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 Le bateleur

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Oblivius
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MessageSujet: Le bateleur   Dim 18 Jan 2009 - 17:00


[HJ : Allez une petite photo de la maisonnette de Camélia :p je sais c'est nul Rolling Eyes ]


Une ombre... Presque invisible... Elle se rapprochait, Camelia ne savait pas où elle se trouvait et pourtant elle était certaine qu'elle était déjà venue ici ; elle se trouvait dans une immense clairière entourée de grands chênes centenaires formant comme une coupole au dessus de sa tête, si hauts qu'elle ne pouvait distinguer leurs sommets et au milieu de cette clairière rien que cette ombre.
Aucun vent, aucun oiseau ne chantaient dans les branches, tout était calme, si calme, trop calme... Comme…Mort.
Elle se tourna vers l'ombre et eu un cri de surprise.


*Mihaï...Non ce n'est pas possible...*

Devant elle se tenait son grand frère taché de boue et de sang, sa chemise blanche déchirée laissait entrevoir une blessure longue de quatre pouces sur sa poitrine.
Ses cheveux noirs défaits et emmêlés tombaient devant ses yeux lui donnant l’air malade et fatigué. Il leva lentement la tête et sourit à sa sœur, mais ce n'était qu'un sourire triste, désolé. Il leva une main et la posa sur l'épaule de Camelia ; la jeune femme pétrifiée ne pu faire un geste. Cette main froide presque glaciale semblait tellement réelle. La main se dirigea lentement vers la nuque de la jeune femme et l'enserra. Vivement, Camelia plaqua ses mains sur celle de son frère et essaya d'empêcher les doigts de serrer plus fort. Elle se débattait mais les doigts tenaient bon comme s’ils étaient taillés dans le marbre, elle suffoquait et perdait lentement la force de lutter contre ces doigts qui la faisait étouffer.
Soudain, comme guidé par une force invisible elle tira d'un coup sec sur le bandeau qui cachait du monde son œil mort. Et là elle les vu…

Camélia sursauta. Elle se trouvait dans sa maison, allongée sur son lit ; l'après midi devait toucher à sa fin, car dehors, le soleil commençait à disparaître à l'horizon. Elle enfonça la tête dans ses mains, elle avait rêvé, seulement rêvé ( ?). Elle frissonna ; le feu s'était éteint et le vent froid venu du nord s’engouffrait en rafale dans la maison. La jeune femme se leva en attrapant un manteau de peau qu'elle passa vivement sur ses épaules. Elle souffla dans ses doigts engourdis et mis quelques brindilles sur les cendres qu’elle alluma. Quelques flammes bleues s'élevèrent rapidement dans l’âtre et Camélia commença à se détendre. Elle ferma les yeux et essaya de se rappeler de son rêve. Le visage de son frère lui revint soudain et de peur de retomber dans cet horrible cauchemar elle les rouvrit et se passa la main sur le visage. Elle remarqua avec étonnement qu’elle ne portait plus son bandeau. Elle le trouva près de son lit, l'attacha d'une main experte et jeta quelques brindilles de plus dans le feu qui commençait tout doucement à réchauffer le foyer de la jeune femme. Elle s’assit sur son lit et jeta un coup d’œil par une des petites fenêtres de la maison, elle eu juste le temps de saisir le dernier rayon de soleil avant que celui-ci ne disparaisse derrière la cime des arbres. L’ombre menaçante de la nuit s’avançait à présent à grand pas dans la campagne, foulant du pied le sol durci par le froid et couvert d’une épaisse couche de neige.
Trois coups bien distincts à la porte se fient entendre. Camelia se leva, intrigué qui pouvait bien s’aventurer ici si tard alors que personne n’osait plus sortir de sa maison le soir de peur de se faire attraper par les Inquisiteurs et de se faire condamner pour sorcellerie. Elle s’approcha de sa porte à pas lents, hésitant à ouvrir comme si elle avait peur que son rêve ne se réalise. Elle secoua la tête chassant cette idée stupide et ouvrit. Une femme se tenait devant la porte et vu son habillement elle devait appartenir à une grande famille noble.


-Bonsoir Madame… Que puis-je pour votre personne ?
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Meneuse
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MessageSujet: Re: Le bateleur   Ven 23 Jan 2009 - 23:57

Sa première nuit de sommeil ne s’était pas bien passée après l’entretien houleux qu’avait eu la Meneuse avec le Vicomte. Elle sentait encore ce vent froid qui avait parcouru son dos lorsqu’elle était passée devant la chambre de sa défunte sœur. Alicia connaissait certaine arcanes de la « magie sombre », elle savait qu’elle ne pouvait imaginer profondément les sentiments que l’âme de sa sœur pouvait éprouver en ce jour. Mais elle savait que ceux-ci n’allaient que dans un sens : la Raison partant, la Passion était fixée en un seul but, un but que toute son âme allait suivre. Alicia savait que ce spectre effrayant était venu pour elle, déterminé. Et enfin, la Veuve de Sarrebourg pouvait imaginer l’objectif ultime de cette essence spirituelle intensifiée : l’esprit de celle dont le père avait été assassiné pour sa sœur cadette, l’âme de celle qui avait été victime d’un conflit au milieu duquel elle n’avait rien à faire et dont l’un des deux pôles sanglants était bien entendu, Alicia. Le même pôle destructeur responsable de la mort de son tendre mari, préalablement sien, ce pauvre Comte, sûrement l’un des seuls hommes à ne pas être tombé amoureux d’Alicia, il avait pourtant fallu que cette dernière s’en empare par les forces occultes… Oui, Alicia avait bien des raisons de craindre sa sœur, non pas pour la vengeance cruelle que celle-ci était en droit d’exercer sur la vie de sa sœur, non, la vie d’Alicia en cet état de ruines fébriles, ne lui était guerre plus importante qu’un flocon tombant sur le tapis glacé de l’hiver enneigé, Alicia craignait sa sœur pour les insoutenables vérités que cet être fantasmagorique pourrait cracher alors que le subconscient d’Alicia avait la gentillesse de le lui voiler.

L’Hiver était habituellement la saison préférée de la belle Alicia, malheureusement, cette année, sa symbolique poétique de blanche clarté, de froide beauté et d’étincelante magie, se noyait dans le sombre flot de mélancolie, de perte et de mort. Au dehors les brumes tournoyaient entre les arbres tortueux formant des silhouettes tantôt fascinantes tantôt macabres. Le froid était mordant, des stalactites pointaient au bord des toitures blanchies par le givre. Les pas de la Meneuse bottés d’épais cuir, et avançant lentement dans la neige, grinçaient en s’enfonçant. Cette dernière était capée d’un manteau de soyeuse fourrure noire, et portait une ample capuche noire retombant généreusement sur ses épaules cachant la presque totalité de son visage. Le froid et la peur ne la pénétraient pas et la neige semblait presque fondre sous ses pieds tant elle ne semblait pas lui opposer de résistance. Dans les ténèbres grandissantes du crépuscule voilé, s’échappaient régulièrement d’épaisses volutes blanches entre les lèvres de l’Ombre qui arrivait assurée à une petite chaumière un peu excentrée, modeste mais dont les chaleureuses lumières dardant à travers les fenêtres cristallisées par le froid, et la fumée sortant de la cheminée semblaient pouvoir éloigner tristesse et troubles à tout âme errante. Une lueur dans le noir...

Alicia avait entendu parler d’une certaine jeune femme nommée Camelia, surnommée la Roumaine, travaillant la terre et ses fruits le jour, et les mystères qu’elle semait en son sein la nuit. Le mot lui était venu d’une de ses sœurs du Lys Noir, l’ayant elle-même eu d’une sœur de sang, qui l’aurait eu de sa propre fille dont la voisine aurait été la tante par alliance de sa mère, Alicia avait été soulagée que la généalogie de ce secret bien hermétique ne puisse remonter tellement plus loin… Le fait est que face à la menace permanente que représentait sa sœur qui rôdait dans les couloirs du château, et ses nuits impossibles, troublées par des cauchemars épouvantables, la Meneuse avait besoin de quitter sa psychose et de trouver un tant soit peu de sommeil ! Si cette medium était une charlatane, qu’elle s’attende aux plus sévères sanctions ! Alicia de Sarrebourg, à présent dite la Comtesse, ne se déplaçait pas pour rien… C’est donc le cœur rempli d’un espoir suspicieux que la noble dame frappa à la porte trois coups, secs et assurés, sans violence aucune. La propriétaire des lieux ouvrit, la première chose qui frappa Alicia fut cet œil bandé, osé subterfuge ou marque ésotérique ? Armant sa voix de toute sa naturelle froideur sans pour autant sembler mal aimable face à la demande accueillante de la jeune femme, Alicia lui répondit :


« Bonsoir, j’aurais besoin, Mademoiselle, de quelques indications pour m’orienter au milieu de cette forêt qui en ces sombres temps n’est plus si sûre qu’auparavant. Je sens des présences aux regards malveillants, rien qu’à y penser je frissonne… oui je crois avoir un peu froid… »

L’inquisition était partout, ça Alicia le savait, elle espérait à présent que la métaphore filée utilisée pour voiler sa demande de quelques sécurités, soit suffisamment claire pour la medium afin qu’elle ne lui indique pas gentiment la route de retour d’un index assuré.

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