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 Ouverture de l'ère impériale en Sol majeur

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MessageSujet: Ouverture de l'ère impériale en Sol majeur   Lun 23 Nov 2009 - 1:25

Sur la route encore pavée, un carrosse tiré par quatre magnifiques étalons, dont la robe, luisante de la légère bruine de ce début d’après-midi, était d’un sublime et profond noir de jais, qui eut fait pâlir la nuit elle-même, frayait la brume persistante à un rythme effréné. Le cocher multipliait les cris et ne ménageait pas les coups de fouet pour maintenir l’allure, car même s’il voyageait depuis tôt dans la matinée, le véhicule n’était pas encore arrivé à destination et son passager ne souffrait aucun retard. Heureusement, les terres du Comté de Forbach était en vue malgré la légère purée de pois qui sévissait cet après-midi là, et le cocher semblait déjà un peu plus tranquille, après tout, n’avait-il pas été promis à une séance de fouet s’il ne respectait pas ses engagements ? Hum… Il semblait bien que c’était le cas. Pourtant les retards étaient chose commune dans les longs voyages comme ceux-ci, mais qui pouvait bien être cette personne si stricte ? Le cocher n’en n’avait pas appris beaucoup. On était venu le réveiller aux premières heures du jour, alors que le coq lui-même n’avait pas daigné se lever pour chanter, pour peu que l’on pouvait appeler son braillement un chant, pour préparer le carrosse, les chevaux et être prêt à faire voyager un homme de la plus haute importance. Il n’en avait pas vu grand-chose, vu qu’il n’était pas encore tout à fait réveillé lorsqu’il grimpa à l’intérieur du véhicule en bois avec deux personnes qui semblaient être à son service. A ce qu’il avait pu en voir, toutefois, il ne semblait pas vraiment du coin, trop mat de peau pour ça, les gens d’ici sont pâlots pour la plupart vraisemblablement rosés, mais lui, il était plus « foncé ». Enfin, du haut de son siège, le visage battu par la pluie, il n’en avait pas grand-chose à faire des considérations de peaux, il ne pensait qu’à ce qui l’attendait s’il ne faisait pas ce qu’on lui avait demandé, et ça, ça justifiait de bien loin. Il donna quelques coups de fouets supplémentaires avant de donner trois coups de sa botte contre l’armature en bois : c’était le signal pour prévenir qu’on approchait de la destination.

Les trois coups résonnèrent à l’intérieur de l’habitacle et l’un des trois hommes se réveilla en passant une main négligente devant sa bouche pour essayer de masquer un bâillement qui essayait de s’échapper de sa bouche. Il avait fallu partir tôt dans la matinée et la soirée de la veille avait été remplie de nombreux préparatifs. Serviteur n’était pas un métier de tout repos, mais, heureusement, aujourd’hui il était à l’intérieur du carrosse et non pas à l’extérieur comme les quatre gardes qui les accompagnaient. Ils devaient en avoir l’habitude, mais voyager sous la pluie n’avait surement rien d’agréable. S’étirant félinement, comme le permettait sa jeunesse, il allait faire son office avant de remarquer que celui qu’il devait réveiller, son maître pour être exact, l’était déjà, et qu’il regardait par la fenêtre le paysage qui défilait à travers la vitre. Ne sachant pas trop quoi faire, il se tint sur place, jetant un regard au troisième homme qui, lui, semblait encore essayer de grappiller quelques secondes ou quelques minutes au délicieux monde de Morphée. Il s’agissait du tailleur personnel de son maître, qui accompagnait ce dernier dans presque tous ces déplacements, pour pouvoir lui permettre d’avoir toujours à disposition au moins une tenue parmi celles qu’il affectionnait tant. Le petit serviteur se risqua à demander s’il pouvait être utile en quoique ce soit, question à laquelle il n’eut pour seule et unique réponse qu’un regard noir de cendre et un silence des plus compréhensif.

Ce regard, terrifiant au demeurant pour certains, appartenait à une personne extrêmement importante. En cet instant, non content d’appartenir à un homme au charisme imposant, il appartenait au futur dirigeant et administrateur du Comté de Forbach. Car oui, le Comté changeait de régence et c’était cet homme que le Conseil de Lorraine avait mandaté pour remplacer le Vicomte Adrien d’Hasbauer. Et cette idée le faisait jubiler intérieurement, au moins autant que la satisfaction de savoir que cette journée serait pluvieuse à souhait. Pourquoi jubiler à voir la pluie s’écraser contre les carreaux d’une vitre et transformer la terre progressivement en boue ? Et bien simplement car cela laissait supposer, sans trop d’erreurs, que les petits nobles de Forbach auraient tous trouvé refuge dans le Château et ne se seraient pas risqués à sortir par un temps pareil, et cela avait toute son importance dans la suite des évènements. Qui plus est, Forbach lui-même était un nom prometteur. Beaucoup le craignaient, et ils avaient raison ! Combien de rumeurs circulaient sur les sorcières de ce Comté ? Combien de personnes avaient-elles tuées en usant de potions, de sortilèges imprononçables et dévastateurs ? Les histoires ne manquaient pas, et rien que pour cela, notre homme était impatient d’arriver. Car lorsque ce serait le cas, viendrait enfin le temps de s’amuser. Non content de prendre le pouvoir dans un Comté, il pourrait également s’adonner à son passe-temps favori, la traque. Il se régalait déjà de la peur d’une de ses victimes, de son regard perdu et désespéré lorsque son piège se refermerait sur elle et que l’Inquisition viendrait prendre sa part. L’impatience menaçait même parfois de le submerger, mais il finissait toujours pas se calmer. Son heure viendrait bien assez tôt et tous seraient aux premières loges pour y assister, impuissants. Pauvres petits nobles, espérons au moins qu’ils apprécient le changement. Car dorénavant s’ouvraient de nouveaux horizons pour eux, mais surtout pour lui. Pour lui débutait une nouvelle aventure dans un nouveau monde, son nouveau monde.

(HRP : Son nouveau Monde)
Après des dizaines de minutes qui purent paraître aussi longues que des heures, le carrosse s’immobilisa enfin devant le Château de Frauenberg, demeure de pierres, qui allait être sa nouvelle demeure. De l’extérieur, il ne semblait pas trop mal et prometteur, même s’il n’était pas à la hauteur de ce qu’il aurait pu espérer et de ce qui se faisait de mieux en Italie et dans sa Sicile natale. Mais bon, il n’en était pas à sa première déception, après tout, c’était à peu près pareil avec les tenues vestimentaires. Il n’avait pas encore trouvé mieux que celles que son tailleur lui faisait sur mesure, car il fallait bien le dire, les autres tailleurs ne savaient pas mettre en valeur tous les avantages de son physique italien. Mais là n’était pas le sujet. Il descendit du carrosse sans daigner poser un regard sur le cocher qui soupirait de soulagement d’être arrivé à temps. Claquant des doigts, il se fit obéir d’un garde à proximité qui indiqua à ses quelques confrères de se mettre en formation. C’était le grand moment. [Lancez la musique] Les cinq hommes se mirent en marche, légèrement précédés d’un sixième, en direction de la lourde porte massive du château. Quelques instants plus tard, dans le hall ainsi que dans toutes les parties adjacentes, on put entendre le bruit court, grave et impérieux de la porte qui s’ouvrait sur une nouvelle ère.

« -Par la volonté du Conseil du Duché de Lorraine et du Duc de Lorraine, Charles IV, le Comté de Forbach est dorénavant placé sous la responsabilité du Comte de Nicosia, Lorenzo Maestriani. » fit l’homme de tête.

Le Comte, lui, marchait la tête haute, admirant les détails architecturaux de ce magnifique hall. Finalement, si l’extérieur jurait un peu, l’intérieur était sublime. Mais au-delà des détails artistiques, c’était bel et bien les expressions des visages des nobles présents qui étaient les plus jouissifs. Complètement pris au dépourvu, ses imbéciles ne comprenaient pas encore qu’il venait de s’annoncer comme Dieu et Maître de cet endroit et de leurs moindres faits et gestes. A vrai dire, ils ne l’intéressaient même pas un peu, ou peut-être l’une ou l’autre de leurs femmes, pour se détendre d’un long et fatiguant voyage, mais il était extrêmement satisfaisant de voir leur mine déconfite de surprise. Et pourtant, Dieu savait qu’en cet instant, ils n’avaient tous goûté qu’aux amuse-gueules. Le nouveau maître des lieux leur réservait une surprise bien plus excitante et intéressante. Mais…Patience.

[HRP : Pour ceux qui le veulent, et qui désirent être là lorsque Lorenzo arrive, vous pouvez poster vos impressions en un seul et unique post à la suite de celui-ci]
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MessageSujet: Re: Ouverture de l'ère impériale en Sol majeur   Mar 15 Déc 2009 - 19:53

C’était une de ces après-midi mélancoliques de novembre. Lorsque le froid commençait à s’insinuer mais que la douceur ne givrait pas encore le ciel qui pleurait toute son humidité en une bruine incessante et dense qui voilait le paysage de toutes parts à l’instar du brouillard. Une de ces après-midi dignes des novembres des années passées. Mais pas digne de novembre 1628 ! Alicia n’en était pas vraiment triste. Le temps, elle pouvait à loisir le changer avec un peu de concentration et de talent. Elle avait appris que, sans urgence, il était généralement préférable de suivre le chemin proposé par la nature. Simplement, elle avait pris l’habitude d’un temps un peu plus dégagé ces derniers temps. Aussi impensable que cela puisse paraître, depuis l’arrivée de l’Oracle les nuages avaient déserté un ciel clément. Quelques brèves averses de soirée tombaient pour la bonne marche des cultures, mais les habitants avaient pris la délicieuse habitude de goûter au soleil toute la journée. Aussi observait-elle par sa fenêtre la parodie de déluge qui se jouait au dehors en espérant que le soleil reviendrait.

Une grosse ombre passa en bas à toutes pompes. Malgré la déformation de l’image exercée par les rondes gouttes ruisselant sur la vitre, Alicia pouvait reconnaître aisément un carrosse tiré par quatre chevaux. Il lui rappelait le carrosse de son défunt mari, lui-même tiré par quatre étalons, des étalons blancs. Elle repensa soudain à ces après-midi de novembres qu’elle passait à épier le retour du Comte. Lorsque c’était sa sœur aînée qui l’avait en sa couche. Bien après qu’Alicia ait brisé l’envoûtement clandestin qui l’avait liée à lui le temps d’une nuit. Elle avait l’impression d’être restée là, à sa fenêtre, dans sa chambre, des dizaines de novembres à attendre le retour de campagne du Comte de Forbach, cet amant amnésique d’une romance artificielle qui lui serait fatal quelques années plus tard. Alicia l’avait tué en un sens. Elle le savait bien, mais elle ne se l’avouerait jamais. La boîte carrée garée devant le Château de Frauenberg laissa sortir de bien étranges clowns. Oui, Alicia se rappela soudainement… La lettre du Conseil à Adrien, le gérant temporaire devant arriver quelques semaines après juin.

La Comtesse souleva brusquement les pans de sa robe et s’empressa de rejoindre le Hall d’Entrée. Elle s’arrêta une fois sur le palier liant les escaliers menant aux deux ailes du château à l’escalier central face à la porte d’entrée. Quelques nobles s’étaient rassemblés pour observer l’intrus. Les portes s’ouvrirent. Juste en bas, à quelques mètres, au centre du Hall, un homme annonça le changement de dirigeant. Alicia n’en fut pas bouleversée. Elle était la seconde personne mise au courant de la décision du Conseil. Elle avait écrit au duc pour demander des excuses à cet affront qui lui était fait. Normalement ça aurait dû être elle dans le grand bureau jusqu’à majorité de son fils, ce dernier étant l’héritier légitime du Comte. Le duc ne lui répondit jamais. La famille de Sarrebourg était réduite à elle-seule et ses fils à présent, autant dire pas une bien grande menace politique pour le Duc de Lorraine. C’était là qu’il se trompait ! Elle leur ferait payer à tous cette insulte ! La prendre pour une folle, non mais pour qui se prenaient-ils ? Les médecins de l’âme peut-être ! Elle qui était passée par tant d’épreuves. Femme en colère, excédée à la limite, mais « folle »… Ils regretteraient tous, à commencer par l’immonde fils de chien qui allait entrer à la suite de l’annonce officielle qui venait de sidérer la foule ahurie.

L’homme entra. L’homme était grand. L’homme était beau. Et s’il était là, l’homme était sûrement fort. La Meneuse s’attendait à un pauvre papi bedonnant à la moustache hirsute. Elle voyait s’avancer un véritable seigneur sicilien. Elle ne put réprimer un léger étirement de ses lèvres, un subtile sourire au coin de sa bouche si parfaite, non pas qu’elle fut à quelques secondes de baver languissamment, mais elle était un peu amusée de cette situation. L’homme qui venait de remettre à plus d’une décennie le pouvoir d’Alicia sur ce comté était l’un des êtres les plus séduisants qu’elle ait jamais été menée à rencontrer. Elle le haïssait. Elle le haïssait par principe. Elle le haïssait d’être un tel frein à ses desseins. Elle le haïssait d’être l’outil cruel de ses détracteurs. Mais par-dessus tout, à présent, elle le haïssait d’être une ordure aussi belle. Elle ne pouvait en souffrir d’avantage. Elle se ressaisit et sans s’être adressé au « Comte de Nicosia », elle retourna à ses appartements non sans bousculer quelques spectateurs suffoqués. Cet homme présentement si puissant et impérieux représentait ce qu’Alicia aurait dû être. Dieu, qu’elle le détestait…

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MessageSujet: Re: Ouverture de l'ère impériale en Sol majeur   Dim 20 Déc 2009 - 21:13

A sa fenêtre, l'ombre de Kerwan contemplait la pluie tomber. Depuis le départ de ses frère exorcistes, il n'avait fait que tourner en rond. Rester ici n'était peut-être pas une si bonne idée, s'il ne pouvait pas en apprendre plus sur Forbach. Mais il ne savait pas où aller, plus maintenant. Son esprit confus s'était épris pour une ville noire et pleine de mystère. A présent, plus rien n'avait de sens. Plus rien. Il ne savait plus qui il était, ne savait plus vers quoi il devait se diriger. Rester ici, c'est quelque chose qu'il n'aurait jamais fait avant. Kerwan se serait contenté d'avancer, de quitter cet apparat d'exorciste qui ne lui allait pas. Qui ne lui avait jamais allé. Il paraissait trop petit pour lui. L'homme n'avait rien à voir avec la personne qu'il semblait être aux yeux de tous.
Et plus le temps passait, plus il se perdait.

En bas, les gens s'activaient malgré la pluie. La ville grouillait moins que d'habitude, mais quelques silhouettes passaient en courant. Les enfants cherchaient à s'enfuir pour aller crapahuter dans la boue. Les chevaux passaient, sûrement moins pressés de rentrer que leur cavalier. Et puis, quelque chose se détacha de ce décor que l'homme connaissait par cœur. Quelque chose d'inattendu. Un carrosse s'arrêta au pied du château. Des hommes sortirent, et vu comment ils se comportaient avec l'un d'eux, nul doute que ça n'était pas n'importe qui.

Soudainement intéressé par quelque chose, Kerwan passa sa main sur son visage, et sa barbe de quelques jours. Il s'étira un peu, vérifia l'état de sa chemise blanche d'un bref coup d'œil, et sortit de sa chambre. Les couloirs étaient déserts, tout le monde s'était pressé dans les hall, comme si l'avenir dépendait des hommes fraîchement arrivés. Cela attisait de plus en plus la curiosité de l'exorciste.

Le hall grouillait de monde, et l'homme ne descendit pas plus que quelques marches. Après tout, ce qui se jouait à Forbach n'était pas vraiment de son monde. Il n'était que spectateur dans tout ce qui se tramait. Mais il fut aussi surpris que les autres quand l'annonce fut faite. Voilà que Forbach changeait de mains. C'était un comte sicilien qui en prenait les rennes. Kerwan haussa un sourcil. Il n'aurait même pas dû être étonné, Adrien lui avait bien annoncé qu'un autre viendrait prendre le pouvoir, après tout...

Un petit mouvement dans la foule attira son attention. Il vit de loin la comtesse, qu'il n'avait pas revu depuis quelques mois, maintenant. Elle avait l'air vexée, et Kerwan se dit qu'il devrait sûrement profiter de l'occasion. Elle sortit de la foule, remonta les escaliers, et prit sûrement la direction de sa chambre. L'exorciste regarda une nouvelle fois le nouveau maître des lieux avec un petit sourire sur le visage avant de s'éclipser à son tour.

Combien de sombres idiots passeraient-ils dans cette ville en pensant la dompter ?
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