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 Gabriel Touchedieu, le gourdin de l'inquisition

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MessageSujet: Gabriel Touchedieu, le gourdin de l'inquisition   Sam 17 Oct 2009 - 18:26



Exécuté en place publique pour le massacre du Champ de Muguets.





Nom :Gabriel

Prénom : Touchedieu

Surnom : « Le Gourdin de l’Inquisition »

Âge :66 ans

Titre :Paysan

Métier :A l’origine brigand, mais travaille pour la très sainte inquisition depuis près de 25 ans

Lieu de Résidence :N’a jamais vraiment eu d’endroit nommé « foyer »

Relations particulières :Il est perpétuellement accompagné d’un petit ecclésiastique, nommé Philip Lauenburg détaché par le chef inquisiteur afin d’assister Touchedieu et surtout de le surveiller. Ils se détestent cordialement

Sentiments vis-à-vis des Sorcières :C’est une vocation tardive qui le décida à combattre pour Dieu, comme les paladins désuets de l’ancien temps. Du temps où il était brigand, il eut, lui et ses hommes un rêve prémonitoire, qui le décida à consacrer ses armes à l’Eglise. A l’origine, il ne pensait pas tuer particulièrement des sorcières, mais comme c’était le combat actuel de l’Eglise, il accomplit son devoir et sa vocation avec un certain sens de l’honneur et de l’humour.

Objectif éventuel de développement :Si j’arrive à développer un inquisiteur aussi atypique que celui qui est décrit dans cette fiche ce serait pas mal. Par la suite, on peut développer le tandem Philip Lauenburg-Gabriel Touchedieu, qui sont deux personnages antagonistes et absolument pas fait pour s’entendre.

Signe distinctif :Vieil homme doté d’un certain bagout, dirige une petite milice (20 à 30 personnes) constituées d’anciens brigands âgés eux aussi. Et qui ne craignent ni Dieu ni Diable

Description physique :
Gabriel Touchedieu n’est pas ce qu’on appelle un poids plume : Il mesure 1m78 (haut pr l’époque) et pèse ses 70 kg bien sonné. Il est toujours mal à l’aise dans ses soutanes d’inquisiteurs et quand il le peut, il revêt plutôt une cuirasse qu’il a fait marquer du labarum (symbole chrétien représentant un xsi et un rho, les deux premières lettres grecques du mot Christ). Ainsi, il garde son ancien équipement de brigand auquel il est tant attaché, tout en marquant son appartenance à la Très Sainte Inquisition.
Son visage est assez fortement marqué par les rides et autres signes d’âge qu’il a volontairement négligé. On peut distinguer assez facilement son origine roturière : il n’est pas beau, mais pourtant il dégage une sorte de charisme animal qui font de lui un meneur de bande. Un gueuloir développé remplace la finesse des traits qui n’existe pas.

Description psychologique :
Pour Gabriel Touchedieu, il n’y a pas de situations compliquées ou bloquées : il suffit de secouer la situation et de foncer dans le tas jusqu’à ce que quelque chose se passe. Ce genre de stratégie a souvent donné de mauvais résultats, mais quelque fois des bons aussi. Il ne pourra jamais être un haut responsable de l’inquisition, mais fait un homme de terrain des plus appréciables. Il ne faut pas non plus pousser le trait jusqu’à dire que Gabriel est stupide. Si sa personnalité est en partie celle d’une brute, il a l’intelligence suffisante pour percer à jour les fausses identités et les sorcières (et sorciers) cachés dans la population. Il est particulièrement enclin à l’humour noir, et a un cynisme assez unique. Ce même sens de l’humour l’a souvent sauvé et contribue au charisme du personnage.
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MessageSujet: Re: Gabriel Touchedieu, le gourdin de l'inquisition   Sam 17 Oct 2009 - 18:33



De sa naissance à sa vocation



Enfance et adolescence d’un petit voyou


[i]Gabriel Touchedieu naquit dans un monastère un 17 septembre 158... Fruit d’un viol, il naquit grâce à l’aide de nonnes qui avaient pris sa mère en pitié. La mère en question avait décidé juste après son viol par toute une bande de brigands de rentrer dans les ordres. Pour cela, elle devait au plus vite abandonner cet enfant de la honte. Elle alla jusqu’à le déposséder de son nom de famille. Elle l’appela Gabriel, comme l’archange qui avait visité la vierge Marie. Elle lui donna le nom de Touchedieu au lieu du sien comme si il pouvait contrebalancer quelque influence maligne. Le bébé ne passa pas plus de deux heures avec sa mère. Le monastère avait engagé une nourrice, et sans autre façon, le petit Gabriel fut mis entre des bras étrangers. Il n’y resta d’ailleurs pas longtemps. On lui trouva une famille d’accueil vite fait et il alla auprès d’un foyer de cantonniers, qui acceptaient plus volontiers la pension pour nourrir le gosse que l’enfant lui-même.

Le cantonnier qui se nommait « père » ne connaissait qu’une méthode d’éducation : le fouet. C’était un homme brutal et vulgaire, et sa femme était bien à la hauteur. Alors que l’homme était ivrogne, emporté, et sa colère était spectaculaire mais durait peu, sa femme était plus venimeuse, et avait notamment appris la véritable origine du petit Gabriel. Elle fut prise de dégoût face à ce « fils de pute » et de brigands. Et au fur et à mesure que Gabriel grandissait, elle le lui faisait payer. L’enfant pleura longuement sur ces attaques gratuites, mais plus cela allait, plus il apprenait à maîtriser l’humour. Particulièrement l’humour cynique. C’était sa seule défense. Certes, ses paroles n’empêchèrent pas sa famille d’accueil de continuer à le détester, mais elles lui assurèrent un certain espace pour respirer. Très tôt il développa donc un solide sens de l’humour, et une capacité à affronter sans cesse toute méchanceté.

Dès qu’il sentit une occasion se profiler, il s’enfuit de ce foyer détestable, sans aucun autre bagage que les hardes qu’il portait sur lui. Gabriel Touchedieu avait 10 ans, et ses pieds nus martelaient la terre sans s’arrêter. Il arrêta sa fuite à Metz, la plus grande ville de la région. Là, dans la rue, il se sentit chez lui. Ah, la rue ! Toujours du monde, toujours de la vie, et la liberté qui vous tend les bras ! Il chercha à se faire son petit trou, et peu lui importait qu’il vive dehors, qu’il passe ses journées dans le froid, il fallait juste qu’il s’installe. La faim fut la première écornure à cette image si charmante. Il accompli le premier vol de sa vie a l’étal d’un pâtissier. La brioche était tellement meilleure quand on la prenait sans payer ! Il vécut en totale indépendance pendant un jour, mais le deuxième jour, toute une bande de gamins de son âge le suivit et le cernât. Celui qui était le plus vulgaire, et qui était donc le chef lui demanda ce qu’il avait sur lui. Heureusement que Gabriel venait de consommer son dernier larcin. Il n’eut donc rien à leur laisser. Par contre, on lui signifia clairement qu’il était hors de question qu’il joue encore au cavalier solitaire. Il incorpora donc la bande de Silex, le pseudonyme du gamin qui en était le chef. Gabriel y vécut les plus belles années de sa vie au milieu du vol, des fuites et des jeux de cache-cache avec la police. A quatorze ans, il paya sa première prostituée. Son charisme et son cynisme lui fit monter les échelons dans la bande, si bien qu’il devint le bras droit de Silex, et sous son influence, la violence monta d’un cran. On passa des petits vols aux rackets, puis des rackets aux attaques à main armée, et il finit par contrôler ainsi une bonne partie du quartier pauvre de Metz. Il savourait son autorité et son pouvoir.

Le bourgmestre de Metz cependant avait d’autres projets. Il était hors de question qu’un seul endroit de la ville échappât à l’autorité du Roi, dès qu’il se rendit compte de l’ampleur du pouvoir de la bande de Silex, il ordonna au bailli de nettoyer la ville. Des hommes d’armes furent spécialement engagés, et ils allèrent épées à la main restaurer l’ordre. Combien d’amis de Gabriel moururent en deux jours ? Quasiment tous. Mais les hommes d’arme avaient payés le prix : pour quasiment chaque membre de la bande, un soldat était égorgé dans une ruelle. Le premier meurtre de Gabriel Touchedieu fut un homme de quarante ans, la barbe poivre et sel qui mourut en saignant comme un cochon, sous le rire satanique de Touchedieu. Au sortir de ces deux journées sanglantes, cependant, Silex était mort, et quasiment toute la bande avec lui. On avait fait un cairn avec leurs corps à la sortie de la ville et les corbeaux se régalaient.

Gabriel fut forcé de fuir la ville et d’aller dans les grands chemins. Il avait 16 ans, et était mieux équipé que lors de sa dernière fuite, il avait un couteau et un vêtement chaud. Cependant, dans les villes aux alentours, son signalement était passé, et il était hors de question qu’il rentre dans une seule. Condamné à rester sur les chemins, il se débrouilla pour rejoindre d’autres hors-la-loi. Les nouvelles circulaient vite dans le milieu, et il réussit à tomber sur un colporteur, qui payait sa sécurité en tuyaux auprès de la compagnie des Ecorcheurs, des bandits de grand chemins qui sillonnaient la région. Ce colporteur l’introduisit dans la compagnie, et il dut s’adapter à une vie beaucoup plus dure et plus rigoureuse que celle qu’il avait vécu jusqu’ici.

Gabriel Touchedieu, Brigand de Lorraine

Sur les routes, il n’y avait pas d’étal où l’on pouvait voler sa nourriture, sur les routes, il n’y avait pas de ruelles où se cacher en cas de poursuites. Sur les routes, la foule n’était pas suffisamment dense pour distancer vos poursuivants. Sur les routes, il n’y avait pas de cabarets, de bordels où se saouler et fêter. Sur les routes, il n’y avait pas d’abri, on affrontait le froid sans rien pour vous abriter. En revanche, il n’y avait pas de concurrence sournoise entre les membres d’une même bande. Il y a avait déjà suffisamment de difficultés, pour ne pas avoir à en rajouter par des tensions à l’intérieur même de la bande. On se serrait les coudes. Le premier acte de brigandage auquel se livrât Gabriel fut l’attaque du convoi d’un marchand de tissus. Il défonça personnellement le crâne du marchand qui avait tiré une bête dague contre le gourdin renforcé de Gabriel. Cette action lui permit de se faire bien voir dés le début. Par la suite, il se débrouilla pour être toujours en première ligne, toujours le premier à taper, toujours le premier à remporter. Et partout où il allait, son humour noir le suivait. Ainsi, un jour où ils se retrouvèrent en face à face avec l’armée, le lieutenant du Roy leur dit : « Si je vous attrape, vous regretterez d’être venus au monde. » On entendit alors distinctement la voix de Gabriel Touchedieu : « Oui. Si. »

Ce fut plus ce genre de paroles que ses exploits physiques qui firent de Gabriel quelqu’un d’apprécié dans la bande. Il y avait des gens plus forts que lui, il y avait des gens plus rapides. Il y en avait qui n’avaient pas besoin de gestes pour être obéi. Il y en avait qui se battaient comme des lions, d’autres qui connaissaient les bons mots pour redonner courage. Mais le talent de Gabriel Touchedieu, c’était sa capacité à ridiculiser l’ennemi. Assez vite, il fut intégré à un petit groupe de frères d’armes dont il put prendre l’ascendant au fur et à mesure. Du haut de ses 25 ans, le petit Touchedieu avait le cynisme des vétérans, et l’humour noir des tueurs. Il avait déjà tué, violé, volé. Une fois qu’il fit son nid dans la compagnie des Ecorcheurs, il put prendre de l’envergure. C’était son ascension dans la bande de Silex, mais avec des enjeux plus importants. Cet enjeu, c’était les dizaines de milliers d’écus qui circulaient entre les Flandres, l’Allemagne et la Lorraine. Bien plus que les fruits des rackets dans les quartiers pauvres de Metz. Grâce à sa langue et à son humour ironique, il se tailla une place de plus en plus grande. A 28 ans, on lui confia la direction d’un groupe d’une dizaine de brigands. On lui donna un pan de campagne à dévaliser. Il surprit tout le monde en ramenant un butin en armes et armures, et non en argent. Il avait tout simplement dévalisé la garnison la plus proche par la ruse. Les armes et les armures étant rares chez les Ecorcheurs, qui se battaient avec des gourdins renforcés et aucune protection, le coup de maître de Gabriel Touchedieu tombait à point. Cela le consacra.

Par la suite, il gravit les échelons, et se rapprocha de la tête des Ecorcheurs. Jusqu’à ce jour de Février 16…, où alors que les Ecorcheurs prenaient d’assaut un convoi de ravitaillement militaire, et rencontrant une résistance plus importante que prévue, le chef des brigands mourut, une flèche dans la bouche. Ce fut une défaite sanglante. Une fois hors de poursuite, le problème de la succession se posa. Quatres hommes étaient en lice, dont Gabriel Touchedieu. Les débats durèrent longtemps, et personne ne réussit à prendre l’avantage. C’est pourquoi, on décida de scinder la compagnie en quatres parts, afin que chacun dirige sa propre compagnie. Gabriel se retrouva donc à la tête de ses propres hommes. Il avait 32 ans.

Des quatres bandes qui étaient autrefois « les Ecorcheurs », deux d’entre elles furent détruites assez rapidement par l’armée. En revanche, celle de Gabriel survécut remarquablement bien, et surtout gardait ses effectifs en nombre à peu près constant, contrairement à la bande de Matthieu le Maul, qui savait attirer les nouvelles recrues grâce à son charisme et qui les perdait tout de suite après dans des assauts sanglants et inutiles. Durant presque dix ans, Gabriel, à la tête de sa bande, fit couler le sang et la terreur sur le sol de Lorraine. A lui seul, il tua 64 personnes dont 12 enfants, viola 34 femmes de 14 à 49 ans, brûla 25 bâtiments. Gabriel Touchedieu était synonyme de démon. On envoyait l’armée, et il s’échappait de l’armée, non sans l’avoir humiliée au passage. Ce brigand trentenaire était encore plein de sève et continuait de rire à la face même du diable.

Ce furent de belles années, mais elles furent interrompues un jour par le 3e régiment de Cavalerie du Roy. Dès le jour où ils arrivèrent en Lorraine, ils écumèrent la campagne spécialement pour retrouver Gabriel. Incapable de rivaliser avec ces soldats d’élites, Gabriel joua au chat et à la souris, mais la situation se dégrada bien vite : impossible de se ravitailler correctement lorsque l’on est poursuivi. La faim commença à ralentir le mouvement de la troupe. Les désertions commencèrent à se multiplier. Un soir, ce fut pire que tout : Les cavaliers étaient en vue, et avaient montés leurs camps à moins d’un kilomètre des brigands. Ceux-ci avaient eu le temps de se cacher, mais il était clair que dès le lendemain, ils seraient rattrapés et massacré, quoi qu’il arrive. Personne ne dormit cette nuit là. Et surtout pas Gabriel. Il avait peur de la mort et claquait des dents comme un gamin qui a peur du noir en pleine nuit. Il se remémora son identité, qui il était, comment il mourrait, ce qu’il laisserait comme trace. Toutes ces idées qui vous viennent quand vous vous savez condamnés.
« Je suis Gabriel Touchedieu » répétait il, comme si par delà la mort, il voulait que la terre se souvienne de son nom. Touchedieu. Quelle gigantesque blague que ce faux nom. Fils d’une femme violée et d’une bande de brigands, nommé Touchedieu pour contrebalancer les tendances de ses pères. La situation était profondément cruelle. Avec son cynisme habituel, Gabriel se demandait, si de toutes les femmes qu’il avait violée, une n’avait pas donné naissance elle aussi à un petit dans son genre.

Gabriel touche Dieu

Puis excédé, il se leva en un bond, et pointant son doigt au ciel, cria : « Seigneur, si tu es là, t’as intérêt à te montrer, parce que sinon »

Il ne finit même pas sa phrase, car il s’évanouit. Du moins son corps s’affaissa car son esprit lui, fut happé dans un ailleurs inconnu. Il était suspendu dans un décor blanc, désespérément blanc, il n’avait même pas conscience de son propre corps. Il avait juste conscience d’une présence. Une présence qui dépassait et écrasait tout. Une chaleur humaine. Dieu.

C’était la fin, c’était le début, c’était pire que tout, c’était mieux que tout. C’était la mère et le juge, la peur et le courage, l’humanité et l’impitoyable. C’était comme ces monts magnifiques qui vous écrasent de toute leur hauteur. C’était comme les vapeurs de l’alcool, en dix fois plus fort où vous flottez sans plus aucun souci. C’était comme les pires chaînes qui soient au monde, les chaînes de la culpabilité. C’était Dieu. Le début et la fin de toute espérance.

Aucune parole, aucun bruit dans cet endroit. Juste des sensations. Amour, un amour fort et puissant, submergea Gabriel et brisa sans pitié son cœur de brigand. Vérité, une vérité puissante s’attaqua à son esprit et balaya son cynisme et son humour noir en un coup de vent, le laissant nu. Pardon, un pardon inacceptable, un pardon brûlant comme un bûcher, un cadeau empoisonné. Aimé, accepté, pardonné. Brisé, nu, brûlé. Triple peine pour Gabriel.

Puis il revint dans le monde des vivants. Ses trentes compagnons le regardaient foncièrement inquiets. Durant toute son inconscience, il s’était roulé dans l’herbe givrée et avait pleuré jusqu’à en crever. Il était normal que l’on s’inquiète pour lui. Gabriel reprit bien vite les choses en main. Il ordonna à ses compagnons de prendre leurs armes, et attaqua le camp de l’armée avant de foncer sur la ville qui abritait le collège jésuite le plus proche.


Dernière édition par Gabriel Touchedieu le Sam 17 Oct 2009 - 18:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Gabriel Touchedieu, le gourdin de l'inquisition   Sam 17 Oct 2009 - 18:42

De sa vocation à aujourd'hui

Le brigand et l’inquisiteur

Une fois arrivé, Gabriel dissout sa bande, et entra seul dans le collège. Il demanda à voir le chef inquisiteur. On lui dit de frapper à la porte du père Jérôme Sarthin. Le jésuite l’attendait derrière son bureau, véritable souverain des lieux.

« Qui êtes vous et pourquoi venez vous ici ? »
« Je suis Gabriel Touchedieu et je désire entrer dans votre collège monsieur. »

Le jésuite fut interloqué. Le nom de Touchedieu était un blasphème trop connu pour être ignoré. Il demanda tout de même confirmation.
« Vous avez quel âge et vous faites quel métier ? »
« J’ai 41 ans, et je suis brigand de grand chemin. »

Le religieux se leva de son fauteuil et recula vers la fenêtre, le visage exprimant une peur bleue.
« Je ne vous veux aucun mal. Je veux juste entrer dans votre collège monsieur. »
« Mais pourquoi ? »

Gabriel Touchedieu lui raconta alors son expérience, lorsqu’il avait rencontré le divin au milieu de la nuit. Rassuré, le père Jérôme se rassit et reprit une attitude plus professionnelle.
« Croyez vous en Dieu ? »
« Comment ne pas le croire quand il vous a fait ce qu’il m’a fait ? »
« Vous regrettez ce qu’il vous a fait ? »
« On regrette tout un jour. »
« Vous ne voulez pas redevenir brigand ? »
« Si j’avais voulu redevenir brigand, je serais en train de nourrir un corbeau à l’heure qu’il est. »
« Pourquoi entrer dans un collège religieux ? »
« Parce que le Grand Barbu a décidé qu’il en serait ainsi. »
« Pas de blasphèmes je vous prie. Que comptez-vous faire après ? »
« La même chose qu’avant, mais pour Dieu. »
« Vous voulez dire, Brigand ? »
« Chevalier des Vertes Forêts pour être plus poétique »
« Vous savez lire ou écrire ? »
« J’ai toujours obtenu plus de choses avec un gourdin qu’avec une plume. »
« Autrement dit, vous n’avez jamais fait d’études ? Vous comprendrez que… »
« Que je suis dans un établissement d’enseignement, et qu’il est du devoir des enseignants d’enseigner et que s’ils ne m’enseignent pas, je leur enseignerai moi comment on fait pour accepter d’enseigner. »

Le père Jésuite stoppa un moment, incapable de répondre à la dernière provocation de Gabriel. Puis il dit :
« Euh… nous verrons, mais sachez qu’à la première incartade, que vous soyez responsable de près ou de loin, je vous dénonce à la police ! »
« Delenda Delato. Je suppose qu’en latin, ca veut dire « Il faut détruire les délateurs » ? »

Gabriel Touchedieu fut accepté, et par un jeu compliqué de démarches administratives, fut absous de tous ses péchés.

Connaissances nouvelles et vieux reflexes.

Les études tardives de Gabriel Touchedieu durèrent près de dix ans. Pour payer ses études, il piochait dans des caches de butins qu’il avait amassé au fil des années, ou alors s’adressait à d’anciens compagnons d’armes, qui était revenus dans le civil pour les deux tiers. Le reste avait été arrêté et pendu. Dix ans à apprendre à lire, à écrire. Dix ans enfermés dans un bâtiment avec des livres et des hommes qui ressemblaient à des cadavres ambulants. Les jeunes adolescents qu’il y croisait le déprimait : Ils étaient déjà morts avant même de vivre, et la plupart ne connaitraient même jamais la chaleur des cuisses d’une femme. Certes, il avait bien abusé de son côté, et il n’en avait plus envie. Mais pour ces adolescents, c’était dommage, très dommage. Une nuit, il proposa aux garçons de se rendre à la ville, et y décrivit exactement ce qu’il comptait faire : se bourrer la gueule et finir la nuit dans les bras d’une pute. Curieusement, la plupart eurent un regard effrayé. Puis, tel un serpent rampant vers un fruit, l’idée leur sembla bonne. Il réussit à enrôler ainsi tous les étudiants de son dortoir, soit près de quatre personnes. Il réussit à les faire sortir de la chambre et les emmena dans une taverne tenue par un de ses anciens compagnons. Comme prévu, ils se brulèrent la gorge avec du mauvais alcool et se réveillèrent le lendemain matin dans les bras d’une blonde, rousse, brune d’âge indéterminé. Quelques remèdes de cheval, et Gabriel Touchedieu les ramena au collège avant que le cours ne commencent. Gabriel était assez fier de lui : ces jeunes gens ne deviendraient pas des bibliothèques en marbre et auraient au moins connu un jour d’humanité sur Terre. Il avait bien veillé à ce qu’ils ne soient pas trop ivre, afin qu’ils puissent savourer ce qu’ils avaient vécus. Un seul n’apprécia pas : Il se nommait Philip Laueunburg. Et il l’apprit assez vite.

Mis à part ce petit incident, il ne se passa rien de grave, même si Lauenburg lui en voulait de lui avoir fait ôter sa virginité. Honnêtement, ce petit péteux de même pas vingt ans échauffait Gabriel qui approchait de la cinquantaine. La fin des études arriva, avec l’attribution des places : ceux qui le demandaient pouvaient intégrer le clergé. Gabriel Touchedieu demanda à être inquisiteur. Philip aussi. Les deux, certes d’un style très différent, pouvait faire des inquisiteurs intéressants : Gabriel grâce à son… expérience, et Philip Lauenburg grâce à son intransigeance et son fanatisme.


Inquisiteur et bébé inquisiteur

Ils furent tout deux ordonnés inquisiteurs par le Cardinal, et envoyés combattre les protestants. La mauvaise surprise, c’est qu’ils étaient tous les deux ensemble pour cette mission. Mais peu importait. Avant de partir, Gabriel fit la tournée de tous ses anciens compagnons d’armes, qu’il n’avait pas perdu de vue et leur proposa de reprendre du service, mais cette fois au service de l’inquisition. La plupart acceptèrent de bon cœur, heureux d’être de nouveau sous les ordres de Touchedieu. Philip Lauenburg fut stupéfait de voir débarquer 20 hommes vulgaires armés de gourdins et suivre Gabriel. Il demanda des explications. Gabriel lui répondit :

« Ecoute petit, ceux-ci sont simplement mes agneaux, et ils vont combattre pour le Seigneur. »
« Les agneaux ressemblent beaucoup à des loups aujourd’hui »
« Que veux tu petit, tout le monde a des dents maintenant. »

Il s’agissait de fermer l’église réformée d’un petit village nommé Drenz. Lorsqu’ils arrivèrent, les villageois armés de fourches barrèrent le passage. Il était clair que ces protestants ne laisseraient pas les inquisiteurs dire au pasteur de partir. Philip Lauenburg se détacha et discuta avec eux.

« Nous voulons voir votre prêtre. »
« Le Pasteur n’a pas à rencontrer des démons comme vous. Dégagez ou on vous embroche comme des cochons. »


Philip Lauenburg, livide, encaissa l’insulte. Gabriel lui demanda gentiment de s’écarter. Le jeune inquisiteur s’écarta dès qu’il comprit. Les 20 anciens brigands grisonnants chargèrent les villageois, et plus cruels qu’eux, les mirent en déroute. Ils foncèrent ensuite sur le présbytère, Gabriel Touchedieu défonca lui-même la porte, et entra dans la maison, un gourdin renforcé à la main. A l’étage, il retrouva le pasteur à son bureau, debout, prêt à accueillir la mort. L’inquisiteur Touchedieu lui explosa le crâne. Satisfait, il regarda la cervelle du pasteur s’écouler sur le plancher. Un cri retentit dans une autre pièce de l’étage. Les hommes étaient en train de retrousser la fille du pasteur. Gabriel Touchedieu frappa celui qui s’apprêtait à la pénétrer. L’homme en question fut assommé, et on demanda à l’inquisiteur pourquoi il avait fait ca. « Désormais, vous travaillez pour Dieu, vous n’aurez pas le droit de violer les femmes. Juste de les tuer. »

Il retrouva Philip Lauenburg à la sortie du village. Il était livide devant le cadavre d’un paysan visiblement très jeune, dans les quinze ans. Il vit également le gourdin de Gabriel tâché de sang et de cervelle. Il dit d’une voix blanche :

« C’était vraiment nécessaire ? »
« En fait non, mais c’est tellement plus facile comme ca. Tu ne trouve pas Philip ? »
« Vous êtes un monstre ! »
« Je suis un inquisiteur. »


Gabriel Touchedieu avait 55 ans quand il dit cette phrase. Mais tout au long des années qui suivirent, elle fut vérifiée. Gabriel était resté un brigand, mais un brigand inquisiteur. C’est pourquoi on le surnomma le « Gourdin de l’Inquisition. »

Aujourd’hui, à 66 ans, il est plus vieux, mais son cynisme ne l’a pas quitté, ni ses vieux compagnons. Actuellement, il est affecté à Forbach, où on lui a demandé de chasser les sorcières et non plus les protestants.
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MessageSujet: Re: Gabriel Touchedieu, le gourdin de l'inquisition   Dim 18 Oct 2009 - 14:41

bienvenue !! belle fiche!
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Meneuse
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MessageSujet: Re: Gabriel Touchedieu, le gourdin de l'inquisition   Mer 21 Oct 2009 - 0:29

Gaby, Gaby, Gaby...

On peut dire qu'on en a entendu parler de ton pers et de ta fiche avant qu'elle sorte ! xD Mais il faut le lire pour comprendre... L'histoire colle parfaitement au personnage dans sa narration : plutôt sombre et amusante. Le personnage est pour le moins original (l'accent porté sur le sens de l'humour c'est assez rare ici, il faut le reconnaître).

Juste une précision ! La fameuse milice de notre ami Gaby, je tiens simplement à préciser qu'elle est à présent avant tout au service de Louis Institoris (officiellemtn du moins...).

Autrement, pour ce cher Philip Lauenburg, tu peux proposer ce rôle dans le registre des rôles.

Tout ça pour dire :

Fiche Validée !


Bienvenue parmi nous ! Wink

PS : Pour ton âge, nous te conseillerions forement de le baisser encore de quelques années (66 => 60). Mais nous te laissons libre de choisir.

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MessageSujet: Re: Gabriel Touchedieu, le gourdin de l'inquisition   Mer 21 Oct 2009 - 0:33

Merciiii!

Je vais définir un minimum Philip Lauenburg, et il sera proposé. Ce sera mieux que de parler tout seul.

cheers

Edit: D'accord pour les 60 ans

La milice sera bien sous les ordres de Louis, mais si possible n'agira que sous les ordres de Gabriel (qui de son côté n'aura pas le droit de la mobiliser n'importe comment). Mais ce genre de détail se réglera par MP le moment venu
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Gabriel Touchedieu, le gourdin de l'inquisition

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