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 Celle qui avait trop vu

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Meneur
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MessageSujet: Celle qui avait trop vu   Mer 29 Juin 2011 - 8:57

[Ce rp se passe après Nono/Antoine Wink]

Antoine n'était pas vraiment en train de prier. Il n'était pas vraiment non plus sur Terre. Retiré en lui même, dans sa citadelle de silence, il apaisait les sentiments violents qui l'avaient saisi tantôt, utilisant des techniques de discipline mentale qui avaient été mises au point par le Lys. Sachant qu'il pouvait entrer en contact avec l'esprit de la Déesse dans cet état là, il ne faisait rien pourtant en ce sens, car il n'avait rien à lui apporter, le choc était dur à absorber.

Que Noaz Loewenstein ait pris ses fonctions de la façon dont il l'avait fait, passe encore, ce n'était qu'un peu d'amour propre froissé, amour-propre qui n'avait pas le droit d'exister du reste. Le petit avait Alicia Maestriani pour mère, c'était une explication satisfaisante à cette morgue qui créait tant de frictions. Par contre jamais la défunte Meneuse n'aurait chevauché un sorcier ou un homme du commun en tentant de le pénétrer mentalement. La situation aurait été difficile à comprendre si c'avait été la meneuse, mais dans le cas de Noâz, on avait tendance à condamner d'office le jeune homme: à son âge, on était tellement bouillant qu'on pouvait bien aller jusqu'aux viols. Viols physiques et mentaux. Et le criminel infâme qui s'y livrait, était le Meneur du Lys Noir.

A cette réflexion, il fut impossible pour Antoine de continuer à se concentrer, la charge était trop forte. Il était assis par terre dans les caves, dans une position neutre, le regard légèrement éteint. Le Lys Noir avait un avenir c'était évident, mais le Prêtre n'était pas sûr de pouvoir faire partie de cet avenir-là. Si jamais la Tribu cessait d'apporter les lumières à la sorcellerie et se muait en un espace de débauche et de contrainte, alors Antoine Vaudremont ne pouvait y rester. Comme la Déesse, il ne pouvait cohabiter avec le blasphème. Sa vie de sorcier en prendrait un dur coup, banni des deux seules tribus au monde, forcé de vivre sa foi en ermite... ce n'était pas ce dont il rêvait, pas si tôt en tout cas.

Il ne souhaitait pas partir, Noâz semblait l'y pousser. Sa place était claire dans la tribu, mais le Meneur avait dit vouloir revoir sa copie. L'avenir du Lys Noir était certainement brillant entre les mains d'un jeune homme aussi volontaire, mais celui d'Antoine Vaudremont était beaucoup plus sombre. Il n'était pas un dinosaure du passé qu'on mettait à la retraite avant son heure, il était trop jeune et avait encore trop de sève pour ca. Mais il ne pouvait pas lutter contre... le crime qui se déroulait sous ses yeux.

Il envisageait difficilement une autre version que celle ci, ce qu'il avait vu était trop explicite pour raisonnablement douter. Et puis, Antoine Vaudremont était un homme qui n'avait jamais de doutes comparés à d'autre, qui allait jusqu'à s'inventer des vérités plutôt que de supporter un doute inutile. Seul dans cette cave, livré à lui même, il ne se rendait pas compte qu'il était en train de se faire mal à lui même, sans même chercher à vérifier par lui même.

On ne peut atteindre aucune forme de paix quand la vérité n'est pas présente. Il avait cette règle en tête, mais ne faisait pas le lien. En vérité, il était perdu comme jamais auparavant. Fallait il partir, démissionner et abandonner ceux du Lys un peu de la même façon qu'il avait abandonné ceux de l'ancienne tribu? C'était le choix qui s'imposait.

Lorsque la porte s'ouvrit, il se redressa d'instinct. Il resta droit comme un piquet alors que cette personne se rapprochait. Il ne se retourna pas, ne cherchant pas vraiment a exporter son malheur relatif. Ca pouvait être n'importe quel fidèle du Lys Noir, et il ne fallait pas qu'il sache que le Prêtre vacillait, ca pouvait être Noâz, et alors là il était interdit de trembler.

Mais il ne s'attendait pas à Elena. Elle ne semblait pas aussi traumatisée qu'il ne pensait, elle ne ressemblait pas à une victime rescapée d'une tentative de... ca.

« E.. Elena? Tu vas bien? »

Une sollicitude tout ce qu'il y a de plus sincère accompagnait ces paroles. Antoine avait ses défauts, mais il ne manquait jamais de gentillesse.
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MessageSujet: Re: Celle qui avait trop vu   Mer 29 Juin 2011 - 11:01

Lorsqu’Elena avait quitté ses chimères, elle s’était assoupie, soigneusement aidée par le nouveau Meneur. Un certain temps passa, une demi-heure, peut-être plus avant qu’elle n’émerge à nouveau à la réalité. Son estomac était clairement retournée et l’odeur des sucs gastriques qu’elle avait rendu empestait sur sa robe pourtant immaculée. On l’avait lavée pour qu’elle soit présentable mais elle n’avait pas souvenir d’avoir rendu quoi que ce fusse.

La vision d’Antoine dans ces chimères l’avait troublée et elle quitta les appartements de Noâz Loewenstein immédiatement en se rappelant la fin de ce viol mental. Car Elena considérait cela comme une sorte de viol. Elle n’avait rien demandé, si la gêne et la fureur s’emparait d’elle, elle se rendait enfin compte qu’elle avait retrouvé sa capacité de parole et elle se sentait plus vivante que ces derniers jours. Elle était enfin sortit de cette torpeur qui l’a rendait inutile, pauvre marionnette muette et reléguée à l’inactivité.

Quittant le château en lui même, elle rejoint l’enceinte des sous-sols de celui-ci pour chercher Antoine Vaudremont. Elle finit enfin par le trouver, peinant à cause du peu d’alcool que son corps n’avait pas rejeté. Elle n’avait pas l’habitude de boire, c’était certain, mais lorsqu’elle vit Antoine, elle savait qu’elle ne mentionnerait rien de sa façon négative de voir cette entrevue. Noâz avait agit pour connaître la vérité et les détails sur ce qui c’était passé lors de la mort de son frère et sa mère et ceci était légitime. Mais pour le coup, la méthode était un petit peu brutale, quoique cette « brutalité » avait sûrement été le seul moyen de rendre sa voix à la jeune noble.

Elle se présenta devant le prêtre du Lys, avec un visage plus composé, plus accueillant que ces derniers jours. L’homme s’enquit de son état de santé et Elena sourit légèrement, avec un peu de difficultés cependant.

« Antoine, rassurez-vous je vais bien. Je sais que ce que vous avez-vu peut… paraître… »

Elle laissa une pause ne sachant pas trop quel mot choisir et sentant son embarras monté en puissance. Ils avaient été dans un position plutôt évocatrice et il était difficile de croire Noâz. Par contre Elena, en tant que victime, du point de vue d’Antoine, avait une parole de valeur plus sûre.

« étranges… Mais n’y voyez rien de mauvais. »

Elle s’assit là où elle put, proche d’Antoine, prête à évoquée ce périple d’enfermement qu’elle avait subit depuis la mort d’Amaël et Alicia.

«Je les ai découvert mort avec la Favorite de notre Meneuse. J’ai même combattu la traîtresse… Et j’ai échoué. Je n’ai rien pu faire. J’avais le dessus et j’ai perdu le contrôle en la laissant s’enfuir avec le traître et responsable de toute cette horreur ! Et je n’ai pas supporté mon échec.»

Muette, à mi-chemin entre raison et folie, entre réalité et fantastique visions de cauchemars. Elle avait du sommeil et du sourire à rattraper, c’était certain et Noâz venait de lui offrir en forçant la porte de son esprit nimbé d’alcool.

«Notre Meneur m’a convoquée pour que je lui raconte ce que j’ai vu ce
jour là et… je n’ai pas réussi à laisser un mot sortir de ma bouche, comme depuis quelques jours. »

Et cela s’entendait dans sa voix. Elle avait beau faire des phrases longues, son intonation était légèrement éraillée, une élocution un peu difficile, comme si elle avait perdu l’habitude de parler.

« Il m’a proposé de voyager dans mon esprit pour trouver ces réponses et me libérer la voix. Et j’ai accepté. »

C’était totalement faux? Et alors ? Elle n’avait pas réussi à dire la vérité à Antoine. Elle ne voulait pas qu’il pense que Noâz était mauvais. Elle même, en voulait à ce gamin, d’avoir vu certains souvenirs, mais elle savait quelque part qu’elle devait lui être reconnaissant. Il l’avait fait boire pour tenter de lui délié sa langue avant de comprendre que c’était un traumatisme plus profond. Elle livra cette vérité à Antoine et elle était crédible, car si le Meneur lui avait demandé de se soumettre à cet exercice, elle aurait accepter volontiers. C’était pour le bien de la tribu, et quelque part pour son bien à elle. Les joues légèrement rosies par la gêne du souvenir de cette posture et de cette proximité entre eux ne la quittait pas. A y bien réfléchir, elle n’avait jamais eu de contact aussi rapproché avec un homme. Même Luc, avec qui elle avait danser, avec qui elle avait croiser le fer n’avait pas eu pareille proximité ! Et surtout quel embarras ! C’était leur Meneur et si une rumeur venait à s’élevait, Elena ne pourrait pas supporter qu’on
salisse son nom et sa vertu ! C’est pourquoi Antoine devait la croire.
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MessageSujet: Re: Celle qui avait trop vu   Mer 29 Juin 2011 - 11:14

Ainsi donc, ce qu’avait dit le Meneur était vrai, il ne mentait pas en permanence. Ou alors, il avait manipulé Elena pour lui faire dire ceci, ce qui était possible considérant qu’elle avait tout de même été envoûtée. Ce n’était pas qu’une histoire d’éthique, c’était aussi un peu son avenir qui était suspendu à l’attitude qu’il choisirait : Soit il refusait de croire en ce que disait Noâz Loewenstein et Elena Mirova et était responsable de son bannissement, soit il acceptait cette version qui s’étoffait de mieux en mieux, et alors sa place dans la Tribu serait à peu près sauvegardée.

Il n’aurait jamais cru hésiter aussi fort face à un tel choix. Il pensait depuis toujours que négliger son intérêt propre pour suivre son instinct et son cœur serait un choix facile qu’il appliquerait dès la première seconde où il était posé. Ce n’était visiblement pas le cas, à sa grande honte.

Refuser la version d’une Elena Mirova possiblement manipulée par le Meneur, mais qui se tenait, c’était d’office choisir l’exil. Un sorcier n’est pas fait pour pratiquer en solitaire, les charmes les plus puissants, les plus intéressants et les plus excitants se pratiquaient en groupes, voire en tribus entières. Avec la force d’une tribu, on pouvait invoquer le Seigneur des Enfers lui-même comme lorsque l’Oracle avait manipulé l’ancienne tribu. Antoine ne souhaitait certes pas reproduire l’erreur de 1628, mais il avait vu l’étendue de la puissance d’une tribu.

Une tribu, c’est comme un corps humain, telle était la première règle que l’on apprenait aux apprentis, avant même de toucher à la magie ou aux esprits. Un sorcier est initié à travers la tribu, il s’épanouit grâce à celle-ci, et il vit dans son cadre. En dehors de la tribu, pas de magie, ou alors marginale. Autant demander à une main ou une épaule de marcher et gravir la montagne.

Hors de la tribu, Antoine n’était plus qu’un patron veuf passant la moitié de sa vie à s’échiner derrière un banc de sciage pour débiter des grumes. Avec une épouse et une fille martyre, cela faisait beaucoup de fantômes, et ce n’était pas Mathieu qui pouvait compenser la perte de Lise et d’Alice… Mathieu vivait sa vie de jeune adulte, et il était même en conflit avec son père, qu’il jugeait trop autoritaire. Ce n’était qu’une question de temps, le temps qu’il se trouve une petite amie qui lui remettrait autant de plomb dans la tête que sa mère le faisait. En attendant, Antoine était seul en dehors du Lys.

Il n’avait pas la vocation d’un ermite, ni même de ce qui se rapprochait d’un moine. Il voulait plutôt être un exemple, être un enseignant. Il voulait garder intact le sentier du conservatisme, la voie du non-changement mais aussi de la stabilité et de la décantation. Il savait qu’il n’y avait que lui pour l’embrasser pleinement, mais il faut un peu de conservatisme dans toutes choses sans quoi tout serait chaos, et sans espoir. Sans des gens comme Antoine, on ne saurait plus décanter.

Finalement, il était beaucoup plus important de rester plutôt que d’être fidèle à soi même. Rester plutôt que se crisper. Il y avait d’autre voies que la voie radicale et la voie laxiste, il fallait peut être dans un cas comme ca en explorer une ?

« Ah bon… dans ce cas, Noaz a fait.. son devoir dirons nous. »

Ce n’était certes pas une adhésion totale et avide, mais c’était une adhésion définitive malgré tout, pour peu qu’on ne fouille pas trop la vase… La version d’Elena, et celle de Noâz se tenaient, étaient cohérentes l’une avec l’autre et étaient crédibles, il n’y avait pas beaucoup d’efforts à faire pourtant.

« J’espère en tout cas que notre Meneur a trouvé ce qu’il y cherchait, et qu’il n’aura pas besoin d’y revenir. Ce qu’il s’est passé entre toi et lui ne me concerne pas davantage, sauf s’il retente. »

Certes, Antoine avait été touché par la mort d’Alicia, mais elle avait été comme intégrée dans un grand processus, et peu importait finalement de quelle façon exactement et par qui elle était morte. Si Antoine avait été un peu plus jeune et sanguin, un peu moins détaché, il s’y serait certainement intéressé davantage.

« Peut être faut il revoir tes protections mentales, pour que ca n’arrive plus, je peux t’aider dans le domaine ? N’aie pas peur, je suis ton prêtre. »
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MessageSujet: Re: Celle qui avait trop vu   Mer 29 Juin 2011 - 11:42

Elena attendait les réactions d’Antoine face à la vérité qu’elle lui offrait. Elle ne craignait pas le courroux d’Antoine, ni même celui de Noâz, ce n’était qu’un gamin. Un SALE gamin qui allait lui payer l’affront qui lui avait fait. Elle ignorait comment le confronter pour lui expliquer qu’on ne faisait pas ce genre de choses. Bon sang, il était sans cœur ou quoi ? C’était impossible de faire une visite d’un esprit sans défense sans s’en vouloir. Et si il croyait que il pouvait tout se permettre parce qu’il était le Meneur du Lys, il se trompait ! Elena se raisonna pour rester crédible face à Antoine. Le prêtre semblait fermé, comme si il réfléchissait. La croirait-il ? Il était plus que perplexe et vu de l’extérieur c’était difficile de voir le combat décisionnel qui se déroulait dans le crâne de l’artisan.

Lorsqu’il décida enfin de s’exprimer, Elena craint le pire. La réponse qu’il donna satisfaisait à moitié l’un et l’autre. Antoine n’était pas complètement convaincu de la véracité de cette histoire et il craignait d’avoir face à lui l’esprit constant de Noâz envoûtant Elena encore et toujours. La jeune femme ne réagit pas, elle voulait qu’il l’a croit et n’avait rien à lui prouver. C’était presque la vérité après tout. Elle resta paisible et le laissa continué. Antoine était quelqu’un de protecteur, c’était impossible d’en douter et il était conscient que la jeunesse aveuglait parfois. Il ne voulait pas en parler d’avantage mais souligna que si Noâz tentait une autre fois de faire ce genre de chose, il le condamnerait fermement. Elena acquièça sagement sans en rajouter. Qu’il croit ou non à tout ceci ne changerait rien, Antoine se tairait sur ce qu’il avait vu et c’était le principal. Après, il ne devait pas s’imaginer de fausses choses sur une quelconque relation qui pouvait liée Elena et le Meneur. Quoique ce n’était pas non plus du genre du prêtre.

Et enfin Antoine délivra la clé de l’embarras qui régnait dans l’atmosphère. Il proposa d’aider Elena à renforcer ces barrières mentales « pour que ça n’arrive plus ». Elena eu quelques réticences. Il la rassura et elle tenta de se détendre. La vision de Noâz, à sa proximité la refit rougir lentement. Elle tenta alors de se concentrer et regarda Antoine.

« Bien. J’en serais heureuse. Mais elles sont en pleines formes rassurez-vous. Je n’ai juste pas eu à les utiliser. »

Elle souligna à nouveau qu’elle avait été consentante en s’assurant qu’il ne se fasse pas de fausses idées. Elle se redressa et fit face à Antoine, tentant d’évacuer les restes d’alcool et se concentra pour mettre en place les barrières mentales qu’elle possédait en temps normalement. Les récents évènements avaient néanmoins affaibli sa vigilance et lorsqu’Antoine se prépara à les mettre à l’épreuve, la jeune femme sentit que tout ceci ne tiendrait pas beaucoup face à la force d’Antoine.

« Bon, peut-être que je suis me suis un peu fragilisée avec la mort de notre Meneuse. J’avoue… avoir du mal à… le prendre en considération. »

C’était difficile, Alicia était comme une mère au sens modèle du terme. Elena la voyait en femme forte et se disait que sa mère était un peu comme ça, une grande femme qu’on admirait, une sorcière plutôt puissante et puis voilà qu’elle disparaissait. Et à deux doigts de la jeune femme. Elena fixa le prêtre avec un regard impuissant, un peu triste.

« Je n’ai rien fait Antoine… rien ! Elle est morte presque à mes pieds et je n’ai pas été capable de la sauver. Est-ce que j’ai réellement droit à mon titre d’Aguerrie si je suis incapable de protéger ma Meneuse au péril de ma vie… »

Les larmes perlaient. Toute cette tristesse qu’Elena avait gardé en son cœur, en son âme se libérait face au prêtre et elle ne sut pas sa réaction immédiatement. Elle tenta de se contrôler mais ces questions qu’elle énonçait tout haut, elle se les posaient réellement. Son âme était un peu perdue dans les brumes.
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MessageSujet: Re: Celle qui avait trop vu   Mer 29 Juin 2011 - 13:10

Etait ce sa petite tentative exploratoire qui avait fait craqué Elena ? Antoine espérait fort que non, surtout qu’il n’y avait mis que le minimum de puissance, comme une taquinerie de maître à élève. En tout cas, il fallait une réaction rapide, et la seule qui lui semblait valable…

Il prit les épaules d’Elena face à elle.

Justes deux lourdes mains sur les épaules qui absorbaient le surplus de chagrin, qui offrait une chaleur supplémentaire pour lutter contre les sanglots, des mains qui transmettaient la compassion. Antoine n’était ni un cœur de pierre, ni un handicapé des sentiments, ce n’était pas si exceptionnel de faire ce genre de choses. Il avait des intentions tout à fait propres, et même un témoin imprévu n’aurait rien pu soupçonner entre le prêtre d’âge mûr et la jeune sorcière.

Cela dit, puisqu’il avait commencé, il devait finir, et donc mettre le nez pour de bon dans la mort d’Alicia pour apaiser Elena. Déterrer la Vérité pour que puisses exister la Paix. Comme un plongeur qui va sauter dans des eaux noires, Antoine respira profondément et se détendit complètement, lâchant ses épaules et ses bras. Pendant que ses mains faisaient seules leurs travails d’apaisement, il se retira un peu et essaya de concevoir une musique de l’âme. Ce charme, connus de tous les sorciers, nécessitait juste un peu de maîtrise mentale, et créait une sorte d’air que seuls deux personnes pouvaient entendre : le pratiquant et la cible. L’avantage de cette « musique » sans notes ni sons était qu’elle parlait davantage encore que celle que l’on entendait. La musique de l’âme, c’était une sensation diffusée vers la cible.

Et la musique qu’envoya Antoine était claire mais grave, elle était l’équivalent d’un fauteuil de cuir profond qui isolait, coconnait et réchauffait celui qui s’y asseyait. Une véritable mise en confiance ouverte qui permettait de se passer de paroles.

Elle pourrait faire la différence très nette entre la pénétration sauvage de Noâz Loewenstein et l’invitation discrète et progressive d’Antoine Vaudremont. Un style très différent pour aboutir finalement à une seule et même chose, un but remarquablement unique : faire remonter les souvenirs qui bloquaient Elena. Noâz avait peut être obtenu les détails qu’il voulait, mais au prix de quel saccage ? Les traumatismes dus à la mort d’Alicia étaient encore vivaces chez Elena et par-dessus s’y rajoutait les blessures faites par Noâz. Pas étonnant, se dit Antoine, que cette petite en vienne à pleurer.

Il faudrait très vite affronter les mystères autour de la mort d’Alicia, Antoine était conscient qu’il ne pouvait plus y échapper. Alicia était une personnalité hors normes qui ne pouvait avoir eu une mort tranquille ni même décente. Sans rien en savoir, Antoine était déjà sûr qu’il n’aimerait rien de ce qu’il y découvrirait, et étant donné qu’il n’avait pas besoin de savoir ce qu’il s’était exactement passé pour continuer à vivre, s’en tenait loin. Mais pour Elena Mirova, il allait falloir exorciser ces traumatismes et pour ce faire, descendre dans le gouffre et affronter la bête. Il était prêtre, c’était pour ca qu’il existait.

« Contrairement à Noâz, je ne veux pas vraiment savoir ce qu’il s’est passé exactement. Par contre je ne veux pas qu’une de mes sœurs souffre de traumatismes à cause de ces évènements. Alors on va les exorciser ensemble. »

Elle pouvait avoir confiance en Vaudremont, il connaissait la plupart des démons qui assaillent les âmes, ainsi que leurs poisons. Il ne gagnait pas à chaque fois, mais il avait au moins le savoir.

« On va voyager dans tes souvenirs, mais à ton rythme, et si ca ne remonte pas, ca ne remontera pas. Lorsque ce sera douloureux, dis toi qu’on partagera cette douleur à deux, et dès que la vérité sera faite, la paix viendra dans son sillage. »

Sans modifier sa prise sur les épaules d’Elena, il se rapprocha jusqu’à être genoux contre genoux, mains sur ses épaules.

« Touche mes mains, fais le vide, et attends moi, je t’y rejoins. »

La musique de l’âme continuait d’être sentie, toujours aussi rassurante et confortable.
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MessageSujet: Re: Celle qui avait trop vu   Mer 29 Juin 2011 - 18:44

Face à cette explosion de sentiment, Elena se vit épauler par le prêtre. Les deux mains massive se posèrent sur ses épaules. Elena sentit la douceur et la plénitude qu’elles délivraient, elle croyait sentir la douceur du bois poncé, cette odeur de bois sec et sage. Et puis une sorte de mélodie apaisante vint caresser les sens de la jeune femme, un charme ce qu’il y avait de plus doux pour laisser les sensations s’exacerber. Quelques notes de piano, une courte pause, le flot des notes que semblait percevoir les deux êtres étaient grave. Pourtant, dans leur petite bulle, il n’y avait aucun son. Mais elle la musique ici était une présence, une embrassade, une partie des souvenirs d’Elena. Antoine voulait recréer à nouveau un lien entre les mémoires de la jeune sorcière et le prêtre. Il devait savoir ce qui serrait le cœur de la jeune femme. Et cette main griffue qui tenaillait ses tripes n’avait que lâché un peu la bribe depuis l’entrée forcé de Noâz. Antoine agissait de façon plus respectueuse et sensible, il savait, ou tout du moins il se doutait que la jeune femme était faible, et le fantôme d’Amaël et d’Alicia pourrait bien la terrorisé toujours si elle se laissait abattre. Elle devait retrouver son énergie d’antan.

L’exercice d’exorcisme qui allait se produire serait différent de cette pénétration abrupte qu’avait fait le Meneur du Lys. Ce ne serait pas le même voyage car le prêtre savait ce qu’il cherchait et qu’Elena répondait bien plus présente qu’avant. Le prêtre avait sa tâche quelques peu facilitée grâce à l’entrée précédente. La faille béante dans les protections d’Elena était une insulte à son rang, elle n’aurait jamais du faillir autant et elle le savait, grâce à Noâz. Mais, elle ignorait que les souvenirs que celui-ci avait vu n’avait pas guérit la peine et la culpabilité qu’éprouvaient la jeune femme.

Elena connaissait se rituel de pénétration spirituel, mais en réalité, elle ne connaissait que la pratique avec son Aguerrie, elle ne l’avait plus pratiquer depuis quelques temps et à présent, elle avait été évalué pour passer au rang supérieur. Alors pourquoi angoissait-elle lorsqu’Antoine se rapprocha ? Elle tenta de se calmer, de se détendre et bien que les mains de l’homme l’aidait en partie, elle se trouvait incapable d’être en paix. Les griffes qui enserraient son cœur… elle les sentaient, prête à se resserrer à la moindre faiblesse. Lena inspira profondément pour tenter de maîtriser la peur de replonger encore une fois dans tout ceci. Le charme qui les entourait redoubla d’intensité pour qu’Elena lâche prise lentement et finisse par obéir, en posant ses mains minuscules contre la paume impressionnante du patron de la scierie, elle perdit le contact avec le monde réel et plongea une dernière fois dans les abysses effroyables de la mort. C’était comme entrée dans une grotte sans lumière, tomber dans un gouffre sans fin, sentir son corps et son âme vibrer pour finir par s’évanouir dans les limbes de l’esprit meurtri .

On atterrissait sans douleur physique dans les poussières et les souvenirs. Elena ne resta pas longtemps seule, le prête se joignant à elle comme il le lui avait dit. Quelques flocons de neige semblait d’un ciel qu’on n’apercevait pas, un univers sombre qui s’éclairait peu à peu par les petits flocons de neige qui s’éparpillaient sans ordre visible.

Puis lentement, ces flocons devinrent des petites flammes, une fois qu’ils avaient touché terre. L’endroit se forgea petit à petit, pierre par pierre alors qu’Elena fixait Antoine sans être consciente de le voir. L’air vibra en une onde puissante mais non douloureuse. Tout changea lentement, y comprit Elena, elle se trouvait à l’entrée du château Frauenberg accompagné d’Antoine. Il devenait un acteur sans pareil dans cette vision, contrairement à Noaz, qu’elle rejetait et qu’elle avait intégrée à ses souvenirs comme faisant parti des gens présent, Noâz n’était pas Noâz, il avait été son frère, Luc, Amaël, et bien d’autres. Antoine l’accompagnait pénétrant dans le château avec lenteur, comme si tout ici était ralenti. Ils rentraient maintenant dans le couloir long et sinueux menant au Lys. Elle lui dit d’attendre quelques marches plus haut quand elle toucha le sol à présent matérialiser du hall du Lys. Personne. Il n’y avait personne, Elena fronça des sourcils. Elle se tourna vers Antoine, désespérée. Ce n’était pas finit. Pas comme ça ! Elle devait lui montrer ce qu’elle avait vu et vécu.

« Je ne comprend pas… »
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MessageSujet: Re: Celle qui avait trop vu   Mer 29 Juin 2011 - 19:28

« Chhhht… Tout est bien. »

Lorsqu’Antoine avait touché le « sol » de l’esprit d’Elena, invitée par elle, il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre à quel point l’esprit d’Elena appartenait davantage à la Peur qu’à la sorcière elle-même. C’était un mal courant, un mal universel, mais il n’en restait pas moins difficile à combattre, et bien que prêtre, Antoine lui-même était un être humain potentiellement victime de l’angoisse, et elle faillit bien le contaminer. Dans ce lieu spirite, la seule protection que l’on pouvait espérer était la Foi. Voilà pourquoi seuls les croyants pouvaient le faire.

C’étaient juste des pierres, et des colonnes. On ne voyait que des murs et des arcs au plafond. Mais dans ce monde spirituel, la vue n’était pas fiable, et il fallait se baser sur ce que l’on ressentait, sur son instinct qui était décuplé ici-bas. Et ce qu’Antoine sentait, c’était un équilibre fragile, prêt à rompre, une façade acceptable qui dissimulait autre chose de plus délètère qui suintait à travers les murs. Il n’était pas omniscient : un être humain ne pouvait pas voir très profond dans l’esprit d’un autre être humain, il fallait être un ange…

Cependant, il s’était attendu à réparer des traumatismes, faire bloc contre des souvenirs, et éprouver de la douleur. Ce calme artificiel ne lui plaisait pas, et il était là pour transformer un équilibre de façade en un équilibre durable. Il était un prêtre du Lys Noir, un prêtre d’Olrun, c’était ainsi qu’il concevait sa mission.

« Ton esprit fait de la résistance, il n’y a guère que toi qui puisses le déverrouiller si tu en es capable… »

Antoine avait bien pris soin jusqu’ici de ne toucher à rien, de n’influer sur rien, il avait été un témoin passif, une présence inspirante tout au plus. S’étant fixé de ne pas faire d’envoûtement, c'est-à-dire une invasion mentale, Elena était totalement aux commandes. Au vu de l’échec, le Prêtre allait peut être devoir se résoudre à l’envouter à son tour, pour son bien cette fois ci. Le dilemme restait très épineux malgré tout, et Antoine Vaudremont était le premier à ne pas aimer la façon dont les choses tournaient.

« Ou alors, tu me laisses faire. Je te préviens tout de suite : ce serait un envoûtement. Je te promets de ne toucher qu’à ces griffes qui enserrent ton cœur, et de te faire le moins de mal possible. Ce serait moi qui prendrais en charge tout l’affrontement, mais tu seras témoin malgré toi. »

Comme pour mieux souligner son propos, ses yeux spirites s’éclairèrent brièvement, reflet de ses yeux physiques dont les couleurs naturelles s’estompaient dans un gris de plus en plus clair dans le monde physique, quelque part. Dès que l’envoûtement serait lancé, ces yeux deviendraient blancs rayonnants, et Vaudremont aurait tout pouvoir ou presque sur l’esprit de la Sorcière, à moins qu’elle ne lutte et dans ce cas ils se feraient mal.

« Je suis ton prêtre, tu peux me faire confiance. Je suis Vaudremont, tu sais que je ne te veux aucun mal… »

La relation d’un prêtre à une sorcière ou un sorcier était le parallèle à la relation entre une aguerrie et son apprenti, l’enseignement en moins. On retrouvait le rôle du mentor, du guide, du cadre, avec bien sûr des modalités différentes. Elena Mirova n’était plus une adolescente, et Antoine se dirigeait lentement vers la troisième génération. Il avait peut être l’âge d’être son père, mais elle était libre et indépendante. Le patron espérait néanmoins qu’elle lui ferait confiance.
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MessageSujet: Re: Celle qui avait trop vu   Mer 29 Juin 2011 - 20:06

Antoine saisissait ce monde dans ses yeux et s’imprégnait de l’atmosphère lourde à chaque bouffée d’air. Il sentait la fragilité, la faiblesse et la culpabilité. Il voyait le monde vide et inutilisable. Elena n’était pas prête de se déverrouiller, du moins pas d’elle même. Noâz avait eu peine à mettre de l’ordre dans le peu de choses qu’il avait pu voir, il avait visiter des bribes de souvenirs, des choses qu’il ne devait pas savoir ! Et si il lui ava it demandé, peut-être que tout ceci ce serait déroulé autrement. Mais on ne pouvait pas revenir en arrière, les dégâts qu’avait causé le Meneur ne se cicatriserait pas aussi vite et de cette manière, bien que celui-ci n’avait pas provoqué le mal, il l’avait malmené, l’affaiblissant pour un instant, permettant peut-être à Antoine de se frayer un chemin parmi les souvenirs en pagaille de la jeune femme.

Il voulu la rassurée mais il savait que son esprit se braquait, finalement, toutes ces défenses n’étaient pas hors jeu, il restait cette mince résistance inutile, elle n’était pas prête de se laisser faire pourtant il le fallait. Elena frissonna, elle avait un peu peur de laisser encore ces souvenirs divaguer et la posséder entièrement, pourtant avait-elle seulement le choix. Son équilibre fragile allait se briser d’ici peu de temps et il fallait qu’Antoine pénètre ce sac de nœud interminable. Elle le fixa et serra légèrement les poings, il lui proposa de rentrer dans son esprit et Elena le laissa parler tout en secouant la tête en signe de négation.

« Je refuse… »

Elle ne pouvait pas. Pas encore. Pourtant Antoine réaffirma qu’elle devait avoir confiance en son prêtre. Elena comprenait ces mots là mais elle ne voulait pas voir Antoine se battre contre des démons qui n’étaient pas les siens, elle ne pouvait pas rester là à rien faire, impuissante. Son esprit était pourtant trop faible et c’était pure folie de croire qu’elle pourrait vaincre seule cette épreuve. Pourtant, d’autres y arrivait. Pourtant, elle savait se montrer combative, alors pourquoi ce mal la rongeait sans lui laisser le temps de répondre. Elle était simple comme une coquille sans volonté, sans capacité. Pourtant…

« J’ai confiance en vous. Mais je ne peux pas vous laissez combattre seul des souvenirs qui ne sont pas les vôtres. Je devrais être capable de les affronter. »

Les larmes venaient rougir à nouveau ses yeux et l’une d’entre elle roula sur sa joue.

*Mais je n’en ait pas la force…*

Sa pensée se propagea en écho dans ce monde, comme si elle l’avait dit tout haut. Elle savait qu’elle ne pourrait rien. Elle baissa les yeux et fixa le sol. Si elle n’avait pas cette force là, elle devait au moins accepter l’aide de son prêtre. Elle avait cette capacité de décision et elle allait avoir le courage de subir ce combat. C’était la seule preuve de bravoure qu’elle pouvait afficher. Elle serra encore un peu plus les poings et releva les yeux vers Antoine, décidée.

« Faites-le ! Mais… »

Elle serra la mâchoire et se détendit d’un bloc. Elle ne devait pas résister. Antoine était prêt à agir et elle le laisserait faire.

« … ne retenez pas vos coups ! »

Elle se posta devant Antoine et le fixa avec fermeté et inspira profondément pour recevoir le choc de la pénétration. La musique qui les entouraient continua de faire son office et tout devint plus sombre encore, comme si le noir pouvait encore être assombrit. Les yeux d’Antoine était la seule lumière qui restait et tout ce petit monde s’effritait pour laisser place aux véritables souvenirs de la jeune femme.

Elena cette fois-ci pourtant restait inactive, les souvenirs étaient comme enfermés dans des pages, des photos vivantes de son passé. La jeune femme ne contrôlait pas l’entrée d’Antoine et elle le voyait enfin arriver dans le cœur de ses souvenirs. Contrairement à la pénétration précédente, Antoine pouvait si il voulait se laisser guider, ou décider du chemin à emprunter. Le monde des réminiscences attendait de voir sa décision pour se recomposer selon sa guise. Elena elle ne pouvait pas bouger et se sentait attacher par un sol inexistant et invisible. Son corps était tenu par des chaînes spirituelles qui l’empêchait d’agir. Tout le contrôle revenait à Antoine. Elle restait sagement dans une posture de soumission évidente, sachant que le prêtre savait ce qu’il faisait. Elle sentait l’entrée dans son monde mais ne souffrit pas outre mesure. Un picotement dans le cœur et puis plus rien. A présent, Antoine pouvait agir en maître.
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MessageSujet: Re: Celle qui avait trop vu   Mer 29 Juin 2011 - 21:01

Les yeux d’Antoine brillaient comme deux torches blanches, alors que toute sa conscience était investie dans cette forme spirite. C’était une aventure dangereuse qui commencerait et ce n’était pas prudent de mettre toute sa force mentale en une seule enveloppe –spirituelle en l’occurrence- cela faisait partie des règles de maîtrise mentale. Le prêtre préférait néanmoins prendre ce risque, considérant que ce qui allait venir serait pour le moins sportif. Un peu comme les montagnards pour des hauts sommets, il connaissait les risques et savait quand on pouvait transgresser certaines limites ou non.

Un envoûtement réussi procédait par paliers, surtout ceux où il fallait respecter le sujet, on le laissait abandonner un à un les contrôles, et on ne forcait pas la procédure, une fois qu’on contrôlait l’esprit de quelqu’un il fallait surtout faire très attention au sentiment de supériorité : avoir l’âme de quelqu’un entre les mains ne nous rendait pas invincibles, elle nous rendait doublement vulnérable au contraire. Et bien qu’il ait soupçonné la présence de démons intérieurs, Antoine Vaudremont n’avait pas plus d’idée sur ce qui minait Elena Mirova, il se jetait dans l’inconnu. Il n’était pas un demi-dieu qui se jetterait dans la bataille, c’était plutôt des adversaires vicieux et sournois qui l’attendaient en embuscade.

Elena était en arrière, déjà bien suffisamment utile en laissant au prêtre l’accès à son âme. Armé de sa seule connaissance, le prêtre prononca alors, de façon désincarnée :

« Par la clairvoyance d’Olrun ! »

Cette petite phrase était moins une incantation qu’un guide pour la pensée. Elle tissait un lien conscient et inconscient entre l’envoûteur et la Walkyrie, dont le rôle initial était justement… de guider les âmes vers le paradis. Antoine était un vétéran en ce qui concernait le contact avec le divin, l’incantation fit immédiatement effet.

Il sentit tout de suite être arrivé dans l’œil du cyclone, comparé au précédent décor qui n’était que théâtre. Pour l’instant rien n’apparaissait, mais les pierres murmuraient un chant funèbre et sourd, et les dalles du sol se réchauffaient comme à l’approche d’un incendie. Il venait, l’orage, il arrivait bientôt. Ce serait peut être une brume froide et rampante qui prendrait des chevilles et qui finirait au cou, ou bien ce serait un grand bras ténébreux qui se jetterait sur sa gorge, ou bien deux yeux rouges et uniques dans le noir qui l’aspirerait…

Noâz Loewenstein, en fantôme désincarné, les yeux blancs lumineux. Ce n’était pas le vrai meneur, c’était la trace de celui-ci, la conséquence de sa brutalité précédente, qui continuait à saccager et remuer en tout sens l’âme d’Elena. Un écho vivace et rongeur qu’il fallait exorciser, à vrai dire le moindre des maux qui accablait la sorcière.

Ce n’était qu’un reflet, Antoine prit la méthode la plus brutale pour l’éliminer : il alla vers lui et le ceintura. Le fantôme gagna en éclat pendant un moment, et Antoine laissa échapper un grognement, mais ensuite le reflet du Noâz Loewenstein envoûtant se fondit peu à peu dans le corps d’Antoine, jusqu’à être absorbé complètement dans l’enveloppe spirituelle du prêtre. Antoine Vaudremont trembla de froid, comme s’il était frigorifié pendant une longue minute, puis il reprit un peu de poil de la bête et ses yeux regagnèrent en éclat, rayonnant plus fort qu’avant. Absorber ainsi l’esprit mauvais était dangereux, voire fatal si l’esprit était trop fort, mais Vaudremont n’avait pas hésité à courir ce risque, et il avait eu finalement raison. Sa foi dans Olrun et son savoir lui permettaient de se remettre rapidement des atteintes spirituelles.

Et il avait pu tout juste se remettre qu’Adal sortit de l’ombre et de la brume. Il avait son grimoire et une lame dans la main, et s’avanca sans crainte vers Antoine, avec un regard mauvais. Le fils traître, le meurtrier, l’assassin. Voilà certainement le véritable démon qui hantait Elena, ou en tout cas le plus virulent. Cet esprit n’était qu’un avatar certes, mais c’était l’avatar de la culpabilité, de l’impuissance, de l’angoisse qui prenait Elena. C’était la véritable cible d’Antoine Vaudremont, ce qu’il était venu chercher ici-bas.

« - Je ne verse aucune larme mère, elles sont depuis longtemps tari face à votre indélicatesse. Je déplore simplement cette réalité, que j’aurai voulue autre, mais comme bien souvent, on ne décide pas de ce que l’on reçoit. Si vous n’avez que ces mots pour moi ce soir, alors ne vous fatiguez pas à me faire parvenir de vos nouvelles, ce sera inutile. »
« Qu’est ce que tu racontes, vile créature ? »
« - Je suis venu pour vous mère, et devant votre accueil aussi glacial, je n’ai plus qu’une chose à faire maintenant. »
« Je ne suis pas ta mère, je suis ton prêtre ! »
« - Je suis venu récupérer le Livre de Lumière. »
« Tu l’as déjà, laisse seulement l’esprit de cette fille tranquille, avatar ! »
« - Je suis désolé maman… »
« NON NE FAIS PAS CA»

Antoine reçut la lame exactement au même endroit où avait été poignardé Alicia Maestriani, née de Sarrebourg. Ses yeux perdirent la moitié de son éclat, et n’irradièrent presque plus. Les blessures spirituelles n’obéissaient pas aux même règles que les blessures physiques, mais elles étaient tout aussi fatales, et Antoine ne savait pas comment les contrer : jamais il n’avait été confronté à des traumatismes aussi forts, dirigés par des esprits aussi puissants. Ce n’était guère que des passions d’adolescents comparées à cette lame spirite plantée dans sa poitrine.

Il avait beau essayer de fouiller dans sa mémoire dans la panique, il ne savait pas quelle technique utiliser, à quelle théorie se fier. Toutes les précédentes fois où il avait marché dans les rêves, il n’avait jamais été en danger de mort, il lui avait suffi d’invoquer quelques connaissances, deux trois « trucs » et les fantômes éventuels disparaissaient. Si cet esprit restait en Elena, elle deviendrait irrémédiablement folle en quelques semaines. Pour Antoine c’était trop tard, et il avait échoué. Rien ne pouvait lui être utile pas même le :

« Savoir d’Olrun »

Il ne s’était même pas rendu compte qu’il avait murmuré ceci. Mais il sentit une différence. Pour commencer, il se rappela ce qu’il devait à la Déesse, et la puissance de celle-ci. Elle n’était peut être pas aussi puissante que le Dieu que les chrétiens se donnaient, mais elle était capable de susciter la Foi, en Elle et en son héritage. Et la Foi, c’était refuser qu’il y ait quelque chose de plus fort qu’un sorcier accompagné de la Walkyrie.

« Savoir d’Olrun. »

Ayant repris confiance en lui et en ses capacités, en ce que la Déesse lui avait révélé, Antoine se raffermit sur ses jambes et ses yeux regagnèrent de l’éclat, irradièrent de nouveau. La lame brilla comme ses yeux, devint invisible un instant puis le flash disparut, et il n’y avait plus rien sur la poitrine d’Antoine, pas même une déchirure sur ses vêtements. L’esprit aux traits d’Adal était étrangement amorphe et sans expression.

« SAVOIR D’OLRUN !! »

Encore une fois ce n’était pas tant une incantation qu’un guide pour la pensée. L’esprit d’Antoine, purifié par la Mort, était comme un relais de la Walkyrie : le prêtre croyait tellement en l’héritage d’Olrun, s’identifiait tellement à la Walkyrie qu’il en était quasiment devenu une : Lévitant dans cet univers, vêtu d’une robe de lumière et les bras écartés, il ne lui manquait plus qu’une lance et un casque ailé. Tout le décor se volatilisa pièce par pièce, les pierres et les dalles emportées vers le ciel comme autant d’oiseaux dorés, dans un vacarme de fin du monde et un grondement d’apocalypse. Tout vibrait, tremblait, convulsionnait. L’image d’Adal grimaca, puis explosa en plusieurs myriades de petits fragments, dissous dans le chaos.

Jamais le prêtre ne s’était senti aussi puissant, jamais il n’avait eu besoin non plus d’autant de puissance. Mais, restant conscient de qui il était, et sentant qu’il était en train de se consumer, de se détruire dans cette débauche de violence libératrice, il chercha le moyen d’interrompre cet état. Pour ce faire, il regarda Elena. Elle fut le point de repère qui le rappela au monde physique.

Il réintégra son corps avec plus de brutalité que ce qui lui était jamais arrivé.


Fini la musique, fini la main sur l’épaule.

Antoine était à terre, respirant difficilement, les mains crispées sur sa poitrine. Du sang coulait légèrement depuis son nez et sa bouche et lui tachait le visage. Il avait souffert, et il lui faudrait longtemps avant de récupérer d’un tel effort. Les démons qui s’étaient abrités chez Elena étaient puissant, et Noâz par-dessus les avaient ranimés et excités. Le prêtre serait mort sans sa foi.

« Elena ? »

Comme elle avait dû souffrir, comme elle devait être libérée. Son esprit avait été le champ d’une bataille qui avait dépassé les prévisions de tous. Le prêtre du lys avait littéralement désintégré ses maux, d’une façon qui n’était pas belle à voir.

« Je suis… »

Il n’arrivait plus à dire une phrase complète, aussi ruiné dans le monde physique qu’il avait été gonflé dans le monde spirituel.

« désolé si je… »

Une grande inspiration difficile, il sentait comme une lame entre les côtes.

« t’ai fait mal. »
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MessageSujet: Re: Celle qui avait trop vu   Mer 29 Juin 2011 - 22:06

Elena suivait chaque mouvement du prêtre et chaque instant passé dans son esprit était intense. Antoine Vaudremont n’était cependant pas un prêtre de pacotille et il était puissant pour avoir obtenu ce rang très convoité. Mais surtout il répondait à certains critères qu’Alicia en personne avait du apprécier. N’était pas prêtre qui voulait. L’homme avait un passé similaire à la jeune femme, ils avaient tous deux quittés la tribu d’Olrun pour venir au Lys et par cela partageait une certaine vision des choses. Elena n’avait auparavant jamais vraiment trop osé l’approcher, parce qu’il était d’un haut rang et qu’elle n’aurait pas voulu le froisser. Mais en vérité, il était bien plus protecteur et agréable qu’Elena l’imaginait. Son appartenance à la classe moyenne faisait peut-être partit de cette façon d’avoir un contact agréable avec les gens.

Lorsqu’il avait pénétré son esprit, la jeune femme avait sentit sa présence mais cela n’avait pas été douloureux et le lieu était stable et paisible tout du moins en apparence. Antoine se méfiait et il avait raison. Elena, à terre sentit la présence nouvelle qui s’approchait. La marque qu’avait apposé Noâz brillait encore. Elena sentit monté la tension en elle avant d’avoir la sensation que des aiguilles de glaces se plantaient dans sa peau lentement. La douleur s’intensifia. Si Antoine avait froid lorsqu’il finit de « digéré » le démon de Noâz, Elena elle avait la sensation de se plonger dans une glaciale. Elle peinait à respirer et son souffle laissa une buée se formé. Tout ceci n’était pas réel, mais pourtant son esprit souffrait bel et bien et elle commençait à s’agiter entre ses chaînes. Antoine avait vaincu la dernière trace de passage et maintenant il pourrait voir la main griffue qui menaçait le cœur de la jeune femme.

Il se présenta sous la forme d’Adal et Elena fit face à une situation qu’elle n’avait pas vécue réellement mais que son esprit avait peut-être perçue sans qu’elle le sache. Elle était proche quand Alicia avait perdue la vie. Elle se battait en cet instant même. Et… Le démon blessa Antoine, devant les yeux d’Elena. Elle cria son nom se démenant dans ces chaînes. C’était idiot, elle ne serait pas capable de rompre le charme ainsi mais elle ne voulait pas causer encore la mort de quelqu’un. Elle se démenait tout en hurlant son nom alors qu’il semblait reprendre des forces et se battre contre ce mal incandescent. Elena ne pu alors réprimer sa douleur et cria. Les griffes avaient atteint son cœur depuis le temps qu’elle le serrait et la délivrance avait la sensation d’une flèche qu’on retirait pour laisser la plaie cicatriser. La douleur lentement lui donna le vertige pendant quelques instants avant qu’Antoine se retira en fixant Elena courbée, rugissant dans sa douleur.

Puis le monde réel. Tous deux tombèrent à terre. Elena avait le vertige encore et ne put se redresser, haletant comme si elle avait combattu avec Antoine. Elle avait encore mal, mais c’était tellement bon. Elle sourit à Antoine pour le rassurer et s’inquiéta bien plus pour lui que pour elle.

« Antoine… »

Elle se hissa tant bien que mal à lui et sortit un mouchoir de sa poche de ceinture. Elle lui tendit pour qu’il contienne la petite hémorragie qui faisait rage en lui.

« Est-ce que ça va ? »

Elle se rapprocha encore de son sauveur en fronça les sourcils, inquiète de son état. Si lui était dans cet état là, alors comment aurait-elle pu vaincre ses angoisses…

« Merci… merci. »
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MessageSujet: Re: Celle qui avait trop vu   Jeu 30 Juin 2011 - 14:35

« Tu es libérée… au moins ? »

Les douleurs passaient une à une, mais à leur rythme. On ne pouvait pas avoir de balafres ou de fractures après une randonnée spirituelle éprouvante, mais la douleur pouvait y être, de façon très crédible. Le temps que tout chez le pratiquant se rende compte qu’on était de nouveau dans le monde physique, c’était une longue et pénible décompression. Laissant ses pensées vagabonder où elles voulaient, Antoine fit l’effort de dire :

« Un peu de repos, c’est tout ce que je souhaite à présent. Trouve-moi un lit, ou une voiture qui me mènera à mon lit, ce sera par…fait. »

Il sombrait par intermittence, luttant contre cette sensation de bien-être quasi divine : le calme après la tempête était à savourer lentement. C’était tout de même une sacrée peste, ce qui traînait jusqu’ici dans l’âme d’Elena Mirova. Alors qu’il était dans une phase de détente, un éclair glacé lui tordit les tripes. Mettant sa main sur son ventre, Vaudremont s’inquiéta et se releva en quinze temps, comme atteint de rhumatismes. L’éclair glacé repassa encore une fois.

« Oui, il faut vite que je me repose. Je n’aurais pas dû l’absorber comme ca celui là. »

C’était un effet secondaire connu de cette technique, plus désagréable que dangereux, mais qui pouvait être la porte ouverte à la possession si on ne se reposait pas en temps en heure. Pas de quoi s’inquiéter, à première vue. Il aurait très vite bien assez de temps pour s’en occuper.

« Fais tes exercices, prends soin de toi, Elena. Après si tu le souhaites, tu pourras affronter Noâz et lui demander des excuses. Dis lui qu’il est passé à côté de la pire saloperie que j’ai jamais rencontré, et que dans son excursion, il a été aveugle pour ne pas voir la peste qu’il a fallu extirper. »


Les mots étaient aigus, mais Vaudremont manquait totalement d’énergie à y insuffler, ils étaient prononcés sans force ni conviction. Antoine Vaudremont était vaguement fâché, peut-être, mais qu’aurait fait Noâz ? Il se serait jeté à la bataille au mépris de sa sécurité ? Paradoxalement, c’était davantage le travail d’un prêtre que celui du Meneur. Si Antoine Vaudremont avait été mis au courant avant, ils auraient à la limite pu faire l’exorcisation à deux, ou bien le prêtre aurait pu mieux se préparer, faire un rituel un peu plus élaboré et plus sûr, se préparer des armes mentales…

« Cette saloperie a failli me tuer mine de rien. »

Et il en riait. Il ne savait pas pourquoi. Peut être parce qu’il était en vie, qu’il avait été plus puissant que l’avatar. Ca fait du bien parfois de mourir un peu pour mieux vivre. Pas évident de penser ceci sur le moment, mais après…
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MessageSujet: Re: Celle qui avait trop vu   Jeu 30 Juin 2011 - 21:43

Si elle était libre? Bon sang oui, elle n'avançait plus dans un brouillard cotonneux, elle sentait le mince filet d'air qui passait dans la pièce. Elle inspirait et expirait sans avoir la sensation qu'on tentait de la briser en deux à chaque mouvement et surtout elle pouvait parler. Pour l'instant elle ne l'admettait pas, mais Noâz lui avait sauver sa raison. Sans lui, elle n'aurait pas été ici aujourd'hui. Mais pour l'instant le "viol" mental était trop présent et laisse ce goût amer et nauséabond.

Elena hocha de la tête pour rassurer Antoine. Elle avait mal, mais moins que lui, contrairement à lui, elle ne s'était pas battu. L'homme était exténué et peinait à rester totalement dans le monde réel. Quand il lui demanda de trouver un lit ou une voiture elle était prête à partir en courant pour trouver un lit ou un moyen de transport. Mais l'état du prêtre était trop peu stable pour qu'il rentre chez lui. Il se crispa soudain, laissant l'effroi s'emparer de la jeune femme en un rien de temps. La "digestion" de son sauveur était semblait-il difficile face au monstres d'Elena. Elle quitta la pièce rapidement une fois qu'Antoine avait cesser de parler.

Il avait rit en annonçant qu'il avait failli passer de l'autre côté. Elena pris ça d'une manière moins amusante. Il aurait pu y passer à cause de tout cela. Elle devait s’entrainer. Plus que jamais, elle comprenait que ces entraînements n'étaient pas assez intensifs et elle se mordit la lèvre en comprenant sa grande infériorité. Elle n'était pas capable de se protéger elle-même, alors comment faire pour protéger les autres. Elle finit par trouver de quoi faire un lit de fortune au prêtre et le rejoignit très rapidement tenant les pans de sa robe et maudissant sa tenue.

Elle l'installa, l'aidant le plus possible à se hisser jusqu'aux quelques couvertures moelleuses et un tapis de paille.

"Ce n'est pas du grand luxe, mais je n'ai que cela."

Antoine finit par s'assoupir laissant Elena seule avec ces réflexions. Ce n'était plus des angoisses, son esprit était sein, mais elle ne pouvait s'empêcher de réfléchir à tout ce qui venait d'arriver et aux conséquences que ça aurait dans sa vie. Elle devait changer d'attitude et il faudrait qu'elle redouble d'attention et d'entraînements pour l'avenir. Sinon elle n'atteindrait jamais son but. Elle confronterait le Meneur, elle lui dirait sa façon de penser et surtout elle bâtirait plus haut que jamais ces barrières mentales. Elle devait apprendre à voir les choses autrement, de façon peut-être plus détaché. Il fallait qu'elle contrôle ces sentiments de bien meilleure façon et ce ne serait pas une mince affaire mais en parlant avec son Aguerrie, peut-être qu'elle évoluerait pour atteindre un savoir et une sagesse plus grande.
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