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 La Poursuite de l'Oracle

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L'Oracle
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MessageSujet: La Poursuite de l'Oracle   Dim 30 Mai 2010 - 14:05

Le Maître ne pouvait être libéré que par l’invocation de grandes puissances et par l’action de son seul lien sur Terre : l’Oracle ! Elle n’était ici que pour accomplir sa mission – et c’est bien là ce qu’elle avait toujours dit aux habitants. Les hautes instances venaient de subir un terrible échec et c’était par sa faute. Elle avait été trop négligente, pas suffisamment imaginative. La simple diversion des inquisiteurs n’avait pas été assez. Pourtant son plan était parfaitement mesuré ! Qu’est-ce qui avait bien pu confondre son système ? Lorenzo Maestriani !

C’était pourtant évident ! Ne pas lui envoyer de lettre n’avait pas suffi. Il s’était méfié dès le départ par une intuition extraordinaire. Il l’avait surveillée, mieux encore que ses propres gardes, toute l’année. Elle aurait voulu le faire exécuter discrètement, mais pour l’avoir elle-même surveillé quelques temps, il n’était pas du genre à se laisser facilement approcher. Puis une approche aux apparences diplomatiques n’aurait probablement plus été possible après leur première et dernière rencontre…

À présent il avait vu clair dans son jeu et avait réussi à raisonner les inquisiteurs. Ce dernier point était étonnant. Après avoir raconté à une sorcière du lys comment elle avait sauvé une jeune fille lors du carnage de la maison Frontain, elle était persuadée que la Meneuse s’en plaindrait à Lorenzo et que ce dernier se verrait forcé de freiner Gabriel. C’est à peu de choses près ce qui se passa – elle avait simplement sous-estimé la détermination des sorcières du Lys. Ainsi, elle espérait que le Gourdin soit suffisamment bouillant pour aller massacrer les autres habitants, entraînant les inquisiteurs, même sur contrordre potentiel d’un supérieur – et c’est à peu de choses près ce qui se passa.

Mais à l’évidence Lorenzo avait eu suffisamment de voix pour ramener Touchedieu à sa botte puisque le Gourdin était à sa poursuite à présent. L’Oracle sur son petit poulain blanc se retourna pour observer ses poursuivants. Elle reconnut Lorenzo en bon premier de file, Gabriel pas loin derrière avec quelques uns de ses hommes, Sigmund qu’elle n’avait pas eu le plaisir de croiser mais connaissait de nom, ainsi que quelques autres téméraires. Tous montés sur des chevaux lancés à pleine vitesse, l’Oracle devait fouetter ardemment son petit poulain pour filer à bonne allure et tous les distancer. Mais malgré la vitesse surnaturelle du canasson, les inquisiteurs approchaient de plus en plus près.

L’Oracle tourna à nouveau la tête, tous étaient à peu près au même niveau, tels des chevaliers déterminés sur une même ligne de combat. L’Oracle fronça les sourcils, animant son visage enfantin d’une expression de pensée instinctive de survie. Elle ne les aurait pas en comptant sur une course loyale. Elle observa autour d’elle. Ses deux gardes la suivaient à ses côtés.
« Occupez-vous du vieux et de ses pantins ! ALLEZ ! ». Elle était seule à présent sans autre protection qu’elle-même… Elle se retourna et vit le cortège du troisième âge se faire intercepter par les deux gardes. Ca c’était fait !

À l’inverse, les autres filaient à toute allure et la rattrapaient. L’Oracle tira brusquement à droite la bride de son poulain à la langue déjà pendante. Ils tournèrent violemment, quittant le chemin. Si elle se souvenait bien de ce qu’elle avait vu dans la mémoire des habitants… Elle le vit ! Elle voyait la surface sans arbres couverte d’une végétation rase non identifiable à de l’herbe et survolée par quelques libellules. Il aurait pu s’agir d’une petite clairière au sol presque lisse et vert. Elle fit prodigieusement sauter son poulain au dessus de la zone observée et fixa son regard sur ses poursuivants. Aucun n’était encore entré dans un arbre… Lorenzo eut bien le même réflexe que l’Oracle et bondit de justesse par-dessus la zone dégagée. Il n’en fut pas se même pour un de ses poursuivants, visiblement pas originaire de ce comté. Lorsque l’Oracle rejeta un œil en arrière ce-dernier et sa monture s’enfonçaient et luttaient dans les froides eaux du marais vaseux.

L’Oracle retrouva la route et invectiva son poulain d’aller plus vite encore. Lorenzo la suivait encore et toujours suivi de Sigmund. Il allait falloir en finir ! L’Oracle commençait à être à court d’idées, son poulain s’essoufflait et n’allait bientôt plus pouvoir courir bien vite. Ils n’étaient plus qu’à quelques mètres. L’Oracle voyait la fin approcher au galop. Elle monta pieds joints sur son poulain en se tenant fermement aux rênes d’une main. Sa robe était vigoureusement secouée par la vitesse, tout comme ses cheveux bruns en bataille. Elle regarda Lorenzo avec un air sévère et sauvage. Elle tendit son bras en direction du sol en se concentrant péniblement. Puis en un geste brusque elle referma son poing et plia son bras en se mordillant la lèvre inférieur. Une détonation forte accompagna une puissante déflagration sortie du néant qui avait dessiné une ligne de flammes sur la route. Sigmund ne dépassa pas cette ligne mais Lorenzo la franchit comme un ange.

L’Oracle n’en revint pas ! Etait-il immortel ?! Le poulain allait bientôt tomber, mort d’épuisement. Toujours debout sur le dos de l’animal, elle plia les genoux pour prendre son élan et sauta de toute sa détente par-dessus la tête du poulain qui s’écroula sous la cruelle impulsion. Avec un peu d’espoir, elle imagina Lorenzo trébucher sur sa carcasse. Elle atterrit en cascade mal contrôlée mais se ressaisit immédiatement pour continuer à courir en direction de la forêt protectrice.


[Tour de jeu = Gabriel / Sigmund / Lorenzo]
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MessageSujet: Re: La Poursuite de l'Oracle   Lun 7 Juin 2010 - 9:52

Gabriel Touchedieu avait la rage comme jamais auparavant. Peu importait qu’il se soit trompé, ce qui l’enrageait, c’était la perte de deux de ses amis. Des amis qui l’avaient suivi tout au long de trentes années d’une vie riche en action et en adrénaline. Gabriel Touchedieu ne savait pas porter le deuil, mais il en avait fortement envie à ce moment présent.

Passe-Trou avait dans la bagarre porté les mains à son cœur et s’était écroulé tout d’un coup… son cœur s’était arrêté, il devait être trop vieux. Trop vieux ? Mais ils avaient le même âge. Gabriel Touchedieu ne se sentait pas vieux. Edmond le Rouge lui avait eu une mort qui s’expliquait mieux, bien qu’elle soit particulièrement horrible. C’était un fou de carnage qui perdait toujours sa raison lorsque coulait le sang. Il s’était attaqué à une villageoise mais pas la bonne. C’était la femme d’un des bûcherons, qui avait vu rouge et qui avait défendu sa femme avec rage, appelant à sa rescousse ses amis et collègues. Edmond s’était retrouvé encerclé par cinq hommes vigoureux, et même s’il était plus vicieux qu’eux cinq réunis, l’ancien bandit n’avait pas su rivaliser en force avec cinq bûcherons. Il avait été proprement piétiné par une foule en colère, chaque coup de pied sur la tempe faisant ressortir ses yeux de leurs orbites. Gabriel avait vu la scène de loin, mais n’avait pas pu intervenir : d’autres inquisiteurs s’étaient interposés et l’avaient pratiquement désarmé.

La colère du Gourdin affluait par vagues, et se cristallisait sur l’Oracle. La mort de Passe-Trou et Edmond le Rouge était un gâchis réellement inutile, qui ne se serait jamais réalisé face à des véritables sorcières. En plus, il s’était retenu durant des mois de frapper-piller-tuer parce qu’il avait promis à l’Oracle de se tenir à carreaux. L’Oracle dans les faits avait été pire que lui, il avait obéi à une gamine qui s’était foutu de sa gueule. Voilà pourquoi il avait suivi l’administrateur et non le second dans la chasse à l’Oracle.

La forêt était un élément naturel de chasse, Matthieu le Maul et Hiver s’y déplaçaient avec fluidité, comme leur chef. Ils étaient vieux et chenus, mais couraient aussi vite que le reste, c’était un autre sujet de fierté. Et lorsqu’ils coinceraient l’Oracle, ils la passeraient à tabac, après eux, elle ne pourra plus jamais être humaine. Quant aux gardes du corps, ils n’attendaient que ca, qu’ils puissent les balayer. Ils se concentraient sur le poulain blanc de l’Oracle, dont la progression était gênée par les arbres, ce qui permettait à des fantassins de pouvoir espérer la rattraper. Ils auraient dû surveiller les étalons noirs.

Twang.

Tchok.

Dernier souffle du Maul.

Matthieu le Maul, qui avait toujours paru être une montagne en marche. Deux mètres pour cent dix kilos, capable de soulever des tonneaux remplis de sable, aucune porte ne pouvait espérer résister à ses assauts. Matthieu le Maul tomba sur le sol comme une enclume, avec un carreau d’arbalète fiché dans la tempe comme dans une pomme. Le Gourdin ne comprit pas ce qui arrivait.

Hiver fut plus rapide que lui, il lança un de ses couteaux avec une précision diabolique qui finit dans la gorge du garde du corps qui rechargeait. Le couteau s’y enfonça comme dans du beurre et une fontaine de sang carmin baigna les feuilles vertes.

Twang.

Tchok.

Le carreau de l’autre garde du corps toucha Hiver en plein cœur, lui vidant sa cage thoracique en un dernier souffle forcé. La force du carreau fut telle qu’il fut lancé en arrière. De tous les anciens amis de Gabriel, il n’en restait désormais plus aucun, une époque était finie, il était le dernier représentant d’une harde à jamais disparue.

Ce n’était pas de la colère, ce n’était pas de la rage, ce n’était même pas de la haine ce qu’il ressentait. C’était une envie de destruction primitive et brutale, qui prenait source dans son deuil, ses souvenirs d’antan, et son envie de vivre à n’importe quel prix. Détruire tout et tous. Au nom d’Hiver, du Maul, d’Edmond, de Passe-Trou et avant eux encore Tanne-cuir, Louis le Bègue, Jean-balafré… tous ceux qui l’avaient un jour accompagné et qui avaient été abattus comme des bêtes. Toutes ces bêtes, Gabriel les connaissaient : c’était les meilleurs hommes qu’il avait connus.

L’autre garde du corps rechargeait. En un hurlement sauvage, Gabriel lança sa massue sur lui. Elle s’écrasa sur l’arme, qui glissa des mains de son adversaire. Le temps qu’il se baisse pour la ramasser, Gabriel était sur lui, prêt à tuer à mains nues. Le Gourdin leva sa main pour faire une manchette, mais un coup de poing dans le ventre puis au visage le fit reculer. Le garde du corps tira un couteau, que le Gourdin envoya balader en un coup de pied.

Il n’y avait plus que les mains nues. Gabriel aimait se battre à mains nues, c’était les seuls combats où l’on voyait ce que valaient réellement les hommes. Il se rua sur le garde du corps et encercla sa taille de ses bras de fer, espérant briser sa colonne vertébrale. Le garde du corps fit de même et commença alors un duel de force, d’endurance et de volonté.

Ce n’était pas un duel de technique, ou de maîtrise d’une arme, c’était un duel entre deux hommes à vif. Seul comptait la fatigue, et la force. Le premier qui craquerait se ferait briser les vertèbres à coup sûr. Tacitement, c’était un duel à mort.

Gabriel Touchedieu se sentit vieux comme jamais. En fait il ne connaissait pas jusqu’à présent la signification même du mot. A soixante ans, il avait les muscles de ses bras qui criaient qu’ils étaient déjà au maximum de leur puissance, les vieilles vertèbres de son dos qui hurlaient qu’elles étaient prêtes à lâcher et son cœur qui protestait de la surcharge qu’on lui imposait. Lorsqu’il avait l’âge du garde du corps, tous ses organes auraient accomplis leurs tâches sans rechigner.

Face à l’étau de fer du garde du corps de l’Oracle, Gabriel Touchedieu eut un doute : et s’il allait perdre ? Mourir parce que tout simplement il avait trouvé plus fort que lui ? Mais il n’était pas le genre d’homme à avoir des doutes longtemps. Il balaya ceux là en déversant tout ce qu’il pouvait d’adrénaline dans son corps.

Il n’était pas assez vieux pour mourir, il ne mourrait pas aujourd’hui. Avec un cri, il souleva le garde du corps. Le Gourdin était encore fort. Mais il n’eut pas la force de le maintenir en l’air, et le reposa. Ce fut le garde du corps qui le souleva et il put aussitôt accentuer la pression sur le dos de Touchedieu. Il essaya de pousser un cri de douleur, mais l’air ne voulut pas sortir de ses poumons. Nerveusement, il tenta d’accentuer sa prise mais il sentit à peine la différence.

Cette fois, le Gourdin fut sûr de son sort : il mourrait la colonne brisée, soulevé en l’air comme un chiot. C’était la première fois de sa très longue vie qu’il était en proie à une panique noire. Il serrait convulsivement ce qui lui tombait sous la main, se débattait avec ses jambes.

Lorsque la pression devint telle qu’il devint aveugle, Gabriel Touchedieu commença définitivement à dire adieu à la vie. Il voulut pousser un dernier rugissement, un chant du cygne qui serait le dernier acte de son existence. Il mourrait. C’était la fin. Le mot se répercutait dans son esprit, devenait la seule notion qui restait.

La fin, la fin, la fin, la fin, la fin, la fin, la fin, la fin, la fin, la fin, la fin.

CLOC

La colonne vertébrale du garde céda en un bruit écœurant mais net. Il mourut avant même de toucher le sol.

Gabriel Touchedieu, à la fois briseur et brisé sombra dans l’inconscience.
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MessageSujet: Re: La Poursuite de l'Oracle   Lun 14 Juin 2010 - 23:03

La chasse à l’Oracle, de nuit, avait été une source énorme de suspense et d’intense patience pour Lorenzo. Tout au long du trajet, il n’avait pas arrêté de penser à l’opportunité que lui donnerait cette petite peste si elle divulguait enfin sa véritable nature à l’ensemble de la population de Forbach. La laisser tranquille, du moins en apparence, avait finalement fini par payer. Aussi intelligente fut-elle, cette garce n’avait que sous-estimé la volonté du Comte de Nicosie, et elle allait à présent le payer, mais cela elle l’apprendrait très vite. Le plus difficile fut d’attendre que son messager revienne avec les Inquisiteurs dégottés d’il-ne-savait-où, la tension étant telle qu’il pensait sans cesse que cela finirait par lui échapper entre les doigts, l’Oracle obtenant sa victoire peu avant qu’il ne puisse la défaire. Mais il n’en fut rien. Les Inquisiteurs arrivèrent et d’une harangue, il conduisit la charge. Pendant l’attente, il avait bien compris que l’Oracle utilisait les pouvoirs des sorcières pour arriver à ses fins, ces pauvres hères avaient été manipulées et ne pouvaient qu’assister, impuissantes, à la Volonté de bien plus qu’une simple gamine. Ce soir-là aurait bien pu être la rafle du Siècle, valant bien des honneurs aux Inquisiteurs, mais les Sorcières n’étaient pas la menace la plus dangereuse et l’Oracle nécessiterait quelques hommes pour pouvoir en venir à bout. Lors de la charge, il eut une grande satisfaction à voir les sorcières réagir et tenter de s’enfuir, mais il n’avait pas quitté des yeux la frêle silhouette : il était hors de question qu’elle s’échappe. Et ni ses gardes, ni son poulain immaculé ne pourraient la sauver cette fois-ci. Lorenzo avisa d’un bref regard une écurie proche dans laquelle les chevaux trépignaient à cause du bruit ambiant. Il se retourna, remarquant au débotté Gabriel et quelques Inquisiteurs.

« - Des hommes avec moi, l’Oracle tente de s’enfuir. Montez à cheval et galopez ventre à terre, elle ne doit pas s’échapper. »

Joignant le geste à la parole, il grimpa sur un étalon noir comme la nuit encore scellé et d’un puissant coup d’étrier fit bondir le pur-sang hors de sa stalle. Un bref regard en arrière lui fit comprendre que quelques-uns avaient suivis : Gabriel, quelques hommes à lui et un autre Inquisiteur, qu’importe le nom. Portant son attention sur l’Oracle, Lorenzo ordonna à son cheval d’aller encore et toujours plus vite. Il gagnait du terrain, mais ce n’était pas encore suffisant et il ne voulait pas offrir à la petite garce la possibilité de se cacher dans les bois de la forêt. Galopant toujours plus vite, le Comte observait sans relâche sa proie. C’est ce qu’il y a de plus captivant lorsque l’on est le prédateur, cette possibilité de pouvoir continuellement avoir le regard sur sa cible sans en perdre une miette pour regarder ailleurs. Il vit alors rapidement les deux gardes se déporter et ralentir Gabriel et ses deux hommes. Qu’importe, ils n’étaient que de la chair à canon, autant les deux gardes, que Gabriel et ses deux brigands. Seule importait sa réussite à lui, dut-il sacrifier l’ensemble de l’Inquisition pour cela.

Quelques instants plus tard, il reconnut l’endroit où ils étaient. Il y avait fait une ballade à cheval récemment et avait bénéficié d’un très bon conseil d’un de ses gardes qui étaient de la région : attention aux marais. Aussi ne fut-il pas trop surpris lorsqu’il vit le poulain s’élever dans les airs et opta pour la même solution, invectivant Sigmund, qui était presque à sa hauteur, d’un signe pour lui indiquer le danger, si nécessaire. Utile ou pas, le troisième homme dans la poursuite n’en bénéficia pas et, visiblement étranger à la région, s’empêtra, avec sa monture, dans une eau à vous en refroidir plus d’un. Mais qu’importe ! La distance entre l’Oracle et lui diminuait encore et encore. Le poulain fatiguait et jamais il ne tiendrait l’endurance du cheval que montait Lorenzo. C’était fini, ce n’était qu’une simple question de patience, mais un animal blessé et surtout en colère et toujours dangereux tant que l’on ne l’a pas maitrisé aussi resta-t-il concentré sur son affaire. Il put ainsi s’étonner de voir la petite fille jouer les équilibristes sur son poulain avant de tendre la main dans sa direction. Que comptait-elle faire ? Surement un mauvais coup, forcément. Et c’était bien le cas, en tout cas pour tout ceux que les flammes brulent et calcinent. Lorenzo en faisant bien entendu partie. Les yeux rivés sur les flammes naissantes et loin d’être un brasier, ce qu’elles seraient très vite, le Comte se concentra ardemment avant de sentir la vivacité d’un petit souffle de vent dans sa direction. La saisissant au bond, mot pour mot, il profita du déclin des flammes sous l’onde zéphyrienne, et sauta par-dessus une mer de flammes. Hélas il fut le seul. Mais le combat était terminé, la victoire était sienne.

En effet, l’Oracle avait chuté. Son poulain venait de rendre l’âme, sous la fatigue, et la pauvre petite fille tentait désespérément de courir vers la forêt. Que valaient ses misérables jambes face à la puissance de l’étalon ? Le rire aux lèvres, le Comti talonna une dernière fois sa monture en direction de la jouvencelle en fuite. Lorsqu’il parvint à sa hauteur, il se jeta sur elle, la projetant en avant et l’immobilisant de son poids et de sa force, face contre l’herbe fraiche de l’orée de la forêt. Si proche du but, hélas pour elle, la forêt ne fut jamais si loin… Attrapant une paire de menottes spécialement emmenées pour l’occasion, il entrava les poignets de la jeune fille derrière son dos avant de saisir un foulard dans sa poche et de le passer autour de sa tête, non pas pour la bâillonner, mais bel et bien pour la rendre aveugle. Légèrement essoufflé mais victorieux, le Comte se redressa avant de saisir la fille par les menottes, la relevant ainsi d’une manière assez rude.


« - Le temps de la ballade est terminée, il est maintenant l’heure de passer aux confessions, et je pense que tu as beaucoup de choses à me dire. J’espère également que tu as profité suffisamment de la Lumière, celle que tu prétendais servir, car c’est une des dernières fois que tu la verras, je vais te rendre à ceux que tu sers, les Ombres. »

Et sans attendre de réponse, d’un coup rapide et précis, il assomma l’Oracle, ou du moins la jeune Alexandrine. Toutes deux ne se réveilleraient que bien plus tard dans un endroit totalement différent.
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