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 Les Chroniques de Forbach

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MessageSujet: Les Chroniques de Forbach   Dim 24 Fév 2008 - 17:57

Cette rubrique aura pour but de résumer tous les évènements qui voilent de plus en plus la petite ville de Forbach de ténébreux mystères en ces sombres jours. Elle sera composée des écrits intimes d’Habitants de clans divers afin d’en avoir une vision suffisamment globale.

Les topics en rapport avec les chroniques sont accessibles en cliquant sur les images.







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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Dim 24 Fév 2008 - 18:01







Extrait du Carnet de Bord du Comte de Forbach. Neutre.

L’Été de cette année, qui jusqu’alors s’était dissimulée de brumes, fut une véritable surprise. En effet il s’averra chaud et sec, poussant la consommation d’Eau de la Ville à augmenter. L’ennui parvint lorsque nous nous aperçûmes qu’à travers la surface miroitante du liquide vital, nos souvenirs nous harcelaient, et que passé l’écran transparent, nos souvenirs devenaient Démons intérieurs. Ces Chimères sorties de l’enfer du passé parvenaient à nous obséder, et nombre d’entre nous atteignirent la Folie… Certains même virent la fraîcheur de leur Eau se changer en froid éternel, je parle entre autre d’une servante au Château retrouvé par le Vicomte et Louis Institoris lui-même, dans un bassin des Somptueux Jardins. Bien sûr, nous tûmes cet évènement au grand public. Toutes ces interrogations poussèrent la plupart des habitants à enquêter, il en allait de notre santé, de notre santé mentale… Bien plus tard, des mois plus tard, à l’arrivée de l’Hiver, les indices convergèrent au Vieux Puits dans la Montagne de la Fraternité, il était source des eaux, source des maux. Le plus intrigant fut encore ce qu’on y trouva : un caillou, une simple pierre gisant au fond de cet antre de l’Enfer, aussi sombre que les ténèbres. Lapis-lazuli fut le nom donné par un expert en géologie venu de la capitale par ordre de Louis Institoris et appuyé par le mien, il restait perplexe et indécis à la vue de la couleur, il n’en avait jamais vu de noire extrême ainsi que celle-ci. L’Inquisition en déduit qu’il s’agissait d’une manipulation alchimique à des fins, à l’évidence, sataniques, et donc d’un acte de sorcellerie…


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Dim 9 Mar 2008 - 23:57





Extrait du Journal Intime de Céline Lamarre, Dame de Compagnie. Sorcière d’Olrun.

La réponse au rapport du « Ruissellement des Souvenirs » de Louis Insitoris aux hautes autorités religieuses fut des plus ardentes. Blessé dans son orgueil, le chef de l’Inquisition ne pouvant décevoir, il lança une investigation pour démasquer les coupables. Cette recherche fut on ne peut moins longue, et au bout de quelques jours, trois femmes étaient face à la grande Croix de leur Destin, et en quelques instants, trois femmes n’étaient plus que cendres au vent… Parmi elles, je reconnus Gabrielle de Mortelune, une sorcière ayant rejoint les rangs du Lys Noir, ainsi qu’une jeune femme croisée au Château alors qu’elle cherchait Elisabeth, une apprentie potentielle d’Olrun il me semble, qui s’était faite arrêtée par l’Inquisition sous ordre de son propre père, avant même qu’elle est pu parler à la femme du Vicomte… La troisième femme était probablement une paysanne démunie prise car elle correspondait au profile type. Cette cérémonieuse exécution marquera les esprits pour longtemps… Je me demande tout de même comment l’Inquisition est arrivée à soupçonner Gabrielle.


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Dim 30 Mar 2008 - 19:14





Extrait d’une Lettre à son Oncle de Luc Balzer, Commerçant. Neutre.

Ce matin au marché la rumeur a fait pâlir plus d’un visage, et le mien compté ! Alors que les étalages se préparaient ce Lundi, il était tôt et la Lune nous surveillait encore. Une femme est arrivée sur la place en hurlant à tout va que trois hommes avaient été tués, cette dernière réputée pour sa simplicité d’esprit fut d’abord soupçonnée de divagation, mais quand elle se proposa de nous mener jusqu’à eux, tous la suivirent avec une once d’inquiétude dans le regard. Lorsque nous sommes arrivés à la lisière de la Forêt, la scène qui s’y présenta nous marqua particulièrement. Il s’agissait bien de trois hommes, de trois Inquisiteurs, pendus par les pieds à de très longues cordes faisant plusieurs mètres, suspendues à une épaisse branche d’un chêne centenaire. Il paraissait tout à fait surhumain d’avoir pu monter aussi haut pour pendre ces hommes… Peut-être était-ce, comme le criait frénétiquement l’abbé qui nous avait suivi, « l’œuvre du Démon ». Nous savions qu’il s’agissait d’Inquisiteurs uniquement car ils portaient tout trois un chapelet argenté qui pendait dans le vide, et de grands habits sombres comme beaucoup d’entre eux. Leur visage en vérité n’était pas visible, caché sous un sac en toile, comparables à ceux-là même qui avaient été usités pour les trois sorcières lors du dernier bûcher. Nous étions tous plus impressionnés que tristes par cet acte criminel, les coupables s’attaquaient en fait à un symbole plus qu’à trois hommes à nos yeux… Deux personnes de l’attroupement et moi même approchèrent les cadavres pour vérifier qu’ils étaient bien morts, nous retirâmes alors les sacs qui étaient à portée de main, révélant des visages figés à jamais. Nous aperçûmes en premier lieu l’entaille qui rayait leur gorge, puis cette étoile à cinq branches, la pointe vers le sol, gravée sur leur front. Un effroi muet fit frissonner la foule aux grands yeux. « Représailles ! » ce mot de l’Abbé paraissait évident à tous : les Sorcières de Forbach s’étaient vengées…


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Lun 28 Avr 2008 - 15:46





Extrait des Écrits personnels d’Adeline Bryaner, jeune Bourgeoise, Sorcière du Lys Noir.

Je fus d’abord surprise et enchantée de la visite de la Meneuse elle-même. Étant plutôt vive, il est vrai qu’elle aime souvent à ma solliciter pour les « missions d’information », c'est-à-dire pour prévenir et répandre l’instant de la réunion à venir. En l’occurrence, elle me raconta avec grâce mais froideur qu’elle avait trouvé le matin même un Corbeau sans nulle vie ni yeux et aux pattes liées, portant un minuscule parchemin sur lequel était manuscrit une phrase qui résonna en mon esprit comme un éclat de verre : « Ce sont les flammes de vos propres ténèbres qui enlacent vos soeurs ». L’évidence portait son âcre lumière sur les Sorcières d’Olrun, elles étaient donc passées des insinuations et accusations aux insultes les plus blessantes et impardonnables… Une réunion grave se préparait pour le Lys Noir.


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Mar 13 Mai 2008 - 22:59





Extrait du Journal Privé d’Hugo Lartig, Musicien, Sorcier d’Olrun.

J’avais plus ou moins surpris quelques murmures il y a quelques temps sur un sujet des plus intrigants.
Une « lettre de réconciliation » aurait été envoyée aux sorcières du Lys Noir. Cette idée me laissait particulièrement perplexe vis-à-vis de la véracité de ces propos. De toute façon la Réunion des Sorciers et Sorcières d’Olrun était programmée pour quelques jours plus tard, un Sabbat digne de ce nom se préparait, festif mais solennel, les sujets de l’Inquisition et des activités secrètes du Lys Noir devaient être abordés, et sûrement celui de cette lettre d’espoir. Mais lorsque nous sommes arrivés dans la Clairière Sacrée le jour dit, l’innommable avait été osé. Notre lieu de culte avait été violé : Une marée de fleurs de lys d’un noir tel qu’on ne peut le trouver qu’au fin fond des abysses avait envahie la Grande Clairière. Face à la stupeur générale, la première d'entre nous à se réveiller fut notre prêtresse bien aimée Elena. Elle s'approcha avec courage de l'une des Fleurs, elle sentit son parfum et sombra dans le froid éternel. Nous comprenions alors que la réponse à cette lettre était clairement dépréciative et amer, les Sorcières du Lys étaient à l’évidence victimes et prisonnières de la haine de leur Meneuse belliqueuse...



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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Dim 1 Juin 2008 - 13:30





Extrait du Journal Intime d’Ariana Von Wesser, Noble, Sorcière du Lys Noir.

Je me souviendrais de ce cri jusqu’au firmament… Ce cri puissant d’homme désarmé face à l’adversité, le cri du désespéré face à l’Aube, du mourrant par les yeux d’une autre. Tous, nous accourûmes à la belle Chambre de notre Comte. La scène était si prenante que j’eus l’impression que quelque chose en moi tombait lourdement. Je ne me rendis même pas compte alors de la grimace d’effroi qui affligeait mon visage. La stature imposante et gracieuse que nous connaissions tous du Comte était en cette heure, cassée, pliée sur une ombre pâle entre ses bras que nous eûmes plus de facilité à reconnaître par la situation que par la forme : La Femme du Comte qu’immédiatement j’identifiai également comme la sœur de la Meneuse du Lys Noir… « La Comtesse est morte ! », ces quatre mots en écho dans tout le château hanteront pour longtemps les aurores sanglantes de juin. Elle était si pâle, ses yeux assombris par le néant rampant de son enveloppe charnelle, sa peau argentée des lueurs livides d’un ciel blafard. Une émanation éthérée semblait de cet être de glace irradier les yeux stupéfaits de l’assemblée tandis que mon regard se déposait sur une petite table de merisier sombre où s’élevait un vase fin et ciselé dans le quel venait de mourir une fleur qu’hélas je reconnaissais bien… Une servante m’expliqua que la vesprée précédente le Comte était en affaire hors du Château et que la Comtesse avait reçu la visite d’un messager mystérieux que cette dernière avait tout l’air de reconnaître assez pour accepter de lui ce qui semblait être une fleur. Le Comte l’avait retrouvée ce matin même en réinvestissant sa chambre. Ce récit me fît frémir. À l’évidence les forces que nous avions déchaînées au nom de notre vengeance se tournaient indirectement contre nous. Aujourd’hui le Château de Frauenberg bruisse de rumeurs, pendant que les inquisiteurs et les autres habitants hésitent entre un suicide, une crise naturelle du cœur ou un empoisonnement volontaire, certaines sorcières y voient bien sûr la contre-attaque de la tribu d’Olrun de façon à blesser Alicia et l’affaiblir… Je dois avouer que je ne sais pas, je ne sais plus du tout à qui me confier et de qui me méfier. Je sais juste qu’il ne fait pas bon être habitant de la ville de Forbach, en ces tristes et sombres jours...


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Mer 9 Juil 2008 - 23:16





Extrait des Manuscrits de Frère Antoine, Moine, Neutre.

Nous avons recueilli il y a quelques temps un jeune orphelin en état de choc. Ses parents auraient apparemment été emportés par la Sainte Inquisition, dont les agissements commencent à inquiéter notre Abbé. Le garçon nous a rapporté la plus sombre soirée de son existence : La nuit était tombée et même la lune ne peut témoigner de l’armée de peur qui emplissait discrètement la Ville de Forbach. En effet l’orage était éclatant et la foudre tombait ardemment, déchirant le ciel, éclairant de temps à autre les chambres d’où s’éveillaient des murmures vifs et inquiets, on avait entendu des cris, et là encore ! Des lueurs de bougies éclairaient faiblement les carreaux ruissellent, mais déjà on entendait frapper à la porte. Le père partit demander l’identité de l’inopportun, l’homme ne s’introduisit que par son appartenance à l’Inquisition venant pour une «Perquisition générale». La mère avait les yeux palpitants, elle saisit subitement le bras du jeune garçon et courut jusqu’à la cave en sous-sol, elle l’y enferma et il vit pour la toute dernière fois ses yeux, elle pleurait. Elle remit le tapis pardessus la trappe. Il entendait tout... l’Inquisiteur resta longtemps, infiniment à ses dires, le sol tremblait sous ses pas et les meubles qu’il n’hésitait pas à renverser. L’enfant ne respirait plus. Puis le bruit cessa subitement, apparemment il ne se rappelle plus précisément… Il s’agissait d’un certain livre, avec certains symboles et certains mots… « Papa et Maman étaient des sorciers » ne cesse-t-il pas de répéter au temps passé, ayant tout compris de cette fatalité. Le père cria fort, un coup de tonner éclata en même temps qu’un corps tomba, la mère hurla, et puis… plus rien. Le jeune homme fut trouvé plusieurs heures après, tétanisé. On a compté des dizaines d’arrestations en cette nuitée


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Sam 8 Nov 2008 - 2:25







Extrait d'un Carnet d'Eloïse Inge, Bourgeoise, Sorcière d'Olrun.

Moi et mes sœurs avons eu énormément de chance de réchapper à l’inquisition lors de la perquisition il y a de cela quelques semaines. Les Dieux veillent sur nous. D’autres n’ont pas eu cette chance, le Lys Noir n’aurait apparemment pas été épargné. C’est triste à dire mais si d’un côté le malheur d’anciennes alliées me dérange, ça ne me chagrine pas véritablement plus que ça après ce qu’elles nous ont fait… La même ambigüité s’est posée sur mon regard perplexe lors du mariage de leur Meneuse : l’union de deux êtres est toujours un moment de fort émoi, mais j’avais entendu bien des rumeurs sur ce mariage… D’aucuns le disaient fruit d’un crapuleux stratagème tactique d’Alicia, certains aussi le disait rémanence d’un ancien sortilège ravivé par la Mort de la Comtesse. Comment savoir ? En tout les cas j’étais présente à l’Église et j’ai vu bien des sœurs serrer les dents et les poings en silence pour ne pas intervenir, comme nous l’avait recommandé Adrien d’Hasbauer, notre nouveau prêtre élu en assemblée restreinte exceptionnelle. J’étais aussi sur les lieux lors du Grand Bal le lendemain en l’honneur du Mariage, et alors que je commençais enfin à croire à la profondeur du sourire d’Alicia face au Comte, j’ai entendu le tonnerre, j’ai vu le sang, j’ai ressenti la peur et la douleur de la nouvelle Comtesse de Forbach qui, en un coup de feu, plaçait son voile immaculé en pâle suaire sur le visage de son aimé, devenant pour tous la Veuve de Sarrebourg…


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Dim 23 Nov 2008 - 23:13





Extrait des Mémoires d'Olivier Klein, Bourgeois, Neutre.

Cela faisait plusieurs nuits que je n’osais même plus aller chercher de l’eau au puits. Je me sentais toujours épié, j’entendais des bruits, voyais des formes dans les fourrées, des ombres. Bien sûr, ma vieille mère ne me croyait pas et estimait que je m’écoutais trop, que j’étais trop feignant. Je crus presque en les paroles de cette mégère acariâtre. Les temps n’avaient jamais été aussi sombres, les évènements étranges se multipliaient depuis plus d’un an. C’en était presque irréel, cauchemardesque, c’est certain. Une nuit, je crus entendre des paroles d’enfants, articulées en chanson, venues de la chambre de ma sœur, mitoyenne à la mienne à l’étage, inhabitée depuis quelques années déjà. M’y rendant, je ne trouvai rien d’autre qu’une fenêtre ouverte et un léger courant d’air qui me fit frémir un instant. La seconde nuit, j’entendis des sanglots dans le couloir où je trouvai la porte de la même chambre ouverte, et la fenêtre également, libérant ce fameux courant d’air, portant dans le couloir une petite masse nébuleuse et sombre qui disparut en un clignement d’yeux. La troisième nuit, j’eus bien du mal à fermer les yeux, et vers la même heure que les deux nuits précédentes, l'escalier grinça lentement, bruit auquel je n’aurais jamais fait attention auparavant, mais qui à présent m’intriguais. M’approchant des marches dans la pénombre, je suis certain d’avoir brièvement vu des empreintes humides de pas sur les marches en bois, tout de suite effacées comme une buée par l’éternel courant d’air. Ma mère m’affirmait que c’était mon imagination, comme toujours ! La quatrième nuit j’entendis la porte de la chambre de la vieille claquer, suivi d’un cri de peur. Me précipitant dans la chambre de ma mère, cette dernière, les larmes aux yeux, apparemment paniquée, m’assura que c’était le courant d’air qui avait violemment fait claquer sa porte, la réveillant. J’étais stupide de m’en faire pour si peu ! La cinquième nuit, il ne se passa rien, pourtant, au matin, ma mère s’était pendue dans sa chambre. Que l’on me croie ou non, je sais ce qui s’est passé… Une nuit, il y a bien longtemps, ma petite sœur alors âgée de seulement cinq ans, s’était disputée avec ma mère et cette dernière, dans sa sévérité sans limite, l’avait trop violemment punie. Elle l’avait tuée. Et cette cinquième nuit, ma sœur s’était vengée. J’appris rapidement que mon histoire n’était pas un cas isolé. Une fois encore le Passé resurgissait à Forbach, sous une nouvelle forme, plus effrayante que jamais !


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Sam 29 Nov 2008 - 14:42





Extrait des Écrits d'Emmanuelle Blois, Religieuse, Inquisitrice.

L’acharnement de notre dirigeant est un modèle pour nous tous, ses yeux savent refléter l’espoir même face aux plus sombre ténèbres ! Il semble irradier tant sa foi est sans faille et sa volonté de fer. Louis Institoris est un phare pour moi, je suis admirative. Nous partageons ce dégoût puissant pour les filles du Diable et c’est un honneur que de pouvoir les éradiquer de notre Comté à ses côtés ! Aussi le plan d’action de l’Inquisitio fut-il tout à fait ingénieux ! Jamais on ne vit autant d’arrestations dans la ville. Malheureusement, les preuves les plus courantes n’étaient pas des plus flagrantes, et beaucoup furent finalement libérés. Le reste, des femmes pour la plupart, furent programmées à être brûlées vives comme le voulait la coutume, coutume que Louis respectait à merveille. Il fit une exception pour une jeune femme, chez qui avaient été trouvés suffisamment d’indices pour lui mettre du plomb dans le cœur sur place, mais M. Institoris dans sa grande sagesse la préserva pour qu’elle parle. Il était particulièrement pressé d’avoir des renseignements sur un certain écrit de la sorcière qu’il appelait « la Clef ». J’eus le privilège d’assister à l’interrogatoire en différentes séances, très instructives d’ailleurs, s’étalant sur plusieurs mois. Malheureusement, le dernier jour de Question, je frappai la fille du démon un peu trop fort, mettant fin à ses souffrances. Louis Institoris me renvoya dans un couvent en Alsace, plus jamais je n’ai osé prononcer à nouveau son nom à haute voix, tant la honte est sur moi. Par ma faute, le Chef de l’Inquisition n’aura peut-être jamais l’explication de la Clef de Cendra


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Dim 7 Déc 2008 - 15:40





Extrait du Rapport du Père Vizerbert à l’Évêque de Lorraine, Prêtre, Neutre.

La situation n’est plus possible ! Il faut faire quelque chose ! L’effroyable escalade de l’horreur dans laquelle nous sombrons est tout à fait ingérable… Ce sont les forces même de Satan qui se déversent dans cette ville glacée et pourtant léchée par les flammes de l’Enfer ! Les Sorcières menacées par les forces de l’Inquisition ont fait appel à d’autres forces encore plus sombres que tous leurs vénéfices : elles ont invoquées des âmes, des spectres revenus de l’Au-delà, ils sont absolument partout ! Tous les habitants en souffrent, moi-même suis poursuivi par d’anciens enfants de chœurs qui avaient mystérieusement disparus à une époque. Monseigneur, Evêque de Lorraine, je vous supplie de trouver une solution radicale. J’ai depuis longtemps pensé à cette guilde réputée, venue des pays de l’Est, qui ont accompli maints miracles : les disciples du vénérable Père Marcus. De gré ou de force, pardonnez mon ton impératif et déplacé mais : faîtes-les venir ! Nous avons besoin de cette équipe légendaire pour combattre ces démons sortis de sombres contes…


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Jeu 2 Juil 2009 - 18:03





Extrait du Journal d'un Disciple du Père Marcus, Exorciste.

Ce comté est formidable ! Ou plutôt… fascinant… Voici le ressenti général de mes collègues et de moi-même à la fin du dîner d’accueil organisé par le Vicomte de Forbach qui possédait le pouvoir depuis la mort du Comte sans héritier. À notre arrivée, après des jours et des jours de voyage, nous rencontrâmes un paysage digne de l’une de nos mises en scène les plus lugubres : le soleil voilé crevant les feuillages de la forêt formant des rayons pâles ne mettant que plus en avant l’ombre du sous-bois quelques instants d’une journée qui se confondait presque avec la nuit, les brumes glissantes soufflées par des courant d’air susurreurs, le regard continuellement inquiet des habitants, puis enfin le Château ! Oh ce grand et beau château, comme figé dans sa triste histoire. Forbach ne recule pas les saisons mais les réinvente : le Printemps était bel et bien là : le Château était entouré d’arbres qui voyaient déjà leurs conventionnelles fleurs blanches recouvrir le bois nu, mais la gaité ne semblait pouvoir percer la glace. Et ici les lieux étaient comme les gens. Aussi, nous eûmes un accueil très conventionnel mais pour le moins glacé : nous n’étions pas les bienvenus. Notre chef, Jonas, est un garçon futé et plein de prévoyance : il se chargea pendant le voyage de nous instruire de tous les derniers remous qu’avait subis Forbach. Nous apprîmes ainsi que la première menace dont nous devions nous méfier était l’Inquisition : nous la perçûmes comme l’autorité rationnelle de ce comté, celle qui ne croyait probablement en rien à ces histoires d’esprits errants hantant la ville. Cet avis fut remis en cause lors du service des entrées au dîner alors que Louis Institoris confiait intimement au Vicomte la récente mort de son bras droit - selon lui due à un esprit-, dans un instant de silence commun, changeant malgré lui le secret en annonce officielle. La seconde menace mise en avant par l’histoire de Forbach était la tension politique qui y régnait : information magistralement confirmée lors du plat principal par l’intervention d’Alicia de Sarrebourg qui annonça à tous qu’elle était enceinte de feu son mari le Comte, violente nouvelle pour la Vicomtesse qui en fit un malaise, inutile d’en dire d’avantage sur ce que cet évènement nous laissait imaginer quant à la relation des deux grandes Dames. La troisième menace dont nous devions nous méfier était la prétendue existence de sorcières en ces lieux… La légende ne nous effrayait pas, mais l’acharnement de tout le comté à confirmer le mythe nous poussait à la prudence…


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Sam 8 Aoû 2009 - 17:04





Extrait des Écrits personnels de Hans Von Sach, Noble, Sorcier du Lys Noir.

Longtemps nous avons douté, nous n’avions pas tort ! Il faut toujours douté des gens, surtout de ceux qui ont une réputation. Les disciples du père Marcus en avaient une de réputation ! Et pas des moindres… C’est pourquoi nous doutions d’eux plus que de quiconque. Un étranger qui arrive à Forbach s’intègre au mieux de par sa nature mystérieuse : il est ombre parmi les ténèbres. Alors que ceux qui luisent de splendides ouï-dire, ceux là sont à nos yeux des intrus dont il faut se méfier tant que preuve n’a pas été donnée de leur véritable intention. En cette nuit de la Saint-Jean, l’attestation de leur pouvoir a été signée ! Alors que nous priions pour notre salut et celui des âmes qui nous hantaient, les esprits que les rumeurs disent être des trois sorcières brûlées vives lors de la Messe de Cendres apparurent, éteignant toutes les bougies, toutes les lumières, tous les espoirs. Flottant au dessus de l’autel religieux elles nous parlèrent et, je n’en suis pas bien sûr, mais il me sembla reconnaître parmi ces voix d’outre-tombe celle de ma défunte consœur Gabrielle, difficile à dire dans ces cantiques confus et maudissants. C’en suivit un déchaînement de fureur des esprits vengeurs, miraculeusement retenus par les exorcistes. Nous sortîmes et de dehors nous assistâmes à l’affrontement des disciples du père Marcus et des esprits revenants : un déferlement de flammes, une pluie de morts, un concert de chœurs liturgiques et de hurlements bestiaux. Nous ne pûmes voir le combat qui se jouait entre les murs de l’église mais aux chants, aux cris, et aux poussières de feu qui surgissaient de l’édifice, nous imaginâmes fort bien la bataille qui faisait rage. J’ai honte à l’écrire mais c’était un spectacle magnifique ! Lorsque ce se fût calmé un exorciste poussa les grandes portes et nous annonça que c’en était fini. Preuve a été faite pour moi qu’ils étaient à la hauteur de leur réputation.


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Jeu 3 Déc 2009 - 1:55





Extrait du Carnet de Bord du frère Sten, Exorciste.

Je me sens sale. Pour la toute première fois je me sens sale d’être un de ces escrocs. Car voilà plusieurs années que ma vie ne repose ni sur des miracles ni sur ma bonté d’âme, ça je le savais, mais sur le mensonge, là encore je l’acceptais, et le meurtre, là c’était trop. C’est curieux à dire, mais je me suis toujours considéré comme un être moral, si nous avons monté toute cette mascarade, c’était pour survivre dans un monde où l’effort et la vérité ne payent plus depuis bien longtemps. Nous nous sommes adaptés. Mais le pacte que j’ai passé était avec le Père Marcus et non pas avec la Mort. Jonas nous a trompés. Il nous a salis malgré nous ! Il a voué nos âmes à l’enfer… Nous avons tout compris le lendemain de la Saint-Jean. Nous le surprîmes à essayer d’assassiner le frère Nathan. Apparemment le petit cri que nous cachions tous derrière la frivolité, l’argent et la chair, la voix de notre conscience, l’avait rattrapé et il semblait décidé à tout arrêter et en parler aux dirigeants de Forbach. Jonas considéra que cela nous mènerait tous à la potence – en soi il n’avait pas tort – et décida qu’il valait mieux faire taire la petite voix stridente… pour de bon. Nous l’accablâmes. Nous le blâmâmes. C’est alors qu’il voulut nous prouver à tous que nous étions dans l’erreur et que sans ce genre d’actions jamais nous n’aurions percé. Dans le développement de sa tirade il avoua le meurtre du Père Marcus. Mais à quoi s’attendait-il ?! Cet homme est fou et nous a peu à peu contaminés. Il était temps que tout s’arrête. Nous décidâmes de ne pas le toucher car suffisamment de sang – et nous ne saurons jamais précisément combien - avait coulé. Mais nous le condamnâmes à assister à une décision unanime : la dissolution de la guilde. C’en était à jamais fini des Disciples du Père Marcus. C’est ainsi que nous partîmes tous de notre côté, officiellement sublimés par une dernière note de gloire, officieusement ensanglantés par notre sombre histoire.


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Dernière édition par Alicia le Sam 12 Déc 2009 - 0:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Sam 12 Déc 2009 - 0:46







Extrait du Journal intime de Pierre Lacroix , Bourgeois, Sorcier d'Olrun.

La tribu d’Olrun vit de bien sombres heures… Il a été rendu officiel en place publique ce matin que « la jeune paysanne Abigael Asmaloth a été reconnue responsable d’hérésie et d’actes sataniques irréparables. Elle a également été identifiée comme dirigeante d’une secte vouée au diable. ». Notre pauvre Grande Prêtresse… rendue impotente par ses démons intérieurs et ses fantômes, elle n’a pu se défendre. Elle fut exécutée à l’abri des regards, les inquisiteurs craignant une action des sorcières pour sa libération. Nous voilà donc sans dirigeant. Le Livre de Lumière a disparu et nous soupçonnons tous la Meneuse du Lys Noir de l’avoir volé. Nous n’avons donc plus de Grimoire pour les cérémonies officielles. Nos prêtres sont tous au bord du précipice : Adrien obsédé par sa fille Alexandrine toujours disparue, Europe amourachée du chef de l’inquisition et Eleonor tout bonnement introuvable. Mais que s’est-il passé ? Nous avons beau supplier les dieux, rien ne s’arrange, jamais. Cette tribu doit-elle s’éteindre aujourd’hui, après des siècles de lumineuse hégémonie ? Il me fend le cœur de devoir l’imaginer. Il m’est impossible de me rendre à l’évidence…


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Sam 12 Déc 2009 - 0:59





Extrait d'une Lettre de Marianne Eisenheim , Commerçante, Neutre.

Un sacré bout de femme ! Au sens propre… C’est ça l’Oracle, une fillette inspirée par Dieu. Un symbole de pureté et d’innocence vue de dehors, une sagesse et une force divine à l’intérieur. Elle nous réapprend l’humilité. Avant de la rencontrer, ma vie était un enfer, comme celle de la plupart des habitants. Mes nuits étaient hantées par l’esprit errant d’une ancienne amie morte alors que nous étions encore enfant. Chaque nuit, du moment où le dernier rayon de soleil arrêtait de traverser la fenêtre du salon, j’entendais grincer toute la charpente, puis j’entendais sa voix, diffuse et terrible. Les atrocités dont elle m’accusait étaient d’autant plus insupportables qu’elles étaient vraies. Elle chantait et dansait sur des airs que nous avions connus, mais changeait les paroles pour les rendre cruelles. Je l’entendais et la voyais souvent courir dans la maison. Puis un soir, j’entendis frapper à la porte. En ouvrant je découvris pour la première fois la petite silhouette d’Alexandrine, c’était l’Oracle, baignée de la lumière du couchant, entourée d’une dizaine de soldats. Elle m’expliqua, avec un ton qui n’était pas celui d’un enfant, qu’elle allait de maison en maison pour renvoyer les fantômes dans l’Outre-Monde. Et c’est ce qu’elle fit cette nuit-là. Elle attendit avec moi que l’obscurité règne. Les premiers sons retentirent, les premières bribes de voix se firent audibles, le fantôme était là. L’Oracle restait impassible, elle fixait sévèrement les ténèbres. Je n’y voyais rien. Un hurlement glaçant se fit entendre, ensuite des rires, des bruits de pas, la confusion habituelle. Paniquée, je réussis cependant à apercevoir l’ombre nébuleuse se mouvant à une vitesse impressionnante de tous côtés. L’Oracle la suivait des yeux sans faillir. Puis, sans prévenir, elle tendit violemment la main devant elle. L’ombre cessa sa course, comme extrêmement ralentie. S’en suivirent des cris de l’esprit vengeur. Une lumière grandissante se mit à irradier de l’Oracle jusqu’à m’éblouir. Lorsque je pus rouvrir mes yeux le fantôme était parti, je le sentais. L’Oracle me promit qu’on se reverrait très rapidement et s’en alla sur le dos d’un magnifique poulain blanc, encadrée de sa garde rapprochée.


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Sam 12 Déc 2009 - 1:09





Extrait d'un Carnet personnel de Jeanne de Mauret, Noble, Sorcière du Lys Noir.

Il y a un an, à quelques semaines près, c’étaient les exorcistes. Aujourd’hui c’est cet homme qui se donne de grands airs. Il est arrivé ce matin en grande pompe. Tous les nobles, curieux, se hâtèrent dans le Hall pour comprendre ce qui se passait. Depuis des semaines qu’il était attendu, tout le monde l’avait oublié. Il fit pourtant une entrée fracassante lorsqu’un de ses hommes lut la décision du conseil, comme si nous l’avions attendu pour apprendre que nous allions être sous la coupe d’un tyran sicilien. Le Comte marchait lentement, le regard impérieux se posant sur le moindre détail du château. Ma parole, c’était ridicule… Il n’a pas du bien comprendre l’unique morale à retenir de l’histoire de ce comté : nul homme ne dirigera Forbach. Même Adrien d’Hasbauer, le Vicomte, n’a pas pu continuer la gestion du comté suite à l’assassinat de son cousin. La recherche de sa fille, Alexandrine, lui demandait trop de temps et il a du passer le pouvoir. Brave homme que celui-ci. Dieu merci Alexandrine est sauve bien que son corps soit temporairement emprunté par l’Oracle – bénie soit-elle. Le Salut des hommes demande des sacrifices… c’est bien connu. Ce Lorenzo Maestriani ne sait pas encore à quoi il s’expose. Lui aussi sera maudit. Aujourd’hui il se sent supérieur, il croit dominer les cimes, mais demain… c’est par la racine qu’il mâchonnera les pissenlits. Si seulement l’Oracle pouvait nous en débarrasser comme un de ces esprits égarés… Nul ne peut se mettre en travers de son chemin pour le moment. Mais j’ai confiance en l’âme cruelle de notre belle ville.


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Mer 19 Mai 2010 - 12:47





Extrait des Mémoires d’Alexandre Grimaud, Inquisiteur.

Gabriel était un bon camarade. Un peu violent, il est vrai. Mais à l’heure où tous se tournaient les pouces, ce vieil homme donnait un peu de mouvement ! Ce jour d’avril, il n’y avait pas grand-chose à faire. L’Oracle gelait un petit peu le terrain de chasse pour mieux nous le préparer. Nous on attendait dans la Collégiale, on buvait beaucoup, on jouait aux cartes, on n’avait pas tellement d’entraînements en vérité. Ce jour-là, Gabriel venait de me lyncher au bras de fer. À soixante ans c’était un titan ! Une dame l’a demandé devant le bâtiment. On ne sait pas ce qu’elle lui a dit, ni à quoi elle ressemblait, mais Gabriel est parti tout de suite, torse nu. Nous, à l’intérieur on ne s’est pas inquiétés, il était un peu foufou Gabriel. On a appris ce qui s’était passé dans la soirée. Apparemment il aurait cru voir Joan Witham, la petite rouquine soupçonnée de sorcellerie. Elle l’obsédait déjà avant, mais là ça a été fatal. Il a poursuivi cette chimère comme ça à travers tout Forbach jusqu’au château. Là il aurait défoncé la porte de la chambre de la Comtesse persuadé d’être chez Joan et l’aurait agressée ainsi que deux commerçantes présentes. Que voulez-vous, la vieillesse c’est terrible, il avait sûrement bu un coup de trop… Ca a fait beaucoup jaser. Lorenzo qui le protégeait jusqu’à présent ne pouvait plus le couvrir. Il s’en était tout de même pris à la Comtesse, pas commode comme bonne femme, puis influente. Gabriel Touchedieu a été mis à pied...


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Mer 19 Mai 2010 - 12:53





Extrait des Écrits d’Anne Brodat, Musicienne, Sorcière d’Olrun.

Je revenais de chez mon Apprentie de bonne heure dans la matinée. J’ouvrais la porte de ma maison lorsque je la vis. Une petite enveloppe qu’on avait probablement glissée sous la porte en mon absence. Vivant seule personne ne l’avait ramassée. Mon regard se porta en premier lieu sur le cachet. Cette lettre avait probablement été envoyée depuis le Château de Fraueberg. En l’ouvrant je pus observer une écriture distinguée, volontaire, mais petite et tremblante, comme si un esprit sage avait parlé avec la voix d’un enfant. Je commençai par lire la signature : l’Oracle. Elle m’avait délivrée du terrifiant esprit de mon père, il y avait de cela quelques mois. Je l’avais alors trouvée charmante. Puis, notre Grande Prêtresse avait foi en elle, elle était de confiance. Je lus la courte lettre et fus ravie du message ! J’étais heureuse de pouvoir bientôt connaître le dénouement de tout cela, mais j’étais triste à l’idée de devoir dire au revoir à cette enfant de lumière…


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Mar 15 Juin 2010 - 0:57





Extrait du Carnet de Charles Kreich, Paysan, Neutre.

L’Oracle est un monstre, un démon portant en elle l’esprit diabolique du vice ! Elle nous a fait croire à tous que Dieu avait pris pitié de nous ! Elle s’est présentée comme le nouveau messie ! Elle nous a dupés ! Nous l’avons tous crue… Nous avons tous déposé le peu qui nous restait sur ses ailes : nos derniers espoirs. Elle n’en a fait qu’une bouchée ou plutôt une boucherie. Alors que nous festoyions au champ de muguet comme nous y invitait la lettre de l’Oracle, alors que nous étions fascinés par le nuage de feu spectaculaire qu’elle avait créé pour nous divertir, un cercle de hautes flammes nous prit au piège. Toute la populace s’est mise à hurler, les enfants cherchaient leur mère, les parents cherchaient leurs enfants, et ceux qui n’avaient plus rien à perdre piétinaient les autres pour chercher une faille dans le mur de feu. Puis il cessa en une ultime bouffée. Les flammes tombèrent pour mieux laisser place aux inquisiteurs ! Nous apprîmes plus tard que l’Oracle leur avait fait croire que ce serait les sorcières qui se réuniraient en cette nuit au champ de muguet. Ainsi ils fondirent sur nous. Le massacre fut terrible, les pleurs, les cris, le sang, la violence. Arriva un messager de Lorenzo Maestriani et tous le suivirent en direction du parvis de l’église. Apparemment c’était là que se trouvaient les vraies sorcières rassemblées pour un rituel d’invocation. Les inquisiteurs interrompirent en masse le rituel. On dit qu’ils sont arrivés juste à temps car un démon gigantesque aux ailes de nuit se déployait déjà hors de l’enfer. L’Oracle a tenté de fuir par la forêt. Elle a réussi à mettre en déroute presque tous ses poursuivants mais Lorenzo l’a rattrapée et maîtrisée. On aimerait bien qu’il la pende en place publique mais le Conti a précisé que l’Oracle devait être éliminée d’une façon calculée au risque de la voir s’échapper. Tant pis…


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Sam 26 Juin 2010 - 0:57





Extrait du Journal d’Elise Coupeau, Bourgeoise, Sorcière du Lys Noir.

Il est des hommes que nul ne regrettera. Il en est d’autres que tous pleureront. Gabriel Touchedieu nous a fait beaucoup de mal, beaucoup trop. Adrien d’Hasbauer fut un grand homme et un digne dirigeant de Forbach. Gabriel a profité de la protection de Lorenzo Maestriani pour commettre les pires crimes au nom de Dieu. Adrien a du céder sa place au Comti sur ordre du Conseil régional. Ces hommes dans toute leur nuance ont aussi pu faire de bonnes ou de mauvaises actions. Alors que sonnait la Fin des Ombres, Gabriel sut s’opposer à l’Oracle. Alors que sonnait la Fin des Ombres, Adrien n’a pas protégé ses sœurs. Mais c’est la somme de ses actions qui donnera sa valeur à un homme. Gabriel aura beau s’être repenti, il gardera son image de terrible bourreau. Adrien quant à lui gardera cette image finale du père qui s’est sacrifié pour sa fille. Car demain Gabriel Touchedieu sera pendu en place publique. Car demain, on enterrera Adrien d’Hasbauer. En tout homme réside une lumière et une ombre. La lumière n’a vaincu que trop tard pour le Gourdin, et alors que son corps sera jeté en fausse commune, le peuple encensera à jamais la magnifique défaite de l’ombre devant le sépulcre marbré du Vicomte.


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Mar 21 Sep 2010 - 20:40







Extrait du Journal intime d'Héléna Zoïle, Bourgeoise, Sorcière d'Olrun.

Il est un fait étrange à Forbach (je me permets d’employer ce qualificatif car depuis 1640 il a repris des proportions humaines imaginables). On n’a jamais véritablement calculé le taux de criminalité du comté. Entre les débordements des inquisiteurs et les nôtres, les dégâts furent incontestables mais d’une dimension si surprenante que nul ne les a jamais associés à de la criminalité. Depuis quelques années à peine que le comté reprend un rythme habituel, l’attention des gens s’est davantage portée sur les crimes qui y sont perpétrés : le vol à l’étalage semble être devenu l’un des pires forfaits au monde et les meurtres divers comme en connaît chaque ville sont dans les bouches de chacun. Je ne sais s’il s’agit d’une propension humaine à l’emphase ou bien juste une faculté d’adaptation extraordinaire, mais ça m’agace. Pourtant, la nouvelle que je viens d’apprendre me bouleverse. La puissante sorcière du Lys et noble assez connue, Laura De Montfort, a été retrouvée morte ce matin-même dans un champ par un paysan. La mort ne peut dater de plus de quelques heures, je lui ai parlé il y a deux jours. Mais curieusement absolument aucune marque de violence n’a maculé son corps. Le seul indice d’une mort peu naturelle est ses yeux. Ils étaient entièrement blancs, pas révulsés, simplement décolorés jusqu’à la pupille. Un bien étrange spectacle que je suis heureuse de ne pas avoir observé de mes yeux. Bien que cette péronnelle n’ait jamais été mon amie – et les nouvelles lois de notre Grande Prêtresse me l’auraient de toute façon défendu -, c’est une nouvelle pour le moins émouvante. Je me réconforte à l’idée que les inquisiteurs soient entrain de plier bagages. Les plus anciens ont déjà quitté Forbach et d’autres s’en vont jour après jour.


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Dernière édition par Alicia Maestriani le Mar 7 Déc 2010 - 18:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Mar 7 Déc 2010 - 18:07





Extrait des Mémoires de Greg Kunst, Bourgeois, Neutre.

Owen Mansholther, l’Enquêteur Royal, nous a condamnés ! Nous, habitants de Forbach, avions reçu une lettre ouverte de la part d’un mystérieux « Agent du Diable ». Cette épître stipulait très clairement que si le Loup de la Reine ne quittait pas Forbach et n’abandonnait pas son enquête sur la mort de Laura de Montfort il ferait déferler une vague de terreur dans la ville. Owen semblait avoir obéi et être parti. Pourtant, cette nuit, j’ai cru entendre des cris à côté, des bruits de fracas, des bruits d’effroi et de mort. Mais j’avais peur, alors j’ai fermé ma porte à clef. Ce matin, dès l’aube, je suis sorti. La porte de la masure des Rimbourg était ouverte et dans son encadrement gisait au sol le patriarche, une large entaille au cou. J’ai enjambé le corps et suis allé dans le salon où Mme Rimbourg, inerte, était pendue à une poutre par les pieds. J’ai suivi les goutes de sang jusqu’à l’étage et j’ai trouvé les quatre enfants. Dieu est mort pour moi dès cet instant. Pas un seul membre de la famille Rimbourg n’a survécu. Je suis ressorti de la maison en courant pour vomir dans la grande rue. J’ai refermé la porte avant que d’autres badauds n’entraperçoivent l’enfer, et je fus renversé de stupeur. Sur la porte de bois clair était gravé en entailles sanglantes : « Who’s next Mr. Mansholther ? ». Je ne suis pas anglophone, mais il ne faut pas être surdoué pour comprendre la question. Je suis resté enfermé chez moi pour pleurer. Non pas pour cette pauvre famille dont le sort est malheureusement joué, mais pour moi. La peur rampante est revenue à Forbach, tapie dans la brume du soir, guettant sa proie, plus cruelle que jamais. Je quitte ce comté ce soir.


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MessageSujet: Re: Les Chroniques de Forbach   Dim 9 Jan 2011 - 21:05





Extrait du Journal d’Armand Liseran, bourgeois, Sorcier d’Olrun.

Owen Mansholther est béni des Dieux ! Ou bien encore un démon sorti de l’Outre-Monde… À peine est-il de retour à Forbach que le ciel lui livre les terribles vérités qu’il lui fallait pour justifier sa prise de risque face à l’Agent du Diable et être crédité au près de tous. Oui, un orage terrible a éclaté il y a quelques nuits de cela. Des toitures ont été brisées, des arbres sont tombés, et le lac bouleversé a pleuré un corps. C’est Owen lui-même qui l’a retrouvé. Puis il a eu l’idée de draguer le fond et a eu la terrible surprise d’en retrouver d’autres, plus ou moins abîmés par la vase et le temps. Quelques heures plus tard il ratissait le terrain où a été trouvé le premier cadavre, Laura. Il en a trouvé également plusieurs à divers stades de décomposition. Il essaye à présent d’en identifier un maximum. Moi qui croyais la période de terreur terminée à Forbach après le tragique incident qui nous sépara de nombre de nos sœurs il y a quelques années. Entre ces lugubres découvertes et cet Agent du Diable qui nous terrorise, je ne promets pas rester ici encore longtemps. Je n’ai d’obligations qu’envers ma tribu. On dit d’ailleurs qu’il y a du nouveau… Europe aurait demandé à Alexandrine de séduire le jeune Adal pour récupérer le Livre de Lumière. C’est éthiquement discutable mais stratégiquement idéal !


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