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 Apologie de l'inutilité en tant que concept.

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Oblivius
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MessageSujet: Apologie de l'inutilité en tant que concept.    Mer 29 Avr 2009 - 22:51

Il ouvrit grand les yeux. De quelle couleur était le décor ? Encore l’un de ces détails que l’on oublie au réveil. Tout ce qu’il lui restait était un goût sucré dans la bouche. Le goût exquis d’une douce nuit. Mais il lui fallait de l’air, maintenant, tout de suite.

Douché, rasé, parfumé, fin prêt à sortir. Il vérifia une dernière fois son jabot blanc en se regardant dans le miroir. Foutre, on aurait dit qu’il partait pour un enterrement, ficelé de la sorte tel une cuisse de porc ! Il retira son jabot et le balança au loin, défit les lacets de ses manches bouffies, aérant un peu son style. Voilà qui était mieux, il se sentait respirer plus convenablement. Enfilant avec grâce une Queue de Pie noire, Wolfgang fit le tour de la pièce plusieurs fois en zieutant d’un air béat ses chaussures. Ce n’était qu’une promenade après tout. S’ébouriffant les cheveux, il quitta sa somptueuse demeure pour un jardin du même type. D’un pas léger, il sillonnait les rues encore désertes où régnait une étrange odeur de pierre humide, fausse impression d’un air montagnard.

Des feuillages, à perte de vue, à droite et à gauche. Des hectares de feuillage sûrement. Et en haut, le ciel. Et là c’est encore plus impressionnant, plus vaste. Une vraie leçon d’humilité. Des feuilles, des feuilles, et beaucoup de bleu, qui a tôt fait de se confondre avec le ciel. Un paysage vu et revu. Wolfgang aimait quand le ciel était gris comme cela. Enfin... gris, ou bleu, on n’arrivait pas trop à déterminer. C’était un peu comme une colère froide, un état de mauvaise humeur qu’on essaie plus ou moins de cacher. La lumière transperçait les nuages et venait s’échouer sur les feuilles, flottants en de brillants éclats à leur surface. Wolfgang leva les yeux et s’émut de la diversité des nuances.

Peut-être que c’est comme ça que Dieu a été créé... un jour de pareil splendeur. Un gars devait être en totale admiration devant un tel spectacle, et il s’est dit : voilà qui est surhumain, il doit y avoir là haut un peintre plus doué que tout ceux qui naîtront jamais sur cette Terre.
Cette version était assez amusante.

Le temps était un tantinet frais, mais le paysage magnifique. L’animal arracha un coquelicot aussi écarlate que les joues d’une jeune demoiselle et le coinça dans la poche droite de son veston, celle qui était tout contre son torse. L’admirant un instant, il reprit son chemin en direction de l’étang habité par quelques poissons d’or.

Il marchait sans ciller, avec une tranquillité quasi-absolue, le regard vers l’horizon, ou comme on dit, dans le vague. Son pied cogna contre une pierre qui délimitait le contour du bassin et il s’arrêta, distrait. Le léger clapotis de l’eau atteignaient à peine son oreille, tout comme, dans son dos, les grincements du gravier sous une démarche un peu trop lourde pour un si bel endroit.
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MessageSujet: Re: Apologie de l'inutilité en tant que concept.    Mer 29 Avr 2009 - 23:32

Pourquoi était-il ici ? Il ne savait pas. Pourquoi ne partait-il donc pas en train de chasser Satan en la personne des sorciers et sorcières qui avaient pris la jolie ville de Forbach ? Hé bien sans doute parce qu'il est bien plus simple de dire que l'on va les chasser, plutôt que de les chasser. Les expériences du passé avait appris à Evan que les sorcières se trouvaient principalement LA où on ne les attendait pas. Donc, il avait pris un endroit au hasard en se réveillant le matin. Les somptueux jardins. Soit. De plus, cela lui permettait de soigner son image comme le disait si bien sa mère, Isil. Ce n'était pas exactement comme s'il n'avait pas compris ses desseins. Vingt-sept ans, il connaissait sa mère et savait les attentes qu'elle avait de lui. Attente. Voilà un bien grand mot en réalité... Non. Pas une véritable attente mais simplement le souhait le plus cher que son fils perpétue la lignée en trouvant une épouse. Sur ce plan-là, la vieille bourgeoise n'avait pas eu de chance, non. A 27 et 24 ans, son fils et sa fille n'étaient pas mariés. Elle ne pouvait pas encore être derrière un petit à vérifier tous ses faits et gestes. Non. Et puis, si elle avait vu qu'Evan avait une jeune femme qui lui plaisait particulièrement... Elle se serait consolée. Mais non ! Il n'y prête aucune intention, comme à son habitude. Les femmes ne l'intéresse pas... et cela désespérait cette chère mère attentive.

Mais revenons a notre principal sujet, ne nous en écartons plus d'ailleurs. Les somptueux jardin du château de Frauenberg. Le voilà, notre sujet. Evan Lockair était assis sur un petit banc. Placé au milieu de multiples feuillages tous très bien entretenue. La beauté de ce jardin dépassait de loin la réputation qu'on lui offrait. Celle-ci était pourtant bien flatteuse. Evan avait posé sa veste bleu à coté, soigneusement pliée. Il portait une chemise blanche, sobre, un pantalon noir et des bottes assorties. Il avait de la classe, même habillé plus que sobrement. Nul queue de pie ou autre. Non. La simplicité. L'occupation d'Evan ? Dessiner. Il avait sorti ses mines de fusain et son petit carnet et dessinait un par-terre de fleur. Pourquoi celui-ci ? Si vous aviez posé la question au fils Lockair - et s'il vous avez répondu - il aurait surement répondu par la même question à l'inverse. Et pourquoi pas celui-ci ? Il était seul, ou du moins, le pensait. C'était un coin qui lui semblait assez reculé pour être tranquile, Evan ne sortant jamais son matériel de dessin devant quiconque, prétextant pour sa consciente un manque flagrant de talent. Après tout, les plus gros mensonges se font à soi-même n'es-ce pas ?

Pourtant un pas lourd lui arriva. Le genre de pas de quelqu'un qui vient de se réveiller, un peu grincheux. Évidemment, par réveil, c'est après une toilette complète et évidemment un excellent petit déjeuner.

Il pris sa veste après avoir fini sa fleur et rangea soigneusement le petit calepin. Encore dans la lune, il philosophait sur la vie, la mort, l'éternité et le reste... Evan plus que tout autre, il se trouvait une question, et cherchait une réponse inlassablement. Quel était le sujet de ce jour ? Point d'importance. Evan se relève un peu brusquement et manque de rentrer dans quelqu'un, oups.

- Veuillez m'excusez, je suis bien maladroit.

La voix suave de quelqu'un de doux et compréhensif. Un ténor assez envoutant qui ne savait s'envoler. Le sang froid est une chose précieuse, ne jamais le perdre ou le laisser derrière soi. La colère n'apporte que les ennuis.
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MessageSujet: Re: Apologie de l'inutilité en tant que concept.    Jeu 30 Avr 2009 - 21:44

Ce matin, elle s'était levée tôt, tirée de ses rêves par le vent qui sifflait dans les couloirs du château de Frauenberg. Ces derniers temps, Edana avait le sommeil léger. Et avec l'âge cela n'allait pas s'arranger (bien que la jeune femme soit encore jeune). En se levant, elle avait retiré sa chemise blanche pour une longue robe de velours noir, aux manches amples et en dentelles. Sous cette robe, elle avait ajouté un jupon noir également, ce qui donnait un aspect plus "bouffant" à sa tenue. Le corset qu'elle portait lui assurait une taille fine. Par la suite, elle avait brossé soigneusement ses cheveux "couleur de feu" comme disait William. Elle les laissait lachés: ils lui couvraient les épaules et se terminaient au creux de ses reins; Edana n'avait pas pour grande habitude de les couper.

Elle avait attrapé son carnet à la couverture noire puis était sortie. Et elle s'était ainsi retrouvée dans les jardins de château. Le vent, qui faisait virevolter ses cheveux, lui amenait une multitude d'odeurs. La jeune femme ferma les yeux et respira lentement, cherchant à faire le vide dans son esprit: peine perdue... il fallait qu'elle prenne des nouvelles de Jemma. Car c'était cette femme, Jemma de Soliss et amie de sa mère qui l'avait initié à la sorcellerie...

Edana eut un demi sourire et s'engagea dans une des nombreuses allées qui composaient les jardins. Les graviers crissaient sous ses escarpins assortis à sa robe. Les faibles rayons du soleil, en ce début de matinée, se posaient sur son teint pâle. Elle décida de s'asseoir sur un banc en pierre et, ouvrit le carnet qu'elle avait jusque là serré contre son coeur. A l'intérieur, il y avait des écrits de Garret, son frère. C'était les histoires qu'il lui racontait lorsqu'elle était petite, mais aussi ses pensées intimes ou encore les leçons qu'il tirait de la vie, si courte fut-elle pour lui.
Les doigts d'Edana, qui glissaient avec légèreté sur les pages, se crispèrent d'un seul coup: Garret était mort par la faute de l'Inquisition et injustement car il n'était pas coupable... C'était elle qui aurait dû mourir. Mais elle avait juré de ne pas se manifester. Pas même un adieu... La jeune femme reporta son attention sur la page du carnet: et voilà! A présent elle était froissée, abimée: elle en avait le coeur meurtri.

Soudain, il y eu une bourrasque de vent. Edana posa ses mains sur la bas de sa robe pour éviter qu'elle ne se soulève de trop. Le vent fut accompagné d'un murmure qu'elle n'arriva pas à saisir la première fois; agacée d'être "détournée" de sa lecture, elle fixa intensément l'écriture régulière lorsque...:

*Edana...*

Elle se retourna, pensant être interpellé par quelqu'un: rien. L'allée était déserte. Avait-elle rêvé? Devenait-elle folle?

*Edana, écoute moi...*

La voix était douce, rassurante et grave; elle l'aurait reconnue entre mille: Garret! Elle se leva brusquement, le bas de sa robe se balança doucement de droite à gauche. Dans ses yeux verts on pouvait lire de la surprise. Non... C'était impossible. Garret était mort! La jeune femme avait dû s'égarer l'espace d'un instant. Les souvenirs lui revenaient facilement en mémoire. D'un pas rapide, elle reprit son chemin dans l'allée:

*Edana!!*

La voix explosa dans sa tête. Folle! Elle devenait folle!! Elle couvrait ses oreilles de ses mains:

-Vas-t-en! dit-elle tout haut.

Elle venait presque de hurler. Edana sentait toujours cette présence non loin d'elle. Elle attrapa l'étoffe en velours de sa robe au niveau des genoux et commença à courir, chose pas facile lorsque vous portez des escarpins et que le sol est recouvert de graviers... Elle courut au hasard avant de déboucher sur une autre allée. Plus loin, deux silhouette; deux hommes. Elle avança d'un pas mal assuré, serrant toujours le carnet contre elle; Edana était légèrement tremblante. Peut être que les deux inconnus ne feraient pas attention à elle. Mais ça, c'était une chose moins certaine...
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MessageSujet: Re: Apologie de l'inutilité en tant que concept.    Ven 1 Mai 2009 - 0:22

Alors qu’il observait d’un air conquérant l’étendue du somptueux jardin ici présent, voilà que son œil perçant et son cerveau aussi véloce qu’un gastéropode lui envoyèrent une information ô combien inquiétante : la présence de X a été repérée. Autant vous dire que les neurones de Wolfie engagèrent un plan d’alerte super rouge foncé. Mais comme, sur le moment, sa tension était aussi plate que l’encéphalogramme d'un veau mort depuis quelques mois, son corps ne réagit pas, ou trop tard. Heurté par un Bélier de trois tonnes –voir plus, il vacilla dangereusement avant de retrouver l’équilibre aussi rapidement qu’il l’avait perdu.

- Veuillez m'excusez, je suis bien maladroit.

Ho, Ho, Ho Géant Vert. Ciel, cela devrait être interdit de faire peur aux gens de la sorte. Elle était grande la bête, tellement que ça en devenait indécent. L’animal observa l’inconnu qui se dressait sous ses yeux –ou plutôt sur ses yeux- de bas en haut, avec toute la condescendance dont il savait faire preuve – et Dieu seul savait où se posaient ses limites en ce qui concernait l’arrogance et le dédain. Penchant légèrement la tête sur le côté, il finit par étirer ses lèvres en un fin sourire ironique.

- Bien plus que vous ne semblez le croire.

Miaula t-il à l’identique, imitant le ton suave du garçon non sans rajouter une pointe d’ironie. Il était de mauvaise foi, mais ça, ce n’était plus un secret. Soulevant légèrement les sourcilles, il s’apprêtait à partir vers d’autres contrés inconnues et sûrement beaucoup moins agités lorsque...

-Vas-t-en!

Heureusement, pour survivre aux hasardeuses rencontres matinales, la vie envoyait toujours un personnage multifonction qui servait éventuellement pour distraire les attentions. En l’occurence, Boucle d’or courant dans sa prairie verte. Ecarquillant ses yeux marins un peu plus que prévu, il plongea ses mains dans les poches de son pantalon en coton noir pour éviter une cryogénisation par inadvertance. Il regretta tout d’un coup de n’avoir rien prit d’autre à se mettre sur le dos, mais il faisait front, tel le puissant et courageux guerrier face aux affres de ... non, ça caillait vachement quand même, c'était inadmissible.

- Allons charmante demoiselle, quel monstre poilu fuyez-vous donc ?

Bêla t-il d’une voix amusée. Et là, ZBLARF, elle se pète la gueule. Ah non. C’est moins drôle du coup.
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MessageSujet: Re: Apologie de l'inutilité en tant que concept.    Sam 2 Mai 2009 - 10:08

Bien plus qu'il ne le croit ? Oh, ce serait bien possible... Evan est tellement lunatique. C'est un miaulement qui sort de la bouche du noble alors qu'il tente une imitation de la voix suave du fils Lockair. Celui ci ne controle d'ailleurs pas sa voix, il est habitué a parler de la sorte sans jamais avoir seulement le choix. Même quand il se fait cassant, sa voix garde ses tonalité douces et envoutantes. Déroutant, diraient certains. Le noble semble s'en amuser. Evan éclate d'un rire cristallin devant l'imitation.

- Vous ne ferez pas carrière dans l'imitation, je le crains...


Evan est ironique bien évidemment. Mais ce n'est qu'une rencontre passagère et les deux hommes s'apprêtent à se quitter quand un hurlement les bloques tous les deux. Vas-t-en ? C'est une voix de femme. Mais de qui parle-t-elle, est-elle poursuivie ? On voit la jeune femme débarqué en courant. Elle portait une robe de velour noir bouffante, ce qui ne devait pas aider pour courir.
Le noble, cynique, ne peut s'empécher une critique ironique à la jeune femme. Il semble amusé alors que la jeune femme doit avoir une véritable raison pour courir ainsi et avoir hurler aussi fort. Le regard percant 'Evan scrute les environs. Non. Rien. Evan se retient d'envoyer un coup de coude a son voisin, trouvant cela assez déplacé pour une première rencontre. Il se contentera juste d'un regard noir. La politesse ne faisait-elle pas parti des enseignements nobles ? Hé bien...

- Que vous arrive-t-il ma dame ?


Lui semble véritablement inquiet. Après tout, il ne faut pas oublier le but premier de sa présence ici : chasser les sorcières. Certes cela parait démesuré comme réaction car généralement les sorciers ou sorcières oeuvrent dans l'ombre, et surtout pas devant un témoin qu'ils laisseraient s'échapper. Ce serait grotesque. Néanmoins, Evan ne peut s'empécher de se questionner. Qui a-t-il de si dangereux à la cour pour l'affoler ainsi ? Le château de Frauenberg regorgerait-il de danger ? Cette pensée est amusante, tellement elle semble infondée.

- Calmez vous, je vous en prie et expliquez nous ce qui vous arrive.

Elle semble pourtant toujours aussi affolée, comme un enfant après un cauchemar. Bien sûr, Evan n'est plus un enfant, il n'a plus l'âge d'aller pleurer dans les jupes de sa mère mais c'est sans doute le cas de certaines pensionnaires de l'orphelinat tenu par Isil, la mère d'Evan & Esilia.
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MessageSujet: Re: Apologie de l'inutilité en tant que concept.    Jeu 7 Mai 2009 - 16:50

[Désolée pour le petit retard, ces derniers jours on été très chargé T_T]

Evidemment, ils lui avaient adressé la parole. Elle avait été bien idiote. Pourquoi avoir parlé si fort? Edana ferma les yeux et d'une façon des plus remarquable, réussit à se calmer. Lorsqu'elle posa ses yeux sur les deux inconnus, son visage avait retrouvé sa douceur habituelle; mais dans ses prunelles, on pouvait toujours lire une certaine angoisse et de la fatigue. Comment allait-elle se justifier? "Vous savez, j'entend la voix de mon frère dans ma tête! Le seul petit problème c'est qu'il est mort..."
C'était totalement stupide et bien entendu, elle n'allait pas leur servir cette explication. La jeune femme devait rassembler ses esprits et vite. Si elle tardait trop à répondre, il se pourrait qu'elle ai quelques problèmes...

Edana était donc redevenu calme et sa respiration était posée. La vois avait disparu... Ses lèvres rouges s'animèrent et elle prit la parole d'une voix claire:

-Et bien, dans un premier temps, je vous demande de bien vouloir me pardonner. J'ai dû troubler votre promenade matinale et cela n'était pas mon intension...

Elle leur adressa un faible sourire. Elle resserra sa prise sur le carnet noir de son frère. Elle avait préparé une réponse qu'elle jugeait correct. Arriverait-elle à les convaincre? Edana était certaine qu'elle pouvait le faire. Elle reprit:

-Quant à ce qui m'arrive, il n'est point question de monstre poilu...

Elle sourit, elle avait dit cela avec ironie regardant le premier homme qui l'avait interpellée. Son sourire dévoila une rangée de dents parfaites. Elle semblait plus détendue soudainement, elle allait poursuivre la conversation avec plus d'aisance:

-En réalité, j'ai fait beaucoup de bruit pour un rien... Je suis comme ça que voulez-vous. Je vous dois donc une explication: je suis aux prises de mes chimères... De vieux souvenirs qui, je dois dire, ne sont pas des plus agréables, refont surface. Cela dure depuis deux semaines environ... Je ne peux que attendre que ça passe. Sauf si vous avez une solution à proposer!

Le sourire qui avait étiré ses lèvres un instant plus tôt s'élargit. Jusque là, Edana ne s'en sortait pas trop mal, elle s'en sortait même très bien. La suite allait venir...:

-Ainsi, vous m'avez "surprise" à ce moment là. Cela arrive n'importe quand et c'est ça qui est le plus dérangeant je dois dire...

La jeune femme n'avait plus rien à dire pour le moment, elle savait que l'un des deux allait enchainer, sortant des suites de mots. Elle verrait bien de quoi il s'agit. Pour l'instant, elle avait réussi à limiter les dégats et son explication pouvait bien tenir la route. Après tout, elle n'était pas la première personne à qui se genre de chose arrivait non? Car en fait, elle avait sorti l'excuse du cauchemar mais en étant éveillé...:

*Tu es toujours aussi saute à ce que je vois... Déjà lorsque tu étais plus jeune, tu te mettais dans des situation embarrassantes.*

Elle leva les yeux au ciel et fit un effort de plus pour ne pas répliquer à haute voix. Elle devait garder son calme...:

*Mais c'est pas un peu finit bon sang!* pensa-t-elle.

Pour le moment il ne lui semblait pas utile de "délivrer" son identité. Elle le ferait juste si la question lui était posée. A présent, elle s'attendait bien à une réponse de la part d'un des hommes. Encore des inconnus, il n'était pas question de leurs faire confiance et de se livrer un peu plus...
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MessageSujet: Re: Apologie de l'inutilité en tant que concept.    Ven 8 Mai 2009 - 1:40

Depuis la nuit des temps l’homme a éprouvé le besoin d’exprimer sa joie en société. En –5400, lorsque l’opium n’existaient pas encore, entre deux chasses de mammouth, nos aïeux organisaient des orgies monstrueuses avec moult biscuits au mammouth séché, vin de mammouth et autres tartes au mammouth. La dèche. Car personne à cette époque n’avait eu la bonne idée d’inventer l’alcool à distiller ce qui fait qu’on se faisait un peu chier quand même. Mais aujourd’hui, tout est différent. En effet, au fil du temps, l’homme -et en ce cas présent, la femme- a évolué. On retrouve encore ce besoin de festoyer que l’on observe surtout en soirée et qui se prolonge jusqu’à ce que tu tombes dans un caniveau, totalement raide en train de brailler des balades romantiques. C’est comme ça que tu te laisse convaincre de sortir un soir pour aller boire un verre ou douze et exprimer ta joie. C’est comme ça que tu te retrouves autour d’une table avec huit autres débauchés, devant une boisson vert fluo qui avait l’air sympa lorsque le barman la décrivait. C’est comme ça que cette jeune femme ce retrouvait devant Sir Amadeus à raconter des salades bien verte, sûrement à cause d’une certaine boisson de la même couleur douteuse. Mhhh, peut-être que Lancelot à sa droite allait sortir le vinaigre ? Eh oui, attention Mademoiselle, car un cerveau festif est un cerveau imbibé d’alcool. Quel dommage, elle l’avait presque convaincu.

- Wow ! Quelle histoire, vous avez déjà pensé à l’adapter en pièce de théâtre ?

Sourire aussi léger qu’un cheveu sur une soupe, épinglé niaisement sur son visage d’albâtre, figé. Niais, mais pas con. A peine détraqué, commun, comme celui de l’imbécile heureux, avec un courant d’air omniprésent dans le cerveau. Vfiuuuuuuuuu. Un rictus sans aucune animosité particulière, type Teletubbies détraqué, qui dévoile la point acérée de ses canines immaculées, mais point aussi tranchantes que celles d'un fauve, ainsi que la langue noire qui serpente entre, aussi agile que si c’était une extension tentaculaire placée spécialement à cet endroit par Dieu.

L’alcool n’allait pas si bien au teint d’une jeune femme. Et visiblement pas à son langage. Elle était complètement ivre. Du moins, c’est ce que disaient ses yeux, rouges et bouffis. Ah, fine fleur déjà sous l’emprise du mal. Buvez du jus de pomme. Cela dit, au cas où elle ne l’était pas, elle devait avoir une vie à chier. Des chimères... pfiou, sacrée aventure. Mais quoi qu’il en soit, la première option n’était pas plus intéressante que l’autre.

- Attention, on va finir par vous prendre pour une sorcière, fu fu fu.

Susura t-il avant de lâcher un léger rire tout en mettant une fine main devant sa bouche d’un air malicieux. Zut, un mot tabou. Vite, vite, changeons de sujet ! Ca revenait au même que parler de sexe, de drogue ou encore des juifs. Ils ont tué Jésus Christ, ce ne sont aps des gens fiables ! Que c’était plaisant de troubler une atmosphère et observer les gens le regarder comme s’il venait d’annoncer la fin du monde pour lundi prochain. Enfin, tout cela était ridicule. Les sorcières n’existaient pas plus que Dieu. Wolfgang considérait ça plus comme des histoires à faire peur les gosses qui ne veulent pas dormir. L’humanité a toujours eu besoin d’un ennemi, un coupable, un pigeon.

Caressant les pétales de la fleur pourpre coincée dans sa veste, il leva les yeux vers son premier interlocuteur, le second ayant soudain perdu tout intérêt.

- J’ai déjà fait carrière dans le travestissement, cela me suffit.

Dit-il avec son sarcasme habituel, mais non sans sincérité. Le visage aussi malléable que celui d’une poupée en porcelaine, il ricana avant de laisser dévier son regard tout en douceur vers le visage de la jeune femme. Qu’en pensait-elle ? Mais, pensait-elle vraiment ?
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MessageSujet: Re: Apologie de l'inutilité en tant que concept.    

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