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 De Profundis - RP caché

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MessageSujet: De Profundis - RP caché   Sam 14 Avr 2012 - 12:18

La couverture de cuir était presque neuve. Une peau tannée, lisse, matte, noire comme l’ébène marquée d’une fleur mystique. En la caressant on pouvait sentir la douce ferveur d’Alicia, lorsqu’elle priait les Dieux de lui donner les clefs du savoir, autant que la rugosité nerveuse de ces longues nuits où ses doigts tremblants de froid cherchaient en toute hâte le loquet permettant d’ouvrir le grimoire afin d’y inscrire l’idée superbe et fugace qui avait transcendé son esprit. Le Livre du Crépuscule était magnifique. Immense et noir. La couverture s’ouvrait avec lourdeur, comme un avertissement : vous n’ouvrez pas un livre, vous n’ouvrez pas un coffre, vous ouvrez une tombe.
Une tombe baudelairienne, une tombe bien scellée qu’autorisait une clef forgée au motif de la fleur noire. Une tombe s’ouvrant sur des pages brunes, palimpsestes encrés, loin de l’immaculée pâleur des grimoires habituels. Obscurs supports, chaque page semblait porteuse en sa fibre d’un savoir ancestral, cristallisé, fossilisé. C’était la calligraphie elle-même qui contrastait par sa presque blancheur nacrée de reflets ambrés. Une encre de sel qui rappelait les larmes secrètes d’une auteure sans cœur, une écriture d’or sur fond de ténèbres qui rappellerait toujours à son lecteur que la voie était sombre et la foi lumineuse, qu’il fallait l’accepter, que ça n’était pas triste, ni heureux, simplement beau.

Noâz lisait toutes ces choses entre l’encre et le papier. Sa mère était une grande ésotériste, mais aussi une belle philosophe et une forte humaniste. Il caressait les pages noires et ses mains cherchaient une vibration spirituelle, une résurgence énergétique, un magnétisme ectoplasmique qui le rapprocherait d’Alicia. Mais rien. Que ses mots et ses idées. Noâz n’en pouvait plus de ce silence. Jamais aucune connexion ne s’était créée entre eux, malgré le sang et malgré la déférence. Noâz avait erré de longues heures dans les Somptueux Jardins confectionnés par Alicia, il avait détaillé toutes les incrustations des miroirs des appartements Loewenstein, il avait hanté les Sous-sols et le cabinet privé d’Alicia, s’asseyant dans son fauteuil, prenant les positions qu’il l’imaginait prendre jusqu’à s’en ridiculiser devant les courants d’air, tout ça dans l’espoir de provoquer la connexion avec son esprit, dans l’Outre-Monde.

Il était temps de forcer le contact. Sa mère avait mis au point des moyens exceptionnels pour communiquer avec l’au-delà. Il eut été l’insulter que de ne pas s’en servir pour répandre sa voix et sa sagesse à nouveau. Surtout en ces temps de tourmente… Europe avait transmis son stigmate à Océane qui, submergée par la douleur de l’hyperesthésie, préféra mettre fin à ses jours. Cette perte était grande pour le Lys, et plus encore pour le maître d’Océane, le prêtre Antoine Vaudremont, qui s’était retiré au cœur de la forêt quelques temps afin de canaliser sa peine. Noâz, certes affecté par cette perte d’effectif, et pas des moindres, n’avait cependant pas succombé à l’affliction et s’était enfin décidé à mettre à exécution un plan qu’il avait prévu depuis son arrivée au poste de Meneur. Antoine Vaudremont était absent, c’était l’instant idéal.

La tribu d’Olrun était en avance sur tout. Elle avait récupéré Livre des Ombres et Livre de Lumière, Noâz ne doutait pas que comme Alicia, Europe rédigerait alors un livre synthèse, empreint d’une puissance au moins aussi grande que le Livre du Crépuscule. Or elle possédait également le Livre de Lorenzo et avait su le déchiffrer à en croire le sortilège de transfert qui avait condamné la pauvre Océane. Le Lys Noir avait pour l’heure pu compter sur sa légendaire stratégie manipulatrice pour équilibrer les choses, comme en témoignait la Messe de Minuit, grande fierté de Noâz. Mais la récente apparition d’Europe dans les appartements de Noâz pour lui annoncer qu’elle était fin prête à écraser sa tribu ne laissait présager rien de bon. Europe avait toujours été présomptueuse mais de-là à venir le dire à son ennemi en face quitte à provoquer une cavalcade cataclysmique à Frauenberg… Non, la tribu d’Olrun avait trouvé une arme supérieure. Une puissance nouvelle. Probablement grâce au grimoire de Lorenzo. Et Noâz frissonnait rien qu’à l’idée de ce que cela pouvait être en repensant à l’effroyable rituel de sang que Lorenzo Maestriani avait perpétré des années durant pour invoquer Anaël. Une puissance telle que l’orgueil d’Europe avait atteint un nouveau degré d’hypertrophie, et ça, c’était plus qu’inquiétant.

Noâz n’avait réuni que peu de sorcières en cette fraîche nuit d’avril, douze pour être exact. Le rituel était complexe, éprouvant surtout, mais mieux valait être entouré d’esprits utiles que de forces vides. A sa droite se tenait Apoline, sa communication naturelle avec les esprits serait un atout important. A sa gauche se tenait Elena, de forts liens émotionnels s’étaient tissés avec elle depuis quelques mois. Et même si Noâz voulait en rester relativement éloigné, il sentait également que cette connivence serait utile pour composer un tandem efficace et harmonieux en direction de l’Outre-Monde. Car ce dont il allait s’agir ce soir, ce n’était pas d’invoquer un esprit flottant entre Monde et Outre-Monde afin de lui parler et de recevoir en réponse ses échos sibyllins. Non, ce soir Noâz souhaitait aller bien plus loin.

L’annonce avait déjà été faite à toutes les sorcières présentes. Le Lys Noir plongerait ce soir plus profondément que jamais au cœur des ténèbres, pour aller cueillir une lumière plus pâle et resplendissante. L’enjeu était d’aller quérir le soutien de l’esprit d’Alicia Loewenstein, et pas qu’un soutien moral…


« La guerre gronde mes amis. Le prédateur est à nos portes et les enfants des ténèbres cherchent leur lumière protectrice. Ce soir mes frères, mes sœurs, nous rappellerons notre mère à nous. Ce soir, nous ferons revenir Alicia Loewenstein d’entre les morts. Pas uniquement son âme, mais aussi son corps. Qu’elle fasse resplendir au-dessus de nos visages émerveillés l’aura de sa puissance. Qu’elle fasse éclater au-dessus des leurs effrayées son éblouissant éclat. Ce soir le Lys ressuscitera sa Meneuse, son âme, son pouvoir. Le temps d’un combat, le temps d’une victoire. »

Tous étaient en place. Entre la fontaine et les grands sièges, au-dessus du tombeau de la Meneuse et de son fils. Les douze sorcières s’étaient assises en cercle sur la dalle, autour du grand pentacle. Elles portaient toutes une bougie blanche pour créer un cercle phare pour l’esprit du défunt, mais aussi une symbolisation du grand cercle d’Abred, cercle ésotérique de l’incarnation. Ce cycle de la transfiguration une fois tracé, il fallait créer un appel pour recevoir un écho du monde des morts. Aussi, toutes les sorcières se mirent à scander en canon des chants d’invocation dans une langue obscure, parfois primitive et gutturale, parfois belle et fluide. Noâz avait ouvert le Livre du Crépuscule devant lui et, tout en incantant, traçait dans les airs avec une branche d’encens des figures géométriques de fumée qui se déplaçaient dans l’espace en flottant mais restaient formellement intactes. Le cercle humain se vit bientôt enchevêtrement de mantras nébuleux fantastiques errant lentement entre les sorcières. Noâz prononça une sentence finale, avec une voix plus forte et plus grave et tous les dessins fuligineux se mirent à crépiter, à tournoyer pour s’assembler en une grande figure circonscrite. Noâz saisit rapidement la main d’Elena. L’immense motif circulaire s’éleva à plusieurs mètres au-dessus du sol, surplombant l’assemblée. Il prit une position horizontale, s’avérant de taille et de forme identiques au grand pentacle gravé au sol, puis plongea sans transition pour s’écrouler sur la tombe avec un craquement sonore, dans une déflagration de brumes.

Alors que la fumée se dissipait, les sorcières ne cessaient guère de chanter. Ce n’était que le début. Seules deux voix manquaient à l’appel : Noâz et Elena, les yeux grands ouverts et uniformément noirs, ils n’étaient plus présents que physiquement, déjà partis dans l’Outre-Monde.


Alicia était là.
Elle était debout, de dos, dans sa sombre robe mortuaire, réduite à une silhouette par un contre-jour éblouissant dont le source face à elle n’était pas visible. Noâz et Elena la voyaient ainsi au loin dans l’encadrement d’une grande arche qui finissait une galerie voutée infinie qu’ils devaient à présent traverser. La galerie faisait plusieurs mètres de large. Elle était tout en marbre noir, la pierre par endroits fendue ou éclatée par le passage de lianes de lierre parsemées de fleurs violines. C’était un champ de bataille entre nature et culture, entre état de vie et état de mort, c’était une des représentations métaphoriques des limbes, celle d’Alicia. Ici et là, sur les murs de marbre, sous les veinures végétales, on pouvait déceler des miroirs aux cadres baroques dans lesquelles s’agitaient les reflets torturés de toutes ces personnes encore vivantes que la mémoire de la Meneuse avait emportée avec elle : Elisabeth, Europe, Cassandra, Kerwan, Antoine… Noâz fut un instant interloqué de voir le miroir de Mina fracturé.

Alors qu’il observait sa tutrice prostrée dans une douleur kaléidoscopique, une voix inconnue l’interrompit derrière lui
« Troisième fils du Comte, votre voyage est bien dangereux. Peut-être auriez vous du mieux penser vos stratégies. Négliger l’humanisme sous le prétexte de la Guerre, ce n’est faire honneur ni à votre mère, ni à votre père… ». Le temps qu’il se retourne, Adrien d’Hasbauer avait disparu ne laissant qu’une trace poudreuse dans les airs. Son oncle, Noâz ne l’avait jamais rencontré. Mais de bonnes choses en avaient été dites. Alicia le détestait autant qu’elle l’admirait. Cependant, il n’était pas temps de se préoccuper des avertissements mystiques d’un fantôme loin de comprendre tous les enjeux de ladite Guerre.

« Je sais ce que vous vous dites et vous avez raisons Elena. Ce ne pouvait-être Adrien, son âme a été dévorée par Anaël. Il s'agit d'une projection qu'en fait Alicia à l'instar de ces reflets sur les murs. Prenez garde, toutes les créatures de ce monde ne seront pas aussi pacifiques »
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MessageSujet: Re: De Profundis - RP caché   Mer 18 Avr 2012 - 22:16

Telle une trainée de poudre la nouvelle du suicide d'Océane, apprentie d'Antoine Vaudremont, prêtre du Lys, avait été divulgué très rapidement. Un peu trop rapidement peut-être. La tribu d'Olrun venait de frapper fort depuis qu'Europe avait en ces mains le livre de Lorenzo. Ce manuscrit qu'elle avait laissé échapper pour laisser vivre son apprenti. Elle avait sacrifié la mission tout en sachant que seule, elle ne pourrait rien contre Viviane. Quand on lui avait annoncé la mort d'Océane, elle avait tout de suite compris qu'Europe venait de se servir du maudit grimoire de Lorenzo. Elle avait serré les dents en entendant le messager parler. Et depuis ces derniers mots résonnaient.

"Europe à réussit un transfert de sa marque sur Océane. La pauvre n'a pas supporté la douleur et à préférer mettre fin à ses jours."


Ainsi donc, Europe disposait de la capacité de transférer les marques que certains portaient sur leur front. Elle avait congédié le messager rapidement s'attendant à des nouvelles encore moins réjouissante par la suite. Bien que son attachement à Noâz grandissait lentement, elle ne comptait pas dessus. Elle était une membre du Lys comme les autres et devait payer de ces agissements si il le fallait. Alors, elle s'y prépara. Cependant le châtiment se fit attendre trop longtemps, et sur le fil du rasoir, la nouvelle qui suivit ne la soulagea pas. On la conviait à venir auprès du Meneur. Elle se pressa donc de suivre le messager et rejoint les rangs des douze sorciers convoqués pour une mission de la plus haute importance. Ressusciter Alicia. Les mots étaient forts et le discours de Noâz galvanisait encore un peu plus ses confères et consœurs qui avaient déjà tous le cœur gonflé d'espoir. Noâz avait lu avec attention un grimoire que sa mère avait confectionnée et avait trouvé un moyen de l'extirper des limbes dans lesquelles elle tentait de se reposer. Son meurtre ne devait pas faciliter les choses. Son esprit devait encore lutter peut-être pour que justice soit faite.

Peu importe, ce soir ils sauraient. Puisque leur lien était fort, Noâz avait choisit Elena pour l'accompagner dans l'Outre-Monde. Il n'y avait pas d'autre choix que de passer de l'autre côté pour éveiller la Meneuse au rang des mortels. Le rituel était dans quelques minutes. Elena avait longtemps méditer pour préparer son corps et son esprit. Passer dans l'autre monde était dangereux et il valait mieux savoir s'attendre à tout et n'importe quoi. Les quelques bougies qu'elle avait rassemblée autour d'elle était presque éteintes. Ouvrant les yeux dans cette pénombre apaisante la jeune femme se leva et revêtit pour une fois le pantalon qui lui servait d'habit d'entraînement. Ainsi travesti, elle inspira une dernière fois en fixant le miroir face à elle et ajusta sa ceinture. Devant, une potion attachée et maintenue par les liens de cuir vieilli.

Elle dévala les marches à grande vitesse pour rejoindre le lieu de cérémonie qui avait été pour une fois interdit d'accès. La fontaine s'épanchait toujours lentement surplombée par ce corbeau superbe. Les douze sorcières en cercle portaient une bougie. Les chants incantatoires débutèrent laissant le mysticisme remplir la pièce et l'ambiance s’alourdit. Le grimoire du Crépuscule grand ouvert libérait ses connaissances, alors que Noâz traçait des volutes de fumée grâce aux encens. Puis tout s'accéléra pour laisser la magie agir. Un bruit sourd, un craquement, comme un signal de départ. Noâz se saisit de la main d'Elena rapidement. Elle lui rendit son étreinte pour qu'ils ne soient pas séparés dans le passage. Les voix du Monde réel s'estompaient et restaient en sourdine. Leurs corps restaient droits, vidés de leur âmes, les yeux d'un noir intense et inquiétant, comme si on pouvait rejoindre le monde des morts rien qu'en y plongeant le regard.

De l'autre côté du miroir on y retrouvait Elena et Noâz qui rompaient le contact corporel. Leur représentation dans l'Outre-Monde était peu différente de d'habitude. Son travestissement était présent dans le monde des esprits. Elle jeta un œil à Noâz, concentrée sur la mission plutôt que sur l'homme qui l'accompagnait. Son attachement, son amitié, elle les avait laissé sur Terre pour ne pas s'en encombrer. Il ne restait que sa loyauté et sa volonté ici. Attentive, elle se retourna vivement lorsqu'Adrien parla. Elle eu à peine le temps de discerner son visage. Son avertissement flottait encore dans les airs comme un léger écho.

"Adrien d'Hasbauer? Votre oncle n'est pourtant pas... C'est étrange. Il ne devrait pas être ici."

Son visage se changea et Noâz vit pour la première fois à quoi ressemblait cette nouvelle amie, si tant est qu'on puisse la qualifiée ainsi, en mission. Elle était concentrée et compris rapidement qu'ils devraient être vigilents. D'autres représentations d'être chers viendraient sûrement plus tard pour se mesurer à eux. C'était la défense d'Alicia, à moins que ce ne soit des démons qu'elle ne pouvait exorciser. La lumière étrange qui frappait le corps de la Meneuse, au bout de cette galerie d'âmes et de souvenirs attirait trop le regard. Il valait mieux se fixer sur le sol, unique chose qui ne se mouvait pas. Les lierres et les fleurs couvraient les pierres.

Toutes les créatures qu'ils rencontreraient ne seraient pas pacifiques. C'est bien ce que Noâz avait dit. Alors qu'ils avançaient avec prudence, deux silhouettes qu'Elena n'avait jamais eu le plaisir de connaître se postèrent devant eux. Elles naissaient du sol et barraient le passage.


"Vous n'irez pas plus loin, humains!"

Elena savait que les esprits parfois étaient goulus dans l'autre monde, la moindre âme avec tant de vitalité ne pouvait être que rattachée à un être vivant. Et elle était forcément délicieuse. Déformé par leurs envies de puissance, Gabriel Touchedieu, dans son habit d'inquisiteur fit face à Elena, tandis qu'Abigaël se postait face à Noâz.

Une femme ne pouvait être que plus aisée à dévorée se dit Gabriel. Avide de sa force vitale le spectre se rua sur la jeune femme qui para en quelques paroles. Reculant de quelques pas, le brigand bourru secoua la tête. Au lieu de le faire voler par un fort coup de vent, il n'avait fait que glisser sur le sol. Sa corpulence l'aidait à tenir debout. Tant pis, elle prendrait en compte sa masse dans son prochain coup. Pour s'économiser, elle avait préparer quelques sorts de tempestaire mais aussi sa tendre et précieuse épée à la lame si fine. A côté, Abigaël, avec son magnétisme avait tenté de jouer de ses atouts pour attendrir Noâz. Cette chevelure sombre et ce corps léger et opalin couvert par une longue tenue grise semblait presque bienveillants. Elle s'approchait dangereusement de Noâz, avec une attitude féline. Suffisamment proche de lui elle murmura quelques mots et dans sa main se formèrent une flopée d'épines dangereusement acérées qu'elle était prête à lancer sur Noâz.

Le geste amorcé, elle lança les épines alors qu'Elena restait sur son combat avec Gabriel.

"Noâz, attention!"hurla t'elle alors qu'elle venait de laisser Gabriel se ruer sur elle pour s'écarter au dernier moment.

La balourd se prit les pieds dans une racine de lierre et tomba à terre soulevant la poussière qui tapissait le sol de la galerie. Pendant ce temps Noâz avait saisit la gorge d'Abigael en évitant ses projectiles avec une vitesse fulgurante. Elena eu voulut voir la scène de ses propres yeux plutôt que de rester rivée sur son attaquant. Le jeune homme venait de développer une liane gigantesque venant des lierres présents et l'avait fait pousser autour de la gorge de l'ancienne sorcière d'Olrun. Il serra rapidement, ne laissant pas de répit à cette réminiscence et la balaya alors que Gabriel se jeta une dernière fois sur Elena qui dégaina son épée et la planta en profondeur dans les entrailles du spectre qui se consuma immédiatement.

Ce travail d'équipe fonctionnait bien, mais il ne fallait pas se réjouir trop vite. Il fallait qu'ils avancent vite, ils ne pouvaient pas rester trop longtemps dans les limbes d'Alicia sous peine de finir par en faire partie. D'un commun mouvement, ils continuèrent leur marche vers l'objet de leur présence. La silhouette dévorée par la lumière était encore assez loin. Ils pressèrent le pas près a éradiquer toutes menaces qui pourraient survenir.
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MessageSujet: Re: De Profundis - RP caché   Dim 29 Avr 2012 - 1:49

La visite inattendue de Gabriel et Abigael, même si magistralement contrôlée par Elena, n’était pas rassurante pour la suite : il s’agissait de deux ennemis de déjà hautes puissances et ils n’étaient qu’au milieu du chemin… Il fallait se presser.

Noâz n’était pas étonné de la forme que prenaient les limbes de sa mère. Une immense galerie pleine de portraits infernaux. Ces humains qu’elle avait tant aimés et haïs à la fois. Sa mort, son enfer, son paradis, et donc sa vie, c’était eux. Entre les colonnes de marbre ciselé droites et fières entravées par les lianes passionnées et tourmentées, les miroirs hurlaient dans un silence absolu. Ils approchaient. Soudain un lustre doré tomba sur le sol dans un fracas tonitruant. Noâz leva la tête et découvrit seulement à cet instant que les hauteurs de la galerie étaient structurées par une longue rangée de lustres à laquelle manquait celui qui venait de presque écraser Elena.


« J’aurai ta peau Lorenzo !!! »

Amaël perché sur un lustre sauta à terre avec une légèreté féline. Il ne semblait pas avoir repéré le duo vivant car il se dirigea dans le sens opposé sans leur accorder un regard. Noâz aperçut alors, non loin de l’arche ouvrant sur la pièce ou se trouvait Alicia, une ombre menaçante qui dégaina sa rapière avec fougue pour se lancer à l’attaque d’Amaël. Il s’agissait de la projection de Lorenzo. Un homme immense et cruel tout d’ombres vêtu. Les deux fantômes se livraient un combat sans pitié et infini. A l’image de cette lutte absurde, le décor ne cessait de se détruire et de se construire dans un cycle d’immortalité. Le lustre se souleva du sol par enchantement pour rejoindre le plafond, les éclats que les lames faisaient dans la pierre étaient rebouchés par une coulée noire qui se changeait en marbre, le lierre par endroit scintillant de braise se régénérait au lieu de se décomposer en cendre.

« Voyez, Elena, la projection qu’Alicia s’est inconsciemment faite de Lorenzo est suffisamment puissante et autonome pour empêcher Amaël de pénétrer la pièce dans laquelle se trouve notre mère. Il faut nous approcher et je ne sais pas lequel des deux va vouloir notre peau… »

Sentant leur présence, Amaël fit brusquement volte-face et, se saisissant de sa dague la plus affutée, il fondit sur Noâz qui contra de justesse l’offensive.

« TRAITRE A TON SANG, TRAITRE A TON RANG, JE TE SAIGNERAI COMME TU M’AS TUÉ !!! »

Amaël prenait Noâz pour Adal. Ce trio identique devenait complexe à dénouer. Mais là où Noâz avait été légèrement présomptueux, c’était de croire que Lorenzo resterait spectateur. Ravi de voir une fraiche demoiselle désœuvrée, il se fit un plaisir insidieux de ramper jusqu’à elle pour éclairer ses doux yeux de l’éclat de son épée.

Noâz fut soudainement pris de panique : il fallait agir !! Il reculer son frère, piètre escrimeur, jusqu’à le faire tomber, pointant sa gorge. Mais il eut été inutile d’aiguillonner un mort. Il fallait s’en débarrasser en l’occupant. Il fallait utiliser la force positive de cet Outre-Monde si sombre.


« Elena, répétez après moi !

Esprits alliés, âmes sœurs, vous qu’Alicia a aimé de tout son cœur, venez guider les pauvres marcheurs dans leur quête arrêtés par de sombres terreurs.

Joan Witham
Carlyn Swann

Venez protéger vos humbles visiteurs ! »


Un cliquetis cristallin ébranla la galerie au point d’en faire stopper les combats. Les feuilles de lierre se mirent à vibrer soufflées par un vent mystique se dirigeant vers la zone de lutte, les lustres se balancèrent un par un jusqu’à eux avant que deux silhouettes ne furent crachées par l’obscurité : les deux fantômes invoqués, armés de poignards et de sortilèges se ruèrent sans nulle autre forme de procès sur les deux ennemis de Noâz et Elena qui ne demandèrent pas leur reste et se dirigèrent vers l’alcôve d’Alicia.

Dès l’instant où ils passèrent l’Arche, un silence absolu les abasourdit. Ils pouvaient sans mal observer le combat titanesque qui se jouait derrière eux, mais ils n’entendaient plus la cacophonie martiale. La pièce n’était pas immense, guère plus grande que le bureau d’Alicia dans les Sous-sols du château. De nombreux éléments architecturaux s’y retrouvaient d’ailleurs. Elle était circulaire et au centre se trouvait ce que Noâz pouvait identifier comme une boule de cristal mais de proportions démesurées, son diamètre faisait la hauteur du buste d’Alicia et de son centre irradiait une lueur que la forme sphérique rendait extrêmement éblouissante, une nitescence pâle et chaleureuse, variante, frémissante, comme un feu. Les mains d’Alicia étaient disposées autour, comme pour en sentir la chaleur.

Noâz s’approcha mais n’osa pas toucher son épaule.


« Mère, je vous demande pardon. Je viens à vous car l’heure est grave pour nous là-haut. La guerre, plus que jamais fait rage, la tribu d’Olrun est forte de nos livres et de celui de Lorenzo. Nous sommes sans autre arme que votre héritage et j’ai trop foi en cette nouvelle puissance pour me rendre à Europe. Voilà pourquoi je me permets d’user de votre découverte la plus audacieuse pour vous demander un soutien, un retour parmi nous, pour combattre pour les vôtres livrés à eux-mêmes face à un prédateur que la fortune a fait trop puissant »

Il aurait tant eu envie de tenir un tout autre type de discours à cette femme qu’il avait toujours rêvé d’approcher. Les larmes brûlaient ses yeux.
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MessageSujet: Re: De Profundis - RP caché   Mar 1 Mai 2012 - 0:11

La tension montait lentement, le monde vibrant des limbes de l'ancienne Meneuse du Lys dégageait d'inquiétantes ondes palpables dans cette atmosphère de plus en plus suffocante. Même si tout ceci n'avait rien de physique, on avait l'impression que cela influençait l'évolution des miroirs et des éléments. Une feuille de lierre tomba nonchalamment, poursuivit par les particules de poussière. Puis un cliquetis inquiétant se fit entendre, comme si des chaînes métalliques roulaient sans fin à travers un anneau. Elena releva les yeux en l'air et roula sur la côté aussi rapidement qu'elle put lorsque le lustre imposant s'écrasa avec puissance par terre. Chaque son que cet éclatement produisit se propagea de façon ralentit aux oreilles d'Elena encore légèrement sous le choc. Elle l'avait échappé belle.

On entendit une voix, un timbre similaire à celui de Noâz mais avec ces points qui avaient le don d'exaspérer la jeune femme. Amaël s'imposa à leur regard, poursuivant semblait-il Lorenzo. Il eu une lutte étrange entre destruction et création. Un combat bien inégal semblait-il. La vision d'Amaël toucha Elena lui donnant un coup dans le poitrail. Elle inspira profondément. Elle c'était préparé à cela et ne baisserait pas le regard.

« Voyez, Elena, la projection qu’Alicia s’est inconsciemment faite de Lorenzo est suffisamment puissante et autonome pour empêcher Amaël de pénétrer la pièce dans laquelle se trouve notre mère. Il faut nous approcher et je ne sais pas lequel des deux va vouloir notre peau… »

Noâz fit quitté les iris d'Elena de ce spectre. Il la ramenait un peu vers le monde réel en lui parlant. Lorenzo était là, comme une âme démente qui se battait pour garder Alicia, pour se la garder pour lui. Peut-être que cette projection torturait la mère de Noâz. Sa mère... Elle réalisa pour la première fois ce que cela signifiait vraiment pour lui. Il ne l'avait jamais connu de son vivant et n'avait entendu que les récits qu'on voulait bien lui conter. Et malgré cela, dans cette simple désignation, on sentait toute la force que cela représentait. C'était elle l'inconnue, pourtant si proche. La chaire de sa chaire, ce bourgeon qui avait poussé sans qu'elle n'en sache rien. Cet être qui n'avait pas connu ni son amour, ni sa complexité.

La jeune femme se sentit soudain gênée. Si cela n'avait pas été une mission, elle avait l'impression d'empiéter sur ces retrouvailles improbables. Elle eu un pas d'hésitation. Un seul unique pas qu'elle ne fit pas. Mais alors Amaël cessa de se batailler contre Lorenzo et remarqua enfin leur présence. Les traits identiques, il confondit Noâz avec son frère responsable du meurtre de leur mère. Se ruant sur lui Elena n'eut pas l'élan nécessaire pour faire barrage. Elle finit par s'y perdre elle-même en tentant d'intervenir. Comment raisonner un spectre? Le temps leur était précieux, ils n'avaient pas que ça à faire. Alors elle tenta de continuer mais fit face à l'ombre menaçante de Lorenzo. Il portait un lame à la main, Elena serra avec vigueur la sienne. Elle avait peu de chance en tant qu'être vivant, de pouvoir le battre. Amaël n'était certes pas connu pour ses dons en escrime, mais tout de même. Ils croisèrent le fer. La force de son adversaire la forçait à reculer un peu plus à chaque frappe. Elle devait esquiver à tout prix. Parer devenait de plus en plus éreintant.

La fatigue et la mauvaise connaissance de l'Outre-Monde commençait à se faire sentir. Elena esquiva de justesse un coup et la lame mordit sa peau. Une entaille simple mais désagréable qui laissa un très fin filet de sang rougir le blanc de la chemise. Les yeux noirs de colère, la sorcière s'apprêtait à se jeter sur son adversaire alors que Noâz la héla.

Il voulait invoquer des connaissances d'Alicia, des connaissances bienfaitrices. Obéissant, elle répéta après lui.


"Esprits alliés, âmes sœurs, vous qu’Alicia a aimé de tout son cœur, venez guider les pauvres marcheurs dans leur quête arrêtés par de sombres terreurs.

Joan Witham
Carlyn Swann

Venez protéger vos humbles visiteurs !"


Un seul appel suffit pour que les réponses suivent. La rapidité de la communication avec les esprits étaient fulgurantes. Les deux appelés firent leurs offices et prirent place pour protéger Elena et Noâz. En combattant ils avaient réussit à s'approcher du cocon d'Alicia. Enfin ils atteignirent leur but et furent stoppé par le silence assourdissant. C'était comme si ils venaient de changer de monde à nouveau. Le silence. Rien que ça.

Le néant. Le vide accompagné d'une lueur à la douceur aussi infinie que surnaturelle. Émanant d'une boule de cristal aux dimensions folkloriques. Leur but atteint Elena resta légèrement en retrait laissant la mère et l'enfant parlé. Elle sentit une sorte de malaise dans le comportement de Noâz, comme si pour la première fois il ne devenait qu'un simple mortel des plus banals. Elle voulait donner du courage à son ami et Meneur. Elle préféra se taire pour ne pas détruire l'exaltation du moment qui unissait Noâz à sa Mère. Il lui parlait de la menace de la tribu d'Olrun.

Cela devait être une torture. Elena c'était imaginé, si elle revoyait sa mère, elle aurait voulu la serrer dans ses bras, la tenir auprès d'elle, lui poser des questions, savoir si elle n'était pas malheureuse. Lui dire qu'elle leur manquait à tous. Noâz quant à lui se devait de tenter de ressusciter sa mère pour le bien de la tribu et la sauvegarde du village et des sorciers du Lys. Muette comme une carpe, la jeune femme attendait dans l'ombre que vienne son tour. Mais cette partie de négociation mêlée de retrouvailles n'était pas la sienne, elle n'avait pas sa place. C'est à peine si elle les regardait. Elle préféra se concentrer sur les combats de dehors.


*Olrun, faites qu'elle nous aide.*
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MessageSujet: Re: De Profundis - RP caché   Mar 1 Mai 2012 - 0:33

La lumière…

Alicia l’avait cherchée toute sa vie.
Elle l’avait trouvée dans la Mort.

Au fond d’une galerie de ténèbres, elle l’avait trouvée. Cet Outre-Monde était une représentation de son parcours, semé d’écueils de pierre et de liens verts, de reflets de verre et de lueurs ambrées.


« Avancez mon enfant, vous ne me voyez pas car il fait noir, mais je suis là »
Lui disait sa mère alors qu’elle n’avait que trois ans, lui faisant traverser la forêt par une nuit sans lune, pour lui apprendre la peur, pour lui apprendre le courage, pour lui apprendre la force et la liberté. Cette phrase avait marqué Alicia toute sa vie au point qu’elle s’en était faite une philosophie : l’Obscurité n’est pas le Mal. C’est une route vers le bien ou le mal comme toutes les routes, une route oubliée des hommes, fissurée par leur pleutre mépris, brûlée par leurs lumières impertinentes, recouvert d’un lierre défensif.

Elle était à présent confrontée à la lumière tant convoitée au cours de ce chemin. La Mort lui avait offert un vœu de connaissance, Alicia avait demandé La Connaissance plus que toute chose. Pour le pouvoir et toujours le pouvoir certains diront. D’aucuns même avanceront qu’elle savait en son for intérieur qu’elle serait consultée plus tard pour écraser ses ennemis. Mais il n’en était rien. Elle avait vu le visage de son assassin. Elle n’avait aucune vengeance à exécuter. Elle n’avait que pour seul désir de voir le monde à travers ce grand miroir sphérique, le monde et ses secrets. Elle avait tout observé, depuis peu de temps après sa mort jusqu’à cet instant précis.

Pourtant, un pan entier restait dans l’ombre : comment diable s’était organisée sa succession ?
Morte à peine quelques instants avant son fils Amaël et ce dernier retenu hors de l’alcôve ronde par la projection de Lorenzo, jamais Alicia ne fut consciente de la mort de son fils. Un voile opaque empêchait le défunt d’observer l’espace et le temps proches de sa mort jusqu’à ses funérailles et la suite de l'éternité, pudeur intime et protectrice de la mort : mieux valait ne pas voir son propre cadavre ni les larmes qui coulaient dessus. Voilà pourquoi la plupart des esprits à qui on proposait une connaissance optait égocentriquement pour le dévoilement de ces instants, délaissant des savoirs plus profonds. De sa fenêtre, Alicia avait pu observer tout le reste, du vol des colombes au-dessus de l’ange de pierre aux énergies vibratoires qui nourrissaient la forêt. Tout à l'exception des siens comme il est difficile d'observer son propre nez sans miroire.

Elle restait depuis le premier jour dans cet état de torpeur omnisciente, transcendée par le pouvoir de cette lumière de la Connaissance. Un état d’apaisement qu’elle comparerait plus tard volontiers à une forme de ce que les catholiques appelaient le Paradis. Elle flottait au dessus des choses du monde sans jamais s’arrêter ni jamais avancer. Car elle était partout. Elle voyait tout. Lorsqu’elle sentit un croc acéré se planter dans son épaule et l’arracher avec vigueur hors de la lueur, une douleur intense lui arracha un cri épouvantable qui résonna de longues secondes dans la pièce. Brutalement réveillée, haletante, elle tourna lentement des yeux encrés de haine vers son assaillant. Son visage blanc comme un masque changea alors totalement d’expression.


« Mon fils ? »

Le regard d’Alicia articula ses traits dans une expression rarement connue, de la tendresse.
« Je te regarde depuis de longs mois et mais j'ai tant de mal à te voir... Tu es devenu grand et fort… Mais que viens-tu faire ici mon bel Amaël ? Et serait-ce à tes côtés Elena ? »

Elle observa la jeune femme restée en retrait avec une bienveillance de mère qui ne laissait aucun doute sur sa compréhension des sentiments sous-jacents qui liaient le duo.

Noâz, intérieurement dévasté d’être à un tel point inconnu de sa mère n’eut pas le cœur de la contredire, d’autant moins qu’elle semblait apte à tout pardonner et accorder à Amaël. Il lui raconta la raison de sa venue et il ravala ses larmes amères. Alicia prit cet éclat humide dans ses yeux pour de la détresse et en fut si affectée que sa tendresse ne laissa progressivement plus de place qu’à de la cruauté. Noâz lui narra les différentes attaques subies par le Lys venant d’Olrun, de l’enrôlement d’Adal par Olrun cause de sa mort jusqu’à la mort d’Océane par le sceau de l’ange transféré par Europe. Les lois de l’Outre-Monde brouillant ce qui touchait le Lys Noir au plus proche, Alicia n’avait pas entièrement appréhendé ces informations dans son cristal.


« Mes enfants,

Je comprends vos craintes et je comprends votre démarche. Mais il vous faudra à l’avenir combattre vos ennemis seuls. Je ne puis vous aider à chaque crise. Mon temps est passé. Je ne peux cependant ignorer le courage dont vous avez fait preuve dans votre quête jusqu’à moi. Et je ne peux laisser Europe tricher sans vous donner l’opportunité d’en faire autant.

Si elle veut se jouer des règles, jouons avec elle ! Elle n’a aucune idée de la puissance à laquelle elle s’expose ! Elle pense pouvoir attaquer mon engeance sans provoquer mon courroux ?! Elle pense m’avoir vaincue en me tuant ?!!

La bêtise n’aura jamais été payée aussi cher… »

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MessageSujet: Re: De Profundis - RP caché   Lun 14 Mai 2012 - 18:36

C

haque Meneur est tenu de prendre des dispositions pour : entretenir les locaux dans un état constant de propreté ; éclairer les endroits stratégiques afin d’éviter la fatigue visuelle et les maux qui en découlent ; réduire l’exposition aux bruits à un niveau compatible avec la santé des sorciers ; lutter contre la goutte au nez et les tempestaires : invoquer une salamandre afin de maintenir dans les salles une température convenable et un esprit pour calmer le fauteur de troubles ; aménager fauteuil et porte-grimoire comme installer des nécessaires d’écriture ; prévoir des talismans protecteurs afin que les esprits des bas-fonds ne s’accrochent aux robes ; mettre dans une armoire munie d’une serrure ou d’un cadenas tous les secrets inavouables. La bibliothèque doit une partie pour les grimoires dans l’impossibilité d’être caché.

En matière de sécurité concernant la prévention des accidents à l’exécution des rituels, chaque dirigeant est accompagné d’un dispositif protecteur du matériel en service, nommé bras droit, désigné pour ses qualités naturelles et non son grade. Le Code du Bon Sorcier Tranchet présente une série de prescriptions sur les situations exceptionnelles et dangereuses, au sorcier nouvellement embauché ne pouvant bénéficier d’une formation pratique. Tout sorcier a le droit de prouver au Meneur ou à son représentant toute situation présentant un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé mentale (s’il en a encore une). Si le rituel se passe dans l’outre-tombe ou l’outre-monde et en l’absence du sorcier en chef, le bras droit devra comprendre les signes suivants : une angoisse longue signifie danger ; des douleurs anormales montrent une résistance et une demande d’aide immédiate de la part des participants ; des signes extérieurs inexpliqués signent la fin du rituel, le rangement méthodique du matériel dans le local mis à disposition et la réparation rapide des dégâts.

Chaque infraction aux règles de sécurité peut être sanctionnée par une amnésie. L’amnésie est appliquée autant de fois qu’il y a de sorciers concernés par l’infraction et réalisée après le rituel. Ce contrôle est assuré par un prêtre, par un rapport détaillé au Meneur, et la suppression de la mémoire, par le cercle des douze sorciers. Pour l’Outre-monde, le responsable est le prêtre Antoine Vaudremont.

Les bons gestes pour des rituels dépassant l’imagination réussis :
    •Porter une robe de cérémonie noire et propre, car les esprits sont bigleux, mais pas au point d’ignorer les tâches.
    •Prendre ses précautions : soulagez-vous aux trônes dans les couloirs du château, ne buvez pas trop d’eau, ne mangez pas gras et mouchez-vous avant de commencer le rituel.
    •Rien ne devra dépasser du cercle d’invocation sous peine de mettre en danger les autres membres du groupe.
    •Suivre les directives du sorcier en chef ou son bras droit, sauf cas exceptionnels et justifiés.
    •Restez concentré sur l’objectif et courtois en toutes occasions, un esprit invoqué peut vous retrouver pour se venger. Nous nous dégageons de toute responsabilité.
    •Toutes les solutions sont dans un grimoire.


Sont privés naturellement de rituels :
    •Tout sorcier ayant un problème de santé physique ou mentale pouvant infecter les partenaires. Imaginez un peu si tout le monde se mettait à loucher.
    •Tout sorcier ne possédant pas de corps.
    •Les esprits demandant, une contrepartie, pour un service, sauf cas exceptionnels.
    •Les élémentaires qui ont des problèmes de personnalité : ils ne seront jamais humains.
    •Tout sorcier dont on doute de sa loyauté.
    •Tout sorcier qui ne comprend pas les tâches à faire.
    •Tout sorcier ayant échoué à plus de trois missions.
    •Les apprentis pour les rituels longs et compliqués, sauf cas exceptionnels.
    •Si le dirigeant du rituel et/ou le Meneur le décident, sans justificatif.


Extrait de « Trois sorciers dans l’outre-monde », grimoire d’Apoline Delucy,
mots dictés par un esprit instruit pour l’affermir.


Celui du Meneur, un cuir tiède, une page brune se soulevant aux mots forts. On aurait dit qu’un dieu avait versé son sang dans l’encrier, les lettres dorées vibraient auréolées par les flammes des bougies et des torches. Elle se trouva bien pauvre avec sa robe reprisée et ses sabots grisâtres, parmi ce cercle de tenues ténébreuses aux manches froufroutantes et aux souliers à talonnettes, embaumés par des essences inconnues. Elle qui transpirait pour maintenir la connexion entre morts et vivants pour faciliter le passage et maintenant... la situation était si désespérée à cette heure qu’elle se contenta de leur annoncer la nouvelle d’une voix faible. Apoline était la nécessité faite loi, pas de quoi chanter des louanges.

- Je sens la p-p-présence de notre fon-d-da-datrice, notre Meneur et sa protec-tectrice, seulement il y a un ba-ba-b-barrage. Et c’est pas agré-a-a-able, j’vous le dis. Je vous donnerai les nou-nou-n-nouvelles instruc-tions, tenez bon-b-b-bon.

Bon sang, c’était le boulot d’Antoine, ce crétin se confinait dans un semi-mutisme, honorant de mille prières son ancienne apprentie et Olrun, se moquant des vivants. Pour sûr que s’il venait, même, elle lui botterait les fesses et lui ferait cracher ses résolutions ! Mais merde à la fin, si Alicia n’était pas comme elle, à tout CODER, ils ne seraient pas entre vie et mort. Alors avec des morceaux d’un rituel sur une page et une autre, elle bricola un sort pour faire venir à eux la force des sorciers défunts. Peut-être qu’ensemble ils pourront réussir ? De toute façon, elle n’avait pas le choix.

- Bon, euh… Il faudra, d-d-do-donc… ‘Fin, c’est q-q-que je sais p-pas si cela va m-ma-mar-m…

Elle essuya par sa manche son front dégoulinant et s’appuya contre Noâz.

- Gardiens des lymb…

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MessageSujet: Re: De Profundis - RP caché   Ven 18 Mai 2012 - 1:31

Antoine avait marché et marchait encore depuis des heures, des jours ou peut-être des semaines. Il n'avait conscience ni de l'espace ni du temps. Il dormait parfois le jour, le regard obscurci par une tristesse assommante et marchait encore parfois la nuit éclairé par une foi d'autant plus éclatante par instant qu'elle était éprouvée par un désespoir cruel latent, presque permanent, L'esprit si sage et si respecté d'Antoine Vaudremont était dans un état de chaos rarement atteint. Se jugeant – et à juste titre – inapte à honorer son devoir de prêtre, il avait décidé de partir quelques temps en retraite, assurant un retour rapide. Mais voilà plusieurs semaines désormais qu'Antoine errait dans la forêt noire et qu'il avait oublié jusqu'à la promesse de ce retour. Plus les jours passaient, plus il se perdait dans les méandres d'une méditation torturée, une introspection visant à démêler un écheveau de causalités qu'il ne comprenait pas. Et cette question centrale, si prégnante et si irréductible :

Comment Océane pouvait-elle ne plus être en vie ?

Une obsession autour de laquelle tourbillonnaient une pléthore de concepts, de mots et de noms en lesquels Antoine avait un jour ou l'autre eu une sereine foi : fatalité, vie, mort, Europe. Comme bien d'autres, Océane s'était retrouvée prise dans l'étau d'une guerre dont elle n'était même pas en première ligne, La stratégie d'Europe était claire et efficace : se sauver en en condamnant une autre, renforcer la Tribu d'Olrun en affaiblissant le Lys Noir. C'était vile, c'était cruel, c'était une déclaration de guerre, une guerre sans lois. La colère avait pris place dans le coeur d'Antoine, son légendaire pacifisme se retrouvait écorché, son objectivité subjectivée, sa personnalité aliénée.

Au bord du vieux puits où il souhaitait s'abreuver, son visage émacié par l'ascèse penché au dessus des ténèbres fraiches et abyssales, Antoine sentit un souffle venu des profondeur lui caresser le visage charriant avec lui un remugle ferreux d'odeur de mort, Il n'eut aucun mouvement de recule, il avait appris au sein du Lys à ne jamais être effrayé par les esprits, toujours prêt au contraire à se faire réceptacle sensoriel de leurs messages sibyllins. Aussi, il tendit à l'esprit du puits un cœur attentif. Le courant d'air se fit plus fort encore, et l'odeur se teinta d'une fragrance florale qui permit enfin à Antoine de comprendre qu'il s'agissait de Gabrielle de Mortelune, une très ancienne amie, morte il y avait des années de cela, sacrifiant sa vie pour empêcher l'exécution du plan machiavélique d'Abigaël alors Prêtresse d'Olrun.

Sans rituel, il lui était impossible de comprendre des paroles venues de si bas. Il ressentait simplement et n'avait à sa disposition que le savoir du Lys Noir pour décoder ces signaux sensoriels. Si Gabrielle de Mortelune s'adressait à lui exhalant avant tout ce parfum de lys, c'était qu'elle lui parlait de leur tribu. Pourtant, la manifestation tonale qui s'en suivait était grinçante. Gabrielle poussait une plainte, un avertissement, sur sa propre tribu, un appel fort et vigoureux, or pour que pareille chose soit possible il fallait qu'une influence directe sur l'Outre-Monde puisse la bouleverser. Le Lys était en communication avec l'Outre-Monde ? Rien d'étonnant... Les pierres du puits se mirent à siffler et trembler. Un écho sombre et sourd s'élevait à présent du fond des ténèbres. Ce qui se passait était grave. Quelle invocation pouvait donc ébranler l'Au-delà avec tant de puissance ? Le puits était maintenant secoué de coups puissants venus du fond qui faisaient chuter les pierres du sommet.

ALICIA !!!


-

Un homme sage est un homme qui a un recule suffisant sur son expérience pour adopter des choix raisonnés et judicieux. Un enfant sage est un enfant calme, discret, qui écoute et apprend. La confusion linguistique est intéressante. Antoine pensait parfois à cette déformation générationnelle lorsqu'il se demandait s'il était sage aujourd'hui, dans la force de l'âge, et s'il l'avait toujours été jusqu'enfant. Et il se demandait alors s'il était possible pour un enfant sage d'être sage comme un adulte. Un nom s'imposait alors à lui : Apoline. La petite était du genre discrète mais cachait bien ses ressources. Les récents évènements l'avaient mise en lumière et Antoine se sentait rassuré de savoir que la génération nouvelle était prête à relever le défi d'un avenir incertain. Il avait accordé à Apoline et sans lui dire une part d'admiration et d'espoir, et à lorsqu'Apoline était venue lui apprendre la mort d'Océane, sa disciple, à peine remis du premier choc, Antoine s'était surpris à imaginer Apoline comme nouvelle disciple, pensée coupable et déplacée qui l'avait définitivement convaincu qu'il lui fallait s'exiler un temps.

Aussi, lorsqu'il arriva dans le Temple découvrant le rituel mis en place au-dessus du pentacle de la Comtesse dont l'enjeu lui parut une évidence, Antoine fut terriblement déçu de voir Apoline au côté du Meneur, présidente de cérémonie. Il la vit se débattre, il la vit souffrir, et il en fut satisfait. L'entrave, s'était son sortilège. En scellant la tombe il y a des mois de cela avec l'aide d'un esprit, gardien du pentacle, il avait permis d'empêcher toute intrusion physique dans la tombe. Mais il avait plus ou moins consciemment empêché de cette manière toute exclusion physique également. Il n'aurait pourtant jamais imaginé que Noâz serait assez fou pour aller au bout de cette manœuvre, sans invoquer le conseil des prêtres en sus !

Apoline avait été bien prétentieuse d'accepter la mission que lui avait proposée Noâz et Noâz avait été bien fou de se croire en mesure d'affronter les puissances de l'Outre-Monde Et Elena... Elle aussi mêlée à toute cette histoire ! La nouvelle génération commençait bien mal... Ils étaient presque tous là, les péronnelles groupies de Noâz, il fallait lui reconnaître de très hautes qualités physiques et charismatiques, et même des anciens ! Les arrivistes qui préféraient effacer quelques unes de leurs valeurs pour garder les faveurs de leur Meneur. Vous parlez de conseillers ! Antoine n'en pouvait plus, cette mascarade grotesque fomentée dans son dos était intolérable !


- "INUTILE PAUVRES FOUS !!! Cette fois ce n'est pas un livre qui vous sauvera !"
- Qui le fera ?
- Vous ! En arrêtant cette scène ridicule, en abandonnant vos plans insensés.
- Et on remballe tout ?
- C'est un ordre !
- Tu vas les laisser crever ?
- L'unique personne bloquée par ce sceau est déjà morte.
- Notre Meneur et une de nos soeurs sont avec elle ! Bon sang, sauve-les !
- Mais ils n'ont qu'à laisser la Comtesse en paix et ils pourront revenir sans plus de mal que pour l'aller, Noâz le sait bien...
- On a besoin d'elle ! Europe veut nous exterminer, elle en a le pouvoir et son avertissement.
Nous sommes fragiles sans Alicia !
Nous avons besoin d'elle !
*à l'adresse des autres sorciers* VOUS NE BOUGEZ PAS ! CONTINUEZ ! VOUS ETES SOUS MES ORDRES !

- Non ! Nous serons forts ou nous ne serons rien !!! C'est à nous, les vivants, de trouver des solutions, des solutions droites et dignes !
- Tiens donc ! Et c'est quoi ta solution, nous voulons l'entendre !
- Ce n'est pas à moi de la trouver, je ne suis pas Meneur !
- Ah ! La belle affaire !
- Tu me déçois Apoline, tu me déçois beaucoup...
- De quoi ? De refuser de compter les mouches ?
- Insolente !
- Insolente pour vouloir sauvegarder notre tribu, mon sang, ma chair, ma dignité, celle de tous, afin qu’elle ne meure pas des mains de ces satanées d'Olrun. Insolente parce que je pleure devant toi. Insolente parce que j'ai osé soutenir notre Meneur, celui que tu détestes tant. Alors, oui, je suis insolente et franchement, j'en ai rien à foutre de tes idéaux, si tu ne veux pas faire ton travail ! Tu dois conseiller notre Meneur et tout ce que tu fais est de le mener à sa perte en refusant de faire ton travail. Alors oui, je suis insolente parce que je te remplace.
*aux autres* C'est bien, continuez, ne vous arrêtez jamais !

- Très bien, peut-être ai-je failli à mon devoir, mais sois humble à présent et laisse-moi donc le reprendre. Je vous ordonne à tous de vous arrêter à présent !
- *aux autres* Je vous en prie, Alicia est avec son fils et notre soeur, elle veut revenir parmi nous pour nous accompagner dans cette épreuve. Elle ne vous a jamais demandé de service, alors en son nom, je vous en conjure, continuez !
Humble est pour les riches, moi, je n'ai que le Lys pour exister. Ne me supprime pas ça, je t'en supplie, au nom de tous nos martyrs, aide-nous !
Alicia a besoin de toi, nous avons besoin de toi.
C'est son choix, je t'en prie.
Elle t'a accueilli et donné sa confiance, ne la trahit pas.
*encore aux autres* C'est bien, oui ! Merci, oui, comme ça, de toutes vos forces !
*A Antoine* Ils ont fait leur choix, aide-nous.

- Non, ils font le choix de celui qui les terrorise le plus, et présentement tu fais partie des tyrans. Sois raisonnable Apoline...
- Je sais ce que c'est vivre en tyrannie et c'est pas ça. Tu n'es pas une enfant qui est avec l'Aubergiste de la Croix-Rousse, tu n'es pas Marie Blanc. Le Meneur n'est pas un tyran, je vais te le prouver. *aux autres* Partez, si vous pensez qu'Antoine a raison. *une minute plus tard* Tu vois, personne n'est parti. Range ta rancœur, Antoine !
- C'est ridicule Apoline... Il doit y avoir une autre solution que cette abération...
Prenons le temps de la trouver

- Si au bout de cinq minutes, nous n'avons rien trouvé, tu les aideras à briser le sceau ?
- Bien sûr que non ! C'est puérile ! Il faut prendre le temps d'y penser !
- Justement, nous n'avons plus le temps et donc, nous n'avons que ce moyen.
Mais c'est tout à fait insensé ! Contre les règles divines ! Et surtout complètement disproportionné ! Elle va les écraser, toutes, nos frères et nos soeurs...
Nous combattons la garce qui s'est mouché dans les règles divines pour avoir le pouvoir, celle qui a commandité la mort d'Alicia et d'Amaël dans le vol de nos savoirs, ceux d'Olrun. Antoine, nous sommes le dernier rempart contre la folie d'Europe ! Alicia est notre unique chance, en cet instant, pour sauver ce qui reste d'Olrun.


Antoine revoyait le visage d'Océane et son regard fort, il voyait sa silhouette avancer du fond des ténèbres des Sous-sols et s'avançant sans marcher vers lui mais en flottant, calmement, légèrement, sans expression, sans prise avec ce débat, dans une robe d'objective splendeur, un joyau qui ne pipait mot, le message était le messager : regarde-moi et regarde la tribu d'Olrun, vois ma beauté et vois leur laideur, admire ma grandeur d'âme et juge leur petitesse d'esprit ! Aime-moi, méprise-les !!! Antoine voyait en une apparition courte et mystique, pure projection mentale, tout le travail de méditation qu'il pensait salvateur s'évaporer. Mais là n'était plus la question. Il ne s'agissait plus de lui, il ne s'agissait plus de ses valeurs, il s'agissait de vie ou de mort.

Il afficha si résigné que tous comprirent que dans la douleur de l'orgueil blessé et de la peur d'une faute, Antoine Vaudremont allait officier et libérer la tombe de son envoûtement. Dans un silence de mort simplement rythmé par les détonations sinistres de l'esprit d'Alicia cherchant à sortir, Antoine pointa du doigt le centre du cercle de sorciers, le pentacle.

“Esprit gardien, pardonne notre intrusion, mais le monde des vivants doit faire appel au monde des morts et l'une des vôtres doit nous rejoindre
- Mais cet esprit est puissant, cet esprit est grand, et cet esprit est beau, longtemps nous l'avons attendu, pourquoi concéderais-je à vous le rendre ? Qu'as-tu mortel, à m'offrir en échange ? Ton âme ?
- Je te fais le serment qu'elle sera restituée à l'Outre-Monde sous peu et que plus jamais nous ne vous dérangerons, ni toi ni elle. Pour le temps de ce prêt, je te rappellerai l'allégeance que tu dois à cette tribu qui a maintes fois aidé les tiens.
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MessageSujet: Re: De Profundis - RP caché   Dim 20 Mai 2012 - 21:45

Le pentacle se fissura diamétralement d'un coup. De la fente s'échappa une fine fumée sombre, ciselée et volatile comme des flammes noires. Les deux parties du pentacle lévitèrent doucement, comme portées par la chaleur de ce feu en négatif, par la force nébuleuse de cette fumée de dentelle pour laisser une grande ouverture circulaire sur les tréfonds complètement obombrés d'où remontaient les fumeroles délicates si propres à la magie de la Comtesse. A la surface de ce bain de ténèbres émergea enfin la mantille funèbre qui coiffait Alicia à son enterrement, puis on put découvrir son visage pâle et bleuté aux nervures violines à peine perceptibles, les traits de son visage étaient presque intactes à l'exception de leur couleur et de leur minceur maladive, marque de l'ascèse que la mort avait infligée au corps. Elle semblait s'être endormie dans un lac gelé ou s'être noyée dans un ciel d'hiver, parfaitement conservée, qu'un lustre blanc caressé par la Mort.

Lorsque tout son corps drapé d'une robe légère et noire, funèbre et grâcieuse, aux épaules aigues et puissantes, à la gorge dentelée, au buste serré et et aux manches étroites et strictes terminées par un entre-doigts couronné d'une griffe d'argent ornée de sa bague d'émeraude sempiternelle qui reflétait avec ferveur l'éclat vertigineux de ses yeux, eut fini d'atteindre la surface tout entouré de fumeroles noires, Alicia s'avança vers Antoine, sa célèbre et implacable neutralité sculpturale gravée sur le visage :


“Antoine, mon frère... Je suis infiniment fière de vous. Du fond de l'autre monde je n'avais pu voir et sentir la splendeur de votre pentacle protecteur, un chef d'oeuvre, un cadeau digne d'une reine. Et vous avez su faire preuve d'abnégation envers votre égo pour le bien de votre tribu. Vous êtes un prêtre exemplaire, et je vous jure sur mon honneur que je saurai venger notre belle Océane, au nom du Bien, au nom d'Olrun, et en vôtre nom,”

Alicia se tourna vers l'assemblée stupéfaite et leur sourit avec une force dans le regard qui ne trahissait aucune faiblesse.

“Mes sœurs… Depuis le temps que la menace plane sur notre tribu, depuis le temps que nous souffrons et faisons souffrir qu’à demi-mots, depuis le temps que nous essuyons les injures, depuis le temps que nous pleurons, depuis le temps que nous crions au ciel des prières inarticulées, il est temps de le dire ! Il est temps de relever la tête, il est temps de donner un sens ultime à sa vie et de le dire !

Aux armes !!!

Car vous êtes sorcières et sorciers, car vous avez fait appel aux dieux pour une sagesse inconnue du commun des mortels, vous avez fièrement consacré vos vies à votre tribu, et il est temps de signer votre allégeance, dans le sang, d’honorer notre pacte, avec la Mort !
Et quel honneur pour un fils ou une fille du Lys de rencontrer enfin notre grande prêtresse, l’ange sombre. Nous, n’avons pas peur d’elle, elle nous a toujours soutenus dans notre voie. Non, elle ne nous épargnera pas, n’y comptez pas, quel genre de dieu trahirait son impartiale grandeur ? Mais nous la connaissons, je la connais, personnellement, et je puis vous promettre que la Mort est belle, que la Mort est grande, et que la Mort est puissante !!!
Elle ne nous laissera pas impuissants face à l’ennemi, en son nom, je reviens vers vous prête à vous transmettre des arcanes magnifiques, des armes marquées du sceau du Lys entremêlé à celui de la Mort, des pouvoirs qui nous promettrons sinon de gagner, de pouvoir livrer un combat juste et digne.
Peut-être s’agira-t-il de notre dernier combat, dernier pas vers la fin, dernier pas vers la paix. Mais nous saurons prouver à la tribu d’Olrun combien il en coûte de sous estimer le Lys Noir ! Nous leur montrerons toute l’étendue du pouvoir fantastique que nous avons engrangé !
Nous leur apprendrons ce qu’il advient de ceux qui trahissent leurs dieux !
Soyez sans pitié !!! Car elles n’en auront aucune !!! Préparez-vous à mourir, préparez-vous à tuer !!!

Suivez mon cri de guerre, suivez l’ombre de mon vol !

Je ne vous promets pas la victoire, je vous promets la gloire !!!

GLOIRE AU LYS NOIR, GLOIRE A LA MORT, GLOIRE A OLRUN !!! »

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MessageSujet: Re: De Profundis - RP caché   Dim 3 Juin 2012 - 17:09

Alicia buvait les paroles de son fils et son aura augmentait lentement mais surement pour imploser. Europe trichait aux jeux des maîtres du monde et de l'Au Delà, l'ancienne Meneuse ne pourrait rester muette. A la fois protectrice et vengeresse, cette femme qu'Elena admirait tant ne pouvait être plus belle dans la ferveur que l’opportunité d'écraser Europe lui donnait. Dans la bulle d'Alicia, dans son alcôve, on ne pouvait percevoir la scène du monde réel qui opposait les sorciers de la nouvelle génération à Antoine Vaudremont. Le prêtre voyait son œuvre souillé par des enfants et il refusait de leurs venir en aide. Le monde d'Alicia vibra, du moins pour Elena. Elle se sentit déstabilisée un instant. La connexion commençait à peser sur les épaules des sorciers présents dans les sous-sols. Elle fixa Noâz puis Alicia pendant un furtif instant et garda dans sa tête les paroles qu'elle aurait voulu dire.
*Si on ne sort pas bientôt, on ne sortira plus jamais.*

Mais le jeu en valait la chandelle et la Meneuse c'était bien vite décidée. Non, elle ne laisserait pas son ennemie jurée s'amuser de tous sans agir. L'emprunt fait à l'Outre Monde était audacieux et la manœuvre pour le faire encore plus. Mais après tout c'était là les caractéristiques du Lys, traverser ce que personne n'avait encore traverser, voir ce que tout le monde refusait de voir. Vivre à travers la mort. C'était la plus grande expérience qu'ils accomplissaient.


Alors qu'Elena et Noâz rejoignait leurs corps respectif, Alicia s'élevait dans de sombres fumées et avec grâce. Lorsque Elena reprit ces esprits, elle vit Antoine. Sa présence ici avait du être la cause des vibrations précédentes et peut-être qu'Elena était la seule à l'avoir ressenti. Son lien avec son sauveur n'était pas trancher, comme celui avec Noâz. La marque spirituelle qu'ils avaient appliqué en pénétrant son esprit leurs conféraient un point commun étrange que la jeune femme ressentait en leurs présences. Le fait qu'ils soit tous deux ici lui fit ressentir encore un peu plus ce lien étrange. C'était comme une traînée de poudre qui peinait à s'évanouir dans les airs.
Alicia offrait un discours galvanisant à ses troupes. L'heure de la vengeance avait sonné et le temps était à la prise d'armes. Fière d'avoir participé à une mission qui aboutissait enfin, Elena laissa un instant son regard fuir vers le visage de Noâz. Plus tard, il aurait besoin d'elle, quand sa mère partirait à nouveau vers sa funeste demeure, ce couloir de portraits de vie. Et si pour l'instant il mourrait d'envie de lui dire qui il était, il se concentrait plus que jamais à cette tâche de second Meneur. Il était beau lui aussi, aux côtés de sa mère. On ne voyait que trop leur ressemblance dans cette façon d'être déterminé. Elle se prit à sourire, pour une raison qu'elle ignorait, mais cette grandeur qu'ils affichaient tous deux leurs donnaient des allures de monarques. Et cette puissance était magnifique.

"GLOIRE AU LYS NOIR, GLOIRE A LA MORT, GLOIRE A OLRUN !!!"



Ce chant était beau et les sorciers présent suivaient cet appel comme une incantation. La plus puissante de tous : la rage de vaincre. Gonflés d'orgueil et de courage, chacun savait ce qu'il restait à faire à présent. Démolir la tribu d'Olrun, démolir Europe et mettre les grimoires en de plus sages mains.

Et le lys serait-il être cette représentation impartiale? Luc aurait remit en cause cette pensée, c'était certain. Son apprenti n'aurait pas eu sa place ici et maintenant et elle se félicitait de l'avoir fait fuir. Il lui manquait indubitablement, mais à présent que personne n'entravait ses faits et gestes parmi le Lys, elle pouvait vouée son âme. Après tout, Alicia elle-même le disait, il ne fallait pas craindre la Mort mais l'accueillir avec une infinie reconnaissance, car elle offrait la connaissance et le repos.

Portée par l’allégresse Elena ajouta aux cris scandés une ôde aux meneurs.
"GLOIRE AU LYS ET GLOIRE A NOS MENEURS!"

Elle fut suivit par ses frères et sœurs. Et maintenant que les festivités commencent. Il faudrait préparer des stratégies et les exécuter avec soins. Elena était de ceux qui suivaient avec énergie et elle attendait à présent les ordres.
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De Profundis - RP caché

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