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 Cadeaux

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MessageSujet: Cadeaux    Dim 31 Juil 2011 - 14:06

Les jours passant, Narcissa mettait un point d’honneur à avoir une mise à défaut d’être irréprochable, correcte. Une chevelure soignée en chignon, une robe de lin lâche, des chaussons en laine bouillie et pour bijou la croix de son père bénie. Depuis sa sortie au Manoir Eléanora-Sun, elle n’osait pas rester debout plus de cinq minutes de peur de fatiguer son corps encore fragilisé par ses blessures, se contentant de passer ses après-midi allongé sur une méridienne, dans la loggia, prétendant que le bon air ne pouvait que la fortifier. En vérité, cette pièce était plus agréable que sa chambre ainsi les gens en visite restaient plus longtemps et puis la vue sur les jardins et la forêt était splendide.
Avant-hier, une visite passionnante d’un ami entomologiste. Hier, une douce journée bercée de confidences inattendues, mais rassurantes en compagnie d’une Duchesse sibylline sur la raison de ces présents. Au petit matin, les paquets furent déposés à ses pieds avec consigne de les transmettre à David Geisler, l’inquisiteur qui avait molesté cette philanthrope quelques mois plus tôt lors d’une arrestation manquée ; mais le désir de le revoir fut plus fort que de céder à la tentation d’expédier ces cadeaux par un Mercure impersonnel et puis il n’y avait rien de mal de le taquiner un peu.

Elle décida de marcher jusqu’à son secrétaire pour écrire une lettre urgente dont Arramon hilare, lui suppliât presque de faire partie de la farce. Ainsi, une heure plus tard, le fils du Second de l’Inquisition forbachoise reçut ce papier des mains d’un intendant aussi blanc qu’un cadavre, tremblant et balbutiant quelques mots sur le nouveau quotidien des malheureuses personnes qui ont subi de telles affaires, sans rien dévoiler de la teneur de cette dernière.

Citation :

Mon David,

Quel fut mon étonnement ! À l’aube, des messagers sont venus frapper à ma porte pour me donner ton courrier. Ils m’ont dit son urgence par la qualité de son expéditeur et tiennent par mon adresse à une plus grande discrétion. Tu devras donc venir chez moi, au plus vite pour traiter cette affaire et étant par la force des événements la confidente, il en va de ton honneur.

Sache que mon amnésie n’a pas tout touché et je serais ton guide sur les règles à appliquer dans une telle épreuve.

Bien à toi.
Ton Hermès.


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MessageSujet: Re: Cadeaux    Dim 31 Juil 2011 - 17:29

L’été approchait et les matins se faisaient de plus en plus exquis, les journées de plus en plus radieuses. David avait dû résister à la tentation de partir en chasse ce matin-là; ce n’était pas encore la saison et la fourrure ne valait rien à cette époque de l’année. Les poils des renards, trop fin, tombaient trop vite pour en faire des vêtements, parures ou tapis de qualité.

La matinée était bien entamée lorsqu’il reçut une lettre des plus amphigouriques. Son courrier échoué chez Narcissa? Car ce fut assurément la petite rouquine qui lui avait écrit, ainsi que le confirmait la mention de son amnésie. Il prit un cheval et se hâta vers Frauenberg sans parvenir à identifier quel mystérieux expéditeur avait pû s’être trompé au point de déposer son courrier chez l’héritière de Saint-Loup. Et visiblement, ce courrier était d’une étrange nature comme l’avait également indiqué Narcissa. Avec une pointe d’appréhension, il demanda à être introduit dans ses appartements, espérant qu’on le laisserait entrer malgré l’état de convalescence de la jeune fille.

Le souvenir de ce baiser, dans la masure secrète dissimulée au cœur des ombres, lui revint en mémoire et une bouffée de chaleur lui fit monter le rouge aux joues. En présence de Narcissa, il ne se sentait plus à l’aise, et il ne parvenait plus à communiquer normalement avec elle. David fut interrompu dans ses pensées par l’arrivée d’Arramon qui vint le chercher pour l’amener à la petite rouquine. Ils échangèrent quelques mots jusqu’à ce que le jeune Inquisiteur ait en face de lui l’adolescente amnésique et toujours marquée par ses blessures, mais qui arborait pour une mystérieuse raison un air espiègle; ses grands yeux pétillaient de malice. A sa vue, David se sentit statufié, comme d’habitude lorsqu’elle apparaissait avec trop de soudaineté devant lui et toujours aussi ravissante. Il se dépêcha de parler avant que sa voix ne paraisse trop balbutiante:

"Qu’est-ce que c’est que cette histoire, Narcissa?"
Il n’avait pas pû s’empêcher de maugréer pour dissiper sa gêne, manquant même à la politesse la plus élémentaire en ne lui demandant pas d’abord des nouvelles de sa santé… mais il ne fallait pas trop en attendre d’un David mal à l’aise et raide comme un manche à balais au milieu de ces luxueux appartements.
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MessageSujet: Re: Cadeaux    Dim 31 Juil 2011 - 19:39

Depuis cette nuit entre douceur et amertume par leur baiser et la peur de la promesse d’une séparation, depuis qu’elle sut son passé « sorcier », Narcissa désirant plus que tout être là pour lui quoiqu’il arrive, doutait de tout laissant suspendre un voile d’incertitude sur leur avenir, tremblant en devinant les tempêtes, craignant d’avoir le cœur brisé si au final son amour ne pouvait avoir la perfection et la profondeur de son ange. Elle souhaita que le temps puisse répondre rapidement à ses questions pour que cette attente soit moins pénible. En attendant, devenir une meilleure personne en ne réitérant pas les anciennes erreurs. Mais étant amnésique, comment les connaître ? Et pourquoi ne pas utiliser cette occasion pour les lui poser directement ?

En repensant au baiser, son cœur battit plus fort et bien plus quand David entra. Elle baissa un peu la tête, touchée en constatant qu’il n’avait pas conscience de son charisme envoutant, rougissante en imaginant d’autres façons de l’embrasser. Son visage, par ce secret, arbora un air espiègle et ses yeux malicieux caressèrent ceux de son ange et là, sa gorge se sécha, ses mains tremblaient et elle fut incapable de bredouiller le moindre mot. Le ton bourru de David la ramena à la réalité, lui permettant d’avoir meilleure contenance. Pense à ta farce, lui dictait son esprit ! Alors d’une voix qui se voulait assurée, elle répondit :


- Bonjour David, je suis heureuse de te voir. La personne qui m’a confié cette mission est celle que tu as bousculée lors de l’arrestation de tu-sais-qui. Je suis navrée de ne point avoir la possibilité de te répondre de suite, mais les ordres de cette noble sont stricts. Je ferrais au plus vite.

Elle se redressa, s’éclaircit la gorge, croisa ses jambes, décacheta une lettre et poursuivit:

- Consigne première, voir s’il est toujours bourru. C’est fait… Consigne deuxième, lui poser des questions sur les responsabilités et si les réponses satisfont Hermès, lui donner les paquets selon les marques sur les étiquettes. Les questions sont au troisième paragraphe de la page vingt-six.

Elle chercha la page indiquée (enfin dans le tas de pages vierges) et commença sans lui adresser un regard de peur de ne plus pouvoir parler.

- Pensez-vous que tout être mérite une seconde chance ? Pourquoi ?

Arramon les observa amusé, puis se questionna par leurs attitudes gênées, les mêmes qu’avec Matilina quand il l’avait… Stupéfié, il ouvrit grand la bouche, regarda Narcissa pour avoir une confirmation et voyant ses joues encore plus rouges, il déglutit. Dans la liste vertigineuse des prétendants de l’adolescente, David était le pire de tous ! Oh ! Elle ne pouvait pas choisir meilleur homme mais il avait de biens grands défauts : roturier, sans le sou et d’une petite famille. Et bien, si leurs sentiments étaient confirmés, cela allait lui donner bien des tracas.


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MessageSujet: Re: Cadeaux    Dim 31 Juil 2011 - 20:02

La gêne de David était visiblement partagée, malgré son air malicieux les joues de Narcissa étaient rouges et son regard orienté vers le sol. Ce comportement acheva de le rendre mal à l’aise; le jeune homme aurait été plus naturel si la petite rouquine s’était comportée comme si rien de s’était passé, mais son expression timide confirmait bel et bien que cette mystérieuse alchimie entre eux n’était pas un rêve. Mais tous deux avaient peur, peur de la suite, peur de ce qu’il pourrait advenir au premier pas.

Pour l’heure, les préoccupations de David étaient cependant plutôt orientée vers ce mystérieux courrier. Il s’empourpra et prit un air indigné lorsqu’il s’aperçut, aux paroles de Narcissa, que tout ça n’était en fait qu’un test orchestré par la Duchesse des Deux-Ponts à qui il avait si mal parlé quelques temps auparavant –ce qui lui avait valu, entre autres raisons, un sermon mémorable de Cassandra de Saint-Loup. Il eut peur, l’espace d’un instant, que ce test soit en fait des représailles déguisées de la part de cette dame haut placée. Quel piège lui tendait-elle? Il sut qu’il n’y avait pas de danger immédiat à l’expression amusée d’Arramon et de Narcissa, mais il demeura méfiant.

Page vingt-six? David écarquilla les yeux. Mais enfin, qu’était donc cette liasse et ces questions embrassantes? Une humiliation destinée à lui faire comprendre son comportement odieux? Il coula un regard à Arramon et s’aperçut sous le choc que celui-ci arborait également un air hilare.

"Vous êtes de mèche?" souffla-t-il avec la sensation d’être coincé. "C’est quoi, un complot pour me faire tourner en bourrique?"

Il hésita un instant à partir et planter là les deux conspirateurs sans autre forme de procès, mais la curiosité le dévorait maintenant. Il tâcha donc de chercher à la question une réponse qui aurait convenu à la Duchesse. De plus, cela lui donnait une nouvelle occasion de voir Narcissa, d’observer son air si bravache, l’attitude pleine de légèreté avec laquelle elle s’était assise les jambes croisées alors que cette pose était d’habitude réservée aux femmes mariées.

"Hé bien, je ne sais pas. Sans doute, mais uniquement si son repentir est sincère. Pour qu’il puisse ne pas commettre les mêmes erreurs que dans le passé."

David avait pris sur lui pour sortir ces phrases et ce ton philosophique, aux antipodes de son élocution habituelle. Il ne pensait d’ailleurs pas vraiment ce qu’il disait: il existait certains agissements que lui ne pourrait jamais pardonner, auxquels il ne pourrait jamais donner une seconde chance.
Exemple type: l’Agent du Diable.
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MessageSujet: Re: Cadeaux    Dim 31 Juil 2011 - 21:42

Arramon se retint d’éclater de rire en voyant David apeuré. Il toussa pour garder un peu son sérieux et se mordit la lèvre quand ce dernier demanda si cela n’était pas un complot pour le faire tourner en bourrique. Narcissa respira bien fort et répondit faussement indignée :

— Évidemment qu’on est de mèche ! Sinon je ne serais point la réincarnation d’Hermès pour t’aider ! Je te le répète, nous suivons des consignes strictes et notre air amusé est pour exprimer notre joie de te voir.

Arramon toussa et riant un peu, renchérit :

— Oh oui, on est vraiment content que tu sois là. Oh bon Dieu !

Il respira bien fort et se calma un peu en se disant que leur farce lui serrait utile pour connaître l’amoureux de sa protégée. Était-il digne, fort, honnête, héroïque et aussi pieux que feu Amaël de Saint-Loup ? Était-il noble de cœur ? Magnanime ? Rusé ? Compréhensif ? Ouvert d’esprit ? Avec un sens de l’humour ? Lâche ? Serait-il en fin de compte, de la trempe des de Saint-Loup ? Avait-il l’étoffe pour marquer l’Histoire ? Ne serait-ce de son village ? Mais la question la plus importante était sur l’étendue de son nouveau travail et des mesures à prendre pour les protéger.
La réponse de David lui plus à moitié prouvant qu’il avait un tempérament à se dérober par cette façon détournée de demander une protection. Il semblait craindre, à juste cause, la colère de la Duchesse, mais un de Saint-Loup, même de cœur, n’aurait jamais donné une telle preuve de faiblesse. Narcissa pourtant semblait satisfaite et joyeuse, continua :


— Arramon, étiquette trois. David tu as droit à deux indices. Le premier est, fragile, sans ton amour, je n’existe pas. Le second est dans ce paquet.

L’intendant se dirigea vers une table, prit le cadeau et le tendit à David avec un regard un peu méfiant. Le contenu était deux bols, un en olivier et un en grès. Narcissa avait fait preuve d’intelligence en commençant sur une seconde chance, mais ferait-elle de même pour la prochaine question ? Elle se concentra et poursuivit :

— Êtes-vous protecteur envers les êtres fragiles et inconnus ?

Arramon tendit une oreille attentive, car indirectement, David allait lui révéler s’il était hospitalier, une des plus grandes qualités d’Amaël.

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MessageSujet: Re: Cadeaux    Dim 31 Juil 2011 - 23:08

L’état de choc de David céda peu à peu le pas à l’amusement contagieux transmis par les deux conspirateurs, surtout lorsqu’il vit Arramon mobiliser toutes ses forces pour se retenir, avec bien peu de succès, d’éclater de rire. Ah, quelle que fut la surprise préparée par la Duchesse, elle se jouait bien de lui en tout cas! Le jeune homme tenta de conserver son sérieux et de se concentrer sur le test, qu’il avait déjà l’impression de méchamment foirer; d’autant que le domestique et ami de Narcissa l’observait maintenant avec un air étrange. Il guettait certes les réactions de David au test, mais il y avait autre chose de plus inquisiteur dans son regard et dans son attitude. Le jeune Geisler déglutit, de plus en plus embarrassé et redoutant le moment où la mascarade prendrait fin en apothéose.

Narcissa en tout cas semblait satisfaite de sa réponse hasardeuse, car elle lui fit transmettre un paquet dans lequel se trouvait deux bols. Il les souleva, les soupesa et les manipula, de plus en plus déconcerté et perdu malgré les indices de la petite rouquine qui ne parvinrent pas à le mettre sur la voie. Etait-ce de l’art? Lui demandait-on de prendre soin d’objets de valeur anciens? A part observer sans fin le fond des écuelles vides ou les placer sur sa tête pour se donner l’air exotique, David ne sut que faire.

La question de Narcissa eut le même effet que la précédente: il ne sut que dire. Pour répondre avec franchise à une telle question, il aurait d’abord fallu qu’il se mette dans la situation décrite. Le jeune homme était quelqu’un de sanguin, ses réactions pouvaient être assez aléatoires; il ne pouvait prévoir quelle réaction il aurait face à telle situation. En jetant un coup d’œil à Arramon, David avait vu qu’il l’avait déçu concernant la précédente question. Mais il était ainsi, il ne fallait pas trop lui en demander, surtout maintenant qu’il avait l’impression de marcher sur des œufs.

"Je ne sais pas, moi" ronchonna-t-il. "Oui, sans doute." Il pensa au corps meurtri et brisé de Narcissa, découvert sur la route, son esprit sans mémoire. Etre fragile et inconnu… "Oui, sans aucun doute."

Il guetta avec angoisse la réaction des deux autres protagonistes. Attendaient-ils de lui quelque chose d’autre? A tout hasard, il souleva un des bols et demanda en indiquant le récipient, tout en ayant la sensation de paraître parfaitement idiot:

"Je peux avoir de l’eau?"
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MessageSujet: Re: Cadeaux    Lun 1 Aoû 2011 - 0:10

A la réponse de David, Narcissa fut gênée. Et s’il ne l’aimait pas ? Car il venait indirectement de lui dire qu’elle était une personne fragile et inconnue. Si ce baiser n’était qu’un adieu à celle qu’il avait vraiment connue ? Non, non ! S’il ne l’aimait pas jamais il lui aurait rendu visite, il n’y aurait pas non plus ce lien invisible entre eux, ni cette peur de faire souffrir l’autre. Narcissa attendrie, lui adressa un sourire d’encouragement et hocha timidement la tête pour le remercier de l’avoir sauvé.

— Arramon le paquet numéro cinq. Tu as deux autres indices. Si tu es le maître juste et doux, tu es le dominant sans cela, point de respect.

Arramon lui tendit un autre paquet contenant un grand panier en osier tressé. Quand son ange demanda de l’eau pour le bol, une lueur de sagesse illumina les yeux de Narcissa. Elle regarda Arramon, l’air de lui dire qu’en fin de compte elle remportait ce moment de la partie. Il allait trouver, c’était évident ! Elle savait qu’en recréant les conditions de leur première rencontre c'est-à-dire en effaçant tous ses repères, l’intuition de David d’une rare efficacité le conduirait vers d’autres pistes, toujours vers la vérité. En effet, l’un des bols doit être rempli d’eau.
Arramon se posa des questions. Narcissa par cette farce voulait-elle lui faire passer un message ? Prouver que s’il n’avait pas les qualités d’Amaël de Saint-Loup, il en avait d’autres tout aussi, estimables ? Où voulait-elle lui montrer ce qu’elle aimait déjà chez David ? Il renifla décontenancé par l’attitude de la jeune femme totalement inédite. À moins que simplement, elle tînt à ne point perdre son pari. Après tout, chanter un éloge avec un accent italien pendant son anniversaire habillé en Arlequin, avec une danse des perdants (au combien ridicule), sans rire, n’était pas une chose aisée… Arramon posa sur leur table un pichet d’eau, plus curieux que jamais. Narcissa encore plus souriante, poursuivie cette fois-ci par une question écrite réellement par la main de la Duchesse et qui résumait parfaitement les deux autres :


— Narcissa a été votre sœur et le restera. Narcissa a été votre amie et le restera également. J’ai été une inconnue faible et fragile comme Narcissa. Pourquoi a-t-elle eut un traitement de faveur ? Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, mais pourra vous servir plus tard et je l’espère à devenir meilleur.

Elle le regarda désolé car jamais dans sa farce elle n’aurait posé une telle question. Mais sa véritable tâche était de faire un rapport sur les réactions de David face au dernier paquet et à cette interrogation. Si seulement, Narcissa pouvait lui dire que cette femme admirable commençait à l’apprécier et ne voulait pas lui faire de mal. Et puis, moins hilare, elle craignit la réponse de David se demandant si la vérité allait lui faire mal. Pourvu qu’il ne mente pas !

Arramon en voyant ce spectacle éclata de rire.


- Ah ! Cette Duchesse alors ! C’est vraiment bonne maman !

Narcissa le regarda et commença à avoir un fou rire, sans en comprendre la raison.

— Voici le secret des plus grandes séductrices ! Des blessures et le tour est joué !

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MessageSujet: Re: Cadeaux    Lun 1 Aoû 2011 - 0:38

Une nouvelle fois, il eut l’impression de ne pas répondre correctement, et ce fut non pas Arramon mais Narcissa qui arbora un air inquiet ou gêné. David se sentit honteux de son incompétence; quelque fut la nature du test, il s’était manifestement fourvoyé, ne se montrant pas assez ferme ou protecteur. Ses yeux se perdirent un instant dans le vague lorsque la petite rouquine lut les quelques lignes écrites de la main même de la Duchesse des Deux-Ponts. Et dans un instant où l’humilité aurait dû prévaloir, le jeune homme ne put s’empêcher de se montrer un soupçon irrévérencieux et trop détendu une nouvelle fois:

"La Duchesse, une inconnue faible et fragile? Elle veut me faire mourir de rire?" demanda-t-il en retenant à grand peine son hilarité ironique en repensant à la forte corpulence de la femme qui, si elle l’avait voulu, aurait pu sans peine écraser et étouffer David sous son poids.

Il se rabroua intérieurement pour son arrogance; voilà qui n’allait pas jouer en faveur de sa réputation. Et puis les propos de cette femme haut placée n’étaient pas après tout dénués de toute logique. C’est vrai: pourquoi avait-il traité Narcissa comme l’être le plus précieux, alors qu’il avait molesté la Duchesse? La réponse était simple: il aimait Narcissa comme un fou. Mais cela ne justifiait pas une telle différence de comportement. Il avait eu tort… le jeune homme se sentit très bête.

"J’ai été stupide" confessa-t-il, plus efficacement qu’avec n’importe quel sermon. Comme quoi crier sur David n'était pas forcément la bonne méthode... Décidément, cette femme était beaucoup plus intelligente et protectrice que ce à quoi il s’était attendu en la voyant glousser et se trémousser comme une nobliotte superficielle. A ce moment-là seulement, il comprit: les deux écuelles, le panier d’osier, le terme « maître »… la Duchesse lui avait envoyé… un animal?!? Le teint de David pâlit légèrement et il recula d’un pas.

"Narcissa, ne me dis pas que…" Mais la petite rouquine était ainsi qu’Arramon occupée dans de grands éclats de rire. Le jeune homme fronça les sourcils et protesta, tel un gamin dont on se moque: "Ce n’est pas drôle du tout!!"
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MessageSujet: Re: Cadeaux    Lun 1 Aoû 2011 - 15:03

Arramon fronça les sourcils en entendant la moquerie sur la Duchesse et adressa un regard mécontent à sa protégée qui, pour le rassurer, fit un clin d’œil. Il renifla encore une fois, décidément elle était de plus en plus difficile à comprendre. Parce que c’était une bonne réaction, ça ? Jamais il n’aurait osé, même imbibé d’alcool, un tel manque de respect !
Alors Narcissa observa attentivement son ange, espérant qu’il reviendrait sur ses paroles. Les secondes passèrent, silencieuses. La jeune fille le dos vouté, se demanda si son intuition était bonne. Une petite voix lui murmura de ne pas avoir peur, car, pour une personnalité fière revenir sur ses paroles prenait du temps, d’avoir confiance en lui parce qu’elle l’aimait et surtout suivre les instructions de la Duchesse.

David revint sur ses mauvaises actions et se confessa. La jeune femme heureuse voulut lui dire qu’il dépassait, en ce moment même, les espérances de la philanthrope, mais se ravisa. N’ayant plus d’autres questions à poser, il devait passer la plus grande épreuve de ce test et son mal-être était sa plus grande qualité pour avoir des réactions saines. Arramon visiblement plus détendu, quelque peu satisfait, osa une blague qui fut enchérie par sa protégée et commença ainsi une petite joute. Puis David recula d’un pas, tant la peur l’avait fait sursauter ce qui fit rire encore plus la jeune femme. Il avait compris enfin le contenu du dernier paquet. Elle se tenait le ventre et tenta de bredouiller quelque chose, Arramon tenta alors de traduire.


- Mon... pauvre, tu ne sais pas dans quoi tu t’em...barques ! Mais si, c’est très drôle, bien au contraire ! Faut absolument qu’on te mon...tre parce que sinon, je crois que je vais mou...rir de rire.

Son intendant décida pour ne pas la fatiguer, de la prendre dans ses bras, d’un coup de pied ouvrit la porte et traversa un couloir dont le sol était tapissé de vases brisés, de fleurs piétinées et de plumes de poules. Narcissa posa sa tête sur son épaule en pleurant de rire et quand ils arrivèrent devant la porte d’un autre petit salon, la jeune femme ouvrit la porte. Il y avait de la terre un peu partout. La pièce était grande, accueillante d’une décoration plus simple, mais était particulièrement bruyante par sa meute de chiens aboyant joyeusement derrière un canapé accompagné de quelques couinements. Car il se cachait un chiot adorable, penaud dans son recoin de pièce, tremblant au moindre bruit, tout sale et sur son museau une petite pyramide de terre.

- Eh ben ! Il a encore fait des miracles ton chien David !

Arramon riait à en perdre haleine et Narcissa en essuyant ses larmes dit :

—Voici les dernières paroles de la Duchesse. Mais mon vœu le plus cher, cher inquisiteur, est que vous compreniez l’étendue de votre mission par ce présent. Si vous avez besoin d’aide financière ou de réponses quand à ces cadeaux, vous pouvez alors me compter par mis vos amis les plus dévoués. La race de votre chiot est encore nouvelle et je pense que leur caractère puisse vous convenir, c’est un épagneul breton dont ses parents sont les plus beaux, robustes et intelligents qu’on puisse espérer. Prenez-en soin. Alissa.

Narcissa regarda David quelque peu inquiète, craignant que cette fois-ci, il s’enfuit pour de bon.

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MessageSujet: Re: Cadeaux    Mar 2 Aoû 2011 - 20:38

David sentit bien que sa réaction insolente ne plaisait pas du tout Arramon –pour autant, c’était précisément ce qui creusait la différence entre ces deux hommes pourtant d’honneur et de parole. Mais même en manquant verbalement de respect à la Duchesse, il ne pouvait que la respecter mentalement, de par ce test aux brillants résultats: elle avait réussi à lui faire admettre ses torts alors même qu’elle n’était pas présente dans la pièce et que Cassandra de Saint-Loup ainsi que deux semaines de mise à pied avaient échoué dans cette tâche.

Les réactions apparentes sur le visage de David devaient être singulièrement drôles car Narcissa comme Arramon se tordaient maintenant de rire. Il les suivit consterné dans le couloir puis découvrit cette pièce où s’ébattait joyeusement un petit troupeau canin; derrière un sofa, un chiot à l’air tout timide se tenait.
David pâlit un peu plus et recula d’un pas en voyant l’animal. Sa petite bouille était si adorable qu’il devait fournir des efforts pour ne pas se ridiculiser en poussant des soupirs d’extase. L’envie de prendre dans ses bras cette petite chose douce et fragile était impérieuse; pourtant, l’inquisiteur leva les mains comme pour se défendre d’une accusation, et secoua la tête en signe de dénégation.

"Non… non" dit-il en entendant les mots « ton chien » résonner sans fin dans son esprit. "Pas possible. Je ne saurai pas m’en occuper, ça ne peut que rater."

Gérer une arrestation de sorcières, un mouvement de foule, une troupe sous ses ordres? Facile. S’occuper d’un chiot? Beaucoup plus dur, du moins pour David et son sens des priorités quelque peu inversé. Mais à la vérité, il avait l’impression que par ce présent on lui demandait de prendre soin de Narcissa. C’était le test de la Duchesse, mais il avait aussi l’impression qu’Arramon le testait pour voir si David était digne de sa maîtresse… or David n’avait pas postulé pour cela, il ne se sentait pas capable d’assumer. En voyant les responsabilités arriver en masse, il fit ce qu’il avait toujours fait dans la vie: il s’enfuit au galop.

"Non, il y a erreur sur la personne" déclara-t-il fermement en reculant d’un pas supplémentaire, ayant presque atteint la porte, et devant lutter de toutes ses forces pour ne pas prendre dans ces bras cette boule de poils plus adorable que toute autre chose au monde.
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MessageSujet: Re: Cadeaux    Mar 2 Aoû 2011 - 23:46

Voyant David paniquer, le cœur de la jeune femme manqua un battement. Non, non, non ! Il ne devait pas avoir peur, il fallait une solution, n’importe quoi ! Comme un cri du cœur, elle lança :

- David, tu es capable, je le sais !

Que dire d’autre ? Un argument ? Son expérience ? N’importe quoi ?

- Je me souviendrai toujours de notre nuit… Quand ?

Nous nous sommes embrassés après avoir dit que… pourquoi avoir parlé de cette nuit irréelle. Quelle idiote ! Maintenant courage et suivons ce que dictent cœur et esprit. Respire et lance-toi !

- J’ai appris que j’avais une famille et des amis. Je me pensais incapable de prendre de telles responsabilités de peur de mal faire, de ne pas vous aimer. Tu as souri et expliqué que des gens qui nous aiment ne vous jugent pas et que nous formions un tout, avançant pas à pas pour construire notre avenir. Il arrivait de faire des erreurs, mais cela n’était pas important parce que nous étions ensemble, malgré tout. David, j’ai eu très peur les premiers jours dans ces appartements avec des inconnus, mais avec tes paroles j’ai compris le sens du mot famille. J’ai fait beaucoup d’erreurs et personne ne m’a jugé, au contraire, on m’a compris, et aimé bien plus. Mon amnésie a peut-être détruit certaines choses, mais pas l’amour que je vous porte. Je pense qu’une famille partage les bons et les mauvais moments de chacun de ses membres, ensemble. David, tu n’es pas seul, tu es de notre famille et on sera là pour t’aider. On fera des erreurs, mais je suis certaine qu’on réussira.

Elle regarda Arramon, essuya une de ses larmes et de ses bras l’enlaça. Pour les épreuves traversées comme pour le remercier, car sans son aide, elle n’aurait pas pu guérir rapidement.

-Grâce à vous deux, j’ai beaucoup progressé. Tu vois, je ne suis pas si différente de cette adorable boule de poils et tu n’as pas raté !

Puis Arramon, un regard en coin ajouta :

-Voyons David ! Tu as accompli un exploit. Tu as dressé la plus terrible des bêtes de Forbach, Narcissa de Saint-Loup ! Ma foi, un chiot ce n’est rien du tout.

-Oh ! Mais c’est que… ce n’est pas ce que tu cro… Je ne suis pas une bêt… Oh !

Narcissa rougissante comprit que son intendant était au courant pour leurs sentiments, voulu bredouiller un mot et quand elle le vit rire, ne put s’empêcher de sourire bêtement.

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MessageSujet: Re: Cadeaux    Mer 3 Aoû 2011 - 1:09

La tirade à la guimauve de Narcissa gêna David au point qu’il sente ses joues le brûler, et doive se tourner de l’autre côté afin de dissimuler son visage ardent aux deux conspirateurs. C’était la première fois qu’ils parlaient à cœur ouvert depuis cette fameuse nuit –et heureusement qu’il y avait un autre témoin dans la pièce, sinon, le jeune Geisler serait sans doute mort d’embarras…

Mais Narcissa avait raison. Son état après la seconde agression de l’Agent du Diable allait bien au-delà de la déprime; pourtant, elle avait retrouvé le courage de vivre. Sa bravoure, sa légèreté, sa joie étaient telles, que David se sentit fondre de fierté et d’amour pour cette fleur si fragile et pourtant si forte. Sans s’en rendre compte, appuyé par les paroles d’Arramon, il fit un pas vers le chiot, puis deux, jusqu’à arriver à sa hauteur. Il finit par s’accroupir et tendre une main vers l’animal qui secoua son museau afin d’en chasser la terre accumulée.

Un instant de silence tendu plana dans l’air, attendant de voir ce qu’il allait advenir ensuite.

Le chiot renifla quelques secondes la main de David et, ouvrant la gueule, mordit joyeusement dans la chair tendre des doigts.


Le jeune Geisler n’émit pas un son, pas même un murmure, et resta impassible. En réalité, c’était à peine si il avait senti la morsure tant ses pensées étaient obnubilées par la similitude entre ce petit chiot fragile et l’état dans lequel il avait retrouvé le corps brisé de Narcissa. Au bout d’un moment, les crocs de l’animal toujours fichés dans la main, il tourna son regard vers la petite rouquine et montra le canidé d’un signe de tête:

"Il te ressemble, tu ne trouves pas?" Le rire de David était franc et joyeux. Il retira sa main de la gueule du chiot et l’attrapa sans tenir compte des jappements outrés de l’animal qui se tortillait sans ses bras. Après quoi David le cala bien au creux de ses bras et lui gratouilla la tête; à sa grande surprise, le chien finit par s’apaiser.

"Son nom…" Le regard de l’inquisiteur se posa sur le pelage de la bestiole, d’un doux blanc crème orné de tâche fauves, aux teintes presque vénitiennes. Une couleur bien familière, puisqu’il l’adorait comme un fou… Il savait exactement quel nom donner à son nouvel ami, mais eut peur et honte de se trahir en le révélant à Narcissa et Arramon; David se tut donc en dissimulant son visage sous ses mèches de cheveux, se contentant de gratter le ventre du chiot qui se tortillait de nouveau entre ses bras.
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MessageSujet: Re: Cadeaux    Mer 3 Aoû 2011 - 23:20

Narcissa retint son souffle. Sa petite voix lui hurlait d’avoir confiance, mais bon, cela n’avait jamais enlevé le suspense. Et quel suspense ! Alors, comme dans un livre pour faire peur, la jeune femme se pencha pour mieux voir, les yeux écarquillés. Le chiot renifla la main de David pour mieux la croquer ! Narcissa mima un « ouille », se recroquevilla un peu (car Arramon la tenait fermement) et eut mal pour lui. David perdu dans ses pensées ne hurla pas. Narcissa le savait fort avec un sang-froid admirable. La preuve ! Quelques secondes plus tard, il en profita pour faire une blague. Elle voulut répliquer, mais…

Elle se rendit compte que dans sa tirade mielleuse, elle avait tendu le bâton pour se faire battre. Oh ! Juste assez pour transformer la parole en rire, de ces propres travers surtout depuis ces derniers jours. A son tour donc d’apprendre sa leçon. Tout aussi perdue que ce chiot, elle avait mordu toutes les personnes qui l’avaient approché, sans tenir compte de la douleur engendrée. Sans tenir compte de la zizanie mise dans la vie de sa tante et de sa mère. Un être humain c’était en fin de compte une alchimie bien compliquée. Après tout, Narcissa était un drôle d’animal avec des mœurs tout aussi étranges, bien plus depuis son amnésie. Elle comprit alors que son décalage ne pouvait pas convenir à tous et pouvait même blesser. Il fallait alors changer, se montrer plus doux, ouvert d’esprit et aimant que jamais, comme éviter de mettre trop de miel dans ses paroles. Alors de tout cela qui l’a dépassait un peu, elle ria et fit une moue pour dire qu’il avait raison dans un sens.

Visiblement, David commençait à aimer son cadeau et lui pardonnait déjà le mal engendré. Bien plus amoureuse, Narcissa se mordit la lèvre. Son regard oscillant entre le chiot et son maître. S’il y avait bien une chose qui pouvait la faire craquer encore plus, c’était bel et bien sa façon de prendre des responsabilités. Elle en était incapable d’expliquer le pourquoi du comment sauf peut-être l’aura de son ange quand il est plus serein ou la façon dont il réussissait à la faire rire ou bien sa façon de caresser son chiot… Il avait de si belles mains et puis il… Non, mais, qu’est-ce qu’elle était en train de penser ?

Mais ! Il n’a pas dit le nom du chiot ! Sa phrase s’est coupée entre temps. Arramon poussé par la curiosité demanda :


- Quel est son nom ?

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MessageSujet: Re: Cadeaux    Jeu 4 Aoû 2011 - 0:50

David sentait son cœur fondre. Elle était tellement adorable, cette petite boule de poils vivante et chaude qui se tortillait entre ses bras. Une nouvelle fois, il gratouilla le chiot sur le ventre et lui prodigua de longue caresse sur la tête et l’échine, savourant le toucher très doux de ses oreilles sur le dos de son doigt.
En levant la tête, il remarqua que les joues de Narcissa avait pris derechef une teinte rouge tomate. Et en sentant qu’il était l’objet de cette gêne, il fut encore plus gêné à son tour. Décidément! Narcissa et lui ne parviendraient jamais à se décoincer! Il n’avait jamais ressenti cette sensation, sauf avec une seule personne. Une personne qui était morte depuis six ans maintenant.

Ce fut Arramon qui le tira de ses pensées. David ne pouvait pas esquiver cette fois-ci la réponse à la question; ç’aurait été un affront à la politesse. Il garda obstinément les yeux rivés au sol et marmonna d’un air embarrassé:

"Erythrós…" le mot indo-européen à l’origine de la racine latine ruber, rouge, et par extension… roux. Une telle culture était étonnante de la part de David; par contre, elle ne le serait pas du tout de la part de Narcissa qui, en tant que noble, avait bénéficié d’une excellente éducation. Par conséquent elle ne manquerait pas de saisir l’allusion à la couleur de ses cheveux, et c’était pour cela qu’il avait pas voulu se trahir… Autant accrocher des banderoles "je t'aime Narcissa" à toutes les fenêtres de Forbach!!

Terriblement gêné, il prit son chiot qui avait l’air maintenant somnolent, ainsi que ses deux écuelles, et fut sur le point de filer prestement vers la porte:

"Bon, euh, ce n’est pas que je m’ennuie, mais il faudrait que j’y aille. J’ai beaucoup de choses à faire" mentit-il –ce que Narcissa n’allait sans doute pas tarder à réaliser, grâce à cette étrange connexion qui avait toujours existé entre eux et qui, dieu soit loué, n’avait pas disparu même après l’amnésie.

"Narcissa, Arramon… on peut dire que vous m’avez bien eu!"
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MessageSujet: Re: Cadeaux    Dim 28 Aoû 2011 - 0:20

Elle voulut bredouiller quelques mots, mais sa gorge se noua. La timidité de Narcissa monta d’un cran en comprenant l’allusion cachée, montrant qu’en fin de compte leur baiser comptait réellement et ne résonnait pas en l’esprit de David comme une bêtise dû à l’alcool. Elle avait enfin la véritable explication sur sa gêne et bien que cela la rassura en partie, elle comprit alors qu’il se jouait entre eux quelque de chose de sérieux et cela la terrifia.
Cela aurait duré quelque temps encore si ce dernier n’avait pas cherché un prétexte pour s’enfuir. Des affaires importantes ? Vraiment ? Non, mais, quel menteur ! S’il croulait vraiment sous le travail, il ne serait pas là, non ? Pourquoi ne pas dire simplement qu’il voulait partir ? Elle ne lui en aurait pas voulu bien au contraire. Oh ! Mais il était peut-être timide ? Il avait peut-être envie de quelque chose de plus calme ou distrayant ? Une invitation à déjeuner pourrait briser la glace, peut-être ? Alors l’air un peu malicieux, elle déclara :


- Quel dommage que tu sois si occupé. J’avais préparé avec Fabien et Christiane de bons petits plats, toute la matinée et je me faisais une joie de ce déjeuner. Quel dommage pour ce pauvre plat de bœuf mijoté dans une cocotte pendant des heures durant, avec un peu de vin et des petits légumes, pour cette tourte au poulet et aux petits lardons, pour cette tarte aux fraises des bois avec sa crème fouettée. Que faire maintenant de toute cette nourriture, toute seule, sans personne avec qui la partager ?

Elle soupira, fit une mine attristée et haussa mollement les épaules.

- Il y en a beaucoup trop pour moi qui a un si petit appétit… Pauvre de moi… En plus, on m’avait dit que tu aimais le vin et j’ai trouvé un petit de bonne réputation et de mon pays ! Mais je ne pourrais pas le boire, je suis bien trop jeune. Qu’en faire ?

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