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 Serpents et vipères

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Aguerri(e)
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MessageSujet: Serpents et vipères   Ven 2 Déc 2011 - 1:53

Depuis sa convalescence, Aphrodite avait du mal de sortir de sa chambre. Elle y passait donc le plus clair de son temps. Et pour compatir et l'aider dans sa guérison, Elena c'était mise à sa disposition et restait le plus possible auprès d'elle pour qu'elle ne s'ennuie pas. La jeune noble c'était astreint à un programme très minuté. Elle partait tôt lorsque l'aube naissait à peine pour s'entraîner sur les bords du lac. Les deux heures passées elle revenait se préparer et apportait le petit déjeuner à son invité. Puis elle la laissait se sustenter pendant qu'elle prenait elle même le déjeuner, seule à seul avec son frère puisque Luc continuait de fuir les dîners communs de peur de croiser l'ancienne none.

Après ça, elle cherchait des ouvrages dans sa bibliothèque et en lisait en compagnie de son amie, sans dire un mot. Après cela elle la laissait un peu tranquille pour qu'elle se repose. L'après-midi elles discutaient ensemble de chose et d'autres ou Elena regardait son amie dessiner sans dire un mot, restant fasciné par son coup de crayon. Parfois, elle avait la visite de David Geisler. Un peu trop souvent au gout d'Elena. Même si elle avait tendance à oublié que son amie faisait partie de l'institution la plus détestable possible, elle n'oubliait pas qui était le jeune Geisler. Le fils du second. Autant dire une monnaie d'échange sans équivalent. Dommage que les hold-up étaient peu courant à l'époque. On obtenait pas beaucoup à tenté une entreprise de ce genre. Il fallait être plus inventif, fomenter des coups de maîtres pour détrôner ou faire chanter quelqu'un.

Chaque fois que le garçon passait devant le porche pour se faire introduire par le maître d'hôtel, Elena fixait d'un regard noir le garçon rentrer avec cette fière allure. Cet insolent lui rappelait combien la gente masculine pouvait être odieuse et pleines de bassesses. Ce jeune homme lui donnait la chaire de poule.


Et puis à force que le temps passe Aphrodite se remit. Aphrodite. C'était bien difficile de l'appeler ainsi encore tant la tentation de l'appeler Béatrice était grande. Elena passait toujours beaucoup de temps avec elle mais depuis que le jeune Geisler était à proche d'elle, elle la voyait changé peu à peu et avoir quelques sautes d'humeur. Elena n'aimait pas l'influence que ce gamin à l’arrogance fétide avait sur son amie. Aussi, une fin d'après-midi alors qu'il la raccompagnait au Manoir Mirova, il croisa le regard plus sombre qu'à l'habitude d'Elena. La jeune femme rentra dans le manoir, attendant que Aphrodite rentre et soit accaparé par les serviteurs. Pendant ce temps, Elena emprunta le passa secret qui menait aux écuries et rejoignit l'inquisiteur qui se croyait débarrasser de la présence d'Elena.

Sans le saluer vraiment, elle se planta devant lui.


"Je ne sais pas ce que vous lui faites, mais si j'apprends que vous la faites souffrir je vous jure que vous aurez de gros ennuis."


C'était dit, elle ne le supportait pas et savait pertinemment que c'était réciproque. Depuis qu'elle avait refusé les avances écœurantes de ce coureur de jupons elle rêvait de pouvoir lui dire bien des choses.


"Votre influence malsaine est en train de la changer. Mais je ne la laisserais pas se faire avoir par vos jolis pirouettes. Je SAIS qui vous êtes."


Sa langue siffla sur la dernière phrase. Le ton était donné et quoi que réponde le garçon, rien ne saurait faire changer la jeune sorcière d'avis.
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MessageSujet: Re: Serpents et vipères   Ven 2 Déc 2011 - 23:25

Tous les étés auraient dû ressembler à celui-ci. Insouciant et léger. Chaud et… aphrodisiaque. Depuis cette soirée débridée passée dans une taverne avec l’ex-sœur Béatrice, David délaissait quelque peu l’Inquisition et passait son temps à batifoler avec la demoiselle enfin libre de ses mouvements, lui apprenant tout ce qu’elle, cloîtrée dans son existence de religieuse, ne savait pas des merveilles du monde. Il se levait souvent tôt, allant la cueillir au manoir Mirova peu après le lever de l’aurore. Alors ils sortaient tous les deux, se baladaient en forêt, sillonnaient les vergers, retournaient en ville, écumaient les étalages et les boutiques, traînaient dans les tavernes en consumant leur union toute nouvelle… David n’avait pas ressenti autant d’insouciance depuis longtemps, le bonheur simple de vivre d’eau fraîche et de nuits enfiévrées. Narcissa avait totalement déserté son esprit.

Il raccompagna comme de coutume un soir Aphrodite à ce manoir sordide logé au fond des bois, à l’écart de Forbach. Avec la saison estivale, l’endroit avait l’air moins lugubre, ainsi baigné dans le doux crissement des cigales et la tiédeur crépusculaire. Même si David avait mit sa compagne en garde, il n’appréciait pas de la savoir dans cet endroit. Autre raison pour laquelle il venait souvent la chercher et la raccompagner en ce lieu; cela lui permettait de surveiller, même épisodiquement, le manoir des Mirova.

Alors qu’il prenait les rênes de son cheval pour le mener hors de l’écurie et rentrer à la Collégiale, une silhouette se matérialisa devant lui. Il la reconnut aussitôt malgré le jour déclinant qui distillait une luminosité faible: Elena Mirova, la « maîtresse » des lieux, bien que le vrai maître du manoir fut plutôt son frère aîné. David ne s’attendait pas à la verve avec laquelle elle s’adressa à lui, si bien qu’il resta un instant perplexe. Sortis de leur contexte, ces propos n’avaient pas grand sens à ses yeux. Puis il comprit que la donzelle le menaçait.

La mâchoire du jeune homme se contracta un instant sous le coup de la colère. Il relâcha les rênes de son équidé qui recula et alla ingurgiter quelques brins de paille dans l’écurie. Seul avec la noble pédante qui lui faisait face, David se demanda si elle n’avait pas des tendances suicidaires ou un instinct de survie négatif. Menacer un inquisiteur dans un lieu isolé, à la tombée de la nuit, sans même s’entourer de domestiques? Cette fille avait beaucoup moins de jugeote qu’il ne l’avait cru.

"Incroyable" souffla-t-il d’une voix menaçante, avec une incrédulité feinte. "Votre culot dépasse tout ce que j’ai vu jusqu’ici. C’est à moi de dire ce genre de choses. Si jamais j’apprend que vous avez fait le moindre mal à Aphrodite, soyez sûre que votre famille périra par le feu avant même d’avoir pu dire un mot. (Ses yeux brillèrent dans la pénombre). Estimez-vous heureuse que ce ne soit pas déjà le cas, puisque moi je sais qui vous êtes: la fille d’une sorcière. Rien que pour cela, je pourrais vous rendre la vie infernale. Alors étouffez-vous dans votre ingratitude si vous voulez. Mais restez hors de ma vue. Vous et votre frère êtes en vie parce que nous le tolérons."

Il parlait évidemment des Inquisiteurs. David pensa à Aphrodite, si fraîche et désirable. Puis il se remémora sa vaine tentative d’attirer l’attention d’Elena Mirova, quelques années auparavant. Il n’avait jamais eu d’autres intentions que de lui enlever sa culotte, comme c’était le cas pour toutes les autres filles du comté. Lorsqu’il avait vu que ça ne fonctionnerait jamais, il n’avait pas insisté. Il existait beaucoup d’autres femelles bien moins récalcitrantes, bien plus belles et bien plus proches… Autant minimiser les efforts.

Cette pimbêche méritait une leçon, qui servirait aussi de conclusion à ce qui s’était déroulé par le passé. Il s’approcha d’elle si près qu’il la força à reculer, l’acculant contre le mur de l’écurie. Après quoi David se pencha vers la petite Mirova, leurs visages à quelques centimètres, et esquissa un sourire.

"A moins que vous n’ayez des motivations bien différentes. Comme la jalousie de notre amour, à Aphrodite et moi… Pourtant, vous aviez déjà eu une opportunité. Vous avez changé d’avis?" Avec un air mauvais, le jeune homme agrippa brusquement les fesses d’Elena et les serra entre ses doigts. "C’est un lieu très propice, non?"

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MessageSujet: Re: Serpents et vipères   Sam 3 Déc 2011 - 16:57

David pensait partir serein et il était tombé sur un os. Un sacré os. Le jeune inquisiteur ne s'attendait pas à cette réaction et cette apparition mais il ne se laissait pas déstabiliser.

"C’est à moi de dire ce genre de choses. Si jamais j’apprends que vous avez fait le moindre mal à Aphrodite, soyez sûre que votre famille périra par le feu avant même d’avoir pu dire un mot."


*Tu l'as déjà fait une fois et sache que tu ne recommenceras pas!"

Elena se retint de le gifler immédiatement, elle ne devait pas laisser prise à ce que cette langue de gueux lui disait. Un fils à papa. Il n'était rien d'autre. Mais lorsqu'il nomma son frère elle ne put s'empêcher de répliquer.

"Vous n'avez pas à tolérer la vie d'innocents êtres vivants. Si votre manque de discernement est si flagrant, j'espère que Dieu lui saura voir la vérité. Vous êtes des assassins qui pensez faire le bien en massacrant n'importe qui. Et si il c'est avéré que ma mère était une sorcière, cela ne fait pas de moi une sorcière. Ce manoir et ces habitants resteront face à vous encore longtemps car nous n'avons rien à nous reprocher. Ce qui n'est pas Votre cas! Le seigneur n'aime pas les coureurs de filles! Vous n'êtes qu'un sale profiteur!"

Elle aurait aimé lui cracher au visage. Le faire souffrir pour avoir mentionner le décès de sa mère. Il ne savait rien de ce qui c'était réellement passé ce jour là. Il ignorait tout de l'Oracle et de la duperie qui se tramait derrière cette histoire. Et alors qu'elle bouillonnait sur place l'Inquisiteur s'approcha d'elle. Pour ne pas subir une situation étrange elle recula, omettant le mur derrière elle. Il rapprocha son visage. Elena avait des yeux furibonds se contrôlant pour ne pas se débattre. Toute tentative pourrait être mal interprétée. Ils étaient seuls à seuls et personne ne témoignerait contre lui. Mais il dépassa une limite que personne ne pouvait franchir. Il posa une main sur le bas du dos de la jeune femme, enserrant son fessier dans ses doigts de pervers. La noble répondit à ce sourire par un autre avant d'agir. Par réflexe la jeune femme dont les mains étaient prises au piège lui assena un coup de genoux dans le bas ventre.

"NE ME TOUCHEZ PAS!"

Elle se défit de son emprise en le repoussant vivement.

"C'est ainsi que vous considérez Aphrodite. Une vulgaire catin que vous pouvez trompez quand cela vous chante? Ne pensez pas un instant que je vous laisserais faire vos manigances."

Elle le toisa un peu plus calmement tentant de calmé son palpitant et de ne pas foudroyer ce garçon de coups. Ces connaissances de combats lui servaient amplement, elle ne le laisserait pas s'approcher de lui à nouveau.


"Votre qualité d'inquisiteur ne passe pas toutes vos frasques. N'approchez plus Aphrodite! Elle mérite bien meilleur qu'un être sans cœur qui ne pense qu'avec son membre. Vous êtes un être immonde!"
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MessageSujet: Re: Serpents et vipères   Sam 3 Déc 2011 - 20:02

Collé à Elena Mirova, David devait reconnaître que la demoiselle sentait admirablement bon. Il profita de ces quelques secondes pour humer le parfum se dégageant de ses cheveux. Elle avait toujours été belle. Raison pour laquelle il avait jeté son dévolu sur cette pimbêche, quelques années auparavant… Ses traits fins, ses yeux noisettes, ses mèches coulant en ondulations brunes sur ses épaules ne laissaient pas le jeune homme indifférent.

Mais la petite princesse inconsciente et gâtée ne l’entendait pas de cette oreille.

Plutôt que de faire profil bas et d’accepter sans mot dire les remontrances justifiées, elle adopta une attitude rebelle. David le vit avant même qu’elle fasse un geste, aux crispations de sa mâchoire et de ses yeux. Il éprouva un plaisir morbide à la faire souffrir ainsi, lui rappeler sa défunte mère capturée lors de l’arrestation massive de 1640… à laquelle il avait participé. Les griefs d’Elena contre lui avaient tout de personnels.

Elle l’accusa ensuite d’être un coureur de filles, donnant lieu de la part du jeune homme à un silence obstiné. Flatté qu’on lui prête encore cette réputation d’homme à femmes. Vexé pour la même raison. Il avait pourtant eu l’impression de s’être rangé en commençant à fréquenter Aphrodite. Mais on ne changeait ni sa réputation ni sa nature en un clin d’œil.

"Ferme-la maintenant, petite p…

Il fut interrompu par le coup de genoux que lui donna la demoiselle, pile à l’endroit où il ne fallait pas. David recula, surpris par la précision et la vivacité de l’offensive, qui révélait à n’en pas douter un minimum d’entraînement. Quelle sale harpie! Un grondement de fureur et de douleur s’échappa de ses lèvres serrées. Elle n’allait pas s’en tirer comme ça.

"Aphrodite, une câtin? Tu ne t’es pas regardée!" cracha-t-il avec véhémence, agacé par la douleur, en s’approchant d’une enjambée. Il leva les bras et poussa sans ménagement Elena au niveau des épaules. Le potentiel offensif de la jeune noble ne faisait aucun doute –il sentit d’ailleurs cruellement les ongles de la demoiselle lui labourer la peau des bras- mais David faisait une bonne trentaine de kilos de plus qu’elle, et la petite Mirova fut projetée en arrière pour atterrir dans un tas de paille. David la domina de toute sa hauteur, prêt à parer ses gestes furibonds si elle se relevait et décidait d’attaquer.

"Je ne le répéterai pas encore une fois: tu n’es qu’une punaise, une mégère à l’existence inutile. Fais profil bas et il ne t’arrivera rien. Enfin, j’ai compris que te menacer n’avait aucun sens… Alors si tu persistes dans ton attitude, dis-toi bien une chose: c’est ton frère qui va morfler. Si tu veux le protéger, tais-toi, obéis et ne traîne plus jamais dans mes pattes. C’est clair?"

Impérieux, l'inquisiteur la toisa un instant. Il ne faisait aucun doute qu'il était capable de mettre ses menaces à exécution. Puis il saisit le rênes de son cheval pour s’en aller, tournant le dos à la jeune femme car estimant la discussion close.

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MessageSujet: Re: Serpents et vipères   Dim 4 Déc 2011 - 22:35

Luc n’avait accordé que très peu d’attention aux vas-et-viens issus de la convalescence de la jeune femme nommée Aphrodite. Il avait appris, de son côté, que la jeune Carmélite avait quitté les ordres. Cela l’avait d’abord surpris un peu mais, finalement, elle était en droit de faire ce qu’elle voulait même si cela témoignait d’un peu de mauvaise foi de sa part, elle qui l’avait royalement envoyé paître il y avait de cela quelques semaines maintenant. Enfin, peu importait vraiment pour Luc. Il avait retrouvé la joie des plaisirs simples, s’occupant de son entrainement de sorcellerie au milieu de la Forêt Noire, loin des regards, ou y faisant quelques balades avec son étalon, loin des tracas de Forbach, loin de ces histoires vieillottes qui confrontaient les clans de cette ville qui, finalement, finiraient sans doute par s’entretuer au bout du compte. Etait-ce pour cela qu’il s’était un peu écarté de cette vie ? Probablement. Et puis, il fallait qu’il l’admette aussi, plus rien ne l’intéressait vraiment. Trop d’intrigues, trop de n’importe quoi… La ville entière donnait l’impression de sombrer dans la folie et le futur Duc se demandait vraiment si cela valait encore la peine de rester et si la suite de sa vie ne s’écrivait pas dans sa Bretagne natale. Sa famille lui manquait et il était peut-être temps de mettre à un terme à cette mésaventure Forbach-ienne. Elena et son frère lui manqueraient vraiment mais ils pourraient toujours correspondre par courrier et il n’aurait plus besoin de feindre l’occupation pour ne pas avoir à croiser la jeune femme qui avait élu domicile chez son Aguerrie le temps de sa convalescence et maintenant bien au-delà. Sans compter qu’il n’aurait plus à subir les allées et venues de cet abruti d’inquisiteur dont l’ancienne Carmélite semblait s’être éprise.

Pourtant, il ne pouvait pas déserter, il le savait car il s’était déjà posé plusieurs fois cette question. Il ne parvenait pas à abandonner Elena à son « sort ». Rien n’était réglé à Forbach et il ne pouvait pas imaginer la laisser seule. Rien n’était sur entre Olrun et le Lys Noir, sans oublier que l’Inquisition avait remis le pied à l’étrier et que l’ancien évènement de l’Agent du Diable était encore frais dans les esprits, même s’il venait d’être éclipsé par cette histoire d’Ange. Luc avait également fait ce rêve étrange mais il ne connaissait personne avec le Stigmate, aussi ne se sentait-il pas vraiment concerné. Les problèmes de la ville commençaient à le rendre vraiment insensible, ce n’était pas très bon cette histoire. Perdu dans la bibliothèque, il avait passé une partie de la journée à lire tandis que les deux jeunes femmes de la maison s’étaient éclipsées, probablement pour une balade. La lecture était un des rares passe-temps qui l’accaparait encore suffisamment pour que son esprit se libère de tout ce qui pouvait l’entourer en temps normal. Il avait entendu néanmoins la porte d’entrée s’ouvrir et se fermer et quelques voix s’élever dans le Hall mais n’avait pas fait davantage attention à cela. Ce n’était que lorsque la voix d’Elena s’était élevée plus que nécessaire, semblant provenir de l’extérieur, que le futur Duc s’était finalement relevé pour abandonner sa lecture et s’intéresser davantage à ce qui pouvait se dérouler. Quittant la bibliothèque par l’entrée qu’il prenait de nuit, pour ne réveiller personne lors de ses escapades, il longea le côté du Manoir entendant encore d’autres éclats de voix. Pressant le pas, il finit par arriver dans la Cour, observant, non loin des écuries, un homme qui s’était, selon l’avis du jeune apprenti, trop approché de son hôtesse.

Activant le pas, il traversa la cour avec rapidité, arrivant à portée des deux protagonistes au moment où Elena se dégageait de l’emprise de son agresseur non sans violence. C’est à cet instant que Luc reconnut David, celui qui rendait souvent visite à Aphrodite, un jeune Inquisiteur à la réputation sulfureuse et qui n’avait absolument rien d’un gentilhomme. Il arriva près de lui alors qu’il menaçait la jeune femme en lui faisant remarquer qu’il pouvait l’atteindre par le biais de son frère si nécessaire. Contournant le cheval qu’il avait calmé en posant une main sur sa robe et en le caressant tout le temps qu’il le contournait, Luc vint se placer derrière l’incongru.

« L’Inquisiteur n’aurait plus assez du prestige de l’uniforme pour obtenir les faveurs des femmes qu’il désire ? Faut-il vraiment qu’il recourt à la menace pour les coucher sur son lit de paille ? » Le ton était ironique, vraiment. Ce garçon lui inspirait le plus profond des dégouts, surtout que, si ses yeux ne lui avaient pas joué de tour, il avait tenté d’abuser d’Elena alors qu’il était clairement en « couple » avec l’ancienne Carmélite, à moins qu’ils ne jouent très bien la comédie. « La monogamie ne siérait donc pas à un fidèle serviteur de Dieu ? »
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MessageSujet: Re: Serpents et vipères   Lun 5 Déc 2011 - 20:32

David avait été surpris par la fureur d'Elena. Peut-être ne pensait-il pas qu'une femme, en robe qui plus est, et de son rang pouvait avoir ce genre de réflexe violent. La surprise était de mise et Elena remercia sa condition féminine pour cela. Le jeune homme grondait d'avoir perdu la face devant une femme en une fraction de seconde et comptait bien assurer sa domination. Il la repoussa fortement grâce à une force imposante, jouant de son poids, ce qui la fit reculer et trébucher sur la paille pour qu'elle s'étale dedans de tout son long. Alors qu'elle allait se relever, il menaça son frère. Choquée et consciente du danger que représentait cette menace, elle resta sur la paille, les yeux globuleux d'étonnement.

C'était d'une bassesse sans égal, mais c'était plus qu'efficace que de la menacer elle. Elena chérissait son frère plus que tout au monde et c'était ce qui lui restait de sa famille proche. Si elle perdait son frère, il ne lui restait plus que Luc, Aphrodite et Louisa. Mais seul Luc serait encore la retenir de partir loin d'ici. Il était celui qui en savait le plus sur son compte et le seul capable de trouver l'argument choc qui la ferait rester. Au delà d'être la terre de ces parents, c'était surtout bien trop facile de partir et laisser l'Inquisition gagner. Elle ne se le permettrait pas. Même meurtrie, elle voulait encore se pavaner devant ses colombes noires pour appuyer leur incompétence.


*Sale petit ...*

Elle fulmina et se redressa lentement alors que le garçon avait pris les rênes de son cheval estimant qu'il en avait finit. Alors qu'elle s'époustait et allait répliquer, Luc avait fait une apparition des plus appréciables. Elena reprenait plus confiance en elle et le sang qui tapait contre ses tempes se calma. Il fallait l'avouer, la superiorité numérique donnait des ailes et surtout le charisme de Luc était écrasant par rapport à l'insignifiance et le dégoût que dégageait l'Inquisiteur. Son apprenti était des plus calme, contrastant immanquablement avec la sorcière. Son ironie fit mouche et attira l'attention de David alors qu'Elena se rapprochait des deux hommes. Elle planta son regard dans celui de l'inquisiteur.

"Ne t'inquiète pas Luc, Monsieur l'Inquisiteur partait sur le champ. Et il ne remettra plus les pieds ici."

Puis elle finit en ne s'adressant qu'au jeune homme plus doucement.

"Je vous déconseille de revenir ici. Votre place d'Inquisiteur et fils du second ne pardonnera pas le viol d'une noble femme. Encore moins lorsqu'il y a témoin. Et si vous voulez gardez auprès de vous Aphrodite, il sera plus sage de ne pas commettre de folies. Je pourrais malencontreusement lui racontez avec quelles perversions vous avez tentez de me séduire et de me couchez dans votre lit. Maintenant déguerpillez!"

Elle ne l'avait pas dit, mais si il ne partait pas, elle l'aiderait à partir. Cet homme, ce... rejeton des harpies inquisitrices. Elle lui aurait brisé les os par pur vengeance. Il était quelque part responsable de son malheur et le savait pertinement. Fière, piquée droite elle attendait de le voir partir. Il n'y avait plus rien à rajouter, du moins c'est ce qu'elle espérait. Elle préférait qu'il parte sans plus rien dire que de remettre une menace sur les murs du Manoir. Ces paroles immondes salissaient les mémoires des Mirova.
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MessageSujet: Re: Serpents et vipères   Mar 6 Déc 2011 - 16:33

Les menaces avaient fait mouche, Elena s’était tue consciente que David n’hésiterait pas à les mettre à exécution. La méchanceté du jeune Geisler était rarement gratuite; présentement elle avait pour cause et objet la vengeance, car il détestait qu’on le pousse à bout comme l’avait fait cette crétine. Il la toisa de toute sa hauteur, hésitant entre s’en aller ou ajouter encore à son humiliation –histoire de lui faire passer l’envie de recommencer- quand il sentit un souffle derrière lui. David fit aussitôt volte-face pour voir devant lui la haute silhouette de Luc de Rohan qui venait de lui adresser la parole d’un ton acide.

L’Inquisiteur le fixa les yeux plissés sans reculer d’un millimètre. Ce type était plus grand que lui, au moins tout aussi entraîné, et de lignée bien plus noble. David le haïssait pour tout cela mais il n’en avait pas peur. Il espéra même vaguement que Luc lance les hostilités –car David malgré son envie, n’avait jamais porté le premier coup par égard pour Aphrodite, qui respectait ces gens. Mais si jamais le nobliot faisait dégénérer la situation en violence physique, il pourrait prétexter la légitime défense pour se dédouaner.

Mais ce ne fut pas le cas. L’héritier de Rohan se contenta de tenter de régler les choses par la parole –en cela il ressemblait à Cassandra, voulant éviter la violence, s’imposant par ses seuls propos. David s’était souvent entendu dire que c’était là ce qui constituait la plus grande différence entre lui et les personnes de valeur.

"Une femme, ça? (Il jeta un coup d’œil à Elena qui venait de se relever, des brins de foin dans sa tignasse en bataille). Plutôt manger des clous rouillés que de la mettre dans mon lit. Elle ne soutient pas la comparaison avec Aphrodite."

Ces gens se méprenaient sur ses intentions. Oui, il avait désiré Elena Mirova quelques années auparavant. Mais ce désir avait pris fin à l’instant même où elle lui avait fait savoir son refus accompagné d'un souverain mépris, c’est-à-dire il y a très longtemps. Aujourd’hui il lui avait mis la main au fessier simplement pour l’effrayer. Il lui avait fait des avances pour qu’elle enrage. Aphrodite était l’unique élue et David n’avait pour le moment aucune envie d’aller voir ailleurs.

Il était chassé de toutes parts. L’air mauvais, l’Inquisiteur se hissa sur sa monture et la fit volter pour faire face à Elena et Luc.

"Racontez-lui ce que bon vous chante. Ce n’est pas une fille stupide, elle saura où est la vérité. Et j’espère, pour votre propre bien, que vous n’oublierez pas ma mise en garde."

Ces propos étaient destinés à Elena. A cause de ce qui s’était déroulé David ne remettrait plus les pieds au manoir; il allait donc devoir trouver un autre moyen de veiller sur Aphrodite. Et si elle habitait avec lui à la Collégiale? Mais Sébastien Garin ne l’aurait sans doute pas toléré.
L’Inquisiteur jeta un dernier regard menaçant à Luc et s’éloigna au trot, ressassant de sombres pensées. Son amour-propre n’avait pas trop apprécié de se faire radier ainsi de la bicoque des Mirova. La petite péronnelle avait intérêt à être vigilante si elle ne voulait pas que David lui rende la vie infernale. Et ce n’était pas son foutu prince charmant sorti d’un livre de contes qui allaient le dissuader.

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MessageSujet: Re: Serpents et vipères   Ven 9 Déc 2011 - 10:24

Lancer les hostilités n’était clairement pas dans les intentions de Luc, même s’il ne se serait probablement pas privé pour répondre physiquement si cela avait été nécessaire avec l’emportement éventuel de l’« inquisiteur » contre lui car David Geisler n’était pas connu à Forbach pour avoir un très bon sens de la répartie avec les mots, bien au contraire. Puis, une petite frappe comme celle-là préférait certainement les poings aux mots pour tenter d’imposer sa « loi » à défaut de celle « Divine » qu’il prétendait servir. Le fils Geisler était une caricature même de gamin pourri gâté qui ferait mieux de vite comprendre la réalité du monde plutôt que de se cacher derrière un statut d’inquisiteur inutile et inefficace lorsqu’il sortait de sa bouche. En territoire ennemi, il n’avait aucune chance de prendre l’ascendant sur eux et il était temps qu’il se rende compte qu’il n’avait rien d’un monarque tout puissant même si son Dieu ou plutôt les Imbéciles qui le servaient lui offraient les « pleins pouvoirs » sur des gens qui n’avaient pas la force de se défendre eux-mêmes contre des profiteurs qui ne servaient Dieu que dans leur manière de penser mais qui, à la première possibilité, n’hésitaient pas à courir la gueuse et oublier très vite les préceptes qu’ils sont sensés respecter. Enfin cela n’importait pas, ou plutôt plus, depuis longtemps l’Eglise s’était discréditée aux yeux du jeune de Rohan et il y avait fort à parier que son « règne » en tant que Duc de Bretagne ne serait pas clément avec les Inquisiteurs et l’Eglise.

« Alors contentez vous de ses formes plutôt que de poser vos mains sur celles d’autres femmes. Ne croyez pas que vous êtes le seul à avoir de très bonnes relations. Vous pourriez regretter amèrement votre fanfaronnade. » Très calme et très stoïque, Luc était loin de bluffer avec l’inquisiteur. Certes ce dernier faisait partie de l’Inquisition mais il n’était qu’un sous-fifre d’une branche délaissée dans une ville à l’écart, contaminée par le démon mais à l’écart. Non seulement Luc était d’une famille puissante, mais leurs relations s’étendaient dans toute le Royaume de France et, ne soyons pas avare, il y avait bon nombre d’Inquisiteurs puissants qui se feraient sans doute une joie de rentrer dans les petits papiers d’un Duc. Le pauvre Geisler ne savait pas vraiment ce qui lui pendait au dessus de la tête mais ce n’était pas important. Ce qui était important, c’était l’affront fait à Elena qui ne s’était pas gêné pour faire comprendre à David qu’il n’avait plus sa place ici, même si Aphrodite y était la bienvenue. Enfin on aurait donné le choix à Luc, il aurait probablement décidé de mettre les deux à la porte, aimer un abruti pareil était surement passible de punition. Enfin, peut-être ne valait-il mieux que cela ne dépende pas de lui.

Le sorcier regarda le jeune homme se dresser sur son cheval, prêt à partir, mauvais jusqu’à la dernière seconde, n’oubliant pas de menacer une nouvelle fois la Mirova. Une erreur de trop Inquisiteur. Discrètement, tandis que son attention était toute tournée vers la jeune femme, Luc fit le tour de la monture de David et, familier comme il était avec les chevaux, exerça une petite pression à un endroit qu’ils détestaient. Bien entendu, la réaction de l’animal se fit immédiatement sentir et le jeune Duc recula discrètement de plusieurs pas, se remettant plus ou moins à sa position initiale le temps que le cheval se cabre et ne désarçonne rapidement son cavalier prit à l’improviste qui chuta malencontreusement au sol. Dans un demi-sourire, Luc prit bien soin d’éviter le regard d’Elena et s’approcha de l’inquisiteur au sol qui prenait néanmoins la peine de se relever. « La prochaine fois que vous menacerez un membre de la famille Mirova, Monsieur Geisler, n’oubliez pas de le faire d’une position qui vous permet de le faire sans crainte, car, une nouvelle fois, vous pourriez tomber de haut et peut-être vous faire mal. » Il ne s’agissait pas là de menaces en l’air et la métaphore était tout à fait indiquée. Il parlait bien entendu du fait que sa position ne valait pas grand-chose et même s’il fallait redouter l’Inquisition, Luc était convaincu que ce petit irrespectueux ne disposait pas de l’autorité requise ou même naturelle pour parvenir à réellement faire peser une quelconque menace crédible sur la jeune femme ou son frère sans qu’il ne puisse intervenir de manière bien plus efficace qu’on ne pouvait le penser.

Il se dirigea ensuite vers le cheval qui s’était un peu calmé et l’attrapa par la bride avant de lui caresser doucement le museau et lui murmurer quelques mots avant de l’amener à côté de David. « N’oubliez pas que vous alliez partir. Je ne saurai que trop vous conseiller de bien tenir les rennes, il est encore un peu nerveux. Peut-être est-ce le comportement de son cavalier qui lui déplait. Un peu plus de galanterie et de respect de la part de son maître lui siérait sans doute un peu plus. » Il tendit la bride dans un demi-sourire respectueux et attendit que ce petit imbécile daigne enfin quitter le domaine.
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MessageSujet: Re: Serpents et vipères   Ven 9 Déc 2011 - 13:47

David n'était pas parti qu'il entendit son cheval hennir. L'équidé se dressa sur ses antérieurs, prenant David par surprise, lequel n'eut pas le temps de se pencher en avant qu'il se sentit déjà basculer. Il chut au sol et se releva après quelques secondes, très humilié, en retirant par gestes brusques la terre sur ses vêtements. Heureusement qu'Aphrodite n'avait pas été là pour voir ça! Le jeune homme darda un regard accusateur sur Elena et Luc, prêt à les injurier copieusement; mais à part des grimaces amusés, ceux-ci n'avaient pas semblé avoir bougé.

"Très drôle!" cria-t-il avec colère à Luc et ses raisonnements philosophiques fumeux. Il arracha brusquement les rennes des mains de ce dernier et se hissa de nouveau en selle, vexé de la tournure qu'avait pris la situation. Forcément, il perdait tout son crédit en se vautrant après avoir proféré des menaces. David lança un regard mauvais aux deux jeunes gens; il ne les avait jamais autant détestés.

Depuis tout ce temps Erythrós, le chiot épagneul breton qui avait à présent atteint une taille honorable, furetait alentours en attendant son maître pour repartir en ville. En voyant le ton monter dans la discussion, puis David tomber de cheval, il se précipita ventre à terre et babines retroussées vers les protagonistes. Un chien de garde aurait bondi sur Luc pour lui mordre la peau des fesses. Le jeune Inquisiteur avait d'ailleurs bien tenté de lui enseigner ce genre de rudiments. Pourtant l'épagneul était de si bonne composition qu'il semblait réfractaire à toute forme de violence. Aussi se contenta-t-il se bondir joyeusement entre Luc et Elena en poussant des jappements enthousiastes. Enfin il se dressa sur ses pattes arrières pour sauter au cou d'Elena, tentant de jouer avec elle. Il s'y prit avec une telle virulence qu'il fit de nouveau choir la demoiselle en arrière dans un tas de paille.

"ERYTHRÓS!" cria David avec colère. Le chien répondit docilement et suivit le cheval qui s'éloignait au trot, l'Inquisiteur ne regardant plus en arrière cette fois-ci.


[HRP: hop mini-vengeance xD Je sais c'est puéril mdr]

_________________
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MessageSujet: Re: Serpents et vipères   Lun 19 Déc 2011 - 1:16

L'échange entre les deux hommes avaient été court mais très déterminant. Alors que Luc venait au secours de son Aguerrie, il s'empressait de rajouter une petite couche après la menace d'Elena quant à dévoiler les aspects volages de ce cher bambin auprès d'Aphrodite. En vérité elle n'en ferait rien, craignant que la jeune femme reste aveuglée par son amour et se sente trahie par son amie. Son amitié avec l'ancienne none était bien plus importante que cet épisode peu agréable. Très calme et ferme Luc profita d'être derrière le cheval pour lui donner une petite tape à un endroit décisif. Le cheval se cabra mettant à terre son cavalier et Elena retint un sourire de satisfaction. Il pourrait lui faire payer sa plus tard. Mais il ne méritait que ça, se faire traîner dans la boue et être rayer. Elle resta pour autant courtoise. Au moins le jeune homme venait de perdre son assurance et ne demanderait pas son reste.

La jeune femme se sentit rassurer, sans Luc peut-être qu'elle n'aurait su rien répondre à cette attaque directe sur sa famille. Pourtant elle refusait de rester pleutre face son impétuosité et son attitude délibérément provocatrice. Elle ne s'accorda plus aucun commentaire cependant, souhaitant simplement qu'il parte et encore plus quand son chien ramena sa gueule face à eux. Elle n'aimait pas les chiens, encore moins ceux qui tentait de se montrer agressif, pourtant celui-ci se jeta sur eux par jeux plus que par violence mais sa force eu raison de l'équilibre de la jeune femme lorsqu'il se jeta toutes pattes dehors sur elle. Elle tomba à la renverse sur le foin, amortie à nouveau dans une dernière chute.

Son maître l'appela et docilement celui-ci obéit. Ils partirent tous deux sans plus de discours. Elena se redressa et s'épousseta une énième fois avant de regarder encore les traces de fers à cheval dans la boue qui traçait l'allée. Elle soupira et se détendit enfin. Il l'avait approché de trop près, elle se sentait salie, souillée par ce contact, aussi court fut-il. Elle se rapprocha de Luc et releva les yeux vers lui. Elle lui était redevable.


"Merci" souffla t'elle encore dérangée par ce souvenir frais.

Elle ne pleurait pas, ces yeux étaient cependant rougis par la haine que lui évoquait ce garçon et elle préférait enfouir à nouveau son regard dans ses mèches. Elle eu des mots mauvais pour le jeune Geisler qui lui traversèrent la tête. Elle ne fit que les murmurer, mais cela n'en restait pas moins des jurons.


"Cet enfant de putain paiera pour l'affront qu'il m'a fait ainsi qu'à ma famille."

Les poings serrés, elle n'était pas capable de raisonner calmement et de se dire que tout ceci n'était qu'une provocation de plus de l'Inquisition. Elle ne devait pas se laisser aller à la colère, pourtant, elle restait aveugle pour le moment, avide d'une vengeance. Il avait parlé de sa mère, il l'avait traitée de sorcière comme si c'était pire qu'une peste. Évidemment il les chassait, mais il était à des lieux de savoir qui était réellement sa mère. Comment osait-il parler d'elle! Elle frappa de son poing se torse de Luc sans réellement se rendre compte de la violence de son geste. Elle avait mis une force qu'elle ne mettait pas souvent dans ces coups. Elle se rendit enfin compte de son geste une fois qu'il était trop tard et releva les prunelles noisettes sur son ami.


"Excuse-moi je..."

Elle se sentit stupide.


"Je n'ai même pas su me défendre quand il à parler de Vincent. Je tiens tellement à vous..."


C'était sûrement sa plus grande faiblesse. Elle le savait, mais ne mesurait pas réellement l'ampleur de celle-ci. Que ce serait-il passé si son apprenti n'avait pas été là? Elle desserra les doigts et laissa sa main sur le torse de son apprenti tout en cherchant le calme. Elle tentait de se caler sur le rythme cardiaque de ce dernier.
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MessageSujet: Re: Serpents et vipères   Mar 20 Déc 2011 - 22:01

Le comportement de David n’impressionna guère Luc qui garda son calme pour justifier avant tout qu’il n’était pas le responsable de cet évènement au combien malencontreux pour l’inquisiteur qui avait eu le malheur de menacer l’aguerrie du futur Duc. Même au-delà de ce lien évident entre eux, il fallait l’admettre, Elena était devenue un peu comme la grande-sœur de Luc aussi, même si, sans l’admettre explicitement, il s’était, un temps, sentit attiré par cette jeune femme séduisante. Avec le temps, il n’y avait plus vraiment pensé, surtout lorsque Sœur Béatrice était arrivée. Maintenant, il ne restait plus qu’une femme absolument aveugle à ses propres sentiments et une grande sœur qui ne méritait pas de se faire traiter de la sorte par un minet beau parleur. Il savait que s’il proposait à Elena de devenir son galant elle n’accepterait pas, il suffisait de se souvenir de cette « scène » à l’étang pour qu’il puisse s’en convaincre très facilement. Enfin peu importait, il n’était pas à Forbach pour trouver une jeune femme à épouser. Il avait gagné en quelque sorte une nouvelle famille avec les Mirova et c’était là le plus important et surement ce qui avait fait qu’il ne s’était pas privé de donner une bonne leçon à ce petit gringalet qui croyait pouvoir menacer n’importe qui, n’importe comment. Il accueillit avec surprise l’arrivée du chien mais remarqua rapidement qu’il n’était là que pour « jouer », un jeu qui poussa Elena dans le foin mais qui n’avait rien de très outrageant. Finalement, David finit par partir et ils se retrouvaient enfin débarrassés de ce phénomène ambulant, pour un bon moment. Car malgré tout, ses menaces n’avaient que très peu de poids, comparativement à ce que les Mirova et les de Rohan pourraient éventuellement entreprendre pour lui faire comprendre sa réelle place.

« Il n’y a pas de quoi. » Après tout, il n’avait pas fait grand-chose, il fallait l’admettre. Et puis il n’allait pas toujours un « homme de Dieu » faire du mal à Elena. Il espérait secrètement que Béatrice ait pu voir cette infâme tentative et que ce petit imbécile aurait au moins un peu de mal à se justifier. Enfin de toute façon cela ne le concernait plus vraiment. Il avait posé les yeux sur Elena et s’était rendu compte à quel point elle bouillonnait de l’intérieur. Son murmure insultant ne lui échappa pas et ne le choqua pas. Il comprenait la rage qui l’animait, après tout il avait parlé de s’en prendre à son frère et une telle menace ne pouvait que réveiller la lionne qui sommeillait en elle et qu’il avait toujours soupçonnée. Il eut un léger mouvement de recul lorsqu’elle frappa de son poing sa poitrine pour tenir l’équilibre. Une fois n’était pas coutume, elle avait eu une force qu’il, pour le coup, n’avait pas imaginé. La colère décuplait souvent les possibilités, mais là c’était surprenant. Jetant un regard surpris sur le poing encore fermé contre lui, il eut un petit sourire lorsqu’elle s’excusa, se rendant compte de son geste qui n’était en rien dirigé vers lui. « Ne t’excuse pas. C’est normal. Mieux vaut exprimer sa colère, ça évite de ressasser de mauvais sentiments. Ce ne sont que des mots, cet imbécile ne lèvera même pas le petit doigt contre Vincent, il aurait beaucoup trop à perdre et il le sait. » Il esquissa un petit sourire et passa une main sur la joue de la jeune femme dans un geste purement tendre et affectif qui se voulait surtout rassurant et apaisant. Sa main se perdit quelques instants dans ses cheveux, vague souvenir de ce qu’il ressentait pour elle par le passé. « Vincent et moi tenons beaucoup à toi aussi, tu sais. »

Son sourire avait été un peu mélancolique mais c’était très fugace, elle ne l’avait probablement pas remarqué. Il se reprit rapidement et prit une mine un peu plus grave. Après cet évènement plutôt désagréable, il avait une autre nouvelle qu’il ne savait pas vraiment commencer annoncer à la jeune femme. Il décida finalement de se jeter à l’eau, tout simplement. Plongeant son regard dans le sien, il prit une inspiration et se lança. « Elena… Je voulais te le dire depuis quelques jours et ça aurait été mieux dans d’autres circonstances mais… Je compte retourner en Bretagne. » Voilà, c’était dit. Il y avait réfléchi pendant plusieurs jours et il se demandait vraiment s’il n’avait plus vraiment de choses à faire ici. Protéger Elena était très important pour lui mais ce n’était pas une fin en soi et il viendrait forcément un moment où il devrait s’en aller. Le temps était peut-être venu pour lui et il ne voyait pas vraiment ce qu’il pouvait faire de plus à Forbach. Il avait appris la sorcellerie mais ne l’utiliserait probablement jamais vraiment. C’était surtout une manière de s’ouvrir l’esprit, d’apprendre davantage, lui qui était curieux de tout, et Elena avait su éveiller en lui une nouvelle façon de voir, ce qui était déjà beaucoup et il ne pourrait surement jamais la remercier assez pour cela.
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MessageSujet: Re: Serpents et vipères   Ven 23 Déc 2011 - 21:35

Le cœur de Luc battait de l'autre côté de ce rempart de chair et d'os. Tranquillement, il ne trahissait aucune anxiété, aucun soubresaut. Paisible, Luc fixait Elena avec bienveillance et son regard réchauffait la glace qui emprisonnait son esprit. Elle était enragée contre ce Geisler et si elle le tenait à nouveau face à elle, elle aurait volontiers déchaînée son savoir sur ce pantin sarcastique qui lui donnait envie de rendre gorge. Elle l'aurait fait souffrir avec une satisfaction irraisonnée. Mais elle ne ferait rien de tout cela et c'était bien mieux. Sa rage, qu'elle avait tant eu de mal à canaliser était parfois un problème pour garder ce masque d’impassibilité et d'innocence. Pourtant elle avait fait des progrès et avait réussi à garder son identité secrète, cependant, aujourd'hui, cela n'aurait tenu qu'à un fil qu'elle réveille en elle la folle furieuse qu'elle pourrait être. Après tout, il avait menacé Vincent. Elle crispa légèrement ces doigts à cette pensée et comme si Luc lisait dans ces pensées il glissa une main tendre sur sa joue.

Elle ferma les yeux par ce contact léger et délicat. Elle inspira profondément pour les réouvrir. Les doigts de son apprenti se perdaient dans quelques uns de ces boucles et elle sourit timidement à la phrase de son apprenti. Elle était bien entourée, c'était certain. Que ferait-elle sans lui? Elle saurait s'en sortir certes, mais il avait su être présent quand il le fallait, surtout les derniers temps. Une expression tordit légèrement les traits et la douceur de son visage, comme si il c'était crispé. Elle le fixa un peu soucieuse de son protégé et il inspira profondément comme pour se donner du courage. Elena fronça les sourcils, gagner par l'inquiétude. Il voulait lui faire une révélation. Elle avait détaché sa main du torse de ce second frère et lorsqu'il acheva sa phrase le visage de sa consœur blêmit. Les lèvres tremblantes elle fit un pas en arrière comme pour briser la proximité qui les retenait. Elle déglutit et tenta de s'exprimer une première fois. Elle avait détaché les yeux de celui du futur Duc et elle avait posé sa main contre sa poitrine. Cette révélation chamboula son esprit. C'était si précipité.

Au fond d'elle, elle pensait que Luc avait finit par s'habituer à la ville et qu'il voudrait en savoir plus encore sur les sorcières. Ses entraînements avaient été plus important les derniers temps car elle espérait bientôt le soumettre à un examen pour juger ses capacités et peut-être le faire atteindre le statut d'Aguerri. Pourtant la vérité venait de gifler ses joues avec une telle violence qu'elle s'en sentait presque mal. Sa tête lui tournait légèrement tellement ce revirement de situation était imprévisible. C'était pourtant un des traits de caractères de son apprenti, mais elle ne pensait pas qu'il partirait ainsi des terres forbachoises. Choquée, elle peina à articuler quelques mots qu'elle ne pu que souffler.

"Déjà? Je... je comprends."


Elle releva les yeux vers lui et reprit un peu de courage.


"Il est vrai que ton séjour ici n'était que temporaire mais... pourquoi maintenant? Je veux dire, c'est il passé quelque chose qui te fasse mander dans ton pays?"

Elle masquait mal sa tristesse et cherchait une idée pour le retenir ou une raison qui le faisait quitter les terres en ces temps difficiles.

"Est-ce ta relation tendue avec Aphrodite? Parle moi je te prie."

Elle n'arrivait pas à l'imaginer loin d'ici. Bien sûr il pourrait continuer de s'entretenir par lettre, mais ce n'était rien de comparable au face à face. Et qui ferait des entrainements au fleuret et vers? Qui d'autre serait son apprenti? C'était lui ou personne! Elle regretta de n'avoir pas d'idée pour le faire rester et la seule qui lui venait en tête compliquerait les choses, sans parler du fait que cela n'aurait pas été très sincère. Elle attendait qu'il lui explique, qu'il lui donne une raison qu'elle puisse contre argumenter et le garder un peu plus sur ces terres mais elle craignait que la décision de son ami ne soit immuable. Le moment n'était effectivement pas bien choisit, mais d'un autre côté elle pouvait le comprendre, non? Elle avait beau essayé, elle n'y arrivait pas. Il la mettait devant le fait accompli et elle se trouvait incapable de pouvoir faire quelque chose. A moins que? Aphrodite était sa seule sauvegarde, si ils arrivaient à se pardonner, elle était sûre qu'il resterait. Après tout il en avait été tellement épris.
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MessageSujet: Re: Serpents et vipères   Lun 26 Déc 2011 - 13:11

Luc savait que cette « révélation » ferait l’effet d’un choc assez brutal à Elena, mais il avait préféré ne pas y aller par quatre chemins différents. Elle était femme et il était homme, deux grandes personnes capables de se parler franchement et sans détour aucun. La vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Ou quelque chose s’en approchant sensiblement. Sans oublier leur lien d’Apprenti à Aguerrie qui, mine de rien, les avait sans doute rapprochés encore davantage et qui les mettait surement sur la même longueur d’onde si bien qu’ils n’avaient plus vraiment à se parler pour se comprendre mais pour une telle décision, il était évident qu’elle n’aurait jamais pu l’anticiper. Elle devait avoir l’esprit que cette partie de la France n’était pas son pays à lui et qu’il viendrait forcément un jour où il devrait rentrer dans sa Bretagne natale, ne serait-ce que pour prendre les charges qui lui étaient imposés par sa naissance. Il n’était pas parti en voyage pour échapper à son futur titre de Duc même si, être ainsi éloigné des « responsabilités », lui avait fait le plus grand bien. Il était peut-être temps d’arrêter de rêver et de prendre les choses en mains. Ses parents seraient certainement heureux de le voir aussi comme il le serait lui aussi de pouvoir à nouveau les prendre dans ses bras. L’appel de la Bretagne se faisait insistant et insidieux, et plus rien à Forbach ne semblait pouvoir retenir le jeune de Rohan, du moins pas suffisamment pour qu’il ne remette sa décision à beaucoup plus tard. Il partirait surement dans quelques jours, le temps de préparer des affaires et celui de l’aller-retour d’une lettre entre la Bretagne et la Forêt-Noire, car il était inconcevable de rentrer à l’improviste, même si personne ne lui en tiendrait rigueur chez lui, assurément.

Néanmoins, Luc n’avait pas anticipé l’ardeur du coup que lui porteraient ces quelques mots. Elena semblait complètement sous le choc, n’avait-elle rien vu venir ? Sa manière de se comporter, de détourner les yeux et de porter sa main à sa poitrine lui fendit le cœur car il savait combien cette nouvelle la retournait mais il n’allait pas la mettre devant le fait accompli, un matin. Cela n’aurait pas été galant et encore moins respectueux envers celle qui l’avait accueilli avec toute la courtoisie et, surtout, l’amitié dont peu de personnes savent faire preuve. Par égard pour les Mirova, et surtout pour celle qui se trouvait devant lui, il ne pouvait simplement fuir en silence. Il esquissa un petit sourire triste. « Déjà », oui. Ils avaient passé beaucoup de temps ensemble et même si le temps en bonne compagnie passe très vite, il n’en reste pas moins aussi long que pour tout le monde. Lorsqu’elle lui demanda s’il s’agissait d’une nouvelle provenant dans sa famille, il hocha doucement et négativement la tête. « Non non, aux dernières nouvelles tout se passe bien en Bretagne. La prochaine lettre de mes parents ne devrait pas tarder mais je crois qu’il n’est nulle raison de s’inquiéter à ce sujet. » Ce n’étaient pas tant les affaires qui le ramenaient dans son « pays » mais peut-être plutôt le « mal » de celui-ci. L’océan lui manquait pour ainsi dire, cette violence du vent que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Oui la Forêt Noire est magnifique mais sa majesté ne pèse, hélas, pas bien lourd face à l’impétuosité de l’océan en pleine tempête, du moins pour un homme qui a été habitué à ces paysages sauvages du haut d’une falaise. Tout cela lui manquait, mais surtout, il sentait qu’il n’avait pas sa place, pas ici, à Forbach.

« Ma relation avec Aphrodite n’en est pas la cause non plus, du moins j’ose espérer que ce n’est pas le cas. Elle a perdu beaucoup de mon estime ces derniers temps mais je suis suffisamment habitué aux jeux de la Cour de mon père pour parvenir à faire bon jeu. » L’ancienne sœur n’était pas non plus la cause de son départ. Elle avait fait ses choix, Luc faisait les siens. Ainsi allait la vie. Il reprochait seulement à la Carmélite d’avoir retourné sa veste. Ses belles paroles sur son appartenance à Dieu sonnaient bien creux désormais. Enfin, cela ne le concernait plus maintenant. Le jeune homme attrapa les mains d’Elena et les prit entre les siennes, posant un regard doux et sincère dans le sien. « Je ne suis pas certain qu’il y ait une raison précise pour mon départ. J’ai juste l’impression d’être arrivé au bout de mon aventure à Forbach. Rien ne me retient ici, à part Vincent et toi, mais même si je pourrais donner ma vie pour toi, d’autres personnes comptent sur moi ailleurs et je ne peux me permettre de les décevoir. » Il laissa un petit silence planer sur eux deux avant de poursuivre. « Je ne pourrais rester indéfiniment Elena, nous le savons tous les deux, et, même si cela me déchire, peut-être vaut-il mieux que je parte maintenant car plus tard tout cela sera encore plus difficile. » C’était un peu exagéré, mais ce n’était pas loin de la vérité, car, après tout, chaque jour aidant, leur complicité s’accentuait doucement mais surement. Ils n’auraient sans doute pas imaginé en arriver là à l’arrivée du jeune duc, et pourtant…
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MessageSujet: Re: Serpents et vipères   Mar 27 Déc 2011 - 23:13

Savez vous la douleur qu'on subit lorsqu'un de vos membres quitte votre chair, arracher avec violence? Si vous l'ignorez, vous ne pouvez comprendre. Voilà ce qu'Elena ressentait en cet instant précis ou son apprenti venait de décider de manière officielle de rentrée dans ses contrées lointaines. Elle lui avait dit qu'elle comprenait, mais en réalité elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait plus rien! Le temps avait filé et ils avaient partagé plusieurs années ensemble. Elle lui avait enseigné ce qu'il fallait qu'il découvre : l'occultisme et ce lien qui les tenaient proches l'un de l'autre se muait en une sorte de pacte entre eux, quelque chose au delà de la simple sympathie et de la confiance. C'était un lien qui ne se déferait jamais. Une corde entre leur âme qui avait une certaine taille et quand on les éloignait, ces âmes se mettaient à souffrir, comme si elle se voyait torturer par l'absence de l'autre. Si Luc partait, elle verrait les heures passées, elle verrait l'hiver.

Il lui affirma que ni Aphrodite ni ses parents n'étaient la cause de son départ. Mais lorsqu'il posa les yeux dans ceux de son Aguerrie, et qu'il lui tint les mains, elle les serra plus que de raisons. C'était un appel au secours. Mais les raisons qu'il évoquait étaient justes. Il arrivait parfois qu'on sente naturellement que son temps était fait quelque part. Il avait d'autres responsabilités et en venant ici il avait acquis un peu de sagesse. Mais il se devait de remplir ses devoirs plus tard et ça ni elle ni personne ne l'en empêcherait. Elle avait bien trop de respect pour lui pour contredire ces faits. Elle ne put parler. Gardant son regard planté dans celui de son ami. Et plus tard ce serait pire. Il avait raison. C'était déjà bien trop tard pour éviter une profonde et sincère tristesse. Un sanglot lui étranglait la gorge et elle ne se sentait pas capable de fondre devant lui. Elle desserra ses mains et fit un pas en arrière. Elle fit ce qu'elle savait mieux faire. Ironiser et se cacher derrière une jolie façade.


"Il est vrai que tu es devenu un charmant sorcier. Tu pourras envoûter n'importe quelle jolie jeune dame pour l'épouser."

Elle sourit. Elle le pensait. Il était parfait parti.


"Sans compter que tu pourras la défendre tout en lui faisant la cours avec des vers."

Elle se tut, laissant le silence pesé sur eux. Elle ne pouvait plus détacher son regard, craignant qu'au moindre battement de cils de sa part elle le voit disparaître à jamais. Elle déglutit, tentant de garder cet sourire si fin. Elle se mordit le lèvre inférieur réprimant un sanglot et rompu la distance qui les séparait. Cette distance qui lui donnait tellement de peine. Elle se jeta sur lui, brisant la bienséance comme une brindille et laissa son cœur parler. Elle avait mis sa tête contre son épaule et l'enlaçait avec force pour le garder encore un peu avec elle. Il était bien présent, ce n'était pas un cauchemar et elle ne pouvait pourtant pas le garder avec elle. Elle avait beau réfléchir, elle ne trouvait rien ni personne qui fasse la différence. Hormis peut-être Aphrodite?


"Comment supporterai-je ton absence Luc!"


Elle laissa une larme perler le long de sa joue, enfouie qu'elle était entre ses cheveux et l'épaule de son ami. Puis une autre suivie. Elle fermait les yeux, pour se souvenir de cette chaire et de ce contact. Ce parfum particulier à la peau de son apprenti qu'elle connaissait bien. Elle avait l'impression de tomber dans les abîmes, de perdre cette étreinte. Et plus elle serrait plus la sensation s'accentuait. Alors elle se décrispa, réchauffée par le torse de ce futur Duc. Elle se redressa lentement prenant le soin d'essuyer ses larmes avec discrétion dans le tissu de son ami. C'est les yeux rougis qu'elle le regarda une dernière fois comme si il se mourrait.


"Est-ce qu'un jour tu reviendras par ici nous rendre visite?"

Par cette phrase elle acceptait son départ et le laissait libre tout en voulant rassurer sa peine. Si il comptait repasser dans le coin elle serait plus qu'heureuse de l'accueillir. Vincent lui aussi serait déchiré par cette nouvelle. Il l'ignorait encore, alors qu'il lisait tranquillement dans le salon. Ce soir Luc lui annoncerait sûrement sa décision. Raidie, elle emmêlait ses doigts les uns avec les autres. C'était un tique qu'elle avait quand elle était anxieuse et Luc savait cela. Il la connaissait tellement par cœur. Qui la déchiffrerait plus tard? Elle même ne savait plus trop où elle en était. Cette sensation de se sentir esseulée tout à coup la saisit et elle ne savait pas l'interpréter.
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MessageSujet: Re: Serpents et vipères   Mer 28 Déc 2011 - 0:17

Luc connaissait l’entièreté de la douleur qu’il infligeait à Elena, et, pour ainsi dire, pour la seule raison qu’il la vivait également. Cette décision n’avait pas été facile à prendre mais que lui restait-il à Forbach ? A part rester pour la protéger Vincent et elle, des Inquisiteurs un peu trop stupides comme ce David, il n’avait aucun autre but. L’éternelle guerre entre le Lys Noir et Olrun ne le concernait que peu. Le futur duc n’avait pas grandi sur ces terres et ne se sentait nullement impliqué dans cette lutte fratricide. Au contraire, il avait un œil relativement observateur et un point de vue suffisamment général pour se rendre compte que tout ceci était, bien entendu, entièrement stupide. Trop de personnes étaient déjà mortes pour ce conflit qui n’en était pas vraiment un. Tout le monde devait le penser, mais personne n’était prêt à l’affirmer à haute voix. Finalement, tous n’étaient peut-être que des lâches qui se cachaient derrière les exactions de l’autre camp pour justifier les leurs… Qu’importait. Il avait simplement veillé à ce que rien n’arrive à Elena, et, jusqu’à présent, il y était parvenu mais il ne pourrait rester indéfiniment à ses côtés. Du moins, elle n’en avait pas voulu, car oui, il aurait accepté qu’elle devienne sa femme. Ils auraient pu prendre leurs valises et quitter Forbach pour vivre en Bretagne, ou bien Luc aurait pu renoncer à la succession pour elle, mais la question ne se posait pas. Ou du moins elle ne se posait plus. Plus maintenant. Le regard chargé de tristesse de son Aguerrie lui tordait les boyaux mais il s’était juré de faire bonne figure et de ne pas craquer. Elle serait suffisamment intelligente pour comprendre ce que tout cela lui ferait, il n’était pas nécessaire de le montrer plus précisément. Leur lien ferait le reste.

« J’espère bien ne pas avoir à envoûter une jeune femme pour me trouver une épouse. J’ose songer que je n’ai pas besoin de requérir à de si sombres recours. » Il eut un sourire mi-moqueur, mi-triste. « Et lui jouer de la flûte traversière, n’oublie pas le plus important. » Son sourire se fit plus large et plus sincère mais ce n’était pas encore cela. Il ne s’attendit néanmoins pas à ce qu’elle se laisse aller comme elle le fit quelques instants après. Alors qu’elle rompait la distance pour venir se serrer contre lui, il passa ses bras autour de sa taille, l’enlaçant doucement, se voulant réconfortant. Il pouvait sentir qu’elle mettait presque toute sa force pour l’étreindre et s’il s’était agi d’un homme il ne pourrait certainement plus respirer mais même si Elena n’était pas fébrile, cela restait très supportable. Qui plus est, il était assez ravi qu’elle daigne enfin laisser parler ses sentiments plutôt que d’essayer de faire bonne figure et s’enfermer dans sa chambre avant, enfin, de se laisser aller. S’il était venu lui annoncer sa décision, c’était bel et bien pour l’aider à surmonter cette épreuve et pas seulement pour l’assommer avec une terrible nouvelle. « Je te proposerai bien de partir avec moi, de devenir ma femme, mais je crois que nous avons déjà parlé de cela. Et je te respecte trop pour, comme tu le dis toi-même, t’envouter, même si c’est très tentant, mais ce ne serait pas la même chose. » Il avait dit cela, mi sérieux, mi rieur. Il l’aurait épousé sur l’instant si elle lui avait dit oui mais il savait que cela n’arriverait jamais. Si c’était le cas, elle ne l’aurait pas simplement embrassé sur la joue lors de leur « duel » à l’étang.

Il se laissa éteindre, de plus en plus fort, jusqu’à ce qu’Elena se rende peut-être compte qu’elle y plaçait toutes ses forces. Luc n’avait pas osé lui dire qu’elle devrait peut-être songer à le laisser respirer. Une boutade de plus qu’il n’avait pas eu le courage de placer dans cette discussion bien trop sérieuse et délicate. Leurs sentiments étaient à fleur de peau, il le savait, l’humour n’était judicieux qu’à petites doses parcimonieuses. Il la laissa se redresser lentement, observant avec une certaine douleur la petite teinte rouge de ses yeux indiquant, même si elle l’avait dissimulé, que quelques larmes avaient coulé sur ses si douces joues. « Autant de fois que je le pourrais Elena, autant de fois que je le pourrais. » Il avait répété cela comme une promesse mais, ses responsabilités lui prendraient surement beaucoup de temps, à ne pas en douter. « J’aurai sans doute peu de temps à m’accorder mais je ferai mon possible. Et puis… Tu sais que Vincent et toi serez les bienvenus à tout moment. Deux chambres seront toujours prêtes pour vous accueillir ton frère et toi. Tu as ma parole. » Levant ses mains, il les posa à nouveau sur celles d’Elena, l’empêchant de jouer avec ses doigts et serrant ses paumes dans les siennes. Son regard plongeait dans le sien. « Tu m’as tant donné Elena. Je ne pourrais jamais te remercier pour tout ça. Si jamais tu as un quelconque problème, promet moi de me prévenir, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour t’aider. D’accord ? J’aimerais tant t’emmener avec moi pour continuer à te protéger… » Il soupira brièvement. Cette fois-ci, son cœur c’était serré une fois de plus. Diantre les sentiments n’étaient décidément pas des choses que l’on contrôlait sur demande…
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MessageSujet: Re: Serpents et vipères   Mer 28 Déc 2011 - 22:20

Cruauté et déchirement œuvraient dans ce bas monde. Elle avait été habituée à le subir, non? Elle savait bien qu'un jour il partirait. Au fond d'elle-même, au plus profond, cela lui était parfois arrivé d'y repensait pour éviter quelques réponses aux avances de son élève. Il était bel homme, elle en avait été émue la première fois qu'elle l'avait vu, pourtant, elle avait gardé ça au fond d'elle même pour ne plus jamais le laisser ressortir et le temps avait fait son office. Leur complicité c'était accentuée, mais rien n'avait changé dans son cœur. Si elle l'aimait c'était par fraternité, et rien d'autre. Aussi malheureux cela pouvait-il être. Il lui rappela à quelle point elle était cruelle lorsqu'il lui avoua sa proposition. Partir d'ici et l'épouser. Elle avait dans son regard une rancœur évidente envers elle même et une détresse frappante envers son apprenti. Jamais son cœur ne serait épris de lui. Elle le savait pertinemment à présent qu'elle le regardait avec sang froid. Pourtant, elle lui déchirait l'âme même si ils en avaient déjà parlé.

Les secondes s'égrainaient gentiment alors qu'ils s'entaillaient les esprits. Ils savaient que ce qui allait suivre n'allait pas être plaisant. Il lui promettait de revenir, mais elle savait qu'elle ne le reverrait pas. C'était plus qu'une intuition. Si il partait, elle ne le reverrait sûrement jamais pour la bonne et simple raison qu'elle serait retenue ici à Forbach. Ils auraient tous deux de grandes occupations et par moment quand elle s'arrêterait, son esprit penserait à lui. Regretterait-elle de n'avoir pas accepter sa proposition.

"Sois sans crainte, si il m'arrive malheur tu seras averti mais... je suis une grande fille."


Elle laissa un sourire fleurir sur ses lèvres. Il tenait ses mains et elle sentait qu'il souffrait tout comme elle. Mais ce moment, il était inévitable. Il soupira, cela fendit le cœur de son aguerrie. Il ne fallait pas gâcher les quelques jours qui leurs resteraient. Elle tenta donc de garder le sourire. Elle inspira fortement et brisa le silence qui s'installait à nouveau entre eux.

"Je n'ai pas toujours été parfaite et même si je t'ai enseigné beaucoup tu as contribué à ma forme physique, donc tu ne me dois rien. Mais, si tu insistes je veux que tu me promettes une chose."

Ce qu'elle allait s'apprêter à lui demander était plus qu'une simple requête et cela tenait plus de l'ordre, mais Luc connaissait parfaitement les règlements. Il ne devait pas quitter le Lys bien qu'il quitte les terres d'ici. Par conséquent il ne fallait pas rayer sa mémoire. Mais en échange il fallait qu'il se tienne à carreau. Alors qu'elle ouvrait la bouche pour lui évoquer son souhait, un cheval arriva à grand galop. Arrachés à leur proximité, Elena brisa leur contact et se raidit face à l'homme qui arrivait. Elle se cacha à nouveau derrière le masque de la noblesse. Elle se racla la gorge alors que le cavalier déclina son identité. C'était un membre du Lys, un Aguerri, chargé de remettre à Elena une missive de la plus grande urgence. L'échange se fit. En réalité cet Aguerri était le page d'un bourgeois haut placé et riche comme crésus. De l'extérieur, ce parchemin ressemblait à une convocation en bon et dû forme de Noâz. Elle était pour Elena mais s'adressait également à Luc. Pour qu'un homme se déplace pour la prévenir c'est que cela retournait de l'urgence capitale.

Le cavalier, une fois sa tâche accompli reparti aussi vite qu'il était venu laissant une atmosphère pesante. Elena lu le parchemin en fronçant les sourcils. Ce qu'elle apprenait ressemblait à une convocation immédiate auprès du Meneur. Une fois la lecture finit elle releva les yeux et regarda vers l'allée d'où était reparti le cavalier.

"Nous devrons mettre cette discussion et cette décision à plus tard je le crains. Il te faut servir notre Meneur une toute dernière fois."

Elle venait enfin de poser son regard sur lui. C'était un regard dur et inquiet. Rien avoir avec la sensibilité qu'il possédait plus tôt. Elle s'était définitivement refermée et Luc n'aurait plus l'occasion de la voir à nouveau ainsi. Le jour de son départ, elle se serait déjà renfermée comme une huitre. Elle avait pleuré, maintenant, tout était finit. Son devoir l'appelait et elle revêtait la droiture de l'obligation.
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