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 Actus Fidei .:[Scénario-21]:.

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MessageSujet: Actus Fidei .:[Scénario-21]:.   Lun 27 Mai 2013 - 22:13


C’était un automne plus sec et terne qu’à l’accoutumée dans la région auvergnate. Dans l’aube d’Octobre, le carrosse rouge de Symphorienne déchirait la toile grisâtre comme une traînée de sang. La diligence s’arrêta au milieu des collines. Symphorienne sortit extraordinairement détendue. Le capitaine de garde l’informa que d’ici elle devrait finir son itinéraire seule à cheval car il était interdit aux dragons de l’accompagner au lieu de rencontre secret, ils l’attendraient là. Cette dernière étendit ses fines et cruelles lèvres à en faire frissonner les hommes et bruisser les buissons. Elle continua sa route seule, en effet. Mais pas sans carrosse. Elle avait laissé les hommes à pieds dans les collines. On ne pouvait lui demander de se départir de ses malles de beauté alors qu’elle allait rencontrer une femme aussi importante, puissante et symbolique que Mère Marie-Théodosine…

Arrivée à la chapelle abandonnée de la vallée Saint-Pont, Symphorienne descendit effectivement un coffre pour s’assurer de son état. Le coffre chinois, écarlate et sculpté. Pourtant, ni robe ni fard à l’intérieur de celui-ci. Complètement vide, il semblait plutôt prêt à recevoir des trésors baudelairiens.

Mère Marie-Théodosine arriva à dos de jument. La bête semblait triste et fatiguée et les marques de cravache sur ses flancs laissaient présager de la fermeté de la clarisse. Cette dernière se signa de la croix trinitaire avant de pénétrer dans la vieille bâtisse au toit à demi effondré. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir - malgré ses deux heures d’avance sur le rendez-vous - l’envoyée royale, assise sur ce qui fut par le passé un autel sacré.


- Ma fille, je vous prie de vous lever, malgré toute votre noblesse, votre séant n’est pas digne de cette dalle sacrée.

- Pardonnez-moi, ma petite, mais… qu’a de sacré cette pierre ou cet endroit ?

- Êtes-vous sotte ?!

- À n’en pas douter, mais sûrement pas aveugle… Je ne vois ici ni crucifix, ni reliques, ni prêtre. Ils ont tous été pillés et oubliés.

- Le lieu est toujours le même, sa mémoire est catholique et sacrée.

- Pensez-vous qu’il y ait des ossuaires catholiques sous nos pieds ?

- Non. Pourquoi cette question idiote ?

- Car moi je peux vous dire qu’il y a des morts sous votre dalle sacrée. Et qu’il ne s’agit pas de saints. Ni de prêtres. Ni de fidèles. Il s’agit de pieux païens…

- Que me chantez-vous là…

- Il fallait bien que je trouve mon avantage à ce que la réunion se fasse en ce lieu n’est-il pas ?

- Vous êtes…

- Nous sommes… dans une ancienne chapelle négligemment posée sur un cimetière païen.

Mère Marie-Théodosine saisit la croix autour de son cou et le pistolet à sa ceinture.

- Du calme ma petite… Je ne suis pas une sorcière. Je n’ai pas choisi ce lieu pour me sentir proche de ces païens, je n’en ai rien à faire après tout… pas plus que des catholiques.

- Pourquoi, alors ?

- Convergence énergétique et spirituelle disons…

C’en était trop ! Sans plus de cérémonie la religieuse tira sur Symphorienne, droit au cœur. La noble en tomba à la renverse. Mère Marie-Théodosine s’approcha du corps et tira un second coup de feu droit dans la tête de sa victime. Elle entreprit alors la récitation du psaume 51. Lorsqu’elle rouvrit les yeux Symphorienne était toujours là, allongée devant elle, mais elle la dévisageait avec un air féroce.

Quelques heures plus tard, Symphorienne était de nouveau assise sur l’autel et Mère Marie-Théodosine ligotée sur le grand crucifix de la chapelle à la place du christ en bronze probablement pillé des décennies auparavant. Symphorienne tenait entre les mains les dossiers de l’envoyée du Vatican. Elle décryptait chaque détail des évènements survenus à Forbach au cours des dernières décennies.


- Que voulez-vous ? demanda la clarisse avec un sang froid admirable ou inquiétant.

Symphorienne resta silencieuse, continuant sa lecture.


- Vous pourrez étudier ces parchemins des siècles durant, vous ne comprendrez jamais l’ampleur de ce qui se joue là-bas.

La religieuse s’essoufflait.

- Mais pourquoi cela vous intéresse-t-il tant…

Symphorienne replia les dossiers, fit une pile bien droite, puis observa calmement la vieille femme crucifiée.

- Je vais les détruire ma petite…

- Mais de quoi vous parlez…

- Des sorcières bon sang !

Mère Marie-Théodosine inspira tout ce qu’elle put.

- Écoutez, pimbêche, je n’ai pas la moindre de ce que vous êtes, mais rien, vous m’entendez ?! RIEN n’est venu à bout d’elles ! Croyez-moi j’ai vu bon nombre de cas délicats, mais celui-là est de loin hors-norme… Votre seule chance est de me laisser œuvrer pour analyser la situation. Nous ne sommes pas nécessairement ennemies, vous et moi avons le même but. Vous n’y arriverez pas seul, je vous préviens.

Symphorienne caressa la pile de dossiers, puis l’autel sur lequel elle avait renversé le baluchon de Mère Marie-Théodosine, touchant du bout des doigts des fioles d’eau bénite et des croix en argent.

- Vous, soldats de Dieu, n’avez jamais appris, ni de vos erreurs, ni de vos victoires. Moi j’ai eu tout mon temps pour apprendre.

Elle feuilleta à rebours les pages de la bible de la clarisse.

- Comme vous, je poursuis les filles du ciel, mais pour des raisons un peu différentes… Une histoire qui naîtrait presque avec le monde mais qui se termine à présent que je tiens ma revanche.

Elle refixa son attention sur le visage congestionné de la vieille femme.

- Je saurai être plus sournoise que les eaux maudites.

Elle s’approcha de la grande croix où elle se tenait au fond du chœur.

- Plus froide que les âmes esseulées.

Elle caressa avec une lenteur diabolique les rides de la pauvre femme, fébrile à présent.

- Plus rusée que l’Oracle des Ombres.

Elle passa une main dans les cheveux de la religieuse, retirant son voile pour mieux dévoiler le mystère caché, triste et terne à présent.

- Plus violente que l’Agent du Diable.

Du bout des ongles elle souleva le cache-œil, dévoilant le drame d’une cavité sombre et sèche comme une tombe.

- Et plus impérieuse que l’Ange de Pierre.

Symphorienne approcha alors son souffle glacial de celui mourant de Marie-Théodosine.

- Quel dommage, ma chère, que vous ne dussiez manquer ce Grand Final…

- Mais qui êtes-vous…

Une nuée d’étincelles bleutées émana du corps de Symphorienne jusqu’à la faire complètement disparaître, elle puis Marie-Théodosine dans un tourbillonnement d’éclats fantastiques, nitescence irréelle aux reflets de nuit et aux ombres d’étoiles.

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Les ordres de Mère Marie-Théodosine ne tardent jamais à être exécutés. Viviane, arrêtée lors du combat qui avait opposé sorcières du Pacte d'Ailrun aux inquisiteurs et sa soeur Cassandra se retrouvent sur le bûcher ainsi que les grimoires des tribus d'Olrun et du Lys Noir.

Le glas sonne pour les sorcières de Forbach.


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