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 Puisque le chasseur est absent

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MessageSujet: Puisque le chasseur est absent   Jeu 25 Aoû 2011 - 13:29

*08 août 1645*


Après toutes ces semaines à la baronnie, une petite excursion dans le périmètre de Forbach, était la bienvenue. Madame Zimmerman n’avait pas dit un mot de plus concernant ce qui attendait son époux. Elle maintenant le mystère. Vers la fin de l’après midi elle lui avait demandé de s’habiller pour monter à cheval. David l’avait aidé à préparer deux chevaux. Ceux qu’ils avaient l’habitude de prendre pour les courts voyages. L’occasion de renouer avec l’équitation, que sa grossesse avait interdite, pendant une longue période.
Louisa était étrangement tranquille. Elle se laissait gagner, par la joie adolescente, que procuraient les surprises d’amoureux. Les soucis du quotidien étaient laissés à la porte du manoir. Comme prévu le temps était doux et s’annonçait parfait pour la soirée. Les paysans ne s’étaient pas trompés. Le ciel était dégagé ce qui augurait une belle nuit à venir. Exactement ce dont elle avait besoin pour leur moment à eux.
Elle avait été embrassé une dernière fois les jumeaux. Toujours un peu inquiète, lorsqu’elle sortait pour la première fois, sans ses nouveaux nés. Miranda la connaissait assez pour anticiper chaque question et l’empêcher de reculer. Ce n’était que pour quelques heures. Tout le monde avait remarqué combien Lou était trop fusionnelle avec ces deux là. Elle devait -elle aussi- couper le cordon. C’était indispensable. Anna leur avait souhaité une bonne nuit avec un sourire entendu. Dimitri avait objecté que lui aussi voulait retourner à la montagne. Ce serait organiser avant la fin de l’été avait-il été convenu.


Le trajet entre Rosbruck et « La Montagne des sages» n’était pas excessivement long. Ils n’avaient qu’à prendre les petits sentiers pour ne pas être ennuyé par le passage des carrioles. Et puis ils n’étaient pas pressés. Lou gardait sa monture prés de celle de son compagnon. Elle lui parlait oui... surtout d’eux. Évoquer des souvenirs parlés de tout ce qui faisait leur couple. Elle laissait aussi des silences exister. Silences de paix et d’harmonie avec toute cette nature qui les entouraient. Ils n’avaient plus besoin de retenir ni mots ni gestes.
L’arrivée de David et Lucile les avaient fatigués. C’était important qu’ils puissent se ressourcer un peu. Ils ne tiendraient pas sinon. L’amour ne faisait malheureusement pas tout sur le long terme. Au fur et à mesure de la balade les muscles de sa silhouette se détendaient. Elle n’avait plus à être sur le qui-vive. Tout devenait plus intime.


L’ombre de la montagne se dressait s’imposait devant eux. Elle donnait un petit air nostalgique à Louisa. Cette partie de la Moselle avait longtemps appartenue à des souvenirs d’enfance quand elle allait sur la montage de la Fraternité. A Rosbruck il n’y avait pas de montagne on devait aller plus loin dans le nord. Ça ne lui manquait pas, ou alors, dans de rares moments. Le soleil qui suivait sa courbe, en éclairant les reliefs, embellissait la vue.
Ils n’eurent pas à monter beaucoup. Le cabanon se trouvait sur l’un des premiers plateaux. Il ne se voyait presque pas tant la nature l’avait intégré dans le paysage. Lou avait sauté à terre avec un petit sourire. Tout ça était à eux jusqu’au lendemain. Elle allait le plus simplement du monde déceler le cheval et l’amener prés des pousses d’herbes. Le corps étaient un peu engourdis. Pourtant elle n’en montrait rien trop heureuse de se dépenser autrement qu’en arpentant leur manoir.

Elle tournait son époux dans la direction de la vue et se glissait contre son dos pour lui masser tendrement les épaules. Le coucher de soleil se préparait à l’horion. On entendait la faune débuter une sérénade. De quoi se croire un peu hors du monde… un peu seuls au monde.


-«Qu’en penses-tu ? »


Dernière édition par Louisa Zimmerman le Lun 5 Sep 2011 - 16:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Puisque le chasseur est absent   Jeu 25 Aoû 2011 - 17:35

Alors que le jour s’était levé, Romain avait littéralement presque bouilli d’impatience tout au long de la journée à l’idée de la surprise que lui réservait son épouse. A plusieurs reprises, il avait tenté de lui tirer les vers du nez de la plus tentatrices des manières mais n’avait rien obtenu d’elle. Il s’était alors fait un peu boudeur et lui avait demandé de ne plus jamais lui annoncer de surprise avant le moment où elle devait être révélée. Oui, le Baron était encore un enfant, mais cela ne faisait-il pas partie de son charme ? Allons, allons, il savait néanmoins prendre ses responsabilités et s’était occupé des jumeaux avec passion avant de veiller à l’apprentissage de ses deux aînés. Toutefois, la journée ne passait pas assez vite à son goût mais un nouveau projet lui turlupinait l’esprit. Avec la chaleur de cette fin d’été, il lui était venu à l’idée de créer un étang à l’arrière de la propriété. Il avait soumis l’idée un jour alors qu’ils dînaient tous ensemble et c’était avant tout un moyen pour lui d’avoir un peu de fraicheur à proximité. Les travaux seraient longs et difficiles mais l’automne et l’hiver approchant, s’ils parvenaient à le creuser d’ici là, le remplir serait un jeu d’enfant et la Nature le ferait d’elle-même. Qui plus est, cela pourrait faire une source d’eau à proximité en cas de besoin si un incendie devait se déclarer.

C’était à cela qu’il s’était alors penché tout l’après-midi pour tuer le temps. Dessiner des plans, griffonner des idées… Son esprit ainsi occupé ne pensait plus à tout ce que son épouse pouvait préparer pour lui. Puis il y avait aussi cette idée de détourner la rivière proche pour créer une retenue dont l’eau, sans cesse renouvelée serait parfaite pour se baigner lors des chaudes journées d’été. Sans compter que son débit était suffisant et que cela pourrait profiter également à la faune de disposer d’une zone sans courant. Enfin, pour cela, il fallait estimer quand même la zone maximale que l’on pouvait creuser et surtout régler la question du détournement. Il faudrait créer un détournement de la rivière et décider si l’on laissait le lit initial où si on le rompait totalement pour le remplacer par l’artificiel. La question supplémentaire dont il était impossible d’avoir une réponse était de savoir si le nouveau « lit » serait accepté par la rivière. Le Baron savait les éléments suffisamment capricieux pour ne pas forcément accepter les modifications humaines. Mais, techniquement, avec une construction bien réalisée et consolidée avec des pierres de bonnes factures, la rivière ne devrait avoir aucune raison de refuser ce nouveau palace. Il s’entretint d’ailleurs avec David à ce sujet avant qu’il ne parte sceller les chevaux, remettant la surprise au cœur des préoccupations de Romain.

Heureusement, il ne lui fallut pas attendre beaucoup plus longtemps. Du moins pas plus que celui nécessaire à son épouse d’abandonner la chair de sa chair pour à peine quelques heures. L’évidence était là, à leur retour, elle se jetterait littéralement à leur chevet même si Romain savait que Miranda et David en prendraient soin comme leurs propres enfants. Une fois qu’elle put s’en séparer, ils montèrent à cheval et le Baron suivit son épouse, son cheval à côté du sien. Ils n’allaient pas vite, apparemment ce n’était pas nécessaire, mais il devina assez rapidement l’endroit où ils allaient, enfin dans sa globalité. Comment passer à côté de la Montagne de la Fraternité ? Alors qu’ils chevauchaient, ils parlaient quelque fois, mais aucun mot n’était glissé sur les enfants, sur la future visite de la mère de Louisa. Rien… Juste eux deux, rien d’autres. Parfois le silence les accueillait, à peine rompu par le bruit des sabots et celui de la nature qui se prépare pour la nuit à venir. C’était agréable de se laisser porter comme ça. Et puis, surtout, sa curiosité commençait enfin à être comblée. Loin de toute l’agitation du manoir, ils allaient pouvoir se retrouver tous les deux, ce qui n’était pas pour lui déplaire.

Ils arrivèrent enfin, du moins c’est ce qu’il conclut lorsque son épouse quitta sa selle pour bondir au sol. La petite masure qui reposait sur ce plateau était tout ce qu’il y avait de plus simple, mais il fallait l’admettre, ils n’auraient pas besoin de beaucoup plus. En réalité, avec le beau-temps, il n’en aurait peut-être même pas besoin du tout. Il se laissa glisser de sa selle également et enleva la selle et le harnais à son cheval le laissant paitre à côté de celui de son épouse. Ils ne partiraient pas, ils étaient suffisamment bien dressés pour cela. Alors qu’il se laissait aller à observer la vue, Louisa le rejoignit, posant ses mains sur ses épaules en un délicat massage et lui demanda ce qu’il en pensait. Il eut un sourire amusé.


« - J’en penses que tu as eu une idée merveilleuse, comme d’habitude. »

Le soleil se couchait progressivement aussi, se soustrayant aux caresses tendres de son épouse, il passa derrière elle, l’enlaçant tendrement et posant son menton sur son épaule dans un geste affectueux.

« - Ce que je me demande encore, c’est tout ce que tu as bien pu prévoir, car, j’en suis certain, tu n’as pas seulement pensé à cet endroit… »
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MessageSujet: Re: Puisque le chasseur est absent   Lun 5 Sep 2011 - 16:38

Un petit sourire avait trahit l’amusement de la dame. La propension de son compagnon, à rêver à imaginer le plus beau, était bienfaisant. Elle était heureuse que la vie adulte n’ait pas gâché son tempérament. Ils avaient été propulsés dans la vie sans y être réellement préparés. Lou regardait leur passé avec une certaine fierté.
Un fugace baiser appuyait l’intuition du baron. Elle voulait lui laisser découvrir la soirée qu’elle avait organisée. Cela faisait partie de la beauté de la chose. Avant que le soleil ne soit complètement couché elle voulait lui montrer quelque chose. Cet endroit restait, dans sa mémoire, comme l’un des plus enchanteurs. Peut être parce qu’en effet une ancienne magie y avait palpité il y a longtemps.


-« Viens…»


Sa main, attrapait délicatement l’une des seines, pour le guider vers l’un des arpents de la Montagne. Si on regardait attentivement la structure on devinait un chemin façonné par le passage des hommes. C’était devenu une sorte d’escalier naturel. Malgré sa physionomie délicate Louisa avait un certain goût pour l’aventure. Se retrouver au contact de la nature avait un effet ressourçant. C’était donc avec énergie qu’elle cherchait les appuis qui lui permettait de grimper. Le roulis des pierres lui rappelait la force de Mère Nature.
Au bout de quelques mètres un autre promontoire se présentait. Plus haut celui-ci dépassait la cime des arbres. Aussi loin que l’on pouvait porter le regard il n’y avait que l’horizon bordée de vert et maintenant de rouge. La brise du soir portait les odeurs de la forêt. Il n’y avait rien de plus paisible au monde aux yeux de la fileuse. Elle s’installait à même le sol au plus prés de son époux. Ses doigts s’entremêlaient automatiquement aux siens. Un geste vif et possessif plus démonstratif encore que dans l’enceinte du manoir.


-« J’ai toujours pensé qu’ici le temps s’arrêtait. » Ses yeux dérivaient vers lui avec une tendresse silencieuse. -« Je voudrais que tout s’arrête parfois. Quand l’instant est si parfait. » Son corps tiède, encore un peu rond, doux, se nichait contre lui. La louve n’avait plus ni crocs ni griffes. Sa tête glissait vers son épaule. Ses lèvres embrassaient délicatement son cou. -« Est-ce que tu as des regrets ? »


Louisa était trop âgée aujourd’hui pour profiter de l’innocence des premières heures. Elle avait demandé cela sans inquiétude. C’était une question qu’elle se posait parfois, quand elle le voyait fatigué de ces journées, quand elle sentait la lassitude errer au dessus de lui. Ils parlaient de tout. Mais ce soir elle voulait parler d’encore plus. De toute cette vie entamée et qui resterait dans leur dos. Ils étaient arrivés à un stade où leurs choix étaient faits et indiquaient la marche à suivre jusqu’au bout du chemin.


Avant les premières étoiles madame Zimmerman avait enjoigne de rejoindre l’autre plateau. Il y avait un cercle de pierre dans lequel s’allumaient les feux. Il ne faisait pas très froid. Mais ils étaient en montagne et la température allait baisser. Après avoir récupéré un peu de bois mort lancer une flamme ne fut pas compliqué. Le foyer des vieilles braises avait aidé.
Lou avait été faire un tour dans le petit cabanon et en avait pris de grandes couvertures de laine. Elle en avait déplié une non loin de la chaleur avant d’attirer son homme dans ses bras et de l’entrainer à contempler la naissance de la nuit.


-«Il n’y a pas que l’endroit. Il y a toi et moi. Et je voudrais que tout ce qu’il y a de plus beau ici te dise combien je t’aime.»


C’était presque naïf. La plus douce partie de cette femme s’éveillait à la lueur des étoiles.
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MessageSujet: Re: Puisque le chasseur est absent   Mar 6 Sep 2011 - 18:17

Romain était un grand enfant, c'était de notoriété commune à Rosbruck, et probablement même à Forbach. Il savait être un homme sérieux et respectueux de beaucoup de choses, parfois même savait se faire craindre si nécessaire mais il suffisait de bien peut pour qu'il s'amuse et sa véritable nature se révélait très rapidement auprès de bambins qu'ils soient les siens ou ceux d'autres. C'était un comportement qu'il avait gardé depuis toujours. Peut-être parce qu'il avait été projeté trop rapidement dans l'âge adulte, peut-être était-ce également une manière de lutter contre le temps qui s'écoulait inexorablement. Il était difficile de dire ce qui pouvait motiver le Baron de Rosbruck à être ce qu'il était tout simplement. Peut-être même n'y avait-il rien à démontrer... Qui pouvait se targuer de savoir ? Son épouse peut-être, et encore. Lorsque l'on est ébahi par un tour de magie, c'est généralement que l'on ne connait pas le « truc », pour peu qu'il y en ait un. Peut-être que cette manière d'enlacer son épouse, ce regard porté sur le monde qui occultait si facilement les problèmes lorsqu'ils n'étaient plus importants pour l'instant présent, ou ce comportement affectif et attentionné étaient simplement les fruits de la naissance et de l'enfance de Romain Zimmerman, rien de plus, rien de moins. Nul artifice, nulle volonté propre, un simple homme qui vit comme la vie lui a apprit à vivre. Rien de plus naturel en somme.

Il répondit dans un sourire muet à l'invitation susurrée par son épouse. La laissant l'attraper par la main, il se contenta de suivre le mouvement imprimée par la femme, mère de ses quatre enfants et qui lui paraissait pourtant aussi séduisante, farouche et intéressante que le jour de leur rencontre plus de vingt ans plus tôt. Rien n'était perdu de ces moments-là, non vraiment rien. Il suffisait de les voir tous les deux pour s'en rendre compte. Cette complicité naturelle, cette manière qu'il a de la regarder alors qu'elle fixe un point devant elle, occupée à gravir ce sentir. Un regard attentif au cas où il devrait la rattraper pour éviter une mauvaise chute, ce fait de devenir, sans un mot, un protecteur silencieux et invisible. Il y a des signes que peu de gens peuvent voir et qui pourtant sont inéluctablement présents. Ces deux-là s'aiment, mais le mot « amour » a une profondeur pour eux qui est bien plus ancrée dans les tréfonds des abysses de la Terre elle-même que pour deux autres personnes amoureuses. Un amour qui résiste aux tempêtes les plus violentes, qui peut se targuer d'aimer comme cela ? Bien peu de gens, probablement. Eux oui.

Arrivé à un promontoire surélevé par rapport au premier où reposait le petit abri, Louisa s'installa et son mari l'imita avant de se laisser saisir sa main dans un geste qu'il n'imaginait avec aucune autre qu'elle, il suffisait d'observer leurs regards pour le voir. Inutile d'essayer d'attirer le beau Baron dans son lit, la fidélité était comme une seconde peau pour lui. Il n'avait connu, ne connaissait et ne connaîtrait qu'elle de toute sa vie et cela lui suffirait à jamais et bien au-delà. Un mince sourire ourla les lèvres de l'homme qui observait la scène avec délice alors que son épouse lui glissa quelques mots. Son regard quitta la beauté naturelle pour se poser sur une autre qui semblait plus inquiète. Il frissonna au contact des lèvres et répondit avec douceur.


« - Qu'aurais-je bien à regretter Louisa ? Je suis un commerçant prospère et reconnu, j'ai d'excellents amis avec qui j'entretiens des relations extrêmement agréables et, surtout, j'ai la chance d'avoir épousé la plus merveilleuse, à tout point de vue, des épouses – la femme de mes rêves en plus ! - qui m'a donné quatre enfants tout aussi adorables que leur mère. » Il eut un plus large sourire. « Que pourrais-je bien regretter ? »

Sans nul doute des mots prononcés avec une sincérité à toute épreuve. Romain Zimmerman était heureux, à tous les niveaux c'était un homme accompli. Il était difficile de rêver d'une meilleure vie que celle qu'il vivait en ce moment.

« - Aurais-tu des regrets toi ? » Il avait haussé un sourcil de surprise, légèrement amusé, même si on pouvait lire dans son regard une pointe d'inquiétude. Le Baron Zimmerman craindrait-il un instant de ne pas avoir comblé son épouse ? Probablement.

Alors que les deux amoureux étaient redescendu sur le plateau où reposait le cabanon, le Baron avait aidé son épouse à préparer le feu et avait par contre reçu l'interdiction de la suivre dans le petit cabanon d'où elle était ressortie avec une couverture qu'elle étala non loin du feu qu'il tisonnait pour l'attiser davantage. Il n'eut pas le loisir de poursuivre cette -noble- entreprise car elle l'attira près d'elle sans souffrir une quelconque retenue, ce qui, apparemment, n'embarrassait nullement Romain, qui, une fois n'était pas coutume, reposait maintenant dans les bras de Louisa. Alors qu'ils contemplaient les étoiles qui apparaissaient lentement dans le ciel obscurci, la Baronne se laissa aller à quelques mots. Un sourire naquit sur les lèvres de l'homme qui se redressa doucement pour embrasser son amante. Il n'y avait pas besoin de mots pour qu'ils sachent l'un l'autre ce qu'ils éprouvaient et pourtant, lorsque c'était dit, cela avait une saveur toujours délectable.


« - Si la montagne se met à parler, je ne suis pas certain que je resterais... » Avait-il dit en souriant malicieusement après avoir quitté les lèvres de son épouse. Une phrase idiote, une taquinerie, rien de plus. Qu'attendre d'autre de la part d'un enfant ?
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MessageSujet: Re: Puisque le chasseur est absent   Mer 16 Nov 2011 - 0:21

[ Je m'excuse pour ce délai et cette courte réponse mais Cissi a raison bloquer c'est nul. ]

La question du Baron était restée en suspend le temps d’une pensée. Le temps d’écouter son cœur lui donner la réponse. Ses regrets étaient des regrets d’enfant. Ceux que la vie lui avait imposés par la force des choses. Ceux qu’elle n’avait plus besoin de dire tant les années étaient passées sur eux. Romain ne les connaissait que trop bien. Aucun ne les concernait eux.


« Non aucun depuis que tu es là. »


Nichée contre le corps de cette moitié Louisa se sentait en harmonie avec l’univers. Là était sa place. Soudain les troubles de l’hiver lui paraissaient dérisoires. Les peurs n’avaient plus de poids. Ses bras enlaçaient comme des lassos amoureux. Le premier coup de vent avait fait trembler sa colonne. Elle s’était d’instinct serrée au plus proche de sa chaleur.


Le ciel se drapait de sa plus belle robe. Il la captivait. Une poésie intime déversait sa mélodie sur son esprit. Les vers, de quelque poète oublié, venaient bouger ses lèvres refroidies. Elle parlait tout bas comme pour appeler les Muses à observer leur beauté. Petit à petit l’art se fit supplanter par les sons de la nature. Lou remontait un peu ses jambes prés de son protecteur. Ses doigts se glissaient sur les hanches du noble.
A être si prés de lui sa peau ressentait le doux picotement de l’intime. Cet indice précieux d’un amour invulnérable. Les yeux sombres se fermaient lentement. L’oreille écoutait le battement de leurs cœurs qui se répondaient calmement. Le cri d’un loup lui rappelait soudain la terre blanche de sa Russie. Les souvenirs affluaient sans mise en garde. Guidée la belle baronne remontait doucement vers le visage de son époux pour un baiser habité par la passion.


« Et si on y retournait avec les enfants ? »


Le nom n’avait pas besoin d’être prononcé. Il n’y avait qu’un seul endroit qui manquait réellement à cette femme. Son nez caressait tendrement le creux de la gorge masculine. Elle n’avait pas prévu d’en parler ici. Mais peut-être était-ce le bon moment.
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MessageSujet: Re: Puisque le chasseur est absent   Dim 20 Nov 2011 - 22:59

Il aurait eu beaucoup de peine à songer que sa femme puisse avoir des remords surtout après avoir voué son existence à la rendre heureuse, la soutenir dans ses projets, veiller à la combler sur tous les aspects de leurs vies. Il la connaissait probablement par cœur mais il aurait été bien en peine de dire qu’il était capable de lire dans ses pensées. Avait-elle des regrets, même minimes ? Lui n’en avait jamais eu. S’il devait revivre une vie, il ferait probablement les mêmes choix que ceux qu’il avait faits. Peut-être changerait-il un détail, le temps qu’il lui avait fallu pour songer à l’idée de faire d’autres enfants à son épouse. Elle avait été tellement heureuse lorsqu’il lui avait soufflé l’idée qu’il savait qu’elle l’attendait depuis longtemps. Lui-même y avait pensé mais le travail l’avait éloigné de cette éventualité. Maintenant ils étaient six Zimmermans et Romain était déjà fier de ses quatre enfants mais, en un sens, il aurait peut-être aimé en avoir plus… S’ils y avaient songé plus tôt peut-être… Maintenant c’était trop tard, enfin, pas nécessairement, mais la dernière naissance s’était suffisamment mal passée pour conforter le Baron dans son idée de ménager sa femme et de ne pas tenter le diable une seconde fois. Ils avaient eu beaucoup de chances, cela ne se reproduirait sans doute jamais plus et il ne pourrait pas vivre sans son épouse, même entouré par ses enfants. Elle était le seul et unique pilier maitre de son existence, si elle s’effondrait, il s’effondrait à son tour et ils ne pouvaient pas laisser leurs enfants seuls. Romain se contenterait de cette famille déjà nombreuse avec beaucoup de bonheur.

Il accueillit avec un sourire et soulagement la réponse de Louisa qui rassura son esprit et le plongea dans une tranquillité sereine alors qu’ils profitaient, ensemble, de cet instant de solitude intime. Cela faisait longtemps qu’ils ne s’étaient retrouvés seuls. Même l’intimité de leur chambre était « brusquée » par la présence des jumeaux. Il l’admettait, le corps de sa femme manquait au sien et si cet amour là n’était pas nécessairement primordial, il avait quelque chose de vital pour le Baron. Le moyen de lui prouver qu’elle était toujours belle, qu’il la désirait toujours, que leur passion, si elle s’était un peu assagie, n’avait rien perdu de sa fougue de leur jeunesse, en un sens c’était même le contraire, probablement grâce à l’expérience des années. C’était d’ailleurs un peu coquin qu’il enlaçait son épouse, repensant à tout ce qu’ils avaient mis de côté pendant ces dernières semaines. Les enfants prenaient du temps, beaucoup de temps, et avec chacun leur propre affaire, il ne leur restait plus beaucoup de temps pour eux deux. Cette sortie était l’occasion rêvée pour combler ce manque grandissant d’intimité mais en choisissant de refaire des enfants, ils avaient signé implicitement pour cela et Romain, pleinement conscient, ne regrettait rien. Ils retrouveraient le temps pour eux deux et continueraient à s’offrir quelques instants d’évasion comme celui-là. Anna et Dimitri étaient grands maintenant, les laisser à la maison pour s’occuper, avec Miranda et David, des jumeaux ne serait pas d’une difficulté trop éprouvante. Du moins cela le serait beaucoup moins que plusieurs années auparavant lorsqu’il était question « d’abandonner » leurs deux premiers nés. Ainsi allaient les choses se dit-il en souriant pour lui-même.

« - Ce serait une bonne idée. Je me rappelle encore du visage d’Anna lorsqu’elle jouait dans la neige. » La Russie… Lui aussi s’en souvenait. Surtout de tout ce qu’il avait fait pour les retrouver là-bas, allant même jusqu’à s’introduire clandestinement dans la demeure des Silvanovs. « Il faudra attendre un an, peut-être deux, pour que David et Lucile puisse en profiter vraiment mais cela pourrait être intéressant oui. » Dans les bras de son épouse, le baron se retourna pour lui faire face, pouvant ainsi l’enlacer alors qu’elle ne s’était pas gênée de se rapprocher de lui. Dans un sourire, il lui murmura : « Te souviens tu de la surprise que je vous avais réservée à Anna et à toi ? » Il savait qu’elle n’avait surement pas oublié mais une lueur malicieusement amoureuse s’était allumée dans son regard à la mention d’un tel évènement. Il se souvenait encore de la manière dont sa petite fille s’était mise à courir vers lui alors qu’il émergeait de derrière un bonhomme de neige qu’elle avait quelques heures plus tôt. Son sourire, son rire, le regard de son épouse… Tout cela comme si cela avait été la veille, comme s’il avait presque vingt ans de moins et qu’il se sentait encore invincible. Un jeune fou. Qui d’autre aurait pu traverser l’Europe à cheval ? Ses bras se resserrèrent davantage autour du corps de son épouse, le regard délicieusement malicieux. « Mais ne pensons plus aux enfants, veux-tu ? Pour quelques heures seulement, j’ai envie de ne penser qu’à toi, l’amour que j’ai pour toi, intact depuis vint ans, non… plus fort chaque jour depuis notre rencontre. » Dans une caresse subtile sur les hanches de Louisa, il déposa ses lèvres sur les siennes, n’attendant pas sa réponse et lui volant un long et doux baiser. La nuit n’était pas encore couchée, mais il n’était nul besoin de l’attendre.
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MessageSujet: Re: Puisque le chasseur est absent   Ven 23 Déc 2011 - 1:30


Le doux baiser de l’amant fut bien vite encouragé et nourri par son épouse. De ses lèvres roses naissait le sourire complice et lubrique. Cette paroi rocheuse, était-elle l’alibi, d’un rendez-vous moins galant que charnel ? C’était en effet probablement le cas. Ils n’avaient pas besoin de s’en cacher. Le désir n’avait pas d’âge. Les fantasmes changeaient peut-être. Mais le désir était l’une des sources de l’amour. Qui oserait le nier n’avait encore jamais aimé.
Ils auraient pu se retrouver n’importe où ailleurs. Ailleurs comme ici, où aucun souvenir, heureux ou bien triste ne pouvaient altérer leur bienêtre. Louisa avait répondu positivement à la première caresse de Romain. Une fois, encore, comme toutes les autres fois, elle s’offrait à lui tout en l’arrachant au monde mortel.


Ce fut prés d’un feu, et non dans un beau manoir, que le couple le plus résistant de cette terre maudite, rendait hommage à leur sentiment réciproque. La lune faisait briller leurs cheveux blancs. Les flammes éclairaient leurs peaux de plus en plus à découvert. Lou n’avait que faire de cette cabane qu’ils auraient put rejoindre en quelques pas. Elle était animée par cette soif que lui seul pouvait apaiser. Une soif de sensations physiques. Ses iris se teintaient du plaisir éprouvé et épanoui.
Le manque la rendait vive et entreprenante. C’était comme si les mains de monsieur Zimmerman ôtait les fers de Rosbruck. Et elle souriait possessive et dangereuse comme seule les femmes de l’este peuvent l’être. Le cadre bucolique lui inspirait quelque sauvagerie amoureuse. Il y avait quelque chose en elle la poussait à exprimer ce trait cacher. Un trait que la vie de couple avait enfoui sous la tendresse et la douceur. Cette nuit là était différente. Lou avait toujours eu besoin d’entériner dans la chair les pactes de l’esprit.
Ils étaient unis jusqu’à ce que la mort les sépare. Et bon dieu ils étaient encore en vie, en bonne santé, chéris, et ils s’aimaient. Romain était son unique dieu. Le capitaine de son âme abîmée. Elle fut digne dés plus scandaleux récit de la sainte bible. Un espion inopportun aurait prit cette scène pour la célébration de quelques rites païens oublié. Louisa n’avait jamais sut se taire dans son plaisir. Elle n’avait jamais sut la discrétion.


Même après, son corps couché sur le sien, à peine recouverte d’une couverture, la dame ne cessait d’attiser. Alors même qu’ils étaient incapables de jouir encore. La preuve d’amour, nourrissait un peu plus l’amour lui-même. Sa chevelure était rabattue dans le creux de son cou. Ses lumineux yeux étaient plongés dans ceux de son compagnon. Elle ne semblait ni honteuse, ni coquine de ce dont elle venait de l’affliger.


-«Il était temps que l’on soit entre nous.
Je t’aime. »



Louisa posait doucement la tête contre l’épaule droite de Romain. Elle se mettait à écouter le craquement du bois, le vent, la nuit, et savourait ce qui se passait. C’était une déclaration d’amour… et de paix également, proclamée pour ce monde imparfait. Ils étaient plus forts que Forbach. Ils étaient plus forts que la mort. Il était bon qu’elle s’en rappelle. Il était bon de le hurler.


-« MercI.
De m’avoir désobéit ce jour là. »



Un baiser plus délicat entretenait le calme régnant. Elle ne bougeait pas. Les effets de sa folie amoureuse se dispersait le long de sa peau. Lou avait agit dans l'instant et ne regrettait rien.
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