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 Quand l'espoir fuit...L'homme est anéanti.

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MessageSujet: Quand l'espoir fuit...L'homme est anéanti.   Jeu 29 Oct 2009 - 0:41

Adrien arpentait les rues de Forbach la tête un peu ailleurs. Les journées étaient longues, mais il savait que maintenant il aurait bientôt encore plus de temps pour rechercher sa fille. Il y passait souvent quelques heures, lorsque c'était possible, avec le maigre espoir de la deviner au détour d'une rue, de l'apercevoir à une fenêtre... Peut-être qu'un villageois l'avait recueillie et ne savait pas qu'il s'agissait de la fille du Vicomte. Après tout, peu étaient les personnes qui connaissaient ses enfants et l'hypothèse était la seule viable qui restait optimiste et supposait que la jeune fille était encore vivante. Adrien ne supporterait surement pas que sa fille soit morte et qu'il ne puisse pas le savoir et le voir de ses propres yeux. Bien sûr Elisabeth et Léonce seraient là, mais, malgré tout l'amour qu'il leur portait à tous les deux, tout un pan de lui s'écroulerait s'il devait apprendre que sa fille était morte. Il savait qu'il n'en serait plus le même homme, que plus rien n'aurait alors d'importance. Forbach n'aurait qu'à aller au diable, avec le Lys et Olrun... Après tout, que pouvait-il bien faire s'il n'avait même pas réussi à protéger sa propre fille ? A quoi pouvait-il prétendre s'il n'était même pas capable de veiller sur sa famille ? Quelle crédibilité aurait un homme qui prétend vouloir défendre l'Humanité, quand celui-ci n'est même pas capable de veiller sur un seul être humain, qui plus est sa propre fille ?

Les parents ne devraient jamais avoir à enterrer leurs enfants. Jamais. Et il espérait toujours que cela ne devienne pas le cas avec sa fille. Comme un fou s'accroche à la dernière parcelle de lucidité qu'il lui reste, Adrien s'accrochait à la dernière planche de bois qui flottait au milieu de cet océan de mort qui l'entourait. Les chances de survie de sa fille étaient faibles, inexistantes, tout simplement nulles, mais il s'accrochait toujours, inexorablement, à quelque chose. A vrai dire, il se demandait s'il ne faisait pas simplement fausse route. S'il ne fallait pas renoncer maintenant, tout arrêter avant qu'il ne soit vraiment trop tard, stopper cette idée incessante avant qu'il ne devienne peut-être fou ? A quoi bon espérer alors qu'on sait que tout espoir est perdu ? A quoi bon penser encore découvrir sa fille au détour d'une rue alors qu'il ne regarde même pas où il marche, car il sait que c'est impossible qu'il puisse la voir ? Le Vicomte perdait espoir, il n'y avait plus d'espoir pour lui. Les Hommes s'entredévoraient, pire encore que des loups privés de gibier sauvage. Sur des soupçons ils brulaient les leurs, et se détestaient alors qu'ils avaient mieux à faire en s'unissant face à l'adversité ? La division n'entraine que la mort et la souffrance. Le salut n'est que dans l'unité, cela vaut pour un groupe, pour une population...Mais aussi pour un être humain.

Perdu dans ses pensées, Adrien n'avait pas vu où il s'était dirigé. Il était encore dans le village, forcément, et il lui suffit de lever la tête pour s'apercevoir que le château n'était pas si loin et qu'il serait bien vite rentré s'il le désirait. Pourtant ses pas l'avaient mené devant une bijouterie. Planté devant le bâtiment, un peu perplexe, il se rappela qu'il n'avait pas offert de bijoux à sa femme depuis longtemps et décida donc de rentrer dans la boutique. Non seulement il venait de s'inventer un prétexte pour rentrer, mais il venait surtout de se donner un prétexte pour arrêter de réfléchir à tout ce qui pouvait tourner autour de sa fille, et qui lui ruinait complètement le moral. Il n'avait pas le droit de se laisser aller, mais nul doute qu'il faudrait qu'il en parle à sa femme, il ne tenait plus avec tout cela sur le cœur. Son regard balaya la petite boutique, mais personne ne se trouvait derrière le comptoir. Visiblement la personne devait être dans l'arrière-boutique.


« - Excusez-moi ? Il y a quelqu'un ? »
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MessageSujet: Re: Quand l'espoir fuit...L'homme est anéanti.   Mar 3 Nov 2009 - 20:59

Marina n’avait pas beaucoup dormit la nuit passé. Une fois de plus.
La peur de voir l’Inquisition débarquer chez elle était toujours présente dans ses pensées et l’angoissait plus que d’ordinaire. Elle c’était donc rendu à la boutique avec une fatigue plus que marquée, bien que le maquillage l’avait aidé à en cacher une bonne partie.

Le début de matinée avait été très tranquille, en effet, seulement deux clientes étaient venues admirer les bijoux que Marina proposait.
Puis, les clientes étant partis, elle était allée dans l’arrière boutique pour essayer de se reposer un peu.

Le carillon à l’entrée de la porte sonna pour indiquer que quelqu’un était entré, mais Marina ne l’entendit pas, étant plongée dans un petit livre que sa grand-mère avait écrit sur les différents effets des plantes. Une voix s’éleva dans la boutique, et bien que le silence y régna, Marina n’entendit toujours rien.

Opaline, elle, avait bien entendu que quelqu’un était entré. La petite chatte, qui était assise sur les genoux de sa maitresse, se redressa, bondit à terre, s’étira, et entra dans la boutique.

Marina, ne sentant plus la présence d’Opaline sortit enfin de son livre, cherchant la petite chatte des yeux. Un miaulement lui indiqua qu’elle se trouvait dans la boutique. Marina ferma son livre, le rangea soigneusement sous une pile d’autres livres, et se leva enfin pour récupérer la petite chatte.

Elle entra dans la boutique, trouvant Opaline qui se frottait avec plaisir sur les jambes d’un homme, tout en ronronnant. Marina se précipita vers l’homme afin de récupérer la chatte.


" - Bonjour Monsieur. Excusez-moi pour Opaline, elle est parfois un peu dérangeante. " Dit-elle avec gène tout en prenant la petite chatte dans les bras.

" - Pardonnez moi de ne pas être venue plus tôt, je ne vous avais pas entendu, j’étais concentré sur tout autre chose. Puis-je vous aider ? Vous recherchez quelque chose de particulier ? Bagues, colliers, bracelets, broches, pinces à cheveux, nous avons un peu de tout. "
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MessageSujet: Re: Quand l'espoir fuit...L'homme est anéanti.   Sam 7 Nov 2009 - 18:03

A son interrogation ne répondit qu’un petit miaulement et une sensation de douce chaleur contre ses pieds. Il ne fut pas longtemps au Vicomte pour se rendre compte qu’un petit chat se frottait avec tendresse contre lui, visiblement le seul au courant de l’arrivée d’Adrien dans la petite boutique. Puis, alors qu’il regardait le petit chat avec une curiosité renouvelée fasse à la petite créature ronronnante, une jeune femme fit son apparition de l’arrière-boutique, visiblement à la recherche de l’animal. En effet, lorsqu’elle l’aperçut aux pieds d’Adrien, elle se précipita, confuse d’excuses pour son petit animal qui n’avait rien fait d’autre que d’accueillir le client de la meilleure manière qu’il put. Adrien eut un sourire bienveillant devant tant de politesse et se demanda lui aussi ce qu’il aurait pu offrir à sa femme… Peut-être que la jeune femme saurait le conseiller.

« - Ne vous excusez pas, ni pour vous, ni pour votre chatte, il n’y a vraiment pas de quoi. »

Bienveillance habituelle, Adrien ne changeait pas… Quelle que fut la personne, un tant soit peu innocente en face de lui, il ne prêtait guère de manières à de si petites choses, pas comme certains y auraient vu un affront de se faire accueillir par un animal.

« - Je cherche un bijou pour ma femme. Je n’ai pas vraiment d’idée précise, à vrai dire, je n’ai pas de raison particulière de lui en offrir un non plus, si ce n’est la plus importante, celle que je l’aime plus que tout. »

Une vérité ardente et aussi solide et puissante que les montagnes elles-mêmes. S’il y avait bien quelque chose d’immuable dans cette univers, c’était bien l’amour d’Adrien pour Elisabeth. Beaucoup auraient tués pour voir cet amour se briser, et beaucoup auraient pensé que la disparition d’Alexandrine y aiderait, mais ils s’étaient trompés, enfin du moins Adrien l’espérait-il, même si la disparition de sa fille l’affectait, il aimait sa femme comme jamais. Peut-être même plus encore depuis ce bien triste évènement.

« - Peut-être avez-vous des suggestions à me faire. Mais, si je dois émettre une condition, j’aspire à quelque chose dans laquelle la beauté passe par la simplicité. »


Il aimait beaucoup la simplicité, cette idée d’être seulement ce que nous étions et pas s’inventer un personnage complexe et sans sens, vide de toute âme, comme le faisaient la plupart des nobles. Se prendre de très haut n’était pas vraiment dans ses habitudes et même s’il portait des vêtements riches, ils n’en étaient pas moins beaucoup plus simples de facture que les vêtements farfelus que pouvaient porter certains nobles en quête de l’attirance de tous les regards pour eux seuls. Ce n’était ainsi pas plus mal, car malgré son rang, il réussissait à passer plus ou moins inaperçu.
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MessageSujet: Re: Quand l'espoir fuit...L'homme est anéanti.   Lun 9 Nov 2009 - 2:50

Marina regardait l’homme en face d’elle. Un noble à n’en pas douter. Il avait l’air d’un gentilhomme tout à fait honnête. Le genre d’homme qui mène une vie sereine et paisible avec sa famille.
Mais, quelque chose sur le visage de l’homme indiquait à Marina qu’il était loin d’être paisible. Non, enfaite il avait l’air plutôt tourmenté. Marina ressentait vraiment un mal-être ressortir de son client, une angoisse omniprésente.
Pendant un petit instant, elle voulu demander à cet homme si tout allait bien, lui demander ce qui l’angoissait à ce point. Mais après tout, ce n’était pas ses affaires, et puis,… peut-être que toutes ces émotions qu’elle ressentait, ce n’était pas celles du noble, mais les siennes.

Revenant à elle, Marina se concentra sur son client, et sur son métier.
La beauté dans la simplicité, disait-il. Son épouse devait être une de ces femmes que l’on remarque non pas par leur beauté extravagante et leur certaine insolence que l’on dit à la mode, mais par la simplicité de son être et de sa personne. Une bonne personne. Surement.
Marina se permit une question.


_ Hum, et bien j’ai déjà ma petite idée, mais, si je peux me permettre une question, votre femme est-elle brune ?

La question de Marina paraissait tout à fait inutile, presque déplacé. Le mois passé, des clientes souhaitant offrir un collier à leurs filles lui avaient déjà fait la remarque sur ces questions, mais Marina ne les posait non pas par curiosité mais tout simplement, pour satisfaire ses clientes au mieux.

_ Pardonnez ma question qui peut sembler déplacé, c’est juste que je voudrais pouvoir choisir la bonne pierre par rapport à la couleur de la chevelure de votre épouse. Dit-elle pour se justifier de cette qualifiable audace.

Elle adressa à l’homme un sourire d’hôtesse des plus parfait puis se tourna pour aller derrière le comptoir. Elle s’y baissa et prit plusieurs boîtes de différentes tailles. Elle refit apparition, posant les boîtes sur le comptoir et invitant l’homme à s’avancer.

_ J’ai ici quelques pièces qui devrait déjà vous plaire.
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MessageSujet: Re: Quand l'espoir fuit...L'homme est anéanti.   Lun 9 Nov 2009 - 9:23

Il savait que ça demande pouvait être assez restrictive. Généralement, les joailliers ne se fournissaient pas en pièces communes et donc, souvent par extension, inintéressantes. Mais c'était un point important. Sa femme ne devait pas être un bête présentoir à bijoux, mais au contraire, sans attirer l'œil au premier abord, ils devaient aider à la mettre en valeur d'une manière discrète et, bien entendu, jolie. Il était alors évident qu'il n'accepterait pas les trop grosses pierres où les bijoux trop voyant. A vrai dire, Adrien ne portait que son alliance, qu'il portait depuis maintenant presque dix années. Il ne l'avait jamais enlevée et l'avait toujours arborée fièrement. Elle n'était pas extravagante, ni trop discrète, mais suffisamment belle et simple pour rappeler à toutes et à tous que le lien qui réunissait le Vicomte à sa femme était bien plus fort que le métal dont étaient faites leurs alliances. Adrien n'avait jamais aspiré à porter d'autres bagues, elles étaient souvent plus encombrantes et, contrairement à certains nobles, il n'avait pas à faire étalage de sa richesse en portant un anneau à chaque doigts, ou en faisant porter un à chacun des doigts de son épouse. D'ailleurs en parlant d'elle, il fut effectivement assez surpris de la question de la jeune femme concernant la couleur de ses cheveux. Mais d'un air surpris, il revint à son léger sourire, comprenant parfaitement les motivations de la jeune femme. Ce qui était étrange, dans tout ça, c'est qu'il avait l'impression de faire face à une amie... Pas dans le sens où il la connaissait réellement, mais quelque chose lui semblait familier... Peut-être son esprit était un peu trop altéré par l'absence d'Alexandrine... Peut-être devrait il se décider à faire son deuil. Peut-être était-il vraiment trop tard. Il secoua mentalement ses pensées pour les faire chavirer au plus profond de son être avant de répondre :

« - Ma femme est brune oui. Et ne vous en faites pas, ce n'est pas un secret d'État. »

Après tout, qui pourrait bien s'offusquer d'une telle demande ? Ce n'était qu'une couleur de cheveux. D'ailleurs il s'attendait même à ce qu'il lui demande la couleur de ses yeux. Enfin, au moins serait-il préparé à cette question, si tant est qu'elle supposait une préparation. Il regarda la jeune femme se diriger derrière le comptoir, se baissant pour finalement poser sur ce dernier, quelques boîtes qui semblaient surement contenir des bijoux. Il ne savait pas ce qu'elle avait en tête, et quand bien même, il lui faisait confiance dans son choix. Après tout, c'est une professionnelle non ? Hum..A bien y réfléchir, il n'y a pas que ça... Non, il y a quelque chose d'autres, mais impossible pour le Vicomte de dire quoi. Ce petit quelque chose lui donne l'intuition qu'il est ici en présence d'une alliée, d'une amie. Pourtant, cette jeune femme ne lui dit rien, et il jurerait que c'est la première fois qu'il la rencontre. Surprenant... Mais il pense qu'il doit légèrement divaguer. Il se penche sur les boîtes, attendant qu'elle commence à lui montrer deux ou trois pièces. Peut-être y trouvera-t-il la pièce « coup de cœur » comme on dit, peut-être pas.

« - Je vous fais confiance pour cela. »

Acheva-t-il dans un sourire. Mais finalement, dans cette histoire, la jeune femme se révélait aussi passionnante que les bijoux eux-mêmes... Non pas par intérêt de mœurs, mais simplement pour découvrir la cause de ce sentiment de confiance qu'il avait eu tout de suite vis-à-vis d'elle... Son âge peut-être ? Non, ce serait trop évident... Décidément, quelque chose ne tournait pas rond chez Adrien...
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MessageSujet: Re: Quand l'espoir fuit...L'homme est anéanti.   Mer 11 Nov 2009 - 22:23

Marina trouvait son client bien confiant. Il semblait être un homme simple, sans préjugés, qui ne se vexe pas pour des broutilles. Pas comme tant de nobles que l’on pouvait croiser dans les rues de Forbach. Un homme simple oui, mais qui semblait triste. Terriblement triste. Marina en devenait de plus en plus sûr, quelque chose n’allait pas pour ce noble qui semblait avoir un grand cœur.

-Bien, donc si sa chevelure est foncée, je vais retirer ces boites ci.

Marina s’exécuta et retira plusieurs boites, les posant à l’autre bout du comptoir. Seul trois boîtes restèrent exposées devant le noble. Marina resta figée un petit moment, elle semblait réfléchir sur le choix des boîtes. Elle acquiesça pour elle-même tout en enchainant.

-Je vous vous propose donc ces trois bijoux.

Marina ouvrit la première boîte. C’était un petit écrin, carré. Le bijou qu’il contenait était une petite pince à cheveux appelé peigne. Il était long d’environ sept centimètres, noir, et ornée de petites pierres noires.

-C’est un peigne. Et ces perles sont des Hématites. C’est un bijou que je trouve pour ma part très distingué. Un petit accessoire simple mais qui met en valeur son propriétaire sens en faire trop.

Marina ouvrit le deuxième écrin qui était encore plus petit que le premier. Le bijou, une bague, ressortait particulièrement bien de sa boite, du à sa belle couleur blanchâtre.

-Ceci est une bague ornée de nacre. C’est une pierre très fragile mais elle incarne la beauté tout en simplicité.

Elle finit par ouvrir le dernier écrin, carré, beaucoup plus grand que les deux précédents. Le bijou brillait doucement sous la lumière du jour qui entrait dans la boutique. Marina s’émerveillait devant cette petite merveille. Le collier était délicat, et il dégageait une grâce qui semblait n’appartenir qu’à lui-même. Il était composé de plusieurs chaines en argent qui s’entrelaçaient, se mélangeaient, se croisaient entre elles. Et, au milieu, descendait une chaine un peu plus large, pour finir par montrer une pierre rose, de taille moyenne, en forme de cœur.

-Ceci est ma pièce fétiche. Le collier est en argent et la pierre qu’il orne est du quartz rose. Une fois le collier attaché, il devrait être très proche du cou. C’est un peu plus voyant que les deux précédents certes, mais la douceur du quartz rose évoque la simplicité et l’élégance.

Marina adressa un sourire à son client. Elle continua de croire que quelque chose n’allait pas, mais elle ne pouvait se permettre de poser des questions, cela ne se faisait guère, et, même si l’homme paraissait bien loin d’être comme les autres nobles que marina avait rencontré, il n’en était pas moins que se mêler de la vie des autres était déplacé et irrespectueux. Elle chercha donc un signe dans ses yeux. Sans rien voir de plus que ce qu’elle avait déjà remarqué.
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MessageSujet: Re: Quand l'espoir fuit...L'homme est anéanti.   Dim 15 Nov 2009 - 1:44

La discussion avec la jeune femme semblait lui faire oublier petit à petit le souvenir de sa fille. Enfin, disons plutôt qu’elle la reléguait à un plan plus lointain, car il n’était pas dupe, il repenserait bien assez tôt à sa fille, peut-être même juste après avoir quitté la boutique. Pourtant, il ne pouvait plus rien faire à part espérer un coup de chance et il était relativement insupportable de devoir la survie d’une petite fille, de sa petite fille, à un simple coup du sort, à la simple bonne volonté du hasard. Mais ce qui le troublait grandement était l’absence de cadavre… Si sa petite Alexandrine venait à devoir mourir, Adrien espérait pouvoir au moins faire un deuil correct, sinon, c’était certain, il ne s’en remettrait véritablement jamais. Il se reconcentra néanmoins à nouveau sur la discussion avec la jeune joaillière qui venait d’enlever quelques boîtes du comptoir suite à la « révélation » d’Adrien concernant sa femme. Ne restait finalement que trois boîtes, toute d’une taille différente d’une autre, dont le Vicomte n’avait vraiment aucune idée de leur contenu. Des bagues, des colliers, des bracelets, ou bien même d’autre chose, après tout, comment aurait-il pu savoir ?

Il écouta et regarda donc avec attention les différents bijoux que la jeune femme lui proposait. Elle commença par un petit peigne. Il était joli, distingué et discret, comme l’avait demandé Adrien, mais il n’y trouvait pas son compte. Ce n’était pas ce qu’il cherchait. Le Vicomte n’y connaissait pas grand-chose, mais ce fiait pour beaucoup à son instant. Lorsqu’il trouverait la pièce qu’il lui fallait, il le saurait, il le savait. Elle lui présenta alors une petite bague d’une couleur blanchâtre. Mais là encore, même si cela correspondait aux critères établis, cela ne convenait pas à Adrien qui fit un léger « non » de la tête pour indiquer à la jeune femme. Elle ouvrit alors la dernière boîte, plus grande que les autres et sa forme laissait évoquer une pièce de belle taille. Lorsqu’il posa son regard sur le collier, le Vicomte, tout en écoutant les informations de la joaillière corroborant son impression, sut qu’il avait peut-être trouvé ce qui lui plaisait… Qui plus est, c’était du Quartz Rose… Dans la situation actuelle… Cela voulait tout dire… Ainsi, il se mit à penser, un peu plus fort qu’il ne l’aurait voulu.

« -Le Quartz Rose… réputée pour protéger des énergies négatives et guérir des blessures affectives les plus douloureuses… »

Non pas que cela allait mal sur le plan affectif des D’Hasbaueur, mais la perte d’Alexandrine était bel et bien une « blessure affective des plus douloureuses ». Le Vicomte avait bien sur parlé sans s’en rendre compte, répétant simplement à haute voix ce qu’il pensait, fruit d’une culture que tout le monde n’était pas en mesure de connaître, même si pour lui cela semblait naturel. Mais encore une fois, il n’avait pas pu s’empêcher de remettre sa fille dans la grande équation de l’action présente… Finirait-il par devenir fou ? Il ne saurait le dire, mais la seule chose dont il était sûr à présent, c’était que sa fille lui manquait et qu’il aspirait plus que tout à la revoir.

[HRP : Désolé c'est pas terrible...]
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MessageSujet: Re: Quand l'espoir fuit...L'homme est anéanti.   Mer 18 Nov 2009 - 22:54

Marina regardait l’homme avec satisfaction.
Il semblait trouver le collier à son gout, voir mieux, et cela la rendait fière. Elle avait eut peur, quelques jours plus tôt, lorsque sa grand-mère décéda, de ne pas savoir tenir la boutique seule, de ne pas avoir les mots et les arguments convainquant, de ne pas savoir choisir les bonnes pièces pour les bons clients, ne pas savoir les conseiller. Mais elle s’était retrouvée seule, face à elle-même, et si elle ne travaillait pas, elle ne gagnerait pas d’argent, ce qui rendrait sa vie bien difficile. Alors, elle avait fait face à ses peurs et était finalement partie travailler.
Même si elle avait toujours une petite note d’adrénaline lorsque les clients regardaient les pièces proposer de Marina avec un air indéchiffrable pour elle, elle s’en sortait à peu près bien.

Cette vente la réjouissait de plus belle. L’homme avait l’air satisfait, elle avait choisi les bonnes pièces, ce qui lui donnait plus d’assurance. Pour elle, c’était une partie de gagnée.
Les paroles du jeune homme aurait dû l’interpeler, la brusquer, l’impressionné, mais, elle ne s’en rendit pas compte tout de suite, puisque elle-même avait choisie ses bijoux en fonction de leur effets.
C’est donc avec un sourire suivit d’un acquiescement qu’elle demanda, comme pour se rassurer, au noble :


-Exactement, ce bijoux vous satisfait il me semble, me tromperai-je ?

Soudain, comme une grande claque sur la joue, les paroles de l’homme lui transpercèrent l’esprit. Elle tenta de rester de marbre face à de tels propos.
Jadis, sa grand-mère lui avait sans cesse répété de ne jamais parler des vertus des plantes ou des pierres, car le risque d’être accusé de sorcellerie était bel et bien présent.
Mais, alors qu’au fur et à mesure qu’elle se répétait ces mots, ses joues s’empourprèrent, ce qui devrait attiser la curiosité de l’homme bientôt si cette couleur criarde sur son teint pâle ne disparaissait pas très vite. Peut-être était-il de l’inquisition ? …Marina ne vit aucun signe religieux voyant sur lui, ce qui la rassura quelque peu.
Et, comme inconsciente de ses paroles, elle enchaina :


_ Oui, mais l’Hématite donne du courage dans les périodes difficiles. Elle est défatigante et déstressante. Mais comment savez-vous cela ?... demanda t- elle la voix perdue dans le vide, se rendant compte trop tard que la phrase était partie toute seule, et que sa curiosité la mènerait bientôt à sa perte.
Ses joues s’empourprèrent encore, pour dessiner deux énormes taches rouges écarlates.


[HRP: Désolé, je n'ai pas réussi à faire mieux =(]
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MessageSujet: Re: Quand l'espoir fuit...L'homme est anéanti.   Mar 8 Déc 2009 - 16:05

Adrien avait prononcé ces mots à haute voix plus machinalement que volontairement. En fait, il s'était intéressé de près aux « pouvoirs » des pierres et des plantes lors de sa formation avec celle qui lui avait servi d'Aguerrie, celle qui l'avait initié à ce savoir qu'il possédait maintenant et dont il se sentait hautement responsable. Il avait d'abord trouvé cela assez déroutant de savoir que les pierres pouvaient influer sur le corps mais finalement c'était de la logique pure et simple. Nous étions tous le fruit de la nature et en tant que tels il était évident que nous interagissions tous et toutes, et pas seulement qu'entre membres d'une même « espèces ». Les hommes pouvaient avoir une influence sur les animaux en détruisant leur habitant ou en détruisant une espèce de prédateur pour se protéger, mais toutes les autres choses avaient une influence sur l'homme également, même minime, et savoir que certaines pierres pouvaient aider l'homme de par leur influence naturelle était un véritable plus. Alors la question c'était pourquoi s'en priver ? Simplement parce que ceux qui n'avaient pas cette connaissance l'associait à celle du démon ? Peut-être... Les temps étaient beaucoup trop troubles pour que des personnes avec un savoir « différent » des autres puissent vivre en paix et ne pas être traitées d'hérétiques ou de fruits du démon. Ainsi ces personnes n'avaient pas d'autres choix que de poursuivre leur route en vivant cachées, en faisant semblant d'être comme toutes les autres et en tentant, avec force précaution, de transmettre leur savoir dont ils étaient certains qu'il serait utile un jour.

Lorsque la jeune femme souleva les propriétés de l'hématite, Adrien hocha perceptiblement la tête avant de s'arrêter alors que la jeune femme lui demandait comment pouvait-il savoir cela. L'espace d'un instant il réalisa qu'il n'avait pas pensé, mais bel et bien parlé. Cette gaffe lui aurait surement valu des ennuis si la jeune femme en face de lui n'avait pas été dans la même situation. Le regard fixé sur elle, il semblait réfléchir à ce qu'il allait faire ou dire, en fait, il ne comprenait pas comment elle pouvait connaître cela... Si c'était le cas, elle devait être communément une de ses sœurs, mais il ne l'avait jamais vue. Peut-être était-elle du Lys Noir ? Dans ce cas, elle le connaissait surement et ne devait pas l'avoir en très haute estime...Quoiqu'il en était, elle n'était clairement pas un mouton comme la plupart des gens que l'on pouvait croiser dans la rue à, à peine, quelques mètres derrière eux. Son regard s'apaisant, il répondit :

« - Comme toutes les personnes qui s'intéressent un tant soi peu aux choses qui nous entourent, on se rend vite compte du potentiel qu'il y a autour de nous. »

Assez alambiqué comme réponse, mais il n'allait pas avoué publiquement qu'il était un Sorcier. Ce n'était pas dans ses habitudes et si ça se trouve, il s'agissait d'une ruse... Au pire la jeune femme comprendrait peut-être et il saurait bien vite à qui il avait à faire, sinon il lui faudrait faire avec.

« - Toutefois, je préfèrerais le collier, je pense que c'est celui qui lui ira le mieux, bien que toutes vos pièces soient très belles. »
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MessageSujet: Re: Quand l'espoir fuit...L'homme est anéanti.   Mar 22 Déc 2009 - 2:16

Marina avait envie, peut-être même besoin, de faire confiance à quelqu’un, et cet homme lui inspirait une confiance sans méfiance. Mais les années sont porteuses de sagesse et Marina savait bien qu’elle était de nature naïve. Si c’était un piège, elle était tombée en plein dedans et continuait à s’enfoncer.
Ces joues reprenaient peu à peu leur couleur pâle tandis que la jeune fille refermait la boite en velours, abritant très soigneusement le collier en argent et en quartz rose.


_ Merci beaucoup ! S’enjoua t-elle,
c’est ma grand-mère qui savait trouver de bons fournisseurs en pierre et autres…

A la pensée de cette dernière, Marina se sentit tombé dans un fossé. C’était une douleur qui ne disparaissait jamais. Toujours présente dans son esprit, l’image de sa grand-mère étalée, morte, sur le sol lui écorchait le cœur.
Son sourire retomba et la langue se délia.


_ Malheureusement, elle est morte la semaine dernière… je soupçonne même qu’elle se soit faite assassiner…

Les larmes commençaient à lui monter aux yeux, tout comme sa rage.

_ Saleté de religieux fanatiques ! Se chuchota t-elle à elle-même.
_ Je me retrouve donc bien seule à présent… La boutique ne tournera jamais plus comme avant… C’est une certitude mais je dois faire avec. Je compte bien reprendre du poil de la bête comme on dit, et aller au-delà de l’étude des plantes, mais je dois tout d’abord trouver des personnes aptes à mon apprentissage.

Si l’homme faisait partis de l’inquisition, il en était finit d’elle. Mais il faut avouer qu’elle était tellement lasse de ce chagrin et de cette peur que, impulsivement, elle en avait peut-être trop dit.


_ Cela fera 100 sous Monsieur sil vous plait, indiqua t-elle au noble tout en lui tendant l'écrin de velours.
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MessageSujet: Re: Quand l'espoir fuit...L'homme est anéanti.   Jeu 24 Déc 2009 - 2:53

Le Vicomte savait qu’il était une personne relativement encourageante, dans la mesure, où il n’avait rien du parfait salaud, prêt à se faire mielleux juste pour obtenir de vous ce qu’il souhaite et ensuite vous laisser traîner dans un coin, peut-être même baignant dans votre propre sang. Une image proche du peuple, proche de tout ceux qui voulaient avoir une oreille attentive, qu’il avait cultivé au fil du temps, adhérant simplement à des principes immuables qui n’avaient pas bougé d’un cil depuis tout ce temps, et ce, depuis presque sa plus tendre enfance. Il exagérait surement un peu, mais son père l’avait très tôt initié aux charges qui seraient siennes, charges qu’il avait toujours prises au sérieux, notamment cette fameuse phrase que son père lui avait dit un jour : « N’oublie jamais ceci mon fils, les Nobles peuvent se vanter d’une vie meilleure et d’une meilleure éducation que le peuple, mais c’est à ce peuple que nous devons tout ce que nous avons. N’oublie pas que sans eux, nous ne serions rien de ce que nous sommes aujourd’hui, et il vaut mieux avoir le peuple derrière soi, que contre soi. » Et il avait parfaitement raison, car même si les nobles les considéraient comme des moins que rien, des traine-misères ou pire encore, ils n’en restaient pas moins beaucoup plus nombreux qu’eux et la force se souciait bien souvent de l’intelligence quand elle faisait les comptes dans la balance entre deux camps. Une image qui lui valait de passer, et souvent à ses dépends, pour une oreille attentive et surtout, silencieuse.

Aussi ne fut-il pas surprit, lorsque la jeune femme se confia à lui d’une manière fichtrement directe. A vrai dire, il n’avait pas pensé qu’un unique et banal compliment puisse faire jaillir un flot de révélations si compromettantes. C’est avec une légère stupeur qu’il l’écouta donc parler de sa défunte grand-mère, décédée à peine quelques jours plutôt, visiblement emportée par le fanatisme religieux de certains inquisiteurs surement beaucoup trop zélés. Toutefois, ce qui le surprit le plus, fut la suite des paroles de la jeune femme, lorsqu’elle lui confessa vouloir reprendre du « poil de la bête » et trouver des personnes « aptes à son apprentissage ». Il n’était pas dupe, depuis le début, leur discussion tournait autour d’un apprentissage qui n’a rien de commun, et surtout entièrement prohibé. Inutile de dire que le Vicomte se demandait bien ce qu’elle avait dans la tête pour pouvoir parler si ouvertement de cela à un parfait inconnu. Était-ce là un piège ? Faisait-elle partie de l’Inquisition et traquait-elle les sorcières et sorciers qui s’aventuraient dans sa boutique. Après tout, il avait bien parlé de « pouvoir des roches », aussi peut-être avait-elle tiqué et cherchait à le confondre. Mais si elle ne plaisantait pas ? Si elle s’était simplement laissé emporter par ses propres paroles ? Difficile à dire, il fallait surement jouer serré, et même là encore, c’était risqué. Alors qu’elle lui tendait l’écrin de velours, il repoussa lentement la petite boîte d’une main et dit :


« - Je suis navré, mais j’ai quelques courses à faire avant de rentrer, serait-il possible que vous passiez au château pour me le remettre plus tard dans la journée ? Ou même un autre jour si cela vous arrange plus. Je suis bien entendu prêt à vous payer davantage pour ce service. »

Il déposa les cent sous sur le comptoir.

« - Vous n’aurez qu’à dire que vous venez voir le Vicomte d’Hasbauer, on vous laissera entrer. Puis, qui sait ? Peut-être pourrez vous rencontrer ceux que vous cherchez en cours de route. »

Sur ces mots, et après que la jeune fille ait accepté, il se détourna et sortit de la boutique. Comme il l'avait prévu, ses sentiments le rattrapèrent bien assez tôt une fois qu'il eut passé la porte...

-FIN-
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Quand l'espoir fuit...L'homme est anéanti.

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