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 Causons monsieur de vos exactions

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MessageSujet: Causons monsieur de vos exactions   Mer 4 Aoû 2010 - 21:45

*Début du mois d’août 1629*

Les premiers jours d’août amenaient toujours une sorte de malaise chez mademoiselle Lou. C’est qu’en se penchant légèrement en arrière pour se souvenir qu’il ne fait pas bon vivre en Forbach à cette période de l’année. Ce début d’après midi n’y échappait pas. Ses pas étaient plus lents, moins tranquilles pourtant, comme inquiétés. Elle avançait vers l’ancienne demeure des Frauenberg sans savoir si c’était le bon moment.
Il restait cette désagréable sensation de danger dans son esprit. Elle la hantait, de la même manière que ces fantômes d’avant. Pareil à l’amant qui s’est niché et refuse de vous laisser tranquille. Pourtant Louisa n’est pas femme à entretenir le passé. Des réminiscences imprévisibles réussissaient à faire frissonner son échine. Elles étaient si nombreuses ces dernières années, trop nombreuses, pour une vie si courte. Comme cette récente dispute avec le Second des Inquisiteurs. Les méandres la repousse un peu plus loin encore.

Il y a deux ans surtout. La cavalerie papale avait prit d’assaut la cité. Plus violente que précédemment hérétique au possible. Distillant le pire des poisons dans les crânes simples. A grand renfort de discours salvateurs les inquisiteurs les avaient pervertis. Cette ambiance de délation qui avait épaissie l’air des quartiers. Même la Cour du roi de France ne pouvait se prévaloir d’autant de mesquinerie.
L’habitant qui se protège est la pire des crapules. Petite à petit les valeurs chrétiennes s’inversaient dans le cœur des croyants. Toute solidarité devint relents de trahison. Toutes les femmes étaient surveillées, coupables : d’être du sexe faible, d’être trop belle, ou bien trop avenantes. Le moindre détail devenait prétexte à accusation !

C’est à cette époque que la fille Maulne avait réellement entendu leurs noms. Deux tribus différentes se cachaient ici bas. Deux clans du diable, dont la présence, justifiait les recours d’une dictature. On avait voulu s’en prendre à sa mère. Après tout c’était une étrangère. Une fille de l’este, une barbare blanche. Toutes ces années à coudre des robes. Pourquoi n’en aurait-elle pas profité pour les ensorceler ? Fort heureusement son époux était un homme de bien. Un petit bourgeois de Morbach. Quelqu’un de sensé, qui avait la verve belle et le sourire social. On écoutait Jean Maulne comme on écoute un conteur de taverne. Il avait calmé pour un temps les tueurs…
Personne, absolument personne n’avait tenté de défendre la couturière. Ses deux enfants étaient trop beaux pour être honnête. Son commerce trop florissant pour échapper à la jalousie collective. Mais que leur avaient-ils fait au juste ? Si ce n’est les plus belles tenues de noces de la région et quelques réceptions agréables.

Romain ne faisait pas encore partie de sa vie en ce temps là. Peut être, que sa présence, aurait adoucie tout cela. Comme elle le faisait aujourd’hui, ce matin même, quand il lui avait conseillé de ne pas aller voir l’Italien -comme il le surnommait avec mépris-. Lorenzo Maestriani le dirigeant de cette ville porteuse du mauvais œil.
Mais Louisa n’écoutait jamais les recommandations avisées, mais pacifistes, de son amant. Elle était trop fière, et trop forte, pour envisagée d’être pleutre. Garin lui avait donné raison à agir. Maintenant il n’y avait plus d’individu capable de la freiner dans ses convictions. Le dernier était sous terre depuis deux mois maintenant. Elle portait le deuil de toutes ces âmes avec l’idée, la tendre idée, que la vengeance se ferait. La patience et la colère marchaient à ses côtés deux alliées silencieuses qui la guidaient. Devenant les mains qui protégeaient ce qui restait d’humain en elle.

Car il est certain que son apparition dans la cour du château rappelait une gravure aux accents fantastiques. La peau trop blanche – non, pas le nacre poudrée des coquètes duchesses.- trop délicate pour passer inaperçue. Les iris aussi noirs que ses pensées, de la teinte de ses desseins. Et ce tissu magnifique et aussi blanc que la Lune qui donnait à sa silhouette plus de charme qu’une mariée. On aurait put croire à de la séduction diablesse.

Louisa Maulne s’annonça calmement au majordome. Rappelant en quelques mots son identité et le but de sa présence. La demande avait été faite via courrier et acceptée. Ainsi quinze allait sonner pour lui ouvrir les portes d’un dialogue. Elle marchait sans le moindre signe de nervosité apparente. Ou du moins aucun ne concernaient cette entrevue.
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MessageSujet: Re: Causons monsieur de vos exactions   Mer 18 Aoû 2010 - 17:18

[HRP : Ouhla, désolé, j’avais complètement oublié ce RP… Mae Culpa. Errare Humanum Est comme on dit... ]

Lorenzo patientait dans son bureau. Face à la fenêtre, il regardait la ville, contemplait son royaume qui se relevait d’entre les morts, qui renaissait de ses cendres. Rien n’avait été trop beau pour Forbach. La Comtesse avait eu des idées sublimes, il devait l’admettre, et la ville serait plus belle que jamais une fois les travaux de reconstruction achevés. Le financement n’était pas un problème, Rome subviendrait aux besoins du Conti en tout bien tout honneur pour service rendu à la Papauté. En plus des frais de reconstruction attraits au fait qu’il voulait redorer le blason de Forbach, Lorenzo avait attribué un vaste dédommagement au peuple lui-même. Des centaines de pièces d’or avaient été reversées aux victimes de l’Oracle. Depuis le temps qu’il n’avait pas touché à sa fortune personnelle, grandissante de jour en jour, Lorenzo s’était permis cette petite incartade qui ne lui couterait pas tant que ça, finalement. Le commerce avec les villes voisines reprenait, les artisans ne manquaient pas de travail, l’Eglise serait bientôt achevée et la ville s’embellissait à chaque heure qui passait. Toutefois, contrairement à Alicia, Maestriani payait grassement les ouvriers et se garantissait ainsi un travail magnifique sans avoir à les terroriser. Le travail n’en avançait que plus vite, et nombreux étaient ceux qui venaient proposer leurs services pour faire avancer les travaux. Forbach serait bientôt parfaite et rayonnerait à des lieues à la ronde.

Son regard s’attarda sur les Jardins dessinés par la Comtesse il y a des années de cela. Sous le soleil chatoyant de ce début d’après-midi, il n’en était que plus magnifique. Quelques nobles se baladaient entre les différentes haies et rangées de fleurs, d’autres se reposaient devant la fontaine, aspirant à un peu de fraîcheur, et ce même s’il ne faisait pas réellement chaud. Toutefois, après ces jours sombres, la lumière de l’astre du jour réchauffait la terre et les cœurs. Une nouvelle aube se levait sure Forbach, l’aube d’une vie meilleure. Pourtant, il se trouvait visiblement toujours des gens inquiets pour la suite. Et la personne que Lorenzo attendait n’était qu’une parmi d’autres. Certains avaient rechigné sur la somme qui leur avait été versée, prétendant que ce n’était pas assez, et pourtant le Conti avait été leste sur l’or distribué. Les indemnités matérielles étaient loin d’être légère, et pour la perte d’un proche, elles étaient presque doublées. A ces personnes, Lorenzo conseillait de se joindre aux re-bâtisseurs de Forbach répétant que les sommes avaient été calculées pour être équitables envers tout le monde et qu’il ne pouvait faire aucune exception sous peine de se retrouver avec des dizaines de mécontents ayant entendu parler de cette affaire le lendemain.

Ce qu’il se demandait, devant la fenêtre, c’était quel allait être le sujet d’aujourd’hui. Il soupira d’avance face à la requête qui allait lui être demandée et s’installa à son bureau. Reprenant quelques dossiers, il entreprit de refaire le compte pour envoyer à Rome une note détaillée, comme cela lui était demandé, ainsi que les différents cachets des artisans de Forbach, attestant avoir effectivement travaillé et effectué les travaux notés. Un majordome frappa quelques minutes plus tard pour lui dire que son rendez-vous de quinze heures était arrivé. Lorenzo lui intima de la faire entrer et l’attendit. Lorsque la porte se rouvrit, et dévoila la jeune femme, il se leva, s’approcha d’elle et la salua selon toutes les convenances :


« - Mademoiselle Maulne, c’est un plaisir que de vous recevoir. »

Il s’avança vers son bureau et saisit un fauteuil pour y installer, selon les règles de galanterie, la demoiselle.

« - Je vous en prie, installez-vous. »
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MessageSujet: Re: Causons monsieur de vos exactions   Sam 21 Aoû 2010 - 16:29

En effet. Il y avait eu une somme conséquente. Pour cause, la famille Maulne avait une place de choix, dans le cimetière de Forbach. L’époux de la russe mort dans les muguets cramés. Nastasia avait gagné de quoi lui rendre hommage. Michael –le fils prodigue- était mort depuis deux ans. Il ne pouvait donc percevoir les « indemnités » suivantes. Celles qui devaient couvrir la disparition de sa compagne et de ses deux filles. En réalité un véritable trésor posthume. La mort n’avait jamais aussi bien payée qu’ici !
Les deux tiers de cette fortune avaient été dépensés pour le départ de madame Maulne, la fille des Silvianov. La famille Silvianov, était de nouveau reconstituée, à des milliers de kilomètres d’ici. Leur passage en France, bien que prolongé, ne laissa finalement qu’une jeune femme esseulée. En quelques décennies ces esthètes vagabonds avaient apprit à aimer la France, mais aussi à la craindre. Dama Roza avait donc recueillie sa fille avec soulagement. Elle ne connaissait pas assez sa petite fille pour y être attachée. Quant au Fil Blanc il n’avait été crée que pour permettre aux Maulne d’obtenir un bien sûre.


Aujourd’hui ce patrimoine était en péril. Les derniers temps avaient bien entendu difficiles pour tous les commerces. Les sommes –astronomiques- injecter dans les trésors publiques avaient déclenchées une vagues de grands travaux. Aux premières lueurs la mélodie des pioches annonçait la journée.
Malgré ce renouveau les partenaires faisaient les frileux. Bien entendu on reconnaissait à mademoiselle Lou un certain savoir faire. Chacun avait eu l’opportunité d’apercevoir le talent de ses doigts blancs. Mais, entre coudre, et en découdre avec les fournisseurs, il y avait un monde. C’est son frère avant qui était naguère le porte-parole des Maulne. Il avait l’aisance et l’intuition d’un renard. Puis Jean avait (de son mieux) reprit le flambeau de son fils. Mais la descente s’annonçait…
A présent… il n’y avait plus d’hommes dans la maison. En somme il n’y avait plus de garent. La fille Maulne était une travailleuse, sérieuse et efficace, mais elle était une femme. Malgré son intelligence l’apriori la desservait. C’était pire encore depuis que sa mère n’était plus là. Car si la clientèle continuait de venir, les matières premières s’amenuisaient de jour en jour. A ce rythme le Fil Blanc terminerait bobine avant la fin de l’automne.


Louisa agissait.


Elle regarda cet homme qui levait les yeux sur son entrée. Le serviteur n’intervenait déjà plus. Mon maître prenait en main la situation. C’était un homme éduqué. Il n’était peut être pas noble, mais cela, n’assombrissait en rien sa prestance. D’ailleurs ils étaient tout un exemple de réussite sociale.
Lorenzo Maestriani était également un étranger. Et en cela aussi Louisa lui ressemblait un peu. Car même si le nom de la jeune femme était français, son métissage était visible. Elle avait le teint russe, le verbe haut, l’assurance des tziganes en elle. Qui plus est, elle en était fière, et cultivait cette différence depuis toujours. Une résolution, d’une grande loyauté, mais quelque peu contraignante.


-« Bonjour monsieur Maestriani. Je vous remercie de me recevoir. »


Son sourire avait été d’une gracile politesse. Acceptant le siège qu’on lui présentait, avec une aisance tout à fait féminine. On lui avait apprit, -très tôt- à connaître sa place, mais aussi sa propre valeur. Bien entendu mademoiselle Maulne était jeune et isolée. Cela ne l’empêchait pas, d’être l’un des premiers noms cités, dans le domaine qu’elle côtoyait.
D’autant que son caractère avait d’or et déjà fait quelques ravages. Elle participait, depuis plus de quatre ans, à la vie mondaine de la ville mais aussi de ses alentours. Il n’était pas rare, en de telles occasions, que son opinion froisse quelques invités. C’était une « forte tête » comme on le disait d’une bouche pincée.
Ajoutons à cela, sa relation avec le jeune baron de Rosbruck, et elle devenait un piquant tout à fait… prometteur. Les fiançailles n’étaient pas officielles. L’attachement de Romain ne laissait pourtant aucun doute. Il lui laissait le temps qu’elle avait demandé. Un temps qu’elle mettait à profit pour assurer sa survie. Une descendante des Silvianov, ne se reposait pas sur une alliance pour son avenir personnel.


-« Je ne tiens pas à vous faire perdre votre temps. Je sais que votre… travail est prenant. Si j’ai sollicité cette entrevue entre nous, c’est pour faire appel à votre, disons à votre « bienveillance » monsieur.
Vous n’ignorait peut être pas que ma famille a tout bonnement disparue.
Malheureusement vos gens, loin d’en être touchés, veulent assurément en profiter. Je ne suis pas surprise. Après tout quand la proie est à terre mieux vaut l’abattre dit-on.
Seulement je ne suis pas encore de cet avis voyez-vous. Ainsi, bien que votre générosité ait été prouvée, je la réclame à nouveau. »



Le discours de monsieur Garin revenait à mots perdus dans son esprit. Il lui fallait beaucoup de volonté pour dissimuler sa colère sous un ton ferme et il est vrai autoritaire. Il fallait d’abord régler cela. Il fallait penser aux filles. C’étaient bien pour elles qu’elle faisait cet effort ci.
Louisa en avait assez, que son âge et que son sexe, ne méritent pas un respect professionnel. Il n’y avait plus que ses contacts féminins, qui acceptaient encore de la voir. C’était injuste et raison de plus à son mécontentement. Mademoiselle en bouillonnait de cette colère.


-« Plus que des fonds c’est de quelqu’un de confiance dont j’ai besoin. Les autres, ne rangeront pas les dents, tant que mon commerce n’aura pas un nom pour le porter.
Vous connaissez toutes les personnes capables de tenir un tel rôle. Il ne s’agit que d’un visage. Nous savons tous deux que l’image est le plus important au regard des peureux. »



C’était un sous-entendu comme elle en glissait en permanence. Elle n’avait pas froid aux yeux. Il s'en souvenait surement. Ou bien il allait le redécouvrir qu'il le veuille ou non. Louve parmi les serpents. Pas un mot n'avait dépassé l'autre. C'était inutile. Il suffisait de regarder ses yeux pour voir la rage tapie. Elle maîtrisait sa posture. Il était peut être un monstre mais elle avait besoin de lui.
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MessageSujet: Re: Causons monsieur de vos exactions   Mer 25 Aoû 2010 - 10:22

Il installa la jeune femme conformément aux usages et vint se placer derrière son bureau, s’installant dans son fauteuil, face à la jeune femme. L’espace d’un instant, il s’autorisa à l’apprécier dans sa juste beauté. Elle n’était définitivement pas d’ici, malgré ce que son nom suggérait, mais sa beauté était au diapason de ses origines qui semblaient pour le moins slaves. Les Italiens, comme Lorenzo, avaient souvent le sang chaud, voir bouillant, et ils appréciaient la chaleur des femmes du sud, mais cela n’empêchait pas d’apprécier la splendeur venue de contrées plus froides.

« - Bien, Mademoiselle Maulne, que puis-je faire pour vous ? »

Qu’allait bien pouvoir lui demander cette femme ? Il s’était renseigné, bien entendu, et était au fait de la disparition tragique du reste de sa famille et qu’elle était désormais seule au commande d’une boutique de confections d’objets à base de tissus. On lui avait également fait part du « talent » de la jeune femme, ou du moins des anciennes créations qui sortaient de cette boutique avant le drame. Aussi, il ne fut pas étonné de la demande de mademoiselle Maulne. En effet, si les créations étaient si belles qu’on le disait, il n’était pas étonnant que ses concurrents désirent l’éliminer une bonne fois pour toute du marché. Ce qui était passionnant en revanche, c’était de voir combien cette femme était forte. Cela venait-il du fait qu’elle soit étrangère, tout comme lui ? Bon nombre de femmes de ce pays, hormis peut-être les sorcières, se seraient contentés de subir, jusqu’à ne plus tenir ; mais pas elle. Non, elle désirait se battre et jouait d’ores et déjà la meilleure carte de son jeu contre ses ennemis. Le risque était toutefois grand, car si Lorenzo était l’atout dans sa manche, fallait-il encore qu’il daigne servir ses intérêts.

Toutefois, qui n’aurait pas désiré aider une jeune femme contre des artisans avides et cupides ? De son côté, Lorenzo avait son propre tailleur, venu d’Italie, pour confectionner ses tenues et n’avait jamais demandé quoique ce soit aux couturiers locaux. Mais la curiosité le titillait sévèrement depuis que ses hommes lui avaient rapportés la qualité exceptionnelle des œuvres de la maison Maulne. Sans quitter la demoiselle du regard, il l’écouta terminer son petit discours sur ces attentes de cette entrevue. Une fois qu’elle eut fini, il prit la parole :


« - Il est fort dommage de voir que la concurrence n’est pas aussi loyale qu’on aimerait qu’elle le soit. Aussi, j’ai peut-être une idée qui pourrait nous satisfaire tous les deux. »

Il fit une petite pause, puis reprit :

« - Depuis que je suis ici, je ne fais confectionner mes tenues que par un couturier Italien. A vrai dire, il n’y avait que l’excellence de mon pays pour me satisfaire. Mais j’ai entendu grand bien de vos créations. Aussi… Je vous propose ceci. Réalisez moi une tenue. La plus belle que vous n’ayez jamais faite. Quelque soit le résultat vous serez largement payée pour cela. Toutefois, si vos œuvres sont à la hauteur de ce que l’on a pu me dire, et que ce que vous aurez fait pour moi me plait, vous aurez votre nom, et pas le moindre, le mien. »

Un petit silence, pour bien marquer les derniers mots.

« - Si votre création me séduit, je veillerai personnellement à ce que l’on vous laisse tranquille et je veillerai à ce que les gens du Château commandent leurs tenues chez vous. Vous aurez, en plus de vos clients habituels, l’exclusivité au Château, sans compter la renommée engendrée par une telle place. »
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MessageSujet: Re: Causons monsieur de vos exactions   Lun 30 Aoû 2010 - 18:45

Les mains croisées sur ses genoux elle le regardait. C’était Rome qui avait envoyé ce chien de garde. Pour une petite ville comme la leur cela aurait dû –probablement- être un grand honneur d’être sous l’aile de la sainte Eglise. Seulement les qu’en dira-t-on n’étaient pas pour le soutenir. La native gardait en mémoire les injonctions de la plèbe. Un étranger qui avait pactisé avec ce Touchelieu ! Un rital arriviste ! Une relation particulière de mademoiselle De Sarrebourg… cette dame, dont si peu soupçonnait la nature profonde.
Mais peu importait à cette demoiselle les origines de ce croyant. Elle était bien placée pour savoir que les patriotes sont parfois ceux qu’on dénis le plus. De tout ce ramassis de cracha, Louisa ne retenait qu’une seule chose : Il avait encouragé la folie d’un homme. En cela il avait fauté. Non au regard, de ce dieu qu’ils aimaient tous, mais de celui de cette communauté qu’il venait protéger.


-« Vouloir une « concurrence loyale » serait un peu comme encourager l’oxymore. Malheureusement la poésie et le commerce vont rarement de paire ici. »


La plaisanterie échappait pour l’heure à la condescendance. Melle Maulne ne croyait plus depuis longtemps au paradis terrestre. Que ce monsieur comprenne qu’elle n’était pas une fleur bleue de ses coures bourgeoises. Elle était une marchante. Son monde, était certes entouré de parures, mais elle ne ressemblait pas à ces belles créatures qui se pâment pour un mot dur.
Les vers de monsieur François de Malherbe couraient les campagnes depuis son enfance. Non il n’y avait vraiment rien de poétique dans cette affaire. Un poème pour le feu le roi ne la couvrirait pas d’or et de sécurité.


-« Qu’elle est-elle ? »


Louisa ne s’était pas attendue à cela, pensant qu’il se déchargerait de la requête, vers l’un de ses bras droit. Elle ne pensait pas que le défi habitait d’autres cœurs que celui des slaves. Préférant, qu’il en soit ainsi, pour ne pas avoir de dette envers lui. Pourtant, en ayant quelques décennies d’avance sur monsieur Perrault, cet homme la mettait dans la position du roi désespéré. On ne refusait pas un habit pareil. Quant bien même on était pleine de principe et de fierté. Quant bien même on aurait voulu être indépendante.
En dehors de toutes considérations pécuniaires l’idée lui plaisait. En un éclair le noir de ses prunelles s’auréola de passion. Cette passion que seule une vocation peut éveiller dans l’âme d’un individu. Celle qui l’habitait depuis qu’elle regardait Nastasia Maulne faire voler l’aiguille.
Alors la curiosité de Lorenzo venait de trouver réponse. Ne serait-ce, que pour ce défi, elle allait dire oui. Car pour la première fois depuis des mois elle pourrait s’exprimer par le fil. Par une véritable et exigeante création. Elle connaissait son collègue italien de nom et de réputation. Il était bon. Maestriani ne mentait pas. L’exercice en serait d’autant plus intéressant.


-« Ce marcher me convient parfaitement. Mais disons plutôt, que la somme que vous seriez prêt à en donner serve à cette tenue elle-même. Si je dois rivaliser avec les tissus d’Italie il me faut un budget équitable. »


Pour le reste les enjeux étaient assez censés.
Avec une clientèle de cet acabit la boutique serait assurément à l’abri. En somme il lui proposait plus qu’elle ne l’avait réclamé. Beaucoup plus. Lui faisant miroiter une élévation sociale inaccessible jusqu’à présent. C’était cette fois réellement de la générosité de sa part. Pourquoi ? Pourquoi soutenir une inconnue comme elle ? Le ton était à la prudence. Cette jeune femme n’avait pas pour habitude de se laisser emporter par une belle affaire. Avant d’hurler victoire, de remercier, il fallait voir où iraient ces engagements…


-« Oui je suis consciente de la porte que vous êtes entrain de m’ouvrir. Je suis certaine que nous en sortirons satisfaits. »


Louisa était sereine. Si les sorcières de Forbach croyaient en leur Art, mademoiselle Maulne estimait le sien avec une force tout aussi impressionnante. Tout ce que l’on avait put chuchoter à ce nouveau-venu n’était pas aussi juste que la vérité. La vérité c’est qu’elle avait le don. Là où le peintre dessinait l’âme, la fileuse elle l’habillait. Par un sort fait de teintes et de matières elle révélait les corps. Il y avait de la magie sur cette terre bien avant 1620.
Il n’était pas là, quand elle avait fait ses premières preuves. Les robes de mariées n’avaient servies qu’une et unique fois. Pour des femmes qui aujourd’hui étaient des mères en même temps que des épouses. Quant aux costumes d’hommes, c’était plus loin, qu’on les voyait. Sur l’entourage de son cher Baron, qui l’encourageait plus par affection que par savoir esthétique d’ailleurs.
Cette commande deviendrait une arme.


-« Il me faudra donc vos mesures. De quel délai puis-je disposer ? »


Elle ne le quittait pas des yeux, cherchant toujours à comprendre une volonté cachée. La question ne laissait apparaître aucune inquiétude. Bien au contraire c’est elle maintenant qui prenait l’accord en main. Impossible d’oublier en face de qui elle se trouvait. Cela lui montrerait dans quelles mesures il voulait, ou non, lui faciliter la tache.
Quel qu’il soit elle rendrait l’ouvrage à temps il pouvait le deviner. Quelles que soient ses récriminations son ouvrage serait parfait. Il y avait un temps pour tout. Il venait d’annoncer un temps de création. L’occasion de réanimer sa flamme, et cette femme était trop entière, pour ne pas l’attiser.

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MessageSujet: Re: Causons monsieur de vos exactions   Mar 7 Sep 2010 - 20:41

Lorenzo n’avait pas trente-six manières de traiter des affaires. Soit elles lui semblaient futiles et au combien dérisoire, et dans ce cas là il s’arrangeait pour expédier l’inconvenant d’une manière ou d’une autre, soit elles étaient intéressantes, autant par le profit que cela pouvait générer, financièrement parlant, ou d’une tout autre manière. Il y avait beaucoup à gagner de beaucoup d’autres façons qu’en parlant d’argent. Cette jeune femme, il aurait très bien pu la renvoyer sans s’intéresser à son problème, ou déléguer à un quelconque incompétent qui aurait surement tenté de trouver une solution « pacifique » à ce problème qu’il aurait qualifié d’épineux. Pourtant ce problème était simple, plus simple qu’on pouvait le penser. Il suffisait juste de faire un choix, celui de soutenir quelqu’un. Les locaux, qui pressaient cette jeune femme, ou cette dernière, qui avait trouvé suffisamment de cran pour venir le voir et lui exposer sa situation. Peut-être que le fait qu’elle soit étrangère penchait sérieusement dans la balance des camps. Lorenzo n’aimaient pas les locaux. Leur travail était exécrable et heureusement pour lui, son couturier était là. Cette jeune femme possédait une renommée hors-pair et peut-être qu’enfin il était possible de trouver l’excellence dans d’autres mains que des mains italiennes. Et pour une couturière comme elle, il avait déjà un immense projet. Mais pour cela, elle devait réussir à l’impressionner, ce qui n’était pas chose facile. Non pas vraiment.

Les propos de la jeune femme concernant l’égalité des chances étaient véridiques, et il ne pouvait concevoir une telle injustice. Il était évident qu’elle disposerait des moyens dont elle aurait besoin.


« - Il est inconcevable en effet de ne pas vous donner les moyens pour cette ambitieuse tâche. Il va de soi que vous serez remboursée pour le moindre achat relatif à ce marché. Mais je veillerai personnellement que votre travail soit tout de même gratifié, quelque soit l’issue de notre petite affaire. »

Le Comte ne doutait pas du talent de la femme qui était devant lui, car, dans le cas contraire, l’assurance dont elle faisait preuve aurait fondu comme neige au soleil. Peut-être faisait-elle une très bonne bluffeuse, mais il en doutait. Il pouvait lire dans ses yeux qu’elle était presque certaine de réussir ce qu’il venait de lui proposer. Ce n’était pas de l’arrogance, non, loin de là, mais juste que sa réputation n’était pas usurpée. Et ceci était encourageant, très encourageant, car si la jeune femme était à la hauteur, d’autres commandes suivraient, plus importante que l’enjeu même de ce marché.

« - Je me rendrai dès demain à votre boutique pour que vous preniez les mesures. De cette manière, vos concurrents devraient vous laisser tranquille. A partir de demain, vous disposerez d’un mois pour confectionner une tenue de cérémonie. Pour qu’il y ait un étalon et que je puisse d’autant mieux juger votre travail, je donnerai les mêmes directives à mon couturier, ainsi que les mêmes délais. »

C’était une simple question de comparaison. Elle devait être à la hauteur, même s’il n’en doutait pas un instant.

« - Si vous m’impressionnez, je remplirai mes engagements. Et vous serez à l’abri de la concurrence pendant un long moment. Par contre, dans le cas contraire… »

Il marqua une pause et fixa Louisa dans les yeux.

« - Je devrais me contenter de jouer un rôle d’arbitre distant, et je ne sais pas si cela vous arrangera. Il est parfois dur de faire entendre raison à certaines personnes de cette ville, surtout ces derniers temps. »
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MessageSujet: Re: Causons monsieur de vos exactions   Jeu 9 Sep 2010 - 16:32

La xénophobie est le fait de toute civilisation. Chacun est le sujet d’un royaume, qu’il faut défendre contre vent et marée, contre… l’autre. Ce vampire comme s’était si vicieusement surnommé monsieur Garin. Louisa devait-elle se considérer ainsi ? Quand Roza Silvianov avait accepté de s’établir en Moselle –pour le bonheur de sa fille- elle n’avait pas songé, à cette crainte humaine. Les tziganes sont, comme on le dit si souvent, sont des gens du voyage. En ces conditions comment refuser de rencontrer l’inconnu des grands chemins ?
Elle avait aimé la France dés qu’elle l’avait vue. Elle l’avait regardé les croyants se battre pour leurs convictions, avec plus de ferveur qu’un moine ! Les guerres de religions qui secouaient l’Europe avaient déchainées des passions. C’est Peter qui avait décrété le départ. Louisa était une petite fille. Elle n’avait pas tout à fait comprit, que ces deux visages ne feraient plus partie de sa vie. Et puis elle avait grandit : au son des quolibets marmonnés. Il n’y a rien de mieux que les commères de village pour vous forger le caractère.

Michael avait laissé dire. Il avait laissé glisser les remarques à propos de Nastasia. De son accent trop chantant, de ses manières trop délicates, de son autorité culotée. Lou n’avait pas sut être aussi « sage ». A quatorze ans, elle se retournait sur les passants moqueurs, pour leur asséner les versets concernant : générosité et respect. Aujourd’hui les sacrements avaient un air de farce à ses yeux. Agnostique jusqu’à la fin.

Mais jamais son travail n’avait été influencé par sa rancœur. Jamais elle n’avait sapé son talent face aux pourritures. Alors elle ne profitera pas de ce marché pour dilapider la fortune d’un italien. Ni pour être payée à ne rien faire. Il avait trouvé la plus professionnelle des ennemies.


-« Non. Monsieur, je n’y tiens pas. J’ai demandé de la générosité pas de la charité. Si mon travail ne mérite pas salaire alors soit. »


Melle Maulne était très sérieuse. Ce n’était pas de la fausse indépendance. Ou bien un principe idiot qu’elle défendait. C’était ainsi. On ne l’avait pas élevée pour être une esclave de la gentillesse. Venir jusqu’à ce dirigeant avait réclamé beaucoup d’effort. D’ailleurs Romain n’appréciait pas beaucoup cette idée. Il le lui avait dit avant de partir. Peut être existait-il un semblant de… jalousie. N’était-ce pas au compagnon, de soutenir dans les moments difficiles ? Louisa, ne voulait pas, avoir de dette, envers un homme qu’elle respectait plus que tout autre.
Demain. C’était parfait.


L’autre aspect du défi réussi à provoquer un sourire malicieux sur son visage. Ainsi il voulait instaurer une compétition. Qu’il en soit ainsi. Sa mère avait cultivé un amour de la victoire, pendant des années. Ce n’était pas sans raison. Dans la créativité il y avait toujours des contraintes, des complications, des hasards à prendre en compte. Louisa aimait cela. Mais encore plus Louisa détestait perdre.


-« C’est entendu. Quel genre de cérémonie Monsieur ? »


La balance était donc en place. Elle serait une fileuse recommandée, ou une habitante quelconque. Bien entendu la gloire avait quelque chose d’attirant. Le prestige une aura de mystère. Il n’était pourtant pas son but premier. Ce qu’elle voulait s’était pouvoir exercer son art en paix. Ne plus avoir la peur au ventre en ouvrant le livre de compte. Il fallait que la fille se projette vers l’avenir. Sans un tant soi peu de sérénité… à quoi bon ?
Essayait-il de lui faire peur ? C’était risible. Très.


-« J’ai bien compris, que la raison a déserté Forbach, depuis que votre Pape s’est mit en tête de « sauver » la France.
Je pense qu’après avoir enterré frère et père, on peut supporter quelques porcs, qui croient faire du commerce. Votre intervention simplifierai ma vie c’est vrai. Elle ne la sauvera pas. Ce n’est pas pour moi que je fais tout ça. »



Son ton était trop tenu pour être tout à fait aimable. Elle n’aimait pas être dans cette position. Qu’il ne se donne pas un rôle plus grand que nécessaire. Un sourire de louve raffermit un peu son propos. Ne croit pas me tenir petit italien. Il fallait qu’il pense qu’elle pouvait refuser.
Sa détresse existait certes. Elle ne prendrait pas -encore plus- de pouvoir sur sa liberté. Jamais. Il fallait vivre Lou. Vivre assez longtemps pour les voir souffrir ? Tous.


-« Je suppose que vous connaissez l’adresse de mon établissement. »


Sa silhouette se redressait pour enclencher le départ. On ne reste pas plus que nécessaire dans la tanière d’un loup. C’était, laisser la porte ouverte à un Diable que monsieur Maestriani n’avait certainement pas envi de voir. Elle avait déjà en tête l’image des malheureux que le pendu avait condamnés.


*Terminé*
La suite


Dernière édition par Louisa Zimmerman le Sam 2 Oct 2010 - 17:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Causons monsieur de vos exactions   Jeu 9 Sep 2010 - 17:15

La voir refuser de se faire payer si son travail ne le méritait pas fit sourire Lorenzo. Cette femme avait vraiment du chien et pour un peu, il en aurait hésité à approcher sa main de peur de se faire mordre. Seulement, dans cette histoire, si elle se faisait chien, lui était bien un loup, féroce et extrêmement dangereux, même si elle ne semblait pas s’en rendre totalement compte. Mais qu’importe, les gens qui résistaient n’en étaient que plus frappés une fois qu’ils étaient tombés.

« - Il ne s’agit pas de charité. Je me contente d’appliquer l’adage que tout travail mérite salaire. Je vous payerai ce que la tenue coutera, quoiqu’il advienne. Vous serez libre de refuser le moment venu si vous le désirez. »

La question de l’argent ne le préoccupait pas davantage. Ses ressources étaient quasiment illimitées, et il le savait. Un peu d’or, par ici, ou par là, rien de plus facile pour lui. Il suffisait de regarder le don que lui avait offert gracieusement le Pape. Lorenzo savait appuyer sur les bons leviers pour que l’or coule à flots, et cela ne changerait pas, non, vraiment pas. Ses pérégrinations dans les Cours Italienne et Française l’ont mises à l’abri du besoin pour au moins plusieurs vies de débauche et de luxure à venir. Or, de vies, il n’en avait qu’une, alors autant en profiter. Une fois les termes précisés, elle lui demanda pour qu’elle cérémonie elle devait effectuer la tenue. Il sembla réfléchir un instant puis reposa son regard dans le sien. Sans ciller, il répondit :

« - Je vous serai gré de bien vouloir confectionner une tenue pour un mariage. »

Pas un mot de plus, ce n’était pas nécessaire. Elle devait bien avoir compris qu’il comptait donc se marier. Peut-être était-elle déjà entrain de se demander avec qui. Comme le ferait n’importe qui. Peut-être s’en fichait-elle maintenant déjà, et c’était peut-être le mieux. Encore une fois, il s’évertua à rappeler les enjeux et ce qui serait fait, ou non, à l’issu de ce petit défi. Amusé comme un enfant, il accueillit la réponse de la jeune femme avec un rictus presque mauvais. Alors qu’elle se levait, décidée à mettre un terme à cette rencontre, il fit de même et contourna son bureau sans la quitter du regard.

« - Vous savez. J’en sais bien plus sur vous que vous ne devez le penser. Aussi je ne suis pas étonné de ce que vous venez de me dire, toutefois, j’aimerais me permettre un conseil. Surveillez vos propos en fonction de la personne qui se trouve en face de vous. Enterrer père et mère est une épreuve douloureuse et terriblement enrichissante mais il existe bien d’autres choses à vivre qui sont surement mille fois plus douloureuses encore. Et je ne parle pas seulement de quelques porcs qui pourraient vous livrer une concurrence plus que déloyale, mademoiselle Maulne. »

Il la contourna et ouvrit la porte. Quelques nobles passaient devant la porte ouverte sans oser jeter un coup d’œil à l’intérieur. Un garde faisait le pied de grue à côté de l’un des montants.

« - Nous nous verrons donc demain. Je ne pense pas me tromper en prévoyant de passer en début d’après-midi, peu après le déjeuner, si cela vous convient bien entendu. »Il marqua une brève pause avant de la saluer. « Ce fut un plaisir mademoiselle Maulne, au plaisir de vous revoir demain. »

Son sourire ne trompait pas, il l’attendait au tournant dorénavant.
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MessageSujet: Re: Causons monsieur de vos exactions   Ven 10 Sep 2010 - 17:30

Ho Louisa ne doutait pas un instant de la dangerosité de son interlocuteur. Il tenait Forbach d’une main trop ferme pour être un simple homme politique. Pourtant le danger qu’il représentait arrivait à peine à l’intriguer plus de quelques secondes. Elle savait que comme beaucoup d’individu ici il était mauvais et cela suffisait bien pour le définir. Il lui faisait l’effet d’un requin qui gardait peut être un trésor. Et dans cet océan mademoiselle Lou s’apparentait à une méduse. Au moindre signe elle électrifierait ce prédateur. En attendant mieux valait profiter de la situation pour défendre ce futur mécénat.


-« Donc nous verrons en temps voulu. »


Une manière ferme de mettre un point à la question. Inutile de s’échauffer pour un détail de la sorte. Les Maulne étaient des investisseurs prudents. Si la boutique avait tenue malgré tout ce n’était pas sans raison. Même si de la fratrie Michael avait été le comptable sa sœur connaissait l’arithmétique.
Qui plus est elle avait enfin demandé un peu d’aide à son amant. Hors son tendre baron était un virtuose du calcul. En quelques jours il avait fait un bilan des ressources et donné son verdict. Ce commerce avait besoin de nouveaux apports. Sa gérante n’allait certainement pas s’annoncer vaincue. Les crises étaient faites pour nous renforcer. Et puis le Fil Blanc était celui de toute sa vie. Alors ce gentilhomme déguisé pouvait bien faire son chevalier. Jamais Louisa n’accepterait d’être entretenue professionnellement (ni intimement d’ailleurs).
Elle aurait put vider les bources de cet homme sans retenu. Un homme soutenu par le Clergé a toujours des moyens. Ils suent l’or et le luxe. A te point que cela en devenait écœurant. D’autant plus que les représentants de Dieu étaient –dit la bible- détaché de toute possession matérielle. Fadaises. Le récit des Croisades lui disait la vérité. L’Homme était possessif et avare. Faire comme eux ? Mais ça aurait été entrer dans un jeu auquel elle ne voulait pas participer. On lui avait inculqué des valeurs. Valeurs qu’elle avait intégrées et qu’elle respectait par-dessus-tout. A choisir elle allait au camp du Robin des Bois.


Une lueur de surprise passa dans ses sombres iris. Des noces ? Voilà qui ferait de nouveau chanter la ville. Cela qui signifiait que ce monsieur était bien décidé à… rester en ville. Louisa engrangea la nouvelle en gardant un visage le plus neutre possible. Elle aurait le temps d’y songer plus tard.
Un marié signifiait aussi… une épousée. Ce qui était également dans son domaine de compétence. Plutôt deux fois qu’une. A quinze ans ses croquis étaient déjà entre les mains de sa mère pour être exploités. Si on pouvait la cantonner dans une spécialité ça aurait probablement été celle-ci : Le Mariage. Le rare exemplaire qu’elle possédait aujourd’hui était dans la réserve au-dessus de la boutique. La tenue de la future Mélanie Maulne. Cette jeune femme qui avait conquit tous les cœurs de la famille. Louisa ne pouvait se résoudre à s’en débarrasser. Pas encore, pas tout de suite, il lui faudrait accepter. Tout comme il lui été impossible encore d’aborder ce sujet avec Romain. A chaque jour suffit son progrès, n’est-ce pas ?


-« Et pour la mariée monsieur ? »


L’identité de cette femme n’était pas indispensable. Elle pouvait être utile oui. Pour pouvoir connaître la morphologie du modèle. Mais heureusement pour Lorenzo elle ne faisait pas partie des fameuse bande de vipère qui lançait les commérages dans les quartiers. Son venin à elle était beaucoup plus… accusateur.
Qui plus est un minimum de réflexion déterminait l’élue potentielle.


La métamorphose du visage de son « bienfaiteur » lui apprit qu’elle avait fait mouche. Elle l’observa l’imiter et rejoindre le centre de la pièce. Eh bien… Que croyait-il savoir d’elle ? Son désamour de l’autorité religieuse ? Un fait de longue date, à peu prés depuis quatre ans à vrais dires.
Ce conseil ressemblait à mots couverts à une menace. Elle n’aimait pas ce ton. Elle n’aimait pas sa manière de vouloir la dominer. Il lui fallu convoquer l’image de monsieur Zimmerman pour ne pas céder à une onde de colère. Qu’avait vécu cet arriviste, ce prédateur, enjôleur au juste ? Hmm ? Défier l’adversaire sans baisser sa garde. Il avançait vers la porte d’entrée pour poursuivre la séparation. Lou ne résista pas. Sa voix porta avec un peu d’ironie. Elle était dans un gouffre sans fin depuis des semaines. et lui venait lui sortir ces paroles faussement sages ? Qu’il la menace frontalement, là elle n’aurait pas rechigné.


-« Vous le pensez ? Citez-moi s’en une ? »


Plaisir… plaisir, bien entendu. Carnivore. Elle se laissa glisser jusqu’au seuil du bureau. Le dos vers l’extérieure elle sentait les gens passer. Indifférente pourtant elle observait son interlocuteur. Aucun d’eux n’était dupe. Parfait. Cette demoiselle aussi, elle était prête à le recevoir. Et surtout il ne la déstabiliserait pas. En venant quémander Louisa s’était faite à l’idée de pactiser avec un démon. Pourtant cela ne voulait pas dire, que les morsures resteraient sans réponses. Elle n’avait peut être pas d’argent mais elle avait des crocs.


-« On raconte que c’est dans la douleur qu’on existe le plus.
14h00 ce sera parfait. Bonne fin de journée monsieur. »



Mentir ? Non. Cela aurait été le prendre pour un idiot, ce qu’il n’était pas. Elle le salua d’un bref hochement de tête et quitta la scène sans hésitation aucune. Le garde ne bougea pas d’un cil à son passage. Le majordome n’avait pas à la guider cette fois. Lou savait où trouver la porte de sortie de ce château maudis. Sa silhouette fila dans les couloirs sans se retourner. Plus elle s’éloignait plus son regard livrait ses émotions.
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MessageSujet: Re: Causons monsieur de vos exactions   Ven 10 Sep 2010 - 18:44

La surprise ne lui échappa pas. IL s’y attendait trop pour ne pas voir l’éclat passer dans ses iris noirs. Mais qu’importe, cela ne changeait rien. Après tout, dès que l’on prononçait le mot mariage, des interrogations se levaient, d’une manière ou d’une autre.

« - Pour la mariée ? »Il sembla réfléchir un instant, comme si la question venait bousculer ses plans. Il allait bien entendu de soi que ce n’était pas le cas, mais il aimait voir comment réagissait les gens quand on les mettait dans une position de force factice. « Et bien, disons que vous pouvez voir cela comme un bénéfice à court terme si vous veniez à remplir les conditions de notre marché. »

Mademoiselle Maulne était loin d’être une imbécile, et en plus de cela, son mordant la rendait séduisante à souhait. L’espace d’un instant il regretta d’avoir décidé de séduire la Comtesse. Mais il y avait un temps à tout et elle restait sa priorité, peut-être le temps lui permettrait de chercher à séduire cette femme, qui, visiblement, ne le portait pas dans son cœur. C’était tellement plus amusant de ne partir de rien… Tellement plus intéressant de conquérir un terrain ennemi plutôt qu’un terrain où l’on pouvait déjà circuler librement. Quoiqu’il en soit, il avait actuellement d’autres chats à fouetter, et une petite russe présomptueuse était loin d’être sa priorité, même si elle pouvait apporter son petit lot de services. L’affaire était assurée, et cela ne changerait surement plus. C’était la seule chose qui comptait, rien de plus, rien de moins. Elle avait le sens des affaires, et même si elle ne l’appréciait pas, la perspective de ne pas avoir à courir après les clients serait plus forte que l’antipathie qu’elle lui manifestait. Et cela, il le savait.

A son conseil, elle réagit comme il s’en était douté. Encore provocante, même si on sentait aisément qu’elle se retenait. Ma foi, elle avait bien raison, nul ne savait ce que le sang chaud d’un Italien pouvait faire faire à un homme. Mais Lorenzo aimait la provocation, lorsque la cible résistait, il était bien plus intéressant de la chasser. Patience Mademoiselle Maulne, ne vous brûlez pas les ailes en désirant l’affronter trop rapidement. A sa question, il répondit simplement, d’un ton sans équivoque :


« - Je suis certain que votre imagination créative est aussi débordante que la mienne à ce sujet. Même si nous ne l’entretenons pas de la même manière. Sachez simplement que si vous êtes en mesure de faire des robes d’une imagination sans limite, je suis tout aussi capable d’une imagination sans bornes. Et tout comme vous prenez plaisir à créer, je prends beaucoup de joie à appliquer séance tenante mes créations. »

Il la raccompagna ensuite à la porte, avec les convenances qu’il importait d’avoir. Si Lorenzo était un loup dans une bergerie, il n’en perdait toutefois pas ses manières de gentilhomme galant. Une galanterie non feinte, jamais. Toutefois les derniers mots de la jeune femme le firent sourire. Il la regarda s’éloigner d’un pas sûr et sans la quitter des yeux, il murmura :

« - Portez attention à ce que vous souhaitez très chère. Certains rêves deviennent réalité. »

Il avisa le garde qui s’en alla, visiblement mobilisé pour une mission, puis il rentra dans son bureau en fermant la porte. D’autres affaires l’attendaient, et l’entracte russe venait de se terminer, le rideau se lèverait bientôt sur des évènements plus intéressant encore.

---A SUIVRE---
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