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 Une fin d'après-midi pluvieuse...

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Vieille peau fripée à pustules
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MessageSujet: Une fin d'après-midi pluvieuse...   Dim 11 Avr 2010 - 15:45

À peine sortie de la calèche qui l’avait ramenée de chez Europe, son employer était venue accueillir Viviane en lui disant qu’elle avait reçu quelques messages, notamment que son père était parti faire un tour dans la ville pour se changer les idées. Mais ce fut un autre message vraiment particulier qui retint son attention. En effet, l’Oracle lui faisait savoir qu’elle désirait la rencontrer. Viviane ne put qu’approuver cette demande, elle-même étant résolue depuis quelques jours à la rencontrer également. Elle était impatiente et avait fait répondre qu’elle serait ravie de l’accueillir chez elle le soir même. Dire que Viviane était impatiente était un euphémisme. Elle ne tenait littéralement plus en place, et se demandait ce qu’il allait bien pouvoir sortir de cette entrevue. L’après-midi avait été chargé en émotions lorsqu’elle avait pris le thé avec Europe. La jeune femme était ravie d’avoir enfin de quoi poursuivre les recherches sur Cassandra, et elle se demandait quelles étaient les raisons pour lesquelles l’Oracle désirait la rencontrer. Peut-être elle aussi aurait-elle de bonnes nouvelles.

Pour passer le temps en attendant l’arrivée de l’Oracle, elle avait décidé de faire la comptabilité de son commerce. Les temps étaient durs, mais ce n’était pas la catastrophe qu’elle avait craint de prime abord. En effet, la commande qu’elle attendait depuis si longtemps allait arriver d’un jour à l’autre maintenant, et de nouvelles demandes de la part de certains nobles avaient émergé. Chaque jour, elle avait l’impression que la réputation de son commerce augmentait. Le travail d’Europe portait ses fruits, mais la qualité du sien aussi. Elle assurait une qualité minimale pour ses tissus, n’acceptant de faire des négociations qu’avec les marchands réputés pour leur qualité. De même, elle assurait un suivi de ses livraisons, en s’assurant que cela correspondait bien à la demande. Tout cela faisait qu’aujourd’hui, si certains dépensaient moins que d’ordinaire, elle avait plus de clients, et les bénéfices de l’un compensaient les pertes de l’autre.

Assise à sa table de travail, Viviane n’était que peu absorbée par sa tâche, se tournant au moindre bruit provenant de la rue, espérant que sa visiteuse serait bientôt là. Au vu du mauvais temps, elle avait fait allumer un feu dans le séjour. Sans être immense, la maison de Viviane et son père comportait tout de même plus de pièces qu’une simple maison de paysan. Elle comportait trois chambres, une pièce de séjour, une cuisine, une pièce d’eau et une petite salle qui lui servait de bureau. Le tout se répartissait sur deux étages, les chambres en haut, et les autres pièces en bas. Il y avait également un petit jardin, mais Viviane n’y allait jamais. C’était là, qu’elle et Cassandra, enfants, passaient le plus clair de leur temps. Elles y inventaient toutes sortes de jeux dont elles étaient les reines. Depuis la disparition de sa sœur, Viviane n’avait jamais eut le cœur d’y retourner. Pourtant, aujourd’hui, pour la première fois, elle eut envie de revoir ce terrain de jeu. Les nouvelles apportées par Europe y étaient sans doute pour quelque chose. De toute façon, puisqu’elle n’arrivait pas à se concentrer sur son travail, autant qu’elle y aille.

Viviane se leva, et sentit une certaine appréhension la gagner. Elle se doutait bien qu’elle n’y verrait pas le fantôme de se sœur, mais la balançoire devait toujours s’y trouver. Cette balançoire était un véritable tremplin vers leur monde de petite fille. Une nostalgie gagna leur cœur de Viviane, et elle pressa un peu le pas, dans sa hâte de revoir cet endroit qu’elle avait évité pendant si longtemps. La jeune sorcière respira un grand coup avant de poser sa main sur la poignée et d’ouvrir la porte. Le jardin était entretenu par son père, aussi ne vit-elle pas la jungle à laquelle elle s’était attendue pendant un instant. Il y avait quelques massifs de fleurs sur les bords, et surtout, cet immense arbre, un saule si ses souvenirs étaient exacts, auquel était accroché la balançoire. Elle ne peut résister à l’envie de s’y asseoir, non sans avoir d’abord vérifié qu’elle pourrait soutenir son poids. Son père avait dû remplacer le bois, parce qu’il n’était absolument pas pourri, tout comme les cordes. Elle se risqua donc à s’y poser un instant. Pour la première fois depuis des années, Viviane se sentit parfaitement bien. La jeune femme était convaincue que Cassandra était en vie, et se portait bien. Et de là où elle était, leur mère veillait probablement sur elles. Perdue dans ses pensées, et malgré la pluie, Viviane se laissa balancer sur la planche de bois, prisonnière d’une béatitude qu’elle n’avait plus connue depuis longtemps.

Soudain, son employer surgit devant elle. Sa visite était arrivée, elle l’attendait dans le séjour. Viviane se leva immédiatement, remit de l’ordre dans sa chevelure indisciplinée et tenta de lisser sa robe humide à présent. Elle se dépêcha de se rendre dans le salon, et découvrit pour la première fois le visage dont tout le monde parlait depuis quelques semaines. La petite fille avait un regard étrangement grave, qui convenait peu à son âge. Viviane fut impressionnée par l’aura d’apaisement qu’elle dégageait, et pour la première fois, elle comprit pourquoi tout le monde lui accordait tant de crédit. Cependant, elle ne pouvait s’empêcher de se méfier, ayant vécu trop d’événements traumatisants que pour ne plus douter de quoi que ce soit. Puis, elle se rendit compte qu’elle était bien impolie de l’observer ainsi, sans se présenter.

- Je suis Viviane Valdemar. Si j’en crois le message qui m’a été transmis, vous désiriez me rencontrez ? Oh, mais pardon, je manque à tous mes devoirs. Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour votre confort ? Vous désirez une collation ? Du thé peut-être ?

Lui indiquant un siège, elle s’assit à son tour, en face de l’Oracle, près du feu.
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MessageSujet: Re: Une fin d'après-midi pluvieuse...   Ven 30 Avr 2010 - 15:26

L'invitation était lancée, la réponse fut favorable. Il aurait été étonnant que Viviane Valdemar ne veuille rencontrer L'Oracle. Le rendez-vous fut donc prit en soirée, chez le jeune femme, seule.

Le cortège arriva, l'Oracle sur sa monture, prestement entourée de cinq gardes. De l'extérieur, la maison semblait assez banale, mais qu'importe si elle suffisait à faire le bonheur de ceux qui l'habitaient et puis elle semblait bien entretenue.
Seul deux de ses gardes l'accompagnèrent lorsqu'elle rentra dans la maisonnée suivant le domestique qui l'introduisit dans le salon. Il s'excusa ensuite afin d'aller chercher la maîtresse de maison, L'Oracle accompagna le sourire qu'elle lui fit d'un signe de tête pour le remercier de son accueil et lui signifier que les remerciements qu'ils n'avaient pas cesser d'émettre pendant le court trajet de la porte au salon était inutile : elle avait fait son devoir !

Elle fit rapidement le tour de la pièce, regardant tous ces objets qui pouvaient en dire tellement long sur une personne. Mais il fallait toujours se méfier, ce n'était jamais que des objets auxquels s'attachaient les gens pour une raison précise, peut-être leur rappelait-il des souvenirs ou simplement le trouvait-il à leur place dans leur logis.
Le domestique lui avait pris la cape qui l'avait protéger de la pluie durant son trajet pour venir jusqu'ici. Mais les gardes restés à l'extérieur qui avaient du se poster autour de la maison eux étaient toujours sous la pluie ruisselante... tout comme son hôte visiblement qui était mouillée lorsqu'elle pénétra dans la pièce.

Elle laissa Viviane l'observer sans rien dire, qu'elle se fasse une idée, qu'elle se pose des questions, l'Oracle y répondrait.
Tout en s'installant, la maîtresse de maison se présenta enfin, bien qu'elle sache l'identité de celle qu'elle avait en face d'elle, L'Oracle sut qu'elle pouvait enfin entamer la discussion.

" Nous sommes ravies de faire enfin votre connaissance Dame Valdemar."
Si la collation avait été présente, peut-être l'Oracle en aurait-elle pris, il fallait veiller à maintenir ce corps en parfaite santé. Mais dans ces conditions elle ne pouvait accepter, elle ne souhaitit pas qu'on pense qu'elle puisse abuser de l'hospitalité des gens.
"C'est très aimable à vous, nous ne voulons rien qu'avoir une conversion avec vous."

L'Oracle attendait, elle attendait de croiser enfin le regard de son interlocutrice, pour pouvoir lire son passé et savoir enfin ce qui tourmentait la jeune femme. Son regard enfantin était entièrement tourné vers son hôte, pourtant les yeux de la sorcière restaient vraisemblablement fuyants.

"Nous supposons que vous avez connaissances de notre mission et nous tenons à répondre à toutes vos interrogations, de quelque nature qu'elles soient."
Elle avait joué de sous-entendus, mais la sorcière d'Olrun avait-elle relevé la chose ? Après tout, elle ne prenait pas grand risque, tout le monde avait des questions sans réponses dans la tête... non ?
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Vieille peau fripée à pustules
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MessageSujet: Re: Une fin d'après-midi pluvieuse...   Lun 3 Mai 2010 - 11:03

La voix enfantine de l'Oracle était surprenante. Viviane se sentait un peu mal à l'aise et comme elle en avait parlé un peu plus tôt, elle attendait que l'Oracle fasse ses preuves avant de lui accorder totalement confiance. La petite fille venait de refuser toute collation et avait poursuivi en lui demandant de poser ses questions. Et des questions, Viviane n'en manquait pas... Par où commencer sans paraître trop empressée ou trop ignorante ?

- Vous voulez connaître mes interrogations ? Je vais peut-être vous paraître impolie mais je voudrais une raison de vous faire confiance. Vous devez comprendre, et je suis sûre que vous le savez, que j'ai vécu des événements par le passé qui m'ont rendue méfiante. J'ai été trahie de plusieurs manières, et je n'offre plus ma confiance facilement depuis. Je suis peut-être la seule à vous demander ça, et je m'en excuse à l'avance si vos intentions sont pures, mais je n'ai pas encore confiance.


Viviane savait qu'elle prenait de gros risques en parlant de la sorte, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Tant d'événements traumatisants avaient jalonnés sa vie qu'elle ne voulait plus accorder sa confiance trop facilement. Qui sait ce que ferait l'Oracle si elle apprenait que Viviane partirait dès le lendemain dans un monastère pour retrouver Cassandra ? Elle n'avait pas envie de prendre le risque d'être arrêtée si proche du but.

La jeune femme se remémora la conversation qui était survenue un peu plus tôt dans l'après-midi avec Europe. La Grande Prêtresse avait fait montre d'un grand optimisme à l'idée que l'Oracle allait être capable de stopper les poursuites des inquisiteurs pour les sorcières. Mais Viviane n'était pas dupe. Si elle avait peut-être les moyens d'exorciser les gens, d'aider à l'apaisement, elle n'avait certainement pas les moyens de rendre les Inquisiteurs moins religieux. Or, ceux-ci étaient convaincus que les sorcières étaient au service du diable. Rien que d'y penser, Viviane ressentit un frisson. Elle songea à Gabriel Touchedieu. S'il existait dans cette ville quelqu'un qui était foncièrement méchant et qui méritait d'être associé au diable, si tant est qu'il en existe un, c'était bien lui, et lui seul. Rude, brute, pervers, il réunissait toutes les « qualités » dont les Inquisiteurs taxaient leur diable.

Comment pouvaient-ils poursuivre les sorcières alors que dans leur propre jardin, il avaient des histoires bien plus sordides que celles dont il accusaient les sorcières. Certains semblaient songer qu'il serait judicieux de dénoncer le Lys Noir aux Inquisiteurs et faire de là, d'une pierre deux coups, mais Viviane n'y croyait pas. Tout d'abord, le Lys Noir leur rendrait la pareille, et puis surtout, cela ne suffirait pas à calmer les Inquisiteurs qui prenaient un malin plaisir à accuser des innocents des pires maux de la terre.

Tant d'injustice révoltait intérieurement la jeune femme. Alors elle espéra de tout son coeur que l'Oracle était bien ce qu'elle prétendait être, qu'elle était là pour sauver Forbach, et qu'il restait encore de l'espoir. En quittant Europe tout à l'heure, elle s'était sentie pleine d'optimisme, mais maintenant qu'elle avait cette petite fille devant elle, Viviane ne savait plus quoi penser. Elle avait à la fois envie de lui accorder une confiance aveugle, mais elle avait aussi vécu tant de malheurs qu'elle ne souhaitait guère renouveler l'expérience.

Elle attendait de l'Oracle qu'elle lui montre d'une manière ou d'une autre qu'ils avaient raison de lui faire confiance, qu'elle était digne de leur attention et n'était pas un nouveau piège au service d'un quelconque groupuscule qui cherchait le pouvoir. La jeune femme se demandait pourquoi tant de monde s'acharnait à ruiner la vie des habitants de Forbach. Ses expériences lui avaient montrées que peu étaient ceux qui faisaient de cadeau gratuitement, d'où les nombreuses questions qu'elle se posait à propos de l'Oracle. Elle ne s'imaginait pas qu'on puisse agir ainsi avec une totale abnégation, mais tellement de monde lui faisait confiance qu'elle en venait à se demander si ce n'était pas elle qui voyait le mal partout.

Mais l'Oracle prit la parole pour répondre, et Viviane stoppa le cours de ses pensées pour écouter avec attention ce qui allait suivre.
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MessageSujet: Re: Une fin d'après-midi pluvieuse...   Mar 4 Mai 2010 - 1:21

L'Oracle fixait toujours Viviane de son regard enfantin, lorsqu'elle prenait la parole, ses dires étaient quelque peu étonnant, une telle maturité dans la bouche d'une enfant, c'était toujours surprenant.

Dehors, la pluie continuait de frapper doucement les carreaux, elle signifia à ses gardes de sortir de la pièce. Pour la suite la conversation, le climat serait un peu plus à la confiance sans ces deux hommes armées dans la pièce. Elle ne courait vraisemblablement aucun danger avec Viviane, L'Oracle doutait que ce fut le genre de femme enclin à la violence.

Elle laissa la Dame se perdre dans ses pensées, où pouvait bien se perdre l'esprit de la sorcière ? L'Oracle l'ignorait, ce n'était pas dans ses facultés que de s'aventurer sur ce terrain, mais elle était expressive et on n'avait nulle doute que ce n'était point d'agréables pensées.


"Nous comprenons et ne sommes nullement offensés."
Son ton était doux et posé. "Nous avons aidé la population, nous avons apporter la lumière et chassé les fantômes. Et bientôt nous espérons que lorsque nous désignerons le nouveaux Gardien, nous ramènerons un peu de calme ici. Quant à nous, nous rentrerons chez nous, nous n'attendons rien de vous, nous n'avons pas d'intérêts dans ce monde. Que pourrions nous dire ou faire pour vous convaincre ? Rien, c'est maintenant à vous de décidez, s'il vous faut d'autres précisions, je suis ici pour vous répondre."

Elle avait évité le ton condescendent des personnes qui se justifient, ce n'était pas le cas, elle avait juste exposé des faits. Elle observait, tout et n'importe quoi, ici la moindre chose avait une importance, c'était fascinant comme un indicible geste pouvait changer l'atmosphère entière d'une pièce.

"Que pourrions nous vouloir d'après vous ?"

Si Viviane ne lui faisait pas confiance, il devait bien y avoir une raison.


"Nous savons que nous avons beaucoup agit pour les autres et que nous n'avons pas fait grand chose pour vous."
Et elle se tut, laissant ses dernières paroles faire leur chemin dans l'esprit de la sorcière. Elle attendit la réponse de son hôte patiemment en lisant le tissus blanc de sa robe.
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Vieille peau fripée à pustules
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MessageSujet: Re: Une fin d'après-midi pluvieuse...   Mar 4 Mai 2010 - 16:35

La douce voix de la petite fille eut le don d’apaiser Viviane, sans qu’elle comprenne réellement pourquoi. Ses craintes lui paraissaient indélicates vis-à-vis de celle qui avait tout fait pour les aider, jusque là. Elle était celle qui avait libéré Forbach de ses possessions et beaucoup de gens avaient été libérés de leurs démons grâce à elle, Europe la première. Viviane comprit qu’il était temps qu’elle mette de côté ses craintes et qu’elle accorde sa confiance à l’Oracle, ce que tout le monde semblait avoir fait depuis longtemps.

- Il ne tient qu’à moi d’accorder ma confiance. Et tout porte à croire que vous la méritez, alors je vous parlerai, en tout sincérité. Vous m’avez demandé ce que vous pourriez vouloir selon moi. Je n’en sais rien, et c’est bien là le problème. Toutes les actions d’Alicia ont une « bonne raison » pour être faites selon elle, mon mari m’a quittée pour une « bonne raison », ma sœur a été frappée d’amnésie pour une « bonne raison ». C’est toujours pareil, il y a toujours une cause et des conséquences terribles, que chacun prétend pouvoir justifier. Le fait que je ne connaisse pas vos motivations me rend méfiante parce que j’ai du mal à imaginer un être humain faire preuve d’autant d’altruisme gratuitement. Cependant, je dois reconnaître que vous ne semblez pas être comme tout le monde, sans doute pas totalement humaine, même si dans le corps d’une petite fille.

Sans savoir si elle avait raison ou non, Viviane avait donc choisi de faire confiance à son interlocutrice. L’Oracle attendait qu’elle lui pose des questions, qu’elle se confie ? Très bien, elle le ferait, sans réserve, se laissant aller. Si tant de monde la jugeait digne de confiance, c’est qu’elle avait fait ses preuves d’une certaine manière.

- Ce que moi j’attends de vous ? Je n’en sais rien. Des explications si vous en avez… Un peu de réconfort aussi sans doute. Je me posais une question, connaissez-vous mon histoire ? Vous semblez au courant de tellement de choses…

Bientôt, elle le savait, l’émotion l’étreindrait. Mais elle ne pleurerait pas. Elle ne pleurait plus depuis longtemps. À trop souffrir, on finit par se créer une carapace d’indifférence, mais l’Oracle lirait sans doute en elle, et verrait combien elle était touchée.

- J’ai perdu ma sœur, j’ai appris cet après-midi qu’elle avait été confiée à un couvent et qu’elle est sans doute en vie, après tant d’années de doutes, d’incertitudes, d’ignorance… J’en sais enfin un peu plus sur sa disparition. Demain, j’irai voir dans le couvent où elle a été placée si elle y est toujours, et je continuerai mon enquête. Je me sens pourtant bien plus confuse que je ne l’ai jamais été. J’ai promis à Europe que je n’entrerais pas en contact avec elle, que je me contenterais de voir si elle allait bien. Mais je ne sais pas si j’y parviendrai, ça me paraît tellement difficile. J’attends depuis tellement longtemps de pouvoir la revoir, je ne sais pas comment je réagirai dans le cas où je le retrouve. Mais je ne peux en aucun cas trahir la parole que j’ai faite à Europe. Je ne sais plus très bien où j’en suis…

Elle s’était livrée, sans concession, à l’Oracle. Maintenant, il ne lui restait plus qu’à voir si elle avait eu raison de le faire. Si elle avait décidé d’avoir confiance, la petite voix qu’elle avait en elle continuait de lui qu’elle n’avait pas réellement de raison de se confier ainsi à l’Oracle.
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MessageSujet: Re: Une fin d'après-midi pluvieuse...   Mer 5 Mai 2010 - 16:31

Malgré les dires de Viviane, L'Oracle sentait bien qu'il persistait un doute vis à vis de ses intentions. La méfiance était une chose fort rependue chez les hommes, surtout face aux choses qu’ils ne pouvaient entièrement comprendre et maîtriser.

Mais, elle n'interrompit pas la sorcière, laissant les paroles venir. Lorsque son hôte eut fini, elle se leva et alla vers elle. Se mettant face à Viviane, L'Oracle prit une des mains de la jeune femme dans les siennes.
Puis elle prit à son tour la parole, non sans avoir adresser un sourire à la dame.

"Bien que nous ayons du emprunter ce corps pour mieux communiquer avec vous, nous ne sommes nullement humain, aussi, peut-être est-il normale que les raisons de notre bienveillance vous échappe."
Il n’y avait ni colère, ni offense dans sa voix, c'était juste des explications données de manière objective. Ce ton et cette maturité dans les explications faisaient un contraste important avec le corps de la petite fille qu'avait prit L'Oracle. Ce fait était voulu, c'était volontiers qu'elle l'employait pour justement se différencier de la petite Alexandrine et bien signifier aux personnes qu’ils n’avaient nullement à faire à une enfant.
Puisque Viviane s’était confiée, à son tour, elle allait lui confier ses pensées même si elle ne pouvait dévoilé grand-chose à son sujet.

"Nos dessins ont été décidés par les Instances Supérieurs qui nous ont envoyées. Une fois notre tâche accomplit, nous repartirons et rendrons Alexandrine à sa famille. Aussi, nous vous disons cela pour que vous ne voyez plus en nous un être humain en qui vous pouvez douter, nous sommes autre chose, d’inconnu pour vous. Il ne nous appartient cependant pas de vous en dire plus sur notre nature."

Viviane avait-elle fait taire la méfiance qui persistait à l’égard son invité ? Elle ne pouvait le savoir, ne lisant pas dans les pensées. De son coté, aussi il faudrait qu’elle accorde sa confiance en croyant les dires de la jeune femme. L’Oracle continua.
"Nous ne connaissons de vous ni vos pensées, ni votre futur et maintenant que nous vous avons écouté, nous connaissons une partie de votre passé. Votre confusion est compréhensible et si nous pouvons vous apportez notre soutien et notre écoute, nous ne pouvons guère faire plus. Il ne nous appartient pas d’influencer votre choix et tout commentaire de notre part sur votre situation pourrait être interprété par vous. Aussi nous serions responsable dans une certaine mesure de votre choix. Hors, nous ne devons interférer en aucunes manières, aussi difficile que soit ce choix, il ne peut venir que de vous."

En prononçant ces paroles, L’Oracle ne souhaitait pas spécialement poser une limite, mais elle ne pouvait en aucuns cas, donner d’information. Ses petites d’enfant tenaient toujours celle de la dame. Ce contact empêcherait que Viviane pense qu’elle ne souhaitait pas l’aider.

"Nous en voulez-vous pour cela ?"
La question avait au moins l’intérêt d’éclaircir les sentiments de son hôte vis-à-vis de sa réponse. L’Oracle n’avait fait que dire des choses que Viviane savait, ou dont elle se doutait tout du moins, enfin, c’était ce qu’elle espérait. Si elle perdait la confiance que la dame avait accepté de lui accorder, elle aurait du mal à la retrouver. Cela lui prendrait sans doute du temps et les mouvements au dehors lui signifiaient que bientôt elle devrait partir.
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MessageSujet: Re: Une fin d'après-midi pluvieuse...   Jeu 6 Mai 2010 - 23:19

Les petites mains qui avaient serré la sienne avaient achevé d'apaiser ses doutes. Après doute, qu'avait-elle à perdre ? Plus rien... Et son coeur lui soufflait de faire confiance à l'Oracle, alors elle ne lutta plus contre le bien être qui l'envahissait peu à peu. La réponse de Viviane à la question de l'Oracle fusa, directe, sincère.

- Non, non, certainement pas. Comment pourrais-je vous en vouloir ? Je n'attendais pas de vous le miracle d'une solution à tous mes problèmes, ils sont bien trop complexes, et bien trop nombreux. Vous semblez réellement sincère, et je n'ai aucune raison de ne pas vous faire confiance. Aussi, quoi que vous me demandiez par la suite, je vous l'accorderai dans la mesure de mes moyens.

Viviane songea que si elle faisait confiance à l'Oracle, elle avait encore des questions à son sujet qui lui tournaient dans la tête. Et comme l'Oracle semblait être à sa « disposition » pour au moins quelques minutes encore, elle prit le parti d'être sincère et de poser ses questions en toute simplicité.

- Je vous admire. J'admire ce que vous faites, ce que vous êtes. Je voudrais pourtant savoir : qui avez-vous rencontré dans la ville ? Vous allez voir chacun des habitants ? Et quels sont les buts de ces visites ? Vous êtes là uniquement pour répondre à nos interrogations au sujet de vous et votre mission ?


Les questions de Viviane étaient franches, sincères, tout comme le serait probablement les réponses de l'Oracle dans la bouche d'Alexandrine. La jeune sorcière était tout de même légèrement perturbée par tant de sérieux dans un corps d'enfant. La voix était douce mais pourvue d'intonations graves, pourvue d'une maturité qu'un enfant de cet âge ne pouvait avoir. Un pensée saugrenue traversa l'esprit de Viviane, et elle ne put réprimer son envie de la partager.

- Vous allez me trouver vraiment indiscrète, mais je me posais une question. Où se trouve l'esprit d'Alexandrine en ce moment ? Et de quoi se souviendra-t-elle à votre départ ? Voilà en tout cas une bien étrange expérience pour un enfant de cette âge.

Viviane avait choisi délibérément de ne plus axer la conversation sur Cassandra et ses problèmes du passé, elle en avait assez parlé pour aujourd'hui. Elle voulait se tourner vers des choses plus insouciantes, si tant est que l'Oracle fut une chose insouciante. Les pensées de Viviane vagabondaient sans réelle cohérence, mais elle ne s'en souciait guère. Pour une raison qu'elle ne saisissait pas totalement, elle se sentait d'excellente humeur, comme si pour quelques instants, tous ses soucis s'étaient envolés. L'avenir semblait rayonnant, tant pour elle que pour la tribu d'Olrun. Et malgré la pluie qui battait toujours aux fenêtres, interminable, comme les pluies de cette saison pouvaient l'être.

Lorsque l'Oracle se remit à parler, Viviane posa toute son attention sur la petite fille. Elle avait l'impression que tout ce qu'elle disait était fondamentalement important, même les choses qui paraissaient anodines. Après tout, les non-dits étaient toujours importants, non ?
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MessageSujet: Re: Une fin d'après-midi pluvieuse...   Mer 12 Mai 2010 - 0:04

L'Oracle sourit, le sourire d'une enfant. Elle était contente et satisfaite d'avoir enfin la confiance de Viviane Vadelmar. Pourtant, elle ne devait pas s'arrêter là, il lui restait encore quelques personnes à voir et a convaincre qu'elle était digne de confiance - ou tout du moins essayer.
Pour certains, cela était plus facile que pour d'autre, qu'a cela ne tienne, cela faisait partie de sa mission.

En attendant, elle devait répondre à Viviane, mais le temps était à présent compter et son départ était malheureusement imminent.

"Cela nous ira très bien, vos moyens sont grands n'en doutez pas."

Dehors, la pluie venait de cesser sont harcèlement monotone sur les vitre de la maisonnée. On entendait maintenant clairement les bruit de botes des soldats sur les pavés humides, ses soldats.

"Nous avons rencontré personnellement beaucoup de gens, plus que vous ne le pensez probablement. Mais nous n'avons pas encore vu tous ceux que nous souhaitions rencontrer. Nous souhaitons parlé à tous ceux qui accepterons de nous rencontrer, tous. Et nous laissons en paix ceux qui refusent, nous respectons leur choix, nous respectons tous les choix."

Elle laissa doucement ses mains glissées le long de celle de la sorcière, jusqu'à rompre le contact. Puis s'avança vers la fenêtre, tournant le dos à Viviane, impolitesse ? Loin de là ! Les gens se posaient beaucoup de question, il était vrai que son hôte était une fillette et tous voulaient savoir si cet enfant allait bien. Loin d'elle l'idée d'être ennuyée par la question ou d'être lassée d'y avoir mainte fois répondu. Elle l'avait appris, les hommes cherchaient toujours à comprendre, ils avaient sans doute l'impression de pouvoir contrôler les choses lorsqu'ils les connaissaient. Si c'était effectivement le cas ou non n'était pas du ressort de l'Oracle et elle se contenterait de répondre objectivement, comme à son habitude.

"Ne vous inquiétez pas, nous veillons sur elle"

L'un des deux garde poster à l'extérieur de la pièce entra, non sans avoir préalablement frapper. Il s'approcha de l'Oracle sans dire un mot, elle acquiesça de la tête, elle savait ce qu'elle avait à faire. Elle se rapprocha alors de la sorcière d'Olrun, le garde sur ses talons.

"Le temps est venu pour nous d'honorer un autre rendez-vous. Nous ne pouvons malheureusement pas nous attarder en ce lieu. Mais si jamais vous désirez de nouveaux parlé à quelqu'un d'impartial, nous pourrons revenir, juste pour vous écoutez, bien entendu."


Elle parlait toujours avec la voix d'une petite fille, comme un promesse d'enfant un peu naïve. Pourtant l'assurance qu'affichait son regard fixé sur Viviane montrait une détermination certaine à tenir ses engagements.

"Nous nous verrons le soir de la Cérémonie où nous désignerons le nouveaux Gardien. Mais quoiqu'il arrive, n'hésitez pas à nous faire demander !"


La main de son garde s'approcha doucement de l'épaule de l'enfant, sans pour autant se poser, la frôlant tout au plus.
Le deuxième garde fit son entrée et lui mis son manteau, blanc tout comme ses vêtements et sa monture. Il était sec, le domestique avait du en prendre soin, elle se dirigea vers la porte, faisant signe à son hôte que ce n'était nullement la peine de la raccompagner.
Elle adressa un sourire en guise de remerciement à l'homme qui était venu lui ouvrir, le remerciant par ce simple geste pour son manteau. Ses pas étaient presque imperceptible, ne s'entendait que le bruissement du tissu. Lorsque les gardes se mirent en marche, suivant l'Oracle, leur bottes résonnèrent dans la demeure. Puis quelques bruits de sabots qui s'éloignèrent et le calme fondit de nouveaux sur la maison.
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MessageSujet: Re: Une fin d'après-midi pluvieuse...   

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