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 Sombre Promenade

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MessageSujet: Sombre Promenade   Dim 7 Oct 2007 - 21:05

[Précédent : L'Église de Zetting - Qu'il Faudrait sans leur Dieu]

Les Somptueux Jardins du Seigneur de Forbach n’étaient pas appelés ainsi sans raison. Les visiteurs s’y bousculaient presque, mais chacun avait l’impression d’y être seul ou très peu accompagné, et cela à cause de l’atmosphère qui y régnait. Coloré, parfumé, chaque jour de l’année, quelle que soit la saison, on avait l’impression d’être au printemps. Inutile donc de préciser que le printemps n’y était que plus beau encore : une fraîche brise sous un soleil doux et blanc, puis des centaines, des milliers de fleurs naissantes, partout, à droite, à gauche, tellement nombreuse que une montagne de nouvelles senteurs s’offraient au promeneur à chaque pas, à chaque inspiration. Un jardin d’Eden sur Terre. On venait de partout en France, parfois même d’autres pays d’Europe, pour admirer les plantes extraordinaires de Frauenberg. Les alliances végétales les plus impensables s’y retrouvaient, c’est ce qui faisait le charme et l’originalité du lieu. Tout cela, on ne le devait qu’à une seule et unique personne : Alicia de Sarrebourg. Elle décidait de tout dans cette partie du Château, sans pourtant avoir été officiellement nommée responsable de ce lieu. Elle en prenait grand soin et choisissait chaque fleur et sa position. Si elle n’était pas noble, elle l’aurait fait de ses propres mains. Tout le monde la savait passionnée par la nature et les plantes et, comme personne en particulier ne se préoccupait des jardins au Château, elle s’était tout naturellement donné le droit d’être maîtresse de l’endroit et personne ne lui avait jamais reproché cela. Même si quelqu’un l’avait voulu, la réputation de la jeune femme aurait découragé cette personne. Alicia avait un don : elle aurait transformé une misérable ouche en un espace vert des plus merveilleux, et ce en un rien de temps. Chaque journée passée dans cette partie du Château était une journée de détente.

La nuit, c’était différent. Surtout un soir de pluie, comme ce jour-ci.
Louis, trempé, aurait dû passer par le Hall d’Entrée du Château et rejoindre les nobles pour un dîner majestueux de plus, d’un dîner majestueusement hypocrite de plus. Mais il n’en avait pas vraiment envie, il ne voulait même pas regagner ses appartements pour le moment. Par conséquent, et sans vraiment savoir pourquoi, il passa par là. Pour réfléchir, peut-être. Il savait qu’il ne rencontrerait personne, du moins c’est ce qu’il pensait en entrant là. La nuit noire l’empêchait d’admirer les ornements des buissons, malgré toutes les lumières provenant des fenêtres de l’immense demeure et des diverses pièces ou s’activaient les serviteurs pour satisfaire au plus vite le Seigneur et sa cour. Louis, lui, était dans un silence quasi-complet, seuls quelques bruits venant de l’intérieur étaient audibles. Europe faisait probablement à l’intérieur, elle aussi, à faire semblant, comme elle le lui avait dit dans l’église. Finalement, quelque chose les liait, bien qu’ils fussent assez différents en apparence…

D’habitude, Louis passait rarement dans les Jardins, mais voilà la troisième fois qu’il se retrouvait là en deux jours. Il s’était baladé là, la veille à l’aube et s’était assis près du bassin quelques minutes, réfléchissant. Il était rentré au Château par là l’après-midi même et avait croisé une servante, aux airs étranges, comme si elle avait été malade, la tête ailleurs, qui venait pour changer l’eau du bassin, comme chaque mois. Et, encore une fois ce soir-là, il passait sans raison par les Somptueux Jardins de Frauenberg, sans pouvoir cette fois en admirer la beauté. Il se mit à marcher et s’approcha d’un banc illuminé par la fenêtre qui se trouvait au-dessus. Il resta près du banc, adossé au mur, sous la fenêtre, regardant ce qu’il pouvait voir des décorations florales, pensif, réfléchissant à tout et à rien en même temps, sans se douter qu’on n’allait plus tarder à venir troubler ses quelques minutes de répit.

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MessageSujet: Re: Sombre Promenade   Jeu 18 Oct 2007 - 8:25

La journée d’Adrien, comme toutes ses journées d’ailleurs, avait été extrêmement bien remplie, et avait eu son lot de problèmes en tout genre, que ce soit pour régler l’une des multiples affaires qu’il avait trouvé sur son bureau le matin même ou que ce soit pour régler quelques différents entre nobles et villageois. Presque harassé, il avait faillit passer la nuit dans son bureau si Jérémy n’était pas venu voir s’il était toujours là et l’avait réveillé. Lui conseillant de rejoindre son lit, Jérémy avait décidé de relire les affaires d’Adrien et de lui mâcher le travail. Adrien avait poliment refusé et avait envoyé son ami au lit lui aussi. Le Vicomte prit alors le chemin de sa chambre, mais alors qu’il allait arriver, il réalisa qu’il était à présent trop réveillé pour dormir… Et surtout qu’il était encore légèrement trop tôt. Le diner venait à peine d’être entamé. S’il n’avait pas déjà mangé, Adrien aurait rejoint sa femme sur l’instant, mais hélas, comme il avait prévu de ne pas s’arrêter, le jeune homme avait déjà pris une collation. Il fit alors demi-tour et s’imagina que prendre l’air serait une bonne idée pour essayer de trouver le sommeil.

Adrien prit alors le chemin des Jardins et alors qu’il passait la porte qu’il venait d’ouvrir, il remarqua que le ciel déversait lentement une pluie salvatrice. Cela aurait pu gêner beaucoup de monde mais Adrien n’était pas de ceux qui faisaient de chichis pour une petite pluie, d’autant plus qu’il aimait la pluie. Le Vicomte sortit donc tout de même, refermant la porte derrière lui. S’avançant lentement, le bruit de ses bottes claquant doucement sur les chemins. Les jardins perdaient de leur beauté sans l’éclat du soleil pour refléter les milles et une beauté de la nature qui avait été créée dans ces lieux. Il savait que c’était Alicia qui avait fait faire ce jardin, et malgré les différents qui les opposent à présent, l’homme ne pouvait pas nier qu’elle avait fait un travail extraordinaire, exaltant les beautés de la nature en les offrant à tous ceux qui pouvaient passer un bout de leur journée dans cet endroit. Ce n’était pas trop le cas d’Adrien, occupé pendant toute la journée, sauf pendant d’éventuelles pauses qu’il prenait pour aller voir sa femme et ses enfants, mais cela restait bien rare…

Inconsciemment, Adrien avait prit le chemin du bassin, avait tourné autour et avait continué sa marche aléatoire qui le menait dans divers recoins du Jardin. La pluie le mouillait petit à petit mais ça ne le gênait absolument pas. Quand il rentrerait, il se changerait et irait se coucher, donc cela n’avait pas d’importance… Puis, soudain, au détour d’une allée, il aperçut une silhouette adossée au mur, sous une fenêtre ouverte qui éclairait le contrebas. Adrien n’arrêta pas son mouvement et ses pas le menèrent directement à proximité de cet homme qui semblait si pensif. Dans l’obscurité, Adrien ne voyait pas grand-chose de cet homme et ce malgré la faible lumière qui parvenait à lui. Par politesse, le vicomte s’était approché de sorte que la lumière de la fenêtre l’éclairer et ainsi être visible par l’homme.

« - Bien le bonsoir Monsieur. »

Il posa son regard vers le ciel.

« - Belle soirée que celle-ci, n’est-ce pas ? … La pluie, telle une ondée salvatrice, ressource et calme la tempête de nos pensées… »
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MessageSujet: Re: Sombre Promenade   Dim 21 Oct 2007 - 14:39

Oui, il ne se doutait pas qu'on viendrait déranger ses pensées, du moins jusqu'à ce qu'il entende, lointains au départ, certes, mais bien audibles, des pas. Les pas d'un homme, parce que les femmes n'étaient pas souvent dehors après le coucher du soleil. Rien qu'à l'entendre, Louis devinait la démarche assurée de celui qui arrivait et savait que, si cette personne venait lui adresser la parole - ce qui était fort probable car ils seraient seul dans ces jardins -, il aurait affaire à une personne au caractère solide et avec qui la conversation serait forte intéressante. Il s'en réjouissait un peu. Il était bien sûr au courrant qu'il croiserait encore sûrement quelqu'un dans ce grand château innondé de nobles, alors, tant qu'à faire, il préférait adresser la parole à quelqu'un d'intéressant que d'écouter un quelconque commérages ou une autre clabauderie de ce genre-là.
L'Inquisiteur ne pensait plus vraiment à ce qui lui était arrivé à l'Église, car il savait qu'il n'en aurait plus la possibilité dans quelques secondes. Il tentait juste de reconnaître l'arrivant à sa démarche et d'espérer ne pas se tromper...
En effet, après quelques courtes minutes, on s'approcha de lui. Louis ne vit pas le visage de l'homme avant que celui-ci ne soit éclairé par la lumière de la fenêtre qui se trouvait face à lui. Louis reconnut rapidement le Vicomte Adrien d'Hasbauer, le cousin du Comte de Forbach. Les deux personnages se saluèrent rapidement ; Louis fit un léger effort de sympathie, car l'homme avait lui-même l'air fort gentil.

Louis n'avait pas imaginé le croiser. D'ailleurs, il ne l'avait que rarement vu cet homme dans le château. Beaucoup de monde disait qu'il était très affairé et occupé, qu'il n'avait assez peu souvent le temps de se ballader, de flâner, ce qui explique que Louis n'avait pas imaginé avoir affaire à lui. Louis avait une image de cet homme qu'il n'avait pas pour beaucoup de monde. En effet, d'après Louis, Adrien d'Hasbauer était le genre d'homme que l'on appréciait sans même l'avoir vu une seule fois. Il avait l'air bon, honnête, droit et sympathique, des qualités qui n'était pas très courrantes chez les personnes si hautement placé. À première vu, l'image que Louis s'était fait de ce personnage n'était pas fausse du tout. Le Chef de l'Inquisition ne l'appréciait pas plus que cela, mais n'aurait pas avec lui cette froideur qu'il adressait presque à n'importe qui, cette froideur qui lui donnait des airs hautains.

Le Vicomte se mit alors à bavarder, à causer à propos de la pluie. Sa façon de parler exhaltait son érudition. Louis n'était pas vraiment étonné, l'homme était connu pour être quelqu'un d'intelligent, puis ce n'était pas le premier noble éclairé qu'il rencontrait ce soir là. Europe l'avait plus surpris, car il l'avait toujours imaginé comme l'une de ces femmes niaises qui ne savait qu'attirer sur elle les regards de ses semblables pour se rendre encore plus populaire grâce à cette bêtise qu'aimaient tant les personnes de la haute société. Il y avait des exceptions, mais Louis en avait rarement vues...
Louis l'écouta attentivement. Il fut assez surpris qu'Adrien ne s'adresse pas à lui comme le fameux Dirigeant de l'Inquisition. Habituellement, lorsqu'on le saluait, on saluait cet homme qui chassait les hérétiques. Là, on l'avait pris comme n'importe quel autre homme. Il y avait deux solutions aux yeux de Louis : soit il n'avait pas été reconnu ou n'était pas connu de son interlocuteur, soit celui-ci s'adressait à lui comme à n'importe qui d'autre, parce qu'après tout, il le considérait comme n'importe qui d'autre - et il avait raison. Pour l'Inquisiteur, cette seconde solution était beaucoup plus probable et lui plaisait beaucoup plus venant de cet homme.


« Vous avez raison... Et elle est bien la seule eau à pouvoir nous adoucir, en ces temps lugubres. »

Louis marque une courte pause avant de se détacher du mur, de se redresser pour se présenter à l'homme qui se tenait en face de lui. Il ne jugeait pas utile d'ajouter son titre à la suite de son rang, il était au courrant que son nom était connu dans tout Forbach et plus loin et ne comptait pas avoir l'air de s'en applaudir en précisant ce détail.

« Louis Institoris. »

[Pas top, le post... Sorry. ^^']

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MessageSujet: Re: Sombre Promenade   Dim 21 Oct 2007 - 18:42

[ Ton post est très bien, ne t'en fais pas ]

La pluie continuait de tomber doucement. Le bruit engendré par la chute des gouttes d’eau sur les buissons, le sol et les plantes, avait quelque chose d’apaisant, brisant l’ordinaire calme plat nocturne. Adrien aimait la pluie. Beaucoup partait en courant dès la première goutte et tentait de trouver un abri, mais ce n’était pas son cas. Non, lui il adorait cet instant particulier, presque magique, où l’eau tombait du ciel pour vous laver, comme pour vous absoudre de vos pêchers, une sorte de cadeau de Dieu qui accordait à ses serviteurs la possibilité d’être absous de leurs mauvaises exactions de la journée. La pluie avait aussi ce don de réveiller les senteurs de la terre, d’exalter les parfums de la flore, de nous donner un autre parfum de la nature qui nous entourait. S’il n’avait pas eu autant de travail et qu’il avait fait jour, Adrien aurait volontiers pris son cheval et galopé un peu sous la pluie. Le Vicomte d’Hasbauer était quelqu’un qui aimait les choses simples, la luxure n’était pas trop son élément, même s’il devait admettre que posséder des richesses évitait de sombres problèmes. Pourtant, il ne l’étalait jamais et avait souvent mis la main à la poche pour aider des gens. Il se souvint, très brièvement, de cette jeune fille, dans cet orphelinat, qui avait essayé de lui chiper sa montre et qui finalement l’avait obtenue car Adrien n’avait pas eu cœur à gronder cette gamine. Non, décidément, il avait un faible pour les enfants, pourtant cela ne l’empêchait pas de se faire respecter de ses enfants à lui. Un savant mélange de discipline et d’amour. Permettre mais pas tout… Voila la doctrine du Vicomte d’Hasbauer. Et aussi étonnant que cela puisse paraitre, c’était à peu de choses près, ce qu’il appliquait dans son travail. Mais n’allait pas croire qu’il l’appliquait à l’encontre des paysans, non loin de là, c’était surtout aux nobles eux-mêmes qu’il appliquait cette conviction. Quand certains essayaient d’user de leur influence pour traîner dans la boue quelques honnêtes citoyens, Adrien savait leur faire comprendre qu’il n’était pas nécessaire de continuer sur cette voie là. Le Vicomte avait appris à se faire respecter comme personne à part entière, et ce sans avoir à hausser la voix. Il ne gagnait pas toujours mais faisait toujours en sorte d’alléger au plus possible les châtiments au combien souvent injustes de ces nobles si arrogants qui étaient la plaie de la noblesse…

Revenant à la réalité par la réponse de l’homme qui s’avança enfin vers lui, Adrien put reconnaitre, avant qu’il ne prononce son nom, le Grand Inquisiteur Louis Institoris… Le Vicomte avait lu cette petite note de son cousin qui lui avait annoncé sa venue. Le sorcier n’avait pas jugé cela d’extrême importance… Après tout voila bien des années qu’il était passé à travers le filet de plusieurs inquisiteurs et surtout voila bien des années qu’il n’avait pas eu à user de ses pouvoirs. Il en venait même à douter parfois qu’il était un sorcier. Ainsi, Adrien n’avait pas eut un mouvement quelconque lorsque le Grand Inquisiteur c’était approché de lui, au contraire, un léger sourire avenant s’était formé sur son visage. Après tout, il était content de le rencontrer, discuter avec un tel homme devait être passionnant, bien que potentiellement dangereux.

« - Se déversant sur nous depuis les cieux, elle absout ceux qui savent voir en elle sa beauté salvatrice. Il n’y a rien de plus beau que la pluie. Mis à part peut-être, pour un homme marié, que les visages radieux de sa femme et de ses enfants. »

Il marqua une petite pause et rajouta, invitant le Grand Inquisiteur à sa suite :

« - Peut-être pourrions nous discuter en marchant tranquillement sous cette pluie que nous semblons aimer tous les deux ? Votre compagnie serait un honneur. »

Sa voix était douce, calme. Adrien était franc, si Louis acceptait de faire quelques pas en sa compagnie, il lui accorderait un honneur relatif mais bien réel…
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MessageSujet: Re: Sombre Promenade   Lun 22 Oct 2007 - 19:52

Le Vicomte était un homme très cultivé. Il travaillait beaucoup et souvent, tout le monde le savait, mais il suffisait de lui parler pour savoir qu'il était ce genre de personne : ses paroles, prononcées avec le calme caractéristique d'une sagesse importante, montraient que l'homme qui se tenait là, sûr de lui sans l'être plus qu'il n'en faut, était aussi un très bon orateur. Son vocabulaire pris à part permettrait déjà à Louis de respecter l'intelligence de l'homme... C'était bien l'une des seules personnes par qui Louis n'était pas dérangé d'être dérangé.
D'ailleurs, ce dernier était persuadé d'au moins une chose : la discussion ne serait pas des moins intéressantes.

L'homme n'avait pas dû voir Louis dont le visage n'était peut-être pas éclairé par la lumière qui quittait l'intérieur de la maison pour se déposer sur le sol. Louis le remarqua en voyant le visage de son interlocuteur lorsqu'il s'était levé. Adrien d'Hasbauer ne fit pas de mimique précise, mais Louis sentit qu'il l'avait reconnu. Oui, il avait probablement entendu parler de son arrivée auprès de son cousin, ou de l'un de ces bavardages inutiles que Louis aimait tant. Après tout, même s'il n'en avait pas l'air, cet homme était peut être fervent de ces petites causeries sans interêt réel.

«Mis à part peut-être, pour un homme marié, que les visages radieux de sa femme et de ses enfants. »
Aucun visage n'avait jamais apporté de bonheur à Louis. Avant, plus jeune, il aurait aimé avoir, lui aussi, une belle figure à aimer et à vouloir rendre heureuse. Maintenant, plus vieux, ce n'était plus son principal interêt. Plus vraiment...
Officiellement, les seuls visages qu'il voulait rendre radieux étaient ceux du peuple qu'il devait débarasser des envoyées du Mal. C'était eux qu'il devait protéger, c'était eux qu'il devait garder dans la joie. Une joie utopique, impossible à atteindre : Louis était éperduement persuadé que, lorsque les sorcières auraient disparu - chose en laquelle il croyait sincèrement -, un autre malheur viendrait s'abattre sur les hommes, car c'était là leur punition pour avoir pêché, pour avoir commis le pêché originel. Le seul bien que lui permettait vraiment cette chasse, c'était de changer la colère qu'il avait au fond de lui contre les hérétiques en ce vide d'émotion pour lequel il était tant connu, grâce auquel il voyait brûler des femmes sans aucune pitié pour elles.
Parfois, il lui arrivait de se dire que c'était sa mission, et son sort en même temps, que d'apporter et de voir la mort.

Pour l'instant, ce n'était pas vraiment ce à quoi il pensait. En parlant d'eau, et même sans cela, seul un sujet pouvait troubler ses pensées : ces histoires d'eaux ensorcelées.
Adrien lui proposa de discuter tout en se promenant dans les jardins. En guise de « oui », l'Inquisiteur esquissa un très léger sourire, forcé, certes, mais il en avait tellement l'habitude que cela n'était que peu visible. Il se mit donc à marcher avec l'homme, d'abord en silence le temps de quelques secondes. Puis, il décida d'engager la conversation, assez simplement :


« J'ai beaucoup entendu parler de vous. On dit que vous êtes assez occuppé... »

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MessageSujet: Re: Sombre Promenade   Mar 23 Oct 2007 - 8:35

Sous la bruine de la soirée, les deux hommes se tenaient face à face, aucune animosité, bien au contraire. Toutefois, Adrien songea qu’il en aurait été tout autrement si l’un avait su que l’autre était sorcier… Pourtant, ce n’était pas le cas, peut-être au bonheur du Vicomte qui allait pour fois engager une discussion intéressante avec quelqu’un d’autre que sa femme ou les quelques rares nobles de ce palais qui avait une sagesse équivalente voir supérieure à la sienne. L’instant de silence relatif séparant la demande d’Adrien et la réponse de l’Inquisiteur parut relativement long pour Adrien… Surement parce qu’il était légèrement ailleurs. En effet, la tête légèrement relevée vers la fenêtre, il se demandait si sa femme était encore à table jouant cette mascarade du pouvoir qu’il commençait sérieusement à détester… Mais il n’avait pas le choix… Du moins pas encore. Lorsque Louis se mit en marche, Adrien le suivit. Il marchait à la même hauteur, le pas d’Adrien calé sur celui de l’Inquisiteur. Ils avançaient lentement, après tout ils avaient une bonne partie du début de la soirée devant eux, même si, bientôt, Adrien devait mettre à profit ce pourquoi il était sorti plus tôt de son bureau… C'est-à-dire dormir. Comme pour lui rappeler ses prérogatives, le Grand Inquisiteur brisa le silence en engageant la conversation d’une manière somme toute banale.

Ainsi, il avait beaucoup entendu parler de lui ? Rien de plus normal en fait, il n’était pas l’homme le plus important, mais sans aucun doute le deuxième… Car si le Comte de Forbach était le Seigneur de ses lieux, ce n’était pas lui qui abattait la charge de travail qui lui était due… En réalité, la venue d’Adrien l’avait subitement délestée de toutes ses formalités… Dès lors, Adrien s’était consacré à son travail, avec l’aide précieuse de Jérémy. Occupé ? Oui, ça il l’était… Vraiment… Impossible pour lui de prendre du bon temps comme il lui semblait… Les affaires étaient les affaires et certaines ne pouvaient pas être remises à plus tard… Pourtant, il mourait d’envie de profiter de l’air de l’extérieur avec ses enfants, ou sa femme…

« - Vous m’en voyez fort honoré. Et même si d’habitude je reste toujours prudent devant les « on-dit », je dois admettre que cette fois, ils sont fondés. Les affaires qui occupent le château sont nombreuses et je me dois de trouver à chacune une solution, la meilleure si cela est possible. Ceci est souvent exténuant, et j’ai rarement l’opportunité de prendre du temps pour moi. Mais ça ne me dérange pas, j’ai accepté ce rôle et je m’y attelle avec ferveur. »

Puis, marquant une pause le temps d’un instant, il poursuivit :

« - Le plus difficile reste pourtant de concilier les exigences des nobles et les besoins du peuple. Proche de ce dernier, j’essaie de faire mon possible tout en me heurtant parfois à des nobles récalcitrants face à mon attitude… Je ne me pose pas en bienfaiteur du peuple, mais j’essaie de faire en sorte que les plus profiteurs n’écrasent pas ces hommes sous leur joug. Mais cela ne doit pas vous intéresser… »


Il tourna la tête vers son interlocuteur :

« - Et vous ? Vos investigations ne vous prennent pas trop de temps ? »
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MessageSujet: Re: Sombre Promenade   Dim 18 Nov 2007 - 3:58

[Je tiens sincèrement à m'excuser du retard ! J'ai quelques problèmes IRL, ces derniers temps, et donc une difficulté à pouvoir poster régulièrement...]

Un court instant se posa entre la question de Louis et la réponse du Vicomte. Ils avançaient tandis que le Vicomte s'apprêtait à répondre. Ce temps de réponse parut étrange à Louis... Il se demanda quelques secondes si l'homme qu'il avait en face de lui avait l'air si intelligent ou s'il l'était vraiment, s'il préparait minutieusement ses réponses ou si elles lui venaient naturellement. Il avait rencontré tant de personnes, dans son métier d'Inquisiteur, qui calculaient leur réponses - un peu plus vite que dans ce cas, si calcul il y avait, certes, mais cela menait souvent ces personnes à leur perte - que lorsqu'on tardait à lui répondre, il en arrivait de se demander s'il discutait vraiment avec une âme ou s'il ne parlait qu'à des apparences. D'ailleurs, le sujet de sa carrière n'allait plus tarder à être abordé, il n'y échappait quasiment jamais lors d'une première rencontre...
Adrien d'Hasbauer en arriva donc à son discours. Aussi préparé fut-il, Louis l'écouta minutieusement. Il s'intéressait à cet homme.

Le cousin du Comte se chargeait donc des maintes affaires du château et n'avait pas souvent de temps pour discuter ainsi. Même s'il s'en doutait un peu, la charge de travail de l'homme étant bien connue, Louis fut quelque peu honoré de pouvoir parler à un homme tant important, tant affairé et qui l'avait souvent intéressé. La suite de la réponse fut bien plus intéressante. Adrien était donc un homme juste, malgré son statut de noble. Louis en avait croisé beaucoup de bien différents qui avaient fait passer leurs maîtresses aujourd'hui les rejettant pour des sorcières. Il n'aimait pas vraiment non-plus ces nobles qui s'imaginaient supérieurs. Louis avait souvent condamné des femmes, et des hommes, impulsivement, mais il avait toujours réfléchit en tant qu'Inquisiteur. Il avait tellement vu le rêve de vengeance dans certains yeux qu'ils savaient maintenant le reconnaître dans ceux qui tentaient de se servir de lui et de son rôle, grâce à leur grade, à des fins personnelles. Il en avait même tellement croisés qu'il voyait beaucoup de nobles ainsi et les évitaient souvent. Adrien était différent, visiblement...

Louis perdit la fin de la réponse du Vicomte, mais il en avait saisit l'essentiel. Vint en suite son tour de répondre à une question, la même que la sienne reformulée, en fait.

Les deux hommes avançaient toujours dans les allées des jardins.


« Bien, voyez-vous, les « on-dit » que vous détestez tant, je ne les supporte que parce qu'ils me servent bien souvent dans mon investigation. Je ne peux me permettre de laisser passer l'un d'entre eux, il ne faut avoir aucun remord dans mon métier, mais encore moins de regret. La culpabilité me rongerait peut-être si je laissais passer quelquechose que j'aurai entendu comme une insulte envers une femme de bas-étage et qui fut en fait une vérité qui pourrait coûter la vie a bien du monde... »

Louis marqua une pause...

« Alors, il peut arriver que mes investigations m'occuppent beaucoup et me laissent peu de temps, comme il peut arriver qu'elles soient des plus simples et claires, comme ce fut le cas ces derniers mois, jusqu'à ce que cette histoire d'eau ne vienne nous... »

La phrase de l'Inquisiteur ne put être achevée. Voilà que les deux hommes avançaient et leur champ de vision leur apportait la vue d'un grand bassin d'eau duquel sortait seulement une main. Louis ne se la détailla pas, son premier réflexe fut d'accélérer le pas, de courrir pour sortir la personne noyée, peut-être encore en vie...

À mesure qu'il s'avançait en courrant vers le bassin, il réfléchit et s'arrêta brusquement. Il était à deux mètres de la surface de l'eau, il apercevait maintenant le corps de la servante, noyée. S'il n'avançait plus, c'est qu'il savait que le contact de l'eau pourrait lui être fatal.
Il tenta en vain d'avertir Adrien du danger qui le guettait s'il s'approchait trop de l'eau, s'il la touchait. Le Chef de l'Inquisition, le souffle court, ne pouvait plus débiter un seul mot.

Ses souvenirs commençaient à emporter Louis...

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MessageSujet: Re: Sombre Promenade   Dim 2 Déc 2007 - 21:40

[Ne t’inquiète pas, j’ai également quelques complications qui font que je ne peux pas poster super rapidement non plus… D’autant que j’ai quelques soucis avec le scénario comme tu as pu le voir. Razz Et merci de la réponse, elle était claire. ]

Si le Vicomte mettait parfois un peu de temps pour répondre, ce n’était pas forcément pour chercher comment tourner ses phrases, mais simplement parce qu’il se laissait parfois emporter par le courant de ses pensées. Adrien était un homme qui laissait son esprit vagabonder pour la simple et bonne raison que souvent les idées lui venaient de cette manière et lui permettaient de régler des affaires sur lesquelles il travaillait depuis plusieurs jours… Parfois, il ne se rendait pas compte qu’il s’était plongé dans ses pensées et il restait ainsi, silencieux, pendant plusieurs minutes, voir plus… Mais finalement, il était sortit de ses songes et avait fini par répondre à Louis Institoris, lui expliquant pourquoi il était effectivement quelqu’un de très occupé… Bien sur, il aurait bien voulu tenir une existence tranquille, comme le faisaient bien des nobles en ce château, mais il acceptait ses responsabilités et puis, finalement, trouvait que c’était plus agréable de travailler dans un bureau presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre plutôt que de devoir porter un pseudo-masque de bienséance devant des personnes que l’on appréciait à peine, voir que l’on détestait…

Adrien avait alors ensuite demandé au Chef Inquisiteur si ses investigations ne lui prenaient pas trop de temps également, après tout, il avait presque un rôle similaire dans chacune de leur classe… Louis, parmi l’Eglise et Adrien parmi la Noblesse. L’Inquisiteur lui expliqua alors qu’à l’inverse d’Adrien, il supportait les « on-dit » simplement parce qu’ils lui étaient utiles, qu’il ne pouvait pas laisser filer le moindre d’entre eux, ni éprouver remords et regrets. Voila un métier bien difficile que celui-là songea le Vicomte… Bien sur, lui-même était un ennemi de Louis, mais qu’importait en cette soirée ? Adrien était resté naturel et avait toujours était très bon pour ne rien montrer aux autres. Il pouvait discuter aussi facilement avec un ami qu’avec un ennemi sans que ce dernier ne se rende compte de quoi que ce soit… Finalement, l’inquisiteur enchaina sur le fait que ses investigations l’occupaient énormément pour certaines affaires, comme elles pouvaient être d’une facilité déconcertante… Nul doute pour Adrien, la famille d’Hasbauer serait pour l’Inquisiteur une investigation longue et complexe, sa femme étant aussi douée que lui…

Puis, soudain, Louis s’était arrêté, autant dans la parole que dans ses gestes, et alors que ce dernier fixait un point devant eux, Adrien pointa son regard dans la même direction pour apercevoir, alors que l’inquisiteur courrait déjà vers la fontaine, cette main qui dépassait de l’eau… Adrien se mit lui aussi à courir vers le bassin, mais il savait qu’il n’y avait surement plus grand-chose à faire. Mais alors qu’il s’approchait de l’étendue d’eau, il vit l’inquisiteur s’arrêter. Surpris, Adrien ne s’arrêta qu’à moins d’un mètre avant la surface de l’eau constatant qu’effectivement, il n’y avait plus rien à faire mais pourtant… Pourtant… Quelque chose n’allait pas… Comment la servante aurait-elle pu se noyer dans cette étendue d’eau ? La réponse ? La voila... Sa vue se voila légèrement. Secouant la tête légèrement pour essayer d’y voir plus clair, rien n’y faisait, la vue d’Adrien sur le monde était trouble… Pourquoi donc ? Les réponses viennent… Des images… Elles s’impriment dans l’esprit d’Adrien, elle supplante sa vue… Il ne sait plus où il est, il n’a que des images du passé, il se revoit enfant… Il se revoit des scènes particulièrement douloureuses, il les pensait enfouis à tout jamais dans son esprit et pourtant elles reviennent, plus fortes que jamais… Il a mal, ça se sent, ça se voit sur son visage. Lui ne perçoit plus rien de la réalité, la douleur que lui inflige ses souvenirs est trop forte pour cela … Il perd l’équilibre, il s’effondre par terre, la chute est rude, mais elle lui épargne la douleur et l’assomme…
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MessageSujet: Re: Sombre Promenade   Dim 9 Déc 2007 - 14:59

L'Inquisiteur en Chef ne bougeait plus. Les yeux grands ouverts face à la terrifiante vue d'une dame noyée au corps déjà gonflé tant imbibé de cette eau désormais assurément dangeureuse pour quiconque, il ne voyait pourtant pas ce qui se trouvait en face de lui. Une ombre, étrange, s'avançait vers lui. Une voix fredonnait cette même chanson qui lui était revenue face à l'eau du bénitier, lors de son passage à l'Église. C'était cette silouhette noire, désormais identifiée par Louis comme celle d'une femme d'âge moyen, qui fredonnait cette musique. Elle s'approchait de lui, mais il ne pouvait pas la voir. Une intense lumière blanche, derrière cette femme, l'aveuglait et lui empêchait de voir son visage... Il était pourtant sûr de la connaître.

Adrien s'était arrêté, lui aussi, très proche du bassin. Il avait aussi probablement vu ce corps, mais désormais, il était lui aussi hanté par des visions probablement tout aussi désagréables. Il ne bougeait plus, à son tour, il n'était plus vraiment dans ces paisibles jardins, mais dans des souvenirs bien douloureux. Il essaya de s'en dégager, secouant la tête, essayant de revenir à lui-même, mais rien n'y faisait. Il était beaucoup trop proche du bassin, de cette maudite eau. Aucun des deux hommes ne pouvait à présent percevoir la réalité. Louis savait pertinement qu'il était trop tard pour sauver la servante, complètement noyée, qu'il avait remarquée bien mal en point cet après-midi. Pourtant, agissant par instinct, il s'était rapidement approché de cette eau. Le Vicomte l'avait suivi. Ils étaient maintenant tous les deux perdus, mais l'état d'Adrien d'Hasbauer allait bien plus en s'aggravant.

Après un court laps de temps, le fredonnement qu'écoutait Louis avec concentration - sans pour autant le vouloir - s'arrêta brusquement dans un bruit aussi vif que violent. La pupille de Louis s'élargit alors et il revit, dans le noir, cette sombre image. Son regard se tourna en un dixième de seconde vers la source de ce bruit. Adrien d'Hasbauer était désormais aterré, inconscient. L'eau n'avait plus vraiment d'influence sur Louis à cet instant, qui profita de celui-ci pour se ruer vers le Vicomte et l'attirer, avec lui, loin de ce liquide qui aurait pu leur être aussi fatal qu'à cette pauvre femme qui baignait dedans, sans vie. Une fois Adrien, amené par Louis, à quelques mètres de là, l'Inquisiteur passa sa main devant son visage. Il sentit son souffle ; le Vicomte était encore en vie. Louis soupira profondément, déjà un peu rassuré. Gêné au départ, il secoua un peu l'inconscient, mais rien n'y faisait.

Les yeux d'Adriens étaient fermés, on aurait bien dit qu'il était pensif. Malgré la situation, Louis regardait toujours un homme silencieux, toujours aussi sûr de lui et ce même dans un tel état. Un homme calme, serein. Oui, c'était le mot : serein. Tel était le Vicomte, Louis en était maintenant sûr...

L'Inquisiteur le porta jusqu'à l'endroit de leur rencontre et l'assit sur le banc près duquel il s'était adossé tout à l'heure.

Il hésita dans un premier temps à prévenir quelqu'un, mais l'expression du visage d'Adrien était rassurante : il n'allait pas tarder à reprendre conscience. Louis n'aurait pas voulu attirer tout le monde ici, à une heure pareille... Ou à n'importe quelle autre heure, d'ailleurs. Les nouvelles allaient et venaient très vite au Château de Frauenberg et il savait que s'il appelait un seul homme ici, la quasi-totalité de la cour serait dans les jardins quelques minutes plus tard. Cela serait tout aussi gênant pour Louis que pour Adrien, d'après lui. Ces deux hommes n'avaient aucun interêt à se montrer dans un état de faiblesse.

Les secondes passaient lentement, se transformaient en minutes, tandis que Louis attendait le réveil du Vicomte. Il en profita pour réfléchir un peu à ce qui venait d'arriver...
Il ignorait comment il avait été « libéré » de l'emprise de l'eau à la simple entente du bruit de la chute. Il ignorait tout autant comment est-ce qu'il avait pu dinstinguer ce bruit, alors qu'il n'entendait plus rien que le chant de ses souvenirs...

Bien que le regard parfois absent à cause de ses pensées, les yeux de Louis étaient rivés sur l'homme dont il attendait le retour à lui-même...

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MessageSujet: Re: Sombre Promenade   Lun 17 Déc 2007 - 1:35

Comment décrire ce que le Vicomte ressentait en cet instant ? Difficile à dire… L’inconscience est quelque chose de particulièrement complexe. Car oui, il était inconscient. La chute lui avait épargné la douleur grandissante des souvenirs de son enfance qui lui revenaient, l’assommant d’un coup assez brutal à l’arrière du crâne, sans pour autant le blesser. Le Vicomte aurait certainement une simple « grosse bosse » s’il se réveillait… Pourquoi « si » ? Et bien simplement parce que lorsque vous êtes inconscient, vous n’avez pas idée du monde qui vous entoure, vous ne pouvez vous rendre compte que vous êtes porté sur un banc, vous ne ressentez plus la fraicheur de la nuit autour de vous, vous ne voyez plus la beauté nocturne des jardins dans lesquels vous vous baladiez en compagnie d’un ennemi, mais qu’importe ? La réalité est tout autre que celle qu’Adrien vivait en ce moment… Car si son corps était assis sur un banc, son esprit, lui, marchait dans le noir le plus total…

En effet, son esprit vagabondait, en proie à une réflexion des plus intensives… Où suis-je ? Pourquoi ? Comment ? Où est l’Inquisiteur ? Pourquoi n’y a-t-il aucun signe de vie ? Aucun bâtiment ? Une quantité faramineuse de questions qui pour l’instant n’avaient absolument aucunes réponses… Les seules choses dont il se rappelait, c’était de la servante morte noyée dans le bassin, de ses souvenirs qui étaient ressortis de nulle part pour lui infliger une douleur sans pareille… Après cela, rien… Le trou noir… Il s’était retrouvé là… Et voila que depuis plusieurs minutes maintenant, il marchait dans une direction sans savoir où il était, baigné par une noirceur ambiante des plus troublantes…

En effet, il n’y avait rien à tirer des ténèbres qui l’entouraient… Ni échos, ni lumière… Adrien avait même songé à faire l’usage de sa magie mais jugea que ce n’était ni le moment, ni l’endroit, car, après tout, il était bien possible qu’on tentait de le mettre à l’épreuve… N’importe qui aurait pu paniquer dans cette situation, mais le Vicomte était quelqu’un de calme et réfléchi. Son sang-froid était une de ses qualités et il prenait toujours le temps de la réflexion avant d’agir. Voila d’ailleurs pourquoi son corps et surtout son visage paraissait si serein, c’était parce que son esprit, vagabondant, n’était pas torturé par la panique ou la détresse… Dans son « excursion » mentale, Adrien avait même songé à une quelconque « sorcellerie » visant à le déstabiliser mais il dut bien vite écarter cette possibilité puisqu’il ne ressentait vraiment rien de magique là-dedans…

Finalement, il continua d’errer lentement, suivant toujours la même direction, ou du moins c’est ce qu’il pensait, jusqu’à ce qu’un petit point brillant n’apparaisse… La lumière au bout du tunnel ? Peut-être… Quoiqu’il en fut, Adrien se dirigea dans cette direction, après tout, il n’avait rien à perdre… Lentement mais surement, le petit point devenait de plus en plus grand, et au fur et à mesure qu’Adrien se rapprochait, les ténèbres semblaient se dissiper… Je pense qu’il n’est pas difficile de comprendre que ce fut lorsqu’il arriva au bout de son voyage, qu’il se réveilla… Ouvrant les yeux sur l’obscurité de la nuit, et prenant par réflexe son visage dans ses mains, il finit par dire :


« - Oh ma tête… Bon sang que m’est-il arrivé ?.... »

Finalement, l’image de la servante lui revint à l’esprit…

« - La jeune fille… »

Son regard croisa celui de l’homme en face de lui… Qu’il reconnut comme l’Inquisiteur…

« - On ne peut rien pour elle n’est-ce pas ? »

Il y avait peut-être dans son ton une pointe de regret, surement même, mais il était conscient que retourner là-bas serait du suicide… Ils trouveraient un moyen de la sortir de là mais pas question de s’approcher de trop près, c’était bien trop dangereux…
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MessageSujet: Re: Sombre Promenade   Sam 22 Déc 2007 - 22:16

Les pensées qui hantaient Louis étaient probablement aussi sombre que les ténèbres qu'Adrien visitait à cet instant. Il ignorait comment est-ce qu'il avait pu déjouer l'emprise de l'eau, mais se demandait surtout ce qui aurait pu arriver si le bruit du choc ne l'avait pas « réveillé », s'il n'avait pas pu « sauver » le Vicomte - dont il attendait d'ailleurs le réveil. Alors il aurait pu peut-être leur arriver quelquechose de grave à tous deux. Ce n'était pas vraiment dans ses habitudes d'essayer d'imaginer « ce qui serait arrivé si », mais dans ce cas, c'était différent. La vie d'un homme honnête, mais surtout haut-placé dans la cour, avait été mise en jeu. Cette histoire d'eau ensorcelée aurait pu alors avoir des répercussions grave sur le peuple de Forbach... Et si cela arrivait à quelqu'un d'autre, elle pouvait toujours en avoir. Il fallait arrêter cela...

Le Vicomte se réveilla. Le regard de Louis se fixa alors sur celui du Vicomte, le faisant quitter toutes ces réflexions. Avant qu'il n'ait pu lui expliquer ce qu'il venait de se passer, Adrien compris et évoqua la servante, morte. Il questionna alors Louis, en attendant confirmation qu'ils ne pourraient rien faire pour elle. Louis détourna le regard en direction du bassin, bien assez loin désormais pour les mettre en danger. Visiblement, non, ils ne pourraient rien. S'ils approchaient du bassin, si quiconque s'approchait du bassin, alors l'eau exercerait son action dévastatrice, rappellerait à la surface le flots des souvenirs de celui qui l'approchait, des souvenirs qui finiraient par l'étouffer, le noyer... Tout comme cette victime dont ils ne pouvaient même pas récupérer le corps.


« Non... Elle ne peut plus être sauvée, sûrement depuis quelques temps déjà. »

L'Inquisiteur marqua un temps de pause, soupira, puis repris.

« Nous ne pouvons pas la laisser ici, à la vue de tous, mais nous ne pouvons pas non-plus retirer son corps de ce bassin, à moins d'être fous. Nous n'avons pas vraiment d'issue, en fait... »

Il se mit à réfléchir. Ce problème commençait à devenir plus que gênant. Si cette vision était exposée à la cour, et donc, par le biais des rumeurs, exposée au peuple de Forbach - après avoir été transformée en une scène bien plus horrifiante, bien évidement -, alors la panique s'emparerait de la ville. Il fallait éviter cela à tout prix et arrêter cette malédiction au plus vite. Elle devenait une priorité...
Le regard de l'Inquisiteur revint à celui du Vicomte. Pour l'instant, il n'y avait qu'une seule chose à faire.


« Il faut faire interdire l'accès des Jardins à tous. Plus personne ne doit avoir accès aux bassins, jusqu'à ce que nous ayons déjoué et arrêté l'effet de ce... Sortilège. »

Ce mot voulait tout dire. Les seules responsables plausible de ces soucis étaient les sorcières. Qui d'autre avoir en son pouvoir d'ensorceler toute l'eau, ainsi ?

« Il nous faudra un pretexte à cette fermeture brusque des Somptueux Jardins. Un bon pretexte qui ne laisserai place à nul doute, même dans les esprits les plus aguisés de tout le Château... »

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MessageSujet: Re: Sombre Promenade   Dim 30 Déc 2007 - 22:01

Sortir des ténèbres pour en trouver d’autres, peut-être plus terrifiants encore, n’était pas tout à fait ce qu’Adrien espérait en se réveillant… Mais le Vicomte était un homme de sang-froid. Il était évident que ce qui venait de se passait n’avait rien de normal, et aux yeux de l’Inquisiteur il était tout à fait normal que cela passe pour un quelconque acte de sorcellerie. Pourtant, aussi puissant que ne l’était Adrien, Sage d’Olrun, il ne connaissait aucun sort capable de telles choses… Non cela devait être quelque chose de plus puissant qu’un acte de sorcellerie, c’était même certain, mais si ce bassin était dangereux il ne pouvait pas y avoir plusieurs explications possibles à ce danger… Puis finalement Louis répondit à la question qu’il venait de poser, enfin ce n’était pas réellement des questions puisqu’il connaissait déjà la réponse.

Jetant un coup d’œil vers le bassin lui aussi, il hocha doucement la tête alors que l’Inquisiteur affirmait que cela faisait un certain moment déjà que la jeune femme s’était noyée… Mais une question taraudait Adrien… Comment ? Enfin, il savait qu’elle aussi avait du être victime de ses souvenirs et qu’elle aussi avait du s’évanouir, heurter durement le sol et dans l’absence de quelqu’un pour l’aider, elle s’était tout simplement noyée. Mais qu’est ce qui avait bien pu provoquer cela… Les jardins eux-mêmes ? Un coup d’Alicia peut-être ? Elle avait bien fait refaire les Jardins… Non, impossible cela se serait fait ressentir bien avant aujourd’hui… Et il n’avait aucune connaissance d’éventuels enchantements à retardements… L’idée même était intéressante mais totalement impraticable… Et puis, il n’avait pas été pris par ce sort avant d’arriver près du bassin… Le bassin… L’eau… Il n’y avait pas trente-six possibilités, l’eau, le bassin lui-même ou les deux ensembles, mais si c’était l’eau qui était mise en jeu, le problème serait bien plus grave que tout… Car l’eau ne venait pas du bassin, mais elle y arrivait…

Il fut tiré de ses pensées à nouveau par l’Inquisiteur, oui, effectivement, il ne pouvait pas la laisser en vue de tous et toutes, qui plus est, il fallait protéger les autres et donc interdire l’accès aux autres personnes du château, serviteurs comme nobles. Louis le rejoignait sur cette opinion mais il soulevait un point important… Comment ? Comment empêcher les gens de venir sans empêcher les fouineurs de se demander ce qui se passe, de chercher la cause, de douter du bien fondé de la chose ? Tourné vers l’Inquisiteur, le Vicomte parlait avec une voix calme et méthodique, comme toujours :

« - Vos paroles font honneur à votre sagesse et il est effectivement primordial que l’affaire ne s’ébruite pas. Interdire l’accès aux Jardins et notre première tâche et pour ne pas semer le doute, il n’existe hélas qu’un seul moyen : la peur. C’est la seule qui peut bâillonner les esprits les plus aiguisés. Prétextons que des rats morts ont été retrouvés dans ces Jardins, près du bassin. Un hypothétique retour d’une peste ne pourrait que les morfondre dans une peur sans nom. Cela devrait nous laisser le temps d’enquêter. »

Adrien marqua une pause, avant de reprendre.

« - Cela ne m’enchante guère que d’élever un voile de peur au château mais je n’ai hélas meilleure idée à vous proposer. Il faudra bien sûr ne pas être alarmant, après tout ce ne seront que quelques rats, rien n’indique qu’il y ait un véritable danger, mais la prudence est de mise et je pense que tous auront le mot « peste » à l’esprit sans en parler… Cela ne facilitera en rien la vie au château mais bon… Qu’en dites-vous ? »
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MessageSujet: Re: Sombre Promenade   Sam 19 Jan 2008 - 16:01

Louis suivait le discours de l'homme sans manquer un seul de ses mots. Il leur fallait une solution rapidement, et Louis savait que le Vicomte était un homme intelligent. En effet, ses idées s'avéraient intéressantes. Le seul moyen d'écarter les nobles des Jardins sans leur mettre la puce à l'oreille était de leur trouver un bon prétexte, un prétexte qui pourrait les effrayer assez pour qu'ils ne veuillent pas en parler, voire pas même en savoir plus. L'idée d'Adrien était bien bonne. Quelques rats évoqueraient la peste dans les esprits de tous, cette peste que les parents de tous avaient transmis à leurs descendants comme l'une des pires horreurs de l'histoire. On en avait tellement peur que nul n'osait en parler ; autrement dit, c'était la solution parfaite, l'excuse idéale pour fermer les Somptueux Jardins. Louis réfléchit quelques secondes, malgré tout, et n'y voyait aucune opposition. Il fallait l'annoncer aux nobles avec tact, pour ne pas non plus provoquer une crise de panique parmi la cour : elle se transmettrait rapidement au peuple et la ville entière serait troublée par un problème, en réalité inexistant.

« Votre idée me semble appliquable... C'est même celle que nous appliquerons : nous n'avons pas le temps d'en rechercher une autre. »

Il marqua une légère pause entre ses deux phrases...

« Maintenant, il nous faut trouver l'orientation de nos recherches. »

La rumeur disait que l'eau rappelait des souvenirs douloureux à celui qui s'en approchait. Mais cette rumeur était fondée et le problème passait là à un niveau supérieur, il prenait une plus grande ampleur : cette substance vital à quelconque être vivant pouvait entraîner la mort, pure et simple, de celui qui s'en approchait trop. La servante était la première à en faire les frais, du moins, c'est la seule mort de ce genre que Louis avait vu de ses yeux.
L'eau utilisée dans toute la ville était dangereuse, mais elle y était amenée. Il fallait donc en retrouver la source... Cette idée apparut dans l'esprit de Louis subitement, comme une évidence. Il n'y avait jamais pensé, mais le savait : l'eau était apportée dans toute la ville. Sa source était donc aussi celle de ce mystère et c'est en cette source qu'on trouverait la solution au problème. Il se tourna vers son locuteur dans un mouvement vif et le fixa avec un regard éclairé, mais encore réfléchissant.


« L'eau. Elle nous est apportée. L'origine de ces eaux empoisonnées... C'est leur source qui cache les causes de cette malédiction, il n'y a pas d'autre solution rationnelle. Toute l'eau est apportée du Puits, dans la Montagne. Mais nous ignorons où se trouve la source du Puits... »

Tous les habitants ignoraient où se trouvait la source dans laquelle s'alimentait ce Puits qui fournissait toute l'eau à Forbach. Mais il y avait probablement un autre moyen. Cette source n'était pas seulement celle du Puits, elle devait être commune à d'autres étendues d'eau...

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MessageSujet: Re: Sombre Promenade   Dim 27 Jan 2008 - 1:17

L’idée de faire croire que la peste était peut-être de retour lui était venue naturellement à l’esprit. Elle ne lui avait pas venu, comme ça, comme un coup de génie, mais elle était simplement le fruit d’une réflexion posée et rationnelle. Si Adrien d’Hasbauer était un homme occupé et si important au sein du château, et si surtout le Comte lui-même se reposait presque entièrement sur lui, ce n’était pas pour rien… Le Vicomte était un homme érudit et son érudition, et sa sagacité n’étaient plus à démontrer. Capable de tenir un raisonnement de tout ordre, mais sans le privilège de ne jamais se tromper, Adrien savait également discourir, ou du moins, le minimum nécessaire pour convaincre et mener quelques affaires à leurs termes. Ainsi, parvenir à convaincre quelques esprits crédules de la véracité d’un possible retour de la peste ne serait pas difficile, et ces crédules se chargeraient de répandre, aussi vite qu’une trainée de poudre à laquelle on met le feu, la nouvelle affolante, en l’étoffant, la rendant encore plus effrayante et par là-même, plus croyable… L’idée de tromper le château entier ne le réjouissait pas plus que cela, mais l’idée de voir trembler ces pauvres nobles imbus de leur seule personne le faisait sourire.

Alors que l’Inquisiteur affirmait que l’idée de la peste serait retenue, Adrien jeta un regard vers l’endroit d’où il venait… Il avait failli y passer cette fois, et comble de tout, il devait sa vie à un Inquisiteur… Cocasse n’est-ce pas ? L’aurait-il sauvé s’il avait su pour lui ? Peut-être… Pour avoir le privilège de le faire brûler par la suite… Un sourire naquit sur le visage du Vicomte, un sourire qui pouvait facilement être attribué à une réponse polie au compliment de l’Inquisiteur, mais qui en fait traduisait l’amusement qu’avait Adrien pour la situation dans laquelle ils étaient… Rivaux de toujours, ils étaient pourtant entrain de s’aider, littéralement mains dans la main, pour élucider ce mystère qu’était devenue cette eau… Comme quoi, même les meilleurs ennemis du monde pouvaient trouver une cause commune et s’allier…

Le regard perdu dans le vague, son sourire ayant légèrement disparu, il réfléchissait à ce que pourrait être la suite des évènements, à ce que serait cette « orientation » dont avait parlé l’Inquisiteur… Nul doute que l’eau n’était pas étrangère à tout cela, après ce qu’ils avaient vécus… Surtout que les jardins en eux-mêmes n’avaient rien à voir la dedans, cela n’aurait eu aucun sens sinon… Finalement son regard se plongea dans celui de l’Inquisiteur et il l’écouta résonner à voix haute. Lui aussi savait que le problème venait de l’eau, forcément il était alors normal de s’enquérir de sa provenance… D’une source, probablement clef de ce mystère. Mais tout comme Louis, il ne connaissait pas cette source, juste un puits, pourtant ce n’était pas forcément un problème…


« - Il est bien rare de trouver du premier coup la solution d’un problème. Au contraire, on tâtonne, on essaie, on se trompe, on découvre… Voila comment on trouve une solution. Vous ne savez pas où se trouve la source du puits ? Moi non plus, cela ne m’empêche pas de savoir que l’eau provient du Puits. Alors, à défaut d’en trouver la source, regardons le puits en lui-même, il pourra peut-être nous éclairer ou alors nous aider à trouver cette source… Après tout, qui ne cherche rien, ne peut rien trouver… Ne pensez vous pas ? »

Il y avait peut-être une once de malice dans le regard d’Adrien, peut-être plutôt un éclat de complicité…
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MessageSujet: Re: Sombre Promenade   Dim 3 Fév 2008 - 15:21

Louis se souciait de la manière dont il allait trouver la source de ce Puits, qui était probablement la clef du mystère qu'ils devaient élucider, le seul moyen pour eux de calmer les habitants de Forbach en déjouant ce « sort » qui contaminait l'eau. Adrien enchaîna sur les quelques mots sur lesquels s'était arrêté Louis. Au fur et à mesure qu'il développait son point de vue, l'Inquisiteur y adhérait. Il avait raison... Ni eux, ni personne, ne connaissait l'emplacement de la source du Puits, mais s'ils voulaient en avoir la réponse, il faudrait bien la chercher. Pour cela, il devraient forcément se rendre au puits. Le regard refléchi de Louis était fixé vers le bassin, mais il écoutait attentivement le Vicomte, en hochant lorsqu'il eut terminé. En effet, s'ils ne commençaient pas par chercher dans un endroit connu, ils ne trouveraient rien.

Le silence s'installa quelques secondes.

Louis se rendit compte que la pluie avait cessé de tomber. Cela faisait déjà quelques temps, mais la chute et l'aide qu'il avait dû apporter à Adrien, et cette conversation qui lui demandait concentration, lui avait fait oublier les intempéris. Tout comme il avait oublié le temps : il était incapable de dire à qui lui demanderait combien de temps il était resté là, à se ballader dans les Somptueux Jardins, avec le Vicomte d'Hasbauer. Il leva alors les yeux vers le ciel : il était sombre, quasiment noir. Seul un croissant de lune blanc et quelques étoiles y brillaient. Son regard redescendit lentement vers les sommets du château, les fenêtres des étages laissaient encore passer de la lumière - qui éclairait d'ailleurs la principale source d'éclairage du lieu dans lequel discutaient les deux hommes -, mais les hautes vitres des grandes salles, au bas du château, n'étaient maintenant traversés que par les rayons de quelques chandelles, n'éclairant la pièce que pour permettre à ceux qui devaient s'en charger de nettoyer les pièces dans lesquels les nobles avaient passé la soirée. Le lendemain, tout allait être propre, comme s'il ne s'était rien passé...

En effet, il ne s'était rien passé. Adrien d'Hasbauer n'avait pas eu d'accident lié à l'eau ce soir-là, et les seules discussions qu'il avait eues avec l'Inquisiteur concernait la pluie et le beau temps, puis quelques fois leurs emplois respectifs. Et les Jardins seraient fermés par pure et simple précaution...

Louis n'aurait d'ailleurs pas le temps de se charger de cette affaire. Son regard rejoint alors celui d'Adrien.


« Il se fait tard. J'irai visiter ce puits dès demain matin, la cause est urgente. »

Il marqua une légère pause.

« Je me permet de vous demander de bien vouloir vous charger de la fermeture des Jardins. Je suis bien conscient que vous êtes très affairé, mais je n'en aurai pas le temps et, par chance, personne n'a pu voir avant nous cet effroyable spectacle. Il ne faut absolument pas que cela se produise... »

Il fixait le Vicomte, attendant une réponse qu'il apprécierait évidement positive.

Lorsqu'ils auraient fini de discuter, Louis s'en irait après avoir salué et remercié son nouvel allié.

Ils partageaient maintenant un secret dont ils ignoraient tout pour le moment, un secret qui était un mystère y compris eux-même...


[ Suivant : Le Puits - Cachant bien des Secrets... ]

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MessageSujet: Re: Sombre Promenade   Sam 9 Fév 2008 - 18:44

[ Désolé du retard, j'espère que ma réponse convient ^^ ]

C’était une situation on ne peut plus bizarre. A vrai dire, elle était à la fois amusante et déconcertante. En effet, si les conséquences qu’elle avait pouvaient être dramatique, et elles pouvaient vraiment l’être car il était maintenant certain que des personnes pouvaient mourir, elle rassemblait, contre toute attente, les pires ennemis pour en faire les meilleurs alliés. Bien que Louis ne sache pas qu’Adrien était un Sorcier d’Olrun, Adrien lui savait à qui il avait à faire et surtout avec quelles précautions il devait agir. Quoique, il n’y avait rien de dangereux pour le moment, Adrien jouait juste le rôle d’un Noble préoccupé par l’avenir des personnes au Château tout comme aux personnes de la ville. Il n’avait pas eu à faire usage de magie et à dire vrai cette affaire était très inquiétante à ses yeux car elle n’avait pas l’air d’être une conséquence d’une quelconque manipulation magique…

De ses connaissances, qu’il ne jugeait ni parfaites, ni complètes, il n’y avait personne en ce monde capable de jeter un tel enchantement, ou sortilège… A vrai dire, ce n’était même pas les compétences qui faisaient défaut mais bel et bien l’existence même d’un tel sort. Adrien savait que plusieurs d’entre eux avaient disparus au cours du temps car ceux qui savaient les maitriser finirent eux aussi par mourir, emportant avec eux leur secret, ou simplement parce que personne n’était capable de reproduire le sortilège, ce qui arrivait plus souvent qu’on ne le croyait… Mais si Alicia avait retrouvé la trace de l’un de ses sorts ? Et si elle était tout bonnement capable de le reproduire ? Des questions cruciales concernant l’avenir entre les deux Clans… Car ce n’était pas le moment de risquer une guerre ouverte.

Finalement, ce fut l’inquisiteur qui le sortit une nouvelle fois hors de ses sombres pensées… Il y avait plus urgent à faire que de se poser d’hypothétiques questions… Importantes certes, mais hypothétiques tout de même, après tout, une fois le mystère résolu, il serait plus facile de répondre aux questions que l’on se posait. Louis indiqua qu’il s’occuperait de l’affaire aux premières lueurs de l’aube, ce qui était on ne peut plus normal compte tenu de la gravité de la situation. Il lui demanda de s’occuper de la fermeture des jardins, chose à laquelle Adrien s’attendait.


« - Je ne vois pas pourquoi je vous refuserai cela. Je m’occuperai de cela dès ce soir. J’ai des hommes fidèles qui ne poseront pas de questions et garderons les accès aux Jardins. Je vais couper l’approvisionnement en eau du bassin et attendre qu’il se vide entièrement, ce qui devrait être fait avant le lever du Jour. Je m’occuperai donc de la jeune fille, ordonnant qu’on l’enterre décemment mais dans le secret le plus total. Dès l’aube, il n’y aura plus de traces d’elle et les Jardins seront fermés par mesure de sécurité en attendant de vérifier la véracité d’un possible retour de la peste en nos murs. Si on demande après elle, je répondrai simplement qu’elle m’a fait part d’un problème dans sa famille cette nuit et qu’elle voulait rentrer chez elle au plus vite, cela devrait calmer les plus curieux. Bien que je doute fortement que quelqu’un s’intéresse à elle…Pauvre petite… »

Mais l’heure n’était pas à la lamentation… Adrien se leva et tendit la main vers l’Inquisiteur.

« - L’heure est maintenant à l’action… Je dois hélas vous laisser pour mettre en œuvre ce dont je vous ai parlé. J’espère que vous trouverez la cause de ce phénomène, mais soyez prudent. Que Dieu et sa Sagesse guident vos pas sur une route sûre vers la vérité, Inquisiteur. Nous nous reverrons surement. »

Puis, après avoir serré la main de Louis, Adrien s’engagea d’un pas rapide vers les affaires qui l’attendaient…
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Sombre Promenade

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