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 Lumière de justice

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Aguerri(e)
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MessageSujet: Lumière de justice   Lun 15 Juil 2013 - 16:35

La Vérité avait été dure à entendre. Depuis que l’arrestation des sœurs de Saint-Loup, Elena n’était pas retournée à la Tour des Anges, restant cloitrée dans ses murs sous le coup du choc de la nouvelle. La prêtresse du pacte d’Ailrun était sous les barreaux et elle ne parvenait pas à s’en réjouir car le monde ésotérique allait perdre une grande sorcière.

Vivane avait été toujours une ennemie, mais quelque part elle avait été aussi un guide. L’écartée du pouvoir été une chose, mais affronter la réalité de sa mort en serait une autre. Le monde de Forbach tournait étrangement. Luc avait tenté une approche de discussion avec Elena, mais la jeune femme c’était fermée rapidement, ne laissant plus rien transparaître que de l’indifférence. Sa propension à cacher ses souffrances devenait de plus en plus grande et ne faisait qu’approfondir les plaies qui s’ouvraient.

Le jour de l’exécution, la sorcière sortit tard de sa chambre pour quitter le Manoir rapidement. Elle savait qu’Alix devait faire échouer le sauvetage de Viviane et Cassandra. Elle n’avait pas bronché, elle n’avait même pas décidé de faire cas de cela, pourtant elle savait que cet acte aurait de grande conséquence. Le pouvoir reviendrait de nouveau à Noâz et Europe qui se partageaient la couronne pour l’instant. A croire que cette alliance allait plus loin que prévue. Mais la perspective infime que leur proximité ne tienne par le rétablissement sur le trône força Elena à se taire et à laisser faire. Sa présence à l’exécution était nécessaire. Elle devait se montrer pour faire bonne figure face aux autorités.

L’instant de la trahison courrait dans les veines d’Alix de Charme alors que les salamandres faisaient leurs offices. Le charme fut rompu brutalement et le feu qui lécherait bientôt les carcasses calcinées continuait de se répandre et de faire fondre les chaires. Mais la situation changea brusquement.


« Louisa... » souffla t'elle, inconsciente que ses pensées prenaient la parole.

La couturière avait appris la véritable nature, selon le propre désir de la jeune noble et avait accusé le coup avec bien des difficultés. Depuis, Elena avait laissé cette porte ouverte, comme promis, mais n'avait pas voulu s'imposer de nouveau à la vue de la dame russe. Et à présent tout remontait lentement, par connexions diverses et variées. Le temps prenait une accélération pour revenir en arrière et chaque moment qui avait été une difficulté à surmonter jaillissait comme un tourbillon, avalant la cadette des Mirova. Elle se sentit défaillir l'espace d'un instant et du poser son séant sur la première chaise venue.

Le cours de la soirée continuait de défiler devant ses yeux. Elle occultait l’entrée en scène du chien de la Reine qui venait faire état d’une découverte renversante à propos de l’envoyée de la Reine. Si elle avait su que cette exécution connaîtrait autant de hauts et de bas, et que celle-ci ne bouleversait pas le monde de la sorcellerie, elle n’aurait pas été aussi tendue.

Plusieurs fois on éteignit et rallumait le feu. Mais quand David Geisler, frappé par le sceau fit son apparition, la cadette des Mirova avait ressenti quelque chose, une sensation qu’elle n’associait d’habitude à aucun membre de l’Inquisition.

David.

Les yeux affolés, elle cherchait dans son univers un point de repère, un moyen de s'amarrer pour ne pas se noyer. Fébrile, elle porta ses mains tremblantes à son visage. La prise de conscience de son acte l’étouffait. L'angoisse montant peu à peu quand elle retraçait son court mais tumultueux passé avec la Cabbale. Europe était un bien vile serpent mais pour une fois ce n'est pas elle qu'elle blâmait. Ce n'était pas pour elle qu'elle avait décidé de transférer le sceau. C'était pour Lui. Depuis le début, depuis qu'il avait brisé les chaînes de son mutisme, elle n'avait d'yeux que pour Lui. Elle avait entachée son allégeance à Dieu pour Lui.


Les murs de sa chambre s’imposèrent à nouveau à elle. Se souvenir de ces évènements était douloureux, surtout quand on connaissait la fin de la triste histoire. Car ce qui suivait, n’apportait à Elena qu’une honte sans borne, une tristesse démesurée. Elle se souvenait s’être retournée pour suivre du regard Symphorienne de Lucrèce et atteindre un être cher à ses yeux. Elle avait vu Dimitri au bout de l’allée qui avait eu le courage de se dresser devant le monstre rouge. Louisa avait accouru, Elena, elle était restée figée incapable d’agir. Elle ne vit s’éteindre dans la douleur. Son hurlement ne resta pas sourd et fut noyé dans les réactions de la foule et surtout celle de Louisa.

Dimitri.

Le puzzle se mettait en place à une vitesse fulgurante et elle comprenait plus elle le voyait se former vers quoi il menait. Une mise en image de son échec en tant que personne. Elle avait failli à ses principes, entamer une descente vers les enfers en le suivant, Lui. Le souffle lui manquait, elle se sentait enserré par l'étau de son corset et ne supportait plus son port.

La panique face à la Vérité.

Finalement Luc avait bien eu raison. Elena avait lié son destin et son âme à celle de Noâz. Et si à présent elle comprenait enfin la nature des sentiments qui l'attachait à son ancien Meneur. Tout comme Luc s'était épris d'elle, elle désirait Noâz. Et aveuglée par sa stupidité, par cet amour qu'elle n'osait pas formuler à haute voix, elle avait agi pour son bien à Lui, en oubliant sa propre personne. Elle s'était effacée et n'était à présent plus qu'un pâle reflet de la personne qu'elle avait été. Phagocytée, aliénée lentement par ce bourreau qu'elle admirait et servirait jusqu'à sa propre mort, elle n'avait rien vu de son changement de comportement. Et maintenant, elle ouvrait les yeux.

Il avait été sa perte et ne lui avait rien rendu depuis, que de l'indifférence. Pire encore, il semblait ne pas voir ce qu'elle accomplissait pour lui plaire et le satisfaire. Elle remuait ciel et terre pour le tenir éloigné de ce fichu serpent qu'était Europe. Et plus elle espérait l'en défaire, plus l’ennemi raffermissait sa prise. Et il ne paraissait pas en être déplu. Il remerciait Europe là ou Elena avait saigné pour lui. Il louait Europe là où elle avait déployé sa magie. Et pire encore, il n'avait jamais éprouvé une quelconque gratitude envers elle pour l'avoir arraché à la mort en infligeant le sceau à David.

La boucle était bouclée. Elle revenait à cette révélation, qui avait provoqué cette vague de prise de conscience. Et c'était à présent du dégoût et de la haine qu'elle éprouvait. Quel être malhabile et manipulable. Elle fronça les sourcils, respirant profondément et ne songeant plus à son corset, elle se releva, droite comme un piquet, ancrée dans le sol et mue par une détermination inébranlable. Pourtant son cœur se fendait en deux. Une partie aurait préféré rester aveugle pour toujours, l'autre savait qu'il fallait agir. Il était trop tard pour ces crimes commis, mais elle pouvait au moins remettre quelque chose en ordre.

Elle pouvait reprendre ce qu'elle avait donné. Elle pouvait à nouveau apposer ce qu'elle avait ôté. Sa mémoire n'était pas défaillante. Pas cette fois-ci. Sa concentration ne faiblirait pas. Pas aujourd'hui. Ses mots seraient forts. Son incantation serait parfaite. Car son cœur saignait. Et une femme qui souffre par amour, une femme avec du caractère, ne laissait jamais les souffrances qu'on lui infligeait impunies.

Elle vérifia que sa porte était bel et bien fermée à clé pour qu'on ne la dérange pas. Elle avait demandé à Luc de partir, mais elle savait qu'il avait senti sa déstabilisation. Il était partit le visage gravé par l'inquiétude, et elle craignait qu'il revienne s'enquérir de son état. Elle fermait les rideaux, pour éviter que la lumière qui allait résulter de l’incantation s’éparpille hors de ses murs. Elle tira avec force les draps de son lit pour colmater l’espace entre la porte et sol.

Elle se plaça au centre de la pièce et clos ses yeux pour se couper du monde extérieur. Lorsqu'elle les rouvriraient, ils seraient deux sphères incandescentes habitées par l’ésotérisme. Chaque mouvement, chaque mot de la prière qu'elle effectuait était dit sur un même ton. Si l'on se trouvait dans le couloir, on pouvait entendre le son d'un murmure funeste, des paroles venues d'un autre monde. Les mots de latin s’enchaînaient pour former le squelette de ce qu'elle continuerait de répéter jusqu'à ce que le sceau que portait David soit libérer et transmis à l'unique responsable de ce malheur qui la gagnait.


"Locos umbrae regnans… Jactum extendentes circuli!
Malos spiritus sigillent! Cælum non animum mutant qui trans mare currunt… "


La plainte montait, et la pièce changeait d'atmosphère à vive allure. La lumière, au départ flamme incandescente recouvrait l’espace lentement avant d’atteindre les fenêtres. La pièce se figeait noyée par la lumière de plus en plus puissante. Les raies noires qui se formaient au centre de la pièce avaient comme épicentre le corps d’Elena qui revivait cette sensation pour la seconde fois. Elle se souvenait qu’à elle seule le sort avait été dur à encaisser. Le poids de la fatigue l’avait prise lorsqu’elle avait eu finit de prononcer les derniers mots. Pourtant elle en avait eu pour, pour rester droite et impassible face à Lui. Et qu’avait-elle eu pour récompense ? La seule satisfaction que sa mort ne soit plus d’actualité. Le reste des lauriers allait à d’autres. A Une Autre. La douleur qu’elle ressentait, qui lui nouait la gorge n’était pas due à l’incantation. Ce n’était que de la tristesse, de la rage. Et par amour elle allait commettre un acte irréparable, que même Dieu ne lui aurait pardonné. Parce qu’elle-même ne se le pardonnerait probablement pas.


"Sinus magnus! "

Les derniers mots de la formule s’achevaient dans une vague embrasée par la lumière vive de l’enchantement. Les deux derniers mots signaient la fin de son pacte d’allégeance à la Cabbale pour de bon. Les deux derniers mots qu’elle réservait à la justice en laquelle elle croyait avant. Et même si cela paraîtrait étrange, ce serait les deux derniers mots qu’elle formulerait par amour. Par amour pour Lui mais aussi pour Luc. Elle devait à l’un la Vérité, à l’autre elle ne devrait plus rien que des excuses qu’elle ne formulerait probablement jamais. Parce qu’il ne pourrait plus les entendre ses mots dans l’Au-Delà. Parce que les morts n’avaient pas le droit de contact avec les vivants. Ils avaient brisé une fois cette règle pour ramener Alicia et le résultat avait été désastreux. Elle se satisfaisait presque à l’instant du sort qu’avait subi Noâz. Car s’il n’avait pas perdu ses pouvoirs ce soir sur le Parvis, puni par les forces divines, elle ne pourra pas faire justice elle-même aujourd’hui. Elle ne pourrait pas réparer ses erreurs passées. Le temps ralentissait et la lumière s’évanouissait, mourant dans l’air comme un nuage de poussière qui s’égraine. Ses jambes vacillaient sous la culpabilité, et elle heurta le sol sans délicatesse, démunie de toute force et envahit par les sensations. Les larmes coulaient enfin, salvatrices, et le propre son de ses sanglots se noyait dans le reste de la déferlante qui la clouait au sol. Elle ferma les yeux et finit de s’étaler sur le sol.

Crispant ses doigts avec difficultés sur l’ouverture de la petite sacoche dans son sac, elle en sortit un petit miroir. Elle pourrait enfin se regarder dans celui-ci, maintenant qu’elle avait expiée ses péchés. Le portant à ses yeux, elle esquissa un sourire et eu le temps d’apercevoir ses traits avant de le lâché par défaillance.


Elle sombrait dans l’inconscience, perforée par la douleur. Etalée sur le sol, les cheveux coulaient sur son visage, laissant visible une marque rouge naître sur le front. Le sceau de l’Ange.
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MessageSujet: Re: Lumière de justice   Mar 20 Aoû 2013 - 15:32

Luc tournait en rond dans sa chambre comme un lion en cage. Il avait essayé de s’enquérir de l’état d’Elena mais elle s’était emmurée dans un silence qu’elle n’avait rompu que pour lui demander de partir avant de fermer la porte à clef derrière lui. Il aurait pu insister et, au fond, il l’avait fait, mais peut-être aurait-il pu le faire davantage. Même si rien, probablement, n’aurait pu faire plier la volonté de la jeune femme qui avait une idée derrière la tête mais dont l’apprenti sorcier n’avait aucune idée. Il aurait certainement pu défoncer cette fichue porte, passer outre sa volonté et la forcer à rester avec lui mais il l’aimait bien trop pour cela, même s’il savait qu’il faisait une erreur en la laissant fermer la porte derrière lui. Peut-être aurait-il du en parler à Vincent, lui expliquer qu’il se faisait du souci pour sa sœur et, à deux, ils seraient surement parvenus à la faire ployer mais, au fond de lui, il devait l’admettre, il savait pertinemment que cela n’aurait rien changé, tout juste auraient-ils été deux à pouvoir défoncer la porte, rien de plus. Et puis, il ne voulait pas alarmer la maisonnée pour rien. Sonner le branle-bas de combat n’avait aucun sens même s’il se sentait prêt à le faire à chaque instant qui semblait lui faire croire qu’une éternité venait de s’écouler depuis qu’elle s’était enfermée entre ses quatre murs. Il se retenait pour lui faire plaisir, en quelque sorte, parce que s’il s’imaginait bien ce qu’elle essayerait de faire – bien qu’il n’en avait aucune idée précise – elle aurait besoin de concentration et son interruption pourrait tout aussi bien la tuer que la sauver. Avec la sorcellerie, hélas, on n’était jamais sûr de rien et c’était bien là le problème. Ses pensées étaient toutes plus contradictoires les unes que les autres bien que leur sujet à toute concernait la même personne : Elena.

Il se souvenait encore de cette soirée où il lui avait avoué ses sentiments, qu’elle veuille les entendre ou non, il se souvenait aussi de la façon dont elle lui avait répondu, et s’était douté qu’il n’y avait rien à attendre de cela. Il avait espéré, en revenant au Manoir que les choses auraient changé mais ce n’était pas le cas. Au contraire même, mais il n’avait pu s’en prendre qu’à lui-même. S’il n’avait pas fui lâchement la première fois et lui avait ouvert son cœur comme il avait voulu le faire, tout ceci ne serait peut-être pas arrivé. Hélas, on ne réécrivait pas le passé aussi simplement, bien que si la sorcellerie aurait pu lui permettre se prodige, il en aurait certainement usé sans l’ombre d’une hésitation. Arrêté devant l’une des grandes fenêtres de sa chambre, Luc restait contemplatif, rongé par ce désir d’aller voir ce qu’elle faisait et l’inquiétude grandissante qu’il nourrissait pour elle. Beaucoup de choses s’étaient déroulées à Forbach et entre arrestations, bûcher, morts, l’espoir ne brillait pas vraiment au-dessus de la ville, même si, au fond, certains essayaient encore de lutter pour lui. L’intervention de l’Enquêteur de la Reine en était un exemple parfait, même si, au fond, il n’était qu’une goutte d’eau douce dans un océan d’eau salée tumultueuse. Rien n’était près de s’arranger si tout le monde ne mettait pas un peu du sien. Les tensions entre les sorcières étaient devenues particulièrement stupides et parfaitement juvéniles, chacun voulant tirer à lui la couverture du pouvoir afin de garder ses pieds au chaud. N’étaient-ils dont pas au courant que la chaleur humaine était bien plus agréable que celle d’une couverture en laine ? Soupirant devant tant d’étroitesse d’esprit, Luc se demandait s’il y avait seulement quelque chose à faire pour les convaincre d’ouvrir les yeux. Hélas, il ne voyait rien.

Après tout, que pouvait-il faire lui ? Il n’était même pas véritablement un sorcier, plus une brebis égaré qui n’était à Forbach qu’à cause de son cœur, incapable d’oublier Elena, cette magicienne qui lui avait fait découvrir l’ésotérisme et dont, envers et contre tout, il était tombé amoureux. Qui l’écouterait ? Probablement personne, aussi était-ce peine perdue d’essayer de penser qu’il pourrait trouver un moyen d’arrêter les choses avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’Elena ne finisse blessée ou… pire. Que pouvait-il faire ? Et la réponse s’illumina dans son esprit. A défaut de ne pouvoir changer le monde, il pouvait veiller sur son ancienne Aguerrie et la protéger tout simplement, que ce soit des autres ou… d’elle-même. Sans réfléchir davantage, se maudissant lui-même de ne pas avoir été aussi convaincu plusieurs dizaines de minutes plus tôt, il sortit en trombe de sa chambre et courut dans les couloirs pour rejoindre la porte de celle d’Elena. Il semblait y régnait un silence mortuaire. Essayant d’ouvrir la porte sans succès, il frappa pour tenter d’obtenir une réponse mais n’en eut aucune. Sans chercher à imaginer qu’elle avait pu sortir, car cela n’était surement pas le cas, il testa la solidité de la serrure de quelques pressions de la main sur la porte avant de prendre de l’élan et de se jeter à corps perdu contre le bois qui la composait. Si elle résista à ses premiers assauts, elle céda cependant rapidement, laissant entrer Luc dans une pièce où l’obscurité était maitresse. Il faillit chuter sur le corps inanimé d’Elena mais l’aperçut au dernier moment avant de se jeter à ses pieds. Il l’interpella, la secoua même doucement pour essayer de la réveiller et faillit paniquer s’il n’avait eu le réflexe de chercher son pouls. « Idiote… Tu n’es qu’une idiote Elena ! » Il avait dit cela, les larmes aux yeux, avant de se relever, d’ouvrir les rideaux pour y voir plus clair avant de se retourner vers elle, découvrant la marque de l’ange sur son front, une marque qu’elle n’avait pas jusqu’alors. Manquant un battement de cœur, il ferma les yeux et se résigna. Il prit la jeune femme dans ses bras et la déposa sur son lit. « Ne compte pas sur moi pour t’abandonner, même si tu es une imbécile ! » Il récupéra les draps qui gisaient près de la porte et les déposa soigneusement sur elle afin de la recouvrir. Il alluma une bougie qu’il déposa sur une commode loin du lit et ferma les rideaux, bien conscient de ce que le stigmate impliquait. Il sonna et demanda à une servante de lui apporter une bassine d’eau, un linge propre et de prévenir Vincent. Une chose était certaine désormais, il ne quitterait pas cette chambre tant qu’elle serait dans cet état…
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MessageSujet: Re: Lumière de justice   Lun 11 Nov 2013 - 20:12

Des battements réguliers ...

Et puis le Noir.

Des gouttes d'eau ...

Et puis le Noir.

Une brise tiède ...

Et puis le Noir.

Une chaleur suffocante ...

Et encore le Noir.

Le Noir, toujours ce Noir intense. Qu'était-ce? Quelque chose semblait l'écraser. Comme si elle avait été placée sous une gigantesque pierre. Était-ce la punition divine pour ces péchés? Avait-elle rejoint les enfers? La chaleur intense qu'elle ressentait provenait-elle des flammes de la souffrance? Elle ouvrait enfin les yeux, en grand et pris une respiration démesurément grande, comme si elle suffoquait avant de retomber rudement sur l'oreiller. Elle cru fracasser son crâne sur le sol tant la douleur était surprenante. Elle lui fit ouvrir les paupières en plus grand encore et la lumière de l'unique bougie de la pièce l'aveugla littéralement tout en augmentant sa céphalée. Elle déglutit avec peine ressentant toujours cette intense chaleur qui étouffait ces vaines tentatives de respirations régulières.

Le contact d'un linge humide naquit sur son front et la main qui effleura sa peau avec un parfum qu'elle n'associait à rien tellement il est puissant. Les minutes s'égrainaient, elles paraissaient si longues qu'Elena cru haleter pendant des heures. Elle mit longtemps à retrouver sa respiration et ses sens pour petit à petit se rendre compte de son état. Ainsi donc, c'était ainsi qu'avec vécu Noâz pendant ces derniers instants. C'était ainsi que David Geisler avait été frappé sans crier gare. Sa culpabilité restait présente, mais elle savait que ce geste permettait de corriger une de ces erreurs.

Elle ignorait pour l'instant qui était à son chevet, mais elle avait sentit cette présence quand elle se sentait remonter à la surface. Mais pendant tout ce temps, pendant cette semaine intégrale, elle n'avait eu aucun moyen de percer les frontières de son inconscient et ce n'était que maintenant qu'elle parvenait à reprendre ce qu'elle pouvait du contrôle de son corps.

A mesure que le temps passait elle ressentait de plus en plus pleinement ses douleurs. Le transfert avait réellement fonctionner à merveille. Si elle en avait été capable, cette idée lui aurait arraché un sourire. Pourtant, pour le moment ces nerfs peinaient à transmettre les informations, à cause de ce flot continuel de douleurs variées. C'était d'ailleurs fascinant de se rendre compte que chacune de ces violentes poussées avait une nature différente. Les cinq sens avaient chacun leur langage et leur réponse à la douleur, et chacun d'eux tentait de trouver un équilibre fragile pour maintenir le corps en vie et de l'habituer à ce nouveau mode de fonctionnement. Pour que toutes ces agressions semblent plus gérables, l'ensemble des muscles avait opté pour rester inactifs. Seule la langue semblait parvenir à quelques prouesses. Du coté du rythme cardiaque, il y avait une cadence plus rapide que d'ordinaire, à cause de la fièvre, mais là encore le corps tentait de s'en accommoder en diminuant la respiration. Avec un peu de chance, le sang ralentirait sa course?

Elena n'avait aucune conscience de ce qui siégeait en son corps mais après avoir émergée depuis une heure elle ressentit enfin la fraicheur du linge qu'on lui appliquait régulièrement sur le front. Pire, elle crut être plongée dans un lac gelé. Elle ouvrit les yeux pour de bons cette fois-ci, mais avec une grande prudence et pu enfin voir le visage de son sauveur. Ce qui s'afficha sur son visage se voulait être un large sourire, mais ressemblait plus à une vague déformation musculaire au niveau des lèvres. La tentative suivante, qui fut de lever une main en sa direction se solda par un échec cuisant, elle arriva, en vérité, à peine à soulever trois de ses doigts de quelques centimètres du drap. Le geste attira probablement l'attention de la personne qui se tenait à ses cotés car elle reporta son attention sur elle.

Sa vue encore brouillée se mit lentement à se clarifier pour dessiner les traits approximatifs d'un visage que la jeune femme connaissait bien.


*Luc.*

Elle ne parvint qu'à le penser. Et c'était déjà bien assez. Sa mâchoire se crispa. Plus sa lucidité s'accentuait et plus elle avait de capacité à se rendre compte de la situation dans laquelle elle se trouvait et dans laquelle elle avait placé des êtres aimés. Elle le fixa autant qu'elle put, avant de devoir fermer les yeux, aveuglés par la lumière. Elle entrouvrit la bouche, elle aurait voulu formuler quelques excuses, mais la force lui manquait encore.

L'après-midi passa sans net progrès. Elle ressentait toujours un plus les répercutions du stigmate et tentait d'y survivre tant bien que mal. Luc avait beau tenter de s'occuper d'elle comme il le pouvait, son état n'avait rien d'engageant. Le soir, Vincent rentra dans la pièce et Luc les laissa pour changer l'eau de la bassine. Pensait-il qu'elle ne lui adressait pas la parole? Elena s'en inquiéta sans se rendre compte que son esprit arrivait à être de plus en plus vif.

Son frère avait le visage marqué par la douleur et le maigre sourire qu'il affichait n'était qu'une façon de faire bonne figure. Il posa sa large main sur celle de sa sœur et elle tenta de lui rendre son sourire. Elle serra sa main.


"Vincent" fit-elle lentement et à faible voix.

Elle lui sourit plus franchement et tenta de ne pas parler trop fort.

"Tais-toi ma belle, reste tranquille."

Elle ne put rien ajouter. Les sourcils arqués, l'ainé des Mirova avait souffert de l'inquiétude et elle se lisait encore. Elle n'était pas tirée d'affaire et il n'y avait pas besoin d'être sorcier pour comprendre que le transfert allait d'une personne à l'autre et qu'il n'y avait aucune possibilité de le faire disparaître sans l'aide de l'Ange. Autrement dit si Anaël n'obtenait pas satisfaction, la vie d'Elena se terminait ici. Cette perspective ne l'effrayait pas. A dire vrai ce serait un soulagement vu sa situation. Mais avant de subir le jugement dernier, elle voulait s'excuser. Cela lui prendrait peut-être plusieurs jours avant d'avoir la force de parler, mais ce qui était certain c'est qu'elle ne partirait pas sans avoir demander pardon à ceux qu'elle avait offensé.

Les jours passaient se ressemblant tous les uns et les autres. La sorcière reprenait très lentement des forces jusqu'à ce qu'elle puisse enfin parler. Cela arriva alors que Luc allait quitter la pièce pour changer la bassine d'eau. Elle l'appela.


"Luc... attends."

Elle attendit un geste de sa part.


"Approche."

Se déciderait-il à se retourner? Elle espérait qu'il ne la détestait pas, qu'il ne cherchait pas à éviter des explications qu'il nierait en bloc quoi qu'il arrive. Son regard ne semblait pas flancher, pourtant la malheureuse bougie de la pièce la rendait quasi aveugle, sans parler des mots de tête.
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MessageSujet: Re: Lumière de justice   Lun 25 Nov 2013 - 11:31

La condition d’Elena n’avait rien de rassurante, le pire était probablement pour Luc de savoir qu’elle était peut-être condamnée, quoiqu’il puisse faire pour essayer de la sauver. Cet ultimatum angélique devenait, plus ou moins, son bouc-émissaire, le point d’attraction de toute sa colère, car, au fond de lui, il avait besoin de haïr quelque chose, quelqu’un, ne serait-ce que pour pouvoir tenir le coup, pour ne pas sombrer dans le désespoir. Il n’avait pas le droit, pas maintenant, pas tant qu’il y avait peut-être une chance de sauver la jeune femme… Après avoir plongé la pièce dans le noir presque complet et s’être assuré qu’il pouvait s’éclipser un peu, Luc avait décidé de chercher la servante de son ancienne Aguerrie afin que cette dernière puisse s’occuper d’elle d’une manière décente. Chose qu’il aurait pu faire lui-même mais qui n’aurait pas été des plus galantes. Il fallait en effet déshabiller Elena afin qu’elle soit mieux installée dans son lit et c’était là une chose qu’il ne pouvait pas faire, simple question de respect. Il précisa à la domestique de faire extrêmement attention à sa maîtresse, insistant sur le fait qu’elle devait faire au mieux pour la ménager et, surtout, qu’elle ne devait faire aucun bruit, ou ouvrir les rideaux ou allumer davantage de lumière. La servante semblait quelque peu troublée mais elle n’objecta rien. Profitant de ce temps libre, le futur duc s’était rendu dans le bureau de Vincent afin de lui annoncer la nouvelle. Cette dernière l’avait choquée, comme c’était logique étant donné qu’il était son frère, mais le jeune homme lui avait assuré qu’il veillerait sur elle et qu’il ferait tout ce qu’il pourrait, qu’il ne devait pas s’en inquiéter outre mesure et qu’une autre femme avait besoin de son attention désormais. Qui plus est, il pouvait être convaincu dans la dévotion de Luc qui n’allait pas laisser faire les choses sans se battre pour Elena.

Il attendit ensuite à la porte de la chambre de la jeune femme que la servante ait terminé de s’occuper d’elle et, quand elle sortit, lui demanda de lui ramener une bassine d’eau fraiche et plusieurs linges propres. Il entra ensuite dans la pièce quasiment plongée dans l’obscurité et installa un fauteuil à côté du lit, au chevet de ce dernier. A partir de cet instant, il ne quitta quasiment jamais la pièce, à part lorsqu’il devait faire changer la bassine d’eau. Il n’en sortait pas pour les repas, touchant à peine aux plateaux que lui faisait monter Vincent. Il y avait également de la nourriture pour Elena, mais, hélas, cette dernière ne semblait pas prête de se réveiller pour le moment aussi était-elle aussi jamais ne serait-ce qu’entamée. Méthodiquement, le jeune homme plaçait un linge humide sur le front de son ancienne Aguerrie, remplaçait ce dernier une fois qu’il n’était plus « utile » et recommençait, encore et encore, s’offrant de temps en temps quelques heures de repos au fond du fauteuil. Au fur et à mesure que les heures et les jours passaient, l’espoir s’amenuisait mais Luc refusait de lâcher prise. Elle n’était pas « malade » et, hormis le stigmate, il n’y avait rien. Tout ceci n’était que de la magie et l’idée qu’elle puisse trépasser à cause d’elle le rendait malade. Il avait cherché un moyen de pouvoir inverser tout cela, mais il n’avait rien trouvé et il ne pensait pas pouvoir trouver de soutien auprès d’autres sorcières, après tout, Elena avait juré allégeance à Noâz et ce dernier n’était pas réellement apprécié. Quant à demander son aide, c’était tout simplement hors de question. D’une certaine manière, il en avait assez fait jusqu’à maintenant.

Après quelques jours, les premiers progrès eurent enfin lieu. Vincent était venu voir Elena. Les laissant seul le temps de faire changer l’eau de la bassine, Luc eut la surprise d’entendre l’aîné des Mirova lui dire qu’elle était sortie de sa torpeur durant quelques instants et qu’elle semblait très faible mais consciente. Ce fut à la fois l’espoir et un pincement au cœur qui accueillit cette nouvelle. Espoir car cela signifiait qu’elle reprenait des forces, pincement car il s’étonnait qu’elle ait attendu d’être seule avec Vincent pour le montrer. Néanmoins, il le garda pour lui et retourna veiller la jeune femme, comme il se l’était ordonné, car telle était sa mission. Plusieurs jours passèrent sans d’autres signes mais Luc ne s’en formalisa pas, gardant religieusement le silence, continuant de prodiguer ses « soins » à son ancienne Aguerrie, mangeant à peine et veillant à ce que la jeune femme puisse boire et manger un peu. Les journées étaient devenues presque routinières sans que cela ne le dérange vraiment. Il n’avait de toute façon plus aucune envie de sortir, de jouer de la musique ou de faire autre chose que de rester dans ce fauteuil et veiller sur elle, encore et encore. Tandis que, pour une énième fois cette journée, il allait sortir de la pièce pour changer la bassine d’eau, une voix faible l’interpella. Il se figea. Il avait bien entendu Elena et il l’entendit encore lorsqu’elle lui demanda de s’approcher. Il prit une grande inspiration et se retourna, déposant la bassine sur la commode, avant de s’agenouiller à son chevet, posant les yeux sur elle avec une douceur dont il ne pouvait se départir. Les sentiments qu’il avait pour elle n’avaient pas changés, même si elle l’avait repoussé, même si elle avait été stupide. Il l’aimait et, malheureusement pour lui, rien ne pourrait changer cela. Enfin ce n’était pas important en cet instant. « Tu devrais garder tes forces, Elena. » Sa voix était douce, un murmure, car il savait que le bruit était une source de douleur pour elle.
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MessageSujet: Re: Lumière de justice   Jeu 6 Fév 2014 - 15:49

L'espoir enfin de pouvoir répondre de ses actes revenait à elle lorsque Luc se retourna pour la rejoindre. L'appel avait été faible mais suffisant pour attirer l'attention. Luc s'exprima avec le plus de douceur qu'il le put. Il voulait qu'elle ne s'épuise pas. Cette réflexion n'avait aucun impact sur la jeune femme. Non pas parce qu'elle était têtue comme une mule mais plutôt parce qu'aujourd'hui elle savait que son temps était compté et que garder ou non ces forces ne la guérirait pas, ce n'était pas une maladie, c'était pire, une sortilège puissant que peu de gens savaient manipuler. Elle savait le retirer, mais elle ne pourrait pas recommencer ce qu'elle avait fait, pas maintenant. Elle tentait de se racheter une conscience, et elle devait subir cette douleur avec toute la dignité qu'elle pourrait rassembler. C'était son fardeau.

Le visage de Luc portait les mêmes marques que Vincent. A cette inquiétude flagrante s'ajoutait une fatigue et une mauvaise hygiène de vie notable et Elena en fronça les sourcils.


"Tu as une mine affreuse."

Elle marqua une pause. C'était déjà dur de se concentrer sur autre chose que le poison qui lui dévorait les sens, alors avoir le courage d'exprimer les regrets qu'elle éprouvait mis quelques temps à venir. Elle tenta de se redresser dans le lit pour être plus à même de communiquer. Elle planta ses mains dans le matelas et se redressa avec toutes les forces qui lui restaient. Elle ne remonta que peu sur les oreilles empilés. Elle tendit une main tremblante vers son apprenti désirant touché son visage pour ressentir le contact de sa peau. Elle manqua sa cible, trop affaiblie par sa tentative de s’asseoir dans le lit.

"Je sais que tu ne comprendras peut-être pas..."

Elle reprit sa respiration et marqua encore une pause. Parler était un supplice sournois qui délivrait son âme mais meurtrissait son corps. Pourtant elle ne s'arrêterait pas à cette difficulté, il fallait qu'elle explique ce qu'elle avait fait.

"Je devais le faire."

Ce sacrifice était l'unique moyen de rétablir le peu de justice qu'Elena pouvait rendre. Elle n'était pas Dieu. Elle n'avait pas le droit de décider de la vie ou de la mort d'autrui. Et même si elle ne devait pas non plus disposer de sa vie, elle préférait s'être condamnée elle-même plutôt que de continuer à vivre avec un fardeau bien pire. Prendre la vie d'un autre était chose aisée, pourtant être en accord avec ce geste vous condamnait à subir votre cruauté humaine pour toujours.

"David Geisler ne méritait pas de subir ce que je vis. Inquisiteur ou pas, je n'ai pas ce droit."

Elle ne pouvait se lancer dans une tirade plus constructive. Elle espérait qu'il comprenait. Et même si il refusait de voir que c'était la seule solution viable, parce qu'elle se mettait en danger, il n'y pourrait plus rien. Il ne pourrait pas lui en vouloir éternellement. C'était une évidence, maintenant qu'elle avait ses yeux plantés dans les siens.

Soutenir ce regard canalisait les informations visuelles qu'elle percevait et limitait la douleur qu'elle vivait avec les yeux ouverts. Mais elle ne tiendrait pas longtemps. Pourtant elle ne voulait pas s'en séparer. Là maintenant, cette promesse idiote qu'elle c'était faite ne comptait plus vraiment, elle ne pouvait pas le fuir une fois de plus. Pas cette fois. Elle pouvait laisser sa tendresse amicale s'exprimer sans avoir peur de rien. Il n'y avait pas de convention aux portes de la mort, pas de sentiments interdits, pas de gestes mal placés.

Elle ne l'aimait peut-être pas comme lui, mais elle l'aimait plus qu'un simple frère, plus qu'un ami. Il l'avait attiré plus d'une fois. Mais elle avait contenu ces idées et enfoui le moindre sentiment ambigu. Pourtant, dans le lac, elle avait raté un battement et modifier la course de ses lèvres à la dernière minute. Quand il lui avait volé un baiser, des souvenirs idiots étaient remontés mais encore une fois elle avait agit pour que rien ne paraisse.

Mais aujourd'hui qu'elle importance. Elle savait qu'elle tenait trop à lui pour le lui dire alors qu'elle se mourait, mais elle pourrait au moins vivre plus en harmonie avec elle même maintenant qu'elle s'avouait qu'elle aurait pu céder à ces charmes si il n'était pas resté si respectueux.

Noâz avait su être un peu plus décadent vis à vis des conventions et c'était probablement ce qui avait saisit le cœur de la cadette des Mirova. Pourtant aussi viscérale que cet amour avait pu être, elle avait finit par être aveuglée par la véritable nature de ce sentiment. Et elle s'était laissé prendre au piège, comme une abeille dans le miel. La belle butineuse avait eu beau s'agiter, le fils d'Alicia n'en avait rien vu. La prise de conscience avait été douloureuse. Mais elle avait repris sa liberté. Au prix de sa vie.

La douleur lancinante due à l'exposition à la lumière de la flamme eu finalement raison d'elle et elle finit par lâcher prise. Luc en profita pour quitter la chambrée pour accomplir la tache qu'il s'était donné avant l'interruption de son ancienne Aguerrie.

Et un drôle de quotidien s'installa doucement. Luc et Elena passaient le plus clair de leur temps ensemble. Quand elle arrivait à émerger de la semi conscience dont elle était prise, elle le regardait en silence, lâchant parfois quelques moqueries pour tenter de lui faire oublier qu'elle était en sursis. Et plus le temps avançait, et moins elle en tenait compte. Certes elle était alité, mais ce n'était pas pour autant qu'elle craignait la fin. Sa mort serait venu, un jour ou l'autre, tôt ou tard, et ce n'était pas en tentant de croire encore qu'elle avait le temps qu'elle s'en sortirait. Il valait mieux qu'elle s'y résigne. Dieu choisirait son chemin, si il voulait encore de cette brebis égarée. La crainte de l'enfer ne l'animait pas non plus. Elle assumait enfin pleinement ces actes et si elle devait payer dans les flammes, alors qu'il en soit ainsi. Elle aurait le temps de souffrir plus tard. Pour le moment oublier la douleur physique et s'octroyer le droit de passer un peu de bon temps avec sa famille était une douceur sans nom.

Un matin, la routine fut brisée par une annonce étrange.


"Madame, David Geisler est là. Il désirerait s'entretenir avec vous."

Elle se tendit, interrogative.

"Tout le monde sait Madame. Pour ce que vous avez fait."

Elle se mortifia. Sa maison n'était plus à l'abri des inquiétudes de l'Inquisition. Et si David Geisler était là pour l'embarquer sur le bûcher? Après tout, elle ignorait la situation actuelle. Ni Luc, ni Vincent ne prenait la peine de lui dire quoi que ce soit sur le dehors, préférant qu'elle reste centrée sur elle même. Cette nouvelle de la révélation de son identité aux yeux de tout Forbach n'était pas une bonne chose. Mais elle répondrait tout de même de ses actes. Oui, c'était une sorcière! Mais qu'on ne mêle pas les autres à cela.

Elle regarda Luc avec fermeté.


"Qu'on me laisse seul avec lui."

Et cette demande valait aussi bien pour la servante que pour Luc ou quiconque d'autre. Elle se redressa piteusement pour rester le plus possible en position assise. Cet effort la meurtrissait, mais elle n'en montra rien. Elle réglerait cette situation sans dommage collatéraux.

Une fois tout le monde partit et David entré, elle asséna le premier coup de griffe verbale en restant froide et distante.


"Vous m'excuserez mais je suis dans l'incapacité de vous recevoir plus convenablement."

Elle marqua une pause et tenta de le fixer. Il se portait plutôt bien et son front n'avait plus aucune marque de sa souffrance passée.

"Asseyez-vous, je vous prie."

Maîtresse d'elle même dans ces mots elle cachait ses mains tremblantes sous les plis des draps. Elle voyait en face d'elle l'inquisiteur puis l'homme qu'elle avait condamné et enfin l'homme qu'elle avait gracié. Lequel se tenait devant elle aujourd'hui?
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MessageSujet: Re: Lumière de justice   Ven 7 Fév 2014 - 23:52

Les joues creuses, les traits tirés, les yeux cernés et le teint cadavérique. Voilà à quoi ressemblait Elena Mirova. Cette vision toucha David plus qu'il ne voulut bien l'admettre: elle lui rappela Cassandra et son profond désespoir des semaines passées. Il fallait bien l'avouer: Inquisiteurs ou Sorcières, ils avaient tous été touchés par les récents évènements.

Il ne fut pas surpris qu'elle renvoie ses domestiques et Luc de Rohan. Fut un temps, elle aurait sans doute eu suffisament peur pour éviter à tout prix de se retrouver seule en sa compagnie... Mais la jeune Mirova était au-delà de ces considérations désormais. Ce qui pouvait lui arriver -ce que David aurait pu lui faire- n'avait pas une once d'importance...
En fait, c'était même pour une raison différente. Ce qui les liait désormais ne regardait qu'eux.

La jeune femme le reçut et l'invita à s'assoir sur un ton sec, bravache malgré sa souffrance. David obtempéra sans un mot et s'assit sur le tabouret au chevet du lit. Cette scène lui rappela avec force l'époque où il venait rendre visite à Aphrodite de la Roseraie, encore en convalescence, dans ce même lieu... A l'époque, David Geisler et Elena Mirova n'interagissaient que par oeillades haineuses et pensées antipathiques. Le jeune homme songea vaguement qu'il avait eu raison, en ce temps-là: il soupçonnait déjà Elena d'être une sorcière, puisque Sophia Mirova en avait été une. Et dire qu'Aphrodite n'avait pas voulu le croire.

La jeune femme avait dissimulé ses mains sous les draps pour masquer ses tremblements. Dûs à l'inquiétude, ou au stigmate? Sans doute un peu des deux. Quoique la marque frontale rougeâtre dût y être pour beaucoup...
Ce n'était pas Cassandra, réalisa-t-il enfin, qu'il voyait à travers cette scène; c'était lui-même. Lui-même quelques semaines auparavant, physiquement terrassé par le sceau de l'Ange. Condamné à ne vivre encore qu'un temps très court.

Puis son stigmate avait disparu. Comme ça, du jour au lendemain. Il avait fini par apprendre la vérité à travers les rumeurs qui mettaient Forbach en ébullition, relayées par le Pax Humanum: c'était Elena Mirova, une sorcière, qui avait pris sur elle le stigmate d'un homme condamné. Qui s'était sacrifiée pour une humanité qui la détestait pourtant, du fait de son appartenance au monde occulte... C'était là une preuve indéniable, disaient les pacifistes, que les sorcières n'étaient pas toutes mauvaises. Que certaines d'entre elles étaient capables d'une bonté infinie. C'étaient des connaissances, des amies, des voisines; des femmes ni foncièrement bonnes ni foncièrement mauvaises, entre les mains desquelles on avait mis un pouvoir surnaturel au même titre qu'on aurait pu y mettre une arme à feu, en leur laissant décider de la façon de l'utiliser. L'idée avait fait son chemin... Et, partant, la réconciliation progressait dans les esprits. Beaucoup de citoyens avaient révélé leur appartenance au clan désormais unique de sorcières. Les derniers résistants de la Cabbale avaient changé de camp. Forbach se fondait dans un joyeux mélange plein de sincérité et de repentir, prêt à réaliser enfin le miracle demandé par l'Ange.

David l'avait compris depuis quelques temps déjà et considérait tout cela pour acquis. Il n'avait plus de haine envers les sorcières. A vrai dire, il se fichait de tous les enjeux politiques et sociaux qu'induisaient le geste de la jeune femme... Ce n'était pas pour ça qu'il était venu aujourd'hui.

"...Pourquoi?..."

Ce fut finalement tout ce qu'il trouva à dire, au bout de longues minutes songeuses. Il attendit la réponse en silence et immobile, regardant Elena Mirova droit dans les yeux.

Il était venu car il ne savait plus quoi dire, quoi penser, de cette femme au front orné de la promesse du châtiment céleste.
Il voyait en face de lui la sorcière, puis la femme qui l'avait condamné, et enfin la femme qui l'avait gracié. Laquelle se tenait devant lui aujourd'hui?

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MessageSujet: Re: Lumière de justice   Mar 18 Mar 2014 - 1:12

Le temps filait à lente allure lorsqu'on tentait de sonder, malgré une douleur certaine l'esprit d'un inconnu en face de soit. Oui finalement, même si David Geisler devait la vie à la jeune sorcière, ils ne savaient rien d'eux. Ils étaient des étrangers que la vie avait placé dans deux cases bien distinctes et aucun d'eux n'avait cherché à forcer les invisibles barrières qui les séparaient. Bien au contraire, trop fiers de leurs conditions divergentes, ils avaient bâti des empilements de pierres et de boue entre eux pour que l'un et l'autre n'est plus d'autre choix que de regarder du haut de leur petit monde.

Si David avait choisi la voix de la sagesse en se rangeant du côté de la paix et avait brisé ses cloisons depuis quelques temps, Elena continuait de le voir comme ce petit Inquisiteur arriviste qui tentant par quelque moyen de la faire tomber. Si lui savait qu'elle était l'ange de sa rédemption, elle ignorait que la paix se propageait comme de la poudre à canon et restait dans cette petite boite confortable qui considérait que l'inquisiteur était un envahisseur, un belliqueux. Elle le voyait déjà lui intimant l'ordre de répondre de ces actes de sorcellerie, la forçant à avouer que son entourage était uniquement sorcier et qu'ainsi Luc, Vincent et Elisabetha n'étaient que des traîtres, des enfants du Malin. Et elle se se vautrait par terre, les jambes prisent dans les draps, tentant de lui assener quelques coups véhéments, hurlant qu'elle était la seule créature des enfers qu'il devait condamner.

"...Pourquoi?..."

Cette simple interrogation balaya toutes les situations possibles qu'avait fabriqué l'imagination d'Elena. Ce n'était qu'un mobile qu'il souhaitait. Une raison de la remercier? Il fallait le temps qu'elle se mette à sa place, se savoir gracier par quelqu'un qui vous haït peut en désarçonner plus d'un. La réponse ne serait sûrement pas à la hauteur de ce petit monde idéal qui se construisait dehors autour de cette jolie paix bien tranquille que tous méritaient. Elena ferma les yeux. Elle garda pourtant l'impression d'être brulée par les flammes de Lucifer en personne et cette sensation de clarté aveuglante. Après avoir déglutit elle se décida sur sa réponse. Après tout, elle lui devait bien la vérité. Elle ne risquait pas de perdre un ami cher.


"Parce que c'est moi qui vous l'ai apposé."

Peu importe que ce soit pour sauver quelqu'un d'autre, peu importe que ce soit une réponse abrupte. A présent, il savait. Pourtant Elena ne s'arrêta pas à ce simple constat.

"Quand j'étais à la Cabbale on m'a enseigné comment retirer le stigmate de quelqu'un et le transférer à quelqu'un d'autre. Vous étiez une cible idéale pour... pour nous."

Elle du s'arrêter quelques instants comme pour chercher de l'énergie dans une nouvelle bouffée d'air.

"Et je me suis souvenue ce que les enseignements sacrés nous offrait. Seul Dieu peut avoir le droit de vie ou de mort sur toute chose. Et si je dois le décevoir alors que ce soit en tentant de m'ôter ma propre vie, pas celle d'un autre. Fusse t'elle celle d'un ennemi des miens, un homme qui aurait voulu mon cadavre brulant sur un bûcher."

Elle tentait de garder sa contenance la plus intacte possible, mais en vérité, elle sentait la sueur perler sur son front. Ce n'était pas par peur mais parce qu'elle ne supportait plus la chaleur de cette bougie.

"Qu'est-ce que ça fait?"fit elle en entrouvrant les yeux pour désigner le front vierge de son invité.

"Qu'est-ce que ça fait de se sentir libéré alors qu'on a été condamné injustement?"

Cela ne devait pas avoir de prix probablement. Des dizaines et des dizaines de sorcières auraient aimé avoir cette chance. Avoir le bénéfice du doute. Le droit d'être sauvé par une bienveillance semblant sortie de nul part. Elena n'avait pas fait ce geste pour avoir les lauriers d'un ange. Elle était non seulement responsable de la souffrance passée de David mais aussi une meurtrière. Elle avait le sang de sorciers et sorcières sur les mains et ce n'était pas ce seul acte de bonté qui rachèterait toutes ses fautes. Mais peu importait. Elle payait le prix de tout ceci en se condamnant. Et c'était selon elle insuffisant, car elle avait commit le pire des pêchers. Certes elle dévouait un culte infini à Olrun, mais elle avait gardé aussi sa foi en Dieu durant longtemps. Jusqu'à ce qu'elle s'égare, aveuglée par l'amour. C'était son plus gros crime. Et pourtant elle était revenue. Si Dieu était miséricordieux, David saurait-il l'être face à cette révélation?
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MessageSujet: Re: Lumière de justice   Mer 19 Mar 2014 - 21:11

Des émotions contradictoires tourbillonnaient en lui. Tant de choses avaient changé... Encore quelques mois auparavant, ils auraient été prêts à beaucoup de choses pour se faire tomber l'un l'autre. A présent Elena Mirova le sauvait de la mort en se condamnant elle-même. Les choses allaient vite, les événements s'emballaient, et nul ne savait trop comment réagir.

"Je me sens revivre" répondit David du tac au tac en imitant le ton abrupt de son interlocutrice.

Il interrompit aussitôt cette approche mesquine et baissa la tête en un geste de regret. Elena avait parlé de l'homme qui aurait voulu son cadavre brûlant sur un bûcher... mais il n'était plus cet homme là.
Il reprit, avec honnêteté et d'une voix beaucoup plus douce:

"En fait, ça rend plus vulnérable qu'il n'y paraît".

Oui... il n'avait pas à se plaindre. Il était en vie. Rien ne devrait valoir ça.
Elena l'avait condamné, mais elle l'avait aussi gracié. Ne lui était-il pas arrivé le même genre de chose, à lui? Un repentir soudain. Une volonté d'expier ses fautes passées et d'en assumer les conséquences, peu importe le prix.

Pendant des mois, il avait été persuadé qu'il mourrait au solstice. David était parvenu à surmonter sa peur de la mort, mais pas ses regrets. Il avait vécu, chaque jour en se levant, chaque soir en s'endormant, avec la pensée que cet été, sa femme et lui auraient quitté ce monde en laissant derrière eux leur fils nouveau-né, Octave, sans ses parents. En laissant derrière eux aux grands-parents de David le fardeau de l'élever. En laissant derrière eux une Cassandra avec qui ils n'avaient pas encore pu se réconcilier. En laissant derrière eux tant d'erreurs et de blessures, qu'ils n'auraient pas eu le temps de guérir...

Puis grâce à Elena... ce poids l'avait quitté. Il s'était levé le matin et avait senti son corps léger, son esprit bondissant; grand dieu, il était en vie!! Des dizaines d'amis fidèles qu'il avait connu n'avaient plus cette chance... Il n'était pas tant de se lamenter. D'infinies possibilités s'ouvraient désormais à lui. Tout remettre en ordre... Et réaliser cette paix, ce miracle que tous attendaient.

David tourna son regard vers la cadette des Mirova. Elle agonisait, c'était visible. Mais sa crainte de l'Inquisition ne l'avait pas quittée. Elle ne devait pas être au courant de tout ce qui se déroulait dehors; et il comprenait, en un sens, la volonté de sa famille de la tenir à l'écart. Pardonnez-moi, songea-t-il par anticipation. Je vais ruiner vos efforts. Pardonnez à cette indélicate partie de moi... qui a envie de croire qu'une providence du bien peut exister en ce monde.

"Je ne sais pas pour quelle raison vous pensez que je suis venu" dit-il enfin, d'un ton calme. "Mais je ne suis pas ici pour vous blâmer d'actes de sorcellerie -ni vous, ni votre famille. Si vous pouviez quitter ce lit et arpenter le monde extérieur, vous vous apercevriez qu'il est plus différent que tout ce que vous avez connu. Vous vous souvenez de Louisa Zimmerman et de son Pax Humanum? (David songea qu'elle n'allait pas le croire, mais il se jeta à l'eau quand même). Hé bien, il est devenu le principe, et la haine l'exception... Forbach est nouveau et neuf. Les vieilles rancoeurs sont en passe de devenir des souvenirs. Et j'en suis le premier concerné. Je crois à la réalisation de ce monde neuf, où les sorcières ont leur place parmi tous en tant qu'êtres humains".

Il faisait obscur dans la pièce, mais David souffla la bougie, par égard pour Elena que la flamme éprouvait visiblement depuis le début du dialogue. Ils se retrouvèrent baignés dans une pénombre intimiste.

"Votre repentir a prouvé à tous qu'une réconciliation était possible. Vous avez tourné le dos à vos erreurs et décidé de les réparer et de les assumer, Elena.Il n'est rien de plus courageux... Vous m'avez rendu la vie en sacrifiant la votre. Comment pourrais-je me regarder en face si je vous tourmentais encore?"

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MessageSujet: Re: Lumière de justice   Mar 22 Avr 2014 - 15:12

Une main tendue. La main d'un inquisiteur. Voilà que le monde prenait un drôle de tournant. David Geisler n'était plus un petit effronté. Voilà que l'homme prenait une drôle de tournure. Il parlait de vulnérabilité. Ainsi la rédemption vous rendait plus humble? Et manifestement, elle vous donnait aussi la capacité d'empathie. David souffla cette unique bougie, à présente symbole d'une souffrance accablante dont Elena peinait à le contre coup. Tout devint noir et pourtant la pureté de l’incandescence restait en surrimpression, collée à la rétine de la sorcière. Elle croyait encore percevoir la silhouette de David dans ce vacarme oculaire. Elle pensait soudain que cette manœuvre qu'elle avait prit pendant une seconde pour de la bienveillance n'était que le début d'un piège tendu. Elle attendait à ce qu'il fonde sur elle et sans même en avoir conscience elle se recroquevilla dans son lit, bien incapable d'autre chose que de se terrer comme une misérable.

Mais rien ne vint. David continuait son laïus et Elena finit par prêter attention à ces paroles. Il s'expliqua sur la raison de sa venue et tous ces mots furent si bouleversant qu'elle ne nota pas que son rythme cardiaque s'emballait. Forbach renaissait selon lui. Il croyait, lui, fervent défenseur de Dieu et inquisiteur que les sorcières méritaient une place dans cette société. Etait-ce de la moquerie? Il était difficile d'admettre toutes ces choses mais force était de constater que le fils Geilser ne réagissait pas et ne profitait pas de son avantage pour user de son pouvoir. Il restait sûrement planter là, à attendre quelque chose. La cadette des Mirova se redressa de nouveau. Voilà des mots étranges et des intentions qui prenaient de l'ampleur. Pourquoi mentirait-il? Pour torturer son âme? David était beaucoup de choses mais il ne savait pas manipuler. Il était beaucoup trop émotif, beaucoup trop impulsif. Tout comme elle.

Et si il disait vrai. L'insidieuse idée se planta et attendrait de germer. Ni eau, ni moulin ne serait nécessaire. La seule chose qu'elle demandait c'était une preuve. Et la preuve restait là, statique, dans le noir, tentant d'être bienveillante. David.

L'entretien l'avait affaibli et l'importance de cette nouvelle la chamboula. Sa famille était restée auprès d'elle tout ce temps et on ne l'avait pas informé de cela. Ils étaient restées trop à l'écart, centrés sur son cas. Elle s’adoucit par faiblesse se dit elle en se rassurant.


"Merci d'avoir porter toi même cette nouvelle David. A présent j'aimerai être seule."

Elle porta les mains tremblantes à ses lèvres et resta longtemps dans le noir à songer à tout cela, seule. Tourner le dos à ses erreurs. Allez de l'avant. Oublier les rancœurs. Ce tourbillon resta présent dans ses pensées pendant longtemps. Et puis elle se décida enfin et quitta son lit dans une lenteur peu commune. Elle tira à elle une robe de chambre et la posa contre sa poitrine en économisant ses efforts. Pas à pas elle rejoint la porte et le mécanisme finit par s'actionner. Elle l'ouvrit avec une infinie douceur pour s'habituer peu à peu à la lumière qui rayonnait dans le hall. Aujourd'hui il faisait un soleil radieux. Et dire qu'elle en était privée. Sa voix ne portait plus comme avant et Vincent accouru pour la rattraper alors qu'elle se sentait vaciller.

Elle tourna la tête pour le regarder, toujours ce maigre sourire sur les lèvres pour le rassurer.


"Vincent."

Elle posa une main sur la joue de son frère et la caressa.

"Convoque Luc dans ma chambre s'il te plait. Nous devons parler."

Vincent la réinstalla dans son lit avec le plus de délicatesse possible et sortit de la chambre en prenant le soin de fermer la porte, laissant sa sœur derrière.

[Rorope : CHUI DESOLEEEE pour le retard et la qualité de chiotte, j'y retouche si j'y arrive. Nono ça te dit c'est à toi, comme ça Luc nous coupera quand il reviendra avec Vincent]
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