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 Un coin d'auberge.

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MessageSujet: Un coin d'auberge.   Dim 4 Nov 2012 - 2:57

La douce chaleur de l'été s'était répandue sur la ville. Alix aurait préféré rester chez son oncle le temps de cette saison, mais il avait fallu rentrer. Une lettre d'Eleonor était arrivée, décrivant d'étranges symboles apparus sur le front de certains habitants, et surtout, des rêves étranges à propos d'ange. Sigmund avait insisté pour partir rapidement, et voilà comment ils s'étaient retrouvés à nouveau à Forbach.

Parfois, elle se demandait pourquoi elle revenait. La vie ici était d'un compliqué ! Alors qu'en Suisse, elle était qui elle voulait, quand elle le voulait. Sa vie se rythmait sous le coup des lames à l'entraînement. Il n'y avait plus ni violons, ni prétendants, ni robes. La vie était simple. Toutefois, il était exclu d'abandonner sa famille, ou sa tribu. Sigmund devait avoir deviné les deux, car sinon il aurait certainement proposé à Eleonor de partir. Par bonheur pour la brune, aucun des deux n'avait été stigmatisé. Car il était certain que cela n'annonçait rien de bon. Ce genre d’événement n'était jamais de bon augure en cette ville.

Cela faisait un peu plus de deux semaines qu'ils étaient rentrés à Forbach, et Alix avait dû reprendre sa vie de sorcière et de jeune femme distinguée. L'ennui la guettait dangereusement, et ce soir, elle avait décidé de se faire une petite escapade nocturne. Comme à l'accoutumée, la jeune femme savait se faire discrète, et connaissait tous les chemins pour sortir du manoir sans problème.

Mais que voulait-elle faire ? Libre dans les rues de la ville, Alix errait tranquillement. Une petite brise fraîche parcourait les rues pour son grand bonheur. La vie nocturne de la ville n'était pas très animée, et ce soir, la brune avait besoin d'un peu d'action. Se promener ne suffisait pas. Heureusement, ses pas l'emmenèrent jusqu'à l'auberge où les chants des hommes déjà saouls s'échappaient. Elle poussa la porte, et alla se chercher un verre de vin au comptoir.

C'était toujours la même ambiance qui régnait à l'auberge. On chantait, on dansait, mais on buvait surtout. Parfois, une querelle en venait aux mains, d'autres fois restait dans l'alcool. Mais l'ambiance ne restait que rarement triste. Après avoir payé son verre et remercié l'aubergiste, Alix prit place à l'une des tables du fond, face à la porte. De là, elle pouvait observer toute la salle.

Jambes croisées, adossée contre sa chaise, elle pouvait siroter son vin tranquillement, en attendant que quelque chose se passe. Les airs chantés ne lui étaient pas inconnus, et parfois ses lèvres imprimaient les paroles. Alix ne passait que rarement inaperçue en ces lieux. Peu de gens appréciaient sa présence féminine, ou bien sa tenue. Une femme en pantalon de toile, et en chemise, ça n'était pas bien vu, malgré le corset qui ceignait sa taille, mais personne ne l'embêtait vraiment. Il fallait être idiot.

De toute façon, l'heure tardive lui permettait une certaine discrétion. Avec la soirée bien avancée, personne ne saurait raconter si la jeune femme avait bien des prunelles vertes. Dans le meilleur des cas, elle aurait à mettre en déroute un homme titubant, et dans le pire elle passerait une soirée calme, accompagnée par des chants paillards qu'elle connaissait bien.
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MessageSujet: Re: Un coin d'auberge.   Dim 4 Nov 2012 - 4:47

Francis venait de suer. Dans sa chambre du premier étage de l’auberge, l’aération n’était pas optimale. Il s’était rafraîchit au mieux à l’aide d’une guenille trempée dans sa bassine d’eau personnelle. La nuit ne faisait que commencer, il y avait encore du travail qui l’attendait en bas. Mais c’était une de ces soirées où son métier était relégué au rang de corvée. Aux yeux des clients, il paraissait toujours en appétit, mais la vraie chose était toute autre. Cependant, il fallait bien gagner sa pitance et les affaires n’étaient pas florissantes au point où il put se payer une soirée de congé, même si, honnêtement, les soûlons qui occupaient l’auberge à cette heure le répugnaient : de gros lourdauds soûls comme cochon aux dents manquantes, atteints de calvitie et d’embonpoint, vociférant contre les servantes, crachant plus que parlant, Francis avait la nausée rien qu’à penser à en satisfaire un de plus de son péché, se faisant cracher au visage qu’ils n’aimaient pas les hommes, que ce n’était qu’un passe-temps. Ils pouvaient bien se raconter ce qu’ils voulaient. Le jeune homme n’était pas l’individu le plus heureux au monde, mais il était convaincu de mieux vivre que ces hypocrites en s’avouant sans gêne son attirance pour les hommes. Pour eux, il n’était qu’un sodomite, mais pas eux. Tant mieux si cela leur permettait de se croire supérieurs.

Mais pour l’instant, Francis descendait l’escalier en ne pensant qu’à un cidre rafraîchissant avant de se remettre au travail. Les aubergistes connaissaient ses habitudes, aussi, une servante avait-t-elle préparé sa chopine en le voyant arriver aux bas des marches. Il avait enfilé sa veste au velours râpé par-dessus sa chemise de lin ouverte sur sa poitrine imberbe malgré la chaleur. Il alla à la rencontre de la servante et fit mine de sortir sa pièce se son oreille avant de la lui remettre et lui caressa la joue de son pouce au passage, esquissant un sourire enjôleur. La servante gloussa en rougissant se dépêchant de retourner derrière son comptoir. Francis aimait bien jouer ainsi, mais jamais il ne se montrait grossier ou discourtois envers les filles de service, contrairement aux ivrognes qui prenaient toutes les femmes qui passaient pour des filles de joie. Sans doute que l’occupation de Francis l’aidait à comprendre ce genre de chose, mais ce n’était tout simplement pas dans sa nature de se comporter ainsi. Les femmes, il aimait les séduire pour ce qu’elles étaient, pas pour ce qu’il pouvait obtenir d’elles. Lui qui connaissait les deux mondes, c’était ce qu’il aimait chez elles : douces, fragiles, elles recherchaient avant tout la tendresse, et alors, Francis leur apparaissait comme un chevalier servant, un confident attentif sur l’oreiller. Malheureusement, les clientes n’étaient que trop rares. Il avait bien une ou deux clientes d’un âge respectable et esseulées qu’il visitait à domicile à l’occasion, mais l’essentiel de sa clientèle se composait d’hommes qui tenaient à préciser qu’ils n’aimaient pas réellement les hommes, mais qu’ils trompaient quand même leur femme avec un jeune homme parce que… Leurs raisons se perdaient toujours en balbutiements.

En balayant la pièce du regard, Francis repéra bien un ou deux prospects potentiels. Il était facile de le deviner par le regard soutenu et gêné qu’ils posaient sur lui. Pendant que les autres hommes attrapaient les prostituées par la taille, les asseyant sur leurs genoux sans gêne, ces autres hommes faisaient mine de s’y intéresser, mais ils revenaient toujours sur Francis. Ce dernier en avait choisi un et il était sur le point de le rejoindre quand son regard buta sur la personne qui détonait le plus dans cet environnement crade et particulièrement à cette heure où seuls les rats des bas-fonds sortaient encore pour boire. Cette jeune femme avait la peau claire, non encore assaillie par les intempéries de la vie. Elle devait avoir une vie confortable sans savoir si elle était de sang noble ou si elle était seulement la fille d’un quelconque marchand ayant prospéré. Ses vêtements aussi étaient singuliers. Elle portait le pantalon comme les hommes, mais elle avait conservé le corset qui cintrait sa taille, comme peu de femmes osaient sortir sans. Ce vêtement était un mystère pour les hommes, même pour Francis. Il avait, certes, l’avantage de galber langoureusement les hanches et les seins, mais il apparaissait aussi comme un instrument de torture. Francis adorait les délacer, c’était comme laisser tomber les barrières. Si une femme se montrait timide au premier abord, une fois qu’elle en était débarrassée, elle s’abandonnait complètement. C’était aussi peut-être à cause de la difficulté de le relacer, se disant qu’elles se donnaient cette peine pour quelque chose.
Francis bifurqua donc de sa première visée, et se dirigea vers cette jeune femme qui l’avait captivé.

- Vous savez, j’ai tendance à penser qu’une femme de votre condition fréquentant les auberges, à ces heures où seules les filles de petite vertu le font, doit forcément chercher les ennuis, ai-je tort?
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MessageSujet: Re: Un coin d'auberge.   Lun 5 Nov 2012 - 0:08

La soirée se poursuivait sans réel accroc. Les soûlards se saoulaient, les prostituées flirtaient, et les autres... faisaient ce qu'ils faisaient. Alix s'amusait de ce tableau à chaque fois, regardant les aubergistes s'affairer au travail. Personne ne faisait réellement attention à elle, et pour le moment cela lui convenait parfaitement. Même si elle avait envie d'action, il fallait croire que certains soirs étaient juste à mourir d'ennui, et elle l'acceptait. Le temps s'écoulait avec une lenteur immuable, et si l'on ne voulait pas aller se coucher il fallait bien faire avec.

Aussi, elle refit son stock de chansons paillardes pour la soirée. Après quelques semaines passées en Suisse, les paroles s'étaient un peu estompées, il fallait donc qu'elle revoie ses classiques, ce que les ivrognes du coin semblaient faire avec plaisir. Au moins, l'ambiance était meilleure qu'à la maison.
Les derniers jours avaient été pesants. Rentrer à Forbach, déjà, n'était pas une partie de plaisir. La fatigue du voyage vous rendait plus irritable, sans compter que vous n'étiez pas toujours heureux de revenir vous perdre en ces lieux. Alix préférerait voir le monde, et vivre autant d'aventures comme son oncle. Elle se souvenait parfaitement de chaque histoire qu'il lui avait raconté étant enfant, et elle aimait toujours autant l'entendre en parler. Sigmund ne le faisait plus vraiment à présent. Le vieux baroudeur était presque devenu casanier. Presque.

Alors, il était logique qu'elle cherche aventure ailleurs. Puisqu'elle ne pouvait pas partir, et qu'elle détestait le mode de vie que lui imposait sa mère, la brune revêtait silencieusement sa cape et disparaissait dans la nuit. Oui, elle pouvait très bien se faire agresser, mais peu lui importait. Le silence de sa chambre lui était bien plus oppressant. Les lourdes tapisseries qui ornaient ses murs lui semblaient parfaitement ridicules, et allongée dans son lit, à attendre un quelconque sommeil, le temps se faisait encore plus long.

Voilà donc la raison de sa présence à l'Auberge de la Croix Rousse à une heure inhabituelle pour une jeune femme.

Alors qu'elle n'en était qu'à la moitié de son verre de vin, absorbée par ses pensées tandis que son index battait la mesure sur son godet, Alix vit que l'on venait vers elle. Elle tourna ses prunelles vertes vers la personne qui s'approchait, et l'ombre d'une surprise se lut dans ses yeux lorsqu'elle découvrit un jeune homme qui paraissait sobre. Du moins, il ne titubait pas. Il ne lui fallut qu'une seconde pour l'examiner des pieds à la tête, et cela dû lui plaire, car un petit sourire s'afficha sur le visage de la brune.
Il était plus jeune qu'elle, peut-être de l'âge de Narcissa ou Danielle, peut-être plus. Oui, il faisait plus, avec l'éclat de son regard qui laissait à penser qu'il savait quelque chose de plus. Cela amusa Alix, allez savoir pourquoi. La petite phrase d'approche qu'il utilisa élargit un peu plus son sourire. Visiblement, ça lui plaisait.

A mon avis vous pensez trop !

Alix but une gorgée de son vin fruité, toujours souriante, le regard rivé dans les yeux clairs du jeune homme qui l'abordait. Que venait-il chercher ici ? Elle se faisait normalement toujours aborder par des hommes louches, saouls, ou bien les deux à la fois, mais des sobres à l'attitude convenable, ça n'était pas tous les jours.

Mais asseyez-vous, et continuez donc vos théories. Il semblerait que vous soyez l’événement le plus palpitant de ma soirée.

Elle allait lui proposer de lui offrir quelque chose à boire, après tout c'était peut-être pour cela qu'il venait lui parler. Il était plutôt visible qu'elle pouvait s'offrir plusieurs verres ici avant d'être à sec. En voyant qu'il avait déjà une chopine en main, sa curiosité continuait d'être piquée. Aussi, se contenta-t-elle de pousser doucement la chaise à côté d'elle du pied et l'invita à s'asseoir avec un sourire.

Quel est votre nom ?


Dernière édition par Alix de Charme le Lun 5 Nov 2012 - 12:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un coin d'auberge.   Lun 5 Nov 2012 - 7:18

La demoiselle n’était pas restée de glace face au charme du jeune homme, c’était manifeste, et Francis en était ravi. Il aurait été surpris, d’ailleurs, qu’elle le repousse, non parce qu’il croyait être irrésistible, mais parce qu’une jeune femme de classe ainsi vêtue dans un environnement aussi glauque recherchait forcément l’aventure, sinon elle se serait plutôt réfugiée dans un couvent. Sa réplique sertie d’un large sourire l’amusa d’ailleurs. Si on pouvait accuser Francis de bien des maux, il était rare qu’on lui reprochât de trop penser. Ainsi la phrase le fit sourire. Il ne se considérait pas comme un benêt, mais il ne croyait pas non-plus être particulièrement malin. Ou alors aurait-il trouvé un moyen de s’extirper de sa condition. Bien qu’il n’arrivât pas à déterminer si cette vie était le résultat d’une naissance misérable ou bien d’une lacune au niveau intellectuel. Mais Francis ne s’en formalisait pas. La conscience d’être plutôt agréable à regarder le confortait et au fond, il n’avait pas vraiment envie de changer de vie.

Il n’avait attendu que l’invitation de la demoiselle pour s’asseoir. Sur bien des points, il était un vrai gentleman, les hommes de la haute n’avaient pas à hausser le menton devant lui, au niveau courtoisie, il était se débrouillait comme un noble. Il avait jeté un coup d’œil du côté de son précédent prospect, et finalement, il avait préféré tenter sa chance avec la jeune femme. Elle était bien plus agréable à regarder après tout et elle, au moins, semblait avoir de la classe, ce qui changeait un peu. Il avait conscience, en prenant place sur le siège vide à côté d’elle, qu’ils n’étaient pas du même rang en regard de la société, mais il avait tout de même l’impression d’être en compagnie d’une personne un peu plus à son niveau que les balourds rouges d’ivresse qui prenaient place un peu plus loin. Elle le qualifia d’évènement le plus palpitant de la soirée, ce qui ne manqua pas de plaire à Francis. Elle ne savait peut-être pas à quel point il pouvait pimenter sa soirée.

Il déposa son verre sur la table et s’installa sur la chaise de manière décontractée, un coude reposant sur le dossier, une jambe pliée et l’autre étendue de tout son long, tout près de toucher le pied de la demoiselle. Il s’était placé de manière à avoir le loisir de détailler son physique sans trop avoir l’air de la lorgner. Avec les femmes, le truc n’était pas reluquer leur poitrine, contrairement à ce pensaient bien trop d’hommes de peu de classe, il fallait se concentrer sur leurs lèvres, puis remonter vers les yeux, c’était là qu’on dénotait les signes d’un potentiel intérêt. Les seins étaient bien jolis à regarder, mais ils ne disaient rien. L’homme qui travaillait bien à respecter l’anatomie féminine dans les limites du bon goût se voyait toujours récompensé par la suite, alors qu’un trop pressé risquait de se prendre une baffe. Quand à la jeune femme, Francis jugea que s’il y avait une partie de son corps sur lequel il devait se concentrer, il s’agissait de ses yeux d’un vert qui prenait des accents émeraude à la lumière des chandelles et des lampes. Pour le reste, un coup d’oeil rapide lui avait permis de constater un physique de femme se classant dans la normalité, bien proportionnée, mais ni ses hanches ni sa poitrine ne ressortaient particulièrement. Son atout était définitivement ce visage de poupée aux accents un peu effrontés. Une poupée rebelle.

Elle lui demanda son nom.

- Je suis Francis

Puis il se redressa sur sa chaise et saisit délicatement la main de son interlocutrice. Préparé au baisemain.

- Mais je suis grossier, dit-il, à qui ai-je l’honneur?

Un sourire moqueur aux lèvres, il ne put s’empêcher de rire devant son propre comportement.

- Pardonnez-moi de paraître aussi pompeux, mais j’ai rarement l’occasion de déblatérer ces âneries. Pourtant, je devrais sans doute comprendre que si vous venez ici, ce n’est pas pour retrouver les sempiternelles formules toutes faites. Sinon, je peux aussi vous prendre par la taille et vous asseoir sur mes genoux, c’est à vous de voir.

Le ton et le sourire traduisaient certes l’humour.
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MessageSujet: Re: Un coin d'auberge.   Mar 6 Nov 2012 - 22:13

L'individu s'installa donc avec elle, et Alix commençait déjà à regarder à nouveau les scénettes qui se jouaient dans l'auberge. Elle pensait à tort qu'il se contenterait de lui faire la discussion. Après tout, vu la carrure de ce Francis, il ne venait certainement pas se battre. La manière dont il était vêtu aussi, dénotait qu'il était là pour parler. Il aurait pu paraître un tant soit peu noble, si ses vêtements n'étaient pas usés. Alix ne s'en formalisait pas. Si elle était habillée de vêtements distinctement plus riches dans leurs matières et leur bon état, elle ne pensait pas en jouer, et considérait largement qu'un emballage ne valait pas ce qu'il y avait à l'intérieur.

Néanmoins, Francis, une fois qu'il se fut présenté, lui attrapa la main avec douceur. Surprise de ce geste, la jeune femme tourna son visage vers lui en un regard interrogateur. Voilà qu'on voulait lui faire un baisemain ! Vraiment, elle s'était attendue à pas mal de chose, mais pas à cela. Elle se laissa néanmoins faire, curieuse de voir ce qu'il allait lui raconter.

Et au final, elle n'était pas vraiment certaine de ce qu'il exprimait. Son ton était plus ou moins moqueur, mais elle n'était pas certaine que cela la vise elle. Après une seconde de réflexion, la brune estima qu'il s'amusait de la situation, et de la voir en ces lieux. Alix n'était qu'à demi consciente qu'il était en train d'essayer de la charmer. Certes, lui prendre la main pour un baisemain rentrait plutôt dans ce sens, mais la brune était surtout consciente qu'elle n'était pas irrésistible. Elle avait un peu de charme, peut-être, avec son naturel déconcertant pour une femme de sa condition, mais certaines prostituées dans la salle étaient bien plus belles qu'elle. La différence, était encore qu'Alix avait de la classe.

Sans être trop brutale, la jeune femme récupéra sa main, mais se redressa sur sa chaise. Légèrement penchée vers lui, elle fixait Francis presque avec une lueur de défi.

Si je viens ici, ça n'est pas non plus pour être prise pour un fille de petite vertu, Francis. Il me semble qu'il y a possibilité d'adopter une conduite entre les manières douteuses et les manière pompeuses, n'êtes-vous pas d'accord ?

Alix reprit une gorgée de vin sans lâcher du regard l'homme qu'elle avait invité à sa table. Sa question ne nécessitait pas forcément de réponse, et il n'était même pas important qu'il y réponde. Si elle voulait un défilé de prétendants, il lui suffisait de rester chez elle. Sa mère s'occupait parfaitement bien d'essayer de la marier. S'il était là pour son titre ou son argent, il allait être déçu. Et au reste, il aurait pu choisir un autre lieu qu'une auberge.
Néanmoins, il ne semblait pas être le prétendant qu'elle aurait du mal à faire renoncer. Au pire, elle lui collerait son poing sur la joue, ça devrait être suffisant. Elle avait toujours su trouver d'autres solutions pour les faire fuir, mais puisque cette fois-ci ils étaient dans une auberge...

Je suis Alix, dit-elle simplement avec le sourire. Puisque lui-même n'avait pas spécifié de nom de famille, elle n'avait pas à donner le sien. Et puis même si une bonne partie de l'auberge pouvait lui dire qui elle était, elle n'avait pas forcément envie de le voir débarquer chez elle pour raconter à qui voulait le savoir qu'elle osait traîner en ces lieux indignes de son statut.

Et, bien qu'enchantée d'avoir un peu de compagnie qui connaisse la politesse, je suis forcée de vous le demander : qu'est-ce qu'un homme, boisson à la main, fait encore sobre à une heure pareille ? Il semblerait que vous ayez du retard à rattraper en la matière.

Se disant, elle fixa l'homme à qui Francis avait jeté un coup d’œil avant de s'asseoir, ce qui ne lui avait pas échappé. Elle s'était simplement dit, puisqu'elle n'avait pas vu Francis passer le pas de la porte, qu'il était avec eux depuis le début de la soirée.

Alix reporta son attention sur le jeune homme aux yeux clairs, un sourire amusé sur le visage, se demandant s'il supportait bien l'alcool. Elle n'avait aucune idée de ce qu'il pouvait bien boire, mais depuis qu'il s'était installé, il n'y avait pas touché du tout. Avait-elle un pouvoir plus hypnotisant qu'un peu d'alcool ? Elle en doutait largement.

Il vous faut peut-être quelques verres de plus, non ? Que buvez-vous ?
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MessageSujet: Re: Un coin d'auberge.   Mer 7 Nov 2012 - 8:31

Alix promettait finalement d’être une difficile, pensa Francis. Il reconnut alors là qu’elle ne semblait pas comprendre qui il était… Fallait quand même dire qu’il ne le criait pas sur les toits, particulièrement dans les milieux aisés, d’où elle était probablement originaire, mais il aurait cru qu’une jeune femme n’ayant pas peur de se mêler à la plèbe qui peuplait les auberges de nuit, aurait pu se douter de quelque chose. Quoi qu’il en soit, le jeune homme ne se laissa pas décourager, il décida de parler le même langage qu’elle et de ne plus faire d’humour douteux… Malgré tout, il se demandait s’il faisait bien. Si elle était aussi coincée qu’elle le laissait paraître à ses yeux, peut-être perdait-il son temps. Mais il aimait les défis, et il y avait quand même de bonnes raisons de croire qu’elle pourrait se laisser tenter. Elle était de la haute, pas mariée, comme en faisait foi son annulaire nu, donc encore fille qui aurait dû être dans son lit à cette heure, mais elle n’y était pas, elle était là, habillée à moitié en homme, là où, malgré sa bonne vertu, n’importe qui aurait pu faire traîner des racontars sur sa nature de dévergondée, menaçant ainsi son avenir, un possible mariage avantageux pour sa famille… Et c’était peut-être ce qu’elle voulait. C’était là-dessus que Francis comptait, s’il l’avait bien jugée. Mais même s’il se trompait, une fille du genre traînant au milieu des soûlons cherchait probablement quelque chose, et ce n’était pas à boire un verre tranquille dans un coin sombre, auquel cas, elle se serait servi un verre de vin dans la cuisine de la résidence familiale.

Francis reprit sa position confortable sur sa chaise et prit une gorgée de son cidre. Pendant un moment, il se concentra sur les habits de son interlocutrice et pensa, avec amusement, que mis à part le corset, c’était la première fois qu’il enviait les habits d’une femme. En effet, les vêtements étaient de bonne couture, ils semblaient presque neufs et même les couleurs lui plaisaient, alors que lui, ne se souvenait même pas depuis quand il portait les mêmes fripes. Pour continuer la conversation sur de bonnes bases, il décida d’aller dans le même sens que la demoiselle quant à connaître le juste milieu entre deux comportements.

- Je vous l’accorde. Pardonnez cette maladresse… Mais j’espère que vous avez compris qu’il s’agissait d’une plaisanterie mal tournée, jamais je n’aurais osé me montrer aussi peu courtois avec une dame.

Les questions qui suivirent confirmèrent qu’Alix ne semblait pas se douter de qui était Francis. C’était normal après tout, toute une classe de gens ignoraient ou préféraient ignorer l’existence de prostitués de sexe masculin. Si les filles de joie étaient certes, décriées comme des filles de mauvaise vie et marquées du fer de l’infâme péché de luxure, les hommes qui s’adonnaient à la même activité, quant à eux, risquaient surtout de se faire battre à mort par des bigots inquisiteurs, parce que leur déviance sexuelle était tout simplement la marque de Satan lui-même.

- Doit-on absolument rouler sous la table pour fréquenter tardivement les auberges? Je ne suis pas un grand buveur, je préfère être lucide peu importe l’heure qu’il est.

Ainsi, il déclina poliment l’offre de la demoiselle de lui payer d’autres verres.

- Ne vous donnez pas cette peine, je vous en pris, j’ai à peine touché à mon cidre.

C’était la vérité, Francis buvait comme tout le monde, parce que l’alcool semblait plus salubre que l’eau et par sociabilité, sans plus. C'était un autre vice qu'on aurait pu être tenté de lui attribuer alors qu'il n'en était rien. Surtout quand il travaillait, il tenait à ne pas se faire avoir. Toujours être plus sobre que le client. Il espérait qu’Alix n’y verrait aucune mauvaise foi.

- Et si on parlait de vous, mademoiselle Alix. Vous conviendrez qu’entre vous et moi, c’est votre présence en ces lieux qui semble d’autant plus étrange. Je ne plaisantais pas quand je vous ai abordée tout à l’heure : vous cherchez les ennuis, mademoiselle?

La question était on ne peut plus légitime selon Francis, même si elle pouvait paraître effrontée. Mais le jeune homme était d’avis qu’il n’y avait pas de rond de jambe à faire dans les circonstances, c’était elle qui détonait dans le décor, et, effectivement, bien des gens se seraient demandé pourquoi flirter avec le danger? Les hommes dans l’autre coin, au bout d’un moment, ne se le demandaient plus et pour eux, tout voulait dire oui.
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MessageSujet: Re: Un coin d'auberge.   Jeu 8 Nov 2012 - 2:22

Francis refusa. C'est avec une certaine déception non dissimulée que Alix s'adossa à nouveau sur sa chaise. Son invité ne voulait pas jouer. Du moins, pas à cela. Dommage. Ou peut-être ne tenait-il pas l'alcool. Dans tous les cas, il restait avec son cidre.
Toujours était-il qu'elle ne voyait pas pourquoi il était venu l'aborder, et cela commençait à l'ennuyer. La jeune femme regarda à nouveau autour d'elle, les filles de l'aubergiste s'activaient, slalomant entre les soûlards, pour pouvoir délivrer leurs boissons. Les chants reprenaient parfois leur vigueur entêtante. C'était distrayant un temps, mais peut-être était-il temps de partir ?

C'était lui, qui se mettait à être curieux, et reposa la même question qu'un peu plus tôt. Certes, la brune avait conscience de dénoter un peu dans le décor, mais elle n'en voyait pas le mal. Et, soit dit en passant, les femmes qui se demandaient ce qui se passait à l'auberge auraient été bien déçues. La plupart du temps, rien ne s'y déroulait de bien palpitant. Du moins, aux yeux de la brune, c'était d'une routine déconcertante. Mais à chaque fois qu'elle revenait de Suisse, elle avait du mal à se réaccoutumer à la vie que lui promettait sa mère à Forbach. Le pire était que cette ville ne pouvait souffrir du qualificatif "d'ennuyeuse", mais pourtant, la jeune femme ne l'avait jamais aimé. Elle aurait voulu aller voir un peu plus loin encore.

Alix reporta son attention sur le jeune homme. Il était insistant à ce sujet, qu'est-ce que cela prouvait ? De la curiosité, sans doute, et de l'entêtement. Deux qualités qu'elle aimait beaucoup. Ses opales vertes le jaugèrent encore ouvertement, et une seconde plus tard, elle avait décidé qu'elle pouvait bien lui dire ce qu'il en était. Normalement, elle faisait une pirouette pour ne pas y répondre vraiment, car capricieux était le riche qui ne se plaisait pas dans sa bonne fortune, mais ce soir... ça ne lui semblait pas bien grave.

Avec un petit soupir, la jeune femme se pencha à nouveau un peu vers lui, appuyée de ses coudes sur la table. Généralement, elle ne restait pas plus d'un seul verre dans l'auberge, incapable de rester en place plus longtemps, et cela commençait à se sentir. La soirée l'ennuyait, et n'était pour l'instant pas plus intéressante que si elle était restée dormir au manoir.

Je ne peux pas affirmer être très... conventionnelle dans ma manière d'être. Alors tout dépend du point de vue où vous vous placez. Mon attitude peut m'attirer des ennuis, comme en étant ici par exemple, ce qui est d'ailleurs déjà arrivé, mais de mon point de vue, je ne fais rien de mal. De ce fait, je ne pense pas chercher les ennuis, mais il est vrai que j'en attire régulièrement où que j'aille.

La seconde qui suivie entraîna un large sourire amusé chez la jeune femme qui secoua légèrement la tête.

A vrai dire, à m'entendre, j'ai l'impression d'être mystique...
Bon, disons simplement que ce n'est pas parce que l'on a de l'argent que l'on est heureux, contrairement à ce que l'on pourrait croire. Au risque de paraître capricieuse, ma vie m'ennuie, tout simplement. Rythmée par les cours de convenance, les entretiens avec des hommes qui en veulent à mon titre, et les dîners mondains, elle m'ennuie. C'est comme cela, je n'y peux rien. J'ai l'impression que la vie, c'est autre chose. Je ne cherche pas les sensations fortes, mais bien à être autre chose que ce que mon titre voudrait que je sois.


Alix s'adossa à nouveau, l'air sereine. Sa main commençait à jouer avec les bords de son verre presque vide tandis qu'elle fixait les belles prunelles de son interlocuteur, en attente d'une réaction. Elle aurait pu simplement lui répondre que ce qu'elle faisait ici n'était pas ses oignons à lui, mais allez savoir pourquoi elle avait décidé de le lui expliquer. Ça n'avait pas vraiment d'intérêt à vrai dire, mais il avait voulu savoir.

Alors voilà, Francis, vous savez tout. Oui, peut-être que sans même m'en rendre compte, je cherche les ennuis.

Il ne restait qu'une vraie question dans la tête de la jeune femme : qu'allait donc faire Francis de cette information ? Car il savait. Il avait cette petite lueur dans le regard, depuis le début, celle qui la narguait en lui faisant savoir qu'il en savait plus qu'elle. Et pourtant, il ne ressemblait pas à un homme mêlé aux ennuis.
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MessageSujet: Re: Un coin d'auberge.   Jeu 8 Nov 2012 - 4:52

Alix répondit franchement à la question, ce qui ne déplu pas à Francis. Elle avait semblée méfiante depuis qu’il l’avait abordée, certes, il voyait plus loin qu’une simple conversation, mais jamais il n’avait forcé personne. Si ses tentatives étaient infructueuses ce soir, au moins, il aurait eu une conversation intéressante. Peut-être la jeune femme comprenait de quoi il retournait mieux que ce que Francis imaginait. Dans ce cas, si elle ne l’avait pas encore viré de sa table, c’était peut-être bon signe. Mais le jeune homme ne voulait pas qu’elle le perçoive comme un prédateur. Il travaillait d’abord pour lui, certes, mais parfois, il se vantait d’offrir un service. C’était tabou, mais c’était quelque chose dont plusieurs gens avaient besoin. C’était la vie, il ne fallait pas chercher à comprendre.

Il écoutait attentivement. Il comprenait qu’Alix s’ennuyait dans son monde, dans son histoire toute écrite d’avance. Autrefois, Francis était le genre de pauvre à penser que les riches râlaient seulement parce qu’ils n’avaient rien d’autre à faire de leur vie, puis il avait rencontré Adal. Il s’était émancipé depuis la mort de sa mère et depuis qu’il vivait heureux dans les bras d’Alexandrine d’Hasbauer, mais il avait souffert toute sa vie de l’indifférence de la comtesse et de tout le monde. Il existait des conventions dans le haut monde selon lesquelles le deuxième né ne méritait aucune attention de la part des autres, considéré comme un enfant inutile, parce qu’il n’était pas héritier. Et les filles n’étaient bonnes qu’à se faire épouser pour les ambitions de leur famille. La vie de Francis était loin d’être parfaite, mais au moins il était libre de faire ce qu’il avait envie de faire. La seule personne en travers de son chemin était lui-même.

Cela se voyait qu’Alix avait été honnête, elle n’affichait pas un air arrogant, elle semblait attendre que quelqu’un la conforte dans ce qu’elle venait de dire. Était-elle seulement une des rares personnes en ce monde à laisser tomber le masque des convenances pour être elle-même ou était-elle seulement une fille de riche qui ne savait plus quoi faire de son temps? Francis regretta au fond de lui-même de ne pas arriver à faire preuve d’autant d’honnêteté sur sa vie avec une parfaite inconnue. Mais dans son idée de vendre du rêve, il était tout simplement incapable d’avouer que sa vie n’était qu’une suite d’événements malheureux et pathétiques. Il tentait de se convaincre lui-même qu’il était issu d’autre chose.

- Vous essayez seulement d’être vous-même et c’est quelque chose dont vous pouvez être fière, je crois…

Il avait parlé sans arrogance aucune, avec la sérénité que lui transmettait son interlocutrice. Mais il n’oubliait pas la raison première de sa présence et il avait noté un seul élément duquel il doutait dans les explications d’Alix, il était convaincu qu’elle cherchait à vivre des aventures. Aussi décida-t-il, qu’il s’était suffisamment dépensé en palabres, la soirée avançait. Le prologue était passé, il était temps d’entrer dans le vif du sujet. Le seul point sur lequel Francis était toujours franc en ce concernait sa personne, il l’exposait de manière directe, sans jamais forcer la main. Dépendant du client potentiel, il jouait parfois dans les sous-entendus avec un langage corporel explicite. C’est ce qu’il aurait fait avec un des types qu’il avait repéré plus tôt, mais ce cas-ci était différent. Aller en douceur nécessitait parfois d’exposer franchement le fait, c’était aussi une marque de respect selon Francis, et d’après ce qu’il avait entendu et observé, Alix méritait son respect.

- Puisque vous avez été franche avec moi, je serai franc aussi. Je gagne ma vie en vendant mon corps. Je ne veux pas que vous soyez effrayée, choquée ou même vexée que je me sois adressé à vous. Quand je dis que je vends mon corps, vous devez comprendre que je vends ce que vous savez, évidemment, mais aussi ma tête et mon cœur.

Sur ce, Francis jugea avoir été suffisamment clair, il avala une autre gorgée de son cidre.
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MessageSujet: Re: Un coin d'auberge.   Mer 5 Déc 2012 - 0:12

L'aveu de Francis continuait la ligne d’honnêteté que les deux jeunes gens avaient adopté. Se connaissant depuis quelques instants à peine, la conversation avait pourtant pris une tournure de franchise inespérée à une heure pareille dans une auberge.
Mais plus que cela encore, l'aveu que venait de prononcé le jeune homme laissa la jeune femme stupéfaite. Elle ne le fixait pas avec un regard nouveau, mais un intérêt s'éclairait. Cette fois, elle comprenait pourquoi Francis avait cette lueur dans le regard. Il savait effectivement des choses qu'elle ne savait pas. Les yeux ne mentaient pas sur ce point là, jamais. Ceux de Francis brillaient de malice et de savoir. Il était tel le gardien d'un art interdit, amusé de l'ignorance de ses sujets.

Oh...

Incapable d'en dire plus pour le moment, Alix rassemblait ses pensées. A présent, elle ne prêtait plus aucune attention à ce qui l'entourait. Ni l'ambiance de l'auberge, ni le peu de liquide qui restait dans son verre ne saurait détourner son attention de Francis, et c'était bien la preuve qu'elle était captivée. Toute trace d'ennui s'était effacée, et cela était bon signe pour le jeune homme.

Qu'attendait-il d'elle ?
Interdite, Alix sembla attendre un moment. Quelques secondes, tout au plus, qui lui semblèrent un des plus longs moments de mutisme qu'elle eut vécu. Cette réaction, au côté mélodramatique, s'expliquait tout simplement par le fait que l'on entrait dans une zone qu'elle ne connaissait pas. Dans ce domaine, la jeune femme n'était jamais allée bien loin, car cela ne se faisait pas. Elle avait reçu une bonne éducation, et si Alix n'hésitait pas à enfreindre les règles qu'on lui imposait, celle-ci restait, étrangement.

Je ne sais pas vraiment quoi dire.

Toujours honnête, la brune plissa les yeux, et chercha à retrouver une contenance en croisant les jambes. Elle ne se sentait pas nerveuse, ou mise au pied du mur. Elle était juste confuse, et ne savait pas vraiment quoi faire.
A dire vrai, elle n'avait même jamais imaginé une seule seconde qu'un homme pouvait faire ce métier. Quelle clientèle pouvait-il donc avoir ? Les femmes ne devaient pas se bousculer devant sa porte, non ? A moins que les hommes...
Oh... Oui, bien évidemment...

L'imagination d'Alix n'avait jamais été très productive sur ce point là. Elle ne s'y était jamais vraiment intéressée, à vrai dire, et ses lacunes sur le sujet ne lui avaient jamais porté préjudice jusqu'à présent. Mais un certain côté d'elle-même était intrigué. Quelle clientèle pouvait avoir ce jeune homme ? Quels secrets lui étaient révélés ? Et si Francis prenait soin de choisir ses clients, c'est qu'il le pouvait se le permettre. Pourquoi un tel choix de carrière ?

Vous êtes donc venu me voir dans ce but ?... A dire vrai, c'est bien la première fois. Je vous avoue n'avoir jamais imaginé un homme faire ce travail. Les lacunes de mon éducation, sans doute...
Je crains que mon inexpérience dans ce domaine ne fasse pas de moi le meilleur choix que vous ayez pu faire ce soir.


... Dites-moi, comment choisissez-vous ?
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MessageSujet: Re: Un coin d'auberge.   Mer 5 Déc 2012 - 5:19

Francis se doutait bien que cette «révélation» troublerait au moins un peu son interlocutrice, mais d’un autre côté elle fréquentait les auberges en pleine nuit, elle devait bien s’attendre à rencontrer des gens bien peu recommandables et dont les occupations étaient on-ne-peut-plus obscures. Ce que faisait le jeune homme était, certes, peu commun et facilement condamnable, mais au moins ne faisait-il de mal à personne, sinon à lui-même – à l’occasion, parce qu’il devait bien s’avouer qu’il y prenait parfois du plaisir, sinon, aussi bien crever. Il comprit facilement en constatant l’expression d’Alix qu’elle était totalement inexpérimentée en la matière. Non seulement cela, mais il se lisait sur son visage qu’elle ne s’était douté absolument de rien. Les femmes ne pensaient pas à ce genre de choses, ou du moins, beaucoup moins que les hommes, avait remarqué Francis. Et les jeunes femmes non mariées, tout particulièrement de noble naissance, demeuraient candides comme des fillettes jusqu’au soir de leur nuit de noce. C’était sans doute le cas d’Alix. Francis sourit intérieurement. Il ne se moquait en rien de la jeune femme. Il pensait à sa pureté qu’il s’amusait à essayer de «corrompre». Bien que ce jeu était amusant, les petites fées ingénues étant facilement impressionnables, mais jamais Francis ne forçait qui que ce soit, il faisait simplement éveiller la curiosité et laissait planer cette possibilité dans l’air. Ces situations étaient rares, mais l’occasion lui avait déjà été donnée de prendre la fleur de jeunes filles, bien que lui-même fût assez jeune.

Le regard de Francis parlait pour répondre aux interrogations qui marquaient la peau de porcelaine de la jeune femme. Puis le déclic apparut dans ses yeux, elle avait compris.

Pendant un moment, le jeune homme pensa qu’il avait peut-être fait une erreur. S’il était allé voir cet homme, là-bas, il aurait sans doute déjà conclut et aurait déjà l’argent au fond de la poche. Mais voilà, il avait choisi cette femme, parce que… Il ne savait au juste pourquoi, parce qu’elle était comme une poupée au milieu des catins, ou parce qu’il en avait eu marre pour la soirée d’être considéré comme un simple moyen de se soulager, au même niveau que le trou d’aisance. Cette image était répugnante, mais n’empêche que c’était bien ainsi qu’il se sentait parfois. Peut-être interprétait-il mal les paroles ou le ton de la jeune femme, mais il crut percevoir qu’elle était déçue de n’avoir représenté que cet intérêt pour lui. Ce n’était pas tout-à-fait le cas, mais ç’aurait été difficile à expliquer qu’elle était une personne intéressante, un corps n’était qu’un corps, mais quand la chance se présentait de concilier un peu de l’âme avec le corps, il la prenait. Dans son propre langage, c’était presque un compliment.

Les hommes sont plus discrets et plus rares, vous savez sans doute pourquoi…

C’était en réponse à son étonnement formulé quant à l’existence d’hommes prostitués.

Vous étiez la personne me semblant la plus aimable ici… Vous voyez ces hommes, dit-il en désignant discrètement des bougres crasseux au regard vitreux non loin de là, Ils m’inspirent autant de dégoût qu’ils ne vous en inspirent sûrement. Mais je n’ai pas le choix…

Il les regarda un moment, sales, sirotant leur énième verre, affreux, les hommes distingués se faisant rares à cette heure tardive.

Peut-être même que vous n’imaginez pas ça de leur part. Non, ils ne le sont pas tous, mais… celui-là, dit-il en pointant subtilement l’homme qui avait failli devenir son client, C’est lui que j’avais choisi avant de venir vous voir, il n’est certes pas le plus charmant, loin de là, mais ce n’est pas moi qui choisis contrairement à ce que vous pensez. Je l’ai vu dans la manière qu’il a eu de me regarder. C’est comme ça que ça se passe. Mais j’ai décidé de venir vous voir, parce que j’ai pensé que je pouvais espérer… pouvoir choisir pour une fois. Mais je me suis sans doute trompé.

Francis reporta alors son attention sur l’homme en question, n’usant plus de subtilité cette fois. L’homme le remarqua aussi.

Il n’est pas encore trop tard, je peux toujours sauver ma soirée.
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MessageSujet: Re: Un coin d'auberge.   Mar 11 Déc 2012 - 2:11

Un homme expérimenté vous le dira : il y a bien des manières d'avoir une femme. Que ce soit une drague subtile, une cour faite avec panache, ou bien en insistant lourdement, il y a toujours un moyen de faire céder même la plus puritaine. Un homme tel que Francis le savait certainement. Peut-être était-il sincère en disant ses derniers mots, ou bien peut-être cherchait-il à manipuler la jeune femme. Toujours est-il qu'il sortait une botte méconnue de la brune en jouant la carte du « aie pitié ».

Alix, grande ignorante des choses de l'amour, tomba forcément dans le panneau. Ce refrain là, on ne le lui avait encore jamais sorti. Elle avait suivi du regard la scénette que lui avait désigné Francis, et à dire vrai, elle n'en revenait pas. N'importe qui aurait soigneusement évité ces individus ! Enfin, n'importe qui ayant de quoi manger dans la poche, certainement... Il était triste de voir ce que le besoin vous forçait à faire. Trop prise d'indignation, la brune ne réfléchit pas une seconde aux pièces qu'elle aurait pu directement donner au jeune homme, et posa sa main sur celle de Francis, dans l'espoir que cela décourage l'homme plus loin.

Ah mais vous n'y songez pas sérieusement quand même !

Lorsque l'homme détourna le regard, la brune rompit le contact et remit sa main sur son verre. Après tout, son minois était connu ici, et elle ne pouvait se permettre une telle réputation, surtout s'il était connu que Francis était un prostitué. Si sa mère venait à l'apprendre...

Vous êtes bien trop charmant pour terminer avec un homme tel que lui, Francis. Vous devriez y songer. Votre clientèle me semble manquer de... cervelle.

Il pouvait certainement faire autre chose de sa vie, non ? … Il avait l'air malin, après tout. Il était jeune, et la vie devant lui pour décider n'importe quoi. Il pouvait se marier et se poser, sortir de cette auberge... Il était regrettable que quelqu'un de son standing doive en arriver là, car sous les tissus usés de ses vêtements se cachait un homme agréable.

Alors montrez-moi. Je ne peux vous laisser avec l'idée que vous finirez avec un tel homme.

Alix s'entendait elle-même prononcer des paroles qu'elle ne pensait pas dire un jour. Ou pas comme cela. Finalement, on pouvait s'étonner soi-même. Elle n'était pas très sûre de ce qu'elle faisait, à vrai dire, puisque même la curiosité ne la rongeait pas sur ce point. Alix était curieuse d'autres choses, mais les choses de l'amour n'étaient à ses yeux qu'une vieille légende, et n'étaient réservées qu'au mariage. Et pour l'instant, elle n'avait encore jamais rencontré quelqu'un qu'elle jugea digne de son intérêt.

Mais il vous faut comprendre, sans offense, qu'il m'est indispensable que vous gardiez ce secret là. Je suppose que je n'ai même pas à le préciser... Le secret doit certainement aller de paire avec votre métier.
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MessageSujet: Re: Un coin d'auberge.   Mer 12 Déc 2012 - 5:39

La manipulation faisait partie du jeu. Francis n’en usait pas trop, mais il fallait avouer qu’il avait bien choisi ses mots pour impressionner la jeune Alix. Il lui faisait bizarre de penser ainsi, car même sans connaître l’âge de son interlocutrice, Francis se savait plus jeune qu’elle, mais son expérience de la vie faisait de lui quelqu’un de vieux déjà. S’il avait manipulé Alix, c’était sans grande malice, il jugeait que chaque personne demeurait libre de ses mouvements et de ses choix. Tout de même, il n’avait même pas imaginé que cette stratégie allait fonctionner. Il fut surpris lorsqu’Alix lui proposa qu’il lui montre ce qu’il savait. Mais il ne fut pas surpris qu’elle lui demande d’être discret. Cela allait de soi. Francis avait déjà fait chanter quelques clients mauvais payeurs, mais il n’avait pas l’intention de le faire avec Alix. Sur ce, il cessa immédiatement ce flirt à distance avec l’homme assis plus loin et regarda à nouveau Alix qui le regardait lui, avec un air compatissant. Déjà Francis pensait à sa peau douce et à ses lèvres pleines prises entre les siennes.

Bien, dit-il, Si vous êtes sûre de votre choix, voilà comment nous allons procéder : je vais monter le premier et vous attendrez quelques minutes avant de me rejoindre. J’occupe la chambre au fond du couloir, la porte ne sera pas verrouillée. Je vous garantis une entière discrétion.

Sur ce, il se leva de son siège et fit une légère révérence comme s’il saluait sa compagne pour la nuit et qu’ils allaient rentrer chacun de leur côté. Il emporta son verre qui était encore à moitié plein.

Francis monta les escaliers nonchalamment. Il se dirigea vers sa chambre et s’y engouffra. Il alluma une lampe. Il ne lui restait plus qu’à attendre. Il demeurait encore la possibilité qu’Alix ne se dégonfle et ne décide de rentrer chez elle sans se montrer. En fait, Francis croyait davantage en ce scénario qu’en celui où Alix ouvrait la porte prête à littéralement se faire déflorer par – pas encore tout à fait – un homme de classe moindre et surtout aux mœurs plutôt dévergondées. Mais si elle ne venait pas, il lui faudrait encore redescendre pour faire les frais de sa soirée. Ce n’était pas gratuit de vivre à l’auberge, même si c’était à meilleur marché que bien des maisons de chambre.

Francis ne se demandait plus pourquoi il faisait ce qu’il faisait. C’était sa vie et c’était tout. Il était, certes, nullement nerveux, contrairement à ce que devait ressentir Alix. Le jeune homme avait fait cela des centaines de fois. Mais il devait s’avouer être excité. La jeune femme était plutôt jolie et ce qui s’en venait ne s’apparentait pas au labeur habituel. C’était un soir où il pouvait se faire plaisir. Enfin l’espérait-il… Il ne manquait plus que la demoiselle. C’était tout ce qui rendait Francis anxieux, de la voir pousser la porter. Même s’il respectait le fait qu’elle eut voulu conserver sa fleur, il serait déçu si Alix ne venait pas. Et pendant un moment, il pensa vraiment que c’était ce qui allait arriver. Jusqu’à ce qu’il crut entendre des pas de l’autre côté de la porte. Francis y faisait face, il espéra voir apparaître la jeune femme dans ses vêtements de garçon modifiés sur sa belle peau de porcelaine, tremblante comme une feuille à l’idée de ce qui allait se passer.
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MessageSujet: Re: Un coin d'auberge.   Jeu 20 Déc 2012 - 20:08

Francis semblait parfaitement savoir ce qu'il faisait, et sur certain point, cela ressemblait à de l'automatisme. Il mettait simplement l'affaire en route, un peu comme un côté administratif. Il se leva, la salua, et disparut à l'étage. Alix termina sa boisson en se demandant combien de temps elle devait attendre.

Son regard s'attarda fatalement sur l'homme que Francis avait remarqué un peu plus tôt, et se demanda bien comment il pouvait les reconnaître. Et comment vivait-il ainsi ? La jeune femme se sentait mal rien qu'à l'idée de la vie que devait mener Francis. N'être vu que pour cela... elle ne se plaindrait peut-être plus de sitôt de n'être vu que pour son titre, c'était peut-être un statut plus gratifiant...

Dans le doute, Alix commanda et paya un second verre, chose qu'elle ne faisait que rarement, mais la situation était plutôt exceptionnelle. Généralement un seul verre la contentait. Elle n'était pas vraiment sûre de ce qu'elle faisait, ou de ce qu'elle ressentait, mais c'était quelque chose qui paraissait logique, dans un sens. Peut-être plus pour très longtemps, mais la manière dont le jeune homme avait amené la chose lui laissait croire cela pour le moment.

La jeune femme sirota son second verre pendant une bonne dizaine de minutes avant de trouver qu'il était temps. Soit elle montait, soit elle partait, mais elle elle avait assez de rester ici. L'ambiance de l'auberge commençait à se dégrader doucement, et c'était généralement le moment où on venait lui chercher des noises. Elle repoussa donc sa chaise et prit la direction des escaliers.

Il y avait quelque chose, peut-être un peu d'angoisse, qui montait dans son ventre, mais non, elle ne tremblait pas. Alix ne tremblait que lorsqu'elle faisait face à un danger qu'elle ne pouvait pas gérer. Après tout, l'inconnu n'était pas forcément quelque chose de mauvais, elle ne savait. L'inconnu pouvait être une bonne ou une mauvaise chose, et il n'y avait que la curiosité pour le dévoiler. Et de la curiosité, ça elle en avait.
Inconsciemment, elle comptait les portes et les pas qui la rapprochaient de la porte. Sa démarche était tranquille, mais ce genre de réflexes mécaniques lui faisaient comprendre qu'elle se sentait un peu comme si elle allait tomber dans un piège. Compter les sorties...

Finalement, la porte du fond n'était pas verrouillée. Alix la poussa et dû s'accorder un instant pour s’accommoder à l'éclairage de l'unique lampe qui donnait une ambiance feutrée à la scène. La jeune femme regarda Francis, lui sourit bêtement, et referma la porte derrière elle. Et tel l'animal pris au piège, elle restait près de la porte par laquelle elle venait d'entrer.

Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle était supposée ressentir, mais tandis qu'elle déposait sa cape sur une table à côté, Alix repensait inévitablement à ce qui se passerait si on apprenait qu'elle était ici. C'était ça, qui avait fait naître la boule dans son ventre, et qui continuait de la tarauder. Y avait-il une limite au non-respect des règles qui lui étaient imposées ?

La brune à la peau de porcelaine ne savait ni quoi dire, et ni quoi faire, aussi se contenta-t-elle de se diriger vers le jeune homme dont les yeux pétillaient de plus en plus d'un savoir qu'elle ne partageait pas.

Eh bien voilà Francis, vous m'avez, se contenta-t-elle de murmurer.
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MessageSujet: Re: Un coin d'auberge.   Mar 25 Déc 2012 - 0:38

Elle était venue. Mais elle ne tremblait pas, cependant Francis n’en aurait rien cru si elle lui avait dit qu’elle n’était pas nerveuse. Cependant il semblait bien être le seul à être impatient, il avait parfois l’impression qu’il avait trop forcé les choses, mais il se convainquait du contraire en se disant que chaque personne était libre de ses actes et que jamais il ne forçait physiquement qui que ce soit.

Et Alix était là, elle avait prononcé ces paroles comme si elle se sacrifiait pour une cause, et ce n’était pas ce que Francis avait envie d’entendre. Il se promettait de la faire changer d’avis. Il n’était pas une brute. Il respectait les femmes, et les hommes aussi. En fait, on lui avait si souvent manqué de respect et on l’avait si souvent méprisé dans cet aspect de sa vie au cours de sa courte existence qu’il se refusait à faire vivre le même calvaire à d’autres. Il refusait d’abuser de la naïveté de gens comme Alix. Les apparences disaient peut-être le contraire, mais Francis était bien placé pour savoir qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Le jolie brune n’était pas encore mariée, sans doute parce qu’elle avait le rêve romantique de se marier par amour, mais bien des jeunes filles mariées par intérêt se faisaient flouer sur les choses de l’amour par leur propre époux qui ne les aimeraient jamais comme elles devraient être aimées. Alix avait cette chance qui se présentait à elle que bien d’autres n’avaient pas. Pour le moment, peut-être cela lui apparaissait-il comme une disgrâce, mais il en serait tout autrement par la suite.

Francis sourit pour la rassurer. Il s’approcha d’elle tranquillement, très très près d’elle. Ils étaient pratiquement nez à nez, mais leurs visages ne se touchaient pas encore. Le jeune homme posa tendrement les mains sur les hanches de sa partenaire. Il approcha ensuite sa bouche de son oreille.

Je vous ai et vous m’avez, chuchota-t-il, cela va dans les deux sens.

Il souhaitait ainsi rappeler à Alix qu’ils se retrouvaient sur un pied d’égalité. C’était important qu’elle oublie les barrières entre eux, et surtout, qu’en principe, c’était elle qui payait pour un service, il pouvait être ce qu’elle désirait. Mais étant donné son expérience inexistante, il était normal que Francis fasse les premiers pas.

Francis apposa un baiser doux et langoureux dans le coup de sa partenaire, tout près de l’oreille. Il continua à l’embrasser en montant et descendant le long de son cou. Alix ne bougeait pas, alors Francis pris la liberté de l’attirer vers lui et de la faire assoir sur le lit en continuant son manège, mais en s’aventurant cette fois sur la poitrine de la jeune femme. Ses mains s’attardèrent quant à elles sur les lacets du corset. Il n’était pas pressé, il était doux, il agissait avec doigté et minutie, tout cela dans le but de mettre Alix à l’aise. Francis était un romantique à sa manière. Certes, il ne connaissait que l’amour charnel pour l’exprimer, mais c’était une chose pour laquelle il avait du talent, alors pourquoi s’en priver ? Il ne savait peindre de portraits, il ne savait écrire de sonnets ou composer de mélodies, il préférait écrire une symphonie de son propre corps et l’harmoniser avec celui d’une autre personne quand cette dernière personne avait suffisamment de classe pour la comprendre.

Enfin, Francis eut la folle envie de goûter aux lèvres d’Alix. Il promena sa bouche de la poitrine, ensuite sur la gorge et trouva enfin la bouche de la jeune femme. Il se fraya un chemin entre les lèvres sanguines de celle-ci avec sa langue. Francis se laissait guider par le désir, pour lui ces choses étaient normales et nouvelles à la fois, mais il ignorait comment se sentait Alix dans tout cela.
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MessageSujet: Re: Un coin d'auberge.   Jeu 27 Déc 2012 - 21:19

La lampe de la pièce rendait l'atmosphère cotonneuse. Chaque ombre qui s'y dessinait s'étirait sur les murs et paraissait ne pas finir. La lumière qui vacillait doucement semblait elle-même chuchoter des secrets qu'elle avait appris un peu plus tôt dans la soirée.

Le jeune homme prenait les devants. L'expérience faisait bien des choses que la curiosité ne pouvait remplacer. Il savait comment se tenir, comment se comporter, et chuchota lui aussi à son tour. L'ambiance secrète rendait les mots soudainement doux, tendres, propices à apprivoiser Alix. La défiance l'avait forcée à repérer à nouveau les issues de la pièce, et le nombre d'armes potentielles à portée.

Francis était tout près d'elle. Elle l'avait laissé faire, réprimant un frisson en sentant la main de l'homme sur sa hanche, mais ne pu réprimer le second lorsqu'il l'embrassa sur le cou. Elle n'y était pas insensible, mais devait reconnaître qu'elle ne savait pas comment réagir face à ces nouvelles sensations. Instantanément, sa peau porcelaine s'embrasa.
Alix sentait parfaitement que Francis était un artiste. Il jouait sa propre musique et n'en était qu'à l'accordage. Il était tel le musicien qui hérite d'un nouvel instrument et cherche à en tirer le meilleur. Chaque nouveau mouvement était étudié, écouté, pour en connaître les réactions. Chaque note émise resplendissait d'une musicalité à faire frémir. Alix regardait les ombres s'agiter sur le plafond comme un public impatient dont les murmures se faisaient plus forts.

Sentant qu'il avait toute l'attention de la brune, Francis l'attira à lui. Elle fut elle-même surprise de s'apercevoir qu'elle s'agrippait à lui comme un animal qui ne maîtriserait pas ses griffes. Ses mains sentaient le tissu rugueux et fatigué des vêtements du jeune homme, à la recherche de quelque chose d'autre. La peau, où était cette peau qui dégageait une chaleur douce et suave ? Les mains de Francis, elles, s'attardaient sur les lacets de son corset. Elle les percevait d'une grande tendresse dans l'amalgame de sensations qui se déroulaient en elle.

Assise sur le lit, la jeune femme écoutait la musicalité des gestes que faisait le jeune homme. Elle oubliait les sorties, les armes, et baissait sa garde. Les baisers du jeune homme avaient raison de son anxiété.
Et Francis remontait. Lentement, sa bouche gravissait le creux de son cou pour se poser sur ses lèvres. Alix en fut surprise et sentit ses joues rougir un peu plus. Pourtant, une de ses mains passa sur la joue de l'homme, caressant la peau douce pour remonter dans ses cheveux. Quelque chose en elle désirait jouer de cette musique aussi. La curiosité prenait le dessus. La nouveauté de la chose lui donnait un attrait indéniable. La jeune femme lui rendit un baiser aussi passionné que celui qu'il lui offrait. Son souffle se coupait, peut-être même avait-elle arrêté de respirer, elle n'en savait plus rien. L'intimité du contact l'intimidait et l'enhardissait à la fois.

Et puis, sans raison apparente, une pensée traversa son esprit alors que sa main glissait sur le tissu rude de la chemise de Francis. Une pensée qui n'avait vraiment rien à faire dans cet instant là, et pourtant, Alix ne pouvait s'empêcher de penser à sa famille. Sa mère, si elle l'apprenait, serait embarrassée, et elle n'osait même pas songer à ce que penserait son oncle. Le déshonneur serait complet. Peu importait si elle portait des pantalons, se bagarrait parfois, et refusait tous les prétendant qu'on lui présentait, ceci allait trop loin. La jeune femme avait bien du mal à mettre des mots sur ce qu'elle ressentait, mais c'était trop.

Alix stoppa le baiser. Cette soirée continuait de l'étonner. Elle s'écarta quelque peu de Francis, le lâchant, l'air peut-être bien plus surprise que lui.

Je ne peux pas... dit-elle simplement.

Sa main caressait sa lèvre inférieure, visiblement cette situation faisait extrêmement réfléchir la brune. Elle avait encore le goût des lèvres de Francis, et cela la perturbait. Le rouge de ses joues ne cessait de la brûler.

Croyez-moi, j'en suis désolée, Francis, mais je ne peux pas faire cela. Ce n'est pourtant pas l'envie qui me manque, mais je... Je ne peux pas. Je m'en veux de vous faire perdre votre temps, mais ce serait aller trop loin, d'une manière irréversible...
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MessageSujet: Re: Un coin d'auberge.   Sam 29 Déc 2012 - 5:00

La belle Alix se laissait enfin aller au jeu et son geste pour caresser le visage de Francis fut tout naturel, et elle rendit le baiser comme si elle l’avait fait des milliers de fois. Cependant cet instant ne fut que trop bref. Beaucoup trop bref. Alors que le jeune homme croyait que c’était gagné, il senti soudainement une résistance de la part de sa partenaire qui semblait pourtant s’harmoniser parfaitement avec son propre corps et les airs que ses mains jouaient sur le sien. Doucement, mais avec fermeté, Alix repoussa le garçon. Il ne s’agissait pas d’un refus farouche comme il en avait vu maintes fois, de la part de jeunes filles voulant seulement se laisser désirer. Alix semblait lutter contre son propre désir en conflit avec une part d’elle-même. Malgré ses airs, ses fugues nocturnes et ses vêtements, elle ne pouvait sans doute pas renier son éducation et elle ne pouvait non-plus ignorer ce que représentait ce geste en regard de sa société. Personne ne saurait, mais elle si… Francis comprenait bien ce sentiment. Il n’y a pas pire juge que celui que vous renvoie le miroir.

Le jeune homme aurait menti s’il avait dit ne pas être déçu de ce revirement, mais il était habitué de mentir… Son désir était toujours présent, mais il était moralement incapable de forcer qui que ce soit. Il se rappelait trop bien que c’était ainsi que s’était déroulée sa première expérience et c’était cet épisode qui avait fait de lui ce qu’il était maintenant. C’était depuis ce moment qu’il gagnait sa vie ainsi, et qu’il recherchait le réconfort dans les plaisirs charnels. Il n’était pas malheureux, mais il n’était pas heureux non-plus… Il se sentait parfois comme une coquille vide, confondant l’amour et le plaisir. Il refusait de faire vivre cela à quelqu’un d’autre. Alix méritait de trouver l’amour sans avoir à le chercher dans les bras d’hommes manipulateurs et égoïstes, pour finalement se retrouver comme Francis : vide, ne sachant plus ce qu’est l’amour et si seulement il existe.

Alors Francis s’arrêta. Elle lui expliqua à quel point elle était désolée, qu’elle en avait envie, mais qu’elle ne pouvait simplement pas. Elle était toute rouge, peut-être avait-elle peur de la réaction du jeune homme. Mais elle comprendrait bien vite qu’elle n’avait rien à craindre.

Francis esquissa un sourire de compréhension et lui caressa le visage, profitant une dernière fois de sa peau de porcelaine. Puis il passa derrière Alix pour s’assoir de manière à l’encadrer de ses jambes, et alors, le torse contre son dos, il passa les bras autour d’elle affectueusement et cala le menton dans le creux de son cou.

C’est pas grave, lui chuchota-t-il dans l’oreille.

Ce soir je t’aurais aimée, mais un jour tu rencontreras un homme qui t’aimera pour toute la vie, et contrairement à moi, il te méritera.

Il prit une pause le temps de réfléchir.

Tu mérites bien mieux que moi.

Mais au moins, tu sauras à l’avenir que tu es belle. Tu es très belle Alix. Trop belle pour venir dans mon monde, j'aurais dû le savoir.
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Un coin d'auberge.

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