AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Saluer l'héroïsme

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Sergent
Sergent
avatar


MessageSujet: Saluer l'héroïsme   Mer 10 Aoû 2011 - 22:11

Etrange lieu que ce manoir dissimulé au cœur des bois.

David n’y avait jamais mis les pieds, et ne l’aurait sans doute jamais fait si il n’avait pas eu une très bonne raison. Il connaissait sa propriétaire, Elena Mirova, une jeune femme séduisante sur laquelle il avait un temps envisagé de jeter son dévolu avant de s'apercevoir qu'ils ne se croisaient pas du tout, et qu’elle ne semblait pas disposer à lui adresser plus que de l’indifférence ou des regards méprisants. Elle devait faire partie de la catégorie de ces nobles guindés qui ne veulent frayer en aucun prix avec les petites gens, ou bien –car cela existait encore- de ceux qui détestent les inquisiteurs.
Quoi qu’il en fut, situer ainsi la demeure familiale paraissait une lubie aux yeux de David. Etait-ce dans le but de s’éloigner des tourments qui hantaient Forbach? Si tel était le cas, cela ne devait pas fonctionner bien efficacement…

Le jeune homme parcourut la schwarzwald d’un bon pas en faisant un crochet par l’étang de Diefenbach, qui lui rappela certains souvenirs de baignade nocturne. Puis il atteint finalement le manoir des Mirova en début d’après-midi, sous un clément soleil de printemps. La température était encore fraîche mais la nature emplie de renouveau et les premières chaleurs arrivaient par petites vagues ponctuelles.

David demanda à être introduit auprès de sœur Béatrice. Ce fut assez long, car il était inconnu en ces lieux et dut justifier de son identité; heureusement, dès qu’il déclara être un inquisiteur et collègue de la demoiselle, on le laissa passer, avec des regards méfiants et une déférence calculée et craintive. Les armées du seigneur continuaient d’inspirer la crainte chez une partie de la population… pourtant, ils étaient là pour protéger ces gens des sorcières, diantre!

Le jeune homme fut finalement conduit par un domestique dans un boudoir où il patienta de nouveau, puis dans une grande pièce aérée, ensoleillée et agréable. Sœur Béatrice reposait là, dans un grand lit confortable et calée sous une tonne de coussins et d’oreillers moelleux. Un sourire de compassion et de tendresse naquit sur le visage de David à la vue de son amie.

"Hé" la salua-t-il en s’approchant.

C’était la première fois qu’il la voyait depuis plusieurs semaines, car l’état de la jeune femme avait nécessité beaucoup de soins et de repos. Quoi de plus normal, après tout, puisqu’elle avait terminé avec une lame fichée dans l’omoplate… Heureusement, l’intervention de Sandrine Delacroix avait fait des merveilles et les jours de Béatrice n’était plus en danger. A ce moment-là seulement, David se rendit compte qu’il s’était rongé les sangs pour la santé de son amie; heureusement, il parvint plutôt bien à le dissimuler.
Il s’avança et s’assit sur le bord du lit, chose dont elle ne se plaindrait sûrement pas. Car c’était comme ça qu’il connaissait et appréciait Béatrice: entière, franche, sans chichis. N’importe quelle autre demoiselle nobliotte ne l’aurait pas autorisé à approcher plus près que la décence, et surtout pas en étant seule avec lui dans la pièce –même si un domestique attendait sagement qu’on l’appelle derrière la porte.

"Tu aurais dû me dire que l’Inquisition de Forbach avait engagé une amazone" plaisanta David, soulagée de la voir réveillée et un minimum en forme.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/inquisiteurs-f50/david-geisler-t
Soldat de l'Inquisition
Soldat de l'Inquisition
avatar


MessageSujet: Re: Saluer l'héroïsme   Mer 10 Aoû 2011 - 23:44

Béatrice rêvait. Elle était dans une forêt étrange, féérique, et marchait en direction d'une clairière, qu'elle voyait au loin. Autour d'elle, des arbres à perte de vue. Le chant des oiseaux emplissait ses oreilles d'une agréable musique. Elle souriait. Elle était heureuse. Bientôt, la voilà dans la clairière. Un endroit de toute beauté, qui ressemblait étrangement à celle que Luc lui avait fait découvrir. Et, au centre de la clairière, une licorne. Alors qu'elle s'approchait de cette dernière, la touchant presque du bout des doigts, Béatrice la vit disparaître, le ciel s'obscurcit et le tonnerre gronda. Alors que tout autour d'elle semblait sombrer dans l'apocalypse, elle poussa un cri et se réveilla en sursaut, les cheveux collés sur son visage en sueur.

La pauvre jeune femme faisait ce genre de mauvais rêves de manière plutôt récurrente, ces temps-ci. C'était très certainement un contrecoup de tout ce qu'elle avait subi depuis son arrivée à Forbach. Elle qui était venue pleine d'entrain et de motivation se retrouvait à présent plongée en plein cauchemar. D'abord, elle avait failli être tuée par une mère aux hormones un peu trop agressives, puis c'était un meurtrier en série qui avait bien failli lui faire passer l'arme à gauche. Heureusement, les deux fois elle avait été sauvée de justesse, même si la seconde fois elle avait frôlé la mort de bien plus près qu'elle ne l'aurait voulu.

Après avoir calmé sa respiration saccadée, elle passa une main sur son visage pour essuyer la sueur et écarter les mèches de cheveux collées à son front. Elle devait avoir une mine affreuse... Alors qu'elle tentait désespérément de se lever pour aller se passer un peu d'eau sur la figure, on frappa à la porte, annonçant que "Monsieur Geisler était venu s'enquérir de l'état de Mademoiselle, et que si Mademoiselle se sentait assez bien pour le recevoir, il attendait dans le boudoir". La jeune femme, ravie de recevoir enfin de la visite, répondit qu'on pouvait faire entrer David.
Alors que le domestique repartait chercher l'inquisiteur, Béatrice se rendit compte qu'elle n'était absolument pas présentable. Elle passa hâtivement une main dans sa chevelure dorée, vaine tentative pour se donner un semblant de fraîcheur, et essuya son visage avec le drap, replaçant promptement ce dernier alors que la porte s'ouvrait sur son ami.

Il la salua d'un simple "Hé..." compatissant, et elle lui offrit le plus beau sourire qu'elle pouvait lui faire à cet instant : celui d'une jeune femme qui semblait encore bien fatiguée, comme pouvaient en témoigner les affreuses cernes sous ses yeux, ainsi que son teint blafard.


"Hé..." répondit-elle en retour alors qu'il venait s'asseoir près d'elle, sur le lit.

Elle ne s'offusqua nullement de cette promiscuité. Après tout, rien n'était ambigu entre eux, ils étaient amis, rien d'autre. Lorsque le jeune homme plaisanta en la qualifiant d'amazone, elle émit un léger rire qui lui arracha une grimace - sa blessure au dos n'était pas encore tout à fait cicatrisée, et le moindre mouvement tirait sur sa peau - et répondit avec amusement, mais d'une voix encore faiblarde :

"En fait d'amazone, je fais un bien piètre soldat de Dieu... J'ai réussi à sauver Mademoiselle Gallois, mais à quel prix..."

Elle posa une main sur celle de son ami.

"Mais ne parlons pas de moi. Comment ce porte celui qui a arrêté le plus grand meurtrier de Forbach ?"

Elle lui sourit avec douceur. Elle n'aimait pas parler d'elle, c'était certain. Après tout, elle n'avait rien fait de bien extraordinaire, du moins à ses yeux à elle... Alors que David pouvait véritablement se vanter d'un exploit : avoir appréhendé l'Agent du Diable n'était pas rien, bien au contraire !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1084-presentation-d-une-apprent
Sergent
Sergent
avatar


MessageSujet: Re: Saluer l'héroïsme   Jeu 11 Aoû 2011 - 1:03

Réveillée et un minimum en forme, certes, mais encore convalescente. Béatrice avait les cheveux en bataille et certaines mèches collées à son front par la sueur; en outre, chacun de ses mouvements semblaient lui coûter. Ce n’était pas étonnant, avec la lame que l’Agent du Diable lui avait fiché dans le dos… elle paraissait faible et maladive, et mettrait sans doute plusieurs autres semaines avant de se lever puis de se rétablir complètement; mais au moins son pronostic vital n’était plus engagé.

Il prit sa main dans la sienne et la serra un peu en signe de réconfort. David avait un peu l’impression qu’elle se sentait inutile depuis son arrivée à Forbach, ou plutôt, qu’elle considérait son parcours comme un fiasco après avoir intégré l’Inquisition. Certes il y avait eu des mésaventures mais pour autant, le jeune homme estimait qu’elle s’en sortait bien.

"Allons, ne dis pas ça… l’herboriste t’es redevable à jamais: tu as sauvé sa vie au péril de la tienne. Un aller simple pour le paradis!" Il sourit à sa plaisanterie, puis reprit, plus sérieusement: "Et ne t’en fais pas pour le reste. Tu as manqué de te faire étrangler par la mère Zimmerman, mais c’était dans le but de la ramener vers Dieu. Le seigneur ne punit pas l’excès de zèle."

Un humour un peu décalé, mais David espérait dédramatiser la situation. Il souffrait un peu de voir son amie dans cet état: son courage l’avait ébloui, elle avait fait preuve d’une bravoure inouïe en s’élançant entre l’Agent du Diable et Inès Gallois. Quant à lui… oui, il avait appréhendé ce psychopathe. Mais à quel prix? Un nombre conséquent d’Inquisiteurs avaient péri dans l’assaut et David y avait perdu de fidèles amis. Alors contrairement à ce que les gens pensaient, l’acte n’avait rien eu d’héroïque.
Par chance, Béatrice faisait partie des survivants.

"Je vais bien. Mieux depuis que ce fou n’est plus un danger" confessa-t-il. "On te l’a dit? Mansholther a tenu à l’interroger personnellement. Ce type est tellement bizarre… Et la vieille Eléanora-Sun va organiser une réception chez elle pour fêter l’arrestation."

Il eut du mal à ne pas dire par amertume « fêter la mort de nos amis ». Qu’on puisse se réjouir du décès d’autant d’Inquisiteurs le dépassait, car c’était une victoire teintée de défaite et de regrets –mais Forbach ne parvenait à survivre qu’en retenant les bonnes nouvelles plutôt que les mauvaises.
David chassa ces pensées lugubres et se concentra sur son amie, tachant de lui sourire.

"Dès que tu sors de ton lit, je t’emmène boire un verre. Mais je suppose que tu vas y rester encore longtemps, feignasse comme tu es!" la taquina-t-il. Le jeune homme était sincèrement content que Béatrice soit de retour à Forbach; si elle lui annonçait soudainement qu’elle devait repartir pour Rodez, il en serait vraiment attristé. Chacun des gestes de la nonne était attachant.

"Alors… tu te plais ici? C’est un drôle d’endroit, non?" dit David en observant la pièce autour d’eux, et faisant référence au manoir Mirova en général.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/inquisiteurs-f50/david-geisler-t
Soldat de l'Inquisition
Soldat de l'Inquisition
avatar


MessageSujet: Re: Saluer l'héroïsme   Sam 3 Sep 2011 - 10:02

Lorsque David prit sa main dans la sienne, la jeune femme sourit avec douceur. Il n'avait pas changé, depuis toutes ces années. Sous son air insouciant et sûr de lui, le jeune Geisler cachait toujours un côté sensible, protecteur avec les gens qu'il aimait. C'était pour cette raison que Béatrice avait eu le béguin pour lui, pendant leur enfance. Il s'était réellement inquiété pour la santé de la religieuse, et bien qu'il fasse preuve d'humour pour tenter de dédramatiser la situation, Béatrice n'était pas dupe : il se faisait beaucoup de souci pour elle.

Elle sourit à ses plaisanteries - c'était tout lui, cet humour décalé - sachant qu'au fond, derrière cet humour, il y avait une part de vérité. Oui, en sauvant l'herboriste, elle n'avait pas pensé une seule seconde à sa propre vie, elle s'était jetée entre Inès et la lame sans réfléchir aux conséquences sur sa propre vie, et le Seigneur savait récompenser l'altruisme. Et lorsqu'elle avait failli perdre la vie sous les mains de Louisa Zimmerman, elle avait peut-être eu des mots déplacés, mais c'était pour la bonne cause, bien que ce fut un fiasco total.
Serrant doucement la main de David, elle murmura un simple :


"Tu as raison..."

L'arrestation de l'Agent du Diable avait été d'une violence inouïe, même si l'on omettait le sacrifice de Béatrice. Beaucoup d'inquisiteurs y avaient laissé leur vie, certains étaient des amis de David, et de la jeune femme également. En quelques mois, elle s'était liée d'amitié avec certains des camarades du jeune homme, et les voir tomber au combat avait été affreusement difficile pour elle, qui n'avait jamais côtoyé la mort d'aussi près avant ce jour-là. Le plus dur pour elle était qu'elle n'avait même pas eu le temps de les pleurer, ou de prier pour le salut de leur âme. Intérieurement, elle se dit que dès sa convalescence terminée, elle irait se recueillir sur leur tombe, par devoir de mémoire.

Alors qu'elle était plongée dans ses pensées, David l'en fit sortir en lui racontant ce qui s'était passé après l'arrestation de l'assassin. Ainsi, c'était l'enquêteur Royal qui avait pris la relève ? Elle ouvrit des yeux ronds de surprise à cette nouvelle. Comment ça ? Il n'avait même pas daigné mouiller sa chemise pour aider à l'arrestation, ses enquêtes n'avaient absolument rien donné, et pourtant il s'attribuait le privilège de l'interrogatoire ?! Les sourcils froncés, elle releva les yeux vers son ami.


"Mansholther a interrogé l'Agent du Diable avant l'Inquisition ? Mais dans quel monde vit-on..."

David avait ajouté qu'Europe Eléanora-Sun avait décidé de fêter l'arrestation du meurtrier. Voilà une idée bien plus réjouissante, c'était certain. Mais comment penser à faire la fête alors que tant d'honnêtes gens étaient morts dans cette quête ? La religieuse regrettait de ne pas être assez en forme pour participer aux réjouissances, histoire de rappeler que oui, l'Agent avait été arrêté, mais à quel prix... Elle secoua la tête sans un mot, exprimant là toute sa désapprobation.
Mais avant qu'elle n'ait eu le temps de s'exprimer à haute voix, son ami avait déjà changé de sujet, l'invitant à boire un verre une fois sa convalescence terminée. Elle rit à la boutade, grimaça de nouveau et se redressa un peu mieux dans le lit, de manière à s'asseoir correctement.


"Ne t'en fais pas pour moi, je pourrais bien te surprendre..."

Elle appuya ses propos d'un clin d'oeil taquin - à peu près tout ce qu'elle avait la force de faire à cet instant - et répondit ensuite à sa question suivante avec un enthousiasme non feint.

"Les Mirova sont des gens adorables. Elena a veillé sur moi tous les jours depuis que l'on m'a ramenée ici, c'est elle qui me dispense les soins dont j'ai besoin, elle me tient compagnie et m'amène de la lecture quand elle ne peut pas rester. Elle est très altruiste et c'est à présent une bonne amie. Son frère quant à lui est plus discret, je ne le vois guère... Mais il m'autorise à passer ici ma convalescence, et il me fait porter des fleurs régulièrement. C'est un homme charmant, sous ses airs un peu bourrus."

Cette tirade l'avait épuisée, même si elle n'en montrait rien. Elle sourit à son ami, véritablement heureuse qu'il soit là. Il était toujours agréable de recevoir de la visite, d'autant plus lorsque c'était celle d'un ami proche...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1084-presentation-d-une-apprent
Sergent
Sergent
avatar


MessageSujet: Re: Saluer l'héroïsme   Mar 6 Sep 2011 - 1:53

Malgré son air toujours pétillant et sa vivacité d’esprit, Béatrice souffrait, cela se voyait dans ses grimaces et surtout ses gestes hésitants, maladroits. Il fut encore une fois inquiet pour sa santé mais fidèle à lui-même, ne le montra pas, prenant un air relaxé et serein.
Ses paroles semblaient avoir un effet apaisant sur la jeune femme. David ne comprenait pas comment elle parvenait encore à douter d’elle-même après les exploits qu’elle avait accompli. Forbach était une jungle et, pour une jeune nonne ingénue, elle s’en était tirée avec beaucoup plus de brio qu’il ne l’avait imaginé. Pourquoi ne s’en réjouissait-elle pas? Mais après tout, c’était la même chose pour lui: avoir arrêté l’Agent du Diable ne suffisait pas à le réjouir. Si Forbach était une jungle, tous les triomphes étaient teintés d’amertume.

"Tu as été fantastique, je t’assure" glissa-t-il avec un clin d’œil.

Béatrice fut surprise d’apprendre la prééminence de Mansholther dans l’interrogatoire, et David partageait son avis. Avec une grimace contrite il hocha la tête:

"Dans un monde de barges" confirma-t-il. "On a fait tout le boulot et il nous attendait calmement, devant la collégiale. Il a parlé de compétences légales ou je ne sais quoi… Je hais ce type."

Une confidence évidente mais inédite. Aphrodite était une femme solide, une amie de longue date, et une Inquisitrice qui plus est; si David devait avoir des confidents, elle était une potentielle candidate. Mais il ne voulait pas partager des fardeaux trop lourds avec la jeune femme au risque de la plomber, elle qui avait déjà ses propres problèmes.

Il écouta Béatrice lui parler plus en détails de son séjour au manoir des Mirova. David avait été réjoui qu’elle trouve un logement si peu de temps après son arrivée à Forbach; mais il n’avait pu empêcher une pointe d’inquiétude de monter en lui en sachant qu’elle résiderait dans cet étrange manoir perdu au fond des bois. Le jeune Geisler aurait de loin préféré qu’elle loge en centre ville, chez des gens respectables. Non pas que la famille Mirova semblât soupçonneuse, mais quand même… David n’avait pas oublié leur passé. Et c’est pourquoi il ne partageait pas l’enthousiasme de la nonne, l’accueillant avec une moue sceptique malgré ses descriptions flatteuses de l’adolescente vivant ici.

"Si tu le dis… Mais ne te repose pas sur tes lauriers quand même. Je n’ai aucune confiance en les Mirova. Je suppose qu’Elena a soigneusement omis de te préciser que sa défunte mère était une sorcière, capturée dans l’arrestation massive de 1640 à laquelle j’ai d’ailleurs participé."

Aphrodite était-elle déjà au courant de ce détail? Si non, cette révélation ferait sans doute l’effet d’une bombe, surtout si elle considérait vraiment cette Elena comme une « amie »…
Il y avait d’autres raisons au manque d’enthousiasme de David pour la demeure Mirova, mais celles-ci, il ne pouvait les avouer, pour une question de dignité. Premièrement, le mépris avec lequel le considérait Elena était plus ou moins resté en travers de la gorge du jeune homme. Et dire qu’il avait envisagé de lui faire des avances fut une époque! Deuxièmement, une connaissance des Mirova visitait très fréquemment le manoir familial et David avait horreur de cette personne: Luc de Rohan, qui l’avait fait grimacé lorsqu’il avait sû qu’il serait peut-être amené à côtoyer Béatrice. Etait-ce de la jalousie? Oui, clairement, même si le jeune Geisler ne savait pas pourquoi et qu’il n’y avait aucune raison. Il regarda de nouveau son amie en espérant qu’elle n’ait pas pu suivre le cheminement de sa pensée sur son visage.

"Au fait" s’exclama-t-il pour changer de sujet, "je t’ai apporté ça. Je me souviens que tu adorais ça, à Rodez." Il sortit un petit bocal de sa poche, clin d’œil à leurs souvenirs de jeunesse: de la gelée aux fruits rouges.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/inquisiteurs-f50/david-geisler-t
Soldat de l'Inquisition
Soldat de l'Inquisition
avatar


MessageSujet:    Sam 10 Sep 2011 - 11:39

Le jeune inquisiteur avoua haïr l'enquêteur Royal, et à cet aveu, Béatrice grimaça. Elle-même ne connaissait Mansholther que de nom, elle ne l'avait jamais rencontré, pourtant elle pouvait tout à fait comprendre que son ami ne le porte pas dans son coeur. Après tout, qu'avait-il fait lors de l'enquête, à par se contenter de tirer toute la couverture à lui ? Qui allait-on féliciter pour l'arrestation du meurtrier ? L'Inquisition, qui avait subi de nombreuses et douloureuses pertes, ou l'homme qui l'avait interrogé au nom de la Reine ? Simple rhétorique, hélas, la réponse était simple : Owen, bien entendu. L'homme qui avait agi "dans l'ombre", au nom de la royauté, et non les fidèles servants du Seigneur...

"Sans le connaître, je ne le porte pas dans mon coeur non plus, je dois dire..."

David écouta la jeune femme lui parler de sa convalescence ici, et lorsqu'elle eut fini, il lui demanda de rester méfiante. Elle ne comprit pas tout de suite la raison de cela, mais ensuite il lui avoua ne pas faire confiance à Elena, surtout parce que sa mère avait été une sorcière. Là, la nonne jeta à son ami un regard désapprobateur.

"Oui, Elena m'a parlé de cette arrestation, dès le jour de mon arrivée ici. Et je dois bien t'avouer que vu la piété de cette famille, j'ai bien du mal à croire que sa mère était véritablement une sorcière. Comment peut-on adorer Satan alors que l'on élève ses enfants dans la foi catholique ?"

Elle se redressa un peu plus, les points de suture dans son dos tirant douloureusement sur sa peau, et poursuivit sans mâcher ses mots, mais toujours d'une voix douce et posée :


"L'Inquisition a fait des erreurs, elle a condamné des innocents au bûcher. David, tu ne peux le nier. Alors peut-être que la mère d'Elena était une sorcière, mais il est fort possible que ce ne soit qu'une erreur de jugement... Non ?"

Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle devait croire. Après tout, elle connaissait David depuis son plus jeune âge, elle se devait de lui faire confiance. Mais d'un autre côté, elle côtoyait Elena et son frère depuis plusieurs mois maintenant, et son instinct n'avait rien trouvé de suspect dans cette pieuse famille...
Changeant finalement de sujet, David sortit de sa poche un petit bocal contenant de la gelée de fruits rouges, un dessert qu'elle adorait était plus jeune et qu'elle n'avait plus eu l'occasion de manger depuis son départ de Rodez. A la vue du récipient au contenu sanguin, ses yeux brillèrent d'excitation.

"Oh, David, tu t'en es souvenu !"

Sa joie était clairement visible, et devant ce pot de gelée de fruits son ventre se mit à gargouiller. Après tout, elle n'avait pas encore mangé, et son estomac commençait à crier famine. Jetant un regard vers la porte, elle proposa à son ami :

"Je fais monter du pain et on se fait un goûter comme avant, à Rodez ? Ça fait si longtemps..."

Elle n'était peut-être plus une enfant depuis plusieurs années, mais un petit saut dans le passé restait si agréable, parfois...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1084-presentation-d-une-apprent
Sergent
Sergent
avatar


MessageSujet: Re: Saluer l'héroïsme   Sam 10 Sep 2011 - 14:53

Les sentiments de David à l’égard de l’enquêteur royal étaient plus ou moins partagés par Béatrice, qui lui avoua ne pas le porter non plus dans son cœur. Le jeune homme eut un hochement de tête à ces paroles, satisfait qu’ils soient sur la même longueur d’onde. Par contre, ils l’étaient beaucoup moins concernant la famille Mirova et leurs étranges antécédents. La nonne le rabroua en prouvant la bonne foi d’Elena qui, soi-disant, lui avait avoué l’arrestation de sa mère dès son arrivée ici. Béatrice ne semblait pas mentir, et de toute façon, elle n’aurait eu aucun intérêt à le faire à David; celui-ci en déduit donc que le récit était vrai. Il se renfrogna, car les arguments de son amie se tenaient. Cependant, elle oubliait un détail d’importance.

"Je ne nie pas que l’Inquisition a fait des faux pas. Mais ce n’était pas une erreur de jugement cette fois là. Nous avons surpris les sorcières en train d’entamer leur rituel sur le parvis de l’Eglise! La nuit même d’un phénomène astrologique notable, comme par hasard. (Il asséna, regardant la nonne dans les yeux): C’était un flagrant délit, Béa."

Après un tel flagrant délit d’ailleurs, ce que pouvaient revendiquer les captives sous la torture (innocence ou culpabilité) n’avait plus d’importance: les preuves était accablantes. Quant à la religion, David avait déjà vu défiler à plusieurs reprises des familles de sorcières pourtant catholiques et très pieuses, du moins aux yeux de la société… Se rendre à la messe plusieurs fois par semaines pouvait aussi être une couverture efficace.

Ces avertissements ne semblaient pas avoir un effet très positif sur le moral de la jeune femme. C’était normal après tout: elle ne voulait pas croire en la trahison d’une amie qu’elle appréciait et estimait. Pourtant si un jour la vérité venait à être dévoilée, il lui faut être prête, notamment à prendre les mesures conséquentes. Il pressa son épaule d’un geste affectueux.

"Je ne te dis pas de fuir sur-le-champ le manoir des Mirova. Au contraire, si ils ont vraiment quelque chose à cacher, ça peut être une bonne mission d’infiltration… Mais ne relâche pas ta garde, d’accord? Reste vigilante, observe tout, ne prends rien pour acquis. Je ne veux pas qu’il t’arrive à nouveau malheur."

Voir Béatrice se faire poignarder une fois avait largement suffi…
Son amie fut ravie du simple présent qu’il lui avait apporté. Son enthousiasme faisait plaisir à voir, surtout dans cet état de convalescence. Il approuva d’un signe de tête et la nonne manda un domestique afin qu’il leur apporte du pain et un rafraîchissement. Un souvenir d’enfance passa fugitivement dans l’esprit de David: celui de deux gamins plongés jusqu’aux coudes dans des hauts buissons de mûres, bâfrant sans se soucier de leurs visages repeints de jus.

"C’est vrai, c’était le bon vieux temps." Il prit une nouvelle fois conscience que Béatrice lui avait manqué durant cette longue période. Même si, une foule d’événements aidant, il l’avait un peu oubliée vers la fin. Mais le principal était qu’elle soit de nouveau là, et en vie.

Le pain, frais et croustillant, vint bientôt et ils tartinèrent allègrement la gelée de fruits rouges dessus. C’était savoureux, et ô combien évocateur de bons moments passés. D’ailleurs l’été serait bientôt là, ce qui rappelait à David encore plus de souvenir, la période estivale étant celle qu’il passait à Rodez.

"Au fait, je sais que ça fait longtemps, mais il paraît que tu as repris contact avec Narcissa? Je suis content de voir que vous êtes toujours amies, malgré l’éloignement et tout ça…"

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/inquisiteurs-f50/david-geisler-t
Soldat de l'Inquisition
Soldat de l'Inquisition
avatar


MessageSujet: Re: Saluer l'héroïsme   Dim 11 Sep 2011 - 14:15

La jeune femme avait pris la défense de son amie, mais David avait énoncé un argument de poids : un flagrant délit. Ce fut au tour de la religieuse de se renfrogner. Ça, Elena avait omis de le préciser. Son instinct l'aurait-il trompée ? Voilà qui remettait tout en question, à commencer par l'amitié que la noble disait avoir pour la religieuse. Ainsi, tous les présents offerts par Elena n'étaient-ils pas seulement une manière d'acheter la jeune femme ? Sa bonté était-elle réelle, ou bien feinte ? Non... Béatrice ne pouvait concevoir que tout ceci ne fut qu'une odieuse mascarade... Pourtant... Pourtant elle lui avait menti par omission, chose qui était presque pire que la vérité. Cela voulait-il dire qu'Elena était, comme ça défunte mère, une sorcière ? Difficile à croire. Et pourtant...

David se rendit compte que cette révélation avait fait l'effet d'un coup de poing sur le moral de son amie, et il avait tenté de la rassurer, à sa manière. Etre ici lui permettrait d'enquêter sur la véritable Elena, ainsi que sur son frère. S'ils étaient vraiment des sorciers, elle les démasquerait, elle s'en faisait la promesse. Mais elle devait avouer qu'il lui serait bien difficile de cacher ce que David lui avait appris ce jour-là. Elle devrait se faire violence pour ne pas interroger directement Elena sur cette rafle devant l'Eglise.


"Ne t'en fais pas pour moi, je serai prudente."

L'arrivée du pain et d'un pichet de citronnade tira la jeune femme de ses sombres pensées, et sa bonne humeur revint alors qu'elle tartinait un morceau de pain avec la gelée de fruits rouges. L'odeur de la confiture lui rappelait tant de bons souvenirs... Alors qu'elle mordait allégrement dans sa tartine, David lui demanda si elle avait repris contact avec Narcissa, comme il l'avait entendu dire. Les nouvelles allaient vite, par ici. Béatrice termina sa bouchée avant de lui répondre.

"On entretient une correspondance écrite, en fait. Je n'ai pas eu le temps de lui rendre visite depuis mon arrivée, même si j'aurais bien aimé pouvoir. Du coup, on se contente de lettres... J'ai appris qu'elle avait été agressée par l'Agent du Diable, ça m'a vraiment chamboulée... Heureusement qu'il est sous les verrous !"

Elle but une gorgée de citronnade et mordit de nouveau dans sa tartine. Oui, elle avait vraiment été inquiète de savoir que son amie avait rencontré ce meurtrier. Heureusement pour elle, sa mère avait été là, et elle n'avait rien eu. Enfin, la première fois. Béatrice savait qu'ils s'étaient recroisés, et que cette fois-ci Narcissa avait eu moins de chance et avait perdu la mémoire. Mais elle n'avait pas voulu le dire à David, ne sachant pas s'il était au courant. Elle avait promis à la rouquine de garder ça pour elle, et entendait bien tenir sa promesse...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1084-presentation-d-une-apprent
Sergent
Sergent
avatar


MessageSujet: Re: Saluer l'héroïsme   Lun 12 Sep 2011 - 16:36

Les paroles de David semblaient avoir fait leur effet, puisqu’un air sombre passa ensuite sur le visage de Béatrice, qui se retira quelques instants dans d’intenses réflexions. Le jeune homme ne souhaitait pas la voir perdre une amie, surtout en qui elle avait de l’estime, mais il n’avait pas ce genre de considérations si Elena était une sorcière. A présent qu’il avait indiqué la marche à suivre à Béatrice, ce serait à elle de mener son propre combat.

"D’accord. Mais si jamais tu sens qu’un jour, quelque chose est sur le point de dégénérer, n’hésite pas à demander de l’aide."

Après tout malgré son audace et sa volonté de bien faire, la jeune nonne restait une fille. Qui était originellement là pour dessiner des croquis et non effectuer des missions de terrains… Elle pourrait avoir besoin de renforts à un moment donné.
David s’en voulait de l’exposer ainsi au danger. Oui, jamais elle n’aurait dû mener elle-même un interrogatoire, alors que son rôle était à l’origine de reproduire la scène sur du papier… Résultat: elle avait failli finir étranglée. Idem pour l’arrestation de l’Agent du Diable: jamais elle n’aurait dû les accompagner ce jour là… Résultat: elle avait failli finir poignardée.
C’était de la faute du jeune Geisler, bien entendu, puisqu’il avait donné son aval pour tout cela. Il culpabilisait désormais, mais malgré tout, sa tendance à considérer inconsciemment tous ses amis comme des hommes valides prêts à des missions de terrain n’avaient pas disparu. Etrangement il préférait Béatrice avec lui, au cœur de l’action, quitte à devoir la protéger.

Ils se régalèrent de la collation tandis que la jeune nonne lui expliquait sa reprise de contact avec Narcissa. Béatrice semblait vraiment apprécier la rouquine, et c’était tant mieux. En cas de besoin, elle pourrait faire une bonne alliée ou confidente. Car après tout David n’avait encore parlé à personne de sa flamme secrète pour l’héritière des Saint-Loup…

"Oui, ce qui lui est arrivé est horrible. Si j’avais écouté mon instinct, j’aurais déjà éventré l’Agent du Diable plusieurs fois, malgré les ordres de le garder vivant."

Si il avait fait ça, il y aurait bien sûr eu de terribles représailles, et deux semaines de mise à pied lui auraient semblé une punition d’une douceur infini en comparaison… C’est pourquoi David s’était ravisé. Il avait mûri, à sa grande surprise. A une époque, il ne se serait pas embarrassé de telles considérations. Son côté tête brûlée s’éloignait un peu, à mesure qu’il emmagasinait responsabilités et surtout, secrets.

Béatrice et lui passèrent un long moment agréable en tête à tête, faisant un sort au pot de confiture sans se soucier de raisonnables préoccupations diététiques. David ne vit pas le temps passer et s’aperçut bientôt à travers la large fenêtre que le soir tombait déjà.

"Je vais te laisser te reposer. Je reviendrai te voir bientôt" dit-il en se levant du lit et serrant la main de la jeune nonne pour lui dire au-revoir.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/inquisiteurs-f50/david-geisler-t
Apprenti(e)
Apprenti(e)
avatar


MessageSujet: Re: Saluer l'héroïsme   Jeu 15 Sep 2011 - 11:54

Luc arpentait lentement les couloirs du manoir. Depuis le fameux épisode du baiser, il avait évité la jeune nonne comme la peste. Sa volonté de ne plus le revoir avait été exaucée avec une déconcertante facilité. Prenant ses repas à des heures plus avancées ou plus tardives, il veillait à laisser la jeune femme en compagnie de ses hôtes et s'enfermait généralement dans son bureau où il passait la nuit. En retournant dans sa chambre, il passait à chaque fois à l'endroit où il l'avait rencontré et cela avait le don d'attiser à nouveau sa colère. Hélas, il n'allait pas changer d'endroit juste à cause d'elle. Il l'entendait parfois venir lire et il s'enfermait alors davantage dans sa lecture, allant parfois jusqu'à prendre l'air par la porte « dérobée » pour ne revenir que tôt dans la matinée. Jouer à cache-cache avait été assez facile. La maison était assez grande mais, surtout, Luc avait des « quartiers privés » d'une grande ampleur ce qui ne le laissait pas enfermé dans un endroit. Qui plus est, être dehors pendant une majeure partie de la journée lui donnait l'assurance de ne plus la croiser par inadvertance. Dans ses balades, il n'était pas retourné dans cette clairière à jamais entachée par cet épisode qu'il préférait oublier puisque c'était apparemment le souhait de chacun. Pourtant, bien qu'il ne veuille l'admettre, il y pensait bien plus souvent qu'il ne le devrait, et, dans un certain sens, cela le mettait à chaque fois dans une fureur noire. Le Duc était d'humeur maussade et, généralement, il ne s'en cachait que très peu. Seule son Aguerrie parvenait à lui changer les idées car il se faisait du souci pour elle.

Il approchait de la chambre de la « Soeur Béatrice » poussé par il ne savait quelle raison, enfin si : Eléna. Elle avait réussi à le convaincre d'aller voir la jeune nonne pour s'enquérir de son état comme tout gentilhomme aurait déjà du le faire. A vrai dire, il s'en serait bien passé mais son Aguerrie avait été particulièrement convaincante et ses arguments avaient pas mal de poids. En tout cas, il n'était pas dit que la galanterie animerait ses futurs faits et gestes, en tout cas pas avec celle qui avait osé le targuer d'égoïste. Mais pour qui se prenait-elle ? Une Carmélite ? Elle n'en avait même pas un carré d'étoffe ! Elle n'était pas probablement plus bonne sœur qu'il était moine ! Oh et puis zut ! Ce n'était pas le moment de s'énerver à nouveau. Suffisamment de poings s'étaient abattis contre des murs bien trop solides, il en avait d'ailleurs encore quelques marques sur les phalanges. Ce qu'il aurait donné parfois pour avoir quelque chose de plus « pratique » à frapper... Faire du cheval ou de la course à pieds défoulait, mais cogner dans quelque chose qui avait un minimum de répondant aurait probablement été plus salvateur pour le futur duc, qui, même s'il n'avait pas beaucoup de pulsions violentes, aurait bien aimé une bonne bagarre pour se changer complètement les idées et évacuer son ressenti qui recommençait à s'accumuler.

Alors qu'il tournait un dernier angle, il percuta une personne. Son regard revint momentanément se fixer sur la réalité, pensant qu'il avait heurté un serviteur ou Eléna même et se retournèrent sur un jeune homme. Son regard croisa le sien pendant un instant qui sembla durer une éternité et, sans un mot, luttant intérieurement, il tourna la tête pour reprendre son chemin sans une excuse. Luc avait entendu parlé de lui, quelques mots, pas forcément très flatteur. Une chose était certaine, il était surpris de le voir ici. Enfin... Eléna devait jouer bonne figure et Béatrice faisait partie de l'Inquisition, n'est-ce pas ? Une raison de plus de les haïr tous les deux. Que n'avait-il pas fait en venant ici ? Que n'avait pas fait Eléna en logeant la jeune nonne ? Il soupira en silence et s'immobilisa quelques instants devant la grande porte qui annonçait la chambre de la jeune femme. Il frappa deux coups brefs et assez puissants, mais pas trop. Faisant le calme en lui, il respira un bon coup avant d'attendre qu'on lui permette d'entrer. Il poussa alors la lourde porte en actionnant la poignée et se révéla dans l'ouverture du bois sur gonds.


« Bonjour... » Le ton n'était pas glacial, mais disons... juste courtois. Juste juste...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1118-luc-de-rohan
Soldat de l'Inquisition
Soldat de l'Inquisition
avatar


MessageSujet: Re: Saluer l'héroïsme   Dim 18 Sep 2011 - 19:45

"Oui, ce qui lui est arrivé est horrible. Si j’avais écouté mon instinct, j’aurais déjà éventré l’Agent du Diable plusieurs fois, malgré les ordres de le garder vivant."

Oui, la jeune femme comprenait tout à fait le point de vue de son ami. L'Agent du Diable était un véritable fléau, une sale engeance dont l'humanité - et à fortiori la population Forbachoise - se serait bien passé. Aux paroles de David, la religieuse hocha vigoureusement la tête. Oui, elle-même aurait bien fait payer à cet assassin tous les crimes odieux dont il s'était rendu responsable, si elle avait pu.

"En tout cas, Cissie a l'air d'aller mieux, et c'est tout ce qui compte."

Elle était sincère. Les vieilles querelles avaient disparu, elles étaient de nouveau amies, et même si le temps les avait séparées Béatrice s'était toujours fait du souci pour la rouquine, et s'en ferait toujours.
Le temps passa, et le pot de confiture avec, puis vint le moment où David annonça à la jeune femme qu'il devait partir. La journée était déjà bien avancée, le soleil ne tarderait pas à se coucher. A regrets, Béatrice lui sourit, ne pouvant pas le retenir auprès d'elle aussi longtemps qu'elle l'aurait voulu. La présence de son ami lui faisait du bien, elle qui se sentait seule malgré les visites quotidiennes d'Elena. L'amitié qui unissait le jeune Geisler et la nonne était une amitié profonde et durable, et Béatrice était heureuse que le temps ne l'ait pas altérée. Elle serra la main de David en retour et lui sourit.


"Merci d'être venu, David, ça m'a vraiment fait plaisir de te voir."

*Reviens vite, tu vas me manquer...* voulut-elle ajouter. Mais les mots ne franchirent pas ses lèvres. Elle ne savait pas comment il l'aurait pris. Elle préféra porter son regard vers la fenêtre - et le soleil couchant - plutôt que regarder son ami partir. Elle ne se tourna vers la porte que lorsqu'elle entendit celle-ci se refermer sur le jeune homme. Puis son regard se porta sur le plateau à présent vide, posé sur la table de chevet près d'elle. L'après-midi était passé si vite !
David et elle n'avaient pas eu de discussion aussi longue depuis leur enfance. C'était dire à quel point cette visite surprise avait fait plaisir à la jeune femme !
Alors que son esprit commençait à vagabonder dans ses souvenirs d'enfance, elle fut rappelée à la réalité par de légers coups frappés à la porte. Pensant que c'était un domestique qui venait reprendre le plateau pour le ramener en cuisine, elle lança un simple :


"Entrez !"

Sa voix n'avait pas été très forte, pourtant son interlocuteur l'entendit puisque la porte s’entrebâilla pour laisser apparaître la dernière personne que Béatrice aurait pensé voir ici.

"Luc..." laissa-t-elle échapper, surprise de le voir ici après la scène qu'elle lui avait fait.

Après une légère hésitation, elle désigna la chaise non loin du lit.


"Je vous en prie, asseyez-vous."

Que faisait-il donc ici ? Avait-il décidé de venir s'excuser ? Non, vu la tête qu'il faisait et le ton de son "Bonjour", il n'était pas franchement ravi d'être là. Inutile d'être particulièrement observateur pour s'en rendre compte... En un sens, Béatrice le comprenait. Il avait commis une erreur, mais la religieuse également. Elle n'aurait pas dû s'énerver contre lui, c'était certain. Elle l'avait très vite regretté, même si son égo lui avait intimé de ne pas aller s'excuser auprès de lui. Maintenant qu'il était là, face à elle, elle ne savait même plus par où commencer...

"Je suis contente que vous soyez là."

Oups ! Il risquait de comprendre qu'il lui avait manqué ! Elle se reprit bien vite, bafouillant légèrement.

"Enfin je... Je veux dire, ça tombe bien, je voulais vous parler, mais je n'osais pas... Je voulais... Vous présenter mes excuses, pour l'autre jour, dans la forêt."

Elle baissa les yeux, un peu honteuse. Elle n'avait pas eu le courage d'aller le voir quand elle était encore en bonne santé, il avait fallu qu'elle manque mourir pour le revoir et avoir une franche discussion avec lui...
La présence du jeune homme la mettait un peu mal à l'aise. Non pas qu'elle le pense capable de profiter d'elle alors qu'elle était encore en convalescence. Elle ne savait simplement pas comment allait se passer la conversation, s'il allait accepter de lui pardonner son comportement...

[HRP : A David, pour jouer la rencontre avec Luc, puis Mister De Rohan. ^^]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1084-presentation-d-une-apprent
Sergent
Sergent
avatar


MessageSujet: Re: Saluer l'héroïsme   Lun 19 Sep 2011 - 14:45

"Ca m'a fait plaisir aussi. Rétablis-toi vite" glissa David avec un clin d'oeil pour la nonne convalescente.

Il serra la main qu'elle lui tendait dans la sienne, puis lui glissa à regret un dernier regard avant de quitter la pièce, la tête pleine de pensées des conversations, guillerettes ou moins guillerettes, qu'ils avaient eu tout l'après-midi. Ce genre de moment détendu et sans arrière pensée lui manquait déjà.

Il n'attendit pas qu'un quelconque domestique vienne afin de le raccompagner jusqu'à l'entrée; le jeune Geisler avait mémorisé l'itinéraire à son arrivée au manoir Mirova et retrouva son chemin sans trop de difficultés.
David parcourait la demeure l'esprit un peu perdu dans ses songes, lorsqu'au détour de couloir il percuta de plein fouet une haute silhouette. Ses yeux se posèrent avec mécontentement sur la personne qui l'avait heurté, un type d'à peu près son âge à la stature imposante et immédiatement reconnaissable, eut égard au clou d'argent serti qui ornait son oreille sous sa courte tignasse noire. Luc de Rohan... Une grimace tordit la bouche de David qui le détesta aussitôt, surtout lorsque le nobliot passa devant lui en l'ignorant avec un souverain mépris.

Tu pourrais t'excuser, imbécile!

C'est ce que faillit crier l'Inquisiteur au dos de Luc de Rohan mais celui-ci s'éloignait déjà à grands pas. Très agacé, David serra les poins et continua son chemin en remuant de sombres préoccupations.
Car son sentiment se confirmait bel et bien: le personnage qu'il exécrait passait son temps au manoir des Mirova et donc, à proximité de Béatrice. D'ailleurs il se dirigeait même vers sa chambre à l'heure actuelle. Allait-il lui rendre visite? En tout cas, il ne faudrait pas relâcher sa vigilance. Il aurait Béatrice à l'oeil et reviendrait souvent la voir pour s'assurer que Luc de Rohan reste un minimum à l'écart de son amie.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/inquisiteurs-f50/david-geisler-t
Apprenti(e)
Apprenti(e)
avatar


MessageSujet: Re: Saluer l'héroïsme   Lun 19 Sep 2011 - 16:53

Voir Béatrice couchée dans un lit, visiblement convalescente, lui fit un choc plus fort qu'il n'aurait pu l'imaginer de prime abord. Elle avait visiblement souffert de cet élan de bravoure dont elle avait fait preuve s'il en croyait ce que l'on avait raconté sur l'incident et comment elle s'était jetée en travers de l'arme mortelle de l'Agent du Diable qui la destinait à l'herboriste Inès Gallois. D'habitude, Luc n'accordait que très peu de crédit aux ragots, mais Eléna lui avait rapidement confirmé celle-ci en insistant plus qu'un peu pour qu'il aille la voir et fasse semblant de s'intéresser à son bien-être comme il sied à tous ceux qui accueillent des invités car, s'il était invité lui-même de la maisonnée Mirova, il faisait quasiment partie de la famille, ce qui n'était pas le cas de la religieuse. Il resta quelques instants interdits sur le pas de la porte, se disant qu'il ferait mieux de tourner le dos et de refermer cette porte pour ne jamais plus revenir mais la jeune sœur fut plus rapide que lui et lui désigna une chaise à proximité du lit sur laquelle elle l'invitait à s'asseoir. S'il accepta, par bienséance d'accéder, un peu, à sa requête, il s'approcha après avoir refermé la porte mais ne daigna pas s'asseoir, s'installant à côté de la chaise en station de bout. S'il s'asseyait, il n'aurait pu le loisir de quitter rapidement la pièce et, en un certain sens, il ne voulait pas s'installer là où l'Inquisiteur avait du se poser pour passer il ne savait quels instants avec Béatrice.

Il resta silencieux, ne sachant pas trop s'il devait attendre quoique ce soit ou non et s'il devait parler, ce qu'il devait dire. S'enquérir de son état de santé ? Mais comment ? Certes, il ne s'en fichait pas royalement, mais, il fallait le dire, avoir croisé cet impétueux enfant gâté de Geisler, ne l'avait pas mis dans des dispositions des plus agréables. En un sens, il aurait peut-être dû faire demi-tour, quitte à le bousculer une fois encore, et retourner d'où il était venu. Enfin c'était un peu tard maintenant, n'est-ce pas ? Alors qu'il se triturait un peu l'esprit pour savoir quoi faire ou plutôt quoi dire, ce fut finalement elle qui brisa le silence pesant qui s'était installé entre eux deux. N'avait-elle pas dit qu'elle ne voulait plus le revoir ? Que faisait-il donc ici... Oh misère. Il haussa un sourcil alors qu'elle lui avoua être contente qu'il soit là. Phrase idiote tout droit sortie d'une nécessaire cordialité ? Il n'en savait rien mais, apparemment, ce n'était pas vraiment ce qu'elle avait voulu dire puisqu'elle s'était rapidement reprise, précisant les raisons de sa « joie » de le voir dans cette chambre. A ses mots, de violents souvenirs éclatèrent dans la mémoire du jeune homme et il dut se faire beaucoup de mal pour ne pas exploser.


« - Le passé est le passé, vous avez été on ne peut plus claire sur le sujet, je ne suis pas certain qu'il soit nécessaire de revenir sur ce qu'il est advenu. » Son regard s'était posé sur celui de la sœur, bizarrement, on n'y lisait aucune émotion, ce qui était plutôt rare pour l'impulsif et passionné Luc de Rohan. Abandonnant ce sujet pour revenir sur ce qui l'amenait, il reprit. « J'ai appris pour votre geste héroïque et ce qu'il vous en avait couté. Eléna m'a dit que vous n'étiez pas au mieux. »

Une manière polie de simplement dire qu'il n'était peut-être pas venu de lui-même. Enfin, on pouvait croire aux miracles n'est-ce pas ? Après tout, ce n'est pas parce que quelqu'un vous dit quelque chose que vous êtes obligé de le faire. Enfin, Eléna avait été assez claire à ce sujet et Luc avait intérêt à obéir, en quelques sortes, même si, avec l'épisode de l'étang, le jeune homme avait envisagé pendant l'espace d'un instant, ce qu'aurait pu être son avenir avec la fille Mirova.

« - Vous semblez aller mieux, quitterez-vous bientôt le lit ? »

Pure cordialité. En réalité, vu qu'ils ne se croisaient pas, il y avait peu de chance pour que cela fasse une grande différence pour le fils du Duc de Rohan, même si, pour lui, cela signifierait faire preuve d'un peu plus de prudence dans ses déplacements.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1118-luc-de-rohan
Soldat de l'Inquisition
Soldat de l'Inquisition
avatar


MessageSujet: Re: Saluer l'héroïsme   Sam 24 Sep 2011 - 14:34

Béatrice suivit du regard son visiteur alors que ce dernier s'approchait, sans toutefois accepter l'invitation à s'asseoir. En effet, Luc préféra visiblement rester debout, sans doute aussi mal à l'aise qu'elle de se trouver ici.
Lorsque la religieuse lui présenta ses excuses, elle remarqua que le jeune homme s'était tendu, comme si le souvenir de cette matinée lui était douloureux. Cela, elle pouvait le comprendre. Aussi bien qu'elle comprenait pourquoi le regard du noble était aussi froid, dépourvu de la moindre émotion. Oui, elle comprenait parfaitement qu'il lui en veuille, après tout quoi de plus normal, elle avait été odieuse avec lui...
Il déclara que le passé restait le passé, mais elle n'était pas dupe, elle voyait bien qu'il était plus perturbé qu'il ne voulait l'admettre. Mais avant qu'elle ne puisse approfondir là dessus, il changea de sujet, en venant à ce qui l'avait amené ici. Ainsi, c'était Elena qui l'avait mis au courant de son état de santé ? Etait-il ici parce que la jeune noble l'avait poussé à venir ? Si tel était le cas, pour quelle raison ? Voulait-elle que les deux se réconcilient ? Si oui, pourquoi ? Béatrice se dit qu'Elena devait avoir ses motivations, et bien qu'elle ne les connaisse pas, elle se dit que son amie ne devait pas que Luc et elle soient en froid, sans doute parce qu'elle les appréciait tous les deux...

Il avait qualifié son geste d'héroïque, et à ce mot la religieuse fit la grimace.


"Héroïque est un bien grand mot, j'ai simplement fait ce que me dictait ma conscience..."

Aucune fausse modestie dans ses propos, elle le pensait réellement. David l'avait déjà félicitée pour son acte, et Elena également, elle avait même reçu la visite de l'herboriste à qui elle avait sauvé la vie. Mais tout cela la gênait plus qu'autre chose. Elle ne pensait pas avoir fait quelque chose de très spécial, elle avait juste sauté entre la lame et Inès, sans se préoccuper des quelconques conséquences.

"Vous semblez aller mieux, quitterez-vous bientôt le lit ?"

Elle ne put retenir un faible sourire et haussa les épaules, ne sachant vraiment pas quand elle pourrait enfin quitter le lit.

"Je vous avoue que je n'en sais rien. Si cela ne tenait qu'à moi, je serais déjà au travail, mais hélas, le médecin m'a fermement interdit de sortir du lit avant d'être pleinement rétablie."

Elle hésita un instant avant de poursuivre :

"Vous en revanche, vous semblez en pleine forme..."

Une phrase d'une banalité affligeante, mais que pouvait-elle dire d'autre ? Elle ne savait pas vraiment quoi dire au jeune homme. Bon sang, pourquoi avait-elle tant de mal à lui parler ? Elle détourna le regard pour regarder par la fenêtre le soleil qui se couchait à l'horizon, se creusant la tête pour trouver quelque chose de plus intelligent à dire.

"Hum... On ne vous voit guère, en ce moment, vous sortez toujours vous promener et visiter des amis de votre famille ?"

Mouais, guère mieux que sa réplique précédente... Enfin, au moins cela entretenait la conversation...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1084-presentation-d-une-apprent
Apprenti(e)
Apprenti(e)
avatar


MessageSujet: Re: Saluer l'héroïsme   Sam 24 Sep 2011 - 22:03

La gêne entre les deux jeunes gens était presque palpable et d'autant plus gênante que son hégémonie sur cette discussion rendait cette dernière presque grotesque. Luc ne se serait jamais déplacé de lui-même pour aller rendre visite à la jeune nonne et elle n'aurait probablement jamais fait le premier pas non plus pour revenir vers lui, ne serait-ce pour, comme à l'instant, lui présenter des excuses. Cette situation puisait son existence dans une improbabilité qui la rendait complètement absurde. Seule Eléna avait bousculé le cours du destin pour donner naissance à ce paradoxe dont il ne naitrait probablement rien de bon. Enfin, disons qu'il suffisait d'essayer de faire une pseudo discussion pendant quelques minutes et puis tout redeviendrait normal. N'est-ce pas ? Il n'y avait pas de raisons pour le contraire en tout cas.

Alors qu'il préférait et pensait les avoir oubliées, les images de leur dernière « balade » lui revinrent en mémoire à l'évocation des excuses. Une nouvelle charge qu'il tentait de contenir car il ne voulait pas s'enliser dans le passé. Elle avait été on ne peut plus claire lorsqu'ils étaient rentrés au Manoir pour savoir qu'il n'y avait même pas un intérêt à s'accrocher aux fantômes de ce qu'il avait pu éprouver en ce moment-là. Et puis, de toute façon, avec ces images, seule la colère remontait à la surface, cette colère qu'il avait tue lors de la réponse de la nonne et qu'il avait enfermée au fond de lui mais qui, apparemment menaçait d'exploser à tout moment, ce qui aurait été assez malvenu néanmoins. Il n'était pas là pour faire une crise, de quelque nature que ce soit, mais bel et bien pour satisfaire son Aguerrie – ce qui, hélas, allait être probablement chose compliquée.


« - Votre conscience vous dicte des choses bien surprenantes, Soeur Béatrice. » Après tout, peu de consciences intervenaient auprès de personnes pour les motiver à sacrifier leur vie pour un autre. « En tout cas, cette herboriste vous doit la vie, c'était un geste noble, si vous préférez cet épithète à « héroïque ». »

Luc eut l'ombre d'un léger sourire au coin des lèvres pendant quelques instants avant de plonger à nouveau dans le silence, puis, pour combler les minutes muettes qui s'égrainaient, de lui demander si elle serait bientôt rétablie. Apparemment, elle n'en avait aucune idée, se référant probablement à un médecin pour décider de quand elle pourrait recommencer à vivre normalement. En même temps, elle avait, du moins c'est ce qu'il avait entendu dire, perdue beaucoup de sang et faillit mourir, on ne se remettait décemment pas d'une telle épreuve en quelques jours. Enfin, certaines personnes récupéraient plus vite que d'autres. Le futur Duc, par exemple, n'était pas homme à rester longtemps cloîtré dans une chambre. D'abord parce qu'il finissait par avoir la bougeotte et ensuite parce qu'il était assez solide de constitution.

« - Ma conscience n'est pas du genre à me faire frôler la mort, alors c'est plus facile de rester en bonne santé. » L'humour de Luc refaisait surface, peut-être parce qu'il était difficile de refouler entièrement sa propre personnalité. « Je commence à avoir fait le tour des connaissance des De Rohan dans les environs, mais je continue les balades oui. L'automne est une belle saison pour se promener. Les couleurs sont souvent magnifiques. »

L'été indien était une réalité. Qui plus est, l'automne apportait son lot de couleurs chatoyantes et transformait radicalement les forêt et les paysages qui subissaient les affres du temps s'en retrouvaient, l'espace de quelques jours, transcendés et magnifiques, comme un ultime soupir avant de mourir pour l'hiver. Il aurait été probablement agréable de partager cela avec quelqu'un mais mieux ne valait pas y penser.

« - Vous ne vous ennuyez pas trop dans cette chambre ? Je finirais rapidement par devenir un lion en cage si l'on me forçait à ne pas quitter un lit plus de quelques jours. » Il jeta un coup d'oeil sur la chambre. « Vous avez souvent des visites, j'espère. Sinon le temps doit vous paraître bien long. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1118-luc-de-rohan
Soldat de l'Inquisition
Soldat de l'Inquisition
avatar


MessageSujet: Re: Saluer l'héroïsme   Dim 2 Oct 2011 - 22:29

Le début de la conversation entre les deux jeunes gens avait été bien difficile, il fallait l'avouer. La dispute qu'ils avaient eu quelques temps plus tôt avait clairement refroidi leur amitié, et aujourd'hui, le début de leur entrevue aurait semblé grotesque et dénué de sens pour tout œil extérieur. Ils ne faisaient qu'échanger de simples banalités, mais après tout, c'était quand même un bon début, compte tenu du froid qui les avait séparé pendant tout ce temps. Et Béatrice n'était pas dupe, s'il était ici c'était très certainement à la demande d'Elena. Avec ce qui s'était passé dans la clairière, et avec ce que la nonne avait dit au jeune de Rohan, jamais il ne serait revenu la voir de sa propre initiative. En un sens, elle remerciait son amie d'avoir plus ou moins forcé la main de Luc, car malgré le passé, elle était contente de le revoir.

La religieuse avait remarqué à haute voix que son visiteur se portait bien, et elle avait été un peu étonné qu'il fasse preuve d'humour pour lui répondre. Étonnée, mais en bien. Cela laissait présager qu'il n'avait finalement pas perdu toute sa bonne humeur, du moins l'espérait-elle. Il avait même fini par entretenir la conversation à son tour, lui demandant quand elle pourrait quitter cette chambre, et elle lui avait répondu qu'elle n'en savait rien. Effectivement, si elle en avait eu la force, elle serait déjà retournée à la Collégiale depuis longtemps.
Puis elle avait demandé à Luc s'il continuait à visiter les amis de sa famille, ce à quoi il avait répondu qu'il avait fait le tour des connaissances des de Rohan, mais qu'il poursuivait ses ballades en appréciant les couleurs automnales. Oui, il avait raison, en Automne les couleurs de l'été disparaissaient, mais c'était pour mieux laisser leur place aux roux et bruns chauds des feuilles des arbres.
Elle hocha la tête lorsqu'il affirma que l'automne était une belle saison pour se promener, des souvenirs d'enfance lui revenant alors.


"Je comprends votre point de vue. Lorsque j'étais enfant, à Rodez, j'adorais jouer dans la forêt, en Automne. C'était la période de l'année qui me plaisait le plus. Maintenant, j'ai passé l'âge de batifoler dans les feuilles, je me contente de reproduire la beauté de la nature sur des toiles..."

Disant cela, elle désigna de la main une toile posée sur un chevalet, près de la fenêtre. Le tableau n'était pas encore terminé, mais on pouvait facilement reconnaître le jardin des Mirova, ainsi que les couleurs chatoyantes de la forêt dans le fond. Visiblement, il ne restait plus grand chose au tableau pour qu'il soit terminé. Sans le vouloir, elle avait répondu, du moins en partie, à la question que Luc lui posa ensuite.


"Je dois bien avouer que je trouve parfois le temps long, mais comme vous pouvez le constater, je m'occupe comme je peux. Je dessine, je peins, je lis, et je reçois quelques visites. Elena vient me voir tous les jours, souvent plusieurs fois dans la journée, et nous passons de longs moments à parler de tout et de rien, ce qui est très agréable, car ça me change les idées. En dehors de ses visites, peu de gens viennent me voir. Mademoiselle Gallois, l'herboriste, est passée il y a quelques temps, et elle me fait régulièrement porter des plantes médicinales qui, je l'avoue, améliorent grandement mon état de santé. J'ai également reçu la visite d'un ami d'enfance, cet après-midi. Peut-être l'avez-vous croisé dans le couloir, d'ailleurs..."

Elle passa une main dans ses cheveux librement lâchés sur ses épaules et soupira. Aujourd'hui, David était venu, puis Luc, et ce matin c'était Elena qui l'avait visitée. Elle commençait à se sentir fatiguée, mais tenta de ne rien montrer au jeune noble. Après tout, il avait fait l'effort de venir la voir, ce n'était pas pour se faire refouler sous prétexte qu'elle était fatiguée...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1084-presentation-d-une-apprent
Apprenti(e)
Apprenti(e)
avatar


MessageSujet: Re: Saluer l'héroïsme   Lun 3 Oct 2011 - 15:13

Luc s'était un peu détendu, c'était vrai, mais il était loin d'être aussi naturel qu'à l'accoutumée. Il n'en restait pas moins présent ici sous la seule volonté d'Éléna qui avait insisté pour que son Apprenti vienne voir et s'enquérir de l'état de santé de la jeune sœur. C'était étonnant, mais depuis leur dispute, le fait qu'elle faisait partie de l'Inquisition lui revenait davantage à l'esprit. Elle restait une ennemie, même si son Aguerrie désirait en faire une « alliée » de choix : car il était vrai qu'être défendu par une nonne avait tous les avantages du monde, il trouvait de plus en plus sa présence dangereuse et inutile. Sans oublier que, du coup, les séances d'entrainement s'espaçaient de jour en jour. Il ne restait plus que l'escrime qu'ils pouvaient pratiquer librement et même si cela plaisait à Luc, la sorcellerie lui manquait. Il ne fallait pas se leurrer, quelques unes de ses balades au cœur de la Forêt-Noire étaient simplement une couverture pour trouver un coin discret afin de se perfectionner. Il était très peu adepte des souterrains du Château, et puis le contact avec la Noblesse hypocrite ne lui disait rien du tout. Pourtant, en quelque sorte, c'était ce qu'il était en cet instant et cette réflexion le dégoûta énormément. Il préféra enterrer ce sentiment en lui et donna plus de crédit aux paroles de Béatrice qui évoquait ses souvenirs d'enfance pour expliquer qu'elle aussi aimait l'Automne, bien que, maintenant, elle passait plus de temps à dessiner qu'à s'amuser.

Détournant le regard vers la direction indiquée par l'une des mains de la jeune femme, il rencontra le tableau qu'elle avait commencé à peindre. Nul doute qu'elle possédait un certain talent, néanmoins, Luc était de ceux qui préféraient vivre une nature plutôt que de la coucher sur une toile. Pour lui, il valait mieux profiter de la nature que d'essayer de la reproduire pour le plaisir des yeux car les souvenirs étaient bien plus vivaces une fois qu'on avait vécu quelque chose. Se souvenir d'une image était bien plus difficile que de se remémorer un jeu dans les feuilles tombantes ou une course à cheval entre les arbres jaunis par le temps, se préparant à abandonner leur feuillage pour passer un hiver nu et sans défenses. Peut-être était-ce principalement parce qu'il n'avait aucune compétence dans un quelconque art, si ce n'était la flûte traversière, mais là encore, c'était une façon différente de profiter de l'instant présent car la musique, elle, si elle était couchée sur papier, ne pouvait parler qu'aux musiciens. Il fallait qu'elle soit jouée pour être accessible par tous et cet instant n'était qu'éphémère ce qui le rendait probablement encore plus estimable.

Alors qu'il écoutait la sœur détailler ses journées, qui auraient été affreusement longues pour Luc -, les derniers mots firent un plus large écho dans son esprit : son « ami » d'enfance. Oui... Il l'avait croisé et aurait préféré s'abstenir d'une telle rencontre fortuite, même s'il ne comprenait pas trop pourquoi cela l'avait mis dans une colère noire. Peut-être parce que les paroles de la nonne lui avait alors paru bien hypocrite. Oui, probablement. C'était surement cela. Il essaya néanmoins de garder le contrôle et répondit posément, légèrement pensif:


« - C'est fort possible, il me semble avoir croisé quelqu'un dans les couloirs effectivement. Néanmoins je n'ai pas pris le temps de m'arrêter. Je pensais qu'il s'agissait d'une connaissance du frère d'Éléna. » C'était un véritable mensonge car il savait parfaitement d'où venait le jeune homme lorsqu'il l'avait percuté. « - C'est une surprise de retrouver une connaissance de Rodez à Forbach, non ? Peu de gens peuvent se vanter de telles coïncidences... »

En fait, même s'il ne le laissait pas paraître, ce n'était pas ce que le jeune noble pensait. Pour lui, l' « ami » d'enfance de Béatrice était probablement bien plus que ça. Jetant un regard par la fenêtre, il soupira en silence avant de continuer la discussion. Le geste de la nonne ne lui avait pas échappé.

« - Vous semblez avoir besoin de repos, si vous êtes fatiguée, je ne veux pas vous importuner davantage. Le médecin ne vous a surement pas prescrit du repos par pur sadisme. » Il esquissa un bref sourire. Dieu qu'il aurait voulu être à dix mille lieues d'ici et ne jamais avoir poussé cette porte...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://witchslay.forumactif.com/t1118-luc-de-rohan
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Saluer l'héroïsme   

Revenir en haut Aller en bas
 

Saluer l'héroïsme

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Witch Slay :: Parmi les Sylves - Alentours :: La Forêt Noire (Schwarzwald) :: Manoir Mirova-