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 Je me souviens de certaines choses

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MessageSujet: Je me souviens de certaines choses   Mar 3 Aoû 2010 - 15:48

[ HRP: Il s'agit de ce qui se passe pendant 1626 uniquement sur ce post. Puisque mon personnage n'a pas put vivre ces événements avec les autres.
Les prochains raconteront son enfance. ]


Les souvenirs la prennent souvent par surprise. Il suffit de peu de chose. Un sens seulement peut être sollicité et la mémoire se met en branle.



Au printemps 1626

Mère nature avait surement décidé de rappeler son pouvoir sur nos vies. Mais pourquoi cela ? Qu’avions nous fait de mal ici bas ? Ou bien peut être des âmes damnées avaient-elles voulu jouer avec des forces qui les dépassent ? Mais nous ne savions rien alors, des meutes de sorcières qui se faisaient la guerre dans notre ombre. Car après tout Dieu a des adversaires en toutes terres et depuis si longtemps. Comment pouvions-nous deviner que cette petite ville était le terreau de pouvoirs contre nature ?
Forbach était depuis toujours une ville fraîche. Un petit lopin de terre où la température se faisait douce. Et moi, j’appréciais cela, inconsciemment attirée par le froid du pays maternel. Tandis que Michael tremblotait en grognant contre la neige, j’allais volontiers y courir pieds nus. Quitte à me faire gronder à mon retour auprès de papa.

Mais cette saison là était différente. Anormal. La mi-avril, au lieu de laisser une flore s’épanouir, n’offrait qu’un vent glacé et des pluies harassantes. En ce l’an de grâce le printemps subissait une malédiction sans nom. Je n’avais pas l’impression que mes vingt-et-un ans bientôt écloraient dans ce temps détraqué. Et je frissonnais de sentir l’ordre cosmique bouleversé. Etait-ce là une punition, dont chacun devrait pâtir, pour se repentir d’une faute inconnue ?

Depuis plusieurs semaines la ville était prisonnière d’une vague frigorifiante. Elle avait d’ailleurs déjà chassé plusieurs habitants, réfugiés chez de la famille, en un lieu plus hospitalier. C’était le cas par exemple de la bonne Clothilde. Elle avait prit congé et avait rejoint sa sœur dans le sud du pays.
Déjà coupé un peu du monde, nous en étions à présent totalement détaché du royaume de France. Et pendant toute cette période la poste ne put nous tenir informer des événements. Un hiver éternel. Les rumeurs parcouraient les rues délaissées par les marcheurs. Le diable prenait ses quartiers chez nous. Mais que venait-il y chercher ?

Les maladies s’immiscèrent sournoisement dans les foyers les plus pauvres. Pendant les mois suivants, le clocher ne cessa presque jamais sa litanie mortuaire. De nous quatre j’étais la plus vaillante. C’est donc moi qui allais acheter le lait et la viande de nos repas. A parcourir la ville, emmitouflée dans la fourrure de maman, je pouvais encore voir ce qui se passait…. Je vis passer Louis Institoris dans sa calèche aux armoiries du roi. Un étranger qui je le compris bien plus tard était le pire des soldats divins.

A l’église l’évêque de Lorraine accueillait les gens les plus démunis. J’apportais volontiers mon aide, en préparant du vin chaud et des soupes, que je distribuais devant l’hôtel chaque jour. La boutique tournait plus lentement. Et face au temps, les deux couturières du Fil Blanc, cousaient capes, plaides et tout autre vêtements, salvateurs pour nos corps rudoyés. Les médecins essayaient d’endigués les fièvres et les fatigues des plus faibles. Ce fût une grande angoisse pour nous de devoir solliciter l’un d’entre eux.

En effet, mon cher Michael tomba malade très vite. Une toue affreuse s’accrocha à ses poumons. Mélanie à son chevet dût souvent me confier la garde de leurs deux filles. Elles avaient à peine deux ans et fort heureusement n’étaient pas tout à fait consciente de ce qui se passait autour d’elles. Mais moi je le savais. Et en leur préparant les laits chauds je tremblais d’entendre leur mère descendre en pleurant.
Lorsque Verra commença à tousser, on la confia à sa grand-mère. Pendant que la pneumonie de mon frère empirait. Plus personne n’arrivait à véritablement se reposer. Le hurlement des vents me faisait penser à une créature infernale venue nous mordre le cou. Je restais la nuit avec le malade. Je veillais sur lui avec une obstination silencieuse.

Malgré tous nos efforts… il s’éteignit au matin du 12 mai, il n’avait pas encore 23 ans. Notre mère fut inconsolable. Perdre un fils, son fils… Je crois que de ce jour une part de sa raison disparue à jamais. Papa abandonna le travail et l’emmena, de force, retrouver son village natal. Là où il y avait encore notre grand-mère, celle auprès de qui ils pourraient tous les deux s’effondrer… et pleurer en paix.
Mélanie enfouissait sa douleur. Pour ses filles elle mura son chagrin.

Et moi ? Moi, la petite sœur, je commençai à écrire.

Jusqu’à ce que l’été éclate sur nos toits. Jusqu’à ce que la chaleur apporte la folie dans nos cœurs refroidis.
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MessageSujet: Re: Je me souviens de certaines choses   Mer 4 Aoû 2010 - 18:18

[HRP Je continu pour chaque événement fort de ces trois années de jeu ! ]

12 août de la même année

Papa a fait fermer la boutique. C’est devenu impossible à gérer. Maman perd la raison. Elle n’est pas la seule. Je ne sais plus quoi faire. Entre sa tristesse et ses visions elle devient dangereuse. Mais jamais je ne pourrais la violenter. J’en suis incapable. Il me faut déjà tant d’énergie pour ne pas écouter la voix de Michael le soir. Combien de temps encore ? Combien de pleurs ? Je suis si… fatiguée.

Nous avons besoin d’aide. Notre ville est maudite. Malgré le retour du soleil rien n’a changé. Les gens ne viennent plus.
Demain nous sommes le 12 août. Cela fera trois mois que mon frère nous a quitté. Mais cela ne suffit pas à notre peine. Forbach est devenue folle. Si folle que même les fous veulent l’abandonner. Je ne sais pas quel pouvoir nous déteste à ce point. Mes prières restent sans réponses. Toutes mes prières sonnent dans le vide.
C’est effrayant.
Ça a été progressif. Un lent et sournois vent sur nos consciences affaiblies par l’hiver. Au début des cas isolés aux frontières de la rivière. Puis, comme la peste, le phénomène s’est propagé. On ne peut pas comprendre ces choses sans les avoir vécues. Je ne savais pas jusqu’à présent à quel point, nous étions des animaux. Chacun est confronté à ses démons les plus vils. Même les plus heureux hurlent à la mort. La vie s’est arrêtée.
Les délires sont si prégnants… que chacun se défend par instinct, avec rage. Une rage que personne ne peut contrôler. D’ailleurs personne ne veut la contrôler. Où sont nos anges gardiens ?

Verra est toujours chez sa grand-mère. Au Moulin elle est en sécurité. Je suis rassurée. Mais pour sa sœur je n’ai rien pus faire. Mélanie refuse de s’en séparer. Elle s’y accroche comme à une roche. La lueur dans son regard m’angoisse un peu plus chaque jour. Elle cherche en sa fille les signes de son amant. Ses yeux lui rappellent le disparu. C’est malsain. Cela la complait dans ses illusions. Elle parle au mort des heures durant. Je ne connais rien des soins. Je ne peux rien faire.
La dernière fois que j’ai évoqué l’idée de l’éloigner, j’ai eu peur, qu’elle ne me fasse du mal. Violaine n’a pas trois ans. Elle ne devrait pas avoir à subir pareille horreur. Heureusement papa est plus fort que nous. Je ne sais pas comment, mais son trouble est moindre. Je ne sais pas ce que nous serions déjà sans lui. Je ne sais pas ce que je ferais. Parfois l’idée est délicieuse. Aller chercher une branche assez haute et forte dans la forêt. M’ôter ces années à venir en un seul saut vers la terre. Il m’en empêche. Michael me dit de rester. Les mêmes mots à mon oreille inlassablement.

J’ai écris une lettre à grand-père Peter. Peut être que lui sera comment nous libérer de ce cauchemar. Mais j’ai peu d’espoir. Les Silvianov sont si loin de nous ! Ils ne comprendront pas tout. C’est impossible en fait.
Je voudrais agir. Mais je crains que mon propre cas ne desserve l’enfant. Son père ne cesse de me visiter. Quand les pleurs de notre mère cessent enfin. Quand la chaleur est moins étouffante et que le corps n’aspire qu’au sommeil. Quand ma tête est si lourde que j’attends qu’elle quitte mes épaules. Je ne suis qu’une enfant encore. Je n’ai même pas apprit à pleurer comme il faut. Pourquoi nous ?

On dit qu’il y a des sorcières, des filles du diable. Je ne les ai jamais vus ! On dit que c’est elles qui ont tout empoisonné. Si c’est vrai, alors je veux bien aller les supplier. N’ont-elles aucun cœur enfin ?! Nous ne sommes que des gens communs aspirants à une vie tranquille.

Où-est le Seigneur ?
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MessageSujet: Re: Je me souviens de certaines choses   Dim 22 Mai 2011 - 19:38

[HRP: Pour intégrer un peu plus l'historique voilà la suite. ]

Juin 1628

Maman commençait à se remettre. Elle fait son deuil. Mais je la sens si loin. Je crois qu’elle ne veut pas être heureuse. Une mère peut elle être heureuse quand son enfant est revenu à Dieu ? J’aimerai trouver un moyen de combler le vide que je vois dans ses yeux. Je fais de mon mieux. Mais c’est dur à porter. Il me manque aussi. Il me manque chaque jour. Papa ne parle presque plus. Il ne parle que pour travailler, pour le Fil Blanc. Combien je hais cette boutique parfois !

Ce n’est pas juste. J’ai l’impression qu’on m’a volé ma jeunesse. Mélanie, ma douce sœur de cœur, n’est plus que l’ombre de cette femme d’avant. Elle s’occupe des jumelles sans pouvoir leur sourire. Ces femmes sont des fantômes et je n’ai pas assez de pouvoir pour les ranimer. Pourquoi rester ici où nous ne faisons que pleurer. Nous pourrions aller là bas… Revoir Dama !

Trop tard … Forbach est de nouveau assiégée !


J’enrage de voir tous ces prêtres faire la loi au village. N’ont-ils pas comprit que nous nous moquons de ces sorcières ? Ils continueront leur guerre jusqu’à ce que plus personne ne soit là pour la raconter. Tout ce que je sais c’est que le sang appelle le sang. S’ils viennent à la maison je les chasserai à coups de balais.


... Le 26

Ce devait être une fête. Je me suis fait belle pour cette fête. J’ai convaincu les deux madame Maulne de s’apprêter et de sortir. C’était la première fois depuis deux ans que nous arrivions à aller en ville tous ensembles. J’étais heureuse à la simple idée qu’elles marchent de nouveau dans les rues.

Comme je regrette.

J’aurais dû savoir qu’ils feraient un coup de théâtre. Zetting ressemble à … Je n’ai même pas de mot en tête. Tout ce que je sais maintenant c’est que je ne crois plus en la « Bonté divine ». Ils exultent tous devant un prodige. Ce Père Marcus n’est qu’un séducteur. Mais n’est-ce pas l’arme privilégiée du diable ? Je ne veux plus essayer de croire en LUI. Il n’a jamais rien fait pour nous.

Qu'on laisse la nature faire les comptes.
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