetitia.

"C’est du xérès. Goûte, tu m’en diras des nouvelles." Il ignorait si la demoiselle, avec son train de vie très fastueux, avait l’occasion de boire souvent de l’alcool. Sans doute, si l’on prenait en compte son caractère aventureux… mais peut-être pas finalement, son père ayant probablement à cœur de faire d’elle une véritable lady –et les ladies ne buvaient pas d’alcool.

Un silence ouaté était tombé sur l’étang de Diefenbach, seulement rompu par le murmure de la brise. L’atmosphère était à ce point propice que David sut instantanément que c’était le moment de passer à l’action. Doucement, il passa une main dans la nuque de Laetitia pour l’attirer à lui et l’embrasser –ce même baiser qu’au fond du lac. Puis sa main glissa sur le torse de la demoiselle, caressa ses seins. Des frôlements qui étaient très doux, mais sans équivoque, et ne donnant point place au doute quant à leur véritable intention… au fil de ses conquêtes, David avait peu à peu apprécié la douce langueur des préliminaires. Cette nuit, il mettrait toute son expérience au service de Laetitia Gaumont, le dernier trophée dans son tableau de chasse.

Subrepticement, il se plaça au-dessus de la demoiselle, tout en continuant ses caresses de plus en plus évocatrices.
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Dim 12 Juin 2011 - 18:19

Ils poursuivirent leurs jeux aquatiques encore un long moment, chahutant dans l'eau, nageant plus calmement, s'embrassant parfois un peu plus sensuellement que de raison, puis décidèrent finalement d'un commun accord de retourner sur la berge. Laetitia récupéra sa robe pour se couvrir pudiquement le corps alors qu'elle s'allongeait aux côtés de David sur le parterre de feuilles et d'herbe. Ils restèrent quelques instants là, sans parler, puis le jeune homme sortit de nulle part une petite fiole de liquide coloré, qu'il ouvrit avant d'en boire une gorgée. Puis il tendit la fiole à la jeune femme, lui expliquant que l'alcool contenu était du Xéres. Elle n'avait jamais eu l'occasion d'en boire et prit donc le récipient tendu pour le porter à ses lèvres sans la moindre hésitation. Elle avait déjà bu de l'alcool, bien sûr. Son père avait une petite réserve personnelle dans laquelle elle piochait parfois lorsqu'il s'absentait, plus par curiosité et plaisir de l'interdit que par alcoolisme, bien entendu.

Le liquide coula dans sa gorge, la chauffant légèrement, mais il était moins fort que certains alcools de son paternel, aussi ne lui brûla-t-il pas la gorge. Elle sourit et rendit la fiole à son petit ami, amusée.


"Tu me fais boire pour essayer de profiter de moi ?"

Elle ne croyait pas si bien dire... Après avoir reposé la fiole sur le sol près de lui, David se tourna vers elle et l'attira à lui pour l'embrasser, de la même manière langoureuse et sensuelle que lorsqu'il l'avait embrassée dans l'étang, et elle se laissa faire, sa robe posée sur elle glissant alors sur le sol, dévoilant pleinement sa nudité au jeune homme. Ce dernier sembla d'ailleurs prendre conscience qu'elle était à présent complètement nue, serrée contre lui à l'embrasser langoureusement, et la jeune femme sentit avec surprise une main venir caresser sa poitrine avec une douceur qui laissait présager de ce qui risquait de se passer ensuite. Doucement, elle rompit le baiser.

"David, s'il-te-plaît, arrête..."

Le ton employé n'était guère convainquant, il fallait bien l'admettre. Les caresses du jeune homme produisaient sur les hormones de Laetitia un petit quelque chose qu'elle n'aurait pu décrire, une sensation plus qu'agréable, mais elle ne voulait pas se laisser aller. Pas ici, pas maintenant. Elle appréciait le jeune homme, c'était certain, mais de là à lui offrir sa fleur... Non.
Il prit sans doute son refus pour un énième jeu, car au lieu de cesser il passa carrément sur elle, poursuivant ses caresses de manière plus lascive, agrémentant celles-ci de baisers passionnés sur ses lèvres et son cou. D'un coup, elle eut peur. Son père avait peut-être raison, au final. Peut-être que ce que David lui avait dit avant de l'entraîner dans la forêt était vrai. Il allait abuser d'elle et l'égorger ensuite, laissant traîner son cadavre au milieu des bois, à la merci des animaux sauvages. La sensation de plaisir ressentie sous les mains du jeune homme se transforma en quelque chose de désagréable, et elle détourna la tête alors qu'il venait de nouveau cueillir ses lèvres.


"Non, arrête ! Ca suffit !"

Elle pensait qu'il s'arrêterait alors, mais non, ses mains se firent plus insistantes sur son corps alors qu'il lui lançait dans un clin d'oeil amusé :

"Allons, ne fais pas ta mijaurée avec moi, Laeti..."

Allait-il oser la violer ?! Car oui, à ne pas en douter, il avait réellement envie d'elle, elle pouvait le sentir. Lorsqu'il approcha une main de l'intimité de la jeune femme, celle-ci se braqua complètement.


"NON !"

Elle avait crié en fermant les yeux, véritablement effrayée par le comportement du jeune homme. Jamais il ne s'était montré aussi entreprenant avec elle, et ça lui faisait peur.
Tout en criant, sa main était partie à la rencontre de la joue de David en une gifle retentissante dont le claquement retentit avec force dans le silence environnant.
Elle ouvrit les yeux, tremblante, pour les poser sur le jeune homme, une larme roulant sur sa joue...
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Dim 12 Juin 2011 - 20:06

David était déjà déconnecté de la réalité lorsque Laetitia lui signifia une première fois ses réticences. Mais il était à ce point focalisé sur son désir, les sensations tactiles procurées par le corps de sa compagne, que la voix de celle-ci lui parvint comme lointaine, distordue. En fait, il n’en comprit que vaguement le sens de sa phrase et continua ses caresses, sentant l’ardeur monter par strates progressives…

La voix de Laetitia retentit une nouvelle fois, dérangeant David dans les effluves qui le traversaient. Mais enfin, qu’avait-elle donc à minauder? Elle était pourtant consentante jusqu’à maintenant. Mieux, ils se voyaient depuis déjà plusieurs semaines… toutes les filles que le jeune homme avait déflorées ne pouvaient pas en dire autant! David tenta de la rassurer en lui glissant quelques mots impatients à l’oreille. Il comprenait ses réserves –après tout, le scandale serait immense si leurs petits jeux venaient à être découverts- mais ce n’était plus le moment de reculer. Ils allaient s’unir, il allait entrer en elle, il allait…

La gifle de Laetitia atteignit sa joue avec un son retentissant, envoyant valser sa tête sur le côté.

Abasourdi pendant quelques secondes, David resta immobile à fixer le sol, le visage dissimulé derrière ses mèches trop longues. L’ardeur excitante qui envahissait encore son corps quelques secondes auparavant avait tout simplement disparu. A présent, il se sentait frustré et très en colère. Mais enfin, qu’était-il arrivé à cette petite pimbêche? Il posa une main fraîche sur sa joue endolorie –elle n’y était pas allée de main morte!- et la fustigea du regard.

"Très agréable… tu me chauffes et puis… "plus rien". Tu n’as pas l’impression de jouer avec moi?"

Son ton était clairement amer et mécontent. Après tout, Laetitia était venue avec lui ce soir. Elle avait sciemment accepté de l’accompagner, de s’enfuir avec lui en pleine nuit, et même de se baigner nue dans un étang en sa compagnie. Elle ne pouvait décemment pas prétendre ignorer qu’il avait des idées derrière la tête!
Il en avait assez d’attendre. Il l’avait cuisinée pendant plusieurs semaines, sans jamais la forcer. Pourquoi n’avait-il pas droit de penser à ses propres besoins, une fois de temps en temps?

"Bon sang, mais quand vas-tu franchir le cap? Je croyais que tu étais différente des autres. Mais en fait, t’es juste une dégonflée."

Il avait clairement cherché à la blesser par ses paroles. A stimuler son esprit de contradiction, son sens du défi, afin qu’elle change d’avis et lui montre de quoi elle était capable… mais il doutait que ça suffise cette fois-ci. David leva bras et yeux au ciel. Laetitia était devenue, en une seconde, un mystère pour lui. Et une chose était certaine: dans ses relations, le jeune homme ne s’était jamais embarrassé de ménager la susceptibilité de ses partenaires. Il prenait, il jetait, point. Lorsqu’elles refusaient, il allait tout simplement se servir ailleurs.

"Mais après tout, je t’en veux même pas, tiens… parce que dans quelques semaines tout au plus, tu vas de nouveau être en colère contre ton paternel parce qu’il t’aura trouvé un autre prétendant. Et dans les bras de qui tu viendras pleurnicher? David, le bon samaritain… Tu veux que je te dise? J’en ai ma claque."
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Dim 12 Juin 2011 - 20:35

Après qu'elle l'eut giflé, il resta un moment abasourdi tandis qu'elle le regardait avec appréhension. Elle espérait qu'il n'essaye pas de se venger en abusant d'elle ouvertement. La pauvre demoiselle était tremblante, elle commençait à avoir vraiment peur de ce silence. D'après elle, c'était mauvais signe... Elle s'apprêtait à lui présenter ses excuses, histoire de l'apaiser, mais ce qu'il lui dit transforma sa peur en colère. Jouer avec lui ? Comment osait-il ? Visiblement, c'était lui qui jouait avec elle ! Il avait sciemment planifié cette soirée, il savait là où il voulait emmener la jeune femme, ce qu'il comptait faire avec elle cette nuit-là, au bord de l'étang ! Il poursuivit en lui lançant qu'il la croyait différente des autres, alors qu'en fait elle était juste une dégonflée. Ces mots la blessèrent profondément, et c'était très certainement le but recherché. Elle serra les poings, retenant une furieuse envie de lui coller une nouvelle claque.

Au lieu de le gifler de nouveau, elle se contenta de le repousser assez fort pour se dégager de son étreinte et se remit debout, saisissant sa robe pour commencer à l'enfiler. Elle ne devait pas rester, il fallait qu'elle parte au plus vite d'ici, elle ne savait pas de quoi il était capable. A bien réfléchir, elle se rendit compte qu'en fait, elle ne le connaissait absolument pas.

Les larmes coulaient maintenant à flots sur ses joues rougies par la colère. Elle sanglotait tout en tentant vainement de passer sa robe, ses mains tremblant encore ne parvenant pas à lacer son corsage. A présent, il se posait en victime. Comment osait-il ? Elle se tourna vers lui, les cheveux en bataille et les yeux trempés de larmes, avant de lui cracher son venin.


"Pour commencer, sache que je n'ai jamais joué avec toi. Je t'apprécie... Je t'appréciais, mais pas de cette manière. Je ne me sens pas prête, ne peux-tu donc pas le comprendre ?"

Elle parvint enfin à lacer sa robe et enfila prestement ses chaussures sans cesser son monologue. Elle l'avait écouté jusqu'au bout, maintenant c'était à lui d'entendre ce qu'elle avait à lui dire. Elle s'approcha de lui, le regard presque haineux. Elle détestait les disputes, mais il l'avait cherchée...

"Je SUIS différente des autres, la preuve c'est que contrairement à toutes les putains avec qui tu es sorti, je me refuse à toi. Et ce qui te mets autant en colère, c'est justement que mon refus te montre que tu n'es pas aussi irrésistible que tu le croyais, et tu enrages à cause de ça !"

Petit à petit, sa voix montait dans les aigus alors qu'elle frôlait l'hystérie.


"Tu n'es en réalité qu'un sale petit égoïste, un enfant pourri-gâté qui croit que tout lui est dû. Je préfère encore les prétendants présentés par mon père, tiens !"

Elle en avait terminé. Le souffle court à cause de son énervement, elle avait du mal à respirer. Peut-être qu'elle avait trop serré son corsage ? Elle tourna le dos à David et s'approcha d'un arbre, contre lequel elle prit appui le temps de reprendre ses esprits. C'était la première fois qu'elle s'énervait à ce point, et elle était étonnée de ce qu'elle avait balancé au jeune homme.
Alors qu'elle s'apprêtait à partir, préférant retrouver seule son chemin dans le noir plutôt que de rester en compagnie de son (ex ?) petit-ami, elle vacilla et se retint de justesse, le souffle lui manquant. Tout cet énervement lui avait causé des palpitations...
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Dim 12 Juin 2011 - 23:17

David était estomaqué par les paroles de Laetitia. Il fut repoussé sans ménagement par la jeune fille qui commença à se rhabiller prestement, ayant évidemment du mal avec les vêtements compliqués que l’on réservait aux gens fortunés, et qui nécessitaient d’habitude l’aide d’un domestique. Mais le jeune homme ne se gêna pas cette fois pour l’observer avec impudeur pendant tout le temps qu’elle se rhabillait et l’admonestait avec colère. Il poussa ensuite un « pfff » de dépit affligé en constatant que Laetitia pleurait à chaudes larmes. Allons bon! C’était ça qu’il aimait le moins chez les femelles: elles chialaient pour un oui ou pour un non… il avait cru que celle-ci était différente des autres mais visiblement, il s’était trompé. David avait horreur des scènes.

Il commença à se rhabiller lui aussi; de toute façon, c’était bel et bien foutu pour ce soir. Même si l’adolescente changeait subitement d’avis, il avait perdu toute l’ardeur nécessaire à la tâche, et son état d’agacement profond l’empêchait de se concentrer sur autre chose. Lui, un enfant pourri-gâté? Alors que dire de cette pimbêche dont le père gâteau et plein aux as lui passait tout ses caprices? C’était l’hôpital qui se foutait de la charité! Et voilà qu’elle l’avait maintenant regardé comme par crainte qu’il ne réagisse de façon violente. Elle le prenait pour un monstre ou quoi? Aussi étonnant que cela puisse paraître, il s’était déjà montré fort aimable avec une fille dans ce genre de situation. Cette petite paysanne, Danielle Byche… ils avaient eu une relation ensemble, enfantine et gentillette. Lorsqu’elle lui avait dit qu’elle n’était pas prête pour l’acte, ils en avaient conclu qu’ils n’étaient tout simplement pas faits l’un pour l’autre et s’étaient quittés en bon terme, d’une façon tout à fait pacifiste.

En comparaison, le côté vif et spontané de Laetitia contrastait fortement… et assez négativement.


David s’apprêta à se lancer dans un réquisitoire acerbe en réponse aux provocations de la demoiselle, lorsqu’il s’aperçut qu’elle avait vacillé et manqué de tomber, se retenant de justesse à un arbre. Il s’approcha, inquiet. Elle ne voudrait sans doute pas de son aide, mais tant pis, il ne lui demandait pas son opinion. Laetitia était très pâle et semblait avoir du mal à reprendre son souffle.

"Ça va? Calme-toi et respire lentement… assieds-toi quelques minutes."

Quelque fut la réaction de la jeune fille ou sa colère, il ne la laisserait pas partir avant de s’assurer qu’elle était en bonne santé. Prenant les devants sans s’occuper de la réaction de l’adolescente, David passa derrière elle et desserra légèrement son corset –non pas une autre tentative de séduction, mais un minimum syndical car le corps de Laetitia sembla aussitôt reprendre sa forme et l’en remercier. Quels outils de torture, ces corsets! Il était content de ne pas être une femme.

David fit de nouveau face à l’adolescente et la scruta dans les yeux.

"Ecoute… je suis désolé. Ne sois pas fâchée, d’accord? Je comprends que tu aies des réticences… et je l’accepte, on reprendra là où on s’était arrêtés quand tu seras prête, peu importe le temps que ça prendra. Tu es d’accord?"

Il marqua une pause et se risqua à prendre ses fines mains dans les siennes –ce qui lui éviterait d’ailleurs de se prendre une nouvelle baffe.

"Je t’attendrai."
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Lun 13 Juin 2011 - 9:51

La tête commençait à lui tourner. Heureusement qu'elle s'était retenue à l'arbre sinon il était clair qu'elle serait tombée dans les pommes. Peut-être même aurait-elle fait une mauvaise chute. Là, une main contre le tronc, légèrement penchée en avant, elle tentait de calmer ses palpitations et de reprendre un peu de souffle. Elle ne regardait pas David, elle ne voulait plus le voir. Il s'était montré odieux avec elle, et elle le détestait pour cette raison.
Elle le détestait, mais en même temps... Oh ! Non ! Elle se rendit compte que malgré sa colère, elle tenait quand même toujours à lui. C'était injuste, il avait essayé de profiter d'elle, ce soir, comment pouvait-elle encore éprouver quelque chose pour ce rustre ? C'était à n'y rien comprendre...

Le jeune homme remarqua qu'elle avait vacillé, et s'était donc approché pour s'enquérir de son état. Elle l'avait repoussé doucement, de sa main libre, en murmurant dans un souffle qu'elle allait bien, qu'elle n'avait pas besoin d'aide. Bien sûr, à voir la pâleur de ses joues, il y avait de quoi douter douter sérieusement de ce qu'elle avançait. Elle ne l'avait même pas regardé, comme si elle n'osait pas, comme si elle avait peur de succomber de nouveau à son charme si elle le regardait en face. Oui, elle aurait pu tout lui pardonner, s'il s'était simplement excusé de son comportement...

D'un coup, la pression sur ses poumons fut relâchée, et elle put prendre une grande inspiration. C'était David qui avait desserré son corsage, sans lui demander son autorisation. Si les circonstances avaient été autres, elle lui aurait collé une autre gifle. Mais là, elle avait compris qu'il lui avait permis de respirer de nouveau.
Elle se redressa pour prendre une plus grande inspiration, les poumons avides d'air frais, le rose revenant petit à petit colorer ses joues.

Puis David repassa devant elle pour plonger son regard dans celui de la jeune femme. Gênée, elle détourna d'abord les yeux, mais lorsqu'il lui présenta ses excuses elle ne put s'empêcher de le regarder, surprise d'un tel revirement de situation. Avait-il eu peur pour elle ? Il lui demanda de ne pas être fâchée contre lui. Il dit comprendre qu'elle ait quelques réticences, et lui proposa de patienter jusqu'à ce qu'elle soit enfin prête à sauter le pas.
Les yeux écarquillés, elle ne comprenait pas. Enfin, si, elle comprenait le sens des mots, mais ce qui lui échappait, c'était la raison pour laquelle il avait décidé d'être gentil avec elle, surtout après lui avoir dit toutes ces vacheries. Etait-il sincère ? Pouvait-elle réellement le croire ? Au fond de son coeur, elle voulait y croire, oui.

Il lui saisit délicatement les mains, lui certifiant qu'il l'attendrait. Sa colère contre lui avait fondu comme neige au soleil, et elle lui lança un sourire un peu timide. La timidité n'était pas dans ses habitudes, mais là, pourtant, elle se sentait comme une gamine en faute. Pourquoi s'était-elle énervée de cette manière ? Elle aurait dû lui expliquer calmement qu'elle ne se sentait pas prête, au lieu de le gifler et de s'énerver contre lui...
D'une voix douce, le regard plein de gratitude, elle lui répondit simplement :


"Merci."

[HRP : On arrête là pour la soirée à l'étang ? J'te laisse commencer quelques jours plus tard. ^^]
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Lun 13 Juin 2011 - 11:48

A son grand soulagement, Laetitia finit par accepter les excuses qu’il lui présentait, et il retrouva derrière ce sourire timide, ces cheveux en bataille et ces yeux rouges et gonflés, l’adolescente pleine de joie de vivre qu’il avait connu. Elle semblait prendre conscience que sa réaction avait été excessive et acceptait avec gratitude une deuxième chance. David s’autorisa à la serrer dans ses bras, bien que ce fut peut-être encore un peu prématuré. Puis il finit de se rhabiller, tendit la main à la jeune fille et ils repartirent tous deux côte à côte au milieu des bois, tels un couple de loups indépendants et solitaires.

Le voyage du retour se passa dans le plus grand silence. La nuit était toujours aussi obscure mais ils avaient maintenant un peu d’entraînement pour ce qu’il s’agissait de se déplacer dans le sous-bois sans lumière. David aida Laetitia lorsqu’il le fallait et, sans dire un mot, ils sortirent de l’orée du bois pour longer les grands champs qui attendaient d’être fauchés. Les deux jeunes gens passèrent devant les vergers débordant de fruits déjà vus à l’allée, mais sans rien cueillir cette fois; puis ils regagnèrent la zone habitée de Forbach, se faufilant parmi les maisons avec discrétion et attendant cachés lorsque cela s’avérait nécessaire.

Ils finirent par atteindre le jardin des Gaumont; la maison était à présent plongée dans le noir, le père devait être couché. David tint l’échelle pour plus de stabilité tandis que Laetitia se hissait jusqu’à sa chambre. Elle le regarda depuis sa fenêtre et il contint une grimace. L’on aurait dit une mauvaise interprétation de la fameuse pièce théâtrale de Shakespeare…

Il aurait sans doute dû parler plus, mais l’un comme l’autre avait la tête emplie de pensées tourbillonnantes. David finit par adresser un signe amical de la main à l’adolescente, accompagné d’un sourire.

"Bonne nuit."


Sur ces mots, il s’éloigna parmi la verdure et ne fut bientôt plus qu’une silhouette ombreuse, fondue parmi d’autres ombres.
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Lun 13 Juin 2011 - 14:58

Trois jours s'étaient écoulés depuis cette fameuse nuit au bord de l'étang. Trois jours et deux nuits sans la moindre nouvelle de David. Etait-il toujours fâché ? Lui en voulait-il encore d'avoir repoussé ses avances ? Laetitia ne savait pas, ne savait plus. Elle avait passé ce temps seule à ruminer, parlant à peine à son père la journée. Intérieurement, elle avait tourné et retourné la question sous tous les angles, pesé le pour et le contre, et finalement s'était rendue à l'évidence. Si elle voulait garder David, elle devait le faire. Lui offrir ce qu'il avait cherché à avoir l'autre nuit. Etait-elle vraiment prête à sauter le pas ? Non, bien sûr que non. Mais elle ne voulait pas perdre le jeune homme, et dans sa tête tout était parfaitement clair. C'était la seule condition qui le ferait rester.
Elle devait le trouver, lui annoncer qu'elle était prête à franchir le pas, qu'elle acceptait de s'offrir à lui, pourvu qu'il reste avec elle.

Aussi, en ce début d'après-midi, elle enfila sa plus jolie robe, une robe de la couleur préférée de David, et se rendit en ville sans dire à son père où elle allait. En fait, elle ne savait pas vraiment où trouver le jeune homme, aussi décida-t-elle de faire le tour de la ville pour le chercher, se disant qu'au pire elle irait directement voir à la Collégiale.
Il faisait très beau ce jour là, les gens étaient nombreux dans les rues de Forbach. Laetitia cependant se moquait pas mal du beau temps, toute concentrée qu'elle était à chercher David du regard. Après une bonne heure de marche, elle aperçut enfin le jeune homme parmi la foule et, le sourire retrouvé, elle se précipita vers lui.


"David, il faut que je t..."

Elle s'arrêta net. Il n'était pas seul. Et visiblement, il ne l'avait pas entendue arriver, sans doute trop occuper à lécher les amygdales de la pouffiasse qui l'accompagnait. D'un seul coup, le monde sembla s'arrêter de tourner. Elle était trop choquée pour terminer sa phrase. Que faisait-il avec une autre fille ? Il lui avait pourtant dit qu'il l'attendrait, non ? Tout s'écroula autour de Laetitia. Elle avait été prête à donner sa virginité à ce gars ?! Alors que lui-même fricotait avec tout ce qui avait une paire de seins ?! Non, elle valait bien mieux que ça. Tentant de reprendre contenance, elle s'approcha rapidement du "couple" pour venir tapoter sur l'épaule de David, sans un mot. Alors qu'il se retournait, elle serra le poing et lui envoya de toutes ses forces une droite en plein visage. Bon, elle n'avait pas énormément de force, mais l'effet de surprise l'empêcherait d'esquiver, elle le savait.
Sortant de ses gonds, elle commença à lui faire une scène.


"Tu n'es qu'un enfoiré ! Un menteur ! C'est qui cette fille ?! Je te faisais confiance, David, et tu me trompes avec cette fille de... de..."

Rageuse, elle ne trouvait plus ses mots. Elle tremblait sous l'effet de la colère. Comment avait-il osé ? Elle lui faisait confiance ! Tout ça parce qu'elle s'était refusée à lui ? Il avait un sacré culot ! Au moins, s'il ne voulait plus d'elle, il aurait pu avoir la décence de le lui dire en face !
Tentant de reprendre un peu de dignité, elle lui lança froidement :


"Tout est fini entre nous, je te quitte !"

Puis elle se tourna vers la fille qui l'accompagnait pour ajouter :

"Si tu es encore vierge, je te conseille de le larguer de suite, c'est un sale pervers !"
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MessageSujet: Re: Oui... Mais non.   Lun 13 Juin 2011 - 18:41

David n’aurait jamais cru être dérangé à ce point au moment où il donnait ce baiser langoureux à Suzanne, une adolescente légèrement plus jeune que lui pétillante et sauvage. Il sentit quelqu’un tapoter sur son épaule et interrompit son embrassade pour se retourner, intrigué; le jeune homme eut à peine le temps d’apercevoir le visage crispé par la fureur vengeresse de Laetitia, que déjà son ancienne copine lui assénait un violent coup de poing sur la joue –cette même joue qu’elle avait déjà baffé trois jours auparavant.

Proprement stupéfait, il sentit sa tête partir sur le côté tandis que Suzanne poussait un cri aigu. Mais Laetitia ne lui laissa pas le temps ni le loisir de réagir, car elle se lança aussitôt dans un réquisitoire brûlant, expression de sa colère manifeste. David était tellement habitué à ce genre de scènes qu’il ne se formalisa absolument pas des regards scandalisés de la foule posés sur eux. Il lui était souvent arrivé de se prendre des gifles à causes des revers amoureux de ses conquêtes. Fort heureusement pour Laetitia, un tabou universel interdisait au sexe masculin de frapper son opposé, aussi David n’avait-il aucune intention de riposter à l’attaque; mais ce n’était pas la rancœur qui lui faisait défaut.

Tandis que l’adolescente crachait son venin avec une hargne à la limite du supportable –ce qui était ennuyant, car David ne tenait pas à ce qu’elle lui fasse une crise d’apoplexie entre les mains- il prit Suzanne par la taille et l’attira contre lui, toisant Laetitia avec un sourire narquois insupportable.

"Je te trompe? Il faudrait déjà qu’on soit ensemble pour ça, non? "

Il rit lui-même à sa propre farce tandis que Suzanne poussait un petit gloussement ridicule. Elle considéra d’ailleurs Laetitia et s’accrocha au bras du jeune homme:

"David, c’est qui cette gamine teigneuse?"

Teigneuse, oui, c’était le mot, puisque Laetitia lui vomissait à la figure les insultes qui lui passaient par la tête –dont des injures très grossières dans la bouche d’une jeune fille de bonne famille. Médusés, les passants avaient fini par reprendre leur marche, non sans jeter fréquemment des coups d’œil à cette scène des plus explosives. David comprenait le comportement de Laetitia mais il la trouvait très gonflée. Il agita la main dans un geste vague et évasif, comme pour chasser une mouche particulièrement agaçante.

"C’est de ta faute. Il ne fallait pas me planter au dernier moment… assume-les conséquences de tes actes. Laeti."

Il l’avait volontairement appelée par son diminutif pour la faire enrager, ce qui ne manquerait sans doute pas de marcher.
Suzanne sursauta lorsque cette fille si violente s’adressa à elle. David contint une grimace. Oui il était peut-être pervers, seulement sa nouvelle copine au moins l’acceptait tel qu’il était. Et il décida d’en montrer à Laetitia la preuve en images, en lui mettant ostensiblement une main aux fesses, lui arrachant un cri discret. En pleine rue.

Lorsque Laetitia lui annonça finalement qu’elle le quittait, il eut un gros soupir de soulagement.

"Ouf… bon débarras. Et maintenant si tu as fini, on peut peut-être y aller… au fait, t’es rouge comme une pivoine! Un conseil: pète un bon coup, ça te détendra."

Il crut que Laetitia allait faire une syncope tant elle était rouge de fureur. En tout cas si un regard pouvait tuer, David serait mort sur le champ, et plusieurs fois -sans oublier Suzanne. Après avoir lancé un dernier regard assassin au couple, la demoiselle tourna les talents et s'éloigna vivement, les poings serrés de colère.
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Oui... Mais non.

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