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 La Messe de Cendres (#2)

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Meneuse
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MessageSujet: La Messe de Cendres (#2)   Dim 24 Fév 2008 - 15:49






« Amen »
Les paroles liturgiques du prêtre se terminaient, mais la messe pour une fois eut une fin bien différente, oui une fin rythmée aux tambours battant, une fin au goût de cendres...

À la fin de la cérémonie, alors que tous allaient retourner à leur vie monotone, alors que tout le village s’apprêtait à sortir de l’Église, un bruit ambiant saccadé et régulier mais lointain se fit entendre, Les grandes portes s’ouvrirent lentement, laissant entrer une lumière éblouissante descendue d’un ciel blanc, et envahissant la pièce du son des tambours. Une fois que les yeux se furent habitués à la lumière du monde réel, des exclamations résonnèrent dans toute la Nef.
Sur la place de l’Église, dans un vent hurlant où dansaient quelques légers flocons, les gens s’arrêtèrent en cercle autour d’une scène à la fois banale pour le symbole et originale par la cérémonie pour les habitants : se trouvaient face à eux, dos à l’Église trois femmes uniquement vêtues des mêmes robes grises volant au vent, elles tremblaient, alignées et attachées à de longs pieux cernées de fagots de bois. Leur visage était masqué sous sac de tissu posé sur leur tête. Leurs cheveux longs dépassaient et volaient frénétiquement au vent, semblant chercher une échappatoire inexistante. Une sorte de tribune avait été installée, en même temps que tout le dispositif, à quelques mètres face aux accusées coupables, face à leur destinée. Les gens prenaient place dans une rumeur presque qualifiable de festive…




Le Ruissellement des Souvenirs avait marqué les esprits, et s’était étendu dans toute la ville. En réalité, ses échos avaient coulés jusqu’aux oreilles des hautes sphères des autorités religieuses, qui attendaient déjà beaucoup des effectifs exceptionnels mis en place dans cette région « infectée », et voilà cette affaire ! Au comble de l’horreur, des ordres avaient été donnés, des ordres clairs, aux attentes radicales…



Le Principe sera que chacun poste une fois, vous pourrez ainsi développer au mieux les doutes, les affirmations, les intensions, les désirs, les obsessions, les buts, les sentiments etc... de votre personnage, profitez en ! Ce Bûcher vous l'aurez compris clôture le premier scénario moteur pour la suite. Il pourra vous servir de mise au point. Ceux désirant développer encore avec une autre personne après leur post pourront bien évidemment ouvrir un topic dans la même partie pour continuer.
Il s'avérerait très utile de lire ce que chacun dit, car cette scène n'est pas figée, Louis Institoris va discourir, et Alicia va faire une remarque, il se peut utile pour la suite des évènements et qui devra être reprise naturellement par toutes les autres sorcières... Bref, concentrez vous également sur les autres pour éviter toute incohérence. Il n’y aura pas d’ordre précis de passage ou autre, seulement pour les trois premiers car c’est indispensable : Louis, Alicia puis Elisabeth d’Hasbauer. A vos plumes !

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Dernière édition par Alicia le Mar 13 Juil 2010 - 0:42, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: La Messe de Cendres (#2)   Mer 27 Fév 2008 - 21:17

[Précédent : Le Puits - Cachant bien des Secrets...]

« Amen »


Achevant la Messe, cette ultime parole résonna dans toute l’Église, silencieuse. Soudain, après quelques secondes, ce mutisme fut brisé par des percussions cadencées venues de l’extérieur. Les visages chagrinés à peine tournés vers les grandes portes de l’Église de Zetting, celles-ci étaient déjà ouvertes, laissant entrer une lumière blanche dans l’a grande pièce ténébreuse. Le prêtre, de blanc vêtu, disparut lorsque la clarté pénétra dans la bâtisse. À l’extérieur, dans l’encadrement de la porte, on distinguait nettement trois silhouettes obscures déchirant la blancheur du ciel de Forbach.

L’harmonie des chrétiens rendus à la Messe se transforma en une cacophonie d’ensemble. Les hommes et les femmes immobiles il y a quelques secondes encore bondissaient maintenant, trépidants de curiosité et d’impatience de découvrir ce qui attendait dehors. Ils grouillaient partout face au spectacle qui s’apprêtait, comparables à une bande de rats tout juste libérés. En un rien de temps, tout le monde eut compris.

Trois femmes, tremblantes, vêtues de légères robes grises s’agitant à mesure que le vent soufflait, tout comme leurs cheveux dépassant des tissus qui leur couvraient la tête, s’éparpillant dans ce courrant d’air, étaient attachées à de longs piliers de bois, encerclées de bûches et de paille : trois sorcières. Un bûcher. Bien différent, cela allait sans dire. Habituellement, les autodafés n’étaient pas organisés sur le Parvis de l’église, et encore moins à la sortie de la Messe. Mais celui-ci semblait plus exceptionnel que les autres.

Lentement, les gens prenaient place, se calmaient, mais un bruyant murmure restait, incessant.

Une cape noire s’avança alors sur l’estrade vide, mise en place pour l’occasion, qui se situait face à la foule, à la droite du bûcher où se tenaient attachées les trois condamnées. Au fur et à mesure que le bruit des pas sur le plancher en bois de l’estrade s’amplifiait, les chuchotements se taisaient. Tous reconnaissaient, sans exception, le Dirigeant de l’Inquisition, au regard assassin, un regard qui convenait plus que jamais à la situation. Il avait l’air d’observer chacun des êtres qui se trouvaient face à lui, les uns après les autres, les menaçant de se retrouver, sous peu, à la place de celles qui ne comptaient maintenant plus que les minutes avant leur fin.

Tout juste arrêté, il mit fin au silence chaotique qui s’était installé au fur et à mesure de son avancée.


« Coupables. Ces filles du Diable, n’attendant plus que le supplice qui les conduira au sommeil éternel, et tous leurs frères, toutes leurs sœurs, confortablement installés parmi vous, ont été jugées coupables.
Par leurs crimes lucifériens, elles ont marqué à vie dans notre mémoire ces derniers mois de souffrance. Elles nous ont rappelé les pires instants de notre existence, elles nous ont rendus esclaves de notre mémoire et ont même entraîné certains des nôtres dans l’oubli éternel grâce à ces souvenirs assassins.
Elles ont ensorcelé le Puits, notre seule source d’eau, et l’ont transformé en porteur de cet alcool démoniaque qui nous a mené à la Folie, sans jamais éprouver aucun remord. Le remord est humain ; elles sont diaboliques. Aujourd’hui, elles tentent de feindre la tristesse qu’elles ne peuvent éprouver réellement, cherchant le pardon divin, cherchant à se repentir auprès du Seigneur. Il n’est pas dupe. Nous guidant à distinguer le Bien du Mal, Il nous a aidé à les conduire jusqu’ici, à leur fin.
Certes, il en reste d’autres, en liberté, se croyant encore bien loin de tous soupçons, mais aucune d’entre elles ne nous échappera… Aucune d’entre vous ne nous échappera !
Leurs camarades suivront jusqu’à ce que le salut soit apporté sur Forbach, sur la Terre entière.
Qu’il en soit ainsi.
Que brûlées soient les coupables.
»


L’homme qui venait de discourir était connu pour sa forte présence, son grand charisme. Une carte qu’il n’avait jamais hésité à abattre lorsqu’il le fallait, et sur laquelle il avait grandement joué ce matin-là. Il fallait terrifier celles d’entre « elles » qui se cachaient dans la foule, et même dans les tribunes réservées au nobles, car, il le savait désormais grâce à l’inquisiteur Avatar, les Sorcières se cachaient jusqu’au plus près de leur adversaire, dans le Château de Frauenberg.

L’Inquisiteur en Chef se tourna vers ces « coupables », et dévoila les pâles visages éplorés de chacune d’entre elles, les fixant chacune dans les yeux, d’un regard affirmant la Victoire de l’Inquisition, la Victoire de Dieu.
Il s’éloigna, une fois leurs trois visages dévoilés.

Dans un même mouvement, les bourreaux allumèrent les trois bûchers, et les flammes prirent une ampleur importante en un rien de temps, ne laissant plus aucune échappatoire à ces êtres vils. Louis Institoris, à quelques pas de là, admirait le spectacle. Ces visages douloureux, ces cris de souffrance, ces regards déchirants. Il n’en entendait rien.

Jusqu’à leur dernier soupir, elles auraient tenté de se sauver, mais la colère de Dieu s’exprimait dans le brasier ardent qui les emprisonnait : elles payaient pour les crimes dont elles étaient coupables.


[Suivant : La Collégiale - La Roue Tourne...]

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Dernière édition par Louis Institoris le Mar 16 Sep 2008 - 20:45, édité 2 fois
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Meneuse
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MessageSujet: Re: La Messe de Cendres (#2)   Mer 27 Fév 2008 - 21:45

Les paroles étaient longues et sans âme aux oreilles blasées de la noble Sorcière… Elles glissaient de cet homme tout de blanc vêtu, et venaient se lover dans les méandres fœtales de ces « fidèles » dont la foi relative en leur prophète crucifié ne dépassait, pour la plus part, pas l’espoir d’une amélioration de leur misérable vie… Soit, les chimères de leur passé s’étaient tues en leur mémoire, mais les séquelles étaient pour un bon nombre irréversibles ; l’une des servantes d’Alicia avait vu son mari perdre la tête à cause de l’Eau enchantée : sa soif trop grande et un verre d’eau de souvenir en appelant un autre, il en vint au bout du troisième à préférer mettre fin à ses jours... Plusieurs femmes, en effet, étaient toutes de noir vêtues. Et en cet instant, Alicia se disait qu’elle-même leur serait bien plus utile que ces stériles paroles prétendues sages.

« Amen »


Tous se levèrent et débutèrent le signe chrétien, invoquant une trinité qui aurait bien donné à la Meneuse l’envie de rire tant celle–ci lui paraissait apocryphe. C’est alors que le rythme débuta, une musique presque tribale. Tous les regards se tournèrent vers les grandes portes, stoppant net le signe de croix. Tous se retournèrent pour sortir, c’est alors que les deux grandes portes, en un grincement sinistre, s’ouvrirent, disséquant les ténèbres de la Maison de Dieu. Les yeux d’Alicia la brûlèrent quelques instants. Le son des tambours résonnait plus fort dans toute l’église, l’animant d’un dynamisme, il faut l’avouer, peu habituel… Tous sortirent au plus vite admirer le spectacle, sans doute fabuleux, qui tenait place sur le parvis. Les habitants du château, n’attendirent même pas de sécurisants soldats pour sortir dehors, mêlés aux villageois, tous semblaient hypnotisés par la musique et attirés par la lumière. En quelques secondes l’Église était presque vide, seul le prêtre était resté en arrière. Le troupeau semblait au loin former un cercle… Alicia quant à elle avançait toujours lentement vers la sortie, infiniment intriguée par cette scène pour le moins inhabituelle.
Lorsque ses yeux se déposèrent sur l’attraction principale, au milieu des cris de joie des misérables qui ne comprenaient décidément rien à rien, une longue sueur froide parcourue la jeune femme. Trois femmes tremblantes, toutes raidies par le froid et la peur, étaient là, entourées de bois sec prêt à porter les flammes de l’infernale et destructeur esprit humain.
Un noble du château posa respectueusement sa main sur l’épaule de la jeune femme afin de lui signaler qu’ils étaient attendus un peu plus loin. Alicia le suivit, sans poser de questions, elle était comme dans une réalité altérée, les cris étaient si puissants dans la foule, qu’Alicia n’entendait plus rien, les yeux fixés sur les trois silhouettes faiblement dressées face à des tribunes grossièrement improvisées où le noble la conduit afin de « mieux admirer la déchéance du Malin, cette victoire, ce pas de plus vers la Vertu, vers Dieu », vers la Folie… Alicia pris donc place, face à ce qu’elle avait toujours tenté d’éviter : une exécution, s’efforçant d’assurer son attitude, d’endurcir son regard voir même de… sourire pour ne pas laisser transparaître son angoisse, son incompréhension, son dégoût. Oui, elle ne doutait pas que cet évènement avait bien entendu pour but de surprendre tout le monde à un instant et un lieu commun à tous, de surveiller les comportements laissant entrevoir la moindre accointance avec ces appelées à la Mort, de repérer les futures victimes… Louis Institoris, avec tout le charisme qu’il avait pour don probablement hérité de son arrière-grand-père, discourut.

Un discours de haine, sans cœur, un discours inquisiteur ! Ces femmes auraient donc été jugées coupables… Par qui ? Par lui ? Par Dieu ? Lui parlait de remord comme étant le bien de l’Humanité, lui n’avait aucun remord, s’il suivait sa pensée, il se rendrait bien compte que le Diable s’exprime par sa voix.

Le Ciel était d’encre, mais rien n’en coulait… En vérité, vu le dispositif mis en place pour l’autodafé, toute la tristesse de la voûte céleste, toute les larmes du firmament, rien ne pourrait stopper cette machine infernale. Non rien ne semblait pouvoir stopper l’Inquisition ! Et alors que ces désespérantes pensées s’encraient dans l’esprit d’Alicia, l’Inquisiteur en chef souleva les masques de tissu des condamnées, révélant leurs visages à demi voilés par leurs cheveux voletants, des visages aux yeux embués, aux joues ruisselantes, aux lèvres palpitantes. Imploraient elles la pitié ou bien la fin ? Un homme déversa une grande quantité d’une huile préalablement bénite par le prêtre. Trois Bourreaux approchèrent portant à leur main chacun une torche allumée de la lueur même qui habitait leurs yeux. D’un même geste, dans une synchronisation diabolique, ils embrasèrent la scène dans une déflagration d’Horreur. Les cris de la foule se turent aux premiers crépitements, les pleurs des trois femmes devinrent alors plus audibles, ils laissèrent rapidement place à l’expression la plus insoutenable de leur souffrance. Le vent soufflait toujours plus fort, attisant les flammes affamées qui se miraient dans les yeux impuissants d’Alicia, qui ne put empêcher de couler une larme où se reflétait le regard qu’elle reconnaissait à présent : celui de Gabrielle de Mortelune, son amie, sa sœur, la sœur de toutes les Sorcières du Lys Noir, dont la plupart étaient là, non si loin d’elle…

C’était bel et bien une partie d’elle-même qui s’embrasait avec Gabrielle. Son cœur s’allumait d’un feu dévastateur, ses yeux d’une lueur vengeresse. L’Inquisition cueillait ce matin un Lys Noir et devrait en sentir le fin poison, plus fulgurant que toutes leurs flammes, Alicia comptait bien faire naître sous leurs pieds un Enfer digne de celui qu’ils craignaient tant.

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MessageSujet: Re: La Messe de Cendres (#2)   Dim 2 Mar 2008 - 13:30

Bien que ne partageant plus les croyances des gens qui l’entouraient, Elisabeth aimait se trouver en cet endroit. Cela était si paisible, que rien, pas même la présence d’Alicia dans les parages n’aurait pu perturber sa tranquillité. Ce lieux était comme protégé, elle avait l’impression que rien ne pouvait l’atteindre ici tant le mal semblait rester en dehors de ce lieux. Naturellement, pour Elisabeth, "le mal" ne signifiait pas la même chose que pour la majorité des fidèles réunis ici, pour elle cela signifiait surtout qu’elle était à l'abris de toutes menaces. Ces dernières semaines avaient été éprouvantes, mais ces derniers jours, cela était fini et plus aucuns fantômes de son passé n’étaient venus la hanter. Elle était consciente d’avoir eu de la chance, d’autres n’avaient pas tenu le coup face à des souvenirs qu’ils essayaient sans doute désespérément d’oublier. Plusieurs de ses gens étaient en deuil et dans une sorte de solidarité, elle était toute de sombre vêtue.

« AMEN »


Voilà, la messe était, fini, après ce moment de calme et d’accalmie, la tempête allait pouvoir reprendre … Elisabeth tourna la tête, elle n’avait pas vraiment prêter attention au bruit saccadé qui venait de l’extérieur, pensant au départ que cela n’était que le vent qui jouait dans les hauteurs de la cathédrale. Mais le bruit était à présent trop rythmé et trop artificiel pour être l’œuvre d'une force naturel, non, ce bruit c’était à l’homme qu’on le devait. Alors que les premiers paysans sortaient de l’église, un murmure commençait à s’élever parmi les gens qui pressaient le pas, pour voir ce qui se passait dehors, faisant preuve selon Elisabeth d’une curiosité malsaine. Qu’est-ce qui avait bien pu se passer pendant qu’ils étaient ici en train de se recueillir ?
Elisabeth sortait toujours parmi les derniers de l’église, attendant que l’extérieur soit sécurisé avant d’oser s’aventurer dehors. En effet la dame n’aimait guère la foule, après tout, parmi la foule on était anonyme et quoi de mieux pour commettre un acte sanglant ? Bref, elle finit par sortir, remettant la capuche de son vêtement, pourpre parsemé de motifs floraux de velours noir. Lorsque ses yeux se furent habitués à la clarté du jour, elle se stoppa nette. Là, trois femmes étaient attachées, toutes trois habillées pareils, il ne fallait pas être d’une intelligence supérieure pour comprendre ce qui se passait et le destin qui les attendait. Elisabeth savait, elle connaissait déjà les cris, les supplications, la douleur qu’on pouvait lire sur le visage d’une femme qu’on brûlait. La dernière fois qu’elle avait assisté à cela, elle était enfant et elle avait réussi à faire en sorte que ces images ne la hantent pas en se disant que cette femme parmi les flammes avait fait grand mal et avait donc mérité son sort. Mais aujourd’hui, elle savait ; elle savait que l’horrible sort qui attendait ces femmes n’était le fruit que de la peur des hommes, et souvent de leur jugement arbitraire. Il fallait un coupable à tout prix pour ce qui venait d’arriver et ces trois malheureuses allaient payer pour apaiser les esprits et pour que les gens se sentent à nouveaux en sécurité.
Une main dans son dos, sûrement celle d’Adrien, la guida, puis elle prit place parmi les autres nobles. Le hasard fit même qu’elle se trouva non loin d’Alicia, mais elle n’en avait que faire et ne le remarqua même pas, tant ses yeux ne pouvaient se détacher des trois pauvres victimes. Elisabeth savait être impassible, enfin, jusqu’à un certain un point, elle était sans doute un peu blanche, cela lui rappelant de mauvais souvenirs… N’était-ce pas encore un de ses cauchemars ?

Puis le vent porta distraitement les paroles de Louis à ses oreilles, un discours rempli de haine et de menace, un discours d’inquisiteur en somme. Elle ne s’attendait pas à moins de la part d’un chasseur à la solde de l’église ! Elle réussi tout de même à détaché son regard des malheureuses pour regarder celui qui prononçait ces paroles si dures et si fausses. Le visage de la dame reflétait-il son incompréhension ? Sans doute légèrement, mais rien qui justifie des soupçons … enfin, tout le monde était suspects, elle le savait par un inquisiteur, cet homme du nom d’Avatar qu’elle avait brièvement croisé. Donc, disons plutôt aucun comportement qu’elle ne serait justifier.

Après le discours, on ota ce qui cachait le visage des femmes. C’est alors qu’elle reconnu Gabrielle, noble qui appartenant au Lys Noir, mais ce n’était pas pour elle qu’une certaine tristesse se lisait sur son visage, c’était pour une des autres jeunes filles, celle qui était venue lui demandé son aide et qu’elle avait laissé se faire emmener. Elle avait ensuite repensé à cette recontre, cette jeune fille lui avait parlé d'une femme, Aurore, qu'elle croisait en allant au monastère et Elisabeth en avait donc conclu que la jeune fille devait être Catherine De Malbois, sa protégée. Elle s’était efforcée de penser, puisque son père appartenait à l’Inquisition, que peut-être la jeune fille croupirait en prison pour le reste de ses jours, ce qui aurait sans doute été préférable au sort qui l’attendait parmi les flammes.

Lorsque le braisier fut allumé, elle ferma brièvement les yeux, puis porta son regard vers l’Inquisiteur qui avait discouru. Il regardait les souffrances des trois femmes sans que le moindre remords ne vienne entacher son visage, normale sans doute puisqu’il pensait qu’elles étaient diaboliques. Tout de même qui pouvait rester insensible à ces cris et à cette douleur qui s’affichaient sur les visages des pauvres victimes ? Elisabeth avait détourné le regard, elle savait, parce qu’elle l’avait déjà vu ! Et elle ne sentait pas la force de voir cela à nouveaux.

Elle remercia le ciel, ou plutôt le destin qui avait fait que ses enfants étaient restés au château. Léonce était légèrement malade, elle avait refusé qu'il sorte et elle avait voulu qu'Alexandrine reste aussi, même si les cauchemars étaient terminé, la petite fille restait fatiguée et Elisabeth avait tenu à ce qu'elle se repose un peu. Puisque la nourrice souhaitait aller assister à l'office, c'était Adrien qui était resté avec eux. Officiellement, il était resté au château parce qu'il avait des affaires à réglées, il n'était en effet pas correct qu'il reste pour s'occuper des enfants !

Ses yeux se promenèrent ensuite dans l’assistance, cela ne fut pas une surprise que de constater que certaines personnes épiaient les réactions de l’assistance, des inquisiteurs, ou des soldats à la soldes des inquisiteurs sans doute. Elisabeth n’était pas très inquiète quand à ses réactions, elle avait appris par sa mère à faire toujours comme si on l’épiait dans le but de lui nuire.

Lorsque les cris eurent cessé, alors son regard se porta de nouveaux, vers les bûchers, elle réprima les sanglots qui lui venaient, ce n'était ni le lieux ni le moment de pleurer. Pourtant, elle se sentait si coupable, elle aurait dû sauver Catherine. Et ce même si elle ignorait tout d’elle, même si cela lui aurait coûter cher, elle aurait dû essayer… Elle se sentait si responsable, finalement, c’était de sa faute si cette pauvre âme s’était retrouvée dans ces flammes, c’était comme si elle avait elle-même allumé le bûcher de la malheureuse.
Elle n’oubliait pas que deux autres femmes avaient également péri, l’une lui était inconnu et l’autre était des ses ennemies, mais elle ne pouvait pourtant pas s’en réjouir, personne ne méritait une telle fin, personne !

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Par delà les ténèbres et la mort,
ta voix me guidera à jamais, parce que l'amour est éternel


Dernière édition par Elisabeth le Ven 14 Mar 2008 - 21:19, édité 1 fois
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Oblivius
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MessageSujet: Re: La Messe de Cendres (#2)   Dim 2 Mar 2008 - 18:18

Le vent soufflait très doucement quand l'inquisiteur arriva. La messe avait déjà débuté, elle devait même être sur le point de se terminer. Il n'entra pas dans l'église, d'ailleurs il n'y entrait que très rarement et jamais pendant les messes. Ces déblatérations massives de textes sacrés sans queue ni tète, ces discours lyriques lancés à une assemblée dont la dévotion est aussi fausse que les croyances... Si l'inquisiteur était venu devant l'église c'est parce qu'il avait eut vent d'un bûcher s'y préparant. Et il avait eu raison de venir, les tréteaux étaient déjà placés, des soldats amenaient les prétendues sorcières sur ceux-ci, on les attacha à leurs poteaux sans qu'elles ne puissent profiter des derniers rayons de soleil qui les berçaient. Rien que le fait de masquer ainsi leur visage à l'orée de leur mort était inhumain, la dernière chose qu'elles verraient derrière les flammes ce serait la foule riant à plein poumon...

L'inquisiteur s'arrêta avant d'arriver sur la Place, il s'installa sur un tonneau qui traînait là dans une ruelle affluente à la Place. Son dos était collé contre le mur d'une maison, son chapeau baissé portait sur son visage l'ombre de ses pêchers, il ne regardait plus la place. Il fixait le sol, un sol meuble, un sol fait de terre, un sol sans pavé... Ce sol dans lequel nous retournerons tous. Si c'est le cas alors cette terre est pourrie jusqu'aux racines...

La messe battait sûrement son plein lorsqu'une musique vint troubler le silence. Quelques minutes passèrent et les imposantes portes de l'église s'ouvrirent. L'homme assit sur son tonneau tourna la tète, il voulait voir le visage de ceux qui se réjouiraient de trois morts, et les visages il les vit... Des "connaissances", des personnes déjà rencontrées... Le peuple était nombreux, tous ces monstres qui s'apprêtaient à regarder la mort en face, tous ces fous qui allaient punir des prétendues innocentes... La sorcellerie est peut-être moins dangereuse que la religion... L'homme est la seule variable démoniaque... L'homme est le seul animal de cette terre...

Toutes ces choses pensantes et marchant sur deux pattes qui se croyaient supérieures s'installèrent autours du bûcher, les nobles étaient aux meilleurs places, il en reconnu certain avant de retourner son regard vers le mur qui lui faisait face.
Louis Institoris, cette voix il l'avait entendue il y a peu de temps et il ne l'avait pas oubliée. Il n'eu pas besoin de tourner son regard pour le reconnaître. Cet homme était le véritable fou de cette assemblée. Il discourut, un discours sans fondement, un discours qui n’avait de justification que dans la bible, et encore... Un discours que même Avatar n'aurait pu tenir s'il avait été fanatique plutôt qu'hérétique.


"Que brûlées soient les coupables."

Vingt-huit lettres... Cinq mots... Dix minutes de souffrance... Trois morts.
Ava tourna une dernière fois le regard avant que le brasier divin ne soit allumé, avant que les flammes infernales ne viennent lécher les corps encore conscients devant une foule aux aguets. On venait d'ôter leurs caches aux visages des sorcières... L'une d'elle était la sorcière rencontrée dans les bois, l'une d'elle était une femme qu'il avait rencontrée près du puit... Si elle avait été coupable alors pourquoi serait-elle tombée dans son propre piège aux cotés de l'inquisiteur... Si elle avait été coupable... Méritait-elle la mort...


"Il dirigea ses pas dans des sentiers d’erreur en suivant du bien de fausses images qui ne tiennent aucune promesse"

Dante avait tord, pour une fois, aujourd'hui ils tiennent leurs promesses bien que les images ne soient pas plus fondées... Et c'est bien pire.

Avatar descendit de son tonneaux quand les torches allumèrent les bûchers, il ne regarda pas ce macabre spectacle rythmé par une sordide musique, il tournait le dos à la Place... Mais il s'arrêta sans pouvoir continuer d'avancer... Les cris parvinrent à ses oreilles. Ses yeux se clorent. Son coeur battait, et il le sentait pour une fois. Son poing se ferma, se serra et son esprit s'enflammait en même temps que le corps de ces femmes...

Les cris finirent par se stopper... S'en était finit. Les yeux de l'inquisiteur se rouvrirent et il se retourna enfin, faisant face aux corps qui continuaient de brûler, au peuple qui acclamait Louis...
Les flammes dévoraient les restes des sorcières. Elles ne faisaient que ce pourquoi on les avait allumées. L'homme était-il identique ? Ne faisait que ce pourquoi on l'avait créer ?... Tuant, brûlant, accusant... Etait-ce là sa mission ?... Si oui alors Avatar ne serait plus un homme.

D'une main il prit le pommeau de son arme et la sorti de son fourreau. Ses pulsions le poussaient à venger ces trois femmes, à défaut de pouvoir les aider. Et son esprit lui disait de ne pas agir, de venger ces sorcières en détruisant l'inquisition, pas en lui donnant un nouvel hérétique à brûler... Son esprit fut le plus fort. L'inquisiteur planta son arme dans le sol, en plein milieu de la ruelle, puis il se retourna et parti, le coeur lourd et l'esprit incandescent. Il partit pour ne pas se trahir. Il partit pour ne pas se punir de ce bûcher... Mais il fuyait quand même.

Dans sa tète se succédaient les images que l'eau avait fait remontée, le bûcher de sa tutrice, ce gamin qui voulait à tout prix la sauver... Et ces images s'opposaient à celles d'aujourd'hui. Avant l'enfant avait besoin de deux inquisiteurs pour le retenir dans ses envies de sauvetage... Aujourd'hui il incarnait à lui seul les deux inquisiteurs... Et l'enfant restant enfermé entre eux, condamné à regarder la mort sans jamais pouvoir l'arrêter... Condamné à tourner le dos à ses idées sans jamais pouvoir agir...

Et l'homme disparaissait entre les rues, dans le labyrinthe que représentait la ville. Disparaissant pour s'assurer de ne pas apparaître...
Et l'arme restait plantée face au bûcher, le scrutant, l'appréciant. Elle était la marque d'un passé, la marque d'un passé désormais refoulé...
De quoi serait fait demain ? De mort, encore, de mort, toujours... Reste à espérer que la roue tournera comme elle le fait si bien, et que les morts ne restent pas constament dans le même camp...
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MessageSujet: Re: La Messe de Cendres (#2)   Lun 3 Mar 2008 - 0:44

[Précédent -> Présence...ou pas]

Europe s’ennuyait.
Ses paupières avaient tendance à se fermer toutes seules et sa tête à piquer en avant. Elle n’y pouvait pas grand-chose, car la messe, interminable discours drapé dans sa parure de circonlocutions, ne l’avait jamais vraiment passionnée. Après s’être émerveillée une ou deux fois de l’extraordinaire aptitude des hommes à s’inventer des religions saugrenues et s’imposer des épreuves, on finissait forcément par se lasser. Elle écoutait sans les entendre les paroles du prêtre, tout de blanc vêtu, qui sonnaient creux et n’évoquaient dans son âme rien de très familier. L’idiome ecclésiastique lui était comme étranger et lointain. L’homme d’Eglise immaculé était debout, surplombant la pléthore de fidèles massés bien sagement sur les bancs et qui baissaient pieusement la tête, buvant chacune de ses paroles. Ses prunelles violines reconnurent, quelque part sur sa gauche, Elisabeth, une Aguerrie du clan. La jeune femme se remua un peu sur son siège de bois inconfortable, réprima un soupir, et leva la tête pour observer les hautes voûtes romanes tavelées qui semblaient se perdre elles-mêmes dans leur immensité. Même si les activités religieuses qui s’y tenaient étaient ennuyeuses au possible, l’Eglise de Zetting possédait un charme indubitable de part son architecture à l’apparence sobre et immuable, songea la Sorcière en laissant dériver son regard sur les vitraux diaprés.

Son voisin, un homme mal dégrossi, lui lança un regard véhément, irrité par son agitation. Europe se tint tranquille jusqu’à ce que retentisse le gong final qui marquait la fin de cette séance de lavage de cerveau. Le « Amen » collectif bruissa sourdement dans la petite Eglise, à moitié étouffé par les raclements du bois sur le sol de pierre froid. Europe, distraite, se trompa au moment de faire le signe. Heureusement, cette bévue passa inaperçue dans la myriade de bras alentour qui s’agitaient, unis dans un même mouvement. Puis elle se leva, soulevant sa fine silhouette recouverte d’une somptueuse robe d’un noir corbeau, décorée d’innombrables fils d’or incrustés dans le tissu. Les lacets de son corset étaient également dorés, mettant en valeur le galbe de son décolleté en partie masqué par de longues anglaises aux reflets purpurins, tombant d’une haute coiffure à la Fontanges rehaussée par des épingles d’or. Tandis que la foule se dirigeait comme de coutume vers la sortie, s’apprêtant à retourner à sa vie de dur labeur, de labourage des champs, d’élevage de poules et autres animaux, il se produit un événement que nul n’avait anticipé.


Boum. Le bruit d’un tambour résonna quelque part à l’extérieur de l’Eglise. Boum. Europe fronça les sourcils, intriguée, tandis que le son se faisait plus insistant et rythmé, s’accordant sans qu’elle s’en aperçoive à sa propre cadence cardiaque. Boum. Les grandes portes de Zetting s’ouvrirent, déversant un flot de lumière crue et aveuglante; la suite se déroula dans une sorte de brouillard confus pour la Prêtresse qui sentit son cœur rater un battement à la vue du spectacle dressé sur le parvis. Une horreur sans nom la figea sur place tandis qu’elle sortait, bousculée de tous côtés par la foule impatiente et excitée qui prenait place devant le bûcher en scandant des injures et des cris triomphants. Ses mains se mirent à trembler tandis qu’elle forçait ses jambes à avancer, un pas après l’autre, vers l’orée de la mort. Une voix anonyme à côté d’elle la pria de rejoindre la tribune destinée aux nobles; la Prêtresse ne l’entendit même pas. Son cœur cognait si furieusement dans sa poitrine qu’il lui faisait mal. Le temps sembla s’arrêter et, avec une lenteur infinie, le visage des condamnées fut mis à nu, dévoilant leur faciès implorant, torturé, baigné de larmes. La jeune femme, complètement déconnectée de la réalité, remarqua dans un état second qu’elle connaissait une des Sorcières sur le point d’être brûlées. Gabrielle de Mortelune. Du Lys Noir. Peu importe. Le mot « clan » avait en cet instant perdu tout son sens. Et puis Louis Institoris se dressa, symbole vivant de la cruauté, sur l’estrade, imposant le silence d’un simple regard de ses yeux aussi sombres que la nuit. Sa voix résonna avec conviction, prêchant la mort et le désastre, alors que quelques instants auparavant le prêtre prônait dans l’Eglise un monde messianique.

Cette homme était fou, fou à lier; Europe l’aurait volontiers foudroyé sur place. L’éclat de ses prunelles carminées refléta bientôt le brasier lamé d’orange et d’or qui s’éleva en une danse furieuse autour des femmes suppliantes, rongeant leurs chairs, roussissant leur peau, enflammant leur cheveux. Sans qu’elle ne s’en aperçoive, les lèvres de la Prêtresse s’entrouvraient régulièrement, murmurant les paradoxales paroles chrétiennes du psaume 23.
Il me fait reposer dans de verts pâturages…il me dirige près des eaux paisibles… Elle se força à regarder le spectacle, jusqu’à la fin, fixant le regard démentiel des Sorcières en train de brûler. Il me conduit dans les sentiers de justice…De justice…Si, jusqu’à maintenant, Europe avait fait preuve d’empathie à l’égard de l’Inquisition, comprenant leurs motivations (après tout, n’était-il pas légitime de désir la paix et la sécurité pour tous ?), rien, absolument rien ne justifiait de telles pratiques. Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort…Les larmes inondaient maintenant ses joues au teint de porcelaine, mais heureusement personne, dans l’exaltation ambiante, ne l’avait remarqué. La Sorcière eut la nausée et s’éloigna quelque peu pour aller vomir dans un coin. En se redressant, elle Le vit. Avatar…ses lèvres s’entrouvrirent légèrement, tremblantes, tandis qu’elle tentait de se représenter son tourment: la hantise de voir un événement passé, si marquant, resurgir…L’éclat de la lame réfléchissant les lueurs du brasier se mua un instant en mouvement indistinct et mouvant, et l’épée fut plantée dans le sol par son possesseur, d’un geste sec et hargneux. Tandis qu’Avatar s’éloignait déjà, comme si il n’avait jamais été qu’un rêve évanescent, la Prêtresse s’approcha de l’arme, un remerciement muet sur ses lèvres charnues. Sa main aux doigts opalins caressa le fil aiguisé de la lame, comme à la première fois, et elle se tourna vers le bûcher.

**Sans doute détruiront-ils nos vies…Ils tueront nos maris, nos amies, nos sœurs, nos enfants…Ils feront régner la terreur dans nos existences, ils feront se serrer nos cœurs d’angoisses…ils nous contraindront à nous cacher aux yeux du monde, plus encore qu’auparavant, et ils feront durer cette tyrannie, ils nous asservirons, ils engendront une haine ancestrale…ils bouleverseront à jamais nos vies, peut-être…mais jamais…mais ils ne nous prendrons JAMAIS…Notre liberté !**

D’un pas ferme et décidé, dont le rythme régulier s’accordait avec les battements vengeurs de son cœur, la Sorcière tourna le dos au bûcher et s'éloigna d'un pas ferme. Le souvenir de ces femmes brûlées était encore bien empreint dans les esprits. Le vent qui soufflait sans accalmie depuis le matin emportait déjà aux quatre coins du monde les cendres du bûcher, vestiges encore fumants des vies qui s’étaient tenues là quelques instants auparavant. Les fins sourcils d’Europe s’arquèrent, dessinant un éclair au dessus de ses yeux étincelants. Ce qu’elle avait vécu jusque là, pour le meilleur et pour le pire, était maintenant révolu.

[Suivant = Le début des négociations

_________________
.
Ces figures, ces êtres humains
absorbent pareillement la lumière cosmique, l'air ou l'eau salée -
et chacun réfléchit à une nouvelle ontologie
Mais ces dessins eux-mêmes, sont paysages de l'esprit...


Dernière édition par Europe le Jeu 28 Aoû 2008 - 1:41, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: La Messe de Cendres (#2)   Lun 3 Mar 2008 - 23:02

Spoiler:
 
___L'odeur familière du Forbach imprégnait ses poumons, sa robe d'un bleu nuit par-dessous un corset d'ocre rouge. Seulement, quelque chose n'allait pas. Personne dans les rues... Son premier réflexe fût de demander la date au cocher. Qui savait seulement que c'était dimanche. Conry à ses pieds, elle descendit de la diligence, son violon avec elle, et se dirigea vers l'Eglise, laissant son conducteur emmener ses bagages dans sa demeure. Elle n'y était pas arrivée qu'elle voyait trois poteaux dressés sur le parvis. Ce qui allait arriver ne lui était pas inconnu, ni tolérable. Elle rappela son protégé à elle.

"Amen"


___Les portes de l'église s'ouvrirent alors qu'Erika entendait résonner le glas des trois innocentes adossées aux poteaux. Un grand homme vêtu de noir monta sur l'estrade avant de prononcer un discours dont seuls les derniers mots parvinrent aux oreilles de la nouvelle arrivante.

"Que brûlées soient les coupables."

___Leur seul crime était leur différence. Et malgré tout elles allaient périr par les flammes. Amelia vit Louis ôter à chacune leur cache-tête qui les réduisait à l'état de bêtes. Elle était bien trop loin pour reconnaître qui que ce soit. Lys Noir, Olrun ou innocente, peu importait à la violoniste qui entama un chant venu de l'est, une mélodie lente et enivrante qui était sensée parvenir à l'âme de ceux qui allaient périr, qu'importe leur appartenance. Elle espérait au plus profond d'elle que les trois exécutées l'entendraient dans leur derniers instants, ainsi que toutes les sorcières qui partageaient leur peine, leur chagrin, leur douleur.

___Il fallut peu de temps pour que les trois soeurs d'Alodia périssent par le feu du fanatisme. Quand tout le monde se leva, elle cessa son oraison funèbre et avança vers l'église, avec Conry, pour contempler ce qui restait des trois femmes et leur rendre un dernier hommage.

___Les regards de travers fusaient, car certains la reconnaissaient, mais pas tous. Elle put arriver sans trop d'encombres à part de la haine. Plus personne ne se tenait là, mis à part les soldats de l'Inquisition, Louis et quelques nobles qui conversaient avec lui.

°Puissent-elles reposer en paix auprès de Freyja...°

___Les larmes essayaient de se frayer un passage, mais elle était incapable de pleurer devant la cruauté humaine, surtout lorsque des malappris rôdent en vous lorgnant d'un drôle d'oeil à cause de votre beauté, votre tenue, votre instrument et votre compagnie...


Dernière édition par Alodia le Dim 4 Mai 2008 - 10:56, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La Messe de Cendres (#2)   Lun 10 Mar 2008 - 14:56

Amen...


Etait-elle réellement convaincue par le préchi précha du prêtre ou n'était-elle à cette messe que pour dissimuler la réalité, elle, l'hérétique, la sorcière? Eleonor allait à la messe presque chaque semaine. Son passé mouvementé l'avait obligé à s'y rendre souvent, pour prouver qu'elle n'était pas enfant du Diable. Idiots de prêtres, pesnaient-ils vraiment qu'une sorcière ne pourrait rentrer dans l'Eglise sans être foudroyée sur place? Ce que les ecclésiastiques pouvaient avoir l'sprit étriqué. La plupart étaient des illuminés. Ils se faisaient la voix de Dieu... Quelle présomption! A tout bien considérer c'étaient eux les hérétiques, ces pantins bouffis d'arrogance et nantis d'une pseudo missions divine!

Eleonor aimait aller à l'Eglise, elle aimait lire la Bible, elle aimait le silence receuilli de ce lieu Saint. Dieu n'était pas l'Eglise. Dans son esprit, l'Autorité Suprême n'aurait jamais décidé d'anéantir les sorcières. Elles n'étaient ni enfants du Diable, ni enfants de Dieu, mais filles et fils de la nature. Elles n'étaient pas plus mauvaises que le commun des mortels. Certaines dérivaient vers le mal et le pouvoir, d'autres consacraient leur vie au Bien. Comme n'importe quel être humain. Eleonor était blasée par cette cabale stupides contre elle et ses frères et soeurs.

A côté d'elle, une petite fille s'agita, s'attirant un chut réprobateur d'une mégère tenant plus d'une baleine que d'une aristocrate. Eleonor posa une main apaisate sur l'épaule d'Alix qui commençait à en avoir assez de devoir rester immobile. La pauvre enfant ne comprenait rien à ce qui se tramait autour d'elle. Après avoir balancé ses jambes dans le vide, assise sur le banc, admiré ses jolies chaussures vernis, joué avec sa robe, regardé la grosse dame d'à côté qui ressemblait à un cochon ou le prêtre qui ressemblait à une fouine, elle avait épuisé toute son imagination. Elle avait reconnu, comme sa mère, certaines sorcières d'Olrun, dont Elisabeth et Europe, des amies de maman.

Puis, la sérénité du lieu sembla s'envoler, ou plutôt exploser. Eleonor tourna la tête vers la sortie, intriguée par le mouvement de la foule. Elle se saisit d'Alix, au mépris des cris de réprobation de sa gouvernante et suivit la foule pour contempler un spectacle tout droit sorti de ses cauchemars. Les tambours macabres accompagnaient cette vision horrifique. Là, sur la place, offertee à la vindicte populaire et à la bêtise humaine, se tenaient trois jeunes femmes, prête à être sacrifiées sur le bucher. Parmi elle, Gabrielle de Mortelune, traîtresse à Olrun, mais sorcière avant tout. Il y avait une toute jeune fille aussi... Tétanisée, Eleonor se retrouvait projetée des années en arrière.

On lui tira alors sur la main et elle revint à a réalité.

- "Maman..."

C'était la voix enfantine d'une petite fille qui sentait le drame mais ne le comprenait pas. Cela secoua Eleonor qui prit l'enfant dans ses bras, caressant se jolie tête blonde en chantant une petite comptine rassurante, quelque chose d'apaisant qui fit somnoler l'enfant. Eleonor utilisait ses pouvoirs devant tout le monde, mais personne ne prêtait attention à une maman qui berçait sa fille. Elle ne permettrait pas qu'Alix assiste à cela.

Elle fut emmenée vers la tribune des Nobles, y vit Alicia, Elisabeth, Europe, Alodia... Olrun, Lys Noirs, unis dans l'adversité... momentanément. Où était Abigaël? Des yeux, elle repéra quelques sorcières. Toutes étaient saisies par ce spectacle : colère, haine, tristesse... Tant de regards différents. Et la voix de Louis Institutoris, ce bâtard d'Inuiqisiteur qui résonnait alors qu'il faisait l'apologie de la haine et de la bêtise! Elle chercha des yeux son frère, Inquisiteur également, mais ne le vit nulle part.

Elle leva les yeux vers un ciel de plomb. La nature pleurait la perte de ses enfants. Eleonor caressa l'idée d'empêcher le bûcher de se cosummer, mais se rendit rapidement compte que c'était voué à l'échec et dangereux pour elle et sa fille. Le coeur en larmes, elle assista à l'allumage du bûcher. Son regard clair refléta les flammes alors que les cris d'agonie des suppliciées résonnaient dans l'air. Comme elle aurait aimé apaiser leurs tourments à défaut de les sauver! Son coeur pleurait, mais ses yeux étaient de glace alors que son âme se faisait plus forte et déterminée. Ceci n'était pas la fin, mais le commencement!

- "Que le ciel ai pitié de leur âme."

Juste un murmure, inaudible, alors qu'elle fermait les yeux et accompagnait les condamnées dans leur agonie et leur fin tragique.

*Vous serez vengés mes soeurs...*

Elle réouvrit les yeux sur le bûcher fumant, sur les cendres qui voletaient dans l'air. Elle vit Europe quitter les lieux, rageuse. Elle jeta un dernier regard au bûcher, muselat son coeur et ses souvenirs traumatiques. Elle n'oublierait pas. Sa mère avait péri et avait été vengée. Il en irait de même pour ces trois femmes. Elle s'éloigna à son tour, Alix, endormie dans ses bras. Elle allait parler à sa fille, elle allait lui expliquer tout cela, pour sa survie.


Dernière édition par Eleonor le Ven 14 Mar 2008 - 21:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Messe de Cendres (#2)   Mer 12 Mar 2008 - 17:21

Edgard s'était trouvé là, non pas par hasard, mais ce n'était pas non plus prévu. Enfin d'un côté si car s'il devait se donner les airs de bons chrétiens, il devait participer à la messe. Ceci ne se faisait non sans répit. Non pas qu'il détestait ce genre de moyens de célébrer des croyances, non plus qu'il vouait une haine aux croyants eux-même, car dans le fond lui croyait aux mêmes divinités que celles de son clan. Ce qui le gênait surtout, c'était le fait que l'on croit à une entité supérieure, humaine ou non, qui se révélerait être le miséricordieux, le père de tous, celui qui apporte le salut de l'âme après la vie. Mais quel salut ? Faut-il réellement vouer un culte à un être sensé être généreux et qui a consacré sa vie à donner aux pauvres alors que ses croyants mêmes n'avaient autre passe-temps que de réclamer sans cesse l'argent aux fidèles que ce soit au moyen de quêtes ou bien en l'échange de la rédemption ? Admettons que l'on veuille donner pour remettre en état l'Eglise, pourquoi pas ? Mais donner dans le simple but d'enrichir le clergé alors que celui-ci est déjà la classe la plus riche, cela relève de l'idiotie pure et simple. Mais il est évident que les gens sont manipulables : en les menaçant de finir leur vie dans un royaume de feu, de torture et de souffrances éternelles il est légitime que l'on crée ainsi la peur parmi ces âmes déjà bien torturées sans que la religion ne s'y prête. Donc d'une certaine manière, le Malin (comme ils aiment à l'appeler pour ne pas le nommer) est en quelque sorte un allié précieux, car sans le concept du diable ils ne pourraient pas garder tant de fidèles et être aussi riches.

Lorsque l'allocution habituelle sonnant la fin, ou presque, de la messe, Edgard ne put que se réjouir qu'enfin toute cette masquarade soit terminée. Il allait pouvoir rentrer, et si la demande en est faîte, retrouver son Aguerrie qui ne manquerait pas de parfaire son apprentissage. Car tout entraînement, aussi dur soit-il au sein même du clan, est toujours bien plus utile que dans chercher, parfois en vain, à ne pas succomber au sommeil. En ce sens il pouvait admirer les fidèles aveugles qui ne s’endormaient pas, car la messe est d’une lassitude extravagante. Mais alors même que les gens présents ici n’allaient pas tarder à rentrer, l’ouverture des portes, doucement sans doute pour faire rentrer la lumière avec la même vitesse, intrigua bien des gens dans la salle, Edgard y compris. Il ne pouvait voir au-delà car l’intensité de la lumière sur l’iris fit qu’il dut presque les fermer complètement. Mais le rythme des tambours faisait qu’il devait s’agir d’un événement inhabituel. Encore qu’il ne savait pas vraiment si c’était le cas ou non, jamais il n’avait entendu ce genre de musique, si l’on pouvait appeler ça de la musique. Alors que la foule de l’Eglise s’exclama, Edgard ouvrit alors grand les yeux et fut étonné de voir les trois corps vivants, de femmes à l’allure à cause des cheveux qui dépassaient, et il gagna non pas le devant de la scène mais un peu sur le côté. Il se demanda alors les crimes qu’elles auraient pu avoir commis, car les « encapuchoner » ainsi ne signifiait certainement pas que cela était de bonne foi. Il ne trouvait pas la réponse, puis il se souvint des mises en garde que sa mère, ou son père, avait fâites alors qu’il avait débuté ses apprentissages magiques, qui certes étaient peu concluants. L’hypothèse la plus flagrante fut qu’elles furent des sorcières, condamner à mourir. Mais il se demandait encore comment cela allait se dérouler, car il n’en avait aucune idée.

Le discours de l’homme qui dirigeait la messe étaient marquant, mais Edgard pouvait également y lire de la supercherie, une sorte de tromperie à l’égard des fidèles qui eux croyaient, sûrement dur comme fer, à la véracité de leur soi-disant Dieu. Certes il avait malencontreusement bu de cette eau, et très souvent le souvenir de la dispute de ses parents, qui a fait deux morts sur quatre tout de même, semblait le hanter et parfois même s’accentuait. Mais dire que ces sorcières étaient les filles du diable, que de mauvaise raison. Comment peut-on juger quelqu’un que l’on ne connaît pas ? Doit-on dire de quelqu’un qu’il est riche sous prétexte qu’il porte, pour une raison ou une autre, des vêtements chics et chers ? Cet exemple était venu à l’esprit de Edgard par expérience, et surtout par le moment présent. Puis dire que ces sorcières sont diaboliques parce qu’elles n’ont pas de remords est infondé également. Car une personne qui n’a rien fait ne peut pas avoir de remords sur un acte qu’il ou elle n’a pas commis. C’est logique pourtant mais il semblerait qu’il fallut trouver un bouc-émissaire. Mais le pire des propos fut celui selon lequel Dieu lui-même aurait aidé ces gens à dénicher les sorcières, en leur ayant permis de différencier le Bien et le Mal. Quoique l’idée d’apporter le salut sur la Terre entière fut peut-être également une concurrente robuste. Car évangeliser les autres peuples est une forme de domination, donc un rapport dominant/dominé se forme, et à partir de là il n’y a plus d’égalité entre les hommes. Alors que si l’on suivait la logique chrétienne, tous, absolument tous devraient être égaux devant Dieu. Or on maltraite les noirs d’Afrique, on tue les Amérindiens ! Ce n’est pas une religion ça, c’est tout simplement une dictature dogmatique. Ceci dit, la plus troublante des paroles fut la dernière. Comment pouvait-on dire être bon en brûlant des gens ? En laissant souffrir ainsi ces pauvres sorcières ? Cela relève de la cruauté et non du bon sentiment. Et ça se dit être l’avenir, on revient ici plutôt aux époques bien avant, lorsque les hommes n’étaient pas civilisés !

Lorsque les flammes, d’abord moindres mais rapidement hautes et violentes, enveloppèrent ces êtres fragiles – non pas parce que ce sont des femmes mais parce que l’humain en général est fragile – Edgard ressentit au paroxysme la compassion pour ces sorcières, bien qu’il ne les reconnaissait pas. Une seulement lui disait quelque chose, mais peut-être la confondait-elle. Il comprenait alros l’ampleur de la folie des hommes en ce temps, leur aveuglement à l’égard de ce qui est différent de soi-même. Pendant un instant, Edgard se demanda si cette horrible entreprise de brûler les sorcières, mais aussi les sorciers, était due à la cruauté barbare, animale, mais pourtant humaine ou bien à un sentiment de peur à l’égard de ce qui est différent. Tout comme ils ont fait, et font encore, avec les soi-disant rites païens qui auraient des pratiques diaboliques. Edgard ne connaissait que le nom, ainsi que la lutte acharnée de l’Eglise, donc il ne formait pas d’opinion infondée sur le sujet. En revanche celle qu’il avait sur le christianisme, enfin plutôt sur les pratiques de l’Eglise et des chrétiens, elle, se vit d’autant plus sûre et sur le moment il serait même prêt à tuer pour l’horreur devant ses yeux. Mais évidemment ce n’était qu’une réaction normale, et par la suite confrontée à la raison il se dit qu’il ne vaudrait alors pas mieux qu’eux, à lutter pour faire reconnaître ses idées comme supérieures à celles des autres.

Durant tout le temps où la « célébration » de cette bataille sur le Diable mais avant tout sur les sorcières de Forbach faisait rage, Edgard n’avait pas arrêter de sentir le regard pesant de cet immoral et sans remords, comme il aime lui aussi qualifier ses victimes, homme vêtu de noir qui se trouvait sur le devant de la scène, bien plus encore que les autres qui scrutaient la foule dans le même but, déterrer celles et ceux qui auraient une lueur de révolte dans les yeux contre ce spectacle. Edgard, grâce aux aides de son Aguerrie, avait réussi, non pas sans efforts psychiques, à garder un air réjoui de la mort de ces ennemies du Christ. Et souvent le sourire aux lèvres, bien qu’au fond de lui-même il en était affreusement dégoûté. Si cette vue immonde de la barbarerie des hommes lui donnait la nausée, elle avait tout de même quelques éléments bénéfiques. En effet, elle avait permis à Edgard de saisir l’importance du secret chez les hommes, la nécessité du mensonge, l’avantage de la tromperie, l’obligation de la mesure des propos. Tout ceci uniquement à son compte évidemment, enfin également à celui de, non pas ses amies car on ne pouvait pas parler de ça bien qu’au fond de lui c’était ce qu’il désirait, mais des autres membres de son clan, puis ensuite même celles et ceux du clan ennemi, car après tout ils luttent pour la même chose, la libre existence.
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MessageSujet: Re: La Messe de Cendres (#2)   Ven 14 Mar 2008 - 16:49

[ Je me suis permis ceci, si ce n'est pas au gout de ce que j'aurai du faire, je suis prêt à modifier, voir supprimer ^^" ]

Il est des choses bien tristes à laquelle l’Homme doit faire face au combien trop souvent… Non… La tristesse est une chose bien « normale » dans ce monde, mais par contre… Par contre, il n’est que trop affligeant que de voir que lorsqu’il s’agit de détruire ses semblables, l’Homme fait montre d’une incroyable ingéniosité et d’une cruauté sans limite. De sa place d’animal à part entière sur cette Terre, l’Homme s’est élevé de proie, à prédateur puis, de prédateur à destructeur… Sommes nous donc voués à tous nous entredéchirer jusqu’à ce qu’il ne reste plus personne ? Si Dieu existe, permettrait-il de telles absurdités ? Sa « bienveillance », son « pardon » ne s’appliquent-ils pas à l’ensemble de ses créations, même celle que son « fils maudit » Satan, aurait pu corrompre ? N’est-il alors pas cet être de pureté et de sainteté que tous semblent lui vouer ? N’est-il finalement qu’une simple icône, une image que se fabriquent les Hommes pour trouver réconfort et justification dans leurs actes les plus sombres ? « Dieu » n’est-il finalement qu’un lâche pour abandonner ses créations alors qu’elles sont au bord de l’autodestruction ? Comme un père bienveillant, ne devrait-il pas prendre soin de ses enfants ? Peut-être s’est-il lassé de leur comportement et s’en est allé loin… Loin de la bêtise humaine… Mais alors, qui sont ses gens prétendant servir Dieu et son Œuvre ? De redoutables loups égarés et sans chef qui font justice eux-mêmes…

Droit devant la fenêtre des appartements des d’Hasbauer, Adrien contemplait la petite flamme qui brillait légèrement au loin… Derrière cette paroi transparente, cette petite lueur semblait minuscule mais le Vicomte savait maintenant ce que cela signifiait… Un brasier gigantesque, une chaleur atroce, une douleur insoutenable… Car effectivement, ce genre de « réjouissance » ne pouvait être signe que d’une chose… Des sœurs payaient le lourd tribut du don qu’elles avaient reçu à la naissance. Pourtant, aucune émotion, aucune larme… Adrien n’était pas un cœur de pierre, mais il n’y avait rien à faire, rien à regretter. Aucune d’elle n’aurait pu être sauvée. Il ne les verrait plus, mais qu’elles soient du Lys ou d’Olrun n’importait pas, aujourd’hui était un jour sombre, et pourtant… Pourtant, il fallait faire semblant de se réjouir… Semblant d’être content d’être débarrassé des « Fléaux de Satan », de ceux qui nous poussent vers le « Mal », qui nous éloignent d’un « Dieu » aussi inexistant qu’impuissant… Ces Inquisiteurs semblaient avoir assez de pouvoirs, ou pensaient en avoir assez, pour décider de l’existence d’une personne plutôt qu’une autre, et bien soit… Messieurs les Inquisiteurs, il est grand temps que vous preniez conscience que votre Dieu ne vous accorde plus sa Justice et sa Bénédiction, mais peut-être sera-t-il assez magnanime pour vous accorder son Pardon.

Après tout, qui étaient ces « Hommes » pour en tuer d’autres ? Leur soi-disante foi suffisait-elle à justifier ces meurtres ? Le meurtre n’était-il pas puni par leur « Dieu » ? La Foi les protégeait-elle contre la sentence méritée par les meurtriers ? « Dieu » n’était-il pas impartial ? Ne voyait-il pas tous les hommes comme égaux ? Y’avait-il des élus ? Des Hommes au-dessus des lois même de Dieu pour exercer sa Justice toute relative ? Que vaut une justice « Divine » dans les mains d’un Homme ? Ne perd-elle pas son caractère « Saint » ? Un Homme peut-il concevoir le simple principe d’une Justice Divine, Parfaite ? Une Justice sans fautes, devant laquelle chaque personne est égale à son voisin… Une telle Justice, ne s’applique, comme le disent si bien les « Fidèles » lors du Jugement Dernier… Si « Dieu » accordait sa Justice aux Hommes, pourquoi ne pas désigner des Hommes qui décideraient de qui irait rejoindre la droite de Dieu ou de Satan ? Ces « hommes d’Eglise », soi-disant assermentés par Dieu lui-même pour être son bras vengeur, sont-ils conscient que la Justice qu’ils appliquent n’a rien à voir avec ce que serait une Justice Divine si elle existait ?

Le regard vert d’eau impassible, posé sur cette lueur au lointain, Adrien contemplait la déchéance de l’Homme, la victoire de la réaction démesurée face à quelque chose qui semble faire peur à tant de gens, mais qui finalement n’est qu’un don… Après tout, si Dieu accorde le droit de Juger à certains mortels, pourquoi ne ferait-il pas un autre don à d’autres ? Pourquoi serait-ce forcément l’œuvre de Satan, le « Malin » ? Pourquoi ne serait-ce pas le « Fils Maudit » qui assermenterait les Inquisiteurs ? Et si ces derniers étaient le Mal, n’ayant pour but que d’éradiquer les « Miracles de Dieu » ? Que ferait-on alors ? Le peuple les brulerait-il aussi sur un immense bûcher en guise d’exemple ? Quel Dieu pourrait accepter que ses créations s’entretuent ? En tout cas pas celui que semblent décrire les pauvres gens qui s’adressent à lui en de si belles paroles de partage. Nous traversons une époque sombre. Une époque dans laquelle le non-conformisme est un gage du « Malin »… Soyez différent à en faire peur et vous serez traité d’hérétique ! Soyez différent et vous brûlerez sur un bûcher pour avoir été ce que ce « Dieu » à fait de vous !

Il était grand temps que le monde sache qu’ils n’attendraient pas sagement de se faire attraper et brûler, du moins pas Adrien. Ces Inquisiteurs devaient apprendre qu’ils n’étaient pas les Maitres des Destinées. Périr par le feu ? Cela ne dérangeait aucune Adrien, mais il ne rendrait pas les armes sans se battre. Après tout, pour mettre quelqu’un sur un bûcher, il faut le maitriser d’abord, et il n’allait pas se laisser faire. Mais avant de mettre aux arrêts, il fallait des preuves, et actuellement, il y avait encore bien trop de personnes au château pour que les doutes s’arrêtent immédiatement sur lui. Bien sur, les sorcières sauraient elles, mais elles ne trahiraient pas, et quand bien même elles le faisaient, cela importait si peu… Qu’est-ce que la délation ? Adrien avait eu une existence et un comportement exemplaire jusqu’à maintenant. Un double jeu pouvant être fatal à tout moment mais dont il était ressorti tellement plus fort avec le temps. Non, il n’avait pas peur de ces « Meurtriers Saints ». Alors, lentement, ses yeux si clairs devinrent noirs comme la nuit, pourtant ce n’était pas la nuit… Sans bouger, fixant le ciel, on avait l’impression qu’il attendait. Pourtant ce n’était pas le cas. Ce qu’il ferait ne sauverait personne, mais ils devaient comprendre que « Dieu » n’acceptait pas ce « meurtre » ! Le ciel devint rapidement noir comme les yeux d’Adrien, une atmosphère lourde, un calme qui n’augurait rien de bon, vraiment…

Puis soudain, un éclair. Une masse lumineuse qui fend le ciel et s’écrase un peu plus loin. Voila, ça y est, ça commence… Quoi ? La colère d’Adrien. Sourde, muette, à l’extérieur, ouragan, maelström à l’intérieur de lui, et c’est ce qu’il va exprimer. Il a besoin de montrer à ces Inquisiteurs qu’ils ne sont rien, de simples hommes qui ne regardent que de trop haut les autres, et qui vont apprendre que la chute sera longue et douloureuse à l’impact…. Le tonnerre se fait entendre… L’orage va bientôt éclater, il ne fait pas bon de rester dehors… La colère est en marche et elle ne s’arrêtera pas avant un moment. Le vent se lève, d’abord une simple brise, une bourrasque, puis des rafales… Rentrez pauvres fous ! Détournez votre regard de ce bûcher, rentrez ! Sinon… Tant pis pour vous… La pluie commence à tomber, les éclairs s’enchainent de plus en plus rapidement, entrecoupant le tonnerre grondant de plus en plus fort… Bientôt, une véritable tempête s’abattra, peu importe les conséquences, ils devaient comprendre que ni « Dieu » ni les sorcières n’accepteraient ce crime impunément…

Adrien observait maintenant la colère du Ciel, sa colère, se déverser sur les des kilomètres autour du Château. Aucun sourire, aucune présomption… Il ne voulait sauver personne, les malheureuses étaient perdues, mais ces inquisiteurs, ces nobles, devaient avoir une bonne leçon aujourd’hui, alors qu’ils pensaient déjà en terme de triomphe. Il était grand temps de mettre de l’ordre par ici. Puis soudain, une voix se fit entendre derrière lui :


« - Papa ? »

Adrien se retourna, ses yeux ayant repris leurs couleurs d’origine à présent.

« - Léonce ne va pas bien, il voudrait te voir. »
« - J’arrive tout de suite, fait demander ta nourrice Alexandrine, je crois que j’aurai besoin d’elle. »
« - Bien Papa. »

La jeune fille s’éclipsa. Adrien se retourna vers la fenêtre, jetant un ultime regard. Le tonnerre résonnait déjà fortement, la journée serait orageuse, couvrez vous bien messieurs les Inquisiteurs, vous risqueriez de finir poules mouillées… Puis il se retourna, un léger sourire aux lèvres, en direction de la chambre de son fils…
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MessageSujet: Re: La Messe de Cendres (#2)   Lun 24 Mar 2008 - 19:03

[HRP]Petite chose que je me permets de mettre, j'espère que cela vous convient[/HRP]

Que dire exactement de ce qu'on ignore ? Comment pourrait-il seulement critiquer cette exécution alors même qu'il s'est absenté de Forbach durant quelques années ? Que dire seulement de ce cavalier qui sur les routes voyage en destination de la ville Lorraine. Son arrivée est certes attendue mais qui sait quand il arrivera ? Seule sa demeure a été préparée ce qui sans doute signifie un retour imminent. L'inquisition le demandait il y a quelques temps, il faut revenir en Lorraine pour régler quelques problèmes peu enviable, des hommes Saints sont nécessaires... Hum, avez-vous déjà bien regardé Sigmund Wolf von Wädenswill Stube zum Rüben ? Non... Sachez simplement qu'il est plus proche de l'assassin que de l'homme saint et bien qu'il n'en fasse nullement part il en est conscient.
Quelques jours de voyage à dos d'hongre ça vous fatigue un homme mais au fond cette solitude n'est pas désagréable car seul il n'y a plus à faire semblant, le manipulateur laisse tomber le masque pendant ce moment de solitude alors qu'à présent Forbach est en vue, petit point artificiel dans la nature éternelle. Forbach n'est pas si éloignée à vrai dire, quelques kilomètres encore et petite soeur aura une légère surprise.

Si faut-il bien pourtant remarquer cette colonne de fumée qui s'élève du Parvis, que peut-être cette chose, un feu de camps ? Non, trop gros et ce n'est pas tellement le lieu pour cela... Un incendie ? C'est une hypothèse aussi envisageable qu'incertaine, incertaine, certes mais digne d'intérêt, se pourrait-il seulement que sa soeur soit là-dedans ? Peut-être... Ou peut-être pas, l'affolement, quelle étrange sensation que voilà, son coeur ne fait qu'un quart de tour, sa réaction est plus rapide qu'on ne pourrait seulement le penser, une folle galopade est entamée grâce à cette fantastique monture qu'il a payé à prix d'or lors de sa dernière escale, une fumée qui n'est pas seule en ce macabre instant, dans le ciel lointain, le temps se couvre, nuages apparaissent comme sortit de nul part mais sans doute est-il trop préoccupé pour seulement faire le moindre rapprochement avec la sorcellerie. Il fait noir... La nuit serait-elle tombée ? Non, c'est bien plus dangereux que ça, la cavalcade devient plus ardue alors que l'hongre s'affole, il sent lui ce qui est de mauvais présage, cavalier se doit de rester en selle.
Malgré sa pèlerine de voyage notre très cher inquisiteur se voit déjà trempé jusqu'à la moelle, pluie diluvienne ne semble pas vouloir de lui en ces lieux mais à présent il trop tard pour faire marche arrière. A présent le ciel tonne, une colère invraisemblable semble s'abattre sur la ville. Dieu y serait-il pour quelque chose ? Ce n'est certainement pas l'avis de Sigmund qui, malgré sa croix, est loin d'avoir la foi. Dieu si tant est qu'il existe ne le porte sans doute pas en faveur.

« Le meilleur dans la religion c'est qu'elle engendre des hérétiques »

Ernst Bloch

Sa vie ne serait sans doute pas la même sans l'Église, car c'est elle qui, d'une certaine manière, a fait ce qu'il est actuellement, un hérétique refoulé, un homme qui manipule l'Église elle-même ainsi que ses représentants, pourquoi donc être un inquisiteur ? Pour des raisons personnelles bien évidemment mais revenons à nos moutons. De multiples gouttes d'eau violentes et régulières tombent drue en accompagnant l'orage insatiable. Fumée n'est plus tellement visible dans cet orage, le bûcher semble donner ses derniers murmures, un dernier soubresaut viendra. Populace semble s'éloigner de la place, populace dans son chemin, populace souhaite s'abriter alors que lui essaye de se frayer un chemin à travers cette foule affolée.
Un bûcher... Alors c'était donc ça... Tout va très bien alors, elle ne risque pas d'être de ceux-là – ou du moins est-ce là ce qu'il pense – Eli ne peut être une sorcière sinon il aurait très certainement été le tout premier à être au courant et pourtant cette proximité semble l'aveugler à jamais. Cette fois l'hongre est véritablement incontrôlable, cavalier est désarçonné, animal s'échappe avec la foule, cavalier à terre se relève, Sigmund retire sa capuche et jette un oeil au bûcher à présent éteint, nul sourire n'est afficher, voir un tas de cendre ne peut pas vraiment le contenter, il n'y a nul plaisir à tuer, c'est un fardeau qu'il porte... Les morts sont pourtant là, trois tas distincts, lui reste-t-il quelques lys ? Par chance en sa sacoche quelques uns ont élu domicile – certes ils sont légèrement fanés mais c'est toujours mieux que rien – des fleurs de lys blanc sont lachées subrepticement, une fleur par tas de cendre. Le remarque-t-on ? Quelle importance après tout, chaque inquisiteur a ses méthode et à présent le masque est revêtu alors qu'il cherche sa soeur des yeux, alors que l'eau rageante dégouline sur sa chevelure.

Qui est encore sur place, quelques nobles sans doute, quelques inquisiteurs également mais que peut-on y changer ? Rien... Ces noblaillons restent les mêmes sous tous leurs airs insignifiants, tout n'est que factice, le paraître prime avant l'être – Sigmund en sait quelque chose – et la plupart de ces gens semblent prendre plaisir en cette vie hypocrite, sans doute sont-ils un minimum excusable car tous ne peuvent pas vivre par eux-même, la majorité d'entre eux est logée, nourrie et payée par le Comte de Forbach, ce n'est après tout qu'un moyen d'entrer dans la faveur de cet homme. Chacun agit à sa manière, certains sont outrés suite à cet irrationnel spectacle, spectacle prôné par l'Église, « tu ne tueras point » dit la bible... C'est amusant n'est-ce pas... Ses semblables vont à l'encontre des règles qu'ils sont sensés respecter et le membre de la Konstaffel ne peut rien y changer, lui-même viole ces insignifiantes règles mise en place en des temps oubliés. Mensonges par dessus mensonges l'Église semble toujours avoir la main mise sur les peuples miséreux.

« La Bible n'est-elle pas l'un des premiers almanachs visant à manipuler les masses :
elle est bourrée de truismes qui réconfortent les simples d'esprits en mal de directives. »

Marc Gendron


Rester là ? Quel intérêt après tout, retrouver la soeur est à concevoir comme une priorité, la capuche se verra remise pour protéger monsieur d'une interminable tempête et dans les rues il errera, sans doute pense-t-il rencontrer sa très chère soeur au hasard des chemins ou peut-être se contentera-t-il d'aller à son nouveau lieu de résidence... Quelle importance après tout.
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MessageSujet: Re: La Messe de Cendres (#2)   Jeu 27 Mar 2008 - 12:46

A vrai dire, elle ne savait pas ce qu'elle faisait là...Tout du moins, cette branche d'arbre n'était, à la base, pas destiné a lui servir de siège. Mais il est des moments, où Orphée préfère la solitude à la bêtise humaine, surtout lorsque celle ci est sanctifiée.

Vêtue de noir vêtements, comme à son habitude, les cheveux dissimulés par un chapeau élimé, elle regardait en direction du nord. Dans le vert de ces iris se reflétait les lueurs d'un bucher lointain...Enfin, lointain, c'était une question de point de vue, elle n'était pas encore assez loin pour échapper a l'odeur putride qui s'échappait, pas assez loin pour restée sourde aux hurlements terrifiés, pas assez loin pour ignorer les paroles du Prêtre dévot et débile.

Un léger soupir lui échappa et durant quelques secondes, ces traits perdirent leur enfance pour révéler le masque adulte. Tous cela au nom de Dieu...Que de massacres pour une icône...Les hommes avaient besoin de croire en quelque chose, une image qui leur expliquerait l'inexplicable, mais l'homme était un crétin fini.

Assise a califourchon sur une branche haute, elle se massa l'arrête du nez en pestant doucement sur l'imbécilité des moutons. Ils bêlaient, bêlaient tant et plus tout ça pour...Allez ! Une statue en croix...Ils tuaient sans réfléchir, pensant purifier la terre...Dieu n'a-t-il pas dit : Aimez vous les uns les autres ? Et les Dix Commandements ? Ils ne servaient qu'a faire joli ? Peuh ! Et dire que contre son sein dormait le symbole de cette engeance qu'est l'Inquisition. Parfois, elle se demandait qui était le démon, qui était le saint...Finalement, lorsqu'il ne s'échappa de l'horizon qu'un filet de fumé, Orphée posa la tête contre le tronc du chêne, braquant le vert de ses prunelles sur le ciel...Il était sombre et lourd et...Il pleurait la perte...Une à une, les gouttes d'eau venaient s'écraser sur ses joues sans qu'elle ne songe a les essuyer...Bande de dégénérés tuberculeux...
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MessageSujet: Re: La Messe de Cendres (#2)   Sam 5 Avr 2008 - 19:53

[HJ] : Mieux vaut tard que jamais ^^, avec toutes mes excuses pour la médiocrité de mon texte, mais Mina reste une ombre furtive, elle ne pouvait s'étendre plus longtemps sur cette tragédie.

Mina était sortie la nuit comme à son habitude. Avec le coucher du soleil était venue la fin d’une journée de souffrance et de pleurs pour un grand nombre des sorcières de Forbach.

Ces pleurs sans les avoir vus, Mina les avait entendus, l’empêchant même de se recueillir lorsqu’elle avait compris qu’une chose terrible était en train d’arriver. Elle se souvint juste qu’au moment où elle s’affairait dans la pièce qui était la sienne, le silence s’était fait plus présent, l’atmosphère plus lourde, comme si le silence lui-même se chargeait d’une émotion rare. Instinctivement elle avait lancé un regard vers l’horloge centenaire qui la berçait quotidiennement de ses tics tacs, l’aiguille avait eut un léger retard à ce moment là et Mina n’en avait pas été surprise. Minuterie défaillante, rouages trop anciens ? Mina ne le savait pas vraiment mais cela avait comme un signe à ce qui se déroulait alors, comme si le temps lui-même avait marqué une pause. Alors, et sans vraiment la retenir, une larme coula alors le long de sa joue pâle tandis que sa cicatrice lui brûlait le dos comme lorsque petite les flammes le lui avait léché.
Alors, en cet instant elle sut…Elle avait alors attendu la mort du jour complice de ce qui avait été pour sortir enfin sous l’épaisse capeline qui était sienne, se faufilant dans les rues sombres de Forbach, sans jamais se retourner.

Lorsqu’elle arriva enfin devant le tas de cendres encore chaudes dont les vapeurs avaient emplis l’atmosphère et qui depuis son entrée en ville avait envahis les poumons de la sorcière aux lèvres noires. Lentement, elle se mit à genouxe devant la source incandescente comme pour me mieux se recueillir et ressentir toute la haine que cette exécution avait engendrée de part et d’autres.
Rien en ce monde ne pouvait justifier une telle haine contre ses hommes et ces femmes qui avaient pour seule différence de posséder un don. Il lui revint en mémoire les visages grimaçant de son enfance, les moqueries et enfin sa propre souffrance lorsqu’elle avait été attachée pour devenir la principale nourriture des flammes de joies que des enfants du même âge qu’elle, avaient allumé.
La main de la jeune femme s’ouvrit lentement et ses lèvres noires de jais soufflèrent doucement sur sa paume ouverte vers les cieux. Les cendres fines prirent alors leur envol, portées par le vent léger qui s’était levé depuis quelques heures. Les lèvres murmurèrent alors quelques mots.


" La chair est cendre, l’âme est flamme… Les âmes, libellules de l'ombre...Pauvres âmes la nuit est votre tombe "


La main se referma doucement avant de revenir fouiller les cendres et d’y découvrir une braise incandescente que Mina prit sans hésitation marquant sa peau et sa chair de son empreinte brûlante. Les paupières de la jeune femme se fermèrent alors, refoulant cette souffrance qui avait été un jour sienne pour les rouvrir quelques secondes plus tard alors que la main lâchait enfin le petit bout de charbon éteint. Nul ne put à ce moment être le témoin du regard noir et du masque de haine que son visage avait revêtu, mais ‘il en avait été un, il aurait certainement fuit sans se retourner.

La silhouette sombre se releva alors pour s’éloigner lentement, laissant son ombre disparaître …
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MessageSujet: Re: La Messe de Cendres (#2)   Lun 7 Avr 2008 - 12:27


Ce jour était un grand jour pour Wolf. L’inquisition avait réussi à mettre la main sur trois filles du Diable et tout le village était venu assister au spectacle de leur purification par les flammes. Le prêtre avait dit la messe et avait donné à ces sorcières une dernière chance d’avouer leur crimes pour sauver au moins leurs âmes éternelles, mais aucune d’entre elles avait jugé utile de se rétracter et d’implorer le pardon de la vraie croix. Peut-être espéraient-elles que leur maître cornu finirait par leur venir en aide, mais le Malin faisait désormais pâle figure face au pouvoir salvateur de l’Inquisition.

Dans une unique clameur, la populace suivit le cortège hors de l’église et assista au discours du chef de l’Inquisition de Forbach.
Au début, Wolf n’avait guère été convaincu que cet homme si jeune et d’aspect si vulnérable serait capable de servir d’instrument de Dieu et d’éradiquer le Malin lorsqu’il pointerait ses cornes, mais entre temps, Wolf devait admettre que ce jeunot ne manquait pas de cran. Lorsqu’il parlait, il parvenait à enflammer la foule et à lui faire entrevoir la vérité au sujet de ces filles de Satan qui se déplacaient au milieu des brebis et menaient les honnêtes villageois – surtout ceux qui étaient jeunes et de sexe masculin – à leur perte. Son discours était éloquent, le bon peuple lui répondit par un grand cri alors que les bourreaux mirent le feu aux tas de bois sur lesquels les sorcières se trouvaient attachées.

Ses mains noueuses cachées dans son ample tunique, Wolf assistait au spectacle à bonne distance, histoire de se mélanger ni à la foule, ni à ses semblables. Ce Louis lui rappelait un certain jeune homme idéaliste qu’il avait bien connu de nombreuses années plus tôt, et Wolf avait bien l’intention de laisser la place aux jeunes et de se tenir en retrait, prêt à assumer l’arrière-garde à tout moment.
Malgré le froid qui lui lacérait le visage et le bout des doigts, Wolf se sentait en pleine forme. Il était encore apte à rassembler ses brebis et à les envoyer combattre le Mal, lui aussi était encore capable de les unir sous la bannière de la vraie croix.

Impassible, le vieil Inquisiteur regarda les flammes remonter le long des jambes des sorcières. La foule reculait impassiblement alors que des cris horribles fendaient l’air glacial. Eh oui, il fallait s’y faire. Le Malin avait de nombreuses manières de s’infiltrer dans le cœur des fidèles, et le fait de faire appel à la pitié d’un cœur faible en faisait partie. Wolf ne broncha pas. Ce n’était de loin pas la première exécution à laquelle il assistait, et chaque fois que les flammes dévoraient l’une de ces maudites créatures, il se sentait revivre.

Les flammes lançaient maintenant des ombres dansantes sur toute la place, sur les murs de l’église et sur les visages des gens. Wolf fronça ses sourcils broussailleux et scruta la foule d’un oeil méfiant. Combien de supports de Satan se cachaient parmi les honnêtes villageois? Etaient-ils déjà entrain de réunir leurs troupes? – L’Inquisiteur en était pratiquement certain. Dans ce monde qui semblait vouloir sombrer dans le chaos, le Malin et ses sujets n’abandonneraient pas aussi facilement le combat.


*Eh bien venez donc…je vous attends*, songea l’Inquisiteur avant de se détourner afin d’aller remercier le Tout Puissant pour cette victoire.
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La Messe de Cendres (#2)

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