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 Isorine Silberholz

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Sage
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MessageSujet: Isorine Silberholz   Ven 27 Jan 2012 - 1:59

[Morte pendant Exodus 12:29]





Nom : SILBERHOLZ

Prénom : Isorine

Surnom : Iso, par sa soeur

Âge : 60 ans

Titre : Bourgeoise

Métier : /

Lieu de Résidence : Demeure familiale à Forbach

Relations particulières : Sa sœur Isaline évidemment, dont elle ne s’est jamais séparée.

Sentiments vis-à-vis de l’Inquisition : Isorine éprouve pour eux ce qu'elle éprouve pour le reste des gens: du mépris, et aucune considération.

Sentiments vis-à-vis des Sorcières du Lys Noir : Un tas de greluches qui se sont révélées plus résistantes que prévues. Isorine ne les aime pas mais considère la rivalité qui existe entre Lys Noir et Olrun. Cela pourrait leur donner des opportunités, à elle et sa sœur, afin de monter en grade au sein d’Olrun ou participer aux opérations d’envergure de la tribu, ainsi que leur a promis la Grande Prêtresse.

Nom de votre Aguerrie : Octave et Othilie Silberholz, les parents

Nom de votre Apprentie : Ursule Jolin

Objectif éventuel de développement : Prendre la place d’Europe à la tête d’Olrun une fois dès celle-ci aura passé l’arme à gauche. Et potentiellement, survivre au stigmate et à la menace de nature encore indéterminée de l’ange Anaël.

Signe distinctif : Une tâche de naissance en forme de cœur sur les fesses. Non mais je plaisante…

Description physique : Isorine est une petite vieille à l’allure un peu sournoise. Il n’est pas nécessaire de décrire sa silhouette ou les formes de son corps, à moins que vous teniez vraiment à lire un récit détaillé de l’enveloppe charnelle d’une femme de 60 ans. Contentons-nous de nous concentrer sur son visage, plissé par les rides, mais qui a gardé sur lui l’empreinte de la malice. Les yeux d’Isorine sont clairs, d’une couleur océan, très semblable à ceux de sa sœur. Cependant, au contraire du nez long et crochu d’Isaline, celui d’Isorine est court et retroussé, lui donnant l’air fouineur. Ses lèvres sont souvent pincées en un sourire hypocrite qui n’attend manifestement qu’une chose: se moquer de vous. Elle possède des cheveux coupés courts et encore sombres malgré son âge, quoi qu’on pourrait se demander si une teinture d’acétate de plomb ne serait pas à l’origine de cette couleur…

Description psychologique : Le mépris est la plume des sœurs Silberholz. Le détachement du monde, leur marque de fabrique. Isorine est en tous points semblable à Isaline dans ce domaine : elle n’a de considération que pour sa sœur, se sentant étrangère à tout autre être sur cette terre. Le seul et unique amour de sa vie, qui a tourné si tragiquement, l’a confortée dans ce sentiment. Et le secret du meurtre commis par Isaline, qu’elle partage désormais avec cette dernière, a certes failli les séparer définitivement ; pourtant à présent de manière paradoxale il les relie de façon plus étroite que jamais.
De par l’éducation donnée par leurs parents, Isorine est plutôt conservatrice, des idées qu’elle a tenté de même que sa sœur d’imposer au sein de la tribu d’Olrun, mais en vain. Les deux petites vieilles sont plus qu’écœurées d’avoir été évincées deux fois de suite aux élections de Grande Prêtresse, mais ne se sentent plus vivre depuis le marché passé avec Europe (cf historique).

Autre(s) : Si vous tenez vraiment à le savoir… Isorine fait de l’herpès génital…





« C'est dans les villes les plus peuplées
que l'on peut trouver la plus grande solitude. »

Jean Racine




Elles les détestaient tous.
Les adultes stupides qui ne savent pas voir au-delà des apparences. Les gens qui ne s’approchent d’elles que pour escompter quelque chose en retour. Les autres enfants, dont le flou ôtait le sens. Et tous ceux qui s’imaginaient les comprendre.

Personne n’avait jamais été particulièrement affectueux avec elles. Leurs parents étaient aimants, mais de loin. L’éducation dispensée était juste mais sévère. Octave et Othilie Silberholz formaient leur progéniture à partir de prédicats conservateurs et traditionalistes… « Fichue époque », se disaient les sœurs avec philosophie.
Peut-être à cause de cela, elles étaient extrêmement dépendantes l’une de l’autre. Plus que la norme. Leurs géniteurs s’en inquiétaient et considéraient leur relation trop fusionnelle comme anormale. Dans leur microcosme dual, il n’y avait pas de place pour les autres, et surtout pas ces gosses stupides qui jouaient près d’elles dans le parc derrière l’Eglise, tandis que les sœurs se tenaient à l’écart, observant perfidement leurs pairs.

    - Nous n’aurons qu’à nous trancher mutuellement la gorge lorsque nous nous sentirons vieillir. Il n’y a guère que les fillettes pour sauter des balcons, maintenant.
    - Je tiens à ce qu’on meure en même temps, Isa. Nous sommes nées en même temps.
    - J’ai entendu mère dire que nous étions dans un isolement social. C’est quoi, un isolement social? demanda Isaline du haut de ses 6 ans.
    - Tu es vraiment stupide, tout le monde sait ce que ça veut dire, mentit sa sœur du même âge, qui l’ignorait totalement.


Pas de place pour les autres… et en particulier pour les garçons, manifestement très dissemblables de genre, d’espèce, de propre, d’essence et d’accident. Les cinq universaux dans leur ensemble, creusaient le fossé entre ces deux âmes jumelles et le reste du monde… Dans ce cas, peu importait que personne ne les comprenne. Peu importe ce qui est « normal ». Ce n’était pas compliqué: si les autres ne les comprenaient pas, c’est qu’ils étaient tous des imbéciles. Il existait le monde d’un côté… et Isaline et Isorine de l’autre.

De leurs moqueries incessantes et acerbes naissaient des légions d’ennemis. Florian était l’un d’eux et depuis quelques semaines, n’attendait qu’un prétexte pour s’en prendre physiquement aux deux pestes. Elles furent aidées de justesse par Ernest Lamour qui se débarrassa de l’adversaire, en récoltant au passage un poing en pleine figure et une dent en moins. Sans doute s’imaginait-il être récompensé et adulé pour son geste héroïque, car il tendit une petite pivoine d’un rose soutenu à Isaline. Un présent qui aurait arraché un sourire tendre à n’importe qui d’autre… mais qui ne fit émaner d’Isaline qu’un rire de mépris pour la dent cassée d’Ernest.

    - Et ta fleur est bien trop laide. Même les porcs n’en voudraient pas! dit Isorine à son tour.


Elle eut un ricanement sournois. Vengeance. Ernest avait tendu cette pivoine à Isaline.
Pas à elle.



« J'aime... à ce nom fatal, je tremble, je frissonne. »
Jean Racine, Phèdre




Isorine gravit quatre à quatre les escaliers. Son corps en pleine santé, fort de ses 18 ans, lui permit d’arriver à l’étage de la propriété familiale au terme d’une course brève mais intense.

    - Mademoiselle, cessez donc de courir ainsi! Ce n’est point convenable pour une dame, dit une domestique.
    - Oui, répondit Isorine, oubliant aussitôt sa résolution.


Elle alla à la fenêtre et contempla au-dehors. Bien... Elle était arrivée à temps pour apercevoir la silhouette d’Ernest s’éloigner petit à petit alors qu’il quittait la maison des Silberholz. Ainsi dissimulée elle put à loisir contempler le visage lointain, la démarche solitaire, les atours mis en exergue de l’homme qu’elle aimait. Le fils d’Adémar Lamour s’était présenté sur son meilleur jour aujourd’hui, et ce n’était pas la première fois qu’il venait leur rendre visite. Mais il s’était fait élégant non pas pour éblouir Isaline comme de coutume, ce qui n’avait jamais fonctionné et ne fonctionnerait jamais; plutôt pour éblouir le père, négocier avec Octave Silberholz les termes d’un hymen désiré par l’autorité parentale et rejeté de toute sa force par la descendante.

Pourquoi? Pourquoi Ernest persistait-il à vouloir s’unir à Isaline qui ne l’aimait pas, alors qu’Isorine frémissait de tendresse pour lui?
Qu’avait sa sœur de plus qu’elle? Elles étaient pratiquement identiques. Elles aimaient les mêmes choses. Mais si par hasard elles tombaient un jour sur quelque chose dont il n’existe qu’un exemplaire unique, que se passerait-il? La tragique romance se déroulait aujourd’hui, fleurie d’incompréhension et de douleurs.
Qu’avait Isaline qu’Isorine n’avait pas?

Des cris au rez-de-chaussée attirèrent son attention, elle descendit à pas lents, pour se retrouver blême devant une autre de ces scènes insupportables où Isaline s’opposait farouchement au mariage que voulait lui imposer son père.
Juste parce qu’elles étaient sœurs, le monde se sentait obligé de les comparer… Elles avaient toujours souhaité que le monde extérieur les voit comme deux être bien distincts, mais en même temps, elles craignent plus que tout de devoir se séparer un jour.

    - Vous ne comprenez donc pas, dit Isorine avec grand calme. Isaline ne peut pas se marier à Ernest, ni à aucun homme de bonne famille.


Isaline était sa meilleure amie en même temps que sa plus grande ennemie. Simultanément la source de sa plus grande force et de sa plus grande faiblesse… La jalousie la rongeait de l’intérieur comme un dévorant poison. Jour après jour Isaline fanfaronnait sans vergogne, clamant son indépendance. « Nul besoin de mari », disait-elle avec mépris sans se rendre compte de la chance infinie qui était la sienne. Elle exposait ostensiblement et cruellement à Isorine, ce que cette dernière savait qu’elle n’aurait jamais: l’amour d’Ernest… Chacun des sourires insouciants d’Isaline était une condamnation. Chaque fois qu’elle repoussait ses avances avec désinvolture et méchanceté était un rappel de tout ce dont sa soeur était privée.

Il ne fallait pas qu’elle se marie. Ce n’était pas juste! Et il ne fallait pas qu’Isorine perde le seul être au monde qui était son miroir, son autre.

    - Isaline n’est plus vierge, mentit-elle avec assurance.


Octave souffrait des lenteurs de cette épineuse affaire depuis longtemps déjà. Très mécontent de ne pas avoir eu d’héritier mâle, il aurait souhaité au moins marier ses filles avant un âge si avancé, en dépit du caractère insoumis d’Isaline. D’apprendre qu’elle avait été déshonorée fut trop pour son pauvre cœur.



« Il n'est point de secrets que le temps ne révèle. »
Jean Racine, Britannicus


Le printemps en l’an de grâce 1626 déchaîna sur le monde des obscurités glaciaires qui animèrent la haine des humains entre eux. Pour trouver un coupable à cette vague de froid surnaturelle, on accusa les sorcières. Plus que jamais Isorine devait prendre des précautions et se montrer discrète.

La fin du jour pointait déjà en plein milieu de cette après-midi de mai. Isorine Silberholz observa le ciel. Son nez était rouge derrière l’épaisseur de sa grosse écharpe de laine, et ses doigts si engourdis qu’ils auraient pu tomber sans qu’elle éprouve la moindre sensation. Devant elle se dressait l’orée des marécages forbachois figés dans une pellicule de givre qui auraient ressemblé à la porte de l’enfer lui-même si ils n’avaient pas présenté l’aspect d’un lieu balayé par le souffle polaire des Jötunn nés du folklore scandinave… Au terme d’une minute d’hésitation elle décida de couper à travers les marais, pour éviter d’avoir à les contourner comme de coutume, ce qui alors lui faisait subir un trajet beaucoup plus long. Or, c’était la première fois que lui était offerte l’opportunité de traverser ainsi les tourbières, grâce au gel dans lequel elles étaient prises. La vague de froid du mois de mai de cette année-là, était sans commune mesure avec les hivers précédemment vécus.

Isorine atteignait l’âge déjà vénérable de quarante et une années et ses vieux muscles ne possédaient plus autant de vigueur qu’auparavant. Elle se hâta cependant dans le marais en laissant voguer ses pensées pour empêcher la peur de l’envahir, son esprit de se focaliser sur les formes effrayantes distillées par dame nature dans leur suaire de givre opalescent.

Le stratagème destiné à discréditer la vertu de sa sœur n’avait pas fonctionné autant que prévu, car Octave Silberholz avait soupçonné la supercherie et s’était évertué à la révéler au jour plusieurs années durant. Sur son lit de mort, Isaline finit par avouer… et fut contrainte de s’unir à Ernest. Ce fut la période la plus sombre de la vie d’Isorine, séparée de sa sœur et dépouillée de l’homme aimé. Heureusement, cette époque était révolue depuis plus d’une décennie à présent, et Isaline était revenue à elle… Mais le prix de la liberté était toujours exorbitant. Il avait fallu qu’Ernest disparaisse après une lettre d’adieu mystérieuse. Portant le coup de grâce à Octave, qui avait cru à une victoire en mariant l’une de ses filles. A présent celle-ci était revenue à la demeure familiale sans mari et l’autre plus exécrable que jamais n’avait toujours pas l’ombre d’un prétendant. Quatre ans plus tard, ce fut au tour d’Othilie Silberholz de succomber.

Isorine se hâta plus encore : la neige tombait désormais, en lourds flocons tourbillonnants. Ses songes allèrent un instant vers sa tribu. Depuis deux ans Isaline et elle étaient traversées par de ponctuels courants d’amertume en se remémorant les élections de 1624 au sein d’Olrun. Et dire que malgré leur ancienneté, leur talent, les services rendus à la tribu, aucune des deux n’avait été élue Grande Prêtresse… ni même Prêtresse ! A la place, une jeune pie du nom d’Abigael Asmaloth avait pris la tête du clan. Suite à cela, témoignant d’une puérilité ahurissante Alicia de Sarrebourg avait créé le Lys Noir, que bien sûr les sœurs Silberholz s’étaient gardées de rejoindre, ne voulant pas entendre parler de ce groupuscule à la Meneuse immature et infantile.

Isorine était plongée dans ses songes lorsqu’un étrange reflet en périphérie de son champ de vision attira son intérêt. Elle observa alentour. Un petit éclat doré semblait briller sous la matière visqueuse, humide et glaciale qui constituait les marécages. Elle se boucha le nez pour éviter de respirer à pleins poumons les remugles croupissants de l’endroit, puis s’approcha du reflet qui scintillait sporadiquement dans l’eau sale. De vagues remous soulevèrent au fond de la marre gelée, une pulvérulence de vase aux reflets étranges, parmi laquelle brillait cette lueur d’or. Elle écarquilla les yeux.
Entre les roseaux, flottant dans le liquide infâme, conservé en bon état dans la tourbe et le gel se trouvait un cadavre. Et pas n’importe lequel. Il s’agissait du corps d’Ernest Lamour.
Sa dent en or renvoyant un reflet jaune dans la faible lumière.

Isorine poussa un hurlement que bien sûr nul n’entendit. Elle se dégagea précipitamment de la tourbière et courut à perdre haleine avec effroi. Mille questions détonnèrent dans son esprit jusqu’à lui donner la migraine ; son cœur était sur le point d’exploser, elle sentait ses tempes battre chaudement sous ses doigts.

Comment? Pourquoi? Quand? Et surtout… qui?

De cela au moins elle possédait la réponse car elle avait vu les yeux d’Ernest, ouverts à jamais sur sa dernière vision. Ses orbes morts qui l’observaient fixement, comme délavés, d’une couleur étrange, et portant typiquement la marque d’un envoûtement de sorcière…

Isaline.



« Si je la haïssais, je ne la fuirais pas. »
Jean Racine, Phèdre




Isorine renifla l’odeur putride des marais, qui stagnait en miasmes infects.

    - Tu as des gaz, mon Isa? A moins que ce ne soit tes pieds… ou tes aisselles… ou encore les trois en même temps…
    - Occupe-toi de tes grosses fesses flasques. Aaaah mes rhumatismes! C’est comme ça qu’ils nous tueront, Iso!
    - Tu n’es qu’une grosse vache obèse, un peu d’exercice te fait le plus grand bien!


Isaline tenta de se pencher afin de ramasser une poignée de vase et l’envoyer sur le crâne de sa sœur ; cependant son vieux dos émit un craquement sonore et elle y renonça. Ignorant les perfidies de sa sœur Isorine observa les alentours. Il semblait qu’elles aient enfin semé l’inquisition lancée à leurs trousses. Deux petites mamies claudiquantes de 55 ans, distançant une nuée de soldats adolescents et adultes… La situation prêterait au sourire, si ce n’était les traumatisants hurlements de leurs sœurs d’Olrun qui retentissaient sporadiquement dans le lointain. Même au cœur des marécages les deux sœurs Silberholz pouvaient encore les entendre.

Au moins elles avaient été au cœur de l’action conformément à leurs souhaits. Ces temps derniers, les deux compères auraient eu de quoi s’étouffer avec leur ressentiment. Abigael avait été la Grande Prêtresse la plus inutile de toute l’histoire d’Olrun. A sa mort, c’était enfin une autre chance de se faire élire à la tête de la tribu qui se présentait de nouveau… Et pourtant de nouveau elles avaient été évincées, cette fois-ci par Europe. Même les rangs de Prêtresse étaient occupés par trois pimbêches. Il ne fallait plus se faire d’illusions : trop jeunes au temps d’Analisa, trop âgées ensuite, Isaline et Isorine n’auraient plus aucune chance d’accéder à un grade supérieur à celui de Sage qu’elles possédaient actuellement. C’est pourquoi elles avaient conclu ce pacte avec Europe. Elles lui fourniraient du soutien face à ses ô combien nombreux détracteurs. En échange, la Grande Prêtresse s’engageait à ne plus jamais laisser à l’écart les sœurs Silberholz, et les faire participer à toutes les opérations d’envergure. Raison pour laquelle deux petites vieilles avaient pu s’incruster dans une mission aussi périlleuse que celles-ci: la récupération du Livre de Lumière, en 1640, qui avait tourné au désastre.

    - Cela vaut-il la peine de rester en vie si c’est pour se cacher comme des crapauds ?
    - Assurément, répondit Isorine. Tiens, écoute crier. Ils en ont choppé une autre. Ils s’en vont.
    - Grands dieux. Nous sommes bénies. Tu as reconnu sa voix ?
    - C’est Philiberte je crois.
    - Oh avec un prénom comme ça, elle n’a rien à regretter…
    - Tu n’as donc aucune pitié ?
    - La pauvre, elle était bête en plus, mais bête…
    - Tu n’as aucun chagrin à voir partir une sœur ?
    - Allons, je n’ai qu’une sœur et elle va très bien, elle pue juste un peu le souffre présentement…
    - Comment peux-tu n’aimer personne à ce point ?
    - Mais Isorine qu’est-ce que tu as ? Il n’y a personne à aimer lorsque personne ne vous aime.
    - Tu ne regrettes donc personne ?
    - Il n’y a personne à regretter.
    - Et pourtant…


Isorine regarda ses pieds. Le sol. La fange boueuse où l’eau coulait en rigoles sales, cette même eau dans laquelle elle avait découvert le corps d’Ernest…
Ce fut une pulsion énigmatique qui se répandit dans ses veines à ce moment. L’envie de sauter au cou d’Isaline. De l’étrangler. De l’étouffer. Tout son être clamait vengeance tandis qu’elle fixait sa sœur d’un regard sombre, vindicatif : il promettait du sang.
Toutes ces années elle avait vécu avec ce poids terrible sans jamais en souffler mot à quiconque. Contrairement aux idées reçues, le temps n’effaçait ni la douleur ni la rancœur, et Isorine tremblait de cet émoi contenu, errant à la merci de sa propre peine.

Isaline avait tué l’unique amour de sa vie. Alors qu’Isorine s’apprêtait elle aussi à devenir une meurtrière, elle avait réalisé qu’elle n’avait pas besoin d’amour pour vivre. Toute son existence, Isaline n’avait eu besoin que de sa sœur. Alors elle aussi, elle n’aurait du avoir besoin que d’Isaline.
Son miroir. Sa jumelle. La pire peau de vache que le monde ait porté : son seul repère, le seul être qui lui ressemblait et qui la comprenait.
Finalement, rien n’avait changé depuis l’enfance. Son but ultime restait toujours de ne pas être séparée de sa sœur. Leur relation conflictuelle et fraternelle survivrait à une épreuve de plus.
Elle lui avait pardonné.



« On ne peut vaincre sa destinée. »
Jean Racine, Phèdre




« Hommes et Femmes de Forbach, je vous déclare indignes du créateur. Je vous condamne à prouver votre valeur et celle de votre clan, par tous les moyens, possibles ou non. Dépassez les limites de l’imaginable si il le faut, mais j’exige qu’au solstice d’été prochain, à minuit, un miracle ait été réalisé par chaque clan. Beaucoup de sang coulera, je le sais. Mais rappelez-vous qu’il s’agira des dernières larmes. »

Isorine fut brusquement tirée du sommeil par sa crétine de sœur. Elle s’éveilla sans comprendre. C’était le rêve le moins réel, le plus fantasmatique, qu’elle ai jamais fait. En se levant, elle constata que le front d’Isaline était orné d’une marque rougeâtre semblant représenter un légume coupé en deux. Elle pouffa de rire.

    - C’est une marque pour indiquer ton intelligence, Isa. Tu vois: tu es aussi maligne qu’un légume.
    - Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, tu as le même que moi !!


Isorine jeta un oreiller de plumes sur le visage de sa sœur.

    - Si c’est un miracle qu’il faut, je suppose que ça veut dire qu’Olrun doit triompher du Lys et de l’inquisition…
    - Evidement. T’es vraiment nouille Iso.
    - T’as qu’à leur montrer le furoncle que tu as… tu sais où. Ils seront tous morts en une seconde.


Ce fut au tour d’Isaline de jeter un coussin à la figure de sa sœur.
Elle cessèrent bientôt de rire laissant poindre l’inquiétude. Le châtiment inconnu promis par l’Ange n’annonçait rien de bon.

    - Qu’allons-nous faire ?
    - La seule chose que nous savons faire.
    - Nous battre.
    - Doit-on attendre le pire ?
    - Non, le pire nous l’avons traversé à deux.
    - Tu as peur de mourir ?
    - Non, car tu me suivras.

Comment avez-vous entendu parler de The Witch Slay ? Par notre amie commune Narcissa Very Happy

Qu'est ce qui vous à le plus plu sur ce forum ? Un peu de tout!

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Dernière édition par Isorine Silberholz le Mar 31 Jan 2012 - 20:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Isorine Silberholz   Mar 31 Jan 2012 - 20:02

Salut Zozo et bienvenue sur le forum! =)

Même remarque que pour Zizi: je ne me présente plus lol.

Très bonne fiche, j'ai cependant deux petites remarques avant ta validation^^

- J'ai vu que tu avais cité Alicia dans ton histoire, mais à cette époque, elle n'avait pas encore épousé Lorenzo Maestriani, ni même le compte Loewenstein, et par conséquent, s'appelait juste "Alicia de Sarrebourg". Mais bon ce n'est qu'un détail Wink
- Avoir eu une apprentie est obligatoire pour augmenter de grade. J'ai vu que ta soeur avait rempli le champ, ce doit être le même nom pour toi?

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absorbent pareillement la lumière cosmique, l'air ou l'eau salée -
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Mais ces dessins eux-mêmes, sont paysages de l'esprit...
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MessageSujet: Re: Isorine Silberholz   Mar 31 Jan 2012 - 20:56

Et voilà c'est édité! bounce
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MessageSujet: Re: Isorine Silberholz   Mar 31 Jan 2012 - 21:19

Parfait, tu es à présent VALIDEE!! Bienvenue sur le fofo^^

Je t'invite à ouvrir un Inventaire ainsi que ta Galerie. Si tu souhaites proposer un personnage à la reprise, c'est tout à fait possible dans le Registre des Rôles.

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MessageSujet: Re: Isorine Silberholz   Mer 1 Fév 2012 - 20:55

Bienvenue à Olrun ! love
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