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 Trop de souvenirs sombres

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Oblivius
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MessageSujet: Trop de souvenirs sombres   Mer 28 Nov 2007 - 20:07

Il était tôt ce matin lorsque Théobald s'engouffra dans la Grande rue. A vrai dire, il faisait tout juste jour. Le soleil venait de se lever sur les montagnes et on percevait encore une fine lueur rougâtre dans le ciel. Ce spectacle était d'une beauté exquise. Enfant, Théobald passait des heures couché dans l'herbe à attendre le lever et le coucher du soleil, pour le simple plaisir de s'émerveiller devant cet étalement de couleur. Aujourd'hui, il n'y portait plus guère attention. Ce n'était rien de plus qu'un lever de soleil qui annonçait le début d'une nouvelle journée. La reprise de sa routine, qui tournait, tournait, tournait, et ne s'arrêterait jamais. Tous les matins, c'était le même emplois du temps : Tout d'abord, il fallait donner à manger aux poules, s'assurer du bon fonctionnement des machines, puis les tirer jusqu'aux champs pour travailler. A midi, il avait le droit à une petite pause pour rêvasser. Puis, il reprennait le travail jusqu'au coucher de soleil, ramenait les outils agricoles à la maison, les nettoyait, et enfin aller se coucher. Il n'y avait que le samedi que sa journée différait un peu. Chaque semaine, son père l'envoyait faire les courses en ville. Mais là encore, la routine avait pris racine. Chaque fois qu'il entrait au village, c'était la même chose: on lui souriait de toute dents, on lui passait la main dans les cheveux, et on l'invitait à jouer avec ses enfants. Trop peu pour lui... il n'avait pas le moral à cela. De toute manière, il n'aimait pas les autres enfants. Ils étaient trop bruyants, trop souriants, trop gais...
Il marchait donc sans mot dire, les yeux fixés au sol. Comme aujourd'hui, comme ce matin.

A la différence que ce matin, il n'avait pas cet air indifférent et détaché qu'on lui voyait d'habitude. Contrairement aux autres jours, il serrait les poings autour de son panier et marchait d'un pas rapide. Son regard fixé au sol était étrangement dur, froid. A travers la fine peau qui recouvrait ses joues, on pouvait deviner qu'il serrait les dents.
A quelques pas de là, une femme le salua en souriant avant de lui demander ce qu'il avait. Théobald ne l'entendit pas. Il avançait sans réfléchir, comme s'il cherchait à fuir un être invisible. D'ailleurs, il lançait parfois des coups d'oeil derrière lui. Mais il n'y avait rien ni personne. Personne ne le suivait, personne ne l'observait, et il était bel et bien seul, comme d'habitude.
Alors d'où venaient ces voix qu'il entendait ? Ces chuchotements, ces murmures, ces bribres de phrases lâchées dans un souffle. Ces choses qu'on ne cessait de lui répéter depuis trois jours... ces choses affreuses... si affreuses....

- C'est ta faute... elle est morte.... c'est ta faute... c'est ta faute...

* Je ne sais pas de quoi vous parler * ,
pensa Théobald * Je ne sais rien. Je n'ai rien à dire. *

- C'est ta faute !
,répéta la voix plus fort. Tu l'as tué ! Tu es un meurtrier.

* Je ne connais personne ... je ne parle à personne... je n'ai pu tuer personne *

L'enfant ferma les yeux comme pour soustraire son esprit à cette torture. Il avançait de plus en plus vite, courant presque. Ses sabots de bois frottaient dangereusement contre le sol boueux. S'il continuait à courir ainsi, il tomberait surement. Mais il ne s'arrêta pas. La voix était encore là, derrière lui.

- Tu es un meurtrier. Un meurtrier. Tu l'as tué. Tu l'a regardé mourir. Tu les as laissés faire ! Tu l'a tué !

- Laissez-moi tranquille !
hurla soudain Théobald.

Il stoppa violemment sa course et se retourna le coeur battant. Il n'y avait personne si ce n'est deux ou trois commerçants qui l'observaient avec crainte. Théobald pâlit. Il était fou, fou à lier. Comme si son état actuel ne suffisait pas, il devenait fou. Sa tête lui tournait et il eu envie de s'assoeir. Mais les gens continuaient à le regarder. Ils iraient tout dire à ses parents, et ses parents seraient de nouveau déçus. Non, il ne devait pas les décevoir. Il reprit donc sa marche, les épaules voûtées, le regard fixé au sol.
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Meneuse
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MessageSujet: Re: Trop de souvenirs sombres   Sam 29 Déc 2007 - 1:29

La Nuit avait été bien courte pour la Meneuse... Après son entretien avec l’Inquisiteur hérétique et psychologiquement labyrinthique, Avatar, elle avait eu bien du mal à retrouver tous ses esprits. Le combat intellectuel qui les avait opposé quelques heures au par avant était bien l’un des plus intense qu’elle ait vécu et sa victoire avait été orchestrée pour sa vie et celle de son clan elle le savait, et c’est bien ça qui la perturbait. Ces Inquisiteurs ne devaient pas être sous estimés. De plus, ce Chasseur semblait avoir des informations à propos des différents clans de sorcières, ce qui à première vue était de très mauvais augure. Retournant au Château de Frauenberg par des chemins détournés et tortueux, afin de s’assurer qu’elle n’était pas suivie, elle avait longuement réfléchi. Les réponses aux questions au sujet de l’Eau qu’Alicia était allé chercher dans la taverne, elle les avait eu, chèrement, mais elle les avait. Elle avait à présent tout les élément sauf deux, et la trace menant à ces inconnues était faite par la clef des éléments déjà obtenus : le vieux Puits. Qu’y avait il dedans ? Et qui avait commis l’acte qu’Alicia ne pouvait voir que comme occulte ?
Une entrave se mettait également sur sa route. Avatar connaissait également cette clef. Et il semblait évident que le lendemain matin il s’y rendrait, comme Alicia et verrait son visage au grand jour. La Meneuse ne pouvait donc pas y aller. Mais il lui fallait absolument les réponses qui s’y trouvaient… Elle en était presque obsédée, il lui fallait à tout prix les bonnes réponses ! Alors comment faire ? Au départ, elle avait bien pensé à demander à une des sorcière du Lys Noir d’y aller pour elle, après tout c’est en elle qu’Alicia avait le plus confiance. Cependant, si la sorcière en question se retrouvait face à Avatar, sa vie serait gravement menacée… Non elle ne pouvait demander pareille chose à une de ses soeur. Mai alors à qui ? Alors lui vint une idée, loin d’être sans risque… Et si plutôt que de compter sur la Confiance elle se fiait à l’Innocence ? C’était un coup à jouer, puis après tout c’était probablement la meilleure chose à faire en sa situation.

L’Idée pouvait sembler lâche et sournoise, mais à cause désespérée, mesures appropriées…

Le Soleil entamait à peine sa percée des cimes de la grande colline lorsqu’ Alicia avait fait son arrivée discrète dans la Ville Alors les couleurs qu’elle avait vu crépusculaires et qui lui semblait si récentes semblaient resurgir pour relever le grand Astre. Alicia n’avait presque pas dormi, une fois arrivée au Château elle était allé aux cuisines, avait discrètement et précautionneusement prélevé un échantillon d’Eau ensorcelée dans une fiole de cristal et était allé dans sa chambre pour réfléchir puis dormir un peu. Mais malgré ça, motivée, presque hypnotisée par son but, la Belle n’était pas fatiguée. Elle furetait, flottait telle une Ombre dans les rues, encapuchonnée et couverte d’une longue cape noire. C’est alors qu’elle vit cet enfant étrange. Il semblait introverti et presque gêné d’être là dans cette rue, les commerçants du coin le regardaient, celui-ci les ignorait. Et à l’évidence il ne la voyait pas. Alicia était dressée là au milieu de cette rue telle une Ombre douée d’un corps. Grande et ténébreuse comme elle l’était si naturellement. Elle attendit qu’il arrive à quelques centimètres d’elle et lui adressa quelques mots…


« Bonjour jeune homme... »

Le ton était aimable mais loin d’être mièvre ! Alicia n’avait jamais eu l’occasion de côtoyer des personnes beaucoup plus jeunes qu’elle, et trouvait souvent ridicule la transformation de la personnalité que prenaient souvent les adultes face à des jeunes. Pourquoi les considérer d’office comme à moitié demeurés ? Elle profita de l’effet de « surprise » pour continuer :

« J’aurai une proposition qui pourrait te séduire à te faire… »

Pour le coup, Alicia préférait entrer au plus vite dans le sujet. Le jeune Homme semblait pressé et tracassé, il lui fallait donc le captiver le plus rapidement possible, il avait de plus tout à fait l'air apte à la mission d'Alicia… Elle pénétra alors ses yeux bleus de son regard émeraude avec un léger sourir.

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