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 Evolution 1646

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MessageSujet: Evolution 1646   Dim 25 Mar 2012 - 15:58

Un nouveau et long silence. L’occasion de cette conversation avait été offerte par la visite de la fille d’Hasbauer (reconnue pour avoir volé avec le fils de l’ancienne Meneuse les grimoires du Lys Noir), où Narcissa chargée d’être son ambassadrice envers sa tante afin de trouver un lieu pour une réunion. Quelques pas dans le petit salon. Profonde respiration. Main tendue. Sourire.

La peur ne dicte plus ma conduite. Les clefs je te prie. Je te fais la promesse que si les sbires d’Europe viennent à nous découvrir, je nierai ta complicité dans notre entreprise. Tu as raison de vouloir impérativement garder ta place en sachant que nous avons besoin de stabilité pour notre culte. Nous dirons… Ah oui ! Nos réunions sont faites pour préparer l’avenir et tutti quanti. Danie m’attend, je dois y aller. Merci ma petite fée !

Elle sauta dans ses bras avec un baiser sonore, couru dans l’Hôtel en n’oubliant pas de dire au revoir à son nouvel intendant (et savoir s’il avait besoin d’aide pour… ah ? Des… comptes avec des… oh ! non, là, c’était inhumain) avant de prendre son châle, un sac et de s’engouffrer dans la rue bleue polaire par la lune pleine. L’entrepôt était à cinq minutes de marche. Elle fut si heureuse qu’elle se fichait des effets du stigmate de jour en jour, plus fort.

Elle fut la première comme prévu pour préparer les lieux. La taille de la pièce les forcerait à se serrer, mais c’était déjà mieux que rien. De toute façon, toute action qui pouvait effacer le carcan de la tribu était bonne à prendre. La tâche accomplie, elle s’assit en attendant le reste de la troupe.


Dernière édition par Narcissa de Saint-Loup le Dim 8 Avr 2012 - 16:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Evolution 1646   Dim 25 Mar 2012 - 18:15

En voyant, les yeux verts si suppliants de sa sœur, Jeanne avait soupiré. Elle finissait par craquer. Une fois de plus elle couvrirait les actions clandestines de l’apprentie sorcière. Ce genre « d’arrangements » était devenu courant depuis le début de l’hiver et allait en s’empirant avec l’approche du printemps.

Le carnage de noël avait eu de désastreux effets sur la vie de la jeune fille. Le premier, et le plus grave, étant que son père lui avait formellement interdit de revoir Inès et toutes les personnes pouvant s’apparenter à Olrun. Autrement dit toutes les personnes qui constituait son univers depuis ces onze dernières années ou presque.

Danielle avait obéit… pendant quasiment trois semaines. Le temps suffisant pour faire le deuil de ses sœurs et échafauder un plan de secours. Il lui était impossible de renoncer à son apprentissage encore plus quand leurs forces avaient tant souffert. Alors elle avait trouvé une idée. Elle s’était inventé un amoureux. Elle l’aurait rencontré après le carnage quand elle avait aidé à soigner. Ses parents y avaient cru et avaient même encouragé l’idylle imaginaire. Il était grand temps que Danie connaisse le loup.

Cela faisait plus de deux mois que le subterfuge fonctionnait. L’Initiée avait ardemment reprit ses entrainements. Elle voulait apprendre plus vite et plus de chose. Au lieu de se jeter à corps perdu dans l’amour elle se plongeait l’esprit dans tout ce que la tribu comptait de légende et de prédiction. La mort des filles l’avait réellement marquée. Byche c’était fait une promesse. Plus jamais une sœur ne mourrait devant ses yeux.

Avec cette quête c’était ajouté le rôle de l’amie. Narcissa et David avaient rompu. Ce dernier avait échappé à ses coups grâce aux bons conseils de ses sœurs et uniquement à cause de cela. Cela avait rapproché les deux sorcières d’avantage. Quand la noble se mettait à penser à ce crétin la bergère était là pour la rappeler à l’ordre. Car si elle ne croyait qu’à moitié aux accusations portées contre Garin elle ne le connaissait assez pour le tenir à distance d’un cœur aussi généreux que celui de la rouquine. Il avait été prévenu.

Avec cette nouvelle ère de nouvelles questions venaient aux lèvres. Danielle avait toujours dit que la tribu devait changer. Si elle espérait un jour se débarrasser du Lys il fallait se bouger. Aussi lorsqu’Alexandrine avait parlé, d’une autre façon de faire, avait-elle trouvé l’oreille attentive de la paysanne. Europe était sauve mais Olrun était mal en point. La loyauté de la jeune fille avait donc trouvé une nouvelle source. Sans hésiter, et avec ferveur, elle avait aidé son aînée à rassembler les jeunes cœurs.

Il avait fallu un mois pour que chacun soi averti sans éveiller les soupçons des plus âgées, pour trouver un endroit où les réunir, et enfin trouver un moment. C’était enfin le cas. Le renouveau de la nature apporté avec lui l’occasion rêvée. Danielle quittait sa ferme en toute discrétion avec une certaine impatience. La lune éclairait ses pas. Le vent frais de la nuit était une bénédiction tout comme le noir. Elle entrait dans le village comme une ombre et parcourait le marché aussi vite qu’une voleuse.

Son poing fermé tapait sur la porte du petit entrepôt le code secret. Elle entrait dans la pièce et refermait avec précaution. Un sourire excité et complice détendait son visage en croisant les yeux de Narcissa. Elles étaient les deux premières. L’adrénaline éclairait les prunelles de la fugueuse. Elle posait un panier rempli de tartelette dans un coin et s’installait. Tous les efforts allaient donner quelque chose de concret ce soir là.


-Alors comment va ton joli intendant ?

Le ton léger ne dissimulait pas la curiosité amusée. Danie avait bon espoir que David soit enfin remplacé. Elle regardait leur QG avec un intense sentiment de fierté.
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MessageSujet: Re: Evolution 1646   Sam 31 Mar 2012 - 20:54

Alors que le soir de Noël aurait du être un jour de joie, ils avaient tout transformé en cauchemar – une fois de plus. Elle avait passé le reste de la nuit à trembler dans les bras d’Adal et n’était arrivée à se calmer qu’au petit matin. La jeune noble était quelqu’un de courageuse et même si elle avait été terrifiée lors de cette messe, ses tremblements par la suite étaient également dus à la colère. Celle d’avoir assisté à un bain de sang orchestré par des monstres. La demoiselle ne pouvait cautionner tout cela, même si les premiers à tomber furent des Inquisiteurs, leur tribu fut touchée aussi et le Lys ne tarderait pas à l’être, c’était certain.

Elle s’était confiée à Adal et celui-ci partageait sa vision des choses, heureusement car elle n’aurait pas supporté un « mais ils l’ont bien cherché » ou encore un « elles n’avaient qu’à pas être aussi stupides, Europe leur avait dit de ne pas bouger » comme réponse de sa part. Elle avait levé les yeux vers lui pour plonger son regard dans le sien et en lui avait murmuré : "Que pouvons-nous faire pour que cette folie s’arrête ?"

***

Alors qu’elle se déplaçait en silence dans les rues de Forbach, elle regrettait de devoir en arriver là. Ce qu’ils allaient faire serait une trahison, elle le savait et pourtant, elle n’avait aucune envie de faire marche arrière.

Leurs déplacements n’étaient pas suspects et quiconque les aurait vus sortir du Château, Adal et elle, aurait surement pensé à une escapade amoureuse. Aucune crainte d’être suivi, pourtant Adal était prudent, peut-être qu’il avait raison et qu’elle était naïve d’avoir trop confiance.

La nervosité de la demoiselle transparaissait au travers de légers détails, si leurs aînés apprenaient, pire, si Europe l’apprenait… Elle avait beau se dire qu’elle serait fidèle à ses convictions, cela serait certainement difficile. Pourtant, elle leur avait déjà tenu tête pour Adal et elle savait à présent qu’elle pourrait le faire à nouveau. Maintenant, sa mère était un peu au courant, elle n’avait pas pu lui cacher, mais elle avait veillé à rester assez vague.

Ils étaient arrivés, le poing d’Adal cogna discrètement contre la porte formant un code pour qu’on leur ouvre. Avaient-ils entendu de l’autre côté et combien seraient-ils ? Son chevalier servant lui tint la porte pour qu’elle franchise le seuil du lieu de rassemblement. Alexandrine regarda autour d’elle, naturellement, l’endroit était loin du confort habituel du Château, mais cela lui était égal. Lorsqu’Adal et elle avait évoqué les noms de ceux de confiance à qui ils pourraient parler de ce projet, Narcissa avait été la première sur la liste. C’était donc à elle, qu’Alexandrine avait demandé de trouver une salle et puis il y avait également Danielle. Probablement que la plupart de jeunes qui seraient là ce soir seraient des Apprentie, parce qu’ils n’avaient pas encore été imprégnés des idées emprunt de conflits de leurs aînés. Danielle était parmi les exceptions, principalement parce que c’était elle qui avait contacté les gens susceptibles de les suivre dans cette folie.

Il n’y avait que les deux jeunes femmes et la demoiselle eu l’impression qu’elle avait interrompu une conversation, ce qui la mit un peu mal à l’aise. Pour détendre un peu l’atmosphère, elle décida de parlé de banalités en attends les autres.

"Alors, j’ai entendu qu’il y avait un nouvel Intendant chez vous, Narcissa ?"

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MessageSujet: Re: Evolution 1646   Mer 4 Avr 2012 - 11:02

La Messe de Minuit… Probablement le pire de tous les massacres et la plus aberrantes des actions jamais menée par le Lys Noir, à l’encontre des Inquisiteurs, ou d’Olrun. C’était avec stupeur que le fils cadet d’Alicia avait compris ce qui se jouait au sein de l’Eglise, et il lui avait fallu peu de temps pour tenter d’en extraire Alexandrine, afin de la mettre à l’abri. Une fois de retour dans les appartements des d’Hasbauer, la fin de la nuit n’avait été utilisée que pour tenter de rassurer la jeune femme et essayer de trouver les mots justes afin de lui faire oublier ce qu’il venait de se passer. Oublier, mais seulement jusqu’à une certaine limite. Oublier l’horreur, le choc de la proximité, obtenir suffisamment de recul pour observer l’événement, pour pouvoir se rendre compte de sa violence et de son inutilité. Tant de folie, tant de morts, pourquoi faire ? Pour se venger, encore et encore ? Ce cercle ne finirait jamais, Adal était convaincu que rien n’arriverait à remettre en place, ni les uns, ni les autres. Olrun finirait par répliquer, d’une manière ou d’une autre, et d’autres personnes mourraient, encore. Les Inquisiteurs n’avaient aucune raison d’être, si ce n’est de garder leurs quartiers à la Collégiale, car bientôt les sorciers et sorcières de Forbach se seront entretués eux-mêmes. S’il avait pu faire décemment ce choix, le jeune homme aurait demandé à Alexandrine de partir avec lui, de quitter cette folie, d’aller ailleurs pour vivre une autre vie, loin de la folle démesure qui semblait étreindre de plus en plus de personnes, mais il savait qu’elle n’aurait pas accepté, et, en un certain sens, il n’arriverait pas à l’accepter pleinement non plus. Pourtant, ils avaient eu de la chance d’échapper au massacre. Y arriveraient-ils encore pour longtemps ? Rien n’était probablement moins sur que tout cela.

Une chose était certaine néanmoins. Alexandrine et lui partageaient la même vision des choses, concernant cet événement, assurément, mais, et il en était convaincu, sur beaucoup d’autres choses également. Dans l’adversité, la douleur et l’horreur, ils restaient ensembles comme l’arbre lié à la terre supporte les affres du vent et du temps. C’était rassurant, plus que tout, cela lui donnait la force de continuer. Pour elle. La question qui avait émergé de cette folle nuit était restée quelques instants sans réponse de la part du fils d’Alicia. « Que pouvaient-ils faire ? », là question était là, évidente, d’une clarté simple et limpide car il était évident qu’ils ne pouvaient rester les bras croiser à regarder les leurs s’entredéchirer, mais en quoi de jeunes gens idéalistes pourraient-ils changer quoique ce soit dans une société hermétique ? Qui plus est, Adal ne se faisait aucune illusion. Il avait été accepté au sein d’Olrun uniquement pour ses « faits d’armes » et l’estime que lui portait la famille d’Hasbauer, et, malgré cela, il pouvait sentir les regards qui se posaient sur lui, notamment de la part des anciens, qui ne voyaient surement en lui pas mieux que sa mère dont il était, en quelque sorte, le représentant. Qu’aurait-il pu dire ou faire face à ses personnes ? Aucune d’elle ne l’écouterait ne serait-ce que prononcer un mot. Pour eux, c’était presque comme s’il n’existait pas. Il ne restait que les « jeunes », ceux qui comprenaient la situation mais étaient encore assez ouvert pour comprendre, pour se rendre compte que tout n’est ni noir, ni blanc, ni obscurité, ni lumière, mais de subtiles nuances de ces deux entités mélangées. Le jeune homme avait commis quelque chose d’horrible oui, mais ce n’était pas prémédité, loin de là, et, plus que tout, cela ne provenait-il pas de la meilleure des intentions ? Nuls n’iraient jusqu’à lui faire confiance totalement, il le savait, mais au moins ils ne le jugeaient pas complètement avant de le connaître davantage.

Alors oui, que pouvaient-ils faire ? Adal avait bien une petite idée mais il ne pourrait le faire seul, il lui faudrait de l’aide, et avant tout l’aide de celle qu’il tenait dans ses bras. « Je ne saurais complètement te le dire. Si cela ne tenait qu’à moi, si j’avais réellement une voix au chapitre, je pense que j’irais simplement dire ce que je pense sincèrement de ce tissu de bêtises innommables, mais nous savons tous les deux que personne ne m’écoutera, et je crains que ce ne soit pareil si tu parles à ma place, toi qui est pourtant des leurs depuis le début. » Il avait croisé son regard et un léger sourire était venu adoucir la tristesse qui s’était emparée de lui. « Les anciens de votre Clan ont la tête dure et les idées trop enracinées pour être délogées rapidement et je crains que le temps ne nous manque. Si nous pouvons changer les choses, les idées, nous ne pourrons le faire qu’avec la nouvelle génération, qu’avec ceux, de notre temps, qui ne sont pas encore férocement engagés et qui ne sont pas encore rompus à l’horreur de chaque bain de sang comme celui que nous venons de vivre ce soir… » Oui, il était convaincu de cela. Il fallait parler à ceux qui pourraient changer quelque chose, à ceux qui auraient bientôt quelque chose à dire et une voix qui comptera. Les anciens d’Olrun camperont leurs positions mais face à la nouvelle génération ils finiraient forcément par capituler, car, tôt ou tard, les anciens partent… Mais auraient-ils seulement ce temps ? Il n’en savait rien. Il fit d’ailleurs par de ses doutes et de ses craintes à la jeune femme, mais elle semblait convaincue, et s’il ne pouvait parler sans crainte d’être mal vu, elle, au contraire, était légitimement des leurs et ne craignaient pas d’être méprisée. Oui, ils réuniraient, parleraient et convaincraient ceux qui pouvaient encore comprendre que le futur d’un Clan n’était pas dans la rivalité qu’il nourrissait face à l’autre, mais peut-être bien dans une autre finalité, beaucoup moins sanglante et beaucoup plus logique. L’espoir avait un peu regagné les cœurs, pourtant, même si tout avait été discuté presque jusqu’à l’aube et que la fatigue tirait ses traits, Adal eut bien du mal à trouver le sommeil pour quelques heures…

------

Le jour J était arrivé. La nuit tombé, Adal quittait avec Alexandrine la protection du Château appartenant autrefois à son aïeul pour se diriger vers la ville. Organiser leur idée n’avait pas été simple mais la jeune femme bénéficiait d’amies qui avaient été apparemment séduite par l’idée, légèrement maquillée par l’occasion. Annoncer de but en blanc que l’ont voulait trahir et contrevenir aux lois édictées par Olrun n’aurait certainement pas été très attracteur en termes de publicité. Ils avaient besoin de jeunes gens et pour cela, ils n’avaient probablement pas hésité à faire passer un « discours » dont les phrases étaient bien tournées. Qui aurait pu leur en vouloir ? Il y avait des risques, beaucoup de risques et mieux valait probablement rester un peu vague sur les véritables raisons qui motivaient une telle rencontre. Enfin, de toute façon, il était beaucoup trop tard pour revenir en arrière. Heureusement, une escapade nocturne des deux jeunes gens ne surprendrait personne, surtout depuis qu’Adal avait été présenté à la famille d’Elisabeth lors d’un petit voyage loin de Forbach, une bouffée d’oxygène bienvenue, même si l’enjeu avait été plus ou moins de taille pour le jeune homme qui s’était efforcé de faire bonne impression. D’après Alexandrine, il avait très bien réussi et il n’aurait pas du s’inquiéter autant pour des banalités de ce genre, car même si sa famille ne l’aurait pas trouvé à « son goût », ce n’était pas son cas à elle et, comme il devrait déjà le savoir, elle ne faisait pas grand cas de ce que pensait les autres, hormis, bien entendu, sa mère.

Ils arrivèrent finalement au lieu prévu. Narcissa avait apparemment su convaincre sa tante de les aider et de leur fournir un local. Avoir l’appui, implicite, d’une Prêtresse était une bonne chose, mais ils savaient tous que, s’ils se faisaient prendre, elle nierait une quelconque implication et les regarderait se dépatouiller d’eux-mêmes, sans un quelconque soutien officiel. Tous savaient néanmoins ce qui les attendaient, alors le risque n’était plus un facteur réellement pris en compte, même s’il justifiait la prudence avec laquelle ils avaient organisés cela. Tandis que la jeune femme faisait le guet, Adal frappa à la porte de manière précise, annonçant, en quelque sorte, le « mot de passe » pour s’annoncer et demander l’ouverture de la lourde pièce de bois. Elle pivota sur ses gonds quelques secondes plus tard et le jeune homme laissa passer sa compagne avant de rentrer à son tour et de refermer la porte derrière lui. Alexandrine en avait profité pour rejoindre les deux autres jeunes femmes qui étaient déjà là. Lorsqu’il vint se présenter à ses côtés, il reconnut Narcissa et la petite Danielle qui était la petite « rabatteuse ». Sous ses airs innocents, c’était elle qui avait diffusé le message auprès des autres, les choisissant selon ses critères et s’assurant que personne d’autre ne serait mis, malencontreusement, au courant, évitant ainsi d’augmenter le risque de se faire prendre. Alors que la discussion s’engageait entre les trois femmes, on frappa de nouveau à la porte. Adal prit sur lui d’aller ouvrir et accueillit les invités de cette nuit spéciale. D’autres arrivèrent peu après et si les voix étaient d’abord des chuchotements, elles prirent de plus en plus d’intensité, en restant néanmoins discrète, le nombre de participants augmentant à vu d’œil malgré la pénombre bien présente dans la pièce.

Le flot cessa progressivement, après l’arrivée de quelques retardataires et, apparemment tout allait pouvoir commencer. Alexandrine serait la maîtresse de cérémonie de cette nuit, en quelque sorte, car ils avaient convenus tous les deux qu’elle serait la plus légitime pour parler. Cette réunion, la première, serait surement un peu particulière car tout le monde aurait probablement des questions mais ils avaient paré à cette éventualité et tous les deux savaient plus ou moins à quoi s’attendre. De toute façon, ils étaient ensembles et ce simple fait rendait cette épreuve bien plus surmontable…
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MessageSujet: Re: Evolution 1646   Ven 20 Avr 2012 - 17:49

La Demoiselle De Saint-Loup n’eut pas beaucoup de temps pour répondre à la question, d’autres arrivèrent. Alexandrine ne pensait pas qu’ils seraient aussi nombreux pour la première réunion, elle avait espérer un petit auditoire et rallier d’autres personnes par la suite. Ces derniers jours, elle avait beaucoup pensé à son père. La jeune femme ne le connaissait que par de lointains de souvenirs et les récits de sa mère, mais ce qu’elle faisait était en accord avec l’idéal qu’il défendait, elle en était certaine.
Alors qu’elle aurait voulu se blottir un peu dans les bras d’Adal, elle restait quelque peu à distance. Si on avait l’impression que c’était lui qui était derrière cette idée et que sa bien-aimée n’était qu’une marionnette, cela ne marcherait pas. Comment leur expliquer qu’ils avaient pensé tout cela ensemble ? Qui la croirait ?

Elle n’avait ressenti qu’une fois cette même détermination que celle qui était sienne maintenant, au moment où elle avait défendu Adal et refuser de le duper. Aujourd’hui encore elle allait défendre les siens, par ce que ces gens étaient sa famille.
Elle attendit qu’un maximum de monde soit là, où moment elle allait commencer à prendre la parole, quelques autres arrivèrent encore. Elle monta sur une caisse de bois, pas d’estrade, elle n’était pas là pour se mettre en avant sur une « scène » puis commença.

"Très, bien j’imagine que tout le monde est là, alors nous pouvons commencer."

Elle n’avait pas vraiment préparé de discours, Alexandrine voulait que ses paroles viennent du cœur. Elle savait ce qu’elle voulait dire et les idées qu’elle voulait défendre. La demoiselle avait déjà Adal à ses côtés, mais ils devaient être plus nombreux pour que le changement vienne. Après une grande inspiration et avec un sourire bienveillant, elle reprit la parole.

"Merci à vous d’être venus ce soir. Rentrons dans le vif du sujet, nous avons tous assisté à la Messe de Minuit, une fois de plus impuissant à sauver les nôtres. Du passé on ne tire plus aucun enseignement et l’histoire se répète, faisant en sorte que les morts soient toujours plus nombreux. Qui sera le prochain à partir, la personne à côté de vous ? Vous ? Forbach est un cimetière, nous sommes tous des morts en sursis."


Alexandrine, elle, avait quelque peu appris de sa mère et elle avait gardé son calme, même si elle s’était un peu laissé aller à la colère sur la fin. Elle essayait de regarder tout le monde tour à tour pour scruter leur réaction, mais elle ne réussissait pas à les interprété, sûrement parce qu’elle avait peur de la façon dont ses dires seraient perçus/accueillis par son auditoire. Ce n’était pas grave, Adal devait veiller… ou n’avait-il d’yeux que pour elle ?
*En voilà une idée plaisante… Non, concentration !!!!*

"Si je suis aujourd’hui devant vous c’est parce que je pense qu’une autre voie est possible à ce qui se passe. Que les choses soient claires dès maintenant, je ne suis pas en train de remettre en questions mon Clan ! C’est juste que j’ai l’impression que tout est fait sans qu’on – ou du moins moi – aie le droit de s’exprimer. On nous a trop souvent donné l’impression qu’en émettant des réserves sur ce qu’on nous demandait de faire, nous serions des traitres à Olrun. Aujourd’hui je me tiens devant vous et j’ose vous dire que cela est faux ! Qui suis-je donc pour affirmer une telle chose ? Je suis Alexandrine D’Hasbauer, fille d’Adrien D’Hasbauer et ce sont les valeurs de mon père que je souhaite vous faire partager. Vous qui ne l’avez que trop peu ou pas du tout connu."

Elle fit une courte pause, elle avait finalement fait fi du calme que quelqu’un dans sa condition se devait d’avoir en toutes circonstances – elle n’avait jamais su jouer ce jeu. Son cœur se serra lorsqu’elle évoqua son père, qu’en serait-il de tout cela s’il était encore là ? On ne le saurait jamais, mais Alexandrine pensait parfois – moins souvent depuis qu’Adal était à ses cotés – que cela aurait mieux été si c’était elle qui était morte en ce jour maudit.

"Et lui, il pensait que le conflit n’était pas la solution. Tous ces massacres n’ont engendré que soif de vengeance et encore plus de morts. Comment notre clan peut-il rester fort, s’il envoie ses gens à la mort sans ciller ni se poser de question, en trouvant cela normal, comme lors de cette tentative de récupération du Livre de Lumière où tant de des nôtres se sont fait prendre sur la Parvis."

Elle regretta un peu cet exemple, puisque leur incursion dans les quartiers du Lys avait également été quelque peu sanglante. Elle espérait juste qu’Adal n’avait pas eu la même association d’idée qu’elle.

"Je ne souhaite pas, comme je l’ai déjà dit, tout changer, mais je pense que nous, jeunes d’Olrun, avons le droit à la parole, face à nos aîné(e)s. Pensent-elles que nous n’avons pas notre mot à dire ? Pourtant nous sommes de ce Clan autant qu’elles !"

Peut-être qu’elle ferait bien de tempérer un peu ses propos ? Alexandrine évitait toujours de porter un jugement sur les réactions que son discours suscitait et si elle n’avait pas trouvé les bons mots ? Et si par sa faute, il manquait une occasion de trouver d’autres personnes qui pensaient pareillement de cette situation ? Elle prit un instant pour contenir la panique qui montait et des murmures commencèrent à se faire entendre. Ne voulant pas écouter, elle reprit enfin la parole.

"Aussi je pense, dans un premier temps, qu’il serait bon de réfléchir et éventuellement se mettre d’accord ensemble avant les réunions dont le thème est annoncée et dans le cas où cela serait vague, j’aurais les informations par ma mère sans naturellement lui dire ce que je compte en faire. Nous en débattrons ensemble, de la sorte chacun pourra donner son avis et ceux d’entre nous qui le souhaite pourrons donner ces avis lors des réunions. De cette façon, nous pourrons contrer, je l’espère, l’hécatombe née de la violence et entretenu par le sentiment de vengeance que beaucoup de nous, moi y compris, porte dans leur cœur. Au lieu de juste penser « Ce sera bien fait pour ces traites du Lys ou pour ces bandits d’Inquisiteur », il faudra également s’interroger sur le retour de bâton que nous susciterons avec telle ou telle action. Pour qu’aucun de nous tombe plus !"

Alexandrine trouvait qu’elle n’avait pas été assez loin, mais elle avait aussi peur d’aller trop loin. Elle regarda son auditoire, réfléchissant aux questions qui pourraient être posées.

" Je ne prétends pas avoir toutes les réponses, mais je souhaiterais suivre une autre voie et j’aimerais savoir si d’autres pensent comme moi. C’était ce que j’avais à dire, je vais maintenant vous laisser la parole, écouter son avis et tenter de répondre à vos questions si vous en avez."

Elle prit de nouveau une grande inspiration, pour se donner le courage de faire face au jugement de ceux qui lui faisaient face. Alexandrine aurait voulu descendre et demander son opinion à Adal, mais elle n’avait pas le droit de s’accorder de pause, il fallait battre le fer pendant qu’il était encore chaud ! Elle s’autorisa tout de même un petit regard vers l’être aimé, espérant entrevoir comment il réagissait à ce qu’elle avait dit.

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MessageSujet: Re: Evolution 1646   Ven 20 Avr 2012 - 23:41

Comment la décrire ?

Grande, comme se devait de l’être toute Grande Prêtresse. Mais il s’agissait normalement d’une grandeur d’esprit, une grandeur d’âme, une grandeur ésotérique peut-être, mais pas d’une grandeur hautaine et trépanante, écrasante. La grandeur d’Europe était une hauteur de tir. Une distance verticale qu’elle prenait pour mieux décocher ses maléfices. Un zénith oppressant et destructeur.

Apathique et antipathique, Europe n’était qu’une coquille vide. Un crâne pensant sans poitrine qui ressent. Voir ses sœurs mourir ne la bouleversait jamais. Sous prétexte d’être colonel de guerre, elle niait magistralement sa nature humaine. Et lorsque le danger se présentait face à toute sa tribu, qu’il s’agisse de l’incident de 1640 ou de celui de 1645, Europe n’avait pour seul don que la disparition efficace et pleutre. Que ne crève qui pourra était sa devise.

Rustre, ça c’était peur dire ! Il n’y avait qu’à voir comment elle s’était incrustée dans la vie des sœurs Silberholz. Elle leur avait complètement dérangé leur cuisine, fouillé toutes leurs armoires pour se trouver des vêtements et se moquer de la mode d’antan. Elle avait été jusqu’à prendre autoritairement leur chambre à l’étage et le lit double. Les pauvres grands-mères étaient réduites à dormir à dans d’inconfortables fauteuils au salon.

Cruelle, il n’était rien de le dire. Mieux valait ne pas être sur la mauvaise rive avec Europe. Ses ennemis étaient voués à mille et une douleurs et à la mort. Preuve, tragique et bien visée, en était : Océane, la sorcière du Lys Noir, que les démons de l’Infortune et la stratégie avaient placée dans la ligne de mire de la Grande Prêtresse, se voyait désormais rongée par les vers, le sceau d’Europe à jamais gravé sur son front.

Enviable…
Qu’Isaline aurait aimé être un quart de ce monstre. A présent elle avait plus de soixante ans, la vie ne lui réservait plus grand-chose, mais jamais en tout ce temps elle ne fut aussi charismatique et puissante qu’Europe Eleanora-Sun. Car la vérité était là. Jamais les sœurs Silberholz ne furent grandes, et si leurs vénéfices étaient désormais légendaires, jamais elles n’eurent suffisamment de hauteur pour écraser une seule tête. Elles n’étaient que du vent, un vent hurleur et froid, mais pas dévastateur. Elles n’avaient même pas réussi à se rendre antipathiques en tant de temps de méchanceté. Et si elles n’avaient refusé Europe en leur antre, peut-être n’était-ce que pas déférence, ou peut-être était-ce car elles n’étaient finalement ni apathiques, ni rustres. Et si les questions de style gênaient tant Isaline alors qu’Europe revêtait ses anciens vêtements, ce était quelque part moins à cause des motifs vestimentaire de jadis que pour cette taille élancée et ce port de tête qu’elle-même n’avait jamais aussi bien eus.

Oui, c’est ainsi qu’Isaline décrivait et surnommait Europe en son absence : GARCE !

Voilà donc la raison pour laquelle la petite vieille s’était rendue extrêmement publique ces derniers temps, elle d’habitude si casanière passait son temps à flâner dans le centre du village. Lorsqu’une garce du niveau d’Europe habite chez vous, mieux vaut abandonner le navire. Et c’est précisément en errant dans les rues, une mantille descendue sur son front pour cacher le stigmate et feindre une sénescence toujours plus avancée tout en pouvant écouter les habitants peu inquiétés et donc peu discrets, qu’Isaline entendit quelque chose de tout à fait passionnant… Bien sûr à tout un chacun, c’eut paru négligeable et tout passant serait passé. Mais aux oreilles hyperesthésiées de notre charmante commère sexagénaire, un balbutiement révélateur, c’était une pause du cosmos, un bug universel, une aporie absolue, une enquête à mener.

En effet, alors qu’Isaline passait, en cette fin de soirée du 25 mars 1646, devant de porche de la maison Saint-Chrétien – nom plutôt amusant pour une famille de sorcier d’Olrun – elle entendit distinctement Madame Saint-Chrétien discuter avec Mademoiselle Lechnok, adorable tarée amoureuse du fils St-Crétin alors que lui-même n’avait d’yeux que pour sa consoeur d’Olrun, Matilda Grünwerkstrabenhause. Madame Crétin expliquait à Lechnok avec condescendances que son fils n’était pas là malheureusement, probablement chez Matilda. Lechnok débitée s’en alla, probablement resserrer le nœud coulissant qui pendait depuis déjà trop longtemps à la poutre centrale de sa chambre. Isaline, elle, continua son chemin, un rictus aux lèvres.

Elle passa, plus ou moins au hasard, près de la maison Grünwerkstrabenhause, autre maison de sorciers d’Olrun, et eut le flaire de faire une pause de quelques minutes malgré la nuit et le froid. Personne ne sortit, mais le sceau de l’ange lui permit d’entendre à travers les carreaux de la cuisine. Matilda était là, le fils Crétin, non. Intéressant n’était-il pas ? Elle se disputait avec sa mère. Mais où allait elle ?! Elle sortait cette nuit, encore ?! Oui elle rejoignait une copine, Narcissa de Saint-Loup. Les yeux d’Isaline adossée au mur s’étirèrent en deux fentes luisantes, ce nom de famille telle une incantation merveilleuse n’entrainait jamais rien de simple. Tous savaient que Grünwerkstrabenhause aimait beaucoup les Crétins, Matilda n’aurait donc eu aucune raison de mentir dans ce sens.

Matilda sortit de la masure et Isaline décida de la suivre de loin, son parfum de rose fanée était une trace suffisante à l’odorat d’Isaline dans la nuit. Mais progressivement Isaline reconnut un autre parfum, un parfum ferreux, la famille Crétin étant forgerons, tout semblait clair… Pourtant, pressant le pas pour les récupérer dans son champ de vision, Isaline n’aperçut non pas une, mais trois silhouette. Puis une quatrième les rejoignit au détour de la Grande rue, mais aucune fille de Saint-Loup dans le lot… Il se tramait quelque chose.

Utilisant tous ses sens, Isaline parvint à déjouer toute la discrétion des jeunes sorciers et sorcières et les suivit dans l’obscurité jusqu’à cet entrepôt.

Elle laissa entrer les jeunes qui semblaient déjà en retard. Elle s’approcha d’un mur et y colla son oreille.


« Si je suis aujourd’hui devant vous c’est parce que je pense qu’une autre voie est possible à ce qui se passe… » disait une voix qu’Isaline associa immédiatement à la fille d’Adrien d’Hasbauer.

[J'interviens sur demande de l'administration, on m'a demandé de le spécifier donc voilà. Ah et le prochain post est réservé, voilou Smile]
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MessageSujet: Re: Evolution 1646   Dim 29 Avr 2012 - 18:25

Viviane n'avait pas l'esprit tranquille en cette soirée de fin mars 1646. Narcissa lui avait demandé la possibilité de prendre son entrepôt pour la soirée, qu'elle passerait en compagnie d'autres personnes, des jeunes filles et garçons d'Olrun si elle avait bien compris. La Prêtresse ne savait pas de quoi il retournait exactement, mais elle n'était pas tranquille. Narcissa avait parfois des idées saugrenues qu'il ne valait cependant mieux pas connaître. Pourtant, ce soir, Viviane avait cet étrange pressentiment qui l'étreignait, cette intime conviction que quelque chose n'allait pas. Plusieurs fois, elle avait vérifié les comptes de son commerce pour être sûre de n'avoir rien oublié. Puis, elle avait fait le tour de l'Hôtel pour être sûre que tout était en ordre. Mais rien ne perturbait le calme paisible de la maisonnée. Aussi, incapable d'aller au lit car trop nerveuse, elle décida d'aller faire un tour.

Les rues de la ville étaient calmes, cette nuit, Forbach dormait paisiblement. Ou tout du moins, c'était ce qu'il semblait. Viviane errait dans les rues sans prendre garde où la menaient ses pas. C'est alors qu'elle vit une petite silhouette qui trottinait à une centaine de pas devant elle. Dans le noir, elle était incapable de reconnaître avec certitude cette silhouette, mais la démarche ne laissait aucun doute, il s'agissait de l'une des sœurs Silberholz. La vieille acariâtre se dirigeait vers sa boutique, et Viviane sentit un frisson d'effroi lui traverser le corps. Quoi qu'il se passe, ce n'était rien de bon pour Narcissa et ses amis. Les deux vieilles compères n'étaient pas connues pour leur ouverture d'esprit et Europe s'étant réfugiées chez elles, il y avait fort à parier qu'elle prendrait son parti dans cette histoire, au moins pour sauver leur peau.

Sans savoir ce qu'ils préparaient, Viviane savait que ce n'était certainement pas du goût d'Europe qui prohibait toute réunion en ce moment. La vieille ne manquerait pourtant certainement pas d'aller répéter à la Grande Prêtresse tout ce qu'elle avait vu et entendu. La rouquine n'était pas sans savoir que le stigmate démultipliait les sens et que la vieille bique entendait probablement tout ce qui se disait. N'osant elle-même s'approcher de peur d'être découverte, elle ne voyait pas le moyen d'attirer l'attention de celle qui perturbait le calme de Forbach ce soir. Puis, il lui vint subitement une idée lumineuse et terriblement risquée à la fois.

L'hyperacousie dont les sœurs Silberhlotz étaient affligées comme tous ceux qui portaient le stigmate pourrait être utilisée à son avantage. La Prêtresse ne savait pas vraiment à quel point les deux vieilles étaient crédules ou non, mais ce qui était sûr, c'est qu'elles ne brillaient pas par leur intelligence. En avançant sur les pointe des pieds et en prenant garde où elle les posait, elle s'approcha d'une dizaine de pas encore avant de se cacher derrière un pilier, puis, elle murmura d'une voix d'outre-tombe.

« Soeur d'Olrun ! Soeur d'Olrun ! Écoute ma voix ! Je suis Anaël, et je viens pour toi ! »

Osant un regard en direction de l'entrepôt pour voir si elle était entendue, elle fut ravie de constater que la vieille avait levé la tête. Viviane aurait aimé pouvoir l'identifier avec certitude, mais ce n'était pas possible, elle était trop loin et la lumière était trop faible.

« Tu as maintes fois prouvé ta valeur et je vais t'en récompenser. Mais pour cela, il faut que tu t'en ailles et que tu gardes le silence sur ce que tu as vu ! Tout cela fait partie de mon plan ! Bientôt, Soeur Silberholtz, bientôt ! Ton heure viendra, sois-en assurée ! Et du stigmate, tu n'auras plus à craindre !  Si tu suis mes conseils, tu deviendras encore plus puissante que la Grande Prêtresse Europe ! »

Une envie de rire la gagna, mais Viviane resta de marbre. Il ne fallait pas faire rater les choses maintenant. La vieille bique l'avait-elle crue ? Elle n'en n'avait pas la moindre idée, mais une chose était sûre, il fallait maintenant qu'elle se taise, qu'elle ne fasse plus un mouvement, qu'elle arrête même de respirer, histoire que Silberholtz n'entende rien et s'en aille. Adossée contre le pilier elle attendit de longues minutes avant d'entendre un faible trottinement qui se rapprochait, la vieille s'en allait. Allait-elle tout rapporter à Europe ? Avait-elle cru avoir réellement affaire à Anaël ? Viviane n'en savait rien donc elle avait peu de temps devant elle.

Une fois certaine d'être hors de portée de l'ouïe exceptionnelle de la vieille, Viviane se dirigea à pas mesurés vers l'entrepôt. Si jusqu'ici elle avait gardé son sang-froid, elle sentait la colère la gagner peu à peu. De quelle inconscience Narcissa avait fait preuve ! C'était tout simplement absurde. Elle se servit de sa clé pour ouvrir la porte et la re-claqua violemment derrière elle. La petite assemblée sursauta.

« Inconscients que vous êtes ! », s'écria-t-elle !

Elle laissa quelques secondes de silence planer avant de poursuivre.

« Vous imaginez ce qui pourrait vous arriver si vous aviez été surprise par quelqu'un d'autre que moi ? Avez-vous la moindre idée de ce que vous étiez en train de faire ? »

Parmi les visages tournés vers elle, Viviane eut tôt fait de repérer celui de Narcissa. Sa nièce avait une expression indéchiffrable. Plus que la colère maintenant, c'était l'inquiétude qui rongeait le cœur de la Prêtresse.

« Europe a des yeux et des oreilles partout, si elle apprend que vous vous êtes réunis ce soir, je ne donne pas cher de votre avenir parmi nous ! Bon sang, Narcissa, vous n'avez pris aucune précautions ! » dit-elle en regardant sa nièce. « L'une des sœurs Silberholtz était dehors à vous écouter quand je suis arrivée. J'ai réussi à la faire partir avant qu'elle n'écoute trop longtemps ce que vous racontiez, mais vous n'êtes pas en sécurité ici ! Je ne sais pas ce qu'elle a entendu ni si elle compte le répéter, mais Europe vit chez elle pour le moment ! »

L'exaspération prenait maintenant le pas sur les autres émotions. Tous les jeunes présents ici avaient fait preuve d'une indicible bêtise, il n'y en avait pas eu un pour rattraper l'autre. Leur besoin de se réunir était parfaitement légitime, et Viviane le comprenait, mais ce n'était pas le moment, alors que la ville était en ébullition de se faire remarquer de la sorte.

« Mais qu'est-ce que vous aviez à l'esprit ? »

[hrp : libre à vous de réagir comme vous le souhaitez, Viviane a encore juste un petit truc à vous dire et puis elle vous laissera en paix Razz]
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MessageSujet: Re: Evolution 1646   Jeu 31 Mai 2012 - 17:14

-Un sorcier est l’instruction dont vient le respect, de cette écoute découle une grande partie de ses droits et de ses devoirs. Ils peuvent se réunir, partager, débattre, refuser un ordre, tisser des liens profonds avec nos alliés, approfondir leurs connaissances pour faire évoluer la Parole d’Olrun, consacrer sa vie au bien de tous, faire avancer l’humanité vers plus de sagesse, etc. Mes amis, aujourd’hui être sorcier signifie être dévot non pas à la Déesse, mais à la Grande Prêtresse. Tout cela pourquoi ? Pour qu’elle en tire plus de puissance. Tu es une de ses victimes, que tu sois sorcière ou nous. Nous ne créerons point de tribu, il y a un espoir.
Nous préparons notre avenir, car nous avons le mépris des sorciers, sauf quand ils ont besoin de chair à brûler. Alors tu sais, si un tombe, un autre le remplacera. On a l’habitude. Que cette Europe vienne avec ses grimoires, je ne la crains pas. Se battre pacifiquement pour nos droits n’est pas égoïste. La réussite donnera aux autres qui en ont été injustement privés, une voix pour créer avec nous, l’Évolution. NOUS NE SERONS PAS LES VIEILLES BAVEUSES !

Spoiler:
 

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