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 Leçons pour un monstre.

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MessageSujet: Leçons pour un monstre.   Dim 15 Aoû 2010 - 20:18

Voilà des jours qu'il naviguait. Le dos contre le bois de la cale, Kerwan avait perdu le compte, alors que Mae, prétendu marin des eaux vaseuses de l'Est, entamait une énième journée sous le signe du rhum, ainsi qu'une nouvelle chanson dans un dialecte qu'il ne connaissait pas. Si tant est que c'était le jour. Kerwan avait fini par assimiler la nuit au moment où le capitaine gueulait le moins. Et en ce moment, l'écho de ses jurons passait à travers le bois, devant même les chansons de Mae qui en riait.

Poussant avec ses pieds un sac de marchandises qui avait certainement roulé à pendant qu'il dormait, le brun émit un grognement agacé alors qu'il fixait le plafond et les imperfections des lattes de bois, voyant dans les nœuds qui s'agençaient les monstres du mois passé. Le bercement provoqué par le roulis du bateau avait toujours raison de lui. Pourtant, depuis qu'il avait mis un pied sur le bateau, il ne voulait plus dormir. Dormir ramenait les souvenirs et les animait en cauchemars. Le capitaine l'avait autorisé à monter à bord tant qu'il restait avec les marchandises. Pieds ferrés, Mae était aussi un genre de marchandise. On l'avait autorisé à avoir du rhum tout simplement parce qu'il était moins chiant avec les marins lorsqu'il en avait dans le sang.

Ses chicots manquants forçaient Kerwan à détourner le regard dès que le rat des tavernes décidait de lui taper la causette. C'était un mauvais rêve perpétuel qui l'obligeait à apprendre à garder son calme. Lors de ses premières nuits, l'adolescent s'était laissé allé à faire couler ses larmes, et Mae s'était fichu de lui. Il avait donc administré à son compagnon de cale un coup de poing magistral qui fit pourtant rire le soulard. Écœuré, Kerwan était parti s'asseoir là où le prisonnier ne pouvait l'atteindre, et quelques heures plus tard, lorsque les chasseurs de primes étaient descendu fournir Mae en rhum, ils avaient flanqué une sacrée leçon au brun, pour avoir osé toucher à leur pactole au nez brisé. Depuis, il restait dans son coin, ignorant le plus possible les remarques du pseudo marin, et espérant que le voyage ne soit plus très long.

Il n'était qu'un gamin qui n'avait pas compris.
Enfin, si, il avait compris ce qu'il avait fait, et pourquoi, mais il n'avait pas compris pourquoi son père n'avait pas été reconnaissant de ce geste. Après tout, Kerwan l'avait débarrassé d'une source d'ennuis, d'engueulades et d'angoisses. Rien ne s'était passé comme prévu, et devant l'horreur que son père avait ressenti, le brun avait compris qu'il devrait choisir, car il n'avait pas prévu de perdre la vie à quatorze ans. Et il l'avait fait. Cette partie là de l'histoire restait trouble dans son esprit, à croire qu'il ne voulait pas se rappeler -et c'était sûrement le cas. Après tout, il avait tué la seule personne qui comptait à ses yeux. Le meurtre de sa mère par sa propre main n'était rien qu'un détail. Mais pour survivre, il est étonnant de voir ce qu'un Homme peut faire.


« -Eh ben, fils, on a du mal à s'lever, hein ? Le p'tit mouton aurait l'mal de mer ?... Ou du pays p't'être ? »

Pour toute réponse, Kerwan émit un nouveau grognement en se retournant. Mae s'esclaffa et le brun lui envoya un sac de marchandise sans même visé, qui s'écrasa largement avant d'avoir atteint sa cible.

Au tout début, quand le marin était encore sobre, tout allait bien. L'adolescent lui avait expliqué sans détail qu'on ne voulait plus de lui dans son village, et le marin lui avait demandé ce qu'il comptait faire. Le concerné s'était contenté de hausser les épaules et de changer de conversation. La réponse était bien simple : il n'en avait aucune idée. Ses mains étaient sales, et pourtant rien n'avait changé en lui. Son âme s'était troublée devant le corps mort de son père, mais l'eau reprenait peu à peu son calme avec le temps. Kerwan oubliait. Il vivait encore et la suite arrivait, c'était là tout ce qui avait de l'importance. Seul ne comptait que l'avenir, car lui seul pouvait encore changer. Et s'il décidait de tuer Mae pour avoir la paix, c'était sa mort assurée.

Le vieux loup de mer était donc sa première leçon de maîtrise de soi. Plus les jours passaient et moins Kewan réagissait.
C'est fou ce qu'un homme peu faire pour survivre...
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MessageSujet: Re: Leçons pour un monstre.   Dim 12 Sep 2010 - 15:11

Ce fut le père Philippe qui le reçut lorsqu'il se présenta au monastère de Weisdena. Le vieil homme transpirait la gentillesse rien qu'au premier regard, et sans savoir pourquoi, cela dégoûta Kerwan qui fit pourtant abstraction de ce point. Il avait besoin d'un abri pour dormir, et personne en ville n'était prêt à accueillir l'adolescent qu'il était. Il semblait que tous en cette ville avaient des tendances paranoïaques, et le jeune homme ne pouvait que les comprendre. Après tout, quelques semaines auparavant, il avait assassiné ses parents. La lueur à la fois calme et animale qui dansait à présent devant ses yeux devait être assez puissante pour repousser la plus belle âme de la ville, et pourtant, le Père Philippe ne le repoussa pas. Il l'accueillit dans son bureau comme s'il n'avait été qu'un ami de longue date qui revenait de voyage. Il lui proposa le gite et le couvert, en échange d'un respect pieux des règles. Et puis, l'air nonchalant, il lui demanda son histoire.

Sur la défensive, l'adolescent resta silencieux, sondant avec un calme déconcertant l'aura du moine sans en comprendre la moindre parcelle. Le vieil homme sourit, même, et cela agit comme un enchantement sur l'âme brisé sur jeune voyageur : il lui raconta tout. Il lui raconta tout avec un ton uniforme, prenant même un certain plaisir à voir le Père blêmir sous les mots qu'il énonçait.
Oui, les mots avaient ce pouvoir, aussi durs que les coups qu'il pouvait donner. Combien de temps ce vieux reclus dans son monastère pourrait donc résister, si Kerwan assénait le premier coup ? L'adolescent n'eut aucune honte à l'avouer : il y pensait.


« Il me semble que tu as subi des épreuves terribles pour arriver jusqu'ici, et ton voyage dans le bateau n'a fait que renforcer le renfermement sur toi-même dont tu fais preuve. »

La conclusion de Philippe fit hausser un sourcil au jeune homme.

« -Peu importe, mon Père. J'ai besoin de dormir ici cette nuit, je partirai dès demain matin. Ne vous en faites pas pour vos moutons, je ne mordrai pas dedans. »

Kerwan eut un petit sourire malin et attendit la réponse qui mit du temps à arriver. Visiblement, le vieil homme ne savait que répondre, ou bien il prenait un sacré temps de réflexion. L'adolescent se demanda s'il n'avait pas fait une erreur en avouant ses crimes. Peut-être allait-il lui demander de partir ? C'était peut-être la meilleure chose à faire, d'ailleurs... Qui voudrait héberger le Malin dans sa maison ?

« -Je vais même faire mieux que ça, Kerwan : je vais te donner une nouvelle chance ?
-Que voulez vous dire ?
-Je veux dire que cette maison est désormais tienne. Tu es une âme égarée, Kerwan, tu as besoin d'un guide. »

Nouvel haussement de sourcil. Kerwan ne répondit rien sur le moment, se contentant de fixer cet homme qui proposait au mal de s'insinuer par toutes les veines de son corps.

« -Vous n'avez pas compris, mon Père : je pars demain.
-Je ne peux pas te retenir contre ton gré. Sache néanmoins que ton cas n'est pas désespéré. Certes, il va te falloir une longue pénitence pour racheter tes péchés, mais si tu t'es adressé ici, c'est bien que tu as envie d'expier tes crimes, non ?
-C'est surtout que toute la ville m'a dit de m'adresser ici.
-Peut-être était-ce le meilleur moyen que Dieu à trouver pour te mener à nous. »

Il y avait ce sentiment étrange de mal jouer ses cartes. Le jeune homme n'était d'ailleurs pas certain d'en avoir en mains, mais si c'était le cas, il ne les posait pas dans le bon ordre. Visiblement, le Père était certain de celles qu'il jouait, et cela intriguait Kerwan. Cette foi sans bornes et sans limites donnait à un vieillard une confiance en lui qui paraissait infinie. Préférant abandonner la partie, Kerwan haussa les épaules. Il était à présent capable de reconnaître lorsqu'il ne pourrait gagner.

« -Tu verras, mon Fils, Dieu à d'autres plans pour toi. Tu ne les découvriras que plus tard, mais garde confiance. Si tu veux rester, sache que tu auras une place pour toi dans ce monastère. »

Le lendemain, Kerwan n'emballa même pas ses maigres affaires : il prit part aux rituels du monastère, dans un vêtement de moine. Les jours suivants, il apprit à lire et à écrire, ainsi que les prières de base. Il ne savait pas si Dieu avait des plans pour lui, en tous cas, il savait qu'il aurait à gagner en profitant de l'éducation que lui prodiguaient les moines.
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MessageSujet: Re: Leçons pour un monstre.   Dim 12 Sep 2010 - 20:56

Qu'est-ce qu'un homme sans épreuve ? Il n'est rien qu'une coquille voulant apprendre à vivre. Voilà à quoi ressemblait tous les moinillons que fréquentait Kerwan. Il était bien obligé d'apprendre à vivre avec eux, à sourire à leurs blagues idiotes, et à se concentrer pour ne pas parler lorsque ce n'était pas autorisé. Quelle dure vie que celle d'un moine, à devoir suivre des règles que l'on ne comprenait pas. L'ennui était la plus terrible épreuve qui pouvait arriver à un moine dans le monastère. Seulement, si cela ne semblait rien faire aux autres, l'adolescent, qui grandissait doucement, commençait à tourner en rond. Il n'avait pas vécu entouré de murs, mais bien autour de gens, fais de chair et de sang, et certaines femmes étaient particulièrement attractives dans ses souvenirs.
Que n'avait-il pas fait pour rester en vie ?

Que ne donnerait-il pas pour s'échapper de ce lieu ! Mais le monastère restait une prison inébranlable. Même les sorties au marché ressemblait à une excursion minutée dans les moindres instants. Kerwan tournait en rond comme l'animal sauvage qu'il était. Il se renfermait de jours en jours, et c'est certainement ce qui rendit le Père Phillip anxieux. Un entretien dans son bureau fut donc de circonstance. Le jeune homme ne disait rien, les yeux rivés sur son supérieur tandis que la tenue de moine le grattait, rajoutant un peu plus d'animosité.


« Tu sais Kerwan, c'était ton choix de rester ici, parmi nous. Tu t'en est d'ailleurs très bien sorti jusqu'à présent. »

Un sourire alluma le visage du vieux Père que les années n'avait pas épargné. Mais cette fois-ci, rien ne tira le jeune homme de son regard dur et franc, inquisiteur, même, par moment. Le dernier jeu qu'il avait mis en place consistait à comprendre qui était son interlocuteur du regard.

« Bien, Kerwan, je ne peux pas aller contre ta nature. J'espérais juste que nous avions réussi à éteindre le malin qui était en toi. Peut-être aurions nous dû appeler un exorciste. Tu as parfois l'air posséder. De sorte que tu fais peur à tes Frères. »

Ce fut l'intéressé qui sourit. Un sourire flatté, amusé. Ces idiots n'étaient que des pleutres. Son âme n'appartenait pas à ces lieux.


« A présent que tu fais parti du monastère et que tu es un moine, je ne peux pas te laisser partir. Tu es sous ma responsabilité. Le comprends-tu au moins, cela ?
-Oui.
-Alors que veux-tu ? … Je pourrais très bien demander à ce que tu puisses vivre dans un autre monastère, mais cela voudrait signifier qu'il me faudra expliquer ton passé au supérieur qui te prendra en charge, et je doute que tu...
-NON ! »

Tapant du poing sur la table, Kerwan fit taire son supérieur, et sortit du bureau avec suffisamment de haine pour faire céder la moindre porte.
Dure était la vie d'un moine.

Le lendemain matin, l'on retrouva un moine, le plus tatillon sur les règles qui vive en ce monastère, battu, visiblement agressé. Le pauvre homme, trop choqué, fut emmené dans un autre lieu de repos, et Philippe ne put qu'avoir un regard désapprobateur à l'encontre de Kerwan. Rien vu, rien entendu, personne n'avait pu témoigner pour dire qui était l'agresseur. Mais visiblement, le jeune homme semblait vivre comme si une de ses envies avait été assouvie.



« Aimes-tu ta maison, Kerwan ? »

Le jeune homme ne répondit pas. Puni pour un quelconque zèle, il n'avait pas le droit de parler, et s'attelait à sa tâche de copiste depuis plusieurs heures.

« Tu agis comme si ça n'était pas le cas. Pourtant tu es ici nourris, et logé. Que demandes-tu de plus ? Dieu t'a accueilli ici, à bras ouverts, mais ce n'est pas ainsi que tu gagneras le pardon pour tes pêchés. Tu es ailleurs, depuis quelques mois. A quoi penses-tu, donc ? »

Kerwan posa sa plume et ferma l'encrier en fixant d'un regard noir Philippe. Après cet instant, il parti s'atteler aux corvées qu'il avait écopé.
En ces lieux, ni distraction, ni plaisir. Kerwan regardait les femmes comme un fruit interdit. Qu'y avait-il derrière ces murs ? Pourquoi donc s'était-il enfermé dans ces lieux ?
Le Père Philippe mourut dans la nuit, de vieillesse, semblait-il. Le jeune homme grommela quelques jours, de n'avoir pu l'accomplir de lui-même.
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MessageSujet: Re: Leçons pour un monstre.   Dim 12 Sep 2010 - 20:56

Elle n'était pas particulièrement belle, mais c'était la première. Ca n'était pas un acte d'amour, mais une simple pulsion. Kerwan fêtait sa libération. Les disciples du Père Marcus pouvaient enfin se reposer. Leur guide était mort, et ne restait qu'un groupe de moines dispersés qui cherchait un sens à leur nouvelle vie. Jonas avait décrété que l'on verrait dans quelques jours. Kerwan était à présent dans une chambre d'auberge dont la propreté était douteuse, et à côté de lui reposait une femme qui l'observait. Il l'avait cueilli, et toute sa virilité avait enfin pu s'épanouir. Étrangement, il ne lui avait fait aucun mal, pour la simple et bonne raison qu'il n'en avait pas ressentit l'envie.

Elle puait la crasse, la sueur et l'envie d'argent qu'ont les filles de joie. Lui, lui avait promis quelques argents qu'il n'avait pas. Mais depuis qu'il jalousait cet instant dans sa cellule de moine, comme étant un instant qu'il ne vivrait jamais, Kerwan avait bien grandit. Sa carrure d'homme n'était qu'à son avantage. La femme, dont il n'avait pas écouté le faux nom, lui posa une question avant de montrer ses dents en un sourire aguicheur. L'homme n'écoutait pas. Il n'entendait que le crépitement de son corps qui lui indiquait la façon de rendre cet instant plus charmant encore.

Kerwan en sourit. Sa main glissa sur la joue de cette femme, avec une tendresse qu'il ne se connaissait que peu. Redressé en position assise, il tendit l'autre main pour attraper avec douceur le visage de la prostitué. Son sourire s'agrandit, et la femme y compris certainement une réponse à sa question. Sans attendre plus, l'homme lui brisa les cervicales en ressentant un soulagement intense. L'instant devint donc parfait. Il se rallongea dans son lit, et termina la nuit.
Ainsi donc était Kerwan, un monstre qui avait conscience de sa nature.
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MessageSujet: Re: Leçons pour un monstre.   Dim 12 Sep 2010 - 20:57

Forbach n'avait pas été à la hauteur de ses espérances. Ou bien était-ce lui, qui avait simplement échoué dans la mission qu'il s'était donné. Kerwan regarda la ville, assis sur son cheval qui s'impatientait. Les années étaient passées avec lenteur, et à trente cinq ans, l'homme se jugeait trop vieux pour ces conneries. Alors certes, il y avait eu Gabriel Touchedieu qui avait cru être homme à pouvoir trouver une solution en prenant le problème à bras le corps, seulement, il fallait le voir, à présent, ce fameux Gabriel. Kerwan ne l'avait jamais apprécié, pour le simple prétexte qu'il pouvait, lui, assouvir ses envies. Il n'était pas prisonnier d'une robe de moine. Cette idée fit grogner l'homme. C'était décidé, il allait pouvoir vivre pleinement, et embrasser son être à présent. Forbach avait été une mauvaise maîtresse, et Kerwan devenait fou à force de se contenir. Il s'était presque confié à la Comtesse, plusieurs fois de suite, ne laissant échapper que quelques vagues phrases dans ses moments de faiblesse.

La Comtesse... Kerwan sourit. Sa deuxième source de folie. Comment une telle femme pouvait-elle accepter de se marier à ce Lorenzo ? Kerwan n'en avait jamais voulu, de cette femme au charisme incroyable. De même qu'il n'avait jamais voulu la tuer. Quelque chose d'incroyable s'était déroulé en lui, et il était heureux que la Comtesse ne s'en soit pas rendu compte. Il avait pris des airs de chien de garde, et avait surveillé son nouveau mari du coin de l'oeil, cherchant la meilleure occasion de l'éliminer. Mais il n'était qu'invité toléré dans la demeure, et le maître de la maison ne craignait rien ni personne. L'exorciste avait donc finit par se contenter des quelques visites qu'il avait avec la Comtesse pour en apprendre un peu plus sur cet homme. Elle s'était rapidement lassé, et il n'avait pas insisté.

Les habitants de Forbach, eux, avaient défilé sous ses yeux comme d'autant de moutons. Il avait parfois croisé cette femme à qui il avait attrapé le bras au champ de muguet, et espéré pouvoir rencontrer à nouveau la fameuse Europe. Mais tout avait été décevant. Il n'avait fait que tourner en rond. Forbach ne voulait pas lui offrir ses secrets.
Que Forbach aille se faire foutre.

Il avait donc finit par présenter ses respects à la Comtesse et son mari, expliquant que son travail ici n'avait plus lieu d'être. Forbach ne serait plus ennuyé par les esprits qui avaient frappé aux portes quelques années plus tôt. Avec toute l'humilité qu'il savait être sa parfaite couverture, le Frère Kerwan avait donc tiré sa révérence à la ville qui ne voulait de lui qu'à l'écart. En cadeau d'adieu, il avait tout de même laissé une missive anonyme à Europe. Quelques vagues mots parlants de cou et de délices, mais dont le message principal se trouvait à la fin en quelques mots « Si mes pas viennent en ces lieux... » Et rien d'autre. Des phrases à peine finies, pleines de sous-entendu qu'une idiote aurait comprises.

Il avait donc tiré sa révérence avec le charisme d'un exorciste, et repartait à présent, à l'aube naissante, comme le voleur qu'il était. Le monstre que chacun ne voulait voir sous son lit.
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