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 Qui a dit que le lendemain d'un vol...

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Aguerri(e)
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MessageSujet: Qui a dit que le lendemain d'un vol...   Dim 19 Fév 2012 - 14:05

... serait l'un des pires jours possible dans une vie? Qui avait dit que ce genre de forfait ne laissait rien sur la conscience? Peut-être était-ce vrai pour les vols réussis. En tout cas pour ceux qui échouaient la défaite cuisante s'ajoutait à remords et incompréhension. Et là ce qui dominait Elena c'était l'incompréhension et une profonde froideur. Elle se leva et s'habilla machinalement n'écoutant pas un traitre mots des bavardages de ces gens. Elle arriva à la chambre de Luc et bafoua la politesse en rentrant sans frapper et en congédiant son chambranle avec une impolitesse rarement connue. Son visage était marqué par la fatigue et elle n'avait pas du tout bonne mine avec cette gravité qu'il la fendait. Elle pénétra ainsi dans la chambre du Duc et referma la porte en laissant cet ordre derrière elle : qu'on ne les dérange sous aucun prétexte. Le ton avec lequel cela fut dit ne laissait pas gage de bonne augure. Elle croyait son apprenti endormi lorsqu'elle entra mais il n'en était rien manifestement quand elle alla jusqu'à sa couche se poster droit comme un piquet face à son visage encore enfouit en partie dans les draps.

"Je peux savoir ce qui t'as pris!"

Cette phrase, surtout chez une femme signifie que l'homme visé va subir une rafale d'insultes ou de vieilles histoires qui n'ont rien à voir les unes autres. Le seul point commun de ce flot d'accusation ne tient qu'à une chose : l'énervement de la dame. Plus elle était énervée et plus l'incohérence règne entre les histoires mentionnées. Cependant, Elena sachant cela tenta de rester concentrer sur le problème présent.


"Est-ce que tu as un explication plausible à offrir pour que tout à l'heure j'explique la raison de notre échec? Tu n'étais pas le moins du monde obligé de m'accompagner. La couardise n'est pas dans tes mœurs alors qu'était-ce que cela!"


Depuis hier soir la question la taraudait. Cette façon qu'il avait eu de se rendre à sa première blessure. Ne lui avait-elle pas dit de prendre le grimoire et filer. C'était plus important. Ne l'avait-elle pas dit. Sa propre vie ne comptait pas! C'était ça qui remuait Luc? Que la vie de sa chère Aguérrie n'était que poussière par rapport à cette mission? Le détachement de son apprenti vis à vis des tribus se ressentait de plus en plus. Elle l'avait toujours senti, mais depuis l'avènement de Noâz elle le ressentait encore plus. C'était la seule chose qu'elle n'avait pu lui enseigner. Le jeune Duc avait l'esprit libre de pensée et il ne s'attachait pas ainsi à un parti. Il était rattaché au Lys parce qu'Elena représentait son mentor dans le domaine de la sorcellerie et c'était bien tout.

"Parle Luc! J'ai besoin de savoir ce qui t'a pris hier pour les laisser partir."

La réponse ne lui plairait pas. A dire vrai aucune réponse ne serait satisfaisante mais Luc avait le don de faire mouche dans ces rares cas où ils s'enguirlandaient. Elle tentait de chercher dans sa mémoire la dernière fois qu'elle avait du s'énerver ainsi contre lui. A part l'histoire d'Aphrodite, il n'y en avait pas d'autre. Ils s'entendaient pourtant tellement bien. C'était d'ailleurs là leur faiblesse mutuelle. Et c'est pour cela qu'elle avait abandonné hier. Seule elle n'aurait rien pu faire et Luc c'était arrangé pour que sa blessure accapare la raison d'Elena plutôt que son dévouement. Mais cela ne justifiait pas leur échec. Que dire à Noâz si ce n'est qu'il avait été accueillit par Viviane? Et que le surnombre évident les avait écrasé. Et après, la ruse aurait du leur permettre de s'en sortir non? Ce n'était pas ce que le Lys savait le mieux faire? Ruser? Et eux ils venaient de se planter en beauté. Cela viendrait s'ajouter au déshonneur qu'elle avait déjà fait subir à son clan. Même si Noâz l'en avait déchargé, elle n'en restait pas moins coupable dans sa tête. Et ce dernier échec donnait une raison de plus pour la démontrer comme une incapable inutile.
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MessageSujet: Re: Qui a dit que le lendemain d'un vol...   Lun 20 Fév 2012 - 15:47

Il se souvenait à peine de la fin du « combat ». A vrai dire, c’était logique. Il avait fini salement blessé et il y serait certainement resté si Elena n’avait pas trouvé en elle les ressources de le soigner. Certes, cela il ne le savait pas, mais s’il se retrouvait dans son lit en cet instant, c’était bel et bien parce que quelqu’un l’y avait trainé et il y avait de fortes chances que ce soit son Aguerrie et pas une autre personne. Olrun avait fui avec le Grimoire et l’Inquisition n’aurait surement pas été tendre avec lui. Il avait encore le corps engourdi, une douleur lancinante sur son flanc lui arrachait un mauvais rictus de temps en temps. Quelle idée il avait eu… Ou plutôt quelle idées ils avaient eu, ces Clans… Ces imbéciles qui passaient leur temps à s’entretuer, à se battre pour des peccadilles alors que, depuis longtemps, ils auraient pu s’unir et retrouver une existence paisible et beaucoup moins sombre. Le Lys Noir et Olrun ne valaient pas mieux que l’Inquisition. Peut-être devrait-il le leur lancer en face, leur faire comprendre que leurs affrontements étaient vains et stériles et que seuls des morts en résulteraient comme la nuit dernière. Lui-même avait failli y passer, Elena aussi s’il n’était pas intervenu. Seuls des sorciers d’Olrun étaient morts cette nuit-là mais cela ne faisait que trop déjà. Comment pouvait-on être aussi stupide et verser du sang quand on pouvait vivre ensemble et en paix sans chercher à tout prix à détruire son prochain ?

Ses pensées qui avançaient mollement de par sa fatigue furent interrompues par des bruits de pas et des vivats relativement fort de l’autre côté de sa porte qui s’ouvrit violemment peu de temps après avant d’être refermée, sans une once de douceur, par la seule personne qui se serait permis ce genre de chose : Elena. Encore emmitouflé sous les draps, il ne bougea pas d’une once avant qu’elle ne vienne se planter à côté de lui, son regard furieux rivé dans le sien, qui, lui, devait être aussi vide et las qu’un pâle reflet aqueux. L’exclamation de sa voix lui fit grincer les dents. Elle parlait fort et il avait mal à la tête. Elle choisissait décidément bien mal ses moments, presque comme à chaque fois… Il resta silencieux, sortant à peine de ses draps pour essayer de se redresser. Il n’avait pas envie de se battre, il n’en avait pas la force. Elle penserait ce qu’elle voulait, comme à son habitude, et il n’y aurait probablement rien qu’il puisse faire pour la faire changer d’avis. Alors qu’il posait le dos contre la tête du lit, essayant de vaincre sa douleur et de ne pas la montrer, elle poursuivit son flot de colère qui passait à des lieues du futur Duc. Lorsqu’il eut enfin achevé de se hisser contre le bois, il reposa son regard sur elle. Elle était toujours aussi énervée, peut-être davantage, même si elle semblait vouloir se calmer pour continuer à débiter des propos cohérents. Elle l’exhorta une nouvelle fois à parler. Pour la première fois depuis longtemps, elle l’agaçait. Vraiment.

Il soupira profondément, plus pour évacuer la douleur qui le tenaillait que pour réellement exprimer quelque chose. Fermant les yeux pour oublier ce qui le rongeait et prenant une grande inspiration, il reposa son regard sur la jeune femme. Là où le vide régnait dans les yeux de l’apprenti quelques instants plutôt, une lueur déterminée s’était mise à briller en silence. « Tu as vraiment besoin que je te fasse un dessin ? » La voix était posée, calme, tranquille. Peut-être même un peu faible, mais de la part d’un convalescent, c’était bel et bien normal. « Je t’ai accompagné pour te protéger Elena. » La vérité tomba presque avec lenteur, bonhommie. Il n’avait pas la force d’asséner de grands coups, physiques comme verbaux. « Jamais je n’aurai fait passer un stupide grimoire avant toi et je me suis rendu à l’évidence, nous nous battions pour rien hier, le Grimoire était déjà loin. » Encore une nouvelle vérité, simplement énoncée. Il ne quittait pas la jeune femme du regard, bien décidé à opposer à sa colère la seule force tranquille qu’il lui restait, étant incapable de réellement s’emporter, à moins d’en souffrir grandement. « Jamais je n’aurai pu te laisser te sacrifier dans une mission suicide. Et que tu le penses ou non, celle-ci en était une. »

Il soupira une nouvelle fois. Il avait mal et ne parvenait plus trop à le cacher. Mal à cause de sa blessure mais aussi mal pour autre chose. Mal de voir qu’Elena était devenue complètement obsédée par le Lys et qu’elle ne semblait plus pouvoir avoir assez de discernement pour réaliser qu’un ordre de son « Meneur » n’était qu’une simple invitation à une mort certaine. Comment pouvait-on avoir foi en un homme qui envoyait les siens à l’abattoir ? Luc était toujours resté en dehors de cela et, en un sens, il avait bien fait. S’il y avait eu deux Elena hier, aucun d’eux ne serait revenu vivant. Aujourd’hui, ils étaient deux en vie, et, pour le jeune homme, c’était bien là l’essentiel.
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MessageSujet: Re: Qui a dit que le lendemain d'un vol...   Jeu 23 Fév 2012 - 18:02

Elena bouilloinait alors que Luc tentait de garder consistance et de limiter sa souffrance. Il se redressait péniblement alors qu'Elena gardait sa concentration sur son discours. Elle savait qu'il souffrait sûrement encore mais si elle ne se faisait ne serait-ce que la réflexion à ce propos elle ne tiendrait pas longtemps. Lorsque la voix de Luc retentit un premier rempart sombra dans les douves de l'inconscient de la belle. Cet imbécile trouvait encore le moyen d'attirer ses grâces. Mais il ne s'en sortirait pas ainsi.

« Je t’ai accompagné pour te protéger Elena. »

La première réponse tombait et comme la jeune femme l'avait escompté, cela ne lui plaisait pas. Au fond elle le savait pourtant bien non? Il avait toujours été protecteur envers elle, il l'avait protégé comme son frère l'aurait fait mais d'une manière encore plus acharnée peut-être. Il était mu par autre chose. Un sentiment qu'il avait tu il y a longtemps mais qui par moment se rappelait à son bon souvenir. Et cela l'entravait dans certaines décisions, comme celle de partir dans son pays à nouveau.

« Jamais je n’aurai fait passer un stupide grimoire avant toi et je me suis rendu à l’évidence, nous nous battions pour rien hier, le Grimoire était déjà loin. »

La vérité se dissipa dans l'air. Elena resta les yeux ronds, face à son apprenti. Un stupide grimoire... Se rendit-il seulement compte du contenu de celui-ci? Le moyen de détruire Anaël était dedans et c'était bien pour cela que les clans s'entretuaient. A moins que c'était la ruse d'Anaêl qui s'abatte sur eux? Il parla de mission suicide et laissa cette pensée flotter trop longtemps. Son aguerrie ne répondait pas, elle avait ravaler sa colère. Alors il ne comprenait pas, c'était pour cela. Son but n'était pas de saboter la mission mais il ne comprenait pas l'enjeu de ce grimoire. Elle s'assit sur le bord du lit, dos à son Apprenti regardant par la fenêtre face à elle. Elle reprit d'une voix posée.

"Ce stupide grimoire, comme tu l'as nommé contient nombre de choses dont nous ne connaissons pas la nature. A l'Inquisition il aurait permis de nous trouver pour tous nous tuer, à Olrun il leur permet d'exterminer les inquisiteurs comme nous autres, leurs ennemis rivaux. Je sais bien que tu t'es toujours sentit à l'écart du conflit qui tiraille les deux tribus. Mais que cela te plaise ou non, j'en fait partit et je fais ce qu'il me plait de ma vie. Ce manuscrit contient sûrement le moyen de soigner la population de la marque d'Anaêl. C'est pour cela qu'il est plus important que ma simple vie. Si Noâz nous à charger de nous en saisir c'est parce qu'il ne pensait pas qu'on fasse face à pareil compagnie. A deux nous étions plus discret qu'à cent."

Elle ne voulait pas le convaincre, c'était peine perdue, mais elle voulait qu'il comprenne son point de vue à elle. Elle savait qu'il n'appréciait pas beaucoup Noâz, elle l'avait bien sentit. Ni l'un ni l'autre ne semblait s'apprécier et cela modifiait probablement le jugement de Luc. Elle se tourna vers son Apprenti et plongea son regard dans le sien.

"Je sais que tu ne le porte pas dans ton coeur. Mais son but n'était pas de nous envoyer à la mort."

Elle en donnerait sa parole. Elle lui avait jurer allégence et à moins qu'on lui offre une preuve tangible, elle lui serait dévouée. Oui elle avait de la jugeotte, mais elle avait aussi un sens aîgu de l'honneur. Et elle respectait cet honneur. Si elle avait quitté la tribu d'Olrun dans sa jeunesse c'est parce qu'elle comprenait que sa tribu sombrait dans une archaîque dynamique qui finirait par tous les faire sombrer. Elle n'aurait pas fait quelque chose qui allait contre cette tribu sous son serment. Alors elle devait la quitter qu'ils comprennent leurs erreurs. Malgré leur perte pourtant, la tribu ne cessait de rester coincer dans ces pratiques vieillotes.

Mais qu'importe la croyance d'Elena, son ami n'en aurait cure. Il semblait souffrir. C'était tout ce qu'on pouvait lire à présent sur son visage. Et il la regardait avec détermination. Il ne comprendrait jamais son dévouement, elle en était maintenant persuadée. Pourtant, il faisait de même avec elle sans même qu'il s'en rende compte. Elle voulait le lui dire. Elle ouvrit la bouche et s'arrêta là. Non. Ce n'était pas la peine. Elle dévia la tête et scruta avec une soudaine conscience ces genoux couvert par une robe de nuit et une longue robe de chambre. Même si Luc avait réussi à calmer sa fureur apparente, elle n'en restait pas moins déçue. Il pensait qu'elle ne faisait pas la part des choses, pourtant si quelqu'un ici le faisait c'était elle. Sa petite vie ne valait rien contre celle des habitants de la ville. Une vie contre quelques milliers. Ce n'était rien. Elle consentait à ce sacrifice, alors pourquoi pas lui.

C'eut été stupide de dire qu'elle n'avait pas peur de mourir, et encore plus idiot de se dire qu'elle était trop altruiste. Elle ne l'était pas tant que ça. Elle avait juste une notion très particulière de ce qu'était la justice et l'équilibre. Elle avait quelque part échoué peut-être dans sa façon d'enseigner la magie à son apprenti. Elle lui avait laissé le choix. Mais elle le protégeait quelque part. Elle protégeait sa vie en lui laissant le droit de faire des écarts de conscience comme celui-ci. Mais si Luc craignait simplement de la voir mourir, alors peut-être valait-il mieux qu'ils prennent de la distance quand aux missions qu'Elena se voyait attribuée?

Luc avait agit pour l'empêcher de se faire haper par la magie de Viviane. C'était un fait, elle avait commis une erreur ici. Elle expliquerait cela. Luc n'avait fait que la protéger et elle était entièrement responsable de leur échec.

*Si c'est ma mort que tu crains je veillerais à ce que tu ne sois plus attaché à des missions de ce genre. *

Cette pensée la mina profondément et elle regarda Luc, comme s'il eu été son enfant. Un jour il serait séparés. La pensée creusa sa tristesse. Elle devait penser à autre chose.

"Comment vas ta blessure? Je peux terminer ce que j'ai commencé si tu veux."

Elle avait repris assez de force pour cela. Assez pour le soigner et repartir se coucher pour la journée. De toute façon elle n'avait ni faim ni envie de compagnie aujourd'hui alors ce serait une fort bonne excuse.
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MessageSujet: Re: Qui a dit que le lendemain d'un vol...   Mar 28 Fév 2012 - 15:23

Etait-il vraiment nécessaire d’en arriver là ? Luc n’était pas convaincu du bien fondé de la discussion qu’il avait en ce moment avec Elena. Il n’existait pas vraiment de raisons qui pouvaient justifier une telle chose et, pire encore, il ne voyait même pas ce qu’il y avait à débattre. Elle aurait du, éventuellement, venir voir s’il allait mieux et le remercier, sobrement, de lui avoir fait entendre raison la veille au soir, mais, apparemment, ils en étaient bien loin. Pire encore, elle semblait même croire qu’elle aurait pu mettre la main sur le Grimoire alors qu’Olrun était venu en nombre, Prêtresses et sorciers loin d’être débutants à l’appui. La petite était certainement une apprentie mais dans le cas passé, à plus de trois contre un, cela devait une suicide, quoi qu’on essaie de faire croire à au jeune homme. Difficilement, il écouta le « discours » de son Aguerri qui défendait un homme trop lâche pour se dévouer en personne à une tâche si noble ou espérer jeter plus de forces dans la mêlée et risquer la vie d’autres personnes. Non, il ne pourrait jamais estimer quelqu’un comme Noâz qui se servait des autres pour accomplir ce qu’il n’avait pas l’audace de faire de lui-même, quoiqu’elle puisse en dire, quelques soient louanges qu’elle pourrait chanter de lui. Quand un homme désirait quelque chose, il se battait pour l’obtenir et il ne demandait pas à des laquais de le faire à sa place. Il s’agissait là d’une manière vile et incompréhensible. S’il portait le moindre intérêt aux siens, jamais il n’aurait consenti à un geste aussi stupide. Même s’il ne « savait » pas qu’Olrun enverrait une petite force d’intervention, il était clairement évident que deux personnes ne seraient jamais suffisantes. Discrètes ou non.

« Es-tu aussi étroite d’esprit pour penser qu’Olrun est le mal incarné et ne va chercher qu’à faire d'atroces choses au travers de ce Grimoire alors que le Lys aurait cherché à l’utiliser pour faire le Bien ? Vous vous jetez de la poudre aux yeux, vous tous. Vous n’êtes pas différents, pire encore, vous vous unissez dans l’absurdité de vous entretuer pour de simples idées qui n’en valent pas la peine. Dois-je te rappeler qui a organisé un bain de sang dans une Eglise ? » Ses lèvres se déchirèrent en un rictus de douleur alors qu’il s’était un peu redressé sur le coup de la colère. S’il s’emportait ainsi, cela ne ferait certainement que commencer. Il s’obligea à se calmer avant de reprendre plus faiblement. « Vous ne pensez qu’à surenchérir, toujours plus de morts, plus de violence. J’ai peine à croire que des personnes aussi ouvertes que les sorciers et les sorcières n’en soient réduites à être encore plus viles que des bêtes sauvages. » Non, il ne comprenait pas, et il ne comprendrait certainement jamais parce qu’il refusait d’entrer dans ce jeu-là. Ôter la vie était un acte irréparable et Luc ne voulait pas le faire sans une bonne raison. Ils se rabaissaient encore plus bas que leur ennemi commun, l’Inquisition, mais le pire, dans tout cela, était qu’ils étaient persuadés d’avoir raison et de devoir continuer cette lutte fratricide. Il soupira, plus pour évacuer la douleur que pour réellement purger son esprit de toutes ces idées qui menaçaient de le faire sortir de ses gonds. « Et ce n’est pas tant une question d’être à l’écart qu’une notion de recul que vous ne semblez pas avoir, ni les uns, ni les autres. Prends du recul sur ce que signifie réellement faire partie du Lys Noir et demande toi si tu es vraiment différente d’une Sorcière d’Olrun. Il n’y a d’opposition de clans que parce que deux personnes dans cette ville ne sont pas capables de s’entendre et ne projettent que de se jeter des bâtons dans les roues comme deux enfants qui se chamaillent. Sauf que lorsqu’il s’agit d’enfants, ce n’est pas bien grave, mais là, on joue avec la vie de vraies personnes, de gens qui ont des familles, des enfants… »

Il détourna le regard vers la fenêtre, il ne savait pas vraiment s’il avait envie de poursuivre la discussion. Il n’était pas spécialement en état et sa blessure le tiraillait encore dangereusement. Il n’était pas à exclure qu’un mauvais mouvement la rouvrirait. Il fit glisser une main de sous son drap sur l’endroit supposé de la plaie et vérifia qu’il ne ressentait pas une sensation chaude et poisseuse, signe d’épanchement de sang. Heureusement, il n’en était pas encore là. Il avait besoin de repos. Il ne savait pas combien de temps prendrait cette guérison, mais quelque chose lui disait qu’elle serait longue et pénible. Peut-être ne s’en remettrait-il jamais vraiment. Tout aurait été tellement plus simple de mourir finalement… La sollicitation d’Elena lui fit tourner le regard vers elle à nouveau. Il lisait en elle une nouvelle résolution mais ne pouvait la déchiffrer complètement. Il baissa la tête vers sa blessure, comme s’il pouvait la voir à travers les draps et les vêtements. « Tant que je souffre un peu je suppose que c’est bon signe. » Il avait éludé la seconde question. Il ne savait pas vraiment s’il voulait être aidé ou non. Il avait l’impression de ne plus connaître la personne qui lui faisait face et cela lui faisait encore plus mal que la plaie lancinante. Etait-elle à ce point devenu l’instrument d’un jeune parvenu idéaliste qui ne faisait que perdurer une tradition de haine et de vengeance qui n’avait même plus raison d’être ? A croire que la ville entière était devenue folle. Peut-être était-il pour lui temps de partir, étant donné qu’il semblait que la dernière attache qui le maintenait ici s’étiolait lentement…
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MessageSujet: Re: Qui a dit que le lendemain d'un vol...   Lun 5 Mar 2012 - 18:30

Le sujet était épineux et la discussion houleuse. Les paroles que Luc avait donné, ainsi que son emportement avait fracturer un peu plus le cœur d'Elena qui perdait toujours plus de remparts. Il n'y avait pas complètement de tord dans ce qu'il disait. Mais il ne savait pas tout, il n'avait pas vécu ce qu'elle avait vécu. Non bien sûr Olrun n'était pas une tribu du Mal incarné et le Lys le Bien. Ce n'était pas aussi manichéen, mais il ignorait de quoi était capable Europe Elenora-Sun. Il ignorait complètement la personne et l'ambition qu'elle possédait et surtout cette façon aussi parfaite de manipuler et tirer profit de tout pour sa propre personne. Si elle possédait le Grimoire, elle serait capable de faire bien des choses qu'elle ignorait jusque là. Ce qu'elle savait dores et déjà sur le livre des Ombres et de la Lumière la rendait déjà bien dangereuse. Elle avait beau prôner certaines idées, elle jouait avec beaucoup de choses dont elle ignorait tout.

Mais Luc ne voulait rien entendre et continuer d'argumenter de chaque côté ne ferait rien de plus que de la souffrance bien plus lancinante que la douleur du flanc de fils du Duc. Elle ne parlerait plus non plus de Noâz, il était un sujet encore bien plus à débat. Elle aurait trouver milles façon de le défendre, il en aurait trouver mille de l'accuser. C'était stérile. Alors ils s'arrêtèrent là, d'un commun accord. Le dernier accord entre eux peut-être. Leur relation venait de prendre une claque monumentale. Après la Messe, le vol et son annonce de départ, tout s'écroulait autour d'eux et maintenant ils s'échaudaient tout deux. Où était leur complicité d'autrefois, d'il n'y avait pas si longtemps. Où était leur sens de la fratrie. Vincent sentait leurs liens souffrir sans en parler. Cela avait commencer à l'arrivée de Soeur Béatrice. Depuis tout avait finit par changer petit et petit et à présent c'était étrange entre eux deux.

Alors elle chercha a évacuée cette idée qui lui trottait de plus en plus dans la tête. Ce n'était pas une bonne solution. Il ne fallait pas penser à cela. Elle avait changer de sujet, parler de sa blessure. Il avait mal. Cela se voyait. Mais ce n'était pas tant cette blessure. Il ne l'empêcha pas de la soigna, mais il ne lui demanda pas non plus. Alors elle brisa cette dernière distance entre eux et poussa les draps pour réciter son incantation. Elle ne lui laissa pas le choix. C'était la avant dernière chose qu'elle ferait pour lui. Elle ne croisa pas son regard, elle ne l'aurait pas supporter et se réfugia derrière son tout dernier rempart. La lumière et la douce chaleur qui émanait de ses mains pendant la guérison acheva de soigner le jeune homme. Quand ses yeux redevinrent noisette, elle jeta un rapide coup d’œil au visage de son Apprenti. Elle déglutit et se releva. Ce n'était pas la proximité qui la dérangeait mais cette sensation d'être totalement étrangère à celui à qui elle avait enseigné l'occulte. Il ne la regardait plus comme avant. Et ce regard la poignardait. Elle le sentait sur elle. Et elle ne le supportait plus.


*Bientôt tout sera terminé*

Elle le salua en faisant la révérence et quitta la pièce en lui laissant un dernier regard.


"Pardon de t'avoir dérangé avec ça. Repose toi encore. Même si tu es soigné, ton corps est fatigué."


Sa voix sonnait faux, elle se voulait neutre, mais on ressentait parfois quelques fausses notes, comme si elle se faisait étranglée. Elle referma la porte avec beaucoup de délicatesse avant de rejoindre ses appartements. On ne la dérangea pas, l'ordre précédent son entrée avait suffit aux gens de sa maison pour se dire qu'il n'était pas bon de la déranger. Une fois qu'elle pénétra dans sa chambre elle s'enferma à double tour. Ses bras la faisait souffrir, mais elle s'en moquait. Elle s'adossa à la porte et libéra le tout dernier rempart qu'elle gardait. Les larmes coulaient. Elle se laissa glisser le long de la paroi comme une poupée de chiffon et pleura longtemps en silence, tout en fixant le dehors avec un regard vide. Il ne lui restait qu'une chose à faire. Celle là même qui la faisait tant souffrir. Elle devait le faire partir. Définitivement. Il fallait qu'il rentre en Bretagne. Là bas était sa place. Pas parmi ce conflit qui perdait son sens. Cette pensée la rendait triste et c'était un mot bien faible. Par delà leur dispute, elle se sentait sortir de la vie de son apprenti et cette séparation lui semblait insupportable. C'était comme si elle perdait Vincent.


La rage, la colère et la tristesse s’emmêlaient, elle ne savait plus quoi penser de tout cela mais une chose était sûre et certaines. Dés que Luc serait définitivement rétabli, elle ferait en sorte de le faire partir et qu'il ne la regrette jamais plus. Bien évidemment il lui manquerait et elle devrait être plus forte que jamais face à lui, mais il le fallait. Elle se servirait des derniers évènements et le ferait fuir du Manoir. Si il le fallait elle le chasserait. Pourvu qu'il soit à l'abri de ce conflit. Pourvu qu'il soit à l'abri d'elle.
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MessageSujet: Re: Qui a dit que le lendemain d'un vol...   Lun 5 Mar 2012 - 19:12

Plus un mot, plus un seul. Elle s’était contentée d’arrêter là la discussion et il s’était contenté de faire de même. Elle ne voulait plus en parler, lui non plus. Il avait compris dès qu’elle avait passé la porte qu’il ne pourrait pas la convaincre et elle avait surement du comprendre dès qu’il avait ouvert la bouche qu’elle ne pourrait pas le convaincre elle aussi. Il n’y avait plus rien à dire et le silence qui s’était installé en était la preuve concrète et tangible. Il ne subsistait rien du passé qui avait pu les voir se rapprocher et bien qu’il ne le montrait plus, Luc en souffrait atrocement. La douleur de son flanc n’était rien en comparaison de celle qui étreignait son cœur et lui donnait l’impression de ne plus pouvoir respirer. Il sentait un énorme poids sur sa poitrine, totalement fictif, il le savait, mais qui pourtant ne pouvait s’en aller et ne s’en irait probablement jamais. Voilà plusieurs semaines qu’elle lui avait tourné sciemment le dos. Il n’avait jamais su pourquoi et avait fini par renoncer à l’idée de lui demander. Elle s’était détournée de lui et avait préféré se réfugier dans les bras de Noâz. C’était son choix, il devait à présent faire le sien et maintenant qu’elle lui reprochait de lui avoir sauver la vie au détriment d’un misérable bout de papier, il savait quel devait être son choix. Elle ne le comprenait plus, pire encore, elle semblait oublier tout ce qu’il pouvait ressentir pour elle et tout ce qu’elle représentait pour lui. Elle avait apparemment préféré balayer tout cela d’un revers de main comme on chasse quelque chose qui nous déplait. Il n’avait plus aucune considération de sa part. De confident, il était passé au simple apprenti que l’on traite comme un petit frère, mais même cela, aujourd’hui, avait disparu dans les limbes pour des raisons obscures.

Il ne prononça pas un mot, ni ne fit un geste, lorsqu’elle rompit la distance entre eux deux et qu’elle retira les draps pour accéder à sa blessure et ainsi prodiguer quelques derniers soins. Cela le soulagea un peu mais cette douleur là n’était que superficielle, une douleur bien plus grande le rongeait et à mesure qu’il l’observait en silence, il savait que rien, rien ni personne, ne pourrait les détourner du chemin vers lequel ils s’engageaient tous les deux. Elena avait décidé de l’abandonner pour une raison obscure, pour une raison que surement elle seule pouvait comprendre et il respectait ce choix. Un choix dont les conséquences étaient douloureuses et délicates pour lui mais, il le savait, le temps ferait son œuvre et il finirait peut-être par oublier un jour, oublier cette jeune femme a qui il aurait donné son amour mais qui, au lieu de cela, avait préféré trouver celui-ci auprès d’un autre. Il n’était pas jaloux, pas vraiment. Il aurait seulement voulu mettre en garde le Meneur, lui faire comprendre que même de l’autre côté de la France, il pourrait abattre la distance qui les sépare au moindre signe de tristesse d’Elena pour l’embrocher au bout d’une lame. Oui, cela il le pouvait, il l’aurait certainement fait même, mais la jeune femme ne lui écrirait certainement plus. Pire encore, elle resterait surement sourde et aveugle à ses lettres. Non il n’y avait décidément plus rien. Il suffisait de le lire dans son regard. Il n’y avait plus rien, elle l’avait décidé ainsi. Elle s’était éloignée petit à petit et elle s’était détachée complètement de lui. De leur lien progressivement construit depuis son arrivé, il ne restait rien, rien du tout. Il s’était totalement étiolé, fibre par fibre, alors qu’elle le rompait lentement.

Les dernières paroles de son Aguerrie - l’était-elle seulement encore ? – sonnèrent mal à ses oreilles et il ne lui répondit que du regard avant de regarder la porter se fermer en douceur, le strict contraire de la façon dont elle s’était ouverte quelques minutes plus tôt. Luc soupira alors et tira sur une petite cordelette qui fit tinter une cloche. Un serviteur entra. « Veuillez demander à ce que l’on prépare ma tenue de voyage et que l’on me prépare mes bagages ainsi que mon cheval. Restez discrets s’il vous plait. Prévenez Vincent et veillez également à ce que l’on me prépare quelques provisions pour un voyage de plusieurs jours. » Sa voix était vide, comme son regard. Il avait dit cela sur un ton monotone. Il était fatigué mais il partirait immédiatement. Il n’y avait plus rien qui le retenait ici. La seule raison pour laquelle il était resté venait de lui faire comprendre qu’il ne servait à rien. « Demandez aussi à ce que l’on vienne changer mon bandage pour quelque chose de plus serré et que l’on me mette quelques rechanges dans mes affaires. » Le serviteur acquiesça et il sortit. Peut-être qu’Elena l’apprendrait avant qu’il ne quitte le Manoir, mais cela importait peu. Il était convaincu que c’était ce qu’elle voulait. Son regard ne mentait pas. Depuis le temps, il avait appris à la connaître. Bien plus qu’elle ne l’aurait avouée. Son choix était fait, elle mènerait son existence comme elle l’entendait et Luc ne viendrait pas la « déranger ». Même s’il devait en souffrir. Il vivrait sa vie loin d’elle, en Bretagne. Il deviendrait Duc et trouverait surement une jeune femme à épouser. Ainsi allaient les choses, même s’il savait, oui il en était convaincu, que rien ni personne ne pourrait parvenir à lui faire oublier Elena Mirova.

Une heure plus tard, on lui apprit que tout était prêt. Une personne était passée pour changer son bandage et l’aider à se vêtir de sa tenue de voyage. Il descendit et alla à l’écurie aider à finir de seller son étalon et les bagages. Vincent était là. Ils se saluèrent et n’évoquèrent pas Elena, ce n’était pas la peine. Le frère de la jeune femme était un garçon intelligent et les regards qu’ils échangèrent étaient bien suffisants. Le moment venu, Luc monta, non sans un rictus, sur son cheval et adressa un dernier « Adieu » à Vincent. Il talonna ensuite sa monture qui, au pas, commença à traverser la cour du manoir. Ainsi allaient les choses. Ainsi allait la vie. Dans un dernier regard, il observa Vincent, le Manoir. « Adieu, Elena… »
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