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 Retrouvailles au parfum doux-amer

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MessageSujet: Retrouvailles au parfum doux-amer   Mer 19 Déc 2012 - 14:02

Il avait quitté la demeure familiale dans une certaine précipitation, n’emmenant avec lui que le strict nécessaire pour les quelques jours de voyage qu’il aurait à passer seul. Le reste avait dûment été préparé par sa mère qui avait veillé, elle, à ne rien oublier, s’assurant que les affaires de son fils arriveraient à bon port et contiendrait tout ce dont il avait besoin. Il fallait l’admettre, la logistique avait été le dernier souci de Luc lorsqu’il avait reçu la lettre de Vincent, véritable sésame pour revenir auprès de ceux qui l’avaient accueilli pendant plusieurs mois déjà. Bien qu’ils se connaissaient d’avant cette période, ce laps de temps qui s’était écoulé chez eux les avait rapprochés tous les trois et s’ils n’étaient pas frères de sang, ils n’en étaient pas moins frères de cœur. Vincent avait toujours été d’excellentes compagnies, et même si la sorcellerie avait davantage rapproché Luc d’Elena, il n’en avait pas pour autant négligé celui qui resterait toujours quelqu’un sur qui il pouvait compter. Leur séparation avait été brutale et s’il n’y avait pas eu cette correspondance, le futur Duc aurait pu penser que leurs liens d’amitié s’étaient arrêtés aussi brutalement que son séjour. Heureusement, il n’en avait rien été. Et même si Elena semblait ne pas vouloir prendre contact avec lui malgré sa volonté de lui écrire, il avait toujours eu de ses nouvelles au travers de Vincent, même si ce dernier n’avait certainement pas connaissance des activités plus ésotériques de la jeune femme. C’était aussi un peu pour cela qu’il n’avait pas hésité à revenir à Forbach, parce qu’au fond, il ne pouvait pas oublier Elena d’un revers de la main et se demandait souvent ce qu’elle pouvait bien faire en cet instant, se demandant si elle mettait encore sa vie en danger ou si elle faisait davantage attention. Enfin, la connaissant, Luc aurait parié que ce n’était probablement pas la seconde option.

Le voyage s’était relativement bien passé, compte-tenu de la saison. Le temps était doux et lui évitait ainsi les pièges des ornières glacées et glissantes sur lesquelles on avait vite fait de se tordre le cou. Hélas, sombre contrepartie, il n’était pas rare que les journées soient pluvieuses du matin jusqu’au soir. Chevaucher sous la pluie n’avait rien de particulièrement agréable mais ce n’était pas le genre de choses qui avaient le pouvoir de faire renoncer Luc à continuer son chemin pour arriver à destination. Qui plus est, il n’avait pas été trop difficile pour lui de trouver, tous les soirs, un endroit où s’abriter et mettre au chaud son cheval, afin de se restaurer convenablement et, surtout, de se sécher, avant de passer une nuit au sec, reprenant des forces pour le lendemain. Il quittait généralement chaque auberge avec un repas pour le déjeuner à venir après un repas frugal pour commencer la journée et puis il passait plusieurs heures à cheval. Connaissant déjà la route pour l’avoir déjà arpentée, il dut néanmoins faire quelques détours alors que certains ponts qu’il avait empruntés la première fois s’étaient écroulés pour des raisons mystérieuses. Probablement des crues ou simplement un défaut de construction, mais le jeune homme ne s’était pas attardé sur la question, cherchant un autre pont pour traverser ou simplement un passage à guet lorsqu’il ne voulait pas perdre davantage de temps. Au fur et à mesure qu’il s’était rapproché de l’Est, un vent frais avait commencé à faire son apparition, menaçant de lui faire attraper la mort pour peu que l’humidité ne vienne l’aider un peu. Heureusement, plusieurs vêtements chauds faisaient partie de son paquetage, aussi, il ne lui avait été pas difficile de se faire à ce climat plus continental.

Et tandis qu’il prenait un déjeuner frugal à l’abri d’un chêne probablement centenaire pour ne pas subir les affres de la pluie, Luc put apercevoir sa destination, légèrement en contrebas de la petite butte qu’il avait grimpée. Il lui restait probablement encore une petite heure, peut-être deux de route mais Forbach n’était plus très loin et, avec elle, le Manoir Mirova qui était sa destination. Toutefois, il jugea bon, tandis qu’il mâchait un morceau de pain, de ne pas passer à travers la ville et de la contourner assez largement, peut-être même à l’abri de la forêt pour éviter de mauvaises rencontre. La ville semblait paisible de loin mais cela faisait longtemps que le jeune homme savait qu’il ne fallait pas si fier aussi facilement. Engloutissant le reste de son encas avant de s’occuper de son cheval en lui donnant quelques pommes bien goûteuses, Luc se remit en route au pas, jugeant qu’il n’était plus utile de forcer l’allure. Aussi, ce fut deux heures plus tard qu’il arriva en vue du Manoir avant de pénétrer dans la cour de celui-ci, soulagé d’être arrivé car la fatigue commençait à le prendre, mais également un peu tendu. Les retrouvailles avec Vincent allaient s’annoncer simples et franches, il redoutait un peu l’instant où il rencontrerait Elena. Sautant au bas de Flèche, son étalon, il flatta son encolure, lui promettant un repos et des repas bien mérités, ainsi qu’une stalle où il serait au chaud et probablement pas seul, avant de se retourner vers la porte d’entrée et y frapper plusieurs coups. Un serviteur viendrait certainement ouvrir et s’enquérir de l’identité du visiteur avant de la transmettre aux maitres des lieux. Retournant auprès de son cheval le temps que l’information fasse son chemin, il le caressa doucement en lui murmurant quelques mots, comme il en avait l’habitude depuis longtemps maintenant.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Mer 19 Déc 2012 - 15:57

Des jours pluvieux. Le temps maussade jouait les troubles fêtes et ternissait l'océan de bonheur dans lequel vivait Vincent. Même si il pleuvait, l'organisation du mariage, les rendez-vous, tout s'enchaînait. Comment faire pour freiner l'élan qui muait Vincent depuis quelques semaines. Depuis sa rencontre avec Elisabeth. Le sourire collé aux lèvres, toujours plus avenant que jamais, il réglait quelques détails pour son costume tout en donnant quelques directives quand aux décorations à prévoir.

"Elisabeth m'a dit vouloir un mariage aux couleurs que nous aimons, le vert et le lila. Trouver donc des tentures dignes de ce nom en satin. Voyez avec la dame du fil blanc, ma sœur l'a connaît bien, il serait aisée d'avoir ce que nous désirons."

Un serviteur arriva, murmurant quelques mots à son maître dont le regard s'éclaira.

"Nous continuerons plus tard Wilfried, une affaire urgente."

Il quitta son bureau et dévala les escaliers à toute allure pour rejoindre la porte d'entrée. Il traversa le hall en courant, devant le regard étonné de sa sœur.

"Quelle mouche le pique, il est décidément de plus en plus expansif avec ce mariage."

Elle eu un léger sourire, même si elle était heureuse que son frère soit transporté d'amour, elle craignait quelques part l'impact sur sa vie future. Si Vincent savait la nature de sa vie, sa future épouse n'avait rien à savoir et il lui faudrait être prudente. Cela compliquerait ces journées, il faudrait trouver des excuses plus convaincantes que jamais pour que cette Elisabeth ne se mêle pas de ce qui ne la regardais pas. Tournée vers la porte large du Manoir qui s'ouvrait sur leur visiteur, Elena, qui était au fond du hall observa la scène. La pluie ruisselait sur le parvis qui dessinait l'entrée. Les graviers étaient gorgés d'eau, formant ça et là des flaques. Un cheval se montrait proche du porche, et devant, un homme. La sorcière fut foudroyée sur place, incapable de bouger. Tendue, comme un arc, légèrement plus fardée que d'habitude, dans une robe un peu plus sophistiquée. Son regard se durcit légèrement. Sa respiration se coupa.

Vincent pris son frère dans ses bras. Son frère. Aucun lien de sang ne pouvait justifier cette appellation, mais le lien, cette force qui avait fait déplacer Luc, cette embrassade franche et puissante entre les deux hommes n'était pas feinte. De l'amour à l'était brut.

"Luc, mon frère. Comme je suis heureux de te voir."

Alors que les hommes se tenaient dans les bras, Elena resta dans cette position, choquée par ce qu'elle voyait. Que faisait-il ici? Pourquoi revenait-il? N'avait-il rien compris? Pourquoi... Pourquoi? POURQUOI? Elena ne comprenait pas, figée, elle manqua quelques battements et respirations. Son corps reprenait ses droits pourtant elle était toujours bloquée au fond du hall. Le visage de Luc contre celui de son frère. Elle ne pouvait s'empêcher de le regarder. Par bribes, leur dispute revenait, des vagues de souvenirs qui tentaient de l’ensevelir. Pourtant elle resta droite, dans la tempête, elle ne cilla pas. Approchant avec une démarche féline, lente, gracieuse, elle salua son visiteur, comme elle devait le faire.

"Bienvenu au Manoir futur Duc de Rohan."

Sa voix se voulait neutre mais restait teintée de quelque chose de plus glacial que la pluie. Elle ne souriait pas vraiment, ce n'était qu'une grimace polie qui ne signifiait rien. Elle ne fit pas plus d'effort que cela et s'éclipsa auprès d'une servante.

-"Veuillez préparez une chambre pour notre hôte Félicia."
-"C'est déjà fait ma Dame." dit elle, un sourire aux lèvres.
-"Suis-je donc la seule à ignorer sa venue?" fit-elle désagréable.
-"Je pensais que ma Dame était au courant. Veuillez m'excuser." balbutia la concernée.

Elena eu un regard noir. Un regard que jamais sa servante n'avait pu voir. Terrifiée, elle rejoignit les cuisines pour se cacher et trouver du réconfort. Il émanait de la jeune noble une touche de noir, une sorte de poison qui la dévorait et la rendait aussi éclatante qu'effrayante. Elle avait changé. Luc sûrement s'en rendrait compte. Comme Vincent s'en rendait compte. Il ignorait si c'était le mariage ou d'autres choses, mais depuis peu, il avait la sensation que le poids de la sorcellerie de sa sœur s'appesantissait. Elle passait des jours en dehors du Manoir, ne laissant aucune directive ni nouvelle. Elle revenait souvent épuisée, sale et s'enfermait par la suite des jours durant dans sa chambre où dans la bibliothèque sans qu'elle accepte qu'on la dérange.

Vincent, qui avait libéré Luc de son étreinte, jeta un œil à sa sœur qui venait de congédier avec froid leur fidèle servante. Il revient à Luc, la mine un peu moins réjouie.

"Dans ta lettre, tu voulais savoir comme elle allait. Vois par toi même. Je..."

Il hésita. Il pouvait se confier à Luc, mais il craignait aussi de l'inquiéter.

"Je ne la comprends plus depuis quelques temps. Il y a eu un terrible événement à l'Eglise, et depuis elle semble... changée. On ne parle que rarement. Les rares fois où elle m'accorde le droit de l'approcher, elle évite tout sujet de conversation et me parle du mariage. Elle se cache derrière cette excuse pour me faire croire que tout vas bien."

Si Vincent était l'homme le plus heureux qu'il semblait être, il était attristé par la seule femme, en dehors de sa future épouse, qui pouvait influer sur son mental. Il posa une main sur l'épaule.

"Enfin peu importe, je me fais sûrement du soucis pour rien. Je suis content de te compter à nouveau parmi nous. Tu m'as tellement manqué."

Elena revient vers les deux hommes et fit une révérence courte pour s'excuser.

"Je vais devoir vous laisser vous retrouver. J'ai des affaires qui m'attendent en ville."

Elle employa cette même démarche qu'elle avait eu, sensuelle.

"Luc."fit-elle pour le saluer. Ses yeux semblaient tels des brasiers. Elle n'était plus sur la surprise du moment et calcula mieux son au revoir. Ce regard qui traîna sur l'homme n'avait rien d'un regard neutre, il était rempli d'une arrogante fierté qui ne ressemblait pas à la jeune femme. Et derrière celui-ci se cachait la peur de le voir ici.

Elle monta à cheval et quitta la demeure dans un galop fracassant.

"Reviens pour le dîner"hurla son frère.

Pas de réponse. L'avait-elle seulement entendue? Vincent se retourna vers Luc et mis son bras pour enrouler les épaules de son ami.

"Allons, rentre et discutons. Raconte moi ton pays. Ta famille va bien? Comment prospère t'elle?"

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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Sam 22 Déc 2012 - 11:58

L’arrivée de Vincent dans l’embrasure de la porte fit sourire Luc, peut-être davantage lorsqu’il ouvrit la haute porte à la volée et se jeta dans ses bras. Une chose était certaine, voilà un accueil qui en disait long sur ce qui les unissait tous les deux. Sans se retenir, le voyageur encore un peu humide répondit à l’étreinte de son ami qui se prolongea quelque peu. « J’en suis heureux aussi, mon frère. » Le sourire sur les lèvres, il ne pouvait y avoir aucun doute pour sa sincérité. De toute façon, il n’y avait jamais eu d’animosité entre les deux hommes, bien au contraire, et leur complicité n’avait fait que grandir durant son ancien séjour au manoir des Mirova. Toutefois, au désarroi de Luc, c’était probablement le seul des deux qui se soit vraiment désolé de son départ. Enfin, il ne pouvait pas en vouloir à Elena de toute façon. Même en essayant de la rendre coupable de quelque tort que ce soit, il n’avait jamais réussi à lui en tenir longtemps rigueur. Tandis que les deux hommes s’écartaient l’un de l’autre, sourire aux lèvres, Luc, qui s’attendait à voir arriver Elena d’un moment à l’autre, fut toutefois surpris de la manière dont il l’aperçut. Il l’avait remarqué immédiatement, elle avait changé, ne serait-ce que physiquement. Oh, ce n’était pas grand-chose, mais les vêtements, une pointe de maquillage et une allure s’en retrouvait étonnement bousculée. Peut-être était-ce simplement parce que l’image qu’il avait gardée d’elle était toute autre… Pourtant la manière dont elle le salua le laissa perplexe. La bienséance exigeait quelques politesses retenues mais ils savaient tous les trois qu’il n’y en avait nul besoin ici et voilà qu’elle faisait comble de manières, sans oublier ce ton qui, pour le jeune homme, n’avait rien eu de véritablement accueillant. N’était-elle pas contente de le voir, même un peu ?

« Merci, Elena. » Le « futur duc » avait perdu un peu de son assurance mais il n’avait pas souhaité répondre avec autant de distance qu’elle. Peut-être pour éviter de lui laisser penser qu’ils devaient forcément en arriver là. Il n’avait pas eu beaucoup de nouvelles de la jeune femme, provenant d’elle-même, cela va sans dire. Il n’avait aucune idée de ce qui pouvait réellement se passer dans sa tête et quelque chose lui disait que tout n’allait pas nécessairement au mieux et, pour ainsi dire, était presque convaincu que la Magie y était pour quelque chose, de près ou de loin. La petite scène avec la servante fut suffisante pour le convaincre qu’Elena semblait particulièrement mécontente de le voir revenir. Peut-être était-ce une mauvaise idée que de venir finalement. Tandis qu’elle s’éloignait, Vincent le prit à partie et Luc ne put qu’hocher silencieusement de la tête, un regard légèrement inquiet vers le frère de la jeune femme. Ses confidences continuèrent d’alimenter les soupçons de l’ancien apprenti qui fut bien décidé à lever le mystère sur cette situation étrange. Il faudrait de toute façon qu’il parle avec Elena, ne serait-ce que pour qu’ils puissent mettre les choses au clair. Elle n’avait pas voulu lui écrire ou répondre à ses lettres, et bien soit, elle ne pourrait se dérober à une explication en face à face. La main qui se posa sur son épaule lui rappela la présence de Vincent et Luc consentit à se vider l’esprit pour faire bonne figure et se concentrer sur le plus important, pour le moment. « Il était hors de question que je rate ton mariage ! Mais vous m’avez manqué tous les deux aussi tu sais. » Mais à peine avaient-ils changé de sujet que celui qu’ils avaient évité s’imposa à eux une nouvelle fois.

Croisant à nouveau le regard d’Elena, il ne pipa mot tandis qu’elle fuyait, presque littéralement, sous ses yeux. Il ne savait pas ce qui l’animait mais, en quelque sorte, c’était presque effrayant. Il l’observa quitter la cour du manoir tandis que Vincent lui ordonnait d’être de retour pour le diner. Observant Elena qui disparaissait à l’horizon, Luc allait de nouveau se perdre dans ses pensées quand son frère le ramena à la réalité. « Comme une famille de Ducs, ben tiens ! » Il eut un petit sourire amusé et se laissa guider à l’intérieur tandis qu’on amenait son cheval vers l’écurie afin d’en prendre soin. Le jeune homme aurait préféré le faire de lui-même mais il aurait toujours le temps de revenir vers Flèche plus tard, peut-être même pour lui rapporter une ou deux pommes bien sucrées comme il les aimait. Suivant Vincent, ils prirent place dans un petit salon où l’invité commença à subir le flot de questions de son hôte avec bonne humeur et gaité. Cela faisait un moment qu’il n’avait pas éprouvé un tel plaisir dans une discussion aussi simple. « Bien, changeons un peu les rôles de cet interrogatoire. Alors, raconte moi tout. Qui est ta future épouse ? Aurais-je le droit de la voir avant le mariage ou me fais-tu la surprise ? » Voilà un sujet probablement plus gai que celui d’Elena mais Luc ne voulait pas miner le moral de Vincent. Le futur Duc n’était pas convaincu du fait que ce dernier ne faisait que se faire des idées. Elena avait changé, en bien ou en mal il n’aurait su le dire, mais, pour ça, il devait comprendre ce qui s’était passé à l’Eglise. Il restait à espérer qu’une discussion en privé avec elle suffirait mais, à son regard quand elle les avait quitté, il doutait que cela soit aussi simple, hélas...
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Sam 22 Déc 2012 - 15:03

Si l'amour entre Luc et Vincent n'avait pas été là, que se serait-il passé sur le parvis du Manoir? Elena partit, le poids de la culpabilité et de l'inquiétude s'effaçait lentement pour laisser place à la fraternité. Vincent reprenait ce sourire qui lui allait si bien, et assaillait Luc de questions sur le chemin de la grande salle à manger. Elle n'avait guère changer mise à part les papiers qui recouvraient l'un des bouts de table. Ils concernaient évidemment le mariage. Alors que Luc donnait de brèves nouvelles sur sa famille il posa enfin la question sur le mariage. Vincent baissa honteusement les yeux quelques instants et perdit encore une fois son sourire chaud.

"Avant de te parler de ça, je dois m'excuser mon frère. J'aurai aimé te parler d'Elisabeth bien plus tôt et je regrette d'avoir pris les sentiments de ma sœur en compte. C'est arrivée peu de temps après ton départ je ne voulais pas la brusquer. Elle m'a répondu..."

*Fait ce qu'il te plait*

Il n'eut pas le courage de la citer.

"...que c'était à moi de décider. J'aurais du ne pas prendre en compte cette tête de mule."

Il saisit les mains de Luc et releva les yeux, coupable.

"Puisses-tu me pardonner moi mon frère. Je ferais tout pour effacer ma stupide réaction. J'ai tant à te dire sur Elisabeth. Je pourrais parler d'elle des heures durant."

Il prit un pause, attendant que Luc réagisse, qu'il l'encourage à parler ou qu'il se ferme de tristesse. Mais à vrai dire il avait peur de décevoir son ami et il continua de parler dans un flot un peu plus soutenu rempli d'empressement et de bonheur.

"T'ai-je dit qu'elle s'appelle Elisabeth? Elisabeth de Carmon. Elle est issue d'une riche famille qui vit dans une ville un peu écartée de Forbach. C'était... et bien c'était une de mes prétendantes pour tout te dire. La première. Et euh..."

Il rougit, saisit par le souvenir de la première fois. Cette première fois où il l'avait vu se dévoiler dans l'encadrement du porche. Elle paraissait tel un ange posant ses pieds délicats sur chaque dalle de marbre avec une grâce sans nom. Il raconta alors ce qui l'avait saisit à ce moment, cette beauté, cette prestance. Et quand elle avait émis quelques rares mots qu'elle avait été autorisé à dire, il n'avait plus détacher les yeux d'elle. C'était extrêmement impoli pour les parents de la demoiselle, mais il n'en avait eu cure. Le futur beau père le rappela à l'ordre une unique fois avant que Vincent comprenne la maladresse dont il faisait montre. Il s'excusa alors milles fois, et se concentra sur la grosse barbe du père d'Elisabeth.

"Et voilà, un accord fut passé entre nous. On me laissa deviser avec elle quelques minutes. Et je crois que je n'ai pas pu être réellement malheureux depuis ce temps. Sa mère est charmante, et son père un peu bourru, mais au fond c'est un homme bon. Depuis ma demande en mariage, que je devrais te raconter aussi évidemment, elle nous rend visite régulièrement pour les préparatifs. J'ai insisté avec l'aide de sa mère pour qu'elle puisse y participer. C'est important qu'elle me donne son avis."

Il fit une pause, pour laisser à Luc le temps d'ingurgiter toutes ces informations. Leur discussion continua encore un peu jusqu'à ce que Vincent remarque l'heure et se lève d'un bond.

"Diantre, je n'avais pas vu l'heure. Je pars sur le champ chercher ma promise. Nous reviendrons pour le dîner. Pendant ce temps installe toi et fait comme chez toi."

Et il s'évanouit dans le grand séjour, partant au triple galop rejoindre la diligence qui l'attendait dehors après avoir serrer une dernière fois Luc dans ces bras. La bouffée de bonheur qu'il avait crée restait un peu dans le salon, auprès de Luc.

*Et la soirée s'installa*

La nuit était tombée depuis une bonne heure. Les hennissements d'un cheval retentirent, et la porte dérobée qui menaient aux escaliers fut enclenché par la cadette. Elle revenait suffisamment en avance pour pouvoir se changer et se laver pour être convenable ce soir. Si son frère pensait qu'elle avait oublié le dîner avec Elisabeth, il se trompait. Le temps de se poudrer convenablement, elle redescendit dans une robe bleu marine au velours épais. Une robe longue avec un corset qui mettait sa poitrine en valeur. Les manches étaient rattachées au buste, et enserraient ses bras laissant à nu sa gorge et ses épaules. La peau délicate et parfumée était agrémentée d'un bijou simple en diamant qui pendait à une dentelle d'un même bleu marine. Élégante, elle l'était pour sûr. Mais elle jouait avec cette élégance. Elle rejoignit la salle à manger et s'assit à sa place. Elle était la première, et se satisfaisait d'être pour une fois en avance. Si elle n'avait pas terminé son affaire plus tôt elle aurait pu manqué une bonne partie dudit dîner. Droite, dans cette chaise confortable, elle jouait avec son couteau, le laissant tourner entre ses doigts, la pointe ronde contre la nappe de la table.

Elle semblait songeuse ainsi assise. Comme si son esprit était bien loin des éléments de la salle à manger. Elle oubliait l'âtre flamboyant, les décorations, le bois ciselé, le parfum à la violette qu'elle portait. Ses pensées se tournaient vers Noâz. Encore aujourd'hui elle avait agit pour lui. Il aurait pu lui demander sa propre vie, elle le lui aurait donner. La relation qu'ils entretenaient était étrange. Inqualifiable. Elle faisait les besognes que son Meneur lui donnaient. Bien que Noâz avait été déchu, elle continuait de le suivre, parce qu'elle était bien trop lier à lui. L'union qui ébranlait le monde ésotérique la faisait grimacer. Allier la tribu d'Olrun au Lys Noir. Hérésie! Cette alliance ne tiendrait pas. Pas plus qu'elle était naturelle. Les deux tribus ne pourraient jamais vivre ensemble. Elles en étaient tout bonnement incapable. Ne pas faire la guerre, signer un traité, Elena y aurait cru. Mais s'unir de la sorte relevait de l'acte de folie. Cette solution était stupide!

Noâz le disait lui même. Il savait que ces enfants se perdaient dans la faiblesse d'une solution que deux êtres avaient souhaités. Elena voulait l'aider pour qu'ils ouvrent les yeux.

[je te laisse faire ton entrée mon cher Smile ]
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Dim 23 Déc 2012 - 18:40

Les excuses de Vincent firent sourire le jeune homme. Il n’y avait pas là de quoi fouetter un chat mais sa sincérité faisait plaisir à entendre, même s’il lui était inutile d’essayer de faire amende honorable face à lui. Les raisons qui auraient pu le pousser à ne pas l’inviter au mariage étaient évidentes et Luc ne lui en aurait jamais voulu de ne pas l’avoir invité, même si, bien entendu, il aurait été un peu déçu de ne pas pouvoir y assister. Les divergences qu’il pouvait avoir avec Elena étaient un motif suffisant pour ne pas gâcher une fête qui se devait d’être magnifique pour tous les invités et la possible gêne qui pourrait s’installer entre sa sœur et son « frère » ne devait pas entacher cette journée. Il laissa néanmoins son ami poursuivre sans lui laisser le temps de le rassurer et préféra s’accrocher aux éléments de son discours. Elisabeth de Carmon… Ce nom ne lui disait pas grand-chose mais les grandes familles ne se connaissaient pas non plus à travers tout le royaume. Si cette fille avait été issue d’une famille de l’Ouest, nul doute que Luc aurait pu connaître le nom, mais là… Toutefois, il était persuadé qu’elle ferait un excellent parti pour Vincent même si, il en était convaincu, ce n’était pas l’argent qui motivait ses sentiments mais bel et bien quelque chose de plus fort, de plus appréciable aussi : l’amour. Sans chercher à l’interrompre dans son histoire, il en écouta tout ce qu’il avait à lui en dire, détaillant avec un certain plaisir non dissimulé la première fois où il l’avait rencontrée. Ainsi racontée l’histoire semblait idyllique et particulièrement heureuse. L’aîné des Mirova semblait avoir trouvé la femme qui lui permettrait de couler des jours heureux et, pour cela, le futur duc était ravi. Il était toujours bon à apprendre que ceux que l’on aimait connaissaient le bonheur.

« Et bien… A t’entendre, j’ai l’impression que je vais bientôt rencontrer un ange. Si je vais bientôt la rencontrer, parce qu’avec toute ton histoire, je ne sais toujours pas si je la verrais bientôt. » Il lui fit un sourire entendu et fut ravi d’apprendre qu’elle serait présente au diner. L’occasion de découvrir la belle de son frère et, éventuellement, d’essayer de ne pas en être jaloux. Luc avait aussi eu le droit à quelques prétendantes mais avait repoussé le plus possible l’échéance. Les raisons étaient diverses et variées pour sa famille mais, pour lui, la raison était seule et unique et, hélas, se trouvait à des kilomètres de distance de l’endroit où il résidait. Mettant toutefois ces idées de côté, il préféra revenir à la discussion. « Quant à l’invitation, ne t’en fais pas, ce n’est pas important. J’aurais parfaitement pu comprendre que tu décides de ne pas m’inviter à ton mariage. J’aurais été un peu déçu, mais, crois-moi, je n’en t’aurais pas voulu le moins du monde. » C’était sincère, après tout, ce n’était pas non plus la fin du monde. « Laisse ça de côté et parle donc moi plutôt de ta demande en mariage, je suis curieux de savoir comment tu t’y es pris. » Luc s’imaginait bien qu’il s’agissait là d’un moment un peu particulier pour un homme, surtout pour quelqu’un comme Vincent qui n’était peut-être pas aussi « assuré » que ne l’était le futur Duc, si l’on pouvait dire les choses de cette manière. Quoiqu’il en fut, il la discussion fut agréable, même si interrompue un peu abruptement, bien que la raison fut parfaitement compréhensible par le jeune homme. « File ! » C’était sur cet « ordre » que l’ainé des Mirova s’était éclipsé, presque en courant, pour aller rejoindre sa promise laissant Luc un peu seul dans ce grand Manoir.

Profitant de ce temps libre, Luc fit un tour à l’écurie pour passer un peu de temps avec Flèche qui semblait allègrement se reposer, probablement conscient qu’il connaissait déjà cet endroit. Après une séance de brossage et quelques pommes, le jeune homme s’était rendu à ses appartements et en avait profité pour prendre un bain et se changer. Il ne possédait pas ses habits de soirée, qui arriveraient sans doute bientôt, avec le reste de ses affaires et les cadeaux pour le mariage de Vincent, mais l’une de ses tenues de voyage ferait l’affaire, même si elle n’était pas digne des grandes soirées mondaines, elles étaient de suffisamment bonne qualité pour faire très bonne figure et au pire on se rappellerait que Luc n’était pas homme à se formaliser pour un petit manque à l’étiquette protocolaire. Habillé, il avait arpenté les couloirs du manoir d’un pas tranquille avant de faire un tour dans la Bibliothèque se rappelant quelques souvenirs qu’il avait de cet endroit. S’installant dans un fauteuil avec un livre emprunté sur une des étagères, il s’était confortablement laissé glisser dans la lecture jusqu’à ce qu’on vienne l’informer que le diner était près et qu’il pouvait se rendre dans la salle à manger s’il le désirait. Remerciant la jeune servante d’un sourire, il se releva, reposant l’ouvrage sur la petite table à côté du fauteuil, se permettant ainsi le droit de poursuivre la lecture plus tard, puis il rejoignit la grande salle qu’il avait quitté quelques heures plus tôt. Il poussa la porte, découvrant la grande table apprêtée pour quatre personnes. Elena était déjà là, superbement vêtue, comme cet après-midi, dans une tenue élégante qui le surprenait encore. Elle avait véritablement changée. Etait-elle simplement devenue femme ? Il n’en avait aucune idée. S’approchant tranquillement de la table, il s’arrêta à côté de son ancienne Aguerrie. « Bonsoir Elena. » Il se fendit d’un petit sourire et d’une petite révérence. Il désigna la chaise à côté d’elle. « Puis-je ? »


Dernière édition par Luc de Rohan le Dim 23 Déc 2012 - 22:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Dim 23 Déc 2012 - 22:00

Prise dans ses réflexions, Elena était dans une véritable bulle, écartée du monde extérieur. Le couteau continuait de faire des tours avec un rythme régulier qui semblait hypnotiser la jeune femme dans un tourbillon de l'esprit.

« Bonsoir Elena. »

Elle sursauta, laissant tomber le couvert en argent dans un fracas. Elle le rattrapa de justesse, avec une vivacité qui évoquait qu'elle n'avait pas perdu de ses facultés de combattante. Luc était à côté d'elle et se fendait d'une révérence. La voix de Luc bourdonnait dans les oreilles de la jeune femme. Le cœur encore battant la chamade, de surprise, elle semblait avoir été perturbée. Elle se redressa avec une touche de maladresse. C'en était presque touchant. Et puis elle répondit à cette révérence avec une classe qui appartenait à son apprentissage. Et lorsqu'elle redressa le visage, lorsqu'elle reposa le regard sur Luc, sa surprise avait à nouveau disparue. Elle reprenait ce visage neutre qu'elle avait offert lorsqu'elle avait salué son ancien apprenti. Ancien apprenti... Les mots n'étaient pas aisés. Et pourtant. Il demandait à s'assoir. Pouvait-elle dignement lui répondre non? En bonne hôtesse, elle acquiesça.

"Vous êtes comme chez vous ici Luc. Inutile de vous fendre en politesse."

Elle se rassit et chercha quelques mots à dire. Le silence lui semblait extrêmement lourd et particulièrement désagréable. Elle inspira longuement, comme pour se donner du courage pour lui parler.

"Ils ne devraient plus tarder. Les routes sont boueuses ces derniers temps, les chevaux sont un peu moins rapides."

Luc le savait bien. Pourquoi diable avait-elle dit cela? Le silence se posa à nouveau, comme un voile opaque. Comme pour tenter d'oublier qu'elle n'était pas seule. Le temps filait doucement. Chaque seconde, elle se sentait un peu plus coupable en la présence de son ancien apprenti. Il la mettait mal à l'aise. Et pourtant, elle gardait se visage neutre, lisse, sans aucune ride, sans aucun sentiment. Si elle semblait se complaire dans ce mortel silence, ses pensées fusaient, bouillonnant furieusement dans son crâne. Beaucoup de questions la torturaient. Luc envahissait ses idées, comme il ne l'avait pas fait depuis longtemps. Cette vague l'enlisait petit à petit dans son siège sans que rien n'y paraissent. Seuls témoins de son agitation intérieure, ses yeux roulaient comme des billes sur un faible degré de rotation de droite à gauche.

Elle fronça les sourcils, se sentant incapable de converser avec lui avec ce poids sur les épaules. Elle le regarda alors droit dans les yeux pour la première fois depuis qu'il était arrivé.

"Tu n'aurais jamais du revenir Luc."

Elle avait le regard sombre et la voix grave. Elle ne plaisantait pas. Elle ne lui en voulait pas non plus. C'était un avertissement. Et elle le tutoyait à nouveau. Pour lui dire qu'il ferait mieux de repartir. C'était un peu un appel au secours peut être. Sa présence contrariait ses plans, elle changeait beaucoup de choses. Il faudrait qu'elle le surveille sûrement?

"Je ne sais pas pourquoi tu es revenu. Si c'est le mariage soit, j'accepte que tu restes pour mon frère, mais ne cherche pas à renouer avec tes anciennes activités."

Le monde ésotérique avait changé pendant l'absence de Luc et si Elena avait réussit à empêcher que son protégé subisse un quelconque lavage de cerveau pour oublier la magie, elle ne pouvait plus le mêler à des affaires dangereuses. Elle était consciente que son devoir d'ancienne Aguerrie lui incombait et elle se devait d'expliquer les ébranlements à Luc. Mais elle ne le voulait pas. Si il lui demandait, elle lui donnerait des réponses, mais elle ne refusait qu'il tente à nouveau de prendre sa défense, de rester en arrière pour la couvrir. C'était simplement hors de question. Noâz comptait peu de partisans, mais même pour lui elle ne pourrait donner la vie de son ami.

Son ami... Etait-il toujours son ami? Lui en voulait-il à vie? Cherchait-il à la culpabiliser? C'était difficile à dire. Il se tenait là, comme si presque rien n'était arrivé. Journellement, elle était méfiante de tout et tous. Et voilà à présent que cette vision du monde la parasitait dans son propre Manoir. Sur ces terres! Elle attendait une réaction de Luc, quelle qu'elle soit. Peu importait qu'il la déteste, du moment qu'il était sauf. Ne pouvait plus soutenir son regard, elle se remit à sa place initiale, droite, fixant le vide de la pièce. Le temps semblait long. Que faisait son frère. Avait-il fait exprès d'être en retard?
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Dim 23 Déc 2012 - 23:06

Il ne s’attendit pas à la surprendre mais il dut faire avec. Observant la jeune femme rattraper son couteau avant qu’il ne touche le sol, il attendit patiemment qu’elle le repose sur la table avant de se redresser pour le saluer à son tour. Il y avait quelque chose de changé en elle et il était incapable de dire quoi. Si Vincent lui-même n’était pas capable de le définir, il devait certainement s’agir d’un bousculement dans le monde de la sorcellerie mais il n’était plus vraiment familier de ce monde-là, même s’il n’avait pas oublié tout ce qu’il avait pu apprendre entre ces murs et tout ce que cela avait impliqué pour Elena. A bien y réfléchir, il lui avait servi de garde-fou durant sa présence au manoir, qui pouvait dire ce qu’elle avait pu faire une fois qu’il était parti, sans personne pour lui remettre la tête sur les épaules ? La jeune femme était absolue et déterminée, deux qualités non négligeables mais il savait ce qu’elle pouvait penser lorsqu’elle songeait devoir réussir quelque chose à tout prix. Leur dernière mission ensemble, pour ce fichu grimoire, en était la preuve encore tenace dans son esprit. La blessure était partie depuis longtemps, ne laissant même pas la trace visible d’une cicatrice, hormis peut-être si l’on y regardait de trop près, hélas, personne n’avait eu ce privilège jusqu’à maintenant puisque personne n’avait encore partagé sa couche. Le vouvoiement le déstabilisa quelque peu. Désirait-elle mettre autant de distance entre eux deux ? Ne le voyait-elle donc plus que comme un invité de son frère qu’il fallait traiter avec déférence ? Où étaient passées les heures passées ensembles ? Il la laissa s’asseoir la première, tenant sa chaise. « Inutile d’user du vouvoiement alors, Elena. » Une fois qu’elle fut installée, il s’assit à son tour, à côté d’elle. Les deux places face à eux seraient occupées par Vincent et sa future épouse.

« Je suis certain que ce petit supplément de temps seul à seul ne pourra que leur convenir. » Il eut un petit sourire amusé, ce n’allait peut-être pas être le cas d’eux deux ici présents. « Vincent a l’air heureux, j’en suis ravi pour lui. » Une phrase bateau, sans l’ombre d’un doute, mais lui aussi éprouvait un peu de mal à renouer le contact avec la jeune femme, surtout parce qu’il ne savait pas comment s’y prendre. Difficile de croire qu’ils pouvaient parler comme ils l’avaient fait jadis. Qui plus est, son absence de réponses à ses lettres rendait la situation encore plus ambiguë. Avait-elle seulement envie de le revoir ? N’affichait-elle qu’un masque de convenance pour lui ? Ne restait-il rien des mois passés ? Cette idée lui fit plus mal au cœur qu’il n’aurait pu le penser au premier abord, mais la raison, elle, ne l’étonnait pas. Le silence se prolongea petit à petit, rajoutant une pierre muette à son édifice de mutisme et tandis que le feu brulait dans l’immense âtre de la pièce, chacun semblait regarder le mur d’en face avec une profonde dévotion. Briser le silence devenait de plus en plus difficile, mais, pourtant, la jeune femme s’y résolut. Et, tandis qu’il entendait sa voix, Luc posa son regard sur elle, croisant le sien. Ses propos le glacèrent. Le tutoiement aurait du le réjouir mais il n’y avait rien dans ses propos qui le lui permette vraiment. Sans ciller, il écouta la « setence » ou ce qui s’y approchait beaucoup être énoncée. L’absence de sentiments dans chacun de ces mots avait de quoi lui retourner l’estomac. Pour un peu, il en aurait presque eu la certitude qu’elle n’aurait jamais voulu le revoir. Détournant la tête, il observa à nouveau le mur sur lequel reposaient plusieurs peintures et quelques tapisseries.

Il laissa le silence glisser un peu entre eux puis décida de le rompre. Puisqu’apparemment le destin leur laissait un peu de temps seul à seul et qu’elle avait commencé les « hostilités », il était un comble qu’il n’y réponde pas alors que c’était ce qu’il avait cherché en venant ici. « Je suis revenu parce que Vincent me l’a demandé, c’est vrai. » Mais c’était loin d’être la raison principale. Le mariage était important pour Vincent, et donc pour Luc, et l’ainé des Mirova était quelqu’un de cher au futur duc mais sa cadette l’était encore plus. Sans quitter le mur d’en face, il compléta sa réponse en essayant de choisir un peu ses mots. « Mais tu devrais savoir que ce n’est pas tout ce qui m’a poussé à revenir ici… » Il tourna la tête et chercha son regard. « Pourquoi n’as-tu jamais répondu à mes lettres ? Pourquoi vouloir faire comme s’il n’y avait jamais eu aucun lien entre toi et moi ? » Il faisait notamment référence à son comportement actuel. Il n’était pas dupe et il espérait qu’elle n’essayerait pas d’esquiver ses questions. Parler à « cœur » ouvert ne serait pas forcément des plus agréables et les prémices d’un diner n’étaient pas nécessairement le meilleur moment mais il n’était pas vraiment certain qu’il puisse y avoir un autre moment. Il espérait que cela ne dégénèrerait pas. Ce n’était pas à lui de gâcher le mariage de Vincent et quelque chose lui disait que la nouvelle proximité avec Elena ne serait pas nécessairement évidente à gérer. Il ne restait plus qu’à espérer qu’ils ne s’emporteraient pas comme des enfants et que cette discussion n’en resterait qu’une…
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Lun 24 Déc 2012 - 0:01

Luc tentait de tromper l'attitude inhabituelle d'Elena en faisant son entrée. Il avait tenté l'humour. Rien. Il avait tenté le changement de sujet. Rien. Cet impeccable faciès était resté rivé vers le mur, neutre. Elle lui avait ensuite adressée la parole pour lui dire qu'il n'aurait pas du revenir. Ou plutôt qu'il ne devait pas revenir pour autre chose que le mariage. Luc ne comptait pas en resté là, il attendait des explications. Il les demanda.

« Pourquoi n’as-tu jamais répondu à mes lettres ? Pourquoi vouloir faire comme s’il n’y avait jamais eu aucun lien entre toi et moi ? »

Pourquoi? Parce que... Elle aurait voulu lui répondre ça, mais elle connaissait Luc. Oh oui! Elle ne le connaissait que trop bien pour savoir qu'il chercherait. Et quoi qu'elle fasse, il trouverait des réponses. Alors il valait mieux que cet interrogatoire cesse. Ce n'était pas le lieu. Pourtant la perche que tendait son ancien apprenti était bien trop tentante pour la laisser là en plan sans personne pour la saisir. Il cherchait son regard, et il le trouva. Plantant ces iris dans ces de son ami, elle laissa le temps s’arrêter, elle ne répondit pas tout de suite. Ces yeux parlaient pour elle en quelque sorte. Pourtant, elle tentait de cacher au mieux ce qui la dérangeait réellement.

"Beaucoup de choses ont changé ici, en ton absence. J'ai eu beaucoup à faire. Le temps m'a manqué..."

*et la force.*

Elle ne pu se résoudre à le dire, laissant une faible de tristesse s’immiscer dans son regard à son insu. Il ne la croirait pas de toute façon, mais elle n'était pas décidée à lui en dire d'avantage. Elle se tenait fière et droite devant lui, et pourtant, à l'instant, elle avait peur. Elle était rongée par la culpabilité qui ne l'avait jamais vraiment quitté depuis leur dispute. Il n'avait donc pas compris. Depuis tout ce temps, il cherchait encore la réponse à cette question. Pourquoi elle se tenait face à lui de la sorte? N'était-ce pas évident? Luc attendait une réponse, et elle était restée encore un peu muette. Ils se faisaient face et pourtant d'un côté Luc hurlait pour comprendre et de l'autre Elena, en silence, comme sourde à ces paroles, se construisait un magnifique murs de larges pierres.

Elle resta tourné vers Luc, mais baissa les yeux. Soutenir ce regard interrogateur la meurtrissait. Mais les paroles qu'elle lui rendit l'éventraient.

"Je pensais qu'il serait plus évident pour nous de repartir de zéro pour oublier la façon dont nous nous sommes...quittés."

Dans son cœur et au profond de son âme elle se haïssait d'agir ainsi. Elle avait la gorge nouée. Elle se sentait vulnérable. Ses lèvres tremblèrent l'espace d'un soupçon de secondes. Depuis qu'il était partit, elle avait commencé à se murer lentement dans l'indifférence. Noâz avait brisé d'une drôle de façon son mur, la gardant près d'elle comme une amie fidèle dont on a besoin. Il l'avait sauvé de la culpabilité. Et le mur c'était bâtit autour d'eux. Mais ce soir, Noâz n'était pas là pour lui venir en aide. Il ne pouvait pas la sauver, elle ne pouvait pas se réfugier derrière lui et se noyer dans le "travail" pour ne pas penser. Elle était face à son plus grand gâchis. A sa plus grande honte. A son propre désastre. Luc appartenait au passé. Elle ne voulait plus en parler, avec quiconque. Parce qu'elle ne supportait pas de tenir devant elle son échec. Elle avait refuser de répondre à ses lettres, pour qu'il pense qu'elle le détestait, pour qu'il ne revienne jamais. Et il était pourtant là. Pourquoi? Pourquoi cela n'avait-il pas fonctionné?

Il n'aurait jamais du remettre les pieds à Forbach, ou dans son manoir. Parce qu'il ébranlait les mois de torture interne que la jeune femme avait vécu. Vincent filait le parfait amour, alors qu'elle se sentait un peu plus chaque jour éprise de quelque chose d'étrange à l'égard de Noâz. Et qui s'en souciait? Personne! Parce que personne ne devait savoir. Pas même Noâz. Il faisait partit du monde ésotérique, et il devait donc être un secret. Leur proximité devait continuer de n'être qu'une légende dont personne ne se souciait. Et là, devant elle, elle avait un homme avec qui elle aurait pu partager tout cela. Mais elle n'avait pas pu. Leurs opinions divergeaient rendant Luc dangereux pour Elena. Il voulait la protéger. Elle n'avait cure de sa vie pour son Meneur. C'était Son Meneur. A elle. Elle seule. Elle le voulait pour elle. Elle voulait qu'il sache à quelle point elle était soucieuse de lui plutôt que de sa propre personne. Elle souhait briller à ses yeux. Elle n'avait aucune connaissance en matière d'homme et Luc aurait pu l'aider. Mais elle devait le protéger d'elle-même. Cesserait-il de s'entêter un jour?
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Lun 24 Déc 2012 - 17:14

Quelque chose laissait présager à Luc que rien ne serait effectivement plus comme avant. Avait-elle délibérément tiré un trait sur tout ce qu’ils avaient vécus ensemble ? Sur ce qu’ils avaient partagé l’un l’autre ? N’éprouvait-elle donc aucun remords à effacer tout ce qui avait caractérisé leur lien jusqu’à maintenant ? Une telle possibilité lui crevait le cœur tellement il n’aurait jamais cru possible qu’elle puisse en venir à une telle extrémité. Ils s’étaient certes quittés d’une façon abrupte et pas particulièrement agréable mais il s’agissait là surtout d’une réaction à chaud, abrupte et passionnée. La seule et unique lettre qu’elle lui avait fait parvenir avait radouci les tensions et c’était d’ailleurs celle-ci qui avait poussé le jeune homme à en écrire d’autres, à espérer qu’elle lui répondrait encore et, peut-être, qu’ils pourraient continuer un peu comme avant. Apparemment, il s’était lourdement trompé. Peut-être ne connaissait-il pas Elena autant qu’il ne pensait la connaître. Cette idée lui semblait aberrante mais, finalement, il devait peut-être se rendre compte de l’évidence et ne pas chercher plus loin. La sorcellerie n’expliquait peut-être pas tout et Vincent avait peut-être raison au fond. Après tout, il était le mieux placé pour connaître sa petite sœur et Luc déconnecté de la réalité de Forbach pendant plusieurs mois. Il était inutile de revenir sur le passé et elle le lui faisait comprendre de la plus détestables des manières. Sans briser pourtant le lien qui s’était créé entre leurs deux regards, il attendait des réponses dont il espérait en voir au moins l’ombre avant que Vincent et Elisabeth ne finissent par arriver. Il n’aurait peut-être pas dû venir, maintenant qu’il se trouvait confronté à celle qu’il avait voulu si souvent revoir, il en était d’autant plus convaincu. Pourtant, repartir était exclu, son frère ne comprendrait pas, même s’ils trouvaient du temps pour s’expliquer.

Mieux valait continuer à jouer le jeu, à encaisser tout ce à quoi la discussion mènerait et jouer le jeu jusqu’à au mariage. Là, il serait probablement temps de tirer une dernière révérence pour ne plus jamais revenir. Elle ne voulait pas le revoir, il suffisait d’entendre le ton de sa voix et la manière dont elle avait accueilli pour le comprendre. N’importe quel idiot l’aurait compris. Tandis qu’elle lui répondait, il finit par détourner le regard. Ce qu’elle disait avait le mérite de le brûler de l’intérieur tel un acide qui ronge petit à petit quelque chose que l’on croyait pourtant dur comme le diamant. L’âpreté de cette discussion lui donnait presque envie de vomir. Bougeant sur sa chaise, il fixa à nouveau le mur d’en face. Si le mariage était une bonne nouvelle, Elena venait de lui retirer toute la gaieté du cœur pour la fracasser en milliers de morceaux par quelques mots et une attitude qu’il ne reconnaissait pas. Cette femme n’était pas, ou plutôt n’était plus, l’Elena qu’il connaissait et même si c’était quasiment impossible à admettre pour lui, il n’aimait pas ce qu’elle était devenue, de force ou à raison. Serrant les poings en silence sur la table, il ne tourna pas le regard vers elle lorsqu’il lui répondit, se contentant de fixer le mur. La triste réalité devait finir par le rattraper, apparemment. « Les choses changent, beaucoup de choses changent. J’ai eu aussi beaucoup à faire. » Y’avait-il un endroit seulement sur terre où les choses ne changeaient pas, où les gens n’étaient pas occupés ? « Pourtant j’ai eu le temps de penser à toi et de t’écrire quelques lettres… » Un reproche ? Oui, probablement. La réponse qu’elle lui avait apportée lui avait fait mal, très mal, trop mal.

Repartir de zéro ? Pourquoi faire ? Voulait-elle à ce point l’oublier ? « Si tu préfères faire comme si nous étions deux étrangers l’un pour l’autre, soit. » Il ferma les yeux et baissa la tête vers la vaisselle qui était déjà dressée sur la grande table qui, sans nul doute, serait complètement remplie pour le jour du mariage. Il ne restait plus qu’à espérer que Luc et Elena ne se retrouveraient pas côte à côte ce jour-là. Peut-être que Luc devrait faire une demande particulièrement à Vincent. Cela ne pourrait qu’aider au bon déroulement de cette journée. « Je suis déçu Elena. Mais peut-être parce que je m’attendais à quelque chose d’autre. » Se détendant un peu, le futur duc desserra les points. Pour un peu, il se serait levé et aurait quitté la pièce pour ne revenir que lorsque les futurs époux auraient rejoints la tablée afin que la discussion puisse prendre un tournant moins pesant mais il avait encore quelque chose à dire. « Je n’ai rien oublié moi, Elena. Et je n’ai rien envie d’oublier. Ni notre dispute, ni mon départ, ni tout ce qui s’est passé avant ça. » Il soupira doucement mais ne tourna pas la tête vers elle. « Je suis revenu pour Vincent, mais je suis surtout revenu pour toi. Parce que je voulais te revoir, parce qu’à l’instant même où j’ai quitté ce manoir, j’ai su que tu me manquerais horriblement. » C’était un fait. Cette « torture » n’avait pas pris fin lorsqu’il était arrivé chez lui, entouré des siens et de tout ce qui peut finalement faire oublier un « petit » chagrin. « Je suis là parce que, même si les choses changent, même si j’ai eu beaucoup à faire, même si le temps m’a manqué pour beaucoup de choses, il ne m’a pas fait défaut pour penser à toi et parce que, pour moi, rien n’a changé. »
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Mer 26 Déc 2012 - 0:57

Les choses changent, beaucoup de choses changent.

Une première vaguelette se forma, lente, délicate, et pourtant chargée d'une émotion.

Pourtant j’ai eu le temps de penser à toi.

La seconde vague déferla avec plus d'éclaboussures. L'eau ternissait, devenait plus visqueuse petit à petit.

Je suis déçu Elena.

La troisième vague s'intensifia, et frappa le sol avec un fracas plus vrombissant. Les souillures du sol devenaient plus impressionnantes et apparaissaient comme des coulées de pétrole dans un sable fin au grain travaillé par la mer pendant des années.

Je n’ai rien oublié.

La marée gronda, l'éclair au loin pour le moment se rapproche à grand pas. Une lumière jaillit des eaux maintenant noires. Et dans ce vacarme assourdissant, dans ce chaos naissant, un rocher faisait face à la tempête qui grandissait. Le vent souffle sur les eaux pour noyer le rocher. Ce petit pour de pierre ridicule. Les bourrasques emportent les embruns et fouettent ce morceau de roche isolée.

J’ai su que tu me manquerais horriblement.

Les mots peinent à atteindre le conscient de ce rocher qui subit sans aucun mot la déferlante, la fureur des sentiments. Car qui y a t'il de plus puissant que les efforts d'un rescapé, d'un homme blessé, qui se tient les entrailles pour ne pas imploser. Rien sinon la déception monte encore plus et les vagues n'en finissent plus.

Parce que, pour moi, rien n’a changé.

Coup final. Le poison qui tuaient les eaux se calme, avec les vagues. L'orage se retire, ne laissant plus que les nuages sombres, témoin du chahut passé.

Elena redressa les yeux sur son interlocuteur, qui l'évitait à son tour. Elle le dévisageait. Ses yeux ne supportaient la vision qu'elle avait, pourtant elle devait assumer son choix. Son choix? Elle entrouvrit les lèvres. Les paroles de Luc ajoutaient aux coups de poignards qu'ils se donnaient mutuellement.

Sur ce rocher noyé dans les eaux, les deux corps sanguinolents de deux êtres gisaient. Le silence pesant, dévoilaient les cicatrices sur le corps de chacun. Le rocher se fissurait, lentement, alors que les deux êtres muent par les dernières forces d'un sentiment profond de fraternité tentaient de se relever. Ils s'appelaient l'un l'autre, en regardant horrifiés, cette fissures qui grandissait.

Elle voulait parler, elle voulait lui répondre. Mais tous ces mots s'étaient rejoint dans sa gorge et elle était là, incapable de s'adresser lui. Il souffrait bien plus qu'elle. Il souffrait bien plus qu'il n'aurait du. La douleur de leur dispute était partie, faisant place à celle d'une profonde déception. La pire de toute. La trahison. Si la jeune femme avait voulu mettre un terme, à ces stupides désagréments, elle aurait du parler. Elle aurait du se battre contre ce blocage et lui dire la vérité.

Toute la vérité.

Rien que la vérité.

Mais rien ne vient, elle tenta de bouger une main amicale, pour la poser sur l'épaule de Luc et le forcer à la regarder. Elle resta crispée, une main agrippée au couteau avec lequel elle avait joué jusque là. Elle écarta les doigts, avec difficulté et baissa la tête, les yeux fermés pour cacher leur rougeur.


"Pardonne moi." souffla t-elle alors que dans un bruit étonnamment puissant la porte s'ouvrit sur Vincent, accompagné de la douce Elisabeth.

Luc n'avait probablement pas entendu ces mots. Elle l'espéra du plus profond de son être. Il se décidait à ne plus jamais revenir. Elle devait rester forte. Jusqu'au mariage. Un mois encore. Le décompte se mettait en marche. La tension dans la salle se creva, comme un abcès. Vincent présenta sa future épouse à Luc alors qu'Elena c'était levé d'un bon. Le regard qu'elle échangea avec son frère fit un électrochoc au futur marié. Depuis combien de temps n'avait-il pas vu ces yeux là? Elle semblait tout à coup si perdue. Alors qu'elle n'avait cessé d'être inébranlable. Il n'évoqua rien, tentant d'apporter une certaine paix, une joie pour tous.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Mer 26 Déc 2012 - 21:01

Il aurait aimé qu’elle réponde. Qu’elle lui dise quelque chose alors que, lui-même avait trouvé quelques mots pour lui dire ce qu’il avait sur le cœur. Bien entendu, dans un monde idyllique, elle l’aurait peut-être entendu et elle aurait répondu ce qu’il aurait voulu entendre, ou même, en fait, même ce qu’il n’aurait pas voulu entendre. La seule chose dont Luc avait besoin, en cet instant, c’était de réponses, mais hélas, elle ne semblait même pas encline à lui offrir ce qu’il désirait. Elle resta recluse sur elle-même, s’emmurant dans son silence comme s’il n’avait pas parlé, comme si rien ne s’était passé et, comme elle avait pu le dire, comme s’ils étaient des étrangers l’un l’autre. Pourtant, il le savait, s’ils avaient été des étrangers, ils n’auraient nullement agi ainsi, se livrant un froid mordant qui les déchirait tous les deux. Cette situation était stupide mais il ne pouvait la forcer à parler. Si elle désirait lui tourner le dos, il ne pouvait pas faire grand-chose si ce n’est espérer qu’elle reviendrait un jour sur sa décision. Bien entendu, il n’abandonnerait pas totalement l’idée de la faire parler, de comprendre ses raisons, ses motivations à agir ainsi avec lui, mais même face à l’empressement d’une personne, l’autre pouvait rester de marbre si elle le désirait. Même sous la pression, Luc doutait qu’Elena finisse par lui dire ce qu’il voulait entendre mais cela ne coutait rien d’essayer, même si, il le savait, cela pouvait mettre « en péril » le mariage de Vincent. Pour son frère, il ne pouvait décemment pas faire cela, mais il ne pouvait s’empêcher de penser qu’il n’aurait peut-être pas de meilleure occasion que celle-ci. Pire encore, ce serait peut-être la dernière car une fois le mariage célébré, il n’y aurait plus de raison pour Luc de rester.

Le silence fut enfin brisé au bout d’un moment. Mais ce ne fut pas Elena qui le rompit, du moins, ce ne fut pas elle qui fit le plus de bruit. Néanmoins, dans le fracas de la porte qui s’ouvre sur les futurs mariés, l’oreille de Luc entendit la petite supplique murmurée qui parvint jusqu’à elle dans un souffle. Perturbé parce qu’il doutait presque d’avoir entendu, il ne tourna que tardivement la tête vers Vincent et Elisabeth et se rappela soudain des règles de politesses en la matière avant de se relever à son tour pour accueillir la future mariée. Faisant le tour de la table pour lui présenter ses hommages tandis que son frère faisait les présentations, Luc en profita pour reléguer au plus profond de son esprit tout ce qui pouvait le perturber et afficher un masque plus serein et, surtout, plus cordial. Il n’était pas l’heure de donner une mauvaise impression à la jeune femme, surtout pas lors de leur première rencontre, car, il s’en doutait, ce ne serait certainement pas la dernière. Après l’avoir saluée, il revint à sa place, aida Elena à s’installer tandis que Vincent faisait de même avec Elisabeth puis s’installa à son tour. Cette petite « gymnastique » lui avait permis de reprendre le contrôle sur lui-même avec plus d’assurance et c’est avec un vrai sourire qu’il se joignit à la tablée, heureux de voir que l’aîné des Mirova ne lui avait pas menti sur la beauté de sa dulcinée. En face d’Elisabeth, il pouvait admirer ses traits magnifiques et comprenait aisément pourquoi Vincent en était tombé amoureux. Dans d’autres conditions, peut-être aurait-il pu être amener à être touché par sa beauté également. Il restait à espérer que sa beauté n’était pas la seule de ses qualités, même si Luc doutait que son frère ne puisse aimer qu’une « coquille vide ».

« J’ose espérer que je ne vous gênerai point en vous faisant cet aveu, mais vous êtes vraiment en tout point telle que Vincent ne cessait de me décrire. » Il eut un regard amusé pour le futur marié et se contenta d’un sourire qui lui en disait long. Non, il n’allait pas l’embarrasser devant sa future épouse mais le taquiner un peu ne serait certainement pas de refus. Après tout, il avait failli ne pas l’inviter au mariage, non ? Cela devait bien se payer un peu d’une manière ou d’une autre. Jetant un petit regard à Elena, Luc espérait qu’elle saurait jouer au moins la comédie pour les instants qu’ils passeraient ensemble, en compagnie d’autres personnes, qui ne savaient rien de ce qui les unissait tous les deux. Il se reconcentra sur Elisabeth et le temps qu’on apporte le premier plat à table, le futur duc se risque à une nouvelle question. « Après avoir entendu Vincent vanter vos mérites, pourriez-vous nous parler de ce que vous aimez chez lui ? Je ne veux pas vous mettre dans l’embarras, mais je n’ai toujours pas trouvé ce que les femmes peuvent lui vouloir. » Dans un grand sourire, il fit un clin d’œil à Vincent. Il n’était pas question qu’il agisse différemment à d’ordinaire, même si, au fond de lui, il n’avait pas vraiment envie d’agir comme il le faisait. Se penchant un peu vers la jeune femme, il ajouta sur un petit ton de confidence : « Si vous ne voulez pas répondre, vous avez aussi le droit de me dire que cela ne me regarde pas. » Il ne voulait pas paraître grossier ou entreprenant mais il n’y avait pas dix mille façon de maintenir une certaine bonne humeur à table, surtout qu’il doutait pouvoir compter sur Vincent pour rendre les choses réellement amusante. Après tout, ils n’allaient pas manger dans un silence de mort, si ?
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Dim 30 Déc 2012 - 21:57

Vincent était toujours là au bon moment. Il l'avait toujours été. Et même si le regard qu'ils s'échangeaient était chargé d'une émotion qui n'allait pas les présentations qui suivirent, tout deux gardèrent le silence. Vincent repris son sourire tout en s'appliquant à aider sa future femme à s'assoir. Il sourit de plus bel en voyant Luc faire de même. Il fixait le visage de sa sœur, qui semblait s'éclairer. Avaient-ils fait la paix? Certainement pas, sinon pour cette expression étrange qui avait fendu ses iris.

Peu importait pour l'instant, elle jouait le jeu, à la perfection. C'en était déboussolant. Il y a quelques mois, elle aurait quitté la table, se moquant des règles. Aujourd'hui elle restait côte à côté avec son ancien apprenti. Elle souriait, radieuse. Luc tenta de donner un peu plus de légèreté au début du repas, pour se détendre et complimenta Elisabeth sur sa beauté. Et Vincent rougissait lentement à mesure que Luc parlait pour savoir ce qu'elle pouvait bien trouver à l'aîné des Mirova.

Avec un sourire doux, la jeune femme rit discrètement avant de prendre une gorgée d'eau. Ces boucles dorées, accroché en un savant chignon dégageait son visage, laissant pleinement le loisir de détailler ces expressions. La jeune femme était certes belle, mais ces yeux bleus, étaient remplis d'une malice et d'une intelligence notable.

"Je sais que je fais bien des envieuses, mais Vincent est un homme aussi admirable que délicat. Et nous partageons une passion commune pour la nature. Savez-vous qu'il cueille lui même les roses qu'ils m'offrent."

Elle tourna la tête vers son amour et élargit son sourire, alors que Vincent plongeait son regard dans celui de sa dulcinée. L’allégresse plongeait la salle dans une toute autre ambiance et le repas se déroulait tranquillement. Aucune crainte à avoir pour Vincent, qui savait combien son "frère" et sa sœur faisait des efforts pour lui. L'amour qu'ils portaient tout deux à Vincent était suffisant pour laisser les remords, les douleurs, sur le côté.

A son tour Elisabeth interrogea Luc.

-"Vincent m'a parlé de vous déjà. Il vous aime beaucoup vous savez. C'est aussi quelque chose que j'aime chez lui, il tient aux gens et cela se ressent évidemment."

-"Et il sait qu'il peut attendre autant de nous tous" ajouta Elena, qui parla pour la première fois avant de prendre une bouchée de son assiette.

-"A ce propos, Elena, ma chère, comment faites vous pour rester de marbre à côté de ce prétendant en or."

Elena manqua de s’étouffer alors qu'Elisabeth riait de plaisir. Elena s'excusa avant de reprendre la parole non sans être visiblement décontenancée.

-"Luc est un ami de la famille." se défendit-elle.

-"Et cela n'empêche à rien." ajouta Elisabeth en faisant un clin d’œil.

Elena était incapable d'ajouter quelque chose, bouche bée, par la franchise dont faisait preuve la jeune femme. Et bien que la future Mirova avait raison dans le fond, Elena et Luc n'entretenaient pas une telle relation. Ils ne seraient jamais amants. C'était une promesse qu'ils c'était faite depuis longtemps. Et celle là ne se briserait jamais, même si leur amitié se mourrait ces derniers temps sous le poids des non dits.

Malgré ce petit incident, qui avait amené plus de joie que de désagréments, hormis pour Elena, le reste du repas fut agréable. Les quatre convives conversaient sur le mariage et sur la vie en général. Elena restait un peu en retrait, écoutant les conversations et donnant son opinion. Elle évitait le regard de Luc, se focalisant sur Elisabeth.

Une fois le repas terminé, tout le monde rejoint sa chambre. Elisabeth passa dans la chambre d'Elena avant d'aller se coucher. Elle frappa d'un mouvement vif et pourtant empreint de délicatesse. Elena craignait une visite de Luc et alla jusqu'à la porte pour l'entrouvrir.

-"Elisabeth?"
-"Puis-je vous voir un moment?"
-"Euh, oui bien évidemment. Entrez."
En bonne hôtesse Elena ouvrit la porte et laissa rentrer sa future belle sœur. Laissa s'assoir son invité, Elena patienta que la jeune femme s'explique.

-"Je voulais m'excuser pour mon comportement."
-"Je vous demande pardon?"
-"Je vous ai offensé n'est-ce pas?"
-"Offenser? Non pas du tout voyons. A quel propos auriez-vous pu m'offenser?"
-"Quand je vous ai dit que Luc était un très bon partit. Je ne voulais pas vous vexer ou vous gêner, pourtant vous êtes restez un peu plus absente suite à ça."

Ah! La belle affaire. Elena aurait aimé ne pas entendre à nouveau parler de ça. Elle c'était sentie si idiote. Si il était possible que la relation entre Luc et Elena soit forte, elle n'avait pas cette nature et ne l'avait jamais eu, pourtant, avant que Luc parte, il avait avoué à demi mot qu'il tenait à elle plus qu'à une simple amie. Pourtant, personne n'avait jamais dit, ou oser dire qu'Elena avait sous ses yeux quelqu'un de très formidable qui irait bien avec elle.

"Mais je pensais ce que je disais, Luc semble quelqu'un de très agréable. Très charmant. Et il prend soin de vous. Il suffit de le voir vous regarder."

Il l'avait regarder pendant le repas? Oui sûrement une ou deux fois, elle n'avait pas oser en faire autant. Elle s'en sentait incapable. Comme si le simple fait de jeter un œil sur lui l'aurait foudroyé sur place.

-"Voyons Elisabeth, vous ne m'avez pas offenser. J'ai été simplement surprise par cette idée. Luc est comme un frère pour Vincent et moi. Il ne pourrait en être autrement. Mais il est certain qu'il est quelqu'un de bien. Un bon parti comme vous dites."

Pourvu qu'il ne soit pas l'oreille collé à la porte ou elle se poignarderait cent coups. Il ne devait rien savoir. Il ne devait pas comprendre qu'elle était toujours autant attaché à lui et qu'elle souffrait de devoir lui mentir.

Les deux femmes se quittèrent peu après et Elena rejoignit le rebord de sa fenêtre. Elle observa la son reflet dans la vitre. Cette journée avait été étrange, surprenante tout de son long. Luc revenait dans les murs du Manoir Mirova. Elisabeth donnaient de drôles d'idées et entre tout cela, deux amis s'étaient déchirés. Il serait probablement le temps de se coucher pour ne plus penser à tout cela. Elle se cala dans les coussins et laissa tomber l'un de ses bras à terre. Le contact avec le fourreau de son fleuret la fit frissonner. Elle le saisit et tendit les bras en l'air pour mieux le regarder. Il lui rappelait Luc.

"Un bon parti..."
dit elle avec ironie en dodelinant lentement.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Mar 1 Jan 2013 - 22:34

Grâce aux talents de comédiens d’Elena et de Luc, bien qu’il ne fut pas extraordinairement difficile de donner le change, le diner semblait se présenter sous les meilleurs hospices. La fiancée de Vincent se révélait être une femme d’exception et le futur Duc, bien que déjà heureux pour son frère, le fut encore plus devant la « qualité », dont faisait preuve la future épouse. Loin d’être timide, elle ne semblait pas trop prendre sérieusement les remarques et les questions de Luc qui avaient uniquement pour but de la connaître un peu plus tout en détendant un peu l’atmosphère. Belle, elle ajoutait également à son palmarès d’autres qualités comme l’esprit, une culture et une intelligence non négligeable. L’aîné des Mirova avait choisi une femme d’exception et l’ancien Apprenti ne doutait pas une seconde qu’ils fileraient le parfait amour une fois le mariage célébré. Noces dont tous les deux devaient certainement se languir étant donné le plaisir qu’ils semblaient partager à être ensembles. Il ne restait plus qu’à espérer que cette attirance et cet amour naissant serait éternel mais il savait que Vincent n’était pas Homme à laisser se ternir les sentiments. Il se réinventerait surement pour entretenir la flamme qui venait de naître. « Nous avons cette caractéristique en commun lui et moi, nous sommes de grands romantiques. » Le futur Duc eut un nouveau clin d’œil envers son frère et lui adressa un regard amusé avant de se concentrer à nouveau sur l’invitée d’honneur de cette soirée. Les discussions allaient bon train et ils passaient réellement un bon moment. Il n’était presque plus nécessaire de jouer un jeu, la bonne humeur aillant suffisamment relégué en arrière-plan ce qui pouvait se tramer entre Elena et Luc, même si, au fond, ils en restaient tous les deux profondément affectés et meurtris, chose probablement légèrement visible puisque ce dernier ne tournait que rarement la tête vers la cadette de la famille Mirova.

Quand Elisabeth commença à prendre suffisamment d’assurance pour le questionner, le jeune homme avait gardé sa bonne humeur, appréciant enfin que le « petit jeu » commence enfin à aller dans les deux sens. Toutefois, il ne s’était pas attendu à ce que la discussion prenne un tournant tout à fait inattendu. Le parti-pris de la fiancée de Vincent surprit beaucoup le nouveau venu dans le Manoir par sa teneur. Avant de travers un morceau de viande, ô combien délicieux néanmoins, il toussa légèrement, et si possible discrètement, pour s’aider à recracher l’incommodante denrée de ses voies respiratoires. « Prétendant en Or » ? Cette idée le fit sourire tandis qu’Elena essayait de se tirer de cette épineuse situation. A vrai dire, Luc était surpris mais, heureux, qu’une telle remarque ait vue le jour à cette table. La jeune femme ne pouvait savoir à quel point elle avait visée juste, du moins, pour Luc. Même si une promesse avait été faite entre Elena et lui, il n’avait jamais vraiment pu s’empêcher de tomber amoureux d’elle. Il ne l’avait pas cherché, au contraire, mais, avec le temps, il avait appris à l’apprécier, à savourer le moindre instant où il l’apercevait, à se surprendre à l’admirer au détour d’un couloir ou d’une porte entrouverte… Suivant sa promesse, il n’avait rien dit, ni fait, qui puisse témoigner de cet attachement et de ces sentiments qu’il avait fini par ressentir, même si, avant de partir, il avait essayé de le lui faire comprendre à demi-mots. Quoiqu’il en fut, cette discussion tourna court, malheureusement, ou heureusement, et une autre s’engagea, plus légère, moins gênante apparemment. Toutefois, le comportement d’Elena laissa Luc quelque peu perplexe jusqu’à la fin du dîner, à laquelle il prit congé comme les autres convives.

Rejoignant sa chambre et ses maigres affaires, il se posa sur une chaise qui faisait face à un bureau avant de se laisser sombrer dans ses pensées. La discussion qu’il avait eue avec Elena l’avait déchiré intérieurement, pourtant, cette petite remarque d’Elisabeth avait réveillé en lui quelque chose qui avait su lui plaire quelques instants. Une joie éphémère certes, mais une joie tout de même… Devait-il encore parler à la jeune femme ? Il n’en savait rien. Elle semblait avoir véritablement changée et il ne reconnaissait plus vraiment l’Elena qu’il avait pu aimer jusqu’alors. En silence, il avisa une petite malle qui reposait au pied du lit. Sa flûte… Il l’avait emmenée avec lui car elle lui tenait agréablement compagnie le soir. Se relevant lentement, il posa la mallette sur le lit et l’ouvrit, découvrant ainsi l’instrument. Il en sortit chaque pièce avec délicatesse avant de former la pièce de bois qui lui permettait de jouer quelques notes de musique. Une idée en tête, il griffonna quelques mots sur un bout de papier avant de le plier et de le mettre dans sa poche. Il sortit ensuite, flûte traversière en main et se glissa hors du Manoir, trouvant un endroit non loin, dont la vue donnait probablement, du moins à ses dernières connaissances, sur les fenêtres de la chambre d’Elena. A la lisière d’un bois, la lumière était trop loin pour qu’il soit visible mais les notes porteraient sans doute jusqu’à elle, bien qu’atténuées en force. Qu’importe. Lentement, il commença à jouer une mélodie qu’elle reconnaitrait surement car il avait eu l’habitude de la jouer souvent lorsqu’il habitait encore ce manoir, quelques semaines plus tôt. Pas tout à fait sure qu’elle puisse l’entendre, il joua tout de même, car il savait que cela lui ferait également du bien et lui éclaircirait peut-être les idées.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Mer 2 Jan 2013 - 0:53

Le fleuret dans les mains roulait lentement entre ses doigts. Elle le contemplait avec une attention particulière, comme si elle le voyait pour la première fois. C'était son père qui le lui avait offert il y avait longtemps. Lorsqu'elle quittait ses livres et la magie, elle s'entrainait avec lui. C'était de longs moments de plaisir, ou elle apprenait tout en riant. Lorsqu'il était décédé, elle avait laissé la lame dans son fourreau pendant quelques années. Et c'est lorsque Luc était arrivé pour affaires dans les terres des Mirova qu'elle avait finit par trouver le courage de la ressortir.

Le premier échange des lames avait fait vibrer l'air dans un tintement pur. Elena sourit à ce souvenir. Elle se souvenait de la suite. Luc avait déclamé quelques mots, deux phrases qui rimaient à merveille. C'était à ce moment précis que leur complicité et les entrainements de vers et fleurets étaient nés. Sans aucune concertation.

Elena sortit la lame éblouissante qui renvoyait la lumière du chandelier posé sur un meuble jouxtant la fenêtre. De l'extérieur, on aurait dit un éclair blanc, rapide, silencieux. Elle posa le fourreau et tendit le bras, comme pour se mettre en garde et resta dans ces pensées. Ces souvenirs heureux qu'elle gardait jalousement, elle s'en souvenait dans le moindre détail.

Elle se souvenait de la toute première fois où elle avait vu Luc quand elle était enfant. Ils avaient joué petits, et ils passaient leur temps à se taquiner, pourtant lorsqu'ils c'était revu pour l'enterrement du père des enfants Mirova, ils ne se souvenaient plus. Seuls les parents de Luc racontaient ces détails de leur enfance commune. Ils ne s'étaient vu qu'une fois et pourtant l'entente avait été immédiate. Pourtant, à l'enterrement, elle n'avait décroché que quelques mots de politesse pour le remercier de sa présence. Le bouleversement qui secouait la famille Mirova avait fait perdre à la jeune femme son sourire.

Et lorsqu'une missive demandant hospitalité était parvenue au Manoir, la jeune femme n'avait qu'un vague souvenir de l'homme qu'était Luc de Rohan. C'était sûrement pour cette raison que son sang n'avait fait qu'un tour quand elle avait constaté qu'il était devenu un fier jeune homme empreint d'une classe digne de son rang. Elle c'était souvenu alors d'absolument tout. Il l'avait surprise et lorsqu'elle avait découvert ces aptitudes pour la magie, elle avait été honorée de pouvoir parfaire son éducation.

Et tout ceci était bien loin maintenant. Où s'étaient-ils égarés? A quel embranchement du chemin n'avaient-ils pas pris la même direction? Ils s'éloignaient bien loin l'un de l'autre parce qu'Elena avait jugé plus facile de le savoir en sécurité. Elle avait œuvré pour qu'il ne veuille plus la revoir, pourtant, elle avait accru son désir. Il était encore plus difficile de faire semblant quand celui qu'elle voulait voir sauf d'elle se trouvait sous son nez. Elle aurait peut-être du laisser ses sœurs pratiquer le sceau d'amnésie. Lorsque Luc était partit, elle y avait songé et c'était refusé de lui faire subir pareil atrocité. Elle ne pouvait pas supporté qu'il oublie tout ce qu'elle lui avait inculqué et pensait qu'il serait plus sage qu'il sache encore manier les forces ésotériques pour sa sauvegarde.

Alors que son cheminement se faisait dans son esprit, elle chantonnait sans y prêter attention. Elle fredonnait de plus en plus fort jusqu'à ce qu'elle s'en rende compte et que tout s'arrête dans sa tête quand elle reconnu la mélodie que Luc jouait régulièrement. Elle ne laissa plus que le silence pour seul témoin de son acte. Elle cessa de jouer avec sa lame et la rangeait dans le fourreau. Elle inspira profondément, comme pour se laver intérieurement de tout ce tracas. Alors qu'elle se décidait à aller se coucher pour ne plus repenser à tout cela, elle tendit l'oreille à l'affut d'une impression sonore. Dans un instant d'hésitation, elle écoutait attentivement avant d'entendre cette mélodie qu'elle fredonnait souvent avant. Elle se redressa, à genoux dans les coussins et posa les mains sur la vitre, tentant d'y voir dans l'obscurité. Elle fronçait les sourcils, comme si ce geste lui permettait tout à coup d'éclairer les jardins du Manoir. Rien. Le noir total.

Elle avait sûrement halluciné cette musique à la flute. Cette histoire avec Luc la perturbait réellement plus qu'elle ne devait et son attachement à son ami y était pour quelque chose. Elle baissa la tête déçue d'avoir penser à toutes ces choses et se coucha.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Lun 7 Jan 2013 - 15:54

Jouer lui fit un bien fou. Peut-être parce que cela faisait plusieurs jours qu’il n’avait réellement pu se libérer l’esprit, ou peut-être simplement parce qu’il en avait besoin, après sa rencontre avec Elena. En jouant, son regard s’était égaré dans la pénombre, quittant les reflets lumineux qui courraient sur la fenêtre de la jeune femme, avant de simplement se refermer, dans les ténèbres les plus purs, centré sur lui-même. Dodelinant légèrement de la tête au rythme de la musique, il se laissait porter par ses propres notes sans chercher à lutter outre mesure. La musique avait des vertus que tout le monde lui attribuait, parfois à tort, mais celle d’apaiser les passions n’était pas exagérée, du moins pas pour Luc qui se recentrait ainsi de manière récurrente. A défaut de la lame, sa flûte était une alliée de choix lorsqu’il n’avait aucune colère à exprimer mais désirait tout de même évacuer certains sentiments prenants afin de pouvoir se recentrer sur lui-même. A bien y réfléchir, elle était même plus précieuse que son arme, car, sans l’ombre d’un doute, il la maniait bien plus souvent et avec bien plus de plaisir même si, bien évidemment, sa lame pouvait lui évoquer de très bons souvenirs, que ce soit en compagnie de son père ou, plus récemment et, plus pertinemment, d’Elena. Comment pourrait-il oublier leurs entrainements si particuliers ? Combattre à l’épée tout en déclamant quelques vers n’avait rien de courant mais avait l’avantage d’entrainer la concentration tout autant que l’imagination. Sans nul doute, cela avait été les séances les plus enrichissantes qu’il avait pu connaître jusqu’à maintenant car même l’entrainement avec son maitre d’armes en Bretagne n’avait pas la même saveur et, surtout, pas la même valeur en termes de compétences tirées des séances prodiguées. Enfin, quoiqu’il en fut, il doutait vraiment de pouvoir recroiser le fer ainsi avec la femme qu’il avait rencontrée ce soir. Etait-elle seulement encore l’Elena qu’il connaissait ?

Il continua de jouer pendant plusieurs minutes, peut-être même pendant une heure entière, sans se lasser, sans avoir la crainte de réveiller ou de gêner qui que ce soit. Le manoir se trouvait à une bonne distance et si les plus proches pouvaient vaguement entendre quelque chose, Luc ne doutait pas que, pour cela, il leur fallait très certainement tendre l’oreille attentivement, aussi, ceux qui désiraient surtout dormir devaient déjà être en route pour le royaume des songes. De la lumière brillait toujours à la fenêtre de la cadette des Mirova. C’était peut-être pour cette raison qu’il avait continué de jouer aussi longtemps, sans s’arrêter, sans prendre le temps de laisser de la place au silence. Il n’avait cessé de jouer la même mélodie encore et encore, multipliant les reprises sans se lasser, surtout parce qu’il ne pourrait jamais se lasser de celle-ci et, plus encore, car il savait que si on l’écoutait, ou plutôt si elle l’écoutait, elle ne pourrait que la reconnaître, sans l’ombre d’un doute. L’écoutait-elle ? Dormait-elle avec une ou plusieurs bougies encore brûlantes ? Il n’en avait aucune idée mais s’en fichait éperdument. Cette mélodie était principalement la mélodie du souvenir, celle d’un passé récent qui était encore vivace en lui et dont l’évocation amenait autant de joie que de mélancolie. Une vérité dure à porter mais dont il se faisait un devoir de mémoire, vu, qu’apparemment, Elena, elle, voulait tout oublier. Alors que la nuit avait depuis longtemps étendu son voile d’ombre au dessus de la Forêt Noire, Luc cessa finalement de jouer et regagna lentement l’édifice de pierre et de verre en prenant son temps, profitant de la fraicheur omniprésente et de chacun des petits sons qui étaient venus remplacer sa mélodie.

De retour dans le Manoir, il était passé par l’entrée par laquelle il se faufilait tous les soirs, à une certaine époque. Il sortit du petit bureau qui donnait sur la bibliothèque et passa parmi les étagères comme un fantôme, sans un bruit, sans lumière, parfaitement conscient de ce qui l’entourait et s’aidant uniquement de la pâleur de la lune. Il longea quelques couloirs sans croiser personne et prit la direction de sa chambre, non sans faire un crochet par celle d’Elena. Il ne comptait pas l’y déranger, non, mais il avait toujours pour elle ce petit mot qu’il avait griffonné avant de partir jouer à la lisière des bois. Il n’était pas certain de vouloir le lui donner mais, maintenant que son esprit était apaisé, il ne doutait plus de son acte. S’arrêtant devant la grande porte, il hésita quelques instants avant de s’accroupir pour glisser le papier sous le bois gravé. Il n’y avait là que quelques mots de son écriture, des mots sincères qu’il n’avait pas pu lui dire avant le diner. Je n’oublierais jamais. Je serai toujours là, pour toi. Quoiqu’il puisse arriver. Une fois le papier de l’autre côté, il se releva et prit la direction de sa chambre. N’étant pas sur qu’elle soit encore debout, il n’avait de toute façon pas forcément envie de lui faire face ce soir. Elle devait savoir, mais était-il nécessaire de répondre ? Il bifurqua dans le couloir suivant et prit la direction de sa chambre où il pénétra avant d’allumer une bougie sur sa table de chevet d’un geste sûr. Il rangea sa flûte puis se défit ensuite de ses habits avant de rejoindre son lit où il ferma les yeux. Il n’avait pas vraiment sommeil mais il savait que ce dernier finirait par le prendre, à un moment ou à un autre, comme tous les soirs, comme en Bretagne, lorsqu’il fermait les yeux en pensant à Elena.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Mar 15 Jan 2013 - 16:57

La nuit donnait au plafond des appartements d'Elena une profondeur irréelle, grandissant considérablement la perspective qui s'offrait aux yeux grands ouverts de la cadette des Mirova. La voûte de son lit semblait happée dans un néant. Et elle avait beau fixé ce trou noir, elle n'arrivait pas à calmer le flux de pensées qui la perturbait. Elle ignorait tout du temps qui s'écoulait, pourtant elle aurait jurer que la nuit n'avançait pas et qu'elle était bloquée entre deux mondes, incapable de dormir, entre ses draps. Elle aurait pu aller à la bibliothèque pour se changer les idées, mais elle craignait d'y croiser Luc, qui était aussi un habitué de ces lieux, surtout en cas d'insomnies. Alors, elle restait plongée dans une mer de tissu doux et chaud. Cette sensation n'était pas agréable, elle n'arrivait pas à s'en satisfaire, trop tourmentée.

Elle se redressa en position assise entre ses coussins et chercha de quoi occuper son esprit. Dans la nuit, à la lueur de la lune qui filtrait à travers les rideaux, elle devinait une partie de son mobilier. Elle en réinventa le reste de mémoire, pour fixer ces neurones sur autre chose. L'exercice n'était pas difficile, elle avait fait ça des milliers de fois, pourtant cette nuit, même ceci ne lui suffisait pas pour la détendre. Elle jeta un œil vers sa fenêtre et repensa une énième fois à son comportement d'aujourd'hui. Elle avait été exécrable avec Luc, pire que jamais. Froide, distante. Cette capacité à masquer ces sentiments l'avait effrayer autant qu'elle la louait. Elle était si proche de faire définitivement partir Luc qu'elle se devait de s'en tenir à ce scénario. Garder le plus de distance entre eux rendraient la chose plus aisée pour la jeune femme, elle n'aurait plus qu'à feindre l'indifférence, rester polie et le tour était joué. Quoi qu'il lui en coûte, elle ne devait pas céder face à la torture qu'elle avait lu dans le comportement de son ancien apprenti.

Persuadée que c'était l'unique moyen de sauver une bonne fois pour toute son ami de lui même, elle tentait de se convaincre que tout ceci finit, elle serait contente du résultat. Du moins d'une partie de ce résultat. Évidement, elle perdrait tout contact avec lui, mais au moins il serait vivant. C'était ce qui comptait le plus, non? Difficile de s'en convaincre totalement. Elle doutait d'être capable de tenir le mois complet. Même si côtoyer Noâz l'avait changer, pour la rendre plus solide pour mieux l'aider, elle ne pensait pas être encore assez droite pour ne pas ployer devant la présence constante de son ancien frère d'armes.

Alors qu'elle souhaitait dévier ses pensées vers ses prochaines missions, un bruit de frottement l'a fit tourner la tête vivement vers sa porte. On aurait dit que quelque chose venait de se glisser dans l'intimité de ses appartements. Elle se leva, méfiante et rejoignit sa porte avec discrétion. Quelques secondes s'égrainèrent avant qu'elle ouvre la porte sur le vide. Rien. Personne. Les mains légèrement tremblantes, elle fit un pas en arrière et marcha sur ce qu'elle identifia comme un bout de parchemin. Elle s'en saisit et ouvrit le message. Les lettres parfaitement formées à l'encre d'une plume délicate délivrait un espoir. L'écriture de Luc était reconnaissable, et ces mots encourageant la décontenançait. Il lui offrait le droit de revenir vers elle si elle en ressentait un jour le besoin. Elle redressa la tête et serra avec conviction le papier qui se froissa. D'un pas décidé, elle quitta sa chambre et rejoignit les appartements qui avait été de nouveau attribué à Luc. Elle y pénétra sans hésitation, sans semonce, sans alerte. La porte s'ouvrit vivement et se referma sans réelle délicatesse. Les yeux furibond fixaient la couche où s'était logé son ancien apprenti. Elle resta contre la porte. Elle parlait à voix basse, avec une légère animosité. Ramener à un volume normal, elle n'aurait pas hurler, c'était juste une sorte de mépris, de rage sourde qui se distillait dans ses mots.

"N'as tu donc pas compris? N'as tu donc jamais rien retenu de ce que je t'ai appris."

Elle se détacha du bois, ressentant soudain le besoin de faire les cents pas pour exprimer ce qu'elle avait à lui dire.

"Tu as toujours été buté et borné au point d'être aveugle parfois à ce que je t'enseignais. Les valeurs, tu ne les as jamais vraiment épousées. Surtout celles du Lys. Pourtant tu restais à mes côtés. Je n'ai jamais compris pourquoi. Je pensais que c'était parce que tu voulais les vivre pour en comprendre l'essence. Mais avec le temps ça ne changeait pas réellement. J'ai cru que tu étais simplement curieux, pourtant ne pas appartenir au Lys t'aurait déplu. Tu pensais pouvoir me surveiller dans mon propre clan? C'est ça? Tu veux faire quelque chose pour moi Luc? Une toute dernière chose!"

Elle fit encore un pas ou deux avant de se rapprocher de la couche. Était-ce de la colère qui faisait ses lèvres. Était-ce en dernier recours qu'elle tentait d'usée cette dernière maille de leur amitié qui s’effilochait de plus en plus?

"Sors de ma vie. Oublie moi. A jamais. Je ne veux plus de toi. Ni ta bénédiction. Ni de ta protection. Je n'ai pas besoin de toi. Je n'en ai jamais eu besoin. Tu n'as jamais été qu'un fardeau les derniers temps. Tu m'empêches d'avancer. Tu... tu ..."

La boule qui nouait sa gorge l'empêchait de dire plus. Elle ravala sa salive, laissant un larme perler en silence.

"Tu ne peux plus rien pour moi."fit elle comme un aveu en baissant la tête.

La voix lui manquait, la force de luter contre sa tristesse aussi. Les larmes coulaient lentement le long de ses joues, se rejoignant sur son menton et tombèrent sur sa peau et sa robe de nuit. Elle se tenait à distance de la bougie qui brulait, pour que Luc ne la voit pas, qu'il ne puisse pas se faire d'avis en voyant son visage. Qu'il ne se fie qu'à la voix. Pour qu'il croit à ces paroles. Elle ferma les yeux, incapable de le regarder plus et tourna les talons pour quitter la pièce. Elle espérait avoir réussi à le convaincre cette fois. Sinon, elle n'aurait peut-être plus la force de se cacher.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Sam 19 Jan 2013 - 19:23

Prêt à dormir, mais loin de s’endormir, Luc avait croisé ses bras derrière ses oreillers fixant dans le noir le plafond tandis qu’il cherchait le sommeil qui, il le savait, resterait pendant un petit moment hors d’atteinte. Pourquoi devait-il penser aussi souvent et aussi longuement à Elena ? Que lui avait-elle fait pour qu’elle demeure ainsi dans ses pensées jours et nuits ? Il ne l’avait pas remarqué immédiatement, et, à vrai dire, il avait d’abord trouvé cela idiot mais au fil des jours qu’il avait passé ici, il avait dû se rendre à l’évidence. Pourtant, il avait préféré garder cela pour lui, peut-être parce qu’il avait eu peur de la suite des évènements s’il s’était confié à qui que ce soit. Oh, Vincent ne lui en aurait probablement pas voulu, bien au contraire, mais avec la relation qu’ils entretenaient tous les deux, il y avait de bonnes chances pour que si l’un deux commette un terrible crime et l’avoue, l’autre ne ferait rien de moins que de l’aider à le sortir de ce mauvais pas. Du moins, c’était ainsi qu’il considérait sa relation avec l’aîné des Mirova. Peut-être n’était-ce pas aussi réciproque mais il ne voyait aucune raison de douter du lien qui les unissaient tous les deux. Lorsque le mariage serait célébré, il n’y avait aucun doute que Luc partagerait avec plaisir le bonheur que vivrait son « frère », malgré les petits « problèmes » qu’il y avait entre Elena et lui. En parlant de la jeune femme, son souvenir s’imposa à lui et, avec elle, revinrent également quelques instants mémorables qu’ils avaient passés ensemble. Se remémorant leurs entrainements particulièrement éreintants, il ne pouvait s’empêcher de sourire, dans l’obscurité relative, à peine rompue par la lueur de la bougie, en repensant à tous ces coups de fleurets qu’égayaient quelques vers savamment construits. Un exercice, à la fois pour le corps et pour l’esprit, qui avait le don d’affuter les personnes comme jamais.

Plongé dans le silence, quelques bruits feutrés se rapprochant le tirèrent de sa contemplation pensive et, tandis qu’il cherchait à en identifier la source et la provenance, l’ouverture de sa porte sans coup de semonce l’aida bien trop rapidement dans ses recherches. Surpris, il se redressa maladroitement sur ses coudes pour essayer de voir qui avait pénétré dans sa chambre sans aucune gêne. Encore une fois, il n’eut pas besoin d’attendre bien longuement avant d’avoir des certitudes. Tandis que la voix chuchotées d’Elena résonnait dans la pièce, ses mots le percutèrent de plein fouet. Il n’y avait pas de force brute dans les propos, après tout, elle chuchotait presque, mais le ton indiquait clairement qu’elle était en colère contre lui. Venait-elle de voir le petit mot qu’il lui avait laissé ? Le timing correspondait plutôt bien… Pourquoi ne dormait-elle pas encore ? Il n’eut toutefois pas matière à réfléchir davantage tandis qu’il pouvait entrevoir qu’elle se déplaçait dans la chambre, l’admonestant et débitant le discours qu’elle lui réservait maintenant. Rien n’était véritablement faux dans ses propos. Il aimait la sorcellerie mais n’avait jamais été véritablement convaincu par les valeurs du Lys. Pourquoi ? Difficile à dire, peut-être parce qu’il n’avait jamais compris l’utilité de scinder une communauté minoritaire en deux entités distinctes et donc, plus faibles, sans oublier de se faire la guerre pour un oui ou pour un non. Mais au-delà de cela, c’était plutôt de la curiosité qui l’avait poussé à apprendre la sorcellerie, et après la curiosité, autre chose… Quelque chose qui justifiait tout ce qu’elle ne comprenait pas. Elena s’approcha finalement du lit tout en restant à portée respectable de la lumière tant et si bien qu’il ne la distinguait que vaguement et ne voyait pas grand-chose de son visage. Sa véhémence à son encontre le stupéfia. Pensait-elle vraiment tout ce qu’elle lui disait ? A cette idée, une douleur lui déchira la poitrine mais il resta stoïque, sans un mot, sans un geste.

Ses derniers mots résonnèrent comme un glas dans l’esprit du jeune homme. Tandis qu’il essayait de se remettre de cette violence orale, il n’eut même pas le temps d’objecter quelque chose qu’elle tourna les talons avant de sortir de la chambre. Regardant le couloir qui se fondait rapidement dans l’obscurité à travers la porte, Luc eut besoin de plusieurs secondes avant de réaliser qu’Elena s’était enfuie. Rejetant les draps, il bondit hors de son lit et courut pour la rattraper. Ce n’était pas très décent de se retrouver aussi peu vêtu dans un couloir, surtout en présence d’une jeune femme, mais il n’en avait rien à faire. Rattrapant Elena, il attrapa son bras. Sans attendre ni accepter de refus de sa part, il la retourna vers lui, tout en restant incroyablement doux. Posant ses deux mains sur ses épaules, il essaya de croiser son regard. Il y avait peu de lumière par ici mais il pouvait saisir par instant l’éclat des deux prunelles qu’il appréciait tant. « Elena… » Il prit une grande inspiration, autant pour calmer le rythme de son cœur que pour se donner un peu de courage. « Tu as raison, je n’ai jamais épousé les valeurs du Lys, bien que je buvais tes paroles et m’imprégnais de ton enseignement. J’éprouvais plus de la curiosité envers la sorcellerie qu’une véritable foi. » Il marqua une brève pause. « La curiosité a fini par partir mais si j’ai continué à être ton apprenti c’était parce que j’étais mû par autre chose… » Il poussa un soupir. « Toi. » Il guetta une réaction mais enchaina rapidement. « Ne me demande pas pourquoi Elena, je ne saurais te répondre, mais je dois me rendre à l’évidence, même après avoir quitté le manoir et être retourné en Bretagne, tu continuais à occuper mes pensées. Ce n’est guère décent de dire les choses ainsi mais c’est la simple vérité. » Il baissa la tête, ne sachant trop s’il devait poursuivre ou non, mais, après tout, il n’avait plus rien à perdre. « Je t’aime Elena. » Cette simple révélation suffirait certainement à faire comprendre à la jeune femme pourquoi il était tout le temps resté à ses côtés, pourquoi il voulait la protéger et non la surveiller.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Mer 23 Jan 2013 - 18:20

Les pieds nu sur le tapis central qui recouvrait une partie du bois qui formait le sol de l'étage de la maisonnée martelaient avec conviction. La tristesse, la colère, le courage, la hargne. C'était un mélange explosif qui étreignait les côtes de la jeune femme et enserrait sa gorge. Pour seul salut, son corps n'avait trouver qu'une unique solution : marcher vite, fuir rapidement, tout en laissant les larmes perler sur ses joues. Elle avait besoin d'évacuer tous ces sentiments. La tête lui tournait un peu. Elle venait d'agir cruellement envers un être qui lui était cher. Tout cela dans le but unique de le protéger. Était-ce l'état dans lequel elle était qui diminuait son attention à son environnement, ou n'avait-elle pas eu l'ouïe assez fine pour entendre son apprenti la rattraper avec un pas rapide pour la saisir par le bras. Elle n'eut pas le temps de passer sa paume sur ses joues pour chasser les larmes qu'il lui faisait face. Le regard décidé, il la transperçait alors qu'elle se sentait défaillir.

Les deux mains qui lui entouraient les épaules ressemblaient à deux gros fers cylindriques, qui la plantait là, l'obligeant à écouter ce qu'elle ne voulait pas entendre. Elle ne voulait plus l'entendre parler. Elle aurait aimé être sourde à cet instant précis. Il débita tout un laïus, corroborant ses dires pour en venir à l'explication finale de ce qui avait guidé ses pas. Pourquoi était-il resté à ces côtés? Pour elle. Il n'avait pas plus d'explications. Elle habitait ces pensées. Elle craignait la suite des paroles. Elle avait cru parer à cette éventualité par un pacte d'un commun accord sur leur relation. Et celui-ci fut balayer, souffler en un instant par ces trois petits mots. Luc aurait pu retirer ces mains solides, Elena n'aurait pas bougé plus d'un pouce. Elle était présentement clouée au sol, bouche bée, incapable de faire autre chose qu'analyser cette conversation. Avait-elle bien entendue ces mots? Le temps était figé.

Elle fit un pas en arrière, horrifiée. Elle secoua la tête de droite à gauche. Cela ne se pouvait. Pas lui. Pas de cette façon. Pas comme des amants. Il n'avait pas le droit de violer leur accord par une pareille révélation.

"Luc..." fit elle avec une voix légèrement sur aigüe, étranglée par les sanglots.

Alors toutes ces abominations qu'elle lui avait dites, toutes ces fois ou elle avait chercher à le faire fuir aujourd'hui ne servait à rien. Tremblante, elle porta sa main à sa bouche, pour se donner une chance de retrouver un peu de contenance.

"Tu..."

Les mots étaient difficiles à trouver. Tout était très confus.

"Es-tu ... sûr?"

Elle fit encore un pas en arrière, comme si l'amour était une vilaine maladie contagieuse qu'elle ne se permettait pas d'attraper. Peu importait leurs tenues pour le moment, peu importait qu'il reste ou qu'il parte. Ou qu'il serait il souffrirait de ce qu'il ne pouvait posséder. Elena était abasourdie et en oubliait presque son vœu premier. Leurs souvenirs lui revenait en tête, elle revoyait chaque instant différemment, avec cette donnée qui lui avait manqué pendant... Depuis combien de temps savait-il? Depuis combien de temps était-il sûr de lui? Comme si cette question était plus essentielle que les autres et mettait sous cloche l'impact de la nouvelle, la jeune femme fut subitement plus calme.

"Cela remet beaucoup de choses en cause."souffla t'elle.

Le ton était sérieux, pas grave, pas inquiet, pas empreint d'une quelconque animosité. Il était juste dosé de façon approprié pour la situation. C'était quelque chose de nouveau et Elena ne savait pas trop comment traité la chose en elle-même. Par ailleurs, elle savait à présent que tenter de transformer l'amour de Luc en haine serait beaucoup plus compliqué que ce qu'elle aurait espéré jusque là et elle ne voulait pas s'y atteler. Ce qu'elle lui avait fait subir jusque là avait été probablement bien assez blessant pour Luc et elle ne pouvait supporter d'avantage sur sa conscience. La fatigue de la journée s’abattit sur elle, d'un coup, comme si toute la tension qu'elle avait accumulée en s'évertuant à retourner son apprenti contre elle lui revenait en plein visage. Baissant le visage légèrement, elle se décida enfin.

"Suis moi, il nous faut parler. Mais pas ici."

Elle l'invita à le suivre jusque dans sa chambre. Elle ressentait le besoin d'être dans son univers personnel pour pouvoir expliquer tout ce qui c'était passé depuis si longtemps. A défaut de lui rendre cet amour de cette nature, elle lui devait la vérité. A lui de décider si il voulait tout savoir.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Lun 28 Jan 2013 - 11:58

Jamais il n’aurait songé pouvoir le lui dire un jour. Enfin, pour être exact, il n’y avait plus cru dès l’instant où il était arrivé au Manoir pour la seconde fois. Peut-être s’était-il attendu à ce que la jeune femme soit contente de le voir, peut-être s’était-il fait des idées, toutefois la déception avait été grande mais au-delà de cette piteuse réalité, il n’en avait pas moins de certitude sur tout ce qui avait pu l’animer ces dernières semaines. Au contraire, la douleur qu’il avait ressenti à son contact froid, la déchirure glaciale du dîner, … Tout ne faisait que lui rappeler à quel point la vie avait été dure en Bretagne, loin de celle que son cœur, vil traitre, lui avait choisi comme élue. Luc avait beau se souvenir parfaitement de tout ce qui avait été dit entre eux, il avait appris à ses dépends qu’il existait des choses que l’on ne contrôlait pas et il n’y avait rien qu’il ait pu faire qui aurait changé quoique ce soit à cette nouvelle donne qu’il n’avait pu que constater au fil des jours, et, plus encore, lorsqu’il était reparti chez lui, dans sa maison familiale où la cadette des Mirova lui avait manquée comme jamais, mêlée à une indicible amertume liée à la façon dont ils s’étaient tous les deux quittés, le tout noyé dans une profonde mélancolie, celle de, peut-être, ne plus jamais pouvoir la revoir. Les nuits de Bretagne avaient été longues pour le jeune Duc et quoiqu’il ait pu essayer pour oublier la jeune femme, rien ne fonctionna, à son plus grand désarroi. Car s’il n’était pas malheureux d’aimer, il l’était d’aimer une personne inconsciente de cette amour, quoique pire était encore d’aimer une personne qui ne vous aimait pas en retour… Le jeu en valait-il vraiment la chandelle ?

Pendant le voyage, le jeune homme avait longuement réfléchi sur le sujet et s’était souvent imaginé les retrouvailles avec Elena, son aveu, celui de la jeune femme… Oh, en quelque sorte, il avait été bien naïf, mais Luc avait toujours été rêveur, optimiste, et s’il était loin de s’illusionner lui-même, car il savait que la vie était loin d’être aussi simple, il ne s’attendait pourtant pas à ce qui l’avait attendu au Manoir. Cette nuit, alors même qu’il redoutait déjà de partir sans pouvoir avouer à la sorcière ce qu’il ressentait pour elle, les évènements s’étaient bousculés d’eux-mêmes et voilà qu’il se retrouvait au beau milieu du couloir, avec elle, tout deux dans des tenues pas vraiment décentes. N’importe quelle personne qui les aurait surpris se serait probablement imaginer des choses loin de la réalité pourtant c’était ainsi que les évènements s’étaient déroulés et, pour rien au monde, Luc ne voulait retourner en arrière. Le regard qu’elle lui porta lorsqu’il eut achevé ses propos le laissa pantois. Sans chercher à la retenir, il laissa glisser ses mains sur ses épaules tandis qu’elle reculait d’un pas. Silencieux, attentif, malgré l’obscurité relative, les quelques rayons lunaires qui passaient par les fenêtres du couloir suffirent au jeune homme pour se rendre compte qu’Elena donnait l’air d’avoir vu un fantôme. Etait-ce ainsi que réagissaient les femmes à une telle chose ou voyait-elle son aveu avec horreur ? Tandis qu’elle bredouillait, apparemment encore toute retournée, le jeune homme opina de la tête à sa question. « J’en suis sûr. » Comment ne pouvait-il pas l’être ? Il avait suffisamment rêvé d’elle, perdu l’appétit en songeant à la distance qui les séparait, à l’amour qu’elle ne lui rendrait probablement jamais, là l’absence de nouvelles de sa part. Même s’il lui avait fallu la clairvoyance d’un de ses meilleurs amis, cela n’avait fait que confirmer ce qu’il ressentait au plus profond de lui, il l’aimait, elle, Elena, et pas une autre.

Il n’aurait jamais pu lui avouer une chose pareille s’il n’était pas certain des sentiments qu’il lui portait. Ou alors l’aurait-il nuancé avec force d’hypothèses verbales mais son esprit était clair à ce sujet. Légèrement gêné, il frissonna tandis que le froid du couloir lui rappela qu’il était fort peu vêtu. Tandis qu’il attendait une réponse de la part de la jeune femme, il dut se rendre à l’évidence qu’elle ne lui répondrait pas que ce sentiment était partagé. Cette idée lui broya le cœur, même si, en l’invitant à parler, elle laissait une porte ouverte sur des possibilités, mais, il le savait, proposer de parler, quand elle aurait pu l’embrasser ou lui avouer en retour ses sentiments, impliquait que le dénouement ne serait pas celui qu’il aurait pu escompter. Tentant de faire bonne figure tout de même, il opina de la tête, sans même chercher à prendre le temps de retourner à sa chambre pour enfiler des affaires. Ils étaient des adultes et Elena n’en était surement pas à son premier torse d’homme nu. Qui plus est, il avait souvenir qu’elle l’avait déjà surpris dans un bain ou même à l’étang. Rien de bien dramatique en soi. Qu’importait de toute façon. En silence, il suivit la jeune femme, légèrement en retrait, la tête basse. Quelque chose lui disait qu’il n’apprécierait pas la suite des évènements. Peut-être aurait-il mieux fait de rester dans son lit et de ne rien lui expliquer. La vérité pouvait être douloureuse, il le savait, et quelque chose lui intimait qu’elle le serait surtout pour lui. Il pénétra dans la chambre de la jeune femme, à sa suite, et referma la grande porte en silence derrière lui. Jetant un regard dans la chambre à moitié plongée dans l’obscurité, il posa finalement son regard sur Elena. « De quoi veux-tu parler ? » Le ton était quelque peu désabusé, on pouvait y sentir une pointe d’amertume et de tristesse, mais, après tout, il ne pouvait pas être guilleret à cet instant.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Lun 4 Fév 2013 - 17:34

La porte se refermait sur eux, pour laisser à présent cet univers sombre pour seul environnement. La chambre de la jeune femme était baignée dans par la nuit et seule une bougie faisait exception de clarté. La cire chaude glissait lentement le long du large cylindre alors que la flamme se dandinait lentement au rythme des courants d'air que provoquait les déplacements de chacun. Luc parla, avec une voix qu'il n'employait pas d'habitude avec elle, un ton plutôt, quelque chose dans ce timbre lui disait qu'il savait bel et bien que ces sentiments n'étaient pas partagé. Du moins, l'amour qu'Elena pouvait lui porté, tout cet amour, n'était que le même qu'elle vouait à Vincent. Un frère. Pourquoi avait-il succomber aux chants des sirènes? L'amour était bel et bien un animal indomptable, parfois sournois. Consciente qu'elle le blessait de manière irrémédiable, elle se devait pourtant de lui faire face et de lui dire tout ce qui c'était passé, avant même qu'il parte.

"Luc, assieds-toi. J'ai beaucoup à te dire sur ... et bien sur mon comportement de tout ces derniers temps. Mon absence de lettres, pourquoi je voulais que tu quittes le manoir."

Elle marqua une pose, et c'est en marchant lentement, les mains croisées, qu'elle inversa le temps.

"Je suppose que tu n'as pas pu oublié notre réelle dernière dispute, celle qui te fit quitter le manoir."

Il était difficile d'évoquer toute cette vérité, et même si elle laissa encore un silence c'était pour laisser aussi le temps à son ancien apprenti d'encaisser le tout.

"Je t'ai dis des choses, des choses que je pensais. Mais je ne t'ai pas tout dis. Tu as agis selon ce que je souhaitais. Je voulais que tu partes. Quand je me suis rendue compte que ma vie t'importait plus que la mienne, quand j'ai du traîné ton corps affaibli le soir du vol, j'ai du faire face à quelque chose que j'avais toujours cru impossible. Avoir ton sang sur mes mains étaient insupportable. J'en aurai vomi tripes et boyaux si j'avais pu. Et si j'ai eu la chance de te sauver la vie ce jour là, je savais que je ne pourrais pas avoir la même opportunité une prochaine fois."

Encore un temps d'arrêt.

"Je voulais que tu quittes le Manoir, que tu partes et ne revienne jamais. C'était la seule décision sage que je pourrais prendre pour toi. Et tu m'as devancé à mon étonnement et à ma grande tristesse. Notre dispute avait été si houleuse que ma présence t'étais devenue si insupportable?"

Elle n'attendit pas de réponse, à vraie dire elle n'osait entendre la vérité, et enchaîna.

"Mais tu étais parti, le résultat était là. j'ai protégé ton départ au sein de la tribu. J'ai lu chacune de tes lettres, parfois dans le dos de Vincent. J'avais envie de savoir comment tu allais. Comment se passait la vie en Bretagne. Mais je n'avais pas le courage de te répondre. Je voulais que tu te sentes exclue de ma vie. Pour te protéger. Que tu tiennes à ta vie et que tu ne t'occupes que de toi et non de moi."

La vérité n'était une chose toujours aisée à entendre. Luc devait peu à peu entrevoir le pourquoi de toute cette mascarade. La raison de son comportement, de sa froideur plus tôt dans la journée.

"Mais tu es revenu pour le mariage de Vincent. Je pensais que je pourrais y faire face. Je m'y étais préparée. Je pensais juste être au courant un peu à l'avance. Hélas j'ai été prise de cours et il me fallait rester dans le mutisme le plus complet. Je devais te faire croire que ces semaines sans toi m'avait permis de t'oublier définitivement, de te rayer de mon esprit. Pour que tu partes à jamais. Que je ne te revois plus. Mais ce que tu me dis là..."

Après tout, il l'aimait. Ce n'était pas décent de vouloir inverser ses sentiments.

"J'ai compris pourquoi je n'arrivais pas à te détacher de mon emprise et je regrette de t'avoir fait subir milles cruauté pour te mettre à l'écart de moi. Seulement, Luc..."

Elle cessa de marché, s'arrêtant devant son ancien apprenti pour le fixer droit dans les yeux.

"... je veux que tu comprennes qu'en plus du fait que je ne partage, hélas, pas cet amour que tu me portes, ma vie n'est pas tienne. Et je veux que tu vives pour toi, et non dans le but unique de me protéger."

C'était dur probablement à admettre, mais ce qu'elle allait lui dire ensuite allait sceller leur relation. Il ne pouvait plus la protéger. Pour une bête raison de courant de pensées. Elle s'assit à côté de Luc, pensive.

"Après ton départ, les deux clans se sont affrontés à l’Église. Nous voulions tenter un miracle. Quelle absurdité. Nous nous sommes entre tuez, et la faiblesse de nos âmes à déclencher la fureur céleste. Olrun elle-même nous à puni, en privant les Meneurs respectifs de leurs pouvoirs ésotériques. Non seulement il n'y a pas eu de miracle, mais en plus les meneurs, suite à la punition se sont vus destitués. Olrun et le Lys Noir sont à présents une unique tribu qu'on nomme le pacte d'Ailrun."

Elle laissa à Luc le loisir de se rendre compte qu'une alliance était possible, lui qui avait toujours préféré la paix.

"Et je n'en fait pas partie."

La nouvelle tombait plus brutalement que tout le reste. Le silence se fit.

"J'ai choisit de suivre Noâz. Il a été aveuglé par à Europe et c'est lié à elle. Je me méfie de cette femme et j'espère que Noâz pourra rapidement reprendre sa place au sein du Lys, car c'est à cette tribu qu'il appartient. Quelqu'un doit le garder de ce serpent vicieux."

Ils étaient à présent ennemis.

"Je sais que tu ne peux pas comprendre ma position, je ne te demande pas de le faire. Et même si nos clans sont divergents, ta vie, restera plus précieuse à mes yeux. C'est pourquoi je veux tu saches que même si nous sommes considérés comme ennemi, je ne ferais rien contre toi. Je ne le pourrais pas. Mais je ne crois pas non plus en le pacte d'Ailrun. Ce qui c'est passé par le passé, arrivera à nouveau. Une paix est possible, mais pas une fusion, pas selon moi."

Luc avait à présent toutes les cartes en mains pour réagir. Et elle savait qu'il ne suivrait pas le choix de la Cabbale. Son aversion pour Noâz, son amour pour la paix. Il choisirait le pacte d'Ailrun et c'était une voix plus sécurisante qu'Elena préférait pour lui, bien que cela les places en ennemis. Elle le laissa comprendre tout ceci, laissant le silence être perturbé par le lent bruit d'une flamme sur la mèche de sa bougie.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Jeu 7 Fév 2013 - 15:59

La vérité n’était pas difficile à cerner lorsqu’elle n’était pas camouflée dans les ténèbres. Luc n’avait pas eu besoin d’une grande lumière pour se rendre compte qu’il aurait peut-être mieux fait de ne rien dire, de se contenter de la laisser partir sans un mot pour la retenir, sans ce geste absurde de la rejoindre dans le couloir et de lui faire comprendre le plus simplement du monde pourquoi il était resté avec elle, pourquoi il était resté partisan du Lys, pourquoi toutes ces choses qu’elle ne comprenait pas étaient pourtant tellement pleines de sens pour lui. Mais voilà, tout était dans ces deux mots : « pour lui ». Aurait-elle prit autant de temps pour comprendre si elle n’avait partagé ses sentiments l’espace d’un seul instant ? Bien entendu qu’elle aurait compris pourquoi il était resté à ses côtés, pourquoi, malgré toute la rationalité de sa logique et la stupidité qu’il pouvait trouver au conflit opposant le Lys Noir à Olrun, il avait accepté de la suivre et d’aller récupérer un foutu grimoire qui aurait pu leur couter la vie à tous les deux s’il n’avait pas essayé de la raisonner. Serait-elle seulement encore en vie s’il n’avait pas été là ? Presque perdu dans ses pensées, depuis qu’ils étaient rentrés dans la chambre de la jeune femme, Luc ne faisait pas vraiment attention à ce qui l’entourait. A demi-mots, il perçut l’invitation d’Elena à s’asseoir, comme si elle voulait le ménager. Le mal était fait cependant, il n’y avait plus rien à quoi faire attention. Mais il était injuste, ce n’était pas de sa faute à elle. Elle ne l’aimait pas, voilà tout, c’était lui qui aurait mieux fait de se taire et de rester dans l’obscurité de son lit après le discours qu’elle lui avait tenu. Oui, peut-être aurait-il mieux fallu qu’ils en restent là tous les deux car Luc n’était pas certain de pouvoir entendre ce qu’elle avait à dire.

Installé néanmoins sur le bord du lit, il évita soigneusement le regard de la cadette des Mirova. Peut-être pour éviter de se blesser davantage. Sans chercher à presser les choses, il attendit qu’elle commence le récit dont elle voulait lui faire part mais, qu’au fond de lui, il ne voulait pas écouter. Pourtant, ne pas prêter l’oreille était impossible, peut-être parce qu’il savait qu’ainsi il pourrait en apprendre enfin plus sur elle et qu’il comprendrait peut-être son comportement des derniers jours. Aussi, silencieux, il patienta et surmonta les premiers mots. Une étincelle d’espoir vacilla un instant en lui tandis qu’elle lui expliquait, à demi-mots, qu’elle tenait à lui mais cela ne signifiait rien et la façon dont elle avait traité ce « problème » en disait long sur ce qu’elle ne ressentait pas pour lui. Soupirant en silence, il ne releva pas la tête lorsqu’elle posa une question à laquelle elle n’attendit pas qu’il réponde. Notre dispute m’a ouvert les yeux sur ce que je ressentais pour toi. Alors que je quittais le Manoir, j’aurais tellement voulu te voir passer la porte pour me retenir, mais tu n’es jamais venue alors je n’ai pas fait demi-tour… Une réalité simple, stupide… Il aurait tellement voulu le lui dire mais la force lui manquait et, de toute façon, qu’est-ce que cela pouvait changer pour elle de savoir ? Peut-être n’aurait-il jamais du revenir. Il avait été idiot de croire que quelque chose de bon ressortirait de sa venue ici et même si elle faisait probablement énormément plaisir à Vincent, Luc ne pouvait que constater qu’il n’avait fait que renforcer sa détresse. Tandis qu’elle continuait à parler, en faisant les cent pas, il comprit pourquoi elle avait joué la carte de l’absence et de la distance avec lui jusqu’à maintenant… Décidément, s’il lui fallait encore des preuves qu’elle ne ressentait rien pour lui, il était servi. L’espace de quelques instants, Luc aurait préféré qu’elle s’arrête là, qu’ils n’aillent pas plus loin. Pour son propre bien.

Mais elle poursuivit et le long bourreau continuait son office à l’intérieur du jeune homme. Les yeux posés sur le sol, il ne pouvait qu’attendre, qu’entendre tout ce qu’elle avait à lui dire, même s’il aurait donné cher pour l’interrompre. Pourtant, ce n’était pas le moment. Il apprit avec détachement, mais non sans surprise, ce qui était advenu des deux Tribus et fut intrigué par cette fusion dont elle lui parlait. Mais, encore une fois, le couperet tomba, net et précis… Noâz… Ce garnement prépubère, Meneur d’une Tribu qu’il était incapable de diriger. C’était lui qui avait envoyé, sans scrupules, Elena à la mort pour récupérer le Grimoire. L’idée que cet imbécile était privé de ses pouvoirs n’était qu’une maigre consolation. Savoir qu’Elena suivait toujours cet iconoclaste était terrible mais pas plus que l’idée qui germa dans son esprit. Pour qu’elle autre raison aurait-elle voulu éloigner Luc et rester auprès de Noâz ? Cette hypothèse le rendit presque fou de douleur, pourtant il n’y avait probablement pas à chercher beaucoup plus loin. Quant aux derniers mots qu’elle prononça, le jeune Duc ne pouvait que constater à quel point elle ne le comprenait toujours pas, malgré tout ce qu’il avait pu dire. Elle le considérait déjà comme un ennemi. Alors même qu’il était à peine revenu. Oui, il n’y avait pas de doutes à avoir sur ce qu’elle ressentait pour lui : rien. Il se redressa lentement, posant, peut-être pour la première fois de sa vie, un regard froid sur Elena, vidé de tout l’optimisme, toute la joie, toute l’énergie dont ses prunelles étaient généralement habitées. « Même avec la vérité sous les yeux tu ne comprends rien… » Sa voix était calme, trop calme peut-être, un ton distant, loin de la chaleur dont ses mots se chargeaient généralement. « Je n’ai que faire du Pacte d’Ailrun, je me contrefiches de Noâz, d’Europe ou de qui que ce soit d’autre ! » Sa voix se faisait plus forte, plus brutale petit à petit. « Je n’ai que faire de ces abrutis qui n’ont pas encore compris que leur salut est dans le respect de leurs pairs et dans la responsabilité qu’ils ont hérités de Dieu, d’Olrun ou de je-ne-sais-qu’elle fichue entité supérieure. » Il s’approcha d’Elena. « A mes yeux il n’y avait que toi et, aujourd’hui encore, il n’y a que toi, mais, apparemment tu ne sembles pas le comprendre. » Sa voix s’était calmée quelque peu mais son regard n’avait pas changé. « Je ne serai jamais ton ennemi, car il n’y a nulle autre place où j’aimerais être si ce n’est à tes côtés. » Ses derniers mots s’étaient adoucis mais il s’écarta de la jeune femme et reprit un ton plus dur. « Tu ne m’y veux pas ? Et bien soit. Puisque la place est réservée à un imbécile qui ne connaît pas sa chance, je me contenterais de l’ombre. Je ne suis pas difficile. » Alors qu’il s’était dirigé vers la porte, il se retourna, lui faisant face, son regard dans le sien. « Mais je ne laisserais pas ces sorciers inconscients et leurs jeux de pouvoir te faire du mal et si tu crois que c’est passer à côté de ma vie, et bien tu te trompes, car ma vie, elle est devant moi, en cet instant, et pour rien au monde je n’en n’aurai souhaité une nouvelle. » Il se retourna vers la porte et posa la main sur la poignée. « Si un jour, tout ce que je viens de te dire fait sens pour toi, alors peut-être à ce moment-là tu comprendras ce que tu viens de briser en moi. » Les derniers mots étaient empreints d’une profonde tristesse mais il n’en laissa rien paraître. Entrebâillant la grande porte, il se glissa dans l’ouverture. « Bonne nuit, Elena. » Il disparut dans l’ombre avant de refermer derrière lui.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Mer 13 Fév 2013 - 20:16

Si pendant tout son laïus Elena avait été moins attentive aux réactions de son ancien apprenti, trop occupée à trouver les bons mots, quand Luc se décida à réagir et qu'il déposa enfin les yeux sur elle, elle eu un frisson d'effroi. Jamais, elle en était sûre, elle n'avait vu ce regard qui la traversait. Ce n'était même pas de la colère qui se peignait dans ses iris, rien qui aurait pu démontrer un quelconque sentiment. Ces prunelles étaient plus vides que le néant lui même. Elle déglutit et s'accrocha mentalement à ce qu'elle pu. Ce qu'elle allait entendre dépassait de loin ce qu'elle aurait pu imaginer de la bouche de Luc. Elle le savait passionné, vif, chaleureux, mais elle ne le connaissait pas à la limite de la méprise. Et ce mépris, il ne le donnait même pas à Elena, c'était envers d'autres personnes, le reste du monde sorcier en fin de compte. Il n'avait que faire de tout ce qui pouvait exister dans ce monde tant qu'elle était dans le sien. Et malheureusement elle venait de faire un pas en dehors de celui-ci en lâchant dans un flot de paroles qu'elle ne partageait pas ses sentiments. Était-elle coupable de quelque chose pour devoir subir une réaction aussi imprévisible?

Elle aurait préféré qu'il s'égosille, qu'il lui hurle sa colère. Au lieu de cela il resta quasi neutre, parfois laissant un peu de son animosité. Ce n'était plus de la peine qu'elle venait de lui infliger, c'était une blessure mal faite, purulente qui s'infectait à la vitesse de l'éclair. Et alors que le pu, chaud coulait de cette plaie, Luc tentait de faire face pour dire ce qu'il avait sur le cœur depuis bien trop longtemps. Plusieurs années de leur vies changeaient cette nuit et ils étaient nimbés dans la pénombre pour mieux évaluer l'éclat de ces révélations. Si la jeune femme contrôlait de moins en moins bien ses tremblements nerveux qui l'agitait, elle restait cependant droite pour tenter de garder la tête hors de l'eau.

Le silence se fit enfin, laissant à la jeune femme tout le loisir d'ingérer le venin que son ami venait de lui servir. Il l'a voulait comme amante et pour autant il n'avait pas l'espace d'un instant supposé qu'un jour il lui dirait. Et maintenant que cette vérité éclatait, une autre bien plus destructrice naissait en son sein, brisant le rempart de l'amitié. Un amour à sens unique.

Si un jour, tout ce que je viens de te dire fait sens pour toi, alors peut-être à ce moment-là tu comprendras ce que tu viens de briser en moi.

Elle comprenait, bien qu'il n'en soit pas conscient elle comprenait ce qui guidait les actions de Luc. Cela ressemblait à cette façon qu'elle avait d'agir pour Noâz. Quelque chose d'inconditionnel. L'aimait-elle pour autant ce Meneur déchu? Peut-être, là n'était pas tellement la question. Elle ne voulait pas se mettre Luc à dos une nouvelle fois, son cœur ne pourrait en souffrir d'avantage et même si elle savait qu'elle ne pourrait jamais combler ce manque qu'elle créait chez lui, elle se devait de le récupérer en tant qu'ami. Car là était la place unique que lui réservait la fille des Mirova. Alors qu'il s'éclipsa après avoir rempli la pièce de son amertume, elle le rattrapa et se posta devant lui. Elle plaqua ses mains contre les tempes de son ami et approcha son front de son épaule. La tête de Luc était calée entre le cou et l'épaule de la jeune femme, en position de réconfort. Elle expira et murmura quelques paroles.

"J'entends ce que tu dis, je comprends toute ta façon de voir les choses mais Luc..."

Elle le détacha de son cou plongé son regard dans le sien, front à front.

" Je ne peux supporter de voir encore ton sang, sur mes mains ou celles de qui que ce soit d'autres."

Les larmes qu'elle avait retenu depuis si longtemps perlaient sans plus de retenue. Ils n'en étaient plus à cela près.

"Je t'aime Luc, comme un frère, comme un ami et pardonne moi... oh oui, pardonne moi de ne pouvoir t'aimer comme tu le fais."

Elle se détestait de devoir le dire ainsi, mais il n'y avait pas de manière de parler de ce genre de choses sans blesser l'autre.

"Par pitié, choisis seulement le chemin qui te mettras en sécurité, même si tu veux me protéger. Car la seule place où tu pourrais le faire serait depuis le Pacte d'Ailrun."

En évoquant à nouveau la place de son ancien apprenti dans le monde des tribus, elle savait qu'il pourrait mal réagir mais elle ne lui laissa pas le temps de protester.

"Je sais que tu n'as cure de nos guerres mais si tu souhaites me protéger alors soit mon allié dans l'autre clan, soit mon bras droit. Ta participation à leurs actions te permettra de m'épargner de tomber dans un de leur piège."

Elle maintenant cette position où leurs fronts se joignaient, avec un main sur la nuque de Luc. Les yeux plongés dans ceux de son ami, elle voulait lui faire entendre raison. Si Luc souhaitait absolument veiller sur la jeune femme, alors il vaudrait mieux qu'il se fasse une place chez l'ennemi. Il serait cet agent double si précieux. Et personne ne se poserait la question de savoir si le futur Duc de Rohan ne jouait pas le double jeu, car Elena et lui ne serait pas visible ensemble en dehors du Manoir. Avec même un peu d'habileté, il pourrait faire croire qu'il surveille la fille des Mirova pour informer le pacte du moindre de ces gestes.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Mar 19 Fév 2013 - 14:03

Alors qu’il quittait la chambre d’Elena, le jeune homme se fustigeait lui-même de s’être enorgueilli quelques minutes plus tôt. Grand bien lui aurait prit de garder ses sentiments pour lui et de rester, dans l’obscurité de sa chambre, laissant la jeune femme partir dans les Ténèbres, sans jamais lui avouer ce qu’il ressentait à son égard, les laissant tous les deux, elle dans l’ignorance, et lui dans l’espoir. Mais il n’en avait été rien. Trop optimiste peut-être, Luc avait cru l’espace d’un instant qu’elle pourrait lui répondre oui, et que, dans ce grand couloir, il pourrait enfin la serrer dans ses bras comme il avait toujours voulu le faire. Bien entendu, il n’en fut rien, et, il fallait l’admettre, il n’avait été qu’un sombre imbécile de croire que cela aurait pu être le cas. Il aurait du s’en douter, après tout, elle n’avait pas répondu à ses lettres, ne semblait pas plus que ça affectée par son départ… Les signes s’amoncelaient et il avait été trop naïf en les ignorant, il en payait maintenant le prix fort. La vie ne serait probablement plus la même après cette nuit. Retenant sa peine en lui, masquée par une certaine rancœur, non pas dirigée contre Elena, comme certains pourraient le croire, mais simplement contre lui-même. Tout ceci était de sa faute après tout. C’était lui qui était tombé amoureux, lui qui avait nourri des espoirs insensés envers son Aguerrie alors même qu’ils se l’étaient, en quelque sorte, interdit. Mais avait-il vraiment le choix ? Cela n’avait pas l’air d’être des choses que l’on pouvait combattre avec raison. Il avait compris qu’il l’aimait et n’avait pas eu d’autre choix que de l’accepter. Oh, il avait essayé de se défaire de ce sentiment bien entendu, mais il n’avait pas réussi. Elena avait toujours hanté son esprit plus que jamais et cela faisait longtemps qu’il en comptait plus les rêves qu’il faisait d’elle…

Et malgré ce qui venait de se passer, il savait que cela continuerait. Cela serait encore plus douloureux qu’avant, mais, comme toujours, la vérité générait bien plus de souffrance que le doute et l’espoir, principalement car la vérité faisait voler en éclat l’espoir, supprimant le seul baume qui pouvait apaiser le doute… Encore une fois, il ne pouvait s’en vouloir qu’à lui-même. Tandis qu’il remontait le couloir, un grincement puis des bruits de pas lui confirmèrent sa plus grande crainte : la cadette des Mirova l’avait suivi, apparemment désireuse de poursuivre cette discussion. L’espace d’un instant, il espéra qu’elle avait changé d’avis mais il balaya cette idée comme on balaye de la poussière. Il s’était fait suffisamment de mal, il n’était pas nécessaire d’en rajouter. Désireux d’en rester là, autant pour elle que pour lui, il dut néanmoins s’arrêter lorsqu’elle se posta devant lui. Surpris quand elle posa ses mains contre ses tempes, il ne résista pas quand elle l’attira contre elle, posant ainsi son front contre son épaule. Incrédule, il n’osa cependant pas croire qu’elle avait effectivement changée d’avis et les quelques paroles qu’elle prononça ensuite achevèrent à nouveau ce maigre espoir qu’il n’avait pas entretenu mais qui s’était immiscé en lui malgré tout. Il croisa alors son regard quand elle le détacha d’elle. Le sien n’avait pas changé et était resté désespérément vide, vide d’optimisme et de joie de vivre, toutefois, la voir ainsi pleurer le brisa net. Il était difficile de dire ce qui se passait véritablement à l’intérieur du jeune homme en proie à des sentiments contraires. Il se détestait pour ce qu’il avait fait, pour lui-même, mais surtout pour elle, car, c’était de sa faute si elle pleurait, c’était de sa faute si elle souffrait… Il n’avait fait que les faire souffrir tous les deux. Il avait vraiment été un idiot, un imbécile, un égoïste.

Sentant la chaleur de la main d’Elena sur sa nuque, front à front, il resta silencieux quelques instants, son regard trahissant quelque peu le trouble qui faisait rage en lui. Faire partie de ce Pacte ne lui semblait pas une bonne idée, surtout qu’on aurait probablement des suspicions à son sujet étant donné qu’il devait probablement être connu de tous que la fille Mirova était restée près de Noâz. Comment ne pourraient-ils pas avoir de soupçons sur son Apprenti ? Toutefois, elle avait probablement raison, si le Pacte cherchait à lui faire du mal, avoir quelqu’un à l’intérieur pourrait l’aider à s’en protéger… Ces guerres n’avaient aucun sens pour lui, il ne les voyait que comme des choses stupides et sans fondements. Pourquoi n’avaient-ils toujours pas fait la paix, après tout ce temps, et tous évènements, étaient-ils donc tous si stupides ou trop imbus d’eux-mêmes ? Le pouvoir ne les rendait véritablement pas meilleurs que les autres… Il baissa les yeux, fixant le sol. « Tu es bête de penser que choisir l’autre camp me mettra plus en sécurité. » Sa voix s’était adoucie, même si elle n’était pas aussi chaude que d’habitude. Il releva les yeux, croisant à nouveau son regard, et, avec douceur, sécha les larmes qui coulaient sur les joues de la jeune femme. « Tu veux que je ne me mette pas en danger et je veux te protéger, je crains que nous allons devoir faire quelques compromis… » Il n’était pas revenu sur ses sentiments non partagés, mieux valait peut-être pas. « Si tu me promets de faire attention à toi et de venir me trouver si tu as besoin d’aide, alors j’accepte de rejoindre le Pacte d’Ailrun. » Si elle ne voulait pas de lui à ses côtés, il lui avait dit, l’ombre lui conviendrait parfaitement. Elle n’avait pas besoin de l’aimer en retour. Ce serait douloureux pour lui mais il pourrait s’y faire, avec le temps, il le savait, il ne pourrait en être autrement. Alors qu’ils étaient toujours front à front, il attendit qu’elle accepte. « Nous sommes donc d’accord… » Le ton n’était pas très enjoué, mais, après tout, il ne pouvait pas l’être. Posant ses mains sur les épaules de la jeune femme, il s’écarta un peu d’elle ne cessant de la regarder. Puis, sans crier gare, il rompit la distance qui les séparait de nouveau et déposa ses lèvres sur celles d’Elena. Quelques instants volés, chapardés peut-être, mais il en avait eu besoin, pour qu’elle sache ce qu’il avait sur le cœur. S’éloignant d’elle aussi vite qu’il s’en était approchée, il baissa les yeux. « Prends soin de toi Elena… » Puis, à nouveau, il reprit la direction de la chambre, le parfum de la sorcière glissant petit à petit de ses lèvres comme un rêve agréable qui s’étiole au petit matin…
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MessageSujet: Re: Retrouvailles au parfum doux-amer   Lun 25 Fév 2013 - 13:11

Le soleil se levait lentement sur le manoir et la nuit, bien que courte pour Elena et son ancien apprenti, fut plus calme qu'elle n'aurait pu l'être si ils n'avaient pas finit par faire la paix. Luc était encore amer. Elle se souvenait bien de sa façon de parler quand elle l'avait rejoint dans le couloir avant qu'ils ne se couchent. Certes il avait finit par céder au désir d'Elena. Elle l'avait mis quelque part un peu en sécurité dans l'autre clan. Les informations qu'il pourrait lui livrer serait précieuse, mais il faudrait prendre garde car tous deux seraient surveiller comme la peste. Même si le Pacte ne comptait pas Elena dans ces rang, elle n'avait pour le moment pas eu besoin de se cacher plus que de raison, pas comme Europe. Car contrairement à elle, elle restait quelqu'un de complètement innocent, dans une certaine mesure, aux yeux de l'Inquisition.

Il n'y avait qu'une condition à cette petite victoire, qu'elle accepte de le prévenir en cas de danger. Elle avait dit oui, mais en réalité elle savait fort bien que quoi qu'il arrive, si elle courait vraiment un grand danger, elle ne lui dirait rien. Par amour pour lui et parce qu'elle se saurait responsable de son sort, elle ne lui en soufflerait rien. Si Vincent supporterait mal de perdre Elena, il serait encore plus inconsolable si il perdait son frère de cœur. Et puis, qui dit qu'elle aurait seulement le temps de le prévenir? Ce n'était pas un réel mensonge, mais la jeune femme savait qu'elle ne tiendrait pas cette promesse, comme un pressentiment idiot qui vous gangrène l'esprit.

Luc lui en voulait toujours, même si quelque part elle n'était pas coupable, il lui en voulait certainement un peu de ne pas lui donner une chance. Et il s'en voulait encore plus de lui avoir parler, c'était certain. Et bien que la situation avait changé par rapport à hier soir, les deux amis étaient toujours dans une drôle de posture. Il n'y avait plus d'incompréhension, c'était plus un vide naturel qui c'était créer à cause d'une révélation qui ébranlait les principes même de leur relation. Leur relation... qu'elle était elle maintenant? Entre eux, ils savaient qu'il y avait encore de l'amitié, mais cette amitié avait été égratignée, éborgnée, écorchée. Elle avait souffert à plusieurs reprises et la blessure d'hier avait changé la donne ainsi que sa forme. Elle était salie par la culpabilité, par la tristesse, par le non partage. Si Luc violait le pacte qu'il avait fait avec son Aguerrie, il en subissait aussi le lourd poids. Car il était quelque part responsable de cette transformation de relation.

La cadette des Mirova ne lui en voudrait pas, mais par ailleurs elle ne comprenait pas ce qui avait conduit Luc à ressentir ces choses là. Elle s'y connaissait mal en amour, mais elle craignait que son attitude peut-être trop fraternelle envers Luc avait susciter, chez lui, un certain désir. Le mystère resterait, car le jeune Duc lui-même ne pouvait réellement savoir ce qui avait changé et quand. On se rendait rarement compte de ces choses progressivement, tout cela arrivait d'un coup. Elena savait au fond d'elle que ce que Luc hier avait dit à mots plus ou moins couvert sur elle et Noâz la troublait. Était-elle victime d'amour elle aussi? Était-ce la raison de ce trouble qui la secouait quand elle se souvenait, le rouge aux joues, de leur proximité lors de l'envoutement qu'il avait pratiquer sur elle? Rien que d'y penser, elle se sentait déjà rougir. Pourtant l'image suivante qui lui vient en tête fut ce baiser que Luc lui avait voler cette nuit. Elle se mordit les lèvres, nerveusement avant de caresser ses lèvres du bout de l'index. Elle se souvenait de sa réaction et s'en voulait de n'avoir rien fait.

Elle était restée plantée là, sans bouger. Le contact de leurs lèvres n'avaient pas duré plus de quelques secondes, pourtant, elle aurait eu le temps de se retirer. Elle ne l'avait pas fait, restant ancrée au sol alors que Luc s'en retournait dans sa chambre. Les bras ballants, elle lui avait laissé ce droit, comme si elle l'approuvait. Après tout ce qu'elle lui faisait subir il avait bien ce droit non? Elle pouvait gracieusement le lui offrir? Elle ne savait pas vraiment en réalité. Avait-elle le droit de le laisser faire? Il aurait pu croire qu'elle jouait avec ces sentiments, qu'elle ne manipulait honteusement pour jouer sur deux tableaux. Peu importe. Il était trop tard maintenant. Elle secoua la tête. Elle avait agit au mieux probablement. Lui coller une gifle n'aurait pas été plus productif et aurait détruit le peu de liens qui se remettaient en place entre eux. Ce n'était pas préférable. Le laisser agir n'avait peut-être pas été la meilleure solution, mais finalement, si il avait eu un peu de baume au cœur grâce à ça.

Perturbée par sa réaction, Elena choisit de ne plus penser à tout ça. Elle secoua la tête et se prépara pour le petit déjeuner. Aujourd'hui était un autre jour. Et elle espérait ne pas avoir à expliquer tout de suite à Vincent tout ce qui se tramait. C'était trop compliqué à démêler calmement pour le moment.
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