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 Joute verbale, et séduction des mots.

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Aguerri(e)
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MessageSujet: Joute verbale, et séduction des mots.   Mer 18 Jan 2012 - 17:51

Raphaël siffla un coup bref et attendit. Il vit tout d'abord apparaitre un museau noir, deux yeux bleu sombre, puis un grand corps couvert d'une fourrure de jais. Il sourit et tandis la main vers son chien-loup qui sortait des fourrés. Il caressa la tête de l'animal et se releva, prenant la direction du marché, suivit d'Ashak. Il se baladait souvent seul. Et bien que d'habitude il soit à cheval, son étalon étant légèrement blessé, il était partit à pied avec son compagnon canin.
Il vit enfin les premières maisons, et le chemin forestier, sentier de terre, se fit de pavés, rue principale de Forbach. Il posa une main sur la tête de son chien pour le maintenir près de lui, et sa peau claire trancha avec le sombre pelage de l'animal.

Son regard bleu glace se promena sur les diverses vitrines, tandis que ses pensées restèrent pour une fois à l'instant présent. Non, il ne pensait pas à Judith, ce qui était un net progres. Non, il ne pensait pas à Elena, qui occupait pourtant souvent son esprit ces derniers temps. Non, il ne pensait pas à Noâz ou aux intrigues de sorcellerie. Il ne pensait même pas à Anaël, bien que le dessin ornant le front de quelques personnes dans la rue, le lui rappela sourdemment, comme un bruit de fond qui vous empêcherait de trouver le repos, tant que vous ne trouviez pas le moyen de l'éteindre.

Il redressa la tête en entendant des cris d'enfants. Les deux petits êtres se pourchassaient en courant et criant, slalomant avec agilité et rapidité entre les personnes présentes, qui leur adressaient, pour la plupart, un regard attendrit. Il sourit, et ces enfants lui rappelèrent son Aguerrie. Il décida d'ailleurs de passer la voir, écoutant les marchands qui vantaient leurs produits, les mères qui rappelaient leurs bambins près d'elles, ou qui négociaient ceci ou cela, les chuchotements qui colportaient des rumeurs souvent fausses et le bruit mat des sabots ou des bottes sur les pavés. Même à Forbach, dans cette ville brumeuse où tout semblait gris, froid et monotone, cette rue était un morceau de vie à l'état pur. Vous y trouviez, des couleurs différentes et bariolées, des personnes de tout âges, des voix de toutes sonorités, des bruits diverses doux et agréables ou, au contraire, trop aggressifs, mais ça vivait. Et ces derniers temps, cela faisait du bien de voir de la vie à Forbach.

Alors qu'il s'apprêtait à tourner vers une rue adjacente où se trouvait l'auberge de Rosaline, lorsque son regard fut attiré par une jeune femme discrète mais qu'il reconnut tout de suite. Il ne la connaissait pas personnellement, ne connaissait même pas son prénom. Bien qu'elle soit mignonne, ce n'était pas non plus son physique qui fit qu'il la reconnut. Non, cette jeune femme appartenait à Olrun, et devait donc savoir des choses sur Anaël... Que le Lys Noir ne connaissait peut etre pas... Il changea de direction et s'avança vers la jeune femme d'un pas souple.
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MessageSujet: Re: Joute verbale, et séduction des mots.   Sam 21 Jan 2012 - 23:21

Cette semaine le temps c’était un peu adouci. La neige avait été repoussée. Les grands râteaux reposaient contre les murs dans l’attente d’une nouvelle averse. Les étales occupaient les trois quart de la place principale. Les maraichers criaient à tût tête pour attirer l’attention d’une clientèle frileuse. L’odeur des légumes humides embaumait l’air. Forbach bravait l’hiver avec la même énergie qu’à l’accoutumé. L’ordre général était stabilisé. On avait peine à croire qu’une menace planait par ici.

Bien sûr on parlait encore de l’intrusion, survenue quelques semaines plus tôt, à l’Eglise. Les honnêtes gens étaient scandalisés. Certains avaient même exigé justice. Les stigmatisés avaient même craint des représailles. Mais aucune sanction divine n’avait encore frappé le village. Alors on continuait de vivre en priant pour ne pas être dérangé. Tout paraissait normal.

Ce n’était pas le cas pour les Byche qui devait faire face à une crise familiale. La mise en scène de Danielle avait entrainé une succession de problèmes plus ou moins prévisibles. Quand le garde était sorti de son sommeil forcé il avait raccompagné la fugueuse à son domicile. Quelle n’avait pas été sa surprise quand on lui avait annoncé que sa fille s’était enfuie parce qu’il était un mauvais père. Il n’avait pas apprécié du tout refusant de passer pour un mauvais homme dans le seul but de protéger des sorcières. Danie avait été rudement rudoyée.

Ses supplications n’avaient trouvé aucune oreille compatissante. Sa loyauté envers Olrun était en conflit avec le bienêtre des siens. Pour la première fois ses parents s’était imposés comme autorité première. Ils interdiraient donc à la jeune fille de poursuivre son apprentissage plus avant. Elle devrait se contenter, d’être une bergère, point final. Cette cruelle décision l’avait donc plongée dans la désolation. Même les bons mots d’Inès n’avaient pas réussi à faire plier le joug parental.

La nouvelle année commençait sous de bien triste augure. Au lieu de s’entrainer Danielle travaillait dans les champs. Au lieu d’aider ses sœurs de cœur elle suivait son père les bras chargés de paniers à choux. Il la prenait avec elle partout. Il la surveillait en permanence. Il défendait devant elle les biens d’une vie de labeur. Dés l’aube elle était sur le marché à vendre le surplus des cultures. Le visage noyé dans une chevelure blonde, le regard baissé, la voix basse, elle servait les femmes avec politesse.

Quand un rayon de soleil perçait la couche nuageuse elle se détournait vivement pour protéger ses yeux hypersensibles. Le brouhaha incessant mettait sa tête à rude épreuve. Mais elle ne disait rien. Elle faisait pénitence sans jamais se plaindre. Quand une des filles passait, pour acheter quelque chose, elle glissait un petit mot dans sa main au moment de payer. C’était l’unique moyen de la tenir au courant. Et puis parfois il y avait un membre du Lys dans les environs.

Danielle avait repéré la silhouette de l’un d’eux. Elle se souvenait avoir vu sa silhouette le soir de la Messe. Il était responsable de la folie qui avait prit les inquisiteurs … Il avait changé de direction et s’approchait d’eux. La jeune sorcière avait immédiatement prit la place de son père et prenait en charge la conversation.


-Bonjour monsieur. Vous désirez ?

Ces quelques mots, apparemment poli, étaient nuancés par un regard scrutateur. Ses yeux gris montraient de la détermination. Danie était sur ses gardes. Sa naturelle bienveillance avait souffert depuis le début de la saison. Le clan du Lys était belliqueux. Il était de plus en plus dangereux. C’était presque à se demander si la mort d’Alicia n’était pas regrettable…

C’était une guerre de longue haline. Une guerre froide dont personne ne pouvait prévoir l’issue. Danielle trouvait bien dommage qu’un aussi beau garçon se trouve dans du mauvais côté. Elle retenait un papier en se penchant au-dessus de la table. D'un ton doux mais lourd de sous-entendu elle précisait même à son adversaire.


-Il n'y a que de bonnes choses chez nous, vous savez.
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