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 Une Dernière prière .:[Scénario-20]:.

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Meneuse
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MessageSujet: Une Dernière prière .:[Scénario-20]:.   Lun 27 Mai 2013 - 22:12


    Owen Mansholther, alias le Loup de la Reine,
    dans les appartements de Symphorienne de Lucrèce
    au Château de Frauenberg

La demande de Louisa avait étonné l’ancien enquêteur. En réalité, depuis qu’il avait pris sa retraite aux côtés d’Inès, il pensait ne plus avoir à ressortir son manteau et, plus généralement, ses affaires dont le passé était particulièrement évocateur pour lui. Certes, il lui était difficile de ne pas poser les yeux sur elle, chaque matin, alors qu’il ouvrait son armoire pour trouver des affaires à se mettre sur le dos mais il avait trouvé une sorte de quiétude dont il n’avait pas soupçonné l’existence avant de la vivre. C’était pour cette raison qu’il était resté à Forbach – bien que légèrement à l’écart – même s’il savait que ce qu’il s’y tramait pouvait être mortel pour n’importe qui, même lui. Enfin, comme il aurait pu le dire quelques mois plus tôt, c’étaient là les risques du métier, d’une certaine manière. Le désarroi de la Baronne avait d’abord déstabilisé le Loup qui ne comprenait pas vraiment les réticences et les réserves qu’elle pouvait avoir vis-à-vis de l’envoyée de la Reine, Symphorienne de Lucrèce. Il était souvent des doutes qui n’étaient pas fondés, de simples ressentiments n’expliquaient pas qu’une personne soit nécessairement mauvaise. D’une manière plus générale, Owen aurait pu simplement penser que la couturière ne supportait simplement pas le fait d’être ainsi mise en retrait par une autre autorité que la sienne. Pourtant, elle avait réussi à se montrer convaincante et, peut-être aussi pour l’affection qu’il lui portait, l’Enquêteur avait accepté de reprendre ses anciennes habitudes et de voir si les soupçons étaient véritablement fondés, ou non. Il n’était même pas certain de trouver quoique ce soit en réalité mais la Baronne n’avait pas semblée vouloir quitter la chaumière avant d’avoir obtenu gain de cause et, il fallait l’admettre, c’était avec une certaine envie que Loup s’était imaginer reporter ses anciens habits.

Il n’en avait pas parlé à Inès. Peut-être simplement parce qu’il n’y avait pas matière de le faire. S’il devait s’avérer qu’il devait trouver quelque chose, alors les choses changeraient certainement, mais, au commencement, il était inutile de lancer les grands chevaux. En premier acte, Owen avait prit une feuille de parchemin et s’était arrangée pour faire parvenir une lettre à son vieil ami médecin avec qui il correspondait toujours. Resté à Paris, ce dernier pourrait lui fournir des renseignements de choix sur Symphorienne dont l’existence avait principalement tournée autour de la Reine. Bien entendu, l’Enquêteur connaissait déjà les banalités, les rumeurs la concernant, ici, à Forbach, mais mieux valait pouvoir s’assurer de choses en allant, presque directement, à la source. Il aurait volontiers écrit une lettre à la Reine mais il avait finalement renoncé, jugeant l’audace déplacée et probablement bien trop risquée, car il était hors de question d’alerter l’envoyée royale avant d’être sûr qu’elle était blanche comme neige. En attendant les informations de Paris, Owen avait commencé à essayer de récupérer d’autres ragots, des informations colportées de ça de là, fouinant sans fouiner, l’Enquêteur essayant de se faire discret en attendant d’en savoir plus avant de se décider sur la suite. Sans réellement avancer, même s’il récupérait des informations potentiellement intéressantes, comme notamment quelques remarques sur son déménagement dans l’un des appartements du Château, il put cependant reconsidérer son approche lorsque la missive tant attendue arriva. Son ami n’avait néanmoins pas beaucoup de nouvelles pour lui. Cependant il lui confirmait que Symphorienne avait une réputation de réelle misanthrope, cynique et sournoise. Peu appréciée en réalité bien que très respectée, mais surtout grâce à sa position. Elle semblait digne héritière d’une très vieille famille, notamment de par ses attributs physiques, mais aucun papier ne semblait pouvoir le justifier. Sans oublier qu’il était impossible de trouver d’informations concernant sa vie privée, l’absence d’amant ou de mari « connus » en étant une preuve somme toute relative.

Cette absence d’informations concrètes déstabilisait un peu Owen, mais, par dessus tout, cela le confortait quelque peu dans le fait qu’il avait peut-être eu raison d’accepter d’enquêter sur cette femme. Quelqu’un qui s’arrangeait pour ne laisser filtrer aucune information de cette manière laissait forcément sous-entendre qu’il y avait quelque chose à cacher et donc, pour lui, quelque chose à trouver. Le mystère avait cet effet chez lui d’éveiller ses passions et il ne manquerait pas de prendre plaisir à découvrir la vérité, qu’importe l’endroit où elle devait se cacher. Dès le lendemain, il était passé à la vitesse supérieure, s’ingéniant à commencer des filatures et à pratiquer l’observation sur son sujet. Il était difficile d’établir dès le début des potentielles incohérences. Symphorienne semblait très casanière, ne quittant que très rarement ses appartements et seulement pour rendre visite à des personnes liées au Pax Humanum. Le plus souvent il ne s’agit que de simples entrevues, rien de fondamentalement « important ». Pour quelqu’un qui était sensée s’occuper de grandes choses, elle semblait se limiter au strict minimum, loin des grandes décisions qu’on aurait pu imaginer la voir prendre. Gardant pour lui ses réflexions, l’Enquêteur remarqua aussi quelques allées et venues entre elle et la dénommée Théodosine, cette « sœur » envoyée par le Pape pour reprendre en main l’Inquisition. Toutes deux semblaient développer des compétences particulières pour se soustraire à la vue de tous. Owen ne comptait pas le nombre de fois où il avait perdu leurs traces, les soupçonnant même d’utiliser des passages secrets pour quitter leurs lieux de rendez-vous. Une telle complicité entre les deux personnes, car, à ce niveau de secret, il fallait parler de complicité, était fort étonnante, surtout que rien n’indiquait qu’elles aient pu se connaître, d’une manière ou d’une autre. Pourtant, ces deux-là avaient visiblement beaucoup de choses à se dire… Une chose qui ne manqua pas de lui mettre la puce à l’oreille, même si à part cela, les informations qu’il pouvait glaner de ces entrevues restaient décousues et donc, sans grand intérêt pour l’instant. Afin de compléter son investigation, et principalement parce qu’il n’obtenait pas de résultat « à distance », il décida de s’approche de Symphorienne, venant, sous couvert de lui proposer son aide en tant qu’ancien serviteur de la Reine, afin de lui proposer ses compétences certaines, voir s’il n’y avait pas une possibilité de pouvoir s’approcher davantage de son antre et d’y découvrir quelques détails intéressants. Malheureusement, elle se contenta de l’accueillir sur son palier, l’envoyant presque paître l’affirmant qu’elle le contacterait si besoin était.

Devant une telle résistance, il ne put s’empêcher de remarquer qu’elle ne s’était même pas donnée la peine de le faire rentrer. Cet appartement commençait à prendre des dimensions un peu trop mystérieuses au goût d’Owen qui, face au sédentarisme de cette femme ne pouvait qu’imaginer qu’elle y cachait quelque chose que personne ne devait trouver. Elle n’y recevait personne et, de plus, veillait à ce que l’entrée soit protégée par une serrure particulièrement impressionnante dont quelques rumeurs lui avaient assuré qu’il était impossible de l’ouvrir autrement qu’en en détenant la véritable clef. Il y avait là trop de précautions pour une simple protection de biens, même précieux. Un petit rapport à Louisa, sur ses soupçons, pour lui confirmer qu’elle avait peut-être raison lui apporta néanmoins un nouvel outil intéressant. Sans savoir comme elle avait pu se le procurer, il s’était vu confié une clef mécanique, relativement complète dont le fonctionnement permettait d’ouvrir n’importe quelle serrure. C’était clairement un chef d’œuvre d’horlogerie – du moins compte-tenu de son fonctionnement – et tout ce qu’il avait pu obtenir à son sujet était qu’elle provenait apparemment du laboratoire de la Reine. Surpris de voir qu’il existait un tel « laboratoire », Owen ne se gêna néanmoins pas pour saisir l’opportunité qui lui était offerte. Essayant au préalable le fameux passepartout pour s’assurer de son efficacité, il ne fallait plus que réfléchir à comment éloigner Symphorienne, et l’attention générale, de ses appartements pour pouvoir y pénétrer. Il n’eut cependant pas à réfléchir longtemps puisque le hasard lui fournit l’événement adéquat : il semblait y avoir une violente confrontation dans la Clairière et le Pax Humanum se sentait obligé d’intervenir. Profitant de cet engouement général pour un nouvel affrontement entre l’Inquisition et les Sorcières, Owen attendit patiemment que l’intéressée quitte les lieux et que les alentours de ses appartements se désertifient. Une fois tranquille, il ouvrit la porte sans l’ombre d’une difficulté et dut admettre que cette invention était réellement pratique, quoiqu’il faille s’assurer qu’elle ne tombe pas entre de mauvaises mains…

Laissant de côté ses pensées morales, il se laissa aller à son professionnalisme et commença à étudier les appartements qui, pour la première fois, s’étendaient véritablement sous ses yeux. Les serviteurs qui avaient aidé au déménagement n’avaient pas menti. La quantité d’affaires était tout bonnement impressionnantes, sans compter le nombre de coffres qui pouvaient se trouver dans chacune des pièces. Commençant méthodiquement par la première pièce où il venait d’entrer, Owen s’occupa de retourner méticuleusement chaque détail afin de chercher quelque chose dont il ignorait encore s’il existait vraiment. Veillant à ne pas trop déplacer chacune des choses qu’il prenait en main, il ne savait pas encore s’il ferait comme s’il ne s’était rien passé ou, au contraire, s’arrangerait pour faire croire une simple effraction « banale » pour couvrir ses traces. Après quelques minutes de recherches plutôt banales, s’aidant du passepartout pour ouvrir quelques coffres qui étaient encore fermés, son regard s’arrêta sur l’un deux, aux couleurs vives, principalement rouges, aux ornements plutôt orientaux. Détonnant avec le reste, il était presque intéressant de remarquer qu’il ne l’avait pas vu en premier. Sans chercher à en détailler la beauté, l’Enquêteur chercha à l’ouvrir, se rendant compte que, bien entendu, il était fermé. Sans s’en inquiéter davantage, il se saisit de sa clef pour déjouer une nouvelle fois la sécurité qui, face à une telle invention, semblait véridiquement inutile. Il rangea son objet « magique » dans sa poche et entreprit d’ouvrir le couvercle du coffre. Une odeur de pourriture vint rapidement lui monter aux narines, bien avant qu’il n’ait totalement retourné la partie mobile. Ayant connu pire – notamment lors de la découverte des charniers de Lorenzo Maestriani – il acheva son mouvement et posa son regard sur le contenu de ce qui n’était pas un coffre mais bel et bien un cercueil improvisé, bien trop « joyeux » extérieurement pour ce qu’il contenait précisément.

Sans aversion, Owen s’approcha du cadavre hâve, visiblement décomposé depuis plusieurs mois. Pour une fois, la présence de son ami médecin aurait pu être utile, mais il ne l’avait pas sous la main, aussi devrait-il faire sans. Toutefois, au-delà des circonstances de la mort, ce qui le surprit davantage concernait les vêtements du mort, ou plutôt, de la morte. De sobres habits de nonne ornaient les vestiges décharnés et olfactifs qui, entre des phalanges resserrées, étreignaient une croix. Le mystère s’épaississait davantage, jusqu’à ce qu’il lève les yeux vers le visage – ou du moins ce qu’il en restait, de cette pauvre sœur : un bandeau recouvrait son œil droit. Inutile de vous dire combien de pensées jaillirent dans l’esprit du Vieux Loup qui se transforma bien rapidement en un geyser d’interrogations et de conclusions. Toutefois, il n’avait pas le temps de se perdre dans des conjectures en cet endroit. Venant de trouver ce qu’il espérait dénicher en cet endroit – même si cela dépassait ses espérances – il referma le coffre avant de le recouvrir d’un drap opaque et de le trainer vers l’entrée des appartements. Il avait prit la décision de prendre le coffre, à la fois pour empêcher Symphorienne de faire disparaître cette preuve, ce qu’elle ferait assurément en ce rendant compte que quelqu’un s’était introduit chez elle, mais également pour la pousser à la faute. L’absence de son coffre ne manquerait pas de lui sauter aux yeux et, avec elle, une foultitude de questions et de doutes et, avec ceux-ci, les erreurs dont il bénéficierait. Toutefois, il ne pouvait pas juste sortir avec ce coffre, même avec la diversion crée dans la Clairière. Abandonnant sa preuve près de la porte, il quitta les appartements discrètement avant de se rendre en cuisine. Intelligemment et d’autant plus discrètement, il s’arrangea pour lancer le début d’un incendie. Rien qui ne mettrait le Château en danger mais qui jetterait suffisamment de confusion pour lui permettre de sortir le coffre sans l’ombre d’une inquiétude. D’ailleurs cela ne tarda pas trop et au bout de quelques minutes, il chargeait la malle à l’arrière d’une voiture et quittait Frauenberg pour une destination que lui seul connaissait.


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Voilà une révélation intéressante lorsqu'on sait l'état de vigueur avec lequel Mère Marie-Théodosine se bat au même moment dans la Clairière d'Olrun contre la Grande Prêtresse du Pacte d'Ailrun. L'envoyée du Vatican ayant découvert la nature païenne de Cassandra de Saint-Loup lors de son affrontement contre un séraphin envoyé par la Cabbale, elle proposa un marché cruel et efficace à Viviane : sa vie contre celle de sa soeur. Un entretien intimiste qui ne tarda bien sûr pas à déraper en combat de légions. Affaire à suivre du bas de ce lieu sacré au sommet de la Tour des Anges :


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