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 Sombre héroïne de l'Amer

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Mort(e)
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MessageSujet: Sombre héroïne de l'Amer   Sam 12 Sep 2009 - 3:01

Le Soleil, en cette fin d'été, refusait ses grâces à la ville de Forbach, et c'était un ciel gris qui couvrait de ses amas cotonneux la région, sinistre déjà par la simple présence de l'Inquisition et de ses séides exorcistes. Seule dans sa maisonnette, Amelia contemplait l'oeuvre de la Déesse à travers une fenêtre fêlée de part en part, à son image. Assise sur une chaise, ses pensées n'avaient de cesse de vagabonder dans le passé. Hantée par ses démons, la belle était comme paralysée par les remords...

Un rayon, timide, perça les nuages et nimba son visage d'une lueur pâle qui mit fin à sa rêverie avant de disparaître de nouveau. Un instant repartie, elle écarquilla les yeux, se rendant compte de ce qu'il se passait. Elle se leva et observa la pièce.

Une cheminée dans laquelle le bois n'avait pas brûlé depuis deux semaines, une petite table en chêne, perdue dans un coin avec une chaise. Il y avait aussi une bibliothèque d'un bois plus sombre, sur laquelle étaient posés des livres mais aussi des herbes et d'autres bricoles. Enfin, le lit d'Alodia trônait à l'autre bout de cette unique pièce, avec à son pied un coffre, contenant les dernières robes de la Duchesse.

Elle se trouvait chez elle mais une boule dans son estomac la mettait mal à l'aise, comme un étrangère entrant par effraction dans l'esprit d'un autre. Elle tituba en se dirigeant vers la table. Sur celle-ci, un encrier, deux plumes, l'une noire et l'autre gris moucheté, ainsi que quelques feuilles de papier, dont certaines déjà griffonnées de sa main.

Elle s'assit alors, et prit la plume noire.

... Je ne parviens toujours pas à me pardonner, Alicia. Et si tu savais tout ce que j'ai pu faire, tu ne le pourrais pas non plus. Freyja, malgré sa bienveillance et sa miséricorde, ne saura me garder en son sein, elle m'enverra dans les mains de ce dieu qu'adorent les Inquisiteurs, et je rôtirai dans les flammes de leur enfer jusqu'à la Fin des Temps. J'ai peur, mon amie, ma soeur. J'ai peur de moi, j'ai peur de ton regard. Voilà des mois que je ne fais que te fuir, que pas une seule fois nos regard ne se sont croisés. Je suis restée enfermée ici, dans ma solitude, avec Conry.

C'est un loup magnifique, à présent, son pelage me rappellera toujours la neige dans laquelle je les ai trouvés, lui et sa mère... Les larmes monteront toujours à mes yeux en y repensant... Quelle majesté...

Le temps ne passe pas vite, sous le poids de la culpabilité. J'aimerais oublier ces deux sangs que j'ai versés... J'aimerais vraiment. Mais je ne peux pas, je dois vivre avec ce fardeau. Le soleil, au quotidien, accable mes épaules de cette lumière rédemptrice qui ne parvient qu'à me punir.

Carlyn... Si tu pouvais savoir comme elle me manque... Je nous revois encore passer des heures au bord de l'étang, sans piper mot. Elle était si belle dans ses robes noires. Même si elle ne t'arrivait pas à la cheville. Je n'en reviens pas de l'avoir tuée de mes propres mains alors qu'elle était comme ma soeur, presque aussi proche que toi et moi l'étions il y a moins d'un an de cela...

Comment ai-je pu tuer le Comte, aussi? COMMENT?!
...

Forte de sa fureur contre elle-même, Erika renversa l'encrier, qui n'était pas vide, sur la table. Hâtivement, elle le redressa, mais le mal était fait, et une à une, des gouttes d'encre choyaient sur le sol poussiéreux de la 'cabane' d'Alodia.

    "Noires comme mon âme
    Que le regret affame
    Elles tombent l'une après l'autre
    Comme un messie et ses apôtres.
    "


La prêtresse se leva et s'empara d'une pièce de tissu avec laquelle elle tâcha d'éponger le liquide noirâtre avant de se relever, sale, encore une fois. Mais peu lui importait, depuis qu'elle s'était réfugiée entre ces quatre murs. Elle reprit rapidement la plume.

... En plus de mes remords, il y a le fantôme de Carlyn qui m'assaille jour après jour, lorsque je traîne mes guêtres un peu trop près du château... Je suppose que c'est de ma faute. C'est à cause de moi que tous les habitants que je m'évertuais à aider depuis des années sont la proie à ces spectres revenus d'entre les morts, pour le meilleur comme le pire... Parfois, elle essaie de me tuer. D'autres elle me dit qu'elle me comprend. Je ne comprend pas, moi. Pourquoi? Pourquoi plus rien ne va?

Et ces Inquisiteurs qui se croient tout permis! On ne repousse pas les esprits comme ça. La voix de 'Dieu' ne pèse rien contre la volonté de la Déesse...

Je m'en veux de n'avoir pas été là... Quand sont nés tes enfants... Je ne t'ai pas accompagnée dans les plus beaux jours de la vie d'une femme, ni dans l'accomplissement de sa mission originelle : créer le monde...

Ce sont tes enfants, mais ce sont un peu les miens, aussi... Comme ceux de tout notre Clan...


Une fois de plus, Erika se leva. Une fois de plus elle tituba, en direction de son lit, cette fois. Mais elle ne l'atteignit pas car la nausée la fit choir au bout de deux pas. Sur ce sol de bois elle ne pouvait que gésir, inconsciente.
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